Script Module 1 - Vidéo 1 :
Le rôle de l’économiste de la construction
Pour cette première vidéo, nous vous proposons de découvrir le métier d'économiste de la
construction.
Un bref cours d'histoire s'impose.
Le métier d'économiste de la construction trouve ses origines dans l'antiquité :
— La « toise », unité de mesure utilisée de l’antiquité jusqu’à la fin de la révolution Française
donna son nom au toiseur
— Puis le « Mètre », unité de base de longueur du système international a donné le nom au
métreur puis au métreur vérificateur.
Métreur-Vérificateur
La méthode de travail du Métreur-vérificateur était alors la suivante :
— Le donneur d’ordre, appelé plus couramment maître d’ouvrage, souhaite faire construire un
bâtiment, un nouvel ouvrage.
— L’architecte maîtrise l’art de la conception, de la fonctionnalité et de la décoration des lieux,
il dessine le projet.
— L’artisan, l’entrepreneur possède l’art de la construction, la connaissance technique, il réalise
le bâtiment.
— Le métreur fait le relevé des ouvrages exécutés afin de permettre à l’entreprise d’établir sa
facture appelé mémoire.
— Le vérificateur contrôle la facture pour valider la demande de paiement.
Le métreur intervenait donc pendant la phase des travaux pour rédiger les mémoires pour le compte
des entreprises et le vérificateur contrôlait ces derniers aux regards des ouvrages réellement
exécutés pour le compte du maitre d’ouvrage.
A cette période, on utilise des traités d’architecture, de mode de toiser et des encyclopédies.
Par exemple, le traité d’architecture de 1789 contient des cours de géométrie, de définition des
ouvrages, d'élaboration des décors, et bien d’autres choses.
De même, le livre sur l’architecture pratique de 1691 donne un cours de géométrie et de toisé des
ouvrages
Puis les encyclopédies commencent à recenser les métiers, les ouvrages et les pratiques.
Tous ces ouvrages constituaient donc des méthodes de travail pour les métreurs-vérificateurs.
Dans la période post-révolutionnaire, les principes du droit français se sont affinés avec l'introduction
d'une hiérarchie des normes, et la constitution d'un très grand nombre de codes juridiques.
Les techniques de construction du bâtiment n’y ont pas échappé et depuis les années 1960, le corpus
normatif et réglementaire s’est considérablement enrichi.
Cela modifie alors le métier de métreur-vérificateur :
Comme nous l'avons vu, avant la Révolution Française de 1789, l’entreprise propose un descriptif de
travaux dans un devis, puis est rémunérée à postériori, après contrôle par le métreur-vérificateur.
Le devis de l’entreprise définissait alors la nature, la pose et le dimensionnement de l’ouvrage,
comme pour cet article de Couverture.
Regardez ! On peut y retrouver que c’est une couverture qui sera réaliser en tuile, qui sera accroché
sur un latti de cœur de chêne, sans aubier, que la faitière sera posé au mortier…
Cet article de couverture faisait parti d'un devis descriptif dont la définition est la suivante :
" Un devis descriptif est la description détaillée des pièces, des matériaux et des opérations
nécessaires pour réaliser une production, une construction, une installation ou une réparation, avec
une estimation des dépenses "
Les évolutions normatives et législatives sont à l’origine du transfert de la description des ouvrages
par l’entreprise à l’économiste de la construction pour une définition plus précise du contrat avant la
réalisation des travaux.
Il apparait ensuite nécessaire d'être en mesure de définir les prix dès le début des projets et toujours
avant la réalisation des travaux.
Cela marque l’évolution du métier de « métreur-vérificateur », celui qui défini le prix de l'ouvrage
après sa réalisation, vers le métier d’économiste de la construction, le professionnel qui défini et
estime l'ouvrage avant sa réalisation.
Ainsi, l'économiste de la construction gère en transversalité la conception technique du bâtiment au
travers de l’application des règles de construction, assurant l’interface entre les corps d’état et
maîtrisant les coûts depuis l’origine du projet.
Cette évolution du métier a permis en 1972 la création de l'Untec, l'Union Nationale des Economistes
de la Construction, seule organisation professionnelle représentative des économistes de la
construction.
De nos jours, l’Économiste est un expert à la fois économique, technique et réglementaire.
Il intervient à toutes les étapes d'un projet :
En phase de conception
— Il vérifie la compatibilité financière du projet avec l’enveloppe budgétaire prévisionnelle ;
— Il propose les délais d’exécution ;
— Il estime le coût prévisionnel des travaux pour l’estimation définitive ;
— Il rédige les devis-descriptifs et le cadre de décomposition du prix des offres des entreprises ;
— Il constitue le dossier de consultation des entreprises (le DCE) ;
En phase de consultation des entreprises
— Il analyse et sélectionne les candidatures des entreprises ;
Il analyse les offres, étudie les variantes éventuelles ;
— Il rédige le rapport d’analyse des offres en y incluant les éventuelles mises au point ;
Enfin, En phase de réalisation
— Il suit l’avancement des travaux et informe le maître de l’ouvrage ;
— Il étudie les devis de travaux modificatifs ;
— Il vérifie les décomptes mensuels et finaux, il établit les états d’acomptes ;
— Il peut examiner les documents à produire par les entreprises,
— Il peut assurer la direction des travaux et établir les comptes-rendus des réunions de
chantiers ;
— Si des réserves sont formulées lors de la réception des travaux, il en estime la valeur ;
En somme,
« L’Économiste de la construction est un acteur transversal au sein de tout projet, le lien entre
chaque partie, le garant de la maitrise des coûts. »