Espaces Vectoriels Normés : Concepts Clés
Espaces Vectoriels Normés : Concepts Clés
Malih Nourdine
5 Limite - Continuité 11
5.1 Limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3 Image réciproque d’un ouvert, d’un fermé par une application continue. . . . . . . . . . . . . . . 13
5.4 Applications lipschiziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.5 Applications polynômiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.6 Applications multilinéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
0. Malih Nourdine
1
✭✭ 1 VOCABULAIRE DES ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Dans ce chapitre, K désigne R ou C, et E un K-espace vectoriel.
2 ∀x ∈ E, N(x) = 0 ⇐⇒ x = 0 (séparation)
Proposition 1.
1 ∥ 0E ∥ = 0
2 ∀x ∈ E, ∥−x∥ = ∥x∥
Exercice 1.
+∞ +∞
|ak |
∥P ∥ = sup |P(x)| et N(P) = ∑ ak + ∑
0⩽x⩽1/2 k=0 k=1 k
+∞ +∞
N1 (P) = ∑ |ak | N2 (P) = ∑ 2k |ak | N3 (P) = sup |P(t)|
k=0 k=0 t∈[−1,1]
On a les propriétés :
1 ∀x ∈ E, ∥x∥ = 0 ⇐⇒ x = 0
2 ∀(λ, x) ∈ R × E, ∥λx∥ = |λ| ∥x∥
3 ∀(x, y) ∈ E × E, |⟨x | y⟩| ≤ ∥x∥ ∥y∥ (Inégalité de Schwarz)
Corollaire 1.
q
L’application ∥x∥ 7→ ∥x∥ = ⟨x | x⟩ est une norme sur E.
dite : norme euclidienne associée au produit scalaire ⟨ | ⟩.
2 Z b
∀(f, g) ∈ C([a, b], R) , < f, g >= f(t)g(t) dt
a
Z b
12
2
Norme associée : ∥f∥ = [f(t)] dt
Z b
21
2
Norme associée : ∥P ∥ = [P(t)] dt
a
Exercice 2.
Soit E = C1 ([0, 1], R). On pose pour tout f ∈ E :
s
Z 1
N(f) = |f(0)|2 + |f′ (t)|2 dt
0
√
3) Établir que pour tout f ∈ E, ∥f∥∞ ⩽ 2 · N(f).
Propriétés 1.
Les propriétés suivantes sont des conséquences immédiates de la définition :
1 ∀(x, y) ∈ E2 , d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y (séparation)
Les boules ouvertes et les boules fermées sont des ensembles convexes.
Exercice 3.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (R). On dit que :
n
A est stochastique si ∀(i, j) ∈ J1, nK2 , 0 ⩽ ai,j ⩽ 1 et ∀i ∈ J1, nK, ∑ ai,j = 1.
j=1
∃ M ∈ R+ , ∀ x ∈ A : ∥ x ∥ ⩽ M
c.à.d : A ⊂ B ′ (0, M)
Exemple:
Soit E = C([0, 1], R) et A = {fn ∈ E | n ∈ N avec fn (t) = ntn }.
A est bornée pour la norme N1 mais ne l’est pas pour la norme N∞ .
Exercices 4.
cosθ −sinθ
On munit M2 (R) de la norme ∥.∥2 , et pour θ ∈ R, on pose : R(θ) = sinθ sinθ ∈ M2 (R).
L’ensemble R = {R(θ) | θ ∈ R} est une partie bornée de M2 (R)
∃ M ∈ R+ , ∀ n ∈ N : ∥ u n ∥ ⩽ M
∀ϵ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ ∥un − a∥ ⩽ ϵ
Exemple:
1 Dans l’espace C(R, R) muni la norme : ∥f∥∞ = sup |f(x)|
r x∈R
1
On pose : fn (x) = x2 + et f(x) = |x|.
n
Montrer que la suite (fn ) converge vers f dans C(R, R).
2 Dans l’espace C([0, 1], R) muni des deux normes : ∥.∥1 et ∥.∥∞
fn (x) = 1 − nx si x ∈ [0, n1 ]
On considère la suite de fonction (fn )n définies par :
fn (x) = 0 si x ∈ [ n1 , 1]
La suite (fn )n converge vers la fonction nulle pour la norme ∥.∥1 ,
cependant la suite ne converge pas pour la norme ∥.∥∞ .
Théorème 2.
Proposition 6.
(un )n converge vers a 2
Si (v ) converge vers b alors : ∀(λ, µ) ∈ K , la suite (λun + µvn )n converge vers λa + µb.
n n
Propriétés 2.
Si la suite (xn ) converge vers l, alors toutes les suites extraites de (xn ) convergent vers l.
On note N1 ∼ N2
Remarque 2.
1 1
On a : ∀x ∈ E, N1 (x) ⩽ N2 (x) ⩽ N1 (x)
β α
Exercice 6.
Soit E = R[X], l’espace vectoriel des polynômes. On définit sur E les deux normes :
n
Pour P(X) = ∑ ak Xk ∈ R[X] :
k=0
n
N1 (P) = ∑ |ak | et N∞ (P) = max (|ak |)
0⩽k⩽n
k=0
Pratique:
Pour montrer que deux normes N1 et N2 ne sont pas équivalentes.
On cherche une suite (xn ) ∈ EN telle que :
N2 (xn ) N1 (xn )
lim = +∞ ou lim = +∞
n→+∞ N1 (xn ) n→+∞ N2 (xn )
Exemple:
Considérons l’espace vectoriel C([0, 1], R) muni des normes ∥ · ∥1 et ∥ · ∥∞ .
On utilisant la suite de fonctions (fn ) définie par (fn : t 7→ tn ), montrer que les deux normes
∥ · ∥1 et ∥ · ∥∞ ne sont pas équivalentes.
Théorème 3.
1 Si une suite est bornée pour une norme N, elle est bornée pour toute norme équivalente à N.
2 Si une suite converge vers l pour une norme N, elle converge vers l pour toute norme équiva-
lente à N.
3 Si une partie est bornée pour une norme N, elle est bornée pour toute norme équivalente N.
Théorème 5 (Bolzano-Weierstrass).
Si E est de dimension finie, toute suite bornée admet une suite extraite convergente.
Exemple:
On considère les ensembles :
Proposition 8.
• ∅ et E sont des parties ouvertes et fermées de E.
• Les boules ouvertes sont des ouverts !
• Les boules fermées et les sphères sont des fermés.
En particulier, un singleton est un fermé.
Proposition 9.
• Toute réunion d’ouverts est un ouvert,
• Toute intersection finie d’ouverts est un ouvert.
• Toute réunion finie de fermés est un fermé,
• Toute intersection de fermés est un fermé.
Proposition 10.
Deux normes équivalentes définissent les mêmes ouverts et les mêmes fermés.
4.2 Intérieur-Adhérence-Frontière.
Définition 12.
Soient A une partie de E et x un élément de E. On dit que :
• x est un point intérieur à A s’il existe r > 0 tel que B(x, r) ⊂ A
(c’est-à-dire si A est un voisinage de x ).
Définition 13.
Soit A une partie de E. On appelle :
o
• Intérieur de A et on note A l’ensemble des points intérieurs à A.
• Adhérence de A et on note A l’ensemble des points adhérents à A.
o
• Frontière de A et on note Fr(A) ou A l’ensemble Fr(A) = A \ A.
Exemple:
On considère l’ensemble : A = [0, 1[×] − 1, 1[.
o
A = [0, 1] × [−1, 1] et A =]0, 1[×] − 1, 1[
Proposition 11.
Soit A une partie de E.
• L’intérieur de A est un ouvert de E, c’est le plus grand des ouverts inclus dans A.
• L’adhérence de A est un fermé de E, c’est le plus petit des fermés contenant A.
• La frontière de A est un fermé de E.
Corollaire 2.
Soit A une partie de E. On a :
o
• A ⊂ A ⊂ A.
o
• A est une partie ouverte si et seulement si A = A.
• A est une partie fermée si et seulement si A = A.
Proposition 12.
Soit A une partie de E et x ∈ E. On a :
Proposition 13.
L’adhérence d’une boule ouverte B(a, r) est la boule fermée B ′ (a, r).
Exemple:
Soit A une partie non vide d’un evn E. On suppose que A est convexe. Montrer que A est convexe.
Définition 14.
Soient A et B deux parties de E. On dit que :
• A est dense dans E si A = E.
• A est dense dans B si B ⊂ A.
Proposition 14.
Remarque 3.
Exercice 8.
1) Montrer que GLn (K) est dense Mn (K).
2) Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables Dn (C) est dense dans Mn (C)
5 Limite - Continuité
Soient E et F deux K−espaces vectoriels normés, A une partie non vide de E et f : A −→ F.
5.1 Limite
Définition 15.
Soit a ∈ A et l ∈ F. On dit que f admet l pour limite en a si, et seulement si,
Soit a ∈ A et l ∈ F.
Si f admet l pour limite en a, alors : f est bornée sur un voisinage de a.
Soient f : A −→ F et a ∈ A. On a :
Pour toute suite (xn ) de A qui converge vers a,
l = lim f(x) ⇐⇒
x−→a la suite (f(xn )) converge vers l
Proposition 18.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimension finie, A une partie de E, f et g des
applications de A dans F et a ∈ A.
1 Si f et g ont une limite en a et λ ∈ K alors f + g et λf ont une limite en a. On a, de plus :
lim (f + g)(x) = lim f(x) + lim g(x) et lim (λ · f)(x) = λ. lim f(x)
x→a x→a x→a x→a x→a
3 Soit λ : E −→ K, x 7−→ λ(x) une fonction scalaire. Si lim λ(x) = 0 et f est une fonction
x→a
bornée sur une boule de centre a alors lim (λ · f)(x) = 0F .
x→a
Proposition 19 (Composition).
Exercice 9.
Étudier l’existence et la valeur éventuelle des limites en (0, 0) des fonctions suivantes :
x 2 y2 1
1) f(x, y) = 3) f(x, y) = (x + y)sin
x 2 + y2 x2 + y2
x 2 y2 3x2 + xy
2) f(x, y) = 2 4) f(x, y) = p
x + y2 x2 + y2
Proposition 20.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimensions finies, A une partie de E.
f : A −→ F, a ∈ A, l ∈ F et (e1 , e2 , . . . , ep ) une base de F.
p p
On note : ∀x ∈ A, f(x) = ∑ fk (x)ek et l = ∑ lk ek . Alors :
k=1 k=1
Proposition 22.
Si f : A −→ F est continue en a et g : f(A) −→ G est continue en f(a)
alors : g ◦ f est continue en a.
Définition 17.
La fonction f est continue sur A si elle est continue en tout de A.
On note : C(A, F) l’ensemble des fonctions continues sur A.
Proposition 23.
Proposition 24.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimensions finies, A une partie de E.
f : A −→ F, a ∈ A et (e1 , e2 , . . . , ep ) une base de F.
p
On note : ∀x ∈ A, f(x) = ∑ fk (x)ek . Alors :
k=1
5.3 Image réciproque d’un ouvert, d’un fermé par une application continue.
Proposition 25 (Caractérisation de la continuité par les ouverts et les fermés).
Soit f une application d’un espace vectoriel normé E à valeurs dans un espace vectoriel normé F.
Les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) f est continue sur E.
(ii) L’image réciproque d’un ouvert quelconque de F est un ouvert de E.
(iii) L’image réciproque d’un fermé quelconque de F est un fermé de E.
Exemple:
1) GLn (K) est un ouvert de Mn (K)
2) SLn (K) est un fermé de Mn (K)
Exercice 10.
Soit f une application d’un espace vectoriel normé E à valeurs dans un espace vectoriel normé F.
Les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) f est continue sur E.
(ii) Pour toute partie A de E, f(A) ⊂ f(A).
Proposition 26.
Proposition 27.
Exemple:
L’espace vectoriel C([0, 1]; R) muni de la norme ∥.∥∞ .
Montrer que l’application φ : [0, 1] −→ R; f 7→ inf f(t) est 1−lipschitzienne.
t∈[0,1]
Proposition 28.
Soit E, F deux K−espaces vectoriels normés et f ∈ L(E, F). On a équivalence entre :
1 f est continue en 0 ;
2 f est continue ;
3 f est lipschitzienne ;
Proposition 29.
2 Soit A ∈ Mn (K), l’application φ : Mn,1 (K) −→ K ; X 7→t XAX est une fonction polynomiale,
donc φ est continue sur Mn,1 (K).
3 L’application det : Mn (K) −→ K, A 7→ det A est continue en tant que fonction polynomiale des
coefficients de la matrice.
4 L’application : Mn (K) −→ Mn (K), A 7→ Com(A) est continue car chacun des coefficients de la
comatrice est au signe près un déterminant et donc une fonction polynomiale des coefficients de la
matrice.
5 L’application ; : Mn (K) −→ K[X], A 7→ PA (polynôme caractéristique de A) est continue car chacun
des coefficients de PA est polynomial en les coefficients de A.
Proposition 31.
Corollaire 3.
Soit E un K−espace vectoriel de dimension n et B une base de E, l’application :
En −→ K
det : (x , x , . . . , x ) 7→ det (x , x , . . . , x ) est continue. (mullinéaire en dimension finie)
1 2 n B 1 2 n