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Espaces Vectoriels Normés : Concepts Clés

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 ESPACES VECTORIELS NORMES 

Malih Nourdine

Table des matières


1 Vocabulaire des espaces vectoriels normés 2
1.1 Norme sur un espace vectoriel réel ou complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Normes usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Norme associé à un produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Produit d’espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Distance associée à une norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.6 Boules fermées, boules ouvertes, sphères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.7 Parties convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

Mathématiques CPGE-MY Youssef


1.8 Parties et fonctions bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

2 Suites dans un espace vectoriel normé 6


2.1 Suites bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Comparaison des normes Normes équivalentes 8

4 Topologie d’un espace vectoriel normé. 9


4.1 Ouvert – Fermé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.2 Intérieur-Adhérence-Frontière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.3 Partie dense. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

5 Limite - Continuité 11
5.1 Limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3 Image réciproque d’un ouvert, d’un fermé par une application continue. . . . . . . . . . . . . . . 13
5.4 Applications lipschiziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.5 Applications polynômiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.6 Applications multilinéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

6 Espaces vectoriels normés de dimension finie 16

0. Malih Nourdine

1
✭✭ 1 VOCABULAIRE DES ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Dans ce chapitre, K désigne R ou C, et E un K-espace vectoriel.

1 Vocabulaire des espaces vectoriels normés


1.1 Norme sur un espace vectoriel réel ou complexe
Définition 1 (Norme).
On appelle norme sur le K-espace vectoriel E, toute application N : E 7→ R vérifiant :
1 ∀x ∈ E, N(x) ⩾ 0 (positivité)

2 ∀x ∈ E, N(x) = 0 ⇐⇒ x = 0 (séparation)

3 ∀(λ, x) ∈ K × E, N(λx) = |λ|N(x) (homogénéité)

4 ∀(x, y) ∈ E2 , N(x + y) ≤ N(x) + N(y) (inégalité triangulaire)


On note : N(x) = ∥x∥
Un espace vectoriel normé est un espace vectoriel E muni d’une norme ∥ ∥.

Proposition 1.

1 ∥ 0E ∥ = 0
2 ∀x ∈ E, ∥−x∥ = ∥x∥

Mathématiques CPGE-MY Youssef


3 ∀(x, y) ∈ E2 , ∥x∥ − ∥y∥ ≤ ∥x − y∥
n n
4 ∀x1 , x2 , . . . , xn ∈ E, ∑ xk ⩽ ∑ ∥ xk ∥
k=1 k=1

Exercice 1.

1 Pour tout (x, y) ∈ R2 , on pose :


p
N1 (x, y) = Max( x2 + y2 , |x − y|) et N2 (x, y) = 5|x| + 3|y|.

Montrer que N1 et N2 sont des normes sur R2 .


+∞
2 Pour tout P ∈ R[X], écrit sous la forme P = ∑ ak Xk , on pose :
k=0

+∞ +∞
|ak |
∥P ∥ = sup |P(x)| et N(P) = ∑ ak + ∑
0⩽x⩽1/2 k=0 k=1 k

Prouver que ∥ − ∥ et N sont des normes sur R[X].

1.2 Normes usuelles


:
1 Les normes usuelles sur Kn : Soit x = (x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ Kn , on pose :
n
∥x∥1 = ∑ |xk | (norme 1)
k=1
s
n
∥x∥2 = ∑ |xk |2 (norme euclidienne)
k=1
∥x∥∞ = max{|xk | / 1 ≤ k ≤ n} (norme infinie)

✍ MALIH Nourdine page 2 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 1 VOCABULAIRE DES ESPACES VECTORIELS NORMÉS
2 Les normes fondamentales sur C([a, b]; K) :
Pour f ∈ C([a, b]; K), on pose :
Z b
∥f∥1 = f(t) dt (norme de la convergence en moyenne)
sa
Z b
2
∥f∥2 = f(t) dt (norme de la convergence en quadratique)
a
∥f∥∞ = sup{|f(t)| / t ∈ [a, b]} (norme de la convergence uniforme)

3 Les normes usuelles sur Mn,p (R) :


Pour A = (aij ) ∈ Mn,p (R), on pose :
n p
N1 (A) = ∑ ∑ |aij |
i=1 j=1
v
un p
N2 (A) = t ∑
u
∑ |aij |2
i=1 j=1

N∞ (A) = max {|aij |/ i ∈ J1, nK, j ∈ J1, pK}


N1 , N2 et N∞ sont des normes sur Mn,p (R).
4 Les normes usuelles sur K[X] :
+∞
Pour P = ∑ ak Xk ∈ K[X], on pose :

Mathématiques CPGE-MY Youssef


k=0

+∞ +∞
N1 (P) = ∑ |ak | N2 (P) = ∑ 2k |ak | N3 (P) = sup |P(t)|
k=0 k=0 t∈[−1,1]

N1 , N2 et N3 sont des normes sur K[X].

1.3 Norme associé à un produit scalaire


Proposition 2 (Norme euclidienne).
Soit (E, ⟨ | ⟩) un espace préhilbertien réel. On pose :
q
∀x ∈ E, ∥x∥ = ⟨x | y⟩

On a les propriétés :
1 ∀x ∈ E, ∥x∥ = 0 ⇐⇒ x = 0
2 ∀(λ, x) ∈ R × E, ∥λx∥ = |λ| ∥x∥
3 ∀(x, y) ∈ E × E, |⟨x | y⟩| ≤ ∥x∥ ∥y∥ (Inégalité de Schwarz)

4 ∀(x, y) ∈ E × E : ∥x + y∥ ≤ ∥x∥ + ∥y∥ (Inégalité de Minkowski)

Corollaire 1.
q
L’application ∥x∥ 7→ ∥x∥ = ⟨x | x⟩ est une norme sur E.
dite : norme euclidienne associée au produit scalaire ⟨ | ⟩.

✍ MALIH Nourdine page 3 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 1 VOCABULAIRE DES ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Exemple:
1 Produit scalaire canonique sur Rn :
n
∀x = (x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ Rn , ∀y = (y1 , y2 , . . . , yn ) ∈ Rn , x·y = ∑ x k yk
k=1
s
n
Norme associée : ∥x∥ = ∑ xk
k=1

2 Produit scalaire canonique sur Mn,p (R) :


2
∀(A, B) ∈ Mn,p (R) , < A, B >= tr( tAB) = ∑ ai,j bi,j
i,j

Norme associée : ∥A∥ = t AA

3 Produit scalaire sur le R-espace vectoriel C([a, b], R) :




2 Z b
∀(f, g) ∈ C([a, b], R) , < f, g >= f(t)g(t) dt
a

Z b
 12
2
Norme associée : ∥f∥ = [f(t)] dt

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a

4 Produit scalaire sur l’espace des polynômes R[X] :


2 Z 1
∀(P, Q) ∈ R[X] , ⟨P | Q⟩ = P(t)Q(t) dt
−1

Z b
 21
2
Norme associée : ∥P ∥ = [P(t)] dt
a

Exercice 2.
Soit E = C1 ([0, 1], R). On pose pour tout f ∈ E :
s
Z 1
N(f) = |f(0)|2 + |f′ (t)|2 dt
0

1) Montrer que N est une norme sur E.


2) Soit f ∈ E, montrer que, pour tout x ∈ [0, 1] :
Z 1
 21
′ 2
|f(x)| ⩽ |f(0)| + f (t) dt
0


3) Établir que pour tout f ∈ E, ∥f∥∞ ⩽ 2 · N(f).

✍ MALIH Nourdine page 4 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 1 VOCABULAIRE DES ESPACES VECTORIELS NORMÉS
1.4 Produit d’espaces vectoriels normés
Proposition 3.
Soit p un entier ⩾ 2, (E1 , N1 ), (E2 , N2 ), . . . , (Ep , Np ) des espaces vectoriels normés.
On pose : E = E1 × E2 × . . . × Ep
Les applications suivantes définies pour tout x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E, par :
s
p p
∥x∥1 = ∑ Nk (xk ) , ∥x∥2 = ∑ Nk (xk )2 , ∥x∥∞ = max {Nk (xk )}
k∈J1,pK
k=1 k=1

définissent des normes sur l’espace produit E.

1.5 Distance associée à une norme


Définition 2 (Distance associée à une norme).
Soit (E, ∥ ∥) un evn ; on appelle distance associée à la norme ∥ ∥, l’application :

d : E × E 7→ [0, +∞[ définie par : d(x, y) = ∥x − y∥

Propriétés 1.
Les propriétés suivantes sont des conséquences immédiates de la définition :
1 ∀(x, y) ∈ E2 , d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y (séparation)

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2 ∀(x, y) ∈ E2 , d(x, y) = d(y, x) (symétrie)

3 ∀(x, y, z) ∈ E3 , d(x, z) ⩽ d(x, y) + d(y, z) (inégalité triangulaire)

4 ∀(a, x, y) ∈ E3 , d(x + a, y + a) = d(x, y) (invariance par translation)

5 ∀(λ, x, y) ∈ K × E2 , d(λx, λy) = |λ| d(x, y) (homogénéité).

1.6 Boules fermées, boules ouvertes, sphères


Définition 3 (Boules ouverte et fermée).
Soit a ∈ E et r ∈ [0, +∞[. On appelle :
• Boole ouverte de centre a et de rayon r, l’ensemble : B(a, r) = {x ∈ E | ∥x − a∥ = d(x, a) < r}
• Boule fermée de centre a et de rayon r, l’ensemble : B ′ (a, r) = {x ∈ E | ∥x − a∥ = d(x, a) ⩽ r}
• Sphère de centre a et de rayon r, l’ensemble : S(a, r) = {x ∈ E | ∥x − a∥ = d(x, a) = r}

1.7 Parties convexes


Définition 4 (Ensemble convexe).
Une partie A de E est dite convexe si, et seulement si, pour tous x et y de A, le segment [x, y] est
contenu dans A :
∀(x, y) ∈ A2 , ∀t ∈ [0, 1], (1 − t)x + ty ∈ A

✍ MALIH Nourdine page 5 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 2 SUITES DANS UN ESPACE VECTORIEL NORMÉ
Proposition 4 (Convexité des boules).

Les boules ouvertes et les boules fermées sont des ensembles convexes.

Exercice 3.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (R). On dit que :
n
A est stochastique si ∀(i, j) ∈ J1, nK2 , 0 ⩽ ai,j ⩽ 1 et ∀i ∈ J1, nK, ∑ ai,j = 1.
j=1

Montrer que l’ensemble des matrices stochastiques est un convexe de Mn (R)

1.8 Parties et fonctions bornées


Définition 5 (Partie bornée).
Soit E un espace vectorielle normé. Une partie A de E est dite bornée si :

∃ M ∈ R+ , ∀ x ∈ A : ∥ x ∥ ⩽ M

c.à.d : A ⊂ B ′ (0, M)

Mathématiques CPGE-MY Youssef


Proposition 5.
Soit E un espace vectorielle normé. Une partie A de E.

A est bornée ⇐⇒ ∃x ∈ E, ∃R > 0 : A ⊂ B(x, R)

Exemple:
Soit E = C([0, 1], R) et A = {fn ∈ E | n ∈ N avec fn (t) = ntn }.
A est bornée pour la norme N1 mais ne l’est pas pour la norme N∞ .

Définition 6 (Fonction bornée).


Soit E un espace vectorielle normé et K un ensemble.
Une fonction f de K vers E est dite bornée sur K si :
∃M ∈ R+ , ∀x ∈ K : ∥f(x)∥ ⩽ M

Exercices 4.
cosθ −sinθ
 
On munit M2 (R) de la norme ∥.∥2 , et pour θ ∈ R, on pose : R(θ) = sinθ sinθ ∈ M2 (R).
L’ensemble R = {R(θ) | θ ∈ R} est une partie bornée de M2 (R)

2 Suites dans un espace vectoriel normé


Dans cette section, (E, ∥ ∥) est un K-espace vectoriel normé.
2.1 Suites bornées
Définition 7.
Une suite (un )n à valeurs dans E est dite bornée si :

∃ M ∈ R+ , ∀ n ∈ N : ∥ u n ∥ ⩽ M

✍ MALIH Nourdine page 6 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 2 SUITES DANS UN ESPACE VECTORIEL NORMÉ
Exercices 5.
+∞
Sur R[X], on définit N1 et N2 par : N1 (P) = ∑ P(k) (0) et N2 (P) = sup |P(t)|
k=0 t∈[−1,1]
1
On pose : Pn = Xn pour n ∈ N∗
n
1 Montrer que N1 et N2 sont deux normes sur R[X].
2 Montrer que la suite (Pn ) est borné pour la norme N2 , non bornée pour la norme N1 .

2.2 Suites convergentes


Définition 8 (Suite convergente, suite divergente).
Une suite (un )n à valeurs dans E est dite convergente s’il existe a ∈ E tel que la suite réelle
∥un − a∥ n converge vers 0 :

∀ϵ > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n ≥ N =⇒ ∥un − a∥ ⩽ ϵ

On dit aussi que a est la limite de la suite (un )n . on note : lim un = a.


Une suite qui ne converge pas est dite divergente.

Mathématiques CPGE-MY Youssef


Remarque 1.
On a : lim un = a ⇐⇒ lim ∥un − a∥ = 0

Exemple:
1 Dans l’espace C(R, R) muni la norme : ∥f∥∞ = sup |f(x)|
r x∈R
1
On pose : fn (x) = x2 + et f(x) = |x|.
n
Montrer que la suite (fn ) converge vers f dans C(R, R).

2 Dans l’espace C([0, 1], R) muni des deux normes : ∥.∥1 et ∥.∥∞
fn (x) = 1 − nx si x ∈ [0, n1 ]
On considère la suite de fonction (fn )n définies par :
fn (x) = 0 si x ∈ [ n1 , 1]
La suite (fn )n converge vers la fonction nulle pour la norme ∥.∥1 ,
cependant la suite ne converge pas pour la norme ∥.∥∞ .

Théorème 1 (Unicité de la limite).


Si une suite (un )n dans E admet une limite, alors elle est unique.
Auquel cas, elle est notée : lim un ou lim un .
n∞

Théorème 2.

Une suite convergente est une suite bornée.

Proposition 6.

(un )n converge vers a 2
Si (v ) converge vers b alors : ∀(λ, µ) ∈ K , la suite (λun + µvn )n converge vers λa + µb.
n n

✍ MALIH Nourdine page 7 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 3 COMPARAISON DES NORMES NORMES ÉQUIVALENTES
Définition 9.
Soit une suite (xn )n dans un espace vectoriel normé E. Toute suite de la forme (xφ(n) )n ,
avec φ : N −→ N strictement croissante, est appelé une sous-suite où suite extraite de (xn )n .

Propriétés 2.

Si la suite (xn ) converge vers l, alors toutes les suites extraites de (xn ) convergent vers l.

3 Comparaison des normes Normes équivalentes


Définition 10.
Soient E un K−espace vectoriel, N1 et N2 deux normes sur E.
On dit que N1 et N2 sont équivalentes si

∃α, β ∈ R+ , ∀x ∈ E, αN2 (x) ⩽ N1 (x) ⩽ βN2 (x)

On note N1 ∼ N2

Remarque 2.
1 1
On a : ∀x ∈ E, N1 (x) ⩽ N2 (x) ⩽ N1 (x)
β α

Mathématiques CPGE-MY Youssef


donc les places de N1 et N2 peuvent être échangées dans la définition de deux normes équivalentes.

Exercice 6.
Soit E = R[X], l’espace vectoriel des polynômes. On définit sur E les deux normes :
n
Pour P(X) = ∑ ak Xk ∈ R[X] :
k=0

n
N1 (P) = ∑ |ak | et N∞ (P) = max (|ak |)
0⩽k⩽n
k=0

Montrer que ces deux normes sont équivalentes.

Propriétés 3 (Comparaison des normes usuelles sur Kn ).


Pour tout x ∈ Kn :
∥x∥ ∞ ⩽ ∥x∥1 ⩽ n∥x∥ ∞

∥x∥ ∞ ⩽ ∥x∥2 ⩽ n∥x∥ ∞

∥x∥2 ⩽ ∥x∥1 ⩽ n∥x∥2

Pratique:
Pour montrer que deux normes N1 et N2 ne sont pas équivalentes.
On cherche une suite (xn ) ∈ EN telle que :

N2 (xn ) N1 (xn )
lim = +∞ ou lim = +∞
n→+∞ N1 (xn ) n→+∞ N2 (xn )

Exemple:
Considérons l’espace vectoriel C([0, 1], R) muni des normes ∥ · ∥1 et ∥ · ∥∞ .
On utilisant la suite de fonctions (fn ) définie par (fn : t 7→ tn ), montrer que les deux normes
∥ · ∥1 et ∥ · ∥∞ ne sont pas équivalentes.

✍ MALIH Nourdine page 8 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 4 TOPOLOGIE D’UN ESPACE VECTORIEL NORMÉ.

Proposition 7 (Caractérisation géométrique de l’équivalence).


Les normes N1 et N2 sont équivalentes si, et seulement si,

∃α, β > 0, BN2 (0, α) ⊂ BN1 (0, 1) ⊂ BN2 (0, β)

Théorème 3.

1 Si une suite est bornée pour une norme N, elle est bornée pour toute norme équivalente à N.
2 Si une suite converge vers l pour une norme N, elle converge vers l pour toute norme équiva-
lente à N.
3 Si une partie est bornée pour une norme N, elle est bornée pour toute norme équivalente N.

Théorème 4 (de Riez).


Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.

Théorème 5 (Bolzano-Weierstrass).
Si E est de dimension finie, toute suite bornée admet une suite extraite convergente.

Mathématiques CPGE-MY Youssef


4 Topologie d’un espace vectoriel normé.
4.1 Ouvert – Fermé.
Définition 11.
Soient A une partie de E et x un élément de E . On dit que :
• A est un voisinage de x s’il existe r > 0 tel que : B(x, r) ⊂ A.
• A est un ouvert de E si A est un voisinage de chacun de ses points,
c’est-à-dire si : ∀x ∈ A, ∃r > 0, B(x, r) ⊂ A
• A est un fermé de E si son complémentaire E ∖ A est un ouvert.
Convention : ∅ est un ouvert.
Notation : V(x) l’ensemble des voisinages de x

Exemple:
On considère les ensembles :

A = {(x, y) ∈ R2 | |x| < 1 et |y| < 1} et B = {(x, y) ∈ R2 | |x − 1| ⩽ 1 et |y| ⩽ 2}

Montrer que A est ouvert de R2 et B est un fermé dans R2

Proposition 8.
• ∅ et E sont des parties ouvertes et fermées de E.
• Les boules ouvertes sont des ouverts !
• Les boules fermées et les sphères sont des fermés.
En particulier, un singleton est un fermé.

Proposition 9.
• Toute réunion d’ouverts est un ouvert,
• Toute intersection finie d’ouverts est un ouvert.
• Toute réunion finie de fermés est un fermé,
• Toute intersection de fermés est un fermé.

✍ MALIH Nourdine page 9 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 4 TOPOLOGIE D’UN ESPACE VECTORIEL NORMÉ.
Exercice 7.
Soit F une partie fermée d’un evn E, pour n ∈ N∗ , on pose :
[
On = B(a, n1 )
a∈F
1) Justifie que pour tout n ∈ N∗ , On est un ouvert de E, contenant F.
\
2) Soit x ∈ On ;
n ∈N∗

(a) Montrer que : ∀n ∈ N∗ , ∃an ∈ F tel que : x ∈ B(an , n1 )


(b) En déduire que x ∈ F.
3) Conclure

Proposition 10.

Deux normes équivalentes définissent les mêmes ouverts et les mêmes fermés.

4.2 Intérieur-Adhérence-Frontière.
Définition 12.
Soient A une partie de E et x un élément de E. On dit que :
• x est un point intérieur à A s’il existe r > 0 tel que B(x, r) ⊂ A
(c’est-à-dire si A est un voisinage de x ).

Mathématiques CPGE-MY Youssef


• x est un point adhérent à A si pour tout r > 0, B(x, r) ∩ A ̸= ∅.

Définition 13.
Soit A une partie de E. On appelle :
o
• Intérieur de A et on note A l’ensemble des points intérieurs à A.
• Adhérence de A et on note A l’ensemble des points adhérents à A.
o
• Frontière de A et on note Fr(A) ou A l’ensemble Fr(A) = A \ A.

Exemple:
On considère l’ensemble : A = [0, 1[×] − 1, 1[.
o
A = [0, 1] × [−1, 1] et A =]0, 1[×] − 1, 1[
Proposition 11.
Soit A une partie de E.
• L’intérieur de A est un ouvert de E, c’est le plus grand des ouverts inclus dans A.
• L’adhérence de A est un fermé de E, c’est le plus petit des fermés contenant A.
• La frontière de A est un fermé de E.

Corollaire 2.
Soit A une partie de E. On a :
o
• A ⊂ A ⊂ A.
o
• A est une partie ouverte si et seulement si A = A.
• A est une partie fermée si et seulement si A = A.

Proposition 12.
Soit A une partie de E et x ∈ E. On a :

x ∈ A ⇐⇒ il existe une suite d’éléments de A convergeant vers x

✍ MALIH Nourdine page 10 CPGE-MY YOUSSEF


✭✭ 5 LIMITE - CONTINUITÉ
Exemple: Z 1
Soit E = C([0, 1], R) muni de la norme ∥.∥∞ . On note A = {f ∈ E | f(0) = 0 et f(t)dt ⩾ 1}.
0
Montrer que A est une partie fermée de E.

Proposition 13.

L’adhérence d’une boule ouverte B(a, r) est la boule fermée B ′ (a, r).

Exemple:
Soit A une partie non vide d’un evn E. On suppose que A est convexe. Montrer que A est convexe.

4.3 Partie dense.


Soit E un espace vectoriel normé

Définition 14.
Soient A et B deux parties de E. On dit que :
• A est dense dans E si A = E.
• A est dense dans B si B ⊂ A.

Proposition 14.

Mathématiques CPGE-MY Youssef


Soit A une partie de E. Les assertions suivantes sont équivalentes :
1 A dense dans E
2 ∀x ∈ E, ∀r > 0 tel que : B(x, r) ∩ A ̸= ∅
3 Pour tout x ∈ E, il existe (xn )n dans A qui converge vers x.

Remarque 3.

Le caractère dense est inchangé par passage à une norme équivalente

Exercice 8.
1) Montrer que GLn (K) est dense Mn (K).
2) Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables Dn (C) est dense dans Mn (C)

5 Limite - Continuité
Soient E et F deux K−espaces vectoriels normés, A une partie non vide de E et f : A −→ F.
5.1 Limite
Définition 15.
Soit a ∈ A et l ∈ F. On dit que f admet l pour limite en a si, et seulement si,

∀ε > 0, ∃a > 0, ∀x ∈ A : (∥x − a∥E < η =⇒ ∥f(x) − l∥F < ε)

Auquel cas, on note : l = lim f(x)


x−→a

Proposition 15 (Unicité de la limite).

La limite, si elle existe, est unique.

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Proposition 16.

Soit a ∈ A et l ∈ F.
Si f admet l pour limite en a, alors : f est bornée sur un voisinage de a.

Proposition 17 (Caractérisation séquentielle de la limite ).

Soient f : A −→ F et a ∈ A. On a :
Pour toute suite (xn ) de A qui converge vers a,
l = lim f(x) ⇐⇒
x−→a la suite (f(xn )) converge vers l

Proposition 18.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimension finie, A une partie de E, f et g des
applications de A dans F et a ∈ A.
1 Si f et g ont une limite en a et λ ∈ K alors f + g et λf ont une limite en a. On a, de plus :
lim (f + g)(x) = lim f(x) + lim g(x) et lim (λ · f)(x) = λ. lim f(x)
x→a x→a x→a x→a x→a

2 Soit λ : E −→ K, x 7−→ λ(x) une fonction scalaire.


Si f et λ ont une limite en a alors λf a une limite en a. On a, de plus :

lim (λf)(x) = lim λ(x). lim f(x)

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x→a x→a x→a

3 Soit λ : E −→ K, x 7−→ λ(x) une fonction scalaire. Si lim λ(x) = 0 et f est une fonction
x→a
bornée sur une boule de centre a alors lim (λ · f)(x) = 0F .
x→a

Proposition 19 (Composition).

Soient E, F et G trois espaces vectoriels normés, A une partie de E et a ∈ A.


On(considère les fonctions : f : A −→ F et g : f(A) −→ G.
lim f(x) = b
→a
Si xlim g(y) = l alors xlim g ◦ f(x) = l
→a
y→b

Exercice 9.
Étudier l’existence et la valeur éventuelle des limites en (0, 0) des fonctions suivantes :
x 2 y2 1
1) f(x, y) = 3) f(x, y) = (x + y)sin
x 2 + y2 x2 + y2

x 2 y2 3x2 + xy
2) f(x, y) = 2 4) f(x, y) = p
x + y2 x2 + y2

Proposition 20.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimensions finies, A une partie de E.
f : A −→ F, a ∈ A, l ∈ F et (e1 , e2 , . . . , ep ) une base de F.
p p
On note : ∀x ∈ A, f(x) = ∑ fk (x)ek et l = ∑ lk ek . Alors :
k=1 k=1

l = lim f(x) ⇐⇒ ∀k ∈ J1, pK : lk = lim fk (x)


x−→a x−→a

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✭✭ 5 LIMITE - CONTINUITÉ
5.2 Continuité
Définition 16.
Soient E et F deux K−espaces vectoriels normés de dimensions finies, A une partie non vide de E
et f : A −→ F.
On dit que f est continue en un point a de A lorsque : lim f(x) = f(a)
x→a

Proposition 21 (Caractérisation séquentielle de la continuité ).


Soient f : A −→ F et a ∈ A. On a :
Pour toute suite (xn ) de A qui converge vers a,
f est continue en a ⇐⇒
la suite (f(xn )) converge vers f(a)

Proposition 22.
Si f : A −→ F est continue en a et g : f(A) −→ G est continue en f(a)
alors : g ◦ f est continue en a.

Définition 17.
La fonction f est continue sur A si elle est continue en tout de A.
On note : C(A, F) l’ensemble des fonctions continues sur A.

Proposition 23.

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1 C(A, F) est un espace vectoriel sur K.
Ainsi : Toute combinaison linéaire de fonctions continues est continue.
2 Toute composée de fonctions continues est continue.
3 Si f et g sont continues et égaux sur une partie dense alors elles sont égales

Proposition 24.
Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimensions finies, A une partie de E.
f : A −→ F, a ∈ A et (e1 , e2 , . . . , ep ) une base de F.
p
On note : ∀x ∈ A, f(x) = ∑ fk (x)ek . Alors :
k=1

f est continue en a ⇐⇒ ∀k ∈ J1, pK : fk est continue en a

f est continue sur A ⇐⇒ ∀k ∈ J1, pK : fk est continue sur A

5.3 Image réciproque d’un ouvert, d’un fermé par une application continue.
Proposition 25 (Caractérisation de la continuité par les ouverts et les fermés).
Soit f une application d’un espace vectoriel normé E à valeurs dans un espace vectoriel normé F.
Les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) f est continue sur E.
(ii) L’image réciproque d’un ouvert quelconque de F est un ouvert de E.
(iii) L’image réciproque d’un fermé quelconque de F est un fermé de E.

Exemple:
1) GLn (K) est un ouvert de Mn (K)
2) SLn (K) est un fermé de Mn (K)

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Exercice 10.
Soit f une application d’un espace vectoriel normé E à valeurs dans un espace vectoriel normé F.
Les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) f est continue sur E.
(ii) Pour toute partie A de E, f(A) ⊂ f(A).

(iii) Pour toute partie B de F, f−1 (B) ⊂ f−1 (B).

5.4 Applications lipschiziennes


Définition 18.
Soient (E, ∥ ∥E ) et (F, ∥ ∥F ) deux espaces vectoriels normés.
Soit A une partie de E et f une application de A à valeurs dans F.
On dit que f est lipschitzienne si, et seulement si, il existe une constante k ∈ [0, +∞[ telle que :

∀(x, y) ∈ A2 , ∥f(x) − f(y)∥F ⩽ k ∥x − y∥E

k est appelé rapport de Lipschitz de f, et f est dite k-lipschitzienne.

Proposition 26.

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La composée de deux applications lipschiziennes est une application lipchitzienne.

Proposition 27.

Une application lipschizienne est continue.

Exemple:
L’espace vectoriel C([0, 1]; R) muni de la norme ∥.∥∞ .
Montrer que l’application φ : [0, 1] −→ R; f 7→ inf f(t) est 1−lipschitzienne.
t∈[0,1]

Proposition 28.
Soit E, F deux K−espaces vectoriels normés et f ∈ L(E, F). On a équivalence entre :
1 f est continue en 0 ;
2 f est continue ;
3 f est lipschitzienne ;

5.5 Applications polynômiales


Définition 19.
On appelle fonction polynomiale sur Kn , n ≥ 1, toute application f : Kn → K définie par :

∀x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn , f (x1 , . . . , xn ) = ∑ aα1 ,...,αn xα1 1 × . . . × xαnn


α1 +...+αn ≤N

avec (α1 , . . . , αn ) ∈ Nn , N ∈ N et aα1 ,...,αn ∈ K.

Proposition 29.

Les fonctions polynomiales sont continues.

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Exemple:
1 La fonction f(x, y, z) = 5x2 y − xyz + xz4 + 2 est une fonction polynomiale sur K3 .

2 Soit A ∈ Mn (K), l’application φ : Mn,1 (K) −→ K ; X 7→t XAX est une fonction polynomiale,
donc φ est continue sur Mn,1 (K).

3 L’application det : Mn (K) −→ K, A 7→ det A est continue en tant que fonction polynomiale des
coefficients de la matrice.
4 L’application : Mn (K) −→ Mn (K), A 7→ Com(A) est continue car chacun des coefficients de la
comatrice est au signe près un déterminant et donc une fonction polynomiale des coefficients de la
matrice.
5 L’application ; : Mn (K) −→ K[X], A 7→ PA (polynôme caractéristique de A) est continue car chacun
des coefficients de PA est polynomial en les coefficients de A.

5.6 Applications multilinéaires


Proposition 30.
Soient E, F deux K−espaces vectoriels de dimensions finies.
Toute application linéaire de E vers E est continue.

Proposition 31.

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Toute application multilinéaire d’un produit d’espaces vectoriels normés de dimensions finies est
continue.

Corollaire 3.
Soit E un K−espace vectoriel de dimension n et B une base de E, l’application :
En −→ K
det : (x , x , . . . , x ) 7→ det (x , x , . . . , x ) est continue. (mullinéaire en dimension finie)
1 2 n B 1 2 n

Théorème 6 (des bornes atteintes).


Soient E et F deux espaces vectoriels normés de dimensions finies.
Si f : K → F continue sur un fermé borné K de E.
Alors : f est bornée et ses bornes sont atteintes. C’est à dire :
∃a, b ∈ K tels que sup ∥f(x)∥ = ∥f(a)∥ et inf ∥f(x)∥ = ∥f(b)∥
x∈K x∈K

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✭✭ 6 ESPACES VECTORIELS NORMÉS DE DIMENSION FINIE
6 Espaces vectoriels normés de dimension finie
Théorème 7 (Bolzano-Weierstrass).
Si E est de dimension finie, toute suite bornée admet une suite extraite convergente.

Théorème 8 (de Riez).


Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.

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