Soins Obstétricaux et Néonataux d'Urgence
Soins Obstétricaux et Néonataux d'Urgence
Introduction :
> LA MORTALITE MATERNELLE : c’est un drame silencieux mais surtout une injustice sociale
car on assiste à 585 000 décès maternels/an dans le monde dont 99% dans pays en voie
développement.
> Les Causes sont bien connues, surtout obstétricales, percée des causes indirectes
(paupérisation) : paludisme, anémie, malnutrition.
> En fait, cette mortalité maternelle est la ″partie visible de l’iceberg″
> LA MORTALITE NEONATALE : occupe une part importante de la mortalité périnatale globale
> L’Afrique a le taux les plus élevés au monde (45 pour 1000 naissances vivantes) ;
> 5 causes majeures : la prématurité, les infections, l’asphyxie, les traumatismes, les
malformations congénitales.
1. Définition :
Ce sont des soins réservés aux gestantes, aux parturientes, aux accouchées et aux nouveau – nés
présentant des maladies ou complications de la grossesse et de l’accouchement nécessitant un
traitement immédiat, sans délai, et fournis 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
2. Principe :
″ Quand on n’a pas assez de ressources, on doit avoir des idées ; et quand les idées se
présentent, on doit les traduire en actes concrets, encore faudrait-il hiérarchiser les priorités″.
> Les SONUB (Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence de Base) dont les principales
fonctions sont :
o L’administration des antibiotiques ;
> 50% des décès maternels surviennent durant l’accouchement ou dans les 24 heures
suivantes ;
> La plupart des complications de la grossesse et de l’accouchement ne peuvent être ni
prévisibles ni évitables, mais elles peuvent être traitées.
> Les survies de la mère et de l’enfant sont indissociables
> Ne pas mourir en couches est un droit inaliénable et une exigence démocratique
> Lutter contre la mortalité maternelle et néonatale doit aujourd’hui être considéré comme un
investissement social et économique vital, pour que la grossesse soit un événement sûr et
heureux pour toutes les femmes et leurs familles.
I. Généralités :
Il est essentiel que les services de prestation de prévention soient assurés dans un environnement
salubre, quelque soient la taille et l’emplacement du local. La prévention est l’une des marques de
qualité des soins de santé quel que soit le niveau de la pyramide sanitaire.
Le choix des produits efficaces et moins coûteux permet de réduire la transmission de beaucoup de
maladies aussi bien chez la cliente qu’au personnel soignant. Plusieurs termes opérationnels sont
utilisés :
> L’asepsie : ce sont les techniques ou les mesures qui empêchent la pénétration des
micro-organismes dans une partie du corps où ils peuvent déclencher une infection.
> L’antisepsie ou désinfection : consiste à prévenir l’infection en détruisant ou inhibant la
croissance des micro-organismes qui se trouvent sous peau ou les autres tissus du corps.
> La décontamination : c’est le procédé qui rend les objets moins dangereux à manipuler
par le personnel, notamment le personnel d’entretien avant le nettoyage.
Ces objets comprennent les surfaces importantes (tables d’examen gynécologique ou d’opération
chirurgicale), les instruments chirurgicaux et le linge.
> Le nettoyage : c’est l’opération qui consiste à enlever physiquement tout le sang, les
liquides organiques ou autre corps étranger visible à l’œil nu présents sur la peau ou des
objets inanimés.
1. Normes de prévention des infections en milieu de soins :
> Définition d’une infection :
La prévention d’une infection est l’ensemble de mesures prises pour empêcher tout contact
contaminant entre un hôte et un micro-organisme.
Les pratiques recommandées pour la prévention des infections reposent sur les principes suivants:
o Toute personne (patient, personnel soignant, visiteur…) doit être considérée comme
potentiellement porteuse d’une infection.
o La méthode la plus sûre pour éviter la contamination croisée est de se laver les
mains.
o Le port de gants avant de toucher des plaies ouvertes, des muqueuses, du sang ou
autres liquides organiques (sécrétions ou excrétions).
o L’utilisation des protections (lunettes de protection, masque, bottes, bonnet et tablier)
si des liquides organiques (sécrétions ou excrétions) risquent de jaillir ou de se
répandre.
o La proscription des pratiques dangereuses :
▪ Ne pas récapuchonner ou plier les aiguilles ;
▪ Traiter les instruments ;
▪ Éliminer les déchets comme il convient.
NB: Par ces méthodes, on peut réduire la transmission de maladies aussi bien à la cliente qu’au
personnel soignant.
Pour réduire le risque de transmission, notamment les IST, le VIH/SIDA/ et les HBS entre le client et le
personnel d’une part, entre eux, les structures et le matériel d’autre part. Il est indispensable de
prendre certaines mesures parmi lesquelles, on peut retenir quatre méthodes:
o La décontamination ;
o Le nettoyage ;
o La désinfection ;
o La stérilisation.
2. Techniques de la prévention de l’infection :
NB: l’utilisation de la brosse peut être source de transmission de certaines affections donc à
utiliser avec précaution.
> Frotter les deux mains vigoureusement l’une contre l’autre en faisant mousser le
savon pendant 15 à 30 secondes.
> Demander à l’aide de verser de l’eau jusqu’à ce que le savon disparaisse.
> Sécher les mains à l’air libre ou avec un linge propre sec et individuel.
N.B : Le lavage des mains reste l’une des procédures les plus importantes de prévention de la
contamination des infections.
Les barrières physiques les plus utilisées sont les gants, les blouses, les tabliers, les masques, les
bottes, les coiffes etc.
Il est obligatoire de porter des gants chaque fois qu’on touche des sécrétions, les muqueuses, les
tissus sous-cutanés ou du matériel contaminé par des exsudations organiques (sang, pu et autres…).
Les gants sont utilisés en fonction des gestes ou actes à réaliser et dans la prévention des IST, les
gants restent la barrière la plus utilisée.
o Avant d’entrer en contact avec le sang ou les liquides organiques d’un client ;
o Avant le traitement des instruments ou du matériel souillé ;
o Pour réaliser une procédure dans la clinique ou dans le bloc opératoire ;
o Pour manipuler des instruments, des gants et d’autres objets souillés ;
o Pour évacuer les déchets contaminés (coton, compresses ou pansements…).
҉ Où porter des gants ?
o Dans toutes les formations sanitaires ;
o Dans la communauté (en cas de manipulation de sang ou de sérosités).
҉ Qui doit porter des gants ?
o Tout personnel de structures sanitaires ;
o Toute personne exposée à un risque de contamination.
҉ Comment porter les gants
o Se laver les mains avec de l’eau et du savon.
o Sécher les mains à l’air libre ou avec un linge propre, sec et individuel.
o Plier les manches des gants.
o Placer les gants sur un endroit propre avec les paumes vers le haut.
o Prendre le premier gant par le bord plié.
o Tenir le bord avec une main et mettre l’autre main dans le gant.
o Si le gant n’est pas bien mis, attendre à ce que les deux gants soient portés avant de
faire l’ajustement.
o Prendre le deuxième gant par le bord plié.
o Tenir le bord avec la main gantée et mettre l’autre main dans le gant.
o Faire l’ajustement afin que les deux gants soient bien portés.
NB :
- Ne jamais se laver les mains dans un bassin d’eau utilisé par d’autres personnes ;
- Utiliser une solution à l’alcool glycérinée entre deux clients.
- Formule : (ajouter 2 ml de glycérine à 100 ml d’une solution d’alcool à 60 ou 80°).
5. Le traitement des instruments et autres objets pour protéger les clients et le personnel :
> La décontamination :
o Placer les instruments et les gants dans une solution javellisée à 0,5% après
utilisation ;
Solution javellisée : 3 verres à thé d’eau de javel à 12° degré pour 10 litres d’eau
Ou
> Le nettoyage :
o Laver avec de l’eau et du détergent ;
o Frotter les instruments avec une brosse (à défaut une brosse à dents) jusqu’à ce
qu’ils soient visiblement propres ;
o Rincer soigneusement avec l’eau propre ;
o Sécher le matériel
> La désinfection de haut niveau :
o Faire bouillir les instruments et autres articles immergés pendant 20 minutes dans
un récipient à couvercle ;
o Commencer à chronométrer lorsque l’eau entre en ébullition ;
o Ne rien ajouter dans la marmite après avoir commencé le chronométrage ;
o Laisser sécher dans 1 récipient désinfecté à haut niveau avant utilisation ou
rangement.
> La désinfection de haut niveau par la vapeur :
o Passer les instruments, gants et autres articles à la vapeur pendant 20 minutes ;
o Etre certain qu’il y a assez d’eau au fond de la marmite pour la durée du cycle
entier de stérilisation à la vapeur ;
o Porter l’eau à ébullition ;
o Commencer à chronométrer lorsque la vapeur commence à sortir d’en dessous
du couvercle ;
o Ne rien ajouter à la marmite après que le chronométrage a commencé ;
Les infections survenant pendant la grossesse et le post-partum peuvent provenir d’une combinaison
de micro-organismes, notamment de Cocci et de bacilles aérobies et anaérobies. Il convient
d’entreprendre l’antibiothérapie en fonction de l’examen clinique.
S’il n’y a pas de réponse clinique, il peut être utile de mettre en culture des sécrétions utérines ou
vaginales, du pus ou des urines pour choisir d’autres antibiotiques. En outre, en cas de septicémie
(invasion du système sanguin) présumée, il peut être bon de faire une hémoculture.
Une infection utérine peut survenir à la suite d’un avortement ou d’un accouchement. C’est une des
principales causes de mortalité maternelle.
Il est souvent nécessaire d’utiliser des antibiotiques à large spectre pour traiter ce genre d’infections.
Dans les cas d’avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité ou d’accouchements
hors structure médicale, il convient, en outre, d’administrer une prophylaxie antitétanique.
ANTIBIOTIQUES PROPHYLACTIQUES :
Certains actes obstétricaux (par exemple, une césarienne ou une délivrance artificielle) accroissent le
risque de morbidité infectieuse auquel sont exposées les femmes. On peut limiter ce risque :
Les antibiotiques prophylactiques servent à prévenir les infections. Si une patiente a une infection
présumée ou avérée, il est plus approprié de lui donner des antibiotiques thérapeutiques.
Quand c’est possible, administrer les antibiotiques prophylactiques 30 minutes avant le début de
l’intervention afin d’assurer une concentration sanguine suffisante au moment de l’intervention, à
l’exception de la césarienne pour laquelle il ne faut administrer les antibiotiques prophylactiques
qu’une fois que le cordon est clampé, après l’accouchement.
Une dose d’antibiotiques suffit et est tout aussi efficace que trois doses ou qu’un traitement préventif
de 24 h.
Si l’intervention dure plus de 6 h ou si la patiente perd 1500 ml de sang ou davantage, lui administrer
une seconde dose d’antibiotiques prophylactiques pour maintenir le taux sanguin à un niveau suffisant.
ANTIBIOTIQUES THERAPEUTIQUES :
NB : S’il ne s’agit pas d’une infection sévère, on peut administrer 500 mg d’amoxicilline par
voie orale toutes les 8 h au lieu de l’ampicilline.
On peut également administrer le métronidazole par voie orale plutôt que par voie veineuse.
o Si la réponse clinique n’est pas satisfaisante après 48 h, veiller à ce que la patiente reçoive des
doses d’antibiotiques suffisantes, la réexaminer soigneusement pour rechercher d’autres
sources d’infection ou envisager de modifier le traitement en fonction de l’antibiogramme (ou, si
les résultats n’en sont pas encore connus, donner un antibiotique supplémentaire actif contre
les anaérobies).
o Si l’établissement ne dispose pas du matériel nécessaire à la mise en culture, réexaminer la
patiente et rechercher une collection suppurée, en particulier dans la région pelvienne, ou des
causes non infectieuses comme une thrombose veineuse profonde ou une thrombophlébite
NB : Afin d’éviter une phlébite, il convient de changer de point d’injection tous les 3 jours ou
dès le premier signe d’inflammation.
(Classification de l’OMS)
Crises convulsives
Administration du Diazépam
1. Définition :
Les utérotoniques sont des médicaments qui déclenchent les CU et accroissent leur intensité, leur
fréquence et leur durée.
2. Types :
> Ocytocine : Substance naturelle secrétée par la post hypophyse qui agit sur les
cellules musculaires lisses de l’utérus et des glandes mammaires en provoquant des
contractions.
> Syntocinon : Ocytocique de synthèse de constitution et de propriétés
pharmacologiques identiques à celles de l’ocytocine post hypophysaire naturelle, elle
augmente la fréquence et l’intensité des CU.
3. Action :
Modification du col.
4. Indications :
> En cas de présentation du sommet :
o Déclenchement du travail ;
o Activation du travail ;
o Epreuve du travail ;
o Dystocies dynamiques (dyscinésies, hypocinésies)
> Insuffisance des efforts expulsifs ;
> Grossesse gémellaire (accouchement du 2ème jumeau) ;
> Crise d’éclampsie (femme en Travail) ;
> Présentation du siège :
o Peut être utilisé pendant le travail ;
o Systématique pendant la période d’expulsion
> Après extraction du n né et du placenta (en cas de césarienne) afin d’obtenir une
bonne rétraction utérine ;
> Pendant la délivrance :
o Inertie utérine ;
o Hémorragie de la délivrance
҉ Pendant les suites de couches :
o Hémorragie des suites de couches ;
o Engorgement mammaire ;
o Endométrite du post partum.
5. Contre – Indications :
҉ Absolue :
o Bassin chirurgical ;
o Tumeur prævia ;
o Placenta prævia recouvrant ;
o Présentations dystociques :
▪ Front, transverse, épaule
▪ Face en menton postérieur
o Hydrocéphalie ;
o Utérus cicatriciel :
▪ Rupture utérine ;
▪ Césarienne corporéale ;
▪ Utérus doublement cicatriciel ;
▪ Résection de la corne utérine ;
▪ Myomectomie avec ouverture de la cavité utérine.
҉ Relatives :
o Grande multipare ;
o Hydramnios ;
o Grossesse gémellaire sur 1er jumeau
o Utérus cicatriciel :
▪ Césarienne segmentaire ;
▪ Myomectomie sans ouverture de la cavité utérine.
6. Posologie et Mode d’administration :
҉ PENDANT LE TRAVAIL : VOIE INTRAVENEUSE
1. Définition :
C’est l’introduction de la main dans la cavité utérine dans le but de décoller et ou d’extraire le placenta.
C’est une intervention qui doit se faire sur indication rigoureuse et en observant minutieusement les
règles d’asepsie.
2. Indications :
҉ Absence de délivrance 20 à 30 minutes après l’accouchement ;
҉ Rétention placentaire ;
҉ Hémorragie de la délivrance ;
҉ Accouchement par forceps ;
҉ Eclampsie, mort in-utéro, hématome rétro placentaire, placenta prævia.
3. Matériel nécessaires pour une toilette vulvaire :
҉ Savons, brosse pour lavage chirurgical des mains ;
҉ Un flacon contenant un antiseptique ;
҉ Une pissette contenant de l’alcool ;
҉ Un champ ou plateau stérile ;
҉ Des gants stériles ;
҉ Un tensiomètre et stéthoscope médical ;
҉ Un bassin de lit ;
҉ Un haricot ;
҉ Une sonde urinaire + poche ;
҉ Des seringues avec aiguilles (methergin® ou syntocinon®, ampicilline,
métronidazole/valium®).
4. Préparer le matériel nécessaire :
҉ Expliquer à la patiente (et à l’accompagnant) la technique qui sera effectuée, l’écouter et
répondre attentivement à ses questions et préoccupations ;
҉ Apporter un soutien affectif continu et la rassure, si faisable ;
҉ Demander à la femme de vider sa vessie ou pose une sonde, si nécessaire ;
҉ Injecter un anesthésique (péthidine et diazépam en IV ou kétamine) ;
҉ Administrer une dose unique d’antibiotiques prophylactiques
▪ 2g d’ampicilline PLUS 500 mg de métronidazole en IV, OU
▪ 1g de céfazoline PLUS 500 mg de métronidazole en IV
҉ Mettre l’équipement de protection personnelle ;
҉ Se frotter les mains avec un antiseptique ou se lave soigneusement les mains et les
avant-bras avec de l’eau et du savon et les sèche avec une serviette stérile ou à l’air ;
҉ Mettre aux deux mains des gants chirurgicaux désinfectés à haut niveau ou stériles.
NB : il est préférable d’utiliser des gants longs (jusqu’aux coudes) s’ils sont disponibles
҉ Tenir le cordon ombilical avec une pince ;
҉ Tirer doucement sur le cordon jusqu’à ce qu’il soit parallèle au sol ;
҉ Engager une main dans le vagin et remonter jusque dans l’utérus, le long du cordon
jusqu’à localisation du placenta ;
҉ Lâcher le cordon une fois que le placenta est localisé et ramener l’autre main sur le
haut de l’abdomen pour retenir le fond utérin ;
҉ Effectuer un mouvement latéral avec la main jusqu’à localisation du bord du placenta ;
҉ Décoller le placenta en gardant les doigts joints et en se servant du bord cubital de la
main pour créer progressivement un espace entre le placenta et la paroi utérine ;
҉ Procéder ainsi tout autour du lit placentaire, avec un léger mouvement latéral de la
main, jusqu’à ce que tout le placenta soit décollé de la paroi utérine :
o Si le placenta ne se décolle pas de la paroi utérine sous l’effet du mouvement
latéral effectué avec le bout des doigts sur la ligne de clivage, redouter un
placenta accrêta et prendre les dispositions pour une intervention chirurgicale ;
o Lorsque le placenta est entièrement décollé :
▪ Explorer l’intérieur de la cavité utérine pour s’assurer que tout le tissu
placentaire a été extrait ;
▪ Retirer lentement la main de l’utérus en ramenant le placenta ;
▪ De l’autre main, continue à exercer une contre- traction sur le fond utérin
en le poussant dans la direction opposée.
҉ Administrer 20 unités d’ocytocine diluées dans 1 L de solution intraveineuse (sérum
physiologique ou Ringer Lactate) à raison de 60 gouttes par minutes ;
҉ Demander à un aide de masser l’utérus pour favoriser une contraction tonique de
l’utérus ;
DELIVRANCE ARTIFICIELLE :
1. Définition :
On parle d’un accouchement assisté par voie basse lorsque le fœtus retrouve bloqué dans sa
descente et tarde à sortir.
L’accouchement nécessite alors l’utilisation de matériels obstétricaux afin d’extraire le fœtus du ventre
de sa mère.
o Dilatation complète ;
o Contractions utérines régulières ;
o Présentation engagée ;
o Diagnostic correct de la position de la tête ;
o Poche des eaux rompues ;
o Vessie vide.
1. Définition :
C’est un instrument de traction sous vide destiné à extraire le fœtus, se présentant par la tête, en
période d’expulsion.
2. Indications :
҉ Souffrance fœtale tête à la vulve ;
҉ Arrêt de progression de la présentation à dilatation complète ;
҉ La présentation doit être céphalique, avec une tête bien fléchie.
3. Contre – Indications :
҉ Prématurité ;
҉ Présentations : front, face, siège ;
҉ Bosse séro – sanguine
4. Technique :
҉ Installer la femme en position gynécologique ;
҉ Introduire la cupule dans le vagin et l'appliquer sur le scalp, le plus près possible
de la petite fontanelle, c.-à-d. en position antérieure dans une présentation
occipito-pubienne.
҉ La cupule peut se détacher si elle est mal placée ou si la traction est trop brutale ;
la replacer (mais pas plus de 3 fois) ;
҉ Quand une main peut accrocher le menton du fœtus, supprimer le vide, décoller
la ventouse et terminer l'accouchement normalement ;
҉ L'épisiotomie n'est pas systématique ; elle peut être utile, notamment si le périnée
est trop résistant.
Remarque : lorsqu'il existe au préalable une bosse séro-sanguine importante, la ventouse peut
être inefficace et les forceps sont nécessaires.
Ne pas appliquer le vide plus de 20 minutes : probable mauvaise indication ; risque de nécrose du
scalp.
Ne pas faire plus de 3 essais de traction s'il n'y a aucune progression (le bassin osseux maternel est
probablement infranchissable).
5. Conseils :
҉ Ne jamais manipuler la cupule pour provoquer délibérément une rotation de la
tête. Celle-ci se fera d’elle-même avec la traction ;
҉ Les premières tractions permettent de trouver la direction dans laquelle il convient
de tirer ;
҉ Ne pas tirer entre les contractions et les efforts expulsifs ;
҉ S’il y a progression et en l’absence de souffrance fœtale, poursuivre les tractions
de « guidage » pendant 30 minutes au maximum.
6. Echec :
҉ Considérer que l’extraction par ventouse obstétricale a échoué si :
o La tête n’avance pas avec chaque traction ;
o Le fœtus n’est pas extrait des voies génitales maternelles après trois
tractions sans descente, ou au bout de 30 minutes ;
o La cupule glisse deux fois sur la tête dans le sens même de la traction à
la dépression maximale.
҉ Considérer toute traction comme une tentative d’extraction. Ne pas persister si on
n’observe pas de descente à toutes les tractions ;
҉ Si l’extraction par ventouse obstétricale est sans succès, l’associer à une
symphysiotomie ou pratiquer une césarienne.
7. Complications :
Les complications proviennent généralement du fait que les conditions d’utilisation de cette méthode
n’ont pas été respectées ou que l’on a poursuivi les efforts au-delà des limites indiquées.
1. Définition :
L’utilisation du forceps nécessite une expertise spécifique et ne doit être utilisé que par un opérateur
entraîné.
Le forceps est un instrument que l’on peut utiliser même sans efforts maternels, et pour une
présentation de la face menton en avant, ce qui n’est pas possible avec la ventouse.
2. Indications :
҉ Celles de la ventouse ;
҉ Rétention de tête dernière lors d’un accouchement du siège.
3. Contre – Indications :
҉ Présentation transversale et du front ;
҉ Tête non engagée ;
҉ Col incomplètement dilaté.
4. Technique :
҉ Réexaminer la patiente et vérifier que les conditions sont réunies pour un
accouchement par forceps :
o Le fœtus est en présentation du sommet ou de la face en mento –
antérieure, ou il y a rétention de tête dernière dans un accouchement par
le siège ;
o Le col est complètement dilaté ;
o La tête se trouve au niveau +2 ou +3 ou n’est plus palpable au-dessus de
la symphyse pubienne.
Il faut au moins que la suture sagittale soit verticale sur la ligne médiane, autrement dit que la position
soit occipito – pubienne ou occipito – sacrée.
5. Echec :
҉ Considérer que l’accouchement par forceps a échoué si :
o La tête n’avance pas avec chaque traction ;
o Le fœtus n’est pas extrait des voies génitales maternelles après trois
tractions sans descente ou après 30 minutes.
҉ Considérer toute traction comme une tentative d’extraction. Ne pas persister si on
n’observe pas de descente à toutes les tractions.
҉ Si l’extraction par forceps échoue, pratiquer une césarienne.
Il n’est pas possible de recourir à la symphysiotomie en cas d’échec de l’extraction par forceps.
6. Complications :
҉ COMPLICATIONS FŒTALES :
o Les lésions des nerfs faciaux nécessitent une mise en observation. Elles sont
en général auto-limitantes ;
o Des lésions du visage et du scalp sont possibles. Nettoyer et examiner les
déchirures pour déterminer si des sutures sont nécessaires ;
o Les fractures de la face et du crâne nécessitent une mise en observation.
҉ COMPLICATIONS MATERNELLES :
o Des déchirures des voies génitales sont possibles. Examiner soigneusement la
patiente et procéder, le cas échéant, à la réfection des déchirures cervicales
ou vaginales ou à celle de l’épisiotomie ;
o Il arrive que l’utérus se rompe, auquel cas un traitement immédiat s’impose.
1. Définition :
L’extraction des produits résiduels ovulaires ou AMIU est l’évacuation par aspiration du contenu utérin.
2. Indications :
o Avortement incomplet avant 13 SA
Remarque : au-delà de 13 semaines d'aménorrhée, l'AMIU est inefficace, sauf en cas de môle.
3. Matériel :
o Kit d’aspiration stérile ;
o Pince de Pozzi stérile ;
o Spéculum stérile ;
o Hystéromètre stérile ;
o Jeu de bougies de Heggar stériles ;
o Solution d’antiseptique ;
o Solution de savon ;
o Tampons de compresses stériles.
4. Préparation de la patiente :
o Informer, rassurer, expliquer l’acte et ses diverses étapes, sans inquiéter
o Faire vider la vessie
o Faire la toilette vulvo-périnéale
o Faire une anesthésie para-cervicale (ou générale, si un technicien est disponible).
5. Préparation de l’opérateur :
o Porter un tablier
o Faire un lavage chirurgical des mains
o Enfiler les gants.
6. Procédure :
o Badigeonner le périnée à la Bétadine
o Poser le champ troué stérile
o Mettre en place le spéculum
o Désinfecter le col et le vagin
o Poser la pince de Pozzi sur la lèvre antérieure du col, horizontalement
o Faire l’hystéromètrie
La prématurité est une des causes principales de mortalité néonatale et peut entrainer des séquelles.
Il est important de mettre l’accent sur la prévention de la prématurité par le traitement des menaces
d’accouchement prématuré.
2. Facteurs de risque :
o Rupture prématurée des membranes avant 37 SA ;
o Infection maternelle ;
o Pathologie de la grossesse (p. ex. pré-éclampsie, hydramnios, placenta prævia) ;
o Grossesse multiple ;
o Béance du col ;
o Age < 18 ans ;
o Malnutrition.
3. Diagnostic :
o Présence de contractions utérines sensibles ou douloureuses de fréquence régulière
(toutes les dix minutes) survenant entre 28 et 37 SA., accompagnés de :
▪ Pertes de glaire (bouchons muqueux) ;
▪ Métrorragies ;
▪ Pertes de liquide ;
▪ Modifications du col utérin et du segment inférieur au toucher
vaginal.
4. Conduite à tenir :
5. Prévention :
o Traitement des infections et pathologies au cours de la grossesse ;
o Repos en cas de facteurs favorisants : grossesse gémellaire, hydramnios, antécédent
d’accouchement prématuré.
Altération inattendue de l’état du fœtus caractérisée par un ralentissement (inférieur à 100 battements
par minute) ou une accélération (supérieure à 180) du rythme cardiaque.
La souffrance fœtale aigue réclame une intervention d’urgence de la sage – femme pour éviter une
mort fœtale ou une souffrance néonatale grave.
o Gros enfant ;
o Grossesse gémellaire.
Origine infectieuse :
> Bactériémies ;
> Amniotite.
Traumatisme obstétrical :
> Épreuve du travail prolongé ;
> Dystocie dynamique ;
> Présentation dystocique ;
> Présentation de siège ;
> Manœuvre obstétricale mal indiquée.
3. Conséquences :
> Acidose : due à l’anoxie.
> Hypoxie et acidose : utilisation du système circulatoire préférentiel assurant une
oxygénation des organes nobles (cœur, cerveau).
> L’hypoxie entraîne :
o Un ralentissement du rythme cardiaque fœtal ;
o Une expulsion de méconium dans le liquide amniotique ;
o Des troubles vasomoteurs cérébraux responsables d’ischémie et d’hémorragie
cérébro – méningées.
NB : Presque toujours rattachée à un accouchement mal géré avec l’argument univoque d’une
césarienne non faite ou bien trop tardive.
4. Diagnostic :
> Ausculter régulièrement les bruits du cœur fœtal, toutes les 15 minutes (ralentissement
inférieur à 120 et accélération supérieure à 160 constituent les premiers signes
d’alarme).
> Surveiller l’état maternel
> Surveiller la couleur du liquide amniotique
5. Conduite à tenir :
> Si début de travail à 4 cm de dilatation :
o En l’absence de médecin: prendre une voie veineuse, vider la vessie et évacuer
vers une structure équipée en respectant les conditions de transfert ;
o Appel du médecin/gynécologue pour CAT (césarienne)
> Si dilatation avancée (7 cm à dilatation complète) :
o Accélération du travail et faire un accouchement rapide (vider la vessie,
épisiotomie, ventouse/forceps, césarienne selon la situation).
Dès la naissance:
o Placer le nouveau-né enveloppé dans un champ sec et propre, sur une table
chauffante si elle existe ;
o Sécher la peau pour éviter tout refroidissement ;
o Aspirer les sécrétions bucco-pharyngées et nasales ;
o Evaluer le score d’Apgar :
▪ Score d’Apgar est >7 spontanément ou après réanimation.
o Vérifier la perméabilité des choanes, l’œsophage et de l’anus ;
o Assurer les soins du cordon.
o Instiller une goutte de collyre ou de sérum physiologique dans chaque œil ou
appliquer une pommade ophtalmique en cas de détection de la mère.
▪ Une malformation ;
▪ Une altération ultérieure des signes vitaux ;
▪ Un faible poids de naissance (PN =< 2500g et/ou âge gestationnel <
37 semaines) ;
▪ Un enfant à risque (mère diabétique, suspicion d’une iso-
immunisation Rh).
o Habiller l’enfant ;
o Lui mettre un bracelet d’identification ;
Le poids :
II est pris dès la naissance au cours de la première heure de vie en ayant recours à un pèse-bébé taré
dont le plateau est recouvert d’un champ propre. Le bébé sera bien entendu pesé nu à une
température ambiante adéquate. Le poids sera exprimé en grammes (précision plus ou moins 10 g).
La taille :
Elle sera mesurée grâce à une toise horizontale, le bébé étant couché en décubitus dorsal sur un plan
d’examen dur, les membres inférieurs maintenus en extension totale, le pied contre le curseur. La taille
sera exprimée en cm (précision plus ou moins 0,5 cm).
Le périmètre crânien :
II sera mesuré grâce à un mètre ruban gradué au l/10e de cm qu’on enroulera autour de la tête en
passant par le front et par les bosses occipitales les plus saillantes. Il sera exprimé en cm (avec
précision plus ou moins 0,10 cm).
Elle sera vérifiée par le passage d’une sonde gastrique à travers une narine, puis à travers
l’autre narine. Sans forcer la sonde, un coup de main adroit en permettra le passage. Une atrésie
des choanes est diagnostiquée par la constatation d’un obstacle infranchissable à 35 cm.
En cas d’atrésie bilatérale des choanes, mettre une canule de Mayo et transférer.
Perméabilité œsophagienne :
La sonde utilisée pour vérifier la perméabilité des choanes est poussée plus loin vers l’œsophage
qu’elle traverse pour aller se nicher dans l’estomac. Une seringue remplie d’air (3 à 4 cm) raccordée à
la sonde, permettra de vérifier la position de l’extrémité libre de la sonde par l’auscultation au niveau
de l’estomac du passage de l’air propulsé par le piston. Une atrésie de l’œsophage est suspectée par
l’hydramnios, la salivation abondante. Elle sera confirmée par le silence à l’épreuve à la seringue et
l’enroulement de la sonde dans le cul de sac supérieur à la radiographie (si disponible).
La perméabilité anale :
Elle est parfois évidente en raison de l’abondance du méconium émis par le bébé. Ailleurs, elle sera
vérifiée par l’inspection (existence d’un orifice anal) et par l’introduction d’un thermomètre qui reviendra
souillée de méconium éliminant ainsi l’atrésie anale haute.
I. Prématurité :
1. Définition et caractéristiques :
C’est une naissance viable avant la 37ème semaine révolue de gestation, de fréquence élevée environ
15 % en Afrique sub-saharienne.
La prématurité est un cadre inadapté à la prise en charge. L’immaturité de tous les organes entraîne
une morbidité.
2. Etiologies :
CAUSES MATERNELLES
→ Causes générales :
▪ Infection : paludisme +++ ;
▪ Anémie ;
▪ Diabète ;
▪ Cardiopathies sévères ;
▪ Drépanocytose homozygote.
→ Causes gynéco-obstétricales :
▪ Malformations utérines ;
▪ Béance cervico-isthmique +++ ;
▪ Toxémie compliquée: Eclampsie ;
▪ HTA maternelle ;
▪ Toxémie gravidique ;
▪ Syndromes drépanocytaires majeurs.
CAUSES OVULAIRES :
▪ Grossesses multiples ;
▪ Hydramnios ;
▪ Placenta prævia ;
▪ Hématome rétroplacentaire ;
▪ Rupture prématurée des membranes.
3. Facteurs de risque :
✓ Âge < 18 ans ou > 35 ans ;
✓ Tabagisme, alcoolisme toxicomanie ;
✓ Multiparité, primiparité ;
✓ Mauvaises conditions socio-économiques : fatigue liée au travail professionnel ou
familial, déplacements quotidiens, position debout prolongée …
✓ Intervalle inter génésique court (< 2 ans).
4. Diagnostic :
> Terme < 37 SA ;
> Critères de prématurité (voir tableau)
5. CAT :
o Appliquer une technique adéquate pour l’alimentation: gavage gastrique progressif et
prudent (lait maternel ou substitut de lait maternel) ;
o Prévenir systématiquement l’hypothermie (couveuse, méthode Kangourou, habits
chauds) ;
o Prévenir les troubles métaboliques (hypoglycémie, hypocalcémie) et les infections
État de souffrance néonatale aigüe lié à un apport insuffisant d’oxygène aux organes, avant, pendant
ou immédiatement après la naissance.
Elle est la 2ème cause de mortalité au cours du premier mois de vie: 24 % expose le Nouveau – Né au
risque élevé de séquelles neurosensorielles graves.
2. Etiologies :
> Médicales :
> Chirurgicales :
3. Diagnostic :
Indice de gravité :
o Cyanose généralisée ;
o Score de Silverman > 5 ;
o Signes d’épuisement (bradypnée, apnée) ;
o Saturation O2 < 85% ;
o Trouble hémodynamique ;
o Altération de l’état de conscience ;
o Hypotonie.
NB : le niveau de la gravité doit être régulièrement évalué.
Examen clinique :
Le reste de l’examen clinique s’attache à rechercher des signes pouvant orienter le diagnostic, par
exemple :
4. CAT :
> Le matériel nécessaire à la réanimation néonatale doit toujours être vérifié et prêt à
l’utilisation ;
> La disponibilité et le bon fonctionnement du matériel doivent être assurés de façon
permanente ;
> Maîtriser les techniques de réanimation néonatale ;
> Adopter la conduite à tenir appropriée à chaque situation identifiée.
En général, très vite l’enfant rosit et commence à respirer et réagit de façon normale, continuer à
surveiller l’enfant. Compléter l’examen clinique et assurer la prise en charge du nouveau-né sain.
Si au bout de 15 mn, la situation reste médiocre avec activité cardiaque nulle ou inefficace, arrêter la
réanimation.
Ensemble de gestes mis en œuvre pour favoriser une bonne adaptation à la vie extra-utérine en salle
de naissance et préserver le pronostic vital et fonctionnel.
Les actes suivants doivent être réalisés dans cet ordre chronologique:
4. CAT :
1. Table de réanimation
o Avec chauffage efficace et éclairage suffisant.
2. Matériel d’aspiration :
o Chronomètre ;
o Poire / aspirateur à pied/seringues ;
o Source de vide :
▪ Système d’aspiration à intensité réglable avec système de clampage ;
▪ Sonde d’aspiration stérile et de préférence à usage unique le plus souvent
sonde n° 8.
3. Matériel de ventilation :
o Source d’oxygène avec débilitre (obus ou source murale et manomètre) ;
o Humidificateur d’oxygène ;
o Ambu bébés avec sécurité de pression ;
o Masque facial ;
o Canule de Mayo.
4. Médicaments :
o Sérum glucose à 10% ;
o Sérum glucose à 5% ;
o Sérum physiologique ;
o Sérum bicarbonaté semi-molaire 42%o ;
o Vit k ;
o Collyre ou tétracycline pommade ophtalmique.
5. Divers :
o Sondes gastriques n° 6 et 8 ;
o Seringues à usage unique 5 et 10 ml ;
o Intranule n° 24 ;
o Cathéter n° 24 ;
o Stéthoscope ;
o Thermomètre ;
o Gants stériles n° 7 -7,5 et 8 ;
o Calots, masques ;
o Compresses stériles ;
o Boite de petite chirurgie ;
o Sparadrap ;
o Alcool ;
o Tambour de champs propres.
6. Matériel souhaitable :
o Flacon dextrostix ;
o Incubateur de transfert (fonctionnant sur secteur et batterie).