Introduction
tout expliquer par des facteurs biologiques ou sociologiques !
Le psychologisme comme le biologisme ou le sociologisme
reviendrait à réduire à une seule dimension la compréhension
d’un phénomène aussi complexe que le comportement
humain. Expliquer le comportement nécessite impérativement
de prendre en considération une multitude de facteurs, dont
certains sont individuels (par exemple, le patrimoine génétique
de l’individu) et d’autres proviennent de l’extérieur (facteurs
environnementaux).
Les théories en psychologie
Toute discipline scientiique vise à élaborer des modèles
théoriques en vue d’expliquer et de comprendre un ou plusieurs
phénomènes donnés. La psychologie en tant que discipline
scientiique élabore des théories visant à rendre compte du
fonctionnement humain. Par ailleurs, la psychologie est centrée
sur un objet d’étude complexe (l’être humain) et pouvant être
abordé de manière très diférente. Il n’existe pas aujourd’hui
une et une seule théorie du fonctionnement humain… Et
heureusement !
Le mot « théorie » a une étymologie grecque signiiant « vision
d’un spectacle », « vue intellectuelle » ou « spéculation ». Il est
souvent employé dans le langage courant dans une acception
péjorative qui renvoie soit à une vue de l’esprit simpliiée à
l’extrême, soit à une conception individuelle liée au parti pris de
l’individu. Dans son acception scientiique, le terme « théorie »
désigne les synthèses des connaissances scientiiques établies à un
moment donné et permettant d’analyser un ensemble de faits.
Un modèle théorique correspond donc à un système explicatif
permettant de rendre compte d’un grand nombre de faits à l’aide
d’un petit nombre de principes et qui est admis à titre d’hypothèse
vraisemblable par la plupart des chercheurs à un moment donné.
À l’instar des autres disciplines scientiiques, la recherche en
psychologie s’articule autour de théories que les chercheurs
cherchent à vériier empiriquement et qui servent à organiser les
connaissances de façon cohérente et intégrée.
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Extrait de la publication
La Psychologie Extrait distribué par Editions Sciences Humaines
Il faut toujours garder à l’esprit qu’il n’existe pas une théorie
générale universelle ! Une théorie scientiique ne prétend pas à LA
vérité absolue ! Elle propose un modèle d’interprétation considéré
par la communauté scientiique comme étant le plus vraisemblable
à un moment donné. Une théorie doit non seulement permettre
d’expliquer et interpréter ce qui est observé mais elle doit également
permettre d’aller au-delà en générant de nouvelles hypothèses qui
devront être à leur tour soumises à l’épreuve des faits.
Comprendre le fonctionnement humain nécessite de posséder
des théories, des modèles tout en restant cependant conscient
de leur incertitude. En efet, par déinition, tout modèle
théorique risque d’être invalidé à un moment ou un autre et être
progressivement remplacé par une autre construction théorique.
En d’autres termes, une théorie se caractérise par sa réfutabilité.
Sinon elle n’est pas scientiique. En ce sens, les théories se
distinguent des certitudes, croyances ou encore des dogmes !
« La théorie est l’hypothèse vériiée après qu’elle a été soumise
au contrôle du raisonnement et de la critique. Une théorie
pour rester bonne doit toujours se modiier avec le progrès de
la science et demeurer constamment soumise à la vériication
et à la critique des faits nouveaux qui apparaissent. Si l’on
considérait une théorie comme parfaite, et si l’on cessait de
la vériier par l’expérience scientiique, elle deviendrait une
doctrine. » (C. Bernard)
« Toute théorie est incertaine, non seulement parce qu’elle
ne peut exclure la possibilité de réfutation par une nouvelle
théorie, mais aussi parce qu’elle repose sur des postulats
indémontrables et des principes invériiables qui concernent la
nature profonde du réel et la relation entre l’esprit et le réel. »
(E. Morin, La Méthode, 1986)
Les théories doivent toujours évoluer, rester vivantes, même
après la disparition de leurs auteurs. Elles évoluent à une vitesse
variable selon le contexte scientiique, soit en ainant ou en
ajustant leurs concepts, soit en s’intégrant dans une théorie
nouvelle plus explicative. L’existence de modèles théoriques et
le fait de les remettre continuellement en question constituent
le moteur de l’avancement des connaissances scientiiques en
psychologie comme dans tout autre domaine scientiique.
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Extrait distribué par Editions Sciences Humaines Introduction
L’organisation des études universitaires
en psychologie
Tout lycéen titulaire d’un baccalauréat (quel qu’il soit) peut s’inscrire en
première année du cursus de psychologie. Si beaucoup de lycéens s’y enga-
gent, ce n’est cependant qu’une petite proportion qui obtiendra le titre de
psychologue car le cursus est long et exigeant.
Le système LMD (licence, master, doctorat) prévoit un dispositif de for-
mation articulé en semestres, chacun étant organisé en unités d’enseigne-
ment (UE). Chaque UE donne lieu à l’octroi de crédits ECTS (European
Credit Transfer System) capitalisables.
Licence de Psychologie (3 ans)
La licence est validée par l’obtention de 180 ECTS (60 ECTS par an-
née). Le tableau ci-dessous présente l’organisation adoptée à la Faculté de
psychologie de l’université de Strasbourg :
Licence Licence Licence
1e année 2e année 3e année
UE Disciplinaires 42 51 54
UE Langues 6 3 3
UE Accompagnement du projet de l’étudiant 3 3
UE Méthodologie du travail universitaire 3
UE Découverte 6
UE Sciences et technologies en société 3
UE Libre 3
Total ECTS 60 60 60
Les UE disciplinaires comprennent diférents types d’enseignements :
• Des enseignements fondamentaux en psychologie : psychologie clinique
et pathologique, psychologie cognitive, psychologie du développement,
psychologie sociale, neuropsychologie.
• Des enseignements des méthodes utilisées en psychologie (notamment la
psychométrie et les méthodes de la recherche scientiique en psychologie :
observation, enquête, entretien, expérimentation).
• Des enseignements portant sur des disciplines connexes à la psychologie
(anatomie, physiologie, neurosciences).
• Un enseignement de statistiques.
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Extrait de la publication
La Psychologie Extrait distribué par Editions Sciences Humaines
Du fait de la forte proportion de disciplines scientiiques, les titulaires
d’un baccalauréat « Sciences » obtiennent souvent de meilleurs résultats. La
maîtrise de l’anglais est fortement souhaitable dans la mesure où la plupart
des articles publiés en psychologie le sont en anglais.
Master de psychologie (2 ans)
À la rentrée universitaire 2005-2006, 31 universités publiques délivraient
des masters de psychologie. Le master, dont l’enseignement est réparti sur
deux ans, a pour vocation de spécialiser l’étudiant dans l’un des champs
de la psychologie qu’il choisit. Les spécialités de master correspondent aux
grandes spécialités de la psychologie. Pour reprendre l’exemple de Stras-
bourg, quatre spécialités de master sont proposées : master spécialité Psy-
chopathologie et psychologie clinique, master spécialité Psychologie du dé-
veloppement : Évolution, Involution & Handicap, master spécialité Neu-
ropsychologie cognitive clinique, master spécialité Organisation et Travail.
Les deux années de master sont divisées chacune en deux semestres. À
l’heure actuelle, tout étudiant ayant obtenu une licence de psychologie
(dans une université française) peut s’inscrire de droit en master 1re année.
La validation des deux semestres de M1 ne donne cependant pas accès de
plein droit à la 2e année.
L’accès à la 2e année du master est régi par un numerus clausus et est donc sou-
mis à une sélection (sur dossier, voire entretiens ou examens supplémentaires
dans certaines universités). L’obtention du titre de psychologue est condition-
née par la validation de cette 5e année d’étude et par la réalisation d’un stage
professionnel contrôlé par un référent psychologue (de 500 heures).
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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines Introduction
Les métiers de la psychologie
Du fait des conditions d’exercice très variées des psychologues, il s’avère
plus pertinent de parler non pas du métier de psychologue mais bien plutôt
des métiers de la psychologie. Ces derniers peuvent être regroupés en quatre
catégories principales (selon la nomenclature PCS10).
1. Les psychologues cliniciens
Les psychologues cliniciens sont tournés vers la santé des patients. Ils
peuvent exercer en libéral ou dans la fonction publique hospitalière (service
de pédiatrie, service de psychiatrie, service de pédopsychiatrie, service de
neurologie…), dans la fonction territoriale (protection maternelle infantile
par exemple), dans la fonction d’État (Protection judiciaire de la jeunesse,
milieu carcéral) et bien sûr dans de nombreux services des secteurs privé et
conventionné. Ils travaillent en étroite collaboration avec l’équipe médi-
cale, paramédicale, socio-éducative (éducateurs spécialisés, enseignants) et
les équipes de travailleurs sociaux.
Le rôle des psychologues cliniciens consiste essentiellement à aider les
patients en situation de soufrance, à les aider à surmonter leurs diicultés.
À la diférence du psychiatre, il ne peut pas prescrire de médicaments. En
fonction de leur formation et spécialisation, ils peuvent utiliser diférents
types de méthodes d’aide, d’analyse et d’évaluation.
Par exemple :
Le psychologue-psychothérapeute peut mettre en œuvre diférentes thé-
rapies en utilisant un médiateur de type verbal ou corporel (psychodrame),
de type matériel (art-thérapie, musicothérapie) ou en investiguant les pro-
cessus psychiques inconscients (psychanalyse). Le psychologue-psychothé-
rapeute a suivi une formation complémentaire, il a également suivi une
thérapie personnelle approfondie et participe à un système de contrôle et
de suivi.
Le neuropsychologue est chargé de réaliser des examens neuropsycholo-
giques en profondeur de patients soufrant de lésions cérébrales et éven-
tuellement de proposer une rééducation neuropsychologique des fonctions
déicitaires.
Le psychologue développementaliste s’appuie sur les modèles du dévelop-
pement normal et pathologique et peut prendre en charge et accompagner
des patients à diférents moments de leur vie (enfant, adolescent, adulte ou
encore personne âgée).
10- La nomenclature des « Professions et catégories socioprofessionnelles » (PCS) est
le résultat d’une refonte complète du système des nomenclatures d’emplois. Elle est
utilisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).
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