La Psychologie
du sport, de la santé, neuropsychologie, etc. Elle est éclatée en
diverses sous-disciplines : Alain Lieury propose de représenter
les diférents domaines de la psychologie en les situant dans un
schéma organisé autour de deux axes dont l’un va du normal au
pathologique et l’autre du social au biologique :
Normal
Expérimentale
Cognitive Diférentielle
Générale Développementale
de l'Éducation de l'enfant
du travail du sport
Ergonomie Animale
Éthologie
Social Psychobiologie Biologique
Sociale Neuropsychologie
de la santé Psychopharmacologie
Criminologie Psychiatrie
Psychopathologie
Clinique
Psychanalyse
Pathologique
Panorama des grands secteurs de la psychologie
(d’après A. Lieury, La Psychologie cognitive, Dunod, 2005)
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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines Introduction
Axe 1 : du normal au pathologique
La psychopathologie s’intéresse à l’étude des troubles
psychologiques. Ce champ de la psychologie, sans aucun doute
le plus connu du grand public, est souvent confondu avec la
psychanalyse. La psychanalyse (voir encadré pages 35-37) n’est
cependant pas la seule à s’intéresser aux questions soulevées par
la psychopathologie. Il existe également une psychologie clinique
plus quantitative. De façon générale, il peut être retenu que la
psychopathologie s’intéresse à l’individu présentant des troubles
psychologiques particuliers (troubles schizophréniques par
exemple) mais également à l’individu confronté, à un moment
donné de sa vie, à une situation de grande soufrance exigeant
une aide psychologique adaptée plus ou moins longue (après le
décès brutal de son conjoint ou d’un de ses enfants…).
La psychologie cognitive, qui s’attache à comprendre les
phénomènes liés à la cognition, se situe à l’opposé sur l’axe 1. Le
terme générique de cognition désigne l’ensemble des processus
cognitifs contribuant à la formation de nos connaissances (la
mémoire, le raisonnement, le langage…).
La psychologie diférentielle constitue une branche de la
psychologie qui s’intéresse à l’étude des diférences entre les
individus (diférences intellectuelles, diférences de personnalité,
diférences observées au cours du développement…).
La psychologie du développement étudie, quant à elle, les
changements développementaux observés dans les diférents
aspects du fonctionnement psychologique (cognitif, afectif ou
social) de l’individu au cours de sa vie. Même si l’accent est souvent
mis sur l’étude du développement de l’enfant, la discipline se
préoccupe également de connaître l’ensemble des changements
qui se produisent jusqu’à la in de la vie (perspective dite « vie
entière » ou life-span), c’est-à-dire qu’elle prend en compte
non seulement les changements importants qui se produisent
durant l’enfance mais aussi l’évolution au cours de l’âge adulte
puis lors du vieillissement. Cette nouvelle perspective life-span
explique la distinction faite sur le graphique entre psychologie
du développement et psychologie de l’enfant.
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Extrait de la publication
La Psychologie Extrait distribué par Editions Sciences Humaines
Axe 2 : du social au biologique
La psychologie sociale s’intéresse à l’étude des interactions
des individus en groupe, en société et dans les organisations,
en les considérant dans leur double dimension psychologique
et sociale. La psychologie sociale se trouve ainsi à l’interface
de la psychologie et de la sociologie. C’est surtout l’emprise
« invisible » de la société sur les individus qui a retenu l’attention
des chercheurs (et moins l’inverse, c’est-à-dire l’action de
l’individu sur la société). De fait, la discipline s’est constituée
autour de quelques thèmes clés : les attitudes et les normes
sociales, l’identité et les rôles sociaux, les mécanismes de
l’inluence, la formation des représentations sociales. Dans les
années 1930, la psychologie sociale est devenue une véritable
science expérimentale9 consacrée à l’analyse des interactions
entre les individus et les groupes auxquels ils appartiennent.
Le champ de la psychologie du travail se restreint pour sa
part à l’étude des relations de l’individu dans son environnement
de travail, l’ergonomie s’intéressant plus particulièrement à
l’adaptation des conditions de travail.
La psychologie de la santé située sur la igure à l’intersection
du social et du pathologique, se penche sur les causes et
conséquences psychologiques de l’apparition de certains troubles
psychosociaux (comme par exemple le stress). En intégrant les
dimensions psychologiques et sociales, elle vise à une meilleure
compréhension de la santé et de la maladie.
À l’opposé, sur l’axe 2, du côté du biologique, sont mentionnées
la psychobiologie, la neuropsychologie ou encore la psychologie
animale et l’éthologie.
La psychobiologie se situe à l’interface des neurosciences, de
l’éthologie et de la psychologie. Elle s’intéresse à la compréhension
des besoins et des comportements humains en se référant
principalement à la biologie et à la neurobiologie.
La neuropsychologie étudie auprès de patients présentant
des lésions cérébrales (accidentelles ou congénitales) les relations
entre les fonctions mentales supérieures et le fonctionnement
cérébral. La neuropsychologie se trouve, en ce sens, à l’interface
9- Voir, au chapitre II, l’encadré sur les grandes expériences de psychologie sociale.
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Extrait de la publication
Extrait distribué par Editions Sciences Humaines Introduction
de la psychologie et de la neurologie. Enin, placée à l’intersection
entre le biologique et le pathologique, la psychopharmacologie
peut être déinie comme l’étude des agents chimiques agissant
sur le psychisme, l’humeur ou le comportement.
Enin, la psychologie animale (encore appelée psychologie
comparée dans les pays anglo-saxons) a pour objectif de
déterminer les diférences et les ressemblances entre les diférentes
espèces animales ainsi qu’entre l’animal et l’homme. L’éthologie
est une branche de la psychologie animale s’intéressant à l’étude
du comportement des animaux dans leur environnement naturel
ou dans un environnement proche de celui-ci.
Des méthodes et des pratiques diversiiées, des écueils à
éviter
Tout comme il n’existe pas une psychologie mais des
psychologies en fonction des domaines étudiés, il n’y a pas une
et une seule pratique de la psychologie ! Ainsi, la psychologie se
caractérise également par la diversité des méthodes utilisées (voir
chapitre II), des lieux d’exercice (en libéral ou au sein d’institutions
comme les services hospitaliers, les services de gériatrie, les
centres de rééducation et réadaptation) et des pratiques du
métier (notamment au niveau des techniques d’intervention
ou de prise en charge). La formation universitaire ainsi que
le référentiel théorique déterminent dans ses grandes lignes la
pratique professionnelle d’un psychologue (un psychologue
clinicien développementaliste et un psychanalyste ne réagiront
pas forcément de la même manière face aux diicultés de langage
d’un enfant par exemple).
La psychologie a comme objet d’étude les comportements
ou conduites de l’homme (parfois de l’animal) placé dans un
environnement, dans un milieu, en interaction avec des objets.
L’ambition de la psychologie, on l’a vu, est de décrire, d’expliquer
et de conceptualiser le fonctionnement humain. Un tel projet
n’est pas sans diicultés ni sans risques.
Une diiculté spéciique sans aucun doute à la psychologie est
le fait que les grands concepts sont issus du langage quotidien
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La Psychologie Extrait distribué par Editions Sciences Humaines
et bénéicient de la polysémie des termes (l’intelligence, par
exemple, est une notion ayant un double sens. Si pour le
grand public, elle renvoie à une qualité personnelle, elle réfère
en revanche pour les scientiiques à un ensemble de processus
qu’il convient de décrire précisément). La psychologie doit bien
entendu dépasser la signiication courante des termes pour en
proposer des déinitions précises et rigoureuses permettant une
conceptualisation théorique et méthodologique. Nous sommes
tous en mesure de réaliser un certain nombre d’observations
de notre vie quotidienne et de nous en servir pour expliquer
– voire prédire – notre propre comportement (ou celui des
autres). Les connaissances issues de nos propres observations de
nous-mêmes (ou des autres) forment ce qui est classiquement
appelé la « psychologie du sens commun ». Cependant, ces
connaissances se révèlent souvent incomplètes, insuisantes,
voire contradictoires. Elles risquent par ailleurs d’être biaisées
par notre subjectivité, par nos attentes ou encore nos croyances.
Nous sommes souvent plus enclins à observer ce qui est
conforme à nos attentes ou à nos croyances ! Il est indispensable
de décrire, d’observer de manière précise les faits étudiés. Mais
ces observations doivent être impérativement indépendantes de
celui qui observe de manière à en garantir l’objectivité. Il n’est
pas possible d’être en même temps juge et partie ! Tout comme
un médecin peut diicilement soigner sa propre famille, il paraît
diicilement concevable que l’observateur soit partie prenante
de la situation à observer. L’objectivité de son observation
pourrait être légitimement mise en doute. Par ailleurs, il faut
aller au-delà de la simple description et remonter aux causes du
comportement pour expliquer ce qui est observé. La diiculté
provient du fait qu’il n’y a pas une seule explication aux faits
observés. Bien au contraire !
Enin, il faut veiller à ne pas tomber dans le « psychologisme »
qui consisterait à privilégier l’explication psychologique des faits
humains au détriment de toute autre explication. Il serait trop
réducteur de ne pas tenir compte d’autres facteurs susceptibles
d’intervenir à des degrés divers dans l’explication (facteur
économique, sociologique, biologique…). De la même façon, il
faut être attentif à ne pas tomber dans le travers inverse et vouloir
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