Pesticides en agriculture urbaine en RDC
Pesticides en agriculture urbaine en RDC
À l’échelle mondiale, l’agriculture urbaine et périurbaine représente une réponse stratégique aux
défis liés à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et à la sécurité alimentaire. Elle
contribue à l’approvisionnement alimentaire local, à la réduction des coûts de transport, ainsi
qu’à la création d’emplois. Cependant, cette forme d’agriculture est confrontée à de nombreux
défis, notamment la gestion des bio agresseurs, ce qui pousse de nombreux producteurs à
recourir à l’utilisation de pesticides de synthèse (FAO, 2021). Ces produits, bien que efficaces
pour le contrôle des ravageurs, présentent des risques non négligeables pour la santé humaine, la
biodiversité, la qualité des sols et des eaux, surtout lorsqu’ils sont mal utilisés ou appliqués sans
précaution (WHO, 2022).
En Afrique, l’utilisation des pesticides connaît une forte croissance, alimentée par
l’intensification agricole et le manque de régulation efficace. De nombreux pesticides interdits
ou hautement toxiques sont encore commercialisés et utilisés sans formation adéquate des
agriculteurs, ni suivi sanitaire ni environnemental rigoureux (Ecobichon, 2001 ; Dinham, 2003).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’Afrique subsaharienne enregistre
chaque année des milliers de cas d’intoxications aiguës liées aux pesticides, en particulier chez
les petits producteurs urbains et périurbains (WHO, 2020). L’absence de dispositifs de contrôle
efficaces favorise une utilisation abusive, voire dangereuse, de ces produits.
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PROBLEMATIQUE
Dans le territoire de Lupatapata, situé en périphérie de Mbuji-Mayi, cette pratique est devenue
courante dans les cultures maraîchères telles que le chou, l’amarante ou encore la laitue.
Toutefois, l’usage des pesticides y est souvent mal encadré : les producteurs ne respectent pas
toujours les doses recommandées, ne possèdent pas les équipements de protection adéquats, et
ignorent parfois les règles de retrait avant la consommation des produits récoltés (Lukumuena et
al. 2018). De plus, de nombreux produits phytosanitaires vendus dans les marchés locaux ne sont
ni homologués ni accompagnés d’étiquetage conforme (FAO, 2021). Cette situation soulève des
inquiétudes quant aux effets sanitaires (intoxications aiguës ou chroniques), à la qualité des
légumes commercialisés, à la contamination des sols et des eaux, ainsi qu’à la santé des
utilisateurs eux-mêmes.
HYPOTHESES SPECIFIQUES :
1. Les maraîchers de Lupatapata utilisent principalement des pesticides non homologués ou mal
dosés, faute d’accès à l’information technique.
2. Une faible proportion de producteurs utilise les équipements de protection individuelle lors
des traitements.
3. Les connaissances limitées sur les impacts des pesticides favorisent des pratiques à risque pour
la santé humaine et l’environnement.
OBJECTIF GENERAL
Évaluer les pratiques d’utilisation des pesticides de synthèse dans l’agriculture urbaine et
périurbaine à Lupatapata/Mbuji-Mayi, en vue d’identifier les risques sanitaires et
environnementaux potentiels et de proposer des pistes d’amélioration pour une gestion plus
durable et sécurisée des produits phytosanitaires.
OBJECTIFS SPECIFIQUES
1. Identifier les principaux types de pesticides de synthèse utilisés par les producteurs maraîchers
dans le territoire de Lupatapata.
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2. Analyser les pratiques phytosanitaires des producteurs (fréquence d’application, doses, mode
d’application, utilisation des équipements de protection).
3. Évaluer le niveau de connaissance des producteurs sur les risques liés à l’utilisation des
pesticides (santé humaine, environnement, sécurité alimentaire).
4. Déterminer les effets potentiels de l’usage des pesticides sur la santé des producteurs et des
consommateurs.
1. Intérêt socio-économique: Une meilleure gestion des pesticides et ses emballages après
l'utilisation contribue à garantir la production de légumes sains, à préserver la santé publique et à
protéger les ressources naturelles locales, ce qui favorise la sécurité alimentaire et le bien-être
des populations urbaines.
3. Intérêt scientifique: Ce travail contribue à combler un vide documentaire sur l’utilisation des
pesticides dans les cultures maraîchères à Lupatapata. Il fournit des données locales utiles pour la
recherche et peut servir de référence pour d’autres études comparatives en agriculture urbaine et
périurbaine
Cette étude adoptera une approche qualitative et analytique. Elle vise à décrire les pratiques
phytosanitaires des maraîchers à Lupatapata et à évaluer les impacts potentiels sur la santé, la
sécurité alimentaire et l’environnement.
SUBDIVISION DU TRAVAIL:
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CHAPITRE1: REVUE DE LA LITTÉRATURE
2.1.
Définition et caractéristiques
(intra-urbaine) ou à la périphérie (périurbaine) d’une ville, d’un centre urbain, d’une cité ou
d’une métropole, qui se développe, traite et distribue une diversité de nourritures et des
produits non alimentaires, réutilisant en grande partie les ressources humaines et matérielles,
les produits et services qui se trouvent dans et autour de ces zones urbaines et assure
Selon Moustier & Fall, la définition de l’agriculture urbaine est établie par rapport aux
flux de ressources et de produits entre l’agriculture et la ville. Ces flux créant des
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comme les plus pertinentes et qui font ressortir la spécificité de l’agriculture urbaine .
Elle est caractérisée par la proximité des marchés d’écoulement des produits, une forte
solides, eaux usées…), un faible degré d’organisation, des produits périssables, un haut degré
de spécialisation. En fournissant des denrées périssables comme les légumes, les produits
laitiers et avicoles, elle est complémentaire à l’agriculture rurale et augmente l’efficacité des
2.2.1. Potentiels
L’intérêt pour l’agriculture urbaine au cours de ces dix dernières années se justifie par
son impact économique et social dans les villes. En effet, elle contribue de manière évidente
également une réponse adaptée au manque de pouvoir d’achat des citadins. Dans les centres
urbains, le manque de revenus se traduit plus directement en manque de nourritures que dans
les zones rurales. Les coûts d’approvisionnement et de distribution des aliments du milieu
rural au milieu urbain ou d’importation de ces denrées pour les villes augmentent
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régulièrement. Comme conséquence, l’insécurité alimentaire continue à croitre dans les villes
producteurs, l’AU fournit des quantités importantes de produits alimentaires aux autres
activité et fournissant 15 à 20% des besoins alimentaires mondiaux. L’AU est une source
l’emballage et la commercialisation des produits. Elle peut constituer une stratégie majeure
dans la lutte contre la pauvreté et l’intégration sociale des groupes vulnérables en leur
Dakar, plus de 70 % du ravitaillement en légumes frais est réalisé par l’AU(Amadou DIOP 2013)
L’agriculture maraichère en générale est une culture de contre saison qui utilise les nappes d'eau
souterraines pendant la saison sèche pour la production de légumes destinés à la vente. Elle est
limitée dans l’espace et nécessite une technicité élaborée pour assurer l'exhaure et la maitrise de
l'irrigation (seignobos et al. 2000).
Le terme maraîchage est souvent caractérisé par la production intensive d'espèces légumières
destinée pour la vente en frais. Il tire son origine du mot marais parce que les premières cultures
légumières étaient réalisées en zone de marais, bénéficiant d'un approvisionnement régulier en
eau (Kankonde et Tollens, 2001).
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Les cultures maraichères occupent une place importante dans l'alimentation humaine et
contribuent significativement aux revenus des familles en Afrique, mais la production est
confrontée à une pression des bio agresseurs qui limite la productivité. À la diversité des légumes
cultivés correspond celle des bioagresseurs (Yaroo et al., 2017). ils sont capables d’apporter
d’énormes pertes de rendement (38 à 100 %) sur leurs cultures hôtes respectives (Asare-
Bediako., Abbes et al., 2012).
L’Algérie, au même titre que les autres pays producteurs de maraichage, donne beaucoup
d’importance à ce type de cultures. Ces dernières décennies, une politique agricole mise en
œuvre a favorisé l'utilisation de nouveaux moyens de production parmi les quels nous citons le
développement de la plasticulture, l'utilisation des semences hybrides à haut rendement par
rapport au l'irrigation par goutte à goutte, etc (Bouhroua, 1991). Il faut noter que les ressources
génétiques locales sont soumises à une rude concurrence imposée par les variétés hybrides plus
productives (INRAA, 2005
LES PESTICIDES
Historique
Pendant des siècles, les connaissances sont nécessaire pour protéger les cultures contre les
ravageurs et les maladies ont grandement évolué, on a toujours utilisé des produits chimiques
botaniques et inorganiques dans leurs efforts de réduire les dommages produits par les ravageurs
et les maladies au niveau de leurs cultures et de leurs animaux (Boland et al., 2004).
Deux périodes peuvent être désigné pour décrire le développement des pesticides, la première et
la deuxième moitié du XXe siècle séparées par la deuxième guerre mondiale (Calvet et al.,
2005).
Le début de l'ère des pesticides est estimé entre les années 1940 et 1950. Durant cette période, la
lutte contre les maladies des plantes a été assurée par le soufre et le cuivre (Boland et al.,2004).
Avant 1950, l'usage des composés arsenicaux est très répandu. Ils sont utilisés contre les insectes
ravageurs des arbres fruitiers et de la vigne, et contre un ravageur de la pomme de terre (le
doryphore). On assiste aussi au développement considérable des insecticides organiques
d'origine naturelle et synthétique. Ces composés sont représentés par des composés
organochlorés dont le DDT qui a eu un grand succès dans la lutte contre de nombreux insectes
ravageurs et les moustiques. Après 1950, l'utilisation des pesticides s'est beaucoup développé.
Plusieurs facteurs ont eu un effet marquant sur cette évolution tel que: (Calvet et al., 2005).
-La recherche d'un rendement élevé.
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- La protection de la qualité des produits alimentaires.
- Une main d’œuvre plus réduite.
- De nombreuses substances on été découvertes ; ils appartiennent aux familles chimiques des
organophosphorés, des carbamates et des pyréthrinoides. A partir du débuts de 1960, l’utilisation
des pesticides a connu un accroissement en flèche en Asie et en Amérique du Sud (Boland et al.,
2004).
Définition de pesticides
anglais “pest” qui signifie animal ou nuisible et de “cide” qui signifie tuer. Un pesticide est une
substance utilisée pour prévenir, éliminer, contrôler les bioagresseurs (insectes, adventices,
champignons, rongeurs, acariens, vers, mollusques, oiseaux, mammifères) qui cause des
dommages aux cultures et aliments, à l’homme et son environnement. Ils comprennent les
Un pesticide est une substance ou une préparation destinée à combattre les ennemis des cultures
et des récoltes ( deuxième édition de mémento 1968-1971).
Selon la FAO (1994), ‘’Un pesticide se définit comme toute substance ou combinaison de
substances conçue pour repousser, éliminer ou contrôler les ravageurs, y compris les vecteurs
de maladies humaines ou animales, ainsi que les espèces non désirées de plantes ou
denrées alimentaires, de produits agricoles, de bois et de produits ligneux, d'aliments pour les
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animaux. Il peut également être administré aux animaux pour lutter contre les insectes, les
chimiques tant avant qu'après la récolte des cultures, dans le but de prévenir la détérioration
des produits pendant leur transport et leur entreposage. De plus, il englobe l'utilisation de
substances visant à réguler la croissance des plantes, à faciliter la chute des feuilles, à
prématurée”. Cette définition a évolué sans englober tous les usages des pesticides comme
Les pesticides sont séparés en deux groupes, selon leurs utilisations (Plfieger, 2009) :
Les pesticides à usage agricole ou produits phytopharmaceutiques: désignent les substances
chimiques minérales ou organiques, de synthèse ou naturelles. Ces produits sont utilisés pour la
protection des végétaux contre les maladies et les organismes nuisibles.
Les pesticides à usage non agricole ou biocides: qui sont similaires aux premiers, utilisés par
exemple en hygiène publique (lutte anti-vectorielle) et dans d’autres applications comme la
conservation du bois, la désinfection, ou certains usages domestiques.
Les pesticides se présentent sous diverses formes (poudres, granulés, émulsions, préparations
micro-encapsulées, aérosols…). Parmi les solvants utilisés pour la formulation ou lors de
l’utilisation des pesticides, certains sont parfois plus toxiques que les pesticides utilisés. De plus,
certains résidus de pesticides sont également plus toxiques que les pesticides dont ils sont issus.
Les pesticides peuvent être utilisés seuls ou en association (INRACemagref, 2005).
Classification des pesticides
CLASSIFICATION DES PESTICIDES
La classification des pesticides repose sur plusieurs critères tels que leur nature, leur
toxicité,
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est la nature, qui peut être naturelle, soit synthétique (Figure 1). Les pesticides
naturels
dérivent de composés naturels tels que les extraits de plantes ou les microorganismes
alors
classification qui est basée sur l’utilisation peut être liée dans les secteurs suivants
(la santé publique, agricole
cultures contre les ravageurs, les maladies et les adventices. La toxicité est un critère
majeur
toxicité aiguë fait référence aux effets nocifs immédiats. La toxicité chronique, en
revanche,
se réfère aux effets à long terme résultant d’une exposition prolongée. Cette
distinction est
gazeuse) sous lequel les pesticides sont commercialisés et utilisés. Chaque type de
et de facilité d’utilisation. En dernier la classification qui tient compte des cibles auxquelles ils
sont destinés.
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Les herbicides cherchent à contrôler les adventices ou “mauvaises herbes”, les
acaricides contre les acariens, mes fongicides contre les champignons pathogènes, les
insecticides contre les insectes nuisibles. Il existe plus de 100 familles chimiques de pesticides.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son rapport de (2019), classe les pesticides
en fonction de leur degré de dangerosité (Tableau 1). Pour caractériser ces produits, un outil
communément utilisé est la concentration létale (CLn) ou la DL50. La DL50, Dose Létale 50,
cette substance. La DL50 est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids
corporel (mg/kg) pour les produits chimiques solides ou liquides, et en millilitres par
kilogramme (ml/kg) pour les produits chimiques gazeux. En d'autres termes, la DL50 indique
à quel point une substance est toxique en fonction de la quantité nécessaire pour causer la mort
chez la moitié des individus exposés dans un groupe de test donné. Une caractéristique
clé de cette classification est que plus la DL50 est basse, plus la substance est considérée
comme toxique. Les substances avec une DL50 plus élevée sont généralement moins toxiques,
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car elles nécessitent une dose plus importante pour provoquer des effets nocifs graves. Il
convient de souligner que la toxicité des pesticides peut varier en fonction de la voie
d'exposition. Par exemple, un pesticide inhalé peut s'avérer plus toxique qu'un pesticide
appliqué sur la peau. Les voies d'exposition comprennent l'inhalation (inhalée dans les
poumons), l'ingestion (ingérée par la bouche) et le contact cutané (absorbée par la peau).
- classe Ia (Extrêmement dangereux) : Les pesticides de cette classe ont une DL50 faible,
ce qui signifie qu'une petite quantité peut causer des effets graves voire mortels. Ils
significatif, bien que leur toxicité soit légèrement inférieure à celle des produits de la
- classe II (Modérément Dangereux) : Les pesticides de cette classe sont des classes
- classes III et U ( Peu dangereux et sans danger en cas d’usage normal) : Les produits
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de ces classes ont la DL50 la plus élevée, ce qui implique qu'ils sont moins toxiques.
Cependant, même s'ils présentent un risque réduit, des mesures de précaution restent
3. Les pesticides organiques : ensemble de molécules dérivées d'un groupe d'atomes qui
constituent une structure de base. Ils regroupent les pesticides organiques naturels, comme la
pyréthrine, et les pesticides organiques de synthèse qui sont très nombreux et appartiennent à
diverses familles chimiques dont les principales sont les organochlorés, les organophosphorés,
les carbamates, les pyréthrinoides de synthèse, les dérivés de l'urée, les triazines (Garon-
Boucher, 2003; Merhi, 2008) (Tableau 01).
Dans l’eau mais une solubilité élevée dans les solvants organiques. Ils sont obtenus par
chloration de différents hydrocarbures insaturés (Whitacre et al, 2004). Ils sont aussi caractérisés
par leur résistance à la dégradation biologique, chimique et photolytique, par leur toxicité et leur
tendance à la bioaccumulation dans la chaine alimentaire (Bouchon, 2003). De nombreux
pesticides organochlorés font l’objet d'une réglementation ou d’une représentation formelle dans
un certain nombre de pays du monde (FAO, 2002)
Ces génération sont largement utilisées et occupent depuis les années 1982 une place
importante, soit 35% dans le marché des insecticides agricoles (Komboudry, 1984).Les
organophosphorés sont des esters de sels organiques, de l'acide phosphorique ou de ses dérivés.
Ces substances sont très toxiques pour les vertébrés ils sont peu persistant dans l’environnement
et se dégradent rapidement en climat tropical. Ils sont généralement subdivisé en trois groupes
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suivant leurs structures : les aliphatiques, les dérivés phénylés et les hétérocycles. Ils sont
généralement volatiles et solubles dans les hydrocarbures non aliphatiques et sont susceptibles de
s'hydrolyser facilement en milieu alcalin. Ils agissent par inhibition de l'acétylcholinestérase de
façon irréversible au niveau des terminaisons nerveuses ( Bouchon et al., 2003). Quelques
exemples de ses composés: l'acéphhate, le déméton, le dichlorvos, le bromophos, le diazinon, le
parathion , le malathion.
Classification selon leur mode d'action
Une grande diversité s'accompagne d'une grande variété de modes d'action, aussi bien entre les
différentes catégories de pesticides qu'à l’intérieur même de ces catégories, en lien avec leurs
propriétés physicochimiques (Calvet et al., 2005).
Les herbicides agissent chez les plantes selon des modes d'action variés, tels que l'inhibition de
photosynthèse (isoproturon), la déstructuration oxydative des membranes cellulaires (paraquat),
l'inhibition de la synthèse des lipides (cléthodime), l'inhibition de la synthèse des acides aminés
(glyphosate), l'inhibition de la division cellulaire (pendiméthaline) ou la perturbation de la
régulation de phytohormones (dicamba) ( Serra et al., 2016).
Les Insecticides agissent à différents niveaux du fonctionnement neuronal, sur la respiration
(hydraméthylnon) ou sur la synthèse des composés cuticulaires (triazoxide) (Serra et al., 2016).
Les fongicides contrôlent les champignons en agissant sur la synthèse des lipides (boscalide) ou
des stérols (tébuconazole), la germination des spores (bouillie bordelaise), les processus
respiratoires (chlorothalonil), ou la synthèse des microtubules (propamocarbe) ( Serra et al.,
2016)..
3.4. Classification selon la toxicité
L'utilisation des pesticides contamine l'environnement immédiat: l'eau, l’air ou le sol. En effet,
la plupart des pesticides sont peu sélectifs et peuvent avoir des effets nocifs sur les organismes
non visés, y compris l'être humain. C'est pourquoi de nombreux pays ont légiféré afin de
contrôler l'utilisation et la vente de ces produits.
La classification devrait être établie avant tout à partir de toxicité aiguë par voie orale et par voie
dermique pour les rats , elle est exprimée par la DL50 (dose létale 50). La DL50 est une
caractéristique da la toxicité aiguë ; c’est la quantité de pesticide ingérée nécessaire pour
provoque la mort de 50% des rats participant à une expérience en laboratoire. Cette dose létal 50
est exprimée en ppm (partie par million) (Charles, 1992).
La classification des produits chimiques, dont les pesticides, mise en place par l’OMS est
présentée ci-dessous (OMS, 2010). Cette classification repose sur les catégories de danger
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Dispersion des pesticides dans l'environnement
Les pesticides sont devenus indispensables au fil du temps pour lutter contre les ravageurs
agricoles en Afrique. Les dégâts causés par les ravageurs sont très élevés sous les tropiques,
où les conditions sont favorables à leur propagation. L’utilisation des pesticides est le moyen
le plus rapide pour lutter contre ces ravageurs. Pour la majorité des agriculteurs, le recours
aux pesticides est la meilleure solution pour réduire les pertes dues aux ravageurs ou maladies
et permet ainsi l’augmentation des rendements. Cependant, certains bioagresseurs ont acquis
des résistances et les pesticides ne sont plus une solution efficace (Martin et al. 2018). Les
eaux de la zone de plusieurs bas-fonds, lac ou fleuve où sont exercées le plus souvent les
activités agricoles reçoivent également les effluents ou les emballages vides de pesticides
contenant les taux les plus alarmants de résidus de pesticides. Ces résidus ont des effets sur
2020). Les études de Djossa et al. (2021), mettent en évidence la contamination des abeilles
par les pesticides qui mourraient et, mais aussi dans le miel qui contenait un niveau élevé de
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résidu de pesticides.
Chez l'homme, la plupart des pesticides utilisés provoquent des intoxications aiguës ou
risques majeurs pour la santé humaine. Les dangers associés à l'exposition aux pesticides
incluent des effets tels que la diminution de la fertilité, des déséquilibres dans le système
comme le signalent les recherches de Bars et al. (2022). Par ailleurs, des enquêtes ont avancé
la possibilité d'une relation entre l'usage de pesticides et l'augmentation des cas de cancer
chez les adultes et les enfants. La sensibilité des fœtus et des enfants aux influences
est représenté par le syndrome de dysgénésie testiculaire, évoqué dès les années 2000 par
Skakkebaek et ses collègues (Skakkebaek et al. 2006). En plus de ces préoccupations pour la
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biodiversité et la santé humaine, les pesticides contaminent fréquemment les cours d'eau.
Avant même d'entrer en contact avec la faune et la flore, ces produits chimiques s'infiltrent
dans les sols et polluent les nappes phréatiques. Les niveaux de résidus de pesticides présents
dans les sources d'eau dépassent souvent les limites réglementaires, ce qui rend l'eau
impropre à la consommation.
En résumé, l'exposition aux pesticides engendre des risques significatifs pour la santé
humaine, notamment en ce qui concerne l'infertilité, les troubles endocriniens, les maladies
neurodégénératives et le cancer. Les populations les plus sensibles, comme les fœtus et les
enfants, sont particulièrement exposées aux effets nocifs en raison de leur développement en
cours. Parallèlement, les pesticides polluent les cours d'eau, compromettant ainsi la
(Ernest et al. 2021). Les pesticides dans tout le cycle de vie du produit entraînent des impacts
néfastes sur l’environnement. Des études dans plusieurs pays tels que le Bénin (Ahouangninou
et al. 2011; Kanda et al. 2013) et le Cameroun (Fangue-Yapseu et al. 2023) et en Côte d’Ivoire
montrent que la pollution de l’environnement par les pesticides est due principalement aux
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comprennent pas les modes d’emploi, les recommandations et les dangers liés à l’utilisation
des pesticides (Rigourd et Djamen 2022). Cette utilisation inappropriée augmente les risques
commercialisation des pesticides est le problème majeur des pesticides en Afrique. Les
pesticides utilisés dans le secteur agricole sont des substances utilisées pour la gestion des
les services qu’elle rend à l’agriculture tels que la pollinisation, la régulation des ravageurs par
les ennemis naturels et la fertilité des sols (Denon et al. 2022). Ainsi un changement des modes
de gestion des ravageurs est nécessaire pour réduire l’utilisation et les impacts des pesticides
figure
Exposition professionnelle
Concerne les personnes manipulant les produits, au moment des préparations, applications et de
nettoyage des appareils de traitement.
Exposition non professionnelle
La majorité peut être exposé aux pesticides lors des usages domestiques ou de l'entretien des
jardins ; mais surtout des résidus de ces pesticides présents dans l’environnement comme l'eau,
l'air, le sol et dans l'alimentation.
L'agriculture est l’une des principales activités qui participe au développement socio-
économique des populations (Yarou, 2017). Elle est responsable de l'emploie de plus de 40
%
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de la population active dans le monde, soit 52 % en Afrique et en Asie (Momagri, 2016).
Dans ce secteur, le maraichage occupe une place importante dans l'alimentation humaine
(FAO, 2012). Elle est défini comme une agriculture très spécialisée. Selon la FAO, (2012), le
maraichage constitue l'un des systèmes agricoles les plus productifs d'Afrique. De plus, elle
est considérée comme une activité de souveraineté alimentaire. En effet, les cultures
et al., 2010 ; Yolou et al., 2015). Toutefois, la production de ces légumes est limitée par de
multiples contraintes abiotiques et biotiques qui affectent les rendements et les opérations
contrainte majeure du fait des pertes de récoltes infligées aux cultures (Kanda et al., 2014 ;
Mondédji et al., 2015). Ainsi, pour améliorer les rendements et répondre à la demande des
marchés sans cesse croissante, le recours à l'usage des pesticides de synthèse par les
producteurs est quasiment systématique (Kanda et al., 2013; Mondédji et al., 2015). Cette
utilisation n'est pas sans conséquences sur l'homme et l'environnement démontrées par
plusieurs auteurs (Assogba-Komlan et al., 2007 ; Houndété et al., 2010 ; Mondédji et al.,
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2015 ; Agboyi et al., 2016).
Dans le monde
Ils existent dans le Monde prés de 100 000 spécialités commerciales autorisées à la vente.
nouvelles matières actives qui s’y rajoutent chaque année. Le type de pesticide utilisé
dépend
de la nature des cultures et du climat. Ainsi, les herbicides représentent 70 à 80% des
produits
Nord, alors que dans les tropiques, 50% des produits appliqués sont des insecticides (Ayad-
Mokhtari, 2012).
Selon l’union des industries et de protection des plantes (UIPP, 2011), le chiffre d’affaire
(CA) mondial du marché des produits phytosanitaires a augmenté de 15%. L'Europe reste
le
leader avec 27.7% des parts des marchés, viennent ensuite l’Asie à 26.4%, l’Amérique du
nord à 21 % et enfin l’Afrique à 4% (Figure 2). Une figure Les herbicides sont les
pesticides les plus utilisés sur l’ensemble des cultures dans le monde
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(47% du marché). Les fongicides représentent prés de 26% et les insecticides 24%. La forte
diversification des cultures et l’amélioration du niveau de vie dans certains pays, modifie
Au Congo
C'est le terme qui désigne la forme sous laquelle un pesticide est vendu pour utilisation.
L'ensemble des molécules qui composent un pesticide sont (Boland et al., 2004):
Une ou plusieurs matières actives à laquelle est attribué l’effet toxique. La concentration
désigne la proportion de la formulation totale qui est faite de la matière active, généralement
- Un diluant qui est une matière solide ou liquide (solvant) incorporé à une préparation et
destinée en matière active. Ce sont le plus souvent des huiles végétales dans le cas des
- Des adjuvants qui sont des substances dépourvues d’activité biologique, mais susceptibles
de modifier les qualités des pesticides et d’en faciliter l'utilisation (les solvants, les
émulsifiants, )
Définition
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La matière active d'un pesticide est le constituant de la préparation auquel est due, en tout ou en
partie, son efficacité.
La teneur : est le pourcentage en masse ou en volume de matière active contenue dans une
préparation.
La dose : est la quantité de matière active ou de préparation à appliquer par unité de surface ou
de volume à traiter.
La charge : est la matière solide incorporée à une préparation Phyto pharmaceutique, et destinée
à modifier la teneur en matières actives.
Le diluant : est la matière liquide incorporée à une préparation Phyto pharmaceutique, et destinée
à modifier la teneur en matières actives.
Un produit industriel simple : est un produit technique directement utilisable comme pesticide.
Un adjuvant : est une substance deprouvue d'activité biologique, mais susceptible de modifier les
qualités physicochimiques d'une préparation Phyto pharmaceutique.
Un mouillant : est un adjuvant dont la présence améliore l'étalement sur une surface traité d'une
préparation Phyto pharmaceutique.
Un emulsionnant : est une substance permettant la dispersion d'un liquide dans un autre liquide
auquel il n'est pas spontanément miscible.
Un adhésif : est un adjuvant dont l'addition à une préparation Phyto pharmaceutique accroît la
ténacité de la matière active sur les surfaces traitées.(
Ce sont soit :
- soit des solutions concentrées à diluer au moment de l'emploi dans l'eau ou dans les solvants
pétroliers courants;
Les solvants où les liquides dispersant doivent être dénués d'action Phytotoxiques , c'est-à-dire
ne pas être susceptible d'occasionner aux végétaux des altérations passagers ou durables.
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Les produits liquides sont utilisés en pulvérisation, en ebulisation parfois en mélange dans les
eaux d'arrosage ; les produits à forte tension de vapeur peuvent être utilisés pour le traitement du
sol.( Deuxième édition de mémento 1968-1971).
Ce sont soit des poudres pour pointage, soit des poudres pour bouillies ou poudre muillables.
Dans les deux cas, finesse de la poudre (granulométrie) ainsi que densité, pH et abrasivité de la
charge sont des facteurs très importants à prendre en considération. Quand le produit actif est
liquide, il est fixé par absorption sur une absorbante.
Il existe aussi des formulations sous forme granulée, en général pour épandage sur ou dans le sol
(rondenticides, insecticides, nématodes, anti- mollusques). ( Deuxième édition de mémento
1968-1971).
des dangers importants pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact à court ou à long
Les pesticides sont à l’origine d’une contamination des sols, des eaux souterraines et des
Les pesticides dans les sols peuvent provenir des activités agricoles mais également des
activités d'entretien des espaces verts et des jardins ou du désherbage des réseaux routiers et
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ferrés. Les insecticides organochlorés sont connus pour être persistants dans l'environnement.
Ainsi, des pesticides interdits depuis longtemps, tels que l’herbicide atrazine (Jablonowski
et al., 2011) et le lindane, alpha-HCH (Chaignon et al., 2003) peuvent être détectés dans les
sols plus de vingt ans après l’application de la molécule. Ces composés persistants, qui
environnemental majeur.
dégradation de la qualité des eaux (Ippolito et al., 2012). Les pesticides et leurs résidus se
retrouvent dans les eaux de surfaces (cours d'eau et étendues d'eau) ainsi que dans les eaux
Les plantes terrestres, de par leur caractère sessile, sont continuellement soumises à des
fluctuations environnementales et à des stress biotiques et abiotiques. Les pollutions par les
xénobiotiques, et en particulier par les pesticides, font partie intégrante de ces contraintes
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et la reproduction des plantes, et induire à plus grande échelle des changements dans les
et al., 2012). L'application des pesticides a causé une contamination des échantillons
alimentaires et des produits agricoles dans de nombreux pays (Belhaouchet, 2014; Yasser
lorsqu'une partie des molécules n’atteint pas la cible et reste dans le compartiment
peuvent avoir lieu après le dépôt du produit à la surface du sol ou des plantes, par évaporation
Les zones agricoles sont d'importantes sources de produits phytosanitaires pouvant diffuser
dans les écosystèmes, avec des conséquences potentielles sur le fonctionnement et les services
28
écosystémiques, sur l’état chimique des masses d'eau et sur la santé publique (Serra et al.,
2016).
Les situations de toxicité chronique perturbent les cycles reproducteurs et hormonaux des
poissons, et réduisent la diversité des peuplements algaux et végétaux (Bereswill et al., 2012
; McMahon et al., 2012). Des situations de toxicité aiguë suite à des pollutions accidentelle
entraînent des mortalités massives de poissons, d’invertébrés et de végétaux (McCahon et
Les pesticides ont des impacts sur les communautés végétales non-cible, la faune du sol, les
insectes bénéfiques, les mammifères, les amphibiens, les poissons et les populations d'oiseaux
(Aubertot et al., 2005). Ils sont touchés non seulement directement, mais aussi indirectement
prédateurs (Fleeger et al., 2003). Ces pollutions induisent alors de nouvelles pressions de
sélection avec des impacts sur la biodiversité (Helander et al., 2012; Köhler
et Triebskorn, 2013).
29
Les pesticides sont potentiellement toxiques pour l’être humain. Ils peuvent avoir des effets
indésirables sur la santé, parmi lesquels des cancers, sur la reproduction et sur le système
L'intoxication aux pesticides constitue un problème de santé publique dans plusieurs pays à
travers le monde. On estime que les pesticides sont responsables de trois millions
d'intoxications aigues sévères chaque années avec 220.00 morts. La plupart des cas (200000)
La toxicité des pesticides dépend d'un certain nombre de facteurs (El Bakouri, 2006;
Berrah, 2011):
La dose
Le degré d’absorption
30
Les pesticides sont caractérisés par une multiplicité de voies d'exposition qui peuvent être
Exposition professionnelle
L’ensemble de la population peut être exposé aux pesticides lors des usages domestiques ou
de l'entretien des jardins ; mais surtout des résidus de ces pesticides présents dans
facteurs interviennent dans les processus d'action toxique aux cours des phases
toxicocinétiques et toxicodynamiques.
l’influence qu'exerce un toxique sur l'organisme et aux facteurs qui interviennent dans la
31
réponse toxique. Les effets toxique d’une substance observer au cours de cette phase
La toxicité d'un pesticide dépend de sa nature et son mode de pénétration dans l'organisme.
La voie cutané (la peau): c’est la voie de contamination la plus fréquente et la plus
intense (Baynes et Hodgson, 2010). Les liquides peuvent pénétrer facilement la peau, surtout
lorsqu'ils se présentent sous forme de solutions huileuses. En effet, la peau est imperméable à
l'eau mais pas aux huiles (Lachuer, 2011). Par contre, d'après Moundosso. (2013), les
poudres franchissent facilement la barrière de la peau et la diffusion est très rapide au niveau
A.2. La voie digestive : responsable des plus graves empoisonnements en cas de mélange
avec les aliments ou par ingestion accidentelle (Moundosso, 2013). L'empoisonnement par
ingestion direct est assez rare, cependant, il est très fréquent par ingestion indirect: par contact
avec les mains souillées (en mangeant ou en fumant); débouchage d'une buse en soufflant
32
avec la bouche ( Lachuer, 2011).
A.3. La voie respiratoire (inhalation): constitue la voie d'intoxication la plus rapide et la plus
directe. Les pesticides qui sont normalement appliqués sous forme d’aérosol, de brouillard ou de
gaz
peuvent facilement être inhalés (Moundosso, 2013). En général, les voies respiratoires offrent la
voie d'entrée la plus rapide et la voie cutanée la moins rapide. L'une des raisons de cette
différence majeure est principalement parce que l'épaisseur de la membrane, qui est en réalité
la distance physique entre l'environnement externe (surface de la peau, air dans les poumons
ou lumière de l'intestin) et les capillaires sanguins, varie à travers ces portails d'entrée.
B.1. L'Absorption
C'est une étape importante, car, tant que le produit toxique n’a pas pénétré dans la
circulation sanguine, il ne peut causer d'action toxique systémique. Divers facteurs peuvent
33
B.2. La Distribution
C’est le processus par lequel une substance absorbée ou ses métabolites se répartissent dans
les différents organes et tissus. Il faut savoir que si le composé est absorbé par voie orale, il
passera directement dans le foie par le système porte et sera distribué dans tous l’organisme
(passage hépatique ). Cependant, si le produit est inhalé (voie pulmonaire), il sera distribué
Au cours ou après son transport dans le sang, le produit toxique peut entrer en contact avec
effectuée par le foie, qui contient une multitude d’enzymes. D’autres organes tels que les
poumons et les reins peuvent aussi transformer des toxiques (Lapointe, 2004).
B.4. L'Elimination
Lorsqu’un xénobiotique pénètre dans une cellule, il est rapidement transporté par des
34
transporteurs membranaires, des pompes d’efflux qui vont l’exporter directement à l’extérieur
de la cellule. Les pesticides sont éliminés sous forme inchangée ou sous forme de métabolites
après biotransformation. Les principale voie d’élimination sont la voie rénale et la voie
biliaire en plus des voies pulmonaire (l'aire expiré) et lactée (le lait).
Les pesticides sont des substances chimiques toxiques, et dangereuses, la loi détermine à
sont dotés d’une législation sur l’enregistrement et le contrôle des pesticides, cette dernière
Les limites maximales de résidus (LMR) sont les niveaux supérieurs de concentration de
résidus de pesticides autorisés légalement dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments
pour animaux. Elles visent à garantir le niveau d'exposition le plus faible possible pour les
consommateurs. Il y a une LMR pour chaque production végétale et pour chaque pesticide.
35
Ces normes sont établies par le « Codex Alimentarius » ou «Code alimentaire», qui a été créé
par l’ONUAA (FAO) et l’OMS en 1963 afin de mettre au point des normes alimentaires
Risques: contamination des sols, développement de résistances, toxicité aiguë ou chronique chez
l’homme (WHO, 2020;PAN, 2017).
La pression croissante sur les terres cultivables, combinée à la forte densité démographique en
zone urbaine et périurbaine, pousse les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles intensives.
Pour maximiser les rendements sur de petites superficies, ces producteurs utilisent fréquemment
des pesticides de synthèse, souvent sans suivi technique approprié (Pretty & Bharucha, 2015).
L’accès limité à des services de vulgarisation et l’absence de formation renforcent l’utilisation
anarchique des pesticides, notamment dans les pays en développement (Matthews, 2008). À cela
s’ajoute la recherche de bénéfices économiques rapides qui encourage des applications
fréquentes et parfois excessives.
36
Pratiques à risque dans l’usage des pesticides chez les maraîchers africains
Plusieurs études montrent que dans de nombreux pays africains, les maraîchers manipulent les
pesticides sans précaution adéquate. Ils ne lisent pas toujours les étiquettes, ne respectent pas les
doses recommandées, ni les délais de sécurité avant récolte, et n’utilisent pas les équipements de
protection individuelle (Labite et al., 2011 ; Tamgno et al., 2014). Ces pratiques exposent les
producteurs à des intoxications aiguës ou chroniques et favorisent la contamination des denrées
alimentaires et de l’environnement.
CHAPITRE2:MATÉRIELSETMÉTHODES
2.1. Milieud’étude
COORDONNEES GEOGRAPHIQUES
La localité fait partie d’une commune rurale de moins de 80 000 électeurs, avec 7 conseillers
municipaux en 2019
La Population totale en 2015 estimée à 1 002 710 habitants répartis soit 418 hab./km² en quatre
secteurs (Kabala, Mudiba, Mukumbi, Mulenda).
2.1. 3Hydrographie
La zone est traversée par des ruisseaux intermittents entre autres,: MULENDA , nzaba, kanshi,
tshielela, kankala, etc... et des marécages, souvent utilisés comme source d’irrigation pour les
cultures maraîchères (Ministèredel’Environnement, RDC,2020).
2.2. Relief
Le relief est légèrement ondulé, avec une altitude moyenne de 650m. Cela favorise l’écoulement
naturel des eaux mais peut engendrer des risques d’érosion en absence de pratiques de
conservation des sols.
2.3. Climat
37
Climat tropical humide, avec une saison des pluies (octobreàmai) et une saison sèche (juin à
septembre). La température moyenne annuelle est de 25–27°C et les précipitations varient entre
1200 et 1600 mm/an (MeteoRDC,2021).
2.4. Sol
Les sols sont ferralitiques, acides, pauvres en matière organique mais bien drainés. Ils
nécessitent des apports réguliers d’amendements pour maintenir la fertilité (Lal,2004).
2.5. Végétation
2.6. Matériels
2.7. Méthodes
Analyse statistique: fréquence d’utilisation, types de pesticides, liens entre pratiques et impacts
L’agriculture urbaine à Mbuji-Mayi se développe sur les berges, les anciens sites miniers ou
terrains non construits. Elle est pratiquée surtout par des femmes et jeunes sans emploi, sur de
petites superficies. La production est destinée aux marchés locaux (FAO, 2017).
2.9. Pratiques agricoles et utilisation des pesticides dans la culture du chou de Chine
38
Les résidus de pesticides sur les feuilles posent des risques pour les consommateurs, notamment
en l’absence de lavage ou de cuisson suffisante.
Il ressort dans ce tableau que la majorité des producteurs (40 %) ont entre 30 et 45 ans, suivis de
30 % entre 46 et 60 ans, 16 % ont moins de 30 ans et 14 % plus de 60 ans, ce qui montre que
l’activité agricole est surtout assurée par des adultes en âge actif.
39
Il ressort dans ce tableau que 40 % des enquêtés ont un niveau primaire, 36 % un niveau
secondaire, 14 % un niveau supérieur et 10 % n’ont pas fait d’études, ce qui indique une
formation scolaire globalement faible.
Il ressort dans ce tableau que 44 % des exploitations ont une superficie de 50 à 100 m², 30 %
moins de 50 m², 20 % entre 101 et 200 m² et 6 % plus de 200 m², ce qui traduit une
prédominance de petites exploitations agricoles.
Il ressort dans ce tableau que les pesticides LAVA et ZALANGA sont utilisés à parts égales (50
% chacun) par les producteurs.
Il ressort dans ce tableau que 40 % appliquent les pesticides le soir, 36 % le matin, 18 % suivent
les conseils du vendeur et 6 % pulvérisent en pleine journée, montrant une préférence pour les
périodes fraîches de la journée.
40
Modalités Fréquence Pourcentage
parfois 8 16,0
pas de tenue 20 40,0
Tenue
protection partielle 12 24,0
appropriée
tenue complète 10 20,0
Total 50 100,0
Il ressort dans ce tableau que 40 % des producteurs ne portent aucune tenue de protection, 24 %
utilisent une protection partielle, 20 % une tenue complète et 16 % portent parfois une
protection, révélant un manque généralisé de protection adéquate.
Il ressort dans ce tableau que 40 % prennent une douche immédiate après traitement, 30 %
changent de vêtements, 24 % ne font rien et 6 % effectuent d’autres actions, indiquant des
pratiques d’hygiène variables.
41
Il ressort dans ce tableau que 100 % des producteurs déclarent ne pas connaître les produits
prohibés et n’ont reçu aucune information à ce sujet.
Il ressort dans ce tableau que, parmi les produits prohibés cités, le Zalanga est mentionné par 30
%, les produits sans étiquette par 28 %, d’autres produits par 22 % et le DDT par 20 %.
Il ressort dans ce tableau qu’aucun producteur ne connaît de produit non prohibé ni de produit
naturel.
42
Pourquoi
utilisez-
pour tuer les insectes
vousles 50 100,0
nuisibles à la culture
pesticides de
synthèse
Il ressort dans ce tableau que tous les producteurs (100 %) utilisent les pesticides pour tuer les
insectes nuisibles à la culture.
Il ressort dans ce tableau que les effets sur la santé signalés sont la fatigue et le vertige (40 %),
les maux de tête (24 %), le chatouillement du visage (20 %), tandis que 16 % n’ont ressenti
aucun effet.
Il ressort dans ce tableau que 40 % récoltent 1 à 3 jours après traitement, 30 % après 4 à 7 jours,
10 % moins d’un jour après, et 20 % plus de 7 jours, ce qui montre que beaucoup ne respectent
pas un délai suffisant pour éviter les résidus.
43
Il ressort dans ce tableau que 40 % des producteurs attendent entre 1 et 3 jours avant de récolter
après traitement, 30 % attendent 4 à 7 jours, 10 % récoltent moins d’un jour après, et 20 % plus
de 7 jours.
Cette répartition montre que plus de la moitié des producteurs (50 %) ne respectent pas un délai
suffisant pour réduire les résidus de pesticides, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé
des consommateurs.
Il ressort dans ce tableau que 36 % des producteurs signalent des maux de ventre après
consommation, 20 % une diarrhée, 20 % estiment que les légumes ont un “bon” goût, 14 % les
trouvent “assez bien” et 10 % jugent le goût “mauvais”.
Cela indique que les effets négatifs sur la santé (troubles digestifs) sont fréquemment perçus, ce
qui peut être lié à la présence de résidus ou à une mauvaise utilisation des produits chimiques.
Il ressort dans ce tableau que 36 % des producteurs constatent des maux de ventre après
consommation des légumes traités, 20 % de la diarrhée, 20 % jugent le goût “bon”, 14 % “assez
bien” et 10 % “mauvais”.
Il ressort dans ce tableau que 74 % estiment que les pesticides causent une pollution de l’air et 26
% des odeurs gênantes, ce qui met en évidence un impact environnemental perçu.
44
DISCUSSION DES RESULTATS
Les résultats obtenus montrent que la production agricole dans le territoire de Lupatapata
est principalement assurée par des producteurs âgés de 30 à 60 ans, ce qui traduit une main-
d’œuvre en âge actif, mais aussi une faible implication des jeunes de moins de 30 ans et des
personnes âgées. Ce constat rejoint les observations de plusieurs études qui indiquent que les
activités agricoles requièrent une force physique et une disponibilité souvent limitées chez les
plus jeunes et les plus âgés.
Le niveau d’instruction des producteurs est relativement faible, avec une prédominance
des études primaires et secondaires. Cette situation peut influencer négativement la
compréhension et l’application des bonnes pratiques liées à l’utilisation des pesticides,
notamment en matière de dosage, de respect des délais avant récolte et d’adoption des mesures
de protection individuelle.
Les superficies cultivées restent généralement réduites (50 à 100 m² pour la majorité), ce
qui traduit une agriculture de petite échelle, souvent destinée à l’autoconsommation ou à une
vente limitée sur les marchés locaux. Cela peut expliquer en partie la faible diversification des
pratiques culturales et le recours à des méthodes simples, mais parfois risquées, pour lutter contre
les ravageurs.
45
En ce qui concerne l’usage des pesticides, il est à noter que deux produits dominent,
LAVA et ZALANGA, utilisés à parts égales par les producteurs. L’application se fait
majoritairement le matin ou le soir, ce qui est cohérent avec les recommandations visant à éviter
les fortes chaleurs. Toutefois, le port de tenues de protection reste insuffisant, près de 40 % des
producteurs ne se protégeant pas du tout, ce qui accroît les risques d’exposition aux produits
chimiques.
Les mesures d’hygiène post-traitement sont également variables : si une partie des
producteurs prend une douche immédiatement après l’épandage, d’autres ne prennent aucune
mesure particulière, ce qui peut favoriser l’absorption cutanée et les intoxications. Les effets sur
la santé rapportés (fatigue, vertiges, maux de tête, troubles digestifs) confirment les risques
sanitaires liés à une manipulation non sécurisée des pesticides.
Le délai avant récolte est, dans de nombreux cas, inférieur aux recommandations (parfois
moins d’un jour), exposant les consommateurs à des résidus potentiellement toxiques. Les effets
organoleptiques négatifs (maux de ventre, diarrhée) signalés par les producteurs eux-mêmes
confirment un impact possible sur la santé des consommateurs.
46