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Pesticides en agriculture urbaine en RDC

Modèle d'élaboration de rapport de stage

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INTRODUCTION

À l’échelle mondiale, l’agriculture urbaine et périurbaine représente une réponse stratégique aux
défis liés à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide et à la sécurité alimentaire. Elle
contribue à l’approvisionnement alimentaire local, à la réduction des coûts de transport, ainsi
qu’à la création d’emplois. Cependant, cette forme d’agriculture est confrontée à de nombreux
défis, notamment la gestion des bio agresseurs, ce qui pousse de nombreux producteurs à
recourir à l’utilisation de pesticides de synthèse (FAO, 2021). Ces produits, bien que efficaces
pour le contrôle des ravageurs, présentent des risques non négligeables pour la santé humaine, la
biodiversité, la qualité des sols et des eaux, surtout lorsqu’ils sont mal utilisés ou appliqués sans
précaution (WHO, 2022).

En Afrique, l’utilisation des pesticides connaît une forte croissance, alimentée par
l’intensification agricole et le manque de régulation efficace. De nombreux pesticides interdits
ou hautement toxiques sont encore commercialisés et utilisés sans formation adéquate des
agriculteurs, ni suivi sanitaire ni environnemental rigoureux (Ecobichon, 2001 ; Dinham, 2003).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’Afrique subsaharienne enregistre
chaque année des milliers de cas d’intoxications aiguës liées aux pesticides, en particulier chez
les petits producteurs urbains et périurbains (WHO, 2020). L’absence de dispositifs de contrôle
efficaces favorise une utilisation abusive, voire dangereuse, de ces produits.

En République Démocratique du Congo (RDC), l’agriculture urbaine et périurbaine prend de


plus en plus d’ampleur dans les grandes villes telles que Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Mbuji-
Mayi. Elle constitue une réponse aux défis socio-économiques tels que le chômage et l’insécurité
alimentaire. Toutefois, elle évolue dans un cadre réglementaire peu appliqué, où l’usage des
pesticides de synthèse est rarement encadré. Selon Lukumuena et al. (2018), la majorité des
maraîchers congolais n’ont pas accès à des informations fiables sur les produits phytosanitaires,
et utilisent des pesticides non homologués, souvent en surdosage, avec peu ou pas de protection
individuelle. Ceci pose un grave problème de santé publique et de durabilité environnementale.

Dans le territoire de Lupatapata, situé en périphérie de la ville de Mbuji-Mayi, l’agriculture


périurbaine s’est intensifiée ces dernières années, notamment dans les cultures maraîchères telles
que le chou, l’amarante, la laitue, etc. Cette production alimente principalement les marchés
urbains. Pour lutter contre les ravageurs et maladies, les agriculteurs locaux ont de plus en plus
recours aux pesticides de synthèse. Cependant, ces usages sont souvent empiriques, non encadrés
et potentiellement dangereux, tant pour la santé des producteurs que pour les consommateurs et
l’environnement local. Face à cette situation, il est crucial d’évaluer les pratiques phytosanitaires
locales afin d’identifier les types de pesticides utilisés, les modalités d’application, les
connaissances et attitudes des producteurs, et les impacts potentiels sur la santé et
l’environnement. Cette évaluation contribuera à proposer des solutions adaptées et durables à la
réalité du terrain.

1
PROBLEMATIQUE

L’agriculture urbaine et périurbaine constitue aujourd’hui une réponse essentielle à l’insécurité


alimentaire croissante dans de nombreuses villes africaines, y compris en République
Démocratique du Congo. Cette agriculture de proximité permet aux populations urbaines
d’accéder à des produits frais à moindre coût, tout en générant des revenus pour les ménages
agricoles. Cependant, elle est aussi confrontée à des pressions croissantes dues aux maladies et
ravageurs des cultures, notamment en milieu tropical humide. Pour y faire face, les producteurs
recourent massivement aux pesticides de synthèse.

Dans le territoire de Lupatapata, situé en périphérie de Mbuji-Mayi, cette pratique est devenue
courante dans les cultures maraîchères telles que le chou, l’amarante ou encore la laitue.
Toutefois, l’usage des pesticides y est souvent mal encadré : les producteurs ne respectent pas
toujours les doses recommandées, ne possèdent pas les équipements de protection adéquats, et
ignorent parfois les règles de retrait avant la consommation des produits récoltés (Lukumuena et
al. 2018). De plus, de nombreux produits phytosanitaires vendus dans les marchés locaux ne sont
ni homologués ni accompagnés d’étiquetage conforme (FAO, 2021). Cette situation soulève des
inquiétudes quant aux effets sanitaires (intoxications aiguës ou chroniques), à la qualité des
légumes commercialisés, à la contamination des sols et des eaux, ainsi qu’à la santé des
utilisateurs eux-mêmes.

HYPOTHESES SPECIFIQUES :

1. Les maraîchers de Lupatapata utilisent principalement des pesticides non homologués ou mal
dosés, faute d’accès à l’information technique.

2. Une faible proportion de producteurs utilise les équipements de protection individuelle lors
des traitements.

3. Les connaissances limitées sur les impacts des pesticides favorisent des pratiques à risque pour
la santé humaine et l’environnement.

OBJECTIF GENERAL

Évaluer les pratiques d’utilisation des pesticides de synthèse dans l’agriculture urbaine et
périurbaine à Lupatapata/Mbuji-Mayi, en vue d’identifier les risques sanitaires et
environnementaux potentiels et de proposer des pistes d’amélioration pour une gestion plus
durable et sécurisée des produits phytosanitaires.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

1. Identifier les principaux types de pesticides de synthèse utilisés par les producteurs maraîchers
dans le territoire de Lupatapata.

2
2. Analyser les pratiques phytosanitaires des producteurs (fréquence d’application, doses, mode
d’application, utilisation des équipements de protection).

3. Évaluer le niveau de connaissance des producteurs sur les risques liés à l’utilisation des
pesticides (santé humaine, environnement, sécurité alimentaire).

4. Déterminer les effets potentiels de l’usage des pesticides sur la santé des producteurs et des
consommateurs.

5. Proposer des stratégies d’accompagnement, de sensibilisation ou de réglementation pour un


usage responsable des pesticides dans cette zone

CHOIX ET INTERET DU SUJET:

1. Intérêt socio-économique: Une meilleure gestion des pesticides et ses emballages après
l'utilisation contribue à garantir la production de légumes sains, à préserver la santé publique et à
protéger les ressources naturelles locales, ce qui favorise la sécurité alimentaire et le bien-être
des populations urbaines.

2. Intérêt pratique: Les résultats permettront de sensibiliser et de former les maraîchers à de


meilleures pratiques phytosanitaires, réduisant ainsi les risques d’intoxication et de
contamination alimentaire. Ils serviront également de base pou our orienter les interventions des
services agricoles et des ONG en matière de vulgarisation et de contrôle des pesticides.

3. Intérêt scientifique: Ce travail contribue à combler un vide documentaire sur l’utilisation des
pesticides dans les cultures maraîchères à Lupatapata. Il fournit des données locales utiles pour la
recherche et peut servir de référence pour d’autres études comparatives en agriculture urbaine et
périurbaine

METHODOLOGIE DU TRAVAIL ET TECHNIQUES

Cette étude adoptera une approche qualitative et analytique. Elle vise à décrire les pratiques
phytosanitaires des maraîchers à Lupatapata et à évaluer les impacts potentiels sur la santé, la
sécurité alimentaire et l’environnement.

DELIMITATION SPACIO-TEMPORAIRE DU TRAVAIL.

SUBDIVISION DU TRAVAIL:

Outre l'introduction et la conclusion, ce travail et subdivisé en trois chapitres:

 Le premier porte sur la revue de la littérature;

 Le deuxième traite les matériels et méthodes;

 Le troisième présente les résultats et discussion.

3
CHAPITRE1: REVUE DE LA LITTÉRATURE

1.1. Agriculture urbaine et périurbaine

L’agriculture urbaine et périurbaine désigne l’ensemble des activités agricoles situées à


l’intérieur ou à proximité immédiate des villes. Elle comprend la production végétale
(maraîchage, horticulture) et animale (aviculture, élevage de petits ruminants) destinées à
l’autoconsommation ou à la commercialisation locale (FAO, 2016).2. L’agriculture urbaine (AU)

2.1.2. L’agriculture urbaine (AU)

2.1.

Définition et caractéristiques

Mougeot définit l’agriculture urbaine comme: «une industrie localisée à l’intérieur

(intra-urbaine) ou à la périphérie (périurbaine) d’une ville, d’un centre urbain, d’une cité ou

d’une métropole, qui se développe, traite et distribue une diversité de nourritures et des

produits non alimentaires, réutilisant en grande partie les ressources humaines et matérielles,

les produits et services qui se trouvent dans et autour de ces zones urbaines et assure

l’approvisionnement en produits et services pour les populations de ces zones urbaines» ].

Selon Moustier & Fall, la définition de l’agriculture urbaine est établie par rapport aux

flux de ressources et de produits entre l’agriculture et la ville. Ces flux créant des

concurrences et des complémentarités entre usages agricoles et non agricoles, apparaissent

4
comme les plus pertinentes et qui font ressortir la spécificité de l’agriculture urbaine .

Elle est caractérisée par la proximité des marchés d’écoulement des produits, une forte

compétition foncière, un espace limité, l’utilisation de ressources locales (déchets organiques

solides, eaux usées…), un faible degré d’organisation, des produits périssables, un haut degré

de spécialisation. En fournissant des denrées périssables comme les légumes, les produits

laitiers et avicoles, elle est complémentaire à l’agriculture rurale et augmente l’efficacité des

systèmes alimentaires nationaux.

Potentiels et contraintes (Amadou DIOP 2013)

2.2.1. Potentiels

L’intérêt pour l’agriculture urbaine au cours de ces dix dernières années se justifie par

son impact économique et social dans les villes. En effet, elle contribue de manière évidente

au ravitaillement des villes en nourritures en assurant la sécurité alimentaire. Elle est

également une réponse adaptée au manque de pouvoir d’achat des citadins. Dans les centres

urbains, le manque de revenus se traduit plus directement en manque de nourritures que dans

les zones rurales. Les coûts d’approvisionnement et de distribution des aliments du milieu

rural au milieu urbain ou d’importation de ces denrées pour les villes augmentent

5
régulièrement. Comme conséquence, l’insécurité alimentaire continue à croitre dans les villes

En plus de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des

producteurs, l’AU fournit des quantités importantes de produits alimentaires aux autres

catégories de population. On estime à β00 millions, le nombre de citadins s’adonnant à cette

activité et fournissant 15 à 20% des besoins alimentaires mondiaux. L’AU est une source

importante de revenus pour un grand nombre de ménages urbains. Elle stimule le

développement de micro-entreprises pour la production d’intrants agricoles, le traitement,

l’emballage et la commercialisation des produits. Elle peut constituer une stratégie majeure

dans la lutte contre la pauvreté et l’intégration sociale des groupes vulnérables en leur

fournissant des moyens de subsistance décents et en prévenant les problèmes sociaux. A

Dakar, plus de 70 % du ravitaillement en légumes frais est réalisé par l’AU(Amadou DIOP 2013)

Les cultures maraichères

L’agriculture maraichère en générale est une culture de contre saison qui utilise les nappes d'eau
souterraines pendant la saison sèche pour la production de légumes destinés à la vente. Elle est
limitée dans l’espace et nécessite une technicité élaborée pour assurer l'exhaure et la maitrise de
l'irrigation (seignobos et al. 2000).

Le terme maraîchage est souvent caractérisé par la production intensive d'espèces légumières
destinée pour la vente en frais. Il tire son origine du mot marais parce que les premières cultures
légumières étaient réalisées en zone de marais, bénéficiant d'un approvisionnement régulier en
eau (Kankonde et Tollens, 2001).

6
Les cultures maraichères occupent une place importante dans l'alimentation humaine et
contribuent significativement aux revenus des familles en Afrique, mais la production est
confrontée à une pression des bio agresseurs qui limite la productivité. À la diversité des légumes
cultivés correspond celle des bioagresseurs (Yaroo et al., 2017). ils sont capables d’apporter
d’énormes pertes de rendement (38 à 100 %) sur leurs cultures hôtes respectives (Asare-
Bediako., Abbes et al., 2012).

L’Algérie, au même titre que les autres pays producteurs de maraichage, donne beaucoup
d’importance à ce type de cultures. Ces dernières décennies, une politique agricole mise en
œuvre a favorisé l'utilisation de nouveaux moyens de production parmi les quels nous citons le
développement de la plasticulture, l'utilisation des semences hybrides à haut rendement par
rapport au l'irrigation par goutte à goutte, etc (Bouhroua, 1991). Il faut noter que les ressources
génétiques locales sont soumises à une rude concurrence imposée par les variétés hybrides plus
productives (INRAA, 2005

Importances des cultures maraichères

L’importance de la production maraîchère dans le bassin méditerranéen n’est pas l'effet du


hasard. Dans cette région, les conditions climatiques sont propices à ce type de culture. En outre,
ce bassin est bordé par endroits de hautes montagnes qui en font une région à climat très divers
d'où résulte une production très diversifiée. C'est d’ailleurs cette diversité climatique qui a fait de
la région un des points mondiaux le plus important de la diversification des plantes maraichères (
Ghersi, 2002).

LES PESTICIDES

Historique
Pendant des siècles, les connaissances sont nécessaire pour protéger les cultures contre les
ravageurs et les maladies ont grandement évolué, on a toujours utilisé des produits chimiques
botaniques et inorganiques dans leurs efforts de réduire les dommages produits par les ravageurs
et les maladies au niveau de leurs cultures et de leurs animaux (Boland et al., 2004).
Deux périodes peuvent être désigné pour décrire le développement des pesticides, la première et
la deuxième moitié du XXe siècle séparées par la deuxième guerre mondiale (Calvet et al.,
2005).
Le début de l'ère des pesticides est estimé entre les années 1940 et 1950. Durant cette période, la
lutte contre les maladies des plantes a été assurée par le soufre et le cuivre (Boland et al.,2004).
Avant 1950, l'usage des composés arsenicaux est très répandu. Ils sont utilisés contre les insectes
ravageurs des arbres fruitiers et de la vigne, et contre un ravageur de la pomme de terre (le
doryphore). On assiste aussi au développement considérable des insecticides organiques
d'origine naturelle et synthétique. Ces composés sont représentés par des composés
organochlorés dont le DDT qui a eu un grand succès dans la lutte contre de nombreux insectes
ravageurs et les moustiques. Après 1950, l'utilisation des pesticides s'est beaucoup développé.
Plusieurs facteurs ont eu un effet marquant sur cette évolution tel que: (Calvet et al., 2005).
-La recherche d'un rendement élevé.

7
- La protection de la qualité des produits alimentaires.
- Une main d’œuvre plus réduite.
- De nombreuses substances on été découvertes ; ils appartiennent aux familles chimiques des
organophosphorés, des carbamates et des pyréthrinoides. A partir du débuts de 1960, l’utilisation
des pesticides a connu un accroissement en flèche en Asie et en Amérique du Sud (Boland et al.,
2004).

Définition de pesticides

. Le mot pesticide vient du mot

anglais “pest” qui signifie animal ou nuisible et de “cide” qui signifie tuer. Un pesticide est une

substance utilisée pour prévenir, éliminer, contrôler les bioagresseurs (insectes, adventices,

champignons, rongeurs, acariens, vers, mollusques, oiseaux, mammifères) qui cause des

dommages aux cultures et aliments, à l’homme et son environnement. Ils comprennent les

insecticides, les herbicides, les fongicides, les acaricides…(Strassemeyer et al. 2017).

Un pesticide est une substance ou une préparation destinée à combattre les ennemis des cultures
et des récoltes ( deuxième édition de mémento 1968-1971).

Selon la FAO (1994), ‘’Un pesticide se définit comme toute substance ou combinaison de

substances conçue pour repousser, éliminer ou contrôler les ravageurs, y compris les vecteurs

de maladies humaines ou animales, ainsi que les espèces non désirées de plantes ou

d'animaux susceptibles de causer des préjudices ou de se révéler nuisibles lors de la

production, de la transformation, du stockage, du transport ou de la commercialisation de

denrées alimentaires, de produits agricoles, de bois et de produits ligneux, d'aliments pour les

8
animaux. Il peut également être administré aux animaux pour lutter contre les insectes, les

arachnides et autres parasites internes ou externes. Ce terme englobe l'utilisation de produits

chimiques tant avant qu'après la récolte des cultures, dans le but de prévenir la détérioration

des produits pendant leur transport et leur entreposage. De plus, il englobe l'utilisation de

substances visant à réguler la croissance des plantes, à faciliter la chute des feuilles, à

accélérer le dessèchement, à favoriser l'amincissement des fruits ou à éviter leur chute

prématurée”. Cette définition a évolué sans englober tous les usages des pesticides comme

certains produits médicaux (Boudet, Wallet, et Thybaud 2020)

Les pesticides sont séparés en deux groupes, selon leurs utilisations (Plfieger, 2009) :
Les pesticides à usage agricole ou produits phytopharmaceutiques: désignent les substances
chimiques minérales ou organiques, de synthèse ou naturelles. Ces produits sont utilisés pour la
protection des végétaux contre les maladies et les organismes nuisibles.
Les pesticides à usage non agricole ou biocides: qui sont similaires aux premiers, utilisés par
exemple en hygiène publique (lutte anti-vectorielle) et dans d’autres applications comme la
conservation du bois, la désinfection, ou certains usages domestiques.
Les pesticides se présentent sous diverses formes (poudres, granulés, émulsions, préparations
micro-encapsulées, aérosols…). Parmi les solvants utilisés pour la formulation ou lors de
l’utilisation des pesticides, certains sont parfois plus toxiques que les pesticides utilisés. De plus,
certains résidus de pesticides sont également plus toxiques que les pesticides dont ils sont issus.
Les pesticides peuvent être utilisés seuls ou en association (INRACemagref, 2005).
Classification des pesticides
CLASSIFICATION DES PESTICIDES

La classification des pesticides repose sur plusieurs critères tels que leur nature, leur
toxicité,

leur utilisation, leur formulation et leurs cibles spécifiques. Le premier critère de


classification

9
est la nature, qui peut être naturelle, soit synthétique (Figure 1). Les pesticides
naturels

dérivent de composés naturels tels que les extraits de plantes ou les microorganismes
alors

que les synthétiques sont fabriqués à partir de substances chimiques spécifiques. La

classification qui est basée sur l’utilisation peut être liée dans les secteurs suivants
(la santé publique, agricole

ou vétérinaire). Les pesticides agricoles sont principalement utilisés pour la


protection des

cultures contre les ravageurs, les maladies et les adventices. La toxicité est un critère
majeur

de classification des pesticides et se distingue en toxicité aiguë et toxicité chronique.


La

toxicité aiguë fait référence aux effets nocifs immédiats. La toxicité chronique, en
revanche,

se réfère aux effets à long terme résultant d’une exposition prolongée. Cette
distinction est

essentielle pour évaluer les risques potentiels pour la santé humaine et


l’environnement.
Quant à la classification basée sur la formulation, elle se réfère à l'état (solide, liquide ou

gazeuse) sous lequel les pesticides sont commercialisés et utilisés. Chaque type de

formulation a ses avantages et inconvénients spécifiques en termes de transport, d’efficacité

et de facilité d’utilisation. En dernier la classification qui tient compte des cibles auxquelles ils
sont destinés.

10
Les herbicides cherchent à contrôler les adventices ou “mauvaises herbes”, les

acaricides contre les acariens, mes fongicides contre les champignons pathogènes, les

insecticides contre les insectes nuisibles. Il existe plus de 100 familles chimiques de pesticides.

Les principales catégories comprennent les organochlorés, les organophosphorés, les

carbamates et les pyréthrinoïdes(source : yadav et Devi,2017 cité par Fatou SAMB-université


Senghor 2025). Une figure sera inclus.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son rapport de (2019), classe les pesticides

en fonction de leur degré de dangerosité (Tableau 1). Pour caractériser ces produits, un outil

communément utilisé est la concentration létale (CLn) ou la DL50. La DL50, Dose Létale 50,

représente la dose ou la quantité de substance nécessaire pour provoquer la mort de 50 %

d'une population d'organismes vivants (généralement des animaux de laboratoire) exposée à

cette substance. La DL50 est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids

corporel (mg/kg) pour les produits chimiques solides ou liquides, et en millilitres par

kilogramme (ml/kg) pour les produits chimiques gazeux. En d'autres termes, la DL50 indique

à quel point une substance est toxique en fonction de la quantité nécessaire pour causer la mort
chez la moitié des individus exposés dans un groupe de test donné. Une caractéristique

clé de cette classification est que plus la DL50 est basse, plus la substance est considérée

comme toxique. Les substances avec une DL50 plus élevée sont généralement moins toxiques,

11
car elles nécessitent une dose plus importante pour provoquer des effets nocifs graves. Il

convient de souligner que la toxicité des pesticides peut varier en fonction de la voie

d'exposition. Par exemple, un pesticide inhalé peut s'avérer plus toxique qu'un pesticide

appliqué sur la peau. Les voies d'exposition comprennent l'inhalation (inhalée dans les

poumons), l'ingestion (ingérée par la bouche) et le contact cutané (absorbée par la peau).

Cette classification est organisée en plusieurs classes de danger :

- classe Ia (Extrêmement dangereux) : Les pesticides de cette classe ont une DL50 faible,

ce qui signifie qu'une petite quantité peut causer des effets graves voire mortels. Ils

nécessitent une manipulation et une utilisation extrêmement prudentes ;

- classe Ib (très dangereux) : Les produits de cette classe présentent un danger

significatif, bien que leur toxicité soit légèrement inférieure à celle des produits de la

classe Ia. Une manipulation et une utilisation appropriées restent essentielles ;

- classe II (Modérément Dangereux) : Les pesticides de cette classe sont des classes

précédentes. Cependant, ils peuvent encore engendrer des effets néfastes et

nécessitent une attention particulière lors de leur manipulation et de leur application ;

- classes III et U ( Peu dangereux et sans danger en cas d’usage normal) : Les produits

12
de ces classes ont la DL50 la plus élevée, ce qui implique qu'ils sont moins toxiques.

Cependant, même s'ils présentent un risque réduit, des mesures de précaution restent

importantes.( Fatou SAMB~université Senghor ~2023).il y aura un tableau

3.2. Classification selon le groupement chimique


Il existe plusieurs catégories :
1. Les pesticides inorganiques : ils sont très anciens, peu nombreux, certains sont utilisés en très
Grandes quantités comme le soufre et le cuivre. Il n’existe plus d’insecticides inorganiques. Un
seul Herbicide est encore employé aujourd’hui comme désherbant total, le chlorate de sodium.
L’essentiel des pesticides inorganiques sont des fongicides employés pour traiter La vigne, les
arbres fruitiers et de nombreuses cultures maraichères (Mὅrner et al. 2002 ; Druart, 2011).

2. Les pesticides organométallique : ce sont des fongicides dont la molécule est


constituée par Exemple d'un métal tels que le zinc et le manganèse et d’un anion organique
dithiocarbamate (fillatre,2011).

3. Les pesticides organiques : ensemble de molécules dérivées d'un groupe d'atomes qui
constituent une structure de base. Ils regroupent les pesticides organiques naturels, comme la
pyréthrine, et les pesticides organiques de synthèse qui sont très nombreux et appartiennent à
diverses familles chimiques dont les principales sont les organochlorés, les organophosphorés,
les carbamates, les pyréthrinoides de synthèse, les dérivés de l'urée, les triazines (Garon-
Boucher, 2003; Merhi, 2008) (Tableau 01).

4. Les pesticides organochlorés : famille d’insecticides chimique la plus largement


utilisée(Komboudry, 1984). Ce sont des composés apolaires possédant une solubilité faible

Dans l’eau mais une solubilité élevée dans les solvants organiques. Ils sont obtenus par
chloration de différents hydrocarbures insaturés (Whitacre et al, 2004). Ils sont aussi caractérisés
par leur résistance à la dégradation biologique, chimique et photolytique, par leur toxicité et leur
tendance à la bioaccumulation dans la chaine alimentaire (Bouchon, 2003). De nombreux
pesticides organochlorés font l’objet d'une réglementation ou d’une représentation formelle dans
un certain nombre de pays du monde (FAO, 2002)

5. Les pesticides organophosphorés

Ces génération sont largement utilisées et occupent depuis les années 1982 une place
importante, soit 35% dans le marché des insecticides agricoles (Komboudry, 1984).Les
organophosphorés sont des esters de sels organiques, de l'acide phosphorique ou de ses dérivés.
Ces substances sont très toxiques pour les vertébrés ils sont peu persistant dans l’environnement
et se dégradent rapidement en climat tropical. Ils sont généralement subdivisé en trois groupes

13
suivant leurs structures : les aliphatiques, les dérivés phénylés et les hétérocycles. Ils sont
généralement volatiles et solubles dans les hydrocarbures non aliphatiques et sont susceptibles de
s'hydrolyser facilement en milieu alcalin. Ils agissent par inhibition de l'acétylcholinestérase de
façon irréversible au niveau des terminaisons nerveuses ( Bouchon et al., 2003). Quelques
exemples de ses composés: l'acéphhate, le déméton, le dichlorvos, le bromophos, le diazinon, le
parathion , le malathion.
Classification selon leur mode d'action
Une grande diversité s'accompagne d'une grande variété de modes d'action, aussi bien entre les
différentes catégories de pesticides qu'à l’intérieur même de ces catégories, en lien avec leurs
propriétés physicochimiques (Calvet et al., 2005).
Les herbicides agissent chez les plantes selon des modes d'action variés, tels que l'inhibition de
photosynthèse (isoproturon), la déstructuration oxydative des membranes cellulaires (paraquat),
l'inhibition de la synthèse des lipides (cléthodime), l'inhibition de la synthèse des acides aminés
(glyphosate), l'inhibition de la division cellulaire (pendiméthaline) ou la perturbation de la
régulation de phytohormones (dicamba) ( Serra et al., 2016).
Les Insecticides agissent à différents niveaux du fonctionnement neuronal, sur la respiration
(hydraméthylnon) ou sur la synthèse des composés cuticulaires (triazoxide) (Serra et al., 2016).
Les fongicides contrôlent les champignons en agissant sur la synthèse des lipides (boscalide) ou
des stérols (tébuconazole), la germination des spores (bouillie bordelaise), les processus
respiratoires (chlorothalonil), ou la synthèse des microtubules (propamocarbe) ( Serra et al.,
2016)..
3.4. Classification selon la toxicité
L'utilisation des pesticides contamine l'environnement immédiat: l'eau, l’air ou le sol. En effet,
la plupart des pesticides sont peu sélectifs et peuvent avoir des effets nocifs sur les organismes
non visés, y compris l'être humain. C'est pourquoi de nombreux pays ont légiféré afin de
contrôler l'utilisation et la vente de ces produits.
La classification devrait être établie avant tout à partir de toxicité aiguë par voie orale et par voie
dermique pour les rats , elle est exprimée par la DL50 (dose létale 50). La DL50 est une
caractéristique da la toxicité aiguë ; c’est la quantité de pesticide ingérée nécessaire pour
provoque la mort de 50% des rats participant à une expérience en laboratoire. Cette dose létal 50
est exprimée en ppm (partie par million) (Charles, 1992).
La classification des produits chimiques, dont les pesticides, mise en place par l’OMS est
présentée ci-dessous (OMS, 2010). Cette classification repose sur les catégories de danger

14
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Dispersion des pesticides dans l'environnement

Les pesticides sont devenus indispensables au fil du temps pour lutter contre les ravageurs

agricoles en Afrique. Les dégâts causés par les ravageurs sont très élevés sous les tropiques,

où les conditions sont favorables à leur propagation. L’utilisation des pesticides est le moyen

le plus rapide pour lutter contre ces ravageurs. Pour la majorité des agriculteurs, le recours

aux pesticides est la meilleure solution pour réduire les pertes dues aux ravageurs ou maladies

et permet ainsi l’augmentation des rendements. Cependant, certains bioagresseurs ont acquis

des résistances et les pesticides ne sont plus une solution efficace (Martin et al. 2018). Les

eaux de la zone de plusieurs bas-fonds, lac ou fleuve où sont exercées le plus souvent les

activités agricoles reçoivent également les effluents ou les emballages vides de pesticides

contenant les taux les plus alarmants de résidus de pesticides. Ces résidus ont des effets sur

la biodiversité aquatique (poissons, crustacés, amphibiens, oiseaux) et la biomasse du sol (vers

de terre, fourmis, micro-organismes). Ils causent des modifications morphologiques,

reproductives et la mort de certains individus (Agossou et al. 2019; Bendaouia et Guermit

2020). Les études de Djossa et al. (2021), mettent en évidence la contamination des abeilles

par les pesticides qui mourraient et, mais aussi dans le miel qui contenait un niveau élevé de

18
résidu de pesticides.

Chez l'homme, la plupart des pesticides utilisés provoquent des intoxications aiguës ou

chroniques, et les effets peuvent affecter la peau, le système respiratoire, la reproduction ou

le développement intra-utérin et périnatal. L'exposition aux pesticides présente plusieurs

risques majeurs pour la santé humaine. Les dangers associés à l'exposition aux pesticides

incluent des effets tels que la diminution de la fertilité, des déséquilibres dans le système

endocrinien, le développement de maladies neurodégénératives ainsi que le risque de cancer,

comme le signalent les recherches de Bars et al. (2022). Par ailleurs, des enquêtes ont avancé

la possibilité d'une relation entre l'usage de pesticides et l'augmentation des cas de cancer

chez les adultes et les enfants. La sensibilité des fœtus et des enfants aux influences

environnementales est accentuée par les transformations morphologiques qui surviennent

pendant leurs phases de développement, de croissance et de maturation. Les conséquences

préjudiciables de ces substances chimiques peuvent altérer diverses fonctions corporelles,

notamment celles liées au système reproducteur. Un exemple concret de cette vulnérabilité

est représenté par le syndrome de dysgénésie testiculaire, évoqué dès les années 2000 par

Skakkebaek et ses collègues (Skakkebaek et al. 2006). En plus de ces préoccupations pour la

19
biodiversité et la santé humaine, les pesticides contaminent fréquemment les cours d'eau.

Avant même d'entrer en contact avec la faune et la flore, ces produits chimiques s'infiltrent

dans les sols et polluent les nappes phréatiques. Les niveaux de résidus de pesticides présents

dans les sources d'eau dépassent souvent les limites réglementaires, ce qui rend l'eau

impropre à la consommation.

En résumé, l'exposition aux pesticides engendre des risques significatifs pour la santé

humaine, notamment en ce qui concerne l'infertilité, les troubles endocriniens, les maladies

neurodégénératives et le cancer. Les populations les plus sensibles, comme les fœtus et les

enfants, sont particulièrement exposées aux effets nocifs en raison de leur développement en

cours. Parallèlement, les pesticides polluent les cours d'eau, compromettant ainsi la

biodiversité et rendant l'eau inadaptée à la consommation.

(Ernest et al. 2021). Les pesticides dans tout le cycle de vie du produit entraînent des impacts

néfastes sur l’environnement. Des études dans plusieurs pays tels que le Bénin (Ahouangninou

et al. 2011; Kanda et al. 2013) et le Cameroun (Fangue-Yapseu et al. 2023) et en Côte d’Ivoire

montrent que la pollution de l’environnement par les pesticides est due principalement aux

mauvaises pratiques des producteurs. La plupart de ces derniers sont analphabètes et ne

20
comprennent pas les modes d’emploi, les recommandations et les dangers liés à l’utilisation

des pesticides (Rigourd et Djamen 2022). Cette utilisation inappropriée augmente les risques

de contamination des producteurs et des consommateurs. Pour d’autres auteurs, la libre

commercialisation des pesticides est le problème majeur des pesticides en Afrique. Les

pesticides utilisés dans le secteur agricole sont des substances utilisées pour la gestion des

organismes nuisibles. Cependant, elle fragilise également l’environnement, la biodiversité et

les services qu’elle rend à l’agriculture tels que la pollinisation, la régulation des ravageurs par

les ennemis naturels et la fertilité des sols (Denon et al. 2022). Ainsi un changement des modes

de gestion des ravageurs est nécessaire pour réduire l’utilisation et les impacts des pesticides
figure

Exposition professionnelle
Concerne les personnes manipulant les produits, au moment des préparations, applications et de
nettoyage des appareils de traitement.
Exposition non professionnelle

La majorité peut être exposé aux pesticides lors des usages domestiques ou de l'entretien des
jardins ; mais surtout des résidus de ces pesticides présents dans l’environnement comme l'eau,
l'air, le sol et dans l'alimentation.

1.1.1. Importance de l'utilisation des pesticides de synthèse dans l'agriculture


maraîchère

L'agriculture est l’une des principales activités qui participe au développement socio-

économique des populations (Yarou, 2017). Elle est responsable de l'emploie de plus de 40
%

21
de la population active dans le monde, soit 52 % en Afrique et en Asie (Momagri, 2016).

Dans ce secteur, le maraichage occupe une place importante dans l'alimentation humaine

(FAO, 2012). Elle est défini comme une agriculture très spécialisée. Selon la FAO, (2012), le

maraichage constitue l'un des systèmes agricoles les plus productifs d'Afrique. De plus, elle

est considérée comme une activité de souveraineté alimentaire. En effet, les cultures

maraichères jouent un rôle primordial dans la plupart des programmes de nutrition, de


lutte

contre la pauvreté et contribuent significativement aux revenus des familles (James

et al., 2010 ; Yolou et al., 2015). Toutefois, la production de ces légumes est limitée par de

multiples contraintes abiotiques et biotiques qui affectent les rendements et les opérations

post-récoltes qui en découlent. La pression des bioagresseurs a été identifiée comme la

contrainte majeure du fait des pertes de récoltes infligées aux cultures (Kanda et al., 2014 ;

Mondédji et al., 2015). Ainsi, pour améliorer les rendements et répondre à la demande des
marchés sans cesse croissante, le recours à l'usage des pesticides de synthèse par les

producteurs est quasiment systématique (Kanda et al., 2013; Mondédji et al., 2015). Cette

utilisation n'est pas sans conséquences sur l'homme et l'environnement démontrées par

plusieurs auteurs (Assogba-Komlan et al., 2007 ; Houndété et al., 2010 ; Mondédji et al.,

22
2015 ; Agboyi et al., 2016).

III.6. Marché des pesticides

 Dans le monde

Ils existent dans le Monde prés de 100 000 spécialités commerciales autorisées à la vente.

Elles sont composées à partir de 900 matières actives différentes. On enregistre 15 à 20

nouvelles matières actives qui s’y rajoutent chaque année. Le type de pesticide utilisé
dépend

de la nature des cultures et du climat. Ainsi, les herbicides représentent 70 à 80% des
produits

utilisés à cause de la forte augmentation des cultures de maïs en Europe et en Amérique du

Nord, alors que dans les tropiques, 50% des produits appliqués sont des insecticides (Ayad-

Mokhtari, 2012).

Selon l’union des industries et de protection des plantes (UIPP, 2011), le chiffre d’affaire

(CA) mondial du marché des produits phytosanitaires a augmenté de 15%. L'Europe reste
le

leader avec 27.7% des parts des marchés, viennent ensuite l’Asie à 26.4%, l’Amérique du

nord à 21 % et enfin l’Afrique à 4% (Figure 2). Une figure Les herbicides sont les
pesticides les plus utilisés sur l’ensemble des cultures dans le monde

23
(47% du marché). Les fongicides représentent prés de 26% et les insecticides 24%. La forte

utilisation des herbicides est probablement liée à l’augmentation

diversification des cultures et l’amélioration du niveau de vie dans certains pays, modifie

cette répartition (UIPP, 2011) (Figure 3). une figure.

Au Congo

Formulation d’un pesticide

C'est le terme qui désigne la forme sous laquelle un pesticide est vendu pour utilisation.

L'ensemble des molécules qui composent un pesticide sont (Boland et al., 2004):

Une ou plusieurs matières actives à laquelle est attribué l’effet toxique. La concentration

désigne la proportion de la formulation totale qui est faite de la matière active, généralement

exprimée en tant que pourcentage du poids et mentionnée sur l'étiquette.

- Un diluant qui est une matière solide ou liquide (solvant) incorporé à une préparation et

destinée en matière active. Ce sont le plus souvent des huiles végétales dans le cas des

liquides, de l’argile ou du talc dans le cas des solides.

- Des adjuvants qui sont des substances dépourvues d’activité biologique, mais susceptibles

de modifier les qualités des pesticides et d’en faciliter l'utilisation (les solvants, les

émulsifiants, )
Définition

24
La matière active d'un pesticide est le constituant de la préparation auquel est due, en tout ou en
partie, son efficacité.

La concentration : est la quantité de matière active uo de préparation contenue dans l'unité de


volume.

La teneur : est le pourcentage en masse ou en volume de matière active contenue dans une
préparation.

La dose : est la quantité de matière active ou de préparation à appliquer par unité de surface ou
de volume à traiter.

La charge : est la matière solide incorporée à une préparation Phyto pharmaceutique, et destinée
à modifier la teneur en matières actives.

Le diluant : est la matière liquide incorporée à une préparation Phyto pharmaceutique, et destinée
à modifier la teneur en matières actives.

Un produit industriel simple : est un produit technique directement utilisable comme pesticide.

Un adjuvant : est une substance deprouvue d'activité biologique, mais susceptible de modifier les
qualités physicochimiques d'une préparation Phyto pharmaceutique.

Un mouillant : est un adjuvant dont la présence améliore l'étalement sur une surface traité d'une
préparation Phyto pharmaceutique.

Un emulsionnant : est une substance permettant la dispersion d'un liquide dans un autre liquide
auquel il n'est pas spontanément miscible.

Un adhésif : est un adjuvant dont l'addition à une préparation Phyto pharmaceutique accroît la
ténacité de la matière active sur les surfaces traitées.(

Produits finis liquidés

Ce sont soit :

- soit des solutions diluées prètes à l'emploi ;

- soit des solutions concentrées à diluer au moment de l'emploi dans l'eau ou dans les solvants
pétroliers courants;

- soit des solutions emulsionnables dans un liquide dispersant.

Les solvants où les liquides dispersant doivent être dénués d'action Phytotoxiques , c'est-à-dire
ne pas être susceptible d'occasionner aux végétaux des altérations passagers ou durables.

25
Les produits liquides sont utilisés en pulvérisation, en ebulisation parfois en mélange dans les
eaux d'arrosage ; les produits à forte tension de vapeur peuvent être utilisés pour le traitement du
sol.( Deuxième édition de mémento 1968-1971).

Produits finis solides.

Ce sont soit des poudres pour pointage, soit des poudres pour bouillies ou poudre muillables.

Dans les deux cas, finesse de la poudre (granulométrie) ainsi que densité, pH et abrasivité de la
charge sont des facteurs très importants à prendre en considération. Quand le produit actif est
liquide, il est fixé par absorption sur une absorbante.

Il existe aussi des formulations sous forme granulée, en général pour épandage sur ou dans le sol
(rondenticides, insecticides, nématodes, anti- mollusques). ( Deuxième édition de mémento
1968-1971).

III.8. Les risques liés à l'utilisation des pesticides

Les pesticides pénètrent et migrent dans les compartiments de l’environnement engendrant

des dangers importants pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact à court ou à long

termes (MEEM, 2015).

III.8.1. Risque sur l’environnement

Les pesticides sont à l’origine d’une contamination des sols, des eaux souterraines et des

plantes (Bouziani, 2007).

III.8.1.1. Contamination des ressources en sols

Les pesticides dans les sols peuvent provenir des activités agricoles mais également des

activités d'entretien des espaces verts et des jardins ou du désherbage des réseaux routiers et

26
ferrés. Les insecticides organochlorés sont connus pour être persistants dans l'environnement.

Ainsi, des pesticides interdits depuis longtemps, tels que l’herbicide atrazine (Jablonowski

et al., 2011) et le lindane, alpha-HCH (Chaignon et al., 2003) peuvent être détectés dans les

sols plus de vingt ans après l’application de la molécule. Ces composés persistants, qui

peuvent être bioaccumulés aux différents niveaux trophiques, représentent un problème

environnemental majeur.

III.8.1.2. Contamination des ressources en eaux

Une des conséquences environnementales majeures de l'agriculture intensive actuelle est la

dégradation de la qualité des eaux (Ippolito et al., 2012). Les pesticides et leurs résidus se
retrouvent dans les eaux de surfaces (cours d'eau et étendues d'eau) ainsi que dans les eaux

souterraines (les nappes phréatiques) et marines (Gilliom et al., 2006 ; López-Pérez

et al., 2006; MEEM, 2015).

III.8.1.3. Contamination des plantes

Les plantes terrestres, de par leur caractère sessile, sont continuellement soumises à des

fluctuations environnementales et à des stress biotiques et abiotiques. Les pollutions par les

xénobiotiques, et en particulier par les pesticides, font partie intégrante de ces contraintes

chimiques abiotiques. Les xénobiotiques peuvent en effet affecter la survie, le développement

27
et la reproduction des plantes, et induire à plus grande échelle des changements dans les

communautés végétales avec des impacts écologiques et agronomiques importants (Helander

et al., 2012). L'application des pesticides a causé une contamination des échantillons

alimentaires et des produits agricoles dans de nombreux pays (Belhaouchet, 2014; Yasser

El-Nahhal, 2015; Moussa et al., 2018; Nicolle-Mir, 2018).

III.8.1.4. Contamination de l’atmosphère

Selon Arias-Estévez et al. (2008), la dynamique environnementale des pesticides

dépend de différents processus. Il peut y avoir dispersion atmosphérique, ou dérive,

lorsqu'une partie des molécules n’atteint pas la cible et reste dans le compartiment

atmosphérique, et qu'il y a entraînement par le vent de gouttelettes ou de vapeurs de

pesticides hors des parcelles cultivées. Des phénomènes de réémission et de volatilisation

peuvent avoir lieu après le dépôt du produit à la surface du sol ou des plantes, par évaporation

de l’eau ou sous l’effet du vent (Pimentel, 1995 ; Rial-Otero et al., 2003).

III.8.2. Risque sur les écosystèmes

Les zones agricoles sont d'importantes sources de produits phytosanitaires pouvant diffuser

dans les écosystèmes, avec des conséquences potentielles sur le fonctionnement et les services

28
écosystémiques, sur l’état chimique des masses d'eau et sur la santé publique (Serra et al.,

2016).

III.8.2.1. Risque sur les écosystèmes aquatiques

Les situations de toxicité chronique perturbent les cycles reproducteurs et hormonaux des

poissons, et réduisent la diversité des peuplements algaux et végétaux (Bereswill et al., 2012

; McMahon et al., 2012). Des situations de toxicité aiguë suite à des pollutions accidentelle
entraînent des mortalités massives de poissons, d’invertébrés et de végétaux (McCahon et

Pascoe, 1990; Giger, 2009; McMahon et al., 2012).

III.8.2.2. Sur les écosystèmes terrestres

Les pesticides ont des impacts sur les communautés végétales non-cible, la faune du sol, les

insectes bénéfiques, les mammifères, les amphibiens, les poissons et les populations d'oiseaux

(Aubertot et al., 2005). Ils sont touchés non seulement directement, mais aussi indirectement

par le biais de la destruction de leurs habitats et de déséquilibres des ressources ou des

prédateurs (Fleeger et al., 2003). Ces pollutions induisent alors de nouvelles pressions de

sélection avec des impacts sur la biodiversité (Helander et al., 2012; Köhler

et Triebskorn, 2013).

III.8.3. Risques et toxicité des pesticides sur la santé humaine

29
Les pesticides sont potentiellement toxiques pour l’être humain. Ils peuvent avoir des effets

indésirables sur la santé, parmi lesquels des cancers, sur la reproduction et sur le système

endocrinien, immunitaire et nerveux.

L'intoxication aux pesticides constitue un problème de santé publique dans plusieurs pays à

travers le monde. On estime que les pesticides sont responsables de trois millions

d'intoxications aigues sévères chaque années avec 220.00 morts. La plupart des cas (200000)

sont observés dans les pays en voie de développement (Kintz, 1998).

La toxicité des pesticides dépend d'un certain nombre de facteurs (El Bakouri, 2006;

Berrah, 2011):

 La dose

 Les modalités de l’exposition

 Le temps pendant lequel la personne est exposée

 Le degré d’absorption

 La nature des effets de la matière active et de ses métabolites.

 L’accumulation et la persistance du produit dans l’organisme ainsi que la sensibilité

personnelle (antécédents, patrimoine génétique, etc…….).

30
Les pesticides sont caractérisés par une multiplicité de voies d'exposition qui peuvent être

professionnelles ou non (CPP, 2002).

Exposition professionnelle

Concerne essentiellement les personnes manipulant les produits, au moment des

préparations, applications et de nettoyage des appareils de traitement.

Exposition non professionnelle

L’ensemble de la population peut être exposé aux pesticides lors des usages domestiques ou

de l'entretien des jardins ; mais surtout des résidus de ces pesticides présents dans

l’environnement comme l'eau, l'air, le sol et dans l'alimentation.

Devenir des pesticides dans l’organisme.

La réponse de l'organisme à un produit toxique dépend de la quantité de ce dernier. Plusieurs

facteurs interviennent dans les processus d'action toxique aux cours des phases

toxicocinétiques et toxicodynamiques.

La toxicocinétique concerne les processus conduisant à la formation des métabolites et qui

gouvernent le cheminement du toxique dans l'organisme a savoir: l'absorption, la distribution,

la biotransformation et l'élimination (figure 5). Tandis que, la toxicodynamie s'intéresse à

l’influence qu'exerce un toxique sur l'organisme et aux facteurs qui interviennent dans la

31
réponse toxique. Les effets toxique d’une substance observer au cours de cette phase

(Lapointe, 2004;Baynes et Hodgson, 2010).

Les Voie de Pénétration

La toxicité d'un pesticide dépend de sa nature et son mode de pénétration dans l'organisme.

Il existe divers voies de pénétration (Figure 5):

La voie cutané (la peau): c’est la voie de contamination la plus fréquente et la plus

intense (Baynes et Hodgson, 2010). Les liquides peuvent pénétrer facilement la peau, surtout

lorsqu'ils se présentent sous forme de solutions huileuses. En effet, la peau est imperméable à

l'eau mais pas aux huiles (Lachuer, 2011). Par contre, d'après Moundosso. (2013), les

poudres franchissent facilement la barrière de la peau et la diffusion est très rapide au niveau

de la conjonctive de l'œil. Certains facteurs favorisent la pénétration cutanée comme la

transpiration ou la présence de plaies. Aussi, la contamination est possible à travers les

vêtements s’ils ne sont pas suffisamment étanches (Lachuer, 2011).

A.2. La voie digestive : responsable des plus graves empoisonnements en cas de mélange

avec les aliments ou par ingestion accidentelle (Moundosso, 2013). L'empoisonnement par

ingestion direct est assez rare, cependant, il est très fréquent par ingestion indirect: par contact

avec les mains souillées (en mangeant ou en fumant); débouchage d'une buse en soufflant

32
avec la bouche ( Lachuer, 2011).

A.3. La voie respiratoire (inhalation): constitue la voie d'intoxication la plus rapide et la plus

directe. Les pesticides qui sont normalement appliqués sous forme d’aérosol, de brouillard ou de
gaz

peuvent facilement être inhalés (Moundosso, 2013). En général, les voies respiratoires offrent la

voie d'entrée la plus rapide et la voie cutanée la moins rapide. L'une des raisons de cette

différence majeure est principalement parce que l'épaisseur de la membrane, qui est en réalité

la distance physique entre l'environnement externe (surface de la peau, air dans les poumons

ou lumière de l'intestin) et les capillaires sanguins, varie à travers ces portails d'entrée.

L'entrée globale dépend à la fois de la quantité présente et de la saturabilité des processus de

transport impliqués (Baynes et Hodgson, 2010; Lachuer., 2011).

B. Cheminement d'un produit toxique dans l’organisme

B.1. L'Absorption

C'est une étape importante, car, tant que le produit toxique n’a pas pénétré dans la

circulation sanguine, il ne peut causer d'action toxique systémique. Divers facteurs peuvent

influencer le processus d'absorption d'un produit : sa nature, sa solubilité, la perméabilité des

tissus biologiques au point de contact, la durée et la fréquence de l’exposition, etc.

33
B.2. La Distribution

C’est le processus par lequel une substance absorbée ou ses métabolites se répartissent dans

les différents organes et tissus. Il faut savoir que si le composé est absorbé par voie orale, il

passera directement dans le foie par le système porte et sera distribué dans tous l’organisme

(passage hépatique ). Cependant, si le produit est inhalé (voie pulmonaire), il sera distribué

dans l’organisme avant d'avoir atteint le foie (Mesbahi et al., 2015).

B.3. La Biotransformation (Ou Le Métabolisme)

Au cours ou après son transport dans le sang, le produit toxique peut entrer en contact avec

différentes cellules de l'organisme qui ont la capacité de le transformer. L'ensemble des

réactions de la transformation métabolique est appelée biotransformation, et les produits de la

biotransformation sont appelés métabolites. Il peut en résulter un produit moins toxique

(détoxification) ou plus toxique (activation). La transformation des toxiques est surtout

effectuée par le foie, qui contient une multitude d’enzymes. D’autres organes tels que les

poumons et les reins peuvent aussi transformer des toxiques (Lapointe, 2004).

B.4. L'Elimination

Lorsqu’un xénobiotique pénètre dans une cellule, il est rapidement transporté par des

34
transporteurs membranaires, des pompes d’efflux qui vont l’exporter directement à l’extérieur

de la cellule. Les pesticides sont éliminés sous forme inchangée ou sous forme de métabolites

après biotransformation. Les principale voie d’élimination sont la voie rénale et la voie

biliaire en plus des voies pulmonaire (l'aire expiré) et lactée (le lait).

III.11. La règlementation, les conventions et les normes des pesticides

Les pesticides sont des substances chimiques toxiques, et dangereuses, la loi détermine à

leur sujet des procédures d’approbation, enregistrement, classement, étiquetage, emballage,

fabrication, formulation, importation, exportation, commercialisation, publicité, vente,

fourniture, transport, stockage, disponibilité, utilisation et destruction. La plupart des pays se

sont dotés d’une législation sur l’enregistrement et le contrôle des pesticides, cette dernière

varie d’un pays à l’autre.

Limites Maximales de Résidus (LMR)

Les limites maximales de résidus (LMR) sont les niveaux supérieurs de concentration de

résidus de pesticides autorisés légalement dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments

pour animaux. Elles visent à garantir le niveau d'exposition le plus faible possible pour les

consommateurs. Il y a une LMR pour chaque production végétale et pour chaque pesticide.

35
Ces normes sont établies par le « Codex Alimentarius » ou «Code alimentaire», qui a été créé

par l’ONUAA (FAO) et l’OMS en 1963 afin de mettre au point des normes alimentaires

internationales harmonisées destinées à protéger la santé des consommateurs et à promouvoir

des pratiques loyales en matière de commerce de denrées alimentaires.

1.3.1 Modes d’action, avantages et risques

Les modes d’action varient: inhibition enzymatique (organophosphorés), perturbation hormonale


(néonicotinoïdes), ou destruction des membranes cellulaires (herbicides à contact).

Avantages: hausse des rendements, réduction des pertes post-récolte.

Risques: contamination des sols, développement de résistances, toxicité aiguë ou chronique chez
l’homme (WHO, 2020;PAN, 2017).

1.2. Impacts environnementaux et sanitaires de l’utilisation de pesticides de synthèse

Environnementaux: pollution des eaux, appauvrissement des sols, disparition de pollinisateurs


(Goulson,2013).

Sanitaires: intoxications aiguës (maux detête, vomissements), effets chroniques (cancers,


perturbations endocriniennes) chez les producteurs et consommateurs
(Bouwmanetal.,2011;WHO,2020).

Facteurs favorisant l’augmentation de l’usage des pesticides en milieu urbain et


périurbain

La pression croissante sur les terres cultivables, combinée à la forte densité démographique en
zone urbaine et périurbaine, pousse les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles intensives.
Pour maximiser les rendements sur de petites superficies, ces producteurs utilisent fréquemment
des pesticides de synthèse, souvent sans suivi technique approprié (Pretty & Bharucha, 2015).
L’accès limité à des services de vulgarisation et l’absence de formation renforcent l’utilisation
anarchique des pesticides, notamment dans les pays en développement (Matthews, 2008). À cela
s’ajoute la recherche de bénéfices économiques rapides qui encourage des applications
fréquentes et parfois excessives.

36
Pratiques à risque dans l’usage des pesticides chez les maraîchers africains

Plusieurs études montrent que dans de nombreux pays africains, les maraîchers manipulent les
pesticides sans précaution adéquate. Ils ne lisent pas toujours les étiquettes, ne respectent pas les
doses recommandées, ni les délais de sécurité avant récolte, et n’utilisent pas les équipements de
protection individuelle (Labite et al., 2011 ; Tamgno et al., 2014). Ces pratiques exposent les
producteurs à des intoxications aiguës ou chroniques et favorisent la contamination des denrées
alimentaires et de l’environnement.

Quelques maladies et insectes ravageurs des cultures maraîchère

CHAPITRE2:MATÉRIELSETMÉTHODES

2.1. Milieud’étude

2.1.1. Localisationdusite de lupatapata

Lupatapata est le chef-lieu du territoire de Lupatapata, situé à environ 40 km au nord de


Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, RDC.

COORDONNEES GEOGRAPHIQUES

latitude −5.814875, longitude 23.632290, altitude ~759 m .

La localité fait partie d’une commune rurale de moins de 80 000 électeurs, avec 7 conseillers
municipaux en 2019

2.1.2. Densité et démographie

La Population totale en 2015 estimée à 1 002 710 habitants répartis soit 418 hab./km² en quatre
secteurs (Kabala, Mudiba, Mukumbi, Mulenda).

2.1. 3Hydrographie

La zone est traversée par des ruisseaux intermittents entre autres,: MULENDA , nzaba, kanshi,
tshielela, kankala, etc... et des marécages, souvent utilisés comme source d’irrigation pour les
cultures maraîchères (Ministèredel’Environnement, RDC,2020).

2.2. Relief

Le relief est légèrement ondulé, avec une altitude moyenne de 650m. Cela favorise l’écoulement
naturel des eaux mais peut engendrer des risques d’érosion en absence de pratiques de
conservation des sols.

2.3. Climat

37
Climat tropical humide, avec une saison des pluies (octobreàmai) et une saison sèche (juin à
septembre). La température moyenne annuelle est de 25–27°C et les précipitations varient entre
1200 et 1600 mm/an (MeteoRDC,2021).

2.4. Sol

Les sols sont ferralitiques, acides, pauvres en matière organique mais bien drainés. Ils
nécessitent des apports réguliers d’amendements pour maintenir la fertilité (Lal,2004).

2.5. Végétation

La végétation naturelle est dégradée à cause de l’urbanisation. On observe une végétation de


types savane herbeuse et arbustive, avec une présence de zones maraîchères cultivées à l’aide
d’engrais et de pesticides.

2.6. Matériels

Questionnaires et fiches d’enquête

GPS pour la localisation

Matériel d’observation: gants, pulvérisateurs, tenue approprié, casque, masque de protection,


bottine ect...

Logiciels pour traitement statistique (Excel,SPSS)

2.7. Méthodes

Enquête de terrain: auprès de 50 producteurs (échantillonnage raisonné)

Observation directe: des pratiques culturales et traitements phytosanitaires

Analyse documentaire: cadre légal, études antérieures

Analyse statistique: fréquence d’utilisation, types de pesticides, liens entre pratiques et impacts

2.8. Situation de l’agriculture urbaine et périurbaine dans la région

L’agriculture urbaine à Mbuji-Mayi se développe sur les berges, les anciens sites miniers ou
terrains non construits. Elle est pratiquée surtout par des femmes et jeunes sans emploi, sur de
petites superficies. La production est destinée aux marchés locaux (FAO, 2017).

2.9. Pratiques agricoles et utilisation des pesticides dans la culture du chou de Chine

Les producteurs utilisent des pesticides comme Lambda-cyhalothrine, Carbofuran, ou


Deltaméthrine, souvent sans respect des délais de carence ni des doses recommandées. Le
traitement se fait manuellement avec des pulvérisateurs rudimentaires, sans équipements de
protection (Mukendietal., 2021).

38
Les résidus de pesticides sur les feuilles posent des risques pour les consommateurs, notamment
en l’absence de lavage ou de cuisson suffisante.

CHAPITRE 3 : PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSSION


Pour vérifier l’objectif et donner une position à nos hypothèses, nous présentons à travers ce
chapitre les résultats obtenus après analyse des données récoltées sur terrain à partir d’un
questionnaire d’enquête soumis à 50 producteurs choisis aléatoirement dans le territoire de
LUPATAPATA.

3.1. Caractéristiques Sociodémographiques


Modalités Fréquence Pourcentage
30 à 45 ans 20 40,0
46 à 60 ans 15 30,0
Age moins de 30 ans 8 16,0
plus de 60 ans 7 14,0
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que la majorité des producteurs (40 %) ont entre 30 et 45 ans, suivis de
30 % entre 46 et 60 ans, 16 % ont moins de 30 ans et 14 % plus de 60 ans, ce qui montre que
l’activité agricole est surtout assurée par des adultes en âge actif.

études primaires 20 40,0


études secondaires 18 36,0
Etudes faites études supérieures 7 14,0
pas d'études 5 10,0
Total 50 100,0

39
Il ressort dans ce tableau que 40 % des enquêtés ont un niveau primaire, 36 % un niveau
secondaire, 14 % un niveau supérieur et 10 % n’ont pas fait d’études, ce qui indique une
formation scolaire globalement faible.

Modalités Fréquence Pourcentage


101 à 200m² 10 20,0
50 à 100m² 22 44,0
Superficie
moins de 50m² 15 30,0
(m²)
plus de 200m² 3 6,0
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que 44 % des exploitations ont une superficie de 50 à 100 m², 30 %
moins de 50 m², 20 % entre 101 et 200 m² et 6 % plus de 200 m², ce qui traduit une
prédominance de petites exploitations agricoles.

3.2. Pratiques Liées Aux Pesticides

Modalités Fréquence Pourcentage


LAVA 25 50,0
Pesticides
ZALANGA 25 50,0
utilisées
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que les pesticides LAVA et ZALANGA sont utilisés à parts égales (50
% chacun) par les producteurs.

Modalités Fréquence Pourcentage


le matin 18 36,0
le soir 20 40,0
Mode
pendant la journée 3 6,0
d'emploi
selon le vendeur 9 18,0
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que 40 % appliquent les pesticides le soir, 36 % le matin, 18 % suivent
les conseils du vendeur et 6 % pulvérisent en pleine journée, montrant une préférence pour les
périodes fraîches de la journée.

40
Modalités Fréquence Pourcentage
parfois 8 16,0
pas de tenue 20 40,0
Tenue
protection partielle 12 24,0
appropriée
tenue complète 10 20,0
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que 40 % des producteurs ne portent aucune tenue de protection, 24 %
utilisent une protection partielle, 20 % une tenue complète et 16 % portent parfois une
protection, révélant un manque généralisé de protection adéquate.

Modalités Fréquence Pourcentage


autre 3 6,0
Après
changement habits 15 30,0
épandage
douche immediate 20 40,0
vous prenez
rien 12 24,0
quoi
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que 40 % prennent une douche immédiate après traitement, 30 %
changent de vêtements, 24 % ne font rien et 6 % effectuent d’autres actions, indiquant des
pratiques d’hygiène variables.

3.3. Connaissance des produits

Modalités Fréquence Pourcentage


Connaissez-
vous les
NON 50 100,0
produits
prohibés
Si oui par
quelle voie
Aucune information 50 100,0
étiez-vous
informer

41
Il ressort dans ce tableau que 100 % des producteurs déclarent ne pas connaître les produits
prohibés et n’ont reçu aucune information à ce sujet.

Modalités Fréquence Pourcentage


autres 11 22,0
produits DDT 10 20,0
prohibés sans étiquette 14 28,0
connus zalang 15 30,0
Total 50 100,0

Il ressort dans ce tableau que, parmi les produits prohibés cités, le Zalanga est mentionné par 30
%, les produits sans étiquette par 28 %, d’autres produits par 22 % et le DDT par 20 %.

Modalités Fréquence Pourcentage


Connaissez-
vous un
NON 50 100,0
produit non
prohibé

Il ressort dans ce tableau qu’aucun producteur ne connaît de produit non prohibé ni de produit
naturel.

3.4. Motifs et effets des pesticides

Modalités Fréquence Pourcentage


Si oui
Aucune information 50 100,0
lesquels
connaissez-
vous un
NON 50 100,0
produit
naturel

42
Pourquoi
utilisez-
pour tuer les insectes
vousles 50 100,0
nuisibles à la culture
pesticides de
synthèse

Il ressort dans ce tableau que tous les producteurs (100 %) utilisent les pesticides pour tuer les
insectes nuisibles à la culture.

Il ressort dans ce tableau que les effets sur la santé signalés sont la fatigue et le vertige (40 %),
les maux de tête (24 %), le chatouillement du visage (20 %), tandis que 16 % n’ont ressenti
aucun effet.

Il ressort dans ce tableau que 40 % récoltent 1 à 3 jours après traitement, 30 % après 4 à 7 jours,
10 % moins d’un jour après, et 20 % plus de 7 jours, ce qui montre que beaucoup ne respectent
pas un délai suffisant pour éviter les résidus.

3.5. Perception de la qualité et effets environnementaux

Modalités Fréquence Pourcentage


Quelles sont chatuillement du visage 10 20,0
les effets Fatique et vertige 20 40,0
néfastes maux de tete 12 24,0
avant et non aucun 8 16,0
après
Total 50 100,0
l'utilisation
Quelle est la 1 à 3 jours 20 40,0
durée faite 4 à 7 jours 15 30,0
faites vous moins de 1 jour 5 10,0
après plus de 7 jours 10 20,0
traitement
des cultures
pour la Total 50 100,0
récolte
(DAR)

43
Il ressort dans ce tableau que 40 % des producteurs attendent entre 1 et 3 jours avant de récolter
après traitement, 30 % attendent 4 à 7 jours, 10 % récoltent moins d’un jour après, et 20 % plus
de 7 jours.

Cette répartition montre que plus de la moitié des producteurs (50 %) ne respectent pas un délai
suffisant pour réduire les résidus de pesticides, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé
des consommateurs.

Il ressort dans ce tableau que 36 % des producteurs signalent des maux de ventre après
consommation, 20 % une diarrhée, 20 % estiment que les légumes ont un “bon” goût, 14 % les
trouvent “assez bien” et 10 % jugent le goût “mauvais”.

Cela indique que les effets négatifs sur la santé (troubles digestifs) sont fréquemment perçus, ce
qui peut être lié à la présence de résidus ou à une mauvaise utilisation des produits chimiques.

Modalités Fréquence Pourcentage


Quels sont les Assez bien 7 14,0
effets Bon 10 20,0
organoleptiq Diarrhée 10 20,0
ues des Mauvais 5 10,0
légumes Maux de ventre 18 36,0
traiter avec
les pesticides Total 50 100,0
Quels sont les Odeurs genantes 13 26,0
effets néfastes pollution de l'air 37 74,0
sur
l'environnem Total 50 100,0
ent

Il ressort dans ce tableau que 36 % des producteurs constatent des maux de ventre après
consommation des légumes traités, 20 % de la diarrhée, 20 % jugent le goût “bon”, 14 % “assez
bien” et 10 % “mauvais”.

Il ressort dans ce tableau que 74 % estiment que les pesticides causent une pollution de l’air et 26
% des odeurs gênantes, ce qui met en évidence un impact environnemental perçu.

44
DISCUSSION DES RESULTATS

Les résultats obtenus montrent que la production agricole dans le territoire de Lupatapata
est principalement assurée par des producteurs âgés de 30 à 60 ans, ce qui traduit une main-
d’œuvre en âge actif, mais aussi une faible implication des jeunes de moins de 30 ans et des
personnes âgées. Ce constat rejoint les observations de plusieurs études qui indiquent que les
activités agricoles requièrent une force physique et une disponibilité souvent limitées chez les
plus jeunes et les plus âgés.

Le niveau d’instruction des producteurs est relativement faible, avec une prédominance
des études primaires et secondaires. Cette situation peut influencer négativement la
compréhension et l’application des bonnes pratiques liées à l’utilisation des pesticides,
notamment en matière de dosage, de respect des délais avant récolte et d’adoption des mesures
de protection individuelle.

Les superficies cultivées restent généralement réduites (50 à 100 m² pour la majorité), ce
qui traduit une agriculture de petite échelle, souvent destinée à l’autoconsommation ou à une
vente limitée sur les marchés locaux. Cela peut expliquer en partie la faible diversification des
pratiques culturales et le recours à des méthodes simples, mais parfois risquées, pour lutter contre
les ravageurs.

45
En ce qui concerne l’usage des pesticides, il est à noter que deux produits dominent,
LAVA et ZALANGA, utilisés à parts égales par les producteurs. L’application se fait
majoritairement le matin ou le soir, ce qui est cohérent avec les recommandations visant à éviter
les fortes chaleurs. Toutefois, le port de tenues de protection reste insuffisant, près de 40 % des
producteurs ne se protégeant pas du tout, ce qui accroît les risques d’exposition aux produits
chimiques.

Les mesures d’hygiène post-traitement sont également variables : si une partie des
producteurs prend une douche immédiatement après l’épandage, d’autres ne prennent aucune
mesure particulière, ce qui peut favoriser l’absorption cutanée et les intoxications. Les effets sur
la santé rapportés (fatigue, vertiges, maux de tête, troubles digestifs) confirment les risques
sanitaires liés à une manipulation non sécurisée des pesticides.

Un élément préoccupant est la méconnaissance quasi totale des producteurs concernant


les produits prohibés, non prohibés ou naturels. Cette lacune d’information traduit un manque de
sensibilisation et de formation, pouvant conduire à l’usage de substances interdites ou
dangereuses.

Le délai avant récolte est, dans de nombreux cas, inférieur aux recommandations (parfois
moins d’un jour), exposant les consommateurs à des résidus potentiellement toxiques. Les effets
organoleptiques négatifs (maux de ventre, diarrhée) signalés par les producteurs eux-mêmes
confirment un impact possible sur la santé des consommateurs.

Enfin, les effets environnementaux identifiés, principalement la pollution de l’air et les


odeurs gênantes, révèlent que l’utilisation des pesticides ne se limite pas à un risque pour
l’utilisateur, mais affecte aussi l’environnement immédiat, avec des conséquences possibles sur
la faune, la flore et la qualité de l’air.

Ces résultats soulignent la nécessité d’actions de sensibilisation, de formation et de suivi,


afin de promouvoir des pratiques agricoles plus sûres, respectueuses de la santé humaine et de
l’environnement.

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