Optimisation des machines hybrides électriques
Optimisation des machines hybrides électriques
THESE DE DOCTORAT
Présentée par
Monsieur NGUYEN Phi-Hung
Domaine :
GENIE ELECTRIQUE
Sujet de thèse :
Impacts des modèles de pertes sur l’optimisation sur cycle d’un ensemble
convertisseur – machine synchrone.
Laboratoire SATIE
ENS CACHAN / CNRS / UMR 8092
61, avenue du Président Wilson, 94235 Cachan Cedex, France
Remerciements
Les travaux de thèse présentés dans ce mémoire ont été réalisés au laboratoire SATIE
(Systèmes et Applications des Technologies pour l’Information et l’Energie) de l’Ecole
Normale Supérieure de Cachan, dans le cadre du projet national de l’ANR : PREDIT – MEEI
(Programmes de REcherche et D’Innovation sur les Transports terrestres – Machines
Electriques et Electronique Intégrée).
J’ai eu la chance de pouvoir effectuer mon travail dans un équipe tout à fait
exceptionnel, grâce aux compétences et à la disponibilité de ses membres. Que M. Hamid Ben
Hamed, M. Lionel Vido, M. Michel Lécrivain, Sami Hloui, Xavier Ojeda, Olivier de la
Barrière, Li Guangjin, Nedjar Boumedyen, Dang Thu Thuy, Judicaël Aubry, Dang Xuan Linh,
Benjamin Gaussens, Julien Boisson, Emna Ben Sedrine, William Krzesinski, soient remerciés.
Les discussions que j’ai pu avoir avec eux sont toujours enrichissantes, constructives et utiles
pour mon travail. A cela s’ajoute l’aide et l’amabilité des agents administratifs et techniques de
SATIE.
Enfin, mais non pas en dernier lieu, merci à ma famille, à mes amis, pour leur patience
et leur encouragement tout au long de cette recherche.
SOMMAIRE
Introduction...……………………………………………………….…………………....1
Conclusion générale…………………………………………………………………...195
Perspectives ...……………………………………………………………………….....198
Liste des publications
Résumé
Introduction
INTRODUCTION
Les véhicules hybrides et électriques sont actuellement en plein développement grâce
à l’exigence de la diminution des émissions de CO2 pour satisfaire des normes de plus en plus
contraignantes. En France et en Europe, les nouvelles technologies sur les véhicules hybrides
et leurs équipements font l’objet de nombreuses recherches. Pour cela, plusieurs programmes
ont été lancés dans ce domaine dont le Programme de Recherche et D’Innovation dans les
Transports terrestres (PREDIT). Le projet Machine Electriques et Electronique Intégrée
(MEEI) a pour but de développer de nouvelles machines électriques pour les applications aux
véhicules hybrides. MEEI regroupe plusieurs partenaires institutionnels (SATIE – ENS de
Cachan, LGEP, LEC – UTC, etc.) et industriels (Valeo, Leroy Somer). Notre mission au
SATIE est de développer de nouvelles machines électriques de type synchrone à aimants
permanents pour ces applications. Le cahier des charges MEEI est représenté sous forme de
cycles de fonctionnement correspondant aux différents usages du véhicule tels que
l’application urbaine ou routière.
Les machines synchrones à aimants permanents (MSAP) sont utilisées dans plusieurs
applications aux véhicules hybrides. Pourtant, en analysant l’état de l’art sur ce sujet, nous
nous sommes aperçus que la quasi-totalité des études concernent les performances de ces
machines uniquement sur quelques points particuliers d’un cycle de fonctionnement du
véhicule tels que le point de base, le point à grande vitesse ou le point le plus sollicité (Figure
0.1). De plus, les modèles électromagnétiques de machines électriques (modèle du couple,
modèles de pertes, etc.) ont été construits pour le calcul d’un seul point particulier du cahier
des charges.
C
Point de base
Mais la caractéristique requise des machines électriques utilisées pour les applications
aux véhicules hybrides est représentée par un cycle de fonctionnement. Ce cycle se compose
souvent en des centaines de points durant le temps (Figure 0.2). C’est à dire que ces machines
électriques fonctionnent à différents couples et à différentes vitesses.
1
Introduction
100 10000
8000
Vitesse (tr/min)
Couple (Nm)
50
6000
4000
0
2000
-50 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps (sec) Temps (sec)
Figure 0.2. Caractéristique requise d’une machine électrique pour une application
véhicule hybride
L’objectif de ces travaux de thèse est donc de proposer et de développer ces modèles
et les méthodes de calcul associées. Nous allons développer les méthodes de calcul des pertes
cuivre et des pertes magnétiques dans les machines à aimants permanents sur cycle en prenant
en compte le défluxage électronique et la non-linéarité magnétique. Suite à une validation
expérimentale de ces modèles, nous allons les appliquer dans une méthode d’optimisation
pour rechercher des machines optimales sur l’ensemble du cycle de fonctionnement donné.
Les impacts de ces différents modèles de pertes sur l’optimisation sur cycle des machines
seront étudiés et l’intérêt de chaque modèle sera présenté. Afin de mieux comprendre ces
travaux, nous commençons par présenter chaque chapitre.
Des modèles de pertes dans les MSAP utilisés sont ensuite présentés. En analysant ces
modèles dans le contexte de l’optimisation des machines électriques sur l’ensemble d’un
cycle de fonctionnement, nous avons choisi le modèle de pertes fer proposé dans la thèse
[1.96] pour construire les méthodes de calcul de pertes moyennes sur cycle dans les deux cas :
pertes fer à vide et pertes fer en charge.
2
Introduction
Les premières performances comparatives des machines : flux à vide, densité de flux,
couple moyen et couple de détente, couple moyen/pertes cuivre, ainsi que l’influence de
quelques paramètres géométriques et magnétiques sont présentées. Nous définissons à la suite
de cette étude les intervalles de ces variables liés au problème d’optimisation.
Dans le calcul des pertes cuivre moyennes sur un cycle de fonctionnement, nous allons
les séparer en deux parties : pertes cuivre dues au courant de l’axe q, Iq, qui est supposé d’être
la source essentielle afin de créer le couple et pertes cuivre dues au courant de l’axe d, Id, qui
est supposé d’être la source principale pour défluxer les machines pour atteindre des vitesses
supérieures à la vitesse de base. Ces deux hypothèses permettent d’identifier les contributions
des pertes cuivre, notamment les pertes cuivre dues au défluxage dans l’ensemble des pertes
dans la machine.
Ensuite, nous proposons trois modèles de calcul des pertes fer : le modèle simple en
supposant que l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions de calcul ; le modèle
intégral permettant de tenir compte des composantes harmoniques de l’induction ; et le
modèle « modèle des valeurs moyennes » développé mathématiquement à partir du modèle
intégral. L’originalité de ces développements sous forme de modèles polynomiaux est d’offrir
la possibilité de calculer les valeurs moyennées sur l’ensemble du volume total, puis la
possibilité de calculer les pertes fer à vide et en charge sur un cycle donné. Les performances
sur cycle des quatre machines de référence sont comparées afin de pouvoir identifier et
vérifier des ordres de grandeurs sur chaque cycle.
Quant aux deux hypothèses indiquées ci-dessus (le couple ne dépend que du courant Iq
et la vitesse supérieure à la vitesse de base est atteinte par l’injection du courant Id), les essais
montreront qu’il est suffisant d’injecter un courant de l’axe q, Iq, pour avoir un couple en
minimisant les pertes cuivre. Ainsi, le défluxage électronique par l’injection du courant dans
l’axe d, Id, selon le modèle proposé, permettra de minimiser les pertes cuivre pour atteindre
une vitesse donnée supérieure à la vitesse de base.
Quant aux pertes fer, les comparaisons modèles-essais sont effectuées dans les trois
cas : pertes fer à vide sans courants ; pertes fer à vide avec I d ≠ 0 mais Iq = 0 et enfin pertes
fer en charge (avec I d , I q ≠ 0 ). Ces comparaisons ont pour but de valider les modèles de
3
Introduction
pertes fer dans différents cas et de trouver des explications raisonnables quant aux différences
entre modèles et essais.
Le NSGA-II a été choisi parce que c’est une méthode d’optimisation stochastique avec
des algorithmes génétiques qui offre une étude multi-objectif, une possibilité des contraintes,
un bon maintien des résultats et qui a été utilisé et appliqué à plusieurs études dans notre
équipe.
A partir des premières études paramétriques dans le premier chapitre, nous allons
définir les variables, les fonctions objectifs, ainsi que les contraintes pour assurer la faisabilité
et la fiabilité des solutions optimales. Les résultats d’optimisation indiqués sous forme des
fronts de Pareto ont pour but de :
• Minimiser les pertes moyennes sur cycle
• Minimiser la valeur du courant efficace au point de base
Des analyses et des comparaisons des machines optimisées pour chaque cycle de
fonctionnement et pour l’ensemble des trois cycles sont effectuées. Ainsi, les machines qui
offrent les meilleures performances parmi les quatre machines choisies, selon cette étude,
seront présentées. Ensuite, nous allons étudier les impacts des modèles de pertes sur les
résultats d’optimisation sur cycle. Cela concerne les pertes fer, le temps de calcul, les ordres
de grandeur des paramètres optimaux et l’efficacité de chaque modèle, etc.
Enfin, nous finirons ce rapport de thèse par une conclusion générale sur l’ensemble
des modèles et des méthodes proposés, des essais, des applications et des perspectives suite
aux résultats obtenus.
4
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
CHAPITRE I :
Etat de l’art et étude paramétrique des machines
électriques étudiées
SOMMAIRE
étudiées................................................................................................................................... 5
I.9. Influence de certains variables sur les performances des machines ............. 43
Bibliographie................................................................................................................... 51
5
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
6
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
I.1. Introduction
Nous entendons parler partout de la pollution, du développement durable, des énergies
renouvelables, de la réduction d’émissions de CO2, de l’économie de l’énergie, etc.
L’énergie devient de plus en plus précieuse car les besoins énergétiques augmentent sans
cesse, notamment en Chine et aux Etats-Unis, deux des plus grands consommateurs au
Monde [1.1].
« Face à la nécessité de réduire ces émissions, les véhicules hybrides sont aujourd’hui
une alternative crédible, et sont d’ores et déjà commercialisés malgré les contraintes
intrinsèques liées à la double motorisation et au surcoût des équipements » [1.4]. Ce qui
conduit les chercheurs et les industriels à rechercher toujours et à développer de nouvelles
technologies de machines électriques combinées avec un moteur thermique pour répondre à
ces challenges de diminuer la consommation d’énergie dans les véhicules et les émissions de
CO2. Il s’agit d’une question cruciale en France. « Le gouvernement français encourage de
plus en plus au développement de produits moins polluants. La preuve en est que 46% des
ventes de voitures neuves en France en 2004 émettent moins de 140 g de CO2 par km » [1.2].
Depuis une dizaine année, le gouvernement français encourage les recherches dans ce
domaine par des projets nationaux, européens et internationaux dont le PREDIT
(Programmes de Recherche et D’Innovation dans les Transports Terrestres) est un projet
important. Notre étude est comprise dans ce projet pour la branche MEEI – Machines
Electriques et Electronique Intégrée.
Une présentation plus détaillée sur les modèles électromagnétiques des machines
électriques dont les modèles de pertes sera présentée. Suivi par une revue sur les
méthodologies d’optimisation des machines électriques, nous finirons ce chapitre en
positionnant notre étude.
7
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
« Les véhicules hybrides électriques (VHE) sont de plus en plus répandus pour un
certain nombre de raisons, surtout l'économie de carburant et la réduction des émissions de
CO2. A l’aide de la combinaison d’un moteur à combustion interne classique (MCI) avec la
technologie de propulsion électrique, les VHE deviennent plus performants que les véhicules
énergivores d'antan » [1.4].
8
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Ces dernières années, les constructeurs automobiles développent de plus en plus des
modèles de voitures hybrides. Elles sont présentées dans plusieurs salons auto dans le
Monde et elles sont toujours les plus plébiscitées non seulement par les constructeurs mais
aussi par les citoyens qui s’intéressent de plus en plus à l’écologie. Voici quelques noms de
modèles emblématiques : Prius, Highlander, Camry, Corolla de Toyota, Civic, CR-Z
Hybride de Honda, Volkswagen Touareg II, BMW ActiveHybrid X6, BMW Série 7 Active
Hybride, Peugeot 308 HDi, Chevrolet Volt, Mercury Milan Hybride, Lexus RX450h,
Mercedes S400 blue Hybrid, etc.… [1.8].
9
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Véhicules
Type Schéma Avantages Inconvénients
commercialisés
Mode tout
électrique
Rupture de
Bon Insight
Parallèle couple lors
rendement des Civic
(a) chargements
Récupération Tino
au freinage de rapports
MCI débrayé
Faible
Moins Approprié au
rendement
polluant bus
Série global
Relative Microbus
(b) ME de taille
facilité de Gruau
importante
commande Chevrolet Volt
Coût élevé
Combine des
Série- avantages Complexité de
Prius
Parallèle des solutions commande
Série et Lexus
(c) Coût élevé
Parallèle
10
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
• Les hybrides complets sont capables d'utiliser seulement le MCI, seulement les
batteries ou une combinaison des deux. La possibilité de basculer entre les
sources d'énergie ainsi que le partage leur ajoute de la complexité dans la
conception de l’hybride intégral.
Depuis peu de temps sont apparus des VHE « plug-in ». C’est un véhicule hybride
qui utilise des batteries rechargeables, ou un autre périphérique de stockage de l'énergie, qui
peut être restauré à pleine charge en connectant une prise à une source d'alimentation
électrique extérieure. Ils sont donc appelés VHE rechargeables. La Toyota Prius Hybride
Plug-in par exemple. Profitant de l'électricité dans la maison nous pouvons charger la
batterie alors que le véhicule est stationné dans le garage [1.4].
Dans le système de propulsion des VHE, le moteur électrique joue un rôle important
en décidant du niveau d’hybridation pendant l’utilisation du véhicule. Il est le point essentiel
pour obtenir des performances d’un VHE. En effet, les constructeurs automobiles
encouragent la recherche sur des technologies de machines électriques de grand rendement, à
faible coût, qui combinées avec le moteur thermique rendent les véhicules moins polluants.
Les machines électriques sont une des technologies clés pour atteindre cet objectif.
11
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
commander et leur coût est parmi les plus avantageux. Les machines à courant alternatif
nécessitent l’utilisation de convertisseurs DC/AC pour être alimentées par des batteries. Cela
rend leur utilisation plus chère. Pourtant, elles ont une puissance massique et un rendement
plus élevés que les machines DC. C’est pour ces raisons que les machines AC sont de plus
en plus présentes dans les applications automobiles et surtout dans les véhicules hybrides.
Les auteurs [1.16-1.20] présentent les différences entre ces technologies de machines
électriques : machine à courant continu (MCC), machine asynchrone (MAS), machine
synchrone à rotor bobiné (MSRB), machine synchrone à aimants permanents (MSAP),
machine à réluctance variable (MRV), etc.
La (Figure I.4) présente quelques véhicules hybrides commercialisés en précisant leur
type de machines électriques. Bien qu’il y ait plusieurs technologies de machines électriques
utilisées pour ces applications, les recherches de nouvelles technologies se développent.
C’est pourquoi, pour chaque nouvelle technologie de machines électriques associées, une
nouvelle génération de véhicule est produite. Nous souhaitons donc faire une analyse plus
détaillée sur l’utilisation de différentes technologies de machines électriques pour les VHE.
MRV
MSAP
MSAP
MSAP
MAS
MAS
MAS
Figure I.4. Machines électriques adoptées par les VHE commercialisés [1.20]
12
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Les autres types de MSAP sont souvent étudiés et utilisés pour les VHE tels dont
MSAP à aimants enterrés [1.34-1.41] (Figure I.5.c), machine synchrone à concentration de
flux [1.42-1.46] (Figure I.5.d), machine synchrone à commutation de flux [1.47] (Figure
I.5.e), machines synchrones à double excitation MSDE (l’une par bobines, l’autre par
aimants) [1.48-1.53] (Figure I.5.f), les machines à flux axial [1.54-1.57], les machines
linéaires [1.58], le quatre-quadrant (4QT) [1.59-1.63], etc.…
13
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
14
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
C’est pour tous ces avantages des MSCF, nous avons choisi étudier une MSCF
possédant un rotor avec des aimants à aimantation ortho-radiale et un stator à bobinage
concentré. Cette structure bénéfice non seulement des avantages de la concentration mais
aussi ceux du bobinage concentré : pertes cuivre réduites. Elle a été considérée comme une
machine de référence. D’où nous avons développé d’autres structures comparatives pour
notre étude. Elles seront présentées dans la partie I. 7 (pages 26-34).
Analyse du
cahier des
Formulation du
problème
Modélisation du
dispositif
Résolution du
problème
Exploitation et
analyse des
résultats
Pour cette démarche, l’analyse du cahier des charges permet d’identifier les
spécifications de base, autrement dit les besoins des utilisateurs en termes de fonctionnement
désiré et de contraintes à respecter. L’exemple pour la traction hybride est la caractéristique
Couple-Vitesse à atteindre et la contrainte thermique à respecter.
Ensuite, les concepteurs doivent définir explicitement les variables de conception, les
15
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Parmi toutes ces méthodes, NSGA-II est une des méthodes les plus utilisées. Cette
méthode est la version améliorée de la méthode NSGA qui a utilisé pour la première fois le
concept de classement par dominance. Dans cette méthode NSGA-II, les parents et les
enfants sont classés selon le rang de dominance. Lorsque plus de la moitié des parents et des
enfants confondus sont dominants, une mesure de densité des solutions est utilisée [1.65].
Elle est très fréquemment utilisée dans la conception de machines électriques parce qu’elle
offre des avantages importants. Elle maintient la diversité de la population et les points
optimums sont bien répartis sur le front de Pareto. En plus, elle ne dépend d’aucun paramètre
de contrôle. Cette méthode a été utilisée et appliquée pour plusieurs études de machines
électriques dans notre équipe [1.50-1.52]. Elle est donc notre choix dans le processus
d’optimisation.
La dernière étape, qui consiste dans l’exploitation et l’analyse des résultats, a pour
objectif de vérifier et d’évaluer la quantité des solutions retenues. En cas d’échec, il est
nécessaire de s’interroger sur les choix adoptés lors des phases précédentes. Cette démarche
sera montrée plus concrètement dans notre étude au Chapitre IV.
Pour la modélisation du dispositif (Figure I.6), les modèles utilisés dans le processus
d’optimisation peuvent être classés en deux familles :
• Modèles analytiques
• Modèles numériques
Les modèles analytiques peuvent se baser sur une résolution formelle des équations
de Maxwell ou les modèles de schéma réluctant.
Les modèles basés sur la résolution analytique des équations de Maxwell peuvent
16
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
déterminer l’expression exacte du potentiel vecteur dans l’entrefer de la machine étudiée, qui
permet ensuite de déterminer les flux, les densités de flux dans d’autres parties de la machine
[1.68-1.72]. Les avantages principaux de ces méthodes sont la rapidité des calculs et
l’explication des liens entre les paramètres d’entrée et ceux de sortie, donc, une meilleure
compréhension de l’interaction entre les différents paramètres. Cependant, ces méthodes ne
peuvent pas être appliquées aux calculs de phénomènes non-linéaires, telle que la saturation
magnétique.
La méthode basée sur les modèles de schéma réluctant est ainsi développée et
maitrisée [1.51-1.52], [1.73-1.78]. Elle définit une réluctance, qui établit la relation entre le
flux traversant une section du champ magnétique et la force magnétomotrice. Cette méthode
peut effectuer des calculs en tenant compte de la saturation mais elle demande plus de temps
de calcul par rapport la dernière.
Les modèles numériques se basent sur les résolutions numériques des équations
mathématiques. Parmi eux, les méthodes des éléments finis et des différences finis sont les
plus utilisées. L’avantage essentiel de ces modèles est la précision des calculs qui dépend du
nombre de mailles. Plus nous augmentons le nombre de mailles, plus le résultat obtenu est
précis. En contrepartie, le temps de calcul devient plus important. En général, ces modèles
numériques prennent plus de temps de calcul par rapport aux modèles analytiques. Pour
atteindre un compromis entre le temps de calcul et la précision, il faut bien définir la finesse
du maillage et le nombre de calcul. En réalité, ces méthodes sont les plus utilisées dans
l’industrie ainsi que dans la recherche.
De plus, les modèles analytiques ne peuvent être appliqués qu’en général à un type
précis de machine électrique, c'est-à-dire que les équations analytiques écrites pour les
MSAP ne sont pas valables pour les MSCF par exemple. Par contre, les modèles numériques
peuvent être utilisés sur l’ensemble des machines électriques.
Les pertes d’énergie électrique dans les machines électriques sont le sujet de
nombreux travaux de recherche. En effet, la maîtrise et l’identification de la quantité de
pertes d’énergie électrique dans les machines électriques permet de déterminer le rendement
du système, d’où les solutions proposées pour l’améliorer.
Les machines électriques ont généralement des pertes cuivre et des pertes fer (pertes
magnétiques) en négligeant les pertes mécaniques. Les pertes cuivre sont effectivement la
partie très bien maîtrisée actuellement. Le calcul des pertes fer quant à lui est toujours très
complexe et a besoin de modèles plus ou moins détaillés et précis pour répondre à de
nombreuses applications. Nous nous sommes intéressés particulièrement aux méthodes de
calcul des pertes tenant compte du défluxage électronique dans les machines électriques.
17
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Selon les types d’alimentation des machines, les pertes cuivre peuvent comprendre
une et/ou plusieurs sources. Par exemple, dans les machines synchrones à rotor bobiné,
machines synchrones à double excitation, elles se situent dans les bobinages d’induit ainsi
que dans les bobinages d’excitation, alors que dans les MSAP, elles ne se situent que dans
les bobinages d’induit. Selon les types du courant d’alimentation, ces pertes peuvent être
classées en deux parties : pertes dues au courant actif et pertes dues au courant réactif. Nous
ne prenons pas en compte les pertes supplémentaires dues à la fréquence d’alimentation, ni
celles dues aux effets de proximités des conducteurs, ni celles dues aux flux de fuites
magnétiques.
Où :
q: Nombre de phases
I: Valeur efficace du courant d’une phase (A)
R: Résistance totale d’une phase ( Ω )
Les pertes fer dans les machines électriques, spécialement dans les machines à
aimants permanents font l’objet de plusieurs études. Selon les types de machines, elles
peuvent se situer uniquement dans les tôles magnétiques (MCC, MSRB, MAS) et/ou dans
les aimants (MSAP, MSDE). Les besoins de modèles précis et efficaces pour répondre à des
enjeux de plus en plus complexes du système électrique sont nécessaires. C’est pour quoi,
plusieurs modèles de pertes fer ont été développés. Les auteurs dans [1.79] ont présenté une
vue générale et comparative de ces modèles.
Où :
f: Fréquence (Hz)
B̂ : Amplitude de la densité de flux (T)
Ces , α , β : Coefficients identifiés par les mesures de pertes dans le matériau
magnétique utilisé
Ce modèle est applicable uniquement dans le cas des densités de flux purement
sinusoïdales. Des modifications, que nous présenterons par la suite, ont été apportées pour
tenir compte des formes non-sinusoïdales de l’induction magnétique.
18
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Dans [1.81], une extension du modèle (I. 2) a été présentée qui a séparé des pertes fer
en deux parties : pertes par hystérésis (statique) et pertes par courants de Foucault
(dynamique) :
Où Chys, Ccf sont les coefficients correspondant à deux parties statique et dynamique.
• Les pertes par hystérésis parues par l’utilisation des matériaux magnétiques
dans les machines électriques qui sont proportionnelles à la caractéristique
d’hystérésis du matériau (Figure I.7).
• Les pertes par courants de Foucault qui sont une conséquence de l’induction
magnétique dans les circuits magnétiques des machines électriques :
2
d 2 dB (t )
Pcf = . (I. 4)
12.ρ .γ dt
Où :
B(t): Densité de flux en fonction du temps (T)
d: Epaisseur des tôles magnétiques (m)
ρ : Résistivité spécifique ( Ωm )
γ : Densité volumique (kg/m3)
19
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Pfer = Phys + Pcf + Pexc = Chys . f .Bˆ 2 + Ccf . f 2 .Bˆ 2 + Cexc . f 1,5 .Bˆ 1,5 (I. 5)
Revenons maintenant à la problématique de calcul des pertes fer avec les inductions
magnétiques non-sinusoïdales. C’est le cas spécifique pour les machines tournantes.
Comme les équations de Steinmetz sont valables uniquement pour les densités de
flux sinusoïdales, plusieurs modifications ont été développées pour pouvoir tenir compte des
formes non-sinusoïdales. Dans [1.85], les auteurs ont développé des modifications. Ils ont
défini une fréquence équivalente qui dépend du rapport de rémagnétisation macroscopique
du matériau dM/dt. Puisque ce rapport de rémagnetisation est proportionnel aux variations de
la densité de flux dB/dt, la fréquence équivalente basée sur ces variations est défini par :
T 2
2 dB (t )
2 2 ∫
f éq = . .dt (I. 6)
∆B .π 0 dt
Où : ∆B = Bmax − Bmin .
Combiné l’équation (I. 6) avec l’équation de Steinmetz (I. 2), alors, ils ont obtenu :
En effet, en se basant sur le modèle de Bertotti, plusieurs auteurs ont développé des
modèles de pertes appliqués aux machines électriques, notamment pour les machines à
aimants permanents et pour les applications de la traction, en tenant compte des variations
non-sinusoïdales de la densité de flux. Parmi les modèles développés, nous pouvons les
classer en deux groupes : l’un qui sépare les pertes fer en deux parties : pertes par hystérésis
et par courants de Foucault [1.20], [1.26], [1.69], [1.86-1.91], l’autre qui les sépare en trois
parties : pertes par hystérésis, pertes par courants de Foucault et pertes excédentaires [1.35],
[1.70], [1.92-1.95].
20
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Dans [1.96], le modèle de pertes fer proposé se compose de deux parties principales :
pertes par hystérésis et par courants de Foucault. Ce modèle est donc parmi les modèles du
premier groupe.
T 2
2 1 db
Pfer = Phys + Pcf = (kh1.∆B + kh 2 .∆B ). f + α . .∫ .dt (I. 8)
Τ 0 dt
Où :
∆B : Variation maximale de la densité de flux dans la zone de calcul (T)
T: Période électrique ( 2.π élec )
f: Fréquence (Hz)
kh1 et kh2 : Coefficients de hystérésis
α : Coefficient de courant de Foucault
Les valeurs des coefficients sont déterminées à partir des caractéristiques des
matériaux magnétiques utilisés. Il a validé ce modèle pour plusieurs types de matériaux
magnétiques par des mesures expérimentales. Dans cette thèse, nous utilisons ce modèle et
l’évaluons pour le calcul des pertes fer sur un cycle de fonctionnement.
21
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Pourtant, pour chaque cahier des charges, nous pouvons obtenir une machine
optimisée différente. Et quand nous ajoutons un point de fonctionnement dans le cahier des
charges, la solution optimale varie. Alors qu’une machine électrique pour ces applications
fonctionne non seulement sur quelques points mais aussi sur l’ensemble du cycle
comprenant des centaines de points. C’est la raison pour laquelle, nous avons proposé
l’étude sur l’optimisation des machines électriques sur l’ensemble des points définissant le
cycle ou les cycles.
C’est pour ces raisons qu’il est nécessaire d’avoir des modèles électromagnétiques
permettant de calculer les pertes électriques et magnétiques non seulement sur quelques
points de fonctionnement mais surtout sur l’ensemble des points du cycle. Cette
problématique a été posée depuis quelques temps et paraissait très importante et intéressante
pour plusieurs chercheurs dans ce domaine.
En effet, dans [1.27], [1.35], [1.38], [1.61], [1.87-1.89], [1.92], [1.95], [1.99-1.101],
les auteurs ont présenté des méthodes de calcul des pertes fer à vide en fonction de la
fréquence (ou la vitesse désirée). Les modèles de pertes présentés sont basés sur l’utilisation
de la composante fondamentale de la densité de flux, ou en tenant compte de ses
harmoniques. L’avantage de ces méthodes est de pouvoir calculer les pertes fer à vide pour
toutes les valeurs de vitesses demandées. Ce type de méthode de calcul permet de calculer
également les pertes en charges pour un couple donné et pour différentes vitesses demandées
[1.38], [1.87-1.88], [1.101]. Le modèle développé par Prof. K. Yamazaki [1.87-1.88] est une
référence pour ce type de calcul :
K D NE ∆V pr ij 2
i i
N N pθ
= h ∑ i ∑ ( Bmr ) + ∑ ( Bmij θ ) 2
T i =1 2 j =1
j =1 (I. 9)
1 n Brk +1 − Brk
2 2
Ke D Bθk +1 − Bθk .dv
+ . ∫ n∑
2π 2 iron
k =1
∆t
+
∆t
22
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Où :
∆t : Division de temps de la densité de flux (sec)
D: Densité de plaque d’acier électrique
n: Nombre total de divisions durant une période électrique
Br : Composante radiale de la densité de flux (T)
Bθ : Composante périphérique de la densité de flux (T)
Pour ce modèle, les valeurs de coefficients de pertes fer sont constantes. Les auteurs
de [1.89] ont donc présenté un modèle amélioré pouvant calculer les pertes fer à vide en
fonction de la fréquence en tenant compte de l’influence des variations de flux et de vitesse
sur ces coefficients des pertes.
D NE ∆Vi pr
i i
N N pθ
2
= ∑ ∑ hr mr mr ∑ hθ
K ( f , B ij
).( B ij 2
) + K ( f , B ij
).( B ij
)
T i =1 2 j =1
mθ mθ
j =1 (I. 10)
1 n
2 2
D Brk +1 − Brk B k +1 − Bθk .dv
+ . ∫ n∑
2π 2 iron k =1
K
er
( f , B ).
r
∆t
+ K eθ ( f , Bθ ). θ
∆t
Dans notre étude, à partir du modèle des pertes fer (I. 8), nous avons pu développer
des modèles de pertes fer pour les calculer sur l’ensemble d’un cycle de fonctionnement dans
les deux cas : à vide et en charge que nous présenterons dans le chapitre suivant. Ces
méthodes de calcul seront appliquées pour plusieurs cycles de fonctionnement et pour
plusieurs machines synchrones à aimants permanents.
Pour les cycles de fonctionnement du véhicule, nous présentons dans la Figure I.8 les
caractéristiques du couple et de la vitesse en fonction du temps de la machine électrique
adoptée : NEDC (ou New European Driving Cycle), Artemis-Urbain (pour une application
urbaine) et Artemis-Routier (pour une application routière).
23
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
100 10000
8000
Vitesse (tr/min)
Couple (Nm)
50
6000
4000
0
2000
-50 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps (sec) Temps (sec)
200 5000
150 4000
Vitesse (tr/min)
Couple (Nm)
100
3000
50
2000
0
-50 1000
-100 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps (sec) Temps (sec)
150 10000
100 8000
Vitesse (tr/min)
Couple (Nm)
50
6000
0
4000
-50
-100 2000
-150 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps (sec) Temps (sec)
24
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
associée. Les valeurs numériques des vitesses et des couples sont particulières à une
application et dépendent de pleins de paramètres dont les principaux sont la masse du
véhicule et le rapport du réducteur mécanique.
Les principes des deux autres cycles se basent également sur cette méthode de
mesure mais pour imiter le fonctionnement dans deux différentes zones géographiques
(urbaine et routière).
En fait, notre étude concernant ces trois cycles de fonctionnement se concentre donc
autour de la machine électrique. L’aspect système, c'est-à-dire l’interaction entre les
éléments de la chaine de traction n’est pas explorée, mais le besoin, c'est-à-dire la
performance souhaitée est bien prise en compte à partir d’un cycle qui est fonction du temps
et du besoin mécanique du système (couple et vitesse).
Dans la suite, nous nous proposons de commencer par présenter les configurations et
les principes de fonctionnement des machines électriques sélectionnées, que nous allons
optimiser par la suite. Ensuite, nous présenterons les démarches de modélisation 2D des
machines électriques par le logiciel d’éléments finis Finite Element Method Magnetics
(FEMM) qui a été développé par David Meeker [1.103]. Puis, après avoir modélisé les
caractéristiques électromagnétiques des machines électriques, nous proposerons d’étudier
l’influence de quelques variables géométriques et magnétiques sur les performances des
machines électriques.
25
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
« Ces rotors à concentration de flux possèdent une masse rotorique dans laquelle sont
logés des aimants. Ces aimants sont engagés dans les logements orientés radialement ».
« Un tel type du rotor possède un avantage. Il est possible d’obtenir des inductions
moyennes dans l’entrefer supérieures à l’induction de travail des aimants. Cet avantage
permet d’abaisser le coût de la machine en utilisant des aimants à base de ferrites. En outre,
il permet d’augmenter la compacité de la machine dans le cas de l’utilisation d’aimants à
base de terres rares ». Des performances d’une machine comportant un tel rotor ont été
présentées dans [1.105].
26
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
De plus, les pertes magnétiques doivent être réduites au niveau du rotor. En effet, les
évidements créent des zones entre les aimants permanents où le flux magnétique ne peut
circuler aisément vers l’arbre, et de ce fait limitent le bouclage du flux magnétique vers la
partie radialement intérieure du rotor, c'est-à-dire, les fuites vers l’arbre. Donc, le flux
magnétique des aimants permanents doit se reboucler au niveau du stator et non au niveau du
rotor ou de l’arbre du rotor.
Pour justifier la forme spéciale des aimants, nous comparons l’amplitude et la forme
du flux à vide des deux machines. L’une porte un tel rotor initial et l’autre porte un rotor
avec des aimants rectangulaires (Figure I.10). Les différences entre ces deux machines
restent uniquement au niveau de la forme des aimants.
(a) forme spéciale des aimants (b) forme rectangulaire des aimants
Figure I.10. Géométries des deux machines dont le rotor portent deux formes
différentes des aimants
Nous trouvons qu’à partir de la Figure I.11, l’amplitude du flux à vide obtenue avec la
forme spéciale des aimants est plus élevée que celle obtenue avec la forme rectangulaire. La
concentration de flux est donc plus importante avec cette forme spéciale des aimants (10 %).
27
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
4 forme spéciale
forme rectangulaire
2
Flux (mWb)
0
-2
-4
Figure I.11. Flux à vide par spire pour les deux formes différentes des aimants
Dans le cadre de notre étude, nous utilisons les modélisations numériques par la
méthode des éléments finis. Le nombre d’éléments décide le temps d’un calcul. Ce temps de
calcul dépend donc des géométries de la machine. Le nombre d’éléments devient important
quand la géométrie porte des formes rondes et de petites dimensions. Dans ce cas là, le
temps de calcul devient important.
La géométrie du rotor présenté dans la Figure I.9 porte de tels détails avec des
évidements vers l’arbre et la forme multilobé à l’extérieur du rotor. Cette géométrie demande
un grand nombre d’éléments lors du maillage, donc, un temps de calcul important. Pour le
justifier, nous faisons une comparaison des temps d’un calcul pour deux différents rotors. Le
rotor modifié a des modifications au niveau de la forme spéciale au niveau d’entrefer et au
niveau des évidements au niveau de l’arbre (Figure I.12).
Figure I.12. Géométries des deux machines portant deux rotors différents
28
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Comparant le nombre de mailles et le temps d’un calcul pour chaque machine, nous
trouvons que la machine portant le rotor modifié est plus avantageuse. Elle a un nombre de
mailles bien plus faible que la machine initiale. Particulièrement, pour un calcul, elle
demande un temps beaucoup plus faible, ce qui est très important et très avantageux pour la
modélisation numérique et surtout pour l’optimisation avec un grand nombre de calcul.
Nous comparons également le flux à vide des deux machines pour pouvoir montrer
l’intérêt de ce rotor modifié.
6
rotor initial
4 rotor modifié
Flux (mWb)
-2
-4
-6
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique (θ°)
Figure I.13. Flux à vide par spire pour les deux machines portant deux rotors différents
Nous trouvons qu’à partir de la Figure I.13, l’amplitude du flux à vide avec le rotor
modifié est plus élevée que celle obtenue avec le rotor initial. En effet, le rotor modifié évite
à produire des fuites vers l’arbre de la machine, ce qui est le cas du rotor initial. Donc, la
concentration de flux vers la dent statorique est plus importante que celle avec le rotor initial.
C’est pour ces raisons, ainsi afin de faciliter les modélisations et les calculs, nous
avons décidé de choisir le type de rotor modifié pour notre étude (Figure I.14). Cette
structure du rotor profite des intérêts de l’invention originelle en termes de concentration de
flux par la forme des aimants permanents.
29
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
En effet, ce rotor porte des aimants avec leur forme spéciale pour augmenter la
concentration de flux. Ainsi, les ergots au niveau de l’entrefer améliorent la tenue mécanique
des aimants pendant la rotation.
La deuxième machine est aussi une MSCF (Figure I.16) à 12 encoches au stator avec
les bobinages concentrés mais son rotor possède 16 aimants. L’intérêt de cette structure est
de pouvoir donner une densité de couple plus importante parce qu’il y a plus d’aimants.
Ainsi, elle profite de l’avantage des bobinages concentrés. Nous la nommerons MSCF 12-
16.
Les troisième et quatrième propositions sont les machines à bobinages répartis avec
48 encoches au stator (Figure I.17 et Figure I.18). Elles sont considérées comme les
machines de référence. La troisième machine (MSCF 48-8) se base également sur le principe
de la concentration de flux en gardant le rotor à 8 aimants alors que la quatrième représente
les machines classiques à aimants en surface du rotor (MSAP 48-8) qui est le type de
machine très répandu.
Le choix de ces quatre machines offre une étude comparative des machines de
différents types de bobinage et de différents positionnements de l’aimant.
30
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Ne
N epp = (I. 11)
2. p.q
Où :
Nepp : Nombre d’encoches par pôle et par phase
Ne : Nombre d’encoches
p: Nombre de paires de pôles
q: Nombre de phases
De plus, cette machine a des bobinages concentrés autour des dents du stator qui se
retrouvent dans les 12 encoches. Grâce à ce type de bobinage, nous pouvons obtenir un
coefficient de remplissage plus élevé que le type de bobinage classique (diamétral).
31
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Comme la configuration précédente, la circulation des lignes du flux créé par des
aimants de cette machine sont illustrées dans la (Figure I.16). Elle se base également sur le
principe de concentration de flux.
Ces deux premières machines présentées ont des bobinages concentrés. Ce type de
bobinage permet d’atteindre un meilleur coefficient de remplissage d’encoche [1.28], [1.109
– 1.110]. Grâce à l’effet de courtes têtes de bobines, elles ont généralement moins de pertes
cuivre, ainsi qu’une grande densité de puissance pour la même section de bobinage et la
même densité de courant. Alors, ces deux MSCF peuvent combiner les avantages de la
concentration de flux, ainsi que ceux du bobinage concentré.
De plus, les intérêts des structures à encochage fractionnaire par rapport à des
machines classiques, à une encoche par pôle et par phase, ont été montrés dans plusieurs
références [1.27-1.28], [1.106 – 1.111], tels que la réduction d’ondulations du couple, la
réduction du bruit acoustique [1.111], une grande densité de couple grâce à un grand nombre
de pôles [1.107], etc. Pourtant, comme elle a un nombre de pôles plus grand, donc, une
fréquence électrique plus élevée, elle risque d’avoir des pertes fer plus importantes.
Les deux premières configurations proposées pour cette étude représentent donc des
avantages importants : un couple massique élevé, une concentration de flux, un bon
coefficient de remplissage d’encoche, de faibles harmoniques de la FEM dues à l’effet de
deux bobines par encoche [1.112], etc. …
32
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Comme cette machine a le même rotor que la MSCF 12-8, mais aux bobinages répartis
alors que la MSCF 12-8 est aux bobinages concentrés. Elle peut être une machine de
référence par rapport à la MSCF 12-8 dans le but de montrer l’influence des types de
bobinage sur les performances des machines. La différence des types de bobinage rend celle
des valeurs du coefficient de remplissage, ce qui peut influencer sur les valeurs des pertes
électriques.
De plus, cette machine a le même type du rotor par rapport aux deux premières
machines, avec le principe de concentration de flux. L’étude de cette machine peut montrer
l’influence des types de bobinage (concentré ou diamétral) sur la concentration de flux.
Cette machine possède des aimants collés en surface du rotor, donc, la culasse
rotorique sert à non seulement la tenue mécanique mais aussi à l’acheminement du flux créé
par des aimants. Une telle structure bénéficie des avantages de MSAP comme la simplicité,
la compacité, une densité de couple important, etc. Pourtant, elle connait également des
points faibles à sa tenue mécanique.
33
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
D’ailleurs, ces deux structures aux bobinages répartis ont des inconvénients, tels
qu’un volume important des têtes de bobines et la difficulté du défluxage que nous
justifierons dans les chapitres suivants.
Ces deux dernières machines ont été proposées parce qu’elles sont des références
pour la comparaison avec les deux premières machines. La différence entre ces quatre
machines se situe au niveau :
• du type de bobinage
• du positionnement des aimants
• du type de machine à encochage entier ou fractionnaire
Ces éléments peuvent créer des comparaisons intéressantes quant à leurs performances.
Pour faciliter la lecture de cette thèse, nous nous permettons de nommer ces quatre
machines sous leurs noms résumés MSCF 12-8, MSCF 12-16, MSCF 48-8 et MSAP 48-8
respectivement pour les quatre configurations proposées.
Notre choix des quatre machines présentées ci-dessus doit permettre de mener des
études comparatives sur d’autres types de machines synchrones telles que celles à bobinages
fractionnaires, les différents types de bobinages concentrés (« simple layer », « double
layer » et plus), etc.…
34
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
A la (Figure I.19) est présenté le dessin géométrique et le maillage d’une MSCF 12-8
par exemple. Il comprend différents matériaux : l’air, le matériau magnétique, les aimants
permanents et les bobinages.
Dans le cadre de ce projet, nous avons un cahier des charges fixé, il y a donc des
données importantes telles que le rayon extérieur (200 mm), la longueur active (200 mm), le
matériau magnétique unique M330-35, l’entrefer (0,6 mm), rayon d’arbre minimal (25 mm),
etc. C’est pourquoi dans un premier temps, nous nous permettons de présenter les quatre
machines de référence pour des études préliminaires. Elles ne sont évidemment pas encore
optimisées mais l’objectif de ce choix est de présenter des caractéristiques électromagnétiques
des machines. La figure et le tableau suivants présentent leurs paramètres. Pour les quatre
machines, la largeur de la dent a été mis égale à l’ouverture de l’encoche.
35
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Ld
Hc
Ea
Re
Rsext
Ea2
Ra Aimants
(a) MSCF
Ld
Hc
Aimants Re Ea
Rsext
Ra
(b) MSAP
Paramètre Symbole MSCF 12-8 MSCF 12-16 MSCF 48-8 MSAP 48-8
Nombre d’encoches Ne 24 24 48 48
Induction rémanente de
Br 1 1 1 1
l’aimant (T)
36
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Epaisseur de la culasse
Hc 9,15 9,15 6,9 6,9
statorique (mm)
Epaisseur de l’aimant au
Ea1 6 6 6 -
niveau de l’entrefer (mm)
Epaisseur de l’aimant au
Ea2 9,6 9,6 9,6 -
niveau de l’arbre (mm)
37
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Nous avons trouvé que la saturation magnétique dans les ergots autour des aimants
dans les MSCF est très élevée (autour de 3 T et plus), notamment dans la MSCF 12-16 car
elle a un nombre double d’aimants, donc, un taux de concentration plus élevé. Par exemple,
dans la figure suivante, un zoom extrait des ergots de la Figure I.21.b, la densité de flux peut
atteindre une valeur de 4 T à 5 T dans le coin de l’aimant.
Figure I.22. Zoom des densités de flux dans les ergots pour la MSCF 12-16
Nous avons trouvé également que les lignes de flux dans les trois machines MSCF
12-8, MSCF 48-8 et MSAP 48-8 traversent correctement l’entrefer et la culasse statorique.
Alors que la MSCF 12-16 a des fuites ou des courts-circuits magnétiques entre des pôles
rotoriques et des dents statoriques sans traverser la culasse statorique (Figure I.21.b).
En comparant des densités de flux dans le stator des deux machines aux bobinages
répartis (la MSCF 48-8 et la MSAP 48-8), nous avons trouvé peu de différence (Figure
I.21.c et Figure I.21.d). Par exemple les densités de flux dans la culasse statorique des deux
machines varient entre 1,8 T à 2,2 T. C'est-à-dire que la concentration de flux apporte peu
d’avantage sur les machines aux bobinages répartis avec une grande valeur de Br (1 T dans
ce cas). Comme elles ont le même stator, et elles ont les mêmes inductions dans le stator,
elles offrent presque un même couple (Figure I.25).
Figure I.23 et Figure I.24 présentent le flux à vide par spire et ses composantes
harmoniques pour les quatre machines de référence.
8
MSCF 12-8
6
MSCF 12-16
4 MSCF 48-8
Flux (mWb)
2 MSAP 48-8
0
-2
-4
-6
-8
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique (θ°)
38
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
10
MSCF 12-8
MSCF 12-16
8
0
0 5 10 15 20
Harmonique
Les valeurs du flux à vide des quatre machines sont presque identiques (Figure I.23).
La forme du flux est presque sinusoïdale pour toutes les machines car nous voyons très peu
d’harmoniques de flux, notamment les machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16 (Figure I.24).
Pour les MSAP, normalement, le couple instantané est la somme de trois couples
élémentaires :
Selon le type de machine, la valeur d’un des couples élémentaires peut être faible ou
constituer la composante essentielle du couple total (à part du couple de détente). Pour les
MSAP par exemple, le couple de réluctance est négligeable. Le couple hybride est donc le
couple principal de la machine.
39
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
800
MSCF 12-8
MSCF 12-16
600 MSCF 48-8
Couple (Nm)
MSAP 48-8
400
200
0
0 50 100 150 200 250 300 350
Angle électrique (θ°)
600
MSCF 12-8
500 MSCF 12-16
MSCF 48-8
Couple (Nm)
400
MSAP 48-8
300
200
100
0
0 2 4 6 8 10
2
δq (A/mm )
Nous avons trouvé que la MSCF 12-16 développe un couple nettement élevé parmi
les quatre machine (564 Nm). Le couple dépend du nombre de paires de pôles, du courant et
du flux à vide. La MSCF 12-8 et la MSCF 12-16 ont les mêmes dimensions, même flux à
vide (Figure I.23). Mais la MSCF 12-16 possède un nombre de pôles deux fois plus grand.
Donc, pour un même courant, elle développe un couple deux fois plus grand que celui de la
MSCF 12-8. Par rapport aux deux machines à bobinages répartis MSCF 48-8 et MSAP 48-8,
elle a non seulement le nombre de pôles deux fois plus grand, mais aussi un meilleur
coefficient de remplissage, qui permettent d’obtenir un couple beaucoup plus important
(presque 3 fois).
Tableau I. 3. Couple dans les machines électriques de référence
MSCF MSCF MSCF MSAP
Paramètre Symbole
12-8 12-16 48-8 48-8
Cmax − Cmin
Ondulation du couple ∆C = 56 % 51 % 94 % 33 %
Cmoy
40
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Les trois machines à huit pôles quant à elles ont presque le même flux à vide.
Pourtant, pour une même valeur de la densité de courant injecté, les deux machines à
bobinages répartis donnent un couple moyen le plus faible, autour de 200 Nm, lorsque celui
obtenu par la MSCF 12-8 est de 274 Nm. Cela montre clairement l’avantage du bobinage
concentré qui offre un courant plus important dans les bobines.
Cependant au niveau des ondulations de couple, nous avons trouvé que pour les
machines à concentrations de flux, il y a une grande valeur, notamment la MSCF 48-8 alors
que la MSAP 48-8 en a beaucoup moins. Cela est expliqué par le fait que la MSAP 48-8 est
une machine synchrone de type "rotor lisse" alors que les trois MSCF sont des machines
synchrones de type "rotor saillant". Comme nous l’avons précisée précédemment, cette
saillance est à l’origine du couple de détente. La (Figure I.27) a montré que les deux
machines à bobinages répartis sont plus avantageuses, surtout la MSAP 48-8.
100
MSCF 12-8
MSCF 12-16
50 MSCF 48-8
Couple (Nm)
MSAP 48-8
0
-50
-100
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique (θ°)
Figure I.27. Couple de détente
Pour avoir une vue plus claire sur les performances des machines, nous nous sommes
intéressés à étudier la caractéristique du couple en fonction des pertes cuivre des machines.
Pour cela, en connaissant la valeur de la section des bobines, en prenant en compte des têtes
de bobines, nous pouvons calculer la valeur des pertes cuivre par la formule suivante :
41
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Où :
kb : Coefficient de remplissage d’encoche
Sb : Section d’une bobine (mm2)
ρ cu : Résistivité du cuivre ( Ωm )
δ : Valeur efficace de la densité de courant (A/mm2)
Nb : Nombre de bobines
Lcu : Longueur équivalente du cuivre de la machine (m)
4000
MSCF 12-8 et MSCF 12-16
MSCF 48-8 et MSAP 48-8
Pertes cuivre (W)
3000
2000
1000
0
0 2 4 6 8 10
2
δq (A/mm )
Alors, puisque les deux machines à bobinage concentré ont non seulement un
coefficient de remplissage plus important mais aussi des têtes de bobines plus courtes, elles
dissipent donc moins des pertes cuivre pour une même valeur de la densité de courant δ q .
Nous présentons dans la Figure I.29 la comparaison du couple en fonction des pertes
cuivre. C’est une comparaison mécanique/énergétique dans les machines.
42
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
400
MSCF 12-8
MSCF 12-16
300 MSCF 48-8
MSAP 48-8
Couple, Nm
200
100
0
0 400 800 1200 1600 2000
Pertes cuivre, W
Ce résultat montre que pour une même valeur des pertes cuivre dissipées dans les
bobinages, la MSCF 12-16 peut atteindre le couple moyen le plus important, deux fois plus
élevé que celui obtenu par la MSCF 12-8 et environ trois fois plus élevé que celui des
machines électriques à bobinages répartis.
Selon ces premières comparaisons, la machine MSCF 12-16 est très intéressante au
niveau du couple. Pourtant, nous continuons étudier les quatre machines parce qu’il est
intéressant d’étudier les pertes dans les machines, c'est-à-dire au niveau énergétique.
Dans cette partie, nous souhaitons étudier l’impact de la variation des paramètres
géométrique et magnétique de machines électriques sur la caractéristique du couple moyen
en fonction des pertes cuivre. Nous nous intéressons à déterminer des paramètres qui
permettront d’améliorer les performances des machines. Chaque paramètre est modifié en
gardant constants les autres valeurs des paramètres.
Comme dans le cadre du projet, nous avons fixé une enveloppe des machines limitée
par le rayon extérieur de 100 mm, la longueur active de 200 mm, le rayon d’arbre minimal
de 25 mm et l’épaisseur de l’entrefer de 0,6 mm. Dans notre étude, nous définissons que la
partie d’ouverture de la dent est la même que celle de l’encoche. Les dimensions des ergots
ont été également fixées. Ayant fixé ces paramètres, nous nous sommes donc intéressés à
étudier l’influence des paramètres suivants :
- Le rayon d’entrefer Re
- L’induction rémanente de l’aimant permanent Br
- L’épaisseur de la culasse Hc
- L’épaisseur de l’aimant Ea1 (pour les MSCF) et Ea (pour la MSAP 48-8)
- Le rayon d’arbre Ra
Une fois que nous connaissons ces paramètres, nous pouvons donc déterminer les
43
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
autres paramètres pour obtenir une géométrie complète des machines. Particulièrement, le
paramètre Br joue un rôle important sur les performances des machines. Il influence
particulièrement le flux à vide et les pertes fer et cuivre.
Comme les machines présentées dans ce chapitre ne sont pas optimisées, l’objectif de
cette étude est de voir l’influence de certaines variables sur des performances de machines.
D’où, nous pouvons définir les intervalles des variables pour l’optimisation. C’est pourquoi,
dans un premier temps, nous étudions uniquement l’influence de ces paramètres sur le
rapport couple/pertes cuivre. La comparaison des machines en prenant en compte les pertes
fer sera présentée dans les chapitres suivants par le calcul des pertes sur cycle.
Couple, Nm
Re=60 mm
Re=65 mm
Re=65 mm
200 Re=70 mm 400
Re=70 mm
Re=75 mm
Re=75 mm
100 Re=80 mm 200
Re=80 mm
Re=85 mm Re=85 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
Couple, Nm
Re=65 mm Re=65 mm
150 150
Re=70 mm Re=70 mm
100 Re=75 mm 100 Re=75 mm
Re=80 mm Re=80 mm
50 50
Re=85 mm Re=85 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
44
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Pour la MSAP 48-8, nous avons trouvé que pour les valeurs Re de 60 mm à 65 mm, le
rapport couple/pertes cuivre change peu et donc, converge vers la valeur maximale. Pour les
valeurs Re de 65 mm à 85 mm, il diminue rapidement. C'est-à-dire que le rayon d’entrefer
qui offre le meilleur rapport couple/pertes cuivre pour cette machine doit être autour de 60
mm.
Basé sur cette étude, pour l’optimisation, nous choisissons les intervalles de ce variable
Re entre 45 mm et 85 mm pour avoir une zone des bonnes valeurs.
Les aimants permanents représentent en général la partie la plus chère dans la machine
électrique à aimants permanents. En effet, ce prix dépend de l’induction rémanente de
l’aimant Br, du volumique de l’aimant, ainsi que de sa tenue en température [1.127]. La
saturation dans les tôles magnétiques peut limiter la valeur de Br. En effet, quand les aimants
ont une valeur de Br très importante, elles produisent donc un flux très important dans le
matériau magnétique. Alors, une grande valeur de Br peut saturer rapidement le matériau.
C’est pourquoi, le choix de la valeur de Br de l’aimant est très important pour améliorer les
performances des machines, ainsi que sur l’aspect économique.
45
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
400 600
300 450
Couple, Nm
Couple, Nm
Br=0,4 T Br=0,4 T
200 Br=0,6 T 300 Br=0,6 T
Br=0,8 T Br=0,8 T
100 Br=1,0 T 150 Br=1,0 T
Br=1,2 T Br=1,2 T
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
200 200
Couple, Nm
Couple, Nm
Br=0,4 T Br=0,4 T
150 150
Br=0,6 T Br=0,6 T
100 Br=0,8 T 100 Br=0,8 T
Br=1,0 T Br=1,0 T
50 50
Br=1,2 T Br=1,2 T
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
En se basant sur les résultats présentés dans la Figure I.31, nous trouvons que la
valeur de Br joue un rôle important dans la variation du couple en fonction des pertes cuivre.
Plus on augmente la valeur de Br, plus grand le rapport couple/pertes cuivre. En effet, pour
une même dimension des machines, plus la valeur de l’induction rémanente de l’aimant est
grande, plus le flux créé par des aimants est grand, donc, le couple devient plus grand pour
une même valeur de courant injecté.
Les deux machines MSCF 48-8 et MSAP 48-8 produisent des couples plus faibles
par rapport aux deux machines à bobinages concentrés parce qu’elles ont des bobinages
répartis avec un coefficient de remplissage plus faible. De plus, les plus longues têtes de
bobines ajoutent une partie importante des pertes cuivre dans ces machines par rapport aux
machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16.
Dans les cahiers des charges, les valeurs du couple maximal des trois cycles ne sont
pas très élevées (150 Nm). Donc le choix d’une valeur de Br élevée est avantageux afin de
diminuer des pertes cuivre. Pourtant, plus la valeur de Br est élevée, plus les pertes fer sont
importantes, pour une même géométrie de la machine. De plus, plus la valeur de Br est
grande, plus la saturation dans la machine est rapide. Donc, le choix d’une bonne valeur de
Br est très important pour diminuer les pertes totales.
A partir de cette étude, nous choisissons donc les intervalles de ce variable entre 0,4 T
et 1,2 T pour le problème d’optimisation.
46
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Dans cette étude, pour les mêmes valeurs de la largeur de la dent statorique, la position
des aimants permanents et la distribution des bobines, nous pourrons faire varier la largeur
de la culasse. Les résultats sont présentés dans la Figure I.32.
400 600
300 450
Couple, Nm
Couple, Nm
200 300
Hc=5,6 mm Hc=5,6 mm
100 Hc=9,2 mm 150 Hc=9,2 mm
Hc=12,8 mm Hc=12,8 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
200 200
Couple, Nm
Couple, Nm
150 150
Hc=2,3 mm Hc=2,3 mm
100 Hc=4,6 mm 100 Hc=4,6 mm
Hc=6,9 mm Hc=6,9 mm
50 50
Hc=9,2 mm Hc=9,2 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
Pour les machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16, nous trouvons que le rapport
couple/pertes cuivre est beaucoup plus faible pour les faibles valeurs de Hc (5,6 mm par
exemple) que celui obtenu pour les valeurs de Hc autour de 50% - 70% (9,2 mm et 12,8 mm)
de la largeur de la dent Ld (18,3 mm). Une faible valeur de Hc peut rendre très élevée la
saturation dans la culasse statorique, ce qui n’est pas bonne pour les machines.
Comme le couple maximal demandé par les cahiers des charges est limité à 150 Nm,
nous trouvons que les courbes pour Hc = 9,6 mm et Hc = 12,8 mm sont presque dans la
même position. C'est-à-dire que quand l’épaisseur de la culasse change de 9,6 mm à 12,8
mm, le volume du matériau magnétique est plus grand mais les pertes cuivre n’ont presque
pas diminuées. Il y a donc peu d’amélioration des performances apportée par l’augmentation
47
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
du volume du matériau magnétique. Basé sur ces résultats, nous proposons les intervalles de
cette variable entre 30 % et 70 % de la largeur de la dent pour les deux machines MSCF 12-8
et MSCF 12-16.
Pour les deux machines à bobinages répartis MSCF 48-8 et MSAP 48-8,
l’augmentation de Hc, de 50 % à 200 % de la largeur de la dent, améliore fortement les
caractéristiques du couple en fonction des pertes cuivre. Ces courbes ont montré que le
rapport couple/pertes cuivre a peu différence entre Hc = 6,9 mm (150%.Ld) et Hc = 9,2 mm
(200%.Ld). C’est la raison pour laquelle nous choisissons les intervalles de ce paramètre
entre 70 % et 250 % de la largeur de la dent pour les deux machines MSCF 48-8 et MSAP
48-8.
La Figure I.33 présente des résultats sur l’influence de cette variable sur la
caractéristique du couple en fonction des pertes cuivre dans les machines.
400 600
300 450
Couple, Nm
Couple, Nm
200 200
Couple, Nm
Couple, Nm
Ea=4 mm
150 150
Ea1=4,5 mm Ea=5 mm
100 Ea1=5,5 mm 100 Ea=6 mm
Ea1=6,5 mm Ea=7 mm
50 50
Ea1=7,5 mm Ea=8 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
48
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Pour les trois machines synchrones à concentration de flux, nous trouvons que
l’épaisseur de l’aimant fait varier significativement les performances des machines,
notamment pour la MSCF 12-16 car elle se compose de 16 aimants permanents au rotor.
Pour la MSAP 48-8, nous trouvons cette amélioration moins claire que pour les trois MSCF.
Nous choisissons donc les intervalles de Ea pour la MSAP 48-8 entre 2,5 mm et 10
mm, et celles de Ea1 pour les MSCF entre 4,0 mm et 7,5 mm.
La preuve en est qu’au travers des résultats présentés dans la Figure I.34, nous avons
trouvé que pour les trois machines synchrones à concentration de flux, plus le rayon d’arbre
est grand, plus le volume des aimants sera petit, engendrant ainsi plus de pertes cuivre pour
avoir un même couple. Donc, le choix d’une valeur élevée de ce paramètre peut diminuer le
volume du matériau magnétique utilisé, ainsi que celui des aimants.
400 600
300 450
Couple, Nm
Couple, Nm
200 200
Couple, Nm
Couple, Nm
Ra=25 mm
150 150
Ra=30 mm Ra=35 mm
100 Ra=35 mm 100 Ra=40 mm
Ra=40 mm Ra=45 mm
50 50
Ra=45 mm Ra=50 mm
0 0
0 1000 2000 3000 4000 0 1000 2000 3000 4000
Pertes cuivre , W Pertes cuivre , W
49
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
I.10. Conclusion
Débuté par une présentation sur le plein développement des véhicules hybrides
électriques, ce chapitre a montré le contexte prometteur de notre étude pour pouvoir
répondre à un des défis de cette problématique : des nouvelles technologies pour la
motorisation électrique des véhicules hybrides. En effet, plusieurs types de machines
électriques ont été utilisées pour cette application : machines asynchrones, machines à
courant continu, machines synchrones à rotor bobiné, et surtout machines synchrones à
aimants permanents grâce à des avantages importants tels que la densité du couple et la
densité de puissance élevées, les bonnes conditions thermiques, le contrôle simple, etc.
Ensuite, une vue sur les méthodes d’optimisation pour la conception des machines
électriques a été présentée. Dans cette partie, nous nous sommes intéressés à des méthodes
utilisant les algorithmes génétiques qui sont les plus utilisées actuellement, dont le NSGA-II
est une méthode populaire grâce à la simplicité, le résultat sous forme d’un front de Pareto,
la possibilité de variables et contraintes non-linéaires, etc. De plus, comme nous utilisons des
modèles numériques dans notre étude, la majorité du temps de calcul est prise par la
modélisation par éléments finis et non par le traitement des algorithmes. En conséquence,
l’inconvénient connu de NSGA-II au niveau du temps de traitement des algorithmes n’est
plus important pour notre étude.
Nous avons aussi présenté les modèles de pertes dans les machines électriques pour
les applications des véhicules hybrides/électriques, particulièrement les machines à aimants
permanents. Nous avons montré essentiellement des modèles de pertes fer parce que les
pertes cuivre sont très bien maitrisées. D’où nous avons classé selon la décomposition des
pertes : pertes par hystérésis, pertes par courants de Foucault et pertes excédentaires.
Nous avons ensuite analysé les modèles de pertes existants liés au problème de
l’optimisation des machines électriques pour les applications aux véhicules hybrides
électriques. Pour cela, nous avons trouvé des études intéressantes sur le calcul des pertes sur
cycle de fonctionnement du véhicule. Ces modèles ne traitent pas encore de l’un des
50
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
Ensuite, dans le but d’avoir une première vue comparative sur les performances des
machines, nous avons tout d’abord fait une étude en termes de flux à vide, densité de flux,
couple moyen et couple de détente ou bien ondulations du couple. Puis, afin d’améliorer les
performances en termes de couple en fonction des pertes cuivre, nous avons présenté une
première étude de l’influence de cinq paramètres géométriques et magnétiques : le rayon
d’entrefer Re, l’induction rémanente de l’aimant permanent Br, l’épaisseur de la culasse Hc,
l’épaisseur de l’aimant Ea, le rayon d’arbre Ra. D’où nous avons choisi les intervalles de ces
variables correspondant au problème d’optimisation.
Suite à cette étude, nous remarquons que pour les machines synchrones à
concentration de flux, il est nécessaire d’étudier ces cinq paramètres dans le problème
d’optimisation des machines. Cependant, pour la MSAP 48-8, l’épaisseur des parties
magnétiques Hcr ne permettent pas d’améliorer les performances des machines, donc, il vaut
mieux ne choisir que quatre variables Re, Br, Hc et Ea.
Bibliographie
[1.1] Ressources et consommation énergétiques mondiales
[Link]
51
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.4] “Hybrid Electric Vehicle Industry Review” - Vehicular Technology Society Mobile World, 04-
04-2011.
[Link]
[1.6] [Link]
[1.9] [Link]
[1.11] G. Killmann, K. Hamada, “Power Mechatronics and Hybrid Vehicles Drives”, Automotive
Power Electronics International Conference (APE 2009), Paris, 25-26 mars 2009
[1.13] C. C. Chan, A. Bouscayrol, K. Chen, “Electric, Hybrid, and Fuel-Cell Vehicles: Architectures
and Modeling”, IEEE Trans. Veh. Tech., Vol. 59, No. 2, pp. 589-598, février 2010
[1.14] P. Hirtzman, “Le Véhicule “grand public” d’ici 2030”, Centre d’analyse stratégique,
[Link]
[1.16] Z. Q. Zhu, D. Howe, “Electrical Machines and Drives for Electric, Hybrid, and Fuel Cell
Vehicles’’, Proceedings of the IEEE, Vol. 95, No. 4, Avril 2007
[1.17] Z. Q. Zhu, C.C. Chan, “Electrical Machines Topologies and Technologies on Electric, Hybrid,
and Fuel Cell Vehicles’’, IEEE-VPPC 2008, Hurbin, China, septembre 3-5, 2008
[1.18] T. Finken, K. Hameyer, “Design of Electric Motors for Hybrid and Electric Vehicle
Applications”, ICEMS 2009, Tokyo, 15-18 Novembre
[1.20] M. Zeraoulia, M. E. H. Benbouzid, D. Diablo, “Electric Motor Drive Selection Issues for HEV
Propulsion Systems: a Comparative Study”, IEEE Trans. Veh. Tech., Vol. 55, No. 6, Novembre 2006
[1.21] M. Sagawa, S. Fuzimura, N. Togawa, H. Yamamoto, Y. Matsura, “New Material for Permanent
Magnets on a base of Nd and Fe”, Jour. Appl. Phys., Vol. 55, No. 6, pp.2083-2087, Mars 1984.
52
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.23] Y. K. Chin, J. Soulard, “Modelling of Iron Losses in Permanent Magnet Synchronous Motors
with Field-weakening Capability for Electric Vehicles”, EVS 19, Busan, Korea, 19-23 Octobre 2002
[1.24] Y. K. Chin, J. Soulard, “A Permanent Magnet Synchronous Motor for Traction Applications
of Electric Vehicles”, IEMDC 2003, Madison, Wilconsin, Etats-Unis, 1-4 Juin
[1.26] J. Fan, C. Zhang, H. Wang, “Core Loss Analysis of Permanent Magnet Synchronous Motor for
Electric Vehicle Based on Experimental Test Curves”, CEFC 2010, Chicago, Etats-Unis, 9-12 Mai
[1.27] Z. Q. Zhu, “Fractional Slot Permanent Magnet Brushless Machines and Drives for Electric and
Hybrid Propulsion Systems”, EVER 2009, Monaco, 26-29 mars
[1.29] A. M. El-Refaie, T. M. Jahns, « Impact of Winding Layer Number and Magnet Type on
Synchronous Surface PM Machines Designed for Wide Constant-Power Speed Range Operation »,
IEEE Trans. Ener. Convers., Vol. 23, No. 1, pp.53-60, 2008
[1.31] A. Vagati, G. Perllergrino, P. Guglielmi, “Comparison between SPM and IPM motor drives
for EV application”, ICEM 2010, Rome, Itlay, 6-8 Septembre
[1.32] P. H. Nguyen, E. Hoang, M. Gabsi, Michel Lécrivain, “A New Method to Find the Fractional
Slot Windings Structures from a Distributed Slot Windings Permanent Magnet Synchronous
Machine and Comparative Study for a HEV Application”, IEEE-ICIT 2010, Vina-Del-Mar,
Valparaiso, Chile, 14-17 Mars
[1.34] T. Finken, M. Hafner, M. Felden and K. Hameyer, “Design rules for energy efficient IPM
motors in HEV applications”, ELECTROMOTION, Vol. 17, No. 3, Juillet-Septembre 2010
53
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.39] A. H. Isfahani, S. Sadeghi, “Design of a Permanent Magnet Synchronous Machine for the
Hybrid Electric Vehicle”, International Journal of Electrical, Computer, and Systems Engineering,
Vol. 2, No. 1, 2008
[1.40] J. Fan, C. Zhang, Z. Wang, A. R. Tariq, C. E. Nino, E. G. Strangas, “Design and Thermal
Analysis of Traction Motor for Electric Vehicle Based on Driving Duty Cycle”, CEFC 2010,
Chicago, Etats-Unis, 9-12 Mai
[1.41] L. Chédot, G. Friedrich, J. M. Biedinger, P. Macret, “Integrated Stater Generator: the Need for
an Optimal Design and Control Approach. Application to a Permanent Magnet Machine”, IEEE
Trans. Ind. Appl., Vol. 43, No. 2, Mars/Avril
[1.43] B. Nedjar, S. Hlioui, L. Vido, M. Gabsi, Y. Amara, E. Hoang, A. Miraoui, “Permanent Magnet
Synchronous Machine Design for Hybrid Traction Applications: Impact of Magnetic Laminations
Materials”, IEEE-ISIE 2010, Bari, Italy, 4-7 Juillet
[1.44] P. H. Nguyen, E. Hoang, M. Gabsi, M. Lécrivain, “Caractéristiques sur cycles des machines
synchrones à concentration de flux pour une application véhicule hybride”, EJEE (RIGE), Vol. 14,
No. 2-3, pp. 309-329, Mai-Juin 2011.
[1.47] E. Sulaiman, T. Kosaka, N. Matsui, “Design and Performance of 6-slot 5-pole PMFSM with
Hybrid Excitation for Hybrid Electric Vehicle Applications”, IPEC-Sapporo 2010, Japan, 21-24
Juillet
[1.48] T. Finken and K. Hameyer, “Study of Hybrid Excited Synchronous Alternators for
Automotive Applications Using Coupled FE and Circuit Simulations”, IEEE Transactions on
Magnetics, volume 44, number 6, pages 1598-1601, 2008
54
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.52] S. Hlioui, “Etude d’une Machine Synchrone à Double Excitation : Contribution à la Mise en
Place d’une Plate-forme de Logiciels en vue d’un Dimensionnement Optimal”, Thèse de doctorat de
l’Université de Technologies de Belfort-Montbeliard et de l’Université de Besancon, 2008
[1.53] C. Liu Chau, K. T Jiang, J. Z. Xinhua, Z. W. Liu, “Design and Control of a Doubly-Excited
Permanent-Magnet Brushless Integrated Starter Generator for Hybrid Electric Vehicles”, 42nd IEEE-
IAS Annual Meeting 2007, New Orleans, Etats-Unis, 23-27 Septembre
[1.54] Y. P. Yang, C. H. Cheung, S. W. Wu, J. P. Wang, “Optimal Design and Control of Axial-Flux
Brushless DC Weel Motor for Electrical Vehicles”, MED 2002, Lisbon, Portugal, 9-12 Juillet
[1.55] O. de la Barrière, H. Ben Ahmed, M. Gabsi, “Axial Flux Machine Design for Hybrid Traction
Applications”, PEMD 2008, York, UK, 2-4 Avril
[1.60] E. Nordlund, “The Four-Quadrant Transducer System for Hybrid Electric Vehicle”, Thèse de
doctorat de KTH, Royal Institute of Technology, Stockholm, Suède, 2005
[1.61] E. Nordlund, S. Eriksson, “Test and Verification of a Four-Quadrant Transducer for HEV
Applications”, IEEE-VPPC 2005, Chicago, Etats-Unis, 7-9 Septembre
[1.62] P. Zheng, R. Liu, P. Thelin, E. Nordlund, C. Sadarangani, “Research on the Parameters and
Performances of a 4QT Prototype Machine Used for HEV”, IEEE Trans. Magn., Vol. 43, No. 1,
pp.443-446, Janvier 2007
[1.63] E. Nordlund, C. Sadarangani, “The Four-Quadrant Energy Transducer”, 37th IEEE-IAS Annual
Meeting 2002, Pittsbursgh, P.A, Etats-Unis, 13-18 Octobre
[1.64] B. Sareni, “Conception simultanée par Optimisation des Systèmes d’énergie électrique »,
Habitation de recherche INPT, 2006.
[1.66] A. Abdelli, “Optimisation multicritère d’une chaine d’éolienne passive”, Thèse de doctorat de
l’NPT, 2007
55
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.69] D. H. Tran, « Conception Optimale Intégrée d’une chaine éolienne « passive » : Analyse de
robustesse, validation expérimentale », Thèse de doctorat de l’Université de Toulouse, 2010
[1.73] J. T. Chen, Z. Q. Zhu " Influence of the Rotor Pole Number on Optimal Parameters in Flux-
Switching PM Brushless AC Machines by the Lumped-Parameter Magnetic Circuit Model" IEEE
Trans, Ind. App, Vol. 46, No. 4, pp. 1381-1388, Jul./Aug. 2010.
[1.74] M. Amrhein, P. T. Krein, “Induction Machine Modeling Approach Based on 3-D Magnetic
Equivalent Circuit Framework,” IEEE Trans on Energy Conversion, Vol. 25, No. 2, pp. 339 - 347,
June 2010
[1.75] M. Amrhein, P. T. Krein, “Force Calculation in 3-D Magnetic Equivalent Circuit Networks
with a Maxwell Stress Tensor,” IEEE Trans on Energy Convers, Vol. 24, No. 3, pp. 587 - 593, Sept.
2009
[1.77] Y. Kano, T. Kosaka, N. Matsui, “Simple Nonlinear Magnetic Analysis for Permanent-Magnet
Motors”, IEEE Trans Ind. App., Vol. 41, No. 5, pp. 1205- 1214, Sept./Oct. 2005.
[1.79] A. Krings, J. Soulard, “Overview and Comparaison of Iron Loss Models for Electrical
Machines”, EVER 2010, Monaco, 25-28 Mars
[1.80] C. Strinmetz, “On the low hystereris (originally published in 1892)”, Proceedings of the IEEE,
Vol. 72, No. 2, pp. 197-221, 1984
[1.81] H. Jordan, “Die ferromagnetische Konstanten für schwache Wechselfelder”, Electr. Nach.
Techn., Vol. 1, p. 8, 1924
56
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.83] G. Bertotti, “Physical Interpretation of Eddy Current Losses in Ferromagnetic Materials. II.
Analysis of Experimental Results”, Journal of Applied Physics, Vol. 57, No. 6, pp. 2118-2126, Mars
1985
[1.84] G. Bertotti, “General Properties of Power Losses in Soft Ferromagnetic Materials”, IEEE
Trans. Magn., Vol. 24, No. 1, pp. 621-630, Janvier 1988
[1.87] K. Yamazaki, “Torque and Efficiency Calculation of an Interior Permanent Magnet Motor
Considering Harmonic Iron Losses of Both the Stator and Rotor”, IEEE Trans. Magn., Vol. 39, No.
3, pp. 1460-1463, Mai 2003
[1.88] K. Yamazaki, Y. Seto, “Iron Loss Analysis of Interior Permanent Magnet Synchronous Motors
– Variation of Main Loss Factors due to Driving Condition”, IEEE Trans. Ind. Appl., Vol. 42, No. 4,
pp. 1045-1052, Juil./Aout 2006
[1.90] W. Jazdzynski, M. Bajek, “Modeling and Bi-criterial Optimization of a Line Start Permanent
Magnet Synchronous Machine to Find an IE4 Class High-Efficiency Motor”, ICEM 2010, Rome,
Italie, 6-8 Septembre
[1.91] N. Bernard, F. Martin, M. E. Zaïm, “High Speed Surface Permanent Magnet Synchronous
Machines for a Screwdriver Application”, ICEM 2010, Rome, Italie, 6-8 Septembre
[1.92] H. Öztura, “Analysis of Core Loss in Variable Reluctance Permanent Magnet Motors”, ISEF
2003, Maribor, Slovenia, 18-20 Septembre
[1.93] J. Kolehmainen, J. Ikäheimo, “Motors with Buried Magnets for Medium-Speed Applications”,
IEEE Trans. Ener. Convers., Vol. 23, No. 1, pp. 86-91, Mars 2008
[1.94] A. R. Tariq, C. E. Nino, E. G. Strangas, “A Novel Numerical Method for the Calculation of
Iron and Magnet Losses of IPMSMs”, IEMDC 2009, Miami, Florida, Etats-Unis, 3-6 Mai
[1.95] Y. K. Chin, J. Soulard, “Modelling of Iron Losses in Permanent Magnet Synchronous Motors
with Field-weakening Capability for Electric Vehicles”, Inter. Journal of Automotive Technology,
Vol. 4, No. 2, pp. 87-94, 2003
[1.96] E. Hoang, “Etude, Modélisation et Mesure des Pertes Magnétiques dans les Moteurs à
Réluctance Variable à Double Saillance », Thèse de doctorat de l’ENS Cachan, 1995
[1.97] M. Chaieb, S. Tounsi, R. Neji, F. Sellami, “Design of a High-Torque with Two Integrated
Motors Axes reducing the Electric Vehicle Consumption”, J. Electrical Systemes, Vol. 4, No. 1, pp.
1-23, 2008
57
Chapitre I : Etat de l’art et étude paramétrique des machines électriques étudiées
[1.98] H. Akhondi, J. Milimonfared, “Design and Optimization of Tubular Permanent Magnet Linear
Motor for Electric Power Steering System”, Journal of Asian Electric Vehicles, Vol. 7, No. 2, pp.
1283-1289, Décembre 2009
[1.99] Y. Okada, H. Dohmeki, S. Konushi, “Proposal of 3D-Stator Structure Using Soft Magnetic
Composite for PM Motor”, ICEM 2010, Rome, Italie, 6-8 Septembre
[1.101] Y. Burkhardt, G. Huth, S. Urschel, “Eddy Current Losses in PM Canned Motors”, ICEM
2010, Rome, Italie, 6-8 Septembre
[1.102] Wikipedia:
[Link]
[1.106] D. Ishak, Z. Q. Zhu and D. Howe, “Permanent-Magnet Brushless Machines with Unequal
Tooth Widths and Similar Slot and Pole Numbers”, IEEE Trans. Ind. Appl., vol. 41, no. 2, mars/avril
2005.
[1.107] F. Zurcher, T. Nussbaumer, W. Gruber and J. W. Kolar, “Design and development of a 26-
pole and 24-slot bearingless motor”, IEEE-INTERMAG 2009, 4-8 mai.
[1.109] D. Ishak, Z. Q. Zhu and D. Howe, “Comparison of PM Brushless Motors, Having Either All
Teeth or Alternate Teeth Wound”, IEEE Trans. Ener. Convers., vol. 21, no. 1, mars 2006.
[1.110] S. E. Skaar, O. Krovel and R. Nilssen, “Distribution, Coil-span and Winding Factors for PM
Machines with Concentrated Windings”, IEEE Trans. Ener. Convers., vol. 21, no. 1, mars 2006.
58
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
CHAPITRE II :
Modélisation des pertes dans les machines
électriques en vue de l’optimisation sur cycle
SOMMAIRE
I.7. Conclusion................................................................................................................114
Bibliographie..................................................................................................................115
59
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
60
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
I.1. Introduction
Dans les deux premiers chapitres, nous avons présenté les caractéristiques de la
traction hybride qui sont représentées respectivement par trois cycles de fonctionnement :
NEDC, Artémis-Urbain et Artémis-Routier. Nous avons également présenté le principe de
fonctionnement et les caractéristiques préliminaires des machines électriques, sélectionnées
pour ces applications dans le cadre de ce travail. Ce sont la MSCF 12-8, la MSCF 12-16, la
MSCF 48-8 et la MSAP 48-8.
Dans ce chapitre, nous nous sommes attachés à étudier des modèles de pertes et à
présenter la méthode de calcul des pertes moyennes sur cycle de fonctionnement du véhicule.
Nous allons tout d’abord présenter le calcul des pertes cuivre en séparant les courants dans les
deux axes d, q du modèle de Park. Ensuite, nous présenterons le modèle de base des pertes fer
qui sera développé en vue d’une amélioration sur la précision et d’obtenir un gain sur les
temps de calculs. La comparaison de ces développements nous permettra d’étudier leurs
impacts sur la précision et sur les temps de calculs.
Finalement, nous présenterons la méthode de calcul des pertes instantanées sur cycle
de fonctionnement. Cette méthode peut être appliquée à n’importe quel cycle en tenant
compte des effets dans les machines électriques comme le défluxage électronique et les non-
linéarités magnétiques.
Afin de pouvoir comparer les méthodes de calcul des pertes et d’optimisation, nous
avons choisi de nous appuyer sur un cahier des charges chiffré. Aux cycles présentés
précédemment, nous avons ajouté un point de fonctionnement, un peu arbitrairement. Ce
point de fonctionnement, appelé « point de base », est défini par un couple de Cb = 210 Nm et
par une vitesse de Nb = 1820 tr/min. Nous avons normalisé les valeurs des couples et des
vitesses sur les trois cycles. Elles sont présentées dans les figures (Figure I.2), (Figure II.2) et
(Figure II.3). Ce point de base va nous servir à déterminer la valeur du deuxième critère
d’optimisation, à savoir la valeur efficace des courants absorbés par la machine, c'est-à-dire
fournis par l’onduleur de tension. Ce deuxième critère nous permet de faire le lien avec le
convertisseur associé, car, la tension du bus continu étant fixée, la valeur efficace des courants
absorbés par la machine est fortement liée à la notion de facteur de puissance.
Nous allons montrer que le côté arbitraire du choix des valeurs du couple et de la
vitesse au point de base ne l’est pas tout à fait car il permet de qualifier les trois cycles de
fonctionnement utilisés dans cette étude. Tous les points de fonctionnement sur chaque cycle
ont un pas de temps constant (une seconde).
61
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Nous trouvons que le cycle NEDC a des valeurs de couple faibles par rapport au point
de base. Par contre, la machines électrique fonctionne fréquemment à une vitesse beaucoup
plus grande que la vitesse de base, elle peut être cinq fois plus grande (Figure I.2).
Point de base
Point de base
62
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Point de base
Nous pensons que le choix des valeurs caractéristiques du point de base a une
incidence sur l’optimisation des machines. Compte tenu des méthodes de calcul choisies, il
est tout à fait envisageable de les introduire en tant que paramètres à optimiser. Cependant,
dans l’étude que nous présentons, nous garderons fixes les valeurs numériques choisies pour
assurer des résultats comparables des machines sur différents cycles.
Où :
δ : Angle d’ouverture d’une bobine (rad)
Rbob : Rayon du point au milieu d’encoche (mm)
63
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Les pertes cuivre dans les machines électriques dépendent du volume du cuivre et de
la valeur efficace du courant injecté. Selon le modèle de Park, ce courant se compose de deux
parties : l’une appelée le courant de l’axe quadrature q et l’autre appelée le courant de l’axe
direct d (Figure II.4). Cette dernière permet de défluxer la machine [2.1-2.7].
id
Figure II.4. Diagramme des tensions en régime permanent pour les MSAP
Supposant que le couple de la machine électrique est créé par le courant de l’axe q et
que la vitesse au-delà de la vitesse de base est obtenue par l’injection du courant de l’axe d,
donc, par le défluxage, nous nous sommes attachés à séparer les deux axes pour calculer les
valeurs des courants pour chaque point de fonctionnement, un couple Ci et une vitesse Ni. En
conséquence, les pertes cuivre sont également calculées séparément dans les deux axes q, d.
64
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
En effet, pour expliquer cette hypothèse du côté énergétique, nous avons fait des
calculs de pertes cuivre en fonction de la densité de courant de l’axe d ( δ d ) pour le point du
couple Cb = 210 Nm. Les résultats sont présentés dans la figure suivante :
3500
MSCF 12-8
3000 MSCF 12-16
MSCF 48-8
Pertes cuivre (W)
2500
MSAP 48-8
2000
1500
1000
500
0
-10 -8 -6 -4 -2 0
2
δ d (A/mm )
Nous trouvons que pour un couple donné (210 Nm), la valeur de δ d = 0 donne les
pertes cuivre minimales. Alors, l’hypothèse a été assurée.
3
C= . p.Φ.I q (II. 2)
2
65
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Où :
C: Couple électromagnétique moyen (Nm)
Φ : Amplitude de la composante fondamentale du flux (Wb)
Iq : Courant maximal de l’axe q (A)
Dans cette méthode, nous injectons une valeur efficace de la densité de courant. Puis,
nous définissons les densités de courant sinusoïdal dans les trois phases en fonction de la
rotation numéro k :
δ1 = δ q . 2 .sin(θ élec .k )
δ 2 = δ q . 2 .sin(θ élec .k − 120°) (II. 3)
δ 3 = δ q . 2 .sin(θ élec .k + 120°)
Où :
360°
θ élec = : Pas de rotation électrique
n
θ élec
θ méc = : Pas de rotation mécanique
p
n: Nombre de pas de rotation pendant une période
p: Nombre de paires de pôles
δq : Densité de courant efficace de l’axe q (A/mm2)
Le calcul du couple instantané est effectué par la méthode des éléments finis 2D, pour
chaque pas de rotation. Puis, la valeur moyenne du couple sur une période électrique est
déterminée.
La modélisation par éléments finis permet donc de calculer le couple moyen en cas
linéaire et non-linéaire pour n’importe quelle géométrie de machines électriques.
Grâce aux résultats obtenus par éléments finis, nous pouvons élaborer un modèle de
couple en fonction de la densité du courant efficace injecté sous forme polynomiale de
deuxième ordre (II. 4). En effet, regardant les courbes du couple en fonction de la densité de
courant obtenu par éléments finis (Figure I.9), nous trouvons que la non-linéarité est présente
faiblement. Une approximation de deuxième ordre est suffisamment précise pour ce calcul.
66
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
2
δq δq
C = kc1. − 0,[Link] 2 . (II. 4)
10 10
Où :
C: Couple électromagnétique (Nm)
δq : Densité de courant efficace de l’axe q (A/mm2)
k c1 et kc2 : Coefficients de couple du modèle polynomial (Nm)
L’adéquation entre les résultats d’éléments finis et ceux obtenus par le modèle (II. 4) a
été confirmée dans la (Figure I.9).
67
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Où :
Lcu : Longueur équivalente du cuivre (m)
kb : Coefficient de remplissage d’encoche
Sb : Section d’une bobine (mm2)
ρcu : Résistivité du cuivre ( Ωm )
δq : Valeur efficace de la densité de courant (A/mm2)
68
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
La méthode de calcul des pertes cuivre sur cycle dues au courant de l’axe q respecte
l’ordre suivant [2.11-2.14] :
• Modélisation par éléments finis d’une géométrie particulière, pour plusieurs valeurs
de la densité de courant δ q pour obtenir la courbe du couple en fonction de δ q .
• Détermination des valeurs des coefficients kc1 et kc2 du modèle polynomial en
approchant les résultats d’éléments finis.
• Pour un point de fonctionnement i, nous avons le couple Ci.
• Inversion du modèle (II. 4) permet de déterminer la valeur de la densité de courant
δ qi correspondant à cette valeur du couple Ci.
• Les formules (II. 5) et (II. 6) permettent donc de calculer la valeur des pertes cuivre
dues au courant de l’axe q pour le point i : Pcu-q_i.
• Détermination des pertes cuivre moyennes dues au courant de l’axe q sur l’ensemble
des points sur cycle P cu − q .
Cette méthode peut être appliquée pour tous les types de machines synchrones à aimants
permanents et pour n’importe quel cycle de fonctionnement.
U0 / 2
Ω max = (II. 7)
p.Φ
Où :
U0 : Tension du bus continu (V)
Φ : Flux maximal d’une phase (Wb)
En effet, selon le modèle de Park, nous avons les équations des tensions :
dΦ d
Vd = [Link] + − p.Ω.Φ q
dt
(II. 8)
dΦ q
Vq = [Link] + + p.Ω.Φ d
dt
69
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Où :
Vq, Vd : Tensions de phase dans les deux axes d et q (V)
R: Résistance statorique ( Ω )
Vd = − p.Ω.Φ q
(II. 9)
Vq = p.Ω.Φ d
La tension du bus DC étant fixée, pour augmenter la vitesse Ω , nous devons faire
diminuer le flux. C'est-à-dire que les machines doivent être défluxées. Or, le flux est à
l’origine de la force électromotrice (FEM) dans la machine. Alors, pour défluxer la machine,
il faut faire diminuer la tension des phases.
Pour cela, il est nécessaire d’injecter un courant négatif dans l’axe d pour réduire le
flux créé par les aimants permanents dans les bobinages [2.4-2.7].
id
Ainsi, si nous voulons atteindre une vitesse de rotation infinie, il faut chercher à
diminuer le flux total, qui est la somme du flux créé par les aimants et du flux de réaction
magnétique d’induit, utilisée ici de manière positive, à une valeur de zéro, donc, la tension de
phase à zéro. C'est-à-dire qu’il faut court-circuiter la phase en injectant le courant idmax alors
qu’iq = 0. C’est pourquoi, ce courant idmax est appelé le courant de court-circuit icc (Figure
II.9). Son principe est expliqué dans la figure suivante :
70
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
icc Axe q
vcc=0
Ld
j.ω.Ld .id E
Axe d
icc = id id
Par éléments finis, nous pouvons déterminer la densité du courant associée à icc. Pour
cela, nous faisons des calculs uniquement dans la position du rotor où le flux à vide est
maximal ( θélec = 0 ). Puis, nous injectons une densité de courant δ d dans l’axe d. La
modélisation par éléments finis permet de calculer le flux dans les bobines pour cette position.
Nous avons choisi différentes valeurs de δ d pour ce calcul. Enfin, nous avons obtenu une des
courbes du flux en fonction de δ d . La valeur de la densité de courant de court-circuit δ cc est
déterminée pour un flux nul. Les résultats pour les quatre machines sont présentés dans la
(Figure I.15).
Selon les courbes ci-dessus, nous avons obtenu les valeurs des densités de courant de
court-circuit pour chaque machine qui sont présentées dans le tableau suivant :
71
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour confirmer ces valeurs des densités de courant δ cc , nous avons relevé l’allure des
flux des quatre machines dans les deux cas : à vide et avec δ cc . Les résultats sont présentés à
la figure suivante :
8
MSCF 12-8
6
MSCF 12-16
4 MSCF 48-8
Flux (mWb)
2 MSAP 48-8
0
-2
-4
-6
-8
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique, °
(a) avec δ q = 0 et δ d = 0
3
MSCF 12-8
2 MSCF 12-16
MSCF 48-8
Flux (mWb)
1 MSAP 48-8
0
-1
-2
-3
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique, °
(b) avec δ q = 0 et δ d = δ cc
72
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour utiliser les hypothèse du modèle de Park, nous nous intéressons uniquement à la
position où l’angle électrique θélec = 0 . Avec δ d = δ cc , cette composante à θ élec = 0 est nulle
dans les allures des flux de quatre machines (Figure II.11.b). Alors, dans les calculs, nous
avons calculé le flux total à θélec = 0 pour deux points : δ d = 0 et δ d = 10 A / mm 2 , puis en
supposant que c’est linéaire, nous pouvons la valeur de la densité de courant de court-circuit
δ cc .
Les valeurs des densités de courant de court-circuit obtenues par ce calcul deviennent
un peu différentes que celles dans le tableau II. 3 :
MSCF 12-8 12
Dans les machines synchrones, la réaction d’induit relative est définie par :
Ld .I d
r= (II. 10)
Φf
Où :
Ld : Inductance de l’axe direct (H)
Id : Courant d’une phase de l’axe d (A)
Φ f : Flux d’excitation par aimants (Wb)
73
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Φf
I cc = (II. 11)
Ld
Vmax Ω
Ω= = max (II. 12)
p.Φ.(1 − r ) 1 − r
Où :
Vmax : Tension phase maximale Vmax = U0/2 (V)
Ω max : Vitesse maximale définie par (II. 7) (rad/s)
Φ : Flux d’une phase (Wb)
Vmax
Ω max = Ωb = (II. 13)
p.Φ
Alors, supposant que les machines électriques peuvent atteindre une vitesse infinie,
pour une vitesse au-delà de la vitesse de base, nous avons :
Ω max Ωb Ωb
Ω= = =
1− r L .I I
1− d d 1− d
Ld .I cc I cc
Ωb
⇔ I d = I cc .(1 − ) (II. 14)
Ω
74
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Nb
δ d = δ cc .1 − si Ni > N b (II. 15)
Ni
Où :
Ni : Vitesse au-delà de la vitesse de base (tr/min)
Nb : Vitesse de base (tr/min)
δ cc : Densité de courant efficace de court-circuit (A/mm2)
δd : Densité de courant efficace de l’axe d correspondant à la vitesse Ni (A/mm2)
Les pertes cuivre dues au courant de l’axe d sont donc calculées par :
La méthode de calcul des pertes cuivre sur cycle dues au courant de l’axe d respecte
l’ordre suivant [2.11-2.14] :
75
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
• Les formules (II. 16) et (II. 17) permettent de calculer la valeur des pertes cuivre
dues au courant de l’axe d pour le point i : Pcu-d-i.
• Détermination des pertes cuivre moyennes dues au courant de l’axe d sur l’ensemble
des points sur cycle P cu − d .
Cette méthode peut être appliquée pour tous les types de machines synchrones à aimants
permanents et pour n’importe quel cycle de fonctionnement.
Les figures suivantes présentent les résultats du calcul des pertes cuivre dues au courant
de l’axe q et celles de l’axe d sur cycle de fonctionnement, pour quatre machines MSCF 12-8,
MSCF 12-16, MSCF 48-8 et MSAP 48-8, et pour trois cycles NEDC, Artemis-Urbain,
Artemis-Routier.
2000 2000
Axe q Axe q
Axe d Axe d
1500 1500
Pertes, W
Pertes, W
1000 1000
500 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
4000 14000
Axe q Axe q
Axe d 12000 Axe d
3000
10000
Pertes, W
Pertes, W
8000
2000
6000
4000
1000
2000
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
76
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
1000 1000
Axe q Axe q
800 Axe d 800 Axe d
Pertes, W
Pertes, W
600 600
400 400
200 200
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
Pertes, W
1500 4000
1000 3000
2000
500
1000
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
2000 2000
Axe q Axe q
Axe d Axe d
1500 1500
Pertes, W
Pertes, W
1000 1000
500 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
Pertes, W
2000 6000
4000
1000
2000
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
77
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour pouvoir vérifier les valeurs des calculs, nous avons défini les paramètres
suivants :
1 n 2
Ceff = .∑ Ci
n i =1
(II. 18)
1 n
N moy = .∑ Ni
n i =1
Où :
Ceff : Valeur efficace du couple moyen, Nm
Nmoy : Vitesse moyenne sur cycle, tr/min
Couple efficace
Ceff 29,7 41,1 32,9
(Nm)
Vitesse moyenne
Nmoy 2670 1400 4570
(tr/min)
Nombre de points
d% 58 % 38 % 89 %
où N > Nb
78
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour chaque cycle, basé sur la valeur efficace du couple moyen Ceff, à partir de
l’équation (II. 4), nous pouvons déterminer la valeur moyenne de la densité de courant δ q
correspondante. Puis, nous pouvons calculer les pertes cuivre moyennes Pcu-q par les
équations (II. 5) et (II. 6).
Pour les pertes cuivre dues au courant de l’axe d, Pcu-d, basé sur les vitesses Ni du
cycle, la valeur de δ cc (Tableau II. 4) et l’équation (II. 15), nous pouvons déterminer la valeur
moyenne de la densité de courant de l’axe d, δ d :
1 nd
N
δ d = δ cc .
nd
∑ 1 − Nb pour Ni > Nb (II. 19)
i =1 i
Puis, comme il n’y a que d% des points où la vitesse est plus grande que la vitesse de
base, nous pouvons déterminer la valeur moyenne des pertes cuivre dues au défluxage par les
formules suivantes :
2
Pcu − d = ρ cu .Lcu .(kb .Sb .24).δ d .106.d % (II. 20)
2
Pcu − d = ρ cu .Lcu .(kb .Sb .48).δ d .106.d % (II. 21)
Les résultats de ces vérifications sont présentés dans le tableau ci-dessous pour le
cycle NEDC comme l’exemple :
79
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Comparaison des valeurs des pertes cuivre obtenues sur le cycle NEDC pour chaque
machine dans les deux tableaux II. 5 et II. 7, nous trouvons que les valeurs dans les deux
tableaux sont proches. D’où nous pouvons assurer la précision des méthodes de calcul
proposées.
Comme pour les trois cycles, les valeurs des couples durant les cycles sont plutôt
faibles, nous trouvons clairement dans ces résultats que les pertes cuivre dues au courant de
l’axe q sont faibles. Pourtant, comme beaucoup de points de fonctionnement se trouvent dans
les zones hors limites du couple normalisé = 1 et de la vitesse normalisée = 1 (Figure I.2-
Figure II.3), les machines électriques travaillent souvent en régime de défluxage, notamment
pour le cycle Artemis-Routier qui représente environ 90% des points en défluxage.
De plus, le tableau II. 4 a montré que les machines ont besoin d’une valeur importante
du courant de défluxage, notamment pour les deux machines à bobinages répartis. C’est
pourquoi, les valeurs des pertes cuivre dues au courant de l’axe d sont très importantes par
rapport à celles de l’axe q (Tableau II.5). Le défluxage prend une partie importante des pertes
électriques dans les machines électriques. La prise en compte cette partie dans les calculs est
donc nécessaire.
Les quatre machines d’étude ne sont pas encore optimisées, nous espérons que les
machines optimisées auront de meilleures performances, notamment grâce à la modification
de l’induction rémanente des aimants, que les pertes cuivre dues au défluxage peuvent être
diminuées significativement
Notre objectif dans cette partie n’était pas de comparer les performances des machines
pour tel ou tel cahier des charges, mais de présenter la méthode de calcul des pertes cuivre, en
séparant les deux axes d et q, pour chaque point sur cycle. Cette étude est très avantageuse car
elle peut être appliquée à tous les types de MSAP et pour n’importe quel cycle de
fonctionnement.
Les pertes fer dans le matériau magnétique se composent de deux parties : pertes fer
par hystérésis et pertes fer par les courants de Foucault [2.15-2.18].
Nous utilisons les modèles proposés dans [2.19] qui ont été validés par les
modélisations numériques ainsi que par l’expérimentation :
80
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
T 2
1 db
Pcf = α . .∫ .dt (II. 24)
Τ 0 dt
Où :
∆B : Excursion maximale de la densité de flux dans la zone de calcul (T)
f: Fréquence (Hz)
kh1 et kh2 : Coefficients d’hystérésis (A.m-1 et A.m.V.s-1)
α : Coefficient des courants de Foucault (A.m.V-1)
T: Période électrique (sec)
Les valeurs des coefficients dépendent du matériau magnétique. Dans notre étude, le
matériau magnétique M330-35 a les coefficients suivants :
kh1 = 5 A.m-1
kh2 = 50 A.m.V-1.s-1
α = 0,042 A.m.V-1
Dans l’objectif de développer un modèle de pertes qui peut être appliqué pour le calcul
sur cycle, nous proposons tout d’abord d’étudier des modèles connus en prenant des
hypothèses pour simplifier le calcul. Alors, nous proposons de calculer uniquement les pertes
fer dans le stator des quatre machines.
Comme la densité du flux distribué dans le stator est différente dans chaque zone de la
culasse ou de la dent, nous nous sommes attachés à définir des zones du stator dans laquelle la
densité du flux est presque similaire.
Si le stator est divisé en un plus grand nombre de zones de calcul, le résultat de calcul
sera plus précis. Mais comme les densités du flux dans le stator des machines sont
symétriques et périodiques, pour faciliter les calculs, ainsi que pour diminuer le temps de
calcul, nous supposons un calcul dans un huitième du stator des quatre machines (Figure
II.15).
81
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Les pertes sont déterminées en calculant les densités de flux de chaque subdivision
dans les deux axes : Ox, Oy. La comparaison des pertes sur cycle obtenues par chaque modèle
sera effectuée par la suite.
Oy
Ox
Nous allons présenter trois modèles de pertes fer : modèle simple, modèle de l’intégrale
et modèle « modèle des valeurs moyennes ». Le but de présenter ces trois modèles avec les
hypothèses associées est d’estimer les ordres de grandeurs et d’expliquer l’évolution de nos
idées et de nos méthodes pour le problème de calcul des pertes fer, d’une façon simple à une
autre plus complète.
(
Phys = kh1.([Link] ) + kh 2 .([Link] ) . f
2
) (II. 25)
Donc :
( 2
)
Pfer = Phys + Pcf = kh1.([Link] ) + kh 2 .([Link] ) . f + α .2π 2 .Bm2 . f 2 (II. 27)
82
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Où :
Bm : Amplitude maximale de la densité du flux dans la zone de calcul (T)
f: Fréquence (Hz)
kh1 et kh2 : Coefficients d’hystérésis
α : Coefficient des courants de Foucault
La méthode de calcul des pertes fer à vide sur cycle utilisant le modèle simple respecte l’ordre
suivant :
Figure II.16. Densités du flux et leurs amplitudes des harmoniques pour une subdivision
exemplaire de la dent statorique
Les pertes fer à vide instantanées sur les trois cycles utilisant le modèle simple sont
présentées dans les figures suivantes :
83
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Figure II.17. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle NEDC
Figure II.18. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Urbain
84
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Figure II.19. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Routier
Tableau II. 8. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle simple
Ce modèle est simple et il donne rapidement des ordres de grandeur de pertes fer à
vide. Cependant, l’hypothèse que l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions du
stator est peu précise parce que l’induction varie en fonction de la rotation du rotor.
85
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Selon les résultats des pertes présentés dans les figures au-dessus et dans le Tableau II.
8, nous trouvons que :
• Pour les trois cycles NEDC, Artemis-Urbain et Artemis-Routier, les deux
machines MSCF 12-8 et MSAP 48-8 donnent les plus faibles pertes fer alors
que la MSCF 12-16 a une valeur des pertes fer trois fois plus élevée. En effet,
comme elle a le nombre de pôles deux fois plus élevé, donc, la fréquence est
deux fois plus grande.
• Comme les pertes dues au courant de Foucault dépendent du carré de la
fréquence (II. 26), or, pour les cycles NEDC et Artemis-Routier, il y a une
grande partie des grandes vitesses, donc, les pertes dues au courant de Foucault
sont plus élevées que celles par hystérésis. Pourtant, pour le cycle Artemis-
Urbain, comme la vitesse est beaucoup moins faible, les pertes dues aux
courants de Foucault sont en conséquence faibles.
Pour vérifier ces valeurs de calcul, nous proposons une méthode simple pouvant
donner les ordres de grandeurs des pertes calculées. Pour cela, nous calculons l’amplitude
maximale Bm moyenne dans le stator des machines et la masse du fer au stator. Nous pouvons
calculer la fréquence moyenne à partir de la vitesse moyenne sur cycle. D’où nous pouvons
déterminer les ordres de grandeurs des pertes fer :
Pfer = kh1. 2.B m + kh 2 . 2.B m . f moy + α .2π 2 .B m . f eff2 .Vs
( ) ( )
2 2
(II. 28)
Où :
Vs : Volume du fer au stator (m3)
B m : Amplitude maximale moyenne de la densité de flux du stator (T). Comme kh1 est
beaucoup plus faible que kh2, nous définissons ce paramètre par la formule suivante :
1 n 2
Bm = .∑ Bmi .vi (II. 29)
VS i =1
N moy
f moy = p. (II. 30)
60
feff : Valeur efficace de la fréquence moyenne sur cycle (Hz), correspondant au carré de la
vitesse, et définie par la formule suivante :
86
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
p 1 n 2
f eff = . .∑ N i (II. 31)
60 n i =1
Ce paramètre est défini pour le but d’avoir une meilleure précision du calcul des pertes
fer dues aux courants de Foucault dans le modèle (II. 28) parce qu’elles sont proportionnelles
au carré de la vitesse.
Les valeurs de ces paramètres sont présentées dans le tableau suivant :
Tableau II. 9. Paramètres pour les machines et pour les cycles
Tableau II. 10. Paramètres pour les machines et pour les cycles
A partir des valeurs indiquées dans les tableaux III.9 et III.10, nous pouvons calculer
les valeurs des pertes fer obtenues par cette méthode :
Tableau II. 11. Vérification des valeurs des pertes
87
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
En comparaison avec les valeurs dans le Tableau II.8, nous trouvons que les valeurs
obtenues par cette vérification sont dans les mêmes ordres de grandeur.
Les modèles des pertes fer que nous présenterons par la suite sont effectivement des
développements à partir des équations (II. 22), (II. 23) et (II. 24). Alors, une fois que nous
avons vérifié les ordres des grandeurs pour le modèle simple, les valeurs obtenues par les
autres modèles vont vérifiées et comparées avec celles obtenues par ce modèle.
T 2 T 2
1 db 1 db dθ
Pcf = α . .∫ .dt = α . .∫ . .dt
Τ 0 dt Τ 0 dθ dt
2π 2
1 db 2 T
= α. . ∫ .(2πf ) . .dθ (II. 33)
T 0 dθ 2π
2π 2
1 db 2
= α. . ∫ .dθ .(2πf )
2π 0 dθ
Où :
∆B : Excursion maximale de la densité du flux dans la zone de calcul (T)
kh1 et kh2 : Coefficients d’hystérésis
α : Coefficient des courants de Foucault
db : Variation instantanée de densité de flux entre deux pas de rotation (T)
dθ : Pas de rotation du rotor (rad)
88
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Donc :
2π 2
2 1 db 2
Pfer = Phys + Pcf = (kh1.∆B + kh 2 .∆B ). f + α . . ∫ .dθ .(2πf ) (II. 34)
2π 0 dθ
La méthode de calcul des pertes fer à vide sur cycle utilisant le modèle de l’intégrale
respecte l’ordre suivant :
• Modéliser par éléments finis pour plusieurs positions de rotation du rotor (n = 72
positions dans ce cas) à vide
• Récupérer dans chaque subdivision i les valeurs des densités du flux dans les deux
axes : bx, by (Figure II.20)
• Récupérer la valeur du volume de chaque subdivision vi
• Déterminer pour chaque subdivision i les amplitudes maximales des densités du flux
de deux axes : ∆Bxi , ∆B yi (Figure II.20)
• Calculer pour chaque subdivision i les valeurs dans les deux axes des pertes fer par
hystérésis (Physxi et Physyi) et des pertes par les courants de Foucault (Pcfxi et Pcfyi)
pour chaque vitesse sur cycle par (II. 34)
• Déterminer pour chaque vitesse sur cycle les pertes fer totales du stator dans les
deux axes Ox, Oy par la somme des pertes dans les subdivisions pour chaque axe
• Déterminer la valeur moyenne des pertes fer moyennes sur cycle en faisant la
somme des valeurs de deux axes Ox, Oy
Figure II.20. Densités du flux dans les deux axes pour des subdivisions dans la dent et
dans la culasse de MSCF 12-8
Les pertes fer à vide instantanées sur les trois cycles utilisant le modèle de l’intégrale
sont présentées dans les figures suivantes :
89
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Figure II.21. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle NEDC
Figure II.22. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Urbain
90
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Figure II.23. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Routier
Tableau II. 12. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle de l’intégrale
Nous comparons les valeurs obtenues par ce modèle avec celles obtenues par le
modèle simple :
Tableau II. 8. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle simple
91
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Ce modèle de l’intégrale donne un résultat plus précis que le modèle simple parce
qu’il traite la variation de la densité du flux dans chaque subdivision en fonction des positions
du rotor.
Il n’y a pas de différence des pertes par hystérésis entre le modèle simple et ce modèle
intégral parce qu’elles ne dépendent que de l’amplitude maximale de l’induction. Par contre,
il y a une grande différence pour les pertes fer dues aux courants de Foucault. Il peut y avoir
un rapport entre 1,5 et deux entre ces deux méthodes de calcul des pertes fer (Tableau II. 8 et
Tableau II. 1). Cela vient de la forme non-sinusoïdale des inductions dans les subdivions
(Figure II.20). Cela confirme également une faible précision du modèle simple supposant que
l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions du stator.
Selon les résultats des pertes fer présentés dans les figures (Figure II.21), (Figure
II.22), (Figure II.23) et dans le Tableau II. 12, nous trouvons que :
2
Phys = (kh1.∆B1 + kh 2 .∆B 2 ). f (II. 35)
92
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Où :
m
∑ (∆Bi .vi ) (II. 36)
i =1
∆B1 =
v
m
∑ (∆Bi2 .vi ) (II. 37)
i =1
∆B 2 =
v
T 2 2π 2
1 db 1 db 2
Pcf = α . .∫ .dt = α . . ∫ .dθ .(2πf ) (II. 38)
Τ 0 dt 2π 0 dθ
Dans une période électrique nous divisons en n points de calcul, c’est à dire n pas de
rotation du rotor :
2π
dθ = (II. 39)
n
Donc :
2π 2
1 db 2
Pcf = α . . ∫ .dθ .(2πf )
2π 0 dθ
2
1 n b j +1 − b j 2π
= α . .∑
2
. .(2πf )
2π j =1 2π n
(II. 40)
n
n
n
= α. 2 ∑
2
( )
. ∆b j .(2πf )
2
(2π ) j =1
n
( )2
= α .n.∑ ∆b j . f 2
k =1
93
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Alors nous avons la valeur moyenne de Fcf sur le volume total du stator :
1
F cf = .∑ Fcfi .vi (II. 42)
v i
2
Pfer = (kh1.∆B1 + kh 2 .∆B 2 ). f + α .F cf . f 2 (II. 44)
Donc, basé sur les premières équations (II. 22), (II. 23) et (II. 24), nous avons
développé mathématiquement pour obtenir un nouveau modèle (II. 44). Ce modèle exprime la
relation des pertes fer en fonction des valeurs moyennes définies ∆B1 , ∆B 2 , F cf . Nous
développerons par la suite à partir de ce modèle des valeurs moyennes, une méthode de calcul
des pertes fer en charges sur cycle.
Pour vérifier la précision du modèle « modèle des valeurs moyennes », nous avons
effectué des modélisations et des traitements des résultats d’éléments finis pour déterminer les
pertes fer moyennes sur cycles. L’objectif est de comparer les pertes obtenues par ce modèle
et celles obtenues par le modèle de l’intégrale pour assurer la précision du développement
mathématique.
La méthode de calcul des pertes fer à vide sur cycle utilisant le modèle « modèles
des valeurs moyennes » respecte l’ordre suivant :
• Modéliser par éléments finis pour plusieurs positions de rotation du rotor (n = 72
positions dans ce cas)
• Récupérer dans chaque subdivision i les valeurs des densités du flux dans les deux
axes : bx, by
94
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Ce modèle est très efficace parce que nous pouvons calculer des pertes à partir des
valeurs de densités du flux obtenues par éléments finis. De plus, ce calcul a une forte
généralisation sur l’ensemble du volume du stator. C'est-à-dire que dans les autres cas, nous
pourrons utiliser cette méthode pour calculer les pertes fer pour un volume quelconque.
Les pertes fer à vide instantanées sur les trois cycles utilisant le modèle des valeurs
moyennes sont présentées dans les figures suivantes :
Figure II.24. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle NEDC
95
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Figure II.25. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Urbain
Figure II.26. Pertes fer sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Routier
96
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Tableau II. 13. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle des valeurs moyennes
Tableau II. 12. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle de l’intégrale
En comparant les valeurs obtenues par le modèle des valeurs moyennes dans le tableau
II. 13 avec celles obtenues par le modèle intégral Tableau II. 12, nous avons trouvé qu’elles
sont les mêmes. En effet, le modèle des valeurs moyennes est un résultat du développement
purement mathématique du modèle de l’intégral. La précision de ce développement est donc
assurée.
L’avantage de ce modèle est la possibilité de donner des valeurs de pertes directement sur
l’ensemble du volume traité. Nous développerons une méthode pour calculer les pertes fer en
charges durant l’ensemble du cycle de fonctionnement que nous présenterons dans la
prochaine partie.
97
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
2
Pfer = (kh1.∆B1 + kh 2 .∆B 2 ). f + α .F cf . f 2 (II. 45)
Nous avons également, à partir des modèles du couple et du défluxage, les valeurs
efficaces des densités de courants :
• δ b est la densité du courant de l’axe q qui crée le couple de 210 Nm du point de
base
• δ cc est la densité du courant de court-circuit de l’axe d qui défluxe totalement la
machine
Comme nous l’avons déjà présenté, un point de fonctionnement sur cycle demande un
courant δ q pour obtenir le couple voulu et un courant δ d pour atteindre la vitesse désirée.
Alors, nous avons δ q ≤ δ b et δ d ≤ δ cc .
Pour tenir compte des courants dans le calcul des pertes fer, nous nous sommes
attachés à chercher des relations entre les valeurs moyennes : ∆B1 , ∆B 2 et F cf dans (II. 45)
et les densités de courants δ q et δ d .
δq
δ q* =
δb
(II. 46)
δ
δ d* = d
δ cc
Grâce aux éléments finis, nous pouvons calculer les valeurs moyennes pour chaque
groupe ( δ q , δ d ). Pour pouvoir trouver une formulation de ces relations, nous nous sommes
attachés à discrétiser les valeurs de ( δ q* , δ d* ) entre [0-1] en 4 points de calcul. Pour chaque
98
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
point de calcul, nous pouvons déterminer les valeurs moyennes dans les deux axes : ∆B 1x ,
∆B 1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y , F cfx et F cfy comme dans le tableau suivant :
Tableau II. 14. Valeurs moyennes en fonction des densités de courants normalisés pour la
MSCF 12-8
A partir de ces résultats, nous trouvons qu’il y des relations formalisables entre ces
valeurs moyennes et des densités de courant. Pour une densité de courant δ q* donnée, plus la
densité de courant δ d* est grande, plus les valeurs moyennes ∆B 1x , ∆B 1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y sont
petites. Pour une densité de courant δ d* donnée, plus la densité de courant δ q* est grande, plus
les valeurs moyennes ∆B 1x , ∆B 1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y sont importantes. Ces tendances chez F cfx
et F cfy ne sont pas pareilles mais formalisables.
99
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Alors, nous nous sommes attachés à les formaliser par des modèles polynomiaux
comme les suivants :
∆B 2 x = Fb 2 x 0 + Fb 2 x1.δ d* + Fb 2 x 2 .δ d*2
Fb 2 x 0 = fb 2 x 00 + fb 2 x 01.δ q* + fb 2 x 02 .δ q*2
(II. 49)
Fb 2 x1 = f b 2 x10 + f b 2 x11.δ q* + f b 2 x12 .δ q*2
Fb 2 x 2 = fb 2 x 20 + fb 2 x 21.δ q* + f b 2 x 22 .δ q*2
∆B 2 y = Fb 2 y 0 + Fb 2 y1.δ d* + Fb 2 y 2 .δ d*2
Fb 2 y 0 = f b 2 y 00 + fb 2 y 01.δ q* + f b 2 y 02 .δ q*2
Fb 2 y 2 = f b 2 y 20 + fb 2 y 21.δ q* + fb 2 y 22 .δ q*2
100
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
La formulation par ces modèles permet d’établir les relations analytiques entre les
valeurs moyennes et des densités de courants sous forme polynomiale. Les valeurs moyennes
deviennent donc intermédiaires entre les pertes fer et les densités de courants.
Dans ces formules, les « grands Fij » ( Fb1x 0 , Fb1x1, Fb1x 2 , etc.) sont les coefficients
intermédiaires exprimant la relation entre ∆B1x et la densité de courant δ d* pour une valeur de
la densité de courant δ q* .
Les valeurs de ces « grands Fij » sont déterminées par l’approximation des résultats
d’éléments finis de ∆B1x , ∆B1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y , F cfx et F cfy en fonction de la densité de
courant δ d* pour chaque valeur de δ q* . A partir des valeurs du tableau II. 14, nous avons
calculé les valeurs des « grands Fij » qui sont présentées dans le tableau suivant :
101
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Ensuite, les « petits fij » (fb1x00, fb1x01, fb1x02, etc.) sont les coefficients exprimant la
relation entre les « grands Fij » et la densité de courant δ q* . La détermination des valeurs de
ces « petits fij » est effectuée par l’approximation des valeurs de « grands Fij » en fonction de
la densité de courant δ q* .
Tableau II. 16. Valeurs des « petits fij »
102
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
L’adéquation entre les valeurs obtenues par éléments finis et celles obtenues par les
modèles est montrée dans la Figure II.27.
La méthode de calcul des pertes fer en charges sur cycle utilisant le modèle « modèle
des valeurs moyennes » respecte l’ordre suivant [2.14] :
• Modéliser par éléments finis pour plusieurs valeurs de courant δ q pour déterminer
la valeur de δ b .
103
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
• Modéliser par éléments finis pour plusieurs valeurs de courant δ d pour déterminer
la valeur de δ cc .
• Modéliser par éléments finis pour des courants ( δ qij , δ dij ) pour obtenir des résultats
comme dans le Tableau II. 14, où i, j varient entre 1 et np qui est le nombre de points
de calcul sur les limites [0, δ b ] et [0, δ cc ]. Donc, le pas de calcul est :
δb
pasq =
np
(II. 53)
δ cc
pasd =
np
• Utiliser la méthode de calcul par le modèle « modèle des valeurs moyennes » pour
déterminer, pour le volume total du stator, les valeurs moyennes dans les deux axes
∆B1x , ∆B1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y , F cfx et F cfy .
* *
• Normaliser les densités de courant ( δ qij , δ dij ) correspondantes et mettre les valeurs
moyennes calculées en fonction de ces densités de courant (Tableau II. 14).
• Formuler ces valeurs moyennes ∆B1x , ∆B1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y , F cfx et F cfy en
fonction des densités de courant δ d*
pour chaque valeur de la densité de courant δ q* .
Calculer les valeurs des « grand Fij » (Tableau II. 15).
• Formuler ces valeurs des « grand Fij » en fonction des densités de courant δ q* .
Calculer les valeurs des « petit fij » (Tableau II. 16).
• Une fois que nous avons toutes les valeurs de ces coefficients, pour un point de
fonctionnement sur cycle, nous avons un couple Ci et une vitesse Ni, nous pouvons
calculer les valeurs de ( δ qi , δ di ) correspondantes par (II. 4) et (II. 15).
• Calculer les valeurs des fij correspondantes à la valeur de δ qi* et les valeurs des Fij
correspondantes à la valeur de δ di* .
• Déterminer les valeurs moyennes ∆B1x , ∆B1 y , ∆B 2 x , ∆B 2 y , F cfx et F cfy
correspondantes à les valeurs de ( δ qi* , δ di* ) par les équations (II. 47) - (II. 52).
• Calculer les valeurs des pertes fer par hystérésis (Physxi et Physyi) et des pertes par les
courants de Foucault (Pcfxi et Pcfyi) pour chaque vitesse sur cycle par (II. 45).
• Déterminer la valeur des pertes fer moyennes sur cycle en faisant la somme des
valeurs de deux axes Ox, Oy.
Les pertes fer en charges instantanées sur les trois cycles utilisant le modèle des valeurs
moyennes sont présentées dans les figures suivantes :
104
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
3500 4000
Phys Phys
3000
Pcf Pcf
2500 3000
Pertes, W
Pertes, W
2000
2000
1500
1000 1000
500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
15000 2500
Phys Phys
Pcf 2000 Pcf
10000
Pertes, W
Pertes, W
1500
1000
5000
500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
Figure II.28. Pertes fer en charges sur l’ensemble des points du cycle NEDC
800 1500
Phys Phys
Pcf Pcf
600
1000
Pertes, W
Pertes, W
400
500
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
2500 600
Phys Phys
2000 Pcf 500 Pcf
400
Pertes, W
Pertes, W
1500
300
1000
200
500 100
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
Figure II.29. Pertes fer en charges sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Urbain
105
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
3000 4000
Phys Phys
2500 Pcf Pcf
3000
2000
Pertes, W
Pertes, W
1500 2000
1000
1000
500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
12000 2500
Phys Phys
10000 Pcf 2000 Pcf
8000
Pertes, W
Pertes, W
1500
6000
1000
4000
2000 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
Figure II.30. Pertes fer en charges sur l’ensemble des points du cycle Artemis-Routier
Tableau II. 13. Pertes fer moyennes sur cycle avec le modèle des valeurs moyennes
106
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
En comparant les valeurs de pertes fer en charges (Tableau II. 17) avec celles de pertes
fer à vide obtenues par le « modèle des valeurs moyennes » (Tableau II. 13), nous avons
trouvé pour les trois cycles :
• Les trois machines MSCF 12-8, MSCF 12-16 et MSAP 48-8 ont des pertes fer
par hystérésis ainsi que celles dues aux courants de Foucault réduites
significativement à un rapport de 2.
• Pour la MSCF 48-8, les pertes fer par hystérésis diminuent faiblement alors que
celles par courant de Foucault augmentent presque deux fois plus.
Finalement, nous voyons dans ce cas, grâce au défluxage pour obtenir les vitesses
désirées, les pertes fer moyennes sur cycle sont, de manière générale, diminuées. Le modèle
« modèle des valeurs moyennes » est très efficace et très pratique pour déterminer les pertes
fer en charge par cette méthode.
Cette méthode de calcul des pertes en charges moyennes sur cycle demande environ
2
np fois plus de temps de calcul par rapport à celle des pertes fer à vide, où np est le nombre de
points de calcul sur les limites [0, δ b ] et [0, δ cc ].
Pourtant, la précision des résultats dépendent bien sûr de plusieurs paramètres dont
nous traitons ensuite le nombre de subdivisions de calcul du stator et le champ tournant ou
bien le choix du repère de calcul.
Il y a une dépendance entre les pertes fer, le nombre des subdivisions de calcul et le
temps de calcul. Evidemment plus le nombre des subdivisions de calcul est grand, plus la
valeur des pertes fer est précise et, plus le temps de calcul est long. C’est pourquoi, le choix
d’un nombre de subdivisions qui peut donner un bon résultat et qui ne demande pas trop de
temps de calcul est un compromis délicat et difficile à traiter.
107
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour un huitième du stator des deux machines à bobinages répartis, à cause de l’effet
des petites dents, nous gardons le nombre de 36 subdivisions.
Pour un huitième du stator des deux machines à bobinages concentrés, nous étudions
l’influence du nombre des subdivisions sur les valeurs des pertes fer. Comme ce huitième
comprend trois demi-dents et les partis de la culasse statorique correspondantes, nous le
divisons en (3*m) subdivisions. Où m est le nombre de subdivisions dans un demi dent-
culasse statorique (Figure II.31).
Pour cette partie de l’étude, les calculs des pertes fer en charges sont effectués avec la
même méthode pour les trois cycles de fonctionnement NEDC, Artemis-Urbain et Artemis-
Routier que pour la machine de référence MSCF 12-8 présentée pour l’exemple. Les nombres
de subdivisions dans un demi dent-culasse statorique sont m = 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14 et 18
(Figure II.31).
Les résultats comparatifs sont présentés dans le Tableau III. 18. Ces calculs ont été
effectués par un PC DELL Pentium 4, CPU 3,2GHz, RAM 1G.
108
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
(a) m = 2 (b) m = 4
(c) m = 6 (d) m = 8
(e) m = 10 (f) m = 12
(g) m = 14 (h) m = 18
109
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
m=18
m=14
m=12
m=8
m=6 m=10
m=2 m=4
m=18
m=14
m=12
m=8
m=6 m=10
m=2 m=4
m=18
m=14
m=12
m=8
m=6 m=10
m=2
m=4
Les résultats comparatifs dans le tableau II. 18 et dans (Figure II.32) ont montré
l’influence du nombre de subdivisions de calcul sur le temps de calcul et sur les valeurs des
pertes fer. En comparant les valeurs obtenues, nous avons trouvé que plus le nombre de
subdivisions est grand, plus les valeurs des pertes fer sont grandes et plus le temps de calcul
est grand. Cela vient du fait que le maillage devient plus fin quand le nombre de subdivisions
est plus important. Alors, la détermination du flux moyen dans la surface d’une subdivision
est plus précise.
110
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Pour avoir un bon compromis au niveau de précision et le temps de calcul, nous avons
choisi le nombre de subdivisions m = 10 dans une moitié dent-culasse statorique, donc, 30
subdivisions dans un huitième du stator.
Dans le calcul des pertes fer présenté, l’induction dans le fer a été séparée en deux
axes : Bx et By. Donc, les pertes fer par hystérésis et par les courants de Foucault ont été
calculées séparément en deux axes et la valeur totale donne les pertes moyennes sur cycle.
Oy
1
2
9 7 5
4 3
10 8 6 Ox
Par conséquent, dans le calcul des pertes fer par le modèle « modèles des valeurs
moyennes », l’effet du moyennage sur toutes les subdivisions sur l’axe Ox ou l’axe Oy avec
autant de variations pourraient diminuer la précision du calcul. Nous nous sommes donc
intéressés à analyser l’influence du choix de repère sur les pertes fer. Pour cela, nous allons
calculer séparément des pertes fer dans les deux axes et pour chaque subdivision.
111
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Tableau II. 19. Analyse des pertes fer dans les deux axes pour chaque subdivision
Ce tableau montre clairement qu’il y a une grande différence des pertes fer dans les
deux axes pour toutes les subdivisions dans la culasse, ainsi que celles dans la dent.
En effet, pour les subdivisions de la culasse 1, 2, 3, 4, les pertes par hystérésis et par
les courants de Foucault dans l’axe Ox sont beaucoup plus faibles que celles dans l’axe Oy.
Cependant, pour les subdivisions de la dent 5, 6, 7, 8, 9, 10, les pertes par hystérésis et par les
courants de Foucault dans l’axe Ox sont beaucoup plus élevées que celles dans l’axe Oy.
Par conséquent, les variations des valeurs de pertes fer dans les dix subdivisions sont
très différentes dans l’axe Ox, ainsi que dans l’axe Oy. Alors, un moyennage sur de telles
valeurs, si différentes, peuvent donner une faible précision de calcul.
Or, les valeurs des pertes de l’axe Ox (respectivement Oy) des subdivisions de la
culasse sont proches à celles de l’axe Oy (respectivement Ox) des subdivisions de la dent.
C’est pourquoi, nous avons décidé de moyenner les pertes fer dans l’axe Ox (respectivement
Oy) de la culasse avec celles dans l’axe Oy (respectivement Ox) de la dent pour avoir une
meilleure précision. Ce changement du repère de calcul peut donc diminuer les erreurs du
moyennage.
112
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Alors, après le changement du repère de calcul, nous avons refait le calcul des pertes
fer en charge moyennes sur cycle pour chaque machine et pour chaque cycle. Les résultats
sont présentés dans le tableau suivant :
Tableau II. 20. Pertes fer en charges moyennes sur cycle avec changement du repère
Tableau II. 17. Pertes fer en charges moyennes sur cycle sans changement du repère
Ce changement du repère de calcul ne fait pas changer le temps de calcul, il sera donc
appliqué pour toutes les études suivantes.
113
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
I.7. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté le développement des modèles de pertes pour
les machines électriques, y compris les modèles des pertes cuivre et des pertes fer.
Nous avons proposé dans un premier temps la méthode de calcul des pertes cuivre
moyennes sur cycle de fonctionnement du véhicule, pour trois cycles : NEDC, Artemis-
Urbain et Artemis-Routier.
Ces pertes se composent de deux parties : l’une est due au courant de l’axe q, qui crée
principalement le couple de la machine ; l’autre est due au courant de l’axe d, qui sert
essentiellement au défluxage de la machine lors des vitesses au-delà de la vitesse de base. Ce
principe de calcul permet d’identifier les contributions des pertes cuivre, notamment les pertes
cuivre dues au défluxage pour les machines fonctionnant fréquemment à hautes vitesses.
Ensuite, trois modèles de calcul des pertes fer ont été proposés : le modèle simple en
supposant que l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions de calcul ; le modèle de
l’intégral permettant de tenir compte des composantes harmoniques de l’induction ; et le
modèle des valeurs moyennes développé mathématiquement du modèle de l’intégral pour
calculer les pertes fer en charges sur cycle. L’adéquation entre ces deux modèles a été aussi
vérifiée.
Et puis, nous avons présenté deux cas de calcul des pertes fer sur cycle par le modèle
des valeurs moyennes : pertes fer à vide et pertes fer en charges. La comparaison entre ces
deux méthodes a été faite.
Le calcul des pertes fer en charges peut donner un résultat plus précis que celui des
pertes fer à vide mais il demande beaucoup plus de temps de calcul, 16 fois par exemple dans
le cas de np = 4 (Figure II.27). Donc, comme chaque méthode a ses avantages, nous
souhaitons étudier ces deux méthodes de calcul dans le cas d’optimisation des machines
électriques sur cycle de fonctionnement du véhicule que nous présenterons dans les chapitres
suivants.
Enfin, l’étude sur l’influence de quelques paramètres sur le résultat des pertes a été
faite, dont, le nombre de subdivisions dans une moitié de dent-culasse et le choix du repère ou
le champ tournant. Ainsi, nous avons pu choisir leurs valeurs optimisées pour notre étude : 10
subdivisions dans une moitié de la dent-culasse, l’assemblage des inductions de l’axe Ox dans
la dent avec celles de l’axe Oy dans la culasse, l’assemblage de celles de l’axe Oy dans la dent
avec celles de l’axe Ox dans la culasse.
Dans ce chapitre, nous n’avons pas pris en compte des pertes magnétiques dans le fer
et dans les aimants au rotor. Nous verrons dans le chapitre consacré aux vérifications
expérimentales que ces pertes sont loin d’être négligeables, mais notre niveau de connaissance
au moment de l’étude ne nous a pas permis d’en tenir compte.
114
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
Bibliographie
[2.1] Y. Amara, “Contribution à la conception et à la commande des machines synchrones à double
excitation. Application au véhicule hybride”, Thèse de Doctorat de l’Université Paris XI, 2001.
[2.2] Y. Amara, L. Vido, M. Gabsi, E. Hoang, A. H. Ben Ahmed, M. Lecrivain, “Hybrid Excitation
Synchronous Machines : Energy-Efficient Solution for Vehicles Propulsion”, IEEE Trans. Veh. Tech.,
Vol. 58, No. 5, June 2009.
[2.3] S. Kreuawan, F. Gillon, P. Brochet, “Comparative Study of Design Approach for Electric
Machine in Traction Application”, IREE, Vol. 3, No. 3, pp 455-465, June 2008.
[2.7] Z. Q. Zhu, “Fractional Slot Permanent Magnet Brushless Machines and Drives for Electric and
Hybrid Propulsion Systems”, EVER 2009, Monaco, 26-29 Mars
[2.10] A. Vagati, G. Perllergrino, P. Guglielmi, “Comparison between SPM and IPM motor drives for
EV application”, ICEM 2010, Rome, Itlay, 6-8 Septembre
[2.11] P. H. Nguyen, E. Hoang, M. Gabsi, M. Lécrivain, “Caractéristiques sur cycles des machines
synchrones à concentration de flux pour une application véhicule hybride”, EJEE (RIGE), Vol. 14,
No. 2, Mars/Avril 2011.
115
Chapitre II : Modélisation des pertes dans les machines électriques en vue de l’optimisation sur cycle
[2.15] E. Nordlund, C. Sadarangani, “The Four-Quadrant Energy Transducer”, 37th Annual Meeting
IEEE-IAS 2002, Pittsburgh, PA, USA, 13-18 Octobre.
[2.16] A. Krings, J. Soulard, “Overview and Comparison of Iron Loss Models for Electrical
Machines”, EVER 2010, Monaco, 25-28 Mars.
[2.18] Y. K. Chin, J. Soulard, “Modelling of Iron Losses in Permanent Magnet Synchronous Motors
with Field-weakening Capability for Electric Vehicles”, International Battery, Hybrid and Fuel cell
Electric Vehicle Symposium (EVS19), Busan, Korea, October 2002.
[2.19] E. Hoang, “Etude, Modélisation et Mesure des Pertes Magnétiques dans les Moteurs à
Réluctance Variable à Double Saillance”, Thèse de doctorat de l’ENS Cachan, 1995.
116
Chapitre III : Validation expérimentale
CHAPITRE III :
Validation expérimentale
SOMMAIRE
117
Chapitre III : Validation expérimentale
118
Chapitre III : Validation expérimentale
I.1. Introduction
Dans les chapitres précédents, nous avons présenté les machines étudiées, les modèles
de pertes cuivre, de pertes fer à vide et en charge. Dans le chapitre IV, nous utiliserons ces
modèles pour le calcul des pertes moyennes sur un cycle de fonctionnement du véhicule.
Ensuite, nous les appliquerons à une méthode d’optimisation des machines électriques pour
déterminer les machines optimisées sur un cycle donné.
Nous avons proposé deux machines pour fabriquer des prototypes : une MSCF 12-8 et
une MSCF 12-16. Certes, ces deux prototypes ne sont pas des machines optimisées mais elles
sont utilisées pour une validation expérimentale des modèles.
L’objectif de ce chapitre est de vérifier les modèles des pertes et les méthodes de
calcul proposés, via des essais sur ces deux prototypes de MSCF. Pour la validation
expérimentale, nous nous sommes attachés à comparer les caractéristiques principales des
machines, telles que le modèle de couple, le modèle de défluxage, le modèle de pertes fer à
vide et le modèle des pertes fer en charge.
Nous présentons dans la (Figure III.1) la géométrie de ces deux prototypes, qui ont des
modifications par rapport aux machines étudiées, notamment au rotor, afin de profiter des
intérêts du brevet de rotor de Leroy Somer :
• Les modifications au rotor ont pour objectif d’augmenter la concentration de
flux vers les dents du stator et de diminuer le couple de détente.
• Les modifications au stator facilitent la manœuvre et la fabrication des
prototypes.
119
Chapitre III : Validation expérimentale
L’objectif de ce chapitre est de valider les modèles de pertes proposés, nous nous
intéressons à comparer les caractéristiques expérimentales avec celles obtenues par la
modélisation numérique ou par les modèles.
Comme les géométries des deux prototypes sont très fines et détaillées, cela ne facilite
pas la modélisation numérique parce que le maillage prend énormément de temps pour chaque
itération de calcul. C’est pourquoi nous avons simplifié un peu leurs détails géométriques
pour gagner en temps de calcul. Les deux machines simplifiées sont présentées dans la Figure
III.2.
Les simplifications détaillées sont effectuées au stator ainsi qu’au rotor : les parties
dans les cycles rouges dans les figures suivantes :
120
Chapitre III : Validation expérimentale
(a) Rotor MSCF 12-8 - avant (b) Rotor MSCF 12-8 - après
(a) Rotor MSCF 12-16 - avant (b) Rotor MSCF 12-16 - après
121
Chapitre III : Validation expérimentale
Au stator (Figure III.3), les formes spéciales des deux machines initiales rendent un
temps de maillage très important, notamment la forme au niveau de la dent. Donc, une
modification au niveau des dents et une modification au niveau de la culasse ont été
effectuées.
Pour justifier ces simplifications, nous comparons le flux à vide des deux machines
simplifiées avec celui des deux prototypes initiaux.
0.8
MSCF 12-8 initiale
0.6
MSCF 12-8 simplifiée
0.4
Flux, mWb
0.2
0
-0.2
-0.4
-0.6
-0.8
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique, °
(a) MSCF 12-8
0.6
MSCF 12-16 initiale
0.4 MSCF 12-16 simplifiée
Flux, mWb
0.2
-0.2
-0.4
-0.6
0 60 120 180 240 300 360
Angle électrique, °
(b) MSCF 12-16
Pour les machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16, le flux à vide de la machine initiale et
celui de la machine simplifiée sont très proches. Les erreurs sont de 10 % et de 4 %
respectivement pour la MSCF 12-8 et la MSCF 12-16. Alors, nous pouvons accepter que les
122
Chapitre III : Validation expérimentale
deux machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16 simplifiées (Figure III.2) sont équivalentes aux
deux machines initiales (Figure III.1). Les modifications géométriques portées sur ces deux
machines permettent de diminuer le temps d’un calcul dans un rapport 10 par rapport aux
deux machines initiales. Donc, ces simplifications sont significatives.
Pendant les essais, la température de travail varie entre 70 °C et 120 °C. Donc, les
paramètres dépendant de la température ont été déterminés à une température moyenne de 100
°C comme référence. Le tableau suivant présente les paramètres des deux machines d’essai.
Nombre d’encoches Ne 12 12
123
Chapitre III : Validation expérimentale
Refroidissement
par eau PC de
commande et
Onduleur dSPACE
de tension
Variateur
de vitesse MAS
Moteur
La Figure III.7 présente le schéma de principe du banc d’essai avec ses composants
principaux.
124
Chapitre III : Validation expérimentale
MAS
MS
Commandes
125
Chapitre III : Validation expérimentale
Les commandes de ces courants sont exprimées par les formules suivantes :
2π 2π
i2 = I A . sin(θ − ) + I R . cos(θ − ) (III. 2)
3 3
Où :
IA : Courant actif (A)
IR : Courant réactif (A)
L’asservissement des courants se fait avec des correcteurs par hystérésis. Seuls deux
courants sur les trois sont asservis, car le neutre de la machine n’est pas relié et la commande
du troisième bras d’onduleur est déterminée à partir de la commande des deux autres.
Dans le chapitre II, nous avons supposé que le couple des machines étudiées est créé
uniquement par le courant de l’axe q (Iq). Ensuite, à partir des valeurs de couple en fonction
des densités de courant δ q , nous avons proposé un modèle polynomial de deuxième ordre
pour exprimer leur relation. La détermination des coefficients est basée sur l’approximation
de ce modèle avec les valeurs obtenues par la modélisation. Dans cette partie nous nous
intéressons à justifier les hypothèses utilisées, ainsi qu’à valider les modèles proposés par des
essais.
Pour mesurer le couple, nous avons utilisé un montage de balance (Figure III.9). En
effet, pour ces tests, nous ne souhaitons pas utiliser le couple-mètre pour éviter des erreurs
causées par l’électronique quand les machines fonctionnent à hautes vitesses. C’est aussi la
raison pour laquelle notre équipe SETE du laboratoire SATIE n’utilise actuellement que ce
montage de balance.
126
Chapitre III : Validation expérimentale
Le principe de mesure a été effectué dans l’ordre suivant : la position initiale est celle
où nous avons obtenu l’équilibre horizontal de ces poids sans alimenter la MS et la MAS.
L’injection des courants IA, IR est effectuée sous Simulink. Selon les valeurs des courants, le
montage de balance peut bouger et perd son équilibre initial. Les poids à droite sont fixés
alors que les poids à gauche de valeur 2 N, 5 N, 10 N sont déplaçables pour rétablir l’équilibre
de ce montage. Le déplacement des poids sur la barre (en cm) et leur poids (en N) permet de
déterminer le couple (en Nm).
Poids de balance
Pour cela, nous avons imposé une valeur de couple de C = 10 Nm. Nous avons cherché
les courants dans les deux axes d, q pour avoir ce couple. Ces courants I d2 + I q2 doivent être
évidemment inférieurs au courant maximum (ou le courant thermique, correspondant
expérimentalement à un couple de l’ordre de 15 Nm selon les mesures). Parmi eux, il existe
une valeur (Iq, Id = 0) comme celle de référence. Cette mesure a été effectuée à faibles vitesses
inférieures à 2000 tr/min.
Certes, les différentes valeurs des courants injectés dans la machine pour obtenir ce
couple donnent les valeurs des pertes cuivre correspondantes. C’est pourquoi nous avons tracé
les courbes de pertes cuivre en fonction du courant de l’axe d pour voir l’influence du courant
Id sur les pertes cuivre en assurant le même couple.
127
Chapitre III : Validation expérimentale
Les courbes comparatives sont présentées dans la Figure III.10 pour la MSCF 12-8 et
MSCF 12-16.
350
300
250
Pcu (W)
200
150
100
650 tr/min
50 1300 tr/min
0
-15 -10 -5 0 5 10 15
IR (A)
200
150
Pcu (W)
100
50 650 tr/min
1300 tr/min
0
-15 -10 -5 0 5 10 15
IR (A)
Nous avons trouvé clairement que le couple créé en minimisant les pertes cuivre est le
couple créé uniquement par le courant de l’axe q (Id = 0). Cela est valable pour la MSCF 12-8
ainsi que pour la MSCF 12-16. L’hypothèse peut donc être assurée.
Nous avons montré par des essais que le courant de l’axe q joue le rôle essentiel pour
créer le couple dans la machine. Donc, nous nous intéressons à étudier le couple en fonction
de la densité de courant δ q (ou du courant Iq) et comparer avec les résultats obtenus par la
modélisation numérique et le modèle polynomial. Le modèle du couple proposé est le suivant:
2
δq δq
C = kc1. − 0,[Link] 2 . (III. 3)
10 10
128
Chapitre III : Validation expérimentale
Où :
C: Couple (Nm)
δq : Densité de courant efficace de l’axe q (A/mm2)
kc1 et kc2 : Coefficients de couple
Les valeurs des coefficients kc1 et kc2 sont déterminées par l’approximation des
résultats obtenus par éléments finis. Elles sont présentées dans le tableau suivant :
Bien que les caractéristiques couple-densité de courant de ces deux machines sont
presque linéaires (Figure III.11), nous préférons garder le coefficient kc2 pour assurer une
adéquation avec le modèle proposé précédemment. Une fois que nous avons toutes ces
valeurs, nous pouvons comparer cette caractéristique dans les trois cas : éléments finis (EF),
modèle (Pol), et essais (Exp).
20 20
16 16
Couple (Nm)
Couple (Nm)
12 12
8 EF 8 EF
Pol Pol
4 Exp 4 Exp
0 0
0 5 10 15 20 0 5 10 15
2 2
deltaq (A/mm ) deltaq (A/mm )
La Figure III.11 nous a montré une très bonne adéquation entre les courbes. Les
courbes du couple en fonction de la densité de courant δ q obtenues par la modélisation, par le
modèle et par les essais sont bien collées. Les écarts moyens des couples entre le modèle et
les essais sont inférieurs à 5 %.
129
Chapitre III : Validation expérimentale
Nous nous intéressons par la suite à la comparaison des pertes cuivre en fonction du
couple obtenu par la modélisation, par le modèle et par les essais. Pour cela, à partir des
valeurs mesurées (Iq, Rb), nous avons pu évaluer les valeurs des pertes cuivre pour ces
mesures par la formule suivante :
2
Pcu _ mes = 3.I mes .Rb (III. 4)
Où :
Pcu_mes : Pertes cuivre selon les mesures (W)
Imes : Courant efficace mesuré (A)
Rb : Résistance d’une phase à la température moyenne de travail ( Ω )
Les pertes cuivre évaluées à partir des valeurs des densités de courant δ q sont
déterminées par la formule suivante :
Où :
Pcu: Pertes cuivre (W)
ρ : Résistivité du cuivre à 100 °C ( Ωm )
Lcu =La+Ltêtes :Longueur totale dans une encoche, y compris les têtes de la bobine (m)
kb : Coefficient de remplissage
Sbob : Section d’une bobine (mm2)
Les comparaisons pertes cuivre/couple pour les deux machines MSCF 12-8 et MSCF
12-16 entre la modélisation, le modèle et les essais sont présentées dans la Figure III.12.
Selon ces résultats, les courbes des pertes cuivre en fonction du couple sont aussi bien
conformes entre modèle et essais. Les écarts moyens des pertes cuivre entre le modèle et les
essais sont inférieurs à 5 %.
De plus, nous trouvons que pour avoir un même couple, la MSCF 12-16 donne
beaucoup moins de pertes cuivre par rapport à la MSCF 12-8, ce qui correspond bien aux
remarques que nous avons fait pendant les études précédentes. Par exemple, pour avoir un
couple de 10 Nm, la MSCF 12-16 a environ 85 W de pertes cuivre alors que celles de la
MSCF 12-8 sont environ de 130 W.
130
Chapitre III : Validation expérimentale
500
400
Pcu (W)
300
200 EF
Pol
100
Exp
0
0 5 10 15 20
Couple (Nm)
200
150
Pcu (W)
100
EF
50 Pol
Exp
0
0 5 10 15 20
Couple (Nm)
En s’appuyant sur les résultats comparatifs présentés dans les figures Figure III.10,
Figure III.11, Figure III.12, nous avons pu justifier l’hypothèse que le couple créé par le
courant Iq peut minimiser les pertes cuivre et valider le modèle polynomial du couple en
fonction de la densité de courant, ainsi que celui des pertes cuivre que nous avions proposés
dans les chapitres précédents.
Nb
δ d = δ cc .1 − si Ni > Nb (III. 6)
N i
131
Chapitre III : Validation expérimentale
Où :
Ni : Vitesse au-delà de la vitesse de base (tr/min)
Nb : Vitesse de base (tr/min)
δ cc : Densité de courant efficace de court-circuit (A/mm2)
δd : Densité de courant efficace de l’axe d correspondant à la vitesse Ni (A/mm2)
Nous avons effectué les modélisations des deux machines d’essai pour trouver les
valeurs des densités de courant de court-circuit δ cc (Figure III.13 et Tableau III.3). La vitesse
de base choisie est de 1500 tr/min car selon les essais, au-delà de cette vitesse, la machine
n’atteint plus un couple maximal.
1
MSCF 12-8
MSCF 12-16
Flux, mWb
0.5
-0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
δd, A/mm2
Figure III.13. Défluxage dans les deux MSCF sous éléments finis
A partir de l’équation (II. 15), nous pouvons déterminer les densités de courant δ d en
fonction des vitesses supérieures à 1500 tr/min.
Pour les mesures, le défluxage a été fait dans les conditions maximales. C'est-à-dire
d’avoir le couple maximal en réagissant sur les valeurs des courants Iq et Id pour différentes
vitesses (des vitesses plus élevées que Nb). Connaissant les valeurs du courant Id, nous
pouvons déterminer les valeurs correspondantes de la densité de courant δ d .
132
Chapitre III : Validation expérimentale
Les résultats de δ d en fonction des vitesses obtenus par le modèle (Pol) et par les
essais (Exp) ont été présentés dans la Figure III.14.
16
deltad (A/mm )
2
12
4 Pol
Exp
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse (tr/min)
12
deltad (A/mm )
2
3 Pol
Exp
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse (tr/min)
Figure III.14. Comparaison des courants de défluxage entre le modèle et les essais
Selon ces résultats, la MSCF 12-16 a besoin d’une densité de courant plus faible que la
MSCF 12-8 pour défluxer la machine et pour avoir la même vitesse désirée, ce qui correspond
bien au résultat indiqué dans la Figure III.13. Par exemple, à 6000 tr/min, la MSCF 12-16
sollicite une densité de courant δ d = 9 A / mm 2 alors que la MSCF 12-8 demande
δ d = 12 A / mm 2 .
Nous trouvons ainsi que plus la vitesse est grande, plus la densité de courant δ d est
importante. Pourtant, il y a une saturation à des grandes vitesses vers la valeur de limite (la
densité de courant de court-circuit δ cc ). En effet, cette saturation de δ d approche la valeur de
16 A/mm2 pour la MSCF 12-8 et de 12 A/mm2 pour la MSCF 12-16, ce qui correspond bien
au résultat indiqué dans le tableau III.3.
Les courbes obtenues par les essais et par le modèle sont très bien superposées, donc,
l’hypothèse sur l’obtention des hautes vitesses par l’action sur Id est bien justifiée.
133
Chapitre III : Validation expérimentale
Pour avoir la courbe couple-vitesse maximale d’une machine, nous avons besoin d’un
courant maximal. Ce courant doit être inférieur au courant thermique. Dans le cas de ces deux
machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16, ce courant maximal qui est le courant de court-circuit,
est bien inférieure au courant thermique.
Alors, pour les modèles, une fois que nous avons les valeurs des densités efficaces de
courants de court-circuit dans les machines (Tableau III. 3), nous faisons varier l’angle de
déphasage ψ o des courants Iq, Id comme la formule suivante :
δ1 = kb .δ cc 2. sin(θi − ψ ° )
δ 3 = kb .δ cc 2 . sin(θ i − 240° − ψ ° )
Quand nous faisons varier ψ o de 0° à 360°, nous obtenons à la fois la valeur du flux
ϕi (Wb) dans les bobinages et le couple produit Ci, par la modélisation numérique. Grâce à la
symétrie, nous n’avons besoin que de calculer pour ψ o de 0° à 90°. Connaissons le nombre
de spires par bobine ns dans chaque machine (ns = 60 pour la MSCF 12-8 et ns = 37 pour la
MSCF 12-16), nous pouvons déterminer la vitesse en fonction de flux ϕi (ou en fonction de
ψ o ) par la formule :
300 / 2
Ωi = (rad/s) (III. 8)
4ns . p.ϕi
Pour la partie expérimentale, nous avons fait varier à la fois le courant IA et le courant
IR en minimisant des pertes cuivre pour atteindre le couple maximal à différentes vitesses.
D’où nous pouvons évaluer les valeurs des pertes cuivre, ainsi que des pertes fer pour chaque
134
Chapitre III : Validation expérimentale
machine. Les caractéristiques de couple – vitesse maximale de deux machines obtenues par
modèle et par essais sont comparées et illustrées dans la figure suivante.
20
15
Couple, Nm 10
0
0 4000 8000 12000
Vitesse, tr/min
MSCF 12-8 - Modèle MSCF 12-8 - Expérimental
20
Couple, Nm
15
10
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
MSCF 12-16 - Modèle MSCF 12-16 - Expérimental
135
Chapitre III : Validation expérimentale
La Figure III.15 a montré également une très bonne adéquation entre les résultats
obtenus par le modèle et par les essais. Certes, théoriquement, les machines peuvent atteindre
une vitesse infinie mais pour les essais, nous avons limité à des vitesses autour de 10000
tr/min pour assurer une bonne précision des mesures, ainsi que les contraintes thermiques.
A partir des modèles de couple et de défluxage, nous avons proposé et développé des
modèles de pertes fer : modèle de pertes fer à vide et en charge. Les calculs des pertes fer ont
été effectués uniquement au stator.
Nous avons modélisé les deux machines et récupéré les valeurs des densités de flux
dans chaque subdivision et pour les deux axes Bx, By. D’où nous avons pu calculer les valeurs
des pertes fer à vide dans le stator par la méthode « modèle des valeurs moyennes », pour
différentes vitesses de rotation. Les résultats pour les deux machines MSCF 12-8 et MSCF
12-16 sont présentés sur la Figure III.16.
Pertes fer à vide au stator, W
400
MSCF 12-8
MSCF 12-16
300
200
100
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Figure III.16. Pertes fer à vide calculées au stator des deux machines par le modèle
136
Chapitre III : Validation expérimentale
Comme les deux machines ont les mêmes dimensions statoriques, la même valeur de
Br, possédant un nombre de pôles au rotor double, la MSCF 12-16 donne beaucoup plus des
pertes fer à vide au stator que la MSCF 12-8, avec un rapport d’à peu près 3/2.
Pour mesurer les pertes fer à vide par les essais, comme la machine synchrone porte
des aimants au rotor, nous n’avons pas pu séparer les pertes fer au stator et celles au rotor.
Nous nous sommes donc attachés à faire des mesures pour pouvoir évaluer des ordres de
grandeur des pertes fer à vide dans les machines.
Pour faire fonctionner la MS à vide en mode générateur, nous devons entrainer une
rotation du rotor à travers la MAS qui a le même axe mécanique avec la MS. Nous avons
utilisé ce principe pour mesurer des pertes à vide dans la machine.
Ces pertes à vide se composent des parties suivantes : pertes mécaniques Pméc, pertes
au rotor Pfer_rot et pertes fer au stator Pfer_st :
Nous avons fait cet essai pour différentes vitesses. L’évolution de ces pertes en
fonction de la vitesse de rotation est montrée dans la Figure III.17. Nous y mettons également
les courbes des pertes fer à vide au stator obtenues par le modèle pour pouvoir comparer et
analyser la contribution de ces pertes dans l’ensemble des pertes fer à vide.
Certes, les valeurs obtenues par les essais sont très différentes par rapport à celles par
modèle, ce que nous voyons dans la (Figure III.17). Nous allons chercher à expliquer ces
différences. Dans ces figures, les courbes « bleue » représentent des pertes fer au stator Pfer_st
137
Chapitre III : Validation expérimentale
déterminées par le modèle alors que les courbes « rouge » représentent des pertes fer au
stator, au rotor, ainsi que des pertes mécaniques. Alors, nous définissons les « autres pertes »
par la relation suivante :
autres pertes = Pméc + Pfer _ rot = Pessai − Pfer _ st _ mod (III. 10)
Pour justifier les valeurs des pertes fer à vide au stator, nous utilisons ces « autres
pertes » comme une référence.
800
Modèle
Essai
600
Pertes, W
400 Pméc+Pfer_rot
200
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Pméc+Pfer_rot
400
200
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Figure III.17. Comparaison des pertes à vide dans les deux machines
Le deuxième essai-calcul que nous faisons a pour but de mesurer des pertes fer à vide en
défluxant la machine. Cela signifie que les machines fonctionnent à des vitesses supérieures à
la vitesse de base Nb, donc en mode de défluxage, par l’injection d’une densité de courant δ d
mais « à vide », c'est-à-dire que le couple est nul : C = 0.
138
Chapitre III : Validation expérimentale
Puisque nous injectons un courant dans la machine, nous utilisons la méthode de calcul
des pertes fer en charges par le modèle « modèle des valeurs moyennes » que nous avons
présenté dans le chapitre II.
Les valeurs des pertes fer à vide au stator en défluxant les machines synchrones à
aimants permanents, obtenues par le modèle, sont présentées dans la Figure III.18. Nous y
présentons aussi les pertes fer à vide calculées sans courants Iq , Id pour voir l’effet du
défluxage dans les machines.
250
sans défluxage
200 avec défluxage
Pertes fer, W
150
100
Pfer_st_déf
50
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
200 Pfer_st_déf
100
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Figure III.18. Pertes à vide au stator calculées avec I d ≠ 0 les machines par le
modèle
Ainsi, par le modèle, nous montrons que le défluxage électronique diminue fortement
les pertes fer à vide au stator. Par exemple, à 8000 tr/min, les pertes fer au stator sont
diminuées d’environ 140W pour la MSCF 12-8 et de 210W pour la MSCF 12-16. Ces pertes
sont les pertes fer au stator diminuées dues au défluxage, Pfer_st_déf.
Pour les essais, afin d’assurer le mode « à vide » avec le courant Id non-nul et le
couple nul, nous avons suivi un ordre des mesures suivantes :
139
Chapitre III : Validation expérimentale
Les valeurs des pertes fer à vide en défluxant les machines obtenues par les essais sont
présentées dans la figure suivante, en comparant avec celles obtenues par le modèle (Figure
III.18).
600
Modèle
Essai
Pertes, W
400
200 Pméc+Pfer_rot
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
400
Pméc+Pfer_rot
200
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Figure III.19. Comparaison des pertes fer à vide avec I d ≠ 0 dans les deux machines
Par les essais, nous trouvons que les différences entre les pertes obtenues par les essais
et celles obtenues par le modèle sont dues aux pertes mécaniques et aux pertes au rotor.
140
Chapitre III : Validation expérimentale
Nous n’avons étudié dans ce cas que l’alimentation par un courant Id dans la machine,
ce qui n’est pas tout à fait valable pour plusieurs points de fonctionnement (couple, vitesse)
pour pouvoir valider le modèle des pertes fer en charge. Pour cela, nous allons comparer des
pertes fer en charge en alimentant les deux courants Iq, Id.
Pour obtenir cette caractéristique par les essais, nous devons injecter les courants dans
les deux axes IA, IR pour atteindre un couple maximal à une vitesse donnée. D’où nous
pouvons évaluer les valeurs des pertes cuivre, ainsi que des pertes fer à chaque vitesse. La
caractéristique couple-vitesse maximale donne l’ensemble des points (couple, vitesse) pour
cette étude.
Pour le modèle, nous utilisons la méthode « modèles des valeurs moyennes » présentée
précédemment. La comparaison des pertes fer en charges pour la caractéristique de couple-
vitesse maximale entre le modèle et les essais est représentée sur la Figure III.20.
500
Modèle
400 Essai
Pertes, W
300
Pméc+Pfer_rot
200
100
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
400 Pméc+Pfer_rot
200
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
Figure III.20. Comparaison des pertes fer en charges selon la caractéristique maximale
141
Chapitre III : Validation expérimentale
En comparaison avec des pertes fer à vide présentées dans la Figure III.17, nous
trouvons que grâce au défluxage, les pertes fer sont bien diminuées par rapport au modèle des
pertes fer à vide, pour le modèle théorique (les courbes bleues), ainsi que pour les essais (les
courbes rouges).
En comparaison des résultats dans la Figure III.17, la Figure III.19 et la Figure III.20,
nous trouvons qu’il y a une différence des pertes entre le modèle et les essais. Ces différences
sont représentées sur la figure suivante :
500
à vide sans courants
400 à vide avec courant Id
en charge
Pertes, W
300
200
100
0
0 2000 4000 6000 8000 10000
Vitesse, tr/min
400
300
200
100
0
0 2000 4000 6000 8000
Vitesse, tr/min
142
Chapitre III : Validation expérimentale
Certes, ces valeurs sont relatives. Elles ont pour but de donner un ordre de grandeur.
Ces trois cas d’étude n’ont pas les mêmes conditions magnétiques car les niveaux de
défluxage ainsi que les courants d’injection sont différents. Mais sur l’ensemble des résultats
ci-dessus, nous pensons que les différences sont dues à la somme des pertes mécaniques et
des pertes au rotor (Pméc+Pfer_rot) qui sont presque similaires dans les trois cas.
A travers les analyses et les comparaisons de pertes dans plusieurs cas ci-dessus, nous
pouvons assurer la validation expérimentale des modèles de pertes fer à vide et en charge au
stator des machines synchrones à aimants permanents. Cette étude fait une remarque
importante au concepteur : il n’y a pas que les pertes fer au stator. Ces pertes sont plus ou
moins importantes dans l’ensemble des pertes dans la machine.
Nous nous intéressons finalement aux performances sur cycles des deux machines
d’essais. Certes, ces deux prototypes sont beaucoup plus petits que les machines proposées
pour les cycles étudiés : diamètre de 150 mm au lieu de 200 mm et longueur active de 40 mm
au lieu de 200 mm. Pour pouvoir comparer les performances des deux machines d’essai avec
celles des machines optimisées, nous avons fait élargir des machines par les rapports
de 200/150 et 200/40 respectivement pour le diamètre extérieur et la longueur active. Ensuite,
nous avons effectué des modélisations puis calculé les pertes cuivre, pertes fer en charges, le
courant efficace au point de base, d’où nous pouvons identifier la position des deux machines
d’essai par rapport aux fronts de Pareto obtenus.
Les fronts de Pareto sont l’ensemble des machines optimisées selon les deux critères :
• Minimiser les pertes moyennes sur cycle
• Minimiser le courant efficace du point de base 210 Nm et 1820 tr/min
Les détails de la méthode d’optimisation pour obtenir ces fronts de Pareto seront
présentés dans le chapitre suivant. Dans cette partie, nous utilisons ces résultats comme une
référence pour les machines d’essai.
Pour cela, nous rappelons les paramètres importants de chaque cycle :
Tableau III. 5. Paramètres des cycles
Artemis- Artemis-
Paramètres Symbole NEDC
Urbain Routier
143
Chapitre III : Validation expérimentale
Nombre de points
d% 58 % 38 % 89 %
où N > Nb
Où :
1 n 2
Ceff = .∑ Ci
n i =1
(III. 11)
1 n
N eff = .∑ N i2
n i =1
Les résultats pour tous les cycles et pour les deux machines MSCF 12-8 et MSCF 12-
16 sont présentés ci-dessous avec les pertes fer uniquement au stator.
Pertes moyennes sur cycle, W
1400 600
Optimisation Optimisation
1200
MSCF 12-8 essai MSCF 12-8 essai
1000
400
800
600
200
400
200
0 0
0 500 1000 1500 0 100 200 300 400 500
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
1400
Optimisation
1200
MSCF 12-8 essai
1000
800
600
400
200
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
(c) Artemis-Routier
144
Chapitre III : Validation expérimentale
0 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500 600
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
1500
Optimisation
1200 MSCF 12-16 essai
900
600
300
0
0 100 200 300 400 500 600
Courant du point de base, A
(c) Artemis-Routier
Pour un même point de base (210 Nm et 1820 tr/min), la MSCF 12-8 et la MSCF 12-
16 sollicitent presqu’un même courant (210 A et 205 A). Les valeurs des pertes moyennes sur
cycle des deux machines sont présentées dans le tableau suivant :
Certes, ces deux machines d’essai ne sont pas optimisées. Pourtant, selon les figures
ci-dessus, nous avons trouvé que la position de la MSCF 12-8 est presque superposée sur les
fronts de Pareto obtenus par les algorithmes génétiques alors que celle de la MSCF 12-16 est
loin de ses fronts de Pareto. En effet, dans le prochain chapitre, nous allons voir que les
machines optimisées sont des machines à faibles Br (0,4 T - 0,6 T) alors que la MSCF 12-16
d’essai a Br = 1 T.
145
Chapitre III : Validation expérimentale
I.8. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté deux prototypes de MSCF 12-8 et MSCF 12-16.
Nous avons fait plusieurs essais dans le but de justifier les hypothèses utilisées et de valider
les modèles et les méthodes de calcul proposés durant notre étude.
Les premiers tests concernent la caractérisation du modèle de couple. Nous avons bien
montré que l’alimentation des machines uniquement par le courant Iq à des faibles vitesses
permet non seulement d’obtenir le couple demandé mais aussi de minimiser les pertes cuivre
dans les machines, ce qui nous permet de valider le modèle de couple en fonction de la
( )
densité de courant dans l’axe q : C = f δ q . D’où nous l’avons formulé sous forme
polynomiale en deuxième ordre par l’approximation des valeurs obtenues par les éléments
finis. Ensuite, une bonne adéquation des caractéristiques de couple-densité de courant δ q ,
donc couple-pertes cuivre, entre le modèle polynomial et les essais a été justifiée.
Puis, nous avons montré également qu’il est suffisant d’alimenter les machines avec le
courant Id pour atteindre les vitesses supérieures à la vitesse de base. Le défluxage à vide pour
un couple nul ou celui à la caractéristique maximale de couple-vitesse des machines, ont
justifié cette hypothèse par de bonnes adéquations des courants et des pertes cuivre, des pertes
fer entre le modèle et les essais.
Les modèles des pertes fer à vide et en charges ont été ensuite comparés avec les
essais. Il apparait qu’il y a non seulement des pertes fer au stator dans la machine, que la non
prise en compte des pertes mécaniques et des pertes magnétiques au rotor est une hypothèse
difficile à tenir. Cependant, nous avons pu observer que pour les deux machines, ces pertes
sont du mêmes ordre de grandeur et proportionnelles au carré de la vitesse de rotation.
Compte tenu de la planification des travaux, ces résultats expérimentaux sont arrivés après
toute la mise en place des procédures d’optimisation. Une évolution logique de ces dernières
doit consister en la prise en compte de ces pertes mécaniques et des pertes magnétiques au
rotor.
Nous avons essayé enfin de regarder les positions des machines test par rapport aux
fronts de Pareto optimisés sur chaque cycle, dans une même échelle dimensionnelle (200 mm
x 200 mm). D’où nous pouvons vérifier et les comparer avec les machines optimisées. Nous
avons identifié leurs positions sur chaque cycle, ce qui peut être utile dans le choix des
machines optimales sur cycle selon les critères des concepteurs.
146
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
CHAPITRE IV :
Optimisation sur cycle des machines électriques par
algorithmes génétiques
SOMMAIRE
IV.4. Analyse et sélection des solutions avec des pertes fer à vide .................... 161
IV.6. Analyse et sélection des solutions avec des pertes fer en charge .............. 176
Bibliographie................................................................................................................. 193
147
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
148
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
I.1. Introduction
Dans les chapitres précédents, nous avons présenté une méthode de calcul des pertes
moyennes dans les machines électriques sur cycle de fonctionnement du véhicule. Ces pertes
se décomposent en des pertes cuivre dues au courant de l’axe q pour créer le couple, en des
pertes cuivre dues au défluxage (par injection d’un courant dans l’axe d) pour atteindre la
vitesse désirée, et en des pertes fer.
Pour les pertes fer, nous avons présenté deux types de modèles différents : le premier
pour déterminer les pertes fer à vide et le second, les pertes fer en charge. Pour les pertes fer à
vide, nous avons présenté et comparé trois modèles : le modèle simple supposant que
l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions du stator, le modèle de l’intégrale
prenant en compte les composantes harmoniques de l’induction et le troisième modèle
« modèle des valeurs moyennes » développé à partir du deuxième pour avoir un modèle
permettant de calculer les pertes fer en charge. Les pertes fer en charge utilisant ce modèle
peuvent prendre en compte l’influence des composantes harmoniques de l’induction ainsi que
les courants des axes d et q variant en fonction des couples et des vitesses sur cycle. Les
résultats et les comparaisons ont été présentés pour les quatre machines : MSCF 12-8, MSCF
12-16, MSCF 48-8 et MSAP 48-8, et pour les cycles NEDC, Artemis-Urbain et Artemis-
Routier.
Suite aux analyses de la méthode et des résultats obtenus par cette méthode, nous nous
sommes intéressés à développer une méthode d’optimisation sur cycle des machines
électriques. Pour cela, nous avons choisi une méthode d’optimisation par les algorithmes
génétiques. C’est la méthode Non-dominated Sorting Genetic Algorithm II (NSGA-II).
Les études paramétriques présentées dans le chapitre II sont utilisés pour cette méthode
d’optimisation afin de choisir les intervalles des variables.
Ensuite, nous allons présenter les résultats d’optimisation obtenus pour les deux
modèles différents de pertes fer : pertes fer à vide et en charge et pour les trois cycles de
fonctionnement donnés : NEDC, Artemis-Urbain, Artemis-Routier. Des analyses
comparatives de ces résultats en termes de performances énergétiques, de temps de calcul, de
type d’utilisation seront effectuées. Finalement, une étude plus détaillée des machines
optimisées pour chaque cycle de fonctionnement sera présentée.
149
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Nous menons ici une démarche de conception par optimisation à l’aide d’un algorithme
génétique multicritère, NSGA-II. Cette méthode est numérique, et se base sur les
modélisations par éléments finis 2D et le traitement des résultats par le logiciel Matlab.
Pour une telle démarche d’optimisation, nous devons définir les critères à atteindre, les
variables de conception et les contraintes à respecter.
Les pertes à minimiser comprennent les pertes cuivre dues au courant de l’axe q, celles
dues au courant de l’axe d et les pertes fer.
La méthode de calcul de pertes cuivre sur cycle a été présentée précédemment en tenant
compte des têtes de bobines. Pourtant, elles ne sont pas prises en compte dans les pertes
cuivre présentées dans ce chapitre. La raison est qu’au moment de l’étude
d’optimisation, nous ne les avions pas pris en compte et que les calculs d’optimisation
prenant beaucoup de temps, nous n’avons pas pu refaire des calculs pour la rédaction.
Pourtant, pour donner les ordres de grandeur de ces pertes, nous avons présenté ces
calculs pour chaque machine dans le chapitre précédent.
En effet, du début jusqu’à la fin du projet MEEI, les industriels ne s’intéressaient qu’à la
longueur active. Puis, à la fin du projet, ils ont écarté les machines à bobinages répartis
de la liste des machines sélectionnées alors que les deux machines à bobinages
concentrés ont de courtes têtes de bobines (environ 10 % - 15 % de la longueur active).
Donc, les pertes dues à ces parties deviennent négligeables.
Les pertes fer sont calculées dans deux cas : à vide et en charge. Nous nous intéressons
donc à traiter ces deux modèles de pertes fer dans cette démarche d’optimisation dans le
but d’étudier les impacts de ces modèles sur les résultats d’optimisation.
150
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Dans cette équation, nous précisions que les pertes sont toutes exprimées en valeurs
moyennes, pour un cycle de fonctionnement donné. Les cycles et les modèles de pertes
ont été présentés dans le chapitre II.
Pour déterminer cette valeur pour une machine quelconque, nous avons défini les
paramètres suivants pour le point de base :
- Le couple de base Cb = 210 Nm
- La vitesse de base Nb = 1820 tr/min
- La tension du bus continu de l’onduleur de tension est U0 = 300 V
U0 K1 K2 K3
2
A VAN
U0 B
VBN
C
U0 VCN
2 K4 K5 K6
N
151
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
U0 / 2 U0 / 2
Ωb ≤ = (IV. 3)
p.Φ p.N s .ϕm
Où :
Ωb : Vitesse de rotation de la machine (rad/s)
2π
Ωb = N b . = 190,6 rad / s (IV. 4)
60
N s = n b .n s (IV. 5)
Machine nb
MSCF 12-8 4
MSCF 12-16 4
MSCF 48-8 8
MSAP 48-8 8
Supposant que les bobines sont connectées en série, nous pouvons en déduire le nombre
de spires par bobine et par phase :
U0 / 2
ns ≤ (IV. 6)
p.n b .ϕ m .Ω b
152
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
δ b .k b .S b
Ib = (IV. 7)
ns
Où :
Ib : Courant efficace du point de base (A)
δb : Densité de courant efficace permet d’avoir Cb = 210Nm (A/mm2)
kb : Coefficient de remplissage
Sb : Section d’une bobine (mm2)
Pour les trois machines synchrones à concentration de flux MSCF 12-8, MSCF 12-16 et
MCSF 48-8, nous avons choisi cinq variables et pour la MSAP 48-8, nous avons choisi quatre
variables (Figure I.20) (Tableau IV. 2).
Variation
Symbole Définition Nature Machine
Min Max
Rapport du rayon d’entrefer /
Re/Rsext Continue 0,45 0,85 Toutes
Rayon extérieur du stator
153
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Hc
Ea1
Re
Ra
(a) MSCF
Hc
Re Ea
Ra
(b) MSAP
Les constantes du problème d’optimisation sont définies soit selon le cahier des charges,
soit selon les données techniques. Il y a le rayon externe du stator Rsext = 100 mm, la longueur
active La = 200 mm, l’entrefer e = 0,6 mm, l’épaisseur de l’ergot au niveau de l’entrefer 2
mm, celui au niveau de l’axe 1 mm, l’épaisseur de l’aimant au niveau de l’axe Ea2 = Ea1 + 3,6
mm, le coefficient de remplissage kb = 0,35 pour les bobinages répartis et kb = 0,6 pour les
bobinages concentrés, etc. Il est à noter qu’il est envisageable d’introduire ces constantes
comme variables du problème d’optimisation.
gi (X ) ≤ 0 (IV. 8)
154
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
• Contrainte thermique :
Les contraintes thermiques ont été fixées par le choix de la densité de courant efficace
maximale injectée dans la machine δ lim = 20 A / mm 2 . Signalons que cette valeur n’est pas
issue d’une modélisation thermique mais de l’expérience des chercheurs de l’équipe SETE.
δ 2 2
i max = max( δ qi + δ di )
δ max = max (IV. 9)
δ b
• Contrainte de tension :
U0
Nous avons fixé une tension maximale à la sortie de l’onduleur de tension , d’où
2
nous avons pu déterminer le nombre de spires par bobine et par phase ns par l’équation (IV.
6). Or, ce nombre n s ∈ N doit satisfaire la contrainte :
g 2 ( X ) = 1 − ns ≤ 0 (IV. 11)
155
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Pour les cycles de fonctionnement du véhicule, que nous avons présenté précédemment,
nous nous intéressons non seulement à optimiser les machines sur chaque cycle mais aussi sur
l’ensemble de trois cycles : NEDC, Artemis-Urbain, Artemis-Routier.
De plus, le processus présenté dans la Figure IV.3 représente non seulement les
démarches d’optimisation avec le modèle des pertes fer à vide mais aussi pour le modèle des
pertes fer en charge. Certes, les temps de calcul sont différents pour chaque machine, pour
chaque cycle, ainsi que pour chaque modèle de pertes. Le temps de calcul pour le modèle des
pertes fer en charge étant plus grand que celui des pertes fer à vide.
Pour le choix de quatre ou cinq variables à optimiser, nous avons choisi 20 individus
pour chaque génération et 20 générations pour le calcul total, ce qui est équivalent à 400
machines. Ce choix d’un tel nombre de machines peut assurer environ six valeurs tirées dans
les intervalles de chaque variable. De plus, la bonne convergence de NSGA-II vers les valeurs
optimales après chaque génération, ce qui est son avantage, peut donner un front de Pareto
clair de façon rapide.
156
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
C = f (δ q )
Fonctions objectifs : k c1 ϕ m = f (δ d )
Objectif 1 : Minimiser le courant efficace du
⇒ k c 2 ⇒ δ cc
point de base Ib, A
δ
Objectif 2 : Minimiser les pertes totales b
moyennes sur cycle de fonctionnement Ptot,
W
• A vide • Pcu-q-i
• En charge • Pcu-d-i
Non Nombres d’individus
et de générations sont
assurés ?
Oui
157
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Nous présentons dans cette partie les résultats d’optimisation issus du processus de
conception par algorithme génétique NSGA-II en utilisant le modèle des pertes fer à vide. Le
résultat obtenu représente sous la forme d’un front de Pareto dans le plan des critères à
optimiser.
Nous superposons dans le plan des critères à optimiser : pertes totales moyennes sur
cycle – courant efficace du point de base, les fronts de Pareto optimaux obtenus pour les
quatre machines sur le cycle NEDC (Figure IV.4), Artemis-Urbain (Figure IV.5), Artemis-
Routier (Figure IV.6).
1000
Pertes moyennes sur cycle, W
MSCF 12-8
MSCF 12-16
800
MSCF 48-8
MSAP 48-8
600
400
200
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
1000
Pertes moyennes sur cycle, W
MSCF 12-8
MSCF 12-16
800
MSCF 48-8
MSAP 48-8
600
400
200
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
158
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1500
500
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
En se basant sur les fronts Pareto obtenus, nous avons trouvé que la MSCF 12-16 offre
les meilleures performances pour chaque cycle. En effet, le fait qu’elle possède un nombre
deux fois plus élevé de pôles au rotor offre une possibilité d’obtenir une valeur de couple la
plus importante pour une même valeur de courant. En conséquence, elle dissipe moins de
pertes cuivre et la minimisation de l’ensemble des pertes assure que les pertes fer ne
contrebalancent pas ce point.
Les deux machines MSCF 12-8 et MSAP 48-8 quant à elles offrent également des
performances très intéressantes. La MSAP 48-8 parait meilleure que la MSCF 12-8. En effet,
le choix de Br comme variable a une influence sur les valeurs des pertes. Grâce à cette
variable, la MSAP 48-8 peut diminuer les pertes fer par l’effet des petites dents et des pôles
lisses. C’est probablement la raison pour laquelle elle offre clairement de meilleures
performances que la MSCF 12-8 pour les cycles NEDC, Artemis-Routier où les vitesses de
rotation sont plus importantes que celles de Artemis-Urbain.
La MSCF 48-8 au contraire, offre quant à elle les performances les moins intéressantes.
En effet, la MSCF 48-8 donne beaucoup plus de pertes et demande un courant élevé. Cela
peut être causé par deux origines importantes :
• L’effet des bobinages répartis demandent plus de pertes cuivre pour une même
section d’encoche, en raison d’un coefficient de remplissage plus faible.
• Par rapport à la MSAP 48-8, la saillance dans la MSCF 48-8 fait les pertes fer plus
importantes.
Nous reviendrons sur cette analyse de façon plus détaillée par la suite.
Une comparaison du temps de calcul pour chaque cycle et pour les quatre machines a
été également effectuée sur les mêmes nombres d’individus et de générations (20 individus x
20 générations) : le temps de calcul pour chaque machine et pour chaque cycle est autour de
trois jours.
159
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Tableau IV. 3. Comparaison du temps de calcul pour les quatre machines (jours)
Nous indiquons ci-dessous (Figure IV.7) l’évolution des variables de conception le long
du front optimal, en fonction du courant efficace. Cette évolution est analysée
particulièrement pour le cycle NEDC, mais elle est également valable pour tous les cycles
effectués. Certes, ces résultats sont toujours délicats à analyser. Nous pouvons toutefois noter
certaines tendances allant dans le sens de l’augmentation du courant efficace, ou bien dans le
sens de la diminution des pertes totales moyennes sur cycle :
De plus, à partir de ces évolutions de paramètres, nous pouvons avoir des ordres de
grandeur de valeurs optimales.
Sur la Figure IV.7.a, nous pouvons remarquer, par exemple, que les valeurs optimales
du rapport rayon d’entrefer/rayon extérieur Re/Rsext sont proches de la valeur 0,65 pour les
deux machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16 alors que pour les deux machines MSCF 48-8 et
MSAP 48-8, ces valeurs sont proches de 0,55 - 0,6.
Ainsi, nous pouvons remarquer clairement à la Figure IV.7.c que les valeurs optimales
de Hc/Ld sont proches de 2-2,5 pour les deux machines à bobinages répartis alors que celles
des deux machines à bobinages concentrés, elles sont proches de 0,6.
Les autres paramètres optimaux n’ont pas clairement une convergence vers une valeur
déterminée, le rayon d’arbre ou Br par exemple. Ils varient légèrement selon les valeurs du
courant Ib par une tendance mais il n’y a pas d’une convergence claire vers une valeur
concrète. C’est pourquoi, nous montrons ces évolutions mais nous ne pouvons pas en
conclure par une généralisation.
160
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
0.75
MSCF 12-8 1.2 MSCF 12-8
MSCF 12-16 MSCF 12-16
0.7
Paramètre Re/Rsext
Paramètre Br, T
MSAP 48-8 1
MSAP 48-8
0.65
0.8
0.6
0.6
0.55
0.4
0.5
0 500 1000 1500 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
1.5 6
1
4
0.5
0 2
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
4
ns
35
3
30
2
25 1
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
I.4. Analyse et sélection des solutions avec des pertes fer à vide
Le choix des solutions optimales est en fonction des objectifs de recherche. Donc, il y
a plusieurs possibilités de choisir la machine optimale. Nous entrons dans une analyse des
choix des machines optimales pour le cycle NEDC par exemple (Figure IV.8).
Si nous choisissons une machine qui a une valeur de courant efficace limitée
(inférieure à 200 A par exemple) et qui minimise les pertes moyennes sur cycle, nous pouvons
choisir les solutions numéro 1, 2, 3, 4 correspondant respectivement à la MSCF 12-8, la
MSCF 12-16, la MSCF 48-8 et la MSAP 48-8. Elles ont les pertes moyennes sur cycle les
plus faibles parmi les machines représentées dans leurs fronts de Pareto.
161
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1000
Pertes moyennes sur cycle, W 3 MSCF 12-8
1 MSCF 12-16
800
9 11 MSCF 48-8
MSAP 48-8
600
7
4
400 5
200 2
6
10 1 8
0 2
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
Si nous choisissons une machine qui minimise les pertes moyennes sur cycle et qui a
une grande flexibilité des valeurs de courants, jusqu’à une valeur autour de 600 A par
exemple, nous pouvons choisir les solutions numéro 5, 6, 7, 8, respectivement pour la MSCF
12-8, la MSCF 12-16, la MSCF 48-8 et la MSAP 48-8. Elles ont les pertes moyennes sur
cycle les plus petites sur l’ensemble des fronts de Pareto.
Alors, le choix des machines optimales dépend des concepteurs et de leurs objectifs.
Pour notre étude, afin de minimiser les pertes ainsi que le courant, les solutions optimales
choisies à partir des fronts de Pareto sont les machines qui offrent les performances les plus
proches à la courbe ayant le rapport Pmoy/Ib = 1. En se basant sur ce critère, nous avons obtenu
des machines optimales pour chaque cycle : 9, 10, 11, 12, respectivement pour la MSCF 12-8,
la MSCF 12-16, la MSCF 48-8 et la MSAP 48-8. Ce principe de choix des solutions
optimales est le même pour les autres cycles avec le modèle des pertes fer à vide et en
charges.
Nous nous intéressons ensuite à analyser les solutions optimales choisies pour
concrétiser l’ensemble des paramètres de conception, des caractéristiques électromagnétiques
et géométriques.
Enfin, les paramètres d’optimisation, les critères d’optimisation ainsi que les contraintes
sont présentés dans les tableaux IV.4, IV. 7, IV. 8 pour chaque machine optimale.
162
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
800 1000
Pcu-q Pcu-q
Pcu-d 800 Pcu-d
600
Pertes, W
Pertes, W
Pfer-h Pfer-h
600
400 Pfer-cf Pfer-cf
400
200
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
1000 800
Pcu-q Pcu-q
800 Pcu-d Pcu-d
600
Pertes, W
Pertes, W
Pfer-h Pfer-h
600
Pfer-cf 400 Pfer-cf
400
200
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
163
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
La meilleure solution pour cette application est la MSCF 12-16, selon les critères
proposés. Elle offre non seulement les pertes les plus petites mais aussi une bonne condition
thermique avec une densité de courant maximale très faible. Grâce à un grand nombre de
pôles, elle donne les pertes cuivre faibles alors que les pertes fer sont beaucoup plus
164
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
importantes. Pourtant, elle utilise des aimants à Br = 0,4 T, donc beaucoup moins couteux par
rapport aux autres machines. Cette machine nécessite une faible densité de courant de court-
circuit (3,5 A/mm2) pour le défluxage, ainsi qu’une faible densité de courant (7,3 A/mm2)
pour atteindre le point de base.
La MSCF 48-8 apparait comme la moins intéressante au niveau des pertes ainsi qu’au
niveau thermique. Même si elle utilise des aimants à Br faibles, elle dissipe beaucoup de
pertes. En effet, les bobinages répartis avec un faible coefficient de remplissage et les sections
bobinables plus petites sont à l’origine des pertes cuivre élevées. En addition, un volume
important des tôles magnétiques au stator rend les pertes fer élevées (Figure IV.9.c). En outre,
cette machine demande une densité de courant de défluxage et celle du point de base plus
élevées que les autres machines.
La MSAP 48-8 quant à elle offre des performances intéressantes. Elle demande un
volume d’aimants moins important que celui demandé par les autres machines. De plus, bien
qu’elle donne des pertes cuivre plus importantes que celles des deux machines à bobinages
concentrés, notamment les pertes cuivre dues au défluxage (Figure IV.10.d), elle donne
beaucoup moins des pertes fer par hystérésis, ainsi que celles dues aux courants de Foucault.
La MSCF 12-8 donne des performances aussi intéressantes que la MSAP 48-8. De
plus, comme les pertes calculées ne comptent pas les têtes des bobines, elle pourrait être plus
intéressante que la MSAP 48-8 si nous en tenons compte parce qu’elle a des têtes de bobines
plus courtes.
Pour justifier les valeurs des pertes cuivre, nous utilisons les méthodes de calcul
simplifiées que nous avons présentées dans le chapitre II en définissant des valeurs efficaces
ou moyennes sur cycle (par la formule (II. 19)). Puis les formules (II. 5), (II. 6) et (II. 20), (II.
21), (II. 22) permettent de calculer les valeurs moyennes des pertes cuivre sur cycle, Pcu-q et
Pcu-d (pages 78-79).
Comme la méthode est pareille pour tous les cycles, nous présentons ci-dessous les
résultats de ces vérifications uniquement pour le cycle NEDC, pris comme exemple.
165
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
En comparant avec les valeurs des pertes cuivre dans le tableau IV. 4, nous trouvons
qu’elles sont très proches. La précision de la méthode appliquée au processus d’optimisation
est donc assurée.
Pour les valeurs des pertes fer, la méthode simplifiée présentée dans le chapitre II se
base sur le modèle des pertes en supposant que l’induction est sinusoïdale comme dans les
formules (II .29) – (II. 32) (pages 86-88). Les valeurs des pertes fer sont présentées dans le
tableau suivant :
Tableau IV. 6. Paramètres pour quatre machines optimisées sur le cycle NEDC
Machine B m − x (T) B m − y (T) fmoy (Hz) feff (Hz) Ph (W) Pcf (W)
En comparant avec les valeurs des pertes fer Ph et Pcf dans le tableau IV. 4, nous
trouvons que les valeurs de Ph sont les mêmes parce qu’elles ne dépendent que de l’amplitude
maximale de densité de flux. Même s’il y a une différence de Pcf dans ces deux tableaux, elles
sont dans des ordres de grandeurs proches. Cette différence est causée par la simplification
des variations de Bx, By (des composantes harmoniques). La méthode appliquée au processus
d’optimisation est donc assurée.
Comme le processus ne change pas entre les cycles, une fois que nous vérifions les
calculs des pertes pour ce cycle NEDC, nous ne les faisons pas pour les cycles suivants.
166
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
600 300
Pcu-q Pcu-q
Pcu-d Pcu-d
Pertes, W
200
Pertes, W
200 100
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
1000 1000
Pcu-q Pcu-q
800 Pcu-d 800 Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
Pfer-h Pfer-h
600 600
Pfer-cf Pfer-cf
400 400
200 200
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
167
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Paramètres de vérification
Sb (mm2) 300 337 189 242
δ b (A/mm2) 8,1 3,7 12,9 10,7
La MSCF 12-16 est aussi la meilleure solution pour le cycle Artemis-Urbain. Elle est
très avantageuse thermiquement avec une densité de courant maximale sur cycle très faible.
Elle produit des pertes fer assez importantes à cause d’un grand nombre de pôles, elle donne
en revanche des pertes cuivre faibles. En plus, elle nécessite des aimants à Br le plus faible,
168
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
donc beaucoup moins couteux par rapport aux autres machines. En outre, la Figure IV.12.b a
bien montré qu’elle est plus facile à être défluxée ( δ cc = 4,3 A / mm 2 ), donc, elle a des pertes
cuivre dues au défluxage faibles. Elle demande un faible courant pour atteindre le point de
base ( δ b = 3,7 A / mm 2 ).
Les deux machines MSCF 12-8 et MSAP 48-8 quant à elles offrent des performances
intéressantes. La MSCF 12-8 offre des pertes cuivre moins importantes grâce aux bobinages
concentrés alors que la MSAP 48-8 gagne considérablement en pertes fer. La MSAP 48-8
quant à elle demande un volume d’aimants beaucoup moins important que celui demandé par
les autres machines. L’épaisseur de l’aimant n’est que de 3,3 mm.
La MSCF 48-8 parait comme la moins intéressante même si elle offre des
performances pas loin de celles offertes par d’autres machines. Elle sollicite des aimants à Br
de manière important et elle n’est pas avantageuse thermiquement.
Au niveau des pertes fer, pour toutes les quatre machines optimisées, nous trouvons que
le rapport Ph/Pcf est autour de 1/0,5 alors que pour le cycle NEDC, ce rapport est autour de
1/1. En effet, le cycle Artemis-Urbain a des vitesses plus faibles par rapport à celles du cycle
NEDC. De plus, les pertes fer dues aux courants de Foucault sont proportionnelles au carré de
la fréquence (ou de la vitesse de fonctionnement). Alors, à faibles vitesses, ces pertes sont
bien diminuées.
169
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1500 800
Pcu-q Pcu-q
Pcu-d 600 Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
1000 Pfer-h Pfer-h
Pfer-cf 400 Pfer-cf
500
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
1500 2500
Pcu-q Pcu-q
Pcu-d 2000 Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
1000 Pfer-h Pfer-h
1500
Pfer-cf Pfer-cf
1000
500
500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
170
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Selon la (Figure IV.14), nous avons trouvé également qu’elles demandent de faibles
volumes d’aimants et de matériau magnétique au rotor. C’est un avantage thermique lors du
fonctionnement fréquent à grandes vitesses. Pourtant, la MSCF 12-16 est la meilleure solution
dans ce cas.
La MSAP 48-8 quant à elle offre des performances intéressantes et pas loin de celles
offertes par la MSCF 12-16. Elle nécessite des aimants à Br faibles. C’est la raison pour
laquelle elle a besoin d’une densité de courant plus importante que les trois autres machines.
Bien que l’épaisseur d’aimants soit assez importante, les pertes fer dans cette machine sont
beaucoup plus faibles par rapport aux autres.
La MSCF 48-8 est enfin la machine la moins intéressante, notamment au niveau des
pertes. Même si son Br optimum est relativement faible, elle présente beaucoup de pertes
cuivre ainsi que des pertes fer. Les pertes sont deux fois plus élevées que celles d’autres
machines, notamment les pertes fer au rotor à cause d’un gros volume de matériau
magnétique.
Au niveau des pertes fer, comme ce cycle a des vitesses plus grandes que les deux
cycles précédents, les machines optimales ont des pertes Ph et Pcf bien plus élevées. Les
rapports Ph/Pcf sont différents pour chaque machine, mais ils varient autour de 1/1.
171
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
I.4.4. Conclusion
Parmi les quatre machines optimisées sur chaque cycle, nous avons trouvé que la MSCF
12-16 offre la meilleure performance selon les critères d’optimisation. Elle demande un
courant beaucoup plus faible, ainsi elle consomme moins d’énergie par rapport aux autres. En
plus, elle utilise des aimants à Br plus faible par rapport aux autres machines optimales, tandis
que les aimants sont la partie la plus chère des machines, ce qui en fait la plus économique des
quatre.
La MSCF 12-8 elle aussi offre une bonne performance qui est proche de celle de la
MSCF 12-16. En plus, son volume d’aimants est plus faible que celui de la MSCF 12-16.
Mais, elle nécessite des aimants à grandes valeurs de Br par rapport aux autres, donc,
économiquement, elle n’est pas intéressante.
Les deux machines à bobinages répartis quant à elles ne sont pas avantageuses au
niveau des coefficients de remplissage par l’effet de petites dents et de type de bobinage. Elles
offrent en général des performances beaucoup moins intéressantes que les deux machines à
bobinage concentré sur chaque cycle.
Au niveau des pertes fer, nous trouvons qu’en général les rapports Ph/Pcf des machines
optimales est autour de 1/1. Dans tous les cycles étudiés, la MSCF 48-8 ont les pertes fer les
plus élevées que celles des trois autres machines alors que la MSAP 48-8 ont les pertes fer les
plus faibles. En effet, la MSCF 48-8 optimale nécessite les aimants à Br élevé alors que les
aimants de la MSAP 48-8 sont souvent à faibles Br. Cela est peut être raison pour laquelle ses
pertes fer sont plus importantes. D’ailleurs, selon les structures des machines électriques, les
pertes fer peuvent dépendre de la composante fondamentale ou des composantes
harmoniques, ce qui peut rendre une grande différence entre Ph et Pcf.
En considérant sur les fronts de Pareto obtenus et l’analyse des solutions optimales,
nous trouvons que les machines optimales pour chaque cycle sont différentes. Donc, il y a une
possibilité d’application de cette méthode d’optimisation sur différents cycles de
fonctionnement.
172
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Afin d’améliorer les performances des machines, le défluxage est nécessaire pour
diminuer les pertes fer et atteindre la vitesse désirée. La prise en compte des pertes dues au
défluxage fait augmenter le temps de calcul pour l’optimisation. Mais le défluxage permet une
vue complète sur les performances comparatives sur cycle des machines étudiées. Nous
présenterons donc ci-dessous les résultats d’optimisation issus du processus de conception par
algorithme génétique NSGA-II en utilisant le modèle des pertes fer en charge. Le résultat
obtenu est représenté sous forme de fronts de Pareto dans le plan des critères à optimiser.
Nous superposons dans le plan des critères à optimiser : pertes totales moyennes sur
cycle – courant efficace du point de base, les fronts de Pareto optimaux obtenus pour les
quatre machines sur le cycle NEDC (Figure IV.15), Artemis-Urbain (Figure IV.16), Artemis-
Routier (Figure IV.17).
173
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Vu les fronts de Pareto obtenus, nous avons trouvé clairement que la MSCF 12-16
offre les meilleures performances parmi les quatre machines étudiées pour chaque cycle. Dans
ces cas, grâce au défluxage, elle a effectivement moins des pertes fer sur cycle.
Les machines MSCF 12-8 et MSAP 48-8 quant à elles offrent des performances
similaires sur tous les cycles alors que la machine MSCF 48-8 donne beaucoup plus de pertes
d’énergie électrique sur cycle. Ce fait doit être dû aux pertes fer importantes dans la dernière.
En conclusion, en tenant compte le défluxage, la MSCF 12-16 reste toujours la meilleure
machine parmi ces quatre machines.
Au niveau du temps de calcul, une comparaison pour chaque cycle et pour les quatre
machines a été effectuée sur les mêmes nombres d’individus et de générations (20 individus x
20 générations) :
Tableau IV. 9. Comparaison du temps de calcul pour les quatre machines, jours
174
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
temps de calcul entre eux. Il varie entre 11 et 15 jours. La machine MSCF 48-8 prend
exceptionnellement le plus de temps de calcul. En effet, cette structure à petites dents et à
concentration de flux demande un plus grand nombre de mailles par rapport aux autres : les
deux MSCF demandent moins de mailles au stator alors que la MSAP demande moins de
mailles au rotor.
En comparant avec le temps de calcul utilisant le modèle des pertes fer à vide
(Tableau IV.3), nous avons trouvé que le modèle des pertes fer en charges demande
généralement entre quatre et cinq fois plus de temps. En effet, le temps ajouté vient des
calculs de pertes fer en tenant compte du défluxage.
Nous indiquons aussi dans la Figure IV.18 l’évolution des variables de conception le
long du front optimal, en fonction du courant efficace. Cette évolution est analysée
particulièrement pour le cycle NEDC, mais elle est également valable pour tous les cycles
effectués.
Alors, nous avons trouvé que les paramètres (Hc/La) et Ea sont moins dominants par
rapport aux autres. En comparaison avec les résultats obtenus par le modèle des pertes fer à
vide, les tendances sont plus claires cette fois-ci.
Nous pouvons remarquer aussi dans la Figure IV.18.d, les valeurs optimales de
l’épaisseur des aimants sont convergées vers Ea1 = 7 mm pour les machines MSCF 12-8 et
MSCF 12-16 et vers Ea1 = 4 mm pour la MSCF 48-8, Ea = 4,5 mm pour la MSAP 48-8.
175
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
En revanche, les autres paramètres optimaux n’ont pas une convergence vers une valeur
déterminée, le rayon d’entrefer pour la MSAP 48-8 par exemple (Figure IV.18.a). Ils varient
légèrement selon les valeurs du courant Ib par une tendance mais il n’y a pas de convergence
claire vers une valeur concrète.
8 MSCF 12-16
MSCF 48-8
7 MSAP 48-8
3
0 500 1000 1500
Courant du point de base, A
I.6. Analyse et sélection des solutions avec des pertes fer en charge
Revenons maintenant à analyser les fronts Pareto obtenus. Nous avons choisi les deux
objectifs à minimiser : les pertes totales moyennes sur cycle et le courant efficace du point de
base. En conséquence, la solution optimale à partir d’une telle courbe est la machine dont la
position est le plus proche à la courbe du rapport Pmoy/Ib = 1.
176
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
A partir des courbes obtenues (Figure IV.15 -Figure IV.17), nous avons trouvé ces
solutions optimales pour chaque front Pareto et pour chaque cycle.
Nous nous sommes attachés à analyser les solutions obtenues pour concrétiser
l’ensemble des paramètres de conception, des caractéristiques électromagnétiques et
géométriques qui sont présentés dans les tableaux suivants pour chaque cycle.
En outre, comme pour le modèle des pertes fer à vide, nous avons calculé les pertes fer
au rotor uniquement pour les solutions optimales. L’objectif de ce calcul est de montrer la
contribution de ces pertes dans l’ensemble des pertes sur cycle en tenant compte du défluxage.
D’où nous pourrons montrer ses influences sur les performances de machines.
Les solutions optimales des quatre machines sont présentées respectivement dans les
(Figure IV.19), (Figure IV.21), (Figure IV.23) pour le cycle NEDC, Artemis-Urbain, Artemis-
Routier. Les figures (Figure IV.20), (Figure IV.22), (Figure IV.24) présentent les distributions
des pertes sur cycles pour chaque machine optimale : pertes cuivre dues au courant de l’axe q,
d, pertes fer par hystérésis et par courants de Foucault.
Enfin, les paramètres d’optimisation, les critères d’optimisation ainsi que les contraintes
sont présentés dans les tableaux IV.10-IV.12 pour chaque machine optimale.
177
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1200 500
Pcu-q Pcu-q
1000 400
Pcu-d Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
800 Pfer-h Pfer-h
300
600 Pfer-cf Pfer-cf
200
400
200 100
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
Pertes, W
Pfer-h Pfer-h
1600 600
Pfer-cf Pfer-cf
1200 400
800
200
400
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
178
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
La MSCF 12-16 parait comme la plus intéressante au niveau des pertes ainsi qu’au
niveau du courant d’alimentation et au niveau thermique. Les deux machines MSCF 12-8 et
MSCF 12-16 ont presque le même stator (même rayon d’entrefer, Hc et Ld très proches). Elles
ont aussi la même valeur de Br. Pourtant, grâce à un nombre deux fois plus grand de pôles au
rotor, elle offre beaucoup moins de pertes même si elle ne demande pas un volume d’aimants
beaucoup plus grand (Figure IV.19.b).
Les deux machines MSCF 48-8 et MSAP 48-8 paraissaient moins intéressantes. Elles
offrent des valeurs de pertes plus grandes. Elles sont moins bonnes thermiquement. En effet,
les bobinages répartis avec un faible coefficient de remplissage et des sections bobinables plus
petites sont à l’origine des pertes cuivre élevées. En addition, un volume important de tôles
magnétiques au stator et au rotor rendent les pertes fer élevées.
Particulièrement, la MSCF 48-8 donne des pertes en charge plus grandes que celles à
vide. Son origine est venue des pertes fer. La MSCF 48-8 optimisée en charge a des pertes fer
s’élevant à 439 W contre 268 W pour celle optimisée à vide. Certes, le dé fluxage
électronique fait diminuer la composante fondamentale. A partir des figures Figure IV.10 et
Figure IV.20, nous trouvons clairement cet effet.
Pourtant, selon les structures de machines, les pertes fer dépendent effectivement aussi
des composantes harmoniques qui ne sont pas diminuées avec le défluxage électronique. Ces
composantes harmoniques sont à l’origine des pertes fer dues aux courants de Foucault. C’est
pourquoi, ces pertes Pcf en charge sont beaucoup plus élevées que celles à vide (Figure
IV.10.c et Figure IV.20.c).
179
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
500 250
Pcu-q Pcu-q
400 Pcu-d 200 Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
Pfer-h Pfer-h
300 150
Pfer-cf Pfer-cf
200 100
100 50
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
Pertes, W
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Temps, sec Temps, sec
180
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
181
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Comme ce cycle comprend des points de fonctionnement à des couples et vitesses plus
faibles par rapport aux autres cycles, les machines optimisées offrent des pertes plus faibles.
Mais la MSCF 12-16 reste la machine la plus intéressante. Elle utilise un Br faible (0,6 T),
donc, même si elle a un nombre de pôles deux fois plus grand que la MSCF 12-8, ses pertes
fer sont moins élevées.
Les deux machines MSCF 48-8 et MSAP 48-8 restent moins intéressantes. Elles sont
moins bonnes thermiquement et énergétiquement. En effet, la MSCF 48-8 nécessite une
densité de courant au point de base beaucoup plus élevée que les autres machines (13,5
A/mm2). En addition, les pertes fer en charge sont plus élevées qu’à vide. Et l’origine vient
toujours des pertes fer dues aux courants de Foucault, donc, des harmoniques de l’induction
(Figure IV.12.c et Figure IV.22.c).
182
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1000 300
Pcu-q Pcu-q
800 Pcu-d Pcu-d
Pertes, W
Pertes, W
Pfer-h 200 Pfer-h
600
Pfer-cf Pfer-cf
400
100
200
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
Pertes, W
Pertes, W
1000 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 200 400 600 800 1000 1200
Temps, sec Temps, sec
183
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Ce cycle Artemis-Routier possède des points à grandes vitesses avec 89 % des points
en régime du défluxage. C’est pourquoi, les machines fonctionnant durant ce cycle ont des
pertes électriques élevées, notamment les pertes cuivre dues au défluxage et les pertes fer
parce que les fréquences sont souvent élevées.
Parmi les quatre machines, la MSCF 12-16 présente des pertes cuivre et pertes fer au
stator les plus faibles, ainsi qu’un courant faible d’alimentation au point de base. Du point de
vue thermique, elle reste la plus intéressante.
Les deux machines optimisées MSCF 12-8 et MSCF 48-8 nécessitent des aimants à Br
élevée alors que les deux autres ont des aimants à Br bien plus faibles. C’est pourquoi la
MSCF 12-8 et la MSCF 48-8 ont de grandes valeurs de pertes fer, notamment la MSCF 48-8.
Comparant les deux figures Figure IV.14.c et Figure IV.24.c, nous remarquons des
valeurs de pertes en charge beaucoup plus élevées que celles à vide. Pour la valeur maximale
par exemple, elle atteint presque 3000 W en charge et seulement environ 1500 W à vide.
Donc, le défluxage électronique rend les composantes harmoniques de l’induction plus
importantes dans ce cas.
184
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
I.6.4. Conclusion
Pour les quatre machines optimisées sur chaque cycle, nous avons trouvé que la MSCF
12-16 offre la meilleure performance en termes de pertes totales moyennes sur cycle/courant
efficace du point de base. Elle absorbe un courant beaucoup plus faible, ainsi qu’elle
consomme moins d’énergie par rapport aux autres. En plus, elle utilise les aimants les moins
couteux (Br le moins faible dans tous les cas), donc elle est également plus économique au
niveau du coût de matériel. La MSCF 12-8 peut offrir une bonne performance et des
avantages non négligeables : moins de volume d’aimants, bonnes conditions thermiques.
Les deux machines à bobinages répartis offrent des performances moins bonnes que
celles de deux machines à bobinages répartis, même si dans cette partie, nous n’avons pas pris
en compte des pertes cuivre dues aux têtes des bobines. Si nous ajoutons cette partie, les
pertes dans ces deux machines sont accentuées.
Après avoir analysé tous ces résultats, nous trouvons que les deux machines MSCF 48-8
et MSAP 48-8 sont beaucoup moins intéressantes que les deux machines MSCF 12-8 et
MSCF 12-16. C’est pourquoi, nous avons choisi de fabriquer deux prototypes de ces
machines pour la validation des modèles et méthodes proposés que nous avons présentée dans
le chapitre précédent.
Pour les deux modèles de pertes proposés : pertes fer à vide et pertes fer en charges,
nous nous sommes attachés à étudier les impacts sur les résultats obtenus. Il y a deux points
essentiels à analyser : le temps de calcul et l’approximation des résultats d’optimisation de
deux méthodes.
Pour cela, nous présentons les courbes comparatives obtenues pour chaque modèle,
pour chaque machine et pour chaque cycle illustrées dans les figures suivantes.
185
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
600 600
400 400
200 200
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
2000 2000
Pertes moyennes sur cycle, W
1000 1000
500 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
600 700
Pertes moyennes sur cycle, W
300 300
200
200
100
100 0
0 100 200 300 400 500 600 700 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
800 800
Pertes moyennes sur cycle, W
0 100
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
186
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
1000 1000
500 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
2000 2000
1500 1500
1000 1000
500 500
0 0
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A Courant du point de base, A
Pour les deux machines MSCF 12-8 et MSCF 12-16, les courbes obtenues par le
modèle des pertes en charges se retrouvent plus bas que celles obtenues par le modèle des
pertes à vide, donc meilleures performances.
En effet, le modèle des pertes en charges tient compte de l’influence du défluxage sur
la densité de flux dans les tôles magnétiques. Donc, plus grande est la vitesse à laquelle la
machine électrique fonctionne en régime de défluxage, plus faible est la densité de flux dans
la partie magnétique. Alors, grâce au défluxage, les pertes fer sont diminuées. Voyons les
courbes (a) et (b) dans les figures ci-dessus, nous avons trouvé que le défluxage améliore
beaucoup mieux les performances dans les deux machines à bobinages répartis que dans les
deux machines à bobinages concentrés.
Pour la MSAP 48-8, nous trouvons que le front de Pareto obtenu avec le modèle des
pertes fer à vide est aussi proche de celui obtenu avec le modèle des pertes fer en charges.
Nous constatons une diminution très faible au niveau des pertes. C'est-à-dire que le défluxage
ne fait pas diminuer les pertes fer.
Certes, pour chaque modèle, les solutions optimales obtenues ne sont pas les mêmes.
Comme les fronts de Pareto obtenus par les modèles des pertes fer à vide et en charges sont
très proches pour les deux machines, le modèle des pertes fer à vide peuvent être très efficace
dans le but de relever des performances comparatives des machines pour un cahier des
charges donné. En plus, ce modèle peut faire gagner beaucoup de temps par rapport au
modèle complet avec des pertes fer en charges (environ 3 - 5 fois). Donc, dans le cadre des
187
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
études comparatives de plusieurs machines qui acceptent des hypothèses pour les simplifier
comme celle-ci, le modèle des pertes fer à vide est très avantageux.
L’optimisation avec le modèle des pertes fer en charges offre des performances
comparatives plus nettes entre les machines d’études. De plus, la précision de calcul et des
solutions optimales obtenues par ce modèle est plus convaincante. Mais cette méthode
demande un temps considérable pour avoir des résultats suffisamment bons. C’est pourquoi,
l’application d’une de deux méthodes est en fonction des critères et de la précision désirés.
Afin de justifier les impacts des deux modèles de pertes, nous revenons à l’étude de la
contribution de chaque type de pertes fer (pertes par hystérésis ou pertes dues aux courants de
Foucault) dans les machines pour les deux cas : pertes fer à vide et en charge. Pour cela, nous
présentons ci-dessous les valeurs des pertes des machines optimales pour le cycle NEDC par
exemple :
Nous avions remarqué que pour les pertes fer à vide, le rapport Phys/Pcf est autour de
1/1 alors que pour les pertes fer en charges, les Pcf sont plus importantes que les Ph.
Particulièrement, pour les deux machines à bobinages répartis MSCF 48-8 et MSAP 48-8, ce
rapport peut atteindre une valeur autour de 1/2 ou 1/3.
188
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
défluxage électronique. C’est le cas des deux machines à bobinages répartis. Cela explique
pourquoi pour la MSCF 48-8, les fronts de Pareto obtenus par le modèle des pertes fer en
charge se trouve au-dessus des fronts obtenus par le modèle des pertes fer à vide.
Cette méthode utilise donc les mêmes variables (et les mêmes intervalles associés), les
mêmes contraintes et les mêmes critères d’optimisation par rapport au processus NSGA-II. Le
processus de la méthode « tirage aléatoire » est présenté à la Figure IV.28.
Par rapport au NSGA-II, ce processus « tirage aléatoire » n’a pas d’itérations entre les
générations. Il définit dès son début le nombre d’individus tirés, ni. Chaque individu est défini
par une sélection par hasard des valeurs de variables entre leurs intervalles. Dès alors, la
modélisation par éléments finis permet de dessiner la géométrie et de calculer les
performances sur cycle de la machine. Puis, les individus qui ne satisfont pas l’ensemble des
contraintes proposées sont supprimés. Enfin, nous obtenons l’ensemble des machines qui peut
créer un front de Pareto.
Certes, ce processus converge moins bien que le NSGA-II car ce dernier utilise des
algorithmes pour analyser et donner des valeurs de variables qui peuvent rendre une bonne
convergence vers l’optimum après chaque génération. Nous avions travaillé sur la méthode
« tirage aléatoire » avant d’utiliser le NSGA-II, et enfin, nous avons choisi ce dernier pour
notre étude. L’objectif de la méthode « tirage aléatoire » n’est pas donc de faire une
comparaison avec le NSGA-II mais de présenter une méthode d’optimisation.
189
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
C = f (δ q )
k c1 ϕ m = f (δ d )
⇒ k c 2 ⇒ δ cc
δ
b
Contraintes :
Contrainte 1 : g 1 ( X ) = δ max − δ lim ≤ 0
Contrainte 2 : g ( X ) = 1 − n s ≤ 0
2
190
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
Même si notre objectif n’est pas de comparer les deux méthodes d’optimisation, nous
avons effectué deux calculs à un faible nombre d’individus et à un nombre important
d’individus. Nous les avons mis ensemble avec les résultats obtenus par le NSGA-II comme
référence. Ces calculs sont effectués comme exemple, avec la MSCF 12-8, pour le modèle de
pertes fer à vide et sur le cycle NEDC.
2000
NSGA-II
Tirage aléatoire
1500
Pertes, W
1000
500
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
2000
NSGA-II
Tirage aléatoire
1500
Pertes, W
1000
500
0
0 200 400 600 800 1000
Courant du point de base, A
Nous trouvons que les deux résultats d’optimisation obtenus par le NSGA-II et par le
« tirages aléatoire » sont très proches dans ces deux cas. Les fronts de Pareto obtenus par le
NSGA-II couvrent bien les résultats du « tirage aléatoire ». Comme le temps de calcul est
191
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
celui de la modélisation numérique par éléments finis, ces deux méthodes ont besoin du même
temps de calcul pour un même nombre total d’individus.
Nous trouvons que les résultats obtenus par le « tirage aléatoire » approchent le front
de Pareto du NSGA-II, même si ce n’est pas très clair. Alors, cela peut assurer une certitude
du NSGA-II. Cette méthode peut être utilisée dans le cas de comparer des différentes
machines pour une sélection préliminaire. Par contre, comme il nous manque des explications
et des justifications de cette méthode, nous n’avions pas eu le suivre jusqu’au bout. Cette
étude pourrait être une perspective prometteuse.
I.9. Conclusion
En s’appuyant sur les cahiers des charges, nous avons formulé le problème de
l’optimisation sur cycle en définissant les variables, les critères, ainsi que les contraintes pour
assurer la faisabilité et la fiabilité des solutions optimales. Nous avons choisi les algorithmes
génétiques qui sont les algorithmes les plus utilisés pour l’optimisation des machines
électriques. La méthode d’optimisation par NSGA-II nous a offert des fronts de Pareto
exprimant les critères comparatifs voulus. Malgré l’inconvénient souvent évoqué du temps de
calcul de cette méthode, il influence peu notre problème d’optimisation par les modèles
numériques (éléments finis).
Enfin, nous avons étudié les impacts de deux modèles de pertes fer à vide et en
charges sur les résultats d’optimisation. D’où nous pourrons appliquer l’une des deux
méthodes en fonction des critères et de la précision ou du temps désirés. La méthode
d’optimisation avec le modèle des pertes fer à vide prend beaucoup moins de temps de calcul
que celle avec le modèle des pertes fer en charge. Donc, elle peut être utilisée pour trier des
machines lors d’un nombre important de machines étudiées par exemple. Puis la méthode
d’optimisation avec le modèle des pertes en charge peut être utilisée pour trouver les solutions
optimales.
L’intérêt important de notre étude est que la méthode de calcul des pertes sur cycle est
valable pour tous les cycles demandés. Alors, pour un cahier des charges donné et une
192
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
machine synchrone à aimants permanents donnée, nous pouvons calculer les pertes
électromagnétiques moyennes sur cycle. Nous pouvons également appliquer les méthodes
d’optimisation pour trouver la machine optimale selon les critères demandés.
Un autre point intéressant de notre étude, nous avons trouvé que les deux machines à
bobinages répartis ont des pertes fer en charge dues aux courants de Foucault plus importantes
que celles à vide alors que ce n’est pas le cas des deux machines à bobinages concentrés.
Alors, selon les structures des machines électriques, le défluxage électronique peut diminuer
ces pertes ou non.
Bibliographie
[4.1] D. H. Tran, “Conception Optimale Intégrée d’une chaine éolienne « passive » : Analyse de
robustesse, validation expérimentale”, Thèse de doctorat de l’Université de Toulouse, 2010.
[4.2] T. V. Tran, “Problèmes Combinatoires et Modèles Multi-Niveaux pour la Conception Optimale
des Machines Electriques”, Thèse de doctorat de l’Ecole Centrale de Lille, 2009.
[4.3] J. Regnier, “Conception de systèmes hétérogènes en Génie Electrique par optimisation
évolutionnaire multicritère”, Thèse de doctorat de l’INPT, 2003.
[4.4] A. Abdelli, “Optimisation multicritère d’une chaine d’éolienne passive”, Thèse de doctorat de
l’NPT, 2007.
[4.5] V. Debusschere, “Contributions méthodologiques à l’éco-conception des convertisseurs
électromagnétiques d’énergie”, Thèse de doctorat de l’ENS Cachan, 2009.
[4.6] J. Regnier, “Conception de systèmes hétérogènes en Génie Electrique par optimisation
évolutionnaire multicritère”, Thèse de doctorat de l’INPT, 2003.
[4.7] B. Sareni, “Conception simultanée par Optimisation des Systèmes d’énergie électrique”,
Habitation de recherche INPT, 2006.
[4.8] P. H. Nguyen, E. Hoang, M. Gabsi, “Bi-criteria Optimization Design of An Interior Permanent
Magnet Synchronous Machine for Hybrid Electric Vehicle Application”, ELECTRIMACS 2011,
Cergy-Pontoise, France, 6-8 Juin.
[4.9] O. de la Barrière, H. Ben Ahmed, M. Gabsi, “Axial Flux Machine Design for Hybrid Traction
Applications”, PEMD 2008, York, UK, 2-4 Avril
193
Chapitre IV : Optimisation sur cycle des machines électriques par algorithmes génétiques
194
Conclusion générale
CONCLUSION GENERALE
Nous avons présenté ensuite les méthodes d’optimisation pour la conception des
machines électriques, notamment des méthodes utilisant les algorithmes génétiques qui sont
les plus utilisées actuellement. Finalement, notre choix s’est porté sur l’algorithme NSGA-II,
une méthode populaire grâce à sa simplicité, une convergence rapide, la possibilité de fixer
des variables et des contraintes non-linéaires, etc.
Nous avons aussi présenté des modèles de pertes dans les MSAP utilisées pour les
applications aux véhicules hybrides/électriques. Ce sont des modèles de pertes fer qui
décomposent les pertes par hystérésis et les pertes par courants de Foucault. Nous les avons
analysés dans le contexte de l’optimisation des machines électriques en prenant en compte les
composantes harmoniques des densités de flux, le défluxage, la possibilité de calcul sur
l’ensemble d’un cycle de fonctionnement. D’où nous avons choisi le modèle des pertes fer
proposé dans la thèse de E. Hoang que nous avons pu ensuite développer mathématiquement
pour construire les méthodes de calcul de pertes moyennes sur cycle dans les deux cas : pertes
fer à vide et en charge.
195
Conclusion générale
Même si dans cette étude du premier chapitre, nous n’avons pas pris en compte les
pertes fer, elle reste très intéressante parce que nous avons pu définir les intervalles de ces
variables liés au problème d’optimisation. De plus, selon ces critères, nous avons pu estimer
des ordres de grandeur de paramètres optimaux, par exemple, le rayon d’entrefer doit être
dans les valeurs autour de 60% - 65% du rayon extérieur pour les machines à bobinages
concentrés et de 55% - 60% pour les machines à bobinages répartis.
Dans les deux chapitres suivants, nous avons présenté le développement des modèles
de pertes pour les machines électriques, y compris les modèles des pertes cuivre et les
modèles des pertes fer ainsi que leur validation expérimentale.
Nous avons proposé dans un premier temps la méthode de calcul des pertes cuivre
moyennes sur cycle de fonctionnement du véhicule. Pour cela, nous avons supposé que le
courant de l’axe q crée principalement le couple dans la machine et que le courant de l’axe d
défluxe la machine pour des vitesses supérieures à la vitesse de base. Ces deux hypothèses ont
été validées lors des essais.
En effet, nous avons montré expérimentalement que pour avoir un couple donné à des
vitesses inférieures à la vitesse de base, l’injection du courant uniquement dans l’axe q peut
minimiser les pertes cuivre. Nous avons donc pu valider le modèle de couple en fonction du
courant. L’injection d’un courant dans l’axe d, jusqu’à la valeur du courant de court-circuit,
défluxe la machine et la fait atteindre de grandes vitesses, ce qui correspond bien à notre
modèle de défluxage basé sur ce courant de court-circuit. Alors, les pertes cuivre ont été
calculées séparément pour les deux axes d et q. Ce principe de calcul permet d’identifier les
contributions des pertes cuivre, notamment les pertes cuivre dues au défluxage pour les
machines fonctionnant fréquemment à hautes vitesses.
Ensuite, trois modèles de calcul des pertes fer ont été proposés : le modèle simple en
supposant que l’induction est sinusoïdale dans toutes les subdivisions de calcul ; le modèle de
l’intégral permettant de tenir compte des composantes harmoniques de l’induction ; et le
modèle « modèle des valeurs moyennes » développé mathématiquement à partir du modèle
intégral. Les impacts de ces modèles sur des pertes fer moyennes sur cycle ont été analysés et
comparés. Ainsi, la précision de ces développements mathématiques a été confirmée.
Nous avons alors choisi le modèle « modèle des valeurs moyennes » qui a pour but de
calculer les pertes fer à vide et en charge sur un cycle donné. Les comparaisons modèle-essais
des pertes fer, calculées par ce modèle, ont été effectuées dans les trois cas :
• Pertes fer à vide sans courants
• Pertes fer à vide avec I d ≠ 0 mais C = 0
• Pertes fer en charge ( I q ≠ 0 et I d ≠ 0 )
Dans tous les cas, il y a une différence entre modèle et essais. Pourtant, ces différences
sont presque similaires dans les trois cas, nous pensons donc que ce sont les pertes
mécaniques et les pertes fer au rotor. Ainsi, cela pourrait assurer une validation de nos
modèles de pertes fer.
196
Conclusion générale
Une étude sur l’influence de quelques paramètres sur le résultat des pertes a été faite,
dont, le nombre de subdivisions dans une moitié dent-culasse et le changement du repère.
Ainsi, nous avons pu choisir leurs valeurs optimisées pour notre étude : 10 subdivisions dans
une moitié dent-culasse, l’assemblage des inductions de l’axe Ox dans la dent avec celles de
l’axe Oy dans la culasse, l’assemblage de celles de l’axe Oy dans la dent avec celles de l’axe
Ox dans la culasse. Cela évite les erreurs de l’effet de moyennage dans notre modèle.
Pour l’optimisation sur cycle, nous avons défini les variables, les critères, ainsi que les
contraintes pour assurer la faisabilité et la fiabilité des solutions optimales. Les résultats
d’optimisation sont représentés sous forme de fronts de Pareto qui :
• Minimisent les pertes moyennes sur cycle
• Minimisent le courant efficace du point de base
Selon les résultats d’optimisation, nous avons trouvé que la MSCF 12-16 offre les
performances les plus intéressantes sur chaque cycle ou sur l’ensemble des trois cycles, pour
les pertes fer à vide et en charge. Particulièrement, les solutions optimales de MSCF 12-16
utilisent des aimants à faible Br, ce qui est avantageux en termes du coût des matériaux. Les
deux machines MSCF 12-8 et MSAP 48-8 offrent des performances moins intéressantes mais
proches que celles de la MSCF 12-16 alors que la MSCF 48-8, avec ses particularités du type
de bobinage et du positionnement des aimants, devient la moins intéressante. Cette dernière
dissipe des pertes cuivre et des pertes fer beaucoup plus importantes que celles des trois autres
machines. De plus, le défluxage fait augmenter les pertes fer en charge par les composantes
harmoniques, tandis que l’avantage du défluxage est de limiter ces pertes en augmentant la
vitesse de rotation, ce qui est le cas des trois autres machines. Alors, dans ce cas, la
concentration de flux est efficace pour les bobinages concentrés mais pas pour les bobinages
répartis. C’est une remarque importante et utile pour le choix des structures de MSAP.
Quant à l’application des modèles des pertes fer à vide et en charge dans le processus
d’optimisation, la méthode d’optimisation avec le modèle des pertes fer à vide prend
197
Conclusion générale
beaucoup moins de temps de calcul qu’avec le modèle des pertes fer en charge. Donc, elle
peut être utilisée pour sélectionner des machines lors d’un nombre important des machines
étudiées. Puis la méthode d’optimisation avec le modèle des pertes en charge peut être utilisée
pour trouver les solutions optimales et comparer des machines prometteuses.
Afin de pouvoir critiquer les résultats d’optimisation, nous avons positionné les deux
machines d’essai sur les fronts de Pareto pour chaque cycle, dans une même échelle
dimensionnelle (200 mm x 200 mm). D’où nous pouvons les vérifier et les comparer avec les
machines optimisées. La MSCF 12-8 d’essai offre des performances proches des fronts de
Pareto alors que la MSCF 12-16 possédant des aimants à Br = 1 T se retrouve loin des fronts
de Pareto où les solutions optimales sollicitent des aimants à faibles valeurs de Br. C’est aussi
une remarque importante et utile pour le choix des machines optimales des concepteurs.
PERSPECTIVES
Dans notre étude, nous avons proposé des modèles de couple, de défluxage, de pertes
fer à vide et en charge en vue de l’optimisation sur cycle des machines synchrones à aimants
permanents. Certes, notre étude contribue à l’élaboration des modèles, des méthodes et des
résultats importants à l’optimisation des machines électriques en tenant compte des
contraintes systémiques. Mais il est nécessaire d’avoir des améliorations de modèles pour
avoir une meilleure précision et de pouvoir ramener cette étude à des études généralisables sur
l’ensemble des MSAP.
Pour les modèles de pertes fer, afin d’utiliser les mêmes méthodes de calcul des pertes
moyennes sur cycle, l’amélioration du modèle pourrait être effectué par l’étude de l’influence
de la fréquence sur les coefficients kh1, kh2 et kcf, par exemple k h1 ( f ) , k h 2 ( f ) , k cf ( f ) :
2
Pfer = (k h1 ( f ).∆B1 + kh 2 ( f ).∆B 2 ). f + α ( f ).F cf . f 2 (C. 12)
Pour cela, le modèle (I. 10) (page 23) proposé par [1.89] pourrait être utile car les
auteurs ont proposé un modèle où ces coefficients dépendent non seulement de la fréquence
mais aussi de l’induction magnétique dans la zone de calcul. Les modèles proposés dans
[1.22], [1.29] et [1.40] pourraient également utiles car les coefficients ne dépendent que de la
fréquence. Pourtant, les auteurs dans ces références n’ont pu que proposer une méthode de
calculer les pertes fer à vide pour différentes fréquences, mais pas les pertes fer en charge.
Alors, selon notre modèle, si les coefficients ne dépendent que de la fréquence (ou de la
vitesse de rotation), nous pourrons calculer des pertes fer en charge en les séparant en deux
parties :
• Les paramètres magnétiques ∆B 1 , ∆B 2 et F cf peuvent être calculés par les
méthodes usuelles.
• Les coefficients k h1 ( f ) , k h 2 ( f ) , k cf ( f ) peuvent être déterminées en fonction du
matériau magnétique et de la fréquence de rotation.
198
Conclusion générale
D’ailleurs, il serait nécessaire d’avoir une méthode de calcul des pertes fer au rotor et
des pertes mécaniques qui peuvent prendre une valeur importante. Pour cela, il devrait
prendre en compte la rotation dans le calcul des pertes fer au rotor.
Pour l’optimisation sur cycle, il y aurait plusieurs points à améliorer. Pour la définition
des variables, il faudrait augmenter le nombre de variables et élargir les intervalles, par
exemple le rayon extérieur et la longueur active de la machine. Cela pourrait offrir des
machines plus petites en volume et en poids.
De plus, au niveau des contraintes, nous avons mis une contrainte thermique qui est
représentée sous forme d’une valeur limite de densité de courant δ d = 20 A / mm 2 . Pour cela, il
vaudrait mieux développer un modèle thermique afin de déterminer la température maximale
dans la machine à partir des pertes calculées.
Pour les objectifs d’optimisation, nous en avons choisi deux : minimiser les pertes
moyennes sur cycle et minimiser le courant efficace du point de base. Ce dernier a pour
objectif de minimiser les dimensions de l’onduleur de tension associée. Pourtant, il n’est pas
suffisamment concret. Alors, une étude plus systémique vers l’optimisation d’un ensemble
onduleur de tension-machines en prenant en compte les pertes dans l’onduleur par exemple
serait très intéressante parce que l’intégration des composants dans le système est un objectif
plus réaliste. D’ailleurs, selon les objectifs des concepteurs, nous pourrions choisir différents
critères tels que :
• Minimiser le poids de la machine ou de l’ensemble
• Minimiser le coût de la machine ou de l’ensemble
Nous pensons que ce serait intéressant aussi de comparer les résultats d’optimisation
avec ceux obtenus par les méthodes classiques telles que le dimensionnement uniquement sur
le couple ou sur les pertes cuivre.
199
LISTE DES PUBLICATIONS
J1. “Caractéristiques sur cycle des machines synchrones à concentration de flux pour une
application véhicule hybride”
Phi Hung Nguyen, Emmanuel Hoang, Mohamed Gabsi
European Journal of Electrical Engineering, Vol.14, No.2-3, pp.309-329, Mars-Juin 2011
J2. “Performance Synthesis of Permanent Magnet Synchronous Machines during the Driving
Cycle of a Hybrid Electric Vehicle”
Phi Hung Nguyen, Emmanuel Hoang, Mohamed Gabsi
IEEE Transactions on Vehicular Technology, Vol.60, No.5, pp.1991-1998, Juin 2011
J3. “Power Loss Evaluation of a Permanent Magnet Synchronous Machine during Two
Hybrid Electric Vehicle Driving Cycles”
Phi Hung Nguyen, Emmanuel Hoang, Mohamed Gabsi
Journal of Asian Electric Vehicles, Vol.9, No.1, pp.1465-1471, Juin 2011
C1. “A New Method to Find the Fractional Slot Windings Structures from a Distributed Slot
Windings Permanent Magnet Synchronous Machine and Comparative Study for a HEV
Application”
Phi Hung Nguyen, Emmanuel Hoang, Mohamed Gabsi, Michel Lécrivain
IEEE-ICIT 2010 International Conference on Industrial Technology 2010, 14-17 March, Vina
del Mar-Valparaiso, Chile
C2. “Permanent Magnet Synchronous Machines: Performances during Driving Cycles for a
Hybrid Electric Vehicle Application”
Phi Hung Nguyen, Emmanuel Hoang, Mohamed Gabsi, Luc Kobylanski, Dominique
Condamin
IEEE-ISIE 2010 International Symposium on Industrial Electronics 2010, 4-7 July, Bari,
Italia
Abstract :
Almost all studies of permanent magnet synchronous machines (PMSM) for for hybrid
vehicle applications relate to their performances on a specific point of a driving cycle of the
vehicle (the base point, the point at high speed…). However, these machines often operate at
different torques and at different speeds. This thesis studies therefore PMSM performances in
order to optimize during an entire driving cycle. In this thesis, the author contributed to
develop models of torque, field weakening, copper losses and iron losses and methods of
calculating these losses at no-load and at load for four MSAP (three concentrated flux
machine and a surface mounted PMSM) and for three driving cycles (New Eurepean Driving
Cycle, Artemis-Urban and Artemis-Road). An experimental validation of these models was
realized on a test bench with two prototypes of MSAP. Then, the MSAP were sized for a
minimization of average power losses during the cycle and of the RMS current at the base
point. This combination is designed to increase the efficiency of the electrical machine and
minimize the size of the associated voltage inverter. This multi-objective optimization
problem was performed using the genetic algorithm, Non-Dominated Sorting Genetic
Algorithm (NSGA-II). Thus, a Pareto front of optimal solutions can be derived. The impacts
of loss models (at no-load and at load) on the PMSM optimization during the cycle are
studied and the interest of each model is presented. Models and calculation methods proposed
in this thesis can be applied to all cycles, at different MSAP and for other applications.
Keywords: PMSM; modeling; design; optimization; experimental validation; driving cycle;
hybrid electric vehicle.