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Modélisation géologique de Pessac

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Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l'Ingénieur - JNGG' 2006 Lyon (France)

MODELISATION GEOLOGIQUE DU SOUS-SOL URBAIN : APPLICATION AU


CAS DE LA VILLE DE PESSAC (GIRONDE)

Antoine MARACHE1, Bernard BOURGINE2, Denys BREYSSE1, Sophie DOMINIQUE1, Pierre


THIERRY2
1 CDGA – Université Bordeaux 1, France
2 BRGM Orléans, France

RESUME – Dans le cadre du Projet RIVIERA (Risques en Ville : Equipements, Réseaux et


Archéologie), nous mettons en œuvre une démarche de modélisation géologique des
formations superficielles à l’échelle d’une agglomération. La démarche repose sur l’utilisation de
la géostatistique pour la reconstruction de la géométrie et la valorisation des données de
sondages géotechniques.

1. Introduction : rappel des objectifs et cadre du travail

Ce travail s’inscrit dans le cadre du Projet RIVIERA (Risques en Ville, Equipements, Réseaux et
Archéologie), soutenu par le Réseau Génie Civil et Urbain, qui a donné lieu à un premier
rapport d’étape collectif (Thierry, Breysse et al., 2004). La démarche générale du projet est
conduite à deux échelles :
- à l’échelle de l’agglomération. Le périmètre de la zone d’étude est celui de la
Communauté Urbaine de Bordeaux, mais les partenaires ont décidé de focaliser le
travail sur la rive gauche de la Garonne, dont la géomorphologie diffère sensiblement de
celle de la rive droite, plus escarpée. Cette étude plus globale passe par :
o l’élaboration de référentiels généraux (géologique, géotechnique, hydrogéologique
et archéologique),
o la construction d’un modèle tridimensionnel à l’échelle de l’agglomération
« macro-modèle », dans lequel s’inscriront les secteurs sur lesquels les
applications spécifiques seront développées,
- à l’échelle de territoires restreints (en étendue, en nature et en épaisseur) avec les
analyses de problématiques plus spécifiques. Il s’agit alors d’élaborer une réponse aux
besoins « applications métiers » des différents partenaires, praticiens de la gestion
urbaine. Trois secteurs ont été sélectionnés, chacun correspondant à une préoccupation
opérationnelle actuelle : le centre ville de Pessac pour l’urbanisme opérationnel, le
bassin versant de Cantinolle pour la gestion des réseaux d’assainissement, le cœur
historique de Bordeaux pour l’archéologie préventive.

Nous traiterons ici du cadre général et nous nous appuierons sur les données relatives au
premier secteur test (centre ville de Pessac).

2. Le contexte géologique

La connaissance du contexte géologique régional et local est nécessaire pour établir un modèle
géologique global, sur lequel on s’appuiera pour construire le modèle tridimensionnel de
l’agglomération. Le travail a donc consisté, dans une première étape, à synthétiser les
connaissances disponibles à l’échelle de la géologie générale du site.
D’une façon générale, le territoire en rive gauche peut être décrit comme à topographie peu
marquée (de l’ordre de 40 mètres de dénivelé sur 15 km d’ouest en est), avec une configuration
marquée par deux directions principales : celle de la Garonne, et la direction perpendiculaire,
sur laquelle s’organise une série de terrasses quaternaires, dont la description est essentielle
pour le projet (figure 1 et figure 2). L’organisation générale des formations résulte de l’histoire

Session 2 - Risques géotechniques urbains II - 49


A. Marache et al.

géologique régionale, la géomorphologie du site s’expliquant par le fonctionnement du système


d’alluvionnement. L’analyse de ce contexte permet d’établir un schéma général d’organisation
des formations en rive gauche, accompagné d’un lexique des formations, qui servira de base à
l’élaboration du référentiel décrit dans le paragraphe 3. Ce territoire est en outre entaillé par des
affluents de la Garonne, dont le parcours d’Ouest en Est modifie localement fortement les
caractéristiques des formations superficielles et des écoulements.

Figure 1. Coupe de synthèse récapitulative (d’après Dubreuilh, 1976).

∗ Colluvions

Fxa-b
Fxb1

1 km

Figure 2. Limites de la commune de Pessac et des formations géologiques.

Etablir le modèle géologique de la zone signifie que l’on soit capable, au-delà d’un schéma
de principe, de préciser et de quantifier l’organisation schématisée ci-dessus : étendue et
épaisseur des formations alluvionnaires (terrasses et colluvions), profondeur du substratum,
existence, localisation, et caractéristiques des interfaces karstifiées.

3. Les données : établissement d’un référentiel litho-stratigraphique

L’établissement d'un référentiel répond au souci de concision (ne pas retranscrire


l’ensemble des informations, la description lithologique pouvant être excessivement détaillée) et

II - 50 Session 2 - Risques géotechniques urbains


JNGG’ 2006

d’utilité pour les applications géologiques (être capable de distinguer les formations
géologiques), hydrogéologiques (pouvoir affecter des propriétés hydrogéologiques comme la
classe de perméabilité) et géotechniques (distinguer les appellations usuelles des sols et si
besoin, les affiner). Le référentiel unique, compromis entre le temps de saisie, la perte
d’information qui résulte de tout codage et les biais qui peuvent découler d’une interprétation
subjective par le codeur, résulte donc d’une analyse de tous les experts impliqués dans le
projet. Il est constitué d’un ensemble de champs :
- trois champs « stratigraphie » (tableau I). On qualifie d’Anthroposol un sol formé de
toutes pièces par l’homme : des tas de granulats, des terrils revégétalisés, des sols sur
décharge, ou la plupart des espaces verts modernes en font partie (Lozet et Mathieu, 1997).
Les termes « remblais » et « terre végétale » utilisés dans les descriptions de sondages seront
codés « anthroposols » en stratigraphie. Le terme « quaternaire » rassemble, sur le territoire de
Pessac, deux terrasses et des formations sableuses des Landes, que l’on peut distinguer sans
difficulté par leur position en {x, y} (voir figure 2) ;

Tableau I. Référentiel stratigraphique


Strati1 Strati2 Strati3 Nom complet
Anthroposols Anthroposols HIS
Quaternaire Holocène FLA Flandrien
COL Colluvions
Terrasses WUR Würm récent
Fluviatiles WUA Würm ancien
RIS Riss
MIN Mindel
PIT Pléistocène inf. term. (Fxb1)
PIM Pléistocène inf. moy. (Fxa-b)
PIB Pléistocène inf. bas.
Système SDL Sable des landes
Landais CAS Form. Castet-Marcheprime
BRA Form. Brach
BEL Form. Belin
Substratum Miocène SER Serravalien
BDG Burdigalien
AQI Aquitanien
Oligocène CHA Chattien
RUP Rupélien
Indifférencié Indifférencié KAR Remplissage de karst

- trois champs « lithologie1 », « lithologie 2 », « lithologie 3 », qui permettent de coder la


lithologie avec un degré de détail plus ou moins fin selon l’objectif souhaité. Ainsi une
« argile sableuse » est codée « argile » (litho1) + « sable » (litho2). Un « sable graveleux
à passées argileuses » est codé « sable » (litho1) + « grave » (litho2) + « argile » (litho
3). A noter que la description complète est conservée. Son codage en trois champs
permet de filtrer simplement l'information ou de faire rapidement des statistiques ou des
traitements automatisés. Le tableau II reproduit le codage pour « lithologie1 » et
« lithologie 2 ».
- trois champs « couleur » (porteuse d’information sur le plan géologique), « consistance »
ou « altération » (intéressante pour le géotechnicien) et « perméabilité » (pour les
applications hydrogéologiques et réseaux) complètent le codage.

L’ensemble des données de sondage (plusieurs dizaines de milliers sur l’agglomération) fait
l’objet d’un codage selon ce référentiel. Il est à noter qu’au préalable, un gros travail a consisté
à acquérir, saisir et vérifier l’ensemble de ces données de sources diverses.

Session 2 - Risques géotechniques urbains II - 51


A. Marache et al.

Tableau II. Référentiel lithologique (extrait)


lithologie 1 lithologie 2
1 graves 1 graveleux(se)
2 sables 2 sableux(se)
3 limons 3 limoneux(se)
4 argiles 4 argileux(se)
5 tourbe 5 tourbeux(se)
6 marnes 6 marneux(se)
7 faluns 7 coquiller
8 calcaires 8 calcaire
9 grès 9 gréseux(se)
absence
10 remblais 10 d'information
absence
11 d’information

4. La modélisation géométrique

4.1. Principe et méthode de travail

La modélisation géométrique repose sur l’analyse d’un ensemble de triplets {x, y, z} où x et y


représentent le positionnement du point dans le plan et z son altitude. L’objectif est de
reconstruire une surface z (x, y) qui constitue le « meilleur modèle possible » en fonction des
données disponibles et d’estimer la qualité du modèle. Les surfaces considérées peuvent être
soit la surface topographique, soit des interfaces entre formations géologiques (mur, toit).
La démarche générale géostatistique peut être définie en trois étapes : construction d’un
modèle variographique à partir de l’analyse expérimentale, validation du modèle
variographique, reconstruction de la surface et estimation de la qualité de la reconstruction.
La première étape est donc l’établissement du modèle de variogramme, après analyse des
variogrammes expérimentaux, qui quantifie la structure de corrélation spatiale correspondant à
la surface considérée, c'est-à-dire la manière dont les corrélations entre les valeurs d’une
propriété (ici l’altitude) prise en deux points décroît avec la distance h entre ces deux points, et
éventuellement en fonction de l’orientation θ dans le plan, dans le cas d’une structure de
corrélation anisotrope. Ayant établi le variogramme expérimental, on identifie des modèles sous
la forme de fonctions qui sont « au mieux » compatibles avec le résultat expérimental dans la
plage d’utilisation visée (par exemple pour des distances inférieures ou égales à un seuil
précis).
La deuxième étape est la validation du modèle retenu. Elle repose sur le principe de la
validation croisée : des données sont censurées dans la base initiale et reconstruites à partir
des informations voisines et du modèle de variogramme identifié. On compare alors la valeur
« vraie » z à la valeur « estimée » z*. Le modèle sera d’autant meilleur que les deux valeurs
seront voisines. Plusieurs mesures sont utilisées pour quantifier la différence entre les valeurs
vraies et les valeurs reconstruites. Cette phase permet, entre autres, de repérer d’éventuelles
données « non robustes », c'est-à-dire pour lesquelles la valeur reconstruite s’écarte
significativement de la valeur vraie. Il importe alors d’analyser les raisons de ces écarts, qui
peuvent résulter d’une imperfection du modèle, mal adapté dans le voisinage considéré (on fait
l’hypothèse que le même variogramme caractérise l’ensemble du domaine), de l’existence
d’une structure de corrélation mal décrite par le modèle, par exemple à très petite échelle, ou
d’erreurs de données.
La troisième étape est la reconstruction de la surface par krigeage et l’estimation de la
qualité de cette reconstruction, via l’indicateur de variance de krigeage. En pratique, la
reconstruction conduit à fournir en tout point (x, y) une estimation z* et une variance (ou un
II - 52 Session 2 - Risques géotechniques urbains
JNGG’ 2006

écart-type) de cette estimation, que l’on peut donc exprimer sous la forme d’un ∆z. Cette valeur,
cartographiée sur l’ensemble du domaine, permet d’apprécier l’incertitude que l’on a sur le
positionnement (profondeur, épaisseur) des formations. Elle peut donc être utile, soit pour une
analyse directe d’incertitude, soit pour guider des reconnaissances futures, en privilégiant si
besoin les zones de forte incertitude.

Nous allons appliquer cette méthode à la reconstruction de la surface à la base des terrasses
sur le secteur test de la commune de Pessac, puis à l’épaisseur de ces terrasses.

4.2. Modélisation du toit du substratum et de l’épaisseur du Quaternaire

Les données utilisées sont celles localisées dans le périmètre de la commune de Pessac. Les
données disponibles dans les communes voisines peuvent être utilisées pour mieux
conditionner le modèle sur ses frontières. La carte de la figure 3 illustre que les données sont
essentiellement réparties dans la partie nord-est de la commune. La qualité du modèle ne sera
donc pas uniforme sur tout le domaine. Sur cette carte, les ronds représentent les sondages qui
ont rencontré le toit du substratum et les croix les sondages qui se sont arrêtés dans le
Quaternaire.
1986
1985
1984
1983
Y (km)

1982
1981
1980
1979
1978
1977
1976
355.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5
X (km)

Figure 3. Localisation des sondages fournissant les informations

La carte variographique construite au pas de 100 mètres révèle l’anisotropie de la surface,


avec des directions principales d’anisotropie (N 70 et N 160) qui correspondent
approximativement aux directions principales de la surface topographique.
L’ajustement du variogramme expérimental se fait avec un modèle à structures emboîtées
(effet de pépite + variogramme exponentiel + variogramme cubique). La validation du modèle
est faite en utilisant le principe de la validation croisée (les valeurs reconstruites en censurant
les données sont comparées aux valeurs mesurées).
On peut alors reconstruire une carte de l’altitude estimée du toit du quaternaire en forçant la
surface modélisée à passer en dessous des sondages qui se sont arrêtés dans le Quaternaire
(krigeage sous contraintes d’inégalités, logiciel Isatis® (Géovariances), figure 4). La faible
densité d’information dans la partie sud-ouest invite à considérer en priorité la partie nord-est
pour laquelle l’écart-type de krigeage varie de 0 à 4 mètres, les résultats étant moins fiables
dans la partie sud-ouest.

Session 2 - Risques géotechniques urbains II - 53


A. Marache et al.

X (km) 40.00
355.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5
35.00
1985 1985
30.00
1984 1984
1983 1983 25.00

z (m)
Y (km) 1982 1982

Y (km)
1981 1981 20.00
1980 1980
15.00
1979 1979
1978 1978 10.00
1977 1977
5.00
1976 1976
355.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5
0.00
X (km)

Figure 4. Reconstruction du toit du substratum par krigeage avec inégalités.


On peut de la même manière établir un modèle géométrique de l’épaisseur des formations
quaternaires en utilisant les données issues d’un MNT topographique comme référence pour la
surface supérieure. La figure 5 illustre les résultats de la reconstruction pour l’estimation de
l’épaisseur et l’écart-type de krigeage (lié à l’incertitude locale de cette estimation). La figure 5
révèle de fortes différences entre l’est de la commune (terrasse Fxb1, cf. figure 2) où les
valeurs sont souvent inférieures à 5 mètres, et la partie centrale (terrasse Fxa-b, cf. figure 2), où
l’épaisseur dépasse 15 mètres). On peut, en superposant le contour des formations
géologiques de la carte géologique, analyser plus précisément la distribution des épaisseurs en
distinguant les différentes terrasses. De nouveau, les résultats obtenus sur la partie ouest ne
sont pour le moment pas fiables compte tenu de la faible densité d’informations disponible.
X (km)
12.00 X (km)
11.25 5.00
5.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5 4.69
10.50 5.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5

Ecart-type de krigeage (m)


9.75 4.38
1985 4.06
9.00 1985
1984 8.25 3.75
1984 3.44
Epaisseur (m)

1983 7.50
6.75 1983 3.13
1982 2.81
Y (km)

6.00 1982

Y (km)
5.25 2.50
1981
4.50 1981 2.19
1980 3.75 1.88
1980 1.56
1979 3.00
2.25 1979 1.25
1978 1.50 0.94
1978 0.63
1977 0.75
0.00 1977 0.31
1976 0.00
5.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5 1976
5.0 357.5 360.0 362.5 365.0 367.5
/
Figure 5. Reconstruction de l’épaisseur des formations quaternaires et écart-type de krigeage.

5. La modélisation géotechnique

Les données géotechniques sont, elles aussi, concentrées sur les terrasses alluviales de la
Garonne. Elles se présentent sous la forme de logs pénétrométriques ou pressiométriques. La
majorité des données géotechniques répertoriées à ce jour provient de campagnes de
reconnaissances relatives à la construction de la rocade, du tramway et des aménagements du
centre ville (figure 6).
Les essais pressiométriques sont réalisés dans des forages de reconnaissance lithologique
préalablement creusés. On possède donc une description fine des faciès lithologiques dans
lesquels sont effectuées les mesures. L’analyse statistique de ces informations fournit une voie
complémentaire de modélisation, en s’appuyant sur la connaissance lithologique (l’exploitation
des propriétés mécaniques mesurées permet de compléter l’analyse, mais ce point ne sera pas
abordé ici, Breysse et al., 2005). On a par exemple établi la distribution statistique des
différentes lithologies (définies selon le référentiel décrit plus haut), dans des domaines
considérés comme homogènes, définis par leurs contours (ensemble de la commune, terrasses

II - 54 Session 2 - Risques géotechniques urbains


JNGG’ 2006

individualisées, colluvions…) et/ou leur profondeur. On établit ainsi ce que l’on peut qualifier de
« lithologie statistique » des formations superficielles (figure 7).


1 km

Pénétromètres dynamiques (156)


Pénétromètres statiques (62)
Pressiomètres (143)

Figure 6. Localisation des informations géotechniques.

0,00 0,20 0,40 0,60 0,80 1,00

[0 ; 2[ - n = 1153

[2 ; 4[ - n = 1135

[4 ; 6[ - n = 982 Anthroposols
Quaternaire ; graves
[6 ; 8[ - n = 594 Quaternaire ; sables
[8 ; 10[ - n = 471 Quaternaire ; argiles
Substratum ; sables
[10 ; 12[ - n = 382 Substratum ; argiles
[12 ; 14[ - n = 305 Substratum ; marnes
Substratum ; faluns
[14 ; 16[ - n = 241 Substratum ; calcaires
[16 ; 18[ - n = 195 Substratum ; grès
Autres lithologies
[18 ; 20[ - n = 185

≥ 20 - n = 723

Figure 7. Lithologie statistique des sols de la Terrasse Fxa-b par classe de profondeur.

Ces « lithologies statistiques » quantifient la probabilité que l’on a de rencontrer une formation
de la lithologie indiquée dans la zone concernée. Elles fournissent aussi, indirectement, la
distribution statistique des épaisseurs des formations superficielles : la courbe noire superposée
au graphique sépare, par construction, les formations quaternaires des formations du
substratum. La valeur prise dans la tranche i indique la probabilité d’être dans le substratum
(resp. dans le quaternaire) connaissant la profondeur, mais la courbe donne aussi directement
accès à la loi de répartition des épaisseurs du quaternaire. On peut en déduire que la
profondeur à laquelle on rencontre le substratum est très variable (comprise dans plus de 80 %
des cas entre 6 et 18 mètres). Cette distribution est à comparer aux résultats obtenus par
krigeage (figure 5). Il conviendra cependant de corriger cette distribution pour tenir compte des
effets de « censure » des données : il est fréquent qu’un forage soit interrompu quand le
substratum a été atteint, ce qui biaise les distributions en surévaluant l’épaisseur moyenne des
terrasses. On peut aussi comparer la distribution statistique des épaisseurs dans les différentes
formations, et révéler les différences significatives entre les terrasses (figure 8).

6. Perspectives

De premiers résultats probants ont été obtenus lors de ce travail. Ils justifient le bien-fondé de
l’approche et la possibilité d’améliorer la connaissance des formations superficielles en
analysant l’ensemble des informations géologiques et géotechniques disponibles à l’échelle

Session 2 - Risques géotechniques urbains II - 55


A. Marache et al.

0,25 Fxa-b
colluvions
0,2 Fxb1

0,15

0,1

0,05

0
2 4 6 8 10 à 12 à 14 à 16 à 18 à 20 20
à à à à à >
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18

Figure 8. Distribution statistique des épaisseurs dans les trois formations quaternaires.

d’une commune. Il ne s’agit cependant là que d’une première étape, et les pistes ne manquent
pas pour poursuivre le travail.
Les développements prioritaires porteront sur :
- l’utilisation de l’analyse variographique pour construire une image tridimensionnelle des
propriétés géomécaniques (module pressiométrique, pression limite…) des terrains. Un travail
voisin a déjà été conduit avec succès sur le secteur test de Cantinolle et les données relatives à
la perméabilité,
- l’analyse plus précise de l’interface entre le substratum et les formations superficielles, du
point de vue de la géométrie comme de celui de la lithologie : l’existence de zones karstiques
est avérée et une meilleure connaissance de leur étendue et de leur distribution spatiale est
souhaitée,
- enfin, l’étude de la répartition spatiale des sols à composante argileuse, à fort potentiel de
retrait-gonflement fournirait des informations utiles dans une logique de prévention des risques
dans une agglomération où les sinistres consécutifs à la sécheresse sont récurrents. La
commune de Pessac est à ce titre d’ores et déjà impliquée dans le Projet ARGIC, dans lequel
on pourra valoriser les résultats de ces études.

Remerciements

Ce travail est conduit dans le cadre du Projet RIVIERA (Risques en Ville, Equipements,
Réseaux et Archéologie), soutenu par le Réseau Génie Civil et Urbain.

Références bibliographiques

Breysse D., Lanot-Grousset S., Dominique S., Piette C., Devallez C. (2005) Valorisation des
données géotechniques à l'échelle d'une commune urbaine. GeoCityNet 2005, 10-11
Octobre 2005, Lille
Dubreuilh J. (1976) Contribution à l’étude sédimentologique du système fluviatile Dordogne-
Garonne dans la région bordelaise ; les ressources en matériaux alluvionnaires du
département de la Gironde, Thèse, Université Bordeaux 1.
Géovariances (2005) Isatis software manual.
Lozet J., Mathieu C. (1997) Dictionnaire de science du sol. Lavoisier, Paris, 3e éd., 488 p.
Thierry P., Breysse D., avec la collaboration de Bourgine B., Dominique S., Fabre R., Lastennet
R., Marache A., Ochs M., Piette C., Ribeyrols N. et Rodière B. (2004) Le projet RIVIERA :
Risques en ville : Equipements, Réseaux, Archéologie. Rapport intermédiaire. BRGM/RP-
53131-FR, 63 pages.

II - 56 Session 2 - Risques géotechniques urbains

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