Poly CS
Poly CS
1.5. Indépendance 10
2.6. Autres 21
1
2 Table des matières
Chapitre 8. Appendice 97
son livre Mouvement Brownien, Martingales et Calcul Stochastique. Il a nalement été assez
peu modié par les enseignants successifs.
Chapitre 1
Soient µ∈R et σ > 0. On dit qu'une variable aléatoire réelle Y suit la loi gaussienne
N (µ, σ ) 2
si elle admet pour densité
(y − µ)2
1
√ exp − , y ∈ R.
σ 2π 2σ 2
On dit que Y suit la loi N (µ, 0) si Y = µ p.s.
Il est clair que Y suit la loi gaussienne N (µ, σ 2 ) si et seulement si Y = σξ + µ, où ξ suit
Proposition 1.1.3 (Convergence de suite de variables gaussiennes). Soit (ξn ) une suite
de variables aléatoires gaussiennes, telle que ξn suive la loi N (µn , σn2 ).
(i) Si la suite (ξn ) converge en loi vers une variable aléatoire ξ , alors µ = limn→∞ µn et
σ = limn→∞ σn existent et ξ ∼ N (µ, σ 2 ).
1
2 1. CONSTRUCTION DU MOUVEMENT BROWNIEN
(ii) Si la suite (ξn ) converge en probabilité vers ξ , alors la convergence a lieu dans Lp ,
pour tout p ∈ [1, ∞[.
Preuve. Voir TD. □
Définition 1.1.4 (Vecteur aléatoire gaussien).Un vecteur aléatoire (ξ1 , · · · , ξn ) est dit
gaussien si toute combinaison linéaire de ses coordonnées (c'est-à-dire nj=1 λj ξj pour tout
P
Remarque 1.1.5. Si (ξ1 , · · · , ξn ) est un vecteur gaussien, alors chaque coordonnée est
une variable gaussienne réelle. Attention, la réciproque est fausse : si ξ1 ∼ N (0, 1) est
indépendante de ϵ telle que P(ϵ = 1) = P(ϵ = −1) = 1/2, alors ξ2 = ϵξ1 ∼ N (0, 1), mais
(ξ1 , ξ2 ) n'est pas un vecteur gaussien, puisque ξ1 + ξ2 n'est pas gaussienne.
(3) vient du fait que le vecteur ξ = (ξ1 , . . . , ξn ) est clairement gaussien, de moyenne 0 et
de matrice de covariance In .
Pour (4), il sut de noter que Aξ+µ est gaussien, de calculer sa moyenne et sa covariance.
(5) On considère X ∼ N (0, In ), dont on connaît la densité par (3). Puis on introduit
ξ = m + Q1/2 X , qui a pour loi N (m, Q) par (4). Il sut alors de procéder à un changement
de variable.
nulle dans R n
. La loi N (µ, Q) n'a donc pas de densité.
Définition 1.2.2. On dit que B = (Bt , t ≥ 0) est un mouvement brownien (réel, issu
de 0), si B est un processus gaussien centré de covariance
E(Bs Bt ) = min{s, t} = s ∧ t, s ≥ 0, t ≥ 0.
siennes indépendantes. Donc (Bt1 , Bt2 − Bt1 , · · · , Btn − Btn−1 ) est un vecteur gaussien, et
(Bt1 , Bt2 , · · · , Btn ) l'est aussi. On a donc démontré que B est un processus gaussien, qui est
dépendance entre Bs et Bt − Bs nous dit que E(Bs (Bt − Bs )) = 0, tandis que d'après (iii),
E(Bs2 ) = s. Donc E(Bs Bt ) = s. Évidemment, si (s, t) ∈ R2+ est quelconque, on a alors par
symétrie E(Bs Bt ) = s ∧ t. En conclusion, B est un mouvement brownien.
Seulement si" : Soit B un mouvement brownien. Alors E(B02 ) = 0, d'où (i). Soient
Il reste donc à prouver (ii). Soient 0 ≤ t1 ≤ t2 ≤ · · · ≤ tn . On sait que (Bt1 , . . . , Btn ) est
gaussien, donc (Btn − Btn−1 , · · · , Bt2 − Bt1 , Bt1 ) aussi. De plus, la matrice de covariance de
ce vecteur gaussien est diagonale, car pour j > i, E[(Btj − Btj−1 )(Bti − Bti−1 )] = E(Btj Bti ) −
E(Btj−1 Bti ) − E(Btj Bti−1 ) + E(Btj−1 Bti−1 ) = ti − ti − ti−1 + ti−1 = 0. D'après la Proposition
donc une base hilbertienne (ek )k∈N (famille orthonormée telle que pour tout h ∈ H, h =
P
k∈N ⟨h, ek ⟩ek ). Nous considérons une suite i.i.d. (ξk )k∈N de variables réelles gaussiennes
k∈N
Pour tout t ∈ R+ il existe donc une limite Bt dans L2 (P) de Btn quand n → +∞.
Il faut maintenant prouver que (Bt )t∈R+ a les propriétés souhaitées. D'abord, (Bt )t≥0
Pk
est gaussien centré par la proposition 1.1.3, car pour λ1 , . . . , λk et t1 , . . . , tk , 1 λj Btj est
Pk
la limite (dans L2 ) de 1 λj Btnj , qui suit une loi gaussienne centrée puisque combinaison
linéaire de (ξ1 , . . . , ξn ).
Il reste à calculer la fonction de covariance :
n
1[0,s] ⟩ ⟨ek , 1[0,t] ⟩
X
E(Bsn Btn ) = ⟨ek ,
k=0
2 n
et par la convergence dans L (P) de Bt vers
Bt nous obtenons
∞
⟨ek , 1[0,s] ⟩ ⟨ek , 1[0,t] ⟩ = ⟨1[0,s] , 1[0,t] ⟩ = s ∧ t.
X
E(Bs Bt ) =
k=0
Ceci conclut la preuve. □
trajectoires : il n'est même pas clair que ces applications soient mesurables. Le but de ce
paragraphe est de montrer que, quitte à modier un peu" B, on peut faire en sorte que les
Remarque 1.3.3. Si X et Xe sont deux processus dont les trajectoires sont p.s. continues,
alors Xe est une modication de X si et seulement si X et Xe sont indistinguables.
En eet, si X
e est une modication de X, alors p.s. pour tout t ∈ Q+ , Xt = X
et . Par
Alors il existe une modication Xe de X dont les trajectoires sont localement höldériennes
d'exposant α, pour tout α ∈ ]0, pε [ , c'est-à-dire que pour tout T > 0, tout α ∈ ]0, pε [ , tout
ω ∈ Ω, il existe Cα (T, ω) tel que
Il faut vraiment que ϵ > 0 : le processus de Poisson (Nt )t∈[0,1] n'admet pas pas de
On a
−1 n
X 2X
p
E[(Kα ) ] ≤ 2nαp E[d(Xi2−n , X(i+1)2−n )p ]
n≥0 i=0
−1 n
X 2X X
≤ C 2nαp (2−n )1+ϵ = C 2n(αp−ϵ) < ∞.
n≥0 i=0 n≥0
exactement n chires après la virgule (en base 2), les mêmes que ceux de t. Noter que pour
car tn = 2−(n+1) 2⌊2n t⌋, tn+1 = 2−(n+1) ⌊2n+1 t⌋ et car ⌊2n+1 t⌋ = 2⌊2n t⌋ ou 2⌊2n t⌋ + 1.
La limite existe (pour ω ∈ A) car la suite Xtn est de Cauchy : par l'étape 2, si m ≥ n,
m−1 m−1
X X Kα 2−(n+1)α
d(Xtn , Xtm ) ≤ d(Xtk , Xtk+1 ) ≤ Kα 2−(k+1)α ≤ .
k=n k=n
1 − 2−α
localement höldérienne d'exposant α, pour tout α ∈]0, (p/2 − 1)/p[. Comme p peut être
choisi arbitrairement grand, les trajectoires sont en fait localement höldériennes d'exposant
On voit donc que B est automatiquement (localement) höldérien d'exposant α, pour tout
α ∈]0, 1/2[. Nous verrons que p.s., B n'est pas höldérien d'exposant 1/2.
logie de convergence uniforme sur les compacts, qui peut être métrisée ainsi :
∞
X 1 δn (w, w′ )
d(w, w′ ) = n 1 + δ (w, w′ )
,
n=1
2 n
où δn (w, w′ ) = supt∈[0,n] |w(t) − w′ (t)|. Pour wk , w dans C(R+ , R), on a limk d(wk , w) = 0 si
Rappel 1.4.1. (i) C(R+ , R), muni de la topologie ci-dessus, est séparable.
(ii) C(R+ , R), muni de la convergence uniforme (sur R+ ), n'est pas séparable.
(iii) Si E (muni d'une certaine métrique) est séparable, alors tout sous-ensemble F de
E , muni de la topologie induite, est séparable.
Preuve. Pour t ≥ 0, Xt : C(R+ , R) 7→ R est continu (si d(wn , w) → 0, alors Xt (wn ) → Xt (w))
et donc mesurable pour la tribu C (R+ , R) (et B(R)). Ainsi, σ(Xt , t ≥ 0) ⊂ C (R+ , R).
Pour l'autre inclusion, il sut de montrer que pour F un fermé de C(R+ , R), on a
F ∈ σ(Xt , t ≥ 0). Comme F est fermé, F = {w ∈ C(R+ , R) : d(w, F ) = 0}. Il sut donc
de vérier que w 7→ d(w, F ) est σ(Xt , t ≥ 0)-mesurable. On considère (wk )k≥1 une suite
dense de F (on rappelle que C(R+ , R) est séparable), on écrit d(w, F ) = inf k≥1 d(w, wk ),
et il sut de montrer que pour tout w0 ∈ C(R+ , R) xé, l'application w 7→ d(w, w0 ) est
Nous voyons ainsi que tout processus à trajectoires continues est en fait une v.a. à valeurs
Définition 1.4.3. et théoreme. Soit (Zt )t≥0 un processus (pour chaque t ≥ 0, Zt est
une variable aléatoire réelle), déni sur (Ω, F , P), à valeurs dans R et à trajectoires continues
(pour tout ω ∈ Ω, t 7→ Zt (ω) est continu sur R+ ). Alors l'application Z suivante :
Ω −→ C(R+ , R)
ω 7−→ Z(ω) = (t 7→ Zt (ω), t ≥ 0)
est une variable aléatoire à valeurs dans (C(R+ , R)), C (R+ , R)). On appelle loi de Z la
mesure probabilité µZ sur (C(R+ , R), C (R+ , R)), image de P par l'application Z . Autrement
dit, pour A ∈ C (R+ , R), µZ (A) = P((t 7→ Zt , t ≥ 0) ∈ A).
Preuve. Il s'agit de montrer que Z est (F , C (R+ , R))-mesurable. On considère donc U =
{A ∈ C (R+ , R) : {Z ∈ A} ∈ F }, qui est une tribu, et on veut que U = C (R+ , R). Pour tout
t ≥ 0 et tout Γ ∈ B(R), Xt−1 (Γ) ∈ U , car {Z ∈ Xt−1 (Γ)} = {Xt (Z) ∈ Γ} = {Zt ∈ Γ} ∈ F
puisque Zt est une v.a. Donc σ(Xt , t ≥ 0) ⊂ U , puis U = C (R+ , R) par le lemme. □
On dit que la loi d'un processus continu est caractérisée par ses lois ni-dimensionnelles.
Preuve. On rappelle que si deux probabilités µ et ν sur un espace mesurable (E, E) coïncident
sur un pi-système P (P stable par intersection et E ∈ P) qui engendre E, alors µ = ν. Or
10 1. CONSTRUCTION DU MOUVEMENT BROWNIEN
avec n ≥ 1, 0 ≤ t1 < · · · < tn etA ∈ B(Rn ) est un pi-système (facile) qui engendre C (R+ , R)
(facile par le lemme 1.4.2). Donc il sut de montrer que pour tout n ≥ 1, 0 ≤ t1 < · · · < tn
et A ∈ B(Rn ),
1.5. Indépendance
Nous énonçons une fois pour toutes le résultat suivant.
Proposition 1.5.1. Soient (Xt )t≥0 et (Yt )t≥0 deux processus continus à valeurs dans R,
dénis sur un espace de probabilité (Ω, F , P) et soit G une sous-tribu de F .
(i) Si pour tout A ∈ G , tout n ≥ 1, tout 0 ≤ t1 < · · · < tn , le vecteur (Xt1 , . . . , Xtn ) est
indépendant de A, alors le processus (Xt )t≥0 est indépendant de G .
(ii) Si pour tout n ≥ 1, tout 0 ≤ t1 < · · · < tn , les vecteurs (Xt1 , . . . , Xtn ) et (Yt1 , . . . , Ytn )
sont indépendants, alors les processus (Xt )t≥0 et (Yt )t≥0 sont indépendants.
Preuve. On rappelle le résultat suivant, qui résulte du théorème des classes monotones. Soit
X une variable aléatoire à valeurs dans (E, E ) dénie sur (Ω, F , P), soit G une sous-tribu
de F et soit P ⊂E un pi-système engendrant E. Si on a P(X ∈ Γ, A) = P(X ∈ Γ)P(A)
Pour montrer (i), il sut d'appliquer ce résultat avec X = (Xt )t≥0 , qui est à valeurs dans
(C(R+ , R), C (R+ , R)), avec le pi-système P composé des parties de C(R+ , R) de la forme
Nous avons introduit le mouvement brownien dans le chapitre précédent comme un pro-
Preuve. Il sut de vérier à chaque fois que Be est un processus gaussien centré de covariance
s ∧ t, à trajectoires p.s. continues. C'est très facile. La seule diculté consiste à montrer,
t ∈ [0, 1]. Montrer que b est un processus gaussien centré de covariance (s∧t)−st. On dit que
b est un pont brownien (standard). Montrer que (bt )t∈[0,1] est indépendant de B1 (il sut que
(bt1 , . . . , btn ) soit indépendant de B1 pour tout (t1 , . . . , tn ), et on peut utiliser que le vecteur
(B1 , bt1 , . . . , btn ) est gaussien). Montrer que (b1−t , t ∈ [0, 1]) est aussi un pont brownien (qu'il
a même loi que (bt )t∈[0,1] ), et que (B et = (1 + t)bt/(1+t) , t ≥ 0) est un mouvement brownien. □
mouvement brownien.
Soit ε > 0. D'après le Théorème 2.2.1, le processus t 7→ Bt+s+ε − Bs+ε est indépendant
Théorème 2.2.3 (loi 01 de Blumenthal). La tribu F0+ est triviale, au sens où ∀ A ∈
F0+ , P(A) = 0 ou 1.
Preuve. Par le Théorème 2.2.2, F0+ est indépendante de la tribu σ(Bt , t ≥ 0). Comme F0+
est contenue dans σ(Bt , t ≥ 0), on en déduit que F0+ est indépendante d'elle-même, donc
triviale. □
Bt Bt Bt Bt
lim sup √ = +∞, lim inf √ = −∞, lim sup √ = +∞, lim inf √ = −∞.
t→0 t t→0 t t→∞ t t→∞ t
2.3. SEMI-GROUPE DU MOUVEMENT BROWNIEN 15
Par symétrie et inversion du temps, il sut de traiter la première limite. Fixons K > 0.
√
Soit An = { n B1/n > K}.
Alors lim sup An est F0+ -mesurable. En eet, pour tout k ≥ 1, on a lim sup An =
∩n≥0 ∪ℓ≥n Aℓ = ∩n≥k ∪ℓ≥n Aℓ qui appartient à F1/k . Donc lim sup An ∈ ∩k≥1 F1/k = F0+ .
De plus, P(lim sup An ) ≥ lim supN →∞ P(AN ) = P(B1 > K) > 0, on a, par la loi 01,
P(lim sup An ) = 1.
Bt Bt
A fortiori, lim supt→0 √
t
≥K p.s. puis, comme K est arbitraire, lim supt→0 √
t
= +∞ p.s.
On en déduit des propriétés intéressantes du brownien :
1
(a) p.s., les trajectoires de B ne sont pas höldériennes d'exposant
2
.
(b) p.s., il existe une suite tn (ω) strictement décroissante vers 0 telle que Btn > 0 pour
Exercice 2.2.5. Soit (tn )n≥1 une suite déterministe strictement décroissante vers 0. Alors
p.s. Btn > 0 pour une innité de n, et Btn < 0 pour une innité de n. □
Pt+s f (x) = E[f (x+Bt+s )] = E[E[f (x+Bt +(Bt+s −Bt ))|Bt ]] = E[Ps f (x+Bt )] = Pt (Ps f )(x).
16 2. MOUVEMENT BROWNIEN ET PROPRIÉTÉ DE MARKOV
dominée. Montrons que ||Pt f − f ||∞ → 0 quand t → 0. Comme f ∈ C0 (R), f est unifor-
mément continue sur R. Donc ||Pt f − f ||∞ ≤ E[supx∈R |f (x + Bt ) − f (x)|] tend vers 0, par
4. La fonction u(t, x) = E[f (x + Bt )] est continue sur [0, ∞[×R, car (x, t) 7→ f (x + Bt )
est p.s. continue et bornée sur [0, ∞[×R. Il est fastidieux mais sans surprise de montrer que
1
Z
1 (r − x)2
u(t, x) = f (r) exp − dr
(2π)1/2 R t1/2 2t
est C∞ sur ]0, ∞[×R et qu'on peut dériver sous le signe intégrale. Ainsi, on trouve
(r − x)2 (r − x)2
Z
∂u(t, x) 1 1
= f (r) − + exp − dr
∂t (2π)1/2 R 2t3/2 2t5/2 2t
et
∂ 2 u(t, x) 1 (r − x)2 (r − x)2
Z
1 1
2
= f (r) − + exp − dr.
∂x (2π)1/2 R t1/2 t t2 2t
∂u(t, x) 1 ∂ 2 u(t, x)
On constate alors que
∂t
= 2 ∂x2
. □
Fτ = {A ∈ F∞ : ∀ t ≥ 0, A ∩ {τ ≤ t} ∈ Ft } .
Exemple 2.4.2. Le temps constant τ ≡ t0 est un temps d'arrêt. Un autre exemple est
Exercice 2.4.3. Montrer que Fτ est une tribu, que les v.a. τ et Bτ 1{τ <∞} sont Fτ -
mesurables.
bornée,
On pose τm = ⌈τ 2m ⌉/2m sur {τ < ∞}, où ⌈x⌉ = min{ℓ ∈ Z : ℓ ≥ x}. On note que, par
Pour chaque k , A ∩ {(k − 1)/2m < τ ≤ k/2m } ∈ Fk/2m . Par la propriété de Markov simple,
Donc
∞
1A∩{(k−1)/2m <τ ≤k/2m } E [F (Bt1 , · · · , Btn )]
X
Im = E
k=0
= P(A ∩ {τ < ∞})E [F (Bt1 , · · · , Btn )] = J.
Donc bien sûr, I = limm Im = J . □
18 2. MOUVEMENT BROWNIEN ET PROPRIÉTÉ DE MARKOV
Remarque 2.4.5. Il est important que τ soit un temps d'arrêt. Avec τ = sup{s ∈ [0, 1] :
Bs = 0}, il est clair que (Bτ +t − Bτ )t≥0 n'est pas un mouvement brownien, car ne s'annule
pas sur [0, 1 − τ [ (et car τ < 1 p.s., car B1 ̸= 0 p.s. et car B est continu).
Exemple 2.4.6. Soit τa = inf{t > 0 : Bt = a}. Par la propriété de Markov forte, le
0 < a < b, τb − τa a même loi que τb−a (car τb − τa = τ̃b−a où τ̃x = inf{s > 0 : B̃s = x}
avec B̃s = Bτa +s − Bτa ) et est indépendant de Fτa , et que pour tout α ∈ [0, a], τα est
(c−2 τca )a≥0 = (inf{c−2 t > 0 : Bt = ca})a≥0 = (inf{s > 0 : c−1 Bc2 s = a})a≥0
(d)
= (inf{s > 0 : Bs = a})a≥0 = (τa )a≥0 .
On dit que (τa , a ≥ 0) est un subordinateur (PAIS croissant) stable d'indice 1/2. □
premier est monotone, ce qui n'est pas le cas du second : P(|B1 | < |B2 |) < 1 = P(S1 < S2 ).
−B
e a même loi que e , nous obtenons que (τa , −B)
B e a même loi que (τa , B)
e . En utilisant la
fonction Ψ : R+ × C(R+ , R) → R+ × R dénie par Ψ(s, w) = (s, w(t − s)1{t>s} ), on conclut
et−τa 1{t>τa } ) a la même loi que (τa , −B
que (τa , B et−τa 1{t>τa } ). Ainsi,
P τa ≤ t, Bt−τa ≤ b − a = P τa ≤ t, −Bt−τa ≤ b − a
e e
= P (τa ≤ t, −Bt + a ≤ b − a)
= P (τa ≤ t, Bt ≥ 2a − b)
= P (Bt ≥ 2a − b) ,
2.5. VARIATION QUADRATIQUE DU MOUVEMENT BROWNIEN 19
l'identité Var Yin =Var (Btni − Btni−1 )2 = 2(tni − tni−1 )2 (car Var (N (0, 1))2 =2, avec abus de
notation). Donc
pn
h X 2 i pn
h X 2 i Xpn
2 n n
E (Bti − Bti−1 ) − t
n n = E Yi = Var(Yi )
i=1 i=1 i=1
pn
X
= 2 (tni − tni−1 )2
i=1
≤ 2t sup (tni − tni−1 ) → 0.
1≤i≤pn
20 2. MOUVEMENT BROWNIEN ET PROPRIÉTÉ DE MARKOV
pn
h X 2 i 2n
X
E Yin
=2 (tni − tni−1 )2 = 2t2 2−n .
i=1 i=1
pn
X 1
P Yin > ≤ 2t2 n2−n ,
i=1
n
qui est sommable en n ≥ 1. Par le lemme de Borel-Cantelli, p.s. il existe n0 ≥ 1 tel que
pn
X 1
Yin ≤ , ∀ n ≥ n0 .
i=1
n
Corollaire 2.5.2. Le mouvement brownien a p.s. une variation innie sur tout inter-
valle, i.e.
p
( )
X
p.s., ∀0 ≤ a < b, |B|([a, b]) = sup |Bti − Bti−1 | = +∞,
i=1
où le supremum porte sur toutes les subdivisions a = t0 < t1 < · · · < tp = b de [a, b].
2n
X
lim (Bi2−n − B(i−1)2−n )2 = 1.
n→∞
i=1
Nous avons
2 n
X
(Bi2−n − B(i−1)2−n )2 ≤ |B|([0, 1]) × sup |Bi2−n − B(i−1)2−n |.
i=1,...,2n
i=1
tout 0 ≤ a < b avec a, b ∈ Q, |B|([a, b]) = ∞, et on conclut aisément que p.s., pour tout
0 ≤ a < b, |B|([a, b]) = ∞ puisqu'on peut trouver a′ , b′ ∈ Q tels que a < a′ < b′ < b et donc
|B|([a, b]) ≥ |B|([a′ , b′ ]) = ∞. □
2.6. AUTRES 21
2.6. Autres
Définition 2.6.1. Un processus (Bt )t≥0 = ((Bt1 , · · · , Btd ))t≥0 est un mouvement brownien
à valeurs dans Rd si B 1 , · · · , B d sont d mouvements browniens indépendants.
La propriété de Markov forte reste vraie en toute dimension, avec exactement la même
Définition 2.6.2. Un processus (Bt )t≥0 est un mouvement brownien à valeurs dans Rd
issu de x ∈ Rd si (Bt − x)t≥0 est un mouvement brownien dans Rd .
Chapitre 3
On présente les rudiments de la théorie des processus, au moins la partie qui nous sera
utile par la suite. On commence par introduire les notions de ltration, tribu, temps d'arrêt
famille croissante de sous-tribus de F . On dit que (Ω, F , (Ft ), P) est un espace de probabilité
ltré. On pose F∞ = σ(∪t≥0 Ft ) = ∨t≥0 Ft .
Fτ = {A ∈ F∞ : ∀ t ≥ 0, A ∩ {τ ≤ t} ∈ Ft } .
Exercice 3.1.3. σ : Ω 7→ R+ ∪ {+∞} est un (Ft+ )-temps d'arrêt ssi pour tout t ≥ 0
l'on a {σ < t} ∈ Ft .
(i) Si {σ < t} ∈ Ft pour t ≥ 0, alors pour tout n ∈ N
\
{σ ≤ t} = {σ < t + 1/k} ∈ Ft+1/n
k≥n
et donc {σ ≤ t} ∈ Ft+ .
(ii) Si {σ ≤ t} ∈ Ft+ pour tout t ≥ 0, alors
[
{σ < t} = {σ ≤ t − 1/n} ∈ Ft .
n
23
24 3. MARTINGALES À TEMPS CONTINU
τa = inf{t ≥ 0 : Bt = a}.
C'est un (Ft )-temps d'arrêt car {τa ≤ t} = {sups∈[0,t] Bs ≥ a} = {sups∈[0,t]∩Q Bs ≥ a} ∈ Ft .
Or si a≥0 et
D'autre part, σa est un (Ft+ )-temps d'arrêt (car {σa < t} = {sups∈[0,t] Bs > a} =
{sups∈[0,t]∩Q Bs > a} ∈ Ft ), mais pas un (Ft )-temps d'arrêt, car
La propriété d'être un temps d'arrêt par rapport à la ltration canonique n'est donc pas
Définition 3.1.5. On dit que la ltration (Ft , t ≥ 0) est continue à droite si Ft+ =
Ft , ∀ t ≥ 0. Si (Ft ) est une ltration et F0 (donc tout Ft ) contient tous les ensembles
P-négligeables, alors on dit que la ltration est complète.
Il est clair que pour toute ltration (Ft , t ≥ 0), la ltration (Ft+ , t ≥ 0) est continue à
Définition 3.1.6. (i) On dit que (Ft , t ≥ 0) satisfait les conditions habituelles si
elle est à la fois continue à droite et complète.
(ii) Étant donnée une ltration (Ft , t ≥ 0) quelconque, on peut construire une ltration
qui satisfait les conditions habituelles en posant F¯t = Ft+ ∨ N , où N est l'ensemble des
P-négligeables. On dit que (F¯t , t ≥ 0) est l'augmentation habituelle de (Ft , t ≥ 0).
On suppose dorénavant, sauf mention contraire, que nos ltrations satisfont les conditions
Alors (ω, s) 7→ Xsn (ω) est bien sûr B([0, t]) ⊗ Ft -mesurable. De plus, pour chaque s ∈ [0, t]
et chaque ω∈ Ω, Xsn (ω) tend vers Xs (ω) par continuité à droite. □
Définition 3.2.5. Une partie A ∈ B(R+ )⊗F est dite progressive si le processus Xt (ω) =
1A (t, ω) est progressif. L'ensemble P des parties progressives est une tribu sur R+ × Ω, que
l'on appelle la tribu progressive.
Remarque 3.2.6. Un processus (Xt )t≥0 est progressif si et seulement si (t, ω) 7→ Xt (ω)
est mesurable sur R+ × Ω muni de P .
Preuve. Soit X progressif. On désire que pour tout Γ ∈ B(R), {(t, ω) ∈ R+ × Ω : Xt (ω) ∈
Γ)} ∈ P , i.e. que le processus Zt (ω) = 1{Xt (ω)∈Γ} est progressif. Comme l'application 1Γ de
Soit maintenant X P -mesurable. On veut montrer que pour tout t ≥ 0, tout Γ ∈ B(R),
{(s, ω) ∈ [0, t] × Ω : Xs (ω) ∈ Γ)} ∈ B([0, t]) ⊗ Ft . Mais on sait que {(t, ω) ∈ R+ ×
Ω : Xt (ω) ∈ Γ)} ∈ P , i.e. que le processus Zt (ω) = 1{Xt (ω)∈Γ} est progressif. Donc en
particulier, {(s, ω) ∈ [0, t] × Ω : Zs (ω) = 1} ∈ B([0, t]) ⊗ Ft . Cela dit précisément que
Noter qu'un processus n'a pas besoin d'être continu à droite ou à gauche pour être
progressif. Par exemple, si Xt (ω) = φ(t), avec φ : R+ 7→ R mesurable, alors X est progressif.
car {τn ≤ t} ∈ Fτ . □
Théorème 3.3.3. Si (Xt )t≥0 est un processus progressif (à valeurs dans Rd ), et si τ est
un temps d'arrêt, alors Xτ 1{τ <∞} est Fτ -mesurable.
Preuve. Il sut de montrer que pour t≥0 xé, Xτ ∧t est Ft -mesurable car alors, pour tout
Γ ∈ B(Rd ), {Xτ 1{τ <∞} ∈ Γ} ∈ Fτ , car pour tout t ≥ 0, {Xτ 1{τ <∞} ∈ Γ} ∩ {τ ≤ t} =
{Xτ ∧t ∈ Γ} ∩ {τ ≤ t}, qui appartient à Ft .
Mais Xτ ∧t est Ft -mesurable car Xτ (ω)∧t (ω) = Φ(Ψ(ω)), où
• Ψ(ω) = (τ (ω) ∧ t, ω) est (Ft , B([0, t]) ⊗ Ft )-mesurable car (i) ω → ω est (Ft , Ft )-
mesurable, (ii) ω → τ (ω) ∧ t est (Ft , B([0, t]))-mesurable car τ est un temps d'arrêt (donc
Exemple 3.3.4. Si (Xt )t≥0 est un processus adapté continu à valeurs dans un espace
métrique (E, d), alors pour tout ouvert G ⊂ E , τG = inf{t ≥ 0 : Xt ∈ G} est un (Ft+ )-
temps d'arrêt. En eet,
[
{τG < t} = {∃s ∈ [0, t[: Xs ∈ G} = {∃s ∈ [0, t[∩Q : Xs ∈ G} = {Xs ∈ G} ∈ Ft .
s∈[0,t[ ∩Q
Exemple 3.3.5. Si (Xt )t≥0 est adapté et continu à valeurs dans un espace métrique
La première égalité utilise que F est fermé, la seconde que X est continu. □
(1) Si (Mn )n≥0 est une (sous-)martingale, τ un temps d'arrêt, alors (Mτ ∧n )n≥0 est une
(sous-)martingale.
Il sut décrire Mτ ∧(n+1) = Mn+1 1{τ >n} + Mk 1{τ =k} et de prendre l'espérance sa-
Pn
k=0
chant Fn , en remarquant que {τ > n} ∈ Fn .
(2) Si (Mn )n≥0 Sn = maxk=0,...,n |Mk |,
est une martingale et alors pour a > 0,
1
P(Sn > a) ≤ E[|Mn |1{Sn >a} ].
a
On pose τa = inf{k ≥ 0 : |Mk | ≥ a}. Pour k = 0, . . . , n on a
a1{τa =k} ≤ |Mk |1{τa =k} ≤ E[|Mn ||Fk ]1{τa =k} = E[|Mn |1{τa =k} |Fk ].
One somme sur k = 0, . . . , n, on prend l'espérance et on trouve aP(τa ≤ n) ≤ E[|Mn |1{τa ≤n} ].
1 1
(3) Pour (Mn )n≥0 une martingale et Sn = maxk=0,...,n |Mk |, si
p
+ q
= 1 (p > 1, q > 1),
alors pour tout k ≥ 0, h i
E max |Mn |p ≤ q p E[|Mk |p ].
0≤n≤k
En utilisant que x = p 1{a<x} ap−1 da, on trouve en utilisant Fubini puis (2) puis Fubini
p
R∞
0
Z ∞ Z ∞
p
E[Snp ] =p P(Sn > a)a p−1
da ≤ p E(|Mn |1{Sn >a} )ap−2 da = E(|Mn |Snp−1 ).
0 0 p−1
28 3. MARTINGALES À TEMPS CONTINU
Mn 1{τ =n} = Mτ .
X
=
n∈N∪{∞}
Définition 3.5.1. On dit que (Mt )t≥0 est une martingale (resp. sur-martingale, resp.
sous-martingale) si
(i) (Mt )t≥0 est adapté ;
(ii) ∀ t ≥ 0, E(|Mt |) < ∞ ;
(iii) ∀ s < t, E(Mt | Fs ) = Ms , p.s. (resp. ≤ Ms , resp. ≥ Ms ).
Exemple 3.5.2. Soit (Bt , t ≥ 0) un mouvement brownien, et soit (Ft ) sa ltration
canonique. Alors
θ2 2 (t−s)/2 θ2 θ2
E[eθBt − 2 t | Fs ] = eθ eθBs − 2 t = eθBs − 2 s
Fs
2 (t−s)/2
car Bt − Bs est indépendant de et car E[eθ(Bt −Bs ) ] = eθ . □
Exercice 3.5.3. (i) Si (Mt )t≥0 est une martingale et si f est une fonction convexe telle
que E(|f (Mt )|) < ∞, ∀ t, alors (f (Mt ))t≥0 est une sous-martingale.
(ii) Si (Mt )t≥0 est une sous-martingale et si f est une fonction convexe et croissante telle
que E(|f (Mt )|) < ∞, alors (f (Mt ))t≥0 est une sous-martingale.
3.5. MARTINGALES À TEMPS CONTINU 29
Théorème 3.5.4 (Inégalité de Doob). Soit (Ms )s≥0 une martingale continue à droite et
p > 1. Pour t ≥ 0, si Mt ∈ Lp , alors
h i
E sup |Ms | ≤ q p E[|Mt |p ],
p
s∈[0,t]
où p1 + 1q = 1.
Preuve. Pour n≥1 xé, on introduit Dn = {kt2−n , k ≥ 0}. On observe que Mkn = Mkt2−n
est une martingale (à temps discret) pour la ltration Fkn = Fkt2−n . Donc par Doob pour
Comme supDn ∩[0,t] |Ms |p croît p.s. vers sups∈[0,t] |Ms |p par continuité à droite de M , on conclut
par convergence monotone. □
Théorème 3.5.5 (Théorème d'arrêt). Soit (Mt )t≥0 une martingale continue à droite et
fermée (il existe M∞ ∈ L1 t.q. pour tout t ≥ 0, Mt = E[M∞ |Ft ]). Soient σ, τ deux temps
d'arrêt tels que σ ≤ τ p.s. Alors p.s.
(3.1) E(Mτ | Fσ ) = Mσ .
Preuve. Mτ = E[M∞ |Fτ ], où on a supposé que M était fermée par
Il sut de montrer que
on a E(M∞ 1A ) = E(Mτn 1A ).
Mais Fτ ⊂ Fσnn , car si A ∈ Fτ , alors pour tout t ≥ 0, on a A ∩ {τ ≤ t} ∈ Ft , donc en
Remarque 3.5.6. (i) Soit (Mt )t≥0 une martingale c-à-d et σ et τ deux temps d'arrêt
(ii) Il faut faire attention en utilisant le théorème d'arrêt, dont la conclusion peut être
1 = E[Bτ1 | F0 ] ̸= B0 = 0.
Proposition 3.5.7. Soit (Mt )t≥0 une martingale continue à droite, et soit τ un temps
d'arrêt. Alors (Mτ ∧t )t≥0 est une (Ft )-martingale (et a fortiori, une (Fτ ∧t )-martingale, ce
qui découle immédiatement du théorème d'arrêt).
Preuve. (Mτ ∧t )t≥0 est bien sûr (Ft )-adapté. Soit 0 ≤ s ≤ t. On veut montrer que Mτ ∧t ∈ L1
et que E[Mτ ∧t |Fs ] = Mτ ∧s .
Comme dans la proposition précédente, on introduit Fkn = Fk2−n , la (Fkn )k≥0 -martingale
Mkn = Mk2−n , le (Fkn )k≥0 -temps d'arrêt σn = ⌈2n τ ⌉, τn = σn 2−n , et tn = 2−n ⌈2n t⌉ ≥ t et
sn = 2−n ⌈2n s⌉ ≥ s. En passant par le cas discret, on arrive à E(Mτn ∧tn | Fsn ) = Mτn ∧sn .
Donc pour tout A ∈ Fs ⊆ Fsn : E[1A Mτn ∧tn ] = E[1A Mτn ∧sn ].
Mais les familles (Mτn ∧tn )n et (Mτn ∧sn )n sont U.I. (par exemple, on a supn≥1 tn ≤ t + 1,
donc Mτn ∧tn = E[Mt+1 |Fτn ∧tn ] par la remarque 3.5.6). Comme de plus limn Mτn ∧tn = Mτ ∧t
p.s. par continuité à droite, on en déduit que Mτ ∧t ∈ L1 et on passe facilement à la limite dans
E[1A Mτn ∧tn ] = E[1A Mτn ∧sn ]. Ainsi, E[1A Mτ ∧t ] = E[1A Mτ ∧s ] pour tout A ∈ Fs . Comme
Théorème 3.5.8. Soit (Ms )s≥0 une martingale continue bornée dans L1 , i.e. telle que
supt≥0 E[|Mt |] < ∞. Alors M∞ = limt→∞ Mt existe p.s.
Preuve. Etape 0. Si (Mn )n≥0 est une martingale discrète bornée dans L2 , alors elle converge
dans L2 . On remarque que pour n > k ≥ 0, en conditionnant par Fn ,
E[(Mk+1 − Mk )(Mn+1 − Mn )] = 0
On en déduit que
h n+m−1
X 2 i n+m−1
X
2
∀ n+m > n ≥ 0, E[(Mn+m −Mn ) ] = E (Mk+1 −Mk ) = E[(Mk+1 −Mk )2 ].
n n
supn E[(Mn −M0 )2 ] < ∞ par hypothèse, on conclut que k≥0 E[(Mk+1 −Mk )2 ] < ∞,
P
Comme
eet, pour toute suite déterministe croissante tn → ∞, la martingale discrète Mtn converge
3.5. MARTINGALES À TEMPS CONTINU 31
vers 0 par l'étape 1, donc ∆k → 0 p.s. Donc Mt converge p.s. (pour toute suite tn → ∞,
éventuellement aléatoire, Mtn est une suite de Cauchy, etc.).
Etape 3. Si (Mt )t≥0 est une martingale càd bornée dans L1 , alorsL = sup[0,∞[ |Mt | < ∞
p.s. En eet, par l'inégalité maximale de Doob pour la martingale discrète Mk2−n , on trouve
que Ln = supk≥0 |Mk2−n | vérie P(Ln > a) ≤ a−1 supk≥0 E[|Mk2−n |] ≤ Ca−1 . Comme notre
−1
martingale est càd, on en déduit que P(L > a) ≤ Ca .
Etape 4. Si (Mt )t≥0 est une martingale continue bornée dans L1 , alors elle converge p.s.
Pour A ∈ N, soit τA = inf{t > 0 : |Mt | > A}, alors Mt∧τA est bornée (on utilise ici que M
est continue). Par l'étape 2, p.s., pour tout A ∈ N, Mt∧τA converge vers une limite ZA . Mais
par l'étape 3, On a τA = ∞ p.s. pour tout A > L. Ainsi, Mt = MτL+1 ∧t converge p.s. (vers
ZL+1 ). □
passer à la limite s→∞ (dans L1 ) dans E[Mt+s |Ft ] = Mt , (iii) implique (ii) est évident
(car pour Z ∈ L1 , la famille {E[Z|G ] : G sous-tribu de F} est U.I.), et (ii) implique (i) par
32 3. MARTINGALES À TEMPS CONTINU
convergence dominée optimale (si Mt tend vers M∞ en probabilité et si (Mt , t ≥ 0) est U.I.,
Exercice 3.6.2. Montrer que la propriété de Markov forte est encore vraie dans ce cadre
(il sut de vérier que la preuve passe encore) : si (Bt )t≥0 un (Ft )t≥0 -mouvement brownien
et τ un (Ft )t≥0 -temps d'arrêt, alors sur {τ < ∞}, le processus (B̃t = Bτ +t − Bτ )t≥0 est un
mouvement brownien indépendant de Fτ .
Durant toute la section, (Bt )t≥0 est un (Ft )-mouvement brownien. On donne quelques
Exemple 3.6.3. Soit τ1 = inf{t > 0 : Bt = 1}. Par l'exemple 2.2.4, ce temps d'arrêt est
p.s. ni mais, par l'exemple 2.4.10, E(τ1 ) = +∞. Puisque p.s. Bτ1 = 1,
1 = E[Bτ1 | F0 ] ̸= B0 = 0.
Donc (Bt )t≥0 n'est pas une martingale fermée, sinon le théorème d'arrêt s'appliquerait. □
Exemple 3.6.4 (Identités de Wald). Soit τ un temps d'arrêt tel que E(τ ) < ∞. Alors
2 2
Bτ ∈ L , E(Bτ ) = 0 et E(Bτ ) = E(τ ).
Observons d'abord que (Bt )t≥0 n'est pas une martingale fermée et τ n'est pas supposé
borné ; le théorème d'arrêt ne s'applique donc pas directement. Par la Proposition 3.5.7, Bt∧τ
2 2
et Bt∧τ −t∧τ sont des martingales et donc on a E(Bt∧τ ) = 0 et E(Bt∧τ − t ∧ τ ) = 0.
2 2
t ≥ 0, E(Bt∧τ
Ainsi, pour tout ) = E(t ∧ τ ) ≤ E(τ ), ce qui implique que supt≥0 E(Bt∧τ )≤
E(τ ) < ∞. Par conséquent, (Bt∧τ )t≥0 est une martingale (continue) bornée dans L2 donc U.I.
et donc fermée (par limt→∞ Bt∧τ = Bτ ). Par le théorème d'arrêt appliqué à la martingale
Exemple 3.6.5. Soit a > 0 et τa = inf{t ≥ 0 : Bt = a}. Soit θ > 0. On sait que
θBt −θ2 t/2 θBt∧τa −θ2 (τa ∧t)/2
(e )t≥0 est une martingale. Donc (e )t≥0 est aussi une martingale, qui
est de plus bornée par eθa , elle est donc U.I. et donc fermée par sa limite p.s., qui n'est autre
2τ
que eθa−θ a /2
τa < ∞ p.s.). Ainsi, par le théorème d'arrêt appliqué à cette
(rappelons que
Semimartingales continues
De même que les mesures sont les objets mathématiques pour lesquels on peut construire
des intégrales déterministes, les semimartingales sont des processus aléatoires pour lesquels
martingale locale et d'un processus à variation nie. Nous allons étudier séparément les deux
notions.
Théorème 4.1.1. Soit F : [0, T ] → R+ une fonction croissante continue telle que
F (0) = 0. Il existe une unique mesure dF sur ([0, T ], B([0, T ])), appelée mesure de Stieltjes,
vériant :
∀ 0 ≤ s < t ≤ T, dF (]s, t]) = F (t) − F (s).
Noter que comme F est continue, dF n'a pas d'atome, car pour tout s ∈ [0, T ], dF ({s}) =
−1 −1
limn dF (]s − n , s]) = limn [F (s) − F (s − n )] = 0.
Preuve. L'unicité découle du théorème classique : deux mesures sur ([0, T ], B([0, T ])) qui
coïncident sur les intervalles sont égales. Pour l'existence, on introduit l'inverse généralisé
G(r) = inf{t ≥ 0 : F (t) > r} continu à droite, bien déni pour r ∈ [0, F (T )[ et on note que
si U suit la loi uniforme sur [0, F (T )[, alors la loi µ de G(U ) est une probabilité sur [0, T [
qui satisfait, pour tout 0 ≤ s < t ≤ T , µ(]s, t]) = P(s < G(U ) ≤ t) = P(F (s) < U ≤ F (t)) =
−1
(F (T )) (F (t) − F (s)), et il sut de poser dF = F (T )µ. □
Définition 4.1.2. (i) Une mesure signée sur un espace mesurable (E, E ) est la diérence
de deux mesures nies positives.
(ii) Une fonction a : [0, T ] → R continue avec a(0) = 0 est dite à variation nie s'il
existe une mesure signée, notée da, sur [0, T ] telle que a(t) = da([0, t]) pour tout t ∈ [0, T ].
Remarque 4.1.3. Ceci étend la notion de dérivée : si a est C 1 (et a(0) = 0), alors a est
à variation nie et da(dt) = a′ (t)dt.
35
36 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
La mesure da est unique (par unicité du prolongement des mesures). Par contre, la
unique, mais elle le devient si l'on impose de plus que les mesures µ1 et µ2 soient étrangères
Lemme 4.1.4. Si a est une fonction à variation nie alors il existe un unique couple
(da+ , da− ) de mesures positives nies sur [0, T ] étrangères tel que da = da+ − da− . On
notera alors D+ et D− deux boréliens de [0, T ] tels que da+ (D− ) = 0, da− (D+ ) = 0, et
D− = D+ c
.
Preuve. Pour l'existence, on part d'une décomposition quelconque da = µ1 − µ2 . La mesure
dµi = hi dν, i = 1, 2.
Si on pose h = h1 − h2 alors da = h dν = h+ dν − h− dν =: da+ − da− , où comme d'habitude
h+ = max{h, 0} et h− = max{−h, 0}. Les deux mesures da+ et da− sont étrangères, car en
étrangères (avec µ1 (E) = 0 = µ2 (E c ) pour un certain borélien E de [0, T ]), alors forcément,
Remarque 4.1.5. On note alors |da| = da+ + da− , qui est une mesure nie positive
appelée variation totale de da. On a |da|(A) ≥ |da(A)| pour tout A ∈ B([0, T ]). La
densité de Radon-Nikodym de da par rapport à |da| est donnée par
1D+ − 1D− |da|,
(4.1) da =
où D+ = E et D− = E c , pour E un ensemble tel que da+ (E c ) = 0 = da− (E).
A ∈ B([0, T ]), on a A 1D+ − 1D− |da| = |da|(A ∩ D+ ) − |da|(A ∩ D− ) =
R
En eet, pour
On peut maintenant dénir l'intégrale par rapport à une fonction à variation nie.
4.1. FONCTIONS À VARIATION FINIE 37
Z T Z T Z T
f da = f (s) da+ (s) − f (s) da− (s),
0 0 0
Z T Z T Z T
f |da| = f (s) da+ (s) + f (s) da− (s).
0 0 0
(ii) Remarquons l'inégalité triangulaire
Z T Z T
f da ≤ |f | |da|.
0 0
pn Z T
X
f (tni−1 )(a(tni ) − a(tni−1 )) = fn (s) da(s),
i=1 0
et le résultat voulu en découle par convergence dominée, puisque fn est uniformément bornée,
| da| est une mesure nie, et fn tend vers f simplement. □
Une autre façon de présenter les fonctions à variation nie consiste à regarder la variation
où le supremum porte sur toutes les subdivisions 0 = t0 < t1 < · · · < tp = t de [0, t].
Preuve. La minoration est facile, car pour toute subdivision,
p p p
X X X
|a(ti ) − a(ti−1 )| = |da(]ti−1 , ti ])| ≤ |da| ( ]ti−1 , ti ]) = |da|([0, t]).
i=1 i=1 i=1
Pour la majoration, on suppose que t = 1 et on montre par un argument de martingales
P2n
que Sn = 1 |a(i/2n ) − a((i − 1)/2n )| → |da|([0, 1]).
38 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
|da|
On munit Ω = [0, 1] de la tribu F = B([0, 1]) et de la probabilité P= |da|([0,1])
. On pose
da
Y (s) = (s) = 1D+ (s) − 1D− (s), s ∈ [0, 1].
|da|
Alors Y est une variable aléatoire et |Y | = 1 p.s.
2n 2n
X Z 2n Z
1 1 Sn
|E[Y 1Iin ]| =
X X
E[|Mn |] = Y |da| = da = .
1
|da|([0, 1]) 1 Iin |da|([0, 1]) 1 Iin |da|([0, 1])
Mais Mn converge dans L1 vers E[Y |B∞ ] = Y (voir exercice ci-dessous), puisque B∞ =
B([0, 1]). Ainsi, E[|Mn |] → E[|Y |] = 1, d'où Sn → |da|([0, 1]). □
Exercice 4.1.9. Soit (Ω, F , P), muni d'une ltration (Fn )n≥0 , et F∞ = σ(∪n≥0 Fn ).
Montrer que si Y ∈ L1 (Ω, F , P), alors Mn = E[Y |Fn ] converge dans L1 vers E[Y |F∞ ].
(a) Comme Mn est une martingale fermée, on sait qu'elle converge dans L1 vers M∞ ,
qui est bien sûr F∞ -mesurable.
(b) Observer que pour tout A ∈ ∪n Fn , par exemple A ∈ Fn0 , alors pour tout n ≥ n0 ,
E[Y 1A ] = E[E[Y |Fn ]1A ] = E[Mn 1A ] → E[M∞ 1A ], donc E[Y 1A ] = E[M∞ 1A ].
(c) Conclure par un argument de classe monotone que M∞ = E[Y |F∞ ].
Définition 4.2.1. Un processus à variation nie A = (At )t≥0 est un processus adapté
dont les trajectoires sont p.s. (continues) à variation nie (sur [0, T ], pour tout T > 0), avec
A0 = 0. Le processus A est dit croissant si de plus ses trajectoires sont p.s. croissantes.
Preuve. Les trajectoires de H·A sont p.s. (continues) à variation nie par la Remarque
désormais. On xe t ≥ 0. On sait que (ω, s) 7→ Hs (ω) est B([0, t]) ⊗ Ft -mesurable.
• Pour tout ]u, v] ⊂ [0, t] et Γ ∈ Ft , (1]u,v] 1Γ · A)t = 1Γ (Av − Au ) est Ft -mesurable.
• Par classes monotones (avec le pi-système P = {Γ×]u, v] : Γ ∈ Ft , 0 ≤ u < v ≤ t} qui
engendre B([0, t]) ⊗ Ft ), (1G · A)t est Ft -mesurable pour tout G ∈ B([0, t]) ⊗ Ft .
• Comme H est progressif, H 1[0,t]
B([0, t]) ⊗ Ft -mesurable. On écrit donc H 1[0,t]
est
1 ai 1Gi , avec Gi ∈
n
Pn n n
comme limite croissante de fonctions étagées de la forme H = n
B([0, t]) ⊗ Ft et ani > 0. Par le point précédent, (H n · A)t est Ft -mesurable pour tout
n ≥ 1. On a de plus (H · A)t = limn (H n · A)t par convergence monotone (car dA est une
Définition 4.3.1. Un processus continu adapté M = (Mt )t≥0 est appelé une martingale
locale (continue) s'il existe une suite croissante (τn , n ≥ 1) de temps d'arrêt telle que τn ↑ ∞
p.s. et que pour tout n, M τn − M0 soit une martingale uniformément intégrable. On dit que
la suite de temps d'arrêt (τn ) réduit M .
Remarque 4.3.2. Si M est une martingale locale, la variable aléatoire Mt n'est pas
part qu'elle est F0 -mesurable. Si par exemple X est une v.a. F0 -mesurable et (Mt )t≥0 est
une martingale, alors (X + Mt )t≥0 et (XMt )t≥0 sont des martingales locales (introduire
τn = n1|X|≤n ). □
Exercice 4.3.3.
(1) Une martingale (continue) est une martingale locale (la suite τn = n réduisant M ).
40 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
(2) Dans la dénition d'une martingale locale, on peut remplacer martingale uniformé-
(4) Si (τn ) réduit M et si (σn ) est une suite croissante de temps d'arrêt telle que σn ↑ ∞,
alors la suite (σn ∧ τn ) réduit M.
(5) L'ensemble des martingales locales est un R-espace vectoriel.
On se gardera d'appliquer sans précaution aux martingales locales les résultats qu'on a
démontrés pour les martingales. Il est important de savoir si une martingale locale est une
vraie martingale. Nous allons prouver quelques premiers résultats dans ce sens.
E [Mt | Fs ] ≤ Ms , p.s.
En particulier (avec s = 0), Mt ∈ L1 . Par conséquent, M est une surmartingale, d'où (1).
1
Pour (2), on a aussi M0 ∈ L et donc (4.2). Comme Mt∧τn → Mt , p.s., et
Remarque 4.3.5. Il est faux que toute martingale locale telle que (Ms , s ∈ [0, t]) soit
uniformément intégrable pour tout t ≥ 0 est une martingale. On verra un exemple d'une
Théorème 4.3.6. Soit M une martingale locale à variation nie. Alors p.s., pour tout
t ≥ 0, Mt = M0 .
bornée, i.e. | dM ([0, ∞[)| ≤ K . Soit t > 0, et soit 0 = t0 < t1 < · · · < tp = t une subdivision
de [0, t]. On a
" p # p
X 2 X
2
E (Mti − Mti−1 )2
E[(Mt ) ] = E (Mti − Mti−1 ) =
i=1 i=1
p
" #
X
≤ E sup |Mti − Mti−1 | |Mti − Mti−1 | ≤ KE sup |Mti − Mti−1 | ,
1≤i≤p 1≤i≤p
i=1
Pp
car i=1 |Mti − Mti−1 | ≤ | dM |([0, t]) ≤ K , voir la Proposition 4.1.8. On faisant tendre le
pas de la subdivision vers 0, on conclut par convergence dominée et par continuité de M que
tuelles. Le théorème suivant joue un rôle très important dans la suite du cours.
Théorème 4.4.1. Soit M une martingale locale (continue). Il existe un processus crois-
sant (continu adapté), noté (⟨M ⟩t )t≥0 , unique à indistinguabilité près, tel que Mt2 − ⟨M ⟩t
soit une martingale locale et ⟨M ⟩0 = 0.
De plus, pour tout t > 0, si 0 = tn0 < tn1 < · · · < tnpn = t est une suite de subdivisions
emboîtées de [0, t], de pas tendant vers 0, alors
pn
en probabilité.
X
lim (Mtni − Mtni−1 )2 = ⟨M ⟩t
n→∞
i=1
(ii) Quand M = B est un mouvement brownien, on a ⟨B⟩t = t, car Bt2 − t est une
(iii) Soit (Mn )n≥0 une (vraie) martingale discrète et L2 . On montre facilement que
Fn−1 -mesurable
Pn
An = k=1 E[(Mk − Mk−1 )2 |Fk−1 ] est prévisible (An est pour tout n ≥ 1),
2
croissant, et que Mn − An est une martingale.
(i) Si M est une martingale et si 0 < a < b, alors Yt = Mt∧b − Mt∧a est une martingale.
(ii) Si M est une martingale L2 et 0 < a < b, alors Zt = Ma [Mt∧b − Mt∧a ] est une
martingale.
Lemme [Link] M est une martingale locale, si 0 < a < b et si H est Fa -mesurable,
alors Ut = H(Mt∧b − Mt∧a ) est une martingale locale.
Preuve. Étape 1. On suppose d'abord que M est une vraie martingale et que H est borné.
sont adaptés. Comme M n est une vraie martingale et comme H 1{|H|≤n} est borné, on a, par
τ
l'étape 1, que
H 1{|H|≤n} (Mt∧b
τn τn
− Mt∧a τn
) = H(Mt∧b τn
− Mt∧a ).
τn τn
En eet, c'est évident si |H| ≤ n, et si |H| > n, on a τn ≤ a et donc Mt∧b − Mt∧a =
Mτn ∧t − Mτn ∧t = 0. □
Proposition 4.4.5. Si (Xtn )t∈[0,T ] est une suite de processus continus adaptés telle que
limn,m→∞ E[sup[0,T ] |Xtn − Xtm |p ] = 0, avec p ≥ 1, alors il existe un processus continu adapté
(Xt )t∈[0,T ] tel que limn→∞ E[sup[0,T ] |Xtn − Xt |p ] = 0.
Preuve. Soit nk → ∞ une suite d'indices telle que
n
E[sup[0,T ] |Xt k+1 − Xtnk |p ] ≤ 2−k . Alors
h X p i1/p X h p i1/p
nk+1 nk+1
nk nk
X
E sup |Xt − Xt | ≤ E sup |Xt − Xt | ≤ 2−k/p < ∞,
k≥0 [0,T ] k≥0 [0,T ] k≥0
4.4. VARIATION QUADRATIQUE D'UNE MARTINGALE LOCALE 43
n
sup[0,T ] |Xt k+1 − Xtnk |
P
par Minkowski, donc la série k≥0 converge (normalement) p.s., et la
nk nk+1
n0
− Xtnk ))t∈[0,T ] ,
P
suite (Xt )t∈[0,T ] converge p.s. (uniformément) vers (Xt = Xt + k≥0 (Xt
qui est continu et adapté. De plus,
h i1/p X h p i1/p
n
X
E sup |Xt − Xtnk |p ≤ E sup |Xt ℓ+1 − Xtnℓ | ≤ 2−ℓ/p → 0.
[0,T ] ℓ≥k [0,T ] ℓ≥k
Enn,
h i h i
lim sup E sup |Xtn − Xt |p ≤ lim sup lim sup E sup |Xtn − Xtnk |p = 0
n→∞ [0,T ] n k [0,T ]
Mt2 − At et Mt2 − A′t soient deux martingales locales, alors At − A′t = (Mt2 − A′t ) − (Mt2 − At )
est une martingale locale et un processus à variation nie issu de 0, il est donc p.s. nul, et A
′
et A sont indistinguables.
M 2 − ⟨M − M0 ⟩ = (M − M0 )2 − ⟨M − M0 ⟩ + {2M0 Mt − M02 },
et car le terme entre accolades est une martingale locale, voir le lemme 4.4.4. De plus, on a
Existence : partie 1. On suppose ici que M est bornée (et donc est une vraie martingale)
et on travaille sur [0, T ]. On considère une suite 0 = tn0 < · · · < tnpn = T de subdivisions
n
Pp n
emboîtées de [0, T ], et on introduit Xt = i=1 Mti−1 [Mti ∧t − Mti−1 ∧t ].
n n n
n
(a) Le processus X est une martingale (bornée), voir exercice 4.4.3.
k
X k
X k
X
Mt2nk − 2Xtnnk = 2 2
[Mtni − Mtni−1 ] − 2 Mtni−1 [Mtni − Mtni−1 ] = [Mtni − Mtni−1 ]2 .
i=1 i=1 i=1
n
(c) On a limn,m→∞ E[(XT − XTm )2 ] =0 : nous verrons cela à la n de la preuve.
n m
(d) Par Doob, comme X −X est une martingale continue, on déduit de (c) que
limn,m→∞ E[sup[0,T ] (Xtn − Xtm )2 ]= 0. Par la proposition 4.4.5, il existe un processus continu
(f ) Mt2 − At = 2Xt est une martingale : pour 0 ≤ s ≤ t, on a E[Xtn |Fs ] = Xsn par (a), et
Existence : partie 2. Si M est une martingale locale (issue de 0), elle peut être réduite
par τn = inf{t ≥ 0 : |Mt | ≥ n}. Comme M τn est une martingale bornée, on peut appliquer
n τ
la partie 1, soit donc At = ⟨M n ⟩t .
n m
Par unicité, on a At∧τ = At∧τ (à indistinguabilité près) pour tout m ≥ n. En eet,
n n
2 m 2
Mt∧τ m
− A t est une martingale, donc Mt∧τ n
− Am 2 m
t∧τn = Mt∧τm ∧τn − At∧τn est une martingale,
m n m n m
et donc At∧τ est bien le crochet de Mt∧τn , i.e. At = At∧τ , puis At∧τ = At∧τ .
n n n n
On peut donc constuire un processus continu adapté croissant A tel que pour tout n ≥ 1,
At∧τn = Ant∧τn : il sut Ant 1{t∈(τn−1 ,τn ]} = limn→∞ Ant p.s. (avec τ0 = 0).
P
de poser At = n≥1
2 2
Alors Mt − At est un martingale locale, puisque pour tout n ≥ 1, Mt∧τ − At∧τn =
n
2
Mt∧τ n
− Ant∧τn est une martingale, donc τn réduit Mt2 − At .
Ppn τk
Enn, on sait par la partie 1 que pour tout k ≥ 1, on a AkT = limn→∞ i=1 [Mtn
i
− Mtτni−1
k
]2
dans L2 . Puisque Ωk = {τk ≥ T } vérie limk P(Ωk ) = 1 et que
pn pn
X X τk τk 2
2 c k
P AT − [Mtni − Mtni−1 ] > ϵ ≤ P(Ωk ) + P AT − [Mtni − Mtni−1 ] > ϵ ,
i=1 i=1
Ppn
d'où lim supn P(|AT − i=1 [Mti
n − Mtni−1 ]2 | > ϵ) ≤ P(Ωck ) puis
pn
X
lim sup P AT − [Mtni − Mtni−1 ]2 > ϵ = 0.
n
i=1
où, pour chaque j = 0, . . . , pm − 1, l'indice in,m (j) est l'unique i ∈ {0, . . . , pn } tel que
]tm m n n
j−1 , tj ] ⊂]ti−1 , ti ]. Ainsi,
pm
X m,n m,n
XTn − XTm = Hj−1 [Mtm
j
− Mtm
j−1
], où Hj−1 = Mtnin,m (j)−1 − Mtm
j−1
.
j=1
pm
hX i pm
hX i
m,n 2 m,n 2
E[(XTn − XTm )2 ] =E (Hj−1 ) [Mtm
j
− M m
tj−1 ] 2
≤ E ( H̄j−1 ) [M m
tj − M m
tj−1 ] 2
,
j=1 j=1
= E[(H̄pm,n
m
Mtm
pm
)2 ].
Notre martingale M étant bornée (par K ), on conclut que E[(XTn − XTm )2 ] ≤ K 2 E[(H̄pm,n
m
)2 ],
qui tend vers 0 quand n, m → ∞ par convergence dominée, puisque (H̄pm,n
m
)2 ≤ 4K 2 et tend
Définition 4.4.7. Une martingale (continue) M est dite de carré intégrable (ou dans
L ) si
2
E(Mt2 ) < ∞ pour tout t ≥ 0.
Théorème 4.4.8. Soit M une martingale locale telle que p.s. M0 = 0. Alors E[⟨M ⟩t ] < ∞
pour tout t ≥ 0 si et seulement si M est une (vraie) martingale de carré intégrable. Dans ce
cas, Mt2 − ⟨M ⟩t est une (vraie) martingale.
Preuve. Soit donc M une martingale locale issue de 0 et τn = inf{t ≥ 0 : |Mt | + ⟨M ⟩t ≥ n}.
2
Alors τn croît p.s. vers l'inni, et Mt∧τ n
− ⟨M ⟩t∧τn est une martingale locale bornée, donc
2
E[Mt∧τ n
] = E[⟨M ⟩t∧τn ].
46 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
• Si M est une (vraie) martingale L2 , alors par Fatou, E[⟨M ⟩t ] ≤ lim inf n E[⟨M ⟩t∧τn ] =
2
lim inf n E[Mt∧τ n
] = E[Mt2 ] < ∞, par convergence dominée, puisque Mt∧τn → Mt p.s. et
2
puisque supn≥1 Mt∧τ
n
≤ sup[0,t] Ms2 qui est intégrable par Doob.
2
• Si maintenant E(⟨M ⟩t ) < ∞ pour tout t, alors supn E[Mt∧τ n
] ≤ E(⟨M ⟩t ) puis, par
Doob, comme (Mt∧τn )t≥0 est une martingale locale bornée donc une vraie martingale, on a
2
supn E[sup[0,t] Ms∧τ n
] ≤ 4E(⟨M ⟩t ). On conclut que E[sup[0,t] Ms2 ] ≤ 4E(⟨M ⟩t ) < ∞ pour tout
t≥0 par convergence monotone. Par la Proposition 4.3.4, M est une martingale L2 .
• Enn, sous ces conditions, on a E[sup[0,t] |Ms2 − ⟨M ⟩s |] < ∞, et Mt2 − ⟨M ⟩t est une
Remarque 4.4.9. Nous verrons en TD que si M une martingale locale telle que M0 = 0
et 1/2
E[⟨M ⟩t ] < ∞ pour tout t ≥ 0, alors M est une vraie martingale.
Corollaire 4.4.10. (a) Soit M une martingale dans L2 telle que p.s. M0 = 0. Alors
(4.3) E(Mt2 ) = E(⟨M ⟩t ), ∀ t ≥ 0.
(b) Si M est une martingale locale (continue) telle que ⟨M ⟩t = 0 p.s. pour tout t ≥ 0 et
M0 = 0, alors (Mt )t≥0 est indistinguable de 0.
Preuve. (a) découle du fait qu'alors M 2 − ⟨M ⟩ est une martingale issue de 0.
(b) Si ⟨M ⟩t = 0 p.s. pour tout t ≥ 0, alors M 2 = M 2 − ⟨M ⟩ est une (vraie) martingale
2
par le Théorème 4.4.8. Donc E(Mt ) =0 et M est indistinguable de 0 par continuité. □
On étend maintenant la notion de crochet aux couples de martingales locales.
1
M N − ⟨M, N ⟩ = (M + N )2 − ⟨M + N ⟩ − (M 2 − ⟨M ⟩) − (N 2 − ⟨N ⟩)
2
est une martingale locale.
Preuve. On peut bien sûr supposer que H et K sont à valeurs positives. Notons µ, ν et σ
| d⟨M, N ⟩|, d⟨M ⟩ et d⟨N ⟩ sur [0, T ].
les trois mesures (aléatoires) positives
Etape 1. On a p.s. |⟨M, N ⟩t − ⟨M, N ⟩s | ≤ ν(]s, t]) σ(]s, t]) pour tout 0 ≤ s < t ≤ T .
p p
′
On notera Ω (de probabilité 1) l'évènement correspondant.
En eet, soit s = tn0 < · · · < tnpn = t une suite de subdivisions emboîtées de ]s, t] de pas
tendant vers 0. Alors, on sait par la Proposition 4.4.12 que (la limite étant en probabilité)
pn
X
⟨M, N ⟩t − ⟨M, N ⟩s = lim (Mtni − Mtni−1 )(Ntni − Ntni−1 ).
n
i=1
En utilisant Cauchy-Schwarz puis le théorème 4.4.1, on conclut que
pn
X pn
1/2 X 1/2 p
2
p
|⟨M, N ⟩t −⟨M, N ⟩s | ≤ lim |Mtni −Mtni−1 | |Ntni −Ntni−1 |2 = ν(]s, t]) σ(]s, t]).
n
i=1 i=1
On a cette inégalité p.s. pour tous les couples de rationnels 0≤s<t≤T puis, par continuité
(les mesures ν et σ étant sans atomes), p.s. pour tous les couples 0 ≤ s < t ≤ T.
48 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
Etape 4. Supposons que H et K sont étagés positifs, on peut donc les écrire sous la
ai 1{(s,ω)∈Ai } i=1 bi 1{(s,ω)∈Ai } , avec ai , bi ∈ [0, ∞[ et Ai ∈
Pn Pn
forme Hs (ω) = i=1 et Ks (ω) =
Etape 5. Il n'y a plus qu'à écrire les processus mesurables (positifs) H et K comme limites
croissantes de fonctions étagées positives. □
Lemme 4.4.16. Soient µ, ν, σ trois mesures positives nies sur [0, T ] telles que µ(]s, t]) ≤
ν(]s, t])σ(]s, t]) pour tout 0 ≤ s < t ≤ T . Alors µ(A) ≤ ν(A)σ(A) pour tout A ∈
p p
B([0, T ]).
Preuve. Il semble impossible d'utiliser les classes monotones usuelles, mais on peut employer
https ://[Link]/wiki/Monotone_class_theorem#Monotone_class_theorem_for_sets.
On va procéder autrement. On introduit κ = µ + ν + σ et les densités de Radon-Nikodym
f = dµ/dκ, g = dν/dκ et h = dσ/dκ. On va montrer que
(4.6) f 2 ≤ gh κ-p.p.,
ce qui sura car on aura alors, pour tout A ∈ B([0, T ]),
Z Z p Z Z 1/2 p
µ(A) = f dκ ≤ gh dκ ≤ g dκ h dκ = ν(A)σ(A).
A A A A
4.5. SEMIMARTINGALES CONTINUES 49
est croissante : pour 0 ≤ s < t ≤ T , ℓ(t) − ℓ(s) = α2 ν(]s, t]) + 2αµ(]s, t]) + σ(]s, t]) ≥ 0 (car
4(µ(]s, t]))2 − 4ν(]s, t])σ(]s, t]) ≥ 0 par hypothèse).
Donc pour α ∈ Q, ( dℓα )− est la mesure nulle. Or ( dℓα )− = [α2 g + 2αf + h]− κ, d'où
κ({t ∈ [0, T ] : α2 2g(t) + 2αf (t) + h(t) < 0}) = 0.
Comme Q est dénombrable, on conclut que
κ({t ∈ [0, T ] : ∃q ∈ Q t.q. α2 2g(t) + 2αf (t) + h(t) < 0}) = 0,
soit (4.7). □
où M est une martingale locale (continue), V est un processus à variation nie (continu
adapté), M0 = V0 = 0, et X0 est F0 -mesurable.
Proposition 4.5.4. Soit 0 = tn0 < tn1 < · · · < tnpn = t une suite de subdivisions emboîtées
de [0, t] de pas tendant vers 0 quand n → +∞. Alors
pn
en probabilité.
X
lim (Xtni − Xtni−1 )(X
etn − X
i
etn ) = ⟨X, X⟩
i−1
e t
n→∞
i=1
50 4. SEMIMARTINGALES CONTINUES
Intégrale stochastique
par rapport à une semimartingale (continue). Durant tout le chapitre, on se place dans un
espace de probabilité ltré (Ω, F , (Ft ), P) qui vérie les conditions habituelles.
Noter que par Doob, ∥M ∥2M 2 = (M, M )MT2 = 0 implique bien que le processus M est
T
2
indistinguable de 0 (sur [0, T ]), puisque E[sup[0,T ] Mt ] ≤ 4E[MT2 ] = 4∥M ∥2M 2 .
T
Proposition 5.1.2. MT2 , muni du produit scalaire (M, N )MT2 , est un espace de Hilbert.
Preuve. Il faut montrer que MT2 est complet pour la norme ∥M ∥MT2 . Soit donc (M n )n une
quand n, m → ∞. Par la Proposition 4.4.5, il existe un processus (Mt )t∈[0,T ] continu, adapté,
2
L , tel que
" #
lim E sup (Mtn − Mt )2 = 0.
n→+∞ t∈[0,T ]
Reste à montrer que M est une martingale. Mais pour tout 0 ≤ s < t ≤ T , on a E[Mtn |Fs ] =
Msn , et il sut de faire tendre n → ∞ (dans L2 ). En eet, l'inégalité de Cauchy-Schwarz
Définition 5.1.3. Pour M ∈ MT2 , on note L2T (M ) l'ensemble des processus progressifs
(Hs )s∈[0,T ] tels que
Z T
E Hs2 d⟨M ⟩s < ∞.
0
Définition 5.1.6. On dit que H : [0, +∞[×Ω 7→ R est élémentaire s'il s'écrit
p
H (i) (ω) 1]ti , ti+1 ] (s),
X
Hs (ω) = s ≥ 0,
i=0
où p ≥ 0 est un entier, 0 ≤ t0 ≤ t1 ≤ · · · ≤ tp+1 sont des réels, et H (i) est une variable
aléatoire réelle bornée et Fti -mesurable pour chaque 0 ≤ i ≤ p. Notons E l'espace (vectoriel)
des processus élémentaires et ET l'espace (vectoriel) des restrictions à [0, T ] des processus
élémentaires.
Preuve. Il est clair que ET ⊂ L2T (M ). Rappelons qu'un sous-espace vectoriel F d'un espace
(iii) H 7→ H · M est une isométrie de ET (muni de ∥·∥L2T (M ) ) dans MT2 (muni de ∥·∥2MT2 ).
H (i) (ω) 1]ti , ti+1 ] (s) = i=0 K (ω) 1]si , si+1 ] (s), alors on a
Pp Pq (i)
Il faut vérier que si i=0
Pp Pq
bien i=0 H (i) (Mti+1 ∧t − Mti ∧t ) = i=0 K
(i)
(Msi+1 ∧t − Msi ∧t ) : on se ramène au cas où
{t0 , ..., tp } ⊂ {s0 , ..., sq } par concaténation, on écrit donc ti = ski , on montre que K (j) = H (i)
pour j = ki , ..., ki+1 − 1, et on conclut par téléscopage.
Preuve. Le point (iii) ne dit rien de plus que (ii), qui découle de (i) par le Corollaire 4.4.10.
Pp
Pour (i), on écrit (H · M )t = 0 Lit , où Lit = H (i) (Mti+1 ∧t − Mti ∧t ). Comme dans l'exercice
4.4.3, L est une martingale (continue et L ), donc H ·M ∈ MT . Reste à calculer son crochet.
i 2 2
• On a ⟨Li ⟩t = [H (i) ]2 [⟨M ⟩ti+1 ∧t − ⟨M ⟩ti ∧t ], car Zti = (Lit )2 − [H (i) ]2 [⟨M ⟩ti+1 ∧t − ⟨M ⟩ti ∧t ]
est une martingale. En eet,
Le premier terme est une martingale locale (c.f. Lemme 4.4.4), et le second aussi (noter que
p p Z t
X X
(i) 2 (i) 2
⟨H·M ⟩t = [H ] (⟨M ⟩ti+1 ∧t −⟨M ⟩ti ∧t ) = [H ] d⟨M ⟩(]ti , ti+1 ]∩[0, t]) = Hs2 d⟨M ⟩s ,
i=0 0 0
Définition 5.1.9. Soit M ∈ MT2 . Pour H ∈ L2T (M ), on dénit ((H ·M )t )t∈[0,T ] comme la
limite (dans MT2 ) de ((H n ·M )t )t∈[0,T ] , pour une suite H n ∈ ET telle que ∥H n −H∥L2T (M ) → 0.
La martingale continue (et L2 ) H · M est appelée intégrale stochastique de H par rapport
à M . On note aussi 0t Hs dMs = (H · M )t .
R
Remarque 5.1.10. (i) L'objet obtenu ne dépend pas de la suite approchante choisie,
car si ∥H n − H∥L2T (M ) → 0 et ∥K n − H∥L2T (M ) → 0, alors ∥(H n · M ) − (K n · M )∥MT2 =
∥H n − K n ∥L2T (M ) → 0.
(ii) H 7→ H · M est une isométrie de (L2T (M ), ∥ · ∥L2T (M ) ) dans (MT2 , ∥ · ∥2MT2 ), on a
E[(H · M )t ] = 0 et E[(H · M )2t ] = E[ 0 Hs2 d⟨M ⟩s ] pour tout t ∈ [0, T ].
Rt
de M 2 .
(a) Noter que 0t Hs dMs n'est pas une intégrale usuelle (de Stieljes) :
R
Remarque 5.1.12.
M n'est pas à variation nie, donc dM n'est pas une mesure signée.
(b) Si H est adapté, continu et borné, on construit 0t Hs dMs comme limite (dans L2 )
R
de 2i=0−1 Hit2−n (M(i+1)t2−n − Mit2−n ) (considérer Hsn = 20 −1 Hit2−n 1]it2−n ,(i+1)t2−n ] , vérier
Pn Pn
qu'il est élémentaire, et qu'il converge vers H dans L2t (M ) quand n → ∞). C'est assez
naturel, mais c'est vraiment une limite probabiliste, qui utilise les compensations. En général,
i=0 |Hit2−n (M(i+1)t2−n − Mit2−n )| tend vers l'inni (si par exemple H = 1 et M = B ).
P2n −1
(c) De plus, même si H est continu adapté (et borné, même s'il ne l'est pas dans l'exemple
qui suit), 0t Hs dMs n'est en général pas limite de 2i=0−1 H(i+1)t2−n (M(i+1)t2−n − Mit2−n ). En
R Pn
Preuve. Commençons par l'unicité. Si L et L̃ sont deux éléments de M 2 tels que ⟨L− L̃, N ⟩ =
0 pour tout N ∈ M 2, alors en particulier avec N = L − L̃ on trouve ⟨L − L̃⟩ = 0 puis, par
• Montrons ensuite (5.1) lorsque H = pi=0 H (i) 1]ti , ti+1 ] ∈ E . On rappelle que (H · M )t =
P
Pp i i (i)
0 Lt , où Lt = H [Mti+1 ∧t − Mti ∧t ] est une martingale. Soit une suite de subdivisions
emboîtées 0 = sn0 < sn1 < · · · < snpn = t de pas tendant vers 0 : on a (en probabilité)
pn
X
i
⟨L , N ⟩t = lim (Lisnk − Lisnk−1 )(Nsnk − Nsnk−1 )
n
k=1
pn
X
=H (i) lim ([Mti+1 ∧snk − Mti+1 ∧snk−1 ] − [Mti ∧snk − Mti ∧snk−1 ])(Nsnk − Nsnk−1 )
n
k=1
(i) ti+1
=H [⟨M , N ⟩t − ⟨M ti , N ⟩t ]
=H (i) [⟨M, N ⟩ti+1 ∧t − ⟨M, N ⟩ti ∧t ]
=H (i) d⟨M, N ⟩([0, t]∩]ti , ti+1 ]),
Rt
⟨H · M, N ⟩t = p0 ⟨Li , N ⟩t = p0 H (i) d⟨M, N ⟩([0, t]∩]ti , ti+1 ]) = 0 Hs d⟨M, N ⟩s .
P P
d'où
• Montrons maintenant (5.1) dans le cas général. On considère une suite (H n )n d'éléments
de E telle que Hn → H dans L2T (M ) et on sait, par dénition de H · M , que H n · M → H · M
Rt n
dans MT2 . On sait aussi
n
que ⟨H · M, N ⟩t =
0
Hs d⟨M, N ⟩s pour chaque n. Il n'y a plus
qu'à faire tendre n→∞ en remarquant que d'une part, d'après KunitaWatanabe,
sZ sZ
Z t h t t i
E (Hsn − Hs ) d⟨M, N ⟩s ≤E (Hsn − Hs )2 d⟨M ⟩s d⟨N ⟩s
0 0 0
n
≤∥H − H∥L2t (M ) ∥N ∥Mt2 → 0,
1/2 1/2
et d'autre part (pour toute paire de martingales, on a |⟨M, N ⟩t | ≤ ⟨M ⟩t ⟨N ⟩t )
1/2
E[|⟨H n · M − H · M, N ⟩t |] ≤ E[⟨H n · M − H · M ⟩t ]1/2 E[⟨N ⟩t ] → 0,
Preuve.
Rt
Il sut de montrer (b). Par le Théorème 5.2.1 ⟨H · M, K · N ⟩t = Hs d⟨M, K · N ⟩s .
0
Rt
Mais, par le Théorème 5.2.1 encore, ⟨M, K · N ⟩t = Ks d⟨M, N ⟩s donc, par la Remarque
0
56 5. INTÉGRALE STOCHASTIQUE
1
Rt Rt R t∧τ
Autrement dit,
0
Hs dMsτ =
0
Hs {s∈[0,τ ]} dM s = 0
Hs dMs .
Preuve. (a) On a M τ = 1[0,τ ] · M , i.e. Mtτ = 0t 1{s∈[0,τ ]} dMs . En eet, par le Théorème
R
Théorème 5.3.2. (1) Soit M une martingale locale issue de 0. Pour tout H ∈ L2loc (M ),
il existe une unique martingale locale issue de 0, notée H · M ou 0· Hs dMs , telle que pour
R
tout n ≥ 1. Ainsi, Z est un continu (car continu sur [0, τn ] pour tout n) et adapté. Comme
H · M τn est une martingale L2 , Z est une martingale locale issue de 0, réduite par (τn )n≥1 .
(d) Montrons que pour toute martingale locale N (qu'on peut supposer issue de 0), on
Rt
a ⟨Z, N ⟩t =
0
Hs d⟨M, N ⟩s . Soit σn = inf{t ≥ 0 : |Nt | ≥ n} et Sn = τn ∧ σn . Alors M Sn
S 2 S S
Rt
et N n sont des martingales L et on a donc ⟨H · M n , N n ⟩t =
0
Hs d⟨M Sn , N Sn ⟩s =
58 5. INTÉGRALE STOCHASTIQUE
R t∧Sn
0
Hs d⟨M, N ⟩s . Comme Z τn = (H · M τn ) et τn ≥ Sn , on conclut que ⟨Z, N ⟩Sn =
R ·∧S
⟨H · M τn , N Sn ⟩ = ⟨H · M Sn , N Sn ⟩ = 0 n Hs d⟨M, N ⟩s , et il n'y a plus qu'à faire tendre
n → ∞.
(2) La preuve est strictement identique à celle du Corollaire 5.2.2.
(3) SiM ∈ M 2 et H ∈ L2 (M ), alors H · M est une vraie martingale L2 car par (2),
Rt
⟨H · M ⟩t = 0 Hs2 d⟨M ⟩s , donc E(⟨H · M ⟩t ) < ∞ pour tout t ≥ 0, et donc que H ·M est une
2
(vraie) martingale L par le Théorème 4.4.8.
(4) et (5) Les preuves sont strictement identiques à celles des Propositions 5.2.4 et 5.2.5.
Remarque 5.4.2. (a) Tout processus continu adapté est localement borné.
(b) Si H est localement borné, on peut dénir 0t Hs dVs et 0t Hs dMs pour tout processus
R R
R·
Exercice 5.4.4. (1) L'application (H, X) 7→ 0 Hs dXs est bilinéaire.
Rt Rt Rt
(2) Si H, K sont localement bornés et si Yt = 0 Ks dXs , alors 0 Hs dYs = 0 Hs Ks dXs .
τ est un temps d'arrêt, alors 0 Hs dXs = 0 Hs 1{s∈[0,τ ]} dXs = 0 Hs dXsτ .
R t∧τ Rt Rt
(3) Si
5.4. INTÉGRATION STOCHASTIQUE PAR RAPPORT AUX SEMIMARTINGALES 59
(4) Si X
est une martingale locale (resp. un processus à variation nie), alors il en va de
Rt
même pour
0
Hs dXs .
Fti -mesurable
Pp−1
(5) Si Hs (ω) = i=0 H i (ω) 1 ]ti ,ti+1 ] (s), où, pour chaque i, H i est (non
Il sut, chaque fois, de décomposer les semimartingales, et d'utiliser ce qui est connu
pour les processus à variation nie et pour les martingales locales. Seul le point (5), dans
le cas où X est une martingale locale, est nouveau (sauf si les H i sont bornées). On pourra
observer que pour toute martingale locale N , on a
* p−1 + p−1
(utiliser des subdivisions)
X X
i
H (Xti+1 ∧· − Xti ∧· ), N = H i ⟨Xti+1 ∧· − Xti ∧· , N ⟩t
i=0 t i=0
p−1 Z t
X
i
= H (⟨X, N ⟩ti+1 ∧t − ⟨X, N ⟩ti ∧t ) = Hs d⟨X, N ⟩s .
i=0 0
Preuve. On étudie séparément les parties martingale et à variation nie de X , cette dernière
étant déjà traitée par le Lemme 4.1.7. On suppose donc que X = M est une martingale locale
Ppn −1
issue de 0. Par l'exercice précedent (point 5), pour chaque n, on a i=0 Hti (Xti+1 − Xti ) =
n n n
Rt n
0
Hs dMs , où
Hsn = Htni 1{s∈]tni ,tni+1 ]} .
Pour m ≥ 1, τm = inf{s ≥ 0 : |Hs | + ⟨M ⟩s ≥ m}. Alors τm → ∞ p.s. quand m → ∞
soit et,
R t∧τm n
à m xé, comme
0
(Hs − Hs )2 d⟨M ⟩s ≤ 4tm3 ∈ L2 (Ω),
"Z 2 #
t∧τm Z t∧τm
n n 2
E (Hs − Hs ) dMs =E (Hs − Hs ) d⟨M ⟩s
0 0
qui tend vers 0 quand n → ∞ par convergence dominée et continuité de H . Donc pour tout
R t∧τm n R t∧τ
m ≥ 1, limn 0 Hs dMs = 0 m Hs dMs en probabilité. Mais, pour ϵ > 0,
Z t Z t Z t∧τm Z t∧τm
n n
P Hs dMs − Hs dMs > ϵ ≤ P(τm < t)+P Hs dMs − Hs dMs > ϵ ,
0 0 0 0
60 5. INTÉGRALE STOCHASTIQUE
Rt Rt
d'où lim supn P(| 0
Hsn dMs − 0
Hs dMs | > ϵ) ≤ P(τm < t) pour tout m ≥ 1. On conclut en
faisant tendre m → ∞. □
La formule d'intégration par parties suivante est un cas particulier de la formule d'Itô.
Preuve. Fixons t > 0. Soit 0 = tn0 < tn1 < · · · < tpnn = t une suite de subdivisions emboîtées
de [0, t] dont le pas tend vers 0. Par la proposition précédente, quand n → ∞, en probabilité,
pn −1 Z t
X
Xtni (Ytni+1 − Ytni ) → Xs dYs ,
i=0 0
pn −1 Z t
X
Ytni (Xtni+1 − Xtni ) → Ys dXs ,
i=0 0
Xtni (Ytni+1 − Ytni ) + Ytni (Xtni+1 − Xtni ) + (Xtni+1 − Xtni ) (Ytni+1 − Ytni ) = Xtni+1 Ytni+1 − Xtni Ytni ,
Ppn −1
et comme i=0 (Xti+1 Yti+1 − Xti Yti ) = Xt Yt − X0 Y0 , on obtient p.s.
n n n n
Z t Z t
Xs dYs + Ys dXs + ⟨X, Y ⟩t = Xt Yt − X0 Y0 .
0 0
Il sut d'utiliser la continuité de tous les processus pour voir que l'identité est vraie p.s.
pour tout t. □
Chapitre 6
La formule d'Itô est l'outil de base du calcul stochastique. On démontre d'abord cette
où Xt = (Xt1 , · · · , Xtd ), ∀ t ≥ 0.
Preuve. (i) Fixons t > 0. Soit 0 = tn0 < tn1 < · · · < tnpn = t une suite de subdivisions
pn −1
X
F (Xt ) = F (X0 ) + [F (Xtni+1 ) − F (Xtni )].
i=0
61
62 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
1
F (Xtni+1 ) − F (Xtni ) = F ′ (Xtni ) (Xtni+1 − Xtni ) + fn,i (Xtni+1 − Xtni )2 ,
2
où fn,i , aléatoire, est tel que
avec In,i = [Xtni ∧ Xtni+1 , Xtni ∨ Xtni+1 ]. La Proposition 5.4.5 nous dit que
pn −1 Z t
X
′
lim F (Xtni ) (Xtni+1 − Xtni ) = F ′ (Xs ) dXs en probabilité.
n→∞ 0
i=0
pn −1 Z t
X
(6.2) lim fn,i (Xtni+1 − Xtni ) = 2
F ′′ (Xs ) d⟨X⟩s en probabilité.
n→∞ 0
i=0
Rt Rt
Alors on aura, pour tout t, p.s., F (Xt ) = F (X0 ) + 0
F ′ (Xs ) dXs + 1
2 0
F ′′ (Xs ) d⟨X⟩s , et la
pm −1 pm −1
X X X
∆2n,m = F ′′ (Xtm (Xtni+1 − Xtni )2 − F ′′ (Xtm
j
) j
) ⟨X⟩ tm
j+1
− ⟨X⟩tm
j
,
j=0 i: tm n m
j <ti ≤tj+1 j=0
pm −1 Z t
X
′′
∆3m F ′′ (Xs ) d⟨X⟩s .
= F (Xtm
j
) ⟨X⟩ tm
j+1
− ⟨X⟩tm −
j
j=0 0
− Xtni )2 → ⟨X⟩tm
P
probabilité, i: tm n m (Xtn − ⟨X⟩tm par la Proposition 4.5.4.
j <ti ≤tj+1 i+1
1
Ppn −1 j+1 j
Mais Cn → ⟨X⟩t en probabilité et limm→∞ lim supn→∞ Zm,n = 0 p.s. (car F ′′ est continue,
ainsi que les trajectoires de X, et par (6.1)), on conclut que limm→∞ lim supn→∞ ∆1n,m = 0
en probabilité.
lim sup P(∆n > ϵ) ≤ lim sup P(∆1n,m > ϵ/3) + lim sup P(∆2n,m > ϵ/3) + P(∆3m > ϵ/3)
n→∞ n→∞ n→∞
= P(∆3m > ϵ/3),
d d
X ∂F k k 1 X k,ℓ k
F (Xtni+1 ) − F (Xtni ) = k
(X n
ti ) (X n
ti+1 − X n
ti ) + fn,i (Xtni+1 − Xtkni )(Xtℓni+1 − Xtℓni ),
k=1
∂x 2 k,ℓ=1
avec
∂ 2F k,ℓ ∂ 2F
inf (x) ≤ f n,i ≤ sup (x),
x∈Ii,n ∂xk ∂xℓ k
x∈Ii,n ∂x ∂x
ℓ
où Ii,n = [Xt1ni ∧ Xt1ni+1 , Xt1ni ∨ Xt1ni+1 ] × · · · × [Xtdni ∧ Xtdni+1 , Xtdni ∨ Xtdni+1 ]. La proposition 5.4.5 nous
donne le résultat cherché pour les termes faisant intervenir les dérivées premières. De plus,
par les mêmes arguments que dans la preuve de (6.2), on a, pour chaque 1 ≤ k, ℓ ≤ d,
t
∂ 2F
Z
k,ℓ
fn,i (Xtkni+1 − Xtkni )(Xtℓni+1 − Xtℓni ) → (Xs ) d⟨X k , X ℓ ⟩s
0 ∂xk ∂xℓ
en probabilité. □
(ii) Si (Xt = (Xt1 , · · · , Xtd ))t≥0 prend ses valeurs dans un domaine ouvert D ⊂ Rd , la
2
formule d'Itô est valable pour toute fonction F de classe C sur D.
d Z t d Z
X ∂F i 1 X t ∂ 2F
F (Xt ) = F (X0 ) + i
(Xs ) dXs + i j
(Xs ) d⟨X i , X j ⟩s .
i=1 0
∂x 2 i,j=1 0 ∂x ∂x
Mais τn → ∞, car inf [0,T ] d(Xt , Dc ) > 0 pour tout T > 0 (X est continu donc t 7→ d(Xt , Dc )
c
est continue, et X est à valeurs dans D ouvert, donc d(Xt , D ) > 0 pour tout t ≥ 0). La
Exemple 6.1.3. (i) Soit (Bt )t≥0 un mouvemement brownien de dimension 1 issu de
orthogonales),
d Z t Z t
X ∂F 1
F (Bt ) = F (B0 ) + i
(Bs ) dBsi + ∆F (Bs ) ds.
i=1 0 ∂x 2 0
Xd Z t∧Tr ∧TR
2 2
∥Bt∧Tr ∧TR ∥ = ∥x∥ + 2 Bsi dBsi + d(t ∧ Tr ∧ TR ).
i=1 0
Si F : R∗+ → R est C 2,
d Z
X t∧Tr ∧TR
2
F (∥Bt∧Tr ∧TR ∥ ) =F (∥x∥ ) + 2 2
F ′ (∥Bs ∥2 )Bsi dBsi
i=1 0
Z t∧Tr ∧TR
dF ′ (∥Bs ∥2 ) + 2F ′′ (∥Bs ∥2 )∥Bs ∥2 ds.
+
0
Mais, en posant F (y) = log(y) si d=2 et F (y) = y 1−d/2 si d ≥ 3, on a dF ′ (y) + 2yF ′′ (y) =
0, et donc F (∥Bt∧Tr ∧TR ∥2 ) est une martingale locale bornée. C'est donc une martingale
U.I., et par le théorème d'arrêt, E[F (∥BTr ∧TR ∥2 )] = F (∥x∥2 ) (noter que TR < ∞ car
et nalement,
F (∥x∥2 ) − F (r2 )
P[TR < Tr ] = .
F (R2 ) − F (r2 )
Noter que si d = 2, on en déduit, en faisant tendre R → ∞, que P(Tr = ∞) = 0 pour tout
Exercice 6.1.5. En utilisant l'exemple précédent, montrer que p.s., le mouvement Brow-
nien de dimension 2 issu de x ̸= 0 ne touche jamais 0.
En déduire que pour tout d ≥ 2, tout x ̸= y, p.s., le mouvement Brownien de dimension
d issu de x ne touche jamais y .
montre ici que limt→∞ ∥Bt ∥ = ∞ p.s., i.e. que B est transient.
Autrement dit, ∥B∥−1 est une martingale locale, positive, issue de 1. Par la Proposition
4.3.4, c'est une surmartingale positive, elle converge donc p.s. vers une v.a. ξ quand t → ∞.
−1 1 2 3
Et d'après Fatou, E(ξ) ≤ lim inf t→∞ E(∥Bt ∥ ). Or, si G = (G , G , G ) désigne une v.a.
gaussienne standard, pour t ≥ 1,
√ 1 2 √ 2 2 √ 3 2 −1/2
h
−1
−1/2 i
E(∥Bt ∥ ) = E (1 + tG ) + ( tG ) + ( tG ) ≤ t−1/2 E (G2 )2 + (G3 )2 ,
qui tend vers 0 quand t → ∞ (en général, E(∥G∥−q ) < ∞ ⇔ q < d.) Donc ξ = 0 p.s.,
On notera que ∥B∥−1 est une martingale locale U.I. (car on a supt≥0 E(∥Bt ∥−1−ε ) < ∞
pour ε ∈ ]0, 1[ ), qui n'est pas une martingale (sinon, ce serait une martingale U.I, et on
−1
aurait ∥Bt ∥ = E[∥B∞ ∥−1 |Ft ] = 0, avec un petit abus de notation). □
66 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
tielles.
Théorème 6.2.1. Soit X une semimartingale continue. Il existe une unique semimar-
tingale Z telle que
Z t
X0
(6.3) Zt = e + Zs dXs ,
0
qu'on appelle exponentielle de X , qu'on note Z = E (X) et qui est donnée par
1
(6.4) E (X)t = exp Xt − ⟨X⟩t .
2
Noter que quand X est une martingale locale, E (X) aussi. Avec Xt = θBt , on a E (X)t =
exp(θBt − 21 θ2 t).
Preuve. Soit Z = E (X) déni dans (6.4). En appliquant la formule d'Itô avec F (x) = ex à
1
la semimartingale X − ⟨X⟩, dont le crochet vaut ⟨X⟩, on trouve que Z satisfait
2
Z t
1 t
Z Z t
X0 1 1 X0
Zt = e + Zs d(Xs − ⟨X⟩s ) + Zs d⟨X − ⟨X⟩⟩s = e + Zs dXs .
0 2 2 0 2 0
−x
Pour l'unicité, on commence par remarquer, en utilisant Itô avec F (x) = e , que Yt =
Donc, pour toute solution Z̃ de (6.3), par la formule d'intégration par parties,
Z t Z t
Yt Z̃t =Y0 Z̃0 + Ys dZ̃s + Z̃s dYs + ⟨Y, Z̃⟩t
0 0
Z t Z t Z t
=1 + Ys Z̃s dXs + Z̃s [−Ys dXs + Ys d⟨X⟩s ] − Ys Z̃s d⟨X⟩s ,
0 0 0
dit que la réciproque est également vraie, ce qui fournit une caractérisation importante et
Preuve.
Pd j
Fixons ξ = (ξ1 , · · · , ξd ) ∈ Rd , et soit Nt = ξ · Mt = j=1 ξj Mt . Il s'agit d'une
martingale locale de crochet
d X
X d d
X
j k
⟨N ⟩t = ξj ξk ⟨M , M ⟩t = ξj2 t = ∥ξ∥2 t.
j=1 k=1 j=1
2
D'après le Corollaire 6.2.2, E (iN )t = exp[i(ξ · Mt ) + ∥ξ∥ 2
t] est une martingale locale (com-
∥ξ∥2
plexe). Pour tout t > 0, sups∈[0,t] |E (iN )s | ≤ exp[ 2 t] qui est intégrable. Par la Proposition
4.3.4, E (iN ) est une (vraie) martingale, et pours < t, E[E (iN )t | Fs ] = E (iN )s , d'où
∥ξ∥2
h i
E exp[i(ξ · (Mt − Ms )] Fs = exp − (t − s) .
2
Ainsi, (Mt − Ms ) a pour loi N (0, (t − s)I) et est indépendant de Fs , car pour tout A ∈ Fs ,
tout ξ ∈ R , E[exp[i(ξ · (Mt − Ms )]1A ] = E[exp[i(ξ · (Mt − Ms )]]P(A).
d
On conclut que M est
un (Ft )-mouvement brownien : il est continu, (Ft )-adapté, et pour 0 < s < t, (Mt − Ms )
est indépendant de Fs et de loi N (0, (t − s)I). □
Exemple 6.3.2. Soit (X, Y ) un mouvement brownien à valeurs dans R2 et, pour θ ∈ R,
sgn(x) = 1{x>0} − 1{x≤0} (donc sgn(0) = −1). Comme sgn(Bs ) est un processus localement
borné (il est clair que ce processus est progressif, car composé du processus progressif (s, ω) 7→
68 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
Bs (ω) et de l'application borélienne x 7→ sgn(x)), βt est bien déni, et est une martingale
Rt
locale continue. Comme ⟨β⟩t =
0
(sgn(Bs ))2 ds = t, β est un (Ft )-mouvement brownien. □
Ce dernier exemple n'est pas surprenant : si on considère une marche aléatoire simple
Pn Pn
symétrique Sn = 1 Xk (et S0 = 0), on montre facilement que Tn = 1 sgn(Sn−1 )Xn est
encore une marche aléatoire simple symétrique.
Théorème 6.4.1 (Dubins-Schwarz). Soit M une martingale locale continue telle que
M0 = 0 et ⟨M ⟩∞ = ∞ p.s. Il existe alors un mouvement brownien B tel que
Mt = B⟨M ⟩t .
Remarque 6.4.2.
(i) Dans le Théorème 6.4.1, le mouvement brownien B n'est pas adapté à la ltration
(ii) On admettra qu'on peut enlever l'hypothèse ⟨M ⟩∞ = ∞ (mais il faut alors éventuel-
lement grossir l'espace de probabilités).
(iii) La preuve est sensiblement plus simple si on suppose que t 7→ ⟨M ⟩t est p.s. stricte-
ment croissante.
Lemme 6.4.3. Soit M une martingale locale telle que M0 = 0. Alors p.s. t 7→ Mt et
t 7→ ⟨M ⟩t ont les mêmes intervalles de constance : p.s., pour tout 0 ≤ a < b, Mt = Ma pour
tout t ∈ [a, b] si et seulement si ⟨M ⟩b = ⟨M ⟩a .
Preuve. Par continuité, il sut de montrer le résultat p.s. avec 0 ≤ a < b xés. Déjà, l'inclu-
sion {Mt = Ma ∀t ∈ [a, b]} ⊂ {⟨M ⟩b = ⟨M ⟩a } est évidente, par le résultat d'approximation
du Théorème 4.4.1.
τ = inf{t > a : ⟨M ⟩t ̸= ⟨M ⟩a }.
1
Rt
La martingale locale Nt =
a {s≤τ }
dMs (pour t ≥ a) a pour variation quadratique ⟨N ⟩t =
1
Rt
a {s≤τ }
d⟨M ⟩s = ⟨M ⟩t∧τ − ⟨M ⟩a∧τ = 0, donc Nt = 0 p.s. pour tout t ≥ 0, i.e. Mt∧τ = Ma∧τ
pour tout t ≥ a. Sur l'évenement {⟨M ⟩b = ⟨M ⟩a }, on a τ ≥b et donc Mt = Ma pour tout
t ∈ [a, b]. □
6.5. INÉGALITÉS DE BURKHOLDER-DAVIS-GUNDY 69
Preuve du Théorème 6.4.1. Le point (a) est détaillé dans l'appendice, cf lemme 8.2.
(a) Pour tout r ≥ 0, on dénit le temps d'arrêt
τr = inf {t ≥ 0 : ⟨M ⟩t > r} .
L'hypothèse ⟨M ⟩∞ = ∞ assure que τr < ∞ pour tout r. De plus, la fonction r 7→ τr est
croissante et càd, avec, si r > 0, τr− = lims↑r τs = inf {t ≥ 0 : ⟨M ⟩t ≥ r} . On note que pour
Br = Mτr , qui est un processus (Gr )r≥0 -adapté. On a Mt = B⟨M ⟩t , i.e. Mt = Mτ⟨M ⟩t : il sut
de vérier que M est constante sur [t, τ⟨M ⟩t ], ce qui découle du lemme car ⟨M ⟩t = ⟨M ⟩τ⟨M ⟩t
(car ⟨M ⟩τr = r, cf (a), avec le choix r = ⟨M ⟩t ).
(c) B0 = Mτ0 = 0, car, comme dans (b), M0 = Mτ⟨M ⟩ , ce qui se réécrit 0 = Mτ0 . Puis
0
Br = Mτr est continu, car il est càdlàg (car M est continue et r 7→ τr est càdlàg) et car pour
tout r > 0, Br− = Br , i.e. Mτr− = Mτr , par le lemme et car ⟨M ⟩τr− = ⟨M ⟩τr , cf (a).
2
(d) On vérie ensuite que Br et Br − r sont des (vraies) martingales par rapport à la
τ
ltration (Gr )r≥0 . Soit r > 0 xé. Alors M r est une (Ft )t≥0 -martingale locale de crochet
τr
⟨M ⟩∞ = ⟨M ⟩τr = r borné, donc par le Théorème 4.4.8 (et un tout petit argument supplé-
mentaire), (Msτr )s≥0 et ((Msτr )2 − ⟨M τr ⟩s )s≥0 sont de vraies (Fs )s≥0 -martingales U.I. Par le
théorème d'arrêt, si 0 ≤ s ≤ r,
E [ Br | Gs ] = E Mττrr | Fτs = Mττsr = Bs ,
et
(e) Ainsi, B est une (Gr )-martingale continue telle que ⟨B⟩t = t. D'après le Théorème de
supposer que M et ⟨M ⟩ sont bornés : une fois montré le résultat pour M τn , il sut de faire
E[Aτ ] ≤ E[Bτ ] pour tout temps d'arrêt τ. Alors pour tout x > 0,
1
P(A∞ > x, B∞ ≤ x) ≤ E[B∞ ∧ x].
x
6.6. MARTINGALES BROWNIENNES 71
∗ p 2−q 2−q 1 q
E[(M∞ ) ] = E[Aq∞ ] ≤ E[B∞ q
]= (C ) E[⟨M ⟩p/2
∞ ],
1−q 1−q 2
4−p
d'où le résultat avec Cp3 = 2−p
(C21 )p/2 .
Etape 6. Pour p ∈]0, 4[, il existe une constante Cp4 telle que
p/2 ∗ p
E[⟨M ⟩∞ ] ≤ Cp4 E[(M∞ ) ].
On introduit At = ⟨M ⟩2t et Bt = C42 (Mt∗ )4 , qui sont deux processus croissants. Pour tout
2
R ∞
On note L∞ (B) l'ensemble des processus progressifs H tels que E[ H 2 ds] < ∞, et L2loc (B)
R t0 2 s
l'ensemble des processus progressifs H tels que pour tout t ≥ 0, Hs ds < ∞ p.s.
0
72 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
Théorème 6.6.1. Sous l'hypothèse (∗), pour toute martingale locale M , il existe un
unique processus H ∈ L2loc (B) et une constante c ∈ R tels que Mt = c + 0t Hs dBs . Si de plus
R
Lemme 6.6.2. Sous l'hypothèse (∗), l'espace vectoriel engendré par les v.a. (complexes)
Xn
exp i λj (Btj − Btj−1 ) ,
j=1
avec n ≥ 0, 0 = t0 < t1 < · · · < tn et (λ1 , · · · , λn ) ∈ Rn , est dense dans L2C (Ω, F∞ ).
Preuve. Notons F cet espace vectoriel. Il s'agit de montrer que l'orthogonal de F dans
H= L2C (Ω, F∞ ) est réduit à 0, c'est à dire que si Z∈ L2C (Ω, F∞ ) est tel que
h n
X i
E Z exp i λj (Btj − Btj−1 ) = 0,
j=1
montrer que Y = Re Z est p.s. nul, la partie imaginaire se traite de la même manière.
(1) Pour tout 0 = t0 < ... < tn xés, tout A ∈ σ(Bt1 , ..., Btn ), on a E[Y 1A ] = 0 :
(a) Il sut que, avec X = (Bt1 , ..., Btn − Btn−1 ), pour tout Γ ∈ B(R ), E[Y 1{X∈Γ} ] = 0 n
n iλ·X
(b) Par hypothèse, pour tout λ ∈ R , E[Ze ] = 0. Donc pour tout λ ∈ Rn
2E[Y eiλ·X ] = E[Zeiλ·X ] + E[Z̄eiλ·X ] = E[Zeiλ·X ] + E[Ze−iλ·X ] = 0 + 0 = 0.
(c) Puis pour tout λ ∈ Rn , E[Y+ eiλ·X ] = E[Y− eiλ·X ], c'est à dire que les mesure nies
µ+ et µ− sur Rn dénies par µ+ (Γ) = E[Y+ 1{X∈Γ} ] et µ− (Γ) = E[Y+ 1{X∈Γ} ] ont la même
Lemme 6.6.3. Sous l'hypothèse (∗), pour toute variable aléatoire ξ ∈ L2 (Ω, F∞ ), il existe
un unique processus H ∈ L2∞ (B) tel que ξ = E(ξ) + 0∞ Hs dBs .
R
c'est-à-dire H=H
e (dans L2∞ (B)).
Soit ensuite Hl'espace vectoriel des variables aléatoires ξ ∈ L2 (Ω, F∞ ) pour lesquelles
R∞
il existe H∈ L2∞ (B) tel qu'on ait ξ = E[ξ] + 0 Hs dBs .
H est fermé : on considère une suite (ξn ) d'éléments de H qui converge dans L2 (Ω, F∞ )
vers ξ . On note H n ∈ L2∞ (B) le processus associé à ξn . Pour m > n,
R∞ R∞
E[ 0 (Hsn − Hsm )2 ds] = E[( 0 (Hsn − Hsm ) dBs )2 ] =E[((ξn − E[ξn ]) − (ξm − E[ξm ]))2 ]
≤E[(ξn − ξm )2 ].
Donc (H n ) 2 2
est de Cauchy dans L∞ (B), converge vers un certain H ∈ L∞ (B). On passe à la
R∞ n R∞
limite dans ξn = E(ξn ) +
0
Hs dBs , on trouve ξ = E(ξ) + 0 Hs dBs , et ξ ∈ H .
H est dense : par le Lemme 6.6.2, il sut de montrer que pour 0 = t0 < t1 < · · · < tn
X = exp(i j=1 λj (Btj − Btj−1 )) appartient à H .
n
Pn
et (λ1 , · · · , λn ) ∈ R , la partie réelle de
Rt
2
On va montrer que pour f ∈ L (R+ ), en posant Mt =
0
f (s) dBs , on a ℜ[exp(iMt )] ∈ H
Pn
pour tout t ≥ 0. On conclura en utilisant f (s) = j=1 λj 1{s∈]tj−1 ,tj ]} et t = tn (ce qui donne
X = eiMt ).
Par Itô, voir la Proposition 6.2.2,
Z t Z t
1
exp iMt + ⟨M ⟩t = E (iM )t = 1 + iE (iM )s dMs = 1 + Ks dBs ,
2 0 0
Rt
où Ks = if (s) exp(iMs + 21 ⟨M ⟩s ). Comme ⟨M ⟩t = 0
f 2 (s) ds est déterministe et comme
Reste à voir que ℜ[L] ∈ L2∞ (B), ce qui découle du fait que |ℜ[Ls ]| ≤ |Ls | ≤ |f (s)| . □
Preuve du Théorème 6.6.1. Supposons d'abord que M est une martingale continue, bornée
dans L2 . Comme M∞ ∈ L2 (Ω, F∞ ), le Lemme 6.6.3 nous dit qu'il existe H ∈ L2∞ (B) tel que
Z ∞ Z ∞
M∞ = E(M∞ ) + Hs dBs = E(M0 ) + Hs dBs .
0 0
Rt
Il en découle que Mt = E[M∞ | Ft ] = E(M0 ) + 0
Hs dBs .
Soit maintenant M une martingale locale continue. On a M0 = c ∈ R, car la tribu F0
(même augmentée) est triviale, voir le Théorème 2.2.3. Soit Tn = inf{t ≥ 0 : |Mt | ≥ n}.
74 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
Comme M Tn est une martingale continue bornée (parn ∨ |c|), il existe H n ∈ L2∞ (B) tel que
Z t Z t∧Tn
MtTn =c+ n
Hs dBs = c + Hsn dBs .
0 0
n m
Pour la dernière égalité, distinguer les cas t < Tn et t ≥ Tn . Si alors Hs∧T = Hs∧T
n < m, n n
R t∧Tn R t∧T
(dans L2∞ (B), i.e. p.s. pour presque tout s) : on a 0 Hsn dBs = 0 n Hsm dBs , puis
R t∧Tn R t∧T
0
(Hsn − Hsm ) dBs = 0, donc E[ 0 n (Hsn − Hsm )2 ds] = 0.
Ainsi, Hs = limn Hsn ∈ L2loc (B) n 2
vérie, pour tout n, Hs∧Tn = Hs∧T (dans L∞ (B)). Du
n
Tn
R t∧T R t
coup, pour tout t ≥ 0, tout n ≥ 1, Mt = c + 0 n Hs dBs , et donc Mt = c + 0 Hs dBs .
Rt Rt
Pour l'unicité, on voit que si Mt = c +
0
Hs dBs = c + 0 H̃s dBs pour tout t ≥ 0, alors
Rt
le crochet de
0
(Hs − H̃s ) dBs est nul, i.e. H = H̃ dans L2loc (B). □
geables. Montrer que pour toute martingale locale M, il existe un unique processus H ∈
Il s'agit de reprendre toute la preuve. Comme premier
Rt
L2loc (B) tel que Mt = M0 + 0 Hs dBs .
lemme, montrer que l'ensemble des v.a. de la forme exp(iλ0 X0 + i nj=1 λj (Btj − Btj−1 )) est
P
dense dans L2C (Ω, F∞ ). Comme second lemme, montrer que pour toute v.a. ξ ∈ L2 (Ω, F∞ ),
il existe H ∈ L2∞ (B) tel que ξ = E[ξ|F0 ] + 0∞ Hs dBs .
R
Exercice 6.7.1. (1) Si X a pour loi Exp(1) sur (Ω, F , P), alors X a pour loi Exp(λ)
sur (Ω, F , Q), où Q( dω) = λ exp((1 − λ)X(ω))P( dω) (est-ce bien une probabilité ?).
(2) Soient f et g deux densités de probabilité sur R, telles que {g > 0} ⊂ {f > 0}. Si
X a pour loi f (x) dx sur (Ω, F , P), alors X a pour loi g(x) dx sur (Ω, F , Q), où Q( dω) =
g(X(ω))
f (X(ω))
P( dω), avec la convention 00 = 0 (est-ce bien une probabilité ?).
(3) Si X a pour loi Ber(p) sur (Ω, F , P), alors X a pour loi Ber(q) sur (Ω, F , Q), où
1−q
Q( dω) = ( 1−p 1{X(ω)=0} + pq 1{X(ω)=1} )P( dω) (est-ce bien une probabilité ?).
Si on a deux probabilités P et Q sur un espace ltré (Ω, F , (Ft )), on note E l'espérance
Théorème 6.7.2. Soit (Bt )t≥0 un (Ft )t≥0 -mouvement brownien. On considère une mar-
tingale locale (Lt )t≥0 issue de 0 et on suppose que ⟨L⟩∞ < ∞ p.s., que E (E)∞ = limt→∞ E (Lt )
existe p.s. et que E[E (L)∞ ] = 1 (voir le critère de Novikov en n de section). Alors Q =
6.7. THÉORÈME DE GIRSANOV 75
E (L)∞ · P est une probabilité équivalente à P sur (Ω, F∞ ) et (B̃t = Bt − ⟨B, L⟩t )t≥0 est un
(Ft )t≥0 -mouvement brownien sous Q.
Théorème 6.7.3. Soit T > 0 et (Bt )t∈[0,T ] un (Ft )t∈[0,T ] -mouvement brownien. On consi-
dère une martingale locale (Lt )t∈[0,T ] issue de 0 et on suppose que E[E (L)T ] = 1 (voir le critère
de Novikov en n de section). Alors Q = E (L)T · P est une probabilité équivalente à P sur
(Ω, FT ) et (B̃t = Bt − ⟨B, L⟩t )t∈[0,T ] est un (Ft )t∈[0,T ] -mouvement brownien sous Q.
Rt
Démonstration. On pose Dt = E (L)t , et on rappelle que Dt = 1 + 0
Ds dLs .
écrire Lt sous la forme B⟨L⟩t et on voit que D∞ = exp(B⟨L⟩∞ − 21 ⟨L⟩∞ ) > 0 p.s.
martingale locale positive, donc pour s ≥ 0, E[D∞ |Fs ] ≤ Ds (utiliser que E[Dτn |Fs ] = Ds∧τn
puis Fatou). De même, E[Ds ] ≤ E[D0 ] = 1 Donc la v.a. Ds − E[D∞ |Fs ] est p.s. positive et
issu de 0 tel que (XD)τ soit une P-martingale, alors Xτ est une Q-martingale (continue).
Déjà, EQ [|Xτ ∧t |] = E[|Xτ ∧t |D∞ ] = E[|Xτ ∧t |Dτ ∧t ] < ∞ pour tout t. Soient ensuite s<t
et A ∈ Fs . Il s'agit de montrer que EQ [Xτ ∧t 1A ] = EQ [Xτ ∧s 1A ]. Mais
car A ∩ {τ > s} ∈ Fs ∩ Fτ = Fs∧τ ⊂ Ft∧τ . Puis, comme (XD)τ est une P-martingale et
comme A ∩ {τ > s} ∈ Fs ,
Etape 4 : Si X est un processus continu adapté tel que XD soit une P-martingale locale,
alors X est une Q-martingale locale. En eet, on considère τn qui réduit XD, et on déduit
τ
de l'étape 3 que X n est une Q-martingale. Donc X est une Q-martingale locale.
76 6. FORMULE D'ITÔ ET APPLICATIONS
Etape 5 : Montrons que B̃D est une P-martingale locale. Comme B̃t = Bt − ⟨B, L⟩t et
Rt
Dt = 1 + 0
Ds dLs , une IPP montre que
Z t Z t
B̃t Dt = B̃s dDs + Ds dB̃s + ⟨B̃, D⟩t
0 0
Z t Z t Z t
= B̃s dDs + Ds d(Bs − ⟨B, L⟩s ) + Ds d⟨B, L⟩s
0 0 0
Z t Z t
= B̃s dDs + Ds dBs .
0 0
Etape 6 : Par les étapes 4 et 5, B̃ est une Q-martingale locale. De plus, ⟨B̃⟩t = ⟨B⟩t = t :
utiliser des subdivisions et que si Zn → Z en probabilité pour P, alors Zn → Z en probabilité
pour Q car Q(|Zn − Z| > ϵ) = E[D∞ 1{|Zn −Z|>ϵ} ] → 0 par convergence dominée. On conclut
Voici un critère qui assure que, pour L une martingale locale issue de 0, E[E (L)∞ ] = 1,
ce qui permet d'appliquer Girsanov. En compliquant un peu la preuve, cf le théorème 8.3
(i) Soit (Lt )t≥0 une martingale locale issue de 0 telle que E[exp(θ⟨L⟩∞ )] < ∞ pour un
θ > 1/2. Alors (E (L)t )t≥0 est une vraie martingale U.I. et donc E[E (L)∞ ] = E[E (L)0 ] = 1.
(ii) Soit (Lt )t∈[0,T ] une martingale locale issue de 0 telle que E[exp(θ⟨L⟩T )] < ∞ pour un
θ > 1/2. Alors (E (L)t )t∈[0,T ] est une vraie martingale U.I. et donc E[E (L)T ] = E[E (L)0 ] = 1.
si la famille {Mτ , τ temps d'arrêt ni} est U.I. On va montrer qu'il existe a>1 et C >0
a
tels que pour tout temps d'arrêt ni, E[E (L)τ ] ≤ C, ce qui sura.
(b) Notons déjà que E[E (L)τ ] ≤ 1 pour tout t.a. τ τn = inf{t ≥ 0 : E (L)t ≥ n},
: avec
on a que E (L)t∧τn est une martingale, donc E[E (L)τ ∧τn ] = E[E (L)0 ] = 1, et on conclut avec
Fatou.
a
E (L)aτ = exp aLτ − ⟨L⟩τ
2
h a a2 ir h a2 a i
= exp Lτ − 2 ⟨L⟩τ exp − ⟨L⟩τ
r 2r 2r 2
h a ir h a2 a i
= E L exp − ⟨L⟩τ .
r τ 2r 2
6.8. APPLICATIONS DU THÉORÈME DE GIRSANOV 77
1 a 2
par le point (b) et car ⟨L⟩τ ≤ ⟨L⟩∞ , où ρ(a, r) = 1−r [ 2r − a2 ] = 2(1−r)
a
[ ar − 1].
(d) Reste à montrer qu'on peut choisir a > 1 > r tels que ρ(a, r) < θ . Comme θ > 1/2,
1 h1 i 1
lim lim ρ(a, r) = lim −1 = .
r↗1 a↘1 r↗1 2(1 − r) r 2
□
1 1
Rt
avec b(t, x) = {x=0} , supposons qu'il existe une solution (x(t))t≥0 à x(t) = ds.
0 {x(s)=0}
Alors x est continue et croissante. Soit τ = inf{t ≥ 0 : x(t) > 0}. Si τ = ∞, alors pour
Rt
tout t ≥ 0, on a x(t) = 0, donc x(t) = 0 ds = t, contradiction. Si maintenant τ < ∞,
alors x(τ ) = 0 par continuité, et x(τ + s) > 0 pour tout s > 0. Donc x(τ + t) = x(τ ) +
1{x(s)=0} ds = 0 + 0 = 0, contradiction.
R τ +t
τ
Preuve. On xe T >0 (déterministe) et on travaille sur [0, T ]. On part d'un mouvement
Preuve. On part d'un mouvement brownien B sur un espace de probabilité (Ω, F , Ft , P).
Rt Rt 1 t 2
ainsi que E (L)t = exp(
R
On introduit Lt =
0
h(s) dBs 0
h(s) dBs − 2 0
h (s) ds). Comme
RT 2
⟨L⟩T = 0 h (s) ds < ∞, le critère de Novikov nous assure qu'on peut utiliser Girsanov
Rt
(à horizon ni) avec Q = E (L)T · P. Ainsi, B̃t = Bt − ⟨B, L⟩t = Bt − h(s) ds est un
0
Q-mouvement brownien. Donc pour Ψ : C([0, T ], R) 7→ R mesurable (positive ou bornée),
h i h Z t i
E Ψ (Bt )t∈[0,T ] =EQ Ψ Bt − h(s) ds
0 t∈[0,T ]
Z t Z T 1 T 2
h Z i
=E Ψ Bt − h(s) ds · exp h(s) dBs − h (s) ds .
0 t∈[0,T ] 0 2 0
Rt
Pour trouver la formule désirée, choisir Ψ((xt )t∈[0,T ] ) = Φ((xt + h(s) ds)t∈[0,T ] ). □
0
Z 1 1 1 2 i
Z
P(X < x) = E 1{supt∈[0,1] Bt <x} exp γ ds = E 1{S1 <x} exp(γB1 − γ /2) ,
h h i
2
γ dBs −
0 2 0
où S1 = supt∈[0,1] Bt . Comme on connaît la densité jointe de (S1 , B1 ) (voir le Corollaire 2.4.9),
on peut pousser le calcul.
Remarque 6.8.5. Pour γ ̸= 0, on voit donc que les lois de (Bt )t∈[0,T ] et (Bt +γt)t∈[0,T ] sont
équivalentes pour tout T > 0. Par contre, les lois de (Bt )t≥0 et (Bt + γt)t≥0 sont étrangères,
puisque P(limt→∞ Btt = 0) = 1 et P(limt→∞ Bt +γt
t
= 0) = 0.
Exercice 6.8.6. On a vu que pour tout T > 0, pour tout ϵ > 0, P(sup[0,T ] |Bt | < ϵ) > 0.
(i) Montrer que pour f ∈ C 1 ([0, T ])telle que f (0) = 0, P(sup[0,T ] |Bt − f (t)| < ϵ) > 0
ϵ > 0. On pourra considérer .
Rt
pour tout Lt = − 0 f ′ (s) dBs
(ii) Montrer que c'est encore vrai pour f ∈ C([0, T ]) telle que f (0) = 0. Il existe fϵ ∈
C ([0, T ]) telle que fϵ (0) = 0 et sup[0,T ] |f (t) − fϵ (t)| < ϵ/2.
1
Chapitre 7
Les équations diérentielles stochastiques sont des équations diérentielles dans lesquelles
interviennent des intégrales stochastiques par rapport à un mouvement brownien. Elles ont
été d'abord étudiées par Itô, dans le but de construire des diusions (c'est-à-dire des processus
continus et fortement markoviens dont les générateurs sont des opérateurs diérentiels du
représente l'intensité du bruit). On obtient l'EDS dyt = b(t, yt ) dt+σ dBt . Plus généralement,
on peut autoriser σ à dépendre du temps et de l'espace, et l'EDS devient
Z t Z t
dyt = b(t, yt ) dt + σ(t, yt ) dBt soit encore yt = y0 + b(s, ys ) du + σ(s, ys ) dBs .
0 0
81
82 7. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES STOCHASTIQUES
Si de plus X0 = x p.s. on dit que X (ou (Ω, F , (Ft )t≥0 , P, B, X)) est solution de Ex (σ, b).
Définition 7.1.2. (i) On dit qu'il y a existence faible pour Ex (σ, b) s'il existe une
solution de Ex (σ, b) (sur un certain espace de probabilités, avec un certain mouvement brow-
nien).
(ii) On dit qu'il y a unicité faible (ou unicité en loi) pour Ex (σ, b) si pour toute paire
de solutions (Ω, F , (Ft )t≥0 , P, B, X) et (Ω̃, F˜ , (F˜t )t≥0 , P̃, B̃, X̃) de Ex (σ, b), les processus X
et X̃ ont la même loi.
(iii) On dit qu'il y a unicité trajectorielle pour Ex (σ, b) si, l'espace (Ω, F , (Ft )t≥0 , P)
et le brownien B étant xés, deux solutions sont indistinguables.
(iv) Enn, une solution (Ω, F , (Ft )t≥0 , P, B, X) à Ex (σ, b) est dite forte si X est adapté
à la ltration canonique (augmentée usuellement) de B .
Exemple 7.1.3. On s'intéresse à l'EDS dXt = sgn(Xt ) dBt partant de 0, avec la conven-
tion sgn(u) = 1 si u ≥ 0 et sgn(u) = −1 (si on choisissait sgn(0) = 0, X ≡ 0 serait solution).
(a) Il y a unicité en loi : d'après le théorème de Lévy, toute solution est un mouvement
brownien.
Rt
(b) Il n'y a pas unicité trajectorielle, puisque si Xt = sgn(Xs ) dBs , alors −Xt =
0
1 1
Rt Rt Rt
sgn(−Xs ) dBs (car dBs = 0, car c'est une martingale de crochet 0 {Xs =0} ds,
0 0 {Xs =0}
qui vaut 0 puisque X est un brownien).
(c) Il y a existence (faible) : soit X un mouvement brownien, sur un espace (Ω, F , P),
Rt X
et soit Bt = sgn(Xs ) dXs , qui est un (Ft = σ(Xs , s ∈ [0, t]))t≥0 -mouvement brownien
0
Rt Rt
d'après le théorème de Lévy. Par associativité, on a sgn(Xs ) dBs = dXs = Xt , et X
0 0
est solution, sur (Ω, F , (FtX )t≥0 , P), avec le mouvement brownien B.
|X|
(d) La solution construite au (c) n'est pas forte, car on a FtB ⊂ Ft , qui est bien
|X|
sûr strictement incluse dans FtX (par exemple, {X1 > 0} ∈ F1X \ F1 ). En eet, soit
φϵ (x) = (ϵ + x2 )1/2 . Par la formule d'Itô,
Z t Z t
1
φϵ (Xt ) = ϵ + Btϵ + φ′′ϵ (Xs ) ds, où Btϵ = φ′ϵ (Xs ) dXs .
2 0 0
|X|
Comme φϵ et φϵ sont paires, Bt est Ft -mesurable. Et on montre aisément, comme φϵ
′′ ϵ ′
ϵ 2
est uniformémement bornée et converge vers sgn (sauf en 0), que Bt converge dans L vers
Rt |X|
Bt = 0 sgn(Xs ) dXs , qui est donc lui aussi Ft -mesurable. □
Exemple 7.1.4 (Méthode de Girsanov). (a) Nous avons vu à la Proposition 6.8.1 que
(b) Fixons ensuite x ∈ R, et introduisons la fonction b̄(t, y) = b(t, x + y). Par (a), il
Rt
existe une solution Y à E0 (σ, b̄), et Xt = x + Yt vérie Xt = x + Bt + 0 b̄(s, Ys ) ds =
Rt
x + Bt + 0 b(s, Xs ) ds. Il y a donc existence faible pour Ex (σ, b).
d Z t
X Z t
2 i i
∥Bt ∥ = a + 2 Bs dBs + dt = a + 2 ∥Bs ∥ dβs + dt,
i=1 0 0
où
d Z t
X Bui
βt = dBui .
i=1 0 ∥Bu ∥
Mais β est une martingale locale continue avec ⟨β⟩t = t, donc β est un mouvement brownien
Rt√
réel. Nous avons donc construit une solution (faible) de Xt = a + 2 0 Xs dBs + dt. □
où σ : R → R∗+ est mesurable et telle que 0 < σ0 ≤ σ(x) ≤ σ1 < ∞ pour tout x ∈ R.
On se donne un espace ltré (Ω, F , (Ft ), P) (vériant les conditions habituelles) et un
Rt
(Ft )-mouvement brownien B . On pose At = 0 σ −2 (Bs ) ds, qui est p.s. continu, strictement
croissant, A0 = 0, et A∞ = ∞.
On note τt son inverse (τAt = t, Aτt = t), qui vérie τt = inf{s > 0 : As > t}. C'est donc
Xt2 − τt sont des Gt -martingales en utilisant le théorème d'arrêt (pour lesFt -martingales Bt
2 2
et Bt − t, avec le temps d'arrêt τt ). Noter que τt est borné par σ0 t car pour tout s ≥ 0,
As ≥ s/σ02 .
Rt
On introduit ensuite Wt = 0
σ −1 (Xs ) dXs . C'est une Gt -martingale locale de crochet
Rt Rt
⟨W ⟩t = 0 σ −2 (Xs ) d⟨X⟩s = 0
−2
σ (Bτs ) dτs = t, car dτs = σ 2 (Bτs ) ds (voir le lemme 8.4
Idée de preuve d'unicité en loi. Soient deux solutions (Ωi , F i , (Fti )t≥0 , Pi , B i , X i ), i = 1, 2,
de l'EDS Ex (σ, b). Notons Qi la loi du couple (B i , X i ) (c'est une probabilité sur C 2, où C=
C(R+ , Rd )) et désintégrons Qi ( dw, dx) = W( dw)Ri (w, dx). Pour chaque w ∈ C , Ri (w, dx)
est une probabilité sur C. X i sachant B i = w. Soit
On dit que c'est la loi conditionnelle de
maintenant B un mouvement brownien sur un espace de probabilité (Ω, F , (Ft )t≥0 , P). Pour
i = 1, 2, tirons Yi de loi Ri (B, dx). Alors le couple (B, Y i ) a la même loi que (B, X i ) (pour
i = 1, 2). Donc X 1
et X 2
sont solutions de Ex (σ, b) sur (Ω, F , (Ft )t≥0 , P), avec le même
1 2 1
mouvement brownien B. Par unicité trajectorielle, Y =Y , en particulier Y et Y2 ont la
i i 1 2
même loi. Comme X a la même loi que Y , on en déduit que X et X ont la même loi.
Preuve.
Rt
On introduit g(t) = a+b 0
h(s) ds, qui est continue, et on a h(t) ≤ g(t), et donc
Rt
g(t) ≤ a + b 0 g(s) ds.
Rt
On introduit ensuite f (t) = a + b 0
g(s) ds, qui est C 1, et on a g(t) ≤ f (t), et f ′ (t) =
bg(t) ≤ bf (t), d'où, comme f (0) = a, f (t) ≤ aebt .
Ainsi, h(t) ≤ g(t) ≤ f (t) ≤ aebt . □
7.2. COEFFICIENTS LIPSCHITZIENS 85
Cette hypothèse implique que pour tout T > 0, pour tout x ∈ Rd , tout t ∈ [0, T ],
|σ(t, x)| + |b(t, x)| ≤ sup (|σ(t, 0)| + |b(t, 0)|) + L|x| = CT + L|x|.
t∈[0,T ]
est exactement la même. Par contre, on démontrera à la main l'unicité faible, sans utiliser
Yamada-Watanabe.
E[(Xt∧τk − X̃t∧τk )2 ]
h Z t∧τk 2 i h Z t∧τk 2 i
≤2E (σ(s, Xs ) − σ(s, X̃s )) dBs + 2E (b(s, Xs ) − b(s, X̃s )) ds
0 0
h Z t∧τk i h Z t∧τk i
2
≤2E (σ(s, Xs ) − σ(s, X̃s )) ds + 2E (t ∧ τk ) (b(s, Xs ) − b(s, X̃s ))2 ds
0 0
h Z t∧τk i
≤2L2 (1 + t)E |Xs − X̃s |2 ds
0
Z t
≤2L2 (1 + t) E[|Xs∧τk − X̃s∧τk |2 ] ds
0
Donc pour tout T > 0, la fonction hk (t) = E[(Xt∧τk − X̃t∧τk )2 ] est bornée sur [0, T ], positive,
2
Rt
et vériehk (t) ≤ 2L (1 + T ) 0 hk (s) ds pour toutt ∈ [0, T ]. Le Lemme de Gronwall nous
assure que hk = 0 sur [0, T ], et donc sur [0, ∞[ puisque T est arbitraire. Ainsi, Xt∧τk = X̃t∧τk
p.s. pour tout t et donc, en faisant tendre k → ∞, Xt = X̃t p.s. La continuité des trajectoires
Ex (σ, b) sur [0, T ], ce qui sura puisque T est arbitraire. On introduit le processus constant
(c) On déduit de (a) et (b) que pour tout n ≥ 1, tout t ∈ [0, T ], gn (t) ≤ C ′ (Ct)n−1 /(n−1)!.
Donc, par Minkowski,
h X 2 i1/2 X h 2 i1/2 X
E sup |Xtn+1 − Xtn | ≤ E sup |Xtn+1 − Xtn | = (gn+1 (T ))1/2 < ∞.
n≥0 [0,T ] n≥0 [0,T ] n≥0
(b) Considérons ensuite une solution faible X à Ex0 (σ, b), associée à un mouvement brow-
nien B , sur un certain espace de probabilité. Sur cet espace, et avec ce mouvement brownien,
construisons la solution X̃ comme dans la preuve d'existence. Par unicité trajectorielle, X
et X̃ sont indistinguables, et ont donc la même loi. □
1
dXt = ch(Bt
+ t) d(Bt + t) + sh(Bt + t) dt
p 2
p
2 2 1
= 1 + Xt dBt + 1 + Xt + Xt dt.
2
Il y a unicité trajectorielle pour cette EDS, puisque les coecients
√ √ x
σ(t, x) = 1 + x2 et b(t, x) = 1 + x2 +
2
satisfont l'Hypothèse 7.2.2.
En fait, la condition (a) sut (elle implique la condition (b)), voir Karatzas-Shreve
Section 5-4-C, mais c'est dicile et repose en particulier sur l'existence de lois conditionnelles.
Dans le cas où b et σ sont lipschitziens, les hypothèses (a) et (b) sont satisfaites, cf le lemme
8.6 (dicile mais bien plus direct que la référence ci-dessus) dans l'appendice.
88 7. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES STOCHASTIQUES
et (Ω, F , (Fτ +t )t≥0 , P, B τ , (Xτ +t )t≥0 ) est solution de E(σ, B). D'après l'hypothèse (b), la loi
h Z
E[1A Φ((Xτ ∧n+t )t≥0 )] = E 1A
i
Φ(w)QXτ ∧n ( dw) .
C([0,∞),Rd )
bornées indépendantes de t (i.e. σ(t, x) = σ(x) et b(t, x) = b(x)). On note Cck (Rd ) l'espace
d
des fonctions de R dans R, de classe C k et à support compact.
où σ∗ désigne la transposée de la matrice σ. Si X est une solution de E(σ, b), alors pour
toute f ∈ C2c (Rd ),
Z t
f (Xt ) − f (X0 ) − L f (Xs ) ds
0
est une martingale.
7.4. LE PROBLÈME DE MARTINGALES 89
Rt
plus, pour tout f ∈ Cc2 (Rd ), Mtf,Y = f (Yt ) − f (x) − 0
L f (Ys ) ds est une (Ft )t≥0 -martingale.
Donc, avec Φ:C→R de la forme
Z t
1{wt1 ∈A1 ,...,wtn ∈An } ,
h i
Φ(w) = f (wt ) − f (wu ) − L f (ws ) ds
u
(ii) On se place ici sur l'espace canonique ltré, muni de la probabilité Px , et on note X
le processus canonique.
boule centrée en 0 de rayon n), on voit que L f (x) = bi (x) sur B(0, n), et donc le processus
i
R t∧T
Xt∧T n
− xi − 0 n bi (Xs ) ds est une martingale. Donc
Z t
i i i
Mt = Xt − x − bi (Xs ) ds
0
i i
Rt
est une martingale locale. On écrit Xt = x + b (Xs ) ds + Mti puis, par la formule d'inté-
0 i
gration par parties,
Z t Z t
Xti Xtj =xx + i j
[Xsi bj (Xs ) + Xsj bi (Xs )] ds + [Xsi dMsj + Xsj dMsi ] + ⟨M i , M j ⟩t .
0 0
(b) Par le problème de martingales avec une fonction f ∈ Cc2 (Rd ) telle que f (x) = xi xj
pour tout x ∈ B(0, n), L f (x) = bi (x)xj + bj (x)xi + (σσ ∗ )ij (x) sur B(0, n),
on a et donc
Z t∧Tn
j
i
Xt∧Tn
Xt∧T n
i j
−xx − [bi (Xs )Xsj + bj (Xs )Xsi + (σσ ∗ )ij (Xs )] ds
0
ij Rt
est une martingale. Donc Mt = Xti Xtj − xi xj − 0
[(σσ ∗ )ij (Xs ) + bi (Xs )Xsj + bj (Xs )Xsi ] ds est
une martingale locale. En se rappelant (a) (et en écrivant Xti Xtj de deux manières diérentes),
Z t Z t
[Xsi dMsj + Xsj dMsi ] + ⟨M i , M j ⟩t = (σσ ∗ )ij (Xs ) ds + Mtij .
0 0
i j
Rt ∗
Donc ⟨M , M ⟩t − (σσ )ij (Xs ) ds
est une martingale locale à variation nie, et est donc
0
Rt
i j
indistinguable de 0. Ainsi, ⟨M , M ⟩t =
0
(σσ ∗ )ij (Xs ) ds.
7.4. LE PROBLÈME DE MARTINGALES 91
(c) Ici, on suppose que m = d, que σ(x) est inversible pour tout x ∈ Rd , et que x 7→
Θ(x) = [σ(x)]−1 est localement bornée. Pour le cas général, voir Karatzas-Shreve, Thm 3.4.2
page 170.
Rt Pd Rt
On pose Bt = 0
Θ(Xs ) dMs , i.e., pour i = 1, . . . , d, Bti = ℓ=1 0
Θiℓ (Xs ) dMsℓ . Alors
i
pour chaque i = 1, . . . , d, B est une martingale locale et, pour i, j = 1, . . . , d, on a
X d Z t Xd Z t
i j
⟨B , B ⟩t = k ℓ
Θik (Xs )Θjℓ (Xs ) d⟨M , M ⟩s = Θik (Xs )Θjℓ (Xs )(σσ ∗ )kℓ (Xs ) ds.
k,ℓ=1 0 k,ℓ=1 0
x ∈ Rd , dk,l=1 Θik (x)Θjl (x)(σσ ∗ )kl (x) = [Θ(x)(σσ ∗ )(x)Θ∗ (x)]ij = δij par déni-
P
Mais pour
d Z
X t
∀ i ∈ {1, . . . , d}, Mti = σik (Xs ) dBsk .
k=1 0
En eet,
d Z
X t d Z
X t d Z
X t
σik (Xs ) dBsk = σik (Xs )Θkℓ (Xs ) dMsℓ = (σΘ)iℓ (Xs ) dMsℓ = Mti ,
k=1 0 k,ℓ=1 0 ℓ=1 0
Z t d Z
X t
∀ i ∈ {1, . . . , d}, Xti =x +i
bi (Xs ) ds + σik (Xs ) dBsk .
0 k=1 0
B′ indépendant de M. On pose
Z t Z t
Bt = 1{σ(Xs )̸=0} σ (Xs ) dMs +
−1
1{σ(Xs )=0} dBs′ ,
0 0
1
R t −1
bien déni puisque (seul le premier terme pose problème)
0
[σ (Xs ) {σ(Xs )̸=0} ]2 d⟨M ⟩s =
1
Rt
0 {σ(Xs )̸=0}
ds < ∞. Et B est un mouvement brownien (dans la ltration grossie) car c'est
1 1
Rt −2
Rt
une martingale locale et ⟨B⟩t = {σ(X σ (X ) d⟨M ⟩ + ds = t.
0 s )̸ = 0} s s 0 {σ(Xs )=0}
1
Rt Rt −1
On observe ensuite que
0
σ(Xs ) dBs = 0 σ(Xs ) {σ(Xs )̸=0} σ (Xs ) dMs +0 = Mt , puisque
1 1
Rt Rt
Mt = 0 {σ(Xs )̸=0} dMs . En eet, la martingale locale Nt = 0 {σ(Xs )=0} dMs , ayant pour
1 1
Rt Rt
crochet ⟨N ⟩t =
0 {σ(Xs )=0}
d⟨M ⟩s = 0 {σ(Xs )=0} σ 2 (Xs ) ds = 0, est indistinguable de 0.
Rt Rt Rt
En se rappelant (a), Xt = x + b(X s ) ds + M t = x + b(X s ) ds + σ(Xs ) dBs . □
0 0 0
92 7. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES STOCHASTIQUES
L'ouvrage de Stroock et Varadhan est consacré aux problèmes de martingales pour les
diusions dans Rd . Une application relativement simple est la suivante : on peut montrer,
par compacité, l'existence faible pour E(σ, b) quand σ et b sont continus et bornés, voir le
et bornés (par exemple). Soit L l'opérateur diérentiel déni par (7.1). On note Cbk (Rd )
l'ensemble des fonctions de Rd dans R, de classe Ck, bornées avec leurs dérivées jusqu'à
l'ordre k.
∂t ft = L ∗ ft
Noter que pour tout f ∈ C 2 (Rd ) et φ ∈ Cc2 (Rd ), on a, par intégrations par parties,
Z Z
f (x)L φ(x) dx = φ(x)L ∗ f (x) dx.
Rd Rd
inférieurement (inf x∈Rd V (x) > −∞) et f ∈ Cb (Rd ). On s'intéresse à l'EDP d'inconnue
d
u : R+ × R → R
∂t u(t, x) = L u(t, x) − V (x)u(t, x),
t > 0, x ∈ Rd
(7.2)
u(0, x) = f (x), x ∈ Rd
Proposition [Link] u ∈ Cb2 ([0, ∞[×Rd ) satisfait , alors pour x ∈ Rd , si (Xt )t≥0
(7.2)
Preuve.
Rt
Si φ ∈ C 2 ([0, ∞[×Rd ), par Itô (appliqué aux trois semi-martingales
0
V (Xs ) ds, t
et Xt ), on voit que
Rt
Z t R h i
− 0s V (Xr ) dr
e − 0 V (Xs ) ds
φ(t, Xt ) =φ(0, x)+ e ∂t φ(s, Xs ) + L φ(s, Xs ) − V (Xs )φ(s, Xs ) ds
0
d m
XXZ t Rs
+ e− 0 V (Xr ) dr
∂xi φ(s, Xs )σij (Xs ) dBsj .
i=1 j=1 0
où M est une martingale (car son crochet est borné, puisque σ et ∇x u le sont et que V est
On conclut en choisissant t = t0 . □
Remarque 7.5.3. Par la proposition 7.5.2, l' existence pour Ex (σ, b) (pour tout x) im-
Remarque 7.5.4. Si on ne sait pas qu'il existe une solution u ∈ Cb2 ([0, ∞[×Rd ), ou si
on aaiblit les hypothèses sur f et V, on peut dénir u par la formule (7.3) (qui a du sens
dès que f est mesurable bornée et que V est mesurable et minorée). Normalement, on peut
toujours se débrouiller pour trouver un sens faible dans lequel u est solution de (7.2).
94 7. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES STOCHASTIQUES
Théorème 7.5.5. Si u ∈ C 2 (Rd ) est bornée et satisfait (7.4) , si x ∈ Rd et si (Xt )t≥0 est
une solution de Ex (σ, b), alors
Z ∞
(7.5) u(x) = e−λt E [f (Xt )] dt.
0
Preuve. Par la formule d'Itô (appliqué aux deux semi-martingales t et Xt ),
Z t d X
X m Z t
e−λt
u(Xt ) = u(x) + e −λs
[−λu(Xs ) + L u(Xs )] ds + e−λs ∂xi u(Xs )σij (Xs ) dBsj .
0 i=1 j=1 0
Proposition 7.5.6. Soit u ∈ Cb2 (O) satisfaisant (7.6), soit x ∈ O et soit (Xt )t≥0 une
solution de Ex (σ, b). Supposons que τ = inf{u > 0 : Xu ∈/ O} soit ni et intégrable. Alors
Z τ
(7.7) u(x) = E [g(Xτ )] + E f (Xs ) ds .
0
Proposition 7.5.7. Si u ∈ Cb2 ([0, ∞[×O) satisfait (7.8) , si x ∈ O et si (Xt )t≥0 est une
solution de Ex (σ, b), alors pour tout t ≥ 0,
(7.9) u(t, x) = Ex [1{t<τ } f (Xt )] + Ex [1{t≥τ } g(Xτ )], où τ = inf{u > 0 : Xu ∈/ O}.
Preuve. On considère une fonction U ∈ Cb2 ([0, ∞[×Rd ) telle que U (t, y) = u(t, y) pour tout
soit encore, comme U (t, y) = u(t, y) pour y∈O et comme u est solution de (7.8),
Appendice
Lemme 8.1. Soit D un ouvert de Rd et, pour ϵ ∈ (0, 1), Dϵ = {x ∈ Rd : d(x, Dc ) ≥ ϵ}.
Soit F ∈ C 2 (D). Il existe Fϵ ∈ C 2 (Rd ) telle que Fϵ (x) = F (x) pour tout x ∈ Dϵ .
Preuve. Il sut de poser F ϵ = F Φϵ , où Φϵ ∈ C 2 (Rd ) vérie Φϵ (x) = 1 sur Dϵ et Φϵ (x) = 0
c
sur Dϵ/3 . Mais il faut construire Φϵ .
d 2
R
Soit ρ : R → R+ , de classe C , telle que ρ(x) dx = 1 et Supp ρ ⊂ B(0, 1). On pose
Rd
ρϵ (x) = ϵ−d ρ(ϵ−1 x), qui vérie Rd ρϵ (x) dx = 1 et Supp ρϵ ⊂ B(0, ϵ).
R
qui est de classe C2 sur Rd par les théorèmes classiques de dérivation sous le signe intégral,
2
puisque ρ est C et à support compact.
si ρϵ/3 (x−y) ̸= 0, alors |x−y| < ϵ/3, et donc d(y, Dc ) ≤ d(x, Dc )+d(x, y) < ϵ/3+ϵ/3 = 2ϵ/3,
et donc y∈
/ D2ϵ/3 . □
Expliquons ensuite les propriétés usuelles des changements de temps inverses, utilisés en
Lemme 8.2. Soit at une fonction continue croissante de R+ dans R+ telle que a0 = 0 et
a∞ = ∞. Pour r ≥ 0, on pose τr = inf{t > 0 : at > r}. Alors τ est croissant et continu à
droite. De plus, pour tout r > 0, τr− = inf{t > 0 : at ≥ r} et aτr− = aτr = r.
Preuve. Il est clair que τr ≤ τs si r ≤ s, car {t > 0 : at > s} ⊂ {t > 0 : at > r}.
Pour r ≥ 0, montrons que τr+ = τr . Sinon, soit t tel que τr < t < τr+ . Comme t > τr , on
Pour r > 0, montrons que τr− = inf{t > 0 : at ≥ r}. Déjà, τr− ≤ inf{t > 0 : at ≥ r},
car pour tout s < r, τs = inf{t > 0 : at > s} ≤ inf{t > 0 : at ≥ r}. De plus, τr− ≥
inf{t > 0 : at ≥ r}, car sinon, il existe s tel que τr− < s < inf{t > 0 : at ≥ r}. Comme
s < inf{t > 0 : at ≥ r}, on a as < r. Et comme τr− < s, il existe ϵ > 0 tel que pour tout
pour tout t > τr− , on a at ≥ r , donc aτr− ≥ r par continuité ; pour tout t < τr− , on a at < r ,
donc aτr− ≤ r par continuité.
On en déduit par croissance que aτr ≥ aτr− = r, et que pour tout s > r, aτr ≤ aτs− = s,
donc aτ r ≤ r . □
Dans le critère de Novikov (théorème 6.7.4), on peut en fait supposer que θ = 1/2.
Théorème 8.3. (Novikov) Soit L une martingale locale issue de 0. Alors on a les im-
plications (i) ⇒ (ii) ⇒ (iii), où
(i) E[exp( 21 ⟨L⟩∞ )] < ∞ ;
(ii) L est une martingale U.I. (donc L∞ , ⟨L⟩∞ puis E (L)∞ existent) et E[exp( 12 L∞ )] < ∞ ;
(iii) E[E (L)∞ ] = 1.
Preuve. Notons déjà que E[E (L)τ ] ≤ 1 pour tout temps d'arrêt τ : comme E (L) est une
par Hölder encore, car a/(1 + a) < 1/2. Donc E[1A E (aL)τ ] ≤ (E[1A exp( 21 Lτ )])2a(1−a) .
8. APPENDICE 99
(c) En combinant (a) et (b) et en se rappelant qu'une famille (Xi , i ∈ I) est U.I. si et
seulement si pour tout ϵ > 0, il existe η>0 tel que pour tout A∈F avec P(A) ≤ η , on a
E[|Xi |1A ] ≤ ϵ pour tout i ∈ I, on conclut que la famille {E (aL)τ : τ temps d'arrêt} est U.I.
(d) Mais si M est une martingale locale continue telle que {Mτ : τ temps d'arrêt} soit
uniformément intégrable, alors M est une vraie martingale (réduire M avec Tn et passer
à la limite dans E[MTn ∧t |Fs ] = MTn ∧s ). Donc par (c), E (aL) est une martingale U.I. En
C'est évident si α est continue, car alors a est C 1 , ainsi que sa fonction réciproque b, pour
laquelle b′ (t) = 1/α(b(t)).
Preuve.
R a(t) ds
L'objectif est de montrer que
0 α(b(s))
= t pour tout t ≥ 0 : ça dira bien que
R· ds
0 α(b(s))
est la réciproque de a.
On considère les mesures µ et ν sur R+ dénies par
Z ∞ Z ∞
µ(A) = 1{b(s)∈A} ds et ν(A) = 1{u∈A} α(u) du.
0 0
1{b(s)≤t} 1{s≤t}
Z ∞ Z ∞ Z a(t) Z ∞ Z ∞
ds
ϕ dµ = ds = et ϕ dν = α(s) ds = t.
0 0 α(b(s)) 0 α(b(s)) 0 0 α(s)
R a(t) ds
Ainsi, on a
0 α(b(s))
= t comme convenu. □
Le résultat suivant est utilisé dans la preuve de Markov forte pour les EDS.
100 8. APPENDICE
Lemme 8.5. Soit B un (Ft )t≥0 -mouvement brownien et τ un (Ft )t≥0 -temps d'arrêt ni
p.s. On pose Btτ = Bτ +t − Bτ . Si (Ht )t≥0 ∈ L2loc (B), alors (Hτ +t )t≥0 ∈ L2loc (B τ ) et p.s., pour
tout t ≥ 0, ττ +t Hs dBs = 0t Hτ +s dBsτ .
R R
Fτ +t . On montre facilement que B τ est un (Gt )t≥0 -mouvement brownien : c'est un brownien
τ
par Markov forte, il est (Gt )t≥0 -adapté, et pour t + s ≥ t ≥ 0, Bt+s − Btτ = Bτ +t+s − Bτ +t
est indépendant de Fτ +t = Gt par Markov forte.
1
(2) Montrons le résultat si Ht = X {t∈]a,b]} avec b ≥ a ≥ 0 et X Fa -mesurable et bornée.
R τ +t Rt
(a) Ot :=
τ
Hs dBs = Mτ +t − Mτ par dénition, où Mt = 0 Hs dBs = X[Bt∧b − Bt∧a ].
Donc Ot = X[B(τ +t)∧b − B(τ +t)∧a − Bτ ∧b + Bτ ∧a ].
(Hτ +t )t≥0 ∈ L2loc (B τ ), car il est (Gt )t≥0 -progressif (car càd et adapté) et car pour tout
(b)
1
Rt
M une martingale locale issue de 0 σ
et un temps d'arrêt, on a
0 {s∈[0,σ]}
dMs = Mσ∧t .
τ τ
(d) Il reste à montrer que B(τ +t)∧b − B(τ +t)∧a − Bτ ∧b + Bτ ∧a = B(b−τ )+ ∧t − B(a−τ )+ ∧t , ce
Donc Nt = Ot p.s. □
8. APPENDICE 101
Le lemme suivant est utile pour montrer, sans passer par l'existence de lois conditionnelles
régulières, la propriété de Markov forte dans le cas lipschitz. On suppose que σ(t, x) = σ(x)
et b(t, x) = b(x) sont lipschitziennes, et que d = m = 1 pour simplier. On note C =
C([0, ∞[, R), l'ensemble des fonctions continues de [0, ∞[ dans R, qu'on munit de la topologie
de la convergence uniforme sur les compacts, et C = C ([0, ∞[, R) sa tribu borélienne. On
(a) Sur l'espace canonique (complété) (C, C W , W), on considère le mouvement brownien
β = (βt )t≥0 déni par βt (w) = wt , la ltration canonique Gt = σ(βs , s ≤ t) ∨ N (on rappelle
que G∞ = C W ) et on note, pour chaque x ∈ R, X x = (Xtx )t≥0 l'unique solution (sur cet
Z t Z t
Xtx − Xty =x−y+ [b(Xsx ) − b(Xsy )] ds + [σ(Xsx ) − σ(Xsy )] dβs .
0 0
102 8. APPENDICE
h i
E sup |Xsx − Xsy |2
[0,t]
h Z t 2 i h Z t 2 i
2 x y
≤3(x − y) + 3E |b(Xs ) − b(Xs )| ds + 3E sup [σ(Xsx ) − σ(Xsy )] dβs
0 [0,t] 0
hZ t i hZ t i
2 x y 2
≤3(x − y) + 3T E |b(Xs ) − b(Xs )| ds + 12E |σ(Xsx ) − σ(Xsy )|2 ds
0 0
Z t
≤3(x − y)2 + (3T + 12)L2 E[|Xsx − Xsy |2 ] ds
0
Comme on sait de plus, par la preuve d'existence du Théorème 7.2.3, que pour tout
h i x ∈ R,
E[sup[0,T ] |Xtx |2 ] x y 2
< ∞, on conclut que la fonction h(t) = E sup[0,t] |Xs − Xs | est bornée
2 t
2
R
sur [0, T ] et satisfait h(t) ≤ 3(x − y) + (3T + 12)L h(s) ds pour tout s ∈ [0, T ]. Par le
0
lemme de Gronwall, on a donc h(T ) ≤ 3(x − y)2 exp((3T + 12)L2 T ).
(c) On construit donc facilement une distance d sur C qui corresponde à la convergence
uniforme sur les compacts et telle que pour tous x, y ∈ R, E[d2 (X x − X y )] ≤ (x − y)2 . Par
x x
le critère de Kolmogorov, il existe une modication continue X̃ de X : pour tout w ∈ C ,
en x) est vérié. De plus, Λx est (C , C )-mesurable, car, comme on l'a vu dans sous-section
W
(f ) Pour le point (3), xons (Ω, F , (Ft ), P) et le (Ft )-mouvement brownien B , ainsi que
x ∈ R. Il s'agit de montrer que Λx (B) est solution de Ex (σ, b). Déjà, Λx (B) est bien sûr
continu par nature, et il est adapté (à σ(Bs , s ∈ [0, T ]) ⊂ Ft , complétion sous-entendue) par
(2). On xe maintenant t≥0 et on doit vérier que p.s.,
Z t Z t
(Λx (B))t = x + σ((Λx (B))s ) dBs + b((Λx (B))s ) ds.
0 0
8. APPENDICE 103
pour une certaine suite d'indices nk → ∞, par la Proposition 5.4.5 (la convergence y est
Comme les lois de w 7→ (Λx (w), β(w)) sur (C, C , W) et de ω 7→ (Λx (B(ω)), B(ω)) sur
nk h
X t i
(Λx (B))t = lim x + σ((Λx (B))it/nk )(B(i+1)t/nk − Bit/nk ) + b((Λx (B))it/nk )
k→∞
i=0
nk
Z t Z t
(8.11) =x + σ((Λx (B))s ) dBs + b((Λx (B))s ) ds,
0 0
(g) Considérons les mêmes objets que dans (f ) avec, en plus, une variable aléatoire réelle
à valeurs dans C, donc continue, et elle est adaptée, pour les mêmes raisons qu'au point (f )
On applique (8.11) avec x = Y , mais ce n'est pas si simple, en particulier, il faut vérier
Rt Rt
que si ∆(x) = σ((Λx (B))s ) dBs , alors on a bien ∆(Y ) = 0 σ((ΛY (B))s ) dBs p.s. Par
0
la Proposition 5.4.5, ∆(x) = Γ(x, B) (et ∆(Y ) = Γ(Y, B)), où Γ(x, w) est la limite en
probabilité (sous W)
n
X
Γn (x, w) = σ((Λx (w))it/n )(w(i+1)t/n − wit/n ).
i=0
Il n'y a plus qu'à vérier que limn Γn (Y, B) = Γ(Y, B), ce qui découle de l'exercice suivant :
considérons deux espaces mesurables (E1 , E1 ) et (E2 , E2 ) et une famille d' applications me-
surables Hn : E1 × E2 7→ R. Soit X1 et X2 deux v.a. indépendantes, l'une à valeurs dans E1
et l'autre à valeurs dans E2 . Si pour tout x1 ∈ E1 , Hn (x1 , X2 ) converge en probabilité vers
H∞ (x1 , X2 ), alors Hn (X1 , X2 ) converge en probabilité vers H∞ (X1 , X2 ). □
104 8. APPENDICE
Voici enn un résultat d'existence faible pour des EDS à coecients continus bornés,
indépendants du temps pour simplier (mais ça ne change presque rien). C'est une bonne
(en utilisant la première expression et que σ et b sont continus, donc uniformément continus
(2) Comme σn et bn sont lipschitziennes, il existe une solution (Xtn )t≥0 à Ex0 (σn , bn ).
(3) Comme σn etbn sont bornés uniformément en n, pour tout p ≥ 2, il existe Cp,T < ∞
tel que pour tout 0 ≤ s ≤ t ≤ T , pour tout n ≥ 1, E[|Xtn − Xsn |p ] ≤ Cp,T (t − s)p/2 =
Cp,T (t − s)1+(p/2−1) : il sut d'écrire
Z t Z t
Xtn − Xsn = σn (Xun ) dBu + bn (Xun ) du,
s s
puis d'utiliser BDG et Hölder.
(4) Par le critère de Kolmogorov (et sa preuve), en utilisant (3) avec p = 3, et avec
1 p/2−1
α= 10
< p
, on voit que à modication près,
h |X n − X n | 3 i
′ t s
Cp,T := sup E sup 1/10
< ∞.
n≥1 0≤s<t≤T (t − s)
(5) Pour A > 0, soit
n |wt − ws | o
KA = w ∈ C([0, T ], R) : w0 = x0 , sup ≤ A .
0≤s<t≤T (t − s)1/10
Par (4) et comme X0n = x0 p.s., on conclut par l'inégalité de Markov que
|Xtn − Xsn | C′
p,T
sup P[(Xtn )t∈[0,T ] / KA ] ≤ sup P
∈ sup 1/10
≥A ≤ 3 →0
n≥1 n≥1 0≤s<t≤T (t − s) A
8. APPENDICE 105
quand A → ∞.
(6) Comme KA est compact dans C([0, T ], R) par Ascoli, on déduit de (5) que la famille
((Xtn )t∈[0,T ] , n ≥ 1) est tendue. Donc si on appelle Pnx0 la loi de (Xtn )t∈[0,T ] , il existe une
sous-suite nk → ∞ et P x0 une probabilité sur C([0, T ], R) telles que Pnx0k → Px0 , au sens où
(7) On va montrer que P x0 est solution du problème de martingales associé à Ex0 (σ, b),
ce qui conclura par le théorème 7.4.3.
Φϵ (w) = gϵ (|w0 − x0 |), qui est continue bornée de C([0, T ], R) dans R. On a EPx0 [Φϵ (X)] =
limk E[Φϵ (X )] = nk
limk E[gϵ (|X0nk −x0 |)] = limk gϵ (0) = 1, i.e. EPx0 [gϵ (|X0 −x0 |)] = 1. Comme
gϵ (|x − x0 |) → 1{x=x0 } quand ϵ → 0, on conclut que Px0 (X0 = x0 ) = 1.
2 f
Soit ensuite f : R → R de classe Cc , on veut montrer que sous Px0 , Mt = f (Xt ) −
Rt
f (x0 ) − 0 L f (Xu ) du est une martingale, où
1
L f (x) = b(x)f ′ (x) + σ 2 (x)f ′′ (x).
2
Il sut que pour tout 0 ≤ t1 ≤ · · · ≤ tℓ ≤ s < t, pour tout φ1 , . . . , φℓ continues bornées de
R dans R, on ait
h Z t i
EPx0 [Φ(X)] = 0, où Φ(w) = f (wt ) − f (ws ) − L f (wu ) du φ1 (wt1 ) × · · · × φℓ (wtℓ ).
s
Rt
On en déduira, par classes monotones, que EPx0 [f (Xt ) − f (Xs ) − s
L f (Xu ) du|FsX ] = 0,
i.e que EPx0 [Mtf − Msf |FsX ] = 0.
Mais comme Xn est solution de Ex0 (σn , bn ), on sait que
h Z t i
n
E[Φn (X )] = 0, où Φn (w) = f (wt ) − f (ws ) − Ln f (wu ) du φ1 (wt1 ) × · · · × φℓ (wtℓ ),
s
avec
1
Ln f (x) = bn (x)f ′ (x) + σn2 (x)f ′′ (x).
2
Mais pour tout w ∈ C([0, T ], R)
|Φn (w) − Φ(w)| ≤ C sup (|σn2 (x) − σ 2 (x)| + |bn (x) − b(x)|) =: ϵn ,
x∈Suppf
106 8. APPENDICE
Qℓ
où C = (t − s) i=1 ||φi ||∞ et on sait que limn ϵn = 0 par (1).
Comme Φ est continue bornée de C([0, T ], R) dans R, on sait par (6) que
Références bibliographiques
107