Choix des matériaux en implantologie dentaire
Choix des matériaux en implantologie dentaire
THÈSE
Aix‐Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
Présentée par
Thèse soutenue le Vendredi 13 Octobre 2023
WALTER Margaux
Née le 17/08/1998 Devant le jury composé de
A Istres Président : Professeur RASKIN Anne
THÈSE
Aix‐Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
Présentée par
Thèse soutenue le Vendredi 13 Octobre 2023
WALTER Margaux
Née le 17/08/1998 Devant le jury composé de
A Istres Président : Professeur RASKIN Anne
ADMINISTRATION
Chargés de missions
Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frédéric BUKIET
PROMOTIONS :
L’auteur s’engage à respecter les droits des tiers, et notamment les droits de propriété intellectuelle. Dans l’hypothèse où la thèse
comporterait des éléments protégés par un droit quelconque, l’auteur doit solliciter les autorisations nécessaires à leur utilisation, leur
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l’Université contre tout recours. Elle ne pourra en aucun cas être tenue responsable de l’atteinte aux droits d’un tiers
Remerciements
Aux membres du jury,
INTRODUCTION .................................................................................................................. 1
1 ENJEUX ET SPÉCIFICITÉS DES RESTAURATIONS IMPLANTO‐PORTÉES POSTÉRIEURES
PLURALES............................................................................................................................ 2
1.1 Les restaurations plurales .................................................................................................. 2
1.1.1 Définition de la restauration plurale ............................................................................................... 2
1.1.2 Les différents types de restaurations .............................................................................................. 2
[Link] Choix du nombre d’implants en fonction de l’édentement ........................................................ 2
[Link] Remplacement de 2 dents .......................................................................................................... 2
[Link] Remplacement de 3 dents .......................................................................................................... 2
[Link] Remplacement de 4 dents ou plus .............................................................................................. 3
[Link] Solidariser ou non ....................................................................................................................... 3
1.1.3 Conséquences du le traitement ...................................................................................................... 3
1.2 Problématiques propres au secteur postérieur. ................................................................. 4
1.3 Les différents composants. ................................................................................................ 5
1.3.1 Le pilier ............................................................................................................................................ 5
[Link] Piliers utilisés pour la prothèse scellée ....................................................................................... 5
[Link] Le Multi Unit Abutment : outil incontournable en prothèse vissée ............................................ 6
[Link] Le puits d’accès angulé................................................................................................................ 7
CONCLUSION .................................................................................................................... 36
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... I
INTRODUCTION
Le choix des matériaux utilisés pour la phase prothétique supra‐implantaire (piliers et coiffes)
est un des éléments clés du succès à long terme des réhabilitations implanto‐portées. La
connaissance de la mise en œuvre des différents matériaux et leurs propriétés biologiques,
mécaniques, et physico‐chimiques est indispensable pour le clinicien lors de la réalisation du
plan de traitement. Si la prothèse unitaire impose moins de contraintes, les éléments pluraux
nécessitent une parfaite maîtrise des différentes indications des biomatériaux métalliques et
céramiques.
La domination du titane pour la réalisation des piliers et des armatures a progressivement été
remise en cause par les progrès réalisés concernant la mise en œuvre (Conception Fabrication
assistée par Ordinateur, usinage) mais surtout par l’amélioration des propriétés mécaniques
de la céramique, représentée principalement par la zircone dans le cas des restaurations
implanto‐portées.
Les coiffes céramo‐métalliques ont pu être concurrencées par des coiffes céramo‐céramiques
qui s’affranchissent de l’utilisation du métal. Mais ce sont les complications mécaniques liées
à l’écaillage (chipping) de la céramique cosmétique, associées à l’amélioration des propriétés
esthétiques de la Zircone qui ont permis l’essor des coiffes monolithiques en Zircone.
L’objectif de ce travail est d’orienter le praticien sur le choix des biomatériaux adaptés aux
thérapeutiques implantaires dans les secteurs postérieurs, dans le cas des restaurations
plurales.
Après avoir rappelé les spécificités de ce type de thérapeutique, nous décrirons les différents
matériaux et leurs propriétés et nous terminerons par les critères qui permettront au clinicien
de faire un choix lors de la réalisation de son plan de traitement.
1
1 Enjeux et spécificités des restaurations implanto‐portées postérieures plurales
La restauration plurale se définit par la restauration d’au moins deux dents visant à
reconstituer la fonction et l’apparence des dents absentes. Le remplacement d’un
édentement peut se faire par le biais de plusieurs thérapeutiques :
- La PPA (prothèse partielle amovible) qui peut présenter plusieurs inconvénients :
inconfort, caractère mobile de la prothèse amovible, accélération de la résorption
osseuse.
- Le bridge dento‐porté, qui nécessite la préparation, et donc le délabrement des dents
adjacentes.
- Enfin, la thérapeutique implantaire, permettant de remplacer les dents absentes par
l’intermédiaire de racines artificielles (implants dentaires) placées dans l’os.
Dans ce travail de thèse, nous allons nous intéresser aux thérapeutiques implantaires et plus
précisément au traitement des édentements postérieurs pluraux.
Pour restaurer un édentement plural, le praticien doit se poser plusieurs questions afin de
réaliser la thérapeutique la plus pérenne dans le temps.
La mise en place d’implants dans l’os et la réalisation de prothèses étant la dernière étape du
gradient thérapeutique, le traitement réalisé doit être parfaitement adapté à chaque cas
clinique, pour préserver ces restaurations le plus longtemps possible.
Parmi les éléments à déterminer avant la réalisation du traitement on retrouve entre autres :
le nombre d’implants à poser en fonction du nombre de dents à remplacer, ainsi que le
nécessité ou non de solidariser ces éléments.
2
[Link].3. Remplacement de 4 dents ou plus
Le nombre d’implants est fonction de la distance mésio‐distale de l’espace édenté. L’objectif
n’est pas de positionner un implant par dent. Le praticien doit garder à l’esprit l’objectif final
de la réhabilitation prothétique en pensant à son intégration fonctionnelle, esthétique mais
aussi biologique (respect des distances inter‐implants permettant au prothésiste de réaliser
des embrasures adaptées aux manœuvres d’hygiène).
Selon les résultats des études de Lemos et coll, 2018 (1) et de Shah et coll. en
2022(2), il est plus favorable, en postérieur notamment, de réaliser des coiffes
solidarisées. La solidarisation permet à la fois :
o Une gestion plus facile du point de contact au fauteuil, ce qui est d’autant
plus vrai dans le cas des prothèses vissées,
o Une meilleure répartition du stress au niveau des différents implants et une
moindre survenue des complications mécaniques.
o Une moindre perte osseuse péri‐implantaire.
La surface de connexion entre les différents éléments de la prothèse plurale est modifiable
en fonction du matériau utilisé. Un matériau plus résistant, métallique par exemple,
nécessite des surfaces de connexion moins larges qu’un matériau moins résistant.
La surface de connexion nécessaire pour le métal, matériau très résistant, est moins
importante que pour les céramiques. Les surfaces de connexion nécessaires en fonction des
matériaux utilisés sont les suivantes :
- 4 mm², pour le métal
- 9 mm², pour la zircone, plus du double
- 12 mm², pour le disilicate de lithium
L’augmentation de ces valeurs entraîne une fermeture des embrasures qui sont pourtant
indispensables à la réalisation des manœuvres d’hygiène, comme le passage des brossettes.
3
1.2 Problématiques propres au secteur postérieur.
Les secteurs postérieurs ont des caractéristiques propres qui doivent être prises en compte
dans le choix des matériaux.
Physiologiquement, les forces appliquées à notre système dentaire proviennent
principalement de la mastication. Celle‐ci est plus complexe que de simples mouvements
d’ouverture‐fermeture et les forces appliquées sont propres à chaque patient mais il y a des
considérations que nous pouvons retenir (3) :
- Les dents postérieures, lors de la mastication, jouent un rôle de réduction du bol
alimentaire. Par conséquent, l’intensité des forces occlusales et du stress transmis aux
restaurations postérieures est importante.
- Les forces appliquées sont principalement axiales.
Les parafonctions, comme le bruxisme, peuvent ajouter des contraintes supplémentaires sur
les restaurations.
L’intensité des forces exercées en postérieur est ajoutée à l’absence de proprioception liée à
l’absence de ligament dentoalvéolaire autour des implants dentaires.
Figure 1 : A gauche une racine dentaire et son ligament, à droite un implant ostéointégré.(4)
4
1.3 Les différents composants.
1.3.1 Le pilier
Ils doivent permettre in fine la réhabilitation de l’édententement par une prothèse plurale,
qu’elle soit scellée ou vissée.
Les piliers encore utilisés sont les piliers personnalisés car ils permettent de reproduire le
profil et le cône d’émergence. Ils peuvent être en zircone ou en titane.
5
Un pilier anatomique, ou standardisé est vissé dans le col de l’implant et permet de recréer
un faux moignon. C’est sur celui‐ci que la prothèse est ensuite scellée.
Les piliers Multi‐Unit Angulés (MUA) trouvent leurs indications dans le traitement des
édentements pluraux et complets pour faciliter la réalisation prothétique en réhaussant
l’assise prothétique à un niveau juxta‐gingival. Ils sont parfois qualifiés de « piliers
transgingivaux ».
Ils assurent un engagement passif des armatures prothétiques dans un contexte où, parfois,
pour des raisons chirurgicales (résorption osseuse) certains implants seront volontairement
inclinés par le praticien en charge de la pose implantaire, notamment chez l’édenté complet.
Figure 3 : Piliers de la marque Nobel Biocare. De gauche à droite : pilier MUA droit 2 mm,
pilier MUA droit 4 mm, pilier MUA angulé à 17° 3 mm, pilier MUA angulé à 30° 4 mm
6
[Link] Le puits d’accès angulé.
Le puits d’accès est un élément de la prothèse permettant le passage du tournevis pour lier
cette dernière à l’implant ou au pilier par l’intermédiaire d’une vis.
La position de ce puits est dépendante de l’axe de l’implant, donc du contexte anatomique et
peut engendrer des problèmes esthétiques et imposer l’utilisation de la prothèse scellée.
Le premier atout de ce type d’assemblage (prothèse vissée) est, sans doute, la facilité de
dépose et de réintervention (6).
Peu de complications biologiques sont retrouvées (9), la principale étant l’apparition d’une
fistule lors d’un dévissage de la prothèse, et sa disparition se fait avec le revissage de celle‐ci.
Les principales complications retrouvées sur ce type de restaurations sont le dévissage de la
vis de prothèse et de la vis de pilier.
La présence de ce puits d’accès impose, dans un souci de solidité de la prothèse et
d’esthétique, que son émergence se situe au milieu de la face occlusale des molaires est
prémolaires, et au milieu de la face linguale ou palatine des dents antérieures.
Torrado et coll. en 2004 (10) : La fabrication d’un puits induit une fragilisation de la
prothèse, et est en lien avec la survenue de fractures de céramique, le chipping,
surtout sur les restaurations présentant une stratification de la céramique.
7
Les résultats observés ne démontrent pas de différence significative entre les charges
auxquelles apparaissent les fractures sur les prothèses. Cependant, ils démontrent que
celles‐ci apparaissent autour du puits d’accès pour la prothèse vissée, alors que les
prothèses scellées sont soumises aux fractures para marginales.
Les résultats des deux études se contredisent, il faudrait réaliser une étude de plus
haut niveau de preuve, par exemple une méta‐analyse, pour pouvoir affirmer ou non
le rôle du puit d’accès dans la fragilisation de la céramique.
8
2 Les biomatériaux utilisés en implantologie
Plusieurs types de matériaux sont utilisés pour la réalisation des pièces participant aux
différents étages de la restauration supra‐implantaire.
Les deux principaux matériaux utilisés aujourd’hui sont le titane et les céramiques.
Après la pose de l’implant et son ostéo‐intégration, les complications les plus fréquemment
retrouvées sont d’ordre mécanique ou biologique.
Dans cette partie, les matériaux vont être décrits, puis étudiés en fonction de leur influence
sur la survie de l’implant.
Auparavant utilisés pour la réalisation de différentes pièces prothétiques, les alliages d’or sont
actuellement peu retrouvés en odontologie, et plus spécifiquement en implantologie.
Bien qu’ils aient été utilisés pour la réalisation de coiffes, de piliers implantaires ou encore
d’armatures, ils ont aujourd’hui quasiment disparu.
Un des arguments expliquant cette quasi‐disparition est son coût, bien plus élevé que celui
des autres matériaux utilisés.
[Link] Le titane
9
allié. Le Titane commercialement pur est classé par grades de 1 à 4 selon la quantité
d’impuretés. Celles‐ci confèrent au Titane une plus grande résistance mécanique, mais
également une plus faible biocompatibilité. Le titane de grade 4 est utilisé en implantologie
pour la fabrication de certains implants et le titane allié (grade 5) est utilisé pour la fabrication
des implants et des pièces prothétiques supra‐implantaires.
Il existe deux types de structures en fonction des éléments ajoutés ajouté au TiCP :
- Structure stabilisée en phase alpha : Aluminium (A), Bore (B), Carbone (C), Oxygène
(O), Azote (A)
- Structure stabilisée en phase Béta : Molybdène, Niobium, Vanadium, Tantale
Les alliages peuvent être monophasées et présenter un seul des deux types de structures ou
biphasés et présenter les deux types de structures, ces derniers possèdent de meilleures
propriétés mécaniques.
Pour la réalisation des prothèses implantaires, l’alliage le plus utilisé est l’alliage de titane,
aluminium, vanadium (TiAl6V), encore appelé titane de grade 5.
2.1.2 Céramiques
Les céramiques sont principalement des oxydes, composés d’éléments métalliques et non‐
métalliques (O, N, C, B…), liés par des liaisons covalentes.
Leur microstructure dépend de leur procédé de fabrication.
Réputées pour leur biocompatibilité grâce à leur composition chimiquement très stable, elles
sont de plus en plus performantes sur le plan mécanique et concurrencent désormais les
alliages métalliques pour la réalisation de piliers implantaires et d’infrastructures
prothétiques.(16)(17)
[Link] Historique
La première cuisson de céramique sur du métal remonte à 1969, c’est la naissance des coiffes
céramo‐métalliques.
Les premières céramiques utilisées en odontologie étaient biphasiques c’est‐à‐dire
composées de particules cristallines dispersées dans une phase vitreuse.
Leur usage était uniquement réservé au revêtement par leur manque de propriétés
mécaniques et leur application se faisait par le mélange d’un liquide et d’une poudre, stratifiés
directement sur l’infrastructure métallique.
Puis l’évolution des céramiques et l’apparition de l’Alumine et de la Zircone a permis
d’envisager la réalisation d’infrastructures et de rivaliser avec les alliages métalliques.
10
- Pour la réalisation d’infrastructures : celles‐ci ne possèdent pas de matrice vitreuse.
Les deux types de minéraux utilisés sont la zircone et l’alumine
Biologiquement, elles ne forment pas de liaison stable dans le temps avec la gencive péri‐
implantaire donc elles sont à proscrire dans la zone transgingivale. (14)
De plus, en raison de la difficulté de polissage, la surface est propice à la fixation de bactérie
et accroît donc le risque de réaction inflammatoire des tissus.
Elles apparaissent dans les années 80 et contiennent beaucoup plus de charges cristallines
(environ 85%).
La matrice vitreuse est conservée mais en bien plus faible quantité (15%).
Cette première modification des proportions a permis de donner aux céramiques à base
d’alumine des propriétés mécaniques de plus en plus intéressantes.
[Link] Zircone
Comme pour les céramiques à base d’alumines les plus récentes, la phase vitreuse a
complètement disparu et la céramique est, dans un premier temps, uniquement composée
d’oxydes de zirconium.
Cependant, la structure formée par ces oxydes peut varier (monoclinique, tétragonale ou
cubique) en fonction de la température.
Pour stabiliser cette structure, des oxydes d’yttrium ont été ajoutés. On dit que la céramique
est « dopée », à l’yttrium.
Le type de céramique nouvellement obtenu en ajoutant 3 mol% d’yttrium se nomme 3yttria‐
tetragonalnzirconia polycristal (3Y‐TZP).
A partir de cette formule la zircone est devenue une concurrente sérieuse au titane pour la
réalisation d’infrastructures, tant dento‐ qu’implanto‐portées.
2.1.3 Autres
Il existe d’autres matériaux de type résineux mais qui sont à l’heure actuelle peu utilisés pour
les restaurations fixes implanto portées de petite et moyenne étendue.
11
2.2 Mise en œuvre et conséquences sur la thérapeutique.
2.2.1 L’armature
Il s’agit de la plus ancienne technique utilisée pour la réalisation des armatures métalliques,
initialement utilisée pour les alliages précieux. La technique de coulée impose l’utilisation
d’une maquette en cire et son remplacement par du métal. La manipulation de cette
maquette et le refroidissement sur métal donnent lieu à des défauts d’adaptation.(19) Les
défauts peuvent être corrigés par plusieurs techniques :
La soudure laser : elle est réalisée après la coulée de l’armature et permet, après
visualisation des défauts, de sectionner l’armature puis de souder les différents
éléments au laboratoire. (21)
Les méthodes utilisées pour améliorer l’adaptation des armatures coulées induisent des
imprécisions et des zones de fragilité lors de la réalisation du joint entre les différents
éléments.(23)(24)
[Link] Usinage
Les techniques d’usinage sont liées à l’arrivée de la Conception Fabrication Assistée par
Ordinateur (CFAO) qui permet une numérisation de la chaîne prothétique du cabinet au
laboratoire.
L’usinage permet une adaptation supérieure et une grande reproductibilité par rapport à la
coulée. Les déformations en technique coulée sont multipliées par le nombre d’éléments à
restaurer, l’utilisation des techniques d’usinage devient indispensable pour les éléments
pluraux.
12
2.2.2 La céramique
[Link] Mécaniques
Quelques définitions :
Les propriétés mécaniques étudiées dans ce tableau résultent d’essais de traction, expérience
physique permettant d’évaluer les comportements élastiques, plastiques et la résistance à la
rupture des matériaux lors d’une sollicitation uni axiale.
o Résistance à la traction(27) : permet de définir la limite à la rupture. Si, elle est élevée,
le matériau est résistant.
o Limite élastique (28): est utilisée pour caractériser la dureté : dur si elle est élevée,
mou si elle est faible.
13
o Allongement à la rupture(29) : il permet de caractériser la déformation d’un matériau
avant rupture. Un allongement à la rupture élevé caractérise un matériau ductile alors
qu’un allongement à la rupture faible caractérise un matériau fragile.
o Module d’élasticité (30): c’est une grandeur intrinsèque du matériau, définie par le
rapport d’une contrainte à la déformation élastique provoquée par cette contrainte.
Le matériau est rigide si le module est élevé, et il est souple si le module est faible.
Analyse du tableau :
En ce qui concerne les matériaux d’infrastructure, les alliages comparés dans ce tableau sont :
le TiAl6V4, le Ni‐Cr et le Cr‐Co.
En termes de propriétés mécaniques ; le titane présente une résistance, une dureté
supérieure aux alliages non précieux, il est également moins fragile. En revanche, sa rigidité
est plus faible (module d’élasticité).
Cliniquement, le titane va se déformer plus facilement que les alliages non précieux mais va
fracturer moins facilement.
Cependant, la corrosion est également définie par le type de produits qu’elle relargue :
- Principalement des hydroxydes métalliques pour le titane. Il s’agit de particules non
chargées peu toxiques pour le milieu environnant.
- A l’inverse, beaucoup d’ions métalliques pour le nickel, très toxiques pour l’organisme.
14
Figure 5 : Résistance à la flexion (MPa) des différents types de céramique.(13)
Le tableau ci‐dessus, présentant de la gauche vers la droite des céramiques à matrice de verre,
à base d’alumine et la zircone dopée à l’yttrium, démontre explicitement que les céramiques
à matrice de verre ont une résistance bien moindre que celles à base d’Alumine.
La céramique Y‐TZP possède une résistance à la flexion avoisinant les 1000 (MPa), valeur
bien supérieure aux autres céramiques étudiées, ce qui en fait le matériau de choix pour la
réalisation d’infrastructures.
Dans le tableau comparant la ténacité, on retrouve aussi un très large avantage en faveur de
la 3Y‐TZP en ce qui concerne les propriétés mécaniques.
15
[Link] Entre les différentes générations de Zircone.
La Zircone partiellement stabilisée avec 3mol% d’yttrium a été suivie par plusieurs autres
générations.
Les propriétés mécaniques de celle‐ci étant prometteuses, il a été créé la 4Y‐TZP (4mol%
d’yttrium) et la 5Y‐TZP (5mol% d’yttrium) afin qu’elles proposent de meilleures propriétés
optiques. (31)
L’environnement péri‐implantaire est représenté par des tissus mous et durs dont la santé est
primordiale dans la survie de l’implant et le succès de la restauration implantaire.
Le tissu dur, à savoir l’os alvéolaire, est formé directement au contact de l’implant,
contrairement à la dent qui est séparée de celui‐ci par le ligament dento‐alvéolaire.
Les tissus mous sont eux au nombre de trois : l’épithélium sulculaire, l’épithélium péri‐
implantaire et le tissu conjonctif sous‐jacent.
Ils forment ensemble le système s’attache, celui‐ci est la première barrière aux agressions
bactériennes.
Afin de préserver un environnement sain, les matériaux qui vont être placés sur l’implant pour
permettre de recréer la dent perdue doivent être biocompatibles.
La biocompatibilité d’un matériau est sa capacité à ne pas interférer, ne pas dégrader le milieu
biologique dans lequel ils sont utilisés. (33)
Les matériaux de restauration qui peuvent être retrouvés dans la zone transgingivale sont le
titane, la zircone, et les céramiques de stratification. L’étude de leur effet sur le milieu
environnant est donc primordiale.
16
[Link] Les complications biologiques
Les complications biologiques retrouvées autour des restaurations implantaires sont de deux
types en fonction du type de tissus atteint :
o La mucosite (34): elle est définie par l’inflammation des tissus mous autour de
l’implant sans perte de tissu osseux
o La péri‐implantite(35) : présence d’une lésion inflammatoire autour de l’implant ou
perte de tissus osseux
Pour déterminer la survenue de complication biologique ou non, plusieurs outils peuvent être
utilisés :
1) Le saignement au sondage, qui permet d’évaluer en plusieurs point de la dents
l’inflammation des tissus,
2) La profondeur de sondage,
3) Le niveau osseux radiographique.
L’adhésion bactérienne des matériaux doit être évaluée car elle représente la principale cause
d’inflammation des tissus et donc de mucosites et péri‐implantites.
Des études démontrent la supériorité de la Zircone dont la surface permettrait une moindre
formation de plaque dentaire. La zircone montre une adhésion bactérienne significativement
moins importante par rapport au titane.
De plus, le titane montre une plus grande proportion d’espèces bactériennes pathogènes. (42)
(43) (44)
17
Scarano et coll. (45) : comparaison de l’adhésion des bactéries sur le titane
commercialement pur et sur la zircone. Les résultats montrent une différence
significative entre les deux matériaux en faveur de la zircone.
Pour évaluer les effets biologiques de la zircone et du titane, nous allons nous intéresser à
différents indices témoins de la santé tissulaire :
La profondeur de sondage
Le saignement au sondage (BOP)
La quantité de plaque bactérienne
La perte osseuse péri‐implantaire.
A moyen terme, pas de différence significative entre les piliers en titane et ceux en zircone
biologiquement et radiographiquement. A vérifier sur du long terme.
Pas de différence significative sur les profondeurs de poche, saignement au sondage et indice
de plaque. (49)
D’un point de vue biologique, le titane et la zircone exposent des résultats similaires en ce
qui concerne la formation du système d’attache. Pour ce qui est de l’adhésion bactérienne,
les études divergent. Certaines jugent les performances des deux matériaux comme égales,
tandis que d’autres démontrent un avantage pour la Zircone.
La céramique feldspathique, utilisée pour la stratification des coiffes, peut également être
retrouvée dans le sulcus, et donc avoir une interaction avec le milieu biologique.
La céramique feldspathique ne forme pas de liaison stable avec les tissus gingivaux, donc pas
de système d’attache efficient.(14)
De plus, due à la difficulté de polissage, la surface est propice à la fixation de bactérie et
augmente donc le risque de réaction inflammatoire des tissus.
18
Xiao‐Ting et coll. (50) : Étude de l’effet de la Zircone et de la céramique feldspathique
sur l’environnement péri‐implantaire.
19
Figure 12 : Changements osseux marginaux avec les coiffes céramo‐métalliques
et les coiffes en zircone monolithiques. (50)
2.5.1 Le dévissage
20
2.5.2 Les fractures de l’armature
Bien que le gold standard soit le Titane pour la réalisation des armatures, les performances
cliniques de la Zircone l’ont proposée comme concurrente directe au Titane.
Sailer et coll. (54) : comparaison de la survenue des fractures sur l’armature entre les
coiffes céramo‐métalliques et les coiffes en zircone stratifiées.
Les résultats montrent un taux de complications mécaniques de type fracture
significativement plus important pour la zircone que pour les coiffes céramo‐
métalliques.
Lemos et coll. (55) : pas de différences entre la survenue des complications techniques
chez les prothèses céramo‐métalliques et céramo‐céramiques.
Les études se contredisent concernant les fractures d’armature entre le Titane et la Zircone.
Si certaines concluent à une absence de différence sur le succès de la thérapeutique, pour
d’autre les propriétés mécaniques de la Zircone entrainent une augmentation de la
survenue des complications mécaniques.
21
Elles peuvent être de plus ou moins grande étendue ou visibles selon la position de la dent
remplacée, donc les conséquences pourront être plus ou moins importantes.
Les étiologies du chipping peuvent être multiples et sont évoquées dans l’étude D’Esquivel‐
Upshaw et coll.(56) :
Un mauvais design du matériau d’infrastructure sous‐jacent qui a pour rôle de soutenir
la céramique cosmétique. Un soutien insuffisant peut être la cause de fractures au
niveau de matériau de revêtement.
Une épaisseur insuffisante de céramique cosmétique ne permettant pas de résistance
appropriée de la prothèse.
Une épaisseur trop importante de la céramique de revêtement peut également être la
source de fractures.
La différence de coefficient de dilatation thermique entre les matériaux utilisés pour
réaliser l’infrastructure et les matériaux de revêtement. Lors de la fabrication de la
prothèse, celui‐ci peut être à l’origine de fêlures qui comportent un stress résiduel et
peuvent être transformées en fractures.
La présence de bulles lors de la fabrication de la céramique créant des zones de
faiblesse à l’intérieur de la prothèse.
La présence de surcharges occlusales.
Deux paramètres ont permis de considérer les restaurations monolithiques en zircone comme
option thérapeutique sérieuse en clinique :
- Les progrès réalisés avec la zircone concernant ses propriétés optiques : augmentation
de la translucidité et amélioration de l’esthétique.
- La nécessité de faire diminuer la survenue de fractures de céramique stratifiée et donc
de complications mécaniques en général.
22
Cheng et coll. (57) : comparaison des répercussions cliniques retrouvées avec des
coiffes en zircone monolithiques et des coiffes céramo‐métalliques.
Les résultats démontrent que bien que le taux de survie des prothèses ne soit pas impacté par
le matériau choisi, la survenue de chipping est significativement plus importante pour les
prothèses céramo‐céramiques et céramo‐métalliques.
3 Critères décisionnels
3.1.1 Titane
[Link] Avantages
23
[Link] Inconvénients
Malgré tout, il existe des inconvénients :
L’utilisation de deux matériaux différents pour la réalisation d’une pièce induit un
risque de désolidarisation et un risque de fracture de la céramique (chipping). Ces
complications peuvent entrainer la réfection de la prothèse.
L’esthétique : la présence de métal sous la céramique qui peut créer un aspect
d’« ombre » sous‐jacent et qui impose d’utiliser une céramique opaque pour masquer
sa couleur grisâtre.
La céramisation du Titane : procédé difficile, réalisé au laboratoire. Les difficultés sont
liées à deux phénomènes :
- La nécessité d’éliminer, par exemple par sablage, la couche superficielle de titane
contaminée par l’oxygène qui empêche la liaison avec la céramique.
- La température de cuisson de la céramique est comprise entre 900 et 950°C,
supérieure aux 882°C auxquels le titane subit un changement de structure. Ce
phénomène impose l’utilisation de céramiques basse fusion.
La dureté de la céramique stratifiée entraine une usure importante des dents
adjacentes.
La présence de céramique esthétique dans le sulcus sachant que l’attache créée par
les tissus mous sur ce type de biomatériaux est faible voire inexistante(14). La
conséquence de ce phénomène est la récession gingivale : une situation de la gencive
plus apicale entraînant des doléances esthétiques et un plus grand risque de
contamination bactérienne.
24
[Link] Inconvénients :
Initialement on utilisait la Zircone 3Y‐TZP avec une petite concentration d’Alumine (0,25%
environ) qui avait pour but de stabiliser la structure (3Y‐TZP‐A). Celle‐ci est très opaque mais
a des propriétés mécaniques intéressantes et est utilisée pour réaliser les chapes et les
infrastructures.
1ère évolution : diminution de la concentration d’Alumine (0,05%) qui réduit légèrement la
résistance mécanique mais permet d’améliorer la translucidité de 17%. Cette amélioration est
insuffisante pour les secteurs esthétiques mais acceptable pour le secteur postérieur.
2ème évolution : augmentation de la concentration d’Yttrium pour créer les zircones 4Y‐PSZ
et 5Y‐PSZ (amélioration respective de 28% et 40% de la translucidité). Ce sont des zircones
partiellement stabilisées mais dont les propriétés mécaniques sont plus faibles et décroissent
avec l’augmentation concentration d’Yttrium.
Les zircones partiellement stabilisées (4Y‐PSZ et 5Y‐PSZ) ne possèdent pas les propriétés
mécaniques suffisantes pour être utilisées dans le cadre de restaurations plurales sur implants
dans les secteurs molaires et prémolaires.
Rappelons que le secteur postérieur reste une zone peut visible dans la vie sociale des
patients : sourire, rire, phonation…
3.2 Mise en relation des propriétés des matériaux avec les caractéristiques recherchées
Le pilier est un élément crucial de la survie de l’implant au long terme et le choix du matériau
utilisé pour sa réalisation ne doit pas être laissé au hasard.
Il est impératif d’utiliser un matériau suffisamment résistant à la fracture pour s’affranchir du
maximum de complications mécaniques possible.
De plus, étant situé en sous‐gingival, il doit être le plus biocompatible possible, afin de ne pas
mettre en péril la stabilité des tissus péri‐implantaires.
Le titane a sa place en tant que gold standard dans la fabrication des piliers implantaires
depuis longtemps, mais la zircone se positionne de plus en plus comme un substitut potentiel
du fait de sa faible affinité avec la plaque bactérienne, et ses propriétés mécaniques en
constante évolution.
25
Des études ont comparé les propriétés biologiques des deux matériaux :
Linkevicius et coll. en 2015 : Les conclusions de cette méta‐analyse sont en faveur des
piliers en zircone. (62). Cette étude révèle un aspect gingival péri‐implantaire plus
favorable autour des piliers en Zircone, mais ne démontre pas de différence
significative en termes de biocompatibilité : récessions, profondeur de sondage,
saignement au sondage et niveau osseux. Selon cette étude, seul l’aspect esthétique
est amélioré par l’utilisation de la zircone.
26
Leutert et coll.(64) en 2012 : les propriétés mécaniques du titane sont plus
intéressantes que celles de la zircone.
Le moment de flexion est significativement plus haut pour les piliers en Titane que
pour les piliers en Zircone testés.
Malgré les différences retrouvées entre les deux matériaux, de nombreuses études ne
montrent aucune différence significative biologiquement, mécaniquement, et en termes de
survie.
27
Analyse critique :
Malgré ces résultats, les études avaient un recul clinique limité à quelques années, les
comparaisons ont donc été faites seulement pour du court et moyen terme, alors que le recul
clinique sur la fiabilité des piliers implantaires en titane est bien plus important.
Ces observations importantes sont mises en lumière dans une revue publiée en 2016 dans le
« Journal of Prosthodontics » par Vechiato‐Filho et coll.(68). Le but de cette méta‐analyse
était de démontrer la prédictibilité des résultats obtenus avec l’utilisation des piliers en
Zircone.
Ces derniers démontraient eux aussi l’absence de différence significative entre la survie des
piliers en titane et en zircone et soulevaient de points importants :
Le matériau utilisé pour réaliser les prothèses supra‐implantaires et leur mode de mise en
œuvre peut avoir un effet sur le design des prothèses.
Lopez‐Suarez et coll. en 2016 (72) : Dans cette étude, l’objectif était d’évaluer l’écart
d’adaptation marginale sur les prothèses postérieures de 3 éléments en comparant :
- Les restaurations céramo‐métalliques
- Les restaurations céramo‐céramiques
- Les restaurations monolithiques en zircone
28
Comme la précédente, cette étude ne montre pas de différence significative d’adaptation
entre les prothèses céramo‐métalliques et les prothèses en zircone. Elle ne démontre aussi
aucune différence significative en les prothèses monolithiques et zircone et les prothèses
céramo‐céramiques.
Les différences peuvent être esthétiques mais également fonctionnelles, avec une
transmission différente des contraintes en fonction des propriétés mécaniques du matériau
ou encore une adaptation différente de la prothèse à son support.
Mosharraf et coll.(74) en 2022: Les comparaisons ont ici été faites entre des prothèses
céramo‐métalliques : stratification de céramique sur alliage précieux et non précieux.
Les résultats confirment qu’il existe une différence de distribution du stress selon le
matériau utilisé pour la réalisation de l’armature et aucune différence n’est retrouvée
concernant le tissu osseux adjacent.
Le choix du matériau utilisé modifie la distribution des contraintes sur les différents étages
de la restauration implantaire mais pas la distribution du stress faite à l’os environnant.
Les premières céramiques ayant vu le jour en dentisterie étaient trop fragiles, mécaniquement
insuffisantes pour rivaliser avec ce type de restauration.
29
Puis ont été créées les armatures en zircone de haute résistance, recouvertes de céramique
esthétique. Elles ont été les premières à faire de l’ombre aux restaurations céramo‐
métalliques.
Les études menées ont montré de très bons résultats : taux de survie et taux de succès
importants, et faible survenue de complications pour les deux types de prothèses.
Ces résultats sont en adéquation avec une autre revue de la littérature menée par
Pjetursson et coll.(77) en 2015 spécifiquement sur les restaurations plurales, qui a démontré
que malgré un taux de succès très satisfaisant pour les deux types de prothèses, le chipping
était la complication la plus fréquente et intervenait aussi bien pour les restaurations
céramo‐métalliques que pour les restaurations céramo‐céramiques.
30
[Link] La stratification
Nous avons vu dans la partie précédente les deux types de restaurations, céramo‐métalliques
et zircone stratifiée qui ont été, dans un premier temps, les plus étudiées et utilisées.
Il est ressorti de la plupart des études, et méta‐analyses, que la complication principalement
retrouvée était mécanique : le chipping.
Une alternative aux problèmes de fractures de céramique stratifiée a dû être envisagée et a
été satisfaite par la réalisation de coiffes monolithiques, c’est‐à‐dire non stratifiées.
Les problématiques abordées pour comparer ces deux types de restaurations sont les
suivantes :
o Les coiffes et bridges monolithiques permettent‐ils un résultat esthétique
satisfaisant, se rapprochant des résultats obtenus avec les coiffes céramo‐
céramiques ?
o L’utilisation de zircone monolithique comme seul matériau de restauration
permet‐elle de s’affranchir des complications mécaniques ?
o Qu’en est‐il d’un point de vue biologique ?
En 2021, une autre étude a publié des résultats réunis sur un temps d’observation plus long.
Celle‐ci a été réalisée par Rammelsberg et coll. (78) et a comparé la survenue d’échecs de
traitement sur plusieurs prothèses :
- Céramo‐métalliques
- Céramo‐céramiques complètement stratifiées
- Céramo‐céramiques partiellement stratifiées
- Monolithiques
Résultats : l’écaillage de la céramique est retrouvé de façon plus importante sur les prothèses
céramo‐céramiques complètement stratifiées, que sur les prothèses céramo‐métalliques. En
revanche, pour les prothèses réalisées en céramiques monolithique ou partiellement
stratifiées, les complications concernant les fractures de céramique cosmétique étaient
moindres.
La survenue de « chipping » varie en corrélation avec le recouvrement de la prothèse en
céramique feldspathique.
31
Pour analyser les dernières données de la science sur ce type de prothèses, une étude récente,
réalisée en 2022 par Saponaro et coll.(79) et publiée en 2023, a évalué la survenue des
complications sur des éléments pluraux monolithiques et stratifiés.
Les fractures de céramiques de recouvrement sont les complications les plus retrouvées. La
survenue de ces complications est significativement plus importante pour les prothèses
céramo‐céramiques que sur les prothèses supra‐implantaires monolithiques.
Les prothèses plurales sur implants, réalisée en Zircone monolithique sont validées d’un point
de vue technique et biologique, persistent seulement des doléances esthétiques pouvant
concerner la teinte de la prothèse et nécessitant la réfection de celle‐ci.(80)
Au vu des éléments décrits au préalable, il apparaît clairement que les impératifs liés aux
secteurs postérieurs, à savoir les forces occlusales exacerbées et la moindre importance de
l’esthétique ne justifient pas l’utilisation de la stratification.
Définitions :
32
Figure 20 : Cas clinique sur Dr MENSE Chloé.
Bridge implanto‐porté de 4 éléments en full zircone sur 16 et 17 et cut back sur 14 et 15 :
vue vestibulaire.
Pour les prothèses à base de zircone, la fracture totale intervenait plus fréquemment que la
fracture de céramique superficielle.
Selon cette étude, ces restaurations présenteraient des propriétés mécaniques moindres que
les prothèses céramo‐métalliques.
Cependant, il s’agit d’une étude réalisée in vitro ne reproduisant pas la réalité clinique.
Alfadhli et coll. 2022(84), ont évalué cliniquement les performances des prothèses en
zircone multi‐couches. Le taux de survie et la survenue de complications mécaniques
et biologiques des prothèses dentaires fixes bicouches à base de zircone montrent des
résultats satisfaisants pour l’utilisation de ce matériau.
Les coiffes et les prothèses plurales en zircone bi‐layered fabriquées ont montré de bonnes
performances cliniques avec un minimum d'écaillage de la céramique esthétique.
33
Les céramo‐céramiques partiellement stratifiées
Zhang et coll. (85), ont évalué la survie et la survenue de complications en comparant trois
types de prothèses : céramo‐céramiques complètement stratifiées, partiellement stratifiées
et zircone monolithiques. Les résultats sont les suivants :
Strasding et coll. (86) : comparaison des complications entre les prothèses full zircone
et partiellement stratifiées :
- Les complications biologiques (saignement au sondage, profondeur de poche, indice
de plaque et hauteur de gencive kératinisée) ne sont pas significativement différentes
entre les deux prothèses, la partie sulculaire n’étant pas recouverte de céramique
cosmétique sur les prothèses stratifiées.
- La survenue de complications mécaniques n’est significativement pas différente selon
cette étude.
Cependant, le faible recul clinique (1 an) ne permet pas d’extrapoler ces résultats sur le succès
prothétique à long terme.
34
Figure 22 : Photos endobuccales de chipping (86)
35
CONCLUSION
Les progrès réalisés sur les propriétés des différents biomatériaux ont ouvert de nouveaux
horizons concernant les possibilités de restaurations implanto‐portées.
Pour les piliers, si les améliorations de la résistance mécanique de la zircone ont permis de la
voir concurrencer le titane, il semblerait que le manque de recul clinique dans les études ainsi
que la localisation postérieure, donc non visible lors des interactions sociales du patient, ne
l’indique pas dans le cadre de nos thérapeutiques.
36
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IV
SERMENT MEDICAL
Admise dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe,
ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Résumé :
Le choix des matériaux utilisés pour la phase prothétique supra‐implantaire (piliers et coiffes)
et un des éléments clés du succès à long terme des prothèses implanto‐portées. La
connaissance de la mise en œuvre des différents matériaux et leurs propriétés biologiques,
mécaniques, et physico‐chimiques est indispensable pour le clinicien lors de la réalisation du
plan de traitement, surout les éléments pluraux.
La domination du titane pour la réalisation des piliers et des armatures a progressivement été
remise en cause par les progrès réalisés concernant la mise en œuvre (Conception Fabrication
assistée par Ordinateur, usinage) mais surtout par l’amélioration des propriétés mécaniques
de la céramique, représentée principalement par la zircone.
Les coiffes céramo‐métalliques ont pu être concurrencées par des coiffes céramo‐céramiques
qui s’affranchissent de l’utilisation du métal. Mais ce sont les complications mécaniques liées
au chipping, associées au l’amélioration des propriétés esthétiques de la Zircone qui ont
permis l’essor des coiffes monolithiques en Zircone. L’esthétique de ces prothèses peut être
amélioré par des techniques multi‐couches et de cut back.
Abstract:
The choice of the biomaterials used for implant‐supported prothesis (abutments and crowns)
is one of the keys of the long‐term success of these prostheses. Knowledge about biomaterials
and their biological, mechanical, and physicochemical properties is essential for the clinician
when creating a treatment plan, especially for plural elements. The dominance of titanium in
the production of pillars and frameworks has been gradually challenged by the progress made
regarding the implementation (Computer‐Aided Manufacturing Design, machining) but above
all by the improvement in the mechanical properties of ceramic, represented mainly by
zirconia.
Metal‐ceramic caps may have faced competition from ceramic‐ceramic caps which do not
require the use of metal. But it is the mechanical complications linked to chipping, associated
with the improvement of the aesthetic properties of Zirconia which have enabled the
development of monolithic Zirconia caps. The aesthetics of these prostheses can be improved
by multi‐layer and cut back techniques.