ROUGEOLE
I-INTRODUCTION
1-DEFINITION
Maladie infectieuse aigue très contagieuse cosmopolite endémo-épidémique solidement immunisante due à
un paramyxovirus appelé virus morbilleux
2-INTERÊTS
-plus fréquente des maladies éruptives de l’enfant
-gravité = grande fréquence des complications surtout infectieuses faisant rougeole « dévoreuse d’enfant »
-maladie à déclaration obligatoire dont le prévention repose sur la vaccination
-maladie cible PEV
I-SIGNES
A-TDD : Forme commune non compliquée de l’enfant non vacciné
1-DEBUT
a-Incubation : muette et dure 10 – 12jours
b-Début = phase pré-éruptive
D’installation brutale et dure 2 – 4 jours. Elle est très contagieuse marquée par :
-une fièvre à 39 – 40°c
-un CATARRHE :
.oculaire : conjonctivite avec yeux rouge et larmoyants
.nasal : rhinite séreuse
.laryngé : toux quinteuse parfois rauque
.digestif : diarrhée, vomissements
-signes nerveux : irritabilité et troubles du sommeil
c-Examen physique recherchera
-faciès grognon
-au niveau de la face interne des joues en regard des 1ère molaires LE SIGNE DE KOPLICK qui est pathognomonique
de cette phase = semis de minuscules taches blanchâtre reposant sur un fond érythémateux ; il apparait vers
36e heure et persiste jusqu’au début de l’éruption ???
2-ETAT = phase éruptive
Survient au 14e jour après contamination
S’annonce par l’éruption caractéristique par son aspect son extension le tout dans ambiance fébrile avec
catarrhe oculo-naso-laryngé et digestif
-Lésion élémentaire : l’éruption est faite de
.macropapules rouges en relief ?
. s’effaçant à la pression
.isolés ou plus ou moins confluantes
.respectant des intervalles de peau saine
-Extension :
.J1 : on la recherchera derrière les oreilles autour de la bouche sur le menton
.J2 : envahit le visage le cou et les épaules
.J3 : tronc et membres
.J4 : se généralise
Sur peau pigmentée les lésions élémentaires deviennent noirâtres donnant un « aspect de peau tigrée » qui
annonce la phase de desquamation
3-DESQUAMATION= phase post éruptive
-Commence dès le 5e jour
-Fièvre régresse l’enfant va mieux mais il persiste une asthénie résiduelle
-Peau se recouvre de fines squames
.d’abord dans la région faciale
.puis sur le reste du corps en 2-3jours.
.La peau retrouve son intégrité en quelques semaines
4-EVOLUTION ET PRONOSTIC
a-Eléments de surveillance
-Constantes : pouls, poids, température, TA, diurèse horaire, FC, FR
-Clinique : respiratoire et examen du système nerveux
Toute rougeole fébrile en phase de desquamation est une rougeole compliquée
b-Eléments de mauvais pronostic
-grand âge
-mauvais état nutritionnel
-existence de complications
c-Modalités évolutives
Evolution favorable est la règle
Guérison complète s’obtient au bout de 7-8jours
B-FORMES CLINIQUES
1-FORMES SYMPTOMATIQUES
a-Frustres : syndrome grippal + éruption discrète
b-Formes malignes = rougeole maligne
Toute forme précocement fatale avant la phase post éruptive. Trois tableaux cliniques sont distingués :
-suffocante : qui réalise un tableau de détresse respiratoire rapidement mortelle
-ataxo-adynamique : dominée par les troubles de la conscience délires et convulsions
-hémorragique : caractérisée par un syndrome hémorragique digestif et cérébro-méningé
2-FORMES SELON LE TERRAIN
a-Adulte
se rencontre en zone rurale les signes généraux sont marqués les complications respiratoires fréquentes
b-Enfant malnutri
L a desquamation se fait en lambeau et les infections sont constantes
3-FORMES COMPLIQUEES
a-Complications infectieuses
Bactériennes sont le plus souvent dues au staphylocoque
-Laryngite tardive dyspnéisante : voix rauque et dyspnée permanente avec signes de lutte pouvant motiver une
trachéotomie
-Broncho-pneumopathies staphylococciques : qui peuvent se compliquer de suppuration pulmonaires et de
ruptures de bulles
-Kératite qui peut aboutir à une fonte purulente de l’œil
-Otite
Virales
-Encéphalite morbilleuse = leucoencéphalopathie aigue périveineuse démyélinisante
-Gingivostomatite herpétique : elle empêche l’alimentation et aggrave malnutrition
-Kératite herpétique peut entrainer une cécité partielle ou totale
b-Complications métaboliques et nutritionnelles
-Kwashiorkor : « la rougeole est le grand boulevard qui mène au Kwashiorkor »
-Déshydratation secondaire au catarrhe digestif non compensé
4-FORMES ASSOCIEES
-Tuberculose : la rougeole est une affection anergisante et favorise l’expression des formes aigues graves de
tuberculose
II-DIAGNOSTIC
1-DIAGNOSTIC POSITIF
Essentiellement clinique souvent porté par la mère
Arguments épidémiologiques
-absence de vaccination
-notion de contage
Arguments cliniques
-catarrhe oculo-naso-laryngé et digestif
-signe de Koplick
-éruption maculopapuleuse à évolution descendante respectant les intervalles de peau saine
Arguments paracliniques : rarement recherchés (sérologie ; isolement du virus)
2-DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
-Scarlatine
-Rubéole
-Mononucléose infectieuse
-toxoplasmose
-Allergies médicamenteuses
3-DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
Germes : virus à ARN appartenant au groupe des paramyxovirus
Porte d’entrée : transmission généralement directe par voie respiratoire par l’intermédiaire des goutellettes
de Plügge émise par le malade contagieux
Terrain :
-âge : période de sevrage en l’absence de vaccination
-pauvreté et promiscuité
-malnutrition ; parasitose et anémie
IV-TRAITEMENT
A-CURATIF : uniquement symptomatique
1-BUTS
Eviter les complications
Réduire la létalité
2-MOYENS
-Antipyrétiques : paracétamol – bains tièdes –enveloppement humide
-Antibiotiques : macrolides- bêta lactamines
-Antiherpétique : aciclovir
-Corticoïdes
-Antiseptiques oculaires
-Solutés de réhydratation intraveineuse et orale
-Serum physiologique
-Vit A : 400 000 UI
-Réanimation
3-INDICATIONS
Rougeole non compliquées
-soins de propreté des yeux (antiseptiques)
-drainage des sécrétions naso-phéryngées (sérum physiologique)
-antiseptiques
Rougeole compliquée
-hospitalisation
-vitaminothérapie A
-antibiothérapie en cas d’infection bactérienne
-corticothérapie : laryngite dyspnéisante
-Aciclovir : gingivostomatite ou kératite
-Anticonvulsivants : encéphalite
Formes malignes : relèvent de la réanimation
B-PREVENTIF
Passe essentiellement par la vaccination
Il s’agit d’un vaccin vivant atténué administré en une seule injection s/c à partir de 9 mois
CONCLUSION
Plus fréquente des maladies éruptives de l’enfant
PEV devrait en réduire la morbidité et mortalité