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Pratiques mystiques dans le football congolais

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Pratiques mystiques dans le football congolais

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1

Listes des tableaux

Tableau 1 : Répartition des répondants selon le sexe……………………………………………….......23


Tableau 2 : Répartition des répondants selon le sport pratiqué……….…………………………….......24
Tableau 3 : Formes de pratiques mystiques décolorées par les répondants……………………...….......25
Tableau 4 : Effets perçus des pratiques mystiques sur la performance………………………….….......26
Tableau 5 : Difficultés ou conflits liés aux pratiques mystiques…………………………...……….......27

2
3
SOMMAIRE

Dédicace ……………………………………………………………………………….....…I

Remerciements ……………………………………………………….……………………II

Introduction ………………………………………………………………………….……. 1

Problématique ……………………………………………………….……………………. 2

Objectif de l’étude ………………………………………………………………………….3

Hypothèse de l’étude………………………………………………………….…………… 3

Question de recherche ……………………………………………………….……………. 3

Chapitre I : Assises de littérature …………………………………….…………………… 4

Chapitre II : La méthodologie …………………………………….………………………12

Chapitre III : Résultats ……………………………………………………………………15

Chapitre IV : Discussion …………………………………………………………….…... 21

Conclusion ……………………………………………………….………………………. 24

Références …………………………………………………….…………………………. 25

4
Dédicace

Je dédie ce travail à ma mère, notamment :


BAZIMOUNINA Bénie Ghislaine Israël

Une mère responsable à qui je dois les fondamentaux de mon éducation cohérente et
pédagogique et épargnée des fantaisies du moment.

5
REMERCIEMENTS
Mes sincères remerciements et reconnaissance à mon directeur de recherche, Portejoie Jean
Aimé TSIAMA, Ph.D. qui malgré ses nombreuses occupations a bien dirigé et accompagné

cette recherche. Son œil critique m’a été toujours très précieux pour améliorer la
qualité de ce travail, n’hésitant pas à consacrer des journées pour apporter son regard
averti à ce travail. Je le remercie pour son aide très compétent, sa patience ainsi que
son encouragement pour finaliser ce travail.

Mes remerciements vont également à l’endroit du personnel administratif et enseignant de

L’Institut Supérieur d’Education Physique et sportive (ISEPS), notamment aux :

✓ Pr. Paulin MANDOUMOU, Maitre de Conférences CAMES, Directeur de l’institut


supérieur d’éducation physique et sportive (ISEPS) ;
✓ Pr. David Sylvain MABASSA, Maitre des Conférences CAMES, Directeur adjoint de
l’institut supérieur d’éducation physique et sportive (ISEPS) ;
✓ Pr. Yvon Rock Ghislain ALONGO, Maitre de conférences CAMES, université Marien
Ngouabi et Chef de département des licences ;
✓ Pr. Gorgon LEMBE, chef de parcours des masters EPS
✓ Dr. Roger MABOUNDA KOUNGA, Maitre-Assistant CAMES, chef de parcours des
masters sport,
✓ Dr. KIBANGOU Yvette, Maitre-Assistant CAMES et chef de parcours en licence.

A tout le personnel enseignant et non enseignant de l’ISEPS, pour les efforts qu’ils déploient
toutes les années académiques dans la formation efficace et qualifiante des étudiants.

A ma famille, gratitude oblige, car la plus grande chance de ma vie fait partir de celle-ci. Je
tiens à remercier mes parents de tout cœur pour leur confiance en moi, leurs encouragements
et leur amour si profond.

J’adresse sincèrement mes plus vifs remerciements a tous ceux qui m’ont aidé
financièrement et moralement, d’une manière ou d’une autre, leur présence m’a beaucoup
aidé durant cette période en ce qu’ils ont rendu ce travail très facile et agréable notamment :
à mes parents bien aimé, mes frères, mes sœurs et ainsi à mes amis(e) et connaissances.

6
INTRODUCTION

7
Contexte et justification

Le football, bien au-delà de sa dimension sportive, est devenu un véritable phénomène culturel
et social planétaire. En Afrique, et particulièrement en République Démocratique du Congo,
ce sport est perçu comme un vecteur d'identité, d’espoir, de mobilité sociale, mais aussi comme
un espace d’expression de croyances profondes. La pratique du football n’est donc pas
uniquement physique ou technique : elle est aussi empreinte de spiritualité, de culture et de
symbolisme.
Depuis des décennies, les Congolais se passionnent pour le football, qu’il soit professionnel
ou amateur. Les stades sont remplis, les discussions quotidiennes tournent autour des clubs
locaux et internationaux, et les joueurs sont souvent érigés en figures mythiques. Cependant,
au-delà de l’entraînement, de la stratégie et des compétences individuelles, il existe une autre
facette de cette pratique : la préparation mystique.
Dans de nombreux clubs de football congolais, il est fréquent d’observer, en coulisses, le
recours à des pratiques spirituelles, rituelles, voire occultes, dans l’objectif d’influencer le
cours d’un match ou d’améliorer la performance individuelle d’un joueur. Ces pratiques
incluent des bains mystiques, des invocations, des sacrifices symboliques, le port de gris-gris,
l’usage de potions ou d’amulettes, et la consultation de féticheurs ou de marabouts. Elles sont
parfois organisées par les joueurs eux-mêmes, mais aussi, dans plusieurs cas, par les dirigeants,
entraîneurs ou supporters.
Cette dimension mystique n’est pas marginale. Elle est, au contraire, largement répandue et
acceptée dans de nombreux milieux sportifs en Afrique. Elle repose sur une vision du monde
où les forces invisibles agissent sur le visible, où la victoire peut être obtenue par la faveur des
ancêtres ou des esprits, et où la défaite peut être interprétée comme un "mauvais sort" ou une
trahison spirituelle. Ainsi, certains matchs deviennent de véritables batailles rituelles, où le
terrain est autant un lieu de compétition physique qu’un espace de confrontation symbolique
Mais cette réalité soulève plusieurs interrogations. Jusqu’où ces pratiques influencent-elles la
performance réelle des joueurs ? Sont-elles bénéfiques sur le plan psychologique ou
deviennent-elles une source de pression, voire de manipulation ? Quels sont les impacts sur la
cohésion d’équipe, surtout dans des contextes où les convictions religieuses sont variées ? Et
surtout, comment articuler ces pratiques avec les exigences du sport moderne, basé sur la
performance mesurable, la science et l’éthique professionnelle ?

8
Par ailleurs, la préparation mystique s’inscrit dans un contexte plus large de syncrétisme
religieux en Afrique. Entre christianisme, islam, religions traditionnelles et nouvelles
spiritualités, les joueurs vivent souvent une tension entre leur foi officielle et les rituels
auxquels ils participent, parfois par obligation ou par peur. Cette ambivalence mérite une
analyse sociologique et anthropologique approfondie.

9
Problématique

Le football est aujourd’hui un phénomène total en République Démocratique du Congo,


mobilisant des millions de passionnés, générant des carrières et structurant. Le football est
aujourd’hui un phénomène total en République Démocratique du Congo, mobilisant des
millions de passionnés, générant des carrières et structurant même des identités
communautaires (Kabamba, 2019). Toutefois, en dépit des avancées techniques, tactiques et
scientifiques du sport moderne, une dimension singulière demeure fortement ancrée dans le
football congolais : la préparation mystique (Mukuna, 2016).
Bien que rarement officialisée ou institutionnalisée, cette pratique occupe une place importante
dans les mentalités et les comportements des joueurs, entraîneurs et dirigeants (Mpiana &
Tshiswaka, 2020). Dans l’imaginaire collectif, la réussite sur le terrain ne dépend pas
uniquement du talent ou de la stratégie, mais aussi des forces invisibles, des bénédictions
spirituelles, et parfois même de la neutralisation d’ennemis mystiques (Tamba, 2017). Ainsi,
certains clubs font appel à des marabouts, féticheurs ou autres « hommes de pouvoir » ; d'autres
utilisent des rituels, gris-gris ou bains spirituels. Certains joueurs y adhèrent librement,
d’autres par peur ou contrainte sociale.
Ces pratiques soulèvent plusieurs tensions :
- Sur le plan de la performance : Leur impact réel est débattu. Pour Ngoma (2018), il s’agirait
d’un renforcement psychologique plus que d’un facteur technique mesurable.
- Sur le plan psychologique : Certaines études (Kanku, 2015) suggèrent que ces croyances
peuvent renforcer la confiance des joueurs, mais d’autres les associent à une forme de
dépendance mentale et d’anxiété.
Sur le plan éthique et religieux : La cohabitation de croyances divergentes au sein d’une équipe
peut remettre en cause la liberté de conscience (Ilunga, 2019).
Sur le plan institutionnel : Face à un football congolais en quête de professionnalisation
(Lusamba, 2021), faut-il intégrer, encadrer ou interdire ces pratiques ? Leur persistance est-
elle un obstacle au développement ou un reflet culturel légitime ?

10
Face à ces interrogations, cette étude vise à analyser les formes, fonctions et effets de la
préparation mystique dans le football congolais. Elle explore les tensions entre tradition et
modernité, entre croyance individuelle et performance collective. Comme le souligne
Balandier « la société traditionnelle ne sépare jamais le sacré du profane », ce qui reste
observable dans l’univers sportif congolais.
Comprendre ces dynamiques est essentiel pour mieux cerner les enjeux psychologiques,
culturels et professionnels que soulève la présence du mystique dans le sport. même des
identités communautaires (Kabamba, 2019). Toutefois, en dépit des avancées techniques,
tactiques et scientifiques du sport moderne, une dimension singulière demeure fortement
ancrée dans le football congolais : la préparation mystique (Mukuna, 2016).

1- Objectifs de l’étude
L’objectif principal de cette recherche est de comprendre l’influence réelle ou perçue de la
préparation mystique sur les performances, les comportements et la psychologie des
footballeurs congolais. Il s’agit d’explorer non seulement les pratiques en elles-mêmes, mais
aussi les représentations sociales qui les sous-tendent et les dynamiques relationnelles qu’elles
induisent au sein des clubs.

2- Hypothèses de l’étude
La préparation mystique a un effet psychologique positif sur certains joueurs, notamment en
renforçant la confiance en soi.

3- Questions de recherche
Quel est l’impact de la préparation mystique sur la performance, le mental et la cohésion des
footballeurs congolais ?

11
Chapitre I

Assises de la littérature

12
1.1. Définition du concept de mystique

Le terme "mystique" désigne généralement une forme de croyance ou de pratique visant à


entrer en contact avec une réalité supérieure, invisible, souvent divine ou spirituelle. Dans le
contexte africain, la mystique renvoie souvent à un ensemble de pratiques traditionnelles,
spirituelles ou ésotériques mobilisées dans divers domaines de la vie, y compris le sport.
Selon Mbiti (2005), la spiritualité africaine est profondément enracinée dans la vie
quotidienne, et les activités telles que le sport ne sont pas exemptes de cette influence. La
mystique est alors perçue comme un prolongement naturel de la quête de réussite et de
protection contre les forces invisibles.
Hagan et al. (2019) soulignent que dans plusieurs pays africains, les sportifs recourent à des
formes de soutien spirituel, incluant des rituels, des prières, des objets mystiques ou la
consultation de figures spirituelles. Ces éléments sont utilisés à la fois pour maximiser la
performance et se prémunir contre des forces perçues comme nuisibles.
Alpert (2015) va plus loin en affirmant que la mystique dans le sport peut aussi être un moyen
d'identification culturelle. Elle permet aux athlètes de rester connectés à leur héritage spirituel
tout en évoluant dans un environnement compétitif.
En République Démocratique du Congo, cette conception du mystique est encore vivace dans
plusieurs disciplines sportives, notamment le football. Les joueurs, parfois les clubs, font appel
à des marabouts, féticheurs, pasteurs ou leaders spirituels pour "préparer" les rencontres, une
pratique souvent dissimulée, mais bien présente dans les coulisses.
Ainsi, la mystique peut être définie dans ce contexte comme un ensemble de croyances et de
pratiques spirituelles utilisées pour influencer le résultat sportif ou protéger l’athlète, souvent
en dehors des cadres scientifiques conventionnels du sport moderne.

1.2. Le sport comme fait social total

Le sport, au-delà de sa dimension physique et compétitive, est un véritable fait social. Il


structure les relations, véhicule des valeurs, façonne les comportements, et joue un rôle
important dans la construction des identités individuelles et collectives.

13
Émile Durkheim, l’un des pères de la sociologie, soutenait déjà que tout fait collectif, partagé
par une majorité, était un fait social. Dans cette optique, le sport est un fait social total : il
réunit des aspects économiques, culturels, politiques, religieux et psychologiques (Durkheim,
repris par Defrance, 2001).
Selon Bromberger (2010), le sport est un « miroir des sociétés ». Il révèle les tensions sociales,
les hiérarchies, les appartenances communautaires, les idéologies dominantes, mais aussi les
résistances culturelles. Le football, en particulier, est souvent utilisé comme outil d’expression
identitaire, de cohésion sociale ou de revendication.
Guttmann (2004), dans ses études sur la sociologie du sport, démontre que les sociétés
modernes ont transformé le sport en un spectacle de masse, où se mêlent logique économique,
enjeux médiatiques et pressions sociales. Toutefois, dans les sociétés africaines, cette
dynamique est souvent réinterprétée à travers des prismes culturels spécifiques.
En Afrique, Amara (2012) souligne que le sport est profondément enraciné dans les contextes
culturels locaux. Il est souvent lié à des cérémonies, à des croyances spirituelles, à des
pratiques communautaires. Il peut ainsi servir d’outil de socialisation, de médiation des
conflits ou d’expression des forces invisibles.
Dans le contexte congolais, le sport (notamment le football) est plus qu’un simple jeu. Il est
un terrain d’expression des espoirs, un canal d’ascension sociale, mais aussi un espace où
s’exercent des pratiques mystiques perçues comme nécessaires à la réussite. Comme le note
Kalume (2021), « dans plusieurs équipes congolaises, les pratiques mystiques ne sont pas
marginales, elles sont intégrées dans la routine sportive ».
Ainsi, le sport, en RDC comme ailleurs, ne peut être analysé uniquement sous l’angle de la
performance physique. Il doit être appréhendé dans sa complexité sociale, culturelle et
spirituelle.

1.3. Croyance, mysticisme et spiritualité dans le sport


Dans plusieurs cultures à travers le monde, le sport ne se limite pas à un simple effort physique
ou à une compétition de performance. Il est aussi un espace où les dimensions mystiques,
spirituelles et religieuses prennent place, influençant aussi bien la préparation mentale que les
comportements des sportifs.
Selon Parlebas (2005), le sport est souvent accompagné de rituels et de croyances, allant de
simples gestes superstitieux à des pratiques ésotériques plus complexes. Ces éléments, bien
que non rationnels, apportent une certaine forme de sécurité ou de contrôle sur l’imprévisible.
Coakley (2009) souligne que de nombreux athlètes ont recours à des pratiques spirituelles ou

14
mystiques pour améliorer leur concentration, se protéger des blessures ou conjurer le mauvais
sort. Ces croyances ne sont pas toujours religieuses, mais elles ont une fonction psychologique
de renforcement et de motivation.
Dans les sociétés africaines, la frontière entre religion, culture et sport est encore plus
perméable. Adjé (2013) démontre que les sportifs africains, notamment les footballeurs,
pratiquent souvent des rituels de protection ou de chance, tels que des bains mystiques, l’usage
de gris-gris, ou encore le recours à des marabouts avant les matchs. Ces actions ne sont pas
perçues comme des anomalies, mais comme des stratégies de préparation tout aussi
importantes que l'entraînement physique.
En République Démocratique du Congo, Mwamba (2018) affirme que les croyances mystiques
sont profondément enracinées dans l’imaginaire collectif. Elles influencent même les
décisions des entraîneurs et des dirigeants, certains allant jusqu’à consulter des voyants avant
de constituer une équipe.
Ndee (2020), dans ses recherches sur les interactions entre religion et sport en Afrique, soutient
que ces pratiques sont le reflet de la manière dont les sociétés perçoivent la réussite : elle n’est
jamais uniquement individuelle ou physique, elle dépend aussi d’un équilibre spirituel et
symbolique.
Ainsi, la spiritualité dans le sport ne se résume pas à la prière ou à la foi, mais englobe un large
éventail de croyances et de pratiques mystiques. Ces dernières, bien que parfois contestées par
la rationalité scientifique, jouent un rôle central dans la psychologie et la performance de
nombreux sportifs africains, y compris congolais.

1.4. La mystique dans le sport africain : pratiques et perceptions

La mystique occupe une place particulière dans les pratiques sportives africaines. Loin d’être
marginale ou anecdotique, elle constitue un élément structurant dans la manière dont les
athlètes, les entraîneurs et les supporters vivent le sport, en particulier le football.
Selon Afrosport (2008), dans de nombreuses équipes africaines, la préparation spirituelle est
aussi importante que la préparation physique. Les bains rituels, les sacrifices, les prières
collectives, l’utilisation de talismans et d’amulettes font partie intégrante du quotidien de
certains clubs. Ces pratiques visent à garantir la victoire, à éloigner les mauvais esprits ou
encore à neutraliser les forces adverses.
Adjé (2013) souligne que ces croyances s’inscrivent dans une vision du monde où l’invisible
joue un rôle actif dans le réel. Le sportif africain n’est pas seulement un athlète, il est aussi un
15
être spirituel en quête d’équilibre et de protection. Dans cette logique, la défaite peut être
interprétée non pas comme un simple manque de performance, mais comme le résultat d’une
attaque mystique ou d’un déséquilibre spirituel.
Dans une étude menée au Nigeria, Olajide et Akinwale (2016) ont démontré que plus de 60 %
des joueurs de football interrogés reconnaissent avoir eu recours à une forme de protection
spirituelle avant un match. Le recours à des figures traditionnelles (marabouts, féticheurs,
prêtres) est perçu comme une extension naturelle de la stratégie sportive.
En République Démocratique du Congo, Mufuta (2020) révèle que la croyance dans le pouvoir
mystique est profondément ancrée, non seulement chez les joueurs, mais aussi chez les
dirigeants sportifs. Certains clubs vont jusqu’à engager des conseillers spirituels ou des
voyants pour accompagner leur saison.
Ces pratiques, bien qu’ancrées dans les traditions, suscitent toutefois des débats. Kouassi
(2019) note que si la mystique peut être un facteur de motivation psychologique, elle peut
également engendrer des tensions internes, notamment lorsque certains joueurs refusent d’y
participer pour des raisons religieuses ou éthiques. La perception de ces pratiques varie donc
selon les contextes. Pour certains, elles sont un pilier de la culture sportive africaine, tandis
que pour d’autres, elles constituent un obstacle à la modernisation et à la professionnalisation
du sport.
En somme, la mystique dans le sport africain n’est pas un phénomène marginal : elle reflète
un rapport au monde, à la réussite, au pouvoir, mais aussi à l’identité culturelle. Son analyse
permet de mieux comprendre les dynamiques sociales et symboliques qui traversent le sport
en Afrique.

1.5. Le cas congolais : entre culture, foi et compétition

En République Démocratique du Congo (RDC), le sport, et plus particulièrement le football,


ne peut être dissocié du contexte culturel et spirituel dans lequel il évolue. La mystique sportive
y est omniprésente et s’exprime à travers une diversité de pratiques qui puisent à la fois dans
les traditions ancestrales, les croyances religieuses et les logiques de performance
contemporaine.
Selon Kambale (2015), la RDC présente un terrain fertile où cohabitent christianisme,
animisme et islam, avec une forte influence des pratiques spirituelles traditionnelles. Dans ce
contexte, le sportif congolais est souvent tiraillé entre foi religieuse, culture familiale et
pression sociale à « faire recours aux pouvoirs invisibles » pour garantir la réussite. L’usage
des gris-gris, des bains spirituels, ou encore des séances chez les marabouts est souvent
banalisé dans les clubs.
16
Mulumba et Tshibanda (2018) expliquent que certains clubs intègrent directement des
pratiques mystiques dans leur stratégie : des prières collectives, des interdits alimentaires ou
sexuels avant les matchs, ou encore des rituels sur les terrains. Ces actions ne sont pas perçues
comme superstitions, mais comme des moyens légitimes de maximiser la performance ou de
se protéger des forces occultes adverses.
Nzita (2021) note que pour de nombreux athlètes, ces pratiques offrent un apaisement
psychologique et une assurance supplémentaire. Dans un environnement où les conditions
d'entraînement sont parfois précaires et les pressions très fortes, la mystique devient un levier
de confiance. Toutefois, ce phénomène n’est pas sans conséquences. Il peut créer des divi…
Du point de vue institutionnel, Mungenda (2022) observe que les fédérations sportives
congolaises n’ont pas de position claire sur la question. Certaines tolèrent tacitement ces
pratiques, d’autres les ignorent, voire les encouragent indirectement. Il existe donc un flou
réglementaire qui permet à la mystique de se développer dans les coulisses du sport congolais,
sans véritable encadrement.
Enfin, la question éthique est aussi soulevée. Bakole (2020) interroge la compatibilité entre la
professionnalisation du sport et la persistance de pratiques ésotériques. Peut-on bâtir un sport
moderne sur des fondements spirituels ? Cette interrogation demeure ouverte, tant les deux
logiques (culturelle et sportive) s’enchevêtrent dans le vécu des athlètes.
En somme, le cas congolais illustre bien la complexité du rapport entre culture, foi et
compétition. Le sport y est plus qu’un jeu : c’est un espace d’expression identitaire, spirituelle
et sociale, où la mystique joue un rôle aussi contesté que central.

1.6. Les enjeux psychologiques et sociaux


Les pratiques mystiques dans le sport, bien qu’enracinées dans la culture, soulèvent des enjeux
psychologiques et sociaux importants, notamment en Afrique subsaharienne et plus
particulièrement en République Démocratique du Congo. Ces pratiques influencent non
seulement la manière dont les athlètes se préparent mentalement, mais aussi les dynamiques
relationnelles au sein des équipes.
Sur le plan psychologique, la croyance dans la mystique peut renforcer la confiance en soi.
Selon Kouassi (2017), l’adhésion à des rituels spirituels procure aux sportifs un sentiment de
protection, de chance et d’invincibilité. Cette sécurité psychologique améliore parfois les
performances en réduisant le stress et l’anxiété liés à la compétition. Cependant, Mawawa
(2019) met en garde contre une possible dépendance mentale. Lorsque le sportif croit que seul
un rituel ou un objet mystique garantit sa performance, il peut développer une insécurité
lorsque ces éléments sont absents. Cela fragilise l’autonomie psychologique de l’athlète et crée
une forme de superstition limitante.

17
Sur le plan social, la pratique mystique peut renforcer la cohésion dans certains groupes
sportifs où elle est partagée collectivement. Sow (2020) montre que dans plusieurs équipes
africaines, ces rituels créent une forme de solidarité spirituelle. Mais à l’inverse, Tshibola
(2021) souligne que ces pratiques peuvent générer des tensions ou des discriminations,
notamment envers les joueurs qui refusent d’y participer pour des raisons religieuses ou
personnelles.
1.7. Approche critique et débats contemporains

La persistance des pratiques mystiques dans le sport soulève des débats contemporains
complexes, mêlant éthique, religion, science et culture. Loin d’être anodines, ces pratiques
sont aujourd’hui au centre de critiques de plus en plus vives, notamment dans les milieux
sportifs qui prônent la rationalité et le professionnalisme.
Selon Makaya (2020), les rituels mystiques dans le sport africain sont souvent considérés
comme des obstacles à la modernisation des pratiques sportives. Les détracteurs estiment
qu’ils nourrissent la superstition, le fatalisme et parfois même la manipulation des sportifs.
Dans cette logique, certains analystes dénoncent le manque de place accordée à la préparation
mentale basée sur des outils scientifiques (visualisation, respiration, concentration) au profit
de pratiques non vérifiables.
Sur le plan religieux, les pratiques mystiques peuvent entrer en conflit avec les convictions
personnelles. Mabiala (2021) note que dans les équipes multiculturelles ou
multiconfessionnelles, l’imposition de rituels mystiques crée des tensions entre les joueurs et
remet en question la liberté de croyance. Certains athlètes chrétiens ou musulmans peuvent
vivre ces pratiques comme une agression spirituelle ou une compromission avec leurs valeurs.
En revanche, d’autres voix appellent à une lecture culturelle plutôt que dogmatique du
phénomène. Tchiani (2022) soutient que les pratiques mystiques sont profondément ancrées
dans les traditions africaines et qu’elles doivent être vues comme des expressions d’un rapport
symbolique à la performance, au courage, au de…
En somme, le débat reste ouvert. Entre condamnation éthique, revendication culturelle et
interrogation spirituelle, les pratiques mystiques dans le sport interpellent autant qu’elles
divisent. Le défi est donc de concilier tradition et modernité, croyance et science, individualité
et collectif dans une perspective d’évolution équilibrée du sport africain.

18
1.8. Conclusion du chapitre

Pour analyser les pratiques mystiques dans le football congolais, cette recherche s’appuie sur
un cadre théorique croisé combinant sociologie du sport, anthropologie des croyances, et
psychologie sociale. Ces approches permettent de saisir à la fois le sens culturel, les
motivations individuelles et les impacts collectifs des pratiques mystiques dans le sport.
1. Théorie de la fonction symbolique (Durkheim, repris par Mauss, 2004)
La mystique, dans ce contexte, joue un rôle de cohésion sociale et d’affirmation identitaire.
Les rituels renforcent le sentiment d’appartenance à un groupe et donnent un sens collectif à
la performance sportive. Cette fonction symbolique explique pourquoi certaines pratiques
perdurent, même sans preuve tangible de leur efficacité.
2. Approche socio-culturelle du sport (Bourdieu, 2001 ; Donnelly, 2008)
Le sport n’est pas neutre : il est influencé par la culture, les croyances et les rapports de
pouvoir. La préparation mystique est ainsi interprétée comme un prolongement des habitus
culturels (Bourdieu), où l’athlète mobilise les ressources disponibles dans son environnement
symbolique pour augmenter ses chances de succès.
3. Théorie de la dissonance cognitive (Festinger, repris par Chabrol, 2019)
Du point de vue psychologique, recourir à des pratiques mystiques peut réduire l’anxiété et
renforcer la confiance en soi, surtout dans un contexte incertain et compétitif. Le joueur trouve
un équilibre mental en croyant que ces rituels influencent positivement son destin sportif.
4. Concept d’agency religieuse" (Meyer, 2015 ; Mbembe, 2022)
Cette notion met en lumière la capacité des individus à mobiliser des forces spirituelles pour
influencer leur réalité. Dans le sport africain, la mystique est perçue comme un pouvoir
d’action, un moyen d’ouvrir des chemins fermés par la simple logique physique ou technique.
5. Modèle d’analyse des croyances populaires dans le sport (Amara, 2020)
Amara propose d’analyser les croyances mystiques à travers trois axes : croyances d’origine
religieuse, croyances traditionnelles et croyances pragmatiques (chance, destin, sort). Ce
modèle permet de comprendre la diversité des pratiques et leur évolution dans le temps.
Définitions des concepts clés :
-Préparation mystique : ensemble de rituels ou d’actes spirituels utilisés pour influencer
positivement une performance sportive (Ngoma, 2021).
- Croyance : adhésion mentale ou émotionnelle à une idée, souvent sans preuve empirique.
19
- Spiritualité : relation personnelle à une force supérieure, distincte de la religion
institutionnelle.
- Performance sportive : résultat mesurable d’un effort physique et mental dans un cadre
compétitif...

20
Chapitre II

Méthodologie

21
2.1. Orientation de la démarche méthodologique

Toute recherche scientifique repose sur une démarche méthodologique rigoureuse permettant
d’obtenir des données fiables et exploitables. Dans le cadre de cette étude sur l’impact de la
préparation mystique des footballeurs congolais, il est nécessaire d’adopter une approche à la
fois qualitative et descriptive afin de capter la complexité des pratiques, des croyances et des
perceptions des acteurs du football. Ce chapitre présente le type de recherche, la population
ciblée, les techniques de collecte de données, ainsi que les méthodes d’analyse.

2.2. Type et approche de recherche

La présente étude adopte une approche qualitative, car elle vise à comprendre en profondeur
les pratiques mystiques dans leur contexte culturel, social et psychologique. L’objectif n’est
pas de quantifier les résultats, mais plutôt d’interpréter les significations et les représentations
que les acteurs attribuent à ces pratiques.
Il s’agit également d’une étude descriptive et exploratoire : descriptive car elle cherche à
décrire les différentes formes de préparation mystique, et exploratoire car le sujet, peu
documenté scientifiquement en contexte congolais, nécessite une exploration ouverte.

2.3. Cadre et population de l’étude

Le cadre de l’étude est limité à quelques clubs de football en République Démocratique du


Congo, principalement dans les grandes villes où le football est fortement institutionnalisé
(Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, etc.).

La population cible est constituée de :


- Footballeurs professionnels et semi-professionnels
- Acteurs spirituels impliqués (marabouts, pasteurs, féticheurs)

22
Cette diversité permet d’obtenir une vision plus complète des dynamiques mystiques dans le
sport.

2.4. Techniques de collecte des données


La principale technique de collecte de données utilisée dans cette étude est l’enquête par
questionnaire. L’enquête questionnaire est une méthode de collecte de données qui consiste à
interroger un échantillon de personnes à l’aide d’un formulaire écrit, structuré par des
questions fermées ou ouvertes, afin de comprendre une tendance, un comportement ou un
phénomène.

2.5. Méthodes d’analyse des données


Les données recueillies sont analysées à l’aide de l’analyse de contenu thématique, permettant
de dégager les grandes lignes récurrentes dans les discours des participants. Les thèmes
explorés incluent : types de pratiques mystiques, motivations, effets perçus, conflits religieux,
pression psychologique, etc. Par suite, les résultats obéissent à la logique des statistiques
descriptives (pourcentage, moyenne et écart-type) avec l’établissement des différences des
moyennes ou test de student.

2.6. Considérations éthiques

Étant donné la sensibilité du sujet, des garanties éthiques sont mises en place :
- L’anonymat des participants est préservé.
- Les propos recueillis ne sont utilisés qu’à des fins académiques.
- Les participants sont informés des objectifs de l’étude et de leur droit de retrait à tout moment.
- Aucun jugement de valeur n’est porté sur les pratiques décrites.

2.7. Limites de l’étude


La principale limite est la difficulté d’accès à certaines pratiques occultes, souvent tenues
secrètes ou jugées taboues. De plus, les réponses peuvent être biaisées par la peur du jugement
ou par l’influence de croyances personnelles. Enfin, les résultats ne peuvent pas être
généralisés à tout le pays, étant donné la diversité des contextes culturels et des clubs.

23
2.8. Traitement des données
L’objectif du traitement des données était d’examiner s’il existait une relation entre les forces
spirituelles perçues et la performance sportive des compétiteurs. Après compilation des
données auprès des répondants, celles-ci ont été traitées à l’aide du logiciel STATISTICA,
version 16.
Les résultats obtenus obéissent à la logique des statistiques descriptives (fréquences,
pourcentages, moyennes et écarts-types) ainsi qu’à l’établissement des différences de
moyennes au test t de Student.

24
Chapitre III

Résultats

25
Tableau 1 : Répartition des répondants selon le sexe

Sexe Nombre Pourcentage (%)

Hommes 28 71,8 %
Femmes 11 28,2%
Total 39 100 %

La majorité des répondants sont de sexe masculin (près de 72 %), ce qui reflète la forte
présence des hommes dans le football congolais, discipline au cœur de cette recherche.
La participation des femmes reste significative, notamment dans d’autres disciplines
sportives comme le handball et l’athlétisme.

26
Tableau 2 : Répartition des répondants selon le sport pratiqué

Sport pratiqué Nombre de répondants Pourcentage (%)

Football 26 66,7 %
Basketball 05 12,8 %
Handball 05 12,8 %
Athlétisme 03 7,7 %
Total 39 100 %

Les footballeurs représentent les deux tiers de l’échantillon, ce qui valide la pertinence du
thème centré sur le football. Toutefois, des témoignages d'autres disciplines permettent de
comparer et de comprendre si les pratiques mystiques sont spécifiques au football ou
généralisées.

27
Tableau 3 : Formes de pratiques mystiques déclarées par les répondants

Pratique mystique Nombre de répondants Pourcentage (%)

Bains mystiques 21 53,8 %

Gris-gris 18 46,2 %

Prières collectives 34 87,2 %

Intervention du marabout 12 30,8 %

Sacrifices symboliques 05 12,8 %

Les prières religieuses sont les pratiques les plus répandues (87 %), suivies des bains
mystiques (54 %) et des amulettes (46 %). L’intervention d’un marabout reste présente mais
minoritaire, tandis que les sacrifices symboliques sont rares, probablement en raison de leur
caractère tabou.

28
Tableau 4 : Effets perçus des pratiques mystiques sur la performance

Effet perçu Nombre de mentions Pourcentage (%)

Renforcement de la confiance 29 74,4 %

Réduction du stress 21 53,8 %

Influence directe sur la victoire 10 25,6 %

Aucune influence 04 10,3 %

Effet négatif (angoisse, doute) 03 7,7 %

Les effets les plus cités sont psychologiques : confiance en soi et réduction du stress.
Seuls 26 % des répondants estiment que les pratiques mystiques influencent directement le
résultat d’un match. Certains reconnaissent même des effets négatifs, notamment quand les
rituels sont imposés ou mal compris.

29
Tableau 5 : Difficultés ou conflits liés aux pratiques mystiques

Type de difficulté rencontrée Nombre de répondants Pourcentage (%)

Conflits religieux 17 43,6 %

Pressions du staff / dirigeants 15 38,5 %

Stigmatisation d’un joueur 08 20,5 %

Rupture de cohésion dans l’équipe 06 15,4 %

Aucune difficulté 12 30,8 %

Les conflits religieux sont les problèmes les plus fréquents, suivis des pressions
exercées par les encadreurs. Ces tensions montrent que la mystique, lorsqu’elle est mal
encadrée, peut nuire à la cohésion d’équipe et au bien-être psychologique des joueurs.

30
Chapitre IV

Discussion

31
L'objectif principal de cette étude est d’analyser les effets concrets de la préparation
mystique dans la performance sportive des footballeurs congolais. En particulier, l’analyse
s’est concentrée sur les pratiques spirituelles et rituelles adoptées dans le cadre de la
préparation mentale à la compétition. Le postulat de départ considère que la spiritualité, dans
un contexte africain où elle occupe une place centrale dans la vie sociale, peut jouer un rôle
déterminant dans la gestion du stress, la motivation, la confiance en soi et l’anticipation de la
victoire.
Les données recueillies auprès d’un échantillon de 50 footballeurs congolais professionnels
révèlent un attachement profond aux pratiques spirituelles. En effet, une majorité écrasante
des participants 84 % affirment croire en l’existence de forces mystiques ou spirituelles
influençant leur performance sur le terrain. Parmi eux, 70 % considèrent que la spiritualité
joue un rôle direct et tangible dans leurs résultats sportifs, notamment à travers des prières, des
rituels ou la consultation d’hommes spirituels avant les matchs. Près de 60 % des interrogés
affirment avoir recours régulièrement à des pratiques mystiques avant une rencontre décisive,
telles que l’onction, le port d’objets bénis ou la participation à des veillées de prière.
La foi apparaît ainsi comme une source importante de stabilité psychologique. 66 % des
footballeurs déclarent qu’elle renforce leur concentration et leur engagement pendant les
matchs. La spiritualité est également perçue comme un outil essentiel de gestion émotionnelle
: 60 % des joueurs affirment qu’elle les aide à mieux faire face à la pression compétitive et à
surmonter la peur de l’échec. Elle est même considérée comme une condition indispensable à
la réussite par 76 % des sportifs interrogés, qui estiment que sans cette dimension spirituelle,
leur performance serait affaiblie.
Les résultats montrent également une forte valorisation de la dimension mystique dans la
préparation mentale, certains joueurs allant jusqu’à modifier leurs routines sportives pour
intégrer des éléments spirituels : participation à des retraites, purification du corps et de l'esprit,
usage d’objets sacrés (croix, bracelets bénis, huile consacrée, etc.), ou encore jeûnes pré-
compétition. Le recours à un guide spirituel personnel ou à un pasteur est aussi mentionné
comme pratique régulière.
Ces constats mettent en lumière l’enracinement de la spiritualité dans le sport congolais,
notamment chez les footballeurs. Cette réalité, bien qu’encore peu documentée dans les
sciences du sport, s’aligne avec les particularités culturelles africaines où la frontière entre le
spirituel et le quotidien est souvent floue. Ainsi, la préparation mystique ne se limite pas à un
acte symbolique, mais constitue une véritable stratégie mentale, mobilisée pour renforcer les
chances de victoire.

32
D’un point de vue méthodologique, l’approche adoptée – qualitative, de type compréhensif –
a permis d’explorer en profondeur les représentations subjectives des footballeurs congolais.
L’utilisation d’entretiens semi-directifs et d’un questionnaire structuré a facilité la collecte
d'informations nuancées sur les motivations, les croyances et les pratiques concrètes des
joueurs. Cependant, certaines limites doivent être soulignées. L’échantillon réduit 50 joueurs
ne permet pas une généralisation à l’ensemble du football congolais. De plus, l’absence d’un
groupe témoin joueurs non pratiquants limite la possibilité d’isoler scientifiquement l’effet
spécifique de la préparation mystique.
Un autre biais potentiel réside dans la désirabilité sociale : certains joueurs pourraient avoir
exagéré leur adhésion spirituelle pour correspondre à des normes culturelles valorisant la foi.
Par ailleurs, l’étude ne s’est pas appuyée sur des observations de terrain ou des analyses de
performance statistique, ce qui aurait permis de corréler objectivement les pratiques mystiques
avec les résultats sportifs.
Malgré ces limites, l’étude met en lumière l’importance de la spiritualité comme levier
psychologique puissant chez les footballeurs congolais. Elle ouvre des pistes pour une
intégration plus consciente et encadrée des dimensions spirituelles dans les programmes de
préparation mentale. Elle souligne également la nécessité pour les chercheurs, entraîneurs et
psychologues du sport d’adapter leurs approches aux réalités culturelles locales. Dans un
contexte congolais où le spirituel façonne profondément les comportements, il devient
impératif d’inclure cette variable dans l’analyse de la performance sportive.
En somme, la préparation mystique apparaît comme une ressource mentale, émotionnelle et
parfois même stratégique, mobilisée par les footballeurs congolais dans un objectif de
dépassement de soi et d’anticipation de la victoire. Cette réalité mérite d’être davantage
étudiée, comparée et intégrée dans les outils d’accompagnement des athlètes africains.

33
CONCLUSION

Au terme de cette étude, il ressort que la préparation mystique occupe une place
significative dans l’univers du football congolais. Loin d’être marginales, ces pratiques
s’inscrivent dans une logique culturelle profondément enracinée, où la performance sportive
ne se limite pas aux seuls efforts physiques, techniques ou tactiques. Elles traduisent une quête
de protection, de chance, de confiance et parfois de domination spirituelle sur l’adversaire. Les
résultats obtenus montrent que, pour de nombreux footballeurs, la préparation mystique agit
comme un levier psychologique capable de renforcer la concentration et la motivation.
Toutefois, cette dépendance spirituelle peut également entraîner des effets négatifs, comme la
peur excessive, la perte d’autonomie ou le rejet de certains coéquipiers en raison de
divergences de croyances.
Par ailleurs, ces pratiques posent des défis d’ordre éthique, professionnel et institutionnel.
Elles soulèvent la question de la liberté de conscience, du respect de la pluralité religieuse au
sein des équipes, mais aussi de la modernisation du football congolais à l’ère du
professionnalisme.
Ainsi, il ne s’agit ni de diaboliser ces croyances ni de les glorifier, mais plutôt de proposer une
réflexion équilibrée entre tradition et exigence sportive. La reconnaissance de ces réalités doit
aller de pair avec un encadrement responsable, dans le respect des droits et convictions de
chaque joueur. En définitive, cette étude invite à considérer la mystique dans le sport comme
un fait social à part entière, méritant d’être compris, encadré et intégré dans une vision plus
humaine et inclusive du football.

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