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Cours d'analyse des fonctions réelles

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MATH1A  COURS d'ANALYSE 1

J.-Ph. Rolin
Page web : [Link]

Université de Bourgogne, Année 20182019

Introduction

Le propos de ce cours est de donner l'ensemble des techniques permettant l'étude complète
des fonctions réelles. Il s'agit, étant donnée une fonction de type "usuel" (c'est à dire obtenue par
composition de fonctions "classiques" : somme, produit, quotient, exp, ln, sin, cos, tan, arcsin,
arccos, cosh, sinh, . . .) d'être capable de décrire complètement son comportement et l'allure de
son graphe. Plus précisément, on se concentre sur les éléments du programme suivant :

Programme général
1. Domaine de dénition : en quels points la fonction est-elle dénie ?
2. Étude de leur éventuelle parité, symétrie, périodicité, en vue de la réduction du domaine
d'étude : souvent, la connaissance du graphe de la fonction sur un sous-ensemble de son
domaine de dénition permet de connaître la fonction totalement.
3. Étude de limites en tout point ou à l'inni. Nous verrons dans ce cours des techniques
nouvelles par rapport au programme de terminale permettant de calculer les limites d'une
fonction en tout point ou à l'inni, ainsi que ce qu'on appelle son comportement asymp-
totique (existence éventuelle d'asymptotes, position du graphe de la courbe par rapport
aux asymptotes).
4. Dérivée et sens de variation : on découpe le domaine d'étude en un nombre ni d'intervalles
sur lesquels la fonction est monotone (c'est-à-dire d'intervalles sur lesquels la dérivée a un
signe constant). Pour cela, Le calcul systématique de la dérivée d'une fonction (si cette
dérivée existe) est toujours possible.
5. Calcul de primitives, et études d'intégrales : cela permet de calculer la surface délimitée
par le graphe de deux courbes entre deux points de leur domaine de dénition.

Table des matières

1 Généralités sur les fonctions réelles 1


1.1 Domaine de dénition, graphe et ensemble image d'une fonction réelle . . . . . . 1
1.2 Composition fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Réduction du domaine d'étude d'une fonction : parité, périodicité, symétrie . . . 3
1.3.1 Fonctions paires ou impaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3.2 Fonctions présentant des symétries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.3 Fonctions périodiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3.4 Cas des fonctions périodiques qui admettent des symétries . . . . . . . . 5

1
2 Fonctions injectives, surjectives, bijectives, applications réciproques 5
2.1 Injections, surjections, bijections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Fonctions réelles injectives, surjectives, bijectives, applications réciproques . . . 5
2.3 Lien avec la résolution des équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Limites, continuité et dérivabilité des fonctions réelles 7


3.1 Limites des fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.1.1 Dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.1.2 Propriétés générales des limites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.1.3 Opérations sur les limites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.1.4 Quelques limites classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.1.5 Fonctions équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Continuité des fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2.1 Dénitions et premières propriétés des fonctions continues . . . . . . . . 9
3.2.2 Le théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Dérivabilité des fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.3.1 Dérivabilité d'une fonction en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.3.2 Dérivée, extrema locaux et monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

4 Développements limités, formule de Taylor, et développements asympto-


tiques 11
4.1 Développements limités et formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Méthodes de calcul des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.2.1 Développements limités de fonctions classiques . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.2.2 Algèbre des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Tangente et position du graphe d'une courbe par rapport à sa tangente . . . . . 12

5 Primitives et intégrales 13
5.1 Primitives d'une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.1.1 Primitives des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.1.2 Techniques essentielles dans le calcul de primitives . . . . . . . . . . . . . 13
5.1.3 Primitives des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
5.2 Intégrales et surfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

1 Généralités sur les fonctions réelles

1.1 Domaine de dénition, graphe et ensemble image d'une fonction


réelle
Dénition 1.1. Une fonction réelle f est une relation qui à tout nombre x d'un ensemble
Df ⊆ R associe un unique nombre réel noté f (x). L'ensemble D est appelé le domaine de
dénition de la fonction f . On note :
f

f : Df ⊆ R → R

x 7→ f (x)

Remarque 1.1. On utilise fréquemment la lettre x comme notation pour la variable et f comme
notation pour la fonction. Comme il ne s'agit que d'une notation, on peut très bien employer
d'autres lettres. On pourra donc noter f : y 7→ f (y), g : x 7→ g(x) ou h : t 7→ h(t).
2
Dénition 1.2. Le graphe d'une fonction réelle f : D ⊆ R → R est l'ensemble Γ =
. Si A ⊆ D , le graphe de f sur A est l'ensemble {(x, f (x)) :
f f
{(x, f (x)) : x ∈ Df } ⊆ R2
.
f
x ∈ A} ⊆ Df

Exemple 1.1 (Exemples classiques). 1. Si f = exp, sin, cos ou arctan, f : x 7→ x avec p

p ∈ N, ou si f est une fonction polynôme x 7→ a x +a x +· · ·+a (avec a , · · · , a ∈ n n−1

R), alors D = R. De même, si f : x 7→ x = x avec q entier naturel impair, alors


n n−1 0 n 0
√ 1

D = R.
q q
f

2. Si f : x 7→ x = avec n ∈ N , alors D = R .
f
−n 1 ∗ ∗
xn f

3. Si f : x 7→ √x, f√: x 7→ √x = x , avec q entier naturel pair (non nul), alors D = R .


q
1
q
f +

4. Si f : x 7→ x = x , où p, q ∈ N sont premiers entre eux. Alors, si q est pair (et donc


p
q p ∗

p impair), D = R , et si q est impair, D = R.


q

5. Si f = ln, ou f : x 7→ x = e avec a ∈ R \ Q, alors D = R .


f + f
a a ln x ∗
f +

Dénition 1.3. Soit f : D ⊆ R → R une fonction réelle, alors l'ensemble image de f , noté
f (D ), est l'ensemble {f (x) : x ∈ D } de toutes les valeurs prises par la fonction f .
f
f f

Exemple 1.2. 1. Si f = ln, alors D =]0, +∞[ et f (D ) = R.


2. Si f : x 7→ √x, alors D = [0, +∞[ et f (D ) = [0, +∞[.
f f

3. Si f = sin, alors D = R et f (D ) = [−1, 1].


f f

f f

1.2 Composition fonctions réelles


Dénition 1.4. Soient f : D ⊆ R → R et g : D ⊆ f (D ) → R deux fonctions réelles telles
que f (D ) ⊆ D . Alors la composée de f par la fonction g, notée g ◦ f , est la fonction dénie
f g f

sur D par (g ◦ f )(x) = g(f (x)). On note :


f g
f

f g
Df →
− f (Df ) ⊆ Dg →
− R
f (x) (g◦f )(x)
x −−→−−−−→ g(f (x))

Remarque 1.2. Dans la dénition ci-dessus, on note l'hypothèse fondamentale f (D ) ⊆ D ,


qui permet de dénir la composition g ◦ f . On note la composition g ◦ f , bien que g "vienne
f g

après" f dans la composition, (g ◦ f )(x) est un raccourci pour g(f (x)).


Remarque 1.3. De façon générale le domaine de dénition de la composée h = g ◦ f est
l'ensemble {x ∈ D : f (x) ∈ D }, qui est un sous-ensemble de D .
f g f

Exemple 1.3. La fonction h : x 7→ x , avec p, q ∈ N premiers entre eux, est la composée de la


p

fonction f : x 7→ x par la fonction g : y 7→ y . On sait que D = R si q est impair et D = R


q
1
p

si q est pair. D'autre part, puisque D = R, on a toujours f (D ) ⊆ D . Donc D = R si q


q
f f +

est pair et D = R si q est impair.


g f g h +
h

Exercice 1.1. La fonction h : x 7→ x − 3x + 2 est la composée de la fonction f : x 7→



2

x − 3x + 2 par la fonction g : y 7→ y . Bien que le domaine de dénition de f soit l'ensemble


2 √
D = R, le domaine de dénition de h = g ◦ f est l'ensemble {x ∈ D : f (x) ∈ D } = {x ∈ R :
x − 3x + 2 ≥ 0}. Or x − 3x + 2 = (x − 2)(x − 1), qui est positif pour x ≤ 1 ou x ≥ 2. Donc
f f g
2 2

D = D =] − ∞, 1] ∪ [2, +∞[.
h g◦f

3
1.3 Réduction du domaine d'étude d'une fonction : parité, périodi-
cité, symétrie
1.3.1 Fonctions paires ou impaires
Dénition 1.5. On considère une fonction réelle f telle que l'opposé de tout élément de D
appartienne encore à D . Alors :
f

1. La fonction f est paire si, pour tout x ∈ D , on a f (−x) = f (x).


f

2. La fonction f est impaire si, pour tout x ∈ D , on a f (−x) = −f (x).


f

Remarque 1.4. 1. Une fonction f impaire vérie nécessairement f (0) = 0.


2. La seule fonction à la fois paire et impaire est la fonction nulle x 7→ 0.
Exemple 1.4. 1. Les fonctions cos, x 7→ |x|, x 7→ x avec p ∈ Z pair, sont des fonctions
p

paires.
2. Les fonctions sin, arctan, x 7→ x avec p ∈ Z impair, sont des fonctions impaires.
p

Proposition 1.1. On a les propriétés suivantes :


1. L'inverse d'une fonction paire est une fonction paire. L'inverse d'une fonction impaire
est une fonction impaire.
2. Le produit de deux fonctions paires est une fonction paire.
3. Le produit de deux fonctions impaires est une fonction paire.
4. Le produit d'une fonction paire et d'une fonction impaire est une fonction impaire.
5. La somme de deux fonctions paires est une fonction paire, la somme de deux fonctions
impaires est une fonction impaire.
Exemple 1.5. 1. Une fonction polynôme dont tous les degrés sont pairs est une fonction
paire. Ex : x 7→ x + 3x + 1.
4 2

2. Une fonction polynôme dont tous les degrés sont impairs est une fonction impaire. Ex :
x 7→ 2x + x − 4x.
5 3

3. Une fonction polynôme qui contient des termes de degré pair et des termes de degré impair
n'est ni paire ni impaire. Ex : x 7→ x − x + x − 1. 3 2

4. La fonction tan : x 7→ tan x = , qui est le quotient de la fonction impaire sin et de


sin x

la fonction paire cos, est une


 fonction impaire. Son domaine de dénition est l'ensemble
cos x

{x ∈ R : cos x ̸= 0} = R \ + πZ .
π
2

Proposition 1.2. Soit f : D ⊆ R → R une fonction réelle. Alors :


1. Si f est paire, le graphe de f s'obtient en complétant le graphe de f sur D ∩ R par
f

symétrie par rapport à l'axe des ordonnées Oy.


f +

2. Si f est impaire, le graphe de f s'obtient en complétant le graphe de f sur D ∩ R par


symétrie par rapport à l'origine.
f +

1.3.2 Fonctions présentant des symétries


Proposition 1.3. Soit f : Df ⊆ R → R une fonction réelle. On suppose qu'il existe a ∈ Df tel
que si a + u ∈ D , alors a − u ∈ D (ou encore tel que si x ∈ D , alors 2a − x ∈ D ). On a :
1. f (a − u) = f (a + u) pour tout u ∈ R tel que a + u ∈ D (ou encore si f (2a − x) = f (x)
f f f f

pour tout x ∈ D ), alors le graphe Γ de f est symétrique par rapport à la droite verticale
f

d'équation x = a.
f f

4
2. On pose b = f (a). Si f (a + u) +2 f (a − u) = b pour tout u ∈ R tel que a + u ∈ D (ou
encore si f (2a − x) = 2b − f (x) pour tout x ∈ D ), alors le graphe Γ de f est symétrique
f

par rapport au point (a, b) = (a, f (a)).


f f

Exemple 1.6. On reprend la fonction h de l'exemple 1.2.5, donnée par h : x 7→ x − 3x + 2.



2

On pose a = 32 . On constate que :


√ √
 
3 p
h 2 × − x = h(3−x) = (3 − x)2 − 3(3 − x) + 2 = 9 − 6x + x2 − 9 + 3x + 2 = x2 − 3x + 2 = h(
2

Ainsi le graphe Γ de h est symétrique par rapport à la droite verticale d'équation x = 32 .


h

Proposition 1.4. Soit f : [α, β] ⊂ R → R une fonction réelle. On note a = , et b =


α+β

f α+β

. On a : 2

1. Si f (α + u) = f (β − u) pour tout u ∈ [0, β − α] (ou encore si f (α + β − x) = f (x) pour


2

tout x ∈ [α, β]), alors le graphe Γ de f est symétrique par rapport à la droite verticale
d'équation x = .
f
α+β

2. Si = b pour tout u ∈ [0, β − α] (ou encore si f (α + β − x) = 2b − f (x)


2
f (α+u)+f (β−u)

pour tout x ∈[α, β]), alors le graphe Γ de f est symétrique par rapport au point (a, b) =
2

.
f
α+β α+β
2
,f 2

Exemple 1.7. On considère la fonction sin : [0, π] ⊂ R → R. Ici α = 0 et β = π. On a :


sin(α + β − x) = sin(π − x) = sin x

pour tout x ∈ [0, π], donc le graphe de la fonction sin sur [0, π] est symétrique par rapport à la
droite verticale d'équation x = . π
2

1.3.3 Fonctions périodiques


Dénition 1.6. Soient f : Df ⊆ R → R et T > 0 un nombre réel tel que, si x ∈ Df , alors
x + T ∈ Df . La fonction f est dite périodique de période T si f (x + T ) = f (x) pour tout
x ∈ Df .
Remarque 1.5. Si on sait qu'une fonction f est périodique de période T , on peut restreindre
son étude à n'importe quel intervalle I de longueur T . Le graphe complet de f se déduit du
graphe de f sur I par toutes les translations horizontales par nT , pour n ∈ Z.
Exemple 1.8. 1. Les fonctions sin et cos, de domaines de dénition R, sont périodiques de
période 2π.
2. La fonction tan est périodique de période π. En eet, pour tout réel x diérent de + kπ π

avec k ∈ Z, on a : 2

sin(x + π) − sin x sin x


tan(x + π) = = = = tan x.
cos(x + π) − cos x cos x

Proposition 1.5. 1. La somme, le produit, l'inverse et le quotient (lorsqu'ils sont dénis)


de deux fonctions périodiques de même période T sont également périodiques de période
T.

5
2. Soient f une fonction périodique de période T et f une fonction périodique de période
T . On suppose qu'il existe deux entiers n , n ∈ N tels que n T = n T . Alors La
1 1 2

somme, le produit, l'inverse et le quotient (lorsqu'ils sont dénis) sont périodiques de


2 1 2 1 1 2 2

période n T = n T .
3. Soient f : D ⊆ R → R une fonction réelle périodique de période T et a ∈ R . Alors la
1 1 2 2

fonction g : x 7→ f (ax) est périodique de période .


f
T
a

Exemple 1.9. La fonction f : x 7→ cos(3x) + sin(2x) est la somme d'une fonction de période

et d'une fonction de période = π. Puisque 3 × = 2 × π, on en déduit que la fonction
2π 2π

f est périodique, et qu'elle admet 2π comme période.


3 2 3

1.3.4 Cas des fonctions périodiques qui admettent des symétries


Exemple 1.10 (Étude de la fonction cos). On sait que la fonction cos est paire, et périodique
de période 2π. On restreint donc l'étude à l'intervalle [0, π], et on complétera le graphe obtenu
sur l'intervalle [−π, π] par symétrie par rapport à l'axe des ordonnées Oy, puis sur le domaine
de dénition R par périodicité (translations horizontales par n2π, n ∈ Z).
Sur l'intervalle [0, π] on constate une symétrie supplémentaire. En eet cos(π−u) = − cos u.
Donc, d'après le point 2. de la Proposition 1.3.11 avec a = et b = cos  = 0, on restreint
π π

l'étude à l'intervalle 0, . On complète le graphe sur [0, π] par symétrie par rapport au point
π
2 2

, 0 . Sur l'intervalle 0, , la dérivée de cos, qui est − sin, est toujours négative : la fonction
2
π π

cos est donc décroissante, de cos(0) = 1 jusqu'à cos  = 0.


2 2
π
2

2 Fonctions injectives, surjectives, bijectives, applications

réciproques

2.1 Injections, surjections, bijections


Dénition 2.1. Soient E et F deux ensembles, et f : E → F une fonction. On rappelle que
pour tout y ∈ F , un élément x ∈ E est un antécédent de y par la fonction f si f (x) = y. On
dit que :
1. f est injective (ou bien f est une injection) si tout élément de F a au plus un antécédent
dans E. De façon équivalente, f est injective si l'égalité f (x ) = f (x ) avec x , x ∈ E
implique x = x .
1 2 1 2

2. f est surjective (ou bien f est une surjection) si tout élément de F a au moins un anté-
1 2

cédent dans E. De façon équivalente, f est surjective si, pour tout y ∈ F , il existe x ∈ E
tel que f (x) = y.
3. f est bijective (ou bien f est une bijection) si tout élément de F a exactement un anté-
cédent dans E, c'est à dire si, pour tout y ∈ F , il existe exactement un seul x ∈ E tel
que f (x) = y. De façon équivalente f est bijective si f est à la fois une injection et une
surjection.
2.2 Fonctions réelles injectives, surjectives, bijectives, applications ré-
ciproques
Exemple 2.1 (Divers exemples et contre-exemples). 1. La fonction sin : R → R n'est ni
injective ni surjective. La fonction sin : → [−1, 1] est surjective, mais pas injective. En
revanche, la fonction sin : − , → [−1, 1] est bijective : pour tout y ∈ [−1, 1], il existe
R
π π
 

un unique x ∈ − , tel que sin x = y.


 π π
2 2
2 2

6
2. La fonction exp : R → R est injective, mais pas surjective : le nombres réels négatifs ou
nuls n'ont pas d'antécédent par exp. En revanche, la fonction exp : R → R est bijective : ∗

pour tout y > 0, il existe un un seul nombre x ∈ R tel que exp(x) = y. Ce nombre x est +

bien connu : c'est ln y.


3. La fonction tan : R \ + πZ → R est surjective, mais pas injective : la fonction tan
π

est périodique
 (de période π ), elle ne peut pas être injective. En revanche, la fonction
2

tan : − , → R est bijective. Pour tout y ∈ R, il existe un unique nombre x ∈ − ,


π π π π
  

tel que tan x = y. A nouveau, ce nombre est bien connu : c'est arctan y.
2 2 2 2

Dénition 2.2. Soit f : E → F une bijection. La fonction de F dans E qui à tout élément
y ∈ F associe l'unique élément x de E tel que f (x) = y s'appelle l'application réciproque de f .
On la note en général f . On a donc :
−1

f
E→
− F

Remarque 2.1. Si f : E → F est une bijection, de bijection réciproque f , on a par déni- −1

tion :
∀x ∈ E, f (f (x)) = x et ∀y ∈ F, f (f (y)) = y.
−1 −1

Autrement dit : f ◦ f = Id et f ◦ f = Id , où Id est la fonction identité de E dénie


−1 −1

par Id (x) = x pour tout x ∈ E, et Id est dénie de façon analogue sur F .


E F E
E F

Exemple 2.2. 1. La fonction sin : [− , ] → [−1, 1] est une bijection; sa fonction réci-
π π

proque est arcsin : [−1, 1] → [− , ]. π π


2 2

2. La fonction exp : R → R est une bijection dont la fonction réciproque est la fonction
2 2

ln : R → R.
+

+

Proposition 2.1. Soit f : E ⊆ R → F ⊆ R une bijection. Alors le graphe Γ de la fonction


réciproque f : F → E est le symétrique du graphe Γ de f par rapport à la "première
f −1
−1

diagonale" (qui est l'ensemble {(x, x) : x ∈ R}).


f

2.3 Lien avec la résolution des équations


Exemple 2.3. Illustrons l'approche ci-dessus avec l'exemple suivant : f : R → R, x 7→ f (x) =
x
(rem : on note que f est une fonction impaire). Pour y ∈ R, combien l'équation f (x) = y
(en l'inconnue x) admet-elle de solutions? Cette équation s'écrit = y, ou encore yx − x +
x2 +1
x 2

y = 0. On voit que si y = 0, alors cette équations devient x = 0. Autrement dit le point y = 0


x2 +1

admet l'unique antécédent x = 0 par f .


En revanche, si y ̸= 0, il s'agit d'une équation de degré 2 en l'inconnue x. Le discriminant
de cette quantité (par rapport à x) est ∆ = 1 − 4y = (1 − 2y)(1 + 2y). On en déduit :
2

1. Si y ∈] − ∞, − [∪] , +∞[ alors ∆ < 0 : l'équation f (x) = y n'admet aucune solution.


1 1

Autrement dit, aucun point de l'ensemble ] − ∞, − [∪] , +∞[ n'admet d'antécédent par
2 2
1 1

f.
2 2

2. Si y = ± , alors ∆ = 0 : l'équation f (x) = y admet exactement une solution. Les points


1

− et admettent chacun exactement un antécédent par f . Un calcul immédiat (exercice)


2
1 1

montre que f (1) = et f (−1) = − .


2 2
1 1

3. Si y ∈] − , 0[∪]0, [, alors ∆ > 0 : l'équation f (x) = y admet exactement deux solutions.


2 2
1 1

Tout point de ] − , 0[∪]0, [ admet exactement deux antécédents par f .


2 2
1 1

Donc l'ensemble f (R) = {f (x) : x ∈ R} est l'intervalle [− , ].


2 2
1 1
2 2

7
3 Limites, continuité et dérivabilité des fonctions réelles

3.1 Limites des fonctions réelles


3.1.1 Dénitions
Dénition 3.1 (limite d'une fonction en un point). Soient I ⊆ R un intervalle ouvert, x un
élément de I et f : I ⊆ R → R une fonction réelle. Soit ℓ ∈ R. On dit que f a pour limite
0

ℓ quand x tend vers x (ou que f (x) tend vers ℓ quand x tend vers x ) si, pour tout r > 0,
x0

il existe un nombre h > 0 tel que :


0 0

x ∈ I et |x − x | < h =⇒ |f (x) − ℓ| < r.


x0 0

On écrit :
lim f (x) = ℓ.
x→x0

Dénition 3.2 (limites à droite et à gauche en un point). 1. Soit f :]a, x [⊂ R → R. On


dit que f tend vers ℓ quand x tend vers x à gauche, et on note lim f (x) = ℓ si, pour
0
0

tout r > 0, il existe h > 0 tel que a < x − h et :


x→x−
0

x0 − h < x < x0 =⇒ |f (x) − ℓ| < r.

2. Soit f :]x , b[⊂ R → R. On dit que f tend vers ℓ quand x tend vers x à droite, et on
note lim f (x) = ℓ si, pour tout r > 0, il existe h > 0 tel que x + h < b et :
0 0
0
x→x+
0

x0 < x < x0 + h =⇒ |f (x) − ℓ| < r.

Dénition 3.3 (limite innie en un point). 1. Soit f :]a, x [⊂ R → R. On dit que f (x)
tend vers +∞ quand x tend vers (resp. f (x) tend vers −∞ quand x tend vers x ) si,
0
x− −

pour tout A ∈ R, il existe h > 0 tel que a < x − h et :


0
0
0

x − h < x < x =⇒ A < f (x) (resp. f (x) < A).


0 0

2. Soit f :]x , b[⊂ R → R. On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers x (resp. f (x)
+

tend vers −∞ quand x tend vers x ) si, pour tout A ∈ R, il existe h > 0 tel que x +h < b
0 0
+

et : 0 0

x < x < x + h =⇒ A < f (x) (resp. f (x) < A).


0 0

Dénition 3.4 (limites à l'inni). Soit f :]a, +∞[⊆ R → R une fonction réelle, et ℓ ∈ R.
1. On dit que f (x) tend vers ℓ quand x tend vers +∞, et on note lim f (x) = ℓ si, pour
tout r > 0, il existe A > a tel que :
x→+∞

x > A =⇒ |f (x) − ℓ| < r.

2. On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞, et on note lim f (x) = +∞ ,
si pour tout B ∈ R, il existe A > a tel que :
x→+∞

x > A =⇒ f (x) > B.

3. On dit que f (x) tend vers −∞ quand x tend vers +∞, et on note lim f (x) = −∞ ,
si pour tout B ∈ R, il existe A > 0 tel que :
x→+∞

x > A =⇒ f (x) < B.

8
3.1.2 Propriétés générales des limites de fonctions
Proposition 3.1 (Unicité de la limite). Si une fonction a une limite (ou une limite à droite
ou à gauche) en un point, cette limite est unique.
Proposition 3.2 (comparaison de limites). Soient f, g : I ⊆ R → R deux fonctions réelles
telles que f ≤ g sur I , c'est à dire telles que f (x) ≤ g(x) pour tout x ∈ I . On suppose que
x0

les fonctions f et g admettent une limite quand x tend vers x . Alors :


x0 x0
0

lim f (x) ≤ lim g(x).


x→x0 x→x0

Théorème 3.1 (d'encadrement, dit "des gendarmes"). On considère trois fonctions f, g, et h


dénies sur l'intervalle épointé I ⊆ R telles que f ≤ g ≤ h sur I (c'est à dire telle que
f (x) ≤ g(x) ≤ h(x) pour tout x ∈ I ). On suppose que f et h ont la même limite ℓ quand x
x0 x0

tend vers x . Alors g(x) tend également vers ℓ quand x tend vers x .
x0
0 0

3.1.3 Opérations sur les limites de fonctions


Proposition 3.3. Soient f, g : Ix0 ⊆ R → R telles que limx→x0 f (x) = ℓ et limx→x0 g(x) = k.
Ici ℓ, k ∈ R ∪ {−∞, +∞}. On a :
1. lim (f (x) + g(x)) = ℓ + k ; lim x→x0 (f (x)g(x)) =ℓ×k .
2. Si f (x) ̸= 0 pour x ∈ I , lim .
x→x0
1 1
x0 x→x0 f (x) = ℓ

3.1.4 Quelques limites classiques

sin x 1 − cos x 1
lim =1 lim 2
=
x→0 x x→0 x 2
1 ln(1 + x)
lim (1 + αx) x = eα (α ∈ R) lim =1
x→0 x→0 x
ax − 1 (1 + x)α − 1
lim = ln a (a > 0) lim = α (α ∈ R)
x→0 x x→0 x
ex ln(x)
lim a = +∞ (a > 0) lim = 0 (a > 0)
x→+∞ x x→+∞ xa

Proposition 3.4. On considère deux polynômes à coecients réels P (x) = am xm +am−1 xm−1 +
· · · + a0 et Q(x) = b x n
n
+ bn−1 xn−1 + · · · + b0 , avec et
am ̸= 0 bn ̸= 0 . Alors :

0 si m < n
lim
P (x)  am
= bn si m = n
x→±∞ Q(x) 

±∞ si m > n.
3.1.5 Fonctions équivalentes
Dénition 3.5. Soit x0 ∈ R ∪ {−∞, +∞}. On dit que deux fonctions réelles sont équivalentes
quand x tend vers x , et on note f ∼ g (ou f (x) ∼ g(x)), si −→ 1.
0
f (x)
g(x) x→x

Proposition 3.5. On considère deux fonctions réelles f et g.


0

1. Si f ∼ g, et si lim f (x) = ℓ, alors lim g(x) = ℓ.


2. Soient f et g deux fonctions qui tendent vers l'inni quand x tend vers x , telles que f
x→x0 x→x0

domine g au voisinage de x , c'est à dire que −→ 0. Alors f + g ∼ f .


0
g(x)
0

3. Soient f et g deux fonctions réelles telles que f ∼ f et g ∼ g , alors f · g ∼ f · g et


f (x) x→x
0

1 1 1 1 1 1

∼ . En particulier, ∼ .
x0 x0 x0
f1 f 1 1
g1 x g g1 x g
0 0

9
3.2 Continuité des fonctions réelles
3.2.1 Dénitions et premières propriétés des fonctions continues
Dénition 3.6. 1. Soient f :]a, b[⊆ R → R et x0 ∈]a, b[. On dit que f est continue au point
x0 si lim f (x) = f (x ).
2. Une fonction réelle f : D ⊆ R → R est dite continue si elle est continue en tout point
x→x0 0

de D .
f
f

Proposition 3.6 (Stabilité des fonctions continues par les opérations usuelles). 1. La somme,
la diérence et le produit de deux fonctions continues sur un intervalle sont également
continues.
2. Le quotient d'une fonction continue par une fonction continue qui ne s'annule pas est
continue.
3. La composée de deux fonctions continues est continue.
4. La réciproque d'une fonction continue bijective est continue.
Proposition 3.7 (prolongement par continuité). Soient I un intervalle épointé en x et
f : I ⊂ R → R une fonction continue. Si les limites lim f (x) et lim f (x) existent et
x0 0

sont égales au nombre ℓ ∈ R, alors la fonction dénie sur I par x→x− x→x+
x0
0 0

f (x) si x ̸= x
(

si x = x
0
x 7→
ℓ 0

est une fonction continue, appelée le prolongement par continuité de f en x . 0

3.2.2 Le théorème des valeurs intermédiaires


Théorème 3.2 (Valeurs intermédiaires). Soient I un intervalle de R et f : I ⊂ R → R une
fonction continue. On donne deux formulations équivalentes du théorème.
1. (Formulation 1) L'image f (I) de f par la fonction f est un intervalle de R.
2. (Formulation 2) Soient a, b ∈ I tels que a ≤ b. Alors, pour tout y compris entre f (a)
et f (b), il existe x ∈ [a, b] tel que y = f (x).
3. (Formulation 3) Soient a, b ∈ I tels que a ≤ b. Alors la fonction f : [a, b] ⊂ I →
[f (a), f (b)] est surjective.

Théorème 3.3 (de la bijection). Soit f : I ⊆ R → R une fonction continue, et strictement


monotone. Alors :
1. f induit une bijection de I sur f (I).
2. De plus, si bijection réciproque f : f (I) → I est continue sur f (I), strictement mono-
−1

tone et de même sens de variation que f .


Théorème 3.4 (des valeurs extrêmes). Soit f : [a, b] ⊂ R → R une fonction continue. Alors :
1. la fonction f est bornée.
2. Il existe x ∈ [a, b] tel que f (x ) soit la plus petite valeur de f sur [a, b]. Il existe x ∈ [a, b]
tel que f (x ) soit la plus grande valeur de f sur [a, b].
0 0 1
1

10
3.3 Dérivabilité des fonctions réelles
3.3.1 Dérivabilité d'une fonction en un point
Dénition 3.7. Soient [a, b] ⊆ R, x0 ∈ [a, b] et f : [a, b] → R.
1. On dit que f est dérivable au point x0 si
f (x) − f (x0 ) f (x0 + h) − f (x0 )
lim = lim
x→x0 x − x0 h→0 h
existe dans R. On note alors f (x ) ce nombre, qu'on appelle dérivée de f en x .

2. La fonction f est dite dérivable sur [a, b] si f est dérivable en tout point de [a, b]. La
0 0

fonction f dénie sur [a, b] par x 7→ f (x) s'appelle la fonction dérivée de f .


′ ′

Dénition 3.8. Soit f : [x , b] ⊆ R → R une fonction réelle. On dit que f est dérivable à
droite au point x si
0
0

f (x) − f (x0 ) f (x0 + h) − f (x0 )


lim+ = lim+
x→x0 x − x0 h→0 h

existe dans R. On note alors cette f (x ) cette limite, qu'on appelle la dérivée à droite de f

au point x . On dénit de façon analogue la dérivée à gauche f (x ).


d 0

0 g 0

Proposition 3.8 (Lien avec la continuité). Si la fonction f : [a, b] ⊆ R → R est dérivable au


point x ∈ [a, b], alors f est continue au point x .
0 0

Dénition 3.9. Soit f : [a, b] ⊆ R → R une fonction dérivable. Soit x ∈ [a, b]. Alors la droite
d'équation y = f (x )(x − x ) + f (x ) s'appelle la droite tangente au graphe Γ de f au point
0

d'abscisse x .
0 0 0 f
0

Proposition 3.9 (stabilité des fonctions dérivables par les opérations usuelles). 1. Soient f, g :
D ⊆ R → R deux fonctions dérivables. Alors :
(a) la somme, la diérence et le produit de f et g sont dérivables et :
(f + g)′ = f ′ + g ′ , (f − g)′ = f ′ − g ′ , (f g)′ = f ′ g + f g ′ .

(b) si g ne s'annule pas sur D, on a :


en particulier :
 ′  ′
f f ′g − f g′ 1 −g ′
= ; = 2 .
g g2 g g

2. Si f : D ⊆ R → R et g sont deux fonctions dérivables telle que la composée g ◦ f est bien


dénie sur D, alors g ◦ f est dérivable sur D et, pour tout x ∈ D :
(g ◦ f )′ (x) = g ′ (f (x)) · f ′ (x).

3. Si f : I → J est une bijection dérivable, alors l'application réciproque f est également −1

dérivable pour tout point x ∈ J tel que f (f (x)) ̸= 0 et, pour tout x ∈ J , on a :
′ −1

1
(f −1 )′ (x) = .
f ′ (f −1 (x))

11
3.3.2 Dérivée, extrema locaux et monotonie
Dénition 3.10 (extrema locaux). Soient I ⊆ R un intervalle et f : I ⊆ R → R une fonction
réelle. On dit que f admet un maximum local (resp. un minimum local) au point c ∈ I s'il
existe r > 0 tel que, pour tout x ∈ I ∩ [c − r, c + r], f (x) ≤ f (c) (resp. f (x) ≥ f (c)). Dans les
deux cas, on dit que f admet un extremum local au point c.
Proposition 3.10. Soit f : [a, b] → R une fonction dérivable. Si f admet un extremum local
en un point c ∈ [a, b], alors f (c) = 0. ′

Proposition 3.11 (sens de variation et dérivée). Soient I un intervalle de R et f : I ⊆ R → R


une fonction dérivable. Alors :
1. Si f (x) ≥ 0 (resp. f (x) > 0) pour tout x ∈ I , alors f est croissante sur I (resp.
′ ′

strictement croissante sur I ).


2. Si f (x) ≤ 0 (resp. f (x) < 0) pour tout x ∈ I , alors f est décroissante sur I (resp.
′ ′

strictement décroissante sur I ).


3. Si f (x) = 0 pour tout x ∈ I , alors f est constante sur I .

4 Développements limités, formule de Taylor, et dévelop-

pements asymptotiques

4.1 Développements limités et formule de Taylor


Dénition 4.1. Soient I ⊆ R un intervalle de R, x ∈ R et f : I ⊂ R → R. Soit n ∈ N. On
dit que f admet un développement limité à l'ordre n en x , s'il existe un polynôme P de
0 x0

degré inférieur ou égal à n et une fonction ε qui tend vers 0 à l'origine tels que, pour tout x au
0 n

voisinage de x :
0
f (x) = Pn (x) + (x − x0 )n ε(x − x0 ).
Théorème 4.1 (Formule de Taylor). Soient I ⊆ R un intervalle ouvert, x ∈ I et f : I ⊆
une fonction réelle. Soit n ∈ N. Si la fonction f et toutes ses dérivées existent et sont
0
R→R
continues sur I , alors f admet un développement limité à l'ordre n en x , donné par : 0

n
X f (k) (x0 )
f (x) = (x − x0 )k + o((x − x0 )n ).
k=0
k!

Exemple 4.1. 1. Déterminons le développement limité de la fonction exponentielle à tout


ordre n ∈ N en x = 0. Toutes les dérivées successives de la fonction exponentielle sont
égales à l'exponentielle. On déduit donc de la formule de Taylor :
0

n n
X exp(0) X xk
exp(x) = xk + o(xn ) = + o(xn ).
k=0
k! k=0
k!

2. Considérons maintenant la fonction f : ln(1 + x). On a :


f ′ (x) = (1+x)−1 , f ′′ (x) = −(1+x)−2 , f (3) (x) = 2(1+x)−3 , f (4) (x) = −2.3(1+x)−4 , . . .

On a ainsi f (0) = 0 et, pour tout k ∈ N , f ∗ (k)


(0) = (−1)k+1 (k − 1)! . On déduit donc de
la formule de Taylor que :
n X (−1)k+1 n
X (k − 1)! k
f (x) = (−1)k+1 x + o(xn ) = xk + o(xn ).
k=1
k! k=1
k

12
4.2 Méthodes de calcul des développements limités
4.2.1 Développements limités de fonctions classiques

x 2 x3 x4 xn
exp(x) = 1 + x + + + + ··· + + o(xn )
2 6 24 n!
x2 x3 x4 (−1)n+1 n
ln(1 + x) = x − + − + ··· + x + o(xn )
2 3 4 n
x2 x 4 x6 (−1)n 2n
cos(x) = 1 − + − + ··· + x + o(x2n+1 )
2 24 720 (2n)!
x3 x5 x7 (−1)n 2n+1
sin(x) = x − + − + ··· + x + o(x2n+2 )
6 120 5040 (2n + 1)!
a(a − 1) 2 a(a − 1)(a − 2) 3 a(a − 1)(a − 2) · · · (a − n + 1) n
(1 + x)a = 1 + ax + x + x + ··· + x + o(xn )
2! 3! n!
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + · · · + (−1)n xn + o(xn )
1+x
x2 x4 x6 x2n
cosh(x) = 1 + + + + ··· + + o(x2n+1 )
2 24 720 (2n)!
x3 x5 x2n+1
sinh(x) = x + + + ··· + + o(x2n+2 )
6 120 (2n + 1)!

4.2.2 Algèbre des développements limités


Proposition 4.1. On considère deux fonctions f et g dénies au voisinage de 0 ∈ R, admettant
toutes les deux un développement limité d'ordre n à l'origine :
f (x) = Pn (x) + o(xn ), g(x) = Qn (x) + o(xn ).

Alors :
1. La somme f + g admet un développement limité en 0, dont le polynôme de Taylor est la
somme de ceux de f et g.
2. Le produit f g admet un développement limité en 0, dont le polynôme de Taylor est consti-
tué des termes de degrés inférieurs ou égaux à n dans le produit P Q .
3. Si f (0) = 0, alors g ◦ f admet un développement limité en 0, dont le polynôme de Taylor
n n

est constitué des termes de degrés inférieurs ou égaux à n dans le polynôme composé
Q ◦P .
4. Si f est n fois dérivable sur I , alors la dérivée de f admet un développement limité d'ordre
n n

n − 1 en 0, dont le polynôme de Taylor est la dérivée de celui de f :

f ′ (x) = Pn′ (x) + o(xn−1 ).

5. Toute primitive de f admet un développement limité d'ordre n + 1 en 0, dont le polynôme


de Taylor est une primitive de celui de f .
4.3 Tangente et position du graphe d'une courbe par rapport à sa
tangente
Proposition 4.2. Si f : I ⊆ R → R admet au point x ∈ I le développement limité f (x) =
+ a (x − x ) + a (x − x ) + o((x − x ) ), avec a ̸= 0, alors :
0
n n
a0 1 0 n 0 0 n

13
1. la droite d'équation y = a + a (x − x ) est tangente au graphe Γ de la fonction f au
point d'abscisse x .
0 1 0 f

2. De plus :
0

(a) si n est pair :


 si a > 0, la courbe Γ est localement "au-dessus" de sa tangente;
 si a < 0, la courbe Γ est localement "en-dessous" de sa tangente;
n f

(b) si n est impair, la courbe Γ "traverse" sa tangente au point (x , f (x )) : on dit que


n f

ce point est un point d'inexion.


f 0 0

5 Primitives et intégrales

5.1 Primitives d'une fonction


Dénition 5.1. Soit f : I ⊆ R → R une fonction. Une primitive de f sur I est une fonction
F : I ⊆ R → R telle que F (x) = f (x) pour tout x ∈ I .

Proposition 5.1. Soit f : I ⊆ R → R une fonction continue. Alors f admet une primitive sur
I.

Proposition 5.2. Soit f : I ⊆ R → R :


1. Si F est une primitive de f , alors, pour tout nombre C ∈ R, F + C est également une
primitive de f .
2. Soit F une primitive de f . Alors toute primitive de f est de la forme F + C pour une
certaine constante C ∈ R.
5.1.1 Primitives des fonctions usuelles

xn+1
Z Z
n 1
x dx = +C (n ̸= −1) dx = ln |x| + C
n+1 x
ax
Z Z
ex dx = ex + C ax dx = + C (a > 0, a ̸= 1)
ln a
Z Z
sin xdx = − cos x + C cos xdx = sin x + C
Z Z
1 1
dx = tan x + C 2 dx = − cot x + C
cos2 x sin x
Z Z
1 1
√ dx = arcsin x + C dx = arctan x + C
1 − x2 1 + x2
Z Z
cosh xdx = sinh x + C sinh xdx = cosh x + C
Z
1
dx = tanh x + C
cosh2 x

5.1.2 Techniques essentielles dans le calcul de primitives


Proposition 5.3 (Linéarité). Soient f, g deux fonctions réelles et a, b ∈ R. Alors :
Z Z Z
(af (x) + bg(x))dx = a f (x)dx + b g(x)dx.

14
Proposition 5.4 (Changement de variable). On se donne deux fonctions f et g. On suppose
que f admet une primitive F et que g est dérivable. Alors
Z
f (g(x))g ′ (x)dx = F (g(x)) + C.

Proposition 5.5 (Intégration par parties). Soient f et g deux fonctions dérivables. Alors :
Z Z

f (x)g (x)dx = f (x)g(x) − f ′ (x)g(x)dx.

5.1.3 Primitives des fractions rationnelles


Exemple 5.1. On cherche les primitives de f (x) = . On constate que le dénominateur x+2

a pour discriminant ∆ = 9 − 8 = 1. Il a donc deux racines réelles qui sont x = 1 et x = 2.


x2 −3x+2

Dans ce cas, on peut écrire


1 2

a b
f (x) = + .
x−1 x−2
On trouve a = −3 et b = 4. On en déduit :
−3 4
f (x) = +
x−1 x−2
et donc : Z
f (x)dx = −3 ln |x − 1| + 4 ln |x − 2| + C, C ∈ R.

5.2 Intégrales et surfaces


Dénition 5.2. Soit f : [a, b] ⊂ R → R. L'intégrale de f sur l'intervalle [a, b] est l'aire du
domaine du plan situé entre le graphe de f et l'axe des abscisses, comptée positivement pour la
partie située au-dessus de l'axe des abscisses et négativement pour la partie située en-dessous
de l'axe des abscisses. Ce nombre est noté :
Z b
f (t)dt.
a

Proposition 5.6. Soient f, g : [a, b] ⊂ R → R deux fonctions réelles continues, soient α, β ∈ R,


et soit c ∈ [a, b]. Alors :
1. On a la relation de linéarité :
Z b Z b Z b
(αf + βg)(t)dt = α f (t)dt + β g(t)dt.
a a a

2. Si f ≤ g (c'est à dire si f (t) ≤ g(t) pour tout t ∈ [a, b]), on a :


Z b Z b
f (t)dt ≤ g(t)dt.
a a

3. On a la relation de Chasles :
Z b Z c Z b
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a c

Théorème 5.1 (Théorème fondamental de l'analyse). Soit f : [a, b] ⊂ R → R une fonction


continue et soit F une primitive de f . Alors :
15
1. La fonction g : x 7→ R x
f (t)dt est dérivable sur [a, b] et g (x) = f (x) pour tout x ∈ [a, b].

2. On a :
a

Z b
f (t)dt = F (b) − F (a).
a

Dénition 5.3. Soit f : [a, b] ⊂ R → R une fonction continue. Alors la moyenne de f sur
l'intervalle [a, b] est le nombre :
Z b
1
Mf = f (t)dt.
b−a a

Théorème 5.2 (de la moyenne). Soit f : [a, b] ⊂ R → R une fonction continue. Alors il existe
un nombre c ∈ [a, b] tel que :
Z b
1
f (c) = Mf = f (t)dt.
b−a a

16

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