INTRODUCTION
I. LA REALITE JURIDIQUE DES DROITS DE L’HOMME
I.1. L’insuffisance d’intérêt des juristes aux droits de l’homme en ses débuts
Notion moderne d'une réalité fort ancienne, les droits de
l'homme pris dans leur ensemble n'ont pendant longtemps que médiocrement
intéressé le juriste. Fortement contaminée par la politique, la matière des droits
de l'homme se trouvait, en effet, dans cette zone indécise où les ombres
inquiétantes du politique chassaient les lumières du droit pur, à la technique
duquel le juriste rompu à l'analyse des codes centenaires donnait rapidement la
préférence.
Seul le philosophe du droit s'intéressait aux droits de l'homme
sous lesquels il recherchait les fins du pouvoir. Mais sa démarche intellectuelle
était trop isolée pour renverser le courant traditionnel.
Cette étrange gêne du juriste devant la matière des droits de l'homme est en train
de disparaître sur le plan interne. L'intégration du politique dans le droit a eu pour
effet de faire perdre au juriste ce que sa formation civiliste avait de trop
Scholastique. La positivisation progressive des droits de l'homme a enlevé à ceux-ci
ce caractère programmatique que les textes qui les consacraient semblaient leur
attribuer par le langage percutant peut-être, révolutionnaire même, mais étranger
au style du droit classique.
Aujourd'hui, les déclarations des droits qui précèdent les constitutions deviennent
de plus en plus une source du droit où le juge est tenté de puiser l'argument
ultime, celui qui emporte la conviction.
Si, à l'heure actuelle, on ne fait plus guère de révolutions au nom des droits de
l'homme (et cela est peut-être regrettable), par contre les procès engagés pour en
obtenir le respect ne se comptent plus. Rien, mieux que ce changement de
perspective, ne montre que les droits de l'homme sont devenus une réalité
juridique.
I.2. Les écarts entre les pays dans l’application des droits de l’homme
Dans la réalité quotidienne cependant, le sort des droits de
l'homme varie tellement selon Ie lieu sur lequel se portent nos regards. Cette
différence entre les textes relatifs aux droits de l’homme et leur application selon
les pays peut nous amener à considérer que le droit et la réalité ne correspondent
que fort rarement.
Cette différence entre les textes et la pratique peut aussi être
interpréter dans le sens que les textes consacrent moins de protection que celle
dont l’homme devrait bénéficier.
Comment peut-on alors opérer le passage des droits de l'homme
proclamés, même sous une forme solennelle, aux droits de l'homme garantis ?
1
I.3. Conditions d’application effective des droits de l’homme
Pour que les droits de l'homme deviennent une réalité
juridique, trois conditions doivent être remplies :
✓ Il faut qu'il existe une société organisée sous la forme d'un Etat de droit ;
✓ Il faut qu'à l'intérieur de l'Etat, les droits de l'homme s'exercent dans un
cadre juridique préétabli, variable, cependant, en fonction de la nature des
droits et en fonction des circonstances ;
✓ Il faut, enfin, que l'exercice des droits de l'homme par leurs titulaires soit
assorti de garanties juridiques précises et que, en particulier, des recours
soient prévus permettant d'en obtenir le respect.
I.3.1. Etat de droit
Cette première condition recouvre en fait une double exigence :
• Pour qu'un Etat soit libre, le peuple qui le compose doit pouvoir décider
librement de son sort (l'autodétermination);
• c'est au peuple qu'il appartient de définir librement, par des règles générales
et impersonnelles, le régime juridique des droits de l'homme (la suprématie
de la loi).
I.3.1.1. Autodétermination
L’autodétermination, c’est le droit pour les citoyens de
disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut
politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
Ne pouvant s'exercer que collectivement, l'autodétermination
est aux peuples ce que la liberté est aux individus, c'est-à-dire qu'elle est la base
même de leur existence.
I.3.1.2. Suprématie de la loi
Les droits de l’homme ne deviennent une réalité juridique que
dans un Etat de droit. Sans entrer dans des discussions théoriques, disons
simplement qu’un Etat de droit est celui dans lequel toutes les autorités et tous les
individus se trouvent liés par des règles générales et impersonnelles préétablies, en
un mot par la loi.
L’idée de base est celle de soustraire les droits de l’homme de
la compétence du pouvoir exécutif et de les confier au pouvoir législatif, le
parlement. On voit que par le canal de la loi, œuvre du Parlement, des liens
s’établissent entre les droits de l’homme et le régime politique d’un pays. Et c’est
le régime de démocratie politique, économique et sociale qui favorise le plus la
réalisation des droits de l’homme. Si donc les droits de l’homme, pour devenir une
réalité, supposent un régime démocratique, en sens contraire, la démocratie ne
peut subsister sans les droits de l’homme.
2
I.3.2. Cadre juridique précis
I.3.2.1. Droits de l’homme et règlementation
La vie en société où les droits de l’homme doivent s’insérer ne
peut se passer de pouvoir politique. Nous l’avons dit dans le cours d’introduction
aux droits de l’homme que les droits subjectifs avaient besoin d’être reconnus par
le droit objectif. Cette reconnaissance passe par le pouvoir politique. pour devenir
une réalité juridique, les droits de l’homme doivent être réglementés par le
pouvoir politique l’équilibre entre droits de l’homme et pouvoir politique ne peut
s’établir que grâce à de véritables limitations qui pèseront sur les deux parties en
cause. Loin de s’opposer, les droits de l’homme et le pouvoir politique s’épaulent.
I.3.2.2. Motifs de limitation des droits de l’homme
Il importe cependant que la réglementation ne poursuive
d’autre but que de faciliter leur exercice, compte tenu d’une triple série
d’impératifs : les droits de l’homme des autres, la vie du groupe pris comme une
entité, la vie de l’humanité dans son ensemble
L’objectif des limitations : qu’ils auront pour conséquence de faire des droits de
l’homme une réalité juridique variable selon le moment, le lieu et les
circonstances. La réglementation, quel qu’en soit le motif, quelle qu’en soit
l’étendue, doit laisser subsister les droits de l’homme.
I.3.3. Garanties efficaces
Même proclamés par un Etat libre et réglementés par le
législateur, les droits de l’homme n’auraient guère de sens s’ils n’étaient pas
efficacement garantis, si, en d’autres termes, leurs titulaires ne disposaient pas de
moyens leur permettant d‘obtenir réparation des violations dont ils ont été
victimes. De telles garanties peuvent être classées en deux catégories :
✓ les garanties Organisées : Il s’agit des recours qui permettent à l’individu
d’obtenir soit l’annulation des mesures qui violent ses droits d’homme, soit,
en cas d‘impossibilité, une réparation pécuniaire). Il faut signaler ici la
supériorité du recours juridictionnel (avec au sommet le recours
constitutionnel) sur le recours non contentieux. Relevons aussi l’existence
de plusieurs autres niveaux de recours : le niveau régional et le niveau
international.
✓ les garanties inorganisées : Parmi les garanties inorganisées des droits de
l’homme, le droit de refuser obéissance à une loi injuste semble avoir
définitivement pénétré sinon dans le droit positif de tous les pays, du moins
dans la conscience de tous les hommes. On peut aussi parler du droit à la
résistance à l’oppression qui, en cas d’insuffisance de recours organisés,
constitue la garantie suprême des droits de l’homme. On peut bien retenir
cette expression « Quand le gouvernement viole les droits du peuple,
l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus
sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
3
Il faut cependant se garder de ne pas dresser pouvoir politique contre droits
de l’homme mais, au contraire, de les rendre solidaires, dans l’intérêt même
des droits de l’homme. Mais quand le pouvoir politique devient tyrannique,
on peut bien saisir le niveau international ou régional. Mais le recours
externe à l’Etat pose le problème de son efficacité. La seule sanction
efficace de la violation des droits de l'homme reste, qu'on le veuille ou non,
le jugement de l'opinion publique.
4
CHAPIPTRE PREMIER :
DEVELOPPEMENT DU DROIT DES DROITS DE L’HOMME
I.1. L’apparition des droits de l’homme sur le plan international
I.1.1. Antécédents historiques
La reconnaissance internationale intime à tous les Etats le
même devoir d’entériner ces droits (il s’agit de devoirs internationaux pour les
Etats) dans leur propre législation, en tant que droits internes des citoyens. Tant
qu’il n’en est rien, les droits de l’homme ne constituent que des règles de droit
positif international, qui, du point de vue du droit interne, ne représentent qu’une
obligation contractée par l’Etat. Attention pour le cas de la RDC Article 215 de la
Constitution : monisme.
Dans la situation internationale confuse qui a suivi la première
guerre mondiale, on a déjà vu apparaître une certaine idée des droits de l’homme,
et cela à deux niveaux: d’une part, en tant que droits individuels, au moment où le
président Wilson avait préconisé l’insertion de l’égalité confessionnelle dans les
statuts de la Société des Nations; sa proposition resta sans suites. D’autre part, par
l’intermédiaire de la protection des minorités, en particulier dans les Etats créés
en Europe centrale, le système – qui reposait sur la notion de droits collectifs -
ayant été institutionnalisé par la Société des Nations.
L’apparition des droits de l’homme dans le droit international
avait naturellement, elle aussi, des causes sociales, tout comme il en était pour les
droits du citoyen. L’irruption des droits de l’homme sur la scène internationale fut
déjà la conséquence de phénomènes sociaux qu’on ne saurait considérer comme
positifs. L’anéantissement sans merci et en masse des individus et des groupes
d’hommes dans les Etats fascistes, le mépris de la personne humaine, la
dégradation extrême des rapports entre l’Etat et l’homme: tels sont les facteurs
qui ont contribué à élever les droits de l’homme au niveau du droit international,
et à rechercher dans le droit international une certaine protection pour eux.
Les premiers signes précurseurs de ces changements se
présentèrent dès les années vingt : dès ce moment-là, certains ont préconisé, au
sein de la Société des Nations ou hors d’elle, l’idée de la protection internationale
des droits de l’homme. Mais ce furent-là, pour une bonne part, des propositions de
caractère privé qui ne pouvaient être réalisées n’étant pas officielles.
Ce qui entraîna l‘adoption officielle de la protection
internationale des droits de la personne humaine fut finalement la somme des
atrocités commises contre le genre humain par les puissances fascistes au cours de
la deuxième guerre mondiale. Ces actes provoquèrent l’indignation unanime de
l’ensemble de l’opinion publique progressiste mondiale qui exigea l’institution
d’une protection internationale organisée des droits de l’homme et la
condamnation, l’interdiction et la répression de toute politique fasciste.
5
Avant et pendant la deuxième guerre mondiale, de nombreuses
propositions et initiatives privées en ce sens se sont fait jour pour aboutir, sous une
forme plus ou moins élaborée, à une déclaration universelle des droits de l’homme.
I.1.2. La Charte des Nations Unies
La conférence réunie en octobre 1944 à Dumbarton Oaks était
d'élaborer le projet d’une organisation internationale qui devait succéder à la
Société des Nations. Dans ce projet d'une Organisation des Nations Unies, les droits
de l'homme occupaient une place certes mineure encore, mais déjà bien définie.
Un pas décisif fut accompli en avril 1945 à la Conférence de San
Francisco lorsque les représentants des quatre grandes puissances soumirent divers
amendements au projet étudié par la conférence. Mais ces amendements n’ont pas
été repris dans le texte final de la Charte de l’ONU. Tout en citant à 7 reprises le
concept droits de l’homme dans son préambule, elle est restée évasive.
Mais, en fin de compte, c’est à l’Organisation des Nations Unies
que revint la tâche d’élaborer un document spécial, dont le but est, en somme,
d’interpréter la Charte du point de vue des droits de l’homme. Cette tâche a été
réalisée, et ce pour la première fois dans l’histoire, grâce à l’adoption de la
Déclaration universelle des droits de l’homme. C‘est avec la Déclaration que
commence la véritable histoire des droits de l’homme sur le plan du droit
international.
I.2. La Déclaration universelle des droits de l’homme
On admet aujourd’hui d’une manière quasi unanime qu’au sein
des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10
décembre 1948 par la troisième session de l’Assemblée générale, constitue le
document central pour la cause des droits de l’homme. Plus tard, cette journée fut
proclamée par les Nations Unies « Journée des droits de l’homme », et c’est ainsi
qu’elle est inscrite depuis lors dans le calendrier international.
Il n’est pas question de présenter ici dans le détail l’ensemble
de la Déclaration universelle. Bornons-nous à en donner une image générale et à
signaler les problèmes qu’elle pose.
Depuis, la déclaration est devenue une forme juridique
reconnue aux Nations Unies: elle constitue en fin de compte un document dont la
force est légèrement plus grande que celle d’une « recommandation ». On pourrait
la considérer comme un document non obligatoire, qui n’aurait qu’une valeur
morale, sans force exécutoire. Mais, comme l’a souligné René Cassin, compte tenu
en particulier de l’article 56 de la Charte aux termes duquel les Etats s’engagent à
coopérer entre eux pour le respect des droits de l’homme, la valeur juridique de la
déclaration dépasse celle d’une simple recommandation.
La DUDH est un texte de 30 articles précédés d’un préambule
que nous vous recommandons de lire.
6
La DUDH expose l’ensemble des droits civils, politiques,
sociaux, économiques et culturels inhérents à toute personne humaine.
Les droits civils et politiques permettent à chacune et chacun
de se défendre contre les abus des États. On y retrouve la liberté d’opinion,
d’expression, de se réunir et de manifester, de pensée, de religion, le droit des
minorités, l’interdiction des discriminations, de la torture, de l’esclavage, et le
droit à la vie.
La DUDH proclame des droits économiques, sociaux et culturels qui ont pour but
d’assurer à chacune et chacun la satisfaction de ses besoins de base et des
conditions favorables à son épanouissement personnel. Ce sont les droits à
l’éducation, au travail, à la sécurité sociale, à la santé et à la formation mais aussi
à la protection de la famille et des enfants. Ces droits impliquent une intervention
de l’État.
Les principes de la DUDH se retrouvent dans de nombreuses
cultures et le texte a été rédigé par des représentants de régions et traditions
culturelles différentes. Sa spécificité est justement de dépasser les frontières
étatiques, culturelles, religieuses.
Ainsi, l’universalité des droits et libertés énoncés dans la DUDH s’applique à tous
« sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de
religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou
sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».
I.3. Les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme
A peine le Conseil économique et social avait-il créé, sur la
base de la Charte des Nations Unies, la Commission des droits de l’homme, qu’il a
paru nécessaire d’élaborer un projet de convention sur les droits de l’homme qui
compléterait la Déclaration, et par laquelle les Etats s’engageraient expressément
à respecter les droits ainsi définis dans la sphère de leurs compétences.
Les Nations Unies ont déployé beaucoup d‘efforts en ce sens;
l’Assemblée générale ainsi que les autres organes de l’organisation des Nations
Unies s’en sont occupés à maintes reprises. Sans vouloir décrire ici tout le
processus, signalons qu’on a abouti finalement en 1966 à deux pactes, l’un sur les
droits économiques, sociaux et culturels, et l’autre sur les droits civils et
politiques. On ajouta au Pacte relatif aux droits civils et politiques deux protocoles
facultatifs dont le premier concernant la procédure à suivre relativement aux
plaintes des individus et le second relatif à l’abolition de la peine de mort.
I.2.1. Le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux
et culturels (PIDESC) fut adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies en
1966. Il entra en vigueur en 1978.
Le PIDESC se compose de trente et un articles divisés en 6
parties: le préambule et les parties I à V.
7
La partie cruciale du Pacte se trouve en partie III, articles 6 à
15, où sont exposés les droits à protéger. Ceux-ci comprennent, de façon générale,
le droit de travailler (art. 6), le droit à des conditions de travail justes (art. 7), le
droit de s'affilier aux syndicats et de former des syndicats (art. 8), le droit à la
sécurité sociale (art. 9), le droit à la protection de la famille (art. 10), le droit à un
niveau de vie suffisant, comprenant le droit d'accès à la nourriture, au vêtement et
au logement (art. 11), le droit à la santé (art. 12), le droit à l'éducation (art. 13) et
le droit à la culture (art. 15).
La protection accordée aux droits économiques dans le Pacte
est étendue mais reste plutôt générale. L'article 7, par exemple, prévoit un droit à
une rémunération égale pour un travail de valeur égale (au lieu de se limiter au
plus restrictif à travail égal, rémunération égale), et reconnaît un éventail plus
large d'autres droits tels que le droit à des conditions de travail saines et sans
risque et le droit à un nombre d'heures de travail maximum raisonnable. De même,
l'article 8 prévoit non seulement le droit d'être syndiqué et de former des
syndicats, mais également le droit au libre fonctionnement des syndicats et le droit
de grève.
I.2.2. Le pacte international relatif aux droits civils et politiques
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
(Pacte II de l’ONU) contient des garanties importantes pour protéger les libertés
civiles et politiques des individus. Il a été adopté par l’ONU le 16 décembre 1966 et
est entré en vigueur le 23 mars 1976. Il est composé de 53 articles.
Le Pacte II de l’ONU garantit les libertés individuelles
classiques. Avec le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels (Pacte I de l’ONU), il concrétise dans des accords contraignants les droits
de l’homme énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de
1948. Le Pacte II de l’ONU contient notamment les droits suivants:
▪ Protection de la vie et de l’intégrité physique, interdiction de la torture ;
▪ Interdiction de la discrimination fondée sur la race, la couleur de peau, le
sexe, la langue, la religion, etc. ;
▪ Interdiction de l’esclavage et du travail forcé ;
▪ Droits de procédure ;
▪ Liberté d’opinion, de religion, de réunion et d’association
▪ Droits politiques.
Deux protocoles facultatifs complètent le Pacte II de l’ONU :
1. Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
civils et politiques
Les particuliers sont habilités à déposer un recours auprès du Comité des
droits de l’homme en cas de violation d’un droit consacré par le Pacte. Le
Protocole facultatif a été adopté par l’ONU le 16 décembre 1966 et est entré
en vigueur le 23 mars 1976.
2. Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, visant à abolir la peine de mort
Le protocole impose aux États parties d’abolir la peine de mort. Adopté par
8
l’ONU le 15 décembre 1989, le deuxième Protocole facultatif est entré en
vigueur le 11 juillet 1991.
I.2.3. Autres instruments juridiques internationaux de protection des droits de
l’homme
En dehors de ces deux pactes internationaux, plusieurs autres
traités internationaux de promotion et protection des droits de l’homme ont été
adoptés sous l’égide de l’ONU. Il s’agit de :
N° Instrument Année Année d’entrée
d’adoption en vigueur
1 Convention internationale sur l’élimination 1966 1969
de toutes les formes de discrimination
raciale
2 Convention internationale sur l’élimination 1973 1976
et la répression du crime d’apartheid
3 Protocole à la Charte africaine des Droits de 1998 2004
l’Homme et des Peuples sur la création
d’une Cour africaine des Droits de l’Homme
et des Peuple
4 Convention de l’OIT (n°100) consacrant 1951 1953
l’égalité de rémunération entre la main-
d’œuvre masculine et la main d’œuvre
féminine pour un travail de valeur égale
5 Convention de l’OIT (n°111) concernant la 1958 1960
discrimination en matière d’emploi et de
profession
6 Convention pour la prévention et la 1948 1951
répression du crime de génocide
7 Statut de Rome de la Cour Pénale 1998 2002
Internationale
8 Convention contre la tortures et autres 1984 1987
peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants
9 Convention supplémentaire relative à 1956 1957
l’abolition de l’esclavage, de la traite des
esclaves et des institutions et pratiques
analogues à l’esclavage
10 Convention pour la répression de la traite 1950 1951
des êtres humains et de l’exploitation de la
prostitution d’autrui
11 Convention de l’OIT (n° 29) concernant le 1930 1932
travail forcé
12 Convention de l’OIT (n° 105) concernant 1957 1959
l’abolition du travail forcé
13 Convention relative au statut des réfugiés 1951 1954
14 Protocole relatif au statut des réfugiés 1948 1967
9
15 Convention sur les droits politiques de la 1953 1954
femme
16 Convention sur l’élimination de toutes les 1979 1981
formes de discrimination à l’égard des
femmes
17 Convention relative aux droits de l’enfant 1989 1990
18 Protocole facultatif à la Convention relative 2000 2002
aux droits de l’enfant, concernant la
participation des enfants aux conflits armés
19 Convention de l’OIT (n°182) concernant les 1999 2000
pires formes de travail des enfants et
l’action immédiate en vue de leur
élimination
20 Convention de Genève pour l’amélioration 1949 1950
du sort des blessés et des malades dans les
forces armées en campagne
21 Convention de Genève pour l’amélioration 1949 1950
du sort des blessés, des malades et des
naufragés des forces armées sur mer
22 Convention de Genève relative au 1949 1950
traitement des prisonniers de guerre
23 Convention de Genève relative à la
protection des personnes civiles en temps de
guerre
24 Protocole additionnel aux Conventions de 1949 1978
Genève du 12 août 1949 relatif à la
protection des victimes des conflits armés
internationaux
25 Protocole additionnel aux Conventions de 1949 1978
Genève du 12 août 1949 relatif à la
protection des victimes des conflits armés
non internationaux
I.4. Les conventions régionales
Des conventions régionales des droits de l’homme existent à
l’heure actuelle. Il s’agit de :
• La Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales (Convention de Rome de 1950) ;
• La Convention américaine relative aux droits de l’homme (Pacte de San José
de 1969) ;
• La Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples été adoptée en
1981 à Nairobi (mais appelée Charte de Banjul) ;
• La Charte Arabe des droits de l’homme adoptée à Tunis en mai 2004.
Au regard du volume horaire du cours et étant en Afrique, nous ne pouvons aborder
que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
10
I.4.1. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples a été
adoptée en 1981 à Nairobi (mais appelée Charte de Banjul) par la Conférence des
chefs d’État de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) – devenue aujourd’hui
l’Union africaine (UA) –, et est entrée en vigueur le 28 octobre 1986.
La Charte Africaine se présente sous la forme d’une convention
multilatérale élaborée et adoptée dans le cadre de l’Organisation de l’Unité
Africaine et ouverte à la signature et à la ratification des Etats membres. Le
changement de désignation du document envisagé par la substitution du
mot Charte à celui de Convention ne porte donc pas à conséquence au plan de sa
nature juridique ; il lui confère plutôt une certaine solennité.
La Charte Africaine se compose d’un préambule de dix
paragraphes et d’un corps de soixante-huit articles.
La première partie énonce les droits reconnus à toute personne
« sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de
langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine
nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation »
(article 2). Les 18 premiers articles définissent des droits individuels, les droits
civiques et les droits sociaux.
Les articles suivants (19 à 24) définissent les droits des peuples, considérés comme
égaux : droits à l’existence, à la libre disposition de leurs richesses et de leurs
ressources naturelles, à leur développement économique, social et culturel, à la
paix et à la sécurité et à un environnement satisfaisant et global, propice à leur
développement. La charte condamne le colonialisme, le néocolonialisme,
l'apartheid, et la domination économique. Dans son préambule et dans l'article 20,
alinéa 2 en particulier, la charte affirme le droit des peuples colonisés ou opprimés
à lutter pour leur libération. Cependant, la charte ne contient aucune disposition
explicite quant aux droits des peuples lorsqu'ils sont opprimés par des régimes
politiques nationaux indépendants.
Les articles 27 à 29 énoncent les devoirs qu’a tout individu « envers la famille et la
société, envers l'État et les autres collectivités légalement reconnues et envers la
Communauté Internationale. »
La deuxième partie crée une Commission africaine des droits de
l'Homme et des peuples chargée de promouvoir ces droits et d'assurer leur
protection en Afrique. Elle précise son fonctionnement.
La troisième partie est composée de dispositions diverses,
notamment les procédures de ratification et de modification.
11
I.4.2. Existence d’autres textes propres à l’Afrique
En dehors de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, l’Afrique
dispose d’autres instruments juridiques de promotion et protection des droits de
l’homme. Nous les reprenons dans le tableau ci-dessous.
N° Instrument Année Année d’entrée
d’adoption en vigueur
1 Convention de l'OUA régissant les 1968 1974
aspects propres aux problèmes
des Réfugiés en Afrique
2 Charte africaine des droits et du bien- 1990 1999
être de l'enfant
3 Protocole à la Charte africaine des 1998 2004
Droits de l’Homme et des Peuples sur la
création d’une Cour africaine des Droits
de l’Homme et des Peuple
4 Convention de l'OUA sur la prévention et 1999 2002
la lutte contre le terrorisme
5 Protocole à la Charte africaine des 2003 2005
droits de l'Homme et des peuples relatif
aux droits des femmes
6 Convention de l'UA sur la prévention et 2003 2006
la lutte contre la corruption
7 Charte africaine sur la démocratie, les 2007 /
élections et la gouvernance
8 Le Protocole de la SADC sur le genre et 2007
le développement
9 Convention de l'UA sur la protection et 2009 /
l'assistance aux personnes déplacées en
Afrique
12
CHAPITRE DEUXIEME :
ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES DE
PROMOTION ET PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
L’importance croissante des droits de l’homme dans le monde
d’aujourd’hui se traduit par la multiplication non seulement des textes, d’ailleurs
de valeur juridique variable, mais aussi d’institutions compétentes pour en
connaître à des titres les plus divers. Une a pause législative B paraît d’ores et déjà
devoir s’imposer sur le plan des textes: si, néanmoins, la communauté
internationale dans son ensemble, par l’intermédiaire des Nations Unies ou des
institutions spécialisées, ou un groupe d’Etats rassemblés au sein d’une
organisation régionale éprouvent malgré tout l’impérieux besoin de rédiger de
nouveaux instruments, on souhaiterait que ces instruments ne prennent pas la
forme de conventions indépendantes, mais deviennent de véritables règlements
d’application et d’interprétation des grandes conventions générales, des droits de
l’homme.
En effet, il n’est pas téméraire d’affirmer que les nouveaux
droits de l’homme peuvent, pratiquement tous, être rattachés, par voie
d’interprétation, à un des droits déjà inclus dans les conventions générales. Ainsi
serait mieux sauvegardée l’unité de la matière des droits de l’homme, en même
temps que serait souligné le caractère en quelque sorte constitutionnel des grandes
conventions générales des droits de l’homme.
Une pause est-elle également nécessaire dans le cas des
institutions des droits de l’homme ? Dans ce domaine aussi, il ne faut pas que la
variété de tous les mécanismes devienne symbole ou génératrice d’anarchie. Une
mise en ordre s’avère donc nécessaire, pour laquelle nous voudrions poser ici
quelques jalons. Pour ce faire, c’est moins à la description des institutions
existantes qu’à leur analyse comparative qu’il convient de procéder. Or, si l’on
cherche à dégager les critères permettant une telle analyse, il semble que ceux-ci
soient de cinq ordres: la mission de l’institution; les fonctions exercées par
l’institution; le domaine d’action de l’institution; la technique utilisée par
l’institution; la nature juridique de l’institution.
II.1. La mission des institutions des droits de l’homme
Les institutions chargées de la mise en œuvre des droits de
l’homme se voient en général coder l’une des deux missions suivantes, rarement
les deux à la fois : la promotion des droits de l’homme ou la protection des droits
de l’homme. Courante sur le plan international au point que ses motifs hissent par
s’estomper, cette distinction doit de ce fait être approfondie avant qu’elle ne soit
utilisée pour un réexamen des institutions existantes.
II.1.1. La promotion et la protection des droits de l’homme
La notion de promotion des droits de l’homme rend compte
d’une action résolument tournée vers l’avenir : les droits de l’homme ainsi pris en
considération comportent toujours une certaine lacune, soit que les législations
13
nationales ou le droit international ne les garantissent pas tous ou les garantissent
seulement d’une façon incomplète, soit que les droits de l’homme soient mal
connus de leurs titulaires ou des Etats et de leurs organes qui doivent les respecter.
Dans ce contexte, un organe de promotion des droits de l'homme cherchera à
connaître les insuffisances et même les violations, moins pour les sanctionner que
pour prévenir le renouvellement de pareilles situations à l'avenir.
Le but de la protection des droits de l'homme paraîtra à bien
des égards diamétralement opposé. Visant à faire respecter les droits de l'homme
tels qu'ils existent dans le droit applicable aujourd'hui, l'institution de protection
débouche, par les sanctions auxquelles la protection aboutit nécessairement, sur
un avenir qui perpétue le passé. Elle fera surtout appel à la technique
juridictionnelle, alors que l'institution de promotion emploiera les techniques
législatives: études, recherches, rapports, rédaction de textes.
Il existe une relation asymétrique entre la promotion et de la
protection des droits de l’homme. Tout d'abord, la promotion est le premier stade,
l'étape nécessaire, qui conduit vers la protection de même, la protection des
droits de l'homme n'est pas aussi conservatrice de structures sociales périmées
qu'on pourrait le penser, car, à une échéance plus ou moins brève, en rendant
apparentes les lacunes et les injustices, son exercice entraîne l'intervention du
législateur.
II.1.2. Les institutions de promotion et les institutions de protection des droits de
l'homme
Appliqué aux institutions existantes, le critère de la promotion
et de la protection des droits de l'homme permet de faire plusieurs constatations.
a. Les institutions nationales des droits de l'homme sont généralement des
institutions de protection; rares sont les institutions nationales de caractère
promotionnel ;
b. Sur le plan international, les organes de promotion et de protection
paraissent tout aussi nécessaires ;
c. Un organe international de promotion des droits de l'homme qui réussit dans
sa tâche ne peut pas ne pas revendiquer la mission de protection.
A l’origine, c’est-à-dire au lendemain de la seconde guerre
mondiale, le critère permettant de distinguer un organe de promotion des droits de
l’homme d’un organe de protection résidait dans la suite réservée par celui-ci aux
requêtes individuelles, comme si le procédé de requête individuelle était le seul
permettant d’organiser la protection des droits de l’homme. On admet aujourd’hui
qu’il n’est pas toujours nécessaire de juger et par conséquent de condamner un
Etat pour protéger les droits de l’homme : le droit de requête individuelle peut
donc devenir un simple droit de pétition ou une simple source d’information, sans
que l’efficacité de la protection soit diminuée pour autant.
14
II.2. Les fonctions exercées par les institutions des droits de l’homme
Les institutions des droits de l’homme peuvent exercer l’une ou
plusieurs des cinq fonctions suivantes, qui constituent autant d’éléments d’un
système complet de contrôle international du respect des droits de l’homme :
information, instruction, conciliation, décision et sanction. Ce n’est, en effet, que
lorsque ces cinq fonctions seront pleinement assumées sur le plan international que
les droits de l’homme seront effectivement protégés.
En procédant à l’analyse des institutions existantes des droits
de l’homme sur la base de ce critère fonctionnel, on découvre à la fois des lacunes
nombreuses et des doubles emplois regrettables.
II.2.1. La fonction d’information
Nombreuses sont les institutions internationales qui recueillent
des informations sur la situation des droits de l’homme dans les divers pays. Il en
est ainsi, par exemple, des Nations Unies qui, grâce aux informations rassemblées,
publient un Annuaire des droits de l’homme. C’est ici également qu’il convient de
mentionner la procédure des rapports périodiques, qui tend à représenter un
véritable droit commun en matière de contrôle international de l’exécution des
engagements contractés par les Etats dans le domaine des droits de l’homme.
II.2.2. La fonction d’instruction
Plus rares déjà sont les institutions des droits de l’homme
chargées de la fonction d’instruction. Elles peuvent être créées soit ad hoc, dans
des circonstances données (mission d’enquête de l’Assemblée générale des Nations
Unies au Viet-Nam du Sud pour examiner la situation des bouddhistes, groupe ad
hoc de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies pour examiner la
situation des prisonniers et détenus en Afrique du Sud, par exemple), soit à titre
permanent par une convention ou un autre acte normatif. Ce dernier cas pourra
être désormais plus fréquent aux Nations Unies oh jusqu’alors il était exceptionnel
(Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de la convention du même
nom et Comité des droits de l’homme du Pacte des droits civils et politiques).
Le point crucial dans ce domaine est, bien entendu, la question
de savoir qui peut déclencher la procédure : jamais l’organe d‘enquête lui-même
et de sa propre initiative (alors que, dans certains cas, cela pourrait être utile, ne
serait-ce que pour faire prévaloir le principe de la primauté du droit dans le
domaine des droits de l’homme), le plus souvent les gouvernements, rarement les
simples particuliers.
II.2.3. La fonction de conciliation
Hésitant devant la fonction de décision, apparemment
attentatoire à leur souveraineté, les Etats ont tendance à se réfugier dans le
domaine de la conciliation. On constate en effet que presque toutes les institutions
chargées de la fonction d'instruction se voient en même temps offrir la possibilité
15
de conclure leurs travaux par une tentative de règlement amiable ou de
conciliation.
L'intention est louable pour autant qu'elle permet souvent
d'éviter une condamnation nuisible au prestige d'un Etat dans un domaine où la
politique n'a pas encore perdu tous ses droits. Il reste cependant que la conciliation
appliquée à la matière des droits de l'homme porte en elle-même une certaine
contradiction en ce sens qu'elle tend à suggérer que les droits de l'homme, malgré
leur caractère sacré et intangible, représentent une matière négociable. Il ne
serait donc pas inutile de souligner avec précision les limites d'une conciliation
conforme au respect des droits de l'homme, limites que notamment la Commission
européenne des droits de l'homme a été amenée à poser chaque fois qu'elle a
entériné un règlement amiable d'une affaire portée devant elle.
Il semble bien qu'en plus du respect des droits de l'homme tels
que la convention européenne les prévoit, la commission, lorsqu'elle est appelée à
clore la procédure par un rapport de règlement amiable, cherche surtout à
s'assurer que la prétendue victime - c'est-à-dire le plus souvent le requérant lui-
même - a eu l'entière liberté d'accepter ou de refuser ledit règlement.
II.2. 4. La fonction de décision
Exceptionnelles sont les institutions des droits de l'homme qui
exercent à l'heure actuelle la fonction de décision et d'abord de décision judiciaire
: seules la Cour européenne des droits de l'homme peut être citée à cet égard,
encore que sa compétence ne soit que facultative et doive être expressément
acceptée par les Etats. Si, à défaut de la cour, c'est le Comité des ministres du
Conseil de l'Europe qui est appelé à prendre la décision sur le fond d'une affaire
conformément à l'article 32 de la Convention de Rome, il n'a jamais cherché à se
dépouiller pour cette occasion de sa qualité d'organe politique, bien au contraire.
Bien qu'étant formellement une décision, l'acte par lequel il mettra un terme à la
procédure (par une résolution et non pas une décision) ressemblera le plus souvent
à un règlement politique, très éloigné de ce qui aurait pu être dans la même
affaire l’arrêt de la cour.
Il ne faudrait pas cependant tomber dans un a fétichisme
légalistique en sous-estimant la portée d‘institutions qui, à défaut d‘une décision,
se contentent d’une simple recommandation : par les suites qu’elle recevra, la
valeur de cette dernière peut se révéler en fait tout aussi importante qu’une
décision, tout en étant plus acceptable pour l’Etat qui en est l’objet.
II.2.5. La fonction de sanction
Il n’existe pas d‘institutions des droits de l’homme exerçant la
fonction de sanction. Même la Cour européenne des droits de l’homme ne peut
accorder, selon l’article 50 de la convention, qu’une satisfaction équitable, c’est-
à-dire le plus souvent une indemnité, à la victime d’une violation, d’ailleurs sous
certaines conditions très précises. C’est donc seulement dans le cadre politique
que les violations des droits de l’homme pourront être sanctionnées.
16
Que cette situation ne soit guère satisfaisante, rien ne le
montre mieux que les efforts tentés en vain pour obliger l’Afrique du Sud à mettre
fin à sa politique manifestement contraire à toute notion de droits de l’homme.
Devant cet état de fait, le juriste ne peut que redoubler d’efforts pour mobiliser la
seule arme véritable dont il dispose: l’opinion publique.
II.3. Le domaine d’action des institutions des droits de l’homme
L’action en faveur des droits de l’homme se déroule sur trois
plans différents - national, régional et universel - par l’intervention d’institutions
dont la compétence est ainsi géographiquement circonscrite.
a. Les institutions nationales sont, de toute évidence, les plus nombreuses, et
c’est sur elles que repose et doit reposer le poids principal de toute
l’entreprise. Il serait présomptueux de vouloir seulement les mentionner
toutes. Cependant, certaines d‘entre elles méritent, par leur valeur
d’exemple, une place à part, ainsi que les Nations Unies n’ont pas manqué
de le reconnaître : le Conseil d’Etat français, la Procouratoura soviétique,
l’ombudsman scandinave, le Bureau des libertés civiques japonais. De
même, certaines voies de droit jouissent d’une réputation d’efficacité qui
est à l’origine de leur généralisation: l’habeas corpus anglais, l’amparo
mexicain, le mandato de seguranza brésilien. En RDC nous avons le Conseil
d’Etat.
b. Les institutions régionales, jadis considérées comme des « trouble-fête »
dans le dialogue entre les Nations Unies et les Etats membres, ne se voient
plus contester aujourd’hui la place imposée par la nature, même si leur
intégration dans un système universel n’est pas encore pour un proche
avenir.
c. Les institutions universelles existantes sont déjà nombreuses au sein des
Nations Unies. La multiplication d’institutions rend d’autant plus
indispensable la création d’un organe qui serait en mesure de concevoir et
de traiter les droits de l’homme d’une façon globale, indépendamment du
niveau national, régional ou universel auquel ils se situent.
II.4. La technique utilisée par les institutions de protection des droits de
l'homme
Lorsqu'elles sont chargées de la mission de protection des droits
de l'homme, les institutions internationales des droits de l'homme utilisent des
techniques diverses dont certaines soulignent la spécificité du droit international
des droits de l'homme. Il s'agit des techniques de contrôle politique du respect des
droits de l'homme, de la technique de contrôle par voie de rapports et, enfin, de la
technique de contrôle par voie de plaintes, requêtes ou communications, étatiques
ou individuelles.
17
II.4.1. La technique de contrôle politique
Il s’agit ici de mécanismes qui, n’ayant pas été spécifiquement
institués en vue de contrôler le respect des droits de l’homme par les Etats
membres de la communauté internationale, peuvent néanmoins être utilisés à
cette fin, surtout au sein de celles des organisations pour lesquelles la sauve garde
des droits de l’homme constitue l’un des objectifs principaux. Les organes
compétents fondent alors, pour la plupart, leur « jugement » sur la charte
constitutive de l’organisation ou quelquefois même sur des textes dont le caractère
obligatoire n’est pas universellement reconnu, telles la Déclaration universelle ou
la Déclaration américaine des droits de l’homme. Aux Nations Unies, l’Assemblée
générale peut intervenir par voie de recommandations pour « faciliter la jouissance
des droits de l‘homme et des libertés fondamentales », et elle n’a pas manqué de
le faire à plusieurs reprises.
Les organisations régionales incluent en général le respect des
droits de l’homme parmi leurs éléments constitutifs, ce qui a pour conséquence
qu’un Etat qui violerait les droits de l’homme pourrait être exclu de ces
organisations. Une telle possibilité est expressément prévue A l’article 8, combiné
avec l’article 3, du Statut du Conseil de l’Europe : si le gouvernement grec issu du
coup d’Etat de 1967 s’est, en droit, retiré du Conseil de l’Europe en décembre
1969, en réalité il s’agissait pour lui de prévenir l’issue inévitable de la procédure
tendant à son exclusion de l’organisation.
L'Organisation de l'unité africaine a réaffirmé également, dans
sa Charte constitutive d'Addis-Abeba, l'adhésion des Etats membres à la Déclaration
universelle des droits de l'homme (préambule) dont il faudra dûment tenir compte
dans e; la coopération internationale D (art. II). Si les droits de l'homme figurent
parmi les objectifs de l'organisation (art. II), ils ne se trouvent pas parmi ses
principes (art. III). Par ailleurs, il faut noter que, dans la mesure où les droits de
l'homme relèvent du domaine intérieur des Etats, on pourra même soutenir que le
principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats figurant à l'article
III de la Charte d'Addis-Abeba limite très sérieusement la mise en œuvre de
l'objectif e; droits de l'homme visé à l'article II. La Charte d'Addis-Abeba ne brille
donc pas par la clarté, ni n'affirme une volonté déterminée pour ce qui est, du
moins, de l'utilisation des mécanismes politiques de l'OUA en vue d'assurer le
respect des droits de l'homme par les Etats membres. I1 ne semble pas d'ailleurs
que les organes de l'OUA aient jamais entrepris une action quelconque au sujet du
respect des droits de l'homme par l'un des Etats membres.
II.4.2. La technique de contrôle par voie de rapports
On pourrait dire qu'il s'agit là d'une technique de droit commun
des institutions internationales des droits de l'homme pour contrôler le respect de
ces droits par les Etats membres des organisations internationales ou parties aux
conventions des droits de l'homme. Très nombreux sont les textes qui prévoient
une procédure de rapports, soit facultatifs (système des rapports périodiques aux
Nations Unies, par exemple), soit obligatoires (lorsque les conventions des droits de
l'homme le prévoient). L'exemple en la matière est fourni par l'organisation
18
internationale du travail, qui a été en mesure de parfaire cette technique jusqu'h
lui donner une efficacité incontestable.
Le problème le plus important qui se pose dans ce domaine est
celui de la suite donnée aux rapports présentés par les Etats. Il se peut que le
texte de base soit muet quant à la suite à donner aux rapports: tel est le cas de la
Convention européenne des droits de l'homme (art. 57). Mais, en règle générale,
les rapports font l'objet d'examens, la plupart du temps par des organes spécialisés
composés d'experts indépendants (par exemple par la Commission d'experts pour
l'application des conventions et recommandations de l'OIT). La procédure
d'examen, souvent fort complexe et faisant appel à plusieurs organes, aboutit à la
mise au point d'observations ou de recommandations qui sont adressées à tous les
Etats membres ou à un Etat nommément désigné.
II.5. La nature juridique de l'institution
Les institutions des droits de l'homme peuvent être soit
gouvernementales et relever par conséquent du droit international, soit non
gouvernementales, étant alors des personnes morales, incorporées dans l'ordre
juridique d'un Etat membre de la communauté internationale.
Les institutions gouvernementales des droits de l'homme
constituent l'objet essentiel du présent cours. Créées soit par une organisation
internationale existante, soit aux termes d’un traité des droits de l'homme, de
telles institutions gouvernementales, diffèrent surtout les unes des autres par le
caractère indépendant ou non de leurs membres. Certaines d'entre elles sont, de
par leurs statuts, composées de gouvernements; les représentants de ceux-ci sont
alors munis d'instructions dont il est impossible d'écarter toute trace de caractère
politique (Commission des droits de l'homme des Nations Unies, etc.). D'autres sont
composées de membres siégeant à titre individuel, en tant qu'experts (par
exemple, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de
la protection des minorités des Nations Unies, Comité pour l'élimination de la
discrimination raciale) ou en tant qu'appelés à exercer des fonctions judiciaires ou
quasi judiciaires (Commission et Cour européennes des droits de l'homme,
Les institutions non gouvernementales sont des organisations
volontaires privées qui se veulent, par définition, indépendantes des
gouvernements. Composées d'individus ou d'associations d'individus, elles ont joué
et continuent à jouer un rôle considérable dans le domaine des droits de l'homme.
C'est essentiellement à leur action que l'on doit la constitution, aux termes de la
Charte des Nations Unies, d'un organe spécifique des droits de l'homme, la
Commission des droits de l'homme; et ce sera toujours leur titre de gloire d'avoir
été à l'origine de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Agissant surtout
comme organes de promotion des droits de l'homme, elles contribuent aussi à leur
protection, en identifiant, par des méthodes qui leur sont propres (enquêtes sur
place, envoi d'observateurs judiciaires aux procès politiques, etc.), les violations
des droits de l'homme, en saisissant de ces violations les organes internationaux de
protection des droits de l'homme. C'est ainsi qu'aux termes de l'article 71 de la
Charte de San
19
Francisco, un régime juridique de « statut consultatif » des organisations non
gouvernementales (ONG) a été élaboré par les Nations Unies. Les autres
organisations internationales s'en sont fortement inspirées.
Nombreuses sont les ONG qui s'occupent des questions des
droits de l'homme: leur étude systématique du point de vue politique, sociologique
et juridique reste encore à faire. Parmi les plus actives, on peut mentionner
l‘Association internationale des juristes démocrates, la Commission Internationale
de juristes, Amnesty International, la Ligue et la Fédération internationales des
droits de l’homme, etc. Une de ces ONG mérite d‘être mentionnée à part: c’est le
Comité International de la Croix-Rouge. Il s’agit en effet d’une organisation de
droit privé suisse, composée exclusivement de citoyens suisses, mais qui est
investie, par la coutume et par des dispositions expresses des Conventions de
Genève de 1949, d’importantes compétences sur le plan humanitaire.
20
CHAPITRE TROISIEME :
DESCRIPTION DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES DE PROMOTION ET
PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
Sous ce chapitre, il sera analysé le système international de
protection des droits de l’homme et le système africain. On se réfèrera au cours
d’Introduction aux droits de l’homme pour le système national de la RDC.
II.1. SYSTÈME INTERNATIONAL DE PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME
Nous nous occupons ici du système international de protection
des droits de l’homme.
Par système international on comprend un ensemble de lois ou
normes et de mécanismes de surveillance établis dans le sein des Nations Unies
pour protéger les droits de la personne humaine.
Pour se représenter de manière simple le système international
de protection des droits de l’homme il convient de se rappeler du fonctionnement
d’un Etat démocratique. En effet le système international de protection des droits
de l’homme fonctionne de manière analogue.
Les Etats démocratiques connaissent ce que l’on appelle la
division des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Dans ces Etats, le pouvoir
législatif (le Parlement) élabore les lois qui règlent la vie dans le pays. L’exécutif
(le gouvernement) assure, grâce à ses administrations et à leurs services,
l’application et le respect des lois. Le pouvoir judiciaire (Magistrats, juges) agit en
cas de litiges ou des délits commis par les citoyens ou pour régler des différends
entre les citoyens et le pouvoir.
De manière analogue, à l’échelon international, les instruments
internationaux (déclaration et conventions) sont adoptés ou signés par la
communauté internationale qui fait office de Parlement. Des institutions
internationales sont ensuite chargées de vérifier leur application, par les Etats ou
d’agir comme un pouvoir judiciaire international qui, dans une certaine mesure,
peut être mis en parallèle avec les systèmes qui existent au niveau des Etats
démocratiques. Ce système « judiciaire » qui surveille l’application des conventions
et reçoit des plaintes individuelles des citoyens (violations des droits) est composé
de plusieurs organes (terme générique) que nous allons étudier par la suite.
Ainsi le système international de protection des droits de l’homme se compose :
1. d’un ensemble de « lois » ou normes que nous appellerons de façon
générique instruments internationaux (les déclarations et conventions
internationales) qui représentent un ensemble de plus de 60 instruments
internationaux (le corpus de droits de l’homme)
2. des organes de protection chargés de la surveillance de l’application des
conventions aptes à recevoir des plaintes individuelles
Ces organes se divisent en deux grands groupes :
✓ ceux liées au Conseil des droits de l’homme ;
21
✓ ceux qui sont créés par des traités internationaux ou des conventions
(appelés organes de traités ou mécanismes conventionnels)
Il faut néanmoins relever que tous les organes font référence au
même corpus des droits de l’homme. Pourquoi ces deux groupes d’organes ? Des
raisons historiques sont à l’origine de cette division, le but ultime étant de
renforcer la protection des droits par différents moyens.
Dans les pages qui suivent nous abordons uniquement les
organes de protection des droits de l’homme qui dépendent du Conseil des droits
de l’homme, en dernier lieu, les organes créés par certaines conventions
internationales, les instruments ayant été étudiés dans le premier chapitre.
III.1. Introduction aux organes de protection
La promotion et la protection des droits de l'homme sont l'une des
préoccupations majeures de l'Organisation des Nations unies (ONU) depuis 1945.
Comme l'Assemblée générale l'a déclaré dans la Déclaration universelle des droits
de l'homme, le respect des droits de l'homme et de la dignité humaine "est le
fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde". Au fil des
années, tout un ensemble d'instruments et de mécanismes de défense des droits de
l'homme a été mis en place pour assurer la primauté de ces droits et s'attaquer aux
violations dont ils font l'objet, où qu'elles se produisent.
Pour protéger les droits de l'homme, les Nations Unies ont
institué un ensemble de mécanismes de protection qui peut être divisé en deux
grands groupes : ceux liées au Conseil des droits de l’homme et ceux qui sont
créés par des traités internationaux ou des conventions (appelés organes de
traités ou mécanismes conventionnels). Pour mémoire, en 2006, l'Assemblée
générale a créé le Conseil des droits de l’homme pour remplacer la Commission des
droits de l'homme. Le Conseil des droits de l'homme est une entité distincte du
Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH). L'Assemblée générale a confié
des mandats différents à ces deux organismes. Toutefois, le HCDH apporte son
soutien à l'organisation des réunions du Conseil des droits de l'homme et au suivi de
ses délibérations.
A. L’Assemblée Générale de l’ONU
L'Assemblée générale est le principal organe délibérant,
directeur et représentatif de l'Organisation des Nations unies. Composée de
représentants de 192 Etats membres, elle offre un forum multilatéral de discussion
unique sur tout l’éventail des questions internationales abordées dans la Charte.
L’Assemblée générale (AG) tient chaque année une session ordinaire intensive de
septembre à décembre, qui peut, au besoin, se prolonger au-delà de cette période.
L’Assemblée générale examine les questions relatives aux droits
de l'homme dont elle est saisie par sa troisième Commission et par le Conseil
économique et social (ECOSOC). Elle demande l'élaboration d’études et fait des
recommandations en vue de développer la coopération internationale dans le
domaine politique, d’encourager le développement progressif du droit
22
international et sa codification, de faciliter pour tous la jouissance des droits de
l’homme et des libertés fondamentales et de favoriser la coopération
internationale dans les domaines économique, social, humanitaire, de la culture
intellectuelle et de l’éducation, ainsi que de la santé publique.
B. Le Conseil Economique et Social
Le Conseil économique et social (ECOSOC), qui est composé de
représentants de 54 pays membres élus par l’Assemblée générale pour trois ans,
coordonne les activités économiques et sociales du système des Nations Unies.
Instance suprême pour l’examen des questions économiques et sociales
internationales et la formulation de grandes orientations, il est le principal artisan
de la coopération internationale pour le développement. Il sert d’instance
principale pour l’examen des questions économiques et sociales internationales et
pour l’élaboration de recommandations pratiques sur ces questions à l’intention
des États Membres et du système des Nations Unies dans son ensemble. Il tient par
ailleurs des consultations avec plus de 2000 organisations non gouvernementales
(ONG), maintenant ainsi un lien indispensable entre l’ONU et la société civile.
Pour l’aider dans ses travaux, l'ECOSOC a institué divers organes
subsidiaires : 14 institutions spécialisées de l’ONU, des commissions techniques et
cinq commissions régionales. Ces organes traitent de questions telles que le
développement social, la condition de la femme, la prévention de la délinquance
et le développement durable. Parmi ces organes se trouvent l’ancienne Commission
des droits de l'homme (1946-2006), la Commission de la condition de la femme et la
Commission pour la prévention du crime et la justice pénale, par exemple.
C. La Commission des Droits de l’Homme
La Commission des droits de l'homme (CDH) était, jusqu'en mars
2006, l'organe suprême des Nations unies. Créée en 1946, elle comprenait des
représentants de 53 Etats-membres, élus pour trois ans et représentant les cinq
continents. Elle siégeait chaque année à Genève pendant six semaines, au
printemps (mars-avril). Des experts indépendants lui soumettaient des rapports sur
les abus commis, soit par des pays, soit dans des domaines particuliers (torture,
disparitions forcées, détention arbitraire, droits de la femme ou de l'enfant, etc.).
La Commission des droits de l'homme s'était dotée de plusieurs organes
subsidiaires, dont la Sous-commission de la promotion et de la protection des droits
de l'homme. Composée de 26 experts, la Sous-Commission a créé des groupes de
travail chargés de l'aider dans certaines de ses tâches.
D. Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) fait partie
du Secrétariat des Nations Unies et a son siège à Genève. Il a pour mandat de
promouvoir et protéger la jouissance et l’application par toutes les personnes de
tous les droits proclamés par la Charte des Nations Unies et dans les lois et traités
internationaux sur les droits de l’homme. Le travail du HCDH repose sur le mandat
que l’Assemblée générale lui a confié dans sa résolution 48/141, la Charte des
Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme et les instruments
23
ultérieurs sur les droits de l’homme. La Déclaration de Vienne et le Programme
d’action de la Conférence des droits de l’homme de 1993.
Le mandat consiste à prévenir les violations des droits de
l’homme, garantir le respect de tous les droits de l’homme, promouvoir la
coopération internationale en vue de protéger les droits de l’homme, coordonner
les activités connexes de l’ensemble des Nations Unies, et renforcer et intégrer les
droits de l’homme dans tout le système des Nations Unies.
Non seulement le HCDH est chargé d’apporter son soutien au
Conseil des droits de l’homme, mais il a encore pour tâche d'aider les secrétariats
des organes de traités à harmoniser leurs méthodes de travail et leurs systèmes de
rapports et de faciliter la tâche des rapporteurs, des représentants et des groupes
de travail.
Outre ces responsabilités inhérentes à son mandat, le Bureau
dirige les efforts visant à incorporer la perspective des droits de l’homme dans
toutes les activités déployées par les organisations des Nations Unies.
E. Le Conseil des droits de l'homme et ses organes subsidiaires
Le 15 mars 2006, l'Assemblée générale des Nations unies a
adopté une résolution permettant la création d'un Conseil des droits de l'homme.
Le Conseil des droits de l'homme remplace la
Commission des droits de l'homme et siège à Genève. Selon le
texte de la résolution, le Conseil est "chargé de promouvoir le respect universel et
la défense de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales,
pour tous, sans aucune sorte de distinction et en toute justice et équité".
Le principe de la création du Conseil des droits de l'homme, "en
tant qu'organe subsidiaire de l'Assemblée générale", avait été décidé par les
dirigeants des Etats membres lors du Sommet mondial de septembre 2005, sur
recommandation de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies.
Les principaux éléments qui distinguent le Conseil de la
Commission des droits de l'homme sont les suivants :
• la résolution 60/251 de l'Assemblée générale instaurant le Conseil des droits
de l'homme (CDH) indique explicitement que les droits de l'homme
constituent l'un des trois piliers des Nations Unies aux côtés du
développement et de la sécurité et de la paix ;
• le Conseil est un organe subsidiaire de l'Assemblée générale. Il a donc un
statut institutionnel plus élevé que celui de la Commission qui était un
organe fonctionnel du Conseil économique et social, car il est au même
niveau que ce dernier qui dépend aussi de l'AG ;
• le CDH tient un minimum de trois sessions durant au moins dix semaines par
an (la Commission des droits de l’homme siégeait pendant 6 semaines), ce
qui devrait renforcer le dialogue et la coopération, et peut se réunir en
24
sessions spéciales à l'approbation d'un tiers de ses membres, si nécessaire et
réagir ainsi plus rapidement à des situations de crise ;
• il se compose de représentants de 47 Etats membres des Nations Unies (la
Commission en comptait 53) élus par l'Assemblée générale à la majorité
absolue pour une période de trois ans et non rééligibles après deux mandats
consécutifs. Après six ans, un Etat doit patienter au moins pendant un an
avant de pouvoir refaire acte de candidature. La nomination s'effectue sur
une base régionale équitable. Les représentations de l'Asie et de l'Afrique y
sont renforcées;
Afin de garantir la crédibilité du nouvel organe, les candidats
au Conseil sont invités à formuler des "engagements volontaires" de respect des
droits de l'homme; en cas de violations graves et systématiques des droits de
l'homme, un membre peut être suspendu par l'Assemblée générale à une majorité
des 2/3.
Le Conseil des Droits de l'Homme dispose en outre d'un nouveau
mécanisme d'évaluation : l'examen périodique universel (EPU) au sein duquel le
respect des obligations en matière de droits humains de tous les Etats, en
particulier ceux qui siègent au sein du Conseil, sera évalué par leurs pairs (peer
review).
L'examen périodique universel (EPU)
La Résolution de l'Assemblée générale 60/251 du 15 mars 2006
instituant le Conseil des droits de l'homme dispose en effet que, de façon à
garantir l'universalité de son action et l'égalité de traitement de tous les Etats, le
Conseil aura pour vocation "de procéder à un examen périodique universel, sur la
foi d'informations objectives et fiables de la manière dont chaque Etat s'acquitte
de ses obligations et engagements en matière de droits de l'homme ; le CDH devant
fonder ses activités sur un dialogue auquel le pays concerné soit pleinement
associé et qui tienne compte des besoins du pays en matière de renforcement de
ses capacités, l'EPU vient compléter l'ouvre des organes conventionnels sans faire
double emploi […]" (résolution 60/251, article 5 (e).
Les objectifs de l'EPU : Les objectifs de l'examen périodique universel sont :
• l'amélioration de la situation des droits de l'homme sur le terrain;
• le respect par l'Etat de ses obligations et engagements en matière de droits
de l'homme et l'évaluation des faits nouveaux positifs et des difficultés
rencontrées;
• le renforcement des capacités de l'État et de l'assistance technique en
consultation avec l'Etat intéressé et avec l'accord de celui-ci;
• la mise en commun des meilleures pratiques entre les Etats et les autres
parties prenantes;
• le soutien à la coopération pour la promotion et la protection des droits de
l'homme;
• l'encouragement à coopérer et à dialoguer sans réserve avec le Conseil, les
autres organes des droits de l'homme, et le Haut-Commissariat.
25
Les procédures spéciales : Rapporteurs spéciaux et Groupes de travail
Pour renforcer le système de protection de l'ancienne
Commission des droits de l'homme, plusieurs mécanismes ou "procédures spéciales"
appelés aussi "mécanismes extra-conventionnels" ont été confiés soit à des groupes
de travail composés d'experts agissant à titre individuel, soit à des personnes
indépendantes désignées, selon les cas, par les expressions "rapporteur spécial",
"représentant spécial" ou encore "expert indépendant".
Dans certains cas, le secrétaire général assume directement des
fonctions analogues de surveillance et de présentation de rapports (on parle alors
de mandats par pays et par thème confiés au secrétaire général). Le Conseil des
droits de l'homme a repris les procédures spéciales de l'ancienne Commission.
Exemples de procédures spéciales :
• Forum des Minorités
• Rapporteur spécial sur le droit à l'éducation
• Groupe de travail sur le droit au développement
Le système des procédures spéciales figure au premier plan de
l'action internationale de suivi de l'application des normes universelles des droits
de l'homme et constitue le moyen dont dispose l'Organisation pour faire face à bon
nombre de violations particulièrement graves qui se produisent dans les situations
les plus critiques. Cette réalité a été pleinement reconnue lors de la Conférence
sur les droits de l'homme tenue à Vienne en 1993, dont le Programme d'action a
souligné l'importance que revêtaient le renforcement et la préservation du système
des procédures spéciales.
Mandat et fonctions des procédures spéciales
Les procédures spéciales ont pour mandat de promouvoir l'application effective des
normes internationales relatives aux droits de l'homme :
✓ dans un pays ou un territoire donné (mécanismes ou mandats par pays) ;
✓ à l'échelle mondiale, sur une question précise (mécanismes ou mandats par
thèmes).
Elles ont pour fonctions principales :
o d’examiner et de surveiller la situation des droits de l'homme dans leur
domaine d’attribution et d’en rendre compte publiquement ;
o d’instaurer un dialogue constructif avec les gouvernements et d’obtenir leur
coopération dans la recherche de solutions aux problèmes que posent
certaines situations concrètes ;
o de formuler des recommandations aux gouvernements sur les moyens
d'éliminer les obstacles au respect des droits de l'homme.
26
Le Comité consultatif
Le Comité consultatif du CDH a été établi pour fournir à celui-ci
des services d'experts, notamment des avis touchant aux questions thématiques
relevant de la compétence du Conseil. Il aura aussi pour mission d'établir des
relations d'interaction avec toutes les parties prenantes des droits de l'homme, y
compris avec les ONG. Composé de 18 experts siégeant à titre individuel, il fait
aussi office de groupe de réflexion attaché au Conseil et travaille sous sa direction.
Il a été mis en place en 2008 et remplace la Sous-Commission de la promotion et de
la protection des droits de l'homme.
Procédure 1503 (violations flagrantes et massives)
Conformément à la résolution 1503 (XLVIII) du Conseil
économique et social en date du 27 mai 1970, le Conseil examine chaque année des
milliers de communications (également appelées plaintes) émanant de toute
personne ou de tout groupe de personnes indiquant l'existence présumée de
violations systématiques des droits de l'homme.
Il s'agit d'une procédure confidentielle.
Les organes conventionnels ou organes de traités
Des comités, organes de surveillance de l'application des traités, ont été créés par
des traités de droits de l'homme ayant pour objet de surveiller les efforts accomplis
par les Etats parties en vue de mettre en œuvre les dispositions des instruments
internationaux. Les comités sont composés d’experts indépendants dont la
compétence est reconnue dans le domaine des droits de l’homme.
Les comités sont actuellement au nombre de 8 :
➢ Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR). Genève.
➢ Comité des droits de l'homme (CCPR). Genève et New York.
➢ Comité contre la torture (CAT). Genève.
➢ Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD). Genève.
➢ Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes
(CEDAW). Genève.
➢ Comité des droits de l'enfant (CRC). Genève.
➢ Comité des travailleurs migrants (CMW). Genève.
➢ Comité des droits des personnes handicapées (CRPD). Genève.
En ratifiant une convention, les Etats contractent des obligations juridiques et
acceptent l’autorité des Comités. Les principales tâches des organes de traités sont
les suivantes :
Tous les comités :
o suivi de la mise en œuvre de leur traité respectif et, le cas échéant, des
protocoles facultatifs (examen des rapports des Etats, rapports et
recommandations) ;
27
o interprétation des articles de la convention qu’ils surveillent (0bservations
générales) ;
Certains comités, selon les dispositions de leur traité ou d’un
protocole facultatif à ce sujet : examen des plaintes individuelles. Des procédures
de dépôt de plaintes sont prévues par plusieurs des instruments internationaux
(voir le descriptif des Comités, page « Organes de traités »).
Ces procédures s'appliquent aux Etats parties qui ont ratifié le
Protocole ou qui ont fait une déclaration au titre de l'article visé (selon le cas) par
laquelle ils reconnaissent la compétence de l'organe de suivi concerné pour
recevoir et examiner des plaintes.
Procédures d’enquêtes
➢ Le Comité des droits de l'homme surveille l'application du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques. Le Comité, qui se
compose de 18 experts indépendants, a été créé en 1976 lors de l'entrée en
vigueur du Pacte. Il se réunit trois fois par an - deux fois à Genève, une fois
à New York.
Le premier Protocole facultatif, entré en vigueur en même temps que le
Pacte, autorise le Comité à étudier les plaintes émanant de particuliers au
sujet de la violation de leurs droits civils et politiques.
Le Comité surveille également la mise en œuvre du deuxième Protocole
facultatif sur l'abolition de la peine de mort.
➢ Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels surveille le Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Le
Comité, qui se compose de 18 experts indépendants de renommée
internationale en ce domaine, a été fondé en 1985, neuf ans après l'entrée
en vigueur du Pacte. Il se réunit à Genève.
En 2008, le Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels s’est doté
d’un protocole facultatif permettant à son Comité de recevoir des
communications individuelles. Adopté en mai par le Conseil des droits de
l’homme, ce protocole facultatif entrera en vigueur trois mois après le
dépôt du dixième instrument de ratification.
➢ Le Comité pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
(CERD) surveille l'application du Pacte international relatif à l'élimination de
toutes les formes de discrimination raciale. Il se compose de 18 experts
indépendants et a commencé ses travaux en 1969 lorsque la Convention est
entrée en vigueur. Il est le plus ancien des organes de surveillance de
l'application des traités. Il se réunit à Genève. Le CERD est également
compétent pour examiner des communications individuelles concernant des
violations des droits inclus dans cette convention.
➢ Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes
(CEDAW), qui se compose de 23 experts indépendants, surveille depuis 1981
28
l'application de la Convention sur l'élimination de la discrimination à l'égard
des femmes. Il se réunit à Genève. Grâce à son protocole facultatif, ce
comité est aussi habilité à traiter les communications individuelles et à
mener des enquêtes.
➢ Le Comité contre la torture (CAT) surveille l'application de la Convention
contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants. Il se compose de 10 experts indépendants et a été créé en 1987.
Il se réunit à Genève. Ce Comité est également habilité à examiner les
communications individuelles et à mener des enquêtes, conformément aux
dispositions de l'article 22 de la Convention. Son protocole facultatif, entré
en vigueur en juin 2006, prévoit l'instauration d'un sous-comité chargé de
mener des visites et des enquêtes sur le terrain.
➢ Le Comité des droits de l'enfant (CRC) se compose de 18 experts
indépendants et surveille depuis 1991 l'application de la Convention relative
aux droits de l'enfant. Il se réunit à Genève trois fois par an. Depuis 2000, il
a également la charge de surveiller l’application des deux protocoles
facultatifs, l’un portant sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et
la pornographie mettant en scène des enfants, l’autre sur l’implication
d’enfants dans les conflits armés.
➢ Le Comité sur les travailleurs migrants (CMW) est un organe composé de 10
experts indépendants qui surveille l'application de la Convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et
membres de leur famille par les Etats parties. Il se réunit à Genève et a tenu
sa première session en mars 2004.
➢ Le Comité des droits des personnes handicapées (CRPD) se compose de 12
experts qui ont pour tâche de surveiller l’application de la Convention
relative aux droits des personnes handicapées. C’est le dernier-né des
organes de traité, puisque la Convention est entrée en vigueur en 2008. Le
comité a tenu sa première session en février 2009.
III.2. Le système africain de protection des droits de l’homme
Voici un aperçu du système institutionnel et des instruments
normatifs pour la défense des droits humains en Afrique.
III.2.1. Le système institutionnel
1. L’Organisation de l'unité africaine (OUA)
Fondée le 25 mai 1963; remplacée par l’Union africaine (AU) en 2002.
L’Organisation de l’unité africaine (OUA) a été créée le 25 mai 1963 par l’adoption
de la Charte de l’OUA, signée à Addis Abeba par tous les Etats africains
indépendants de l’époque, à l’exception du Maroc et du Togo. L’OUA avait comme
principaux objectifs la lutte pour la décolonisation du continent et contre
l’apartheid. Ses missions étaient de promouvoir l’unité entre les Etats africains ;
coordonner la coopération pour le développement ; préserver la souveraineté et
l’intégrité territoriale de ses membres et promouvoir la coopération internationale
dans le cadre des Nations unies. Ses principaux organes étaient la Conférence des
chefs d’Etats et de gouvernements, le Conseil des ministres, le Secrétariat général
ainsi que la Commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage. L’organisation
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a été dissoute le 9 juillet 2002 par son dernier président, Thabo Mbeki. L’OUA a
ensuite été remplacée par l’Union Africaine (UA).
2. L’Union africaine (UA)
En août 1999, la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de l’OUA a
décrété par une déclaration le remplacement de l’OUA par l’Union africaine (UA).
L’UA a été fondée en juillet 2002 par 53 Etats africains à Durban en Afrique du Sud.
Le but de ce changement institutionnel était l’accélération et l’approfondissement
du processus d’intégration régional sur un plan socio-économique. Elle vise
notamment à encourager la coopération internationale en tenant compte de la
Charte des Nations unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme; de
promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité du continent; de promouvoir et
protéger les droits des populations en accord avec la Charte africaine des droits de
l'homme et des peuples et de promouvoir la coopération dans tous les domaines
d’activité humaine pour élever le niveau de vie des peuples africains. L’acte de
fondation de l’UA est le premier traité de droit international qui maintient le droit
d’intervention militaire pour des raisons humanitaires.
Ses principaux organes sont la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement, le
Conseil exécutif, la Commission, le Comité des représentants permanents, le
Conseil de la paix et de la sécurité, le Parlement pan-africain ainsi que la Cour
africaine de justice. L’UA compte actuellement (novembre 2011) 54 membres, dont
deux suspendus (Madagascar et l’Erythrée). Elle siège à Addis Abeba, en Ethiopie.
1. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples est un organe de
l’Union africaine. Elle fut constituée en octobre 1986 par l’OUA selon la Charte
africaine des droits de l'homme et des peuples, un an après son entrée en vigueur.
La Commission a pour but d’assurer la promotion et la protection des droits
humains sur le continent africain. Elle siège à Banjul, en Gambie, et se réunit
normalement deux fois par an.
Avec sa fonction de protection des droits humains, la Commission exerce un rôle
quasi-judiciaire. D’après la Charte de Banjul, il y a deux types de communications
qui peuvent être initiées comme procédure par la Commission : les
communications étatiques (déposées par les Etats membres) et les «autres
communications» (déposées par des ONG ou des personnes). Après qu’une
communication ait été déclarée recevable, la Commission informe le gouvernement
concerné et lui demande une prise de position. Elle sollicite ensuite la Conférence
des chefs d’Etats et gouvernements pour lancer une enquête approfondie. Si cette
demande d'enquête est approuvée, la Commission prépare un rapport qui sera
communiqué aux chefs d’Etats de l’OUA.
2. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples
Le protocole facultatif pour la réalisation d’une Cour africaine
des droits de l’homme a été adopté en 1998 à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Jusqu’en janvier 2004, il avait rencontré une large approbation parmi les Etats de
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l’UA, qui ont été nombreux à le ratifier. La Cour africaine des droits de l’homme
débuta son activité en juin 2006 et fixa son siège à Arusha, en Tanzanie. Onze
juges y siègent, qui ont été élus en janvier 2006 par l’Assemblée générale de l’UA.
Etablie pour élargir et renforcer la Commission africaine des droits de l’homme
dans son travail, la Cour a compétence pour prendre des décisions définitives et
obligatoires sur des violations des droits humains commises dans les différents Etats
de l’UA.
Sa juridiction comprend l’interprétation et l’application de la
Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, le protocole de la Charte
d’établissement de la Cour africaine des droits humains et des peuples, et tout
autre instrument des droits humains ratifié par les Etats parties d’une affaire. Bien
que la Cour africaine des droits de l’homme n’ait encore pas traité son premier
cas, sa création reste pour les personnes concernées une étape importante.
3. Projet pour une Cour africaine de Justice et des droits de l’homme
L’organisation de la Cour de l’Union africaine a été réformée
par un protocole adopté en 2008, qui fusionne la Cour africaine des droits de
l’homme et des peuples et la Commission africaine des droits de l’homme et des
peuples, pour qu’elles fonctionnent ensemble en tant que (nouvelle) Cour africaine
de Justice et des droits de l’homme. Cette nouvelle Cour entrera en vigueur après
15 ratifications (état en janvier 2011 : 22 signatures, dont 3 ratifications).
L’UA a créé en 2003 la Cour africaine de justice. Elle était
destinée à devenir le principal organe judiciaire de l’Union africaine, notamment
pour régler les différents sur l’interprétation des traités de l’UA. Elle devait servir
de Cour pénal du continent.
Reste à savoir quand la nouvelle Cour africaine de justice et des
droits de l’homme entrera en vigueur et pourras débuter son activité.
4. Présence des tribunaux internationaux et régionaux
Signalons la présence de deux tribunaux pénaux internationaux :
- Le Tribunal Pénal International pour le RWANDA siégeant à ARUSHA en
TANZANIE et
- Le Tribunal Pénal International pour la SIERRA-LEONNE.
Signalons aussi la présence des tribunaux régionaux :
- Le Tribunal du Southern African developpement community (SADC)
- La Cour de la CDEAO.
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