0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues15 pages

Rôle et types de structures en bâtiment

Transféré par

fdshhf9jvy
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues15 pages

Rôle et types de structures en bâtiment

Transféré par

fdshhf9jvy
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université de Sousse

Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse

Département : Design Espace


Année universitaire 2021/2022

Lots spéciaux Enseignante: Mme Alya Gallas 2ere année L.D.E G1 et G3

Séance 2
La structure dans le bâtiment: rôle, types et éléments

Objectifs :

 Comprendre le rôle de la structure dans le bâtiment.


 Présenter les différents types de structure adoptée en Tunisie: la structure en béton armé
et la structure métallique.
 Etaler les différents éléments porteurs verticaux et horizontaux en précisant leurs
propriétés, leurs mises en œuvre et leurs fonctions pour assurer la stabilité d'un bâtiment.

I. Définitions:

Un bâtiment est "toute construction destinée à servir d'abri et à isoler : Les bâtiments d'un
monastère, d'une usine."1 Et pour assurer ces fonctionnalités, ce bâtiment doit assuré sa stabilité à
travers une structure ou une ossature bien solide.

Selon le "Petit Robert",

- Stabilité: état d'une construction capable de demeurer dans un équilibre permanent, sans
ruptures, ni tassements, et de résister à des contraintes normales.
- Structure : manière dont un édifice est construit; agencement des parties d'un bâtiment.
- Ossature : ensemble de parties essentielles et résistantes qui soutient un tout.

Alors, "On nomme structure l’ensemble des éléments qui assurent la stabilité
d’un bâtiment. Elle doit pouvoir transmettre les charges appliquées sans rupture ni
déformation. L’objectif est, de ce fait, de véhiculer puis de transmettre les charges et les
surcharges d’une construction donnée, à travers des éléments porteurs, tout en assurant
l’équilibre de l’ensemble, aux fondations qui se chargent à leur tour de les transmettre au sol.
La portance assurée par la structure du bâtiment est constituée de deux parties :
 La superstructure ou partie se trouvant au-dessus du niveau du sol.
 L’infrastructure ou partie située au-dessous du niveau de sol.

1
[Link] Consulté le 10/11/2020.
-Page 1 sur 15 -
La superstructure a pour rôle de reprendre toutes les charges du bâtiment (poids propore, charges
permanentes et d'exploitation et surcharges accidentelles) et de les transmettre à l'infrastructure.

L'infrastructure a pour rôle de reprendre les charges transmises par la superstructure, de les
transmettre au sol d'assise et de résister aux forces qui peuvent exister dans le sol dans laquelle elle se
trouve"2

Dans ce qui suit, nous allons nous intéresser seulement à deux types d'ossatures3, celles utilisées en
Tunisie, la structure en béton armé et la structure métallique(ou dite légère).

II. Structure en béton armé:

Le béton est un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats naturels ou


artificiels agglomérés d'un liant4, qui est le ciment dans ce cas. Ce mélange associé à l'acier permet
d'obtenir le Béton Armé dont l'utilisation dans la structure est très courante.

1. Les éléments d'infrastructure en BA ( les fondations) :

Selon le type du sol d'assise (composition et résistance) et le type de


bâtiment, l'ingénieur génie civil en collaboration avec l'architecte peut
proposer plusieurs types de fondations:

 des semelles isolées5 ou linéaires (filantes)6 sous les poteaux, pour


les sols fermes, associées à des longrines7,
 des semelles continues sous les murs porteurs,
[Link]
2 6/choix-de-fondations-selon-le-type-
[Link] Consulté le 10/11/2020.
3
Il existe, en tout, trois types de structure : en bois, en béton armé ou métallique.
4
Le liant est "un composé minéral (chaux, plâtre) qui provoque le durcissement d'un mortier, dont la prise s'opère par exposition à l'air.", selon le
dictionnaire "Le Petit Robert".
5
"La semelle isolée, ou semelle ponctuelle selon les appellations, désigne une fondation qui va être placée sous un poteau. Cette
dénomination vient du fait que, contrairement à la semelle filante ou le radier, ces fondations ne sont pas continues sous la structure mais
sont localisées à des endroits bien précis de la structure (généralement sous des poteaux). De plus, on considère en général que les charges qui
lui sont appliquées sont ponctuelles (centrées ou non par rapport à l’axe de ce poteau) ce qui explique pourquoi on les appelle aussi semelle
ponctuelle.", [Link] le 11/11/2020.
6
"On entend par semelle filante une semelle qui est continue. On cite deux utilisations pour ce type de semelle : supporter plusieurs colonnes
ou bien un mur porteur. Un des principaux avantages de ce type de semelle est qu’elle est mieux adaptée à des sols moins homogènes, car la
surface de contact est plus importante ce qui limite le risque de tassement différentiel, en d’autres termes, des tassements plus importants à
certains endroits entrainant une instabilité.", [Link] le 11/11/2020.
7
"Une longrine est une poutre en béton armé disposée horizontalement entre ou le long de massifs de fondation et servant à mieux répartir les
charges des éléments supportés (murs, poteaux, dalles) ou/et à les reporter vers des appuis ponctuels (micropieux,…).",
[Link] consulté le 11/11/2020.
-Page 2 sur 15 -
 un radier général8 ou des fondations profondes (les pieux) si le sol de fondations est argileux
ou de mauvaise qualité,

par un plan de fondations.

[Link]
com/2017/07/exemple-de-plan-
[Link]

8
"Le radier: La fondation est ici répartie sur toute la surface du bâti ce qui implique une certaine homogénéité du sol. Comme la charge est
répartie sur une plus grande surface, cela permet de diminuer la contrainte que l’on applique sur le sol. C’est donc une technique relativement
appréciée quand le sol n’est pas de très bonne qualité.", [Link] le 11/11/2020.

-Page 3 sur 15 -
2. Les éléments de la superstructure en BA:

Pour assurer la transmission des différentes charges dans le bâtiment, la superstructure se présente
sous forme d'éléments porteurs verticaux et horizontaux.

a. Eléments porteurs verticaux:

 Le mur porteur :

Il est la forme la plus ancienne de superstructure. Il se


présente soit en maçonnerie de pierre ou en voile de
béton armé (le plus courant aujourd'hui). Cet élément de
structure joue un double rôle : il assure la stabilité du
bâtiment et aussi son enveloppe.
Mur en pierre
NB: Un mur porteur présente deux contraintes à prendre en
[Link]
considération lors d'un réaménagement d'un espace : om/2015/08/exemple-de-
- il ne peut en aucun cas être déplacé; calcul-de-ferraillage-
[Link]
- la surface des ouvertures reste très limitée.
Ferraillage de voile
 Les poteaux : en béton.

Les poteaux sont des éléments verticaux en béton armé, qui constituent des points d'appuis
transmettant les différentes charges que supporte le bâtiment aux fondations. Généralement, ils sont
organisés selon une trame constituée par leurs entre-axes (voir le plan de fondation ci-dessus).

b. Eléments porteurs horizontaux:

L'ensemble de ces éléments se présente sous forme d'une seule entité qui n'est que le plancher. Et c'est
un "ouvrage, originairement en charpente recouverte de planches, formant plan de séparation horizontal
entre deux étages d'un bâtiment." 9 Il se présente essentiellement sous forme de dalle pleine ou de
dalles à corps creux constituées de poutres et de nervures.

Parmi les principales fonctions que rempli un plancher :


- supporter et transmettre les charges verticales dans un bâtiment (permanentes et d’exploitation),
- lier les éléments structuraux verticaux afin d'améliorer leur stabilité et rigidité,
- contribuer à l'isolation phonique et thermique entre les étages.

 Les dalles pleines :

La dalle pleine en béton armé est constituée essentiellement


d'une double nappe de ferraillage et coulée sur place pour une
épaisseur totale, selon les cas (généralement la surface à
couvrir) comprise entre 15 cm et 25 cm.

9
[Link] consulté le 11/11/20.
-Page 4 sur 15 -
 Les dalles à corps creux :

Les dalles à corps creux sont composés de trois éléments


principaux :

- les corps creux ou "hourdis" servant de coffrage perdu,


- les nervures en béton armé ou précontraint qui assurent la
tenue de l'ensemble et reprennent les efforts de traction grâce
à leurs armatures,
- une chape en béton armé appelée aussi dalle de
compression.

Les nervures et la dalle de compression permettent la bonne répartition des charges et leurs
transmissions aux poutres.

 Poutres : ce sont des éléments horizontaux en béton armé. Elles transmettent les charges
qui leurs sont transmises par les nervures aux poteaux ou aux murs porteurs. Selon les cas,
elles se présentent en: poutres noyées, poutres en retombée et poutres en allège.

 Raidisseurs : ce sont aussi des éléments horizontaux en béton armé auto porteur associés
aux poutres pour augmenter la résistance du plancher à la flexion, au voilement ou au
déversement et donc la stabilité du bâtiment.

 Nervures: appelées aussi poutrelles puisqu'elles ont un rôle comparable aux poutres, mais
avec des dimensions et un ferraillage moins important que ces dernières.

Cette structure
horizontale "dalle à
corps creux" associée
aux éléments de
structures verticaux
"poteaux" est la plus
courante en Tunisie et
porte l'appellation du
"système porteur
poteaux/poutres".

-Page 5 sur 15 -
III. Structure métallique:

Une structure métallique est une structure dans laquelle les appuis, les poteaux et les poutres
sont réalisés en acier.

La naissance de cette structure est le résultat du progrès de la métallurgie aux 17ème et 18ème siècles
d'un côté et l'intérêt des ingénieurs de l'époque aux possibilités offertes par le mélange de fer et de
Carbonne 10 . Justement, ce mélange qui n'est que l'acier propose un large éventail d'éléments de
construction "rigides" et légers pouvant prendre part dans la construction en dégageant de plus
grands espaces (la portée des éléments d'ossature peut atteindre plusieurs dizaines de mètre), et tout
en réduisant les charges transmises aux sol par rapport à une structure en B.A.

La structure métallique se
présente en trois types:
- Les structures en portiques;
- Les structures en treillis;
-Les structures tridimensionnelles
réalisées à partir de tubes ronds
creux (nid d’abeille);

Le choix d'un type de structure métallique par rapport à une autre se fait selon plusieurs facteurs à
savoir la fonctionnalité du bâtiment, les contraintes d’exploitation, les contraintes d’environnement, les
exigences architecturales, ...etc.

Contreventements : Dispositif assurant la stabilité d’un bâtiment,


d’une ossature et s’opposant à la déformation, au déversement ou
au renversement des constructions sous l’action de forces
horizontales.
Diagonale : Barre placée en diagonale dans les panneaux d’une
poutre en treillis ou d’une construction triangulée en général.
Faîtage : Arête longitudinale formée au sommet d’une toiture par
la rencontre des 2 versants.
Panne : Poutre reliant les fermes dans un comble et reportant sur
celles-ci les charge et surcharges transmises directement par les
éléments de la couverture.
Poteau : Elément vertical d’une ossature collectant les charges et
surcharges des poutres qui s’y attachent et reportant sur
l’infrastructure ou les fondations de la
construction.
Versant : Plan incliné d’une toiture.

Composantes d'une ossature métallique

10
"Le fer, élément chimique abondant
Le fer ... Dans la croûte terrestre, on le trouve essentiellement sous forme d'oxydes comme l'hématite (Fe2O3) ou encore
la magnétite (Fe3O4). Les Hommes ont appris à le travailler autour du XIIe siècle av. J.-C., marquant justement le début de l’âge
du fer.
La fonte, un alliage du fer riche en carbone
Dans l'industrie, le fer est rarement utilisé à l'état pur. Il entre dans la composition de plusieurs alliages, l'un des principaux étant
la fonte. Cet alliage est composé de fer et de carbone à hauteur de 2 % à 6,67 %. Lorsque, dans la fonte, le carbone se présente
sous forme de lamelles de graphite, on parle de fonte grise...
L’acier, un alliage fer-carbone
L'acier est l'autre alliage principal du fer. Il intègre lui aussi une part de carbone : entre 0,02 % et 2 % de la masse totale du
morceau d'acier. Une fois trempé, l'acier devient encore plus dur que le fer. Il tient l'essentiel de ses propriétés de sa teneur en
carbone. Lorsque celle-ci augmente, la dureté de l'alliage s'améliore et son allongement à la rupture diminue. L'ajout d'autres
éléments, tels le chrome ou le nickel, permet aussi de modifier les propriétés physiques de l'acier."
[Link] consulté le 20/11/2020.
-Page 6 sur 15 -
1. Les éléments d'infrastructure métallique ( les fondations) :

Base, en fondation, de poteau (HEB). Base, en fondation, de poteau (HEB).


Union rigide. Union semi-rigide.
[Link] [Link]

2.

Base, en fondation, de poteau (HEB). Pied de poteau métallique sur un socle en


Union articulée. béton.
[Link] [Link]

-Page 7 sur 15 -
2. Les éléments de la superstructure métallique:

Comme la superstructure en BA, la construction métallique se caractérise par le système


poteaux/poutres, mais, en offrant plus d'avantages:

 La légèreté : Les constructions en acier sont, en général, plus légères que celles en béton
armé ou précontraint, en bois, en pierre;
 La solidité : Grâce à l’homogénéité des matériaux utilisés en construction métallique.
 La résistance mécanique : Grande résistance à la traction qui permet le franchissement de
grandes portées et bonne tenue aux séismes (résistances à la
traction et à la compression).
 L’industrialisation : La préparation et la mise en forme des éléments de structures en acier
se font en atelier. Ces éléments arrivent sur le chantier prêt à être montés et assemblés. D'où
une installation de chantier réduite et diminution du temps et du cout sur la durée du chantier.
Mais, cela nécessite des techniques et des équipements modernes.
 L’imperméabilité: L’acier se caractérise par son imperméabilité (fluides: liquide + gaz). Mais
il faut faire attention lors de la réalisation des assemblages.
 Les possibilités architecturales : Beaucoup plus étendues qu’en béton et aisément
modifiables avec une grande liberté d'aménagement.
 Le Respect de l'environnement: Bonne gestion des déchets du chantier, facilité du
réaménagement ou de réaffectation suite à la modularité des locaux et, aussi de la démolition
ou la déconstruction.

Mais avec quelques inconvénients:

 La corrosion : L’acier tend à s’oxyder et à se corroder lorsqu’il est soumis à des atmosphères
humides, à des agressions chimiques, à la condensation, qu’il est en contact avec l’eau ou les
sols. La protection peut se faire par l’ajout d’additifs à l’acier, le revêtement périodique de la
surface d’acier avec peinture ou vernis et/ou la sélection de formes de structures sans brèches
et fentes afin de se prémunir des risques de l’humidité et des poussières

 La résistance au feu : Dans la mesure où la structure est déformée par les températures
élevées.

a. Eléments porteurs :

 Les poteaux et les poutres métalliques :

Ils sont généralement sous forme de profilés.

-Page 8 sur 15 -
IPE IPN HEA UPN
De 80 à 600 De 80 à 500 De 100 à 1100 De 80 à 300

Les poutrelles en I utilisées pour résister à la flexion Les poutrelles en H utilisées Les profilés en U sont souvent utilisés
(poutres en générale) surtout pour résister aux comme éléments secondaires (pannes) et
efforts de compression poteaux composés
(poteaux).

 les types de plancher


 Les types de bardages:

Les bardages métalliques sont des parois qui assurent


à la fois :
 la résistance mécanique ;
 l’étanchéité à l’air et à l’eau ;
 l’isolation thermique et acoustique ;
 l’esthétique.

-Page 9 sur 15 -
 Types d'assemblage:

L’assemblage est de relier les éléments linéiques de la structure (profilés métalliques) de façon à respecter
le schéma de conception qui a été choisi. Les assemblages doivent avoir une résistance suffisante pour
transmettre les sollicitations et une rigidité suffisante. Il y a deux types:

Les assemblages boulonnés : cette technique autorise une grande rapidité de montage sur le chantier
et ceci à un coût très économique.

Les assemblages par soudure : Ils sont destinés aux liaisons permanentes.
On réalise une continuité de matière entre les éléments à assembler.

-Page 10 sur 15 -
Pour en savoir plus
( [Link] consulté le 02/12/2020)

Matériau : le fer dans la construction


Le fer se trouve à l’état naturel dans des roches (minerais) contenant des oxydes de fer. À partir
de l’Âge du fer (XII siècle avant J.-C. dans le sud de l’Europe), on sait l’extraire en le chauffant
e

pour fabriquer outils, armes et ustensiles.


Le fer intervient très tôt dans la construction, sous forme de pièces qui maintiennent les matériaux
de base (bois, pierre), puis pour des éléments de décoration. Ce n’est qu’au XIX siècle, avec la
e

Révolution industrielle, qu’il devient un composant fondamental des nouvelles constructions. Le


XX et le XXI siècles renforcent cette tendance et ont massivement recours au fer et à l’acier.
e e

Vulcain par Robinet Testart

Antiquité

Fabrication
Pendant l’Antiquité et jusqu’à la fin du Moyen Âge, on extrait le fer en faisant chauffer des
couches superposées de minerai de fer et de bois ou charbon de bois. Dans ces « bas fourneaux »,
les températures obtenues ne sont pas très élevées et le métal devient pâteux. Il est ensuite martelé
par le forgeron pour être débarrassé de ses impuretés.
Usage
C’est pourquoi le fer reste alors produit en petite quantité, que l’on utilise pour fabriquer de petits
objets (armes, outils…). On y a parfois recours dans la construction, mais seulement pour de
petites pièces : agrafes, chaînes, ancres… qui permettent de maintenir les pierres entre elles.
Dans la Grèce antique, des barres métalliques peuvent venir renforcer la structure des temples de
Forgeron
marbre. Cette technique de la pierre agrafée ou « pierre armée » perdure jusqu’au XIX siècle.
e

Mythologie
Dans la mythologie grecque, Héphaïstos est le dieu du feu, du fer, et donc des forgerons. Les Romains le rebaptisent Vulcain. Fils
de Jupiter, le roi des dieux, et de Junon, sa femme, il naît difforme et est aussitôt renié par sa mère qui le précipite du haut de
l’Olympe, la montagne des dieux. Sa chute se termine dans la mer, où il est sauvé et recueilli par Thétis et Eurynomé, les filles
d'Océan. Pendant neuf ans, il habite dans une grotte et apprend à forger, grâce au feu d’un volcan, des boucles, des agrafes et des
bijoux.

Moyen Âge

Au Moyen Âge, des poutres de fer servent de renfort aux charpentes de bois des maisons, surtout
citadines, qui comptent plusieurs étages.
Mais le fer est aussi indispensable dans la serrurerie ou pour fabriquer certains éléments comme la
herse (grille de défense de la porte) des châteaux forts ou les grilles qui en protègent les ouvertures.

-Page 11 sur 15 -
Portail de la basilique Saint-Denis
Sur les chantiers des cathédrales et des églises gothiques, le fer est bien présent. On estime que chaque bâtiment en compte
plusieurs dizaines de tonnes. Ce matériau intervient sous plusieurs formes :

 de simples agrafes entre les pierres, ou des étriers et des chevilles dans la charpente ;
 de gros tirants de fer : poutres métalliques consolidant les structures de pierre ou les charpentes de bois ;
 les barlotières de vitraux : des traverses en fer qui maintiennent les panneaux de vitrail à la maçonnerie. D’après certaines
estimations, les vitraux emploient près de 50 % du fer des cathédrales ;
 des structures de consolidation, appelées « chaînages » : emboîtement de barres de fer qui enserrent une partie du
bâtiment et stoppent les poussées latérales qui pourraient le faire effondrer. Un tel chaînage a été mis en place en urgence
dans la cathédrale d’Amiens qui menaçait de s’écrouler. Des systèmes de chaînage plus réduits, enfouis dans la
maçonnerie ou apparents, peuvent aussi encercler les tours.

Les artisans du métal, forgerons, serruriers et ferronniers étaient donc omniprésents sur le chantier des cathédrales, qu’on imagine
parfois à tort faites uniquement de pierre et de bois.

Renaissance

La technique du haut-fourneau, permettant des températures élevées,


existe en Chine depuis le Ve siècle. Mais en Occident, il faut attendre
le début du XV siècle pour qu’apparaissent des hauts-fourneaux de
e

taille encore modeste, couplés à un moulin à eau actionnant un soufflet


(« soufflet hydraulique »). Ce dispositif permet d’obtenir un métal sous
forme liquide, facile à mouler : c’est la fonte (mélange en fusion
composé de fer et de carbone).

De la Renaissance au XVIIIe siècle : le fer devient décoratif

À partir de la Renaissance, la ferronnerie n’est plus utilisée seulement comme protection


visant à renforcer le bois ou la pierre. Elle devient un élément décoratif à part entière,
employée pour les balustres, les rampes d’escaliers ou les balcons, balconnets, garde-
corps et même parfois pour les colonnes. Ainsi au château de Versailles, elle s’orne de
motifs dorés ou argentés particulièrement remarquables.
Au XVIII siècle, le style baroque met particulièrement la ferronnerie à l’honneur.
e

XIX siècle
e

Le XIX siècle est l’âge d’or du fer dans la construction, en


e

raison des progrès des techniques de la sidérurgie. Le métier de


métallier apparaît alors

La fabrication
Le minerai est désormais fondu avec de la houille dans des hauts-fourneaux qui permettent d’atteindre
des températures élevées, et de produire en quantité.

-Page 12 sur 15 -
En 1807, 300 hauts-fourneaux produisent 450 000 tonnes de fonte en France.

Selon le taux de carbone, on obtient différents produits :

La fonte : produit brut du haut-fourneau, elle est dure et cassante. On peut la mouler dans toutes les formes souhaitées. Elle résiste
mal à la flexion, mais parfaitement à la pression : c’est pourquoi la fonte est largement utilisée pour les colonnes et les éléments
décoratifs.
Le fer : il est obtenu par décarburation (élimination d’une partie du carbone) de la fonte, ce qui contribue à le rendre plus résistant
à la traction et malléable. Le fer est utilisé, sous forme de poutres, pour les charpentes et les structures, en raison de sa solidité.
L’acier : L’acier est un alliage métallique composé de carbone et de fer, obtenu par affinage de la fonte (procédé Bessemer,
1856). La transformation de la matière se déroule dans les hauts fourneaux : on porte le minerai de fer et le coke à une température
de 1 500°. Le coke se consume et le fer se charge de carbone : on obtient de la fonte. La fonte, alors à l’état liquide, est versée sur
de la ferraille, où le carbone est finalement éliminé. Cette opération aboutit à la naissance de l’acier, que l’on peut enrichir de
nickel, de chrome ou autre en fonction de l’usage que l’on en fera (bâtiment, construction automobile, etc.). L'acier est d’abord
réservé à la construction mécanique et aux armements. Peu utilisé dans la construction avant 1890, c’est pourtant un matériau très
dur, résistant et ductile (qui peut se déformer sans casser).

La standardisation des éléments métalliques : l’exemple de la « ferme Polonceau »


Fondues dans des moules, vendues sur catalogue, les pièces
nécessaires à la construction d’un édifice à structure métallique sont
standardisées.
En 1836, l’ingénieur Camille Polonceau invente pour la charpente
d’un petit hangar une pièce triangulaire de fer et de bois, puis de
profilés d’acier et de fonte, connue sous le nom de « ferme
Polonceau ». Cette pièce très légère résiste aux tractions et aux
pressions en œuvre dans une charpente. Elle est employée dans de
nombreuses gares.

Les qualités du métal dans la construction

 Il résiste au feu. Dès 1830, tous les combles des théâtres parisiens sont en fer à cause
du danger permanent que représente l'éclairage aux bougies puis au gaz.
 Il est solide. Sa solidité et sa résistance sont beaucoup plus élevées que celles du bois
ou de la pierre.
 Il est imputrescible (il ne pourrit pas), si on l’entretient bien.

Usages

L’industrialisation de la production du fer débute véritablement vers 1840-1850. Elle entraîne


une réflexion sur le renouvellement des techniques de construction, et favorise progressivement
l’usage du fer et de la fonte sur les nouveaux chantiers.
Charpente en fer et fonte de fer,
Mais l’architecture de fer ne s’impose pas en même temps dans tous les bâtiments.
Théâtre Alexandrin, Saint Pétersbourg

-Page 13 sur 15 -
 Le métal est d’abord utilisé pour les charpentes : parce qu’il les protège du feu, mais aussi parce que ce matériau nouveau
dérange encore. Dissimulé sous la couverture, il échappe aux regards !
 Les colonnes de fonte qui permettent d’ouvrir de vastes espaces sans mur s’imposent dans les gares, les usines, les
marchés couverts ou les grands magasins… Le premier bâtiment à afficher au grand jour sa structure métallique est une
usine, située en région parisienne et non au cœur de Paris : la chocolaterie Menier à Noisiel, construite en 1871.
 Les planchers en métal s’imposent d’abord dans les théâtres quand une ordonnance interdit de les construire en bois pour
éviter les risques d’incendie.
 De nombreux ponts sont également construits tout en métal, ou selon une technique mixte pierre-métal. Le pont des Arts
à Paris est le premier pont français construit en fonte.
 Ce n’est que dans le dernier tiers du XIX siècle que l’architecture de fer conquiert des bâtiments plus prestigieux comme
e

les musées ou les bibliothèques. L’exposition universelle de 1889 dont la tour Eiffel est la vedette sert de déclencheur.
Pourtant, certaines constructions restent cachées derrière un parement de pierre qui donne à l’édifice une allure plus
classique, par exemple la façade extérieure du Grand Palais. L’intérieur affiche en revanche sa structure de fer et de verre.

Un événement particulier a probablement accéléré la diffusion du métal dans le secteur de la construction : la grève des
charpentiers parisiens qui se prolonge durant de longs mois en 1845. Privés de bois, les entrepreneurs ont alors recours au fer pour
pouvoir achever les constructions commencées, contribuant ainsi à vulgariser ce qui était encore un matériau d'exception.

Le fer et le verre
L’allié du fer dans la construction est le verre, qui « remplit » en toute transparence les légères
structures métalliques. On voit alors apparaître des galeries marchandes éclairées par la lumière du
jour, des serres gigantesques comme celles du Jardin des Plantes à Paris. L’exemple le plus
spectaculaire de cette association est le Crystal Palace de Londres, qui abrite l’exposition
universelle de 1851.

Le fer investit les habitations privées


L’architecture de fer s’impose d’abord dans les bâtiments publics ou industriels. Les immeubles et
les maisons privés ont surtout recours au fer pour leurs balcons ou parfois leurs portes d’entrée.
Mais en 1882, un décret autorise à Paris les constructions en saillie (qui débordent du plan vertical)
de 80 cm maximum à partir d’une hauteur de 5,75 m. Cette disposition répond à une attente des
constructeurs mécontents de la monotonie des alignements haussmanniens.
Naissent alors les immeubles avec « bow-windows » (ou oriels), fenêtre en surplomb au-dessus
Portail du Castel Béranger, Paris
de la rue, qui apportent clarté et espace supplémentaire. Léger et peu volumineux, le fer s’adapte
bien à la réalisation de ces éléments de façade, qui peuvent être de formes diverses : rectangulaires, en courbe…
Encouragé par l’Art Nouveau
Avec l’Art Nouveau qui naît à la fin du XIX siècle, le fer s’impose tout naturellement dans ce courant qui cherche à renouveler
e

l’esthétique des différents domaines (les arts appliqués comme l’ameublement, la peinture, l’architecture…).
L’Art Nouveau s’inspire des formes de la nature, en particulier des lignes végétales sinueuses et asymétriques. Le fer est alors
largement employé dans des décorations (rampes, ferronnerie, vitraux) qui prolongent sans rupture la structure métallique des
bâtiments. Ce style séduit par sa luminosité et son originalité. Il est adopté dans de nombreux immeubles d’habitation et maisons
privées.

-Page 14 sur 15 -
La naissance des gratte-ciel
En 1871, le centre de Chicago est ravagé par un incendie. La reconstruction est l’occasion d’édifier des bâtiments en hauteur. La
structure des premiers bâtiments est en fonte, avec des façades de pierre. Cette combinaison très lourde, où la pierre comme le
métal sont porteurs, ne permet pas de dépasser les 17 étages.
Il faut attendre l’emploi de l’acier pour élever des bâtiments plus légers et plus hauts. Le premier gratte-ciel est, en 1885, le Home
Insurance Building. Sa structure est en acier ; son mur de pierre est un « rideau » qui habille l’ensemble mais ne soutient pas.
Chicago devient ainsi la capitale de l’architecture moderne, et on parle d’« école de Chicago ».

-Page 15 sur 15 -

Vous aimerez peut-être aussi