Les Cahiers du Sahara Marocain Numéro : 10
En marge du XXe Sommet de l’OUA à Addis Abéba
Le Sahara Marocain
et la légitimité
Février 1985
Nouvelle édition
à l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche Verte
[Link] 10 Novembre 2015
Les Cahiers du Sahara Numéro: 10
En marge du XXe Sommet de l’OUA à Addis Abéba
Le Sahara Marocain
et la légitimité
Février 1985
Nouvelle édition
à l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche Verte
Novembre 2015
Sa Majesté le Roi Hassan II lors d’une visite aux Provinces du Sud
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Feu S.M Mohammed V avec les leaders africains lors de la Conférence
de Casablanca en 1961
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INTRODUCTION
Les péripéties qu’a connues l’affaire du Sahara
Marocain, depuis la glorieuse épopée qui a consacré
le retour de nos provinces du Sud au sein de la mère
Patrie, ont été marquées comme on le sait par les
rebondissements et des situations critiques sciemment
entretenues par les ennemis de l’intégrité territoriale
du Maroc. L’affaire du Sahara a défrayé la chronique
par des développements spectaculaires qui ont eu des
répercussions aussi diverses que confuses sur le plan
africain et international.
Le Maroc, fort de son droit et fermement attaché a
ses traditions arabes et islamiques devait affronter les
différentes manœuvres et agressions qu’il a su déjouer
grâce à sa détermination, à la clairvoyance et à la
sagesse de son Roi, et à la bravoure des Forces Armées
Royales.
Il est vrai que tout un peuple s’est mobilisé derrière son
Roi pour briser les velléités belliqueuses de l’adversaire,
et dénoncer ses véritables intentions d’hégémonie.
Le Maroc a agi ainsi, convaincu que la légitimité est de
son côté et conscient du bien fondé de sa position.
Les événements ont démontré parallèlement la volonté
de notre pays d’œuvrer par les moyens pacifiques pour
résoudre le litige, soucieux qu’il est de la nécessité de
sauvegarder l’unité des rangs arabes et africains et de
maintenir hors des tourmentes et de l’effervescence la
région du Maghreb Arabe.
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C’est précisément dans cette optique, que le Maroc,
par la voix la plus autorisée, celle de Son Roi, a proposé
à Nairobi I et II, l’organisation d’un référendum libre et
sincère dans le Sahara, afin d’administrer la preuve s’il
en était encore besoin, de la marocanité du Sahara et
de l’attachement de ses habitants a leur mère patrie.
Les manœuvres n’ont fait alors que redoubler et les
complots s’intensifier, visant au delà de notre pays,
à saper les fondements mêmes de la communauté
africaine et la menaçant de dislocation. Les agissements
irresponsables ont atteint alors leur paroxysme à Addis
Abéba, lorsque les protagonistes ont permis l’«irruption»
de la « RASD » dans l’enceinte de l’Organisation
panafricaine, ce qui a entrainé inéluctablement le
retrait du Maroc de la dite Organisation.
Ce faisant, notre pays a voulu démontrer que l’OUA a
failli à ses obligations, a dénoncé sa propre charte et
partant a piétiné la légalité même.
Comme il fallait s’y attendre, la décision du Maroc a
recueilli l’unanimité du peuple marocain.
Le Maroc devait engager alors une autre bataille, cette
fois-ci devant la 4ème commission de l’O.N.U. Sa thèse a
été développée avec force détails et arguments qui
ont éclairé davantage l’opinion internationale.
La résolution qui y a été adoptée, a été par la suite très
largement analysée et explicitée devant la chambre
des représentants, par le Conseiller de Sa Majesté le
Roi, M. Ahmed Reda GUEDIRA, qui avait lui-même
auparavant représenté le Souverain aussi bien devant
les assises de l’OUA à Addis Abéba que devant la 4ème
Commission de l’ONU.
-8-
Ceci dit, la publication que nous proposons d’éditer
à l’intention de l’opinion publique et des mass média,
constitue un recueil de documents de synthèse sur la
position du Maroc, et une rétrospective des différentes
prises de position de notre pays depuis la Conférence
d’Addis Abéba et des réactions enregistrées aussi bien
sur le plan national qu’international. Ces documents
relateront entre autres, les faits marquants de la session
historique tenue par la Chambre des Représentants et
aussi traduisent éloquemment l’expression populaire
authentique.
La publication reproduit également le film des débats
qui se sont déroulés devant la 4ème Commission de
l’ONU, le vote qui en a suivi et qui constitue à juste
titre une vision nouvelle de la question sur l’échiquier
international.
Cette brochure qui comporte, nous l’avons dit, un
recueil de tout ce qui a été dit devant les instances
internationales, fait ressortir en tout cas deux réalités
tangibles :
1. L’attachement constant du Maroc à la légalité
internationale dans tous les actes qui ont trait à
son intégrité territoriale.
2. L’indéfectible Union nationale autour de Sa
Majesté le Roi pour une plus grande mobilisation
qui permettra de faire face à toutes les
éventualités sur tous les plans, militaire, politique
ou diplomatique.
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Aperçu historique sur l’affaire du Sahara durant les
dix dernières années : 1974-l984
* 5 juillet 1974
S.M le Roi adresse un message au Général Franco
le mettant en garde contre toute action entreprise
unilatéralement par l’Espagne quant à l’avenir du
Sahara Marocain et l’avertissant de la gravité de la
situation qui pourrait en découler.
* 8 juillet 1974
Le Maroc décide de recourir à la Cour Internationale
de Justice pour émettre un avis consultatif après
approbation de l’Assemblée Générale des Nations-
Unies.
* Mai 1975
Le Maroc soumet à la Cour Internationale de Justice
les documents et notes concernant l’avis consultatif
requis.
* 16 octobre 1975
La Cour Internationale de Justice donne son avis
consultatif dans lequel elle confirme l’existence de liens
d’allégeance entre le Maroc et les tribus sahraouies.
S.M le Roi annonce l’organisation de la Marche Verte
avec la participation de 350.000 volontaires (hommes
et femmes) représentant toutes les provinces du
Royaume.
- 10 -
* 6 novembre 1975
Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies invite le
Maroc et l’Espagne à entreprendre des négociations
conformément à sa résolution 380.
S.M le Roi ordonne aux volontaires de la Marche Verte
de se diriger vers le Sahara.
* 14 novembre 1975
Signature de l’accord de Madrid au terme duquel il a
été mis fin à la colonisation du Sahara par les espagnols.
Cet accord a été entériné par l’Assemblée Générale
des Nations-Unies et par la « Jmâa Sahraouie ».
* 5 juillet 1976
L’affaire du Sahara a été soulevée pour la première fois
lors du 13ème Sommet africain tenu à l’Ile Maurice. Le
sommet a refusé de reconnaître le soi-disant « Polisario
» comme mouvement de libération.
* 1977
L’OUA décide au cours de son 14ème sommet à Libreville
(Gabon) de tenir une session extraordinaire consacrée
à l’affaire du Sahara. Cette session n’a pas eu lieu.
* 1978
Un « Comité Ad hoc » a été constitué lors du 15ème
Sommet africain de Khartoum (Soudan) en vue de
trouver une solution pacifique au conflit du Sahara.
- 11 -
* 1979
Le « Comité Ad-hoc » présente au 16ème sommet de
l’OUA tenu à Monrovia (Libéria) son rapport sur l’affaire
du Sahara. Aucune décision n’a été prise à ce sujet.
* 14 août 1979
Les habitants de la Province de Oued Ed-Dahab
renouvellent leur serment d’allégeance à S.M le Roi.
* 24 juin 1980
Le Maroc soumet une note au Secrétaire Général de
l’OUA lui expliquant que la pseudo « RASD » n’étant
pas Etat indépendant et souverain ne peut prétendre
être admise au sein de l’Organisation. De ce fait, le
Maroc pose une question préjudicielle et demande
au secrétaire général de se référer à l’article 27 de
la charte de l’OUA relatif à l’interprétation de ladite
charte.
* Juillet 1980
17ème Sommet de l’OUA à Freetown (Sierra Léon). Le
sommet décide de confier au Comité ad-hoc l’examen
de la question aussi bien en ce qui concerne la motion
préjudicielle déposée par le Maroc que de l’admission
de la pseudo « RASD ».
* Juin 1981
S.M le Roi Hassan II déclare devant le 18ème Sommet
africain de Nairobi (Kenya) que le Maroc accepte
l’organisation d’un référendum au Sahara. La décision
du Souverain a été accueillie avec enthousiasme par
les membres de l’Organisation Panafricaine.
- 12 -
Le Sommet a chargé le « Comité de mise en œuvre» de
veiller à l’application du cessez-le-feu et à l’Organisation
du référendum.
* Août 1981
Le « Comité de mise en œuvre » se réunit à Nairobi pour
discuter des modalités relatives au cessez-le-feu et de
l’organisation du référendum.
* Février 1982
2ème réunion du « Comité de mise en œuvre » à Nairobi:
approbation des modalités concernant le cessez-le-
feu et l’organisation du référendum, le Président en
exercice de l’OUA devait en fixer les dates.
19 pays africains se retirent de la 38ème session des
Ministres Africains des Affaires étrangères tenue à Addis
Abéba en signe de protestation contre les manœuvres
du secrétaire général visant à introduire la pseudo
« RASD » au sein de l’OUA.
* 27 septembre 1983
S.M le Roi réaffirme devant la 38ème session de
l’Assemblée Générale de l’ONU la décision du Maroc
d’accepter l’organisation d’un référendum au Sahara
et s’engage à se conformer aux résultats qui en
découleront.
* 12 novembre 1984
Retrait du Maroc de l’OUA après l’admission de
la prétendue « RASD » au sein de l’organisation
panafricaine.
- 13 -
Départ de la Marche Verte le 6 novembre 1975
- 14 -
Position du Maroc avant
le XX ème sommet de l’OUA
Avant la tenue du XXe Sommet de l’Organisation de
l’Unité Africaine à Addis Abéba, S.M le Roi Hassan II a
annoncé dans le discours prononcé à l’occasion du 9ème
anniversaire de la Marche Verte et au cours des deux
interviews accordées respectivement au quotidien
français « Le Monde » et à l’ « Union Internationale des
Journalistes et de la Presse de langue française » le
retrait du Maroc de l’OUA si la prétendue « RASD » y
était admise.
L’Organisation panafricaine perdrait de sa crédibilité
en admettant une « république » qui n’existe que dans
l’imagination de ceux qui l’ont créée. Fort de ses droits
légitimes, le Maroc « ne peut aller au delà de ce qu’il a
concédé », déclare S.M le Roi qui ajoute : « les instructions
que Je donnerai à la délégation qui Nous représentera
à Addis Abéba seront-elles fermes et claires. Voici ce
que nous dirons : « Vous avez demandé un référendum
et le cessez-le-feu. Nous avons accepté à Nairobi II,
lors d’une réunion restreinte, on a fixé les modalités de
déroulement de la consultation, mais nous ne saurions
en faire plus. Si on demande au Maroc plus que ce qu’il
a accepté, il ferra place à qui lui succédera tout en
souhaitant à l’OUA longue vie et succès ».
Evoquant les engagements du Maroc envers les
résolutions de l’OUA, S.M le Roi a réaffirmé : « Si le Maroc
se retire, il se retirera physiquement et moralement. Mais
il restera lié par les résolutions de Nairobi I et II et par
les engagements pris aux Nations-Unies concernant le
référendum d’autodétermination au Sahara ».
- 15 -
Ainsi le Maroc a voulu éviter l’éclatement de I’OUA en
acceptant l’organisation d’un référendum dans ses
provinces récupérées, même si les réalités historiques,
naturelles, juridiques et humaines témoignent de la
marocanité du Sahara de part les liens ancestraux
et traditionnels existant entre les provinces du Sud et
celles du Nord.
En effet, la plupart des dynasties ayant gouverné le
pays étaient originaires du Sahara et avaient comme
capitales : Fès, Marrakech, ou Rabat.
La marocanité du Sahara a été également confirmée
par l’Assemblée représentative de toutes les tribus
(Jmâa Sahraouie) et par la participation de la
population des provinces récupérées aux différentes
consultations électorales qu’a connues le Maroc
depuis 1976.
La population du Sahara a exprimé aussi et surtout son
indéfectible attachement à la mère patrie par le biais
de l’acte d’allégeance (la Beïa) - conformément à la
loi musulmane et à la coutume marocaine.
De ce fait, « ceux qui prendront ou qui auront pris la
responsabilité de pousser le Maroc jusqu’à cette limite
intolérable, auront pris une responsabilité historique
à l’égard de l’Afrique » affirme S.M le Roi à propos
du retrait du Maroc de l’O.U.A. Le Souverain ajoute
« beaucoup de chefs d’Etat risquent de se trouver
devant une situation dramatique concernant leur
conception de ce qu’ils représentent. Jamais un chef
d’Etat n’a représenté quelque chose de fantomatique,
et siéger avec quelque chose de fantomatique serait
dramatique pour eux ».
- 16 -
Ainsi donc, S.M le Roi Hassan II, a tenu à lever toute
équivoque à la veille du XXe Sommet panafricain
en faisant connaître la position que le Maroc doit
adopter conformément à la légalité et aux usages
internationaux.
- 17 -
Retrait officiel du Maroc de l’OUA
La délégation officielle qui a représenté le Maroc aux
travaux du XXe Sommet de l’O.U.A tenu le 12 novembre
1984 à Addis Abéba se compose de 140 membres.
Conduite par M. Ahmed Réda Guédira, Conseiller de
S.M le Roi, elle comprend outre le Ministre des Affaires
étrangères le Dr Abdelwahed Belkeziz, le Ministre de
l’Information le Dr Abdellatif Filali, le Ministre chargé de
la Coopération et Secrétaire Général de l’Union Arabo-
Africaine M. Abdelwahed Radi, des représentants des
provinces sahariennes récupérées, des partis politiques
et des organisations syndicales.
Au cours de la séance d’ouverture du Sommet, le chef
de la délégation marocaine a prononcé un discours
dans lequel il a évoqué les différentes phases de la
lutte du peuple marocain pour la récupération de ses
provinces spoliées, et a rappelé l’arrêt rendu par la Cour
Internationale de Justice qui a reconnu l’existence de
liens juridiques et d’allégeance entre les populations
du Sahara et les Souverains Marocains.
Voici le texte intégral de la déclaration de M. Guédira :
« Excellences, Messieurs les chefs d’Etat et de
gouvernement, Messieurs les Ministres, Mesdames et
Messieurs,
« Je voudrais tout d’abord adresser mes remerciements
sincères à Monsieur Menguistu Haile Mariam, Président
du gouvernement et du peuple d’Ethiopie, pour
l’accueil chaleureux et l’hospitalité fraternelle qu’ils
nous ont réservés, et surtout les félicitations bien sincères
pour les efforts qu’ils ont déployés afin de permettre à
- 18 -
notre conférence de se tenir et de se dérouler dans les
meilleures conditions possibles.
« Excellences, Mesdames, Messieurs,
Bien des points, bien des problèmes sollicitent votre
attention, et vous allez en aborder l’examen avec
le courage, la lucidité, la clairvoyance et le sens de
responsabilité qui caractérisent chacun de vous et qui
font la fierté et l’orgueil de vos peuples, les peuples
d’Afrique.
« Vous serez guidés dans vos travaux par les objectifs
que notre charte s’est elle-même assignés : promouvoir
le progrès général de nos peuples, renforcer la
compréhension entre eux, et créer les conditions de
paix et de sécurité afin de mieux répondre à leurs
aspirations profondes.
« C’est en tout cas, je puis vous l’assurer, ce que le
Maroc s’est efforcé de faire inlassablement au sein de
notre Organisation de l’Unité Africaine depuis qu’elle a
vu le jour.
« Aujourd’hui comme hier, même de l’extérieur, le Maroc
s’efforce dans l’examen des problèmes qui vous sont
soumis, d’apporter sa contribution dans la recherche
des solutions les plus justes et les plus conformes à la
légalité et à la légitimité.
« Parmi ces problèmes, figure encore, et nous le
déplorons, celui du Sahara occidental.
« Il serait certainement lassant de retracer aujourd’hui
l’historique de ce pénible conflit qui déchire une partie
- 19 -
de notre continent. Nous avons à juste titre cru que le
principe de sa solution ayant été adopté, il ne restait plus
qu’a définir les conditions et les modalités d’application
de cette solution. Tel ne semble malheureusement pas
être l’avis de ceux qui le font resurgir en le reposant
à nouveau dans son intégralité, et en compliquant
même les termes au point de mettre notre organisation
dans l’impossibilité d’y apporter la solution juste qu’il
appelle.
« Pour sa part, le Maroc estime que ce problème n’a
que trop duré et que, constituant souvent un élément
bloquant, il a jusqu’à présent et plus d’une fois,
empêché notre organisation de s’atteler aux tâches
constructives et positives qui sont les siennes et pour
lesquelles nos peuples attendent de chacun de nous
une contribution consciente et responsable.
« Pays profondément africain, soucieux avant tout
d’assurer progrès et bien être aux peuples d’Afrique, le
Maroc souhaite du plus profond de son cœur pouvoir
débarrasser notre organisation de ce nœud qui entrave
son action et qui constitue un obstacle dangereux dans
l’accomplissement de sa noble mission.
« Notre délégation n’est pas venue ici pour plaider à
nouveau la cause marocaine afin de solliciter votre
adhésion à nos thèses et à en assurer le triomphe.
« Tout a déjà été dit, et vous tous, ici présents, connaisse
l’enjeu : et vous tous, sans exception, nous en sommes
certains, saisisse le problème sous tous ses aspects,
comme vous l’appréciez dans sa véritable dimension
et dans toutes ses implications non seulement pour
les vraies parties en conflit, mais pour l’ensemble du
continent.
- 20 -
« Un verset de Coran dit, cependant, que la
remémoration toujours fort utile aux hommes de foi.
« Etant tous hommes de foi, un bref rappel des faits et
des événements ne vous sera donc pas inutile.
« Ainsi, sera-t-il peut-être fait justice de tout ce qui a été
dit, ou chuchoté ou simplement suggéré sur la position
du Maroc dans cette affaire du Sahara.
« L’indépendance du Maroc, en 1956, n’eut pas, comme
chacun sait, pour effet automatique la libération de
l’intégralité de ses territoires. Une grande partie de ceux-
ci demeurèrent en effet sous domination espagnole,
notamment les villes de Sebta et Melilla dans le Nord,
et les provinces d’Ifni, de Tarfaya, de Sakia El Hamra et
de Rio de Oro dans le Sud. Aussi, n’avons-nous jamais
cessé de revendiquer ces territoires, comme nous
n’avons jamais cessé d’exiger leur retour à la mère-
patrie dont ils n’avaient été détachés que par le fait
colonial.
« Et de fait, une partie nous en fut restituée. L’Espagne
nous opposa par contre un refus obstiné quant au
Sahara occidental. Nous nous trouvâmes dès lors
contraints de porter notre contentieux devant la Cour
Internationale de Justice de la Haye. Celle-ci a rendu
son avis consultatif célèbre du 16 octobre 1975. Deux
dispositions de l’avis de la Cour nous paraissent dignes
d’intérêt parce que particulièrement éclairantes.
« Il était notamment demandé à la Cour de dire quels
étaient les liens du Maroc avec le Sahara occidental,
et subsidiairement, de donner son avis sur le droit
à l’autodétermination des populations du Sahara
occidental, conformément à la résolution 1514 du 14
décembre 1960 de l’Assemblée Générale de l’O.N.U.
- 21 -
« Sur le premier point, la Cour, après avoir décrit avec
minutie et force détails le territoire et les populations qui
y vivaient, a déclaré sans ambages : « les éléments et
renseignements portés à la connaissance de la Cour
montrent l’existence, au moment de la colonisation
espagnole, de liens juridiques d’allégeance entre le
Sultan du Maroc et certaines tribus vivant sur le territoire
du Sahara occidental ».
« Sur le second point, la Cour n’était ni moins claire
ni même moins catégorique. Abordant l’examen
du principe d’autodétermination en tant que droit
des peuples et son application en vue de mettre fin
rapidement à toutes les situations coloniales, plaçant
cet examen dans le cadre de l’évolution intervenue
au sein de la communauté internationale durant les
cinquante dernières années, tenant enfin compte du
caractère spécifique du territoire du Sahara occidental
et des populations qui y vivaient, la Cour déclare dans
l’un de ses considérants :
« La validité du principe d’autodétermination, défini
comme répondant à la nécessité de respecter la
volonté librement exprimée des peuples, n’est pas
diminuée par le fait que dans certains cas l’Assemblée
Générale de l’ONU n’a pas cru devoir exiger la
consultation des habitants de tel ou tel territoire. Ces
exceptions s’expliquent soit par la considération
qu’une certaine population ne constituait pas un
« peuple » pouvant prétendre à disposer de lui-même,
soit par la considération qu’une consultation eut été
sans nécessité aucune, en raison de circonstances
spéciales ». Voilà ce qu’a dit la Cour Internationale de
Justice à propos d’un contentieux simple, mais qu’on a
voulu compliquer à souhait afin d’égarer l’Afrique, et à
travers elle, afin de tromper le monde. Il est aujourd’hui
- 22 -
fait appel à votre sagesse, à votre sagacité, à votre
conscience d’hommes responsables du devenir de nos
peuples pour que l’Afrique ne tombe pas dans le piège
qui lui est tendu, et qu’elle ne soit pas inconsciemment
victime de la plus grande mystification que notre
histoire moderne ait connue.
« L’on vous dit que le retour du Sahara au Maroc n’a été
qu’une voie de fait qu’il convient de sanctionner, qu’un
fait du prince et qu’un fait accompli devant lequel
Hassan II, Roi du Maroc, a voulu placer la communauté
africaine et la communauté internationale. Or, à lui seul,
l’avis de la Cour eut amplement suffi pour donner à ce
retour du Sahara au sein de sa communauté d’origine
la base légale nécessaire. Mais le Maroc et son Roi sont
allés plus loin encore dans leur profond attachement
à la stricte légalité et aux principes fondamentaux du
droit et de la justice.
« Refusant de se faire justice à soi-même, refusant
de procéder seul et par lui-même à l’exécution de
la sentence de la Cour, il est aussitôt, conformément
aux recommandations de l’ONU et de son Conseil de
Sécurité, entré en négociations avec l’Espagne en vue
d’aboutir à un accord qui détermine tout à la fois les
conditions de la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour
de la Haye et les modalités qui mettent un terme à la
colonisation, et par conséquent le retour du Sahara
à sa communauté d’origine, et ce n’est qu’après la
conclusion de l’accord de Madrid, et d’accord et
de concert avec l’Espagne d’un côté et de l’autre la
Jemâa, seule organisation représentative authentique
de la population à l’époque, que le drapeau marocain
fut hissé sur les territoires du Sahara. Nous sommes donc
bien loin de la voie de fait, du fait du Prince et du fait
accompli.
- 23 -
« Voilà les droits du Maroc, tels qu’ils sont attestés
par l’histoire, confirmés par le droit international et
solennellement réaffirmés par la plus haute instance
judiciaire internationale. Mais le Maroc ne vit pas
isolé, et n’entend pas vivre isolé. Il fait partie de votre
communauté africaine dont il est fier d’être membre et
dont il a le sentiment profond de faire partie intégrante.
« Or, cette communauté a été perturbée et sa
conscience malheureusement troublée par ce
problème du Sahara au point ou d’aucun et non des
moindres, pressentaient et craignaient l’éclatement
de notre organisation.
« Plus que tout autre, je puis l’attester, moi qui ai le
privilège de le côtoyer quotidiennement, Hassan II
Roi du Maroc, tremblait à la perspective de cette
éventualité. L’un des fondateurs de l’OUA, l’un de ses
rares fondateurs qui soit encore de ce monde, il tient à
notre organisation parce qu’il y voit le seul instrument
valable et efficace de l’unité de notre continent, de sa
stabilité, de son développement et du progrès de ses
peuples.
« De toutes ses forces, il réfléchissait au moyen de
sauver notre organisation et de maintenir sa cohésion.
Il désirait avant tout rencontrer le point de vue de tous
et les vœux des pays de la communauté africaine qui
pensaient autrement que lui et qui se situaient même le
plus loin de lui. Il alla au delà de tout ce que l’on peut
attendre ou exiger d’un homme responsable du destin
d’un peuple et d’un pays dans la continuité de leur
très longue histoire, il adopta les thèses de ses propres
adversaires et proposa lui même, devant ses pairs à
Nairobi, le recours au référendum.
- 24 -
« Cet engagement ne lui était nullement imposé en droit.
Il l’a cependant pris, comme il a solennellement promis
devant l’Assemblée Générale de l’ONU de respecter
totalement la réponse populaire au référendum. Ce
sacrifice suprême - car il s’agit bien d’un sacrifice
- il l’a consenti en transcendant ses susceptibilités
personnelles et ses responsabilités nationales pour ne
se placer qu’au niveau de l’Afrique.
« Renonçant donc à ses propres positions - encore
qu’elles ne puissent être ni juridiquement ni
politiquement réfutées - le Roi Hassan II a ainsi opté,
sans hésitation, pour la préservation et la sauvegarde
de l’unité africaine.
« La voie de la solution souhaitée par tous semblait
donc toute tracée, et de fait notre organisation s’y
engagea.
- 25 -
« Mais, voilà qu’aujourd’hui, tout se trouve remis en
question, et l’on demande à l’OUA d’entériner une
voie de fait que les observateurs les moins avertis
qualifieraient proprement d’aberrante. Et voilà qu’on
demande aujourd’hui à l’OUA de fouler au pied
toute sa légalité qui est à la base de son existence, et
espérons-le, de sa pérennité.
« Oui, excellences Mesdames, Messieurs, c’est bien sur
le chemin de l’illégalité, de la voie de fait et du pur
arbitraire que l’on vous demande de vous ranger, et
avec vous d’engager l’Afrique.
« Tout à commencé en 1980, au sommet de Freetown.
La « RASD » introduit sa demande d’admission comme
membre de l’OUA. Le Maroc pose aussitôt une
question préjudicielle à laquelle le sommet devait
répondre avant tout débat au fond sur la demande
d’admission de la « RASD ». Le Maroc, s’appuyant sur
les dispositions sans équivoque de la charte, déniait en
effet à la « RASD » les qualités requises d’Etat africain
indépendant et souverain, et demandait par voie de
conséquence aux chefs d’Etat de rejeter purement et
simplement sa demande d’admission.
Les débats s’étant prolongés, le sommet de Freetown
ne put trancher, et l’examen de la question fut remis.
« Arrive le Sommet de Nairobi de juin 1981. Il entend et
examine le rapport du secrétaire général sur le Sahara
occidental qui reprenait tout ce qui était survenu entre
le sommet de Freetown et celui tenu à Nairobi.
« Apres avoir examiné le problème du Sahara dans
sa globalité, le sommet se félicite tout d’abord de
l’engagement solennel de Sa Majesté Hassan II, Roi
- 26 -
du Maroc d’accepter l’organisation du référendum et
décide de mettre sur pied un comité de mise en œuvre
doté de pleins pouvoirs.
« Ce comité de mise en œuvre s’est réuni à Nairobi les
24 et 25 août 1981.
« Que décide-t-il. Il décide d’organiser et de conduire
un référendum et d’instaurer un cessez-le-feu.
« Et s’agissant du référendum, il précise que le peuple
du Sahara aura le choix suivant :
A) Indépendance
B) Intégration au Maroc.
« Ainsi, le comité de mise en œuvre, doté de pleins
pouvoirs par le sommet précédent, répond sans
équivoque à la demande d’admission introduite par
la « RASD » et décide souverainement que le sort du
peuple sahraoui reste à déterminer soit qu’il opte pour
l’indépendance, soit qu’il opte pour son intégration au
Maroc. Ces décisions revêtent un caractère définitif et
irrévocable.
« Et en méconnaissance et en violation de ces
dispositions pertinentes, prises en conscience par
d’honorables chefs d’Etat, l’on vient aujourd’hui vous
demander d’admettre la « RASD » parmi vous, comme
constituant un Etat africain indépendant et souverain.
« En d’autres termes, on demande à votre sommet
de se substituer au peuple sahraoui, qui seul a le droit
- 27 -
de s’autodéterminer par voie de référendum, pour
plébisciter la « RASD » et lui attribuer les qualités que
seul le référendum peut lui reconnaître ou lui refuser.
« Tel est le vrai problème auquel votre sommet se
trouve aujourd’hui confronté. Il ne s’agit rien moins que
de la légalité, de votre légalité, celle que vous avez
souverainement décidée et établie.
Brûler aujourd’hui ce que vous avez adoré hier, fouler
du pied ce que vous-même avez établi comme votre
loi, c’est bel et bien ruiner toute crédibilité de notre
organisation et l’exposer aux dangers les plus graves.
« Croyez bien que le Maroc, et bien d’autres Etats ici
représentés, tiennent plus à l’éthique et à la légalité
qu’à toute autre chose.
« La légalité doit demeurer notre seule arme car elle est
le seul rempart véritable sur le chemin de l’aventure et
de l’inconnu.
« Une illégalité commise ou tolérée aujourd’hui ouvrira
la voie à toute autre illégalité, et c’est bien la fin de
notre organisation.
« Cette considération dépasse le problème créé au
Sahara occidental. La légitimité d’un mouvement de
contestation armé ne saurait procéder de sa seule
existence avant tout processus d’autodétermination.
Adopter une solution inverse serait ruiner la légitimité,
l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’Etats reconnus
par la communauté internationale, qui seraient alors
à la merci de minorités agissantes dont l’authenticité
- 28 -
même peut être mise en cause. Quel Etat en Afrique
et même dans le reste du monde pourrait se targuer
d’être à l’abri de tels périls?
« Le Roi Hassan II du Maroc a fait tout et même plus
que tout ce que l’on peut exiger raisonnablement d’un
homme responsable.
« Il l’a fait pour rencontrer les vœux de tous, même les
plus éloignés de lui-même.
« Enfant et militant de l’Afrique, il l’a fait pour préserver
et sauvegarder l’unité africaine.
« Enfant et militant de l’Afrique, il est allé jusqu’au
sacrifice pour que vive et prospère l’organisation
de l’Unité Africaine dont il est fier d’être parmi ses
membres».
Après cet exposé, M. Réda Guédira a donné lecture
du message adressé par S.M le Roi aux participants du
XXe sommet panafricain, et dans lequel, le Souverain
annonce la décision du retrait du Maroc de l’OUA
après l’admission de la pseudo – « RASD » au sein de
l’organisation :
« M. le Président, Excellences, Chers Compagnons,
« Voila, l’heure de nous séparer est venue. Pour le Maroc,
il devient impérieux de ne point se faire le complice de
décisions qui ne sont autres qu’un processus d’érosion
irréversible de la légalité, élément vital pour toute
organisation internationale qui se respecte.
- 29 -
En effet, au mépris et en violation de l’article 4 de notre
Charte, l’OUA a commis une faute dont les séquelles et
le précédent peuvent être aussi longs qu’imprévisibles
ou répétitifs. Nous autres, Chefs d’Etat, faisons avant
tout - car c’est là notre tâche essentielle - de la
politique. Néanmoins, nous avons reçu de nos peuples
respectifs un mandat essentiel et fondamental, à savoir
que dans l’exercice de notre politique tant à l’intérieur
qu’à l’extérieur, celle-ci doit avoir comme fondement
constant et inviolable, le respect permanent de la
légalité. Si une telle déontologie n’est pas respectée
scrupuleusement, alors se trouvent confondus le
compromis, appoint nécessaire à la politique et la
compromission arme absolue contre la légalité.
Durant son histoire séculaire, le Maroc s’est, à de
nombreuses reprises trouvé devant des choix ou
l’opportunisme avait plus de chances d’arracher
sa décision que la vertu. Le Maroc a toujours opté -
et souvent au détriment de ses intérêts - pour que
demeurent sauvées la vertu et la légalité.
Et ce n’est ni aujourd’hui ni demain que nous changerons
de voie. La Charte de l’OUA est un tout. Et quiconque se
permettra d’en changer les dispositions d’une manière
conjoncturelle ou sordidement intéressée, poussera
l’OUA au trépas et ses membres aux guerres fratricides.
M. le Président, Excellences, Chers compagnons,
L’absolu est à Dieu, toute chose étant donc pour l’heure
ce qu’elle est, et en attendant des jours plus sages,
nous vous quittons. Mais Africain est le Maroc Africain il
le demeura. Et nous tous Marocains restons au service
de l’Afrique : à la Ligue Arabe pour la coopération
- 30 -
arabo-africaine, aux Non-Alignés pour défendre la
légitimité et sauvegarder la souveraineté de l’Afrique,
à l’Organisation de la Conférence Islamique pour
promouvoir la cohabitation et l’entraide entre les
religions célestes révélées, à l’ONU, nous serons à
l’avant-garde pour préserver la dignité du citoyen
africain et le respect de notre continent. Mais vous
comprendrez aisément que membre fondateur
de l’Unité africaine, le Maroc ne saurait en être
le fossoyeur.
Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bonne
route avec votre nouveau partenaire, dont la tâche
primordiale devrait être de combler le vide laissé par
le Maroc sur le plan de l’authenticité, de la crédibilité
et du respect à l’échelon africain et mondial.
Un jour, l’Histoire remettra ses comptes à jour. En
attendant - et c’est là une réalité douloureuse - certains
parmi nous ont pris des responsabilités irraisonnées.
Le jour où ceux qui ont été trompés reviendront
d’eux-mêmes à la sagesse africaine, le Maroc pétri
d’Histoire et de traditions, le Maroc se souviendra que
la dynamique de la sagesse l’emporte toujours sur les
erreurs de parcours.
Avec ma fidélité à l’Afrique et ma foi en son avenir, je
reste votre frère loyal et agissant ».
Après la déclaration du secrétaire général de l’OUA, Mr
Peter Onu concernant la position que devrait adopter
le Maroc, S.M le Roi a adressé au président du Sommet
africain un message dans lequel il affirme que la charte
- 31 -
de l’OUA représente un tout indivisible et que le retrait
du Maroc est effectif depuis le 12 novembre 1984 et
qu’il ne saurait se plier à l’annuité éditée par l’article 32
de la charte puisque l’article 4 de cette même charte
n’a pas été respecté.
Voici du reste le texte intégral du message royal :
« Son Excellence Monsieur Julius Nyerère Président du
Sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine.
Addis Abéba
Monsieur le Président,
Ayant pris connaissance de la déclaration du secrétaire
général de l’O.U.A., Monsieur Peter Onu, concernant la
position que devrait adopter le Maroc en référence à
l’article 32, nous voudrions apporter ici les précisions
suivantes :
Comme nous l’avons déclaré dans notre message à
l’OUA du 12 novembre 1984 par lequel nous prenions
congé de l’OUA, la Charte de l’Organisation de l’Unité
Africaine est un tout.
De ce fait, l’article 4 de notre charte n’ayant pas été
respecté, le Maroc ne se considère nullement lié ni
engagé par l’article 32 précité de la charte de l’OUA.
Nous vous prions en conséquence d’enregistrer
officiellement que notre retrait est effectif depuis le 12
novembre 1984 et qu’il ne saurait se plier à l’annuité
édictée dans le dit article 32.
- 32 -
Enfin, et pour lever toute équivoque, contrairement à
ce qui a été déclaré ou écrit par MM. les présidents
Mengistu et Nyerère, le Maroc n’a jamais reçu le
comité de mise en œuvre dans son ensemble, ni même
correspondu avec lui.
Nous attendions du comité de mise en œuvre qu’il
visitât, soit avec l’ensemble de ses membres, soit avec
une partie d’entre eux, les territoires en litige afin de
recueillir sur place la volonté des uns et des autres et
de se rendre compte du mode de vie paisible, libre et
volontairement choisi par les uns et les autres avant de
faire son rapport.
A notre connaissance, rien de tout cela ne fut réalisé.
Veuillez croire à l’assurance de notre haute
considération.
Hassan II
ROI DU MAROC
Après l’annonce officielle du retrait du Maroc de l’OUA,
un climat d’incertitude et de déception, a régné dans
la salle des conférences « Africa Hall » à Addis Abéba.
En effet, plusieurs délégations ont exprimé leur regret de
voir l’OUA s’enliser dans l’illégalité malgré les décisions
prises par cette organisation en faveur du règlement
du conflit artificiel du Nord-Ouest-Africain.
Avec le retrait du Maroc, l’Organisation panafricaine a
perdu l’un de ses fondateurs qui n’a pas cessé d’œuvrer
pour la cause du continent africain et pour la libération
de ses peuples.
- 33 -
Dès son retour, la délégation marocaine a été reçue
par S.M le Roi Hassan II.
A cette occasion le souverain a rendu hommage aux
efforts déployés par les membres de cette délégation
lors du XXe sommet africain. Au cours de cette audience,
le Souverain a prononcé une allocution dont voici le
texte intégral :
« Louange à Dieu que la prière et le salut soient sur le
Prophète, ses Proches et ses Compagnons.
« Nous sommes heureux de vous recevoir ici, dans
votre demeure, afin de vous rendre hommage pour les
efforts que vous avez déployés tout au long de votre
séjour à Addis Abéba.
Bien que ce séjour ait été court, nous avons suivi de
près, vos interventions et les sentiments de fierté que
vous avez exprimés à l’égard de la position du Maroc.
Le Maroc n’avait pas d’autre position à prendre que celle
qu’il a prise car tout peut faire l’objet de négociation à
l’exception de ce qui touche à la mission qui nous est
confiée. Le Prophète que la prière et le salut soient sur
lui a dit :
« N’a pas de foi celui qui a failli à sa mission ».
La mission précieuse et sacrée que nous devons tous
assumer est celle de la défense de l’intégrité du territoire
national et de la sauvegarde de la souveraineté
marocaine.
- 34 -
Nos enfants doivent apprendre dès leur bas âge que
cette question ne doit faire l’objet ni de négociations ni
de concessions.
Nous sommes malgré tout convaincu que l’Afrique
reviendra à la raison. Le Maroc qui est l’un des
fondateurs de l’organisation africaine, ne peut être
parmi ses fossoyeurs ni parmi ceux qui applaudissent
chaque fois que l’organisation s’engage sur une voie
illégale et s’éloigne de la vertu.
Mais nous avons la conviction que la sagesse africaine,
la raison et la clairvoyance, toutes ces qualités
authentiques de nos frères africains prévaudront un
jour peut-être bien plus tôt que nous le croyons pour
faire triompher le droit.
Certes, nous devons trouver les voies et moyens pour
mettre fin à la guerre au Sahara, nous devons chercher
tous les voies et moyens pour coexister tant avec nos
voisins proches qu’avec ceux du continent. Mais cela
ne peut et ne doit se faire au détriment de notre intégrité
territoriale.
Nous vous remercions encore une fois et nous louons
vos positions et vos manifestations que nous avons
suivies personnellement sur les antennes de la radio
alors que vous exprimiez votre marocanité. Que le Tout
Puissant vous gratifie de ses bienfaits ».
L’Organisation de l’Unité Africaine a perdu de sa
crédibilité en acceptant une «république» fantomatique
ne détenant aucun des attributs de l’Etat tels que
définis par le droit international, à savoir, le territoire, la
population et la souveraineté.
- 35 -
En effet, le Maroc exerce effectivement sa souveraineté
sur ses provinces sahariennes tel que l’a confirmé
l’arrêt rendu par la Cour Internationale de Justice et
selon les dispositions de l’accord de Madrid entériné
par la « Jmâa Sahraouie » et l’Assemblée Générale des
Nations-Unies dans sa résolution 3584 (B). Encore faut-il
préciser que la population effective de ces provinces
ont affirmé leur marocanité en participant massivement
aux élections communales et législatives depuis 1976.
La reconnaissance de la prétendue « RASD » par
l’OUA ne fait que mener et enliser davantage cette
organisation dans le processus de la politique d’alliances
qui se prolifère à travers le continent africain.
Le Maroc a quitté l’OUA parce qu’on ne peut côtoyer
la forfaiture et l’illégalité d’une organisation qui
s’est enfoncée dans une contradiction flagrante en
adoptant la procédure d’organisation du référendum
au Sahara d’une part tout en admettant une entité
fantomatique d’autre part.
Cette attitude pour le moins équivoque a suscité
diverses réactions aux niveaux national et international.
- 36 -
Les réactions après le retrait
du Maroc de l’OUA
- 37 -
La Chambre des Représentants, les partis politiques
et les organisations syndicales ont exprimé leur appui
total à la décision royale relative au retrait du Maroc
de l’OUA.
L’unanimité nationale autour de la décision royale
La Chambre des Représentants
Conformément à l’article 28 de la Constitution, S.M le
Roi Hassan II a adressé le 16 novembre 1984 un message
au Parlement dans lequel le Souverain a informé les
représentants de la Nation, des raisons qui ont motivé
la décision du Maroc de quitter l’OUA. Le message
royal a été lu par le conseiller de Sa Majesté M. Ahmed
Réda Guédira :
- 38 -
« Louange à Dieu,
« Que le salut et la paix soient sur le Prophète, Sa Famille
et Ses Compagnons,
« Honorables représentants,
« Les circonstances que traverse notre pays nous incitent
de temps à autre à nous adresser aux représentants
de la Nation par un message qui les tient informés des
positions que nous adoptons. Des décisions que nous
prenons et d’une façon générale, de la politique que
nous entendons mener dans le présent et l’avenir.
« En ce jour, nous adressons à la Chambre des
Représentants un de ces messages dont la constitution
déclare qu’ils ne peuvent faire l’objet d’aucun débat.
Nous exprimons ainsi notre volonté de dialogue et notre
souci de voir les représentants de la Nation au courant
de la réalité de nos initiatives et démarches.
« A cet égard, nous désirons rappeler les efforts que
nous avons déployés antérieurement à notre décision
de nous retirer de l’Organisation de l’Unité Africaine,
indiquer les raisons qui nous ont conduit à prendre
une telle décision et évoquer certains des résultats et
conséquences que celle-ci implique.
« Vous n’êtes pas sans savoir messieurs, que dans
l’affaire du Sahara toutes les voies que nous avons
empruntées ont été marquées par notre respect de la
légalité et du droit.
« Notre revendication du Sahara occidental a
constamment été formulée de façon pacifique,
- 39 -
patiente et sans précipitation. Jamais, nous n’avons
dévié de notre attitude conciliante. Nous nous sommes
en effet adressés à l’Etat espagnol ami en recourant à
la compréhension, à la concertation et au dialogue.
Toutefois, cette méthode n’ayant pas apporté le résultat
escompté, l’affaire fut soumise par l’Organisation
des Nations Unies à l’avis de la plus haute juridiction
internationale, la Cour Internationale de Justice. Celle-
ci, émit alors un avis qui fut, comme vous le savez,
favorable à notre pays.
« Fort de cet avis, nous avons entrepris notre Marche
Verte pacifique qui avait pour buts de retrouver nos
compatriotes et frères et de récupérer un de nos droits
les plus chers. L’Etat espagnol ne tarda pas à accepter
de conclure avec nous un accord aux termes duquel
nous avons récupéré le Sahara, non sans prendre
à témoin l’Organisation des Nations-Unies qui en prit
acte.
« Les ennemis de notre intégrité territoriale furent déçus.
Ils ressentirent de l’amertume du fait que le Maroc avait
pu concrétiser une aspiration longtemps exprimée. Ils
se mirent à comploter contre le Maroc, à dresser des
obstacles sur son chemin et à lui créer des difficultés. Ils
nous ont combattus et continuent à le faire en utilisant
un armement lourd des plus sophistiqués. Ils nous ont
déclaré une hostilité ouverte et permanente aux seins
des diverses instances internationales. Nous avons dû
faire face à la perfidie et à l’agression.
« Nous avons mené cette âpre bataille grâce au
courage et à l’héroïsme légendaires de notre peuple,
tout en faisant preuve de clairvoyance et de sagesse,
fidèle aux principes auxquels nous croyons et aux
valeurs de civilisation auxquelles nous demeurons
- 40 -
attaché. Désirant mettre fin au conflit et à l’effusion de
sang et mu par la volonté de préserver les potentialités
des peuples de notre région, nous avons multiplié nos
démarches et nos efforts, fait preuve de souplesse et
consenti des sacrifices, démontrant ainsi à maintes
reprises notre bonne foi et nos bonnes dispositions. Nous
sommes allé jusqu’à proposer le recours au référendum.
Mais nos ennemis en craignaient le verdict et étaient
angoissés par les résultats prévisibles de la consultation.
Recourant aux arguments les plus dérisoires, les plus
futiles et les plus mensongers, ils continueront à user
de l’intrigue et faire preuve de perfidie avec une rare
obstination dans l’agressivité.
« Ces procédés ont fini par obtenir l’adhésion d’un
certain nombre d’Etats du continent africain aux
thèses de nos adversaires. C’est ainsi que la charte de
l’organisation de l’unité africaine a été violée, que le
droit et la légalité ont été foulés au pied et que la soi-
disant « république sahraouie » a été admise comme
membre de l’OUA.
« Par ces violations flagrantes, l’organisation s’est
déconsidérée, a dévié du droit chemin pour prendre
les sentiers de l’égarement.
« Face à cet égarement, à cette déviation et à
la détérioration de cette situation qui menace
l’organisation d’effritement et d’éclatement, il n’était
plus possible pour notre pays de continuer à appartenir à
un organisme ayant perdu les fondements de la légalité
qui constitue l’élément vital pour toute organisation qui
se respecte.
- 41 -
« Il aurait été contraire au génie de notre pays, qui a
opté, à maintes reprises, tout au long de son histoire
ancienne et moderne, et même au détriment de ses
intérêts, pour des positions conformes à la légalité et à
la vertu que le Maroc continue à siéger au sein d’une
organisation qui a tourné le dos à la légalité et à la
vertu.
« En admettant en son sein une entité fantomatique,
en commettant la faute de violer les dispositions de sa
charte et en bafouant sa propre légalité, l’Organisation
de l’Unité Africaine a inauguré l’ère de l’aventure, une
ère lourde de menaces et de périls et aux conséquences
imprévisibles.
« Le Maroc s’est retiré de l’Organisation de l’Unité
Africaine, la tête haute et dans la dignité, étant un pays
qui a toujours tenu à rester attaché à la légalité, à la
morale et à l’éthique qui constituent les fondements
des rapports internationaux.
« C’est un motif de fierté et d’orgueil pour le Maroc que
sa position et ses motivations soient appréciées par des
Etats ayant une bonne renommée dans le monde et
qui sont écoutés.
« Mais, nous sommes convaincu que l’Organisation de
l’Unité Africaine retrouvera, la clairvoyance, la sagesse
et le droit chemin. Elle nous trouvera alors, comme
à l’accoutumée, parmi ses membres qui œuvrent
loyalement au rayonnement de notre continent et à la
prospérité de ses peuples.
« En attendant que les choses reprennent leur cours
normal, nous continuerons à accorder tout l’intérêt
- 42 -
aux affaires de notre continent - sur tous les plans - et
œuvrer à son progrès et à son bien-être.
« Honorables représentants,
« Telle est notre position après l’admission de l’entité
fantomatique au sein de l’Organisation de l’Unité
Africaine et telles en sont les raisons et les motivations.
Nous avons tenu à vous en informer par ce message,
vu la considération que nous vouons à la Chambre et
compte tenu de l’intérêt que vous attachez aux affaires
internes et externes de la patrie.
« Nous voudrions, en cette circonstance, vous assurer
qu’avec l’appui de Dieu nous continuerons à assumer
avec constance et fidélité la haute charge dont le
Tout-Puissant nous a investi et, que notre engagement
à défendre notre intégrité territoriale et à préserver nos
acquis, restera aussi fort et aussi ferme que par le passé.
« Que Dieu nous accorde à tous assistance et couronne
de succès nos efforts et les vôtres, Dieu exauce les
prières de ses fidèles serviteurs ».
« (Fait au palais royal de Fès le vendredi 22 Safar 1405
de l’Hégire correspondant au 16 novembre 1984) ».
Les explications du Conseiller
de S.M le Roi devant le Parlement
A la suite du message adressé par SM le Roi à la
Chambre des Représentants après le retrait du Maroc
de l’OUA, le Parlement a tenu le 16 novembre 1984
une séance extraordinaire au cours de laquelle Mr
Ahmed Réda Guédira, Conseiller de SM le Roi et chef
- 43 -
de la délégation marocaine au vingtième sommet
africain a présenté un rapport dans lequel il a relaté
les divers aspects historiques et juridiques de l’évolution
de la question du Sahara, précisant que le Maroc était
durant toute cette période fermement attaché à la
légalité, faisant preuve de sagesse et de pondération
jusqu’à ce que la Cour Internationale de Justice ait dit
le droit qui consacre la marocanité du Sahara.
Le Maroc était au seuil d’une guerre avec l’Algérie.
Cependant a poursuivi M. Réda Guédira, grâce à la
sagesse et la perspicacité de SM le Roi le pire a été
évitée, et le Maroc a ainsi entamé avec l’Algérie un
dialogue qui a abouti à la conclusion d’un accord sur
la tenue à Bruxelles d’une rencontre entre SM le Roi
Hassan II et le Président Boumediène. Cette rencontre
n’a pas pu avoir lieu, en raison du décès du Président
Houari Boumédiène.
Le Maroc demeurait toutefois désireux de poursuivre
le dialogue qui devait être couronné par la rencontre
en février 1983 entre SM le Roi et le Président Chadli
Benjedid. Au cours de celle-ci les deux chefs d’Etats
ont entamé les discussions concernant l’avenir de la
région du Grand Maghreb Arabe.
Ce dialogue, ajoute M. Guédira, allait cependant
entrer dans une impasse à cause de l’intransigeance
de l’interlocuteur algérien.
Le Conseiller de Sa Majesté a souligné par ailleurs, que
le Maroc a accepté l’organisation d’un référendum
au Sahara conformément aux vœux de plusieurs chefs
d’Etat des pays amis, et dans un souci de sauvegarder
la cohésion et l’unité de l’Afrique. Cette proposition
- 44 -
a effrayé les adversaires du Maroc qui ont adopté un
comportement ambigu et trompeur. Le Maroc poursuit
M. Guédira savait bien avant le sommet d’Addis
Abéba que la prétendue « RASD » allait être admise
à l’OUA car des manœuvres en ce sens le laissaient
prévoir depuis 1980.
Comment peut-on admettre cette pseudo-république
au sein de l’organisation panafricaine alors que le
référendum devant décider du choix des populations
du Sahara (provinces de Laâyoune, Boujdour, Smara
et Oued Ed-Dahab) n’avait pas encore eu lieu.
A la fin de son exposé, M. Guédira a tenu à souligner que
Sa Majesté le Roi dispose de plusieurs moyens politiques
et diplomatiques pour convaincre la communauté
internationale de la marocanité du Sahara.
Ni le Souverain, ni le peuple marocain a-t-il conclu ne
toléreront la moindre atteinte à l’intégrité du territoire
national.
Soutien des partis politiques et organisations
syndicales à la décision royale
A l’issue de l’exposé du Conseiller de SM le Roi devant
le Parlement, la parole a été ensuite donnée aux
leaders des partis politiques et aux représentants
des organisations syndicales qui ont été unanimes
à exprimer leur soutien et leur adhésion totale à la
décision royale, et ont rendu hommage à la bravoure
des Forces Armées Royales et à leurs sacrifices dans la
défense de l’intégrité territoriale du Maroc.
- 45 -
Mr Maâti Bouabid
A cet égard, M. Maâti
Bouabid, Président de l’Union
constitutionnelle (UC) a réaffirmé
que l’OUA vit aujourd’hui le
commencement de sa fin et que
le Maroc refuse de cautionner les
manœuvres visant à détourner
l’organisation panafricaine des
véritables objectifs pour lesquels
elle a été créée. Il a ajouté que la décision royale
relative au retrait du Maroc de l’OUA est intervenue
après mûre réflexion et une grande patience.
Après avoir indiqué que le Maroc fait actuellement
face à des manœuvres visant à porter atteinte à sa
souveraineté, M. Maâti Bouabid a souligné que la
mobilisation du Maroc pour défendre son intégrité
territoriale est plus que légitime et constitue un devoir
sacré.
M. Dey Ould Sidi Baba
La parole fût ensuite donnée à M.
Dey Ould Sidi Baba (ex-président
de la Chambre des Représentants
et membre du bureau exécutif
du Rassemblement National des
Indépendants (RNI) qui a indiqué
que la décision de S.M le Roi de
se retirer de l’OUA est une position
historique, soulignant la nécessité de faire face à toute
éventualité avec patience, sagesse et persévérance
en mobilisant tous les moyens diplomatiques.
- 46 -
Il a également indiqué que le retrait du Maroc de
l’OUA n’altérera en rien sa coopération avec les pays
africains amis et ne le détournera pas de l’idée de
l’édification du Grand Maghreb Arabe.
M. Mahjoubi Ahardane
Quant à M. Mahjoubi Ahardane,
Secrétaire Général du Mouvement
Populaire (M.P), il a souligné que le
message adressé par SM le Roi à la
Chambre des Représentants est en
harmonie avec la position de son
parti sur la cause sacrée du Maroc
et a affirmé la nécessité d’une plus
grande mobilisation du peuple marocain derrière le
Souverain pour déjouer les manœuvres ourdies par les
ennemis du Maroc.
Mr M’Hamed Boucetta
Intervenant à son tour, M. M’hamed
Boucetta, Secrétaire Général du
Parti de l’Istiqlal (P.I) a déclaré que
l’admission des mercenaires au sein
de l’OUA constitue une violation
flagrante de la légalité et des
normes internationales, indiquant
que cette aventure représente
un précédent dangereux pour
l’Afrique et dont les conséquences sont imprévisibles
même pour ceux qui ont élaboré un tel scénario, car
les mouvements sécessionnistes et les entités artificielles
dans plusieurs régions africaines ne manqueront pas
eux aussi de demander un jour leur admission au sein
de l’organisation panafricaine.
- 47 -
Mr Abderrahim Bouabid
A son tour, M. Abderrahim Bouabid,
Premier Secrétaire de l’Union
socialiste des Forces Populaires
(USFP) a pris la parole pour exprimer
la fierté de son parti de la position et
de la décision de SM le Roi relatives
au retrait du Maroc de l’organisation
panafricaine.
Après avoir souligné la nécessité de faire connaître
davantage la question du Sahara, M. Abderrahim
Bouabid a proposé la création d’un corps uni traduisant
l’unanimité marocaine et ayant pour objectif de
défendre l’intégrité territoriale à tous les niveaux.
M. Mohamed Arsalane Al Jadidi
Dans son intervention, M. Mohamed
Arsalane Al Jadidi, Secrétaire
Général du Parti National
Démocrate (PND) a souligné que
la décision de l’OUA d’admettre
les mercenaires constitue un
reniement des résolutions que cette
organisation avait prises et que par
conséquent la décision royale du retrait fait un grand
honneur au Maroc.
M. Al Jadidi a à son tour mis l’accent sur la mobilisation
populaire pour faire face aux manœuvres des « voisins».
- 48 -
M. Ali Yata
De son côté, M. Ali Yata, Secrétaire
Général du Parti du Progrès et du
Socialisme (PPS) a fait ressortir le
caractère illégal de la décision
de l’OUA prise au détriment d’un
peuple qui n’a cessé de consentir
des sacrifices pour préserver son
intégrité territoriale, estimant qu’il
est inconcevable de reconnaître
une entité dépourvue de tout élément constitutif d’un
Etat et dépendant totalement de l’Algérie.
Il a ajouté que cette décision est de nature à faire
monter la tension prévalant dans le Nord-Ouest-Africain
réaffirmant que la question du Sahara Marocain est
une cause juste, légitime et consacrée par le droit
international.
M. Mohamed Ben Saïd
M. Mohamed Ben Saïd, Secrétaire
Général de l’Organisation de
l’Action Démocratique Populaire
(OADP) a souligné dans son
intervention que l’étape à venir
exige des efforts exceptionnels
indiquant la nécessité de renforcer
l’action diplomatique et consolider
le front intérieur, en affirmant que le Maroc, comme
il a toujours triomphé lors des grandes batailles de
son histoire, saura donner la réplique aux diviseurs de
l’Afrique.
- 49 -
Le Secrétaire Général de l’Union Générale des
Travailleurs au Maroc (UGTM) M. Abderrazak Afilal a
indiqué que la réplique immédiate du Maroc contre
l’illégalité était bien cette décision sage et clairvoyante
de SM le Roi de quitter l’OUA, cette dernière ayant
renié sa propre charte et les nobles objectifs tracés par
les premiers fondateurs de cette organisation depuis la
conférence de Casablanca en 1961.
Au nom de l’Union Marocaine du Travail (UMT) M.
Hassan Ben Addi est ensuite intervenu pour réaffirmer
l’attachement de la classe ouvrière marocaine à
la cause nationale et son refus de toute concession
ou compromis à cet égard. Il a également réaffirmé
la mobilisation de plusieurs milliers de travailleurs
marocains pour la défense de l’intégrité territoriale du
Royaume et de ses valeurs sacrées.
De son côté M. Houssein El Kafouni, représentant
la Confédération Démocratique du Travail (CDT) a
affirmé que la confédération s’enorgueillit des positions
prises par SM le Roi confirmant la marocanité du
Sahara. Il a ajouté que l’OUA a violé sa propre charte
et tourné le dos à ses principes pour devenir un terrain
de manœuvres, de dépècement et de marchandage.
- 50 -
Déclaration de la Chambre des Représentants
A la suite du Message Royal adressé au Parlement
et l’exposé de M. Guédira et après les interventions
des leaders des partis politiques et organisations
syndicales, la Chambre des Représentants a adopté le
16 novembre 1984 une déclaration dans laquelle elle
a invité toutes les forces nationales à œuvrer pour une
mobilisation de toutes les potentialités économiques,
politiques diplomatiques, militaires et d’information en
vue de préserver l’intégrité territoriale du pays.
Ci-après le texte intégral de cette déclaration :
« La Chambre des Représentants a tenu vendredi 21
safar 1405 de l’Hégire correspondant au 16 novembre
1984 une séance extraordinaire consacrée à l’audition
du message adressé à la Chambre par SM le Roi Hassan
II, que Dieu le glorifie, et à travers elle à la nation tout
entière. La Chambre a tenu par la suite une seconde
séance durant laquelle elle a entendu le rapport fait par
le conseiller de SM le Roi et président de la délégation
que le Souverain a désignée, pour participer aux travaux
du 20ème sommet de l’Organisation panafricaine, et
dans lequel il a exposé les raisons pour lesquelles SM le
Roi a décidé le retrait immédiat et effectif du Maroc de
l’Organisation de l’Unité Africaine.
« La Chambre des Représentants a entendu, au cours
de cette séance, les interventions des leaders des partis
politiques, des présidents des groupes parlementaires
et des représentants des organisations syndicales qui
ont exprimé leur appui total à la haute décision royale.
« La Chambre des Représentants exprime, à la lumière
- 51 -
des rapports et analyses qu’elle a entendus, son soutien
total à la décision prise par SM le Roi Hassan II, que
Dieu le glorifie, relative au retrait immédiat et effectif
du Maroc de l’Organisation de l’Unité Africaine pour
défendre la légalité les objectifs de l’Organisation et les
principes du droit international après que l’esprit de la
charte de l’unité africaine et ses dispositions aient été
délibérément violés.
« La Chambre réaffirme sa fierté pour cette position
ferme qui exprime fidèlement les sentiments de la
nation, sa prise de conscience et la haute idée qu’elle
se fait de la responsabilité.
« La Chambre dénonce vigoureusement le
comportement irresponsable et contraire à tous les
principes du droit, de l’éthique et aux coutumes
internationales qui a consisté en l’admission au sein de
l’Organisation de l’Unité Africaine, d’un groupuscule
de mercenaires prétendument représentants d’une
république qui n’existe que dans l’imagination des
ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc.
« La chambre des Représentants rend hommage
au peuple marocain pour sa prise de conscience,
sa vigilance dans cette phase décisive de l’histoire
du Maroc et pour le combat qu’il oppose aux défis
et aux manœuvres de ceux qui complotent contre
son intégrité territoriale ainsi que pour sa mobilisation
permanente derrière SM le Roi Hassan II que Dieu le
glorifie, pour la défense des frontières de la nation,
le parachèvement de son unité territoriale et pour la
sauvegarde de l’indépendance et de la souveraineté
du pays.
- 52 -
« La Chambre des Représentants affirme avec force
que le Maroc se trouve bien dans son Sahara où il a
renoué avec ses fils, les rangs de son peuple unis de
Tanger à Lagouira toujours vigilant et toujours prêt à
faire face à tous les complots et à riposter aux agresseurs
où ils se trouvent et d’où qu’ils viennent. La Chambre
des Représentants exalte l’action éclairée de SM le Roi
et les initiatives audacieuses du Souverain en vue de
consolider l’unité de la nation et de préserver les acquis
et les réalisations nationaux de renforcer l’invulnérabilité
du peuple marocain et son esprit combatif face à
toutes les forces hostiles, d’élargir les perspectives
de son rayonnement de garder bien authentique le
cachet de sa renaissance et de protéger ses valeurs et
son patrimoine.
« La Chambre des Représentants rend un vibrant
hommage aux Forces Armées Royales : officiers, sous-
officiers, hommes de troupes, agents de sécurité, de
la Gendarmerie Royale et aux Forces Auxiliaires pour
l’enthousiasme patriotique et l’esprit intrépide dont elles
ont fait et font encore preuve dans l’accomplissement
du devoir de défense de l’intégrité territoriale du
pays et de ses frontières sous la conduite de SM le Roi
Hassan II, Commandant Suprême et Chef d’état-major
général des FAR. Elle exalte également les qualités
d’abnégation, de bravoure et d’héroïsme qui font la
fierté des FAR dans leur engagement face aux actes
d’agression et leur mise en échec.
« La Chambre des Représentants qui se remémore et
revit l’esprit patriotique dont le peuple marocain a
toujours fait preuve au cours de son histoire jalonnée
d’épopées, invite toutes les forces nationales politiques,
syndicales et sociales à la consolidation du front
intérieur et au renforcement du consensus national afin
- 53 -
d’être à la hauteur de l’étape délicate que traverse
notre pays et d’œuvrer pour une mobilisation nationale
générale marquée par la conscience, la vigilance et la
détermination profondes et ce, dans le cadre d’une
stratégie intégrée et globale de confrontation à tous
les niveaux par la mobilisation de toutes les potentialités
économiques, politiques, diplomatiques, d’information
et militaires.
« La Chambre des Représentants affirme que
l’appartenance du Maroc à l’Afrique est non seulement
un fait géographique, elle est aussi dictée par l’histoire
compte tenu du rôle important que notre pays n’a
cessé de jouer dans le continent africain en vue de
la libération de ses Etats et pour la prospérité de ses
peuples aspirant à la liberté, à la justice, au progrès et
à l’unité ».
- 54 -
La Presse Nationale
et le retrait du Maroc de l’OUA
La Presse Nationale a accordé une grande importance
au sujet du retrait du Maroc de l’Organisation de l’Unité
Africaine. Tous les organes de presse nationaux ont été
unanimes à dénoncer l’illégalité dans laquelle s’est
installée celle organisation.
Dans ses analyses, la presse nationale a souligné
l’unanimité faite autour de la décision royale et
l’attachement du peuple marocain à la sauvegarde
de l’unité territoriale contre toute tentative visant à
placer le Maroc devant le fait accompli.
* Al Mithaq Al Watani (RNI) : 14 novembre 1984
Dans son éditorial intitulé « la diversion » le quotidien
«Al Mithaq Al Watani» a souligné que ce qui vient
de se passer à Addis Abéba constitue un précédent
dangereux et cautionne la stratégie colonialiste visant
à dépecer et à balkaniser le continent africain et à
falsifier l’histoire... Quoi qu’il en soit, le Maroc restera
comme toujours fermement attaché à ses droits
légitimes et à la sauvegarde de son unité territoriale.
Et le journal d’ajouter que la décision prise au sommet
africain (admission de la « RASD ») ne fait que nous
inciter à faire preuve de plus de cohésion du front
intérieur et de fermeté à l’égard des manœuvres qui se
trament contre notre unité et notre intégrité territoriale.
- 55 -
* Al lttihad Al Ichtiraki (USFP) 14 novembre 1984
Sous le titre « Retrait et non Absentéisme » l’organe
de l’USFP constate que le Maroc par sa décision
responsable ne saurait guère s’éloigner de l’Afrique,
bien au contraire il demeurera plus que jamais attaché
à cette organisation, mais tout en s’inspirant de ses
objectifs authentiques et en suivant la véritable voie
pour laquelle elle a été créée.
Ce faisant, la décision du retrait est parfaitement
conforme aux principes qui ont été édictés lors de la
1ère conférence africaine de Casablanca.
En outre, cette décision ne saurait signifier un
absentéisme quelconque car le Maroc de par son
histoire, est connu pour son attachement à l’Afrique et
les liens séculaires qu’il a toujours entretenus avec les
peuples de ce continent.
* Al Alam (PI) 16 novembre 1984
Pour le quotidien « Al Alam », la décision royale relative
au retrait du Maroc de l’OUA, est une décision sage
et opportune, car le Maroc ne saurait appartenir
à une organisation où même les fonctionnaires,
continuent de falsifier la légitimité, le droit et les usages
internationaux, comme il ne saurait siéger au sein d’un
groupe dont les membres sont soumis aux influences,
pressions étrangères et aux manœuvres qui ne font
qu’accentuer les risques d’une guerre plus étendue.
* Rissalat Al Oumma (UC) 14 novembre 1984
Le quotidien « Rissalat Al Oumma » a souligné qu’en
se retirant de l’OUA, le Maroc se place en position de
force sur plusieurs plans :
- 56 -
Sur le plan militaire, le Maroc a achevé la construction de
la ceinture de protection de ses provinces sahariennes
et a renforcé ses lignes défensives, avec une armée
moderne, bien équipée et motivée.
Sur le plan politique : il s’est montré attaché aux
engagements auxquels il a souscrits en acceptant
l’organisation d’un référendum au Sahara pour régler
les différends selon les normes internationales.
Sur le plan économique : le Maroc a œuvré au
cours des neufs dernières années pour que les
provinces sahariennes atteignent le même degré
de développement économique et social que les
provinces du Nord.
* An-Nidal Ad-Dimokrati (PND) 14 novembre 1984
Pour sa part, « An-Nidal Ad-Dimokrati » a mis l’accent sur
le comportement courageux de la délégation officielle
qui a représenté le Maroc au 20e sommet de l’OUA. Ce
comportement ajoute le journal a montré aux peuples
d’Afrique que le Maroc avec ses diverses tendances
est déterminé à défendre son intégrité territoriale, sa
mobilisation derrière le trône alaouite et la symbiose
qui existe entre un leader africain et un peuple fidèle.
* Al Haraka (MP) N° 16
L’hebdomadaire « Al Haraka » a affirmé dans son
éditorial que l’unanimité nationale n’a pas d’égal
lorsqu’il s’agit de la souveraineté nationale et de
l’intégrité territoriale. Ce consensus démontre s’il en
était encore besoin, la détermination et la volonté du
peuple marocain de défendre par tous les moyens sa
cause nationale première.
- 57 -
* Al Balagh n° 92
Sous le titre « l’enlisement de l’Afrique et le consensus
national », l’hebdomadaire « Al Balagh » a qualifié ce
qui s’est passé à Addis Abéba de défi à la volonté
du peuple marocain et aux sacrifices consentis pour
préserver son unité territoriale... alors que des décisions
politiques tentent de bafouer la volonté et le droit des
peuples.
En effet, ajoute l’hebdomadaire, les objectifs de ces
décisions rentrent en fin de compte dans le cadre du
complot tramé contre un Etat souverain et un peuple
qui veut unifier son territoire et conforter sa société.
Les décisions de cette nature ne porteraient-elles pas
préjudice aux peuples d’Afrique dont les dirigeants ont
accepté de siéger à côté d’un « état » fantomatique ?
* Anoual (OADP) 15 novembre 1984
Sous le titre « la famine politique menace l’Afrique » le
journal « Anoual » insiste sur le fait que le seul calcul
qu’il convient de suivre actuellement repose sur une
lutte de longue haleine, ceci tant que nos adversaires
visent à travers leur politique hégémoniste, à transposer
la question du Sahara artificiellement créée par eux
mêmes, d’un problème politique circonstanciel en un
problème de portée historique qui suce le sang des
peuples du Maghreb Arabe. Il nous revient donc de
faire face à ce défi par un défi plus grand et de nous
préparer sérieusement à affronter toutes les éventualités
à tous les niveaux.
- 58 -
* Al Bayane (PPS) 14 novembre 1984
Le quotidien « Al Bayane » a souligné dans son éditorial
que c’est un défi au bon sens et à la raison que
d’introduire à l’OUA un prétendu « Etat » qui n’a ni
territoire ni peuple, qui ne dispose ni d’institutions de
lois ou de traditions.
Cette situation, ajoute Al Bayane, impose au Maroc de
préciser et de confirmer ses positions : nous sommes,
nous marocains, sans distinction, intransigeants sur
l’unité territoriale de notre pays, mais nous demeurerons
attachés aux solutions pacifiques au dialogue avec les
véritables responsables de nos malheurs : les dirigeants
algériens. De la même façon, nous resterons fidèles à
l’unité africaine.
* Le Matin du Sahara 21 novembre 1984
De son côté le « Matin du Sahara » a affirmé dans
son éditorial consacré à l’unanimité nationale que le
Maroc tout entier est déterminé et résolu tout en restant
attaché aux engagements antérieurs, en particulier
ceux de Naïrobi.
Le quotidien ajoute, que nous avons en effet, rempli
toutes nos obligations : nous avons contribué non
seulement à créer l’OUA, mais à en faire jusqu’à
un passé récent, une organisation internationale
respectée. Chaque fois qu’une crise a surgi, chaque
fois le Maroc a joué à fond le jeu de la solidarité. Il l’a
fait en apportant un soutien agissant et militant aux
mouvements de libération luttant contre la tutelle
colonialiste.
Le Maroc a aidé les Etats africains à faire front à la
déstabilisation et au dépècement et a accueilli dans
- 59 -
ses écoles et ses universités des milliers d’étudiants
africains. En un mot souligne le Matin du Sahara, le
Maroc a fait son devoir.
Pour toutes ces raisons, conclut le journal, mais surtout
parce que nous sommes dans notre droit, alors que nos
adversaires vont d’abus en violations, nous sommes
plus à l’aise que jamais pour clamer que nous ne
changerons pas.
Nous sommes sortis de l’OUA, mais nous sommes
toujours au Sahara et nous y resterons.
* Al Maghrib (RNI) 14 novembre 1984
Et sous le titre « que l’Afrique assume ses responsabilités »
le quotidien « Al Maghrib » a affirmé que quoiqu’il en soit,
ce qui vient de se passer à Addis Abéba est loin de nous
décourager ou d’atteindre notre détermination, mais
au contraire, devrait nous inciter à faire preuve de plus
de fermeté, d’unité et de cohésion, à mobiliser toutes nos
ressources et tous nos moyens en vue de contrecarrer
les manœuvres et les complots des adversaires de notre
intégrité territoriale. Le Maroc, ajoute Al Maghrib, a
pleinement assumé ses responsabilités envers lui-même
et envers l’Afrique et l’OUA, et que c’est maintenant
au tour des Etats africains d’assumer les leurs et de tirer
les conséquences qui découlent de leurs actes.
* L’Opinion (PI) 14 novembre 1984
L’OUA a commis un véritable crime à l’encontre des
bâtisseurs de l’Afrique et des martyrs tombés pour
sauvegarder l’intégrité territoriale des Etats membres
de l’organisation panafricaine, écrit le quotidien
l’« Opinion » qui ajoute que le retrait du Maroc a mis à
nu les véritables problèmes qui agitent l’OUA et les buts
- 60 -
de ceux qui veulent en faire un moyen au service de
leur politique.
Cet acte de courage (retrait du Maroc de l’OUA) et de
foi met les peuples africains devant leurs responsabilités
et doit les inciter à mieux réfléchir sur les dangers qui
les menacent dans le présent et le futur du fait de
l’opportunisme politique de certains régimes qui font
de l’illégalité une philosophie et une règle de conduite.
* Le Message de la Nation (UC) n° 55-1 décembre 1984
« Le message de la Nation » a indiqué dans son éditorial
intitulé un « château de sable » qu’après avoir imposé à
l’OUA la pseudo - « république sahraouie », à la faveur
d’une conjoncture que l’on pourrait aisément qualifier
d’affligeante pour l’Afrique et son organisation, les
adversaires du Maroc s’attellent à mettre en place un
programme vaste d’encerclement diplomatique.
Cette stratégie manigancée par l’Algérie, vise à mettre
le Maroc devant le fait accompli conclut le « Message
de la Nation ».
* Al Assas n° 64 décembre 1984
En acceptant l’admission de la pseudo « RASD » comme
membre de l’OUA, le XXe sommet de cette organisation
a bafoué les propres statuts de l’OUA, écrit «Al Assas»
dans un éditorial intitulé « L’Afrique en panne? » en
soulignant qu’avec un tel antécédent, aucun pays
d’Afrique ne peut être rassuré sur son unité et son
intégrité territoriale. Les mouvements scissionnistes qui
jettent leur spectre sur l’Afrique peuvent constituer en
peu de temps, des entités reconnues par l’Afrique pour
peu qu’ils arrivent à se faire épauler par un manager
du même calibre que l’Algérie.
- 61 -
Réactions africaines après le retrait
du Maroc de l’OUA
Sa Majesté le Roi a tenu à préciser solennellement
que le Maroc ne demanderait à aucun pays ou allié
de se solidariser avec lui s’il était amené à quitter
l’Organisation de l’Unité Africaine, bien au contraire il
leur a laissé la liberté du choix de leur position. ·
Le Souverain a voulu par ce geste empreint de sagesse
éviter d’entraver les travaux du XXe sommet africain.
Après l’introduction de la prétendue « RASD » au sein
de l’OUA, plusieurs pays ont dénoncé l’illégalité de cet
acte.
C’est dans ce sens que le ministre Zaïrois des Affaires
étrangères M. Umba de Lutete a annoncé que son
pays suspend sa participation aux activités de l’OUA
en ajoutant que l’admission de la soi-disant « RASD »
constitue un précédent dangereux qui fait peser une
menace grave sur l’avenir de l’Afrique.
La question du Sahara a-t-il ajouté, est artificielle qu’il
fallait s’en débarrasser pour s’atteler à résoudre la crise
économique qui secoue l’Afrique.
De son côté, le Président Camerounais, M. Paul Biya
a déclaré à « Radio France Internationale » que la
position de son pays concernant la question du Sahara
n’a pas changé. Il a qualifié d’illégale l’admission de la
fantomatique « RASD » au sein de l’OUA, car la charte
prévoit l’admission des Etats uniquement jouissant
des attributs qui sont attachés à un Etat, à savoir un
territoire, une population et une organisation politique.
- 62 -
Le président Biya a ensuite ajouté qu’on s’efforce de
créer une sorte de confusion entre la reconnaissance
d’une entité qu’elle soit un Etat ou autre, ce qui est
un acte de souveraineté, et puis le droit d’admission
au sein d’une organisation qui obéit à des conditions
stipulées par un statut. Il a conclu que le Cameroun a
poursuivi sa participation aux travaux de l’OUA tout en
ne reconnaissant pas la fantomatique « RASD ».
De son côté le président du Gabon Hadj Omar Bongo a
dénoncé l’admission de la pseudo « RASD » au sein de
l’OUA et a qualifié cet acte d’illégal et qui constitue une
violation de la charte de l’organisation panafricaine.
D’autres pays africains ont pris les mêmes positions
malgré leur participation à la conférence au sommet
de l’OUA, notamment la République Centrafricaine, la
Guinée Équatoriale, les Îles Comores etc...
A propos du retrait du Maroc de l’OUA, le ministre
tunisien des Affaires étrangères a déclaré que son
pays regrette vivement cette décision l’OUA a-t-il dit
doit beaucoup à ce pays qui est parmi les premiers
fondateurs de cette organisation et qu’il n’a jamais
ménagé d’efforts pour la libération de l’Afrique et pour
son développement économique et social.
Le chef de la délégation libyenne a exprimé pour sa
part le regret de son pays après le retrait du Maroc de
l’OUA dont il est membre fondateur et a souhaité de
voir le Maroc reprendre sa place lorsque des conditions
favorables seront réunies.
Le ministre guinéen des Affaires étrangères a insisté
de son côté sur la gravité de la crise que traverse
- 63 -
l’organisation panafricaine, indiquant que son pays
appelle le Maroc et l’Algérie à faire tout ce qui est en
leur pouvoir pour trouver une solution à leur différend.
- 64 -
La question du Sahara
devant la IVème commission de l’ONU
Le Retour au fondamental :
Il y a plus de vingt ans que l’organisation des Nations-
Unies a été saisie du problème de la décolonisation
des provinces marocaines du Sud. Dans ce cadre,
l’Assemblée Générale des Nations-Unies a adopté
en 1965 la résolution 2072 par laquelle, « elle priait
instamment le gouvernement espagnol en tant que
puissance administrante de prendre immédiatement
les mesures nécessaires pour la libération de la
domination coloniale des territoires d’lfni et du Sahara
espagnol et d’engager à cette fin des négociations sur
les problèmes relatifs à la souveraineté que posent ces
deux territoires ».
Le Maroc reprit aussitôt des pourparlers avec l’Espagne
et le territoire de Sidi Ifni fut restitué mais le problème du
Sahara resta posé.
Les territoires du Sahara occidental et de Sidi Ifni étant
pour l’ONU et pour le Maroc, comme pour la puissance
coloniale, indissociables puisque toutes les résolutions
adoptées par l’Assemblée Générale des Nations-Unies
les traitent uniformément. Le problème du Sahara
devait se voir réserver le même sort que celui de Sidi
Ifni.
Ainsi au cours de la réunion de la IVe commission de
l’ONU, tenue à New-York à la fin du mois de novembre
1984, M. Ahmed Reda Guédira Conseiller de Sa Majesté
et chef de la délégation marocaine a demandé lors de
son intervention que l’ONU soit de nouveau saisie du
Dossier du Sahara Marocain. Car, l’OUA, en accueillant
- 65 -
un nouveau membre, s’est non seulement substituée
aux populations du Sahara, alors qu’elle était tenue
d’aider à l’expression de leurs aspirations mais, fait plus
grave encore, elle est devenue elle même partie. Elle
ne saurait, dès lors, plus tenir le rôle d’arbitre médiateur
qui était le sien.
L’ONU estime M. Réda Guédira constitue donc le
seul instrument approprié ajoutant que le retour au
fondamental c’est précisément le retour aux acquis,
c’est-à-dire le droit des populations Sahraouies
à l’autodétermination et à la paix. Le retour au
fondamental, c’est aussi le retour à l’ONU qui n’a
confié le dossier du Sahara à l’OUA que par une sorte
de délégation qu’elle peut et doit reprendre dans
l’intérêt même des populations dont elle examine le
sort . Et tout refus de sa part ne peut être analysé qu’en
un véritable déni de justice.
Les représentants des habitants des Provinces du Sud
réaffirment leur marocanité
Les travaux de la 4e commission des Nations Unies
ont été caractérisés par une présence marocaine
parfaitement remarquée, à la fois par l’importance
de sa délégation et le nombre des pétitionnaires des
provinces du Sud intervenus lors de cette session.
Au cours de leurs interventions les représentants de
diverses organisations du Sahara, ont fait l’historique de
la question du Sahara et levé le voile sur les manœuvres
des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume.
Parlant au nom de la branche sahraouie de « l’Armée
de Libération Marocaine », M. Shabihana Hamadati
a longuement insisté sur la lutte armée menée par la
population sahraouie contre l’occupation espagnole,
- 66 -
lutte a-t-il souligné soutenue et financée par le Roi du
Maroc.
A cet égard, M. Hamadati a rappelé les batailles
historiques de Dcheira, Al Argoub Leglat, Raoudat Si
Ahmed, lesquelles batailles a-t-il souligné ne sont que
les exemples les plus marquants de la lutte de libération
ininterrompue et à travers laquelle la population
du Sahara avait obligé l’occupant espagnol à se
retrancher dans les seules localités de Laâyoune et
Dakhla.
M. Hamadati a également dénoncé la collusion
d’officiers algériens avec les troupes espagnoles avant
la décolonisation du territoire.
Dans son intervention au nom des Organisations
Féminines du Sahara, Madame M’barka Zerouali a mis
en exergue les droits dont la femme sahraouie jouit au
sein de la société marocaine, soulignant la participation
importante et libre de la femme au processus
démocratique du Royaume et son attachement à sa
marocanité.
Pour sa part, le commissaire politique du Mouvement
de Résistance des Hommes Bleus (MOREHOB) M.
Bouhoy Sidi Ahmed a d’abord rappelé que son
organisation, née plusieurs années avant la fin de la
colonisation du Sahara, a été à l’origine de la création
et de l’implantation des cellules de résistance dans le
territoire alors occupé par l’Espagne.
Il a indiqué que le « MOREHOB » avait remis sa charte
constitutive en 1972 déjà au secrétaire général de l’OUA.
M. Bouhoy a contesté toute représentativité au pseudo
- 67 -
« Polisario », qui n’est en fait qu’une pure création de
l’Algérie pour réaliser ses visées expansionnistes.
M. Rachid Douihi a pris la parole au nom du Front
de Libération et de l’Unité, en indiquant que cette
organisation a été créée depuis 1972 et constitue le
prolongement des mouvements de libération ayant
mené la lutte contre l’occupant espagnol durant la
période de la colonisation de Sakiet Al Hamra et Oued
Ed-Dahab.
M. Douihi a d’autre part rappelé que chaque tribu
ou famille au Sahara marocain dispose de dahirs et
lettres émanant des souverains du Maroc délimitant les
endroits du Sahara qu’il fallait défendre, en indiquant
que le Maroc revendiquait déjà depuis les années
cinquante ses provinces sahariennes devant les
instances internationales et régionales.
Enfin il a invité la IVe commission à visiter le Sahara
marocain pour constater sur place combien la
population du Sahara est attachée à sa marocanité
ainsi que la liberté dont elle jouit.
Au nom de l’Organisation des Familles Marocaines
Séquestrées à Tindouf, M. Mohamed Salem El Alili a
regretté de voir un pays voisin poursuivre un objectif
que s’était tracée l’administration coloniale espagnole
lorsqu’elle déportait les habitants du Sahara...
Après le départ des espagnols, ce sont maintenant les
algériens qui ont pris la relève en maintenant séparés les
membres des familles marocaines et en les empêchant
de rejoindre leurs foyers dans les provinces du Sahara
récupérées.
- 68 -
M. Alili a également invité les membres de la IVe
Commission à honorer de leur visite les provinces
marocaines pour constater notamment l’ampleur de
l’activité déployée par la population à tous les échelons
de la vie quotidienne.
Intervenant à son tour au nom du Mouvement des
Originaires du Sahara anciennement sous Domination
Espagnole (AOSARIO), M. Ahmed Ould Rachid a
informé la quatrième commission de l’atmosphère
d’oppression qui règne dans les camps de Tindouf où
sont séquestrés les citoyens marocains par l’armée
algérienne.
Le Dr Mohamed Cheikh Biadillah a rappelé que son
organisation « le Front de Libération du Sahara » qui a
eu l’honneur, en 1966, d’intervenir devant la quatrième
commission, est disposée à fournir de nouveau des
explications concernant un problème créé par les
responsables algériens juste après l’évacuation des
espagnols du Sahara.
Il a ajouté que les habitants des provinces du Sahara ont
choisi librement leur attachement à leur marocanité.
Le Dr Biadillah a demandé aux membres de la IVe
commission s’ils ont entendu parler avant 1975 d’un
« peuple sahraoui » et dans quelle annale de l’histoire
ancienne ou moderne de l’Afrique peut-on trouver
des informations relatives à cette entité fantomatique.
La réponse est simple, a-t-il ajouté, c’est que l’Algérie,
avec le concours des officiers espagnols, a su créer de
toutes pièces un mouvement artificiel afin d’entraver le
retour du Sahara à la mère patrie.
- 69 -
De son côté, M. Taki Allah Maâ Al Ainine, député
de la province de Dakhla et ex-vice président de la
Chambre des Représentants,... a rappelé au nom des
députés des provinces sahariennes les étapes juridiques
et historiques de la récupération du Sahara soulignant
que le Maroc a restitué ses provinces spoliées selon
les règles et les usages du droit international, et il a
présenté à l’appui plusieurs arguments justifiant les liens
qui existent entre le Sahara et le Royaume du Maroc.
Au nom de la Jmaâ sahraouie, M. Khatri ould Sidi Saïd Al
Joumani est intervenu pour affirmer que les mercenaires
qui viennent d’être admis à l’Organisation de l’Unité
Africaine ne représentent que la volonté de ceux qui
ont constitué un « Etat » à l’hôtel Saint Georges dans
la capitale algérienne et que cet « Etat » n’existe que
dans cet endroit car le Sahara marocain vit en paix et
aucun mercenaire ne s’y trouve ni ne peut y entrer.
- 70 -
Les travaux de la IVe Commission de l’ONU
devant le Parlement
Après le retour de la délégation officielle de New-York,
la Chambre des Représentants a tenu le 4 décembre
1984, une séance extraordinaire au cours de laquelle
elle a entendu les explications des membres de la
délégation représentant le Maroc à la IVe commission
des Nations Unies.
Dans son exposé, M. Ahmed Reda Guédira, chef de
la délégation, a indiqué que les résultats obtenus par
le Maroc aux Nations-Unies constituent une plateforme
positive et un acquis qu’il faut préserver et développer
à l’avenir.
Analysant le procédé de vote du projet algérien à la
IVe commission, le Conseiller de Sa Majesté le Roi a
souligné que 80 pour cent des abstentionnistes sont
considérés comme favorables à la cause marocaine,
parmi lesquels on compte des Etats qui ont un poids
sur le plan international et une grande influence sur
ce qui se passe dans le monde, notamment quatre
pays membres permanents du Conseil de Sécurité de
l’ONU. De même que la majorité des Etats arabes et
Islamiques, Européens et un grand nombre de pays
d’Asie, d’Amérique Latine ont voté contre le projet
algérien.
Par ailleurs, tous les intervenants qui ont pris la parole
par la suite, ont réaffirmé que la question du Sahara
concerne tous les marocains et que l’étape actuelle
constitue un nouveau tournant qui nécessite davantage
de mobilisation pour faire face à toute éventualité.
- 71 -
La lutte menée par le Maroc pour préserver son
intégrité territoriale n’est que la consécration de ses
droits légitimes tels qu’ils sont attestés par sa longue
histoire, confirmés par le droit international, soutenus
par les masses populaires marocaines mobilisées pour
briser toutes les manœuvres expansionnistes.
- 72 -
- 73 -
A l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche Verte,
Le Ministère de la Communication publie la Série
« les Carnets du Sahara» dont les 20 premiers numéros
se présentent comme suit :
1974 - معركة تحرير الصحراء املغربية.1
1975 - مليلية والجزر الجعفرية، سبتة، الصحراء: من أجل تحرير أراضينا املغتصبة.2
Pour la libération de nos territoires .3
spoliés: Sahara, Sebta, Mellilia, les Iles Jaffarrines
Sahara Marocain : 20 questions pour comprendre - 2015 .4
1976 - وثائق الجلسة االستثنائية للجامعة الصحراوية.5
The Legitimate decolonization of atlantic western sahara and the plots of .6
algerian rulers aiming at hegemony in north Africa -1977
1976 - 1975 » مجلة «دعوة الحق... ملف خاص حول املسرية الخرضاء.7
1982 - املغـرب والصحراء املغربية.8
1985 - الصحراء املغربية واملشــروعـــيــة.9
Le Sahara Marocain et la légitimité .10
El Sahara Marroqui y la legitimidad .11
1985 - الذكرى العارشة للمسرية الخرضاء.12
Dixième anniversaire de la Marche Verte .13
Tenth Anniversary of the Green March .14
الجوانب التاريخية والقانونية واالقتصادية: الصحراء.15
Sahara: Aspects historiques, juridiques et Economiques .16
Sahara: Historical, Legal and Economic Aspects .17
1999 - املبعدون من الصحراء أيام الحكم االستعامري.18
Les refoulés du Sahara à l’époque de la colonisation
2007 - مبادرة الحكم الذايت يف الصحراء املغربية.19
L’initiative marocaine pour la négociation d’un statut
d’autonomie de la région du Sahara
Série » Les Carnets du Sahara«
Publication du Ministère de la Communication
à l’occasion du 40ème Anniversaire de la Marche Verte
Novembre 2015
–Publications du Ministère de la Communication
– DEPOT LEGAL: 2015MO3529
–ISBN : 978-9954-458-75-4
–Année: 2015
–Av. Allal El Fassi, Madinate Al Irfane, Rabat
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