Chapitre 3 : Analyse des signaux non périodiques
Mahjoub DRIDI
Contents
1 Transformation de Fourier 2
1.1 Passage de la série à la transformation de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Définition de la transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2 Exemple de spectres continus 6
2.1 Spectre d’une impulsion rectangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Spectre d’un sinus amorti . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Spectre de 2 impulsions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3 Calcul de quelques transformées 9
3.1 Exponentielle décroissante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Exponentielle décroissante symétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.3 Signal unité (ou fonction cste) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.4 Saut unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.5 Phaseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.6 Signal sinusoidal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1
1 Transformation de Fourier
1.1 Passage de la série à la transformation de Fourier
Dans le chapitre précédent, nous avons traité le cas particulier des fonctions périodiques. Nous allons
à présent étendre ces résultats à des fonctions non périodiques.
Le passage d’un signal périodique à un signal apériodique peut se faire en considérant que la période
T devient de plus en plus grande pour finalement tendre vers l’infini.
1
Les raies spectrales distantes f0 = T se rapprochent pour peu à peu se transformer en spectre continu.
Reprenons l’exemple de la fonction créneau périodique :
Nous pouvons constater que :
si la période T augmente, l’espacement entre deux fréquences harmoniquesconsécutives diminue :
Si nous faisons tendre la période vers l’infini, la fonction f(t) n’est plus périodique.
la distance T1 qui sépare une fréquence harmonique de l’autre dans le spectre va tendre vers zéro
=⇒le spectre devient un continuum
=⇒la sommation de Fourier sur des fréquences harmoniques discrètes, cède la place à une inté-
gration sur toutes les fréquences.
2
+∞
+∞
+∞
iwkt i 2π kt
x(t) = Ck .e = Xk .e T = Xk .ei2πf0 kt
k=−∞ k=−∞ k=−∞
quand T −→ ∞, f0 −→ df k.f0 −→ f
1 +∞
T −→ −∞ C(f) exp(i2πft)df
1.2 Définition de la transformée de Fourier
Une fonction x(t) peut être définie à l’aide de son intégrale de Fourier:
+∞
x(t) = X(i.f ).ei2πf t df
−∞
+∞
1
X(i.f) = x(t).e−i2πf t df
T −∞
On dit que X(i.f ) est la transformée de Fourier directe de x(t). La courbe y = X(i.f) est le spectre
de la fonction x(t).
+∞
X(i.f) = x(t) exp(−i2πft)dt
−∞
On dit que x(t)est la transformée de Fourier inverse de X(f)
On les notes parfois par les opérateurs T F {} et T F −1 {}
X(f) = T F {x(t)} ; x(t) = T F −1 {X(f)}
3
Si la fonction x(t) ne possède pas de symétries particulières, sa densité spectrale d’amplitude X(i.f)
est une fonction complexe:
x(t) ←→ X(if) = Xr (f) + [Link] (f )
Les densités spectrale du module et de la phase valent alors:
| X(if) |= X(f) = Xr2 (f) + Xi2 (f)
Xi (f )
∠X(if) = α(f) = arctan( )
Xr (f )
Ainsi, si on a un signal non périodique (fonction x(t)), on peut le décomposer (ou analyser) en ses
composantes spectrales à l’aide de la transformée de Fourier.
T F {x(t)} = X(i.f) =⇒ Analyse spectrale de x(t) - Analyse de Fourier
Inversement, si on connait le spectre X(i.f) d’une fonction, on peut la synthétiser à l’aide de la
transformée de Fourier inverse
T F −1 {X(i.f)} = x(t) =⇒ Synthèse spectrale - Synthèse de Fourier
Une fonction non périodique x(t) peut être considérée comme l’addition (superposition) d’un nombre
infini de fonctions harmoniques ei2πf t , chacune ayant un “poids” (en amplitude et en phase) donnée
par le spectre de X(i.f) .
+∞
x(t) = X(f).ei2πf t df
−∞
Remarque : Si le signal n’est pas périodique, les signaux élémentaires résultent de la décomposition
couvrent un domaine continu de l’espace des fréquences.
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1.3 Propriétés
Linéarité:
x1 (t) ←→ X1 (if)
=⇒ a1 .x1 (t) + a2 .x2 (t) ←→ a1 .X1 (if ) + a2 .X2 (if )∀(a1 , a2 ) ∈ C2
x2 (t) ←→ X2 (if)
La transformée de Fourier est donc une transformation linéaire.
Translation (ou décalage temporel):
si x(t) ←→ X(if ) on a alors:
x(t + t0 ) ←→ X(if).ei.2.π.f.t0 ∀t0 ∈ R
décalage fréquentiel:
x(t).ei.2.π.f0 .t ←→ X(i(f − f0 )) ∀f0 ∈ R
La multiplication par une exponentielle entraine un décalage en fréquence du signal.
Changement d’échelle:
1 f
F {x(a.t)} = X( )
|a| a
Produit de convolution:
x(t) ←→ X(if) et y(t) ←→ X(if)
x(t) ⊛ y(t) ←→ X(if).X(if)
x(t).y(t) ←→ X(if) ⊛ X(if)
5
La transformation de Fourier transforme convolution en multiplication et multiplication en convolu-
tion.
Parité:
• Si x est paire . On sait que eiθ = cos(θ) + [Link](θ). Donc l’intégrale de Fourier s’écrit :
+∞
X(f) = x(t).[cos(2.π.f.t) − i sin(2.π.f.t)].dt
−∞
Or les fonctions t → x(t). cos(2πf t) et t → x(t). sin(2πft) sont respectivement paire et impaire
Donc:
+∞ +∞
x(t).[cos(2.π.f.t)].dt = 2. x(t)[cos(2.π.f.t)].dt
−∞ 0
et +∞
x(t).[sin(2.π.f.t)].dt = 0
−∞
Donc
+∞
si x est paire , X(f) est un nombre réel et X(f) = 2. 0 x(t)(cos(2.π.f.t)dt
• Si x est impaire alors on a de la même façon :
+∞
X(f) = −2.i x(t).[sin(2.π.f.t)].dt
0
Propriétés de parité et symétrie
x(t) X(f )
Réelle et paire Réelle et paire
Réelle et impaire Imaginaire et impaire
Imaginaire et paire Imaginaire et paire
Imaginaire et impaire réelle et impaire
Complexe et paire Complexe et paire
Complexe et impaire Complexe et impaire
2 Exemple de spectres continus
2.1 Spectre d’une impulsion rectangulaire
Considérons une impulsion x(t) de largeur ∆t et d’amplitude A centrée en t = 0 . Par définition de
la transformation de Fourier, on a :
+∞
X(i.f) = x(t) exp(−i2πft)dt
−∞
or d’après la définition de l’impulsion rectangulaire centrée, on a :
6
∆t
0 si | t |> 2
x(t) = ∆t
A si | t |≤ 2
on a :
+∆t
2
X(i.f) = A.e−i2πf t dt
−∆t
2
A +∆t
X(i.f) = .e−i2πf t | −∆t
2
−i2πf 2
A ∆t ∆t
X(i.f) = [e−i2πf 2 − e+i2πf 2 ]
−i2πf
A e+i2πf ∆t − e−i2πf ∆t
X(i.f) = .
πf 2.i
sin(π.f.∆t)
X(i.f ) = A.∆t. = A.∆t. sin c(π.f.∆t) ∈ R
π.f.∆t
La densité spectrale d’amplitude d’une impulsion rectangulaire centrée en t = 0[s] est décrite par un
sinus cardinal.
Remarque: le spectre passe par zéro chaque fois que le sinus cardinal s’annule, c’est-à-dire, chaque
1
fois que la fréquence est un multiple de ∆t .
• un signal de courte durée possède un spectre large bande ;
• à un spectre étroit correspond un signal de longue durée.
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2.2 Spectre d’un sinus amorti
0 si t < 0
y(t) =
A.e−a.t . sin(2.π.fp .t) si t ≥ 0
+∞
Y (i.f) = y(t)e(−i2πf t) dt
−∞
+∞
Y (i.f) = A.e−a.t . sin(2.π.fp .t)e(−i2πf t) dt
0
+∞
e+i2πfp t − e−i2πfp t −i2πf t
Y (i.f) = A.e−a.t . .e dt
0 2.i
2π.fp
Y (i.f ) = A. ∈C
(a + i.2.π.f)2 + (2.π.fp )2
Ici on n’a pas de symétrie particulière, donc Y (i.f) est non réelle (complexe)
tt
2.3 Spectre de 2 impulsions
Considérons un signal constitué de deux impulsions d’amplitude A placées symétriquement en ± t20
Le spectre se calcule facilement à partir de celui d’une impulsion centrée en t = 0 et à l’aide du
théorème du décalage.
t0 t0
z(t) = x(t + ) + x(t − )
2 2
8
sin(π.f.∆t) +i2πf t0 sin(π.f.∆t) −i2πf t0
Z(i.f) = A.∆t. .e 2 + A.∆t. e 2
π.f.∆t π.f.∆t
sin(π.f.∆t) +i2πf t0 t
−i2πf 20
Z(i.f) = A.∆t. [e 2 +e ]
π.f.∆t
sin(π.f.∆t)
Z(i.f ) = 2.A.∆t. . cos(π.f.t0 )
π.f.∆t
3 Calcul de quelques transformées
3.1 Exponentielle décroissante
0 si t < 0
x(t) =
e−a.t si t ≥ 0
+∞
X(i.f ) = e−a.t .e−i.2.π.f.t
0
1
X(i.f) =
a + i.2.π.f
9
3.2 Exponentielle décroissante symétrique
Ce signal est décrit par :
x(t) = e−a.|t| − ∞ < t < +∞
On a alors :
0 +∞
+a.t −i.2.π.f.t
X(i.f) = e .e .dt + e−a.t .e−i.2.π.f.t .dt
−∞ 0
d’où:
1−0 0−1 2.a
X(i.f) = + = 2
a − i.2.π.f −(a + i.2.π.f) a + (2.π.f)2
X(i.f) est reelle car x(t) est pair
3.3 Signal unité (ou fonction cste)
Le signal constant unité vaut simplement 1 quelque soit t. Au sens des limites, il peut être décrit à
partir de l’exponentielle symétrique :
x(t) = 1 = lim e−a.|t| − ∞ < t < +∞
a−→0
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Ce passage par la limite est nécessaire car le signal constant n’est pas intégrable en valeur absolue et
sa transformée de Fourier ne peut donc pas être calculée à partir de sa définition. On a donc :
2.a 0 si f = 0
X(i.f) = lim 2 =
a−→0 a + (2.π.f )2 ∞ si f = 0
Ce résultat coïncide avec la définition d’une impulsion de Dirac. La T F d’un signal unité est donc
une impulsion de Dirac située en f = 0
X(i.f) = δ(f)
3.4 Saut unité
3.5 Phaseur
un phaseur de fréquence f0 peut s’écrire comme suit :
x(t) = e+i.2.π.f0 .t = lim e−a.|t| .e+i.2.π.f0 .t
a−→0
Utilisant la TF de l’exponentielle symétrique
2.a
X(i.f) =
a2 + (2.π.f)2
et la propriété de modulation
x(t).e+i.2.π.f0 .t ⇐⇒ X(i.(f − f0 )
on a :
2.a 0 si f =
f0
X(i.f) = lim 2 =
a−→0 a + (2.π.(f − f0 ))2 ∞ si f = f0
La TF d’un phaseur de fréquence f0 est donc une impulsion de Dirac située en f = f0 :
X(i.f) = δ(f − f0 )
3.6 Signal sinusoidal
un signal sinusoïdal est constitué de 2 phaseurs conjugués complexes (formule d’Euler), sa TF com-
portera 2 impulsions de Dirac située en ±f0 . On a alors :
1 δ(f − f0 ) + δ(f + f0 )
x(t) = cos(2.π.f0 .t) = .[e+i.2.π.f0 .t + e−i.2.π.f0 .t ] ←→ X(i.f) =
2 2
1 +i.2.π.f0 .t δ(f − f0 ) − δ(f + f0 )
x(t) = sin(2.π.f0 .t) = .[e − e−i.2.π.f0 .t ] ←→ X(i.f ) =
2.i 2.i
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La première TF est réelle, car la cosinusoïde est paire, alors que la deuxième TF est imaginaire car
la sinusoïde est impaire. On notera que les modules des densités spectrales sont les mêmes et que
seuls diffèrent leurs arguments.
a faire ....
...., TF peigne dirac
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