LA SYPHILIS
Objectifs :
1. Définir la syphilis
2. Décrire 2 signes cliniques de la syphilis primaire
3. Décrire 2 signes cliniques de la syphilis secondaire
4. Interpréter une sérologie syphilitique
5. Différencier le chancre syphilitique du chancre mou à l’aide de 2 signes
cliniques
6. Prescrire la pénicillinothérapie dans la syphilis
Introduction
1. Généralités
1.1 Définition
1.2 Intérêt
1.3 Classification
2. Signes
2.1 Syphilis primaire
Incubation
2.1.1 Signes cliniques
-le chancre typique
-le chancre atypique
-siège du chancre
-ADP satellites
2.1.2 Evolution
2.2 Syphilis secondaire
2.2.1 Signes cliniques
-manifestations dermatologiques (peau, phanères, muqueuses)
-manifestations extradermatologiques
2.2.2 Evolution
2.3 Syphilis tertiaire
2.4 Syphilis congénitale
2.5 Formes associées à IST
2.5.1 Forme associée au VIH
2.5.2 Forme associée à une autre MST
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3. Diagnostic
3.1 Diagnostic positif
-Arguments épidémiologiques
-Arguments cliniques
-Arguments paracliniques (bactériologie, sérologie, histopathologie)
3.2 Diagnostic différentiel
3.2.1 Devant le chancre :
-Chancre mou
-Herpès génital
-Donovanose
3.2.2 Devant la roséole :
-Primo-infection à VIH
-Toxidermie
3.2.3 Devant les syphilides papuleuses :
-Lichen plan cutané
-Toxidermie
-Psoriasis en gouttes
3.3 Diagnostic étiologique (agent pathogène, transmission, facteurs favorisants)
4 Traitement
4.1. Traitement curatif
4.1.1 But/principes
4.1.2 Moyens
4.1.3 Indications
4.1.4 Surveillance
4.1.5 Résultats
4.2 Traitement préventif
-chez la femme enceinte
-chez tout individu
Conclusion.
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INTRODUCTION :
La syphilis fait partie du groupe des maladies sexuellement transmissibles
(MST) encore appelées aujourd’hui infections sexuellement transmissibles
(IST).
La syphilis primo-secondaire est devenue une maladie d’actualité avec la
pandémie du VIH qui en a modifié l’épidémiologie.
Dans nos sociétés africaines, la syphilis primo-secondaire est une maladie de la
honte car touchant les organes génitaux externes. Elle revêt donc un caractère
moralisateur et culpabilisant qui est source de retard diagnostic.
Caractérisée par son polymorphisme clinique
1 GENERALITES
1.1 Définition :
La syphilis primo-secondaire est une maladie infectieuse, bactérienne,
sexuellement transmissible due à Treponema pallidum,
1.2 Intérêt :
-Epidémiologique : Endémique sous nos climats.
L’incidence de la syphilis au Bénin était de 0,2% en 2010 d’après le PNLS/IST.
1% chez les CPN au Togo d’après PNLS/IST
KIRAKOYA-SAMADOULOUGOU et al (BF) : 1,7% dans la population
générale
NDOYE et al (Sénégal), DAMIBA et al (BF), ALARY et al (Bénin) : 22-
30% chez les TS
Pour F. LY au Sénégal, la syphilis est la première cause d’ulcération génitale.
-L’infection par le VIH/SIDA a modifié l’épidémiologie et l’histoire naturelle de
la syphilis ( augmentation d’incidence, précocité de la neurosyphilis chez les
patients HIV+, cofacteur d’acquisition du VIH)
-Diagnostique : Grande simulatrice posant un problème de diagnostic avec
d’autres affections
la communauté antigénique entre le tréponème pâle et les agents
pathogènes des tréponématoses endémiques explique que ces affections ne
peuvent être différenciées par la sérologie syphilitique
-Thérapeutique : la pénicilline G est régulièrement efficace sur l’agent
pathogène, le tréponème pâle, et son coût est abordable.
-Pronostique : existence de formes graves comme la neurosyphilis, l’aortite
syphilitique
1.3 Classification (transparent)
3
Classification traditionnelle Classification moderne
Syphilis primaire Syphilis récente : syphilis primaire+
syphilis secondaire + syphilis latente
de moins de 1 an
Syphilis secondaire Syphilis tardive : syphilis latente de
plus de 1 an + syphilis tertiaire
Syphilis latente ou sérologique Syphilis congénitale
Syphilis tertiaire
Syphilis congénitale
2 SIGNES
2.1 Syphilis primaire de l’adulte
2.1.1 Signes cliniques :
Incubation : 3 à 6 semaines (moyenne 3 semaines)
SF : absents
SG : absents
Signes physiques se résument à deux manifestations : le chancre et les
adénopathies satellites
-chancre : érosion ou exulcération, arrondie ou ovalaire, de 0,5 à 1,5 cm de
diamètre, plus souvent unique que multiple, à fond propre, rouge chair, indolore,
à bords réguliers aplatis, à base non indurée à la palpation protégée
Ce chancre siège
chez l’homme sur le sillon balanopréputial, le frein de la verge, le méat, le
gland et plus rarement sur le pubis, le scrotum, la base du pénis
chez la femme sur les grandes lèvres, les petites lèvres, le clitoris, la
commissure postérieure, la fourchette, le col (souvent méconnu et
fréquent)
chez tous : anorectal, buccopharyngé, doigt, mamelon)
-adénopathies satellites :
Apparaissent 4 à 7 jours après le chancre
Unilatérales, ganglions multiples, petits et durs, non inflammatoires parfois
centrés par un ganglion plus volumineux appelé préfet de l’aine au niveau
inguinal
Adénopathies mobiles, indolores, sans périadénite
Siège fonction de la localisation du chancre : inguinal, inguino-crural ( chancer
génital, chancre anal), sous-mentonnier ( chancre buccal), sous-maxillaire (
chancre amygdalien)
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2.1.3 Evolution :
-Sans traitement, le chancre va disparaître en 3 à 6 semaines sans cicatrice,
mais parfois il existe une pigmentation résiduelle dans 1/3 des cas. La syphilis
continue néanmoins à évoluer et passe à la phase secondaire. Les adénopathies
persistent plusieurs mois.
-Sous traitement le chancre disparaît en 10 à 14 jours. Les adénopathies sous
traitement disparaissent après le chancre.
2.2 Syphilis secondaire :
C’est la phase septicémique de la maladie. Elle est très contagieuse.
Les signes cliniques apparaissent 6 semaines après le chancre, soit 2 mois après
le contage. Ils se caractérisent par leur polymorphisme, c’est pourquoi la
syphilis est qualifiée de grande simulatrice. L’éruption cutanée est entrecoupée
de périodes asymptomatiques de quelques semaines ou mois, sur une durée de
2 ans en moyenne. Ces poussées cutanées ou muqueuses sont appelées
floraisons
2.2.1 Signes cliniques :
-Signes fonctionnels : céphalées, polyarthralgies, douleurs osseuses lancinantes
-Signes généraux : altération de l’état général avec fièvre à 38-39° C : le sujet
est fatigué, avec un regard sans vivacité et un teint pâle.
Signes physiques :
Signes dermatologiques :
Au niveau de la peau :
-La roséole syphilitique qui constitue la première floraison
macules érythémateuses, roses pâles, de 5 à 15 mm de diamètre, non
squameuses, non coalescentes, disséminées sur le tronc et la racine des
membres, passant souvent inaperçues car non prurigineuses. Elle dure 7 à 10
jours et régressent spontanément.
-Les syphilides papuleuses qui constituent la 2ème floraison surviennent au
2ème et 4ème mois.
Caractérisées par leur polymorphisme : lésions squameuses, croûteuses,
nécrotiques, ulcérées, mais sous l’ulcération, la nécrose, la squame, il y a la
papule. Papules rouge cuivré, non prurigineuses, indolores, de quelques
millimètres de diamètres, non confluentes, disposées de manière symétrique.
Elles sont parfois recouvertes d’une fine squame ou entourée d’une
desquamation circulaire périlésionnelle appelée la collerette de BIETT,
inconstante.
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Aspect variable selon le siège
Les syphilides palmo-plantaires ne sont pas papuleuses mais infiltrées et
siègent à cheval sur les plis palmaires ou plantaires
Les syphilides des sillons nasogéniens évoquent une dermite
séborrhéique et celles du menton donnent un faux aspect d’éruption
acnéiforme
Au visage, les syphilides peuvent être circinées ou dessinées des S, des
corymbes : ce sont les syphilides élégantes de Brocq.
Au cou : collier de VENUS
Dans les plis, l’aspect est érosif
Les syphilides périnéales et génitales sont multiples, papulo-érosives,
souvent macérées prenant un aspect végétant.
Le regroupement périfolliculaire et l’aspect circiné des lésions sont
particuliers à la peau noire
Au niveau des phanères :
-Alopécie non cicatricielle en clairière ( zones incomplètement déglabrées)
de siège temporo-occipital.
-Alopécie des sourcils
Au niveau des muqueuses :
- les plaques muqueuses : maculo-papules réalisant des plaques arrondies à
limites nettes, indolores, qui peuvent devenir érosives ou végétantes. Peuvent
être contemporaines de la roséole ou des syphilides. Très contagieuses, elles
peuvent durer plusieurs mois. Elles siègent sur la langue réalisant les plaques
fauchées ( les papilles apparaissent comme fauchées), dans la commissure
labiale, le pharynx, le larynx (voix rauque), les organes génitaux externes
-la perlèche : papule de la commissure labiale fendue en deux
Les signes extradermatologiques :
-polyadénopathies cervicales postérieures, occipitales, épitrochléennes
(ganglion du beau père)
-syndrome méningé ( raideur de la nuque, signe de Kernig, signe de
Brundzinski)
-hépatosplénomégalie
-uvéite, iridocyclite ( inflammation de l’iris et du corps ciliaire)
2.2.2 Evolution :
-Non traitée, la syphilis secondaire va évoluer vers une syphilis latente.
- Sous traitement, les lésions vont régresser au bout de plusieurs semaines. Mais
une complication évolutive sous traitement est la réaction de HERXHEIMER
caractérisée par une exacerbation des lésions cutanées, une fièvre, des
céphalées, des myalgies
2.3 Syphilis tertiaire
6
Elle a pratiquement disparu du fait de l’utilisation des antibiotiques à large
échelle. Environ 10% des syphilis récentes évolueront vers le stade tertiaire.
Les manifestations cliniques sont dermatologiques et extra-dermatologiques :
-Manifestations dermatologiques :
-lésions cutanées : lésions papulo-nodulaires,dermiques ou hypodermiques à
disposition annulaire faisant discuter tuberculose cutanée, sarcoidose,
leishmaniose tégumentaire,
-lésions muqueuses : gommes évoluant en 4 stades ( crudité, ramollissement,
fluctuation et fistulisation) siégeant particulièrement dans la cavité buccale
(palais) et sur la muqueuse nasale, pouvant conduire à des délabrements du
massif facial
Manifestations extradermatologiques :
-atteinte cardiovasculaire : insuffisance aortique, anévrysme de l’aorte
ascendante, coronarite ostiale, calcification de l’aorte ascendante
-neurosyphilis : paralysie générale ( démence) par atteinte des lobes frontaux,
tabès par atteinte de la corde postérieure de la moelle, méningite chronique
syphilitique avec anomalies du LCR ( hyperprotéinorachie modérée,
hypercytose modérée, VDRL+) ouvant se compliques de paralysies des paires
craniennes, de hypertensionintracranienne, d’atteinte radiculaire, accident
vasculaires cérébraux ; atteinte oculaire à type de uvéite, rétinite, signe
d’Argyll-Robertson qui est fait d’une abolition du réflexe photomoteur direct
mais conservation du réflexe convergence-accomodation
-autres atteintes viscérales : hépatique, rénale
2.4 Syphilis congénitale
L’atteinte fœtale se fait selon les mécanismes suivants :
-soit par voie transplacentaire à partir du 3ème ou 4ème trimestre de la grossesse
-soit lors du passage de la filière génitale au moment de l’accouchement lorsque
la mère est atteinte d’une syphilis primaire ou secondaire
Il faut distinguer deux formes cliniques :
-La syphilis congénitale précoce
-La syphilis congénitale tardive
2.4.1La syphilis congénitale précoce survient avant l’âge de 7 ans. Les
manifestations cliniques sont :
-Lésions cutanées: rhagades des commissures labiales, lésions papuleuses du
tronc, bulles palmo-plantaires (pemphigus ). Absence de chancre ici
-Lésions muqueuses: coryza purulent; érosions buccales
-Lésions viscérales: hépato-splénomégalie avec ictère, néphrite, convulsions,
décollement épiphysaire des os longs, ostéochondrite, périostite
2.4.2 La syphilis congénitale tardive est celle qui survient après l’âge de 7 ans
Lésions polymorphes sont polymorphes :
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• dystrophie osseuse (tibia en lame de sabre)
• malformation des incisives supérieures échancrées sur le bord libre
(dents de Hutchinson)
• kératite,
• surdité,
• hydarthrose des genoux,
• gommes
2.3 Formes associées :
-Formes associées à une infection par le VIH :
Les manifestations cliniques sont identiques mais la neurosyphilis serait plus
précoce chez les patients HIV+
-Formes associée à un chancre mou :
La syphilis primaire peut être associée à un chancre. L’ulcération a d’abord les
caractéristiques d’un chancre mou c’est-à-dire une ulcération ovalaire, à bords
irréguliers, à fond sale, douloureuse à la palpation protégée, à base empâtée puis
vers J15 l’ulcération prend les caractéristiques d’une ulcération syphilitique,
c’est-à-dire érosion arrondie ou ovalaire, à bords aplatis, à fond propre, indolore
à la palpation, à base indurée. Les adénopathies suivent le même processus
-Formes associée à un herpès génital : le chancre est douloureux et non induré
au départ puis après quelques jours d’évolution apparaît le caractère induré
3 DIAGNOSTIC
3.1 Diagnostic positif :
-Arguments épidémiologiques : zone d’endémie, contact sexuel non protégé
-Arguments cliniques
-chancre syphilitique et adénopathie satellite dans la syphilis primaire
-roséole syphilitique, syphilides papuleuses, plaques fauchées associées à des
signes fonctionnels, des signes généraux et des signes d’atteinte d’organe dans la
syphilis secondaire
Arguments paracliniques :
-Examen bactériologique :
Prélèvement de suc par raclage du fond du chancre ou des plaques muqueuses
puis réalisation d’un frottis. Examen au microscope à fond noir permettant
d’observer le tréponème pâle qui est remarquable par son mouvement : il
traverse majestueusement le champ du microscope.
-Examens sérologiques :
Tests tréponémiques ou spécifiques :
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o FTA absous (Fluorescent Treponema Antibodies) qui est positif
vers J7 (J5-J10). C’est un test d’immunofluorescence indirect qui
consiste à mettre en contact le sérum du patient avec des
tréponèmes tués.
o TPHA ( Treponema Pallidum Haemaglutination Assay) qui est
positif vers J10. C’est un test d’hémagglutination consiste à mettre
en contact le sérum du patient avec un ultrasonat de tréponèmes.
Test non tréponémiques ou non spécifiques : VDRL ( Venereal Disease
Research Laboratory) positif vers J15. Dépiste l’antigène cardiolipidique
que le tréponème pâle partage avec d’autres cellules vivantes.
Schématiser la chronologie d’apparition des anticorps au cours de
l’évolution de la syphilis
En pratique, le TPHA et le VDRL sont utilisés pour le diagnostic biologique
de la syphilis
Les résultats possibles sont :
Tableau II : Interprétation de la sérologie de la syphilis
TPHA+ TPHA-
VDRL + -Syphilis vénérienne -sérologie syphilitique
active faussement positive :
-Tréponématose paludisme, grossesse,
endémique lupus érythémateux,
cirrhose, lèpre, syndrome
des anticorps
antiphospholipide
VDRL- -Syphilis récente vue -Absence de syphilis
avant J15 -Syphilis traitée
-Cicatrice sérologique précocement et guérie
-Faux TPHA positif -Syphilis vue avant J10
-Histopathologie : épiderme ( exocytose). Derme : infiltrat plus ou moins dense
constitué de plasmocytes et de lymphocytes avec atteinte des vaisseaux.
3.2 Diagnostic différentiel :
3.2.1 Devant le chancre génital :
Eliminer autres MST
-chancre mou : ulcération ovalaire de taille variant de quelques mm à plusieurs
centimètres, à bords irréguliers, à fond sale, douloureux à la palpation, à base
non indurée mais empâtée. Accompagnée d’adénopathies inflammatoires,
douloureuses, évoluant vers la fistulisation. Diagnostic fait sur les caractères
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cliniques du chancre et la recherche du bacille de DUCREY est rarement
réalisée pour confirmer le diagnostic
-herpès génital : ulcération unique ou multiple, superficielle, post-vésiculeuse,à
bordures polycycliques, à fond fibrineux, suintant, douloureuse à la palpation, à
base non indurée. Adénopathies unilatérales douloureuses. Les signes
prémonitoires ( sensation de cuisson), le caractère récidivant des lésions sur le
même siège et les caractéristiques de l’ulcération orientent vers le diagnostic. Dû
à herpès simplex virus type 1 ou 2
-Donovanose ou granulome inguinal : ulcération de grande taille, saillante, en
plateau, à bords réguliers, propre, indolore sans adénopathies satellites.
Diagnostic évoqué sur la clinique peut être confirmé par la mise en évidence de
l’agent pathogène qui est Calymmatobacterium granulomatis
Devant la roséole syphilitique :
-Primo-infection à VIH : syndrome pseudo-grippal, ulcération buccales,
syndrome mononucléosique à la biologie antigénémie p24 positive
-Toxidermie : prurit ; prise médicamenteuse à l’interrogatoire ;
histopathologie : nécrose kératinocytaire
3.2.2 Devant les syphilides papuleuses
-Toxidermie à type d’exanthème maculo-papuleux : interrogatoire retrouve une
notion de prise médicamenteuse avant 7 à 14 jours avant l’éruption, l’éruption
cutanée est associée à un prurit. L’utilisation des critères d’imputabilité
médicamenteuse permet d’apprécier la responsabilité du médicament impliqué
dans la survenue de la toxidermie
-Lichen plan : Prurit. Papule irrégulière, polygonale, violine, grisâtre, brillante à
jour frisant, à surface kératosique avec des stries de Wickam, réalisant des
plaques lichénifiées, hyperpigmentées sur peau noire, siégeant classiquement à
la face antérieure des poignets, à la région lombaire, sur les jambes. Une atteinte
muqueuse est fréquemment associée sous forme de réseaux blanchâtres à la face
interne des joues, de médaillons érythémateux, érosifs et suintants de la lèvre
inférieure. Le diagnostic évoqué sur les éléments cliniques est confirmé par
l’histopathologie qui montre une hyperkératose orthokératosique, une
hypogranulose, une acanthose, une vacuolisation de la basale, un infiltrat en
bande le long de la MBZ, fait de lymphocytes.
-Psoriasis en gouttes: absence de prurit. Papules squameuses multiples
disséminées sur le corps. Histopathologie de psoriasis : hyperkératose
parakératosique, hypergranulose, acanthose, papillomatose avec crêtes
épidermiques élargies en bâtons de cloche ou en massues, dilatation des
capillaires du derme papillaire. Infiltrat lymphocytaire du derme.
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3.3 Diagnostic étiologique
Agent pathogène :
Treponema pallidum, bactérie spiralée, mobile, appartient à l’ordre des
Spirocheatales comme Borrelia et Leptospira
N’est pas cultivable in vitro et donc pas d’antibiogramme pour étudier la
sensibilité.
Communauté antigénique : Il est proche des agents pathogènes du bejel (T.
endemicum), du pian (T. pertenue), du caraté ( [Link] ). Il ne peut être
distingué morphologiquement, ni par inoculation à l’animal, ni par
immunofluorescence de ces germes.
Il se déplace majestueusement au microscope à fond noir en faisant des
mouvements hélicoïdaux, pendulaires et vibratoires
Mode de contamination :
-Transmission sexuelle est le mode le plus fréquent
-Transmission materno-fœtale durant la grossesse par passage transplacentaire
du tréponème à partir du 4ème -5ème mois de grossesse , au cours de
l’accouchement lors du passage de la filière génitale, lors de l’allaitement
-Contamination par voie sanguine si transfusion de sang contaminé :
exceptionnelle aujourd’hui
-Contamination professionnelle possible si examen du patient sans port de
gants
1.3.4 Réservoir de germes : homme malade à la phase de syphilis primaire ou
secondaire, femme enceinte porteuse d’une syphilis active primo-secondaire
1.3.5 Facteurs favorisants : prostitution, multiplication des partenaires sexuels,
liberté des mœurs, tourisme sexuel, pauvreté, VIH
4 TRAITEMENT
Principe : traitement du patient et de ses partenaires sexuels en même temps
4.1 Traitement curatif :
4.1.1 But :
- Eradiquer le germe pour rompre la chaîne de contamination
- Eviter les complications
-Traiter les partenaires du patient
4.1.2 Moyens :
Tableau I : Moyens médicaux de traitement de la syphilis primo-secondaire
Médicaments Posologie- voie Effets indésirables
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d’administration
Pénicilline G retard : 2,4 MUI en IM en 1 prise Réactions
-Benzathine penicilline 2,4 unique allergiques
MUI Douleurs au point
(EXTENCILLINE) d’injection
Réaction de
Herxheimer
Cyclines : 500 mg x 4 / jour per os -Troubles digestifs
-Chlorhydrate de tétracycline pendant 15 jours -Coloration jaunes
gélule 250 mg des dents chez
enfant < 8 ans
Doxycycline comp 100 mg 200 mg/j en 2 prises Troubles digestifs
durant 15 jours per os Coloration de
l’émail des dents
photosensibilité
Macrolides : 30 mg/kg/j pendant 15 j Troubles digestifs
-Erythromycine comp 500 mg per os Cytolyse
Ergotisme
Réactions
allergiques
Corticoides: 0,5 mg/kg/j pendant 3 Troubles digestifs
Prednisone jours Troubles MB
Infections
Troubles cutanés
Acide acetyl salicylique 25 mg/kg/ J en 3 prises Troubles digestifs,
de la coagulation,
allergie
4.1.3 Indications:
Tableau II: Indications du traitement de la syphilis primo-secondaire
Formes cliniques Moyens
Syphilis primaire Benzathine pénicilline en IM : 1
injection
Syphilis secondaire 2 injections de benzathine pénicilline
espacées de 7 jours
Réaction de Herxheimer Acide acétyl salicylique
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4.1.4 Surveillance du traitement :
-clinique : évolution locale des lésions cutanées ; recherche d’effets secondaires
du traitement
-paraclinique : suivi du VDRL quantitatif. Le titre du VDRL quantitatif doit être
divisé par 4 trois mois après la fin du traitement et par 16 , six mois après la fin
du traitement, lorsque ce dernier est efficace.
4.1.5 Résultats
Traitée tôt et efficacement la syphilis primo-secondaire guérit.
4.2 Traitement préventif
Prévention primaire
-IEC pour changement de comportement sexuel : réduire le nombre de
partenaires sexuels, porter systématiquement le préservatif en cas de contact
sexuel avec un partenaire occasionnel.
-Dépistage et le traitement précoce des cas et sur le traitement des partenaires
sexuels
Prévention secondaire :
Dépistage et traitement précoce des cas
CONCLUSION :
La syphilis primo-secondaire est une maladie sexuellement transmissible
d’actualité. Elle est caractérisée par un polymorphisme clinique. Son diagnostic
évoqué sur la base des éléments cliniques doit être confirmé par la sérologie
syphilitique. Le traitement de la syphilis primo-secondaire repose sur la
pénicillinothérapie qui est régulièrement efficace. La prévention efficace de la
syphilis passe par un changement de comportement sexuel, le dépistage et le
traitement des cas.
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