Cours Nano-diélectrique Master de recherche de Physique
Chapitre 1 : Matériaux diélectriques
I. Introduction
Dans ce chapitre, nous présentons des rappels sur les principales caractéristiques physiques des
diélectriques.
II. Définition d’un diélectrique
Un matériau est classé dans la catégorie des diélectriques ou isolant, si sa résistivité électrique
est très élevée >106 Ω⋅m.
Un isolant possède peu de charges libres, elles y sont piégées, contrairement à un
matériau conducteur où les charges sont nombreuses et libres de se déplacer sous l'action
d'un champ électromagnétique.
La faculté d'un matériau à être isolant peut aussi être expliquée par la notion de bandes
d'énergie. L'isolation électrique est rattachée à une grandeur physique mesurable, la
résistance, qui s'exprime en ohms (symbole : Ω). Un matériau est diélectrique s'il ne
contient pas de charges électriques susceptibles de se déplacer de façon macroscopique.
Autrement dit, c'est un milieu qui ne peut pas conduire le courant électrique. À ce titre, on
l'appelle parfois isolant électrique. On compte parmi ces milieux le verre et de nombreux
plastiques.
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Quelques milieux diélectriques solides usuels
Le verre, utilisé pour faire des isolateurs de lignes haute tension
La céramique, très utilisée pour les matériels HTB des postes électriques
La plupart des plastiques
Le Polypropylène, utilisé en particulier dans les condensateurs.
Malgré l'impossibilité des milieux diélectriques de conduire le courant, ils présentent de
nombreuses caractéristiques électriques. En effet les atomes qui constituent le matériau
peuvent présenter des dipôles électrostatiques qui sont susceptibles d'interagir avec un champ
électrique. Cette interaction se traduit par la création d'une polarisation reliée à ce champ
électrique, au niveau microscopique, par une polarisabilité, et au niveau macroscopique,
par la susceptibilité électrique.
Les électrons présents dans un milieu diélectriques ne peuvent pas, par définition, se déplacer
sur des grandes distances. Ils peuvent par contre présenter des mouvements d'amplitude très
petite à notre échelle, mais qui peuvent être à l'origine de nombreux phénomènes. Ces
mouvements sont souvent des mouvements d'oscillation autour du noyau : le nuage électronique
peut être déformé et ainsi créer un dipôle électrostatique. Il en va de même pour le déplacement
global des atomes au sein du matériau (ils créent également des dipôles).
En résume contrairement aux métaux, les matériaux diélectriques possèdent des charges
électriques localisées qui ne peuvent se déplacer que très faiblement par rapport à leur position
d’équilibre (d’où leur propriété d’isolant électrique). On distingue deux types de diélectriques.
Les diélectriques idéaux : Les matériaux diélectriques idéaux sont des matériaux qui ne
sont pas conducteurs du courant électrique puisqu’ils ne contiennent pas de charge libres dans
leur structure.
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Les diélectriques réels : Ils contiennent un certain volume de charges libres provenant des
impuretés. Ainsi, on peut observer une très légère conduction surfacique, surtout en basses
fréquence.
Autrement :
Un matériau est dit diélectrique lorsqu’il se polarise quand il est placé dans un champ électrique,
c'est-à-dire, qu'il se comporte comme une collection de dipôles élémentaires qui s'orientent
suivant le sens du champ électrique.
Les qualités électriques des matériaux diélectriques sont liées aux propriétés suivantes ou à
leurs combinaisons :
permittivité diélectrique.
facteur de pertes.
rigidité diélectrique.
résistivité.
Les matériaux diélectriques sont généralement caractérisés par leur permittivité relative (εr) et
leurs pertes diélectriques (tan δ). Un bon diélectrique possède une forte permittivité et de faibles
pertes diélectriques.
III. Définition de la constante diélectrique
La constante diélectrique symbolise la propriété du matériau à s’opposer au passage d’un
courant électrique. Plus le matériau limite le passage d’un courant électrique et plus sa constante
diélectrique est élevée.
La constante diélectrique ou constante électrique, également nommée permittivité du vide
ou encore permittivité diélectrique du vide, est une constante physique. Elle est notée par
ε0.
La permittivité d'un matériau est définie comme le rapport entre la norme du champ de
déplacement électrique et celle du champ électrique appliqué au matériau. Pour des champs
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suffisamment grands, ce rapport n'est pas constant et tend vers ε0. ε0 peut être vue comme
la permittivité intrinsèque du vide. Pour un matériau donné de permittivité ε, il est possible de
définir la permittivité relative, normalisée par rapport à celle du vide.
Dans la littérature, on parle souvent de la constante diélectrique relative :
ε
ε𝑟 =
ε0
C’est à dire du rapport entre la constante diélectrique du matériau et celle de la constante
diélectrique du vide prise comme référence (ε0 = 8.85.10− 12 F/m).
Cette valeur ne possède pas d'unité et est toujours supérieure à 1.
Permittivité relative de quelques isolants :
Ces valeurs sont approximatives et peuvent varier nettement en fonction de la fréquence, de la
température. La permittivité est appelée également constante diélectrique (symbole εr).
IV. Rigidité diélectrique
La rigidité diélectrique d’un milieu isolant représente la valeur maximum du champ
électrique que le milieu peut supporter avant le déclenchement d’un arc électrique (donc
d’un court- circuit). On utilise aussi l'expression champ disruptif. Pour un condensateur, quand
cette valeur est dépassée, l’élément est détruit. La valeur maximale de la tension électrique
appliquée aux bornes, est appelée tension de claquage du condensateur. Si le champ électrique
dépasse la rigidité diélectrique du matériau, on parle de claquage, et le matériau peut
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voir ses propriétés physiques modifiées, parfois de façon réversible, et parfois de façon
irréversible.
V. Polarisation diélectrique
1. Moment électrique d’un dipôle
Un dipôle est formé de deux charges égales et de signes opposés. La valeur du moment
électrique d’un dipôle est p0 = q a. Où q est la charge positive (ou la valeur absolue de la charge
négative) et a la longueur du dipôle. Il va de soit que pour les molécules où a = 0, le moment
dipolaire est nul.
Remarque : jusqu’à présent, les scientifiques ne se sont pas mis d’accord quant au sens à
donner au dipôle électrique, de la charge positive vers la charge négative ou vice versa.
2. Description de la polarisation
La propriété la plus importante d’un diélectrique est la polarisation sous l’action d’un
champ électrique externe.
Polarisation atomique
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Polarisation macroscopique
Examinons un ensemble d’atomes ou de molécules dans un diélectrique (électriquement neutre)
en l’abscence puis en présence d’un champ électrique (E).
En soumettant le matériau à un champ électrique de tels dipôles peuvent être créés. S'ils
existaient déjà cela peut avoir comme effet de tous les aligner dans le même sens. D'un point
de vue microscopique, on peut relier l'amplitude de l'onde au dipôle créé via la notion de
polarisabilité, qui est une caractéristique propre à chaque atome. Il est cependant impossible
de mesurer de telles grandeurs microscopiques. On préfère utiliser une grandeur
macroscopique, la polarisation, qui vaut la somme de tous les dipôles du matériau. Cette
polarisation vient donc de différents effets physiques.
La polarisation 𝑃⃗ est souvent proportionnelle au champ électrique 𝐸⃗ qui l'a créée (ce cas est dit
linéaire) :
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Avec ε0 la constante diélectrique et χ la susceptibilité électrique du matériau, qui est un nombre
complexe. Dans le cas d'un diélectrique anisotrope, χ est un tenseur de rang 2.
3. Diélectriques polaires et non polaires
4. Types de polarisations
a. Polarisation électronique
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b. Polarisation ionique
c. Polarisation macroscopique
d. Polarisation dipolaire (d’orientation)
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Figure : Intervention des mécanismes de polarisation dans les diélectriques suivant la
fréquence
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VI. Susceptibilité électrique
En électromagnétisme, la susceptibilité électrique est une grandeur caractérisant la polarisation
créée par un champ électrique. Ce phénomène se produit uniquement par l'intermédiaire
d'un milieu matériel (souvent un matériau diélectrique), et dans de nombreux cas, l'intensité
du champ électrique utilisé est suffisamment faible pour que la polarisation vérifie la relation
suivante :
Ce cas est dit linéaire car il s'agit d'une relation de proportionnalité. Il permet d'interpréter
le phénomène de réfraction : en effet, la susceptibilité est reliée, d'après les équations de
Maxwell, à l'indice de réfraction 𝑛 par la relation :
où Re(χ) désigne la partie réelle de la susceptibilité électrique.
Calcul de la susceptibilité électrique
Pour calculer la susceptibilité électrique, plusieurs approches sont possibles. Il faut dans tous
les cas être capable de décrire l'effet d'un champ électrique sur les constituants la matière. Les
différents mécanismes possibles sont à l’origine de plusieurs types de polarisation :
la polarisation électronique, toujours présente, due au déplacement et à la déformation
du nuage électronique,
la polarisation atomique ou ionique due aux déplacements des atomes ou des ions dans
la structure du matériau,
la polarisation d'orientation, pour les matériaux qui sont initialement déjà polarisés de
façon microscopique, mais dont les éléments n'ont pas forcément la même orientation,
la polarisation macroscopique due à des déplacements de charges dans l'ensemble du
matériau.
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Dans la plupart des cas, plusieurs de ces phénomènes sont présents et se cumulent. La principale
difficulté du calcul réside dans le fait que le champ électrique macroscopique dans lequel est
plongé le matériau est souvent différent du champ électrique local qui agit réellement sur les
constituants microscopiques et donc crée la polarisation. C'est pourquoi il faut distinguer
susceptibilité (grandeur macroscopique) de polarisabilité (grandeur microscopique).
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