LA COMMUNICATION EN SANTÉ
« Les mots bien choisis peuvent guérir mieux qu’un médicament. »
— Auteur inconnu
Introduction
La communication est l’un des piliers fondamentaux de la vie en société.
C’est grâce à elle que les êtres humains échangent leurs idées, leurs émotions et leurs
expériences.
Dans le domaine de la santé, la communication devient un outil thérapeutique et éducatif, car
elle permet de comprendre, d’éduquer et de transformer les comportements.
Communiquer, ce n’est pas seulement parler.
C’est aussi écouter, observer, comprendre et s’adapter.
Une bonne communication crée un lien de confiance entre les individus, favorise la
compréhension mutuelle et facilite la transmission des savoirs.
I. Définitions et mots-clés
Communication : vient du latin “communicare” qui signifie “mettre en commun”.
C’est un processus par lequel un individu (l’émetteur) transmet un message à un autre (le
récepteur), à travers un canal, dans le but de partager une information ou d’obtenir une réaction.
Message : c’est le contenu de l’information qu’on veut transmettre.
Exemple : informer un patient sur le bon usage d’un médicament.
Canal : c’est le moyen utilisé pour faire passer le message (voix, écrit, image, internet,
etc.).
Exemple : une affiche dans une salle d’attente, une émission radio, ou une vidéo éducative.
Émetteur : celui qui parle ou transmet une information (enseignant, infirmier, technicien, etc.).
Récepteur : celui qui reçoit le message (patient, étudiant, public, etc.).
Rétroaction (ou feedback) : la réponse du récepteur qui montre si le message est bien compris.
👉 Exemple : un étudiant qui reformule une explication donnée par son professeur.
II. Brève histoire de la communication
Depuis les temps anciens, les humains ont cherché à communiquer entre eux pour survivre et
évoluer.
Avant même l’invention de l’écriture, ils utilisaient des gestes, des dessins, des symboles et des
sons pour transmettre leurs messages.
Communication primitive : basée sur les signes, les cris et les gestes.
Exemple : les peintures rupestres servaient à raconter la chasse ou les rites religieux.
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Communication écrite : apparue avec l’écriture (vers 3000 av. J.-C.) permettant de garder la
mémoire collective.
Exemple : les hiéroglyphes égyptiens.
Communication de masse : avec l’imprimerie (XVe siècle), puis la radio, la télévision et enfin
internet.
Ces moyens ont permis de diffuser les messages à grande échelle, notamment en santé publique.
Aujourd’hui, avec les technologies numériques, la communication est devenue instantanée et
interactive, mais elle doit rester humaine et éthique, surtout dans le domaine médical.
Autres définitions de la communication
1. Définition générale
« Communiquer, c’est mettre en commun des idées, des sentiments ou des informations
entre deux ou plusieurs personnes. »
— Larousse, Dictionnaire de la langue française, édition 2020.
Explication : La communication est avant tout un partage. Elle crée un lien entre les personnes.
Exemple : lorsqu’un professeur partage son savoir avec ses étudiants.
2. Définition scientifique
« La communication est un processus d’échanges de messages entre un émetteur et un
récepteur, par l’intermédiaire d’un canal, dans le but d’une compréhension mutuelle. »
— Shannon & Weaver, “Mathematical Theory of Communication”, 1949.
Explication : Cette définition montre que la communication est un processus dynamique avec
plusieurs étapes : émission, réception et retour (feedback).
Exemple : un médecin explique un traitement, le patient pose des questions : il y a échange.
3. Définition sociale
« La communication est le fondement de la vie sociale, elle rend possible la cohésion et
l’organisation des groupes humains. »
— Émile Durkheim, “De la division du travail social”, 1893.
Explication : Sans communication, il n’y aurait pas de société, car les gens ne pourraient ni
coopérer, ni transmettre leurs valeurs.
Exemple : dans un laboratoire, les techniciens doivent communiquer pour coordonner les
analyses.
4. Définition psychologique
« Communiquer, c’est interagir avec autrui pour s’influencer, se comprendre et s’adapter
mutuellement. »
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
— Paul Watzlawick, “Une logique de la communication”, 1967.
Explication : Ici, la communication est vue comme un échange humain, où chaque personne
influence l’autre.
Exemple : un agent de santé qui rassure un patient anxieux crée une interaction émotionnelle
positive.
5. Définition selon l’OMS
« La communication pour la santé est un processus systématique d’intervention visant à
promouvoir des comportements positifs pour améliorer la santé des individus et des
communautés. »
— Organisation Mondiale de la Santé (OMS), “Communication for Behavioural Impact –
COMBI”, 2001.
Explication : C’est une approche planifiée pour informer et motiver la population à adopter de
bons comportements.
Exemple : les campagnes sur la prévention du paludisme ou du VIH/SIDA.
6. Définition professionnelle (santé publique)
« C’est l’art de transmettre des informations médicales ou sanitaires de façon claire,
adaptée et respectueuse, pour favoriser la compréhension et la prise de décision éclairée. »
— Ministère de la Santé Publique (France), Guide de communication en santé, 2017.
Explication : Les professionnels de santé doivent adapter leur langage selon le public.
Exemple : un infirmier explique simplement à une mère comment préparer le sérum oral pour un
enfant malade.
7. Définition éducative
« Communiquer, c’est enseigner et apprendre à la fois. C’est un dialogue permanent entre
celui qui sait et celui qui découvre. »
— Paulo Freire, “Pédagogie de la communication”, 1970.
Explication : Dans l’enseignement, la communication est bilatérale : le professeur parle, mais il
écoute aussi pour s’adapter.
Exemple : un enseignant qui pose des questions à ses étudiants pour vérifier leur compréhension.
8. Définition moderne
« La communication est la circulation d’informations, d’émotions et de symboles à travers
divers médias pour relier les individus entre eux. »
— Dominique Wolton, “Informer n’est pas communiquer”, 2009.
Explication : Cette vision moderne tient compte des médias numériques et du rôle des émotions
dans les échanges.
Exemple : les réseaux sociaux utilisés pour sensibiliser les jeunes à la santé mentale.
Synthèse générale
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
En résumé, la communication est à la fois :
Un processus d’échange (émetteur ↔ récepteur) ;
Un lien social (elle unit les individus) ;
Un outil éducatif et sanitaire (elle informe et transforme) ; et un moyen de changement
de comportement.
Sans communication, il n’y a ni apprentissage, ni prévention, ni santé publique efficace.
III. Importance de
La communication en santé
La communication en santé est un outil indispensable pour :
Informer la population sur les risques et les bonnes pratiques.
Exemple : campagnes sur la vaccination ou l’hygiène des mains.
Éduquer pour un changement durable de comportement.
Exemple : expliquer comment prévenir le diabète par une bonne alimentation.
Motiver et rassurer les patients.
Exemple : un technicien qui prend le temps d’expliquer les étapes d’un prélèvement rassure le
patient.
Créer une relation de confiance entre professionnels et usagers.
Exemple : une infirmière qui écoute attentivement un patient montre du respect et de la
considération.
IV. Le processus de communication
Le processus de communication se déroule en plusieurs étapes :
Élément Rôle Exemple
Émetteur Celui qui parle ou informe Le professeur, le médecin
Message Ce qu’on veut transmettre Règles d’hygiène,
traitement
Canal Moyen utilisé Voix, affiche, radio, vidéo
Récepteur Celui qui reçoit Étudiant, patient
l’information
Feedback Réponse du récepteur Question, réaction,
reformulation
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Remarque : Si un de ces éléments manque ou est mal utilisé, la communication échoue (ex. :
mauvaise compréhension, message confus).
V. La communication dans la politique sanitaire
La communication en santé publique joue un rôle clé dans la réussite des programmes nationaux.
Elle sert à informer, à mobiliser et à éduquer la population autour des objectifs de santé.
Elle favorise la prévention (éviter les maladies).
Elle soutient la promotion de la santé (encourager les bons comportements).
Elle facilite la coordination entre les acteurs de santé (professionnels, institutions, médias,
communautés).
Exemple : Lors d’une épidémie, les messages radiodiffusés sur les gestes barrières permettent de
limiter la propagation.
VI. Types de communication
Communication verbale : par la parole ou l’écrit.
Exemple : entretien avec un patient, cours magistral.
Communication non verbale : gestes, mimiques, regard, posture.
Exemple : sourire pour rassurer, froncer les sourcils pour montrer le désaccord.
Communication para verbale : ton, rythme, volume de la voix.
Exemple : parler calmement pour apaiser un patient stressé.
VII. Objectifs de la communication en santé
Informer sur les dangers et les solutions possibles.
Éduquer pour faire comprendre les causes et les conséquences.
Changer les comportements à risque.
Encourager la participation communautaire.
Améliorer la qualité des soins et la satisfaction des patients.
1. Informer
Informer, c’est transmettre des informations exactes et compréhensibles.
L’objectif est de permettre au patient de comprendre ce qui va se passer.
Exemple : Le technicien informe le patient qu’il doit être à jeun pour faire son analyse de
glycémie.
Il explique simplement :
« Le jeûne permet d’obtenir un résultat plus précis sur votre taux de sucre. »
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Mots-clés : clarté – véracité – compréhension.
2. Éduquer
Éduquer, c’est faire comprendre la raison et l’importance de ce qu’on demande.
L’éducation transforme l’information en savoir utile.
Exemple : Le technicien prend le temps d’expliquer pourquoi il faut venir à jeun :
« Quand on mange, le sucre du repas fait monter la glycémie. Si vous venez à jeun, cela nous
permet de voir comment votre corps régule le sucre sans influence extérieure. »
Ainsi, le patient comprend le sens de la consigne, pas seulement la règle.
Mots-clés : compréhension – apprentissage – participation.
3. Changer les comportements à risque
Changer un comportement, c’est accompagner la personne à adopter une meilleure habitude
de santé.
Exemple : Le technicien remarque que le patient boit souvent des boissons sucrées.
Il lui explique calmement :
« Si vous réduisez les boissons gazeuses, vous aiderez votre corps à stabiliser le sucre et à éviter
le diabète. »
Grâce à cette explication, le patient commence à modifier ses habitudes.
Mots-clés : motivation – persuasion – accompagnement.
4. Encourager la participation communautaire
La communication ne s’arrête pas à l’individu : elle vise aussi la collectivité.
L’objectif ici est d’amener le patient à devenir acteur de santé dans son entourage.
Exemple : Après avoir compris les risques liés au sucre, le patient en parle à sa famille et
encourage ses proches à faire un dépistage régulier de glycémie.
Le technicien, lui, propose une mini-séance de sensibilisation dans la salle d’attente pour
informer d’autres patients.
Mots-clés : implication – partage – responsabilité.
5. Améliorer la qualité des soins et la satisfaction du patient
Une communication claire, respectueuse et humaine renforce la confiance et améliore la
qualité de la relation soignant-soigné.
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Exemple : Le technicien remet les résultats en expliquant calmement les chiffres de la glycémie
et conseille au patient de consulter son médecin pour interprétation.
Le patient se sent respecté, écouté et valorisé.
Il dira ensuite :
« Dans ce laboratoire, on m’explique tout, je me sens bien pris en charge. »
Mots-clés : empathie – respect – confiance – satisfaction.
« Bien communiquer, c’est transformer une simple information en action, et une action en
confiance. »
VIII. Enjeux et défis
La communication en santé n’est pas toujours facile.
Elle peut être influencée par :
La langue,
La culture,
Le niveau d’instruction,
Les croyances, ou encore les émotions.
C’est pourquoi un bon communicateur doit être clair, patient, respectueux et à l’écoute.
« Bien communiquer, ce n’est pas seulement parler, c’est surtout comprendre l’autre dans sa
langue, sa culture, ses émotions et ses croyances. »
La communication en santé ne dépend pas seulement des mots qu’on utilise, mais aussi du
contexte social et humain de la personne à qui l’on s’adresse.
En Haïti comme ailleurs, plusieurs facteurs d’influence peuvent rendre la communication
difficile entre soignant et patient.
Ces facteurs deviennent de véritables enjeux et défis à surmonter pour offrir des soins de
qualité.
1. L’influence de la langue
Enjeu : La langue est le premier outil de communication. En Haïti, la majorité des patients
parlent créole, tandis que les soignants utilisent souvent un français médical très technique.
Cette différence linguistique peut créer des malentendus graves.
Exemple : Un soignant dit à un patient : « Nous allons faire une ponction lombaire. »
Le patient, qui ne comprend pas le mot, croit qu’il s’agit d’une opération dangereuse et refuse le
soin.
Défi : Savoir adapter le langage au niveau du patient sans le dévaloriser.
Cela exige de la patience et la capacité de traduire des termes médicaux en mots simples,
compréhensibles pour tous.
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Exemple adapté : « Nou pral pran yon ti likid nan do w pou nou ka verifye kijan sistèm nè ou
ap mache. »
La même idée devient claire, rassurante et humaine.
2. L’influence de la culture
Enjeu : La culture détermine la manière dont une personne perçoit la maladie, la douleur et le
soin.
En Haïti, la culture valorise beaucoup les remèd lakay, les pratiques traditionnelles et les
croyances spirituelles.
Si le soignant ignore ces aspects, il peut blesser sans le vouloir la sensibilité du patient.
Exemple : Un patient dit : « Mwen tande se move lespri ki bay maladi sa. »
Si l’infirmière se moque de lui, le lien de confiance est brisé.
Défi : Comprendre la culture du patient pour mieux expliquer la médecine moderne sans
mépriser ses traditions.
Un bon communicant doit savoir faire un pont entre la culture populaire et la science médicale.
Exemple adapté : « Gen moun ki kwè se lespri ki lakoz maladi, men gen bakteri tou ki ka fè
menm efè a. Nou pral verifye sa nan tès là. »
Le patient se sent respecté et devient plus ouvert au soin.
3. L’influence du niveau d’instruction
Enjeu : Le niveau d’éducation influence la compréhension des messages de santé.
Certains patients n’ont jamais été à l’école ou ne savent pas lire les consignes médicales.
D’autres comprennent mal les symboles ou les chiffres sur leurs résultats.
Exemple : Une infirmière donne une ordonnance et dit : « Prenez ce comprimé trois fois par
jour. »
Le patient répond : « Twa fwa, se chak twa jou ? »
Il confond la fréquence et prend mal le médicament.
Défi : Utiliser des supports visuels, des gestes, ou des mots simples pour s’assurer que le
message est compris.
Il ne faut jamais supposer que le patient a compris, mais toujours vérifier.
Exemple adapté :
« Ou dwe pran grenn sa maten, midi, aswè. Gade, men kijan pou w fè l. » (en lui montrant
physiquement le geste).
4. L’influence des croyances et des émotions
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.
Enjeu : Les émotions et les croyances religieuses jouent un rôle majeur dans la façon dont une
personne réagit face à la maladie.
Certains voient la maladie comme une punition divine, d’autres comme une épreuve spirituelle.
Le stress, la peur et la honte peuvent aussi empêcher la bonne communication.
Exemple : Une femme atteinte d’une infection sexuellement transmissible hésite à parler de ses
symptômes par peur d’être jugée.
Si le professionnel ne crée pas un climat de confiance, elle cache des informations importantes.
Défi : Savoir écouter sans juger, respecter la foi et les émotions du patient, et créer un espace de
parole sécurisant.
La communication devient alors un soin moral autant que médical.
Exemple adapté : « Mwen konprann ou gen krent, men sa n ap pale la ap rete ant ou menm ak
avem. Nou la pou ede w, pa pou jije w. »
Cette phrase rassure le patient et ouvre le dialogue.
« La communication en santé n’est pas une science des mots, mais une science du cœur et de la
compréhension humaine. »
IX. Conclusion
La communication est le cœur de toute action de santé.
Elle est à la fois un outil de travail, un moyen d’éducation, et un acte d’humanité.
Bien communiquer, c’est déjà commencer à soigner.
« Informer, c’est prévenir.
Écouter, c’est comprendre.
Comprendre, c’est déjà guérir. »
Résumé
La communication vient du mot communiquer = mettre en commun.
C’est un échange d’informations entre un émetteur et un récepteur.
Elle est essentielle dans l’éducation, la santé et la vie sociale.
Elle repose sur cinq éléments : émetteur, message, canal, récepteur, feedback.
Elle vise à informer, éduquer et changer les comportements.
Devoir de Recherche : Prévention et caractéristique.
Explication de la communication : Par Alberic JR NORDEUS, Technologiste médical, Diplômé
en Communication et Relation Publiques.