Introduction à la géologie et son histoire
Introduction à la géologie et son histoire
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
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Vers la même époque, Avicenne (980- Un autre grand nom de la
1037), s'intéresse aux mécanismes de la Renaissance est Agricola (Georg Bauer,
fossilisation et attribue aux séismes un rôle 1494-1555) à qui l’on doit la première
central dans l'orogenèse. description ordonnée des minéraux (dureté,
En revanche, l'Europe médiévale cassure, couleur, éclat, densité,
ajoute peu de chose aux notions de transparence, forme, solubilité, fusibilité)
géologie et de paléontologie de l'Antiquité. consignée dans son traité De natura
Lorsque les ouvrages des Arabes et des fossilium (1530). Mais son ouvrage phare
Grecs sont connus, on en reprend les idées. est le De re metallica (1546), en 12 livres,
Au milieu du XIIIe siècle Albert le Grand dont les nombreuses gravures en font un
(1193-1280), puise ainsi ses conceptions irremplaçable musée technologique.
géologiques (le déplacement des mers, la
formation des montagnes, l'origine naturelle II.4. Le XVIIe siècle
des fossiles, etc...) chez Aristote et Avicenne. Au XVIIe siècle, les
La présence des fossiles sur les hautes questionnements traditionnels continuent
montagnes fut également citée par les d'avoir leurs propres développements. On
théologiens tels Toscan Ristoro d'Arezzo continue par exemple à s'intéresser à
comme une preuve de la réalité du Déluge. l'origine des fossiles. Mais ce qui change
Mais déjà, ce qui apparaît véritablement à cette époque, c'est la façon
rétrospectivement comme la grande d'aborder désormais comme un tout
question géologique du Moyen âge l'histoire et la structure de la Terre.
commence à affleurer. Elle concerne la
répartition des océans et des continents à la II.4.1. Fossiles et sédiments
surface du globe. Le Danois Niels Stensen (Nicolas
Pour Jean Buridan (vers 1295-vers Sténon, 1638-1686) comprend que les
1358), la Terre solide est dissymétrique : fossiles sont les restes d'anciens êtres
l'hémisphère terrestre est peu à peu érodé, vivants. Il distingue les fossiles terrestres et
donc allégé, pour rétablir l'équilibre. Ce côté d'eau douce des fossiles marins. De plus, il
de la Terre se soulève, tandis que l'autre affirme le premier que les fossiles
hémisphère, océanique, alourdi de végétaux sont les restes de plantes
sédiments, s'enfonce par rapport à la sphère autrefois vivantes, et que la formation des
immuable des eaux. montagnes est postérieure à la création de
la Terre. Enfin, il introduit les concepts de
II.3. La Renaissance stratification des terrains et de
A l'époque de la Renaissance la sédimentations, fondamentaux en géologie.
question des fossiles resurgit. La plupart Colonna distingue lui aussi les fossiles
des auteurs soutenaient qu'elles étaient le marines et fluviatiles et les distribue en
résultat du Déluge, d'autres affirmaient genres et en espèces.
qu'elles étaient des jeux de la nature
(génération spontanée). Un petit nombre II.4.2. Minéralogie
seulement, tels que Léonard de Vinci En minéralogie Boodt (1550-1632)
(1452-1519), qui fut le premier à expliquer propose la première échelle de dureté :
la présence des fossiles sur les montagnes terre durcie, pierre molle, pierres
par des causes géologiques naturelles. attaquables à la lame, à l’émeri, au
Bernard Palissy (1510-1590), passionné diamant et Sténon la première loi
par l'étude de la nature et notamment des fondamentale de la cristallographie « La
fossiles, parle en pionnier lorsqu'il longueur et le nombre des faces peuvent
reconnaît parmi ceux-ci des formes varier, mais les angles demeurent
tropicales, et d'autres aujourd'hui éteintes constants ».
(nos hippurites, ammonites, etc.).
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II.4.3. Les théories de la terre s'essaie à expliquer les tremblements de
Descartes (1596-1650) échafaude Terre. Enfin, c'est au XVIIIe siècle que naît
une cosmogonie d'une grande audace fondée le grand affrontement entre deux grands
sur sa physique des tourbillons, et dans courants de pensée : les Neptuniens et les
laquelle la Terre se forme par Vulcaniens (ou Plutoniens). Nous ne
accumulation de matière selon des sphères parlerons ici que de quelques points ayant
concentriques, au centre de laquelle existe marqué cette époque.
un noyau de feu. Les irrégularités à la
surface (les montagnes aussi bien que la II.5.1. La carte géologique
répartition des mers) résultent des aléas de Le XVIIIe siècle marque l’époque
cette formation. Le feu central de où sont dressées les premières cartes
Descartes permet de rendre compte des géologiques. Jean Etienne Guettard (1715-
phénomènes volcaniques. 1786) en 1746, l'abbé de Sauvages en 1746-
Athanasius Kircher (1602-1680) 1752, Nicolas Antoine Boulanger, pionnier de
propose en 1665 une théorie dans laquelle la géomorphologie), en 1753 et William
le feu des volcans réside dans des poches Smith en 1799 publieront tour à tour des
souterraines relativement proches de la cartes géologiques. Celle de Jean Etienne
surface. Des poches qui, pour certaines Guettard qui est la toute première concerne le
peuvent être plutôt remplies d'eau, ce qui nord de la France et le sud de la Grande-
permet de rendre compte de l'origine Bretagne.
depuis longtemps mystérieuse de l'eau des
sources et des fontaines. Pierre Perrault II.5.2. Minéralogie
(1611-1680) démontre en 1674 que les pluies Au XVIIIe siècle, la minéralogie va
suffisent à les expliquer. connaître une grande avancée. Romé de
Robert Hooke (1635-1703), émet aussi l’Isle (1736-1790) et son équipe, par un
en 1688 de remarquables idées sur la Terre, travail méthodique généralise la première
notamment sur le changement climatique. loi de la cristallographie déjà énoncée par
L’observation publiée en 1705, inaugure la Sténon au siècle dernier, et effleurée par
paléoclimatologie. Lomonossov (1711-1765) : « dans une
En 1693 Leibniz (1646-1716) élabore même espèce minérale, les dimensions
une théorie de la formation de la Terre. Il absolues et relatives des faces peuvent
avança l'hypothèse hardie de varier mais leurs angles restent
l'incandescence primitive de notre planète constants ». C’est à Romé de l’Isle que
et de son refroidissement subséquent. nous devons les mots cristallographie et
Selon Leibniz, c'est au feu qu'il faut dièdre. René Just Haüy (1742-1822) qui
attribuer les événements qui dans les s’intéressait aux fleurs et aux minéraux
systèmes précédents ont été attribués à trouve la deuxième loi de la
l'eau. Lorsque la surface terrestre eut cristallographie : « chaque espèce
atteint un certain degré de refroidissement, cristalline à sa forme primitive, sa maille
la vapeur de l'atmosphère se condensa en dont la juxtaposition forme un réseau
partie et forma les mers et les divers amas régulier ».
d'eau qui baignent actuellement le globe
terrestre. II.5.3. Les théories de la Terre
Les théories de la Terre élaborées
II.5. Le XVIIIe siècle au siècle précédent se perfectionnent. C'est
Au cours de ce siècle la réflexion la tâche à laquelle s'attellent par exemple
géologique va se développer dans toutes Benoît de Maillet (1656-1738) et surtout
les directions. La nature des fossiles reste à Buffon. Le premier cité estime que la Terre
l’ordre du jour. On s'interroge aussi sur passe à tour de rôle par une phase ignée (en
l'origine de la chaleur de la Terre, on surface) et par une phase de submersion
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totale, au long de millions et milliards II.6.2. Evaluation du temps
d'années. Buffon (1707-1788), dont les La paléontologie comprenant la
conceptions sont d'abord esquissées dans macro et la micro paléontologie a fait des
son Histoire Naturelle en 1749, reprendra progrès vertigineux, au point d'obliger les
la question plus en détail en 1780, dans ses spécialistes à limiter de plus en plus leur
Epoques de la Nature. Il y élabore une champ d'activité. Les fossiles restent
théorie cosmogonique, qui va lui permettre l'instrument privilégié de datation des
de déduire un âge de la Terre à partir du couches (chronologie relative) mais,
refroidissement de sa masse depuis sa désormais, au côté de méthodes physiques,
formation. Il fut le premier, à aboutir à des au premier rang desquelles la
chiffres de l'ordre de plusieurs millions radiochronologie, dont l'initiateur fut le
d'années. physicien Ernest Rutherford et le pionnier en
géologie Arthur Holmes (1890-1965). Dès
II.5.4. La paléontologie 1905, on suppute des âges de 2 milliards
Au cours du XVIIIe siècle, la d'années, à la grande colère de lord Kelvin
paléontologie connaîtra une nouvelle (William Thomson) qui, fort de sa physique,
avancée. L’abbé Sauvage décrit les premières avait interdit aux géologues de tabler sur plus
coquilles de Rudistes. En 1749, Buffon de 100 millions d'années. C'est la
distingue, parmi les fossiles marins, les découverte de la radioactivité, en 1896, par
pélagiques et les littoraux. Linné généralise la Henri Becquerel et Pierre et Marie Curie
nomenclature binaire, ou désignation de qui fit changer les choses et mit les
chaque animal ou plante par deux noms estimations des physiciens de l'âge de la
(genre et espèce). En 1768 découverte des Terre en accord avec celles des géologues,
Trilobites par Walch (1725-1778). De Maillet en les précisant plus tard bien davantage
imagine que les espèces terrestres sont issues que ne le permettent la stratigraphie.
d’espèces marines. Idée qui sera adoptée plus
tard. II.6.3. Cartes Géologiques
L'Atlas physique de Berghaus
II.6. Les XIXe et XXe siècles marque une oeuvre considérable des étapes
Les XIXe et XXe siècles sont ceux de toutes les observations faites. On peut
où les efforts des siècles précédents portent voir dans cet atlas, pour la première fois,
enfin leurs fruits. La géologie de terrain se au milieu d'une foule de documents, les
perfectionne. Une échelle stratigraphique cartes géologiques successives de tous les
est mise sur pied. Les fonds marins continents; puis finalement, comme résumé
commencent également à être étudiés de tous ces travaux, une carte géologique
(Expédition du Challenger). de la Terre où les espaces blancs indiquant
les régions encore inexplorées sont bien
II.6.1. Organisation du travail géologique limitées.
La population des curieux et des
professionnels penchés sur la Terre II.6.4. Tectonique des plaques et dérive
augmentait rapidement depuis 1775. Entre des continents
1810 et 1830, un prodigieux bond en avant Une nouvelle avancée, appelée
se produit, une communauté géologique « révolutionnaire » par certains géologues,
internationale se crée. En 1807 est fondée la eut lieu en géologie dans les années 1960.
Geological Society of London. En 1830, ce Il s'agit du développement et de
sera le tour de la Société géologique de l’acceptation par la communauté
France. Dès lors, la géologie est une science scientifique de la tectonique des plaques.
adulte. En 1878 se réunit le premier congrès Celle-ci consiste en une revitalisation de la
géologique international. théorie de la dérive des continents,
proposée dès 1912 par le météorologiste
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allemand Alfred Wegener (1880–1930),
mais rejetée d'emblée par la majeure partie III.1. Point de vue statique
des géologues et la totalité des C'est celui de la géologie
géophysiciens. Ce n’est qu’avec l’arrivée descriptive. La description concerne :
des méthodes géophysiques que celle ci a - les matériaux constitutifs de la
été acceptée. En effet, les études Terre : les minéraux (minéralogie), les
géophysique ont permis de mettre en roches (pétrologie);
évidence le moteur de la dérive des - la répartition géométrique et la
continents : l’expansion des fonds disposition des matériaux (stratigraphie et
océaniques. géologie structurale);
- les êtres vivants disparus
II.6.5. Fruit de la synthèse des données (paléontologie) : plantes fossiles
L’immensité des données (paléobotanique) et animaux fossiles
scientifiques (géologiques) accumulée (paléozoologie).
jusque là offre un moyen, non seulement
de restaurer l'emplacement des anciens III.2. Point de vue cinématique
rivages et de tracer par suite pour chaque Il concerne la variation des divers
époque des cartes paléogéographiques très phénomènes dans le temps. En effet, les
suggestives, montrant les modifications disciplines de la géologie ont montré que
successives subies par la géographie les divers phénomènes, objets de leurs
terrestre avant d'acquérir ses formes études, évoluent dans le temps. L'étude de
actuelles si variées, mais de faire revivre ces phénomènes permet d'établir une
pour ainsi dire les époques disparues en succession des formes dans le temps. De
déterminant les conditions physiques qui statiques ou descriptives, ces sciences sont
ont présidé à chaque dépôt. Partant aussi devenues cinématiques. Le principe
de toutes ces données, il a été possible général de variation dans le temps, donc
d'asseoir la classification sur des bases d'une évolution, se trouve à titre d'exemple
sérieuses, en donnant aux limites des dans le domaine des minéraux (passage
diverses divisions un caractère de précision d'un minéral à un autre), dans celui des
plus grand et surtout, après avoir su roches (transformation des roches
reconnaître les régions distinctes entre sédimentaires en roches cristallines et
lesquelles la surface du globe a pu se réciproquement), dans celui de la
partager autrefois, de tenir grand compte répartition des mers et des continents
des histoires régionales et d'établir entre (paléogéographie), dans celui des êtres
elles une concordance aussi complète que (évolution biologique).
possible. C'est ce qu'exprimera le tableau
des âges géologiques que l'on va construire III.3. Point de vue dynamique
en 1892, et où, tant la nomenclature des Il s’agit d’établir la cause des faits
terrains, que le mode de groupement des géologiques, les forces agissantes. La
systèmes, sera le résultat de délibérations succession des formes dans le temps obéit
poursuivies de concert entre les à des lois de dynamique. La recherche des
représentants les plus autorisés de la causes permet souvent de relier entre eux
géologie de ce temps (Michel-Lévy, des faits éloignés. A titre d'exemple, on
Marcel Bertrand, Munier-Chalmas, peut noter que les phénomènes
Lapparent etc.). orogéniques aboutissant à la formation des
chaînes de montagnes ont des
III. Objet de la géologie conséquences sur la répartition des mers et
L'étude des phénomènes qui font des continents, sur la sédimentation donc
l'objet de la géologie peut être abordée de sur la formation des roches sédimentaires,
divers points de vue. mais aussi sur les conditions de vie à la
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surface du globe, c'est-à-dire l'évolution du animale, sont plus ou bien conservés entre
monde vivant. les strates des roches. On distingue les
macrofossiles c’est à dire des fossiles
IV. Intérêt de la géologie visibles à l’œil nu (ou macroscopiques) à
On distingue la géologie l’exemple des ammonites et les
fondamentale et la géologie appliquée. La microfossiles c'est-à-dire des fossiles non
géologie fondamentale, qui, se rapporte à visibles à l’œil nu (ou microscopiques) tel
la recherche pure, pose les jalons de la que les radiolaires. Le paléontologue à
géologie appliquée. Cette dernière est au pour but de
service de l’homme. Elle se rapporte à la Etudier la morphologie, la
recherche et à la mise en valeur de structure, la composition
substances utiles (gisements de pétrole, minéralogique et chimique des
minerais de manganèse, d'uranium, suivi fossiles ;
minier, recherche des nappes d'eau Tenter de les classer et de déceler
souterraines, construction des routes et leur origine et leurs affinités
ouvrages d'art; etc…). Au Gabon, les systématiques ;
sociétés et compagnies comme Total, Essayer de préciser leur
Shell, COMILOG, SEEG mettent en signification paléogéographique,
évidence l’application de la géologie au leur valeur stratigraphique et leur
service des hommes. intérêt paléobiologique.
La paléontologie comprend un
V. Les disciplines de la Géologie certains nombres de disciplines parmi
La géologie comprend plusieurs lesquelles on distingue :
disciplines, ayant des approches L’Ichnologie : C’est la description et
différentes, mais complémentaires. En l’interprétation des traces laissées dans les
effet, elles concourent toutes à la meilleure sédiments par l’activité animale.
connaissance de notre planète. La Paléobiologie : Etude de la constitution
des fossiles
V.1. L’hydrogéologie La Paléobotanique : C’est la
C’est la partie de la géologie qui paléontologie végétale (Etude des végétaux
s’occupe de la circulation des eaux dans le anciens)
sous sol (recherche des nappes, évaluation La Paléoécologie : Etude de l’habitat des
des réservoirs, etc…). fossiles
La Paléontologie descriptive : Elle
V.2. La minéralogie concerne la description des fossiles
La minéralogie est la discipline de La Paléontologie systématique : Elle
la géologie qui a pour objet l’étude des permet de classer les fossiles
minéraux (matériaux élémentaires de la La Paléozoologie : C’est la paléontologie
croûte terrestre). Le minéralogiste étudie animale (Etude des animaux anciens)
les formes cristallines et la composition
chimique des minéraux à l’aide de divers V.4. La pétrographie ou pétrologie
outils tel le microscope polarisant, le La pétrographie est l’étude des
microscope électronique à balayage roches. Elle s’appuie sur la minéralogie et
(MEB), les rayons X. la cristallographie. La pétrographie
s’intéresse à la description, la classification
V.3. La paléontologie et à la formation des roches. Pour cela, le
La paléontologie est la science qui pétrographe qui part de l’observation des
étudie les organismes anciens appelés roches sur le terrain, fait des analyses
fossiles. Ces derniers, connus par leurs chimiques, microscopiques et spectrales au
restes ou vestiges d’origine végétale ou laboratoire, s’appuie sur la composition
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chimique des roches, leur répartition en (étude des structures observables à
groupes, leur distribution dans l’espace, l’échelle de l’affleurement).
leur succession dans le temps.
On distingue trois grandes familles VI. Relations de la géologie avec les
de roches : roches sédimentaires (ex : autres sciences
calcaires à nummulites), les roches L’épanouissement tardif de la
métamorphiques (ex : gneiss rubané) et les géologie (au XIXe siècle) révèle du fait
roches magmatiques (ex : basalte à qu’elle repose sur plusieurs sciences ayant
olivines). comme champ d'application des objets de
La pétrographie comprend un notre Univers. Autrement dit la géologie
certain nombre de disciplines dont voici est étroitement liée à d’autres sciences.
quelques-unes :
La géochimie : Elle étudie la répartition VI.1. La chimie.
des éléments et les lois de leur La géochimie, qui étudie les
comportement chimique. phénomènes chimiques du globe terrestre
La pédologie : C’est la science qui étudie est une discipline à cheval entre la géologie
les sols tout en s’intéressant à la partie la et la chimie. L'analyse chimique trouve de
plus superficielle de la croûte terrestre. nombreuses applications en minéralogie et
La sédimentologie : Elle étudie la façon en pétrographie. Les lois chimiques
dont se déposent les sédiments, et dont se contribuent à expliquer la formation et
sont constituées les roches sédimentaires. l'évolution des roches. A noter que le globe
terrestre fournit à la chimie un laboratoire
V.5. La stratigraphie ou géologie de choix et un matériel immense. De tous
historique les constituants de l'écorce terrestre, le
La stratigraphie est la science qui silicium est le plus abondant; 95% des
étudie la succession des dépôts minéraux renferment de la silice.
sédimentaires, généralement arrangés en La géochimie isotopique a permis,
couches. Ceci dans le but d’établir une grâce à l’étude des isotopes stables du 13C
chronologie qui puisse servir de calendrier et 18O, de reconstruire certains
pour les autres événements géologiques et environnements du passé. De plus elle a
afin de mieux retracer l’histoire de notre révolutionné les méthodes de datation en
planète Terre. Pour suivre cette évolution, géologie en permettant les datations
le géologue dispose de deux méthodes : absolues.
La désintégration de certains
éléments radioactifs tels que U/Th, VI.2. Biologie, botanique, zoologie
U/Pb, c’est la La connaissance des êtres actuels,
chronostratographie de leurs formes et de leur biologie, est une
L’évolution biologique dont les condition indispensable pour l'étude des
fossiles sont les témoins, c’est la formes fossiles. Inversement, la
biostratigraphie. paléontologie apporte une documentation
sur les formes disparues et complète de
V.6. La tectonique ou géologie façon essentielle notre connaissance du
structurale monde vivant. La faune et la flore actuelle
C’est l’étude des déformations ne représentent qu'une séquence dans un
ayant affectées des terrains géologiques film qui se déroule depuis plus de 2500
postérieurement à leur formation (failles, millions d'années et que la paléontologie
plis, schistosité, boudin, etc…). On étudie dans son déroulement total.
distingue la microtectonique (étude des
structures observables à l’échelle de VI.3. La géographie
l’échantillon) et la macrotectonique
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Les formes d'un paysage Le paléomagnétisme ou
s'expliquent par des causes géologiques. magnétisme rémanent des roches
L'analyse de ces formes, objet de la volcaniques d'âge connu, est également
géomorphologie, est nécessaire au mesuré. Les observations ainsi faites ont
géologue désireux de reconnaître la permis de suivre le déplacement des pôles
structure d'une région : géologie et au cours des temps géologiques. Elles ont
géographie s'éclairent mutuellement. apporté des arguments complémentaires à
la théorie de la dérive des continents.
VI.4. Les mathématiques et
l'informatique géologique VII. Le métier de géologue, méthodes de
Les mathématiques, notamment les travail et interprétation des faits
statistiques, interviennent dans l'analyse de Le géologue a pour mission
nombreux phénomènes tectoniques, d'étudier la Terre c'est-à-dire la décrire,
paléontologiques, sédimentologiques faire connaître son histoire, expliquer le
(dénombrements, mesures, modèles sens et les causes des phénomènes ou
mathématiques). En effet, l’usage des modifications qui s'y produisent, de
mathématiques en géologie a permis par rechercher les substances utiles au
exemple de mieux caractériser les espèces développement de l'Homme.
en paléontologie, particulièrement au
niveau du groupe des ammonites, grâce à VII.1. Méthodes d'exploration
la morphométrie, de mesurer les paléo géologique
contraintes en tectonique. Avec La recherche géologique exige du
l’informatique et par l’utilisation des géologue, ayant acquis au préalable une
programmes et des logiciels spécifiques, culture scientifique étendue et solide, un
des simulations, à l’instar de celle de la travail méthodique d'exploration et
future forme de la terre, ont pu être faites. d'investigation, ainsi que l'application
Des arbres phylogénétiques (arbres raisonnée de certains principes.
généalogiques) ont été aussi construits.
VII.1.1. L'exploration systématique du
VI.5. La physique terrain
Physique et géologie sont liées de La prospection géologique d'une
telle sorte qu’ils ont donné naissance à la région de la terre se fait en plusieurs
géophysique. La physique du globe utilise étapes.
les lois de la pesanteur (mesure des
variations de l'intensité de la pesanteur), A. Les études préliminaires
les propriétés du champ magnétique Elles consistent avant toute
terrestre (mesure des variations de la démarche, à réunir la documentation
déclinaison magnétique), les courants pouvant déjà exister sur la région : cartes
électriques, la propagation des ondes topographiques, cartes géologiques,
sismiques… pour étudier la constitution de travaux publiés.
l'écorce terrestre. Les études géophysiques
ont notamment permis de préciser la B. Levers sur le terrain
structure interne du globe et la forme de la Le géologue recherche les
Terre. affleurements, lève les coupes, note la
La radioactivité permet de nature des couches, leur disposition. Il
déterminer l'âge des couches géologiques recueille les fossiles en place et prélève les
renfermant des éléments radioactifs tels K, échantillons de roches à étudier au
Th, Rb et de fixer l'origine du globe laboratoire. On reporte toutes les
terrestre à 4,5 milliards d'années. informations sur une carte.
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C. Examens au laboratoire théories "catastrophistes" ou des
Les échantillons recueillis sont cataclysmes de Cuvier. Les bases de cette
préparés, analysés par voie chimique, théorie reposent sur :
étudiés à la loupe, au microscope - l'uniformité des lois naturelles
électronique à balayage, en lames minces dans le temps et dans l'espace : affirmation
au microscope polarisant, parfois aux RX à poser a priori pour analyser les
ou à l'aide d'autres techniques. Les fossiles phénomènes naturels.
sont triés et déterminés. - l'uniformité des processus au
Ces travaux permettent de préciser cours du temps. Les processus qui
et de confirmer les levers sur le terrain. modèlent actuellement la face de la Terre
peuvent être invoqués pour expliquer les
VII.1.2. La prospection géophysique et événements du passé.
les sondages - l'uniformité de rythme ou
Les prospections en géophysique gradualisme. Les transformations
sont diverses et variées. On distingue : géologiques sont lentes, progressives et
- la prospection gravimétrique (mesure de continuelles non cataclysmiques ou
l'accélération de la pesanteur à l'aide des extrêmes. Cela n'exclut pas l'existence de
gravimètres, anomalies); phénomènes brutaux et spectaculaires
- la prospection magnétique (mesure des (inondations, séismes, éruptions
variations du champ magnétique à l'aide volcaniques….), mais ces cataclysmes sont
des magnétomètres); géologiquement très localisés.
- la prospection électrique (mesure de la En somme dans le principe
résistivité du sous-sol par des d'actualité, on admet que les événements
potentiomètres); ou phénomènes géologiques se sont
- la prospection sismique (analyse de la toujours faits de la même manière et avec
propagation des ondes,); la même intensité et que les mêmes causes
- les forages. engendrent les mêmes effets.
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CHAPITRE 2. QUELQUES NOTIONS DE GEOLOGIE
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
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se fait sans le sens des aiguilles d’une
A. Quelques types de failles montre, Fig. 2.4 ) ou senestre (lorsqu’il est
A.1. Selon le pendage : Le dans le sens contraire des aiguilles d’une
mouvement peut être oblique (failles montre, Fig. 2.4).
obliques, (failles obliques, Fig. 2.2a),
vertical (failles verticales, Fig. 2.2b),
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Fig. 2.6 : Structure en graben et horst
Fig. 2.9 : Bloc diagramme montrant des surfaces
I.1.2. Quelques indicateurs cinématiques et pics stylolitiques.
A. Les rebroussements en crochon
(Fig. 2.7) : Ils résultent soit d’un simple I.2. La déformation continue ou souple
frottement mécanique, soit de l’étirement La déformation continue ou souple
puis de la rupture d’une flexure. se traduit toujours par un raccourcissement
de l’espace disponible. Elle s’exprime par
la formation des plis. Les plis sont des
déformations continues formées par
d’ondulations plus ou moins serrées. Tout
pli est caractérisé par :
Sur la vue en coupe on a (Fig.
2.10a) :
- le point de crête (point de la surface
plissée qui occupe la position la plus
Fig. 2.7 : Crochons produits par une faille
normale (gauche) et par une faille inverse élevée par rapport à une ligne horizontale
(droite). de référence) ;
- le point de creux (point de la surface
B. Les fentes sigmoïdes (Fig. 2.8) : plissée qui occupe la position la plus basse
Elles sont liées au cisaillement engendré par rapport à une ligne horizontale de
par le glissement de couche sur couche. référence) ;
- le point de courbure maximale (point
de la surface plissée où la courbure atteint
une valeur maximale) ;
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- la ligne d’inflexion (ligne qui joint les - les flancs (côtés de la surface courbée
points d’inflexion successifs pour une de part et d’autre de la charnière.
surface donnée) ;
Fig. 2.10 : Les éléments géométriques d’une surface plissée. (a) vue en coupe, (b) vue en perspective
(Ramsay in Landry et Mercier, 1992).
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ajouta un autre argument qu’est le
I.2.2. Associations des plis paléomagnétisme.
- Synclinorium : c’est un ensemble
de plis dont la disposition d’ensemble II.1.1. Les arguments paléontologiques
dessine un synclinal. Ils sont fondés sur le fait que la
- Anticlinorium : c’est un ensemble flore et la faune du Paléozoïque montrent
de plis dont la disposition d’ensemble de grandes similitudes d’un continent à un
dessine un anticlinal. autre. De ce fait les continents formaient
pendant une bonne partie de cette ère un
II. La tectonique des plaques ou ensemble unique : la Pangée (Fig. 2.13).
tectonique globale
La théorie de la tectonique des
plaques intègre deux notions principales : II.1.2. Les arguments géologiques
celle de la dérive des continents et celle Ils résultent de la présence des
d'expansion océanique. dépôts de houille (charbon) dans le nord
est de l’Amérique du Nord, le nord est de
II.1. La dérive des continents l’Asie et en Europe du Nord d’une part et
La théorie de la dérive des celle des dépôts glaciaires en Afrique du
continents fut énoncée pour la première Sud, en Australie, en Inde et en
fois par Wegner. Ce dernier fonda son Antarctique au cours du Carbonifère.
hypothèse sur une étude comparée des
caractéristiques paléoclimatiques, II.1.3. Les arguments géographiques ou
géologiques, géographiques ou topographiques
topographiques et paléontologiques de Ils reposent sur la morphologie des
territoires séparés. Cette théorie ne fut continents à l’exemple des côtes de
malheureusement acceptée que l’Afrique et de l’Amérique du Sud qui
tardivement grâce aux données physiques s’emboîtent aisément (Fig. 2.13).
essentiellement liées au magnétisme qui
14
retrouver l’emplacement passé des II.3.1. Les limites des plaques (Figs. 2.15,
continents. 2.16)
Les plaques prennent naissance au
II.2. L’expansion (ou accrétion) niveau des dorsales océaniques et sont
océanique (Fig. 2.14) résorbées au niveau des plans de plans de
Les zones d'accrétion (ou Benioff. Les frontières des plaques
expansion) océanique se situent au niveau correspondent à trois types de structures :
des dorsales. Ces zones sont marquées par - une dorsale ou zone de création de
une importante anomalie thermique croûte. Ici il y a création d’un océan.
positive, corrélative d'une montée de exemple : plaque Afrique – plaque
l'asthénosphère à leur aplomb. On Amérique du Sud ;
considère ces zones comme des zones de - une zone de résorption de matériel
production de croûte océanique ce qui se lithosphérique ou zone de subduction (=
manifeste au fond de l'océan, dans le rift, enfoncement d’une plaque sous une autre).
par un volcanisme basaltique avec La partie supérieure de la plaque subductée
épanchement de laves en coussins (pillow peut être « découpée » en copeaux et
lavas) de part et d’autre de la dorsale. Les portée sur le continent, on parle
basaltes se situant plus ou moins à égale d’obduction. Ici il y a formation de
distance de part et d’autre de la dorsale et montagnes. Exemple plaque Nazca –
montrant une même anomalie magnétique plaque Amérique du Sud.
sont du même age et appartiennent à cet - une zone de failles transformantes.
effet au même épanchement de magma Ici il y a simplement déplacement latéral
émis dans l’axe de la dorsale. de plaques. Exemple : plaque Pacifique –
plaque Amérique du Nord.
15
Fig. 2.16 : Principale plaques délimitée par des zones de sismiques actives que sont les dorsales, les fosses
et les failles transformantes (Landry et Mercier, 1992).
16
C. Les chaînes de collision (Fig. habituellement planes faisant entre elles
2.17c) des angles bien définis (cristal), ce qui
Leur formation résulte d’un suppose une structure atomique ordonnée
processus orogénique qui se produit dans périodique et une composition chimique
le contexte d’une zone de subduction définie.
parvenue à maturité. C’est le cas de la On classe les minéraux suivant
chaîne de montagne Himalaya-Tibet leurs caractères chimiques et
formée de la collision de la plaque Inde cristallographiques. On distingue deux
avec la plaque Eurasie. grands groupes de minéraux : les minéraux
silicatés (SiO4), de loin les plus abondants,
D. Les chaînes intracontinentale et les minéraux non silicatés.
(Fig. 2.17d) Les principaux minéraux
Ce sont des structures qui constitutifs de l’écorce terrestre sont les
apparaissent à la surface d’une lithosphère silicates (SiO4) et les carbonates (CO3).
continentale mise en compression. Elle
constitue une annexe des grandes chaînes III. 2. Les cristaux et les réseaux
de collision. Pour exemple nous pouvons cristallins
citer le Haut Atlas marocain. Un cristal est un solide naturel
caractérisé par un arrangement particulier
des divers atomes. La répétition régulière
dans l’espace de ces atomes définit le
réseau cristallin. On distingue 7 systèmes
cristallins à savoir : Les systèmes cubique,
quadratique, hexagonal, rhomboédrique,
orthorhombique, monoclinique et
triclinique (Fig. 2.19).
17
Fig. 2.19 : Les sept systèmes cristallins et leurs caractéristiques.
18
Fig. 2.20 : Le cycle des roches (Landry et Mercier, 1992).
19
IV.3. Le métamorphisme transgressives, des séquences positives, des
séquences négatives.
C'est la transformation d'une roche
à l'état solide du fait d'une élévation de V.3. Série sédimentaire
température et/ou de pression. Cette Une série est un ensemble de
transformation s'accompagne de la couches sédimentaires, considérées dans
cristallisation de nouveaux minéraux, dits leur succession chronologique.
néoformés, et de l'acquisition de structures
particulières, sous l'influence de la V.3.1. Les séries compréhensives
température et de la pression. On obtient Les séries compréhensives sont des
des roches métamorphiques. séries qui résultent de l’accumulation sur
de grandes épaisseurs, pendant de temps
IV.4. Le magmatisme relativement court, de sédiments de même
C'est l'ensemble des phénomènes nature du début à la fin de leur dépôt. Ces
liés à la formation, à la cristallisation et séries témoignent d’une vitesse de
aux déplacements des magmas. Un magma sédimentation élevée corrélative d’apports
est un bain silicaté à haute température (au importants et une subsidence importante.
moins 600°C) qui donne des roches par Les séries compréhensives sont le plus
solidification. On parle de roches souvent constituées de matériaux
plutoniques quand le refroidissement du détritiques qui proviennent de la
magma s'opère en profondeur destruction rapide d’un domaine
(refroidissement lent) et de roches continental voisin livré à une érosion
volcaniques quand le refroidissement a lieu intense. Ces dépôts se rencontrent dans les
en surface (refroidissement rapide des domaines orogéniques. Les plus typiques
laves). Selon le chimisme, on distingue : sont les molasses, formations faites de
des magmas granitiques, acides car riches conglomérats et de grès plus ou moins
en SiO2 et des magmas basaltiques, grossiers, et les flysch, formations faites de
basiques, pauvres en SiO2. monotones alternances de grès, de pélites
et parfois de roches carbonatées. Exemple
V. Eléments de stratigraphie de série compréhensive : la série
V.1. Notion de faciès dauphinoise des Alpes (Fig. 2.23).
Le faciès est l’ensemble des
caractères pétrographiques (composition V.3.2. Les séries condensées
chimique, structure, texture), Ce sont des séries d’épaisseur
paléontologiques (dans le sens des relativement faible mais qui représentent
associations) d’une roche. Les fossiles de des durées de sédimentation relativement
faciès fournissent de précieuses indications importantes. Ces séries procèdent à la fois
sur le milieu. Notons que l’interprétation de dépôts à faible vitesse de sédimentation
des faciès repose sur le principe de corrélatifs d’apports peu importants, et
l’uniformitarisme. d’interruptions de la sédimentation
répétées. Il y a des phénomènes
V.2. Séquence sédimentaire d’induration responsables de la formation
Une séquence est un ensemble de de surfaces durcies ou hard ground. Les
niveaux sédimentaires de natures séries condensées sont également des
différentes se succédant dans un ordre séries lacuneuses dans lesquelles les fonds
déterminé, habituellement limité au mur et durcis sont de règle. Elles sont
au toit par des discontinuités essentiellement carbonatées. Parmi les plus
stratigraphiques. On distingue plusieurs caractéristiques, il y a le faciès
types de séquences dont des séquences « ammonotico rosso ». Exemple de série
20
condensée : la série briançonnaise des également d’une modification
Alpes (Fig. 2.23). paléogéographique majeure.
21
V.4.2. Cycle orogénique 3. émersion et constitution d’une
Un cycle orogénique comprend surface d’érosion,
également trois termes qui sont : 4. période de sédimentation marine
transgression, sédimentation et orogenèse ou continentale. La surface d’érosion
(naissance d’une chaîne de montagne). élaborée en 3 est alors devenue une surface
Exemples : cycle calédonien de discordance.
(Paléozoïque inférieur), cycle hercynien On distingue couramment des
(Paléozoïque supérieur). discordances angulaires et des
discordances de ravinement.
V.5. Les discordances stratigraphiques
Une discordance désigne le repos V.5.1. Discordance angulaire
stratigraphique d’une formation C’est une discordance entre deux
sédimentaire sur un substratum plissé ou séries sédimentaires dont les pendages au
basculé antérieurement par des efforts même point sont différents de part et
tectoniques, et en partie érodé. d’autre de la surface de discordance.
Notons qu’une discordance
régionale typique exige une succession de V.5.2. Discordance de ravinement
phénomènes : C’est une lacune marquée par un
1. période de sédimentation, ravinement du substratum par les couches
2. phase tectonique avec plissement sus-jacentes.
qui peut être accompagné ou suivi de
phénomènes éruptifs ou métamorphiques
22
CHAPITRE 3 : EVALUATION DU TEMPS EN GEOLOGIE
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
23
I.1.1. Les terrasses fluviatiles Les fossiles qui ont gardé, dans la
On distingue les terrasses étagées couche qui les contient, leur position de
(Fig. 3.2) et les terrasses emboîtées (Fig. vie, constituent d’excellents critères de
3.2). Les terrasses fluviatiles s’étagent de polarité puisqu’ils permettent de
telle manière que les plus récentes soient reconnaître le haut et le bas d’une couche
les plus basses. Cette remarque est absolue (Fig. 3.5).
pour les terrasses étagées et est relative L’orientation suppose évidemment
pour les terrasses emboîtées dont les une bonne connaissance morphologique et
parties basses répondent au principe de écologique des individus. Ce critère de
superposition. polarité est d’ordre paléoécologique.
La stratification entrecroisée
I.1.3. Les terrains renversés (Fig. 3.4)
Les bancs de grès montrent parfois
S’agissant des terrains renversés, il
des séries de laminations sécantes ; il s’agit
est nécessaire de reconstituer l’ordre de
d’une stratification entrecroisée. Toute
succession des couches en recherchant les
lamination qui en recoupe une autre lui est
critères de polarité.
postérieure. La recherche de ces
intersections permet de déterminer le haut
et le bas d’une couche (Fig. 2.21).
La stratification entrecroisée est
également un critère de polarité d’ordre
sédimentologique.
Fig. 3.4 : Pli couché (Auboin et al., 1978).
Les figures de base de banc
Quelques critères de polarité Ce sont aussi des critères de
polarité d’ordre sédimentologique (Figs.
Les fossiles en position de vie
3.6, 3.7).
24
I.3. Le principe d’identité
paléontologique
25
I.3.2. Enoncé du principe
Ce principe énonce que « deux
couches ou deux séries de couches
contenant les mêmes fossiles
stratigraphiques ont le même âge ».
26
II. Chronologie absolue ou particule α (noyaux d’hélium 42He2+), β
géochronologie (électrons), soit d’énergie (photons γ).
La géochronologie, du grec, Géo = L’équation de désintégration est la
la Terre, Khronos = temps, Logos = suivante : N → F + α ou β ou γ
sciences permet de préciser l’échelle des Ce processus de désintégration
temps géologiques en fixant les repères dépend uniquement du temps : c’est-à-dire
numériques et en rendant possible des que la proportion d’atomes radioactifs qui
corrélations impensables par la datation de se désintègre par unité de temps est une
façon absolue des phénomènes constante immuable, elle est indépendante
géologiques. des facteurs externes : température,
Parmi les méthodes utilisées pour pression, environnement chimique. Chaque
atteindre cet objectif, on peut citer : la élément radioactif est caractérisé par sa
radiochronologie ou radiométrie, le constante de désintégration λ telle que :
dénombrement de couches dues à une
sédimentation saisonnière (varves), la λ = Nombre d’atomes désintégrés par unité
croissance d’organismes (coraux, arbres, de temps/ Nombre d’atomes présents
lichens), la téphrochronologie, les traces de
fission, la magnétostratigraphie,… Ce phénomène étant continu,
irréversible, et se déroulant à vitesse
II.1. La radiochronologie ou chronologie constante, on dispose d’un chronomètre
isotopique géologique. Pour dater les âges anciens, on
La radiochronologie ou chronologie utilise des isotopes radioactifs primitifs,
isotopique, qui présente le plus large existant depuis la formation de la Terre ou
champ d’application dans le temps et dans certains de leurs descendants radioactifs et
l’espace, est fondée sur l’existence pour les âges récents des isotopes
d’isotopes radioactifs. On appelle isotopes radiogéniques (le carbone 14,) engendrés
des atomes ayant le même nombre de d’une façon permanente dans la haute
protons (donc d’électrons) mais un nombre atmosphère par le rayonnement cosmique.
de neutrons différents. Ils ont donc les
mêmes propriétés (même nombre II.1.2. Expression mathématique de la
d’électrons) mais des masses atomiques désintégration ou loi de décroissance
(protons plus neutrons) différentes. radioactive
L’immense mérite de la Le taux de transformation d’un
radiochronologie est d’assigner aux nuclide radioactif par unité de temps est
formations ou phénomènes géologiques proportionnel au nombre d’atomes de
une durée et un âge, même approximatif. nuclide père présents. Ceci s’exprime par :
La détermination d’âges radiométriques
revêt une particulière importance pour les dN/dt = - λN (1)
terrains précambriens, où la rareté des
fossiles rend difficilement applicable la où N est le nombre d’atomes du nuclide
biostratigraphie. radioactif, dN/dt le taux instantané de
transformation et λ la constante
II.1.1. Principe de la méthode radioactive. Celle-ci, dont la dimension est
inverse du temps, est caractéristique de
Les minéraux naturels contiennent chaque nuclide radioactif. Le signe négatif
des éléments radioactifs qui se désintègrent exprime la décroissance du nombre
spontanément : un isotope radioactif ou d’atomes radioactifs.
isotope père (P ou N) se désintègre en
donnant un isotope fils (F) non radioactif (1) peut être transformée par intégration
dit radiogénique avec production soit de en :
27
Nt = N0e-λt ( N0 = Nteλt), loi de t = (T/0,693)LnN0/Nt (6)
décroissance exponentielle (2)
Conditions d’application
où N0 est le nombre d’atomes à l’instant Toutefois l’utilisation de cette
initial t=0, Nt le nombre d’atomes équation pour dater les minéraux ou les
subsistant au temps t. Le nombre d’atomes roches nécessite le respect de certaines
radioactifs décroît au cours du temps de conditions (système clos dès l’origine t0 ce
manière exponentielle. qui exclut les pertes et les enrichissements,
seuils de dosages, provenance de l’élément
Ft = N0-Nt, si F0 existe au départ on a : fils uniquement des désintégrations de
F’t = Ft+F0 l’élément père). Notons que les dosages
F’t = N0(1 - e-λt) + F0 ou des éléments nécessitent des spectromètres
F’t = N0(eλt - 1) + F0 (3) de masses.
Si K est un isotope non radiogénique
(stable) de F, la relation (3) devient :
F’t/K = (N0/K)(eλt - 1) + F0/K II.1.3. Principales méthodes de datation
On obtient une équation de type y = ax+b isotopique
dont la droite est appelée isochrone (Fig.
3.14) A) Méthode Rubidium/Strontium
(Rb/Sr)
Le Rubidium possède deux isotopes
85
Rb et 87Rb. Seul le 87Rb est radioactif. La
transformation est la suivante : 87Rb →
87
Sr + β- + ў (λ = 1,42.10-11an-1 ; T = 4,88.
1010 ans).
Pour appliquer la formule t = 1/ λ
Ln (1 + 87Sr/87Rb), il faut doser 87Srt dans
l’échantillon et 87Rbt restant dans
l’échantillon.
Fig. 3.14 : Isochrone d’une roche et de ses
minéraux déterminée à partir des rapports B) Méthode Potassium/Argon
isotopiques de Rubidium (Rb) et Strontium (Sr)
(K/Ar)
La relation (2) permet de calculer
40
K → 40
Ar (T = 1,3.109 ans)
l’âge du minéral en fonction de Nt, N0 et λ.
De l’équation (2) on déduit en effet : C) Méthode Uranium/Plomb
(U/Pb)
t = (1/λ)LnN0/Nt (4)
236
U → 207
Pb (T = 4,5. 109ans)
236
U → 206
Pb (T = 7.108 ans)
On définit T la période d’un nuclide
radioactif comme étant le temps nécessaire D) Méthode Thorium/Plomb
à la transformation de la moitié du stock (Th/Pb)
initial ; en faisant dans (2) NT/N0 = 1/2, on
232
Th → 208Pb (T = 1,4. 1010ans)
obtient :
E) Méthode Carbone/Azote (C/N)
T = Ln2/λ = 0,693/ λ (5)
14
C → 14N (T = 5370 ± 40
années).
En utilisant les expressions (4) et
(5), on peut calculer l’âge d’un minéral en II.2. Dénombrement des couches
fonction de Nt, N0 et T : II.2.1. Croissance des invertébrés marins
28
Plusieurs groupes d’invertébrés (inversion des champs magnétiques). Pour
marins (Mollusques, Echinodermes, ce faire, elles sont combinées avec les
Coelentérés) ainsi que les Stromatolites, méthodes radioactives (datations des
Algues bleues calcaires particulièrement minéraux, des roches volcaniques).
bien développées au Précambrien,
présentent des stries de croissance (Fig. Le magnétisme est une propriété
3.15) commune à tous les corps qui, placés dans
un champ magnétique, acquièrent une
aimantation ; celle-ci est :
- permanente dans le cas des corps
ferromagnétiques (métaux : fer, nickel,
cobalt, gadolinium ; magnétite, Fe3O4 ;) ; le
ferromagnétisme ne disparaît qu’au-dessus
du point de Curie.
- temporaire dans le cas des corps
paramagnétiques et diamagnétiques.
29
Fig. 3.16 : Echelle paléomagnétique du
Jurassique à l’actuel
30
CHAPITRE 4 : ECHELLE STRATIGRAPHIQUE
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
31
Fig. 4.1 : Echelle des temps phanérozoïques
32
1.2. Les unités biostratigraphiques descriptions des couches sont extrêmement
La biostratigraphie est une sous fines et très détaillées.
discipline de la stratigraphie. Elle est Les noms des étages sont formés en
fondée sur le contenu en fossiles des ajoutant le suffixe ien au nom
couches (ou strates) sédimentaires. géographique du stratotype. Exemples :
L’analyse du contenu paléontologique des Givétien (Givet), Turonien (Tours),
couches permet de dater et d’établir des Oxfordien (Oxford).
corrélations entre régions ayant une Notons que l’équivalent
sédimentation différente. Au cours du géochronologique de l’étage est l’âge dont
temps, les êtres vivants subissent une la durée, en moyenne, est de 5-6 millions
évolution irréversible et, de ce fait, ils d’années.
fournissent, pour les temps
phanérozoïques, une horloge qui est encore I.3.2. La série, sous-système ou époque
aujourd’hui la plus précise de toutes celles La série ou sous-système
qu’on utilise pour dater les événements des correspond à un ensemble d’étages déposés
ères Paléozoïque Mésozoïque et au cours d’une époque. L’équivalent
Cénozoïque. géochronologique de la série ou sous-
La répartition des espèces dans le système est l’époque.
temps a permis de mettre en évidence la Exemples : Lias (Jurassique
notion de biozone. La biozone (ou zone) inférieur), Malm (Jurassique supérieur).
est l’unité fondamentale de la
biostratigraphie. Elle est définie comme I.3.3. Le système ou période
correspondant au volume de roches Un système est l’ensemble des
sédimentaires contenant l’ensemble des séries déposées au cours d’une période. Il
individus d’une espèce ou d’une est limité par des discontinuités
association d’espèces (taxons) considéré. importantes correspondant souvent à des
régressions de plus grande ampleur. Un
I.3. Les unités chronostratigraphiques système est défini par un cycle
sédimentaire de grande ampleur.
Les unités chronostratigraphiques Exemples : Cambrien, Crétacé,
sont caractérisées par des ensembles de Paléogène.
couches auxquelles on fait correspondre
des intervalles de temps (qui sont des I.3.4. Les érathèmes ou ères
unités géochronologiques). L’échelle Une ère, coupure stratigraphique
stratigraphique comprend un ensemble majeure, est l’ensemble des systèmes
d’importance variable : ère > système > d’une période donnée. La définition des
série > étage (Fig. 4.1) ères s’appuie sur des critères
paléontologiques et stratigraphiques. Les
I.3.1. L’étage ou âge ères sont séparées par des changements
L’étage, unité majeurs intervenus dans l’histoire de la
chronostratigraphique de base, est défini Terre et en particulier dans l’histoire du
par un ensemble de couches concordantes monde vivant.
ayant le même contenu paléontologique.
Les étages sont nommés généralement à II. Quelques grandes étapes de la vie
partir d’un lieu de référence : le stratotype. II.1. Au Précambrien
On appelle stratotype la coupe étalon pour Les terrains précambriens (environ
la référence mondiale. Ces coupes de 4000 Ma) sont souvent azoïques, c’est-à-
référence contiennent des roches marines dire ne renfermant pas de fossiles. On
avec une faune riche et variée. Les connaît toutefois des stromatolites (algues
bleues à structure concentrique, Fig. 4.2)
33
dont les plus anciennes connues datent de II.2. Au Paléozoïque ou Primaire
2800 Ma, la faune d’Ediacara (Australie du (Cambrien – Permien)
Sud), d’extension mondiale, et d’autres L’ère Paléozoïque ou Primaire
formes représentant le début du monde (environ 330 Ma) révèle un monde vivant
vivant. Le gisement d’Ediacara (680 à 700 très diversifié mais archaïque. Sa base
Ma) a livré une faune composée correspond avec l’apparition des
d’invertébrés au corps mou (Coelentérés, organismes à coquille (gastéropodes,
Méduses et Pennatulides, divers types brachiopodes) et la grande diversification
d’Annélides, un ancêtre des Trilobites) et des Trilobites. Son sommet s’exprime avec
dont la taille moyenne pouvait atteindre la disparition de plusieurs groupes dont les
jusqu’à un mètre. Ce sont les premiers plus caractéristiques sont les Trilobites
animaux pluricellulaires. (arthropodes) et les fusilines (foraminifères
benthiques, Fig. 4.4). Le Paléozoïque est
encore appelé l’ère des trilobites.
Fig. 4.2 : Stromatolite (Elmi et Babin, 2002). Outre les trilobites et les fusulines
la biostratigraphie utilise d’autres groupes
La base correspond du Précambrien tel que les graptolites, les goniatites ou
correspond avec l’origine de la terre et son encore les clyménies pour la subdivision
sommet se confond avec la base de l’ère du Paléozoïque.
Primaire qui voit disparition de la faune Durant l’Ordovicien et le Silurien,
d’Ediacara (Fig. 4.3). les fossiles caractéristiques sont les
graptolites. La fin de l’Ordovicien, est
marquée par l’apparition des premiers
organismes vertébrés sous formes de
poissons sans mâchoires : les Agnathes
(Fig. 4.5).
34
le premier animal à quitter le milieu marin II.3. Au Mésozoïque ou Secondaire
pour s’installer en milieu terrestre. (Trias – Crétacé)
L’ère Mésozoïque ou Secondaire
(environ 165 Ma) présente des caractères
intermédiaires (entre archaïsme et
modernisme) du monde vivant. Sa base
correspond au sommet de l’ère de
Paléozoïque et son sommet avec la
Fig. 4.6 : Crossoptérygien (Théobald et Gama, disparition des dinosaures (Fig. 4.9) et des
1969). ammonites. Ces deux groupes atteignent
leur apogée au cours du Mésozoïque. On
dit souvent que le Mésozoïque est l’ère des
ammonites et de dinosaures.
35
II.4. Au Cénozoïque ou Tertiaire
(Paléogène –Néogène)
L’ère Cénozoïque ou Tertiaire
(environ 65 Ma) présente des caractères
récents du monde vivant. Elle voit
s’épanouir les mammifères et se
développer les familles actuelles
d’animaux et de plantes. Elle aussi est
caractérisée par l’apparition des
foraminifères de grandes tailles tels que les
Nummulites (Fig. 4.10). Le Cénozoïque est
dit ère des mammifères. Sa base
correspond au sommet de l’ère Secondaire
et son sommet n’est pas bien défini.
36
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37