Introduction à la Télédétection
Introduction à la Télédétection
Notions fondamentales de
Télédétection
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Partie 1 : Concepts de base
Comme définition, la télédétection est la technique qui, par l'acquisition d'images, permet
d'obtenir de l'information sur la surface de la Terre sans contact direct avec celle-ci. La
télédétection englobe tout le processus qui consiste à capter et à enregistrer l'énergie d'un
rayonnement électromagnétique émis ou réfléchi, à traiter et à analyser l'information, pour
ensuite mettre en application cette information.
Dans la plupart des cas, la télédétection implique une interaction entre l'énergie incidente et
les cibles. Le processus de la télédétection au moyen de systèmes imageurs comporte les
sept étapes que nous élaborons ci-après. Notons cependant que la télédétection peut également
impliquer l'énergie émise et utiliser aussi des capteurs non-imageurs.
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Partie 1 : Concepts de base
Selon la théorie des ondes, tout rayonnement électromagnétique possède des propriétés
fondamentales : il est composé d'un champ électrique (E) et d'un champ magnétique (M). Le
champ électrique varie en grandeur et il est orienté de façon perpendiculaire à la direction de
propagation du rayonnement. Le champ magnétique est orienté de façon perpendiculaire au
champ électrique. Les deux champs se déplacent à la vitesse de la lumière (c).
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Partie 1 : Concepts de base
𝐜 = 𝛌𝐯
Avec :
c : vitesse de la lumière ;
λ : longueur d'onde ;
v : fréquence.
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Partie 1 : Concepts de base
Le spectre électromagnétique s'étend des courtes longueurs d'onde (dont font partie les rayons
gamma et les rayons X) aux grandes longueurs d'onde (micro-ondes et ondes radio). La
télédétection utilise plusieurs régions du spectre électromagnétique.
La lumière que nos yeux (nos tout premiers "capteurs de télédétection") peuvent déceler se
trouve dans ce qui s'appelle le "spectre visible". Il est important de constater que le spectre
visible représente une bien petite partie de l'ensemble du spectre. Une grande partie du
rayonnement électromagnétique qui nous entoure est invisible à l'œil nu, mais elle peut
cependant être captée par d'autres dispositifs de télédétection. Les longueurs d'onde visibles
s'étendent de 0,4 à 0,7 µm.
La couleur qui possède la plus grande longueur d'onde est le rouge, alors que le violet a la plus
courte. Les longueurs d'onde du spectre visible que nous percevons comme des couleurs
communes sont énumérées ci-dessous. Il est important de noter que c'est la seule portion du
spectre que nous pouvons associer à la notion de couleurs.
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Partie 1 : Concepts de base
Le bleu, le vert et le rouge sont les couleurs (ou les longueurs d'onde) primaires du spectre
visible. Une couleur primaire ne peut être créée par deux autres couleurs, mais toutes les autres
couleurs peuvent être créées en combinant les couleurs primaires. Même si nous voyons la
lumière du Soleil comme ayant une couleur uniforme ou homogène, en réalité, elle est
composée d'une variété de longueurs d'onde dans les parties de l'ultraviolet, du visible, et de
l'infrarouge du spectre. La portion visible de ce rayonnement se décompose en ses couleurs
composantes lorsqu'elle traverse un prisme. Ce dernier réfracte la lumière de façon différente
en fonction de la longueur d'onde.
essentiellement le rayonnement qui est émis sous forme de chaleur par la surface de la Terre et
elle s'étend approximativement de 3 à 100 µm.
Une autre partie du spectre électromagnétique qui suscite beaucoup d'intérêt en télédétection
c’est les micro-ondes ou bien les hyperfréquences. Cette région comprend les plus grandes
longueurs d'onde utilisées en télédétection et s'étend approximativement de 1 mm à 1 m. Les
longueurs d'onde les plus courtes possèdent des propriétés semblables à celles de l'infrarouge
thermique, tandis que les longueurs d'onde les plus grandes ressemblent aux ondes radio. La
partie spectrale des hyperfréquences représente le domaine de la télédétection Radar.
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Partie 1 : Concepts de base
Avant que le rayonnement utilisé pour la télédétection n'atteigne la surface de la Terre, celui-ci
doit traverser une certaine épaisseur d'atmosphère. Les particules et les gaz dans l'atmosphère
peuvent dévier ou bloquer le rayonnement incident. Ces effets sont causés par les mécanismes
de diffusion et d'absorption. La diffusion se produit lors de l'interaction entre le rayonnement
incident et les particules ou les grosses molécules de gaz présentes dans l'atmosphère. Les
particules dévient le rayonnement de sa trajectoire initiale. Le niveau de diffusion dépend de
plusieurs facteurs comme la longueur d'onde, la densité de particules et de molécules, et
l'épaisseur de l'atmosphère que le rayonnement doit franchir. Il existe trois types de diffusion :
▪ La diffusion de Rayleigh ;
▪ La diffusion de Mie ;
▪ La diffusion non-sélective.
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Partie 1 : Concepts de base
La diffusion de Rayleigh se produit lorsque la taille des particules est inférieure à la longueur
d'onde du rayonnement. Celles-ci peuvent être soit des particules de poussière ou des
molécules d'azote ou d'oxygène. La diffusion de Rayleigh disperse et dévie de façon plus
importante les courtes longueurs d'onde que les grandes longueurs d'onde. Cette forme de
diffusion est prédominante dans les couches supérieures de l'atmosphère. Ce phénomène
explique pourquoi nous percevons un ciel bleu durant la journée. Comme la lumière du Soleil
traverse l'atmosphère, les courtes longueurs d'onde (correspondant au bleu) du spectre visible
sont dispersées et déviées de façon plus importante que les grandes longueurs d'onde.
Au coucher et au lever du Soleil, le rayonnement doit parcourir une plus grande distance à
travers l'atmosphère qu'au milieu de la journée. La diffusion des courtes longueurs d'onde est
plus importante. Ce phénomène permet à une plus grande proportion de grandes longueurs
d'onde de pénétrer l'atmosphère.
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Partie 1 : Concepts de base
On parle de diffusion de Mie lorsque les particules sont presque aussi grandes que la longueur
d'onde du rayonnement. Ce type de diffusion est souvent produite par la poussière, le pollen, la
fumée et l'eau. Ce genre de diffusion affecte les plus grandes longueurs d'onde et se produit
surtout dans les couches inférieures de l'atmosphère où les grosses particules sont plus
abondantes. Ce processus domine quand le ciel est ennuagé.
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Partie 1 : Concepts de base
L'ozone absorbe les rayons ultraviolets qui sont néfastes aux êtres vivants. Sans cette couche
de protection dans l'atmosphère, notre peau brûlerait lorsqu'elle est exposée au Soleil. Vous
avez peut-être entendu dire que le bioxyde de carbone est un gaz qui contribue à l'effet de serre.
Ce gaz absorbe beaucoup de rayonnement dans la portion infrarouge thermique du spectre et
emprisonne la chaleur dans l'atmosphère.
La vapeur d'eau dans l'atmosphère absorbe une bonne partie du rayonnement infrarouge de
grandes longueurs d'onde et des hyperfréquences de petites longueurs d'onde qui entrent dans
l'atmosphère (entre 22µm et 1m). La présence d'eau dans la partie inférieure de l'atmosphère
varie grandement d'un endroit à l'autre et d'un moment à l'autre de l'année. Par exemple, une
masse d'air au-dessus d'un désert contient très peu de vapeur d'eau pouvant absorber de
l'énergie, tandis qu'une masse d'air au-dessus des tropiques contient une forte concentration de
vapeur d'eau.
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Partie 1 : Concepts de base
Parce que ces gaz et ces particules absorbent l'énergie électromagnétique dans des régions
spécifiques du spectre, ils influencent le choix de longueurs d'onde utilisées en télédétection.
Les régions du spectre qui ne sont pas influencées de façon importante par l'absorption
atmosphérique, et qui sont donc utiles pour la télédétection, sont appelées les fenêtres
atmosphériques. En comparant les caractéristiques des deux sources d'énergie les plus
communes (le Soleil et la Terre) avec les fenêtres atmosphériques disponibles, nous pouvons
identifier les longueurs d'onde les plus utiles pour la télédétection.
La portion visible du spectre correspond à une fenêtre et au niveau maximal d'énergie solaire.
Notez aussi que pour la partie de l’infrarouge, il existe plusieurs fenêtres atmosphériques. Dans
la partie des hyperfréquences, il existe une grande fenêtre qui correspond aux longueurs d'onde
de plus de 1 mm.
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Partie 1 : Concepts de base
Le rayonnement qui n'est pas absorbé ou diffusé dans l'atmosphère peut atteindre et interagir
avec la surface de la Terre. Lorsque l'énergie atteint la cible, la surface peut absorber (A)
l'énergie, la transmettre (T) ou réfléchir (R) l'énergie incidente. L'énergie incidente totale
interagira avec la surface selon l'une ou l'autre de ces trois modes d'interaction ou selon leur
combinaison. La proportion de chaque interaction dépendra de la longueur d'onde de l'énergie,
ainsi que de la nature et des conditions de la surface.
L'absorption (A) se produit lorsque l'énergie du rayonnement est absorbée par la cible, la
transmission (B) lorsque l'énergie du rayonnement passe à travers la cible et la réflexion (C)
lorsque la cible redirige l'énergie du rayonnement. En télédétection, nous mesurons le
rayonnement réfléchi par une cible. La réflexion spéculaire et la réflexion diffuse représentent
deux modes limites de réflexion de l'énergie.
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Partie 1 : Concepts de base
Une surface lisse produit une réflexion spéculaire, c'est-à-dire que toute l'énergie est redirigée
dans une même direction (comme c'est le cas d'un miroir). La réflexion diffuse se produit quand
la surface est rugueuse, ce qui redirige l'énergie uniformément dans toutes les directions. La
plupart des objets de la surface terrestre se situent entre ces deux extrêmes. La façon dont une
cible réfléchit le rayonnement dépend de l'amplitude de la rugosité de la surface par rapport à
la longueur d'onde du rayonnement incident. Si la longueur d'onde du rayonnement est
beaucoup plus petite que la rugosité de la surface ou que la grosseur des particules qui
composent la surface, la réflexion diffuse domine. Par exemple, un sable fin paraît uniforme
aux rayonnements à grandes longueurs d'onde, mais rugueux aux longueurs d'onde visibles.
Les feuilles : la chlorophylle, une molécule que nous retrouvons à l'intérieur des feuilles,
absorbe fortement le rayonnement aux longueurs d'onde du rouge et du bleu, mais réfléchit le
vert. Les feuilles, qui contiennent un maximum de chlorophylle en été, sont donc plus vertes
pendant cette saison. En automne, les feuilles qui contiennent alors moins de chlorophylle,
absorbent moins de rouge, et paraissent donc rouges ou jaunes (le jaune est une combinaison
des longueurs d'onde du vert et du rouge). La structure interne des feuilles en santé agit comme
un excellent réflecteur diffus pour les longueurs d'onde de l'infrarouge (précisément le PIR). Si
nos yeux pouvaient percevoir l'infrarouge, les feuilles paraîtraient très éclatantes sous ces
longueurs d'onde. Les scientifiques utilisent d'ailleurs le proche infrarouge pour déterminer
l'état de santé de la végétation.
L'eau : l'eau absorbe davantage les grandes longueurs d'onde du rayonnement visible et du
proche infrarouge. Ainsi, l'eau paraît généralement bleue ou bleu-vert car elle réfléchit
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Partie 1 : Concepts de base
davantage les petites longueurs d'onde, elle paraît encore plus foncée si elle est observée sous
les longueurs d'onde du rouge ou du proche infrarouge. Lorsque les couches supérieures de
l'eau contiennent des sédiments en suspension, la transmission diminue, la réflexion augmente
et l'eau paraît plus brillante. La couleur de l'eau se déplacera légèrement vers les plus grandes
longueurs d'onde. Nous confondons parfois l'eau qui contient des sédiments en suspension
avec l'eau peu profonde et claire, car ces deux phénomènes paraissent très semblables. La
chlorophylle dans les algues absorbe plus de bleu et réfléchit plus de vert. L'eau paraît donc
plus verte quand elle contient des algues. L'état de la surface de l'eau (rugueuse, lisse, vagues,
débris flottants, etc.) peut aussi susciter des problèmes dans l'interprétation à cause de la
réflexion spéculaire et des autres influences sur la couleur et la brillance.
Ces exemples démontrent que nous observons des réponses très différentes aux mécanismes
d'absorption, de transmission et de réflexion selon la composition de la cible et la longueur
d'onde du rayonnement qui lui est propre. En mesurant l'énergie réfléchie ou émise par la cible
avec une variété de longueurs d'onde, nous pouvons construire la signature spectrale pour un
objet. En comparant les signatures de différents objets, nous pouvons les distinguer les uns des
autres, alors que nous ne pourrions peut-être pas les distinguer si nous les comparions seulement
avec une longueur d'onde.
Par exemple, l'eau et la végétation peuvent avoir une signature spectrale similaire aux longueurs
d'onde visibles, mais sont presque toujours différenciables dans l'infrarouge. Les signatures
spectrales peuvent être très variables pour la même sorte de cible et peuvent aussi varier dans
le temps et dans l'espace. Pour interpréter correctement l'interaction du rayonnement
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Partie 1 : Concepts de base
Jusqu'à maintenant, dans cette Partie, nous avons vu que le Soleil est une source d'énergie ou
de rayonnement indispensable pour la télédétection. L'énergie du Soleil est soit réfléchie (la
portion visible) ou absorbée et retransmise (infrarouge thermique) par la cible. Les dispositifs
de télédétection qui mesurent l'énergie disponible naturellement sont des capteurs passifs. Le
capteur passif peut seulement percevoir l'énergie réfléchie lorsque le Soleil illumine la Terre. Il
n'y a donc pas d'énergie solaire réfléchie le soir, tandis que l'énergie dégagée naturellement
(l'infrarouge thermique) peut être perçue le jour ou la nuit.
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Partie 1 : Concepts de base
Un capteur actif produit sa propre énergie pour illuminer la cible : il dégage un rayonnement
électromagnétique qui est dirigé vers la cible. Le rayonnement réfléchi par la cible est alors
perçu et mesuré par le capteur. Ce dernier a l'avantage de pouvoir prendre des mesures à
n'importe quel moment de la journée ou de la saison. Les capteurs actifs utilisent les longueurs
d'onde qui ne sont pas produites en quantité suffisante par le Soleil telles que les
hyperfréquences ou pour mieux contrôler la façon dont une cible est illuminée. Par contre, les
capteurs actifs doivent produire une énorme quantité d'énergie pour bien illuminer une cible.
Le radar et le LiDAR sont des exemples de capteurs actifs.
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Partie 1 : Concepts de base
Avant de passer à la prochaine Partie qui traite les capteurs et de leurs caractéristiques, nous
devons définir et expliquer quelques termes et concepts fondamentaux associés aux images de
télédétection.
À moins de parler d'images enregistrées par un procédé photographique, nous utilisons donc le
terme image. Une photographie peut être présentée et affichée en format numérique en divisant
l'image en petits morceaux de taille et de formes égales, nommés pixels. La luminosité de
chaque pixel est représentée par une valeur numérique (l’exemple dans la figure en bas). Cette
photographie a été numérisée et subdivisée en pixels. Chaque pixel a été doté d'une valeur
représentant les différents niveaux de luminosité. L'ordinateur affiche chaque valeur numérique
comme un niveau de luminosité. Les capteurs enregistrent alors électroniquement l'énergie en
format numérique (en rangées de chiffres).
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Partie 1 : Concepts de base
Ces deux différentes façons de représenter et d'afficher les données de télédétection, par des
moyens photographiques ou numériques, sont interchangeables car elles représentent la même
information (mais chaque conversion peut engendrer une perte de précision).
Dans la section précédente, nous avons décrit la portion visible du spectre et le concept de
couleur. Nous percevons les couleurs parce que nos yeux captent la gamme entière des
longueurs d'onde visibles et notre cerveau transforme cette information en couleurs distinctes.
Imaginez le monde si nous ne pouvions percevoir qu'une seule bande étroite de longueurs
d'onde ou de couleur ! De nombreux capteurs fonctionnent de cette façon. L'information d'une
gamme étroite de longueur d'onde est captée et emmagasinée sous forme numérique dans un
fichier représentant la bande correspondante à cette gamme. Il est ensuite possible de combiner
et d'afficher ces bandes d'information numérique en utilisant les trois couleurs primaires (rouge,
vert, bleu). Les données de chaque bande sont représentées comme une couleur primaire et,
selon la luminosité relative (c.-à-d. la valeur numérique) de chaque pixel dans chaque bande,
les couleurs se combineront en proportions différentes pour produire des couleurs distinctes.
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Partie 1 : Concepts de base
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Dans la Partie 1, nous avons pris connaissance de quelques concepts de base nécessaires à la
compréhension des processus entourant la télédétection. Nous avons défini les trois principales
composantes du processus de la télédétection : la source d'énergie, l'interaction entre l'énergie
et l'atmosphère et l'interaction entre l'énergie et la surface. Lorsque nous avons discuté de la
différence entre les capteurs passifs et les capteurs actifs ainsi que des caractéristiques des
images, nous avons introduit brièvement une quatrième composante de la télédétection :
l'enregistrement de cette énergie par un capteur. Dans la présente Partie, nous allons
regarder de plus près cette dernière composante en examinant plus en détail les caractéristiques
de la plate-forme de télédétection, des capteurs et des informations qui y sont enregistrées. Nous
discuterons aussi la question du traitement des données.
Pour enregistrer adéquatement l'énergie réfléchie ou émise par une surface ou une cible donnée,
on doit installer un capteur sur une plate-forme distante de la surface ou de la cible observée.
Ces plates-formes peuvent être situées près de la surface terrestre (comme par exemple au sol,
dans un avion ou un ballon), ou à l'extérieur de l'atmosphère terrestre, comme par exemple sur
un véhicule spatial ou un satellite.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les capteurs au sol sont souvent utilisés pour enregistrer des informations détaillées sur la
surface. Ces informations sont, par la suite, comparées aux informations recueillies par avion
ou à partir d'un satellite. Dans certains cas, on utilise les capteurs au sol pour mieux caractériser
les cibles observées par d'autres capteurs, de manière à améliorer la compréhension de
l'information de l'image. Les capteurs au sol sont souvent placés sur des échelles, des édifices
élevés, des grues, etc. Les plates-formes aéroportées sont principalement situées sur des avions
à ailes fixes, ou parfois sur des hélicoptères.
L'utilisation des avions est fréquente car cela facilite la cueillette de données ou d'images
détaillées de la surface de la Terre, exactement à l'endroit et au moment voulus. Dans les
dernières années, il est apparu aussi l’utilisation des drones dans diverses applications en
géosciences et en aménagement du territoire, vu leur réactivité et leur rapidité de mise en œuvre.
Ce qui donne la possibilité de réaliser des acquisitions aux dates et à la fréquence que l’on veut.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Dans l'espace, la télédétection est parfois effectuée à partir de la navette spatiale ou plus
fréquemment, à partir des satellites. Ces derniers sont des objets qui sont en orbite autour d'un
autre objet, dans notre cas, la Terre. Par exemple, la Lune est un satellite naturel de la Terre,
par opposition aux satellites artificiels de la Terre que sont les plates-formes placées en orbite
pour les besoins de la télédétection, des communications et de la télémétrie (positionnement et
navigation). Grâce à leur orbite, les plates-formes spatiales permettent une couverture répétitive
et continue de la surface de la Terre. Le coût est souvent un facteur déterminant dans le choix
des différentes plates-formes.
Dans la section précédente, nous avons vu que les capteurs peuvent être placés sur différentes
plates-formes. Bien que les plates-formes terrestres ou aéroportées soient utilisées, ce sont les
satellites qui fournissent la majeure partie des données recueillies par télédétection de nos
jours. Certaines caractéristiques propres aux satellites en font des instruments particulièrement
utiles pour l'acquisition d'information sur la surface de la Terre.
La trajectoire effectuée par un satellite autour de la Terre est appelée orbite. L'orbite d'un
satellite est choisie en fonction de la capacité des capteurs qu'il transporte et des objectifs de sa
mission. Le choix d'une orbite est déterminé par l'altitude (la hauteur du satellite au-dessus de
la surface de la Terre), l'orientation et la rotation du satellite par rapport à la Terre. Certains
satellites ont une altitude très élevée et regardent toujours la même région de la surface de la
Terre, ils ont une orbite géostationnaire. Ces satellites géostationnaires ont une altitude
d'environ 36 000 kilomètres et se déplacent à une vitesse qui correspond à celle de la Terre,
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
donnant ainsi l'impression qu'ils sont stationnaires. Cette configuration orbitale permet au
satellite d'observer et d'accumuler continuellement de l'information sur une région spécifique.
Les satellites de communication et d'observation des conditions météorologiques sont situés sur
de telles orbites. L'altitude élevée de certains satellites météorologiques leur permet d'observer
les nuages et les conditions qui couvrent un hémisphère complet de la Terre.
D'autres plates-formes spatiales suivent une orbite allant pratiquement du nord au sud ou vice
versa. Cette configuration, combinée à la rotation de la Terre (ouest-est), fait qu'au cours d'une
certaine période, les satellites ont observé la presque totalité de la surface de la Terre. Ce type
d'orbite est appelé orbite quasi polaire à cause de l'inclinaison de l'orbite par rapport à une
ligne passant par les pôles Nord et Sud de la Terre. La plupart des satellites sur orbite quasi-
polaires ont aussi une orbite héliosynchrone ; de cette façon, ils observent toujours chaque
région du globe à la même heure locale solaire : Pour une latitude donnée, la position du Soleil
dans le ciel au moment où le satellite survole une certaine région au cours d'une saison donnée
sera donc toujours la même. Cette caractéristique orbitale assure des conditions d'illumination
solaire similaires, lorsqu'on recueille des données pour une saison particulière sur plusieurs
années ou pour une région particulière sur plusieurs jours. Ceci est un facteur important
lorsqu'on compare deux images successives ou lorsqu'on produit une mosaïque avec des images
adjacentes, puisque les images n'ont pas à être corrigées pour tenir compte de l'illumination
solaire car c’est la même dans ce cas.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
De nos jours, la plupart des plates-formes satellitaires sont placées sur orbite quasi-polaire.
Elles se déplacent donc vers le nord d'un côté de la Terre, et vers le sud dans l'autre moitié de
leur orbite. Ces deux types de passage du satellite se nomment respectivement orbite
ascendante et orbite descendante. Si l'orbite est aussi héliosynchrone, l'orbite ascendante du
satellite se fait du côté ombragé de la Terre, tandis que l'orbite descendante se fait du côté
éclairé par le Soleil. Les capteurs qui enregistrent l'énergie solaire réfléchie par la Terre ne
recueillent donc de l'information qu'au cours leur orbite descendante, lorsque le Soleil illumine
la Terre. Les capteurs actifs qui possèdent leur propre source d'illumination ou les capteurs
passifs qui enregistrent l'énergie émise par la planète (l'énergie infrarouge thermique par
exemple) peuvent amasser des données autant lors des orbites ascendantes que descendantes de
leurs satellites.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Lorsqu'un satellite est en orbite autour de la Terre, le capteur "observe" une certaine partie de
la surface. Cette surface porte le nom de couloir-couvert ou fauchée. Les capteurs sur
plateforme spatiale ont une fauchée dont la largeur varie généralement entre une dizaine et une
centaine de kilomètres. Pour les satellites à orbite quasi-polaire, le satellite se déplace selon une
trajectoire nord-sud. A cause de la rotation de la Terre, la trajectoire du satellite se déplace
progressivement vers l'ouest. Ce mouvement apparent du satellite permet à la fauchée du
capteur d'observer une nouvelle région à chacun des passages consécutifs du satellite.
L'orbite du satellite et la rotation de la Terre travaillent donc en complémentarité, permettant
une couverture complète de la surface de la planète après un cycle orbital complet.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les points sur la surface de la Terre qui se trouvent directement en dessous de la trajectoire du
satellite sont appelés les points nadir. Par conséquent, on définit le cycle de passage du satellite
comme étant la période de temps nécessaire pour que le satellite revienne au-dessus d'un point
nadir pris au hasard. Le satellite aura alors effectué un cycle orbital complet. La période
nécessaire pour compléter un cycle orbital complet varie d'un satellite à l'autre. La durée du
cycle orbital ne doit pas être confondue avec la période de revisite. Avec les capteurs
orientables, les instruments peuvent observer une surface avant et après les passages de l'orbite
au-dessus de la cible, ce qui permet une période de revisite beaucoup plus courte que le cycle
orbital.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Par exemple, pensez à ce que voit un astronaute à bord de la navette spatiale lorsqu'il regarde
la Terre par rapport à ce que vous pouvez observer à bord d'un avion. L'astronaute pourra voir
une province entière d'un seul coup d'œil mais ne pourra pas distinguer les maisons. Lors d'un
vol en avion au-dessus d'une ville, il est possible de voir des édifices et des automobiles, mais
la région observée est beaucoup plus petite que celle vue par l'astronaute. Il y a une différence
semblable, quoique moins marquée, entre les images satellitaires et les photographies aériennes.
Le détail qu'il est possible de discerner sur une image dépend de la résolution spatiale du
capteur utilisé. Elle est fonction de la dimension du plus petit élément qu'il est possible de
détecter. La résolution spatiale d'un capteur passif dépend principalement de son champ de
vision instantanée (CVI). Le CVI est défini comme étant le cône visible du capteur (A) et
détermine l'aire de la surface "visible" (B) à une altitude donnée (C) et à un moment précis.
Cette aire est appelée la superficie de résolution ou cellule de résolution et constitue une étape
critique pour la détermination de la résolution spatiale maximale du capteur. Pour pouvoir
différencier un élément de la surface observée, l'élément en question doit être de dimension
égale ou supérieure à la cellule de résolution. Si l'élément est plus petit, il ne sera généralement
pas différencié puisque c'est l'énergie moyenne des éléments de la cellule de résolution qui sera
captée. Cependant, dans certaines conditions, un élément plus petit peut être détecté si sa
réflexivité domine celle des autres éléments présents dans la cellule de résolution. On parle
alors de détection plus fine que la résolution.
Comme nous l'avons mentionné à la Partie 1, les images de télédétection sont composées
d'une matrice d'éléments appelés pixels. Le pixel est le plus petit élément d'une image. Il est
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
normalement carré et représente une partie de l'image. Il est cependant important de faire la
distinction entre l'espacement des pixels et la résolution spatiale. Si un capteur a une résolution
spatiale de 20 mètres et qu'il est possible de charger à l'écran une image provenant de ce capteur
avec la pleine résolution, chaque pixel à l'écran représentera une superficie correspondant à 20
m sur 20 m au sol. Dans ce cas, la résolution et l'espacement des pixels sont identiques.
Cependant, il est possible d'afficher la même image avec un espacement des pixels qui soit
différent de la résolution. Sur de nombreuses affiches montrant des images de la Terre prises à
partir d'un satellite, on combine plusieurs pixels en les moyennant, mais ceci ne modifie en rien
la résolution spatiale du capteur utilisé.
Les images sur lesquelles seuls les grands éléments sont visibles ont une résolution
"grossière" ou "basse". Les images à résolution fine ou élevée permettent l'identification
d'éléments de plus petites dimensions. Les capteurs utilisés par les militaires par exemple,
sont conçus pour obtenir le plus de détails possibles. Ils ont donc une résolution très fine. Les
satellites commerciaux ont une résolution qui varie de quelques mètres à plusieurs kilomètres.
De façon générale, plus la résolution augmente, plus la superficie de la surface visible par le
capteur diminue.
Le rapport entre la distance que l'on mesure sur une image ou une carte, et la distance
correspondante au sol est appelée échelle. Une carte ayant une échelle de 1:100 000
représente un objet au sol de 100 000 cm (1 km) par un objet de 1 cm. Les cartes pour
lesquelles le rapport est petit (1:100 000) sont des cartes à petite échelle, tandis que les cartes
pour lesquelles ce rapport est plus grand (1:5 000) sont des cartes à grande échelle.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Dans la Partie 1, nous avons abordé la réponse spectrale et les courbes de réflectance
spectrale qui caractérisent une cible ou une surface pour un ensemble de longueurs d'onde. Il
est souvent possible de distinguer des classes de caractéristiques et des détails dans une image
en comparant leurs réponses différentes sur un ensemble de longueurs d'onde. Comme nous
l'avons vu à la section 1.5, des classes très larges, comme l'eau et la végétation, peuvent être
séparées en utilisant un intervalle de longueurs d'onde assez grand (le visible et l'infrarouge par
exemple). Des classes plus spécifiques comme, par exemple, différents types de roches ne
sont pas aussi faciles à différencier et nécessitent l'utilisation d'un intervalle de longueurs d'onde
beaucoup plus fin. Pour ce faire, nous devons utiliser un capteur ayant une résolution spectrale
beaucoup plus grande. La résolution spectrale décrit la capacité d'un capteur à utiliser des
petites fenêtres de longueurs d'onde. Plus la résolution spectrale est fine, plus les fenêtres des
différents canaux du capteur sont étroites.
Une pellicule noir et blanc utilisée dans un appareil photographique enregistre les longueurs
d'onde sur presque toutes les longueurs d'onde situées dans le spectre visible. Sa résolution
spectrale est assez grossière, car les différentes longueurs d'onde ne sont pas différenciées par
la pellicule qui n'enregistre que l'ensemble de l'énergie lumineuse captée par l'objectif. Une
pellicule couleur est sensible elle aussi à l'ensemble des longueurs d'onde visibles, mais elle
possède une résolution spectrale plus élevée puisqu'elle peut distinguer les longueurs d'onde
dans le bleu, le vert et le rouge. Cette pellicule peut donc caractériser l'intensité lumineuse
détectée selon ces intervalles de longueurs d'onde.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Plusieurs instruments de télédétection peuvent enregistrer l'énergie reçue selon des intervalles
de longueurs d'onde à différentes résolutions spectrales (généralement dans une dizaine de
bandes). Ces instruments sont appelés capteurs multispectraux et seront décrits plus en détail
dans les sections suivantes. Des capteurs plus développés, appelés capteurs hyperspectraux,
sont capables de détecter des centaines de bandes spectrales très fines dans la portion du spectre
des ondes électromagnétiques réunissant le visible, le proche infrarouge et l'infrarouge moyen.
La très grande résolution spectrale des capteurs hyperspectraux facilite la différenciation des
caractéristiques d'une image basée sur la réponse différente dans chacune des bandes spectrales.
L'arrangement des pixels décrit les structures spatiales d'une image tandis que les
caractéristiques radiométriques décrivent l'information contenue dans une image. Chaque fois
qu'une image est captée par une pellicule ou un capteur, sa sensibilité à l'intensité de l'énergie
électromagnétique détermine la résolution radiométrique. Cette dernière décrit la capacité
d’un capteur à reconnaître les petites différences dans l'énergie électromagnétique. Plus la
résolution radiométrique d'un capteur est fine, plus le capteur est sensible à de petites
différences dans l'intensité de l'énergie reçue. La gamme de longueurs d'onde à l'intérieur de
laquelle un capteur est sensible se nomme plage dynamique.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les données images sont codées avec des valeurs numériques variant entre 0 et 2. Cet intervalle
correspond à un nombre de bits utilisés pour encoder les valeurs en format binaire. Chaque bit
représente un exposant de la base 2 (par exemple, 1 bit = 21 = 2). Le nombre maximum de
niveaux d'intensité disponibles dépend du nombre de bits utilisés pour représenter l'intensité
enregistrée.
Par exemple, un capteur utilisant 8 bits pour enregistrer les données aura 28 = 256 niveaux
d'intensité disponibles (256 valeurs numériques disponibles) allant de 0 à 255. Si seulement 2
bits sont utilisés, alors seulement 22 = 4 valeurs allant de 0 à 3 seront disponibles. La résolution
radiométrique sera donc plus faible. Les données enregistrées sont souvent affichées en tons de
gris, avec le noir représentant une valeur numérique de "0" et le blanc représentant la valeur
numérique maximale. En comparant des images de 2 bits, 4 bits et 8 bits d'une même scène, on
peut voir l'énorme différence dans le nombre de détails qu'il est possible de distinguer selon la
résolution radiométrique.
32
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
détecter ces changements dépend de la fréquence avec laquelle les données sont recueillies. En
amassant des données périodiquement et de façon continue, il est possible de suivre les
changements qui surviennent à la surface de la Terre, qu'ils soient naturels (comme le
développement de la végétation ou l'évolution d'une inondation) ou de source humaine (comme
le développement des milieux urbains ou la déforestation).
• La couverture nuageuse est persistante (par exemple sous les tropiques), ce qui limite
les moments où il est possible d'observer la surface ;
• On veut surveiller des phénomènes de courte durée (inondations, déversements
d'hydrocarbures, etc.) ;
• On a besoin d'images multi temporelles (par exemple, pour étudier d'une année à l'autre,
l'étendue d'une maladie s'attaquant aux forêts) ;
• Les changements temporels dans l'apparence d'une caractéristique sont utilisés pour
différencier celle-ci d'une autre caractéristique similaire (par exemple, pour faire la
différence entre les cultures de blé et de maïs).
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les pellicules panchromatiques sont sensibles aux ondes dans l'ultraviolet et dans le visible.
Ces pellicules produisent des photographies noir et blanc et sont les plus utilisées en
photographie aérienne. La photographie des ultraviolets utilise aussi ce type de pellicule, mais
un filtre est utilisé avec l'appareil photographique afin d'absorber la lumière visible. Ceci permet
d'enregistrer les cibles qui réfléchissent les ultraviolets. Cependant, cette technique n'est pas
utilisée très souvent car l'atmosphère diffuse et absorbe beaucoup d'énergie dans ces longueurs
d'onde.
La photographie noir et blanc des longueurs d'onde de l'infrarouge utilise une pellicule sensible
dans cette bande et permet de détecter des différences dans le couvert végétal. La photographie
couleur et pseudo-couleur (ou fausses couleurs) nécessite l'utilisation de trois niveaux de
sensibilité dans la pellicule, chaque niveau étant sensible à trois bandes de longueurs d'onde.
Pour une photographie couleur normale, les niveaux sont sensibles à la lumière bleue, verte et
rouge, comme notre œil. Ces photos nous apparaissent de la même façon que notre œil perçoit
l'environnement et les couleurs nous apparaissent normales (ex. : les feuilles sont vertes). Pour
les photographies fausses couleurs, les trois niveaux de sensibilité enregistrent le vert, le rouge
et une portion du proche infrarouge qui sont ensuite traités pour apparaître bleu, vert et rouge
respectivement. Pour les photographies pseudo couleur, les cibles ayant une forte réflexivité
dans le proche infrarouge apparaissent rouges, celles qui ont une forte réflexivité dans le rouge
apparaissent vertes et celles avec une forte réflexivité dans le vert apparaissent bleues (dans cet
exemple).
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les appareils photographiques peuvent être installés sur plusieurs types de plates-formes
(terrestre, aérienne ou spatiale). Des photographies très détaillées sont prises à partir d'avions
et sont utilisées là où l'identification des détails est nécessaire. La superficie couverte par une
photo dépend de différents facteurs dont la distance focale de la lentille, l'altitude de la
plate-forme et la dimension de la pellicule. La distance focale contrôle le champ de vision
angulaire de la lentille et détermine la superficie « vue » par l'appareil photographique. Plus la
distance focale est grande, plus la superficie couverte au sol est petite mais plus il y a plus de
détails dans la photographie. La superficie couverte dépend aussi de l'altitude de la plate-forme.
En haute altitude, l'appareil photographique « verra » une plus grande surface au sol mais il y
aura moins de détails (c-à-d une grande échelle). Les photos aériennes peuvent avoir une
résolution spatiale centimétrique. La résolution spatiale d'une photographie aérienne est une
fonction complexe qui dépend de plusieurs facteurs qui changent pour chaque image.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les photographies verticales prises avec un appareil photographique à lentille unique sont les
photos aériennes les plus communes en télédétection et en cartographie. Ces appareils sont
spécialement faits pour exécuter rapidement une série de clichés, en limitant la distorsion
géométrique. Ils sont souvent reliés à un système de navigation à bord de l'avion, ce qui permet
une identification précise des coordonnées géographiques qui sont automatiquement assignées
à chaque photographie. La plupart de ces systèmes ont aussi un mécanisme qui compense pour
l'effet du déplacement de l'avion par rapport au sol, de façon à limiter, encore une fois, toutes
distorsions dans l'image.
Afin d'obtenir des photographies aériennes verticales, l'avion survole la surface terrestre le long
de lignes appelées lignes de vol. Les photos sont prises rapidement, l'appareil photographique
étant pointé directement vers le sol. Deux photos successives ont un pourcentage de
chevauchement de 50% à 60%. Ce chevauchement entre les images assure une couverture totale
de la superficie le long de la ligne de vol et facilite la visualisation stéréoscopique des
photographies. Grâce au chevauchement, les photos montrant la même région mais prises d'une
perspective différente, sont jumelées et visionnées à l'aide d'un dispositif appelé le stéréoscope.
Ce dispositif permet d'avoir une vue en trois dimensions de la région appelée un modèle
stéréo. Cette méthode de visualisation est très utilisée surtout dans la fabrication des Modèles
Numériques d’Elévation.
Les photographies aériennes s'avèrent très utiles lorsque la résolution spatiale est beaucoup plus
importante que la résolution spectrale. Il est donc possible de faire des mesures précises à partir
de ces photos. Ces mesures sont utilisées en géologie, en foresterie, en cartographie et dans bien
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
d'autres domaines. La photogrammétrie est la science qui s'intéresse aux mesures faites sur
les photographies aériennes et elle est connue depuis le début de l'utilisation de ces photos.
Ces dernières, dans la plupart des cas, sont analysées par des humains qui les regardent en
stéréoscopie. Elles peuvent aussi être numérisées afin d'être analysées par un ordinateur. Dans
la Partie 3, nous discuterons plus en détail les différentes méthodes, manuelles ou par
ordinateur, qui sont utilisées pour interpréter les images provenant de systèmes de télédétection.
On obtient les photographies multi bandes à l'aide de systèmes à plusieurs lentilles utilisant une
combinaison de filtres afin de prendre simultanément des photos dans plusieurs bandes
spectrales. Ce type d'appareil photographique a l'avantage de pouvoir enregistrer l'énergie
réfléchie par la surface ou la cible dans plusieurs fenêtres spectrales, ce qui permet
éventuellement de différencier et d'identifier plusieurs caractéristiques de cette surface ou de
cette cible. Le format numérique de ces images peut être traité et stocké sur ordinateur ou utilisé
pour produire une image sur papier photographique. Ces appareils photographiques permettent
un meilleur contrôle de la résolution spectrale et une efficacité accrue lors de l'acquisition des
données et lors de la consultation des données archivées.
38
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
détecteurs sont "poussés" le long de la trajectoire de la plate-forme. Ces systèmes sont parfois
appelés balayeur à barrettes. Les détecteurs individuels mesurent l'énergie pour une cellule
de résolution au sol (D). Le CVI détermine donc la résolution spatiale du système. Un
ensemble distinct de détecteurs est nécessaire pour chacune des bandes spectrales, et les
données sont ensuite enregistrées numériquement.
Le balayage parallèle à la trajectoire, qui utilise des ensembles linéaires de détecteurs, présente
plusieurs avantages par rapport au balayage perpendiculaire à la trajectoire, qui utilise un
miroir. L'ensemble de détecteurs, combiné au mouvement de balayage, permet d'avoir un temps
de résidence plus long pour chacune des cellules de résolution au sol. Ceci permet aux
détecteurs de capter plus d'énergie provenant de chaque cellule de résolution, ce qui améliore
la résolution radiométrique. Le temps de résidence accru permet d'avoir un CVI plus petit, ainsi
que de plus petites bandes spectrales. Ces systèmes ont donc des résolutions spatiale et spectrale
plus fines, sans pour autant réduire la résolution radiométrique. De plus, les détecteurs utilisés
sont généralement plus petits, plus légers, nécessitent moins d'énergie, plus fiables et plus
durables car ils n'ont pas de pièces mobiles. En contrepartie, le calibrage de milliers de
détecteurs dans le but d'obtenir une sensibilité uniforme pour l'ensemble du système est une
tâche nécessaire mais compliquée.
Peu importe le système de balayage utilisé, ces systèmes possèdent des avantages marqués
sur les systèmes photographiques. Les systèmes photographiques multispectraux utilisent des
lentilles distinctes pour détecter chacune des bandes spectrales. Il est donc difficile de s'assurer
que les résolutions spatiale et radiométrique de chacune des bandes sont semblables et qu'elles
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
demeurent inchangées entre deux images. Les BMS détectent toutes les bandes simultanément
en utilisant le même système optique, ce qui permet de contourner ces problèmes potentiels. Ils
facilitent aussi la transmission des données vers une station de réception sur la Terre, et le
traitement immédiat de ces données par un ordinateur.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
sont suffisantes pour la plupart des besoins. La température absolue peut être calculée, mais
demande un étalonnage précis, une mesure de température de référence et une connaissance
approfondie des propriétés thermiques des cibles, de la distorsion géométrique et des effets
radiométriques.
Les longueurs d'onde de la radiation infrarouge thermique sont relativement grandes par
rapport à celles de la partie visible du spectre. Les effets de la diffusion atmosphérique sont
donc minimaux. Cependant, l'absorption de cette radiation par les gaz atmosphériques restreint
normalement la détection utilisant ces longueurs d'onde à deux régions : la première de 3 à 5
microns, et la deuxième de 8 à 14 microns. Les capteurs d'infrarouge thermique ont
généralement un CVI large afin de permettre à une quantité d'énergie suffisante d'atteindre le
capteur. Cette précaution est nécessaire car la quantité d'énergie décroît avec l'augmentation de
la longueur d'onde. La résolution spatiale des capteurs thermiques est habituellement assez
grossière comparativement à la résolution spatiale qu'il est possible d'atteindre dans le visible
et l'infrarouge réfléchi. Les images provenant d'un capteur thermique sont prises durant le jour
ou la nuit (parce que la radiation est émise et non réfléchie) et sont utilisées dans plusieurs
domaines comme la reconnaissance militaire, la gestion des désastres (détection des feux de
forêts), etc.
Plusieurs formes de distorsion géométrique sont possibles. Toutes les images obtenues par
télédétection affichent, au départ, une ou plusieurs formes de distorsion géométrique, peu
importe quelles aient été obtenues à partir d'un balayeur multispectral à bord d'un satellite, d'un
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
système photographique à bord d'un avion ou à partir de toute autre plate-forme. Ce problème
est inhérent à la télédétection puisque celle-ci tente généralement de représenter des données
prises à la surface de la Terre (en 3D) sur une image bidimensionnelle. Les formes de distorsion
géométrique dont peut souffrir une image dépendent de la façon dont les données ont été
acquises. Voici une liste de quelques facteurs pouvant influencer la distorsion géométrique :
Par exemple, les appareils photographiques fournissent une image instantanée de la portion de
la surface se trouvant directement sous l'appareil. La principale distorsion pour les photos
aériennes verticales prend la forme d'un déplacement du relief. Pour les objets directement
sous le centre de la lentille (c-à-d au point nadir), seul le sommet de l'objet sera visible, alors
que pour tous les autres objets dans la photo, un côté est visible en plus du sommet, ce qui
donne l'impression que ces objets s'allongent vers les bords de l'image. Plus l'objet est haut ou
plus il est loin du centre, plus la distorsion est grande et plus la position de l'objet est erronée.
La géométrie des systèmes à balayage parallèle à la trajectoire est semblable à celle des
systèmes de photographie aérienne puisque, pour chaque ligne balayée, chaque détecteur
prend une image instantanée de chacune des cellules de résolution au sol. Certaines variations
géométriques entre les lignes balayées peuvent être causées par les variations dans l'altitude et
le comportement de la plate-forme le long de sa trajectoire.
43
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les images provenant d'un système à balayage perpendiculaire à la trajectoire sont sujettes à
deux types de distorsions géométriques. Premièrement, elles sont sujettes aux déplacements du
relief (A) de la même façon que les photos aériennes, mais seulement dans la direction parallèle
à celle du balayage. Ce type de distorsion n'est pas présent au nadir, mais au fur et à mesure que
le balayage s'effectue perpendiculairement à la trajectoire, le sommet et le côté des objets
détectés semblent s'allonger en s'éloignant du point nadir pour chaque ligne de balayage. L'autre
type de distorsion de ces images (B) est causé par la rotation du système de balayage. Au cours
du balayage, la distance entre le capteur et la surface augmente de plus en plus en s'éloignant
du centre du couloir-couvert. Même si le miroir permettant le balayage tourne à une vitesse
constante, le CVI du capteur se déplace plus rapidement par rapport à la surface et capte une
région plus grande lorsqu'il se déplace près des bords de l'image. Cet effet produit une
compression des caractéristiques de l'image pour les points éloignés du nadir et s'appelle
distorsion tangentielle d'échelle.
Toutes les images sont sujettes aux distorsions géométriques causées par les variations dans la
stabilité de la plate-forme pendant la prise des données, incluant des variations de vitesse,
d'altitude, de comportement (l'orientation angulaire par rapport au sol). Ces effets sont plus
prononcés lorsque les données proviennent de plates-formes aériennes que lorsqu'elles
proviennent de plates-formes spatiales, puisque la trajectoire des plates-formes spatiales est
relativement stable, particulièrement leur altitude. Cependant, la rotation d'Est en Ouest de la
Terre durant l'orbite du capteur à balayage cause, à chaque balayage, un léger déplacement vers
l'Ouest de la zone observée. L'image qui en résulte présente une forme de distorsion appelée
distorsion oblique. Ce type de distorsion est typique lorsque les images proviennent d'un
capteur multispectral monté sur un satellite.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
La prédiction et la surveillance de la météo a été l'une des premières applications civiles (ou
non-militaires) de la télédétection. Le premier satellite météorologique fut TIROS-1 (Television
and Infrared Observation Satellite), qui a été lancé en 1960 par les États-Unis. Plusieurs autres
satellites météorologiques ont été lancés dans les cinq années suivantes. Ces satellites avaient
tous des orbites polaires héliosynchrones, ce qui permettait une couverture répétitive des
systèmes météorologiques mondiaux. En 1966, la NASA (National Aeronautics and Space
Administration) des États-Unis a lancé le satellite géostationnaire Applications Technology
Satellite (ATS-1) qui fournissait des images hémisphériques de la surface de la Terre et de la
couverture de nuages à toutes les 30 minutes. Pour la première fois, le développement et le
mouvement des systèmes météorologiques pouvaient être surveillés de façon continue.
Aujourd'hui, plusieurs pays exploitent des satellites météorologiques pour surveiller les
conditions climatiques autour du globe. Généralement, ces satellites utilisent des capteurs à
résolution spatiale grossière (en comparaison aux systèmes pour l'observation de la Terre) et
couvrent de grandes surfaces du globe. Leur résolution temporelle, généralement élevée, fournit
des observations fréquentes de la surface de la Terre, de l'humidité atmosphérique et de la
couverture de nuages, ce qui permet de surveiller et de prédire les conditions climatiques de
l'ensemble du globe. Nous allons maintenant décrire quelques satellites/capteurs utilisés en
météorologie.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
GOES
Le système GOES (Geostationary Operational Environmental Satellite) est le successeur de la
série ATS. Les satellites GOES ont été conçus par la NASA pour la NOAA (National Oceanic
and Atmospheric Administration) pour fournir à l’United States National Weather Service des
images fréquentes et à petite échelle de la surface de la Terre et de la couverture de nuages.
Depuis 1975, la série GOES a été utilisée par les météorologues pour la surveillance et la
prédiction de la météo. Ces satellites font partie d'un réseau mondial de satellites
météorologiques qui sont alignés à des intervalles de 70º de longitude autour de la Terre pour
offrir une couverture presque totale du globe. Deux satellites GOES, placés en orbite
géostationnaire à 36 000 km au-dessus de l'équateur, voient chacun un tiers de la Terre. Le
premier satellite est situé à 75ºO de longitude et surveille l'Amérique du Nord, l'Amérique du
Sud, et la plus grande partie de l'océan Atlantique. Le deuxième est situé à 135ºO de longitude
et surveille l'Amérique du Nord et le bassin de l'océan Pacifique. L’image GOES dans la figure
ci-dessous couvre une portion du sud-est des États-Unis, et les régions océaniques adjacentes
où plusieurs tempêtes importantes se développent. Cette image montre l'ouragan Fran qui
s'approche du sud-est des États-Unis et des Îles Bahamas, en septembre 1996.
Deux générations de satellites GOES ont été lancées pour mesurer les rayonnements émis et
réfléchis, desquels nous pouvons dériver les températures atmosphériques, les vents, l'humidité
et la couverture de nuages. La première génération de satellites GOES s'étend de 1975 (avec
GOES-1) à 1992 (avec GOES-7). La conception des satellites GOES-1 à GOES-7 ne leur
permettait d'imager la Terre qu'environ 5% du temps. Avec GOES-8 (lancé en 1994), on a
procédé à plusieurs améliorations techniques. Ces satellites peuvent observer la Terre de façon
presque continue, ce qui permet de prendre plus d'images (à toutes les quinze minutes). Cette
46
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
GOES-8 et les autres satellites de la deuxième génération sont équipés d'instruments d'imagerie
et de sondage séparés. L'imageur possède cinq bandes qui captent le rayonnement visible et
infrarouge du Soleil. Les bandes infrarouges permettent aux satellites de capter des images le
jour et la nuit. Le dépointage latéral des capteurs et la possibilité de choix de bandes permettent
d'acquérir des images d'un hémisphère complet, ou encore, des images à petite échelle d'une
région choisie. Cette dernière possibilité permet aux météorologues de surveiller des régions
problématiques spécifiques pour améliorer les prévisions à court terme. Les données images
possèdent une résolution radiométrique de 10 octets et peuvent être transmises directement aux
écrans des utilisateurs sur Terre. La série GOES est maintenant arrivée à GOES-17 (tableau ci-
dessous), qui est le dernier de la génération actuelle des satellites météorologiques exploités par
la NOAA.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
NOAA AVHRR
La NOAA opère aussi une autre série de satellites utiles pour la météorologie et pour d'autres
applications. Ces satellites, en orbite polaire héliosynchrone (830 à 870 km au-dessus de la
Terre), font partie de la série Advanced TIROS (datant du début des années 1960). Ils
complètent l'information fournie par les satellites géostationnaires (comme GOES). Les deux
satellites, dont chacun produit une couverture totale de la Terre, travaillent conjointement pour
assurer que les données de toutes les régions de la Terre soient mises à jour au moins à toutes
les six heures. Un satellite croise l'équateur du nord au sud, tôt le matin, et l'autre le croise dans
l'après-midi.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
À bord des satellites NOAA se trouve le capteur AVHRR (Advanced Very High Resolution
Radiometer). Celui-ci est utilisé pour la météorologie et pour l'observation à petite échelle de
la surface de la Terre. Le capteur AVHRR capte le rayonnement électromagnétique du visible,
proche IR, du moyen IR et de l'IR thermique. La fauchée au sol mesure 3000 km. Le dernier de
la génération est le NOAA 19.
Bien que les données AVHRR soient utilisées fréquemment pour la prévision et l'analyse des
images des systèmes météorologiques, le capteur est également bien adapté à l'observation et
la surveillance de la Terre. AVHRR possède une résolution spatiale plus grossière que d'autres
capteurs de télédétection (décrits dans la prochaine section), il est surtout utilisé pour la
surveillance des phénomènes régionaux de petite échelle, telle que la cartographie de la
température de la surface des océans et la santé de la végétation naturelle et agricole. On
peut créer aussi des mosaïques couvrant une grande superficie à partir de plusieurs séries de
données AVHRR, ce qui permet l'analyse et la cartographie à petite échelle de la couverture
végétale.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Il existe plusieurs autres satellites météorologiques en orbite qui ont été lancés et qui sont
exploités par d'autres pays ou groupe de pays dont le Japon avec la série GMS, et la
communauté européenne avec les satellites Météosat. Les deux séries sont composées de
satellites géostationnaires situés au-dessus de l'équateur et aux mêmes degrés de longitude
que le Japon et l'Europe. Ces satellites prennent des images toutes les demi-heures, comme ceux
de la série GOES. Les satellites GMS possèdent deux bandes : l'une de 0,5 à 0,75 µm (résolution
spatiale de 1,25 km) et l'autre de 10,5 à 12,5 µm (résolution spatiale de 5 km). Météosat possède
trois bandes : une bande dans le visible (0,4 à 1,1 µm, résolution spatiale de 2,5 km), une dans
l'IR moyen (5,7 à 7,1 µm, résolution spatiale de 5 km), et une dans l'IR thermique (10,5 à 12,5
µm, résolution spatiale de 5 km).
Landsat
Bien que plusieurs satellites météorologiques (comme ceux décrits dans la partie précédente)
soient également utilisés pour la surveillance de la surface de la Terre, ceux-ci n'ont pas été
conçus pour la cartographie détaillée de la surface terrestre. Suite aux succès éclatants des
premières images des satellites météorologiques dans les années 60, et par les images
acquises lors des missions spatiales habitées, le premier satellite d'observation Landsat-1 a été
lancé par la NASA en 1972. Connu à l'origine sous l'acronyme ERTS-1 (Earth Resources
Technology Satellite), Landsat avait été conçu pour tester la faisabilité d'une plate-forme
multispectrale d'observation de la Terre non habitée. Depuis, le programme Landsat a permis
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
l'acquisition de données sur tous les coins de la planète. En 1985, le programme a été
commercialisé pour fournir des données aux divers utilisateurs civils.
Les satellites de la série Landsat portent plusieurs capteurs comme les systèmes de caméras
RBV (Return Beam Vidicon), le système MSS (Multi Spectral Scanner), et plus tard, le TM
(Thematic Mapper) (Landsat 5). Chacun de ces capteurs possède une fauchée de 185 km, avec
une scène complète de 185 km sur 185 km. Landsat 9 se manifeste comme la nouvelle
génération de la série des satellites Landsat (lancé en 2021), ayant comme but d’assurer la
continuité de la mission. Il embarque deux capteurs : le premier est OLI-2 (Operational Land
Imager-2) composé de neuf bandes spectrales : 4 dans le VIS (0.43 à 0.67 µm), une bande dans
le PIR (0.85 à 0.88 µm), 2 bandes dans le MIR (1.57-2.29 µm) et une bande du cirrus, avec une
résolution spatiale de 30 m, en plus d’une bande du Panchromatique avec une résolution de 15
m. Le deuxième capteur est TIRS-2 (Thermal Infrared Sensor-2) ayant deux bandes de 100 m
de résolution spatiale opérant entre 10.60 – 11.19 µm et 11.50 – 12.51 µm respectivement.
51
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les instruments à bord de Landsat 9 sont des répliques améliorées de ceux relatifs à Landsat 8.
Ils sont caractérisés par des progrès technologiques significatifs en termes de résolution
spectrale, de niveau de quantification du signal, de rapport signal/bruit et de résolution
radiométrique (16 bits). Cela permet de mesurer la variabilité subtile des conditions de surface
par un contraste de couleur plus net. De plus, Landsat 9 rejoint Landsat 8 en orbite, et le temps
de revisite combiné Landsat 8 + Landsat 9 pour la collecte de données sera tous les 8 jours. Les
images collectées couvrent 185 km × 180 km de largeur. Vu ces caractéristiques, les données
Landsat 9 sont utiles pour plusieurs applications comme la gestion des ressources, la
cartographie, la géologie, prospection minière, la surveillance de l'environnement, la détection
du changement, etc.
52
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Sentinel
Les satellites Sentinel sont une famille de satellites d'observation de la Terre développés dans
le cadre du programme spatial Copernicus lancé par l’Agence Spatiale Européenne (European
Space Agency (ESA)). Chaque mission Sentinel est basée sur une constellation de satellites
pour répondre aux exigences de revisite et de couverture, fournissant ainsi des ensembles de
données robustes. Ces missions transportent une gamme de technologies, telles que des
instruments radar et d'imagerie multispectrale pour la surveillance des terres, des océans et de
l'atmosphère. L'objectif du programme est de fournir aux pays du monde des données complètes
et actualisées leur permettant d'assurer le contrôle et la surveillance de l'environnement. Les
missions Sentinel se répartissent comme suit :
**Sentinel-1 : fournit des images radar par tous les temps, de jour comme de nuit, pour les
services terrestres et océaniques. Les satellites jumeaux Sentinel-1A et Sentinel-1B ont été
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
lancés le 3 avril 2014 et le 25 avril 2016 respectivement. Les scènes Sentinel 1 couvrent 250
km en largeur avec une résolution spatiale de 10 m et une période de revisite de 6 jours.
**Sentinel-2 : c’est un capteur multispectral avec une résolution spatiale qui varie de 10 à 30
m. Il se caractérise par une richesse spectrale considérable, avec 13 bandes couvrant les régions
VNIR et SWIR (0,443–2,190 µm) (voir tableau ci-dessous). Ces données sont codées sur 12
bits avec des scènes couvrent 290 km de largeur, disponibles gratuitement. Sentinel-2A a été
lancé le 23 juin 2015 et Sentinel-2B a suivi le 7 mars 2017. Les satellites Sentinel-2 fournissent
de l'imagerie optique haute résolution permettant l'observation des sols (utilisation des sols,
géologie et prospection minière, végétation, zones côtières, fleuves, etc.) ainsi que le traitement
des situations d'urgence (catastrophes naturelles...).
**Sentinel-3 : ce satellite fournit des données optiques, radar et altimétriques très précises pour
les services terrestres et maritimes. Il mesure des variables telles que la topographie de la
surface des mers, la température de la surface des mers et de la terre ainsi que leur couleur, avec
un haut niveau de précision et de fiabilité. Sentinel-3A a été lancé le 16 février 2016 et Sentinel-
3B a rejoint son jumeau en orbite le 25 avril 2018.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
**Sentinel 4 à 6 : ce sont des satellites destinés à fournir des données de suivi sur la
composition de l’atmosphère (les aérosols et les gaz présents), ce qui constitue des indicateurs
clés sur la qualité de l’air.
SPOT
Le système SPOT (Système pour l'observation de la Terre) est une série de satellites
d'observation de la Terre qui ont été conçus et lancés par le Centre National d'Études Spatiales
(CNES) de la France, avec l'aide de la Belgique et de la Suède. SPOT-1 a été lancé en 1986, et
a été suivi d'autres satellites lancés à tous les trois ou quatre ans. Tous les satellites sont en
orbite héliosynchrone polaire à une altitude de 830 km, ce qui produit une répétitivité de 26
jours. Ils croisent l'équateur vers 10h30 heure solaire locale. Conçu dans le but d'acquérir des
données de télédétection à des fins commerciales, SPOT et a été le premier satellite à utiliser la
technologie du balayage à barrettes (parallèle à la trajectoire).
Tous les satellites SPOT ont deux balayeurs multi-bandes HRV (haute résolution visible) à
barrettes, qui peuvent être opérés indépendamment ou simultanément. Chaque HRV peut
capter en mode panchromatique (une seule bande) avec une excellente résolution spatiale de 10
m. Ils peuvent aussi capter en mode multi-bande (MLA) (trois bandes) qui offre une résolution
spatiale de 20 m. Chaque balayeur à barrettes est composé de quatre rangs linéaires de
détecteurs : un de 6 000 éléments pour l'enregistrement en mode panchromatique, et un de 3
000 éléments pour chacune des trois bandes multispectrales. La fauchée pour les deux modes
est de 60 km à partir du nadir. Le tableau suivant décrit les caractéristiques spectrales des deux
modes.
La dernière génération de ces satellites est SPOT-6 et SPOT-7 conçue pour assurer la continuité
de la disponibilité des données. Lancés en 2012 et 2014 respectivement, SPOT-6 et SPOT-7
sont placés sur 694 km d'altitude. Ils possèdent une capacité d’acquisition de 3 millions de km²
par jour, avec les caractéristiques spectrales indiquées ci-dessous.
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Partie 2 : Plates-formes et capteurs
L'angle de dépointage des capteurs peut être ajusté pour regarder des deux côtés de la ligne
nadir. Ceci permet des visées obliques, ce qui augmente la répétitivité des satellites. Cette
capacité de dépointage (jusqu'à 27 degrés à partir du nadir) permet aux satellites SPOT
d'accéder à un couloir d'acquisition de 950 km et permet une répétitivité de plusieurs fois par
semaine. Lorsque le capteur s'éloigne du nadir, la fauchée augmente de 60 à 80 km de large.
En plus d'améliorer la capacité de surveillance d'un site spécifique et d'augmenter les chances
d'acquérir une scène sans nuages, la visée oblique permet aussi l'acquisition de données en
stéréoscopie. Les images d'une même région enregistrées à partir de deux angles différents
peuvent être visionnées et analysées en trois dimensions, une technique indispensable pour
l'interprétation de terrain, la cartographie et les reproductions visuelles de terrain.
Le système SPOT présente plusieurs avantages par rapport aux autres capteurs spatiaux. Sa
limite de résolution fine et le dépointage des capteurs sont les principales raisons de sa
popularité. Les données de trois bandes multispectrales sont utiles pour afficher des images
vraies et fausses couleurs et la bande panchromatique peut être utilisée pour améliorer le détail
des données multispectrales. SPOT est utile pour les applications qui requièrent une excellente
résolution spatiale (comme la cartographie urbaine) et combine également les avantages d'un
coût abordable et de pouvoir acquérir des données satellites au moment idéal. Les images
SPOT trouvent plusieurs applications dans des domaines qui nécessitent des images fréquentes,
tels que la foresterie et l'agriculture. L'acquisition d'images stéréoscopiques a joué un rôle
important pour les applications en cartographie et pour la dérivation d'information
topographique (modèle numérique de terrain - MNT) des données satellitaires.
56
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
ASTER
Terra est considérée comme la première des plateformes multi-instrument formant le Système
d’Observation de la Terre (EOS) de la NASA. Lancée en Décembre 1999, Terra embarque le
capteur Multispectral ASTER (Advanced Spacebone Thermal Emission and Reflection
Radiometer). Ce dernier est le fruit de coopération entre la NASA et le ministère de l’économie,
du commerce et de l’industrie japonais. ASTER enregistre le rayonnement électromagnétique
réfléchis et émis dans 14 bandes, à savoir 3 bandes du VNIR (VIS+PIR) (0.52 à 0.86 µm)
(codées sur 8 bits) ayant une résolution spatiale de 15 m, 6 bandes du SWIR (1.6 à 2.43 µm)
(codées sur 8 bits) avec une résolution spatiale de 30 m, et 5 bandes du TIR (8.125 à 11.65 µm)
(codées sur 12 bits) et ayant une résolution spatiale de 90 m. Cette richesse spectrale a favorisé
l’utilisation du capteur ASTER dans plus domaines des géosciences, surtout en cartographie
géologique et minéralogique.
En Janvier 2009, l’équipe de développent du capteur ASTER ont annoncé aux utilisateurs que
pour les images acquises après d’Avril 2008 et plus, les détecteurs du SWIR ne fonctionnent
plus en raison de l’enregistrement des températures anormalement élevées. Alors, les données
SWIR acquises depuis Avril 2008 ne sont pas exploitables et montrent une saturation des
valeurs et un striping important. Au contraire, les données VNIR et TIR continuent de montrer
une excellente qualité, répondant à toutes les exigences et spécifications de la mission.
57
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les océans recouvrent plus des deux tiers de la surface de la Terre et jouent un rôle important
dans le système climatique de la planète. Ils contiennent aussi une grande variété d'organismes
vivants et de ressources naturelles qui sont sensibles à la pollution et aux autres dangers créés
par les humains. Les satellites et capteurs de météorologie et d'observation de la Terre que nous
avons décrits dans les deux sections précédentes peuvent être utilisés pour la surveillance des
océans, mais il existe d'autres systèmes de satellites et de capteurs qui ont été construits à ces
fins. Nous citons à titre indicatif le satellite MOS.
MOS
Le premier capteur MOS-1 (Marine Observation Satellite) a été lancé en février 1987 par le
Japon, et a été suivi par MOS-1b, en février 1990. Ces satellites portent trois différents capteurs
: un radiomètre multispectral électronique à auto-balayage (MESSR) à quatre bandes, un
radiomètre du visible et de l'infrarouge thermique (VTIR) à quatre bandes, et un radiomètre
micro-ondes à balayage (MSR) à deux bandes. Le tableau suivant décrit les deux capteurs du
visible/infrarouge.
58
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
Les bandes du MESSR ont un domaine spectral semblable au capteur MSS de Landsat; elles
sont donc utiles pour les applications terrestres en plus des observations marines. Les systèmes
MOS sont en orbite autour de la Terre à une altitude de 900 km et ont une répétitivité de 17
jours.
Les données acquises par un capteur aéroporté peuvent être recueillies une fois que l'avion est
de retour au sol. Elles peuvent ensuite être traitées et, finalement, remises à l'utilisateur. Par
contre, les données acquises par un satellite doivent être transmises électroniquement à une
station de réception sur Terre, car le satellite demeure en orbite pour plusieurs années. Les
méthodes de transmission développées pour les satellites peuvent aussi être utilisées dans le
cas d'un avion s'il y a un besoin urgent des données au sol.
59
Partie 2 : Plates-formes et capteurs
A : Les données peuvent être transmises directement à une station de réception sur Terre, si le
satellite se situe dans le cercle de réception de la station.
B : Si le satellite n'est pas dans le cercle de réception d'une station, les données peuvent être
stockées par un enregistreur à bord du satellite.
C : Les données peuvent être aussi retransmises à la station de réception par des satellites de
communication qui sont en orbite géostationnaire autour de la Terre. Les données sont
transmises de satellite à satellite jusqu'à ce qu'on puisse les retransmettre à la station.
Les données brutes parviennent à la station de réception sous forme numérique. Elles sont
alors traitées pour corriger les distorsions atmosphériques, géométriques, et systématiques
lorsque nécessaire. Elles sont ensuite converties dans un format standard et sont sauvegardées
et stockées. La plupart des stations de réception et de traitement conservent aussi en archives
les données qu'elles acquièrent. Les agences gouvernementales et les entreprises privées
prennent charge des archives de leurs capteurs respectifs.
Pour plusieurs capteurs, il est possible de fournir rapidement des images aux clients qui en ont
un urgent besoin. Des systèmes de traitement en temps réel permettent de produire des images
à faible résolution (sur papier ou numérique) au cours des quelques heures suivant l'acquisition.
Ces images peuvent être retransmises aux clients par télécopieur ou en format numérique. Ce
traitement rapide des données est utilisé pour fournir des images aux navires parcourant l'océan
Arctique : les images facilitent la navigation dans les champs de glace car elles permettent aux
pilotes des navires d'évaluer les conditions de la glace. Le traitement d'images en temps réel
pour des capteurs aériens est utilisé pour envoyer des images infrarouges thermiques
directement aux pompiers qui combattent un feu de forêt.
Les images à faible résolution "quick-look" sont utilisées pour vérifier les images archivées
avant de les acheter. Bien que la qualité spatiale et radiométrique de ce type de produits soit
inférieure, ils n'en demeurent pas moins utiles pour s'assurer que la qualité, la composition, et
la couverture nuageuse sont acceptables.
60
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
3.1. Introduction
Pour tirer davantage des données de télédétection, il faut être en mesure d'extraire de
l'information significative à partir des images. C'est le sujet discuté dans la présente Partie :
la sixième étape du processus de télédétection défini dans la Partie 1. L'interprétation et
l'analyse de l'imagerie de télédétection ont pour but d'identifier et de mesurer différentes cibles
dans une image pour pouvoir en extraire l'information utile. En télédétection, une cible est
définie comme étant toute structure ou objet observable dans une image.
• Les cibles peuvent être des points, des lignes ou des surfaces. Elles peuvent donc
présenter des formes variées : un autobus dans un stationnement, un avion sur une
piste, un pont, une route, un grand champ ou une étendue de l’eau.
• La cible doit être distinctive, c-à-d qu'elle doit contraster avec les structures
avoisinantes.
61
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
nombre représentant le niveau d'intensité du pixel. Dans ce cas, les données sont en format
numérique. L'interprétation visuelle peut aussi être faite en examinant l'imagerie numérique
sur un écran d'ordinateur. Les imageries analogique et numérique peuvent toutes deux être
représentées en noir et blanc (images monochromatiques) ou en composés couleurs en
combinant différents canaux ou bandes représentant différentes longueurs d'onde.
En général, l'interprétation visuelle requiert peu ou pas d'équipement, tandis que l'analyse
numérique requiert de l'équipement spécialisé et parfois dispendieux. L'interprétation visuelle
est souvent limitée à une seule bande ou une seule image à la fois, en raison de la difficulté
d'effectuer une interprétation visuelle avec plusieurs images. Les ordinateurs étant en mesure
de traiter des images plus complexes, l'analyse numérique peut s'effectuer à partir de données
provenant de plusieurs bandes. Dans cette optique, les manipulations numériques sont utiles
pour l'analyse simultanée de plusieurs bandes spectrales et des banques de données plus
rapidement qu'un interprète humain. L'interprétation humaine est un procédé subjectif, ce qui
veut dire que les résultats peuvent varier d'un interprète à l'autre. L'analyse numérique,
puisqu'elle est basée sur la manipulation de nombres par un ordinateur est plus objective, ce
qui donne des résultats reproductibles. Cependant, la précision des résultats provenant de
traitements numériques doit être validée par les analystes et les observations sur terrain.
62
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Qu'est-ce qui fait de l'interprétation de l'imagerie une tâche plus difficile que l'interprétation de
ce qui nous entoure dans notre quotidien ? D'abord, nous perdons notre sens de la perspective
en regardant une image en deux dimensions, à moins de la regarder en stéréoscopie pour simuler
une troisième dimension (cas des MNEs). À vol d'oiseau, les objets peuvent avoir une apparence
très différente de celle à laquelle nous sommes habitués. La combinaison d'une perspective
inhabituelle, d'une échelle très différente et du peu de détails fait que les objets les plus familiers
sont parfois méconnaissables sur une image. Enfin, comme nous avons l'habitude de ne voir
que les longueurs d'onde de la zone visible du spectre électromagnétique, il demeure plus
difficile de comprendre l'imagerie des longueurs d'onde des autres zones du spectre.
Le ton réfère à la clarté relative ou la couleur (teinte) des objets dans une image. Généralement,
la nuance de ton est l'élément fondamental pour différencier les cibles et les structures. Les
variations de ton permettent aussi la différenciation des formes, textures et patrons des objets.
63
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
La forme réfère à l'allure générale, la structure ou le contour des objets pris individuellement.
Elle peut être un indice très important pour l'interprétation. Les formes aux bordures rectilignes
se retrouvent généralement dans les régions urbaines ou sont des champs agricoles, alors que
les structures naturelles, telles que les bordures des forêts, sont généralement plus irrégulières,
sauf dans les endroits où l'homme a construit une route par exemple. Les fermes où les champs
de culture irrigués par des systèmes d'arrosage automatiques présentent des formes circulaires.
La taille d'un objet sur une image est fonction de l'échelle. Il est important d'évaluer la taille
d'une cible par rapport aux autres objets dans une scène (taille relative ou approximative), afin
d'aider l'interprétation de cette cible. Par exemple, dans une image où l'on aurait à distinguer
différentes zones d'utilisation du sol et à identifier une aire comportant des bâtiments, les
grosses structures telles que les usines ou les entrepôts suggéreraient des propriétés
commerciales, tandis que de plus petits éléments suggéreraient des lieux résidentiels.
64
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Le patron réfère à l'agencement spatial des objets visiblement discernables. Une répétition
ordonnée de tons similaires et de textures produit un patron distinctif et facilement
reconnaissable. Les vergers avec leurs arbres régulièrement disposés, ou les rues régulièrement
bordées de maisons sont de bons exemples de patrons.
La texture réfère à l'arrangement et à la fréquence des variations de teintes dans des régions
particulières d'une image. Des textures rugueuses consisteraient en des tons en rayures où les
niveaux de gris changent brusquement dans une petite région, alors que les textures lisses
auraient peu ou pas de variations de tons. Les textures lisses sont souvent le résultat de
surfaces uniformes telles que des champs, du sol ou des terrains gazonnés. Une cible avec une
surface rugueuse et une structure irrégulière, telle qu'une forêt (une apparence rugueuse). A
noter que la texture est l'un des éléments les plus importants pour différencier les structures sur
une image radar.
65
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Les ombres sont aussi utiles pour l'interprétation puisqu'elles donnent une idée du profil et de
la hauteur relative des cibles dans une image. Les ombres peuvent cependant réduire, voire
éliminer l'interprétation dans leur entourage, puisque les cibles situées dans les ombres sont
moins ou pas du tout discernables. En imagerie radar, les ombres sont particulièrement utiles
pour rehausser ou identifier la topographie et les formes géologiques.
L'association tient compte de la relation entre la cible d'intérêt et d'autres objets ou structures
reconnaissables qui sont à proximité. L'identification d'éléments qu'on s'attend normalement à
retrouver à proximité d'autres structures peut donner de l'information facilitant l'identification.
A titre d’exemple, les propriétés commerciales peuvent être associées avec les routes à
proximité, alors que les aires résidentielles seraient associées avec les écoles, les terrains de
jeux et de sports. Dans l’exemple en bas, un lac est associé à des bateaux, à un parc récréatif
(de loisirs) ou à des cafés.
66
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
3.3.1. Prétraitement
On appelle fonctions de prétraitement les opérations qui sont normalement requises avant
l'analyse principale et l'extraction de l'information. Les opérations de prétraitement se divisent
en corrections radiométriques, corrections atmosphériques et corrections géométriques.
Les corrections radiométriques comprennent entre autres, la correction des données à cause des
irrégularités et le bruit causés par le capteur, ainsi que la conversion des valeurs numériques
(présentes dans chaque pixel) en radiance. Les corrections atmosphériques ciblent les erreurs
dues à l'atmosphère et la conversion des données en réflectance (rayonnement réfléchi) ou
émittance (rayonnement émis) mesuré par le capteur. Les corrections géométriques
comprennent la correction des distorsions géométriques dues aux variations de la géométrie
Terre-capteur, les erreurs dues aux reliefs et la définition des données dans système de
coordonnées (géoréférencement). Chacune de ces erreurs variera selon le capteur et la
plateforme utilisés, et selon les conditions d'acquisition des données.
a- Corrections radiométriques
Le bruit dans une image peut être causé par des irrégularités ou des erreurs dans la réponse du
capteur, ou par la transmission et l'enregistrement des données. Les formes les plus communes
de bruits sont les rayures (verticales ou horizontales) et les lignes manquantes. A titre
d’exemple, les rayures causent une représentation différente de la même intensité et produisent
sur l'image un effet de rayure.
67
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
b- Corrections atmosphériques
68
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
c- Corrections géométriques
Toutes les imageries de télédétection sont sujettes à des distorsions géométriques. Ces
distorsions peuvent être dues à différents facteurs, notamment la perspective des capteurs
optiques, le mouvement du système de balayage, le mouvement de la plate-forme, l'altitude,
l'orientation et la vitesse de la plate-forme, le relief du terrain, ainsi que la courbure et la rotation
de la Terre. Les corrections géométriques sont appliquées pour compenser ces distorsions afin
que la représentation géométrique de l'imagerie soit aussi proche que possible de la réalité.
Plusieurs de ces variations sont systématiques ou prévisibles, et on peut en tenir compte par une
modélisation précise du mouvement de la plateforme et du capteur, et par la relation
géométrique entre la plate-forme et la Terre. D'autres erreurs non systématiques, ou
aléatoires,ne peuvent pas être modélisées de cette manière et on doit effectuer la correspondance
géométrique de l'imagerie à un système connu de coordonnées au sol (géoréférencement).
69
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Pour effectuer une correction géométrique de l'image originale, on applique un procédé appelé
rééchantillonnage afin de déterminer la valeur numérique à placer dans la nouvelle localisation
70
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
L'interpolation bilinéaire prend une moyenne pondérée par la distance des quatre pixels de
l'image originale les plus près du nouveau pixel. Le procédé de moyenne altère la valeur
originale des pixels et crée une valeur complètement nouvelle sur l'image finale. Ceci peut être
nuisible si d'autres procédés, tels que la classification basée sur la réponse spectrale, doivent
être faits. Dans ce cas, il peut être préférable d'appliquer le rééchantillonnage après le processus
de classification.
En d’autre côté, le processus de convolution cubique va encore plus loin et calcule la moyenne
pondérée par la distance sur un bloc de seize pixels à partir de l'image originale entourant la
localisation du nouveau pixel de sortie. Comme pour l'interpolation bilinéaire, cette méthode
résulte en de nouvelles valeurs de pixels. Cependant, ces deux méthodes produisent des images
à l'apparence plus douce, contrairement à la méthode du plus proche voisin.
71
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
3.3.2. Traitement
Comme déjà cité auparavant, les données de télédétection sont enregistrées en format
numérique. Presque toutes les interprétations et analyses d'images requièrent une partie de
traitement numérique. Ce dernier peut recourir à divers procédés tels que la correction des
données, le rehaussement numérique pour faciliter l'interprétation visuelle ou même la
classification automatique (par ordinateur) des cibles dans les images. Plusieurs logiciels
commerciaux ont été développés spécifiquement pour le traitement et l'analyse des images de
télédétection. Pour les besoins de ce cours, nous regrouperons les fonctions de traitement des
images communément disponibles en analyse d'images en trois catégories :
Les fonctions de rehaussement ont pour but d'améliorer l'apparence de l'imagerie pour aider
l'interprétation et l'analyse visuelles. Ces fonctions permettent l'étirement des contrastes pour
augmenter la distinction des tons entre les différents éléments d'une scène, et le filtrage spatial
pour rehausser (ou éliminer) les patrons spatiaux spécifiques sur une image.
72
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Les opérations de classification et d'analyse d'image sont utilisées pour identifier et classifier
numériquement des pixels sur une image. La classification est habituellement faite sur des
banques de données multispectrales (A), et ce procédé donne à chaque pixel d'une image une
certaine classe ou thème (B) basé sur les caractéristiques statistiques de la valeur de l'intensité
du pixel. Il existe une variété d'approches prises pour faire une classification numérique. Nous
allons brièvement décrire deux approches générales qui sont souvent utilisées, soit la
classification supervisée et la classification non supervisée.
Les systèmes de télédétection, et spécialement ceux qui utilisent une plate-forme spatiale,
doivent être conçus de façon à pouvoir traiter les différents niveaux d'énergie propres aux cibles
et à leur environnement, susceptibles d'être rencontrés dans une utilisation normale. Cette
variation importante dans la réponse spectrale des différents types de cibles (ex. : forêt, désert,
neige, eau, etc.) rend impossible l'application d'une correction radiométrique générale capable
d'optimiser le contraste et les niveaux d'intensité dans chacune des conditions. Il faut donc faire
un ajustement différent des tons en fonction de l'utilisation et de l'état de chacune des images.
Dans une image brute, les informations utiles sont souvent contenues dans un ensemble
restreint de valeurs numériques parmi les valeurs possibles (256 dans le cas de données à 8
bits). Le rehaussement des contrastes se fait en changeant les valeurs initiales de façon à
utiliser toutes les valeurs possibles, ce qui permet d'augmenter le contraste entre les cibles et
leur environnement. Pour bien comprendre comment fonctionne ce type de rehaussement, il
faut premièrement comprendre le concept de l'histogramme d'une image. Un histogramme est
une représentation graphique des valeurs numériques d'intensité qui composent une image. Ces
valeurs (de 0 à 255 pour des données à 8 bits) apparaissent le long de l'axe des x du graphique.
La fréquence d'occurrence de chacune de ces valeurs est présentée le long de l'axe des y.
73
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
En manipulant la distribution des niveaux d'intensité (appelés aussi les tons de gris) dans
l'histogramme, il est possible de produire différents types de rehaussement. Il existe plusieurs
méthodes qui permettent de rehausser le contraste et les détails d'une image. Nous n'en décrirons
que quelques-unes. La méthode la plus simple est un rehaussement linéaire du contraste : afin
d'appliquer cette méthode, on identifie les limites supérieures et inférieures d'intensité
représentées sur l'histogramme (les valeurs minimales et maximales), et à l'aide d'une
transformation linéaire, on étire ces valeurs sur l'ensemble des valeurs disponibles. Dans notre
exemple, la valeur minimale des données initiales dans l'histogramme est de 84 et la valeur
maximale est de 153. Ces 70 niveaux n'occupent qu'une partie des 256 valeurs disponibles. Un
rehaussement linéaire étire de façon uniforme cet intervalle afin d'utiliser la totalité des valeurs
de 0 à 255. Ce procédé rehausse le contraste dans l'image en pâlissant davantage les régions
claires de l'image et en assombrissant davantage les régions plus foncées, ce qui facilite
l'interprétation visuelle. La figure suivante montre l'augmentation du contraste dans une image
avant (image de gauche) et après (image de droite) un rehaussement linéaire.
74
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Les filtres spatiaux représentent une autre méthode de traitement numérique utilisée pour le
rehaussement d'une image. Ces filtres sont conçus de façon à faire ressortir ou à supprimer des
caractéristiques spécifiques d'une image en se basant sur leur fréquence spatiale. Cette dernière
fait référence à la fréquence de variation des différents tons qui apparaissent dans une image.
Les régions d'une image où la texture est "rugueuse" sont les régions où les changements dans
les tons sont abrupts ; ces régions ont une fréquence spatiale élevée. Les régions "lisses" ont
une variation des tons qui est plus graduelle sur plusieurs pixels ; ces régions ont une fréquence
spatiale faible. La méthode de filtrage spatial consiste à déplacer une "fenêtre" d'une dimension
de quelques pixels (ex. : 3 sur 3, 5 sur 5, etc.) au-dessus de chaque pixel de l'image. On applique
alors un traitement mathématique utilisant les valeurs des pixels sous la fenêtre et on remplace
la valeur du pixel central par le résultat obtenu. La fenêtre est déplacée le long des colonnes et
des lignes de l'image, répétant le calcul jusqu'à ce que l'image entière soit filtrée. En modifiant
le calcul effectué à l'intérieur de la fenêtre, il est possible de contrôler le rehaussement et par
conséquent le résultat du filtrage.
Un filtre passe-bas est conçu afin de mettre en évidence les régions assez grandes et
homogènes ayant des pixels d'intensité similaire. Ce filtre réduit les plus petits détails d'une
image : il est donc utilisé pour lisser une image. Les filtres moyenneur et médian, souvent
utilisés avec les images radars. Les filtres passe-haut font le contraire : ils sont utilisés pour
raviver les petits détails d'une image. Les filtres directionnels ou les filtres détectant les contours
sont utilisés pour rehausser les caractéristiques linéaires d'une image comme les routes ou les
limites des champs. Ces filtres peuvent aussi être conçus pour rehausser des caractéristiques
ayant une certaine orientation dans l'image. Ils ont de nombreuses applications en géologie
notamment la détection de structures géologiques linéaires.
75
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
76
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
La division d'image ou le calcul de rapports spectraux est aussi une transformation d'images
très commune. La division d'image (en se basant sur deux ou plusieurs bandes différentes)
permet de rehausser des variations subtiles dans la réponse spectrale de différents types de
surface. Ceci pourrait autrement être masqué dans le cas de l’utilisation des bandes brutes.
L'exemple qui suit illustre le concept des rapports spectraux : la végétation réfléchit fortement
dans le proche infrarouge lorsqu'elle est en santé et absorbe fortement dans la portion du spectre
électromagnétique du rouge. Les autres types de surface comme la terre et l'eau ont des
réflexivités presque égales dans ces deux zones du spectre. Par conséquent, un calcul du rapport
spectral incluant la bande 5 (proche infrarouge : 0.851 à 0.879 µm) divisée par la bande 4
(rouge : 0.636 à 0.673 µm) des données de Landsat 8 OLI aurait des valeurs proches de 1 pour
les pixels de la végétation et des valeurs très faibles pour les pixels du sol et de l'eau. Il est donc
facile de faire la différence entre la végétation et les autres types de surface en utilisant cette
transformation. Cette dernière nous permet aussi d'identifier des régions où la végétation subit
un stress (n’est pas en bonne santé), car ces régions auront une réflectance plus basse dans le
proche infrarouge, et le rapport spectral est plus faible que celui des régions où la végétation
est en bonne santé.
77
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Des rapports plus complexes entre des sommes et des différences de bandes spectrales ont été
développés pour différents capteurs afin de surveiller les conditions de la végétation. Une
transformation très utilisée pour surveiller l'état de la végétation à l'échelle mondiale est l'indice
de végétation par différence normalisée (Normalized Difference Vegetation Index NDVI= PIR-
R/PIR+R).
Souvent, les données images présentent une corrélation très élevée en contenant de
l'information similaire. Par exemple, les images associées aux bandes 3 et 4 de Landsat 8 (vert
et rouge respectivement) produisent des images d'apparence visuelle très semblable étant donné
que la réflectance pour le même type de surface est presque identique. Des transformations
d'images basées sur des traitements statistiques complexes des données peuvent être utilisées
pour réduire la redondance des données et la corrélation entre les bandes.
78
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
plus simple et plus efficace que l'utilisation des sept bandes initiales. L'ACP ou d'autres types
de transformations peut être utilisée comme technique de rehaussement visuel pour faciliter
l'interprétation ou pour réduire le nombre de bandes qui seront fournies comme données d'entrée
à une procédure de classification numérique.
Dans le but de classer les caractéristiques d'une image, un analyste utilise les éléments de
l'interprétation visuelle pour identifier des groupes homogènes de pixels qui représentent des
classes intéressantes dans la zone d’étude. La classification numérique des images utilise
l'information spectrale contenue dans les valeurs d'une ou de plusieurs bandes spectrales pour
classifier chaque pixel individuellement. Ce type de classification est appelé reconnaissance de
regroupements spectraux. Les deux façons de procéder (manuelle ou automatique) ont pour
but d'assigner une classe particulière ou thème (par exemple : eau, végétation, types de roches
bâti, etc.) à chacun des pixels d'une image. La "nouvelle" image qui représente la classification
est composée d'une mosaïque de pixels qui appartiennent chacun à un thème particulier. Cette
image est essentiellement une représentation thématique de l'image originale.
79
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Lorsqu'on parle de classes, il faut faire la distinction entre des classes d'information et des
classes spectrales. Les classes d'information sont des catégories d'intérêt que l'analyste tente
d'identifier dans les images, comme différents types de cultures, de forêts ou d'espèce d'arbres,
différents types de caractéristiques géologiques ou de roches, etc. Les classes spectrales sont
des groupes de pixels qui ont les mêmes caractéristiques dans les différentes bandes spectrales
de l’image utilisée. L'objectif ultime de la classification est de faire la correspondance entre les
classes spectrales et les classes d'information.
D'un autre côté, une classe d'information très large (par exemple la forêt) peut contenir plusieurs
sous-classes spectrales avec des variations spectrales définies. En utilisant l'exemple de la forêt,
les sous-classes spectrales peuvent être causées par des variations dans l'âge, l'espèce, la densité
des arbres, etc. L'analyste a le rôle de déterminer l'utilité des différentes classes spectrales et de
valider leur correspondance à des classes d'informations utiles.
Les méthodes de classification les plus communes peuvent être séparées en deux grandes
catégories : les méthodes de classification supervisée et les méthodes de classification non
supervisée.
80
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
La classification non supervisée procède de la façon contraire. Les classes spectrales sont
formées en premier, basées sur l'information numérique des données seulement. Ces classes
sont ensuite associées, par un analyste, à des classes d'information utile (si possible). Des
programmes de classification spécifiques sont utilisés pour déterminer les groupes statistiques
naturels ou les structures des données sans intervention de l’analyste. Habituellement, ce
dernier spécifie juste le nombre de groupes ou classes qui seront formés avec les données. En
outre, l'analyste peut spécifier certains paramètres relatifs à la distance entre les classes et la
variance à l'intérieur même d'une classe. Le résultat final de ce processus de classification
itératif peut créer des classes que l'analyste voudra combiner, ou des classes qui devraient être
séparées de nouveau. Chacune de ces étapes nécessite une nouvelle application de l'algorithme.
L'intervention humaine n'est donc pas totalement exempte de la classification non supervisée.
81
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Dans les premières années de la télédétection, quand toutes les données provenaient de
photographies aériennes, la possibilité d'intégrer des données de différentes sources était plutôt
limitée. Aujourd'hui, la plupart des données, provenant de divers capteurs sont disponibles en
format numérique, ce qui fait de l'intégration des données une méthode commune pour
l'interprétation et l'analyse. L'intégration des données est une méthode qui implique la
combinaison de données provenant de différentes sources afin d'en extraire une plus grande
quantité et une meilleure qualité d'information. Les données combinées peuvent inclure des
données multi-temporelles, des données de plusieurs résolutions, des données de plusieurs
capteurs et des données de plusieurs types.
82
Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Les données provenant de plusieurs capteurs peuvent aussi être combinées, ce qui nous amène
à introduire le concept de la fusion de données multi-capteurs. L'intégration de données
provenant de différents capteurs exige que les données soient géométriquement liées entre elles
ou à des coordonnées géographiques communes. Les MNEs peuvent aider à corriger les effets
causés par la topographie et par les variations dans la pente du terrain, ce qui peut augmenter la
précision de la classification résultante. Les MNEs sont aussi utiles pour produire des images
avec une perspective en trois dimensions. L'image obtenue par télédétection est alors
superposée aux données d'élévation, ce qui augmente la capacité de visualisation de l'image.
Les images acquises à des heures différentes (multi-temporelles) sont intégrées ensemble afin
d'identifier les zones de changement. La détection de changements multi-temporels peut être
effectuée à l'aide de méthodes simples ou avec des approches plus complexes comme des
comparaisons de classifications multiples. L'intégration de données à plusieurs résolutions est
utile aussi dans plusieurs champs d'activités : la combinaison de données à plus haute résolution
avec des données à résolution plus faible peut augmenter de façon significative le nombre de
détails spatiaux dans une image en rehaussant certaines caractéristiques.
Par exemple, les données Landsat 8 et 9 se prêtent bien à une telle méthode, puisque la bande
panchromatique à 15 mètres peut être combinée avec des données à 30 mètres. De plus, dans
ce cas, les données multispectrales retiennent une bonne résolution spectrale, tandis que les
données panchromatiques permettent d'augmenter la résolution spatiale de l'image. En résumé,
l'analyse de diverses sources de données combinées permet d'en extraire de meilleures et plus
précises informations. Dans la suite, on va voir des exemples d'application de la télédétection
en géosciences, dont plusieurs de ces exemples font usage de l'intégration de données de
plusieurs sources.
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Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
Comme nous l'avons vu dans les sections précédentes, chaque capteur est conçu pour des
applications spécifiques. Les bandes spectrales acquises par un capteur optique déterminent les
applications pour lesquelles il sera utile.
a- Agriculture
L'agriculture joue un rôle primordial dans l'économie des pays développés et en voie de
développement. Les images satellitaires et aériennes servent à classifier les types des cultures,
à l'assurance de la santé et de la viabilité des productions et à la surveillance des mesures
d'intervention. Parmi les applications de la télédétection à l'agriculture on cite entre autres :
b- Foresterie
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Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
échanges de CO2 sur la Terre. En combinant la télédétection avec d’autres sources, les agences
nationales forestières ou environnementales poursuivent des objectifs tels que la mise à jour du
couvert forestier, la surveillance de la diminution des ressources, la discrimination du type de
couvert forestier, cartographie agro forestière, etc. En plus, Les gestionnaires de conservation
sont préoccupées par la surveillance de la qualité, de la santé et de la diversité des forêts en
analysant :
• La déforestation ;
• Les feux de forêt ;
• Inventaire des espèces ;
• Protection des bassins versants ;
• Santé et vigueur des forêts.
c- Géologie
La géologie englobe l’étude des formes de terrain, des structures, des ressources naturelles,
ainsi que tout phénomène lié à la Terre. La télédétection est un outil qui permet l'extraction
d'information sur la structure et la composition de cette surface. Elle est souvent combinée à
d'autres sources de données pour des mesures complémentaires. La télédétection n'est pas
limitée aux applications géologiques directes ; elle est aussi utilisée dans la planification et la
logistique, comme la planification de routes d'accès dans une région minière, la surveillance de
projet de réclamation, et dans la création de cartes de base sur lesquelles les données
géologiques peuvent être superposées.
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Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
d- Hydrologie
L'hydrologie est l'étude de l'eau sur la Terre, soit celle qui coule à la surface, celle gelée sous
forme de glace ou de neige, ou bien celle emprisonnée dans le sol. L'hydrologie est
naturellement liée à plusieurs autres applications de la télédétection, particulièrement à la
foresterie, à l'agriculture et à l'utilisation du sol (parce que l'eau est une composante importante
dans chacun de ces domaines). La télédétection offre un aperçu synoptique de la distribution
spatiale et de la dynamique des processus hydrologiques, qui n'est généralement pas disponible
avec les relevés terrestres. Parmi les applications de la télédétection en hydrologie :
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Partie 3 : Analyse et interprétation d’image
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