Amélioration des petits ruminants au Mali
Amélioration des petits ruminants au Mali
1Institut
Affiliations des International de Recherche en Elevage (ILRI), Ouagadougou, Burkina Faso
2Institut
auteurs International de Recherché en Elevage (ILRI), Bamako, Mali
3Association Malienne d’Eveil au Développement Durable (AMEDD), Koutiala, Mali
Juin 2020
[Link]
Le programme de Recherche sur l’Intensification Durable pour la Génération Future de
l’Afrique (Africa RISING) comprend trois projets de recherche en développement soutenus
par L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) dans le cadre de
l'initiative ‘Feed the Future’ du gouvernement américain.
Les trois projets régionaux sont dirigés par Institut International d’Agriculture Tropicale (en
Afrique de l'Ouest, de l’Est et Australe) et Institut International de Recherche sur l’Elevage
(dans la zone des hauts-plateaux en Ethiopie). L'Institut International de Recherche sur les
Politiques Alimentaires (IFPRI) dirige le suivi, l’évaluation et l’évaluation d’impact du
programme.
L’Africa RISING apprécie le soutien du peuple américain grâce à l'initiative ‘Feed the Future’
de l'USAID. Nous remercions également les paysans et les partenaires locaux de tous les
sites pour leurs contributions au programme.
© 2020
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ii
Résumé
Les petits ruminants font partie intégrante des systèmes mixtes de culture et d'élevage au
Mali et ils jouent un grand rôle dans la sécurité alimentaire des ménages comme source de
viande et de lait, et de moyens de revenus supplémentaires pour répondre aux besoins
alimentaires et financiers des ménages. En outre, les petits ruminants produisent également
du fumier qui est une source inestimable de matière organique pour améliorer la fertilité
des sols. Cependant, la production de petits ruminants au Mali est confrontée à la mauvaise
production des animaux à cause des maladies et d’une alimentation inadéquate.
L’insuffisance des intrants alloués à la production des ovins et des caprins par les petits
exploitants entraîne une vaccination insuffisante et un traitement irrégulier des animaux
contre les maladies. Par ailleurs, l’alimentation complémentaire n’est que ponctuelle. La
combinaison des interventions en matière de santé et d’alimentation animale peut conduire
à de meilleurs résultats par rapport à une seule technologie.
Sur la base de notre expérience et des résultats prometteurs des interventions sanito-
alimentaires pour l'amélioration de la production de petits ruminants au Ghana dans le
cadre du projet Africa RISING, une étude pilote a été lancée au Mali impliquant des
interventions combinées en matière d'alimentation et de santé dans deux communautés, à
savoir Sirakele et Zanzoni dans le Cercle de Koutiala au sud du Mali. L'objectif de cette étude
était d'évaluer les effets des interventions combinées en matière d'alimentation et de santé
sur la production de petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage au
sud du Mali. Le village de Zanzoni a servi de témoin tandis que Sirakele a bénéficié d'une
intervention sanito-alimentaire. Vingt ménages ont été sélectionnés aléatoirement dans
chaque communauté pour une étude d'une durée d'un an allant d'août 2016 à août 2017.
Les résultats de l'étude ont montré que la taille moyenne du troupeau de moutons et de
chèvres du groupe ayant bénéficié de l’intervention sanito-alimentaire a doublé en un an
(août 2016 - Moutons : 5,30±0,81 ; Chèvres: 6,75±1,24 ; juillet 2017 - Moutons: 11,90±1,56;
Chèvres: 12,70±2,04) alors que la taille moyenne du troupeau du groupe de contrôle
(Zanzoni) est restée pratiquement la même au cours de la même période. Le nombre moyen
de naissances par ménage était respectivement de 5,72±2,10 et 15,20±3,41 pour les groupes
de contrôle et d’intervention. Le taux de mortalité était significativement plus faible à
Sirakele avec l'intervention par rapport au site témoin. Les résultats sur l'évolution du poids
ont montré que les chèvres et les moutons traités ont gagné entre 42,98±3,28 et 47,12±2,73
g/jour, contre 22,59±2,29 et 16,58±2,74 g/jour pour les troupeaux du groupe de contrôle.
Une quantité nettement plus importante de fumier a été prélevée sur les animaux soumis à
l'intervention sanito-alimentaire que sur ceux soumis au contrôle. Une analyse partielle des
coûts et des bénéfices a montré un rendement net annuel de 95 349 ± 25 388 FCFA par
ménage pour le groupe d'intervention à Sirakele, contre 88 575 ± 8 693 FCFA par ménage
pour le groupe de contrôle à Zanzoni. Les résultats confirment que l'intervention en matière
d'alimentation et de santé entraîne une amélioration significative et rentable de la
production de petits ruminants.
1
Introduction
Les petits ruminants font partie intégrante des systèmes mixtes de culture et d'élevage au
Mali et jouent un grand rôle dans la sécurité alimentaire des ménages comme source de
viande et de lait, et comme moyens de revenus supplémentaires pour répondre aux besoins
alimentaires et financiers (Wilson, 1986 ; Ba et al., 1996). Dans le Sahel occidental, la
majorité des agriculteurs élèvent des petits ruminants comme source immédiate de revenus
pour pallier les situations d'urgence et atténuer les moments de mauvaises récoltes (Wilson,
1991). En outre, les petits ruminants produisent également du fumier qui est une source
inestimable de matière organique pour améliorer la fertilité des sols. Le court intervalle de
temps entre les différentes générations des petits ruminants par rapport à ceux des bovins
permet une croissance rapide en peu de temps si les conditions nutritionnelles et
vétérinaires sont adéquates. Les petits ruminants semblent mieux résister à la sécheresse
par rapport aux bovins (Lebbie, 2004). Par exemple, Wilson (1991) a rapporté que lors de la
sécheresse du début des années 1980 au Sahel, les pertes de bovins ont été de plus de 80 %
alors que celles des petits ruminants n'ont pas dépassé 50 % des troupeaux.
Compte tenu du potentiel de croissance rapide des troupeaux et de la fonction variée que
remplissent les petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage, ils
pourraient être un moyen d'améliorer la sécurité alimentaire des ménages et de réduire la
pauvreté chez les petits exploitants agricoles. Cependant, la production de petits ruminants
au Mali est confrontée aux mauvaises performances des animaux dues en grande partie à
une nutrition inadéquate et aux maladies (Wilson, 1986 ; Ba et al., 1996). L’insuffisance des
intrants utilisés par les petits exploitants pour la production des ovins et de caprins fait que
leurs animaux sont rarement vaccinés ou traités régulièrement contre les maladies (Ba et al.,
1996) et l'alimentation complémentaire est souvent ponctuelle (Ayantunde et al., 2014). De
ce fait, le taux de mortalité chez les petits ruminants est très élevé au Mali (Ba et al, 1996)
ainsi que dans d’autres pays Sahéliens. La vaccination des petits ruminants contre les
maladies telles que la Pasteurellose et la Peste des Petits Ruminants (PPR), et
l’administration des vermifuges peuvent être un bon moyen pour réduire la mortalité. En
plus des soins sanitaires, une alimentation stratégique des petits ruminants est également
essentielle pour améliorer leurs performances (Ben Salem et Smith, 2008 ; Nantoume et al.,
2011 ; Konlan et al., 2017). La combinaison des interventions en matière de santé et
d'alimentation animale permettra d'obtenir de meilleures performances des animaux par
rapport à une seule technologie. Sur la base de notre expérience et des résultats
prometteurs des interventions en matière d'alimentation et de santé pour l'amélioration de
la production de petits ruminants au Ghana dans le cadre du projet Africa RISING (Avornyo
et al., 2015 ; Konlan et al., 2017), une étude pilote a été lancée au Mali impliquant des
interventions combinées en matière d'alimentation et de santé dans deux communautés
d'intervention d’Africa RISING dans le district de Koutiala au sud du Mali.
L'hypothèse sous-jacente de cette étude est que les combinaisons de pratiques de gestion
améliorées se traduiront par une productivité animale, un revenu et une sécurité
alimentaire des ménages plus élevés que les technologies uniques. Dans cette étude, les
interventions se concentrent principalement sur la fourniture de soins de santé et d'une
alimentation complémentaire. L'objectif de l'étude était d'évaluer les effets des
interventions combinées d'alimentation et de santé sur la production de petits ruminants
dans les systèmes de culture et d'élevage mixtes du sud du Mali. Les objectifs spécifiques
étaient les suivants : (1). Évaluer les effets de l'ensemble des mesures d'alimentation et de
santé sur les changements de poids des ovins et des caprins, la dynamique du troupeau
2
(naissance, mort, abattage) et la production de fumier. (2). Quantifier les coûts et les
avantages des mesures d'alimentation et de santé dans la production de petits ruminants.
3
Méthodologie
Présentation des zones d’étude
L’étude a été conduite à Sirakelé (-5.48o long; 12.51o lat) et à Zanzoni (-5.57o long; 12.61o
lat) qui sont des villages du Cercle de Koutiala au sud du Mali. Sirakélé est un village de la
commune rurale de Songoua situé à environ 15 km du nord de Koutiala, tandis que Zanzoni
est situé dans la commune de Fakolo à environ 35 km of Koutiala. Le Cercle de Koutiala est la
zone où il y a la plus grande production de coton au Mali. Les deux communautés étudiées
se trouvent dans une région à forte concentration de petits exploitants agricoles et
d'éleveurs, ce qui implique que le système mixte de culture et d'élevage est le système
agricole dominant. Les deux sites d'étude sont dans un climat soudanien caractérisé par une
alternance de saison sèche et pluvieuse qui dure environ six mois chacune. La saison sèche
se situe normalement entre novembre et avril tandis que la saison des pluies se situe entre
mai et octobre. Les précipitations annuelles varient entre 750 et 1100 mm. La culture et
l'élevage sont les principales sources d'alimentation et de revenus des ménages dans les
zones étudiées. Les ressources alimentaires dans les deux sites d'étude sont similaires,
comme le rapportent Umutoni et al. (2015) dans l'étude sur l'évaluation des ressources
alimentaires dans les Cercles de Koutiala et de Bougoni au sud du Mali. Les principales
ressources alimentaires sont les pâturages naturels, les résidus de culture et les sous-
produits agro-industriels. Le présent rapport est basé sur un suivi d'un an des troupeaux
d'ovins et de caprins appartenant à 40 ménages dans deux communautés entre août 2016 et
août 2017.
Les moutons et les chèvres du groupe de traitement ont été vaccinés contre la
pasteurellose, la PPR et la trypanosomiase. Ils ont également ont reçu des vermifuges et des
soins sanitaires réguliers en cas de maladie, ainsi que des aliments complémentaires (300 g
de tourteaux de coton par animal et par jour) pendant les 12 mois de l'étude. Les tourteaux
de coton ont été utilisés comme supplément dans cette étude car cet aliment était
facilement disponible dans les sites d'étude en raison de la grande culture du coton. La
quantité de tourteaux de coton à donner aux animaux s’appuie sur les résultats d’une étude
similaire réalisée au Ghana. Dans cette étude, chaque animal recevait entre 200 et 300 g de
supplément (Konlan et al., 2017). Cette expérience qui a été conduite dans une ferme, n’a
4
pas permis de prendre en compte l'état physiologique des animaux pour décider de la
quantité de supplément à leur administrer. En effet, il s’avérait difficile d'adapter la quantité
de supplément à l'état physiologique de l'animal dans les conditions rurales. Dans le présent
rapport, l'ensemble des traitements est intitulé "intervention de sanito-alimentaire" (Feed-
health (FH) intervention). Les vaccins produits par le Laboratoire Central Vétérinaire de
Bamako au Mali, appelés "Ovipeste" et "Pastovin", ont été respectivement utilisés pour la
vaccination contre la PPR et la Pasteurellose. Les ovins et les caprins sous intervention de la
FH ont été vaccinés une fois par an contre la PPR à la dose de 1 ml par animal et deux fois
par an contre la Pasteurellose à la dose de 2 ml par animal. Les animaux traités ont
également été vaccinés contre la trypanosomiase avec Verben B12 et Kelamidum. Une
prophylaxie sous forme d'injections d'antibiotiques et de multi-vitamines, ainsi que des
déparasitages ont été administrés aux animaux de traitement. Le produit pour déparasitage
du nom de SYNANTHIC (oxfendazole) a été administré deux fois pendant la durée de l’étude,
soit au début de l'étude en août et à la fin de la saison des pluies en octobre. Les animaux de
traitement ont également reçu des traitements curatifs lorsque cela était nécessaire.
Les troupeaux du groupe témoin n'ont bénéficié d’aucun apport alimentaire ou vétérinaire
du projet. Toutefois, il convient de souligner que les éleveurs du groupe de contrôle ont
soigné quoique de façon irrégulière leurs animaux malades, et leur ont donné des résidus de
culture, comme la paille de sorgho, de coton et des fanes d'arachide après la récolte. Les
animaux du groupe témoin ont souvent été conduits au pâturage en fin de saison sèche.
Dans les deux sites d'étude, la gestion quotidienne des ovins et des caprins consistait à les
conduire dans les pâturages naturels pendant la saison des pluies et leurs donner des
résidus de culture pendant la saison sèche. Les animaux engraissés, les brebis et les chèvres
en lactation et les animaux malades étaient normalement gardés et nourris près des fermes.
Les jeunes animaux (agneaux et chevreaux) n'étaient pas autorisés à paître avant l'âge de 3 à
4 mois. Au retour du pâturage, les animaux bénéficiant d’'intervention sanito-alimentaire
(FH) se voyaient offrir des tourteaux de coton comme supplément, qui était souvent
consommé immédiatement. La nuit, les animaux des deux groupes étaient attachés à des
piquets ou enfermés dans des enclos ou dans des abris autour des fermes. Environ 94 % des
moutons des zones étudiées étaient de la race Djallonke, le reste appartenant à des races
sahéliennes à longues pattes. Les moutons sahéliens à longues pattes étaient principalement
des mâles destinés à l'engraissement. La race caprine était également dominée par les nains
d'Afrique de l'Ouest (environ 96 %), avec quelques races sahéliennes à pattes longues.
5
Image 1. Des béliers engraissés et attachés à la ferme. Crédit photo : Augustine
Ayantunde/ILRI.
6
Image 2. Pesée du fumier. Crédit photo : Augustine Ayantunde/ILRI.
7
complexes (De Boever et al., 1995). La protéine brute a été estimée à partir de la teneur en
azote (azote x 6,25). L'énergie métabolisable (Mcal/kg de MS) a été dérivée de l'IVOMD. Les
échantillons de matières fécales ont été analysés pour la concentration en MS, MO, N et
phosphore (P).
Analyse statistique
L'analyse des données a été réalisée avec le logiciel SAS (SAS, 1987) en utilisant les
procédures Means pour la statique descriptive tandis que le logiciel T-Test a été utilisé pour
comparer les moyennes des événements démographiques (taux de natalité, taux de
mortalité, taux d'abattage, etc.), les gains quotidiens moyens, la quantité de fumier collectée
par ménage et les coûts et avantages entre le groupe témoin et le groupe ayant bénéficié
d'une intervention sanitaire et alimentaire. Sauf indication contraire, le niveau de
signification a été fixé à P < 0,05.
8
Résultats et discussion
Structure et dynamique des troupeaux
La taille moyenne du troupeau par ménage au début de l'étude en août 2016 pour les ovins
était respectivement de 3,90±0,82 et de 5,30±0,81 pour le groupe témoin et le groupe
bénéficiant d'une intervention sanito-alimentaire (tableau 1). Pour les chèvres, la taille
moyenne du troupeau était respectivement de 4,20±0,97 et 6,75±1,24 pour le groupe
témoin et le groupe bénéficiant de l’intervention. Les résultats ont montré que les
troupeaux d'ovins et de caprins étaient dominés par des femelles, quel que soit le
traitement. Au moins 80 % du troupeau ovin était composé de femelles au début de l'étude,
tandis qu'au moins 75 % du troupeau caprin était composé de femelles à la même période.
Ces résultats concordent avec les résultats de Wilson (1986) sur la production de petits
ruminants dans les systèmes agro-pastoraux du Mali central, où il a été rapporté que la
femelle représentait au moins 75% des troupeaux ovins et caprins. En général, le troupeau
est dominé par des femelles pour la reproduction et la croissance du troupeau, alors que les
moutons et les boucs sont souvent vendus pour répondre aux besoins monétaires des
ménages, comme l'ont rapporté Ba et al. (1996) qui ont indiqué que le taux d'abattage des
animaux mâles est souvent élevé par rapport à celui des femelles. La taille moyenne du
troupeau d'ovins et de chèvres par ménage au début de l'étude était inférieure à celle du
troupeau agropastoral d'ovins et de chèvres du Mali central rapporté par Wilson (1986) qui
était respectivement en moyenne de 9,48 et 23,57 pour les ovins et les chèvres. La taille plus
élevée du troupeau agro-pastoral des éleveurs de cultures mixtes dans le sud du Mali est
tout à fait prévisible, car les agriculteurs au sud du Mali sont plus orientés vers la culture que
vers l'élevage, alors que les agro-pasteurs sont des éleveurs par tradition, bien qu'ils se
soient installés pour cultiver (Ayantunde et al., 2011).
Après un an, la taille du troupeau du groupe témoin est restée pratiquement la même qu'au
début de l'étude (Moutons - Mâle 0,65±0,22 ; Femelle : 2,95±0,73 ; Chèvre - Mâle :
1,15±0,33 ; Femelle : 3,45±0,72) alors que la taille du troupeau de moutons et de chèvres
par ménage sous intervention alimentaire et sanitaire a doublé dans la même période
(tableau 1). Le nombre total de troupeaux pour le groupe de traitement est passé de 106
moutons au début de l'étude (août 2016) à 236 à la fin juillet 2017, tandis que le nombre de
chèvres est passé de 135 à 252 (figure 1). Ces résultats montrent que les interventions en
matière d'alimentation et de santé ont entraîné une augmentation significative de la taille
du troupeau d'ovins et de caprins en peu de temps grâce à de meilleures performances de
reproduction et de croissance. Des résultats similaires ont été rapportés par Ba et al. (1996)
au Mali avec l'introduction du seul traitement sanitaire. Konlan et al. (2017) ont également
fait état des avantages synergiques de l'effet combiné de la fourniture d'aliments concentrés
et de soins vétérinaires aux petits ruminants élevés par de petits exploitants agricoles dans
le nord du Ghana. Une tendance similaire d'augmentation significative du nombre de petits
ruminants avec l'alimentation et l'intervention sanitaire a été également signalée par
Avornyo et al. (2015) dans le nord du Ghana.
9
Tableau 1. Composition du troupeau par ménage (moyen ± erreur standard) au début (Aout
2016) et à la fin de l’étude (Juillet 2017) à Zanzoni (site du groupe témoin) et Sirakele
(groupe bénéficiant de l’intervention alimentaire et vétérinaire) au Cercle de Koutiala.
Variable Groupe témoin (n=20) Groupe d’intervention
(n=20)
Début de l’étude (Aout 2016)
Mouton
Nombre moyen des mâles 0.75±0.33a 1.10±0.25a
Nombre moyen des femelles 3.15±0.69a 4.20±0.70a
a
Nombre moyen du troupeau 3.90±0.82 5.30±0.81a
Chèvre
Nombre moyen des mâles 0.50±0.20a 1.60±0.42b
a
Nombre moyen des femelles 3.70±0.81 5.15±0.97a
Nombre moyen du troupeau 4.20±0.97a 6.75±1.24a
Fin de l’étude (Juillet 2017)
Mouton
Nombre moyen des mâles 0.65±0.22a 5.20±0.93b
a
Nombre moyen des femelles 2.95±0.73 6.70±0.93b
Nombre moyen du troupeau 3.60±0.84a 11.90±1.56b
Chèvre
Nombre moyen des mâles 1.15±0.33a 3.90±0.89b
a
Nombre moyen des femelles 3.45±0.72 8.80±1.35b
a
Nombre moyen du troupeau 4.60±0.99 12.70±2.04b
*Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives
250
Nombre d'animaux
200
150
100
50
0
Aout Sep Oct Nov Dec Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juillet
Mois de suivi
10
Les résultats sur la dynamique des troupeaux (tableau 2) ont montré des différences
significatives dans le taux de natalité, le taux de mortalité et le taux de prélèvement entre le
groupe témoin et le groupe d'intervention. Le taux de mortalité du groupe témoin était de
30,4 % pendant la période de l'étude (un an), tandis que celui du groupe d'intervention
alimentaire et vétérinaire était de 13,3 % ; ce qui était nettement inférieur à celui du groupe
témoin. Les résultats ont confirmé que le taux de mortalité est toujours élevé dans un
troupeau de petits ruminants sans soins et sans une alimentation adéquate (Konlan et al.,
2017). Selon Wilson (1986), le taux de mortalité peut atteindre 30 % dans un troupeau
d'ovins et de caprins dans des systèmes d'élevage extensif où les soins de santé sont
inadéquats avec une nutrition insuffisante, en particulier pendant la saison sèche. Ejlertsen
et al. (2012) ont rapporté des taux de mortalité de 25 à 32 % pour le cheptel ovin et de 13 à
23 % pour le cheptel caprin dans le sud du Mali, sur la base d'une enquête de rappel. Les
principales causes de mortalité dans les troupeaux de notre étude étaient des maladies
telles que les problèmes respiratoires, la diarrhée et la fièvre, les pertes dues aux prédateurs
et les blessures. Des causes de mortalité similaires ont été rapportées par Ba et al. (1996)
pour un troupeau de petits ruminants dans une zone semi-aride du Mali. Les résultats sur la
répartition des naissances et des mortalités dans le groupe témoin et dans le groupe
d’intervention entre septembre 2016 et août 2017 sont présentés dans les figures 2 et 3. La
plupart des naissances ont eu lieu entre mars et septembre (figure 2), tandis que les
mortalités ont eu lieu tout au long de l'année, bien que les cas de décès les plus faibles aient
été enregistrés entre janvier et février.
11
Temoin Sanito-alimentaire
50
45
Nombre de naissance
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Mois de Suivi
Temoin Sanito-alimentaire
7
6
Nombre de deces
5
4
3
2
1
0
Mois de Suivi
Figure 3. Nombre de décès par ménage dans le groupe de contrôle à Zanzoni et dans le
groupe d’intervention à Sirakele au Cercle de Koutiala.
Les taux de prélèvements annuels des troupeaux d'ovins et de caprins de notre étude sont
similaires à ceux rapportés par Ejlertsen et al. (2012), soit environ 29,5 % dans le sud du
Mali. Des taux de prélèvements plus faibles, de 19 à 26 %, ont été signalés par Wilson (1986)
pour les petits ruminants dans les systèmes agro-pastoraux du Mali central. Les
prélèvements ont généralement tendance à être beaucoup plus élevés chez les mâles que
chez les femelles car la raison principale des prélèvements est la vente pour répondre aux
besoins financiers immédiats des ménages et les mâles sont souvent ciblés pour cela (Ba et
al., 1996). Dans notre étude, nous n'avons pas recueilli des données spécifiques relatives au
sexe des animaux abattus pour la consommation, mais selon les ménages impliqués les
animaux mâles seraient plus utilisés pour la consommation que les femelles. En général, la
consommation est influencée par le nombre d'animaux disponibles, les besoins monétaires
immédiats, les prix du marché en vigueur ainsi que l'âge et l'état de l'animal. Les
interventions qui conduisent à une augmentation significative de la taille des troupeaux,
12
comme l'alimentation complémentaire et les soins de santé, tendent à augmenter les
prélèvements, comme le montre la différence significative entre le taux de prélèvement du
groupe de contrôle et celui du groupe d’intervention de notre étude. Au Mali et dans
d'autres pays sahéliens d'Afrique de l'Ouest, la vente de petits ruminants est l'une des
stratégies clés pour faire face aux mauvaises récoltes (Lebbie, 2004).
La tendance de l'évolution du poids corporel a été similaire jusqu'au quatrième mois pour
les ovins (figure 4a) et jusqu'au cinquième mois pour les caprins (figure 4b) dans les groupes
de contrôle et de traitement. Par la suite, on a constaté une différence significative dans
l'évolution du poids des deux groupes. À l'âge d'un an, les ovins et les caprins du groupe de
traitement pesaient significativement plus que ceux du groupe témoin (tableau 3)
13
Temoin Sanito-alimentaire
24
22
20
18
16
Poids (kg)
14
12
10
8
6
4
2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Age (mois)
Figure 4a. Evolution du poids des ovins du groupe de contrôle et du groupe de traitement de
1 à 12 mois à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala
Temoin Sanito-alimentaire
18
16
14
12
Poids (kg)
10
8
6
4
2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Age (mois)
Figure 4b. Evolution du poids des chèvres du groupe de contrôle et du groupe d’intervention
de 1 à 12 mois à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala.
Les valeurs gain quotidien moyen des ovins et des caprins dans les groupes de contrôle et de
traitement étaient similaires à celles rapportées par Avornyo et al. (2015) pour les ovins et
les caprins. Elles sont aussi similaires à celles rapportées par Konlan et al. (2017) pour les
ovins dans les études qui ont impliqué une intervention en matière de santé et
d’alimentation. Konlan et al. (2017) ont rapporté des ADG allant de 17,8 et 45,4 g/jour
respectivement pour le groupe de contrôle et celui bénéficiant de l’intervention. Les valeurs
moyennes de gain journalier pour les animaux traités étaient approximativement les mêmes
que les 48,98 g/jour et 49,19 g/jour reportés par Obese (1998) et Issaka (2006) dans des
essais d'alimentation où les moutons Djallonke ont été respectivement nourris avec des
fanes d'arachide, des graines de coton et des résidus de niébé. Le poids des ovins et des
caprins à 3 mois et à 12 mois dans cette étude étaient inférieurs à ceux rapportés par Wilson
(1986) de 7 kg pour les caprins et 9 kg pour les ovins à 3 mois, et de 18 kg pour les caprins et
24 kg pour les ovins à 12 mois. Cela pourrait être attribuées à des différences de races, car
14
les races ovines et caprines des systèmes agro-pastoraux du Mali central sont
principalement des races sahéliennes à pattes longues et sont plus lourdes que les races
naines d'Afrique de l'Ouest qui sont dominantes dans le sud du Mali où notre étude a été
menée. Le poids corporel plus élevé des ovins et des caprins à partir de 4 mois a montré que
l'effet de l'alimentation complémentaire et des soins vétérinaires sur le développement du
poids corporel est cumulatif.
15
Production de phosphore dans le fumier 0.35±0.02a 0.60±0.03a
(g/animal/jour)
Fin de saison sèche (Février– Mai)
Fumier collecté – g MS/jour/ménage 891±49a 2392±104b
Fumier collecté – g MS/animal/jour 102±4.06a 121.52±4.52b
Fumier collecté – g MS/jour/animal/kg poids 5.67±0.20a 5.68±0.21a
vivant
Teneur en azote (g/kg MS) 21.15±0.39a 20.89±±0.34a
Teneur en phosphore (g/kg DM) 3.89±0.15a 3.74±0.19a
Production d’azote dans le fumier (g/jour) 18.74±1.04a 50.51±2.60b
Production de phosphore dans le fumier (g/jour) 3.29±0.20a 9.04±0.64b
Production d’azote dans le fumier 2.14±0.09a 2.52±0.10a
(g/animal/jour)
Production de phosphate dans le fumier 0.38±0.02a 0.45±0.03a
(g/animal/jour)
Saison pluvieuse (Juin – Septembre)
Fumier collecté – g MS/jour/ménage 774±41a 2234±104b
Fumier collecté – g MS/animal/jour 95.54±4.27a 112.27±4.64b
Fumier collecté – g MS/jour/animal/kg poids 5.29±0.24a 5.62±0.24a
vivant
Teneur en azote (g/kg MS) 18.83±0.36a 22.73±0.49b
Teneur en phosphore (g/kg MS) 7.21±0.15a 6.73±0.11a
Production d’azote dans le fumier (g/jour) 14.53±0.81a 51.30±2.78b
Production de phosphore dans le fumier (g/jour) 5.54±0.32a 15.31±0.82b
Production d’azote dans le fumier 1.78±0.09a 2.52±0.11a
(g/animal/jour)
Production de phosphate dans le fumier 0.69±0.04a 0.75±0.03a
(g/animal/jour)
Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives (P<0,05).
La teneur en azote et en phosphore du fumier collecté pour cette étude était beaucoup plus
élevée que celle rapportée par Ayantunde et al. (2007) à partir d'essais d'alimentation avec
des moutons nourris avec des fanes d'arachide comme complément au début de la saison
sèche au Niger. Dans leur étude, la teneur en azote était comprise entre 10,7 et 12,8 g/kg de
MS et la concentration de phosphore entre 1,9 et 2,8 g/kg de MS. Ces valeurs plus élevées
pourraient être en partie attribuées à une meilleure qualité de l'alimentation dans le sud du
Mali que la paille de mil comme aliment de base et les fanes d'arachide comme complément
utilisé dans les essais d'alimentation par Ayantunde et al. (2007), car une alimentation riche
en nutriments se traduit généralement par une teneur en nutriments plus élevée du fumier
(Ayantunde et al., 2018). En outre, les valeurs plus élevées obtenues dans cette étude
pourraient être attribuées à la contamination, car le fumier collecté pourrait avoir été
contaminé par l'urine, les aliments offerts aux animaux et le sable. Étant donné que le
fumier collecté par les ménages pour leurs champs est souvent un mélange de fèces et
d'urine, nos résultats donnent une indication des nutriments qui peuvent retourner dans le
sol. Le fumier collecté par les ménages du groupe de l'intervention en santé et en
alimentation contient plus d'azote et de phosphore que le fumier collecté au niveau des
ménages du groupe témoin. Ce fait confirme une fois de plus qu'une meilleure nutrition se
traduit par une meilleure qualité du fumier.
Les résultats sur la répartition du fumier collecté par troupeau et par animal sont présentés
dans les figures 5 et 6. Les résultats montrent que la quantité de fumier collectée par
ménage et par jour a eu tendance à augmenter de manière linéaire de septembre 2016 à
16
août 2017 pour le groupe bénéficiant de l’intervention, alors qu'elle est restée pratiquement
la même pour les ménages du groupe témoin (figure 5). Exprimée en quantité collectée par
animal et par jour, la quantité collectée se situait entre 100 et 120 g de MS/animal/jour pour
le groupe bénéficiant de l’intervention alimentaire et vétérinaire, tandis que les valeurs pour
le groupe de contrôle se situaient entre 80 et 100 g de MS/animal/jour (figure 6). Les petits
exploitants agricoles pourraient avoir de meilleurs rendements agricoles avec une
augmentation de la production du fumier qui est très important pour la fertilité des sols.
(Ayantunde et al., 2018). Le nombre insuffisant des animaux est toujours à l’origine du
déficit en fumier.
Temoin Sanito-alimentaire
3000
2500
g MS/jour/menage
2000
1500
1000
500
Mois de collecte
Figure 5. Fumier collecté par jour et par ménage (g MS/jour/ménage) par les éleveurs de
caprins et d’ovins du groupe de contrôle et du groupe avec intervention sanito-alimentaire.
Temoin Sanito-alimentaire
140
120
g MS/animal/jour
100
80
60
40
20
0
Mois de collecte
Figure 6. Fumier collecté par animal per jour (g MS/animal/jour) par les éleveurs de caprins
et d’ovins du groupe de contrôle et du groupe avec intervention sanito-alimentaire.
17
Picture 3. Un cultivateur qui étale le fumier de son troupeau dans son champ. Crédit photo :
Augustine Ayantunde/ILRI.
18
Table 5. Composition chimique des ressources alimentaires majeurs pour les ruminants à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala (% en matière
seche)
Type d’aliment pour bétail MO PB NDF ADF ADL IVOMD EM (MJ/kg MS)
Résidus de cultures
Foin de niébé (feuilles & tiges) 88.46 19.06 36.06 24.57 5.65 72.03 9.83
Tourteaux d’arachide (feuilles & tiges) 88.67 16.30 54.69 44.22 9.32 61.63 8.85
Paille de coton (feuilles & tiges) 95.74 13.01 47.42 20.79 6.09 71.21 9.47
Paille de sorgho (feuille & tige) 94.41 4.23 71.59 46.29 6.38 51.91 7.68
Sous-produits industriels
Tourteaux de graine de coton 89.33 25.15 65.28 43.54 8.35 71.04 9.73
Son de maïs 94.13 16.15 42.19 10.08 1.97 74.64 10.44
Herbe
Cenchrus biflorus 85.28 17.78 49.79 34.31 7.13 65.76 8.96
Arbuste
Vitellaria paradoxa (feuilles) 90.43 11.15 41.09 32.79 12.64 58.56 8.69
Sclerocarya birrea (feuilles) 93.67 14.98 45.28 44.88 18.27 41.06 6.25
Guiera senegalensis (feuilles) 96.69 10.97 49.11 43.43 14.89 55.77 8.62
Ziziphus mauritiana (feuilles) 93.77 17.76 45.28 30.87 8.77 64.99 9.70
Saba senegalensis (feuilles 90.07 10.12 36.36 28.47 12.69 51.46 7.86
OM: Matière Organique; PB: Protéine Brute; FDN: Fibre Détergente Neutre; FDA: Fibre Détergente Acide; ADL: Lignine Détergent Acide; IVOMD: Digestibilité de la matière
organique in vitro ME: Energie Métabolique
19
Les résidus de légumineuses comme les fanes de niébé et les fanes d'arachide sont
normalement collectés et stockés pour nourrir les animaux domestiques pendant la saison
sèche ou parfois vendus car les prix sont souvent élevés (Ayantunde et al., 2014). Les pailles
de céréales sont normalement laissées sur le champ de culture pour que les animaux
puissent les brouter. Cependant, certains agriculteurs les collectent et les conservent chez
eux pour nourrir le troupeau du ménage. La quantité et la qualité des ressources
alimentaires disponibles diminuent au fur et à mesure que la saison sèche avance. De même,
l'importance des résidus de cultures a diminué au fur et à mesure que la saison sèche
avançait, tandis que celle des broussailles augmentait. Les arbres et arbustes fourragers
jouent un rôle important dans la nutrition des ruminants à la fin de la saison sèche (de mars
à mai; Ickowicz et Mbaye 2001). La préférence pour les espèces d’arbustes varie en fonction
de la saison et des espèces animales. Les chèvres ont eu tendance à préférer les arbustes
aux moutons; ainsi, les broussailles constituent une part importante du régime alimentaire
des chèvres en fin de saison sèche (Zampaligré et al., 2013).
20
Table 6. Analyse partielle des coûts et bénéfices (FCFA/ménage/an) du groupe de contrôle et
d'intervention alimentaire et vétérinaire des petits ruminants à Zanzoni et Sirakele dans le
Cercle de Koutiala sur la période d’un an.
Variable Groupe de contrôle Groupe
(n=20) d’intervention
(n=20)
Avantage du gain de poids 46,596±3,364a 241,058±14,189b
Avantage du fumier collecté 5,886±519a 15,474±844b
Avantage de la vente des animaux 38,537±7,560a 169,125±26,549b
Revenu brute 91,020±8,738a 425,657±34,961b
Prix des aliments complémentaires 0a 300,988±17,717b
(tourteau de coton)
Coût des soins vétérinaires 2,445±176a 29,320±1,725b
Coût total 2,445±176a 330,308±19,442b
Revenu net 88,575±8,693a 95,349±25,388a
*Les tourteaux de coton coûte 150 FCFA par kg; Les vaccins contre la PPR, Pasteurelloses et la
trypanosomiase coûte– 175 FCFA par animal; les traitements et les déparasitages (200 FCFA par
animal et par trimestre); fumier 20 FCFA par kg de fumier sécher à l’air; gain de poids - 750 FCFA/kg
poids vivant.
*Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives
(P<0,05).
21
leur famille. C'est pourquoi la plupart des éleveurs ont déclaré qu'ils continueraient à
vacciner leurs animaux et à leur fournir des aliments complémentaires.
Image 4. Focus groupe avec les participants de Sirakele. Crédit photo : Augustine Ayantunde/ILRI.
22
Les agriculteurs du groupe de contrôle à Zanzoni n'étaient pas enthousiastes à l'égard du
projet car il n'y avait aucune intervention. Le projet a donné un sac de 50 kg de riz à chaque
ménage vers la fin de l'étude pour leur participation. Les éleveurs ont fait état d'un taux de
mortalité élevé dans leur troupeau et de la contrainte de la disponibilité de la nourriture,
surtout pendant la saison des pluies où ils doivent attacher leurs animaux et les nourrir à la
maison, pour éviter d'endommager leurs cultures. Toutefois, les agriculteurs ont déclaré que
l'étude les avait sensibilisés au potentiel de la collecte de grandes quantités de fumier
provenant de l'élevage de petits ruminants pour les champs de culture. La collecte
quotidienne de fumier leur a également permis de nettoyer les enclos et les hangars des
animaux. Les réactions des agriculteurs de Sirakele et de Zanzoni suggèrent que le
renforcement de leurs capacités en matière d'élevage est essentiel pour améliorer la
production de petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage au Mali et
dans d'autres pays du Sahel. La sensibilisation aux avantages de l'élevage des petits
ruminants peut également motiver les agriculteurs à investir dans une meilleure gestion de
leurs troupeaux. Par exemple, la construction d'un enclos ou d'un hangar pour loger les
animaux facilitera la collecte du fumier pour les activités champêtres. Les services de
vulgarisation, qui sont faibles au Mali et dans d'autres pays de la région, doivent être
renforcés afin de développer les capacités des agriculteurs en matière d'amélioration de
l'élevage.
23
Conclusion et recommandations
L’étude pilote a été conduite pour évaluer les effets des interventions combinant
alimentation et santé sur la production de petits ruminants dans des systèmes mixtes de
culture et d'élevage à Zanzoni (site de contrôle) et à Sirakele (site d’intervention alimentaire
et vétérinaire) à Koutiala dans le sud du Mali. Sur la base des résultats de cette étude, les
principales conclusions sont les suivantes.
24
sous-produits agro-industriels tels que le son de maïs, le son de millet peuvent être
utilisés.
vi. L'élevage en groupe du troupeau d'ovins et de caprins dans les zones de pâturage
est nécessaire pendant la saison de culture pour éviter d'endommager les cultures,
ce qui est bon du point de vue nutritionnel que d'attacher les animaux autour de la
ferme sans fourniture adéquate d'aliments.
25
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