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Amélioration des petits ruminants au Mali

Ce document présente une étude sur l'amélioration de la production de petits ruminants au Mali à travers des interventions combinées en matière de santé et d'alimentation. Les résultats montrent que ces interventions ont significativement augmenté la taille des troupeaux, le poids des animaux et réduit le taux de mortalité, par rapport à un groupe témoin. L'étude souligne l'importance de ces pratiques pour améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des ménages dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage.

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Amélioration des petits ruminants au Mali

Ce document présente une étude sur l'amélioration de la production de petits ruminants au Mali à travers des interventions combinées en matière de santé et d'alimentation. Les résultats montrent que ces interventions ont significativement augmenté la taille des troupeaux, le poids des animaux et réduit le taux de mortalité, par rapport à un groupe témoin. L'étude souligne l'importance de ces pratiques pour améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des ménages dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage.

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Amélioration de la production des petits ruminants dans

les systèmes mixtes de cultures et d’élevage à travers


des interventions sanito-alimentaires au sud du Mali
Augustine A. Ayantunde1, Clarisse Umutoni2, Theophile Dembele3, Koita
Seydou3, Oumar Samake3

1Institut
Affiliations des International de Recherche en Elevage (ILRI), Ouagadougou, Burkina Faso
2Institut
auteurs International de Recherché en Elevage (ILRI), Bamako, Mali
3Association Malienne d’Eveil au Développement Durable (AMEDD), Koutiala, Mali

Published by Institut International d’Agriculture Tropicale

Juin 2020
[Link]
Le programme de Recherche sur l’Intensification Durable pour la Génération Future de
l’Afrique (Africa RISING) comprend trois projets de recherche en développement soutenus
par L'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) dans le cadre de
l'initiative ‘Feed the Future’ du gouvernement américain.

A travers la recherche-action et les partenariats de développement, l’Africa RISING crée des


opportunités pour les ménages de petits agriculteurs de sortir de la faim et de la pauvreté
grâce à des systèmes agricoles intensifiés de manière durable et qui améliorent les sécurités
alimentaire, nutritionnelle et des revenus, en particulier pour les femmes et les enfants, tout
en conservant ou améliorant les ressources naturelles.

Les trois projets régionaux sont dirigés par Institut International d’Agriculture Tropicale (en
Afrique de l'Ouest, de l’Est et Australe) et Institut International de Recherche sur l’Elevage
(dans la zone des hauts-plateaux en Ethiopie). L'Institut International de Recherche sur les
Politiques Alimentaires (IFPRI) dirige le suivi, l’évaluation et l’évaluation d’impact du
programme.

L’Africa RISING apprécie le soutien du peuple américain grâce à l'initiative ‘Feed the Future’
de l'USAID. Nous remercions également les paysans et les partenaires locaux de tous les
sites pour leurs contributions au programme.

© 2020

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ATTRIBUTION. Le document doit être attribuée, mais en aucun cas suggérant


l'approbation de l'éditeur ou des auteurs.
Table des matières
Remerciements ................................................................................................................ ii
Résumé ........................................................................................................................... 1
Introduction .................................................................................................................... 2
Méthodologie .................................................................................................................. 4
Sélection des ménages pour l’étude et la gestion des animaux ............................................ 4
Suivi des animaux et collecte de données ............................................................................. 6
Collecte des échantillons d’aliments et de fécales ................................................................ 7
Analyse au laboratoire des échantillons d’aliments et de matières fécales.......................... 7
Analyse statistique ................................................................................................................. 8
Résultats et discussion ..................................................................................................... 9
Structure et dynamique des troupeaux ................................................................................. 9
Développement et évolution du poids corporel .................................................................. 13
Production de fumier et teneur en nutriments ................................................................... 15
Qualité nutritionnelle des ressources alimentaires du bétail disponibles .......................... 18
Analyse partielle des coûts et avantages ............................................................................. 20
Réactions des éleveurs sur l’étude pilote ............................................................................ 21
Conclusion et recommandations .................................................................................... 24
Quelques recommandations données par les conducteurs de l'étude pilote ..................... 24
Bibliographie ................................................................................................................. 26
Remerciements
Nous sommes très reconnaissants vis-à-vis des éleveurs de Sirakele et de Zanzoni à Koutiala
pour leur participation dans cette étude. Par ailleurs, nous remercions l’Association
Malienne d’Eveil pour le Développement Durable (AMEDD) pour leur soutien inestimable
dans la collecte des données. Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet Feed the
Future Africa RISING en Afrique de l'Ouest, financé par l'Agence des États-Unis pour le
développement international (USAID). Les auteurs assument l’entière responsabilité du
contenu du présent document.

ii
Résumé
Les petits ruminants font partie intégrante des systèmes mixtes de culture et d'élevage au
Mali et ils jouent un grand rôle dans la sécurité alimentaire des ménages comme source de
viande et de lait, et de moyens de revenus supplémentaires pour répondre aux besoins
alimentaires et financiers des ménages. En outre, les petits ruminants produisent également
du fumier qui est une source inestimable de matière organique pour améliorer la fertilité
des sols. Cependant, la production de petits ruminants au Mali est confrontée à la mauvaise
production des animaux à cause des maladies et d’une alimentation inadéquate.
L’insuffisance des intrants alloués à la production des ovins et des caprins par les petits
exploitants entraîne une vaccination insuffisante et un traitement irrégulier des animaux
contre les maladies. Par ailleurs, l’alimentation complémentaire n’est que ponctuelle. La
combinaison des interventions en matière de santé et d’alimentation animale peut conduire
à de meilleurs résultats par rapport à une seule technologie.

Sur la base de notre expérience et des résultats prometteurs des interventions sanito-
alimentaires pour l'amélioration de la production de petits ruminants au Ghana dans le
cadre du projet Africa RISING, une étude pilote a été lancée au Mali impliquant des
interventions combinées en matière d'alimentation et de santé dans deux communautés, à
savoir Sirakele et Zanzoni dans le Cercle de Koutiala au sud du Mali. L'objectif de cette étude
était d'évaluer les effets des interventions combinées en matière d'alimentation et de santé
sur la production de petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage au
sud du Mali. Le village de Zanzoni a servi de témoin tandis que Sirakele a bénéficié d'une
intervention sanito-alimentaire. Vingt ménages ont été sélectionnés aléatoirement dans
chaque communauté pour une étude d'une durée d'un an allant d'août 2016 à août 2017.
Les résultats de l'étude ont montré que la taille moyenne du troupeau de moutons et de
chèvres du groupe ayant bénéficié de l’intervention sanito-alimentaire a doublé en un an
(août 2016 - Moutons : 5,30±0,81 ; Chèvres: 6,75±1,24 ; juillet 2017 - Moutons: 11,90±1,56;
Chèvres: 12,70±2,04) alors que la taille moyenne du troupeau du groupe de contrôle
(Zanzoni) est restée pratiquement la même au cours de la même période. Le nombre moyen
de naissances par ménage était respectivement de 5,72±2,10 et 15,20±3,41 pour les groupes
de contrôle et d’intervention. Le taux de mortalité était significativement plus faible à
Sirakele avec l'intervention par rapport au site témoin. Les résultats sur l'évolution du poids
ont montré que les chèvres et les moutons traités ont gagné entre 42,98±3,28 et 47,12±2,73
g/jour, contre 22,59±2,29 et 16,58±2,74 g/jour pour les troupeaux du groupe de contrôle.
Une quantité nettement plus importante de fumier a été prélevée sur les animaux soumis à
l'intervention sanito-alimentaire que sur ceux soumis au contrôle. Une analyse partielle des
coûts et des bénéfices a montré un rendement net annuel de 95 349 ± 25 388 FCFA par
ménage pour le groupe d'intervention à Sirakele, contre 88 575 ± 8 693 FCFA par ménage
pour le groupe de contrôle à Zanzoni. Les résultats confirment que l'intervention en matière
d'alimentation et de santé entraîne une amélioration significative et rentable de la
production de petits ruminants.

1
Introduction
Les petits ruminants font partie intégrante des systèmes mixtes de culture et d'élevage au
Mali et jouent un grand rôle dans la sécurité alimentaire des ménages comme source de
viande et de lait, et comme moyens de revenus supplémentaires pour répondre aux besoins
alimentaires et financiers (Wilson, 1986 ; Ba et al., 1996). Dans le Sahel occidental, la
majorité des agriculteurs élèvent des petits ruminants comme source immédiate de revenus
pour pallier les situations d'urgence et atténuer les moments de mauvaises récoltes (Wilson,
1991). En outre, les petits ruminants produisent également du fumier qui est une source
inestimable de matière organique pour améliorer la fertilité des sols. Le court intervalle de
temps entre les différentes générations des petits ruminants par rapport à ceux des bovins
permet une croissance rapide en peu de temps si les conditions nutritionnelles et
vétérinaires sont adéquates. Les petits ruminants semblent mieux résister à la sécheresse
par rapport aux bovins (Lebbie, 2004). Par exemple, Wilson (1991) a rapporté que lors de la
sécheresse du début des années 1980 au Sahel, les pertes de bovins ont été de plus de 80 %
alors que celles des petits ruminants n'ont pas dépassé 50 % des troupeaux.

Compte tenu du potentiel de croissance rapide des troupeaux et de la fonction variée que
remplissent les petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage, ils
pourraient être un moyen d'améliorer la sécurité alimentaire des ménages et de réduire la
pauvreté chez les petits exploitants agricoles. Cependant, la production de petits ruminants
au Mali est confrontée aux mauvaises performances des animaux dues en grande partie à
une nutrition inadéquate et aux maladies (Wilson, 1986 ; Ba et al., 1996). L’insuffisance des
intrants utilisés par les petits exploitants pour la production des ovins et de caprins fait que
leurs animaux sont rarement vaccinés ou traités régulièrement contre les maladies (Ba et al.,
1996) et l'alimentation complémentaire est souvent ponctuelle (Ayantunde et al., 2014). De
ce fait, le taux de mortalité chez les petits ruminants est très élevé au Mali (Ba et al, 1996)
ainsi que dans d’autres pays Sahéliens. La vaccination des petits ruminants contre les
maladies telles que la Pasteurellose et la Peste des Petits Ruminants (PPR), et
l’administration des vermifuges peuvent être un bon moyen pour réduire la mortalité. En
plus des soins sanitaires, une alimentation stratégique des petits ruminants est également
essentielle pour améliorer leurs performances (Ben Salem et Smith, 2008 ; Nantoume et al.,
2011 ; Konlan et al., 2017). La combinaison des interventions en matière de santé et
d'alimentation animale permettra d'obtenir de meilleures performances des animaux par
rapport à une seule technologie. Sur la base de notre expérience et des résultats
prometteurs des interventions en matière d'alimentation et de santé pour l'amélioration de
la production de petits ruminants au Ghana dans le cadre du projet Africa RISING (Avornyo
et al., 2015 ; Konlan et al., 2017), une étude pilote a été lancée au Mali impliquant des
interventions combinées en matière d'alimentation et de santé dans deux communautés
d'intervention d’Africa RISING dans le district de Koutiala au sud du Mali.

L'hypothèse sous-jacente de cette étude est que les combinaisons de pratiques de gestion
améliorées se traduiront par une productivité animale, un revenu et une sécurité
alimentaire des ménages plus élevés que les technologies uniques. Dans cette étude, les
interventions se concentrent principalement sur la fourniture de soins de santé et d'une
alimentation complémentaire. L'objectif de l'étude était d'évaluer les effets des
interventions combinées d'alimentation et de santé sur la production de petits ruminants
dans les systèmes de culture et d'élevage mixtes du sud du Mali. Les objectifs spécifiques
étaient les suivants : (1). Évaluer les effets de l'ensemble des mesures d'alimentation et de
santé sur les changements de poids des ovins et des caprins, la dynamique du troupeau

2
(naissance, mort, abattage) et la production de fumier. (2). Quantifier les coûts et les
avantages des mesures d'alimentation et de santé dans la production de petits ruminants.

3
Méthodologie
Présentation des zones d’étude
L’étude a été conduite à Sirakelé (-5.48o long; 12.51o lat) et à Zanzoni (-5.57o long; 12.61o
lat) qui sont des villages du Cercle de Koutiala au sud du Mali. Sirakélé est un village de la
commune rurale de Songoua situé à environ 15 km du nord de Koutiala, tandis que Zanzoni
est situé dans la commune de Fakolo à environ 35 km of Koutiala. Le Cercle de Koutiala est la
zone où il y a la plus grande production de coton au Mali. Les deux communautés étudiées
se trouvent dans une région à forte concentration de petits exploitants agricoles et
d'éleveurs, ce qui implique que le système mixte de culture et d'élevage est le système
agricole dominant. Les deux sites d'étude sont dans un climat soudanien caractérisé par une
alternance de saison sèche et pluvieuse qui dure environ six mois chacune. La saison sèche
se situe normalement entre novembre et avril tandis que la saison des pluies se situe entre
mai et octobre. Les précipitations annuelles varient entre 750 et 1100 mm. La culture et
l'élevage sont les principales sources d'alimentation et de revenus des ménages dans les
zones étudiées. Les ressources alimentaires dans les deux sites d'étude sont similaires,
comme le rapportent Umutoni et al. (2015) dans l'étude sur l'évaluation des ressources
alimentaires dans les Cercles de Koutiala et de Bougoni au sud du Mali. Les principales
ressources alimentaires sont les pâturages naturels, les résidus de culture et les sous-
produits agro-industriels. Le présent rapport est basé sur un suivi d'un an des troupeaux
d'ovins et de caprins appartenant à 40 ménages dans deux communautés entre août 2016 et
août 2017.

Sélection des ménages pour l’étude et la gestion des animaux


L’étude a concernée 20 ménages dans chaque communauté. Les ménages ont été
sélectionnés aléatoirement sur la base de la possession de moutons et/ou de chèvres et de
la volonté de participer à l'étude, qui implique un suivi de leurs animaux pendant environ un
an. Les deux communautés font partie des sites d'intervention du projet Africa RISING. Les
communautés d'intervention du projet se trouvent dans les "zones d'influence" du
programme de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) au
Mali, qui est le donateur du projet Africa RISING dans le cadre de l'initiative "Feed the
Future" du gouvernement américain. L'objectif général du projet est de créer des
opportunités pour les petits exploitants agricoles afin de vaincre la faim et la pauvreté grâce
à des systèmes agricoles intensifiés de manière durable qui améliorent la nourriture, la
nutrition et la sécurité des revenus, en particulier pour les femmes et les enfants, et qui
conservent ou améliorent la base de ressources naturelles. Au début de l'étude, en août
2016, les deux communautés ont été réparties aléatoirement dans un groupe de contrôle ou
d’intervention. Le groupe de contrôle est constitué des 20 ménages sélectionnés dans le
village de Zanzoni, tandis que le groupe de traitement est constitué des 20 ménages
sélectionnés à Sirakele.

Les moutons et les chèvres du groupe de traitement ont été vaccinés contre la
pasteurellose, la PPR et la trypanosomiase. Ils ont également ont reçu des vermifuges et des
soins sanitaires réguliers en cas de maladie, ainsi que des aliments complémentaires (300 g
de tourteaux de coton par animal et par jour) pendant les 12 mois de l'étude. Les tourteaux
de coton ont été utilisés comme supplément dans cette étude car cet aliment était
facilement disponible dans les sites d'étude en raison de la grande culture du coton. La
quantité de tourteaux de coton à donner aux animaux s’appuie sur les résultats d’une étude
similaire réalisée au Ghana. Dans cette étude, chaque animal recevait entre 200 et 300 g de
supplément (Konlan et al., 2017). Cette expérience qui a été conduite dans une ferme, n’a

4
pas permis de prendre en compte l'état physiologique des animaux pour décider de la
quantité de supplément à leur administrer. En effet, il s’avérait difficile d'adapter la quantité
de supplément à l'état physiologique de l'animal dans les conditions rurales. Dans le présent
rapport, l'ensemble des traitements est intitulé "intervention de sanito-alimentaire" (Feed-
health (FH) intervention). Les vaccins produits par le Laboratoire Central Vétérinaire de
Bamako au Mali, appelés "Ovipeste" et "Pastovin", ont été respectivement utilisés pour la
vaccination contre la PPR et la Pasteurellose. Les ovins et les caprins sous intervention de la
FH ont été vaccinés une fois par an contre la PPR à la dose de 1 ml par animal et deux fois
par an contre la Pasteurellose à la dose de 2 ml par animal. Les animaux traités ont
également été vaccinés contre la trypanosomiase avec Verben B12 et Kelamidum. Une
prophylaxie sous forme d'injections d'antibiotiques et de multi-vitamines, ainsi que des
déparasitages ont été administrés aux animaux de traitement. Le produit pour déparasitage
du nom de SYNANTHIC (oxfendazole) a été administré deux fois pendant la durée de l’étude,
soit au début de l'étude en août et à la fin de la saison des pluies en octobre. Les animaux de
traitement ont également reçu des traitements curatifs lorsque cela était nécessaire.

Les troupeaux du groupe témoin n'ont bénéficié d’aucun apport alimentaire ou vétérinaire
du projet. Toutefois, il convient de souligner que les éleveurs du groupe de contrôle ont
soigné quoique de façon irrégulière leurs animaux malades, et leur ont donné des résidus de
culture, comme la paille de sorgho, de coton et des fanes d'arachide après la récolte. Les
animaux du groupe témoin ont souvent été conduits au pâturage en fin de saison sèche.
Dans les deux sites d'étude, la gestion quotidienne des ovins et des caprins consistait à les
conduire dans les pâturages naturels pendant la saison des pluies et leurs donner des
résidus de culture pendant la saison sèche. Les animaux engraissés, les brebis et les chèvres
en lactation et les animaux malades étaient normalement gardés et nourris près des fermes.
Les jeunes animaux (agneaux et chevreaux) n'étaient pas autorisés à paître avant l'âge de 3 à
4 mois. Au retour du pâturage, les animaux bénéficiant d’'intervention sanito-alimentaire
(FH) se voyaient offrir des tourteaux de coton comme supplément, qui était souvent
consommé immédiatement. La nuit, les animaux des deux groupes étaient attachés à des
piquets ou enfermés dans des enclos ou dans des abris autour des fermes. Environ 94 % des
moutons des zones étudiées étaient de la race Djallonke, le reste appartenant à des races
sahéliennes à longues pattes. Les moutons sahéliens à longues pattes étaient principalement
des mâles destinés à l'engraissement. La race caprine était également dominée par les nains
d'Afrique de l'Ouest (environ 96 %), avec quelques races sahéliennes à pattes longues.

5
Image 1. Des béliers engraissés et attachés à la ferme. Crédit photo : Augustine
Ayantunde/ILRI.

Suivi des animaux et collecte de données


Les moutons et les chèvres des 20 ménages sélectionnés à Zanzoni (groupe témoin) et à
Sirakele (groupe avec intervention sanito-alimentaire) ont été marqués à l'oreille au début
de l'étude en août 2016 pour identification et ont été pesés (voir l'image 2 de la pesée des
animaux). Au début de l'étude, le troupeau total des 20 ménages se composait de 78
moutons et 84 chèvres à Zanzoni, soit un total de 162 animaux, tandis qu'à Sirakele, le
troupeau total se composait de 106 moutons et 135 chèvres, soit un total de 241 animaux.
Tous les animaux du groupe témoin et du groupe de traitement ont été pesés chaque mois
pendant 3 jours consécutifs. Les deux techniciens de terrain responsables du suivi des
animaux d'expérimentation se sont rendus dans chaque foyer chaque mois pour recueillir les
données sur tout changement dans le troupeau familial (événement démographique), y
compris la naissance, la mort, la vente, l'abattage de l'animal, la remise de l'animal en
cadeau ou pour en prendre soin , la réception d’un animal comme cadeau ou pour en
prendre soin et la perte par vol. Les données relatives aux décès dans les troupeaux ont été
utilisées pour calculer le taux de mortalité, qui est le nombre de décès enregistrés en
pourcentage du troupeau total au début de l'étude. Le taux d'abattage a été calculé comme
étant le nombre d'animaux vendus, abattus et distribués en pourcentage du troupeau total
au début de l'étude. Le fumier des animaux dans les enclos ou d’autres abris a été collecté
chaque matin après la sortie des moutons et des chèvres dans chaque groupe. Ce fumier a
été par la suite séché à l'air et stocké dans des sacs pour être pesé chaque mois par les
techniciens de terrain de l'AMEDD.

6
Image 2. Pesée du fumier. Crédit photo : Augustine Ayantunde/ILRI.

Collecte des échantillons d’aliments et de fécales


Deux échantillons de ressources alimentaires donnés aux animaux de l’étude ont été
collectés au début et à la fin de la saison sèche. Les ressources alimentaires étaient
principalement des résidus de cultures, du pâturage et des sous-produits agro-industriels. Au
total, 46 échantillons d'aliments pour animaux ont été collectés et broyés pour passer au
travers d'un tamis de 2 mm afin d'analyser en laboratoire leur composition chimique. Deux
échantillons de fèces (fumier) de 0,5 kg de poids frais ont été prélevés chaque mois dans
chaque ménage et ont été séchés à l'air. Les échantillons collectés par chaque ménage ont
été combinés par saison (l’hivernage / pluvieuse, début de saison sèche et fin de saison
sèche) et broyés pour être analysés en laboratoire. Au total, 120 échantillons de matières
fécales ont été préparés pour l'analyse en laboratoire.

Analyse au laboratoire des échantillons d’aliments et de


matières fécales
Les échantillons de ressources alimentaires dans les sites d'étude ont été collectés
principalement au début et à la fin de la saison sèche (octobre 2016 à mai 2017) et ont été
séchés à l'air et préparés pour des analyses en laboratoire. Les échantillons d'aliments
collectés ont été analysés pour la matière sèche (MS), la teneur en cendres, en azote, en
composants fibreux [fibre détergente neutre (NDF), fibre détergente acide (ADF), et lignine
détergente acide (ADL)] et la digestibilité de la matière organique in vitro (IVOMD) en
utilisant la technique de spectroscopie de réflectance proche infrarouge (NIRS). La finesse de
l'échantillon pour l'analyse NIRS était de 2 mm. La gamme de longueur d'onde pour estimer
la composition chimique était de 1100 à 2500 nanomètres. La NIRS est une méthode
d'analyse indirecte basée sur le développement de modèles empiriques dans lesquels la
concentration d'un constituant de l'aliment est prédite à partir de données spectrales

7
complexes (De Boever et al., 1995). La protéine brute a été estimée à partir de la teneur en
azote (azote x 6,25). L'énergie métabolisable (Mcal/kg de MS) a été dérivée de l'IVOMD. Les
échantillons de matières fécales ont été analysés pour la concentration en MS, MO, N et
phosphore (P).

Analyse statistique
L'analyse des données a été réalisée avec le logiciel SAS (SAS, 1987) en utilisant les
procédures Means pour la statique descriptive tandis que le logiciel T-Test a été utilisé pour
comparer les moyennes des événements démographiques (taux de natalité, taux de
mortalité, taux d'abattage, etc.), les gains quotidiens moyens, la quantité de fumier collectée
par ménage et les coûts et avantages entre le groupe témoin et le groupe ayant bénéficié
d'une intervention sanitaire et alimentaire. Sauf indication contraire, le niveau de
signification a été fixé à P < 0,05.

8
Résultats et discussion
Structure et dynamique des troupeaux
La taille moyenne du troupeau par ménage au début de l'étude en août 2016 pour les ovins
était respectivement de 3,90±0,82 et de 5,30±0,81 pour le groupe témoin et le groupe
bénéficiant d'une intervention sanito-alimentaire (tableau 1). Pour les chèvres, la taille
moyenne du troupeau était respectivement de 4,20±0,97 et 6,75±1,24 pour le groupe
témoin et le groupe bénéficiant de l’intervention. Les résultats ont montré que les
troupeaux d'ovins et de caprins étaient dominés par des femelles, quel que soit le
traitement. Au moins 80 % du troupeau ovin était composé de femelles au début de l'étude,
tandis qu'au moins 75 % du troupeau caprin était composé de femelles à la même période.
Ces résultats concordent avec les résultats de Wilson (1986) sur la production de petits
ruminants dans les systèmes agro-pastoraux du Mali central, où il a été rapporté que la
femelle représentait au moins 75% des troupeaux ovins et caprins. En général, le troupeau
est dominé par des femelles pour la reproduction et la croissance du troupeau, alors que les
moutons et les boucs sont souvent vendus pour répondre aux besoins monétaires des
ménages, comme l'ont rapporté Ba et al. (1996) qui ont indiqué que le taux d'abattage des
animaux mâles est souvent élevé par rapport à celui des femelles. La taille moyenne du
troupeau d'ovins et de chèvres par ménage au début de l'étude était inférieure à celle du
troupeau agropastoral d'ovins et de chèvres du Mali central rapporté par Wilson (1986) qui
était respectivement en moyenne de 9,48 et 23,57 pour les ovins et les chèvres. La taille plus
élevée du troupeau agro-pastoral des éleveurs de cultures mixtes dans le sud du Mali est
tout à fait prévisible, car les agriculteurs au sud du Mali sont plus orientés vers la culture que
vers l'élevage, alors que les agro-pasteurs sont des éleveurs par tradition, bien qu'ils se
soient installés pour cultiver (Ayantunde et al., 2011).

Après un an, la taille du troupeau du groupe témoin est restée pratiquement la même qu'au
début de l'étude (Moutons - Mâle 0,65±0,22 ; Femelle : 2,95±0,73 ; Chèvre - Mâle :
1,15±0,33 ; Femelle : 3,45±0,72) alors que la taille du troupeau de moutons et de chèvres
par ménage sous intervention alimentaire et sanitaire a doublé dans la même période
(tableau 1). Le nombre total de troupeaux pour le groupe de traitement est passé de 106
moutons au début de l'étude (août 2016) à 236 à la fin juillet 2017, tandis que le nombre de
chèvres est passé de 135 à 252 (figure 1). Ces résultats montrent que les interventions en
matière d'alimentation et de santé ont entraîné une augmentation significative de la taille
du troupeau d'ovins et de caprins en peu de temps grâce à de meilleures performances de
reproduction et de croissance. Des résultats similaires ont été rapportés par Ba et al. (1996)
au Mali avec l'introduction du seul traitement sanitaire. Konlan et al. (2017) ont également
fait état des avantages synergiques de l'effet combiné de la fourniture d'aliments concentrés
et de soins vétérinaires aux petits ruminants élevés par de petits exploitants agricoles dans
le nord du Ghana. Une tendance similaire d'augmentation significative du nombre de petits
ruminants avec l'alimentation et l'intervention sanitaire a été également signalée par
Avornyo et al. (2015) dans le nord du Ghana.

9
Tableau 1. Composition du troupeau par ménage (moyen ± erreur standard) au début (Aout
2016) et à la fin de l’étude (Juillet 2017) à Zanzoni (site du groupe témoin) et Sirakele
(groupe bénéficiant de l’intervention alimentaire et vétérinaire) au Cercle de Koutiala.
Variable Groupe témoin (n=20) Groupe d’intervention
(n=20)
Début de l’étude (Aout 2016)
Mouton
Nombre moyen des mâles 0.75±0.33a 1.10±0.25a
Nombre moyen des femelles 3.15±0.69a 4.20±0.70a
a
Nombre moyen du troupeau 3.90±0.82 5.30±0.81a
Chèvre
Nombre moyen des mâles 0.50±0.20a 1.60±0.42b
a
Nombre moyen des femelles 3.70±0.81 5.15±0.97a
Nombre moyen du troupeau 4.20±0.97a 6.75±1.24a
Fin de l’étude (Juillet 2017)
Mouton
Nombre moyen des mâles 0.65±0.22a 5.20±0.93b
a
Nombre moyen des femelles 2.95±0.73 6.70±0.93b
Nombre moyen du troupeau 3.60±0.84a 11.90±1.56b
Chèvre
Nombre moyen des mâles 1.15±0.33a 3.90±0.89b
a
Nombre moyen des femelles 3.45±0.72 8.80±1.35b
a
Nombre moyen du troupeau 4.60±0.99 12.70±2.04b
*Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives

Caprins Temoin Ovins Temoin


Caprins sanito-alimentaire Ovins sanito-alimentaire
300

250
Nombre d'animaux

200

150

100

50

0
Aout Sep Oct Nov Dec Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juillet
Mois de suivi

Figure 1. La croissance du troupeau dans les ménages du groupe témoin et du groupe


d’intervention alimentaire et sanitaire respectivement à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de
Koutiala dans une période de suivi d’un an.

10
Les résultats sur la dynamique des troupeaux (tableau 2) ont montré des différences
significatives dans le taux de natalité, le taux de mortalité et le taux de prélèvement entre le
groupe témoin et le groupe d'intervention. Le taux de mortalité du groupe témoin était de
30,4 % pendant la période de l'étude (un an), tandis que celui du groupe d'intervention
alimentaire et vétérinaire était de 13,3 % ; ce qui était nettement inférieur à celui du groupe
témoin. Les résultats ont confirmé que le taux de mortalité est toujours élevé dans un
troupeau de petits ruminants sans soins et sans une alimentation adéquate (Konlan et al.,
2017). Selon Wilson (1986), le taux de mortalité peut atteindre 30 % dans un troupeau
d'ovins et de caprins dans des systèmes d'élevage extensif où les soins de santé sont
inadéquats avec une nutrition insuffisante, en particulier pendant la saison sèche. Ejlertsen
et al. (2012) ont rapporté des taux de mortalité de 25 à 32 % pour le cheptel ovin et de 13 à
23 % pour le cheptel caprin dans le sud du Mali, sur la base d'une enquête de rappel. Les
principales causes de mortalité dans les troupeaux de notre étude étaient des maladies
telles que les problèmes respiratoires, la diarrhée et la fièvre, les pertes dues aux prédateurs
et les blessures. Des causes de mortalité similaires ont été rapportées par Ba et al. (1996)
pour un troupeau de petits ruminants dans une zone semi-aride du Mali. Les résultats sur la
répartition des naissances et des mortalités dans le groupe témoin et dans le groupe
d’intervention entre septembre 2016 et août 2017 sont présentés dans les figures 2 et 3. La
plupart des naissances ont eu lieu entre mars et septembre (figure 2), tandis que les
mortalités ont eu lieu tout au long de l'année, bien que les cas de décès les plus faibles aient
été enregistrés entre janvier et février.

Tableau 2. Dynamique du troupeau de mouton et de chèvre dans le groupe témoin (village


de Zanzoni) et le groupe bénéficiant de l’intervention alimentaire et sanitaire (village de
Sirakele) entre Aout 2016 Aout 2017.
Variable Groupe de contrôle Groupe
(n=20) d’intervention
(n=20)
Nombre moyen de naissance par ménage 5.72±2.10a 15.20±3.41b
Taux de natalité (%) 69.9±3.4a 126.7±4.9b
a
Taux de mortalité (%) 30.4±2.7 13.3±3.1b
Taux de prélèvements (%) 30.4±2.9a 38.8±3.1b
a
Prix moyen par tête vendu (FCFA) 19,777±841 24,887±964b
a
Revenu moyen par animal vendu par ménage (FCFA) 38,537±7,560 169,125±26,545b
Nombre moyen des animaux abattus pour le ménage 0.04±0.02a 0.09±0.02a
a
Nombre moyen des animaux donnés comme cadeau/ou 0.04±0.01 0.03±0.01a
pour en prendre soin par ménage
Nombre moyen d’animaux reçus pour en prendre soin 0.01±0.01a 0.08±0.03a
par ménage
Nombre moyen d’animaux volés par ménage 0.03±0.01a 0.04±0.02a
*Le nombre initia des moutons et de chèvre était de 214 à Sirakele et Ide 162 pour Zanzoni

11
Temoin Sanito-alimentaire

50
45
Nombre de naissance

40
35
30
25
20
15
10
5
0

Mois de Suivi

Figure 2. Nombre de naissance par ménage au niveau du groupe de contrôle à Zanzoni et du


groupe d’intervention à Sirakele au Cercle de Koutiala.

Temoin Sanito-alimentaire

7
6
Nombre de deces

5
4
3
2
1
0

Mois de Suivi

Figure 3. Nombre de décès par ménage dans le groupe de contrôle à Zanzoni et dans le
groupe d’intervention à Sirakele au Cercle de Koutiala.

Les taux de prélèvements annuels des troupeaux d'ovins et de caprins de notre étude sont
similaires à ceux rapportés par Ejlertsen et al. (2012), soit environ 29,5 % dans le sud du
Mali. Des taux de prélèvements plus faibles, de 19 à 26 %, ont été signalés par Wilson (1986)
pour les petits ruminants dans les systèmes agro-pastoraux du Mali central. Les
prélèvements ont généralement tendance à être beaucoup plus élevés chez les mâles que
chez les femelles car la raison principale des prélèvements est la vente pour répondre aux
besoins financiers immédiats des ménages et les mâles sont souvent ciblés pour cela (Ba et
al., 1996). Dans notre étude, nous n'avons pas recueilli des données spécifiques relatives au
sexe des animaux abattus pour la consommation, mais selon les ménages impliqués les
animaux mâles seraient plus utilisés pour la consommation que les femelles. En général, la
consommation est influencée par le nombre d'animaux disponibles, les besoins monétaires
immédiats, les prix du marché en vigueur ainsi que l'âge et l'état de l'animal. Les
interventions qui conduisent à une augmentation significative de la taille des troupeaux,

12
comme l'alimentation complémentaire et les soins de santé, tendent à augmenter les
prélèvements, comme le montre la différence significative entre le taux de prélèvement du
groupe de contrôle et celui du groupe d’intervention de notre étude. Au Mali et dans
d'autres pays sahéliens d'Afrique de l'Ouest, la vente de petits ruminants est l'une des
stratégies clés pour faire face aux mauvaises récoltes (Lebbie, 2004).

Développement et évolution du poids corporel


Les résultats de cette étude ont montré que l'intervention sanito-alimentaire a un effet
significatif sur le développement du poids corporel et le gain quotidien moyen (GQM) des
ovins et des caprins (tableau 3). Les gains quotidiens moyens des ovins et des caprins sous
contrôle ont varié entre 16,58±2,74 et 22,59±2,29 g/jour, tandis que le gain quotidien
moyen des animaux bénéficiant de l’intervention sanito-alimentaire était presque le double
(ovins : 47,12±2,73 ; caprins : 42,98±3,28). Pour les quelques agneaux et chevreaux qui ont
été pesés à la naissance, les poids à la naissance étaient similaires pour les groupes de
contrôle et de traitement.

Tableau 3. Variations du poids des chèvres et des moutons du groupe de contrôle et de


traitement à Zanzoni et Sirakele dans le district de Koutiala pendant un an.
Variable Groupe de contrôle Groupe d’intervention
Chèvre
n Moyenne ±es n Moyenne ± es
Poids à la naissance (kg) 2 1.50±0.0a 5 1.20±0.12a
Poids à 1 mois (kg) 10 2.45±0.16a 36 2.62±0.09a
Poids à 3 mois (kg) 36 5.65±0.17a 101 5.71±0.13a
Poids à 1 an (kg) 14 12.89±0.80a 36 16.78±0.34b
Gain moyen quotidien (g/jour) 131 22.59±2.29a 311 42.98±3.28b
mouton
n Moyenne ± se n Moyenne ± se
Poids à la naissance (kg) 1 1.50±0.0 0 -
Poids à 1 mois (kg) 6 2.92±0.27a 10 3.00±0.13a
Poids à 3 mois (kg) 15 7.23±0.39a 34 6.75±0.22a
Poids à 1 an (kg) 3 18.5±0.76a 17 22.34±0.88b
Gain moyen quotidien (g/jour) 117 16.58±2.74a 225 47.12±2.73b
*Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives
(P<0.05).

La tendance de l'évolution du poids corporel a été similaire jusqu'au quatrième mois pour
les ovins (figure 4a) et jusqu'au cinquième mois pour les caprins (figure 4b) dans les groupes
de contrôle et de traitement. Par la suite, on a constaté une différence significative dans
l'évolution du poids des deux groupes. À l'âge d'un an, les ovins et les caprins du groupe de
traitement pesaient significativement plus que ceux du groupe témoin (tableau 3)

13
Temoin Sanito-alimentaire

24
22
20
18
16
Poids (kg)

14
12
10
8
6
4
2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Age (mois)

Figure 4a. Evolution du poids des ovins du groupe de contrôle et du groupe de traitement de
1 à 12 mois à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala

Temoin Sanito-alimentaire

18
16
14
12
Poids (kg)

10
8
6
4
2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Age (mois)

Figure 4b. Evolution du poids des chèvres du groupe de contrôle et du groupe d’intervention
de 1 à 12 mois à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala.

Les valeurs gain quotidien moyen des ovins et des caprins dans les groupes de contrôle et de
traitement étaient similaires à celles rapportées par Avornyo et al. (2015) pour les ovins et
les caprins. Elles sont aussi similaires à celles rapportées par Konlan et al. (2017) pour les
ovins dans les études qui ont impliqué une intervention en matière de santé et
d’alimentation. Konlan et al. (2017) ont rapporté des ADG allant de 17,8 et 45,4 g/jour
respectivement pour le groupe de contrôle et celui bénéficiant de l’intervention. Les valeurs
moyennes de gain journalier pour les animaux traités étaient approximativement les mêmes
que les 48,98 g/jour et 49,19 g/jour reportés par Obese (1998) et Issaka (2006) dans des
essais d'alimentation où les moutons Djallonke ont été respectivement nourris avec des
fanes d'arachide, des graines de coton et des résidus de niébé. Le poids des ovins et des
caprins à 3 mois et à 12 mois dans cette étude étaient inférieurs à ceux rapportés par Wilson
(1986) de 7 kg pour les caprins et 9 kg pour les ovins à 3 mois, et de 18 kg pour les caprins et
24 kg pour les ovins à 12 mois. Cela pourrait être attribuées à des différences de races, car

14
les races ovines et caprines des systèmes agro-pastoraux du Mali central sont
principalement des races sahéliennes à pattes longues et sont plus lourdes que les races
naines d'Afrique de l'Ouest qui sont dominantes dans le sud du Mali où notre étude a été
menée. Le poids corporel plus élevé des ovins et des caprins à partir de 4 mois a montré que
l'effet de l'alimentation complémentaire et des soins vétérinaires sur le développement du
poids corporel est cumulatif.

Production de fumier et teneur en nutriments


Le tableau 4 présente les résultats de la collecte de fumier des ovins et des caprins par les
ménages du groupe de contrôle et du groupe d’interventions sanito-alimentaires. Les
ménages ayant bénéficié d'une intervention sanito-alimentaire ont collecté plus de fumier
que les ménages du groupe témoin, et ce, pour toutes les saisons (début de saison sèche, fin
de saison sèche et saison pluvieuse). Cela suggère que l'intervention en matière
d'alimentation et de santé est également bénéfique pour l'amélioration de la fertilité des
sols, car les agriculteurs pourraient collecter davantage de fumier pour leurs champs. Le
principal problème du fumier collecté dans les fermes est le transport jusqu'au champ, en
particulier s'il est éloigné du village. Le fumier collecté par animal et par jour au niveau des
deux groupes (groupe de contrôle : 102±4,06 g MS/animal/jour ; groupe d’intervention
vétérinaire et alimentaire: 121,52±4,52 g MS/animal/jour) était plus important à la fin de la
saison sèche qu’à la saison pluvieuse. Cette situation peut se justifier du fait que les animaux
passent plus de temps près des fermes pendant la saison sèche, étant donné le manque de
pâturage. Il en résulte donc qu’il y’ a eu plus de fumier à collecter. Pendant la saison des
pluies, il est généralement plus difficile de collecter le fumier car la teneur en eau des fèces
est élevée. Les quantités de fumier collectées auprès des animaux des deux groupes,
exprimées en g de MS/kg /jour (tableau 4), étaient bien inférieures aux quantités de 10 à 13
g de MS/kg /jour signalées par Ayantunde et al. (2007) pour les moutons soumis à des essais
d'alimentation à l'aide de sacs de collecte de fèces. Cela montre qu'il y a eu des pertes dans
le ramassage du fumier par les éleveurs de cette étude. En outre, le fumier déposé par les
animaux pendant le pâturage n'a pas pu être collecté par les éleveurs, ce qui explique
également les quantités plus faibles de fumier collectées dans cette étude. Les teneurs en
azote et en phosphore du fumier étaient identiques aussi bien dans le groupe de contrôle
que dans le groupe de traitement. Toutefois, pendant la saison humide, la teneur en azote
était plus élevée au niveau du groupe d’intervention alimentaire et vétérinaire que chez le
groupe de contrôle.

Tableau 4. Collecte de fumier par les ménages du groupe de contrôle et d’intervention


sanito-alimentaire des ovins et caprins expérimentaux entre septembre 2016 et août 2017 à
Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala.
Variable Groupe de Groupe
contrôle d’intervention
Début de saison sèche (Octobre– Janvier)
Fumier collecté – g MS/jour/ménage 815±46a 1729±65b
Fumier collecté – g MS/animal/jour 96.12±3.78a 119.72±4.55b
a
Fumier collecté – g MS/jour/animal/kg poids 5.14±0.19 5.88±0.24a
vivant
Teneur en azote (g/kg MS) 20.95±0.31a 21.35±0.29a
a
Teneur en phosphore (g/kg MS) 3.76±0.13 4.96±0.14b
a
Production d’azote dans le fumier (g/jour) 16.48±0.81 37.03±1.47b
Production de phosphore dans le fumier (g/jour) 2.81±0.14a 8.64±0.43b
a
Production d’azote dans le fumier 1.98±0.07 2.57±0.10a
(g/animal/jour)

15
Production de phosphore dans le fumier 0.35±0.02a 0.60±0.03a
(g/animal/jour)
Fin de saison sèche (Février– Mai)
Fumier collecté – g MS/jour/ménage 891±49a 2392±104b
Fumier collecté – g MS/animal/jour 102±4.06a 121.52±4.52b
Fumier collecté – g MS/jour/animal/kg poids 5.67±0.20a 5.68±0.21a
vivant
Teneur en azote (g/kg MS) 21.15±0.39a 20.89±±0.34a
Teneur en phosphore (g/kg DM) 3.89±0.15a 3.74±0.19a
Production d’azote dans le fumier (g/jour) 18.74±1.04a 50.51±2.60b
Production de phosphore dans le fumier (g/jour) 3.29±0.20a 9.04±0.64b
Production d’azote dans le fumier 2.14±0.09a 2.52±0.10a
(g/animal/jour)
Production de phosphate dans le fumier 0.38±0.02a 0.45±0.03a
(g/animal/jour)
Saison pluvieuse (Juin – Septembre)
Fumier collecté – g MS/jour/ménage 774±41a 2234±104b
Fumier collecté – g MS/animal/jour 95.54±4.27a 112.27±4.64b
Fumier collecté – g MS/jour/animal/kg poids 5.29±0.24a 5.62±0.24a
vivant
Teneur en azote (g/kg MS) 18.83±0.36a 22.73±0.49b
Teneur en phosphore (g/kg MS) 7.21±0.15a 6.73±0.11a
Production d’azote dans le fumier (g/jour) 14.53±0.81a 51.30±2.78b
Production de phosphore dans le fumier (g/jour) 5.54±0.32a 15.31±0.82b
Production d’azote dans le fumier 1.78±0.09a 2.52±0.11a
(g/animal/jour)
Production de phosphate dans le fumier 0.69±0.04a 0.75±0.03a
(g/animal/jour)
Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives (P<0,05).

La teneur en azote et en phosphore du fumier collecté pour cette étude était beaucoup plus
élevée que celle rapportée par Ayantunde et al. (2007) à partir d'essais d'alimentation avec
des moutons nourris avec des fanes d'arachide comme complément au début de la saison
sèche au Niger. Dans leur étude, la teneur en azote était comprise entre 10,7 et 12,8 g/kg de
MS et la concentration de phosphore entre 1,9 et 2,8 g/kg de MS. Ces valeurs plus élevées
pourraient être en partie attribuées à une meilleure qualité de l'alimentation dans le sud du
Mali que la paille de mil comme aliment de base et les fanes d'arachide comme complément
utilisé dans les essais d'alimentation par Ayantunde et al. (2007), car une alimentation riche
en nutriments se traduit généralement par une teneur en nutriments plus élevée du fumier
(Ayantunde et al., 2018). En outre, les valeurs plus élevées obtenues dans cette étude
pourraient être attribuées à la contamination, car le fumier collecté pourrait avoir été
contaminé par l'urine, les aliments offerts aux animaux et le sable. Étant donné que le
fumier collecté par les ménages pour leurs champs est souvent un mélange de fèces et
d'urine, nos résultats donnent une indication des nutriments qui peuvent retourner dans le
sol. Le fumier collecté par les ménages du groupe de l'intervention en santé et en
alimentation contient plus d'azote et de phosphore que le fumier collecté au niveau des
ménages du groupe témoin. Ce fait confirme une fois de plus qu'une meilleure nutrition se
traduit par une meilleure qualité du fumier.
Les résultats sur la répartition du fumier collecté par troupeau et par animal sont présentés
dans les figures 5 et 6. Les résultats montrent que la quantité de fumier collectée par
ménage et par jour a eu tendance à augmenter de manière linéaire de septembre 2016 à

16
août 2017 pour le groupe bénéficiant de l’intervention, alors qu'elle est restée pratiquement
la même pour les ménages du groupe témoin (figure 5). Exprimée en quantité collectée par
animal et par jour, la quantité collectée se situait entre 100 et 120 g de MS/animal/jour pour
le groupe bénéficiant de l’intervention alimentaire et vétérinaire, tandis que les valeurs pour
le groupe de contrôle se situaient entre 80 et 100 g de MS/animal/jour (figure 6). Les petits
exploitants agricoles pourraient avoir de meilleurs rendements agricoles avec une
augmentation de la production du fumier qui est très important pour la fertilité des sols.
(Ayantunde et al., 2018). Le nombre insuffisant des animaux est toujours à l’origine du
déficit en fumier.

Temoin Sanito-alimentaire

3000

2500
g MS/jour/menage

2000

1500

1000

500

Mois de collecte

Figure 5. Fumier collecté par jour et par ménage (g MS/jour/ménage) par les éleveurs de
caprins et d’ovins du groupe de contrôle et du groupe avec intervention sanito-alimentaire.

Temoin Sanito-alimentaire

140
120
g MS/animal/jour

100
80
60
40
20
0

Mois de collecte

Figure 6. Fumier collecté par animal per jour (g MS/animal/jour) par les éleveurs de caprins
et d’ovins du groupe de contrôle et du groupe avec intervention sanito-alimentaire.

17
Picture 3. Un cultivateur qui étale le fumier de son troupeau dans son champ. Crédit photo :
Augustine Ayantunde/ILRI.

Qualité nutritionnelle des ressources alimentaires du bétail


disponibles
En dehors du pâturage naturel, les autres principales ressources alimentaires trouvées dans
les sites étudiés étaient des résidus de culture, des sous-produits agro-industriels et des
arbustes. Les résidus de culture les plus répandus sont entre autre les tiges de sorgho, les
tiges de coton, les fanes de niébé et les fanes d'arachides (tableau 5), tandis que les sous-
produits agro-industriels étaient composés de tourteaux de coton et de son de maïs. Les
tourteaux de coton avaient la teneur en protéines brutes la plus élevée parmi les ressources
alimentaires offertes aux ovins et aux caprins par les agriculteurs dans les deux groupes. Les
résidus de légumineuses (fane de niébé et fanes d'arachide) étaient également riches en
protéines brutes et en matière organique in vitro digestible. Les arbustes (feuilles d'arbustes
et d'arbres) sont des ressources alimentaires importantes en fin de saison sèche, lorsque les
aliments se font rares (Umutoni et al., 2015) et ils ont généralement une teneur élevée en
protéines brutes, mais ils ont une teneur élevée en lignine (tableau 5). Les valeurs de la
teneur en protéines brutes du fanes de niébé et de la fanes d'arachide dans cette étude
étaient plus élevées que celles rapportées par Umutoni et al. (2015), ce qui pourrait être
attribué à la période de collecte des échantillons d'aliments et aux différences associées
dans le rapport de feuille et tige.

18
Table 5. Composition chimique des ressources alimentaires majeurs pour les ruminants à Zanzoni et Sirakele dans le Cercle de Koutiala (% en matière
seche)
Type d’aliment pour bétail MO PB NDF ADF ADL IVOMD EM (MJ/kg MS)

Résidus de cultures
Foin de niébé (feuilles & tiges) 88.46 19.06 36.06 24.57 5.65 72.03 9.83
Tourteaux d’arachide (feuilles & tiges) 88.67 16.30 54.69 44.22 9.32 61.63 8.85
Paille de coton (feuilles & tiges) 95.74 13.01 47.42 20.79 6.09 71.21 9.47
Paille de sorgho (feuille & tige) 94.41 4.23 71.59 46.29 6.38 51.91 7.68
Sous-produits industriels
Tourteaux de graine de coton 89.33 25.15 65.28 43.54 8.35 71.04 9.73
Son de maïs 94.13 16.15 42.19 10.08 1.97 74.64 10.44
Herbe
Cenchrus biflorus 85.28 17.78 49.79 34.31 7.13 65.76 8.96
Arbuste
Vitellaria paradoxa (feuilles) 90.43 11.15 41.09 32.79 12.64 58.56 8.69
Sclerocarya birrea (feuilles) 93.67 14.98 45.28 44.88 18.27 41.06 6.25
Guiera senegalensis (feuilles) 96.69 10.97 49.11 43.43 14.89 55.77 8.62
Ziziphus mauritiana (feuilles) 93.77 17.76 45.28 30.87 8.77 64.99 9.70
Saba senegalensis (feuilles 90.07 10.12 36.36 28.47 12.69 51.46 7.86
OM: Matière Organique; PB: Protéine Brute; FDN: Fibre Détergente Neutre; FDA: Fibre Détergente Acide; ADL: Lignine Détergent Acide; IVOMD: Digestibilité de la matière
organique in vitro ME: Energie Métabolique

19
Les résidus de légumineuses comme les fanes de niébé et les fanes d'arachide sont
normalement collectés et stockés pour nourrir les animaux domestiques pendant la saison
sèche ou parfois vendus car les prix sont souvent élevés (Ayantunde et al., 2014). Les pailles
de céréales sont normalement laissées sur le champ de culture pour que les animaux
puissent les brouter. Cependant, certains agriculteurs les collectent et les conservent chez
eux pour nourrir le troupeau du ménage. La quantité et la qualité des ressources
alimentaires disponibles diminuent au fur et à mesure que la saison sèche avance. De même,
l'importance des résidus de cultures a diminué au fur et à mesure que la saison sèche
avançait, tandis que celle des broussailles augmentait. Les arbres et arbustes fourragers
jouent un rôle important dans la nutrition des ruminants à la fin de la saison sèche (de mars
à mai; Ickowicz et Mbaye 2001). La préférence pour les espèces d’arbustes varie en fonction
de la saison et des espèces animales. Les chèvres ont eu tendance à préférer les arbustes
aux moutons; ainsi, les broussailles constituent une part importante du régime alimentaire
des chèvres en fin de saison sèche (Zampaligré et al., 2013).

Analyse partielle des coûts et avantages


Les résultats de l'analyse partielle des coûts et des bénéfices du groupe de contrôle et du
groupe de traitement ont montré que le revenu net du groupe d'intervention était
sensiblement plus élevé que celui du groupe de contrôle (tableau 6). Le revenu net annuel
du groupe de traitement était de 95 349±25 388 FCFA par ménage contre 88 575±8 693
FCFA par ménage dans le groupe de contrôle. Les avantages liés à l’intervention sont entre
autre le gain de poids, le fumier collecté et la vente des animaux (écoulement ; tableau 6),
tandis que les coûts étaient liés aux soins vétérinaires et au coût des aliments. Les résultats
ont montré que la production traditionnelle de petits ruminants avec de faibles intrants est
rentable à condition qu'il n'y ait pas d'épidémie majeure, ce qui pourrait expliquer la raison
de l'élevage généralisé de petits ruminants par les petits exploitants. Toutefois, les éleveurs
peuvent générer davantage de revenus grâce à la production de petits ruminants en
fournissant des aliments complémentaires et des soins vétérinaires à leurs animaux. Pour les
ménages ayant un troupeau important, il est prudent et rentable de fournir des aliments
complémentaires et des soins de santé standard (vaccination contre la PPR et la
pasteurellose, déparasitage et mesures curatives) à leurs animaux, car le risque est élevé de
perdre la plupart des animaux en cas d'épidémie majeure comme la PPR, avec un taux de
mortalité rapporté de 80% (Ba et al., 1996). Les bénéfices annuels rapportés dans cette
étude étaient inférieurs aux bénéfices annuels obtenus pour cent moutons laitières de 362
700 FCFA et de 476 400 [Link] pour cent chèvres laitières dans une étude de Nantoume et al.
(2011) dans la région de Kaye au Mali. Si les bénéfices annuels rapportés par Nantoume et
al. (2011) devaient être ajustés à la taille du troupeau dans notre étude, les bénéfices
annuels de notre étude seraient plus élevés que les revenus des moutons et des chèvres
laitières. Nos résultats confirment que l'intervention alimentaire et sanitaire visant à
améliorer la production de petits ruminants est rentable. Il est essentiel de créer un
environnement favorable aux services vétérinaires pour que les éleveurs puissent accéder
aux services de santé pour leurs animaux.

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Table 6. Analyse partielle des coûts et bénéfices (FCFA/ménage/an) du groupe de contrôle et
d'intervention alimentaire et vétérinaire des petits ruminants à Zanzoni et Sirakele dans le
Cercle de Koutiala sur la période d’un an.
Variable Groupe de contrôle Groupe
(n=20) d’intervention
(n=20)
Avantage du gain de poids 46,596±3,364a 241,058±14,189b
Avantage du fumier collecté 5,886±519a 15,474±844b
Avantage de la vente des animaux 38,537±7,560a 169,125±26,549b
Revenu brute 91,020±8,738a 425,657±34,961b
Prix des aliments complémentaires 0a 300,988±17,717b
(tourteau de coton)
Coût des soins vétérinaires 2,445±176a 29,320±1,725b
Coût total 2,445±176a 330,308±19,442b
Revenu net 88,575±8,693a 95,349±25,388a
*Les tourteaux de coton coûte 150 FCFA par kg; Les vaccins contre la PPR, Pasteurelloses et la
trypanosomiase coûte– 175 FCFA par animal; les traitements et les déparasitages (200 FCFA par
animal et par trimestre); fumier 20 FCFA par kg de fumier sécher à l’air; gain de poids - 750 FCFA/kg
poids vivant.
*Les valeurs de chaque variable avec un exposant différent sont statistiquement significatives
(P<0,05).

Réactions des éleveurs sur l’étude pilote


Pour évaluer les avis des agriculteurs participants à l'étude pilote dans les deux
communautés d'étude, deux réunions one été organisées le 31 octobre 2017 et le 1er
novembre 2017 respectivement à Sirakele et Zanzoni. Les agriculteurs de Sirakele ont
exprimé leur gratitude au projet pour l'étude pilote grâce à laquelle leurs troupeaux ont reçu
des tourteaux de coton et des soins de santé. Ils étaient vraiment heureux des effets positifs
de l'intervention sur l'alimentation et la santé de leurs animaux. Ils ont observé qu'après un
an d'étude, ils ont constaté une amélioration considérable du développement du poids de
leurs animaux et de la taille de leur troupeau. Selon eux, la taille de leur troupeau a doublé,
voire triplé. Ils ont même déclaré que la façon dont leur troupeau a augmenté rapidement
suggère qu'ils peuvent même dépendre de l'élevage de petits ruminants pour leur
subsistance. Selon les agriculteurs de Sirakele, les avantages spécifiques de l'intervention en
matière d'alimentation et de santé comprenaient une réduction drastique du taux de
mortalité, une augmentation du taux de natalité, un revenu supplémentaire pour le ménage
grâce à l'augmentation des prélèvements, une augmentation du poids corporel et une
quantité élevée de fumier collecté. En outre, leurs connaissances en matière de gestion des
petits ruminants se sont améliorées grâce à la formation dispensée dans le cadre du projet.
En ce qui concerne l'amélioration de l'élevage des petits ruminants, les formations
dispensées leur ont permis d'acquérir des connaissances en matière de santé animale, en
particulier la sensibilisation à la vaccination contre différentes maladies et à l'importance du
déparasitage. Ils ont également déclaré avoir acquis des connaissances sur la façon de
nourrir leurs moutons et leurs chèvres pour améliorer le développement de leur poids
corporel. En outre, à la suite de l'étude, ils ont réalisé qu'ils pouvaient recueillir une quantité
importante de fumier de leurs animaux, ce qui les a amenés à prendre l'initiative de
construire des enclos ou des hangars pour leurs animaux. Selon les éleveurs, beaucoup
d'entre eux n'étaient pas vraiment intéressés par l'élevage de petits ruminants avant, car il
était considéré comme une activité pour les femmes, mais après un an d'étude, ils ont
réalisé le grand potentiel que l'élevage de petits ruminants peut apporter au bien-être de

21
leur famille. C'est pourquoi la plupart des éleveurs ont déclaré qu'ils continueraient à
vacciner leurs animaux et à leur fournir des aliments complémentaires.

Image 4. Focus groupe avec les participants de Sirakele. Crédit photo : Augustine Ayantunde/ILRI.

Image 5. Focus groupe avec les participants du village de Zanzoni.

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Les agriculteurs du groupe de contrôle à Zanzoni n'étaient pas enthousiastes à l'égard du
projet car il n'y avait aucune intervention. Le projet a donné un sac de 50 kg de riz à chaque
ménage vers la fin de l'étude pour leur participation. Les éleveurs ont fait état d'un taux de
mortalité élevé dans leur troupeau et de la contrainte de la disponibilité de la nourriture,
surtout pendant la saison des pluies où ils doivent attacher leurs animaux et les nourrir à la
maison, pour éviter d'endommager leurs cultures. Toutefois, les agriculteurs ont déclaré que
l'étude les avait sensibilisés au potentiel de la collecte de grandes quantités de fumier
provenant de l'élevage de petits ruminants pour les champs de culture. La collecte
quotidienne de fumier leur a également permis de nettoyer les enclos et les hangars des
animaux. Les réactions des agriculteurs de Sirakele et de Zanzoni suggèrent que le
renforcement de leurs capacités en matière d'élevage est essentiel pour améliorer la
production de petits ruminants dans les systèmes mixtes de culture et d'élevage au Mali et
dans d'autres pays du Sahel. La sensibilisation aux avantages de l'élevage des petits
ruminants peut également motiver les agriculteurs à investir dans une meilleure gestion de
leurs troupeaux. Par exemple, la construction d'un enclos ou d'un hangar pour loger les
animaux facilitera la collecte du fumier pour les activités champêtres. Les services de
vulgarisation, qui sont faibles au Mali et dans d'autres pays de la région, doivent être
renforcés afin de développer les capacités des agriculteurs en matière d'amélioration de
l'élevage.

23
Conclusion et recommandations
L’étude pilote a été conduite pour évaluer les effets des interventions combinant
alimentation et santé sur la production de petits ruminants dans des systèmes mixtes de
culture et d'élevage à Zanzoni (site de contrôle) et à Sirakele (site d’intervention alimentaire
et vétérinaire) à Koutiala dans le sud du Mali. Sur la base des résultats de cette étude, les
principales conclusions sont les suivantes.

i. L'intervention alimentaire et vétérinaire entraîne une croissance rapide du troupeau


d'ovins et de caprins en peu de temps et de manière rentable, grâce à une
augmentation significative du taux de natalité et une réduction du taux de mortalité.
Cette croissance du troupeau permet d'augmenter les prélèvements des ménages.
ii. L'alimentation complémentaire en plus de l'alimentation de base et la vaccination
contre les principales maladies des petits ruminants améliorent le développement
du poids corporel et augmentent la quantité de fumier qui peut être collectée pour
fertiliser les champs.
iii. Bien que la production traditionnelle de petits ruminants avec de faibles intrants
externes soit rentable à condition qu'il n'y ait pas d'épidémie majeure et une bonne
base de ressources alimentaires comme dans le sud du Mali, un revenu
supplémentaire pourrait être généré par le ménage en investissant dans
l'alimentation complémentaire et la santé du troupeau.
iv. L'étude pilote démontre que l'élevage de petits ruminants peut être rentable avec la
fourniture d'aliments complémentaires et de soins de santé. Ces résultats ont
poussé les ménages de Sirakele dont les troupeaux ont bénéficié d'une intervention
en matière d'alimentation et de santé, à s'engager fermement à poursuivre
l'intervention dans une version modifiée. Le principal défi auquel ils pourraient être
confrontés est la disponibilité des services vétérinaires nécessaires.

Quelques recommandations données par les conducteurs de


l'étude pilote
i. La fourniture d'un bon logement ou d'un hangar pour le troupeau familial est
nécessaire pour la collecte d'une quantité appréciable de fumier pour les champs.
Pour éviter la contamination du fumier, l'étable ou le hangar doit être maintenu
propre. Le nettoyage quotidien de l'animalerie est également bénéfique en termes
de réduction des conditions favorables aux maladies.
ii. L'azote présent dans l'urine peut être mieux capté en plaçant des pailles de céréales
sur le sol de l'animalerie ou de l'étable comme litière. Les litières peuvent ensuite
être utilisées comme paillis sur le champ de culture.
iii. L'accès aux services vétérinaires peut être amélioré si les éleveurs peuvent
s'organiser et s'adresser ensuite aux autorités locales de leur région pour faciliter le
contact avec les agents de santé animale/vétérinaires. Il peut également être
nécessaire d'avoir un contrat avec les agents vétérinaires pour la fourniture de
services. Les éleveurs doivent être nécessairement organisés.
iv. Le renforcement des capacités des agriculteurs en matière d'élevage amélioré est
essentiel au succès de toute intervention liée à l'élevage au niveau communautaire.
Il est donc important que les formations nécessaires soient intégrées dans tout plan
d'intervention.
v. Bien que le tourteau de coton ait été utilisé comme complément alimentaire dans
cette étude en raison de sa disponibilité dans le sud du Mali, tous les résidus de
cultures riches en protéines tels que les fanes de niébé, les fanes d'arachide ou les

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sous-produits agro-industriels tels que le son de maïs, le son de millet peuvent être
utilisés.
vi. L'élevage en groupe du troupeau d'ovins et de caprins dans les zones de pâturage
est nécessaire pendant la saison de culture pour éviter d'endommager les cultures,
ce qui est bon du point de vue nutritionnel que d'attacher les animaux autour de la
ferme sans fourniture adéquate d'aliments.

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