Maintenance des transformateurs élévateurs
Maintenance des transformateurs élévateurs
C’est dans ce contexte que nous allons nous pencher sur la maintenance d’un transformateur
élévateur, en examinant les différentes étapes et techniques utilisées pour garantir le bon
fonctionnement et sa fiabilité.
1
I. GENERALITES SUR LA MAINTENANCE
Pour être et demeurer compétitive, une entreprise doit produire toujours mieux (qualité) et
au coût de plus bas. Pour minimiser ce coût, on fabrique plus vite et sans interruption des
produits, sans défaut afin d’atteindre la production maximale par unité de temps.
L’automatisation et l’informatique ont permis d’accroître considérablement cette rapidité de
production. Cependant, les limitations technologiques des moyens de production ne permettent
pas d’augmenter les cadences.
De plus, produire plus sous-entend produire sans ralentissements, ni arrêts. Pour cela, le
système de production ne doit subir qu’un nombre minimum de temps de non production.
Excepté les arrêts inévitables dus à la production elle-même (changement de production, montées
en température, etc.), les machines ne doivent jamais (ou presque) connaitre des défaillances tout
en fonctionnant à un régime permettant le rendement maximal.
Cet objectif est un des buts de la fonction de maintenance d’une entreprise. Il s’agit de
maintenir un bien dans un état en lui permettant de répondre de façon optimale à sa fonction.
Dans une entreprise, quel que soit son type et son secteur d’activité, le rôle de la fonction
maintenance est donc de garantie la plus grande disponibilité des équipements au rendement
meilleur tout en respectant le budget alloué.
2
Le service maintenance doit mettre en œuvre la politique de maintenance définie par la
direction de l’entreprise ; cette politique doit permettre d’atteindre le rendement maximal des
systèmes de production
3
Pour choisir, il faut donc être informé des objectifs de la direction, des directions politiques
de maintenance, mais il faut connaitre le fonctionnement et les caractéristiques de matériels, les
coûts de maintenance et les coûts de perte de production.
Le diagramme suivant synthétise selon la norme NFX 60-000 les méthodes de maintenance.
4
[Link] La maintenance préventive :
La maintenance effectuée selon des critères prédéterminés, dont l’objectif est de réduire la
probabilité de défaillance d’un bien ou la dégradation d’un service rendu. Elle doit permettre
d’éviter les défaillances des matériels en cours d’utilisation. L’analyse des coûts doit mettre en
évidence un gain par rapport aux défaillances qu’elle permet d’éviter.
5
Figure 2 : Analyse des modes de maintenance
MAINTENANCE
MAINTENANCE PREVENTIVE
MAINTENANCE CORRECTIVE
CONDITIONNELLE SYSTEMATIQUE
Effectuée à Effectuée en
un intervalle fonction de Effectuée
régulier la machine après panne
6
Figure 3 : hiérarchie des modes de maintenance
Cas d’application :
Equipements soumis à un l’législation en vigueur (sécurité règlementée) : appareils de
lavage, extincteurs, réservoirs sous pression, convoyeur, monte- charge, etc.
Equipements dont la panne risque de provoquer des accidents graves : tous les matériels
assurant le transport en commun de personnes, avion, trains, etc.
Equipements ayant un coût de défaillance élevé : éléments d’une chaine de production
automatisée, processus fonctionnant en continu (industries chimiques ou métallurgiques).
Equipements dont les dépenses de fonctionnement deviennent anormalement élevées au
cours de leur temps de service : consommation excessive d’énergie, éclairage par lampes
usagées, allumage et carburation déréglés (moteurs thermiques), etc.
7
La maintenance préventive subordonnée à un type d’évènement prédéterminé (auto
diagnostic, information d’un capteur, mesure d’une usure, etc.).
Certaines méthodes comme l’analyse vibration, l’analyse d’huile, … sont très riche quant
aux informations recueillies. Leur compréhension autorise la prise à bon escient, de décisions qui
sont à la base d’une maintenance préventive conditionnelle.
9
Tous les travaux importants de maintenance corrective ou préventive à l’exception de la
rénovation et la reconstruction. Ce niveau comprend aussi le réglage des appareils de mesure
utilisés par la maintenance, et éventuellement la vérification des étalons de travail par les
organismes spécialisés.
Commentaire : Ce type d’intervention peut être effectué par une équipe comprenant un
encadrement technique très spécialisé, dans un atelier spécialisé doté d’un outillage général
(moyens mécaniques, de câblage, de nettoyage, etc.) et éventuellement des bancs de mesure et
des étalons de travail nécessaires, à l’aide de toutes documentations générales ou particulières.
11
majeure partie des applications traitées par cette technique sont réalisées dans le domaine
électrique, mais en mécanique aussi, la thermographie est intéressante en étant complémentaire
de l’analyse vibratoire. Elle a pour principal avantage d’être rapide, sans contact avec la machine,
et mettre en évidence des nombreux problèmes sur les organes mécaniques comme par exemple
les engrenages.
a) b)
Figure 4 : principe de l’analyse thermographique : a) Disjoncteur électrique vue par un œil
humain, b) Même disjoncteur électrique vue par une caméra thermique
13
II. ETUDE D’UN TRANSFORMATEUR
INTRODUCTION
L’énergie électrique est un élément vital de notre vie quotidienne, alimentant nos maisons,
nos industries et nos transports. Pour transporter et distribuer cette énergie, nous utilisons les
équipements électriques essentiels, parmi lesquels les transformateurs jouent un rôle crucial. Les
transformateurs sont des dispositifs électriques qui permettant ainsi d’adapter l’énergie aux
besoins spécifiques des consommateurs. Ils sont utilisés dans des nombreux domaines, tels que la
production d’énergie, la transmission et la distribution, ainsi que dans les applications
industrielles et résidentielles. Parmi les différents types de transformateurs, les transformateurs
élévateurs sont particulièrement importants, car ils permettent d’augmenter la tension électrique a
des niveaux suffisamment élevés pour permettre le transport de l’énergie sur de longues
distances.
Dans ce contexte, nous allons nous pencher sur les transformateurs, en examinant leurs principes
de fonctionnement, leurs types et leurs applications, avant de nous concentrer sur les
transformateurs élévateurs et leur importance dans les systèmes de production et de distribution
d’énergie électrique.
14
Le transformateur fonctionne sur le principe de l’induction électromagnétique, ou le courant
alternatif dans l’enroulement primaire crée un champ magnétique qui induit un courant dans
l’enroulement secondaire. La tension induite dans le secondaire est proportionnelle à la tension
appliquée au primaire, mais peut être plus élevée ou plus basse, selon le rapport de
transformation.
15
Le champ magnétique varie en fonction du courant alternatif, induisant un courant
électrique dans l’enroulement secondaire.
La tension induite dans l’enroulement secondaire est proportionnelle à la tension
appliquée au primaire, mais peut être plus élevée ou plus basse, selon le rapport de
transformation.
Le courant induit dans l’enroulement secondaire est collecté et utilisé pour alimenter un
circuit électrique.
Les transformateurs peuvent être différents entre eux, mais leurs paramètres de
fonctionnement sont toujours les mêmes, depuis les plus petits transformateurs haute
16
fréquence audio jusqu'aux plus gros transformateurs de puissance. Ces paramètres peuvent
être classés en huit groupes (indiqués sur tout transformateur de taille importante) :
Puissance nominale
Refroidissement
enroulements
17
Le refroidissement à l'huile par Le refroidissement à l’huile par Le refroidissement à l'huile
Radiateur ventilation par aéroréfrigérant
Exemple
Un transformateur de 1 000 kVA immergé d'huile et doté de radiateurs permettant de
refroidir l'huile à l'air, qui donne normalement les indications suivantes :
Puissance nominale : 1 000 kVA - 55oC - ONAN, ce qui indique la capacité de la puissance
nominale fournir : 1 000 kVA à une température augmentée de 55°C avec une circulation
d'huile normale (sans ventilateur ni pompe).
Les diverses abréviations rattachées au refroidissement des transformateurs sont les
suivantes :
ONAN : Oil Natural circulation with Air Naturally circulated for cooling, pour
désigner un refroidissement par circulation naturelle d'huile (thermosyphon) avec
circulation naturelle d'air.
ONAF : Oil Natural Air Forced cooling indique que le transformateur est construit
pour pouvoir être refroidi par circulation naturelle d'huile et circulation forcée d'air.
La circulation forcée de l'air permet d'augmenter un peu la puissance nominale.
OFAF : Oil Forced and Air Forced cooling signifie : refroidissement par circulation
forcée (pompée) d'huile et par refroidisseur à air forcé (ventilateur).
OFW : Oil Forced and Water cooling concerne les transformateurs principaux des
grosses centrales électriques et signifie : refroidissement par circulation forcée
d'huile elle-même refroidie par l'eau.
Pour les gros transformateurs de puissance, les valeurs nominales sont habituellement
multiples et dépendent du type de refroidissement utilisé. Les besoins de refroidissement des
transformateurs dotés de pompes de circulation d'huile et de refroidisseurs à air sont
habituellement indiqués de façon suivante :
450/600/750 MVA 65°C
ONAN/ONAF/OFAF
Ces indications signifient qu'à une température ambiante de 650C, la puissance nominale est
de :
18
450 MVA avec circulation normale de l'huile et sans utiliser de ventilateur ni de
pompe.
600 MVA avec circulation normale de l'huile et ventilateurs en marche.
750 MVA avec les ventilateurs et les pompes en marche.
Exemple : Système de refroidissement
Fréquence
Tous les transformateurs sont construits pour produire le meilleur couplage inductif, la
chaleur la plus basse et la perte de puissance la plus faible à une certaine fréquence. Une
tension induite est créée par un champ magnétique alternatif. Si la fréquence est plus élevée
que la fréquence nominale, une perte excessive se produit à l'induit à cause du mauvais
rendement du couplage inductif. Si la fréquence est plus basse que la fréquence nominale,
une perte excessive se produit à l'enroulement à cause de la diminution du couplage inductif.
Tension
L'isolation des enroulements constitue l'élément clé de la tension nominale des
transformateurs. Avec la tension nominale de fonctionnement, la surtension transitoire
(crête) que le transformateur peut supporter est habituellement indiquée. Cette surtension est
indiquée comme une tension de tenue au choc.
19
Phase
Circuits monophasés sur induit commun :
Les gros transformateurs triphasés sont souvent construits à partir de trois
transformateurs monophasés raccordés par l'entrée ou la sortie de leurs enroulements. Tel est
le cas de la plupart des transformateurs de puissance chargés de transformer le courant de
forte intensité produit par les alternateurs et passant par des barres omnibus isolées phase par
phase avant de l'envoyer sur les lignes à haute tension. La construction d'un transformateur
monophasé individuel est dans ce cas hors de question.
La plupart des transformateurs sont de ce type pour des raisons d'encombrement et de coûts.
Branchement
Enroulements indépendants (standard)
Autotransformateur
20
Couplage
1) Couplage triangle (Y ou y)
Le point central d'un enroulement en étoile est relié à la terre, ce qui assure l'équilibre des
tensions appliquées entre les bornes et la terre.
2) Couplage étoile (D ou d)
L’enroulement en triangle n'est pas doté d'un point commun. Il n'est donc pas relié à la terre
au transformateur.
Complément
On affecte généralement des MAJUSCULES au côté HT (tension la plus élevée) et des
minuscules au côté BT (tension la plus faible)
21
Changeur de prises
Des prises établies sur les enroulements des transformateurs permettent de changer le rapport
du nombre de spires entre l'entrée et la sortie et donc de choisir la tension de sortie.
Les changeurs de prise hors tension sont utilisés par les transformateurs qui ne
nécessitent que très rarement un changement de leur tension de sortie, comme avec les
transformateurs de sortie des alternateurs principaux, par exemple.
Les changeurs de prise sous tension sont utilisés pour répondre fréquemment aux
besoins créés par les fluctuations de la demande du client ou du circuit de charge
pendant la journée.
En effet, les variations de températures de l'huile impliquent des variations de son volume. Ce
réservoir permet d'absorber ces variations
Le dispositif de réglage de la tension, assure une tension stable en sortie du
transformateur (régleur en charge qui permet de rattraper une variation de tension
allant jusqu'à 16 % pour les transformateurs alimentés en 230 kV. Le régleur
fonctionne automatiquement de façon à maintenir la tension HTA du départ poste
source à la valeur affichée, un peu au-dessus de la tension nominale de façon à
rattraper en partie la chute de tension côté HTA).
Des sondes placées à l'intérieur du transformateur permettent une surveillance
permanente de la température de l'huile
22
1.4.1. Transformateur monophasé
Principe de fonctionnement :
L'un des deux bobinages joue le rôle de primaire, il est alimenté par une tension variable
et donne naissance à un flux magnétique variable dans le circuit magnétique. Le circuit
magnétique conduit avec le moins de réluctance possible les lignes de champ magnétique
créées par le primaire dans les spires de l'enroulement secondaire. D'après la loi de Faraday,
ce flux magnétique variable induit une force électromotrice dans le deuxième bobinage
appelé secondaire du transformateur.
De par son principe, le transformateur ne peut pas fonctionner s'il est alimenté par une
tension continue. Le flux doit être variable pour induire une force électromotrice (f.é.m.) au
secondaire, il faut donc que la tension primaire soit variable.
Le transformateur est réversible, chaque bobinage peut jouer le rôle de primaire ou de
secondaire. Le transformateur peut être abaisseur ou élévateur de tension.
23
On peut réaliser un transformateur triphasé à l'aide de 3 transformateurs monophasés.
Néanmoins, pour des raisons économiques mais aussi d'encombrement, on préfère le plus
souvent réaliser un transformateur triphasé avec 3 enroulements primaires et trois
enroulements secondaires sur un même circuit magnétique.
Couplage étoile
Il permet de sortir un point neutre pour obtenir deux tensions disponibles d'une part (une
tension simple et une tension composée) et d'autre part pour évacuer le courant de
déséquilibre en basse tension (courant résiduel = courant du neutre).
24
Couplage triangle
Il ne permet qu'une d’obtenir qu’une seule tension (tension composée). Ce couplage est peu
utilisé dans le transport et dans la distribution de l'énergie. Il est utilisé dans la production
pour réduire le déséquilibre des courants.
Couplage zig-zag
Ce couplage est utilisé en basse tension pour réduire le taux de déséquilibre en HTA. Chaque
enroulement comprend deux demi bobines lacées sur le même noyau.
Le couplage interne d'un transformateur est désigné par un groupe de deux lettres écrites
dans l'ordre Décroissant des tensions (tension la plus élevée ver la plus basse) et un chiffre
indiquant l'indice horaire.
• Première lettre en majuscule désigne la tension la plus élevée.
• Deuxième lettre en minuscule désigne la tension la plus basse.
25
1.5.3. Choix du couplage
Il s'effectue de manière générale à partir de nombreux critères. Parmi ces critères on peut citer :
• Le fonctionnement déséquilibré :
- Si le déséquilibre est important on optera pour un couplage Etoile-zigzag.
- Si le déséquilibre et la puissance sont importants on utilisera un couplage
triangle-Etoile.
On suppose que les enroulements primaires et secondaires sont bobinés dans le même sens.
La plaque à bornes comporte alors :
• Les trois bornes primaires.
• Les trois bornes secondaires.
Chaque enroulement est rabattu par rotation dans le plan de la plaque à bornes.
La partie supérieure des enroulements est alors la plus proche des bornes voir ci-dessous
26
1.5.5. L’indice horaire et déphasage
[Link]. Introduction
Dans le cas du transformateur monophasé les f.é.m. (forces électromotrices) induites sont
telles que :
E2 = -m E1
Pour réaliser le couplage en parallèle deux transformateurs monophasés identiques, le
repérage des bornes homologue est nécessaire pour relier les primaires et les secondaires
entre eux. Pour les transformateurs triphasés c'est plus compliqué. En effet, les enroulements
primaires et secondaires peuvent être différents et de surcroit, le même couplage peut être
réalisé différemment.
Déphasages :
Compte tenu des couplages utilisés dans les transformateurs triphasés, les seuls déphasages
possibles sont des multiples de 30° (π/6).
Ainsi on peut vérifier que, sur la même colonne du circuit magnétique, le déphasage (ø)
entre les f.é.m. EA et Ea est égal à : « Ø = ± n*π/6 »
27
[Link]. Désignation de l’indice Dy11
D : couplage triangle tension la plus élevée.
y : couplage étoile tension la plus basse.
11 : Déphasage de 11x 30°= 330° entre les tensions de la même colonne du circuit
magnétique (voir fig. ci-contre).
Les f.é.m. des enroulements a et A sont en phase car les bobinages sont concentriques et
orientés dans le même sens. D'après le couplage des enroulements (figure de droite ci-dessus),
la f.é.m. EAB est une tension composée tandis que la f.é.m. Ea est une tension simple. Or on
cherche le déphasage entre la f.é.m. simple tension la plus élevée et la f.é.m. simple de la
tension la plus basse appartenant à la même colonne du circuit magnétique.
28
29
30