TEXTE : TANT QUE TU SERAS HEUREUX
Tant que tu seras heureux, tu compteras nombre
d’amis; si le temps devient nuageux, tu seras
seul. Vois comme les colombes vont vers les toits
brillants, tandis qu’une tour salie ne reçoit point
d’oiseau. Vers les greniers vides jamais rie se
dirigent les fourmis, aucun ami n’ira vers les
fortunes ruinées. Comme l’ombre qui nous
accompagne quand nous marchons aux rayons
du soleil et qui s’enfuit dès qu’un nuage la cache,
de même le vulgaire inconstant suit l’éclat de la
fortune et s’en va dès qu’un nuage l’obscurcit. Je
souhaite que cela te semble toujours faux : par ce
qui m’arrive, je dois reconnaître que c’est vrai.
Tant que je fus solide, ma maison, connue certes,
mais non fastueuse, fut fréquentée par une foule
suffisante, mais dès qu’elle fut ébranlée, tous
redoutèrent l’effondrement et tournèrent
prudemment le dos dans une fuite commune. Je
ne m’étonne pas s’ils craignent la foudre cruelle
qui met le feu à tout ce qu’ils voient aux
alentours.