MERISE
Introduction
Le Système d’Information (SI), est un ensemble de tâches complexes regroupées en
modules spécialisés qui composent l’applicatif informatique : le logiciel.
Ces tâches complexes sont généralement un assemblage de tâches plus simples. Ces tâches
simples sont les briques de base de l’applicatif.
Historique de la méthode MERISE
Merise est un acronyme signifiant Méthode d’Étude et de Réalisation Informatique par
les Sous-ensembles ou pour les Systèmes d’Entreprise.
La méthode Merise a comme objectif d’aider, de guider les informaticiens, dans leurs
phases d’analyses, de conception et le développement des applications. Elle a été créée
au milieu des années 70 par une équipe de chercheurs et d’ingénieurs Aixois.
I. Présentation de la méthode MERISE
La méthode merise se caractérise par trois approches principales :
Une approche systémique : c’est-à-dire en ayant une vue de l’entreprise en termes de
système ; une séparation des données et des traitements et une approche par niveau
A. Approche systémique
1. Les caractéristiques d’un système
Un système est un élément fini dont le périmètre est une frontière qui le sépare de
son environnement. Il interagit avec son environnement grâce à des flux
d’informations entrantes, qu’il va traiter et restituer à l’environnement sous forme
de flux d’informations sortantes. Un système a besoin, pour prendre des décisions,
de stocker et de traiter des informations.
2. La représentation schématique des systèmes de l’entreprise
Par analogie on peut comparer l’entreprise à un corps humain : c’est-à-dire un
cerveau qui pilote, des muscles qui opèrent et des nerfs qui font transiter les
informations.
a. Le système de pilotage
Le système de pilotage définit les missions et les objectifs, organise l’emploi des
moyens, contrôle l’exécution des travaux. Il assigne des objectifs à l’organisation,
analyse l’environnement et le fonctionnement interne à l’organisation, contrôle
le système opérant. Il est relié aux autres systèmes par des flux d’informations
internes.
b. Le système d’information
Le système d’information est l’ensemble des ressources humaines, techniques et
financières qui fournissent, utilisent, compilent, traitent et distribuent
l’information de l’organisation. Il alimente l’organisation en informations
d’origines diverses (internes ou externes). Il est la passerelle obligatoire pour
toutes les informations de l’entreprise.
c. Le système opérant
Le système opérant est l’ensemble des moyens humains, matériels,
organisationnels qui exécutent les ordres du système de pilotage. Il assure le
fonctionnement du système global, son activité est contrôlée par le système de
pilotage.
B. La séparation des données et des traitements
1. Les données (ou informations)
L’information est l’émission ou la réception de signaux oraux ou écrits, sonores,
visuels ou multimédias dont le but est de déclencher les processus alimentant
l’échange.
Les informations se recueillent à l’intérieur du domaine à étudier. La liste
d’informations est constituée de plusieurs façons :
L’interview, l’étude des documents internes, l’étude des documents
externes.
1.1. L’interview
Une des phases du recueil d’information est un entretien avec les différents
acteurs de l’organisation. Cet entretien permet de définir le périmètre de
l’applicatif futur. Les informations orales sont classées et regroupées en parties
distinctes. Ainsi, les informations concernant l’enregistrement des données de
l’organisation seront regroupées.
1.2. L’étude des documents internes
Les documents internes (factures, bons de livraison, ordres de fabrication)
recèlent des informations qui sont souvent omises lors des entretiens. Ces oublis
sont dus au caractère automatique et récurrent de ces informations. Les
personnes qui les manipulent au quotidien oublient souvent de les citer tant elles
leur paraissent évidentes.
1.3. L’étude des documents externes
L’étude des documents externes (factures des fournisseurs, bons de livraison
fournisseurs...) tout comme l’étude des documents internes permet de découvrir
des informations oubliées lors des interviews et de découvrir aussi quelques règles
de gestion.
2. Les différents types d’informations
2.1. Les informations élémentaires et mémorisables
Les informations élémentaires sont des informations dont les valeurs ne
peuvent pas être inventées, elles ne sont pas déductibles d’autres
informations.
Exemple :
Le nom d’un client ou sa raison sociale ne peuvent pas être inventés.
Une quantité commandée ne peut pas non plus être inventée.
Une information doit être atomique, c’est à dire non décomposable.
Exemple :
Si l’information Adresse doit contenir « 36, rue de la paix 75000 Paris » celle ci
peut être décomposée en plusieurs informations élémentaires : adresse ; code
postal ; ville.
Chaque valeur prise par une information est appelée une occurrence.
Exemple : L’information Nom peut avoir les occurrences suivantes :
• Abdoulaye
• Diop
2.2. Les informations calculées
Les informations calculées sont déductibles des informations élémentaires.
Exemple : Le total d’une ligne de commande est le résultat de la
multiplication du prix de vente et de la quantité commandée.
C. L’approche par niveau
Pour la conception d’un SI, il est nécessaire de considérer quatre niveaux d’étude :
Le niveau conceptuel ; Le niveau organisationnel ; Le niveau logique ; Le niveau physique
1. Le niveau conceptuel
Le niveau conceptuel consiste à concevoir le SI en faisant abstraction de toutes les
contraintes techniques ou organisationnelles et cela tant au niveau des données que des
traitements.
Le niveau conceptuel répond à la question Quoi ? (Le quoi faire, avec quelles données). Le
formalisme Merise employé sera :
Le Modèle Conceptuel des Données (MCD).
Le Modèle Conceptuel des Traitements (MCT).
2. Le niveau organisationnel
Le niveau organisationnel a comme mission d’intégrer dans l’analyse les critères liés à
l’organisation étudiée. Le niveau organisationnel fera préciser les notions de temporalité,
de chronologie des opérations, d’unité de lieu, définira les postes de travail, l’accès aux
bases de données…
Les questions posées, au niveau des traitements, sont :
Qui ? ; Où ? ; Quand ?
Le formalisme Merise employé sera :
Le Modèle Organisationnel des Données (MOD).
Le Modèle Organisationnel des Traitements (MOT).
3. Le niveau logique
Le niveau logique est indépendant du matériel informatique, des langages de
programmation ou de gestion des données. C’est la réponse à la question Avec quoi ?
Le formalisme sera :
Le Modèle Logique des Données (MLD).
Le Modèle Logique des Traitements (MLT).
4. Le niveau physique
Le niveau physique permet de définir l’organisation réelle (physique) des données. Il
apporte les solutions techniques, par exemple sur les méthodes de stockage et d’accès à
l’information. C’est la réponse au Comment ?
Le formalisme employé sera :
Le Modèle Physique des Données (MPD).
Le Modèle Opérationnel et physique des Traitements (MOT).
5. Tableau récapitulatif
Niveaux Données Traitements
Conceptuel Modèle conceptuel des Données Modèle conceptuel des Traitements
Organisationnel Modèle Organisationnel des Données Modèle Organisationnel des Traitements
Logique Modèle Logique des Données Modèle Logique des Traitements
Physique Modèle Physique des Données Modèle Physique des Traitements
II. Les apports de MERISE
La force de la méthode Merise est de structurer les besoins des décideurs de façon simple
et compréhensible. Merise améliore la communication entre les différents acteurs du
processus de développement. Cette méthode, grâce à ses modèles, encadre le projet et de
ce fait protège les intervenants d’un possible développement hors sujet.
A. Des données aux dépendances fonctionnelles
Pour être traitées de manière informatisée, les données doivent être décrites dans un
formalisme compris par le système informatique qui va les gérer. Voici les formats
génériques utilisés :
● Le type alphabétique (rien que des caractères).
● Le type alphanumérique (des caractères, des chiffres…).
● Le type numérique (les nombres).
● Le type date.
● Le type logique (01, Vrai-Faux, Oui-Non)
Suite à l’interview et la collecte des documents il est nécessaire de centraliser toutes les
informations et règles de gestions (calcul d’un taux de remise par exemple) au sein d’un
document. Ce document se nomme le dictionnaire des données.
1. Le dictionnaire des données
Le dictionnaire des données est un document qui permet de recenser, de classer et de
trier toutes les informations (les données) collectées lors des entretiens ou de l’étude
des documents.
Nom de la Format Longueur Type Règle de Règle de Document
données calcul gestion
Élémentaire Calculé
Nom de la donnée : Cette cellule recevra une donnée par exemple : Nom client.
Format : Ici sera indiqué le format de la donnée, par exemple : alphabétique.
Longueur : La longueur approximative ou exacte de la donnée sera indiquée.
Exemple : 30
Type : Une croix sera inscrite dans la colonne pour indiquer si la donnée est élémentaire
ou calculée.
Règle de calcul : Ici sera indiquée de manière claire la formule ou le calcul nécessaire à
appliquer pour obtenir la donnée.
Règle de gestion : Dans cette zone sera indiquée, si nécessaire, la règle de gestion
inhérente à la donnée.
Document : La rubrique document permet de saisir le document dans lequel a été trouvée
la donnée.
Exemple :
Nom de la Format Longueur Type Règle de Règle de Document
données calcul gestion
Élémentaire Calculé
Nom client Alphabétique 30 x Facture
Le nom est au format alphabétique, d’une longueur de 30 caractères, de type élémentaire,
il n’y a aucune règle de gestion et le document dans lequel l’information a été trouvée est
la facture.
Exercice d’application :
Nous souhaitons établir le dictionnaire des données de la gestion des adhérents d’une
association.
Voici une représentation de la fiche d’adhérent :
Fiche d’adhérent
Numéro : 14
Nom : Ndiaye
Prénom : Mamadou
Adresse : parcelles unité 8
Ville : Dakar
Téléphone : 77 435 74 09
Mail : mamadou@[Link]
Code postal : 30000
Date d’adhésion : 31 décembre 2023
À la lecture de la fiche, nous pouvons déterminer la présence de neuf informations
différentes :
Le numéro de l’adhérent ; le nom ; le prénom ; l’adresse ; Le code postal ; La ville ; Le
téléphone ; Le mail ; La date d’adhésion.
Voici le dictionnaire des données :
Règle Règle
Nom Format Longueur Type de de Document
calcul gestion
E C
Numéro Numérique X Fiche
Nom Alphabétique 30 X //
Prénom Alphabétique 30 X //
Adresse Alphabétique 50 X //
Code Postal Alphanumérique 10 X //
Ville Alphabétique 50 X //
Téléphone Alphanumérique 15 X //
Mail Alphanumérique 50 X //
Date
Date X //
d’adhésion
B. Les dépendances fonctionnelles
Les dépendances fonctionnelles nous permettent de comprendre les liens existants entre les
données. Cette démarche de recherche des dépendances fonctionnelles est la première
étape dans l’analyse des données.
Définition :
Une donnée B dépend fonctionnellement (ou est en dépendance fonctionnelle) d’une donnée
A lorsque la connaissance de la valeur de la donnée A nous permet la connaissance d’une et
au maximum une seule valeur de la donnée B.
Exemple :
La connaissance de la valeur d’un numéro de client nous permet de connaître sans ambiguïté
la valeur d’un et d’un seul nom de client.
Dans la fiche d’adhérent, l’adhérent numéro 14 a pour nom Ndiaye.
Formalisme
Le formalisme de représentation d’une dépendance fonctionnelle est le suivant :
Numéro adhérent → (Nom adhérent, prénom, adresse, code postal, ville, téléphone, mail,
date d’adhésion)
Numéro adhérent sera appelé la clé de la relation ou clé primaire ou encore identifiant de
la relation.
La partie gauche de la dépendance fonctionnelle (ici Numéro adhérent) est aussi appelée
source de la dépendance fonctionnelle. La partie droite de la dépendance fonctionnelle est
appelée le but de la dépendance fonctionnelle.
1. Dépendances fonctionnelles composées
Une dépendance fonctionnelle qui comporte plusieurs attributs est dite composée.
Exemple :
(Numéro Coureur, Numéro course) → (temps)
Interpretation
Connaissant le numéro du coureur et le numéro de la course, nous connaissons de
façon certaine le temps chronométré d’un coureur précis sur une course précise.
2. Dépendances fonctionnelles élémentaires
Une dépendance fonctionnelle A → B est élémentaire s’il n’existe pas une donnée C,
sous-ensemble de A, décrivant une dépendance fonctionnelle de type C → B
Exemple :
RéférenceProduit → Désignation
NuméroCommande, RéférenceProduit → Quantité
NuméroCommande, RéférenceProduit → Désignation
La première dépendance fonctionnelle est correcte car ayant deux rubriques elle est
élémentaire.
La deuxième dépendance fonctionnelle est correcte également car la connaissance d’un
numéro de commande et d’une référence produit nous permet de connaître la quantité
commandée du produit.
Elle est aussi élémentaire car c’est la connaissance du couple (NuméroCommande,
RéférenceProduit) et pas seulement d’un des éléments qui permet la connaissance de la
quantité.
La troisième dépendance fonctionnelle n’est pas élémentaire car il existe à l’intérieur
d’elle RéférenceProduit → Désignation qui était déjà une dépendance fonctionnelle
élémentaire. Pour connaître la Désignation, NuméroCommande est dans ce cas superflu.
3. Dépendances fonctionnelles élémentaires directes
On dit que la dépendance fonctionnelle A → B est directe s’il n’existe aucun
attribut C tel que l’on puisse avoir A → C et C → B. En d’autres termes, cela
signifie que la dépendance fonctionnelle entre A et B ne peut pas être obtenue par
transitivité.
Exemple :
NumClasse → NumEtudiant
NumEtudiant → NomEtudiant
NumClasse → NomEtudiant
La troisième dépendance fonctionnelle n’est pas directe car nous pourrions écrire :
NumClasse → NumEtudiant → NomEtudiant