I) INTRODUCTION A LA MECANIQUE DES FLUIDES
1) Définition d’un fluide :
La matière existe sous deux états : l’état solide et l’état fluide.
Un fluide (liquide ou gaz) est un corps physique sans rigidité dont une des principales propriétés
est de subir de grandes déformations sous l’action de forces extérieures aussi petites que l’on
veut. Cette propriété, dite fluidité
La fluidité est due à une grande mobilité des particules fluides. A l’échelle microscopique, ce
qui caractérise les fluides, c’est que les molécules ne sont pas bloquées dans leurs orientations
relatives ; elles ont ce degré de liberté (de désordre) que n’ont pas les molécules des solides.
Un fluide s’écoule (on parle alors de l’écoulement du fluide) tandis qu’un solide se déplace en
bloc ou se déforme (petites déformations) mais tout en gardant une structure cohérente.
Ainsi un solide a une forme qui lui est propre, alors qu’un fluide n’a pas de forme propre.
Exemple 1 : Fluide incompressible
Un liquide, l’eau par exemple, est un fluide incompressible. Il prend la forme du récipient qui
le contient et donne une surface libre quand il est en contact avec l’atmosphère. Une masse de
liquide occupe un volume défini. Ainsi un liquide a son volume propre.
Exemple 2 : Fluide compressible
Un gaz, l’air par exemple, est un fluide compressible. Une masse de gaz occupe toujours tout
le volume disponible. Ainsi, au contraire des liquides, les gaz n’ont pas de volume propre.
Définition de la mécanique des fluides
La mécanique des fluides est la partie de la physique qui concerne le mouvement ou le repos
des fluides.
2) Propriétés d’un fluide
2-1) Masse volumique :
La masse volumique d’un fluide est la masse de l’unité de volume de ce fluide, définit par
𝝆=𝒎/𝑽 Où :
ρ : Masse volumique en (kg/m3),
1
m : masse en (kg),
V : volume en (m3).
Exemple :
Fluides Mercure Eau de mer eau pure huile essence butane air
ρ (kg/m3) 13 600 1030 1000 900 700 2 1.293
2-2) La densité :
La densité : elle mesure le rapport de la masse volumique du fluide rapportée à un corps de
référence. C’est une grandeur sans unité définie par : d= ρ/ ρref
Le corps de référence dépend de l’état physique du corps :
Eau : pour les solides et les liquides
Air : pour les gaz
Exemples :
1000 700
deau 1 dessence 0, 7
1000 1000
Les liquides sont caractérisés par une masse volumique relativement importante ;
liquide gaz
Pour les gaz, la masse volumique dépend de la température et de la pression.
2-3) Poids volumique (poids spécifique)
Il représente la force d’attraction exercée par la terre sur l’unité de volume, c'est-à-dire le poids
de l’unité de volume.
G mg
g (N/m3)
V V
2-4) Volume massique (volume spécifique)
C’est le volume qu’occupe l’unité de masse d’une substance, c’est l’inverse de la masse
V 1
volumique : (m3/kg)
m
2
2-5) Viscosité
C’est une grandeur qui caractérise les frottements internes du fluide, autrement dit sa capacité
à s’écouler. Elle caractérise la résistance d'un fluide à son écoulement lorsqu'il est soumis à
l'application d'une force. C’est à dire, les fluides de grande viscosité résistent à l'écoulement et
les fluides de faible viscosité s'écoulent facilement. Elle peut être mesurée par un viscosimètre
à chute de bille, dans lequel en mesure le temps écoulé pour la chute d’une bille dans le fluide.
Elle peut également être mesurée par un récipient dont le fond comporte un orifice de taille
standardisée. La vitesse à laquelle le fluide s'écoule par cet orifice permet de déterminer la
viscosité du fluide.
La viscosité est déterminée par la capacité d'entraînement que possède une couche en
mouvement sur les autres couches adjacentes. Par exemple, si on considère un fluide visqueux
placé entre deux plaques P1 et P2, tel que la plaque P1 est fixe et la plaque P2 est animée d’une
vitesse V2 .
Si on représente par un vecteur, la vitesse de chaque particule située dans une section droite
perpendiculaire à l'écoulement, la courbe lieu des extrémités de ces vecteurs représente le profil
de vitesse. Le mouvement du fluide peut être considéré comme résultant du glissement des
couches de fluide les unes sur les autres. La vitesse de chaque couche est une fonction de la
distance Z. On distingue la viscosité dynamique et la viscosité cinématique.
a) Viscosité dynamique
La viscosité dynamique exprime la proportionnalité entre la force qu'il faut exercer sur une
plaque lorsqu'elle est plongée dans un courant et la variation de vitesse des veines de fluide
entre les 2 faces de la plaque. Elle est exprimée par un coefficient représentant la contrainte de
3
cisaillement nécessaire pour produire un gradient de vitesse d'écoulement d'une unité dans la
matière. Considérons deux couches de fluide adjacentes distantes de Δz. La force de frottement
F qui s'exerce à la surface de séparation de ces deux couches s'oppose au glissement d'une
couche sur l'autre. Elle est proportionnelle à la différence de vitesse des couches soit Δv, à leur
v
surface S et inversement proportionnelle à Δz : F .S .
Z
Avec :
F : force de glissement entre les couches en (N),
: Viscosité dynamique en (kg/m.s),
S : surface de contact entre deux couches en (m2),
Δv: Écart de vitesse entre deux couches en (m/s),
ΔZ: Distance entre deux couches en (m).
Remarque : Dans le système international (SI), l'unité de la viscosité dynamique est le Pascal
seconde (Pa⋅s) ou Poiseuille (Pl) : 1 Pa⋅s = 1 Pl = 1 kg/m⋅s
V
b) Viscosité cinématique:
m
L'unité de la viscosité cinématique est le (m2/s).
Remarque 1 (unité) :
On utilise souvent le Stokes (St) comme unité de mesure de la viscosité cinématique.
1 St= 10-4 m2/s
Remarque 2 (Influence de la température) :
Lorsque la température augmente, la viscosité d'un fluide décroît car sa densité diminue.
Remarque 3 (différence entre viscosité dynamique et viscosité cinématique)
La viscosité cinématique caractérise le temps d'écoulement d’un liquide. Par contre, la viscosité
dynamique correspond à la réalité physique du comportement d’un fluide soumis à une
sollicitation (effort).
4
II) STATIQUE DES FLUIDES
1) Notions de pression
La pression exercée par une force F agissant perpendiculairement sur une surface S est :
F
P
S
Où : F est la force s’exerçant perpendiculairement à la surface en Newton (N) et S est l’aire sur
laquelle la force F est appliquée en m2.
L’unité internationale de la pression est le Pascal. 1 Pascal =1 Pa =1 kg/ms2= 1 N/m2.
Autres unités de la pression :
Le bar : 1 bar = 105 Pa
L'atmosphère : 1 atm = 1,01325 × 105 Pa
La hauteur de mercure (le millimètre de mercure) : 760 mm Hg = 1 atm
1-1) Types de pressions
Ces pressions font référence à des mesures obtenues avec différents appareils. Certains
mesurent une pression seule : pression absolue ou pression atmosphérique, d’autres mesurent
une différence de pression entre deux points quelconque, ou entre un point et l’atmosphère.
La pression absolue (Pabs) : se mesure en référence au vide absolu dont la pression est
nulle. Elle est toujours positive.
La différence de pression ou pression différentielle (Pdif), ΔP = P2 – P1 se mesure
entre deux points.
La pression atmosphérique ambiante (Pamb ou Patm) : est mesurée avec un baromètre
par rapport au vide absolu.
La pression effective Peff ou pression relative Prel est la pression différentielle mesurée
en référence à la pression ambiante. On a donc : Peff = Pabs – Patm. Cette pression peut
prendre une valeur positive ou une valeur négative.
5
1-2) Mesure des pressions
L’appareil de mesure de la pression atmosphérique est le baromètre, pour les pressions
relatives positives on utilise le manomètre à aiguille basé sur le système Bourdon ou plus
récemment des manomètres électroniques, pour mesurer les pressions négatives (dépression)
on utilise un vacuomètre (échelle de -1,033 bars à 0 bars).
2) Théorème de Pascal
Un liquide statique incompressible transmet intégralement et dans toutes les directions les
variations de pression qu’on lui fait subir. Ceci est lie à la compressibilité qui implique une
masse volumique constante.
Application : Principe de la presse hydraulique
On exerce une force F1 sur le piston de surface S1, la pression P1 transmise au liquide est :
F1
P1
S1
6
Selon le principe de Pascal, le fluide transmet intégralement en tout point les variations de
pression donc la pression P1 est intégralement transmise au piston de surface S2. En effet :
F1 F2
P1 P2 et donc :
S1 S2
F1
Et la force qui s’exerce sur la surface S2 est : F2 S2 .
S1
Conclusion : Si la surface S2 est beaucoup plus grande que la surface S1, il sera possible de
soulever des charges importantes, en appliquant une force F1 de faible valeur. En effet, si
S 2 S1 F2 F2
3) La Relation fondamental de l’hydrostatique (RFH)
La Pression hydrostatique est due à la force qu’exerce le liquide par unité de surface. Elle
correspond au poids ( F P ) de la colonne de liquide qui s’applique en un point A. Elle est
FN
définie en un point A d’un fluide par l’expression suivante : PA
S
Avec l’axe des z orienté vers le haut, cette relation s’écrit :
PA .g .Z A
Car : Le poids : FN = - mg et la masse : m .V .( S .Z )
Conclusion la pression augmente linéairement en fonction de la profondeur.
3-1) La différence de pression dans un fluide
Pour déterminer la différence de pression entre le point A et le point B, on applique la relation
précédente :
PA .g .Z A
PB .g .Z B
PB PA .g .( Z A Z B )
On pose : h ( Z A Z B )
Donc la relation fondamentale de l’hydrostatique s’écrit sous la forme : PB PA .g .h
7
Conséquence :
Dans un fluide statique incompressible, en tout point d’un même plan horizontal, la
pression et identique (ZA=ZB, PA=PB). (Les plans horizontaux sont des isobares).
La différence de pression entre deux points situés à des altitudes différentes est
proportionnelle à cette différente d’altitude.
4) Poussée d’Archimède
Lorsqu’un corps solide est plongé dans un fluide, il reçoit une poussée (force) verticale, dirigée
vers le haut et égale au poids du fluide déplacé.
Le poids du corps est : P mg .Vtotale .g .(Vi Ve ).g
La poussée d’Archimède est : f .Vi .g
Avec f représente la masse volumique du fluide, est la masse volumique du corps est Vi
est le volume immergé et Ve est le volume non immergé.
Vi
A l’équilibre on a : P f .Vi .g .(Vi Ve ).g
f Vi Ve
Selon les valeurs de f et , on distingue les phénomènes suivants :
Lorsque f on a une immersion : le corps solide se trouve complètement immergé
dans le fluide.
Lorsque f on a une flottaison : le corps solide flotte à la surface du liquide (une
partie se trouve dans le fluide et l’autre dans l’air).
Lorsque f on a une suspension.
8
III) DYNAMIQUE DES FLUIDES
1) Régimes d’écoulement - nombre de Reynolds
Les expériences réalisées par Reynolds (1883) lors de l'écoulement d'un liquide dans une
conduite cylindrique rectiligne dans laquelle arrive également un filet de liquide coloré, ont
montré l'existence de deux régimes d'écoulement : laminaire et turbulent.
Régime laminaire : Si les fluides sont des lignes régulières, sensiblement parallèles
entre elles, l’écoulement est dit laminaire.
Régime transitoire (intermédiaire) : c’est une transition entre le régime laminaire et
le turbulent.
Régime turbulent : Les fluides s’enchevêtrent, s’enroulent sur eux-mêmes (formation
de mouvement tourbillonnant dans les fluides).
La détermination du régime d’écoulement est par le calcul d’un paramètre sans dimension
v.D. v.D
appelé nombre de Reynolds (Re) : Re
D : Diamètre intérieur de la conduite en (m)
v : Vitesse moyenne d’écoulement en (m/s)
: Masse volumique du fluide en (kg/m3)
: Viscosité dynamique en (Pa.s)
: Viscosité cinématique en (m2/s)
Si Re<2000, le régime est laminaire.
Si Re>3000, le régime est turbulent.
Si 2000<𝑅𝑒<3000, le régime est transitoire.
9
2) Notion de debit
Le débit d'un fluide à travers un conduit est défini comme étant la quantité de fluide qui la
traverse durant l'unité de temps.
2-1) Débit volumique
Si ΔV est le volume de fluide qui a traversé une section droite de la conduite pendant le temps
V
Δt, par définition le débit volumique (en unité : m3/s) est : Qv
t
En explicitant le volume par S.x où S est la surface du conduit et Δx la distance parcourue
par le fluide dans le conduit, on peut exprimer le débit par le produit de la vitesse du fluide par
la section du conduit.
V S .x S .v.t Qv S .v
2-2) Débit massique
On peut déduire facilement la relation entre le débit massique et le débit volumique. En effet,
V m
si on prend m avec Qm on trouve :
t
Qm .Qv .S .v (l’unité est : kg/s)
3) Relation de continuité
Dans un circuit circulatoire d'un fluide dont la section est variable d’un endroit à l’autre, la
vitesse circulatoire v est également variable, mais le débit doit rester constant en suivant le
principe que la quantité de liquide qui entre à une extrémité du circuit doit ressortir à l’autre
bout : Qv S .v Cst
Q1 Q2 S1.v1 S 2 .v2
10
4) Théorème de Bernoulli
Enoncé : L’énergie mécanique totale d’un fluide idéal (sans perte de charge) est constante dans
un circuit dans lequel il circule à débit constant (au cours du temps) :
1
P v 2 gZ Cst
2
Ce théorème n'est en fait qu'une reformulation de la relation entre le travail et l'énergie
appropriée à la mécanique des fluides. Entre deux point A et B de sections S1 et S2 situés à des
hauteurs Z1 et Z2, où le fluide admet des vitesses d’écoulement v1 et v2 , l’équation de Bernoulli
s’écrit :
1 1
P1 v12 gZ1 P2 v2 2 gZ 2
2 2
Ce théorème est valable dans les conditions suivantes :
Fluide incompressible et densité constante.
Fluide non visqueux (pas de frottements) donc pas de perte de charge (perte de
pression).
Fluide en écoulement laminaire (vitesse d'écoulement constante) et non turbulent.
Cas particulier :
Si un fluide est au repos on a : v2 v2 0 , et donc :
P1 gZ1 P2 gZ 2 P1 P2 g ( Z 2 Z1 ) gh
On retrouve alors la relation fondamentale de l’hydrostatique.
11
5) Applications du théorème de Bernoulli
5-1) Formule de Torricelli
Considérons un réservoir cylindrique rempli d’un liquide dans lequel on perce un orifice. La
formule de Torricelli relie le débit d’écoulement avec la hauteur de liquide h. L’application du
théorème de Bernoulli entre les points A et B donne :
1 1
PA vA2 gZ A PB vB 2 gZ B
2 2
Puisque : PA = PB = Patm ; 𝑣A ≪ 𝑣B on a:
1
vB 2 gZ A gZ B
2
Et donc : vB 2 g ( Z A Z B )
5-2) Tube de Venturi :
Un venturi est un étranglement de conduit, limité par les sections S1 et S2 où les pressions sont
respectivement p1 et p2. Un tel appareil permet de mesurer le débit volumique d’un fluide. La
vitesse du fluide circulant dans la conduite augmente dans l’étranglement et sa pression
diminue : V2 > V1 et P2 < P1
12
En appliquant le théorème de Bernoulli sur une ligne de courant entre les deux points (1) et (2),
on obtient :
P1 v12 P v2
Z1 2 2 Z 2
g 2g g 2g
Ici Z1 =Z2 (écoulement horizontal) et l’équation de continuité permet d’écrire :
S1
QV S1.v1 S2 .v2 v2 v1
S2
P1 P2 v2 2 v12 v12 S1
2
Et donc : 1
g 2g 2 g S2
v12 S1
2
Et finalement : P1 P2 1
2 S2
S1 et S2 sont connues (caractéristiques du venturi), P1 et P2 sont données par les hauteurs du
liquide manométrique dans le manomètre, on détermine donc la vitesse v1 :
2 P1 P2
v1
S 2
1 1
S2
5-3) Tube de Pitot
On considère un liquide en écoulement permanent dans une canalisation et deux tubes
plongeant dans le liquide, l'un débouchant en A face au courant, et l'autre en B est le long des
lignes de courant, les deux extrémités étant à la même hauteur.
Au point B, le liquide a la même vitesse v que dans la canalisation et la pression est la même
que celle du liquide PB= P. En A, point d'arrêt, la vitesse est nulle et la pression est PA.
13
L’application du théorème de Bernoulli entre les points A et B donne :
1 1
PA vA2 gZ A PB vB 2 gZ B
2 2
1
Puisque : ZA = ZB : même horizontale ; 𝑣A = 0 : point de prise de pression d’où : PA PB vB 2
2
2
Et donc : vB PA PB
En mesurant la dénivellation H du liquide dans les deux tubes, on peut en déduire la vitesse v
d'écoulement du fluide. on a : PA PB gH , ce qui donne :
v 2 gH
6) La loi de Poiseuille :
Pour un écoulement laminaire, dans une conduite cylindrique horizontale, le débit
r4
volumique d'un fluide est donné par : QV ( P1 P2 )
8 l
Avec :
• QV : débit-volume (m3/s),
• r : rayon intérieur (m),
• : viscosité dynamique du fluide (Pa·s),
14
• l : longueur entre les points (1) et (2) (m),
• P1 et P2: pression du fluide aux points (1) et (2) en (Pa).
On peut conclure que dans un fluide réel le débit est proportionnel à la variation de pression et
au rayon r du tube.
Remarque : La loi de Poiseuille Permet d’expliquer l’évolution des pressions physiologiques
moyennes le long de l’arbre vasculaire.
7) La loi de Stokes
Soit un corps solide en mouvement dans un fluide. Outre son poids et la poussée d’Archimède,
le solide subit également une force de résistance F, développée par le fluide, qui s’oppose à son
déplacement. Cette force dépend, d’une part, de la vitesse v et de la forme géométrique du
corps solide et, d’autre part, de la viscosité et de la masse volumique du fluide.
Pour un nombre de Reynolds relativement faible, Re 1 on a F 6. ..r.v
Cette relation est appelée formule de Stokes (ou loi de Stokes). Elle reste valable tant que
Re<0,5. Au-delà de cette limite des tourbillons apparaissent dans le sillage de la sphère et la
formule de Stokes (5) n’est plus applicable.
8) Résistance à l’écoulement : la loi d’Ohm
Il est possible d’établir un parallèle entre l’écoulement d’un fluide dans un tuyau et le passage
du courant électrique dans un conducteur :
La perte de charge P joue un rôle comparable à la différence de potentiel,
Le débit QV est équivalent à l’intensité électrique
Et il s’agit donc simplement de trouver l’équivalent de la résistance électrique pour pouvoir
écrire la loi d’Ohm : V RI
15
Et son équivalent hydraulique. Il suffit pour cela d’écrire la loi de Poiseuille sous une forme
8 l
légèrement différente : P QV
n r 4
8 l
Expression qui permet de définir la résistance mécanique à l’écoulement : Rmec (unité :
r4
Pa.s/m3)
Le rayon de la conduite est le seul facteur influençant la résistance à l’écoulement.
Comme c’est le cas pour les résistances électriques, les résistances mécaniques peuvent être
placées en série ou en parallèle. Les lois valables pour les résistances électriques s’appliquent :
Conduits en série :
Rmec / tot Rmec ,i
i
Rmec / tot Rmec1 Rmec 2 Rmec 3
Conduits en parallèle :
1 1
Rmec / tot i Rmec ,i
1 1 1 1
Rmec / tot Rmec1 Rmec 2 Rmec 3
16
IV) HEMODYNAMIQUE : CIRCULATION SANGUINE
La circulation sanguine de l’organisme est le mouvement du sang qui quitte le cœur via une
série d’artères. Plus loin, le diamètre de ces artères se rétrécit et les artères sont alors appelées
des artérioles. Ces artérioles deviennent des capillaires et éventuellement des veinules, où le
sang retourne vers le cœur grâce à des réseaux de veines. La microcirculation, les jonctions
artériole-capillaire-veinule composent la partie essentielle du système vasculaire.
Le déplacement ou écoulement du sang obéit aux lois de la mécanique des fluides. Les mesures
de pression, de débit, viscosité sanguine et vitesse sont liées de la même manière qu’en
mécanique des fluides.
Le sang est un liquide biologique vital qui circule continuellement dans les vaisseaux sanguins
et le cœur, grâce à la pompe cardiaque. Il est composé d’un fluide aqueux, le plasma, et de
milliards de cellules, principalement les globules rouges, qui lui donnent sa couleur. Le sang
peut être en écoulement laminaire (physiologiquement) ou en écoulement turbulent (si un caillot
bouche l’artère).
1) La pression artérielle
La pression artérielle, ou pression artérielle systémique, correspond à la pression du sang dans
les artères de la circulation systémique (circulation principale. On parle aussi de tension
artérielle (ou simplement de tension) car cette pression est aussi la force exercée par le sang sur
la paroi des artères, ce qui les tend dans la paroi de l’artère résulte directement de la pression.
Le cœur travaille comme une pompe c’est-à-dire qu’il reçoit du sang et donne du sang. Entre le
départ et l’arrivée (pendant un cycle cardiaque) du sang, la pression passe par un maximum
(systolique) qui correspond au pompage et par un minimum (diastolique) qui correspond à la
relaxation. Le temps (cycle cardiaque) est en moyenne de 54 secondes alors que le débit
cardiaque au repos est de 9,7.10-5 m3/sec.
La pression artérielle se mesure au niveau d’une grosse artère ou Un petit capteur pour
déterminer la pression est placé sur l’artère et un brassard gonflable est installé autour du bras
de la personne. En dégonflant lentement ce dernier, il est possible d’avoir une évaluation
relativement précise de la pression artérielle. La pression artérielle égale la pression statique si
la personne est allongée et si le capteur est perpendiculaire à l’écoulement du sang car il fournit
17
une valeur proche de la pression au voisinage du cœur puisque le bras est à peu près au même
niveau que le cœur.
Si la personne est debout, les pressions au niveau du cœur Pc , au niveau du pied Pp et au niveau
du cerveau Pcv , obéissent à la relation (application de la RFH) :
Pp Pc ghc Pcv ghcv
est la masse volumique du sang, hc est la hauteur pieds-cœur et hcv est la hauteur cerveau-
cœur.
L’unité internationale de mesure de pression est le pascal (Pa). Toutefois, l’usage fait que la
pression artérielle est souvent mesurée soit en centimètres de mercure (cm Hg), soit en
millimètres de mercure (mm Hg). Elle est exprimée par deux valeurs :
La pression systolique (PAS) est la pression maximale, au moment de la contraction
du cœur (systole) ; PAS = 135 mm Hg = 18 KPa.
La pression diastolique (PAD) est la pression minimale, au moment du relâchement
du cœur (diastole) ; PAD =80 mm Hg = 11 KPa
La pression artérielle moyenne : PAM = (PAS + 2PAD)/3 = 96 mm Hg = 13 KPa
Remarque : Une PAM de 14/8 signifie :
Une PAS de 14 cm Hg
Une PAD de 8 cm Hg
2) La perfusion
Principe de la perfusion : pour introduire (de façon lente) un liquide dans une artère il faut que
la pression du liquide soit supérieure à la pression du sang Ps . Le flacon contenant la solution
de masse volumique doit donc être placé à une hauteur (h) suffisante au-dessus du patient
afin d’avoir gh Ps .
18
3) La résistance vasculaire
Comme tout liquide visqueux s’écoulant dans un tube, le sang propulsé par le cœur dans le
système circulatoire est soumis à une résistance à l’écoulement, et qui influence la pression et
le débit du courant sanguin.
D’après la loi de Poiseuille on a : PA Rv .Qc
PA : Pression artérielle,
Qc : Débit cardiaque
Rv : Résistances vasculaires périphériques
La principale résistance vasculaire se trouve dans les artérioles, ces petites artères à paroi très
musculaire, et qui peuvent donc faire varier fortement leur diamètre, jouant directement sur la
résistance vasculaire. Les grosses artères n’opposent qu’une faible résistance au courant
sanguin.
Dans le corps humain, on s’intéresse à la perte de pression de part et d’autre d’un système
constitué de milliers de conduits en parallèle (les capillaires par exemple), il faut alors prendre
en compte les résistances de chaque conduit (on simplifie généralement en considérant qu’elles
sont identiques) pour calculer la résistance totale ( Rt ).
1 1 1 1 1
........
Rt R1 R2 R3 Rn
Et Puisque on a: R1 R2 R3 ........ Rn R
1 n R
Donc : Rt
Rt R n
Pour calculer la chute de pression entre l’entrée et la sortie
d’un réseau de n capillaires/conduits en parallèle, la loi de
8 l
poiseuille donne : P QV
n r 4
19