Évaluation d'algorithmes IA en radiothérapie
Évaluation d'algorithmes IA en radiothérapie
Le 11 janvier 2024
Jury
M. Jean-Marc BORDY, Rapporteur
Mme Véronique DEDIEU, Rapporteure
Mme Céline BOURGIER, Examinatrice
M. Mourad BENABDESSELAM, Examinateur
M. David PASQUIER, Examinateur
Mme Isabelle BERRY, Directrice de thèse
M. Xavier FRANCERIES, Co-directeur de thèse
Mme Jocelyne MAZURIER, Co-directrice de thèse du monde socio-économique
A la mémoire de Martine Constans,
Je tiens tout d'abord à exprimer ma profonde gratitude envers mon jury de thèse pour l'intérêt qu'ils
ont porté à mon travail. Mes premiers remerciements vont à mes rapporteurs, Jean Marc Bordy et
Véronique Dedieu, dont la disponibilité rapide et les corrections minutieuses ont grandement
enrichi mon manuscrit. Je suis également reconnaissant envers les examinateurs, Mourad
Benabdesselam, Céline Bourgier et David Pasquier, pour avoir accepté de participer à ma
soutenance. Ce fut un honneur pour moi d'échanger avec vous 5.
Mes remerciements s'adressent également aux radiothérapeutes du groupe ORION Pasteur et aux
équipes de RaySearch pour avoir mis à ma disposition les ressources nécessaires à la réalisation
de ce travail. Un merci tout particulier aux manipulateurs en électroradiologie et aux secrétaires
du groupe ORION Pasteur, qui sont de vrais rayons de soleil et dont la bienveillance et le
professionnalisme sont admirables.
Un grand merci également à Celia et Léa pour leur implication dans mes projets de thèse. Vos
travaux passés et à venir ont indéniablement élevé le niveau de cette recherche.
Je souhaite également adresser mes remerciements aux dosimétristes, mes « cobayes » - Bassem,
Frédérique, Sébastien, Stéphane et Victoire. Merci pour votre patience face à mes scripts et
modèles de plans de traitement parfois douteux. Vos retours d'expérience, vos encouragements et
votre soutien ont été précieux. Victoire, je te suis reconnaissante d'avoir été à mes côtés à chaque
étape de cette thèse, pour tes relectures attentives et nos échanges constructifs dans tous les
domaines. Cette thèse m'a non seulement enrichi professionnellement, mais m'a également offert
une véritable amie.
Mes remerciements vont également à ma famille, ma belle-famille et les poupounes pour leur
affection et leur soutien indéfectible. Je leur suis infiniment reconnaissante pour leur présence tout
au long de cette aventure.
Un merci tout spécial à la promotion des étudiants de DQPRM 2023/2025, ainsi qu'à Manon qui
m'a accompagné durant mon Master. Vous êtes géniaux et je suis reconnaissante de vous avoir
rencontrés à ce stade de ma thèse. Je souhaite exprimer ma gratitude à mes colocataires - Alexis,
Elena et Pauline - pour leur soutien pendant ces trois mois intenses (et un peu plus pour Elena),
pour nos échanges enrichissants et leur aide. Sans vous, je ne sais pas comment j'aurais pu achever
ce travail.
Un grand merci au « Celt Club » - Adil, Benjamin, Cédric, Coralie, Géraud, Julien, Ludivine, les
Pauline, Samantha les Sophie, et Thibault - pour son amitié indéfectible et les olympiades. Je suis
heureuse d'avoir un cercle d'amis aussi soudé et attentionné. Merci à Sophie, Julien et Ludivine
pour leur présence lors de mes passages à Paris et chacune de nos « bagarres », à Laura pour avoir
pris du temps à traduire mes travaux et son soutien constant. Merci également à Coralie de m’avoir
toujours écouté et épaulée. Tu es tellement forte, je suis fière d’être ta témoin.
Adeline, je te remercie de toujours me porter vers le haut, quel que soit le domaine. Tu es une
source d'inspiration. Tu te donnes toujours à 100% pour toi et pour les autres. Alice a une chance
inestimable de t'avoir comme maman.
Enfin, un immense merci à Sylvain, mon pilier, mon Sam. Cette thèse est aussi la tienne et je suis
éternellement reconnaissante de t’avoir dans ma vie. Je suis fière de toi, je t'aime et je suis
convaincu que l'avenir nous réserve de belles choses avec plein de graines de sésame.
1
TABLE DES MATIERES
1. INTRODUCTION ................................................................................................................................................ 4
2. GENERALITES SUR LES TRAITEMENTS EN RADIOTHERAPIE............................................................................... 5
3. LES SYSTEMES DE PLANIFICATION DE TRAITEMENTS TPS............................................................................. 10
1. INTRODUCTION .............................................................................................................................................. 65
2. ALGORITHMES DE PLANIFICATION DE TRAITEMENT AUTOMATIQUE .............................................................. 67
Algorithme de planification multicritères – MCO ...................................................................................... 67
Algorithme de Dose Mimicking .................................................................................................................. 68
Algorithmes de Planification par Intelligence Artificielle .......................................................................... 69
3. OUTILS ET METHODES UTILISES POUR EVALUER LES PLANS DE TRAITEMENT ................................................. 74
Outils d’évaluation de la qualité de plan.................................................................................................... 74
Outils d’évaluation de la délivrabilité du traitement .................................................................................. 76
Outils statistiques pour l’analyse statistique des plans de traitement ........................................................ 76
Méthode de la délivrabilité des plans de traitement ................................................................................... 77
Comparaison des plans de traitement ........................................................................................................ 79
4. RESULTATS.................................................................................................................................................... 85
Etude 1 : Comparaison des plans automatiques par rapport aux plans de référence ................................ 85
Etude 2 : Amélioration des plans générés par MCO .................................................................................. 87
Etude 3 : Etude préclinique du DL pour la mise en œuvre clinique ........................................................... 88
Etude 4 : Retour d’expérience sur l’IA en routine clinique pour les plans de traitement du pelvis. .......... 95
5. SYNTHESE ET DISCUSSION SUR LA PLANIFICATION AUTOMATIQUE .............................................................. 101
Figure 1-2-4 - Schéma d'un collimateur multi-lames pendant un traitement en radiothérapie externe ......................... 8
Figure 1- 2-6 - Schéma des bouts arrondis des lames du MLC ..................................................................................... 9
Figure 1- 3-1 - Illustration de la délinéation d'un organe sur les coupes de scanner ................................................... 11
Figure 1-3-2 - Schéma des interactions des particules dans la tête d'irradiation ......................................................... 13
Figure 1-3-3 - Schéma de l’algorithme du Collapsed Cone Convolution (CCC) pour le traitement de la fluence primaire
[33] .................................................................................................................................................................... 14
Figure 2-1-1 - Schéma d'un volume sphérique, discrétisé, avec un maillage .............................................................. 27
Figure 2-2-1 - Schéma de l'ensemble des points de 2 volumes (A et B), des distances entre les points (flèches rouges
et bleues) et de correspondance (flèches jaunes) entre A et B ........................................................................... 32
Figure 2-2-2 - Schéma de la boîte d'encombrement (en bleu) d’un organe (en orange) ............................................. 33
Figure 2-2-3 - Schéma des comparaisons, sur chaque axe (x,y et z) des boîtes d'encombrement en fonction des
coordonnées centrales et des tailles des boîtes. ................................................................................................. 34
Figure 2-2-4 - Schéma de la comparaison des deux volumes avec le vrai positif (violet), le faux positif (rouge), le faux
négatif (bleu) et le vrai négatif (orange). ........................................................................................................... 34
Figure 2-2-5 - Schéma des résultats obtenus avec les indices en fonction des volumes manuels et DL initiaux ........ 36
Figure 2-3-1 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS,
DL et MBS pour la vessie.................................................................................................................................. 39
Figure 2-3-2 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement et celles
segmentées par MABS, DL et MBS pour la vessie ........................................................................................... 40
Figure 2-3-3 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS,
DL et MBS pour le rectum ................................................................................................................................ 41
Figure 2-3-4 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement et celles
segmentées par MABS, DL et MBS pour le rectum .......................................................................................... 41
Figure 2-3-5 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par DL
(Rectum) et ceux corrigés manuellement (Rectum +2 – 2). .............................................................................. 42
Figure 2-3-6 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS,
DL et MBS pour les têtes fémorales .................................................................................................................. 42
Figure 2-3-7 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement et celles
segmentées par MABS, DL et MBS pour les têtes fémorales. .......................................................................... 43
Figure 2-3-9 – Une comparaison de contourage de la vessie par un radiothérapeute vs le contourage automatique
MABS (DSC=0.72, ISN =0.63, ISP=0.88), MBS (DSC=0.75, ISN =0.66, ISP=0.98) et DL (DSC=0.98, ISN=0.97,
ISP=0.99) ............................................................................................................................................................ 44
Figure 2-3-10 - Une comparaison entre le contourage des têtes fémorales par un radiothérapeute vs le contourage
automatique MABS (DSC=0.93, ISN=0.94, ISP=0.94), MBS (DSC, ISN=0.99, ISP=0.80) et DL (DSC =0.84, ISN =0.99,
ISP=0.65) ............................................................................................................................................................ 44
Figure 2-3-11 - Une comparaison entre le contourage du rectum par un radiothérapeute vs le contourage automatique
MABS (DSC=0.43, ISN =0.44, ISP=0.45), MBS (DSC=0.24, ISN =0.93, ISP =0) et DL (DSC=0.61, ISN = 0.95, ISP=
0)........................................................................................................................................................................ 45
Figure 2-3-12 - Différences moyennes de tailles et de coordonnées centrales des boîtes d’encombrements entre les
volumes segmentés par RS et les volumes corrigés par le radiothérapeute. Pour les axes tête/pied, droite/gauche
et antérieur/postérieur. ....................................................................................................................................... 48
Figure 2-3-13 - Différences moyennes de tailles et de coordonnées centrales des boîtes d’encombrements entre les
volumes segmentés par RS et les volumes corrigés par le radiothérapeute. Pour les axes tête/pied, droite/gauche
et antérieur/postérieur. ....................................................................................................................................... 49
Figure 2-3-14 - Patient présentant la plus grande différence de contourage du canal médullaire entre le volume du
radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de RayStation (bleu) :................................................ 50
Figure 2-3-15- Exemple de patient pour l’étude qualitative par comparaison des contours segmentés automatiquement
par DL (bleu) et corrigé manuellement par le radiothérapeute (jaune) et (D SC = 0.58, rapport volumique = 0.78)
........................................................................................................................................................................... 51
Figure 2-3-16 - Exemple de patient pour l’étude qualitative par comparaison des contours de nerfs optiques corrigé
manuellement par le radiothérapeute (jaune) et segmentés automatiquement par le DL de RayStation (bleu) (D SC
=0.74) ................................................................................................................................................................ 51
Figure 2-3-17 – Patiente de l’étude comparative des contours des seins segmentés automatiquement (RayStation en
bleu) et corrigés automatiquement par le script (Correction automatique en jaune). ........................................ 52
Figure 2-3-18 - Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés par
le DL de RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de vésicules séminales ..... 55
Figure 2-3-19 - Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés par
le DL de RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de ganglions
lymphatiques pelviens ....................................................................................................................................... 55
Figure 2-3-20 – Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés
par le DL de RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de prostate ........ 55
Figure 2-3-21 - Patient ayant une différence de contourage de l’œsophage entre le volume de RS corrigé par le
radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet). .................................................... 58
Figure 2-3-22 –Exemple de différence de contourage de la cavité buccale entre le volume de RS corrigé par le
radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet), .................................................... 58
Figure 2-3-23 - Exemple de différence de contourage du chiasma et des nerfs optiques entre le volume de RS corrigé
par le radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet) ; Chiasma optique -> DSC=
0.34 et rapport volumique = 0.21 ; Nerfs optiques -> DSC= 0.75 et rapport volumique = 0.67 ......................... 59
Figure 2-3-24 -Exemple de différence de contourage d’un cristallin entre le volume de RS corrigé (jaune) et la
segmentation automatique de Limbus (violet)................................................................................................... 59
Figure 3-2-1 – Schéma de l’espace de Pareto en 2 dimensions pour la protection d’un rectum et la couverture d’un
volume cible. ..................................................................................................................................................... 67
Figure 3-2-3- Distribution de dose délivrable générée à partir du Mimicking et de la distribution de dose à priori... 69
Figure 3-2-4 - Distribution de dose à priori générée par Machine Learning ............................................................... 69
Figure 3-2-6 - Processus pour l'obtention d'un modèle d'IA avec RaySearch ............................................................. 71
Figure 3-2-7- Schéma des opérations effectuables sur les structures d'optimisation .................................................. 72
Figure 3-2-8 – Distributions de dose prédite (en haut à gauche), post traitée (en haut à droite) et délivrables avec
différentes stratégies (en bas). ........................................................................................................................... 73
Figure 3-3-1 - Utilisation du MCO en routine clinique pour les Encéphales in toto ................................................... 80
Figure 3-3-2 - Utilisation du DL en routine clinique pour les Prostate, Loge, Pelvpro, PelvLoge et ProVS .............. 81
Figure 3-4-1 - Différence de couverture entre un plan MCO automatisé (Plan MCO-AUTO) et un plan MCO automatisé et
amélioré manuellement (PlanMCO++) .................................................................................................................. 88
Figure 3-4-2 - Distribution spatiale de l'isodose 100% de la prescription (rouge) dans le PTV (jaune) ..................... 89
Figure 3-4-3 - Histogramme dose volume des régions d'intérêt (têtes fémorale, vessie, rectum et PTV) générés plans
les PlanDL avec post traitement (ligne avec point) et sans post traitement (ligne avec croix) ............................ 90
Figure 3-4-4 – Histogramme dose-volume des régions d'intérêts (têtes fémorale, vessie, rectum et PTV) et Plan DL-POST
(lignes avec points) et les distributions de dose délivrables : Plan DL-MIMICKED (lignes foncées avec triangles). 91
Figure 3-4-5 - Différence de couverture entre un plan généré par Deep Learning (Plan DL) et un autre généré par MCO
automatisé et amélioré manuellement PlanMCO++ ............................................................................................... 94
Figure 3-4-6 - Le diagramme en boîte, la valeur moyenne (ligne en pointillés) et la valeur réelle (points) du taux de
réussite du gamma global (GPR) 2%-2mm entre le plan de traitement calculé et le plan de traitement mesuré.
........................................................................................................................................................................... 99
Figure A-3-1 - Novalis Tx (Varian Medical Systems, Palo Alto, CA-Brainlab AG, Munchen, Germany) .............. 148
Figure A-4-1 - Schéma d'une opération de convolution sur une image voxelisée .................................................... 150
Figure A-4-2 - Schéma de la fonction Pooling d'un réseau de neurones convolutif ................................................. 151
Figure A-8-1 - Parcours de la lame 5 gauche sur deux segments s=1 et s=2 d'un même faisceau « b » ................... 161
Figure A-8-2 - Leaf Gap pour une paire de lames positionnées en n=5, d'un segment « s », pour un faisceau « b » 162
Figure A-8-3 - Eléments "x" en bleu et "y" en rouge de l'ouverture d'un MLC pour un segment "s" donné ............ 162
Figure A-8-4 - Aire (jaune) et périmètre (vert) d'ouverture de lame du MLC pour un segment « s » et un faisceau « b »
donnés.............................................................................................................................................................. 163
Figure A-8-5 - Variation géométrique de lames et variabilité de l'ouverture de lame pour un segment « s » donné d'un
faisceau « b » ................................................................................................................................................... 164
Figure A-9-1 - Distribution de dose d’un traitement de prostate avec atteintes des aires ganglionnaires, traité en deux
temps (46+32 Gy = 78 Gy) en 39 fractions de 2 Gy ........................................................................................ 165
Figure A-9-2 - Exemple d'un plan de traitement classique dans la base de données proVS ..................................... 167
Figure A-9-3 - Exemple d'un plan de traitement classique de la base de données pelvPro....................................... 167
Figure A-9-4 - Distribution de dose d’un traitement d’encéphale in toto, traité en 10 séances de 3 Gy ................... 169
Figure A-12-1 Exemple de script pour la génération des PTV et des structures d'optimisation ............................... 172
Figure A-12-2 - Exemple de script pour l’initialisation automatique d’un plan de traitement.................................. 173
Figure A-12-3 Interface graphique pour la sélection des données de la base de données ......................................... 174
Figure A-12-4 - Interface graphique pour l'analyse et la comparaison de deux méthodes ........................................ 175
Figure A-12-6 - Interface graphique pour l’évolution temporelle d’un paramètre dans le temps. ............................ 176
Figure A-12-7- Interface graphique pour l’export au format DICOM ...................................................................... 176
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 2-3-1 - Comparaison entre les structures segmentées automatiquement avec et sans corrections pour
différentes localisations et pourcentages de structures automatisées ayant subi une correction manuelle ........ 47
Tableau 2-3-2 – Comparaison pour un patient, des volumes segmentés automatiquement sans correction et ceux
corrigés par un radiothérapeute. ........................................................................................................................ 53
Tableau 2-3-3 - Moyennes des indices DSC et du rapport volumique entre les structures segmentées automatiquement
avec et sans corrections pour les volumes cibles de la région anatomique pelvienne ...................................... 54
Tableau 2-3-4 – Comparaison entre les structures segmentées automatiquement par RayStation (RS) et par Limbus
(LB), et différences apportées par la correction manuelle des volumes de RS. ................................................. 57
Tableau 2-3-5 - Récapitulatif de l’étude comparative entre les DL de RayStation (RS) et le DL de Limbus (LB) .... 60
Tableau 3-3-2 - Modèle utilisé en routine clinique et le nombre d’utilisation pour 79 patients .................................. 84
Tableau 3-4-1- Comparaison entre les PlanMAN PlanMCO PlanML et PlanDL. Les paramètres améliorés sont notés en vert
et les paramètres dégradés sont notés en rouge. Les différences entre les écarts types des mesures sont notées
entre crochets ..................................................................................................................................................... 85
Tableau 3-4-2 - Comparaison des indices qualité de plan entre les Plan MCO PlanMCO-AUTO et PlanMCO++ .................... 87
Tableau 3-4-3 -Comparaison entre les isodoses (en pourcentage de la prescription) à l’aide de l’indice Jaccard ...... 91
Tableau 3-4-4 - Taux de plans acceptables en regard des objectifs cliniques en fonction de la stratégie choisie et de la
machine ............................................................................................................................................................. 92
Tableau 3-4-5 - Comparaison entre les PlanMCO, PlanMCO++ et les PlanDL. Les meilleurs résultats sont notés en vert et
les pires en rouge ............................................................................................................................................... 93
Tableau 3-4-6- Taux d'acceptabilité des plans générés automatiquement par DL améliorés (Plan DL++) ou non (PlanDL)
manuellement .................................................................................................................................................... 95
Tableau 3-4-7 - Comparaisons PlanDL++ et PlanDL en fonction du site traité. Les différences sont quantifiées avec des
p-values ............................................................................................................................................................. 96
Tableau 3-4-8 - Comparaisons des PlanDL et PlanDL++ avec les indices de complexité, en fonction du site traité. .... 98
Tableau 3-4-9 - Temps chronométré pour générer des Plan MAN et Plan DL++ ............................................................ 99
Tableau 3-5-1 - Synthèse des études comparatives entre les différentes méthodes de génération de plan de traitement
......................................................................................................................................................................... 101
Tableau A-5-1 - Liste des organes segmentés automatiquement dans RayStation v11B avec le DL et en fonction du
site anatomique ................................................................................................................................................ 154
Tableau A-5-2 - Liste des organes segmentés automatiquement dans RayStation v9B avec le MBS et en fonction du
site anatomique ................................................................................................................................................ 155
Tableau 3-11-1 : Listes des acronymes utilisés pour le calcul des indices de complexité ........................................ 160
Tableau A-9-1 - Objectifs cliniques pour l’irradiation d’une prostate ou loge prostatique ....................................... 166
Tableau A-9-2 - Ajustement des modèles d’IA initiaux pour correspondre aux protocoles de traitement ; prescription
et volumes cibles traités ................................................................................................................................... 168
Tableau A-9-3 - Objectifs cliniques pour l’irradiation d’un encéphale in toto ......................................................... 169
LISTE DES ABREVIATIONS
INTRODUCTION GENERALE
Cette thèse évalue des algorithmes d'Intelligence Artificielle commercialisés pour leur utilisation
en radiothérapie externe. L'objectif est de les mettre en service dans un environnement clinique et
de proposer des modes d'emploi pour leur utilisation en routine clinique, dans l'optique d'un gain
de temps, de l'uniformisation des pratiques et éventuellement d'une amélioration de la qualité des
plans de traitement. Le département de radiothérapie de la Clinique Pasteur, le groupe ORION,
souhaite utiliser ces algorithmes pour la segmentation et la planification de traitement
automatiques proposées par le TPS développé par RaySearch (RaySearch Medical Laboratories
AB, Stockholm, Suède) : RayStation® dans les versions 9B et 11B[1] ,[2]. En effet, d'une part, les
techniques de traitement se complexifient au fil du temps, demandant plus de précisions quant à
la délimitation des régions d'intérêts [3]. D'autre part, la réalisation d'un plan, sa qualité et sa
rapidité d'exécution découlent de l'expérience de l'opérateur [4].
Notre étude s'articule autour de quatre chapitres : Le premier situe le contexte d'utilisation des
méthodes automatiques. Les généralités sur les traitements par radiothérapie y sont rappelées, et
les logiciels de planification de traitement (Treatment Planning System, TPS) y sont décrits.
1
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
l'utilisation du DL, présentons les études précliniques des modèles de DL et donnons notre retour
d'expérience clinique de la génération de plans automatiques par MCO et le DL.
Le quatrième et dernier chapitre est dédié à la mise en œuvre clinique des outils automatiques. En
premier lieu, nous détaillons l'utilisation de scripts automatisant des tâches de la routine clinique.
Ensuite, nous évoquons les procédés de mise en œuvre et de validation des méthodes décrites dans
cette thèse, et les limites de ces méthodes. Enfin, nous discutons de l'éthique d'utilisation de
l'automatisation.
2
Introduction générale
CHAPITRE 1 : LA RADIOTHERAPIE
EXTERNE
3
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
1. INTRODUCTION
Le guide des procédures de radiothérapie externe de 2007 fait état des recommandations pour les
traitements par radiothérapie. En optimisant la prise en charge au cours des différentes étapes du
parcours patient citées ci-dessous :
Le diagnostic : Prouve l’existence du cancer et juge de son importance compte tenu de l’état du
patient et du contexte où il évolue.
La décision thérapeutique : Après accord du patient, son dossier est soumis à une réunion de
concertation pluridisciplinaire (RCP) où des médecins spécialisés définissent la visée du
traitement (curatif ou palliatif) et le choix des modalités de traitement (radiothérapie, intervention
chirurgicale, hormonothérapie, combinaison de plusieurs techniques). Enfin, un programme
personnalisé de soins (PPS) est établi et proposé au patient.
Les délais de mise en traitement : Dans le cadre d’une radiothérapie et en fonction des modalités
supplémentaires choisies (irradiation exclusive, postopératoire, préopératoire, traitement
médicamenteux en parallèle), le patient peut être pris en charge très rapidement (1 à 2 jours) ou,
au maximum, au bout de 8 semaines.
Le traitement : Une description de la radiothérapie est donnée dans les chapitres suivants.
4
Généralités sur les traitements en radiothérapie
La simulation du traitement est effectuée à l’aide d’un logiciel de planification de traitement appelé
Treatment Planning System (TPS). Dans un premier temps, un scanner de planification en
condition de traitement est réalisé pour servir de référence à la planification de traitement. D’autres
examens supplémentaires comme l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et/ou d’une
tomographie par émission de positrons (TEP) peuvent être nécessaires afin de récupérer les
données anatomiques du patient afin de déterminer les ROI.
Dans un second temps, les opérateurs étudient la balistique des faisceaux de traitement ainsi que
la distribution de dose simulée par le TPS, prenant en compte les contraintes dosimétriques
5
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
imposées par le radiothérapeute (prescription sur les volumes cibles et protections des organes à
risques) et les objectifs de couverture des volumes cibles recommandés par l’ICRU [8] :
Les contraintes cliniques aux OAR sont respectées pour éviter les risques de toxicité [7]. Ces
contraintes sont issues d’études bibliographiques : Quantitative Analyses of Normal Tissue Effects
in the Clinic (QUANTEC) et sont reprises par des groupes d’études. Ces contraintes sont
adaptables en fonction du contexte (âge, état du patient, évolution de la tumeur, conditions
particulières des organes, etc.) [8].
Plusieurs techniques de traitement peuvent être utilisées : RC3D, IMRT, VMAT. Ces techniques,
décrites dans le Chapitre 1-3.4 sont souvent couplées avec l’IGRT qui permet un repositionnement
précis du patient sur la table de traitement.
Le plan de traitement est ensuite validé par le radiothérapeute et le physicien médical, puis délivré
au patient avec des contrôles sur les positionnements et sur la distribution de dose déposée.
Les faisceaux d’irradiation sont générés par un accélérateur linéaire de particules (Linac) et sont
délimités par un collimateur présent dans la tête d’irradiation permettant de conformer le faisceau
à la tumeur et d’éviter l’irradiation inutile des organes sains autour de la tumeur.
L’ACCELERATEUR LINEAIRE
Les accélérateurs Linacs utilisent des faisceaux d’électrons dont l’énergie varie entre 6 et 25MeV,
pouvant être « transformés » en photons en interposant une cible dans la tête d’irradiation (spectres
d’énergie de 6 à 25MV, X MV correspond à un spectre de photons d’énergie maximum de X MeV)
[9]. La Figure 1-2-2 schématise les accélérateurs linéaires : Les électrons proviennent d’un canon
à électrons et sont injectés dans la section accélératrice qui, comme son nom l’indique, accélère
les électrons à l’aide d’un champ électrique puissant fourni un klystron ou un magnétron. En sortie
de la section, les électrons sont déviés par des aimants de courbure, permettant de diriger le
faisceau perpendiculairement à la section accélératrice et de filtrer les électrons en fonction de
6
Généralités sur les traitements en radiothérapie
leurs énergies. Enfin, une fente d’énergie est placée au bout de la déviation pour ne sélectionner
que les électrons possédant l’énergie souhaitée.
LA TETE D’IRRADIATION
La tête d’irradiation (illustrée par la Figure 1- 2-3) sert à mettre en forme et contrôler le faisceau.
7
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
Figure 1-2-4 - Schéma d'un collimateur multi-lames pendant un traitement en radiothérapie externe
Le collimateur multi-lames conforme le faisceau au volume cible [10]. Il est constitué de deux
bancs de lames où chacune peut s’ouvrir ou se fermer indépendamment des autres. Ainsi, les
faisceaux prennent une forme prédéfinie correspondant à la forme du volume cible et avec une
précision égale à l’épaisseur de lame. Les lames du MLC possèdent une géométrie particulière
afin de répondre aux problématiques de pénombre en bout de lames et de friction entre lames
adjacentes [11] ,[12].
Les lames sont imbriquées entre elles pour éviter les fuites
et les frictions, la géométrie est dite tenon-mortaise, ou en
anglais « tongue and groove » (T&G). Ces géométries
varient en fonction des constructeurs. L’une d’elleest
illustrée dans la Figure 1- 2-5.
8
Généralités sur les traitements en radiothérapie
SLIDING WINDOW
Les lames du MLC bougent de façon continue pendant l’irradiation, contrairement au Step and
Shoot. Au départ, les lames sont fermées d’un côté du champ et elles effectuent un balayage en
continu pour se refermer de l’autre côté du champ [3].
Pour que l’accélérateur linéaire de particules délivre un traitement adapté aux besoins du patient.
Celui-ci doit être préalablement planifié grâce à un système de planification de traitement (TPS).
9
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
Avant les années 1970, les traitements étaient planifiés avec des abaques d’isodoses
prédéterminées.
Aujourd’hui, les systèmes de planification de traitement ou Treatment Planning System (TPS) sont
des outils essentiels pour définir les balistiques de faisceaux permettant l’irradiation des tumeurs
en radiothérapie. La modélisation des faisceaux est préalablement réalisée par les physiciens
médicaux en renseignant les caractéristiques des accélérateurs dans le TPS.
Pour les traitements par radiothérapie des examens d’imagerie pré-traitement sont nécessaires,
d’une part, pour observer la géométrie des patients et localiser la tumeur et les organes à risques
environnants. D’autre part pour définir les coefficients d’atténuation des tissus irradiés (Unité
Hounsfield, UH) et permettre le calcul de la dose sur ces images. Pour ce faire, plusieurs modalités
d’imageries peuvent être utilisées : l’imagerie par résonnance magnétiques (IRM), la tomographie
par Emissions de positrons (TEP) et le scanner tomodensitométriques. Ce dernier est obligatoire
car c’est à partir de ces images que les UH sont déterminées, il est appelé scanner de planification.
L’acquisition se fait en plusieurs coupes sur l’axe tête pied (axe transversal) et un algorithme
reconstruit l’image sur l’axe antéro-postérieur (axe coronal) et droite-gauche (axe sagittale) [13],
[14].
10
les Systèmes de Planification de Traitements TPS
RECALAGE
Dans le cas où un patient passe par différents examens d’imagerie, les TPS fournissent des outils
permettant de recaler les images avec le scanner de planification. La fusion permet d’obtenir une
seule image avec toutes les informations (un jeu de voxels pour les deux images).
Le recalage peut être divisé en deux parties : recalage rigide, sans modification géométrique, et
la déformation, avec modifications géométriques d’une image pour l’adapter à une autre. Il existe
une multitude d’algorithmes de recalage et chaque TPS possède le sien [15].
DELINEATION
Au terme de la visualisation et du recalage, le travail de délinéation peut débuter.
PLANIFICATION DE TRAITEMENT
La planification de traitement permet de définir la balistique optimale pour irradier le patient. Dans
l’objectif de répondre aux consignes fixées par le radiothérapeute sur la zone traitée et les organes
environnants, l’opérateur initialise le calcul avec des informations essentielles à la planification:
(1) la dose de prescription, (2) la distribution de dose souhaitée pour le volume cible et les organes
à risque, (3) le fractionnement de la dose par séance, (4) la technique d’irradiation, (5) le nombre
de faisceaux et de points de contrôle (pour VMAT), (6) les angles des faisceaux (départ et arrêt
pour du VMAT), (7) la machine de traitement, (8) l’énergie du faisceau, (9) la grille de calcul de
dose, (10) la rotation du collimateur multi-lames et (11) la taille d’ouverture des mâchoires.
11
11
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
L’OPTIMISATION
L’optimiseur traduit un problème en une fonction objectif qui définit l’écart entre la distribution
de dose souhaitée et la distribution de dose délivrable, le but étant de réduire au maximum cet
écart.
LE SEQUENCEMENT
Le séquenceur calcule les positions de lames du MLC ainsi que le nombre d’UM à partir de la
matrice de fluence et pour tous les points de contrôle (dans le cas d’un traitement VMAT). Cette
conversion ne prend pas en compte la distribution de dose souhaitée. De ce fait, la distribution de
dose délivrable est différente de la distribution de dose estimée et possiblement non acceptable
cliniquement.
12
les Systèmes de Planification de Traitements TPS
LE CALCUL DE DOSE
Les algorithmes de calcul de dose ont pour but de modéliser le transport de toutes les particules
(de la tête d’irradiation aux géométries du patient « voxelisés ») et de calculer le dépôt d’énergie
provoqué par ces particules.
Pour rendre l’optimisation plus rapide, le calcul de la distribution de dose estimée est simplifié.
Un second calcul de dose, plus complexe, est utilisé à la fin du processus d’optimisation afin
d’obtenir une meilleure estimation de la dose délivrée (prise en compte des photons diffusés
latéraux). De ce calcul résulte la distribution de dose calculée. Les 2 algorithmes du TPS
RayStation utilisent des algorithmes de types convolution/ superposition de kernels nécessitant le
calcul de 2 composantes :
• L’énergie totale libérée par unité de masse (TERMA) qui est l’énergie cédée au milieu lors
de l’interaction avec le photon primaire.
13
13
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
Dans RayStation, la distribution de dose estimée est calculée par l’algorithme Singular Value
Decomposition (SVD). Ce dernier utilise des kernels pinceaux 3D qu’il décompose en kernel
latéral et kernel en profondeur. La distribution de dose est obtenue en 3 convolutions 2D entre la
fluence de particules et les 3 composantes : primaire, diffusé dans un petit champ et diffusé dans
un grand champ [20], [21].
La distribution de dose calculée dans le TPS
RayStation utilise le Collapsed Cone
Convolution (CCC). Ce calcul se divise en deux,
d’une part, la fluence diffusée est modélisée par
une exponentielle, et d’autre part, la fluence
primaire est modélisée par des séries de cônes
coaxiaux dont l’énergie qui s’en libère est
Figure 1-3-3 - Schéma de l’algorithme du Collapsed Cone transportée de façon rectiligne pour être traitée
Convolution (CCC) pour le traitement de la fluence primaire
[33] uniquement sur l’axe des cônes. [22], [23].
Initialement, les volumes cibles sont traités par des faisceaux d’intensité uniforme et parfois
modifiés par des « filtres en coin ». Cependant, la forme de certains volumes cibles et la protection
des organes à risque nécessitent des faisceaux modulés en intensité (IMRT) [14]. Ces derniers
peuvent être stationnaires (ne bougent pas pendant l’irradiation) ou mobiles (Arcthérapie, les
faisceaux bougent en continu pendant l’irradiation).
14
les Systèmes de Planification de Traitements TPS
Cette modulation permet de créer des distributions de doses se conformant au volume cible et
créant un plus grand gradient de dose pour épargner les tissus sains. Progressivement, les
traitements qui étaient délivrés par IMRT tendent à être remplacés par des traitements VMAT.
L’arc complet est approximé par une série de champs fixes uniformément espacés appelés points
de contrôle définis dans les travaux de thèse de Ming Chao Yang [27].
Finalement, la réalisation d’un plan de traitement passe par 3 grandes étapes : l’acquisition des
images pré-traitement, la délinéation des régions d’intérêts et la planification de traitement. Cette
dernière dépend de plusieurs paramètres (prescription, objectifs de dose, calcul de dose, technique
de délivrance des faisceaux). Chacune de ces étapes demandent une charge de travail chronophage.
Dans la suite de ce chapitre, nous présentons des méthodes d’optimisation du temps et
d’uniformisation des pratiques pour la réalisation d’un plan de traitement, notamment grâce à
l’apport des intelligences artificielles.
15
15
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
L'élaboration des traitements en radiothérapie est conditionnée par deux étapes fondamentales : la
délinéation précise des organes à risque et la planification de traitement. Toutefois, il convient de
noter que ces processus sont chronophages en raison de leur complexité et de leur importance
critique dans le processus de traitement. De plus, ces étapes dépendent de l’expérience de
l’opérateur, engendrant une variabilité des qualités des plans de traitement. Partant de ce constat,
de plus en plus de solutions sont proposées dans le TPS pour offrir un gain de temps et uniformiser
les pratiques. Parmi ces solutions, les intelligences artificielles connaissent un essor remarquable.
Les termes « Intelligence artificielle » sont définis comme étant « la construction de programmes
informatiques qui s’adonnent à des tâches qui, pour l’instant, sont accomplies de façon plus
satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels
que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique » [28].
LA SEGMENTATION AUTOMATIQUE
La délinéation manuelle implique, pour chaque coupe du scanner, de sélectionner les zones
appartenant à chaque organe. Pour gagner du temps, les TPS intègrent des solutions de contourage
partielles :
16
Optimisation du temps et uniformisation des pratiques dans un TPS
Le deuxième chapitre de cette thèse est dédié à l’explication et l’évaluation de ces méthodes pour
un environnement clinique.
- Les algorithmes basés sur les protocoles (PB) qui imitent les étapes d'optimisation d'un
planificateur humain [32]–[42].
- L'optimisation multicritères (MCO) qui vise à donner le meilleur plan de traitement en trouvant
un compromis entre des objectifs de dose contradictoires [43]–[54] .
- Les algorithmes basés sur les connaissances (KB) qui utilisent des bases de données de plans
de traitement pour en générer un nouveau [55]–[59].
Le Chapitre 3 est dédié aux méthodes de génération automatique de plan de traitement disponibles
dans le TPS RayStation : l’optimisation multicritères (MCO) et les intelligences artificielles (IA)
qui sont des algorithmes basés sur les connaissances.
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17
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
LES SCRIPTS
Un autre outil, mis à disposition des opérateurs dans le TPS RayStation, est la possibilité de réaliser
des scripts en langage Python permettant l’automatisation de tâches répétitives à l’aide d’un
interpréteur Python. De plus, RayStation possède une bibliothèque de fonctions liées au TPS
simplifiant l’élaboration des scripts. Ce système offre de nombreuses possibilités, notamment
celles d’automatiser une partie de la création des structures et de la génération des plans de
traitement (utilisant ou non les méthodes de planification automatique). En outre, les scripts
peuvent évaluer plusieurs métriques sur toute la base de données des patients.
18
Vérification pré-traitement
5. VERIFICATION PRE-TRAITEMENT
L’assurance qualité patient permet de vérifier que la distribution de dose reçue par le patient
pendant sa séance de traitement est conforme à la distribution de dose calculée par le TPS [60].
Dans un premier temps, le plan de traitement est exporté sous format DICOM afin d’être transmis
à la machine. Un second calcul des Unités Moniteur (UM) est réalisé sur un logiciel indépendant
afin de vérifier que le nombre d’UM calculé par le TPS est cohérent et que le fichier DICOM ne
subisse pas subi d’altération pendant l’export [61].
Dans un second temps, la distribution de dose calculée par le TPS est comparée soit à la mesure
soit à un double calcul de dose indépendant pour vérifier la délivrabilité des faisceaux de traitement
par la machine.
Il existe plusieurs outils permettant de mesurer les plans de traitement comme les systèmes
d’imagerie portale (EPID), les fichiers logs et les matrices 3D de détecteurs (ArcCHECK).
La comparaison entre les distributions de dose calculées par le TPS et mesurées peut être réalisée
de deux manières :
• Dans la géométrie CT du patient (EPID, logs) : la distribution de dose mesurée est recalculée
dans le patient et comparée à la distribution de dose calculée par le TPS.
• Dans la géométrie CT du détecteur (matrices ou EPID) : La distribution de dose calculée par
le TPS est recalculée sur le CT du détecteur. Puis cette distribution de dose recalculée est
directement comparée à la mesure du détecteur.
Les imageurs portal haute énergie (Electronic Portal Imaging Device, EPID), sont des détecteurs
2D, directement intégrés à l’accélérateur, qui sont toujours positionnés face au faisceau lors de
l’irradiation [60]. Leur fonctionnement est schématisé dans la Figure 1-5-1.
19
19
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
Avant le début du traitement (sans patient), le plan de traitement est exporté vers la machine et
délivré sur l’EPID. L’image mesurée par l’EPID permet de recalculer la distribution de dose dans
la géométrie du patient ou en 2D sur le détecteur (avec son propre algorithme de dose), afin de le
comparer à l’image obtenue par l’EPID.
La vérification des distributions de dose calculées peut être réalisée à l’aide des fichiers logs. Ces
derniers sont les enregistrements des positions de bras, de collimateur, de lames, du débit de dose
et du nombre d’Unité Moniteurs (UM) lorsque le traitement est délivré. Ces fichiers permettent de
recalculer indépendamment la distribution de dose dans la géométrie du patient.
L’ArcCHECK (Sun Nuclear, Melbourne) [62] est une matrice cylindrique 3D de 1386 diodes.
Celles-ci sont espacées de 1 cm et agencées de manière hélicoïdale pour éviter les zones d’ombre
et le chevauchement des diodes, dans le but de mesurer la dose en entrée et en sortie du détecteur.
Un premier cylindre contient toutes les diodes placées à 2.9 cm de profondeur. À l’intérieur se
20
Vérification pré-traitement
Avant chaque campagne de mesures, le détecteur est centré par rapport au faisceau et calibré dans
les conditions de référence. Ensuite, la distribution de dose mesurée par l’ArcCHECK est
comparée à la distribution de dose calculée dans le TPS sur le CT de l’ArcCHECK. Précisons que
le temps de mise en place et d’irradiation avec ce type de détecteur peut être important.
La vérification du plan de traitement peut également être réalisée par double calcul. La distribution
de dose simulée est alors comparée à celle calculée par le TPS [64]–[68]. La vérification des plans
de traitement est plus proche de la réalité clinique, étant donné qu’elle est réalisée dans le CT du
patient et prend en compte les hétérogénéités des tissus. De plus, ces méthodes peuvent être
automatisées et permettent de libérer du temps d’utilisation des machines de traitement.
La plupart de ces méthodes se basent sur des codes Monte-Carlo, réputés pour leur précision de
calcul. Le code Monte-Carlo permet de simuler la trajectoire d’une particule dans la matière et,
21
21
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
par conséquent, de simuler la dose déposée dans le patient. Lors des simulations, des fichiers
d’espace de phase peuvent être créés dans le but de garder en mémoire les caractéristiques des
particules (type, énergie, position, direction, origine) à un instant donné.
Pour améliorer la précision des calculs sans ajouter de particules dans le fichier d’espace des
phases, les codes Monte-Carlo utilisent des techniques de réduction de variances dont
plusieurs jouent sur les poids (importance) des particules [69] :
• Interactions forcées : Augmente la probabilité d’interaction des particules dans les milieux
peu susceptibles de voir des collisions. En contrepartie, leurs poids sont diminués.
• Splitting : Clone les particules N fois. Chaque clone évolue indépendamment et leurs poids
sont divisés d’un facteur N.
• Roulette-russe : Vise à stopper les particules contribuant peu au résultat en appliquant une
probabilité de mourir plus importante si elles s’éloignent de la zone d’intérêt.
• Fenêtre de poids : En fonction de son poids, la particule passera soit par la roulette russe,
soit par le splitting.
La vérification des distributions de dose calculées dans le TPS se fait par rapport aux distributions
de dose mesurées ou recalculées. Pour ce faire, des logiciels permettent un double calcul de dose
et/ou une interface pour comparer les distributions de dose entre elles.
SUNCHECK PATIENT
SunCHECK Patient est un logiciel créé pour l’assurance qualité patient (QA). D’une part, il
possède un système de double calcul de dose (DoseCHECK). Pour les machines du plateau du
groupe ORION (données en Annexe-3) il utilise un algorithme de Collapsed Cone Convolution
[70]. Il dispose également un algorithme Monte Carlo pour le double calcul de dose utilisable sur
d’autres types d’accélérateurs.
D’autre part, il permet de comparer les distributions de dose calculées par le TPS avec les mesures
sur les détecteurs (ou fichiers logs). SunCHECK peut recalculer la distribution de dose mesurée
22
Vérification pré-traitement
dans la géométrie du patient, ou recalculer la distribution de dose calculée dans le TPS dans la
géométrie du détecteur.
PRIMO
PRIMO est un logiciel utilisant le code Monte-Carlo PENENLOPE pour simuler le transport des
particules dans un accélérateur et/ou l’algorithme DPM pour le dépôt de dose dans un patient ou
dans un fantôme. Les géométries des accélérateurs Clinac avec cône égalisateur et Novalis sans
cône égalisateur sont disponibles dans le logiciel. Celles-ci sont issues du code PENGEOM créant
des surfaces quadratiques et/ou du code PenVox pour des géométries voxelisées. Le calcul de dose
dans les différentes géométries tient compte de la masse volumique des matériaux ainsi que de
leur composition atomique.
Dans PRIMO les simulations sont découpées en 3 segments, présentés sur la figure ci-dessous :
23
23
Chapitre 1 : La radiothérapie externe
6. SYNTHESE
Aujourd’hui, la radiothérapie avec modulation d’intensité par VMAT/IMRT est indiquée dans une
grande majorité des cas, car elle combine une forte conformation de la dose au niveau des volumes
cibles et une bonne protection des tissus sains. Pour délivrer ces traitements aux patients, les
systèmes de planification de traitement (TPS) permettent aux radiothérapeutes de définir les
régions d'intérêt (ROI) et les prescriptions associées. En parallèle, les équipes de physique
médicale, comprenant physiciens et dosimétristes, élaborent les plans de traitement garantissant le
respect des critères de dose requis, en définissant les balistiques des faisceaux et en calculant la
distribution de dose déposée dans le patient.
Enfin, pour garantir l’adéquation entre la distribution de dose calculée par le TPS et délivrée, des
mesures obtenues à l'aide de détecteurs ou un double calcul de dose utilisant une modélisation plus
précise de la machine de traitement et un calcul plus réaliste sont utilisés.
La radiothérapie est une succession de tâches répétitives nécessitant une grande précision dans
leur réalisation et demandant une charge de travail conséquente. De plus, la qualité et la rapidité
de réalisation de ces tâches sont tributaires de l’expérience de l’utilisateur.
24
Synthèse
CHAPITRE 2: SEGMENTATION
AUTOMATIQUE
25
25
Chapitre 2 : Segmentation automatique
La délinéation manuelle des organes induit une variabilité inter-observateur [4], [71]. En outre,
cette étape primordiale avant la réalisation d’un plan de traitement demande du temps. Les
méthodes de segmentation automatique visent à réduire la charge de travail manuelle et à
augmenter l’uniformité inter-observateurs des contours générés. De nos jours, de nombreux
algorithmes commercialisés sont proposés aux radiothérapeutes, leur promettant un gain de temps
et de précision dans leurs contours.
Dans ce chapitre, nous évaluerons la segmentation automatique par Deep Learning du TPS
RayStation par rapport à trois autres algorithmes de segmentation automatique d’organes :
− Basé sur des Atlas de patient, Multi Atlas Based Segmentation (MABS ; RaySearch).
− Basé sur des modèles d’organes, Model Based Segmentation (MBS ; RaySearch) .
− Second algorithme de Deep Learning (LB; Limbus AI Inc., Regina, SK, Canada).
Les méthodes basées sur des Atlas sont développées par différents constructeurs [72] [73]:
WorkFlow Box (Mirada Medical), MIM Maestro (MIM Software), SPICE (Philips), ABAS
(Elekta), [Link] (Siemens) et le MABS (RaySearch Laboratories). Ces méthodes permettent de
segmenter automatiquement des structures à partir d’une cohorte de patients de référence
appelés candidats à partir de leurs CT et de l’ensemble des structures d’intérêt délinéées.
Pour l’algorithme MABS de RS, la segmentation automatique des structures sur un nouveau CT
s’effectue en deux temps :
− La sélection des meilleurs candidats : choisis en fonction de leurs similarités avec le nouveau
patient en comparant leurs contours externes. Des recalages sont ensuite effectués entre les CT
des meilleurs candidats et celui du nouveau patient à l’aide d’un algorithme de recalage
d’images appelé ANAtomically CONstrained Deformation Algorithm (ANACONDA) [74].
Cet algorithme hybride utilise une combinaison d’informations sur l’image et sur l’anatomie
du patient.
26
Les différents algorithmes de segmentation automatique
− La génération automatique de nouvelle structure : Les contours sont générés sur le nouveau
CT et déformés selon la matrice de déformation issue des recalages entre les CT, afin de
s’ajuster à l’anatomie du nouveau patient
Le problème majeur de ces techniques est issu de la grande variabilité de forme et de volume des
structures à délinéer, en particulier pour le rectum et la vessie qui bougent beaucoup dans le temps.
Dans RayStation, le MABS est un algorithme que les centres peuvent mettre en place avec des
bases de données locales sans entraînement de modèle (comme avec le DL ou le MBS).
Des algorithmes de segmentation basés sur des modèles (MBS) sont disponibles dans Pinnacle
(Philips) et RayStation (RaySearch) [72], [75]. Cette méthode de segmentation semi-automatique
est une méthode déformable : L’algorithme génère un volume de référence et effectue des
déformations afin que le volume s’ajuste à l’anatomie du patient.
Le volume généré peut avoir une forme mathématique simple (sphère, cube, etc.) ou prédéfinie
grâce à la construction du modèle. Le volume peut être positionné par l’utilisateur en appliquant
27
27
Chapitre 2 : Segmentation automatique
des translations et rotations, ou positionné par des connaissances a priori du modèle à l’aide des
niveaux de gris de l’image.
DEEP LEARNING
Les solutions de segmentation automatique les plus récentes reposent sur des algorithmes
d’apprentissage profond, le Deep Learning (DL). Parmi les solutions commercialisées, peuvent
être citées : DLCExpert (Mirada Medical), Annotate de ART-Plan (Therapanacea) Limbus
Contour (Limbus) et RayStation (RaySearch). Les DL de RaySearch et Limbus sont des réseaux
de neurones entièrement convolutifs appelées 3D U-net [76].
28
Les différents algorithmes de segmentation automatique
Un réseau de neurones convolutif est un classifieur. Il extrait les zones d’intérêt d’une image (étage
de convolution) et déduit la probabilité d’appartenance à une classe, en fonction des zones
d’intérêts (étage de classification). Ce processus est illustré par Figure 2-1-2 et détaillé en Annexe
3.
L’ETAGE DE CONVOLUTION :
Utilise plusieurs opérations lui permettant de détecter mes caractéristiques d’une image (détaillé
en Annexe-4.1) :
- Opération de convolution : Le réseau filtre plusieurs fois l’image d’entrée pour faire ressortir
des caractéristiques telles que les bords, les coins, les couleurs. De l’opération de convolution
résulte une carte de caractéristiques
- Opération de pooling : L’objectif de cette fonction est de réduire la dimension spatiale des
cartes de caractéristiques.
L’ETAGE DE CLASSIFICATION
Constitué de plusieurs couches de neurones tous reliés entre eux par des poids permettant de
calculer des probabilités d’appartenance à des classes. L’apprentissage d’un réseau vise à ajuster
ses poids en fonction des cartes de caractéristiques des images et de leurs valeurs attendues.
(Détaillé en Annexe 3-4.2)
Par exemple, un réseau de neurones convolutif multi-classes entraîné pour reconnaître des
animaux (Figure 2-1-2). D’abord, il extrait les zones d’intérêt de cette image (oreilles, yeux,
museau, etc.). Ensuite, il réduit l’information de l’image pour ne garder que l’essentiel. Puis, en
fonction de leurs tailles et positions dans l’image, il calcule la probabilité d’appartenance de
l’image à une catégorie d’animal. Enfin, il classera l’image comme appartenant à la catégorie la
plus probable (catégorie lapin dans notre exemple).
29
29
Chapitre 2 : Segmentation automatique
3D U-NET
Le réseau 3D U-Net (Figure 2-1-4) utilisé dans RayStation, est un réseau de neurones entièrement
convolutif. Il fut introduit par Ronneberge et al et transformé en un modèle 3D par Çiçek et al
[76],[78].
30
Les différents algorithmes de segmentation automatique
jaunes sur la Figure 2-1-4). Puis, une carte de chaleur est générée dans laquelle est associé une
classe d’organe (exemple : vessie, rectum, prostate). Finalement, cette carte de chaleur est
fusionnée à l’image du scanner d’origine.
Dans les versions 9B et 11B de RayStation, RaySearch fournit à ses utilisateurs des modèles de
DL déjà entraînés pour des localisations pelvis, thorax, abdomen, tête et cou. Les structures
délinées dans ces modèles sont données dans l’Annexe 5-5.1.
31
31
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Les structures segmentées automatiquement sont évaluées par comparaison avec les structures
délinées manuellement par le radiothérapeute, considérées comme les structures de référence.
Dans un premier temps le contour A est évalué par rapport au contour B avec le calcul des distances
moyennes M(A,B) et des distances d’Hausdorff H(A,B) [79]. Les contours A et B sont des
ensembles finis de points :
D’abord, il faut établir les correspondances entre les points a du contour A et les points b du contour
B. C’est-à-dire, si les contours A et B sont superposés, définir quel point b du contour B se
superpose au point a du contour A. Les correspondances sont illustrées dans la Figure 2-2-1.
Figure 2-2-1 - Schéma de l'ensemble des points de 2 volumes calculées pour tous les points a de A et les points
(A et B), des distances entre les points (flèches rouges et
bleues) et de correspondance (flèches jaunes) entre A et B b de B. Le schéma ci-dessous présente les
correspondances (flèches jaunes) des points de A
(en rouge) et B (en bleu). Les flèches bleues (q=12) sont les distances du point a vers tous les
points de B et les flèches rouges les distances (p=8) du point b vers tous les points de A.
32
Outils et méthodes utilisés pour l’évaluation des algorithmes de segmentation automatique
0 0
1 1 1
𝑀(𝐴, 𝐵) = ((∑ min ||𝑎 − 𝑏||) + (∑ min ||𝑏 − 𝑎||) ) (2-1)
𝑝 𝑞 2
𝑃 𝑞
BOITE D’ENCOMBREMENT
Une boîte d’encombrement (Figure 2-2-2) est un cube fictif qui englobe
une structure associée de manière à ce que ses coordonnées minimales
et maximales sur les axes x, y et z soient les mêmes que celles de la
structure. Les coordonnées centrales et les coordonnées des boîtes
d'encombrement des contours A et B sur les axes x (droite/gauche ou
sagittal), y (antérieur/postérieur ou coronal) et z (tête-pied ou
transversal) sont comparées pour situer spatialement les différences de Figure 2-2-2 - Schéma de la boîte
d'encombrement (en bleu) d’un organe
délinéations. (en orange)
Nous évaluons les différences de coordonnées centrales sur les 3 axes et les différences des tailles
des boîtes d’encombrement sur chaque axe. Ainsi, si une structure présente une différence de
coordonnées centrales sur un axe, alors il existe un décalage dans une des directions de cet axe.
S’il existe, en plus, une différence de taille significative sur ce même axe alors, le décalage de
coordonnée est en grande partie dû à cette différence de taille. En revanche, si une différence de
taille est observée sur un axe sans différence de coordonnée, alors la structure est plus petite ou
plus grande que sur les deux directions de l’axe. Cette comparaison est schématisée dans la Figure
2-2-3.
33
33
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Figure 2-2-3 - Schéma des comparaisons, sur chaque axe (x,y et z) des boîtes d'encombrement en fonction des coordonnées
centrales et des tailles des boîtes.
2|𝐴⋂𝐵| 2𝑉𝑃
𝐷𝑖𝑐𝑒 = = (2-2)
|𝐴| + [𝐵| 2𝑉𝑃 + 𝐹𝑁 + 𝐹𝑃
34
Outils et méthodes utilisés pour l’évaluation des algorithmes de segmentation automatique
INDICE JACCARD
L’indice de Jaccard est la fraction du volume correctement et automatiquement segmenté sur
l’union des volumes comparés.
|𝐴⋂𝐵| 𝑉𝑃
𝐽𝑎𝑐𝑐𝑎𝑟𝑑 = = (2-3)
|𝐴⋃𝐵| 𝑉𝑃 + 𝐹𝑁 + 𝐹𝑃
INDICE DE PRECISION
L’indice de précision ou prédiction positive représente le taux de vrai positif du volume
automatique.
𝑉𝑃
𝑃𝑟é𝑐𝑖𝑠𝑖𝑜𝑛 = (2-4)
𝑉𝑃 + 𝐹𝑃
Si le volume automatique est parfaitement segmenté, alors il n’existe pas de faux positif (FP) et
l’indice de précision est égal à 1. Cependant, dans le cas où le volume du radiothérapeute est plus
grand que le volume segmenté automatiquement et que le volume du radiothérapeute englobe
entièrement ce volume, le faux positif est nul et l’indice de précision est égal à 1, bien que les
volumes du radiothérapeute et automatiques soient différents.
𝑉𝑃
𝑆𝑒𝑛𝑠𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é = (2-5)
𝑉𝑃 + 𝐹𝑁
Si le volume automatique est parfaitement segmenté : 𝐹𝑁 = 0 et 𝑆𝑒𝑛𝑠𝑖𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é = 1 . Dans le cas où
le volume segmenté automatiquement englobe entièrement le volume du radiothérapeute, ou qu’il
est beaucoup plus grand, le Faux négatif est égal ou proche de 0. La sensibilité sera égale à 1
malgré une mauvaise segmentation.
35
35
Chapitre 2 : Segmentation automatique
𝑉𝑁
𝑆𝑝é𝑐𝑖𝑓𝑖𝑐𝑖𝑡é = (2-6)
𝑉𝑁 + 𝐹𝑃
Lorsque le volume automatique est parfaitement segmenté, le Faux Positif est nul et la spécificité
est égale à 1. Mais, si le volume du radiothérapeute est plus grand que le volume segmenté
automatiquement le Faux Positif est nul et la spécificité est égale à 1.
Utiliser les indices de Spécificité et de Sensibilité apporte une analyse critique sur les contours
segmentés automatiquement. En effet, ces deux indices permettent d’identifier les problèmes issus
de la segmentation automatique en connaissant la part de faux positif et de faux négatif.
Figure 2-2-5 - Schéma des résultats obtenus avec les indices en fonction des volumes manuels et DL initiaux
Pour valider un modèle de segmentation automatique, celui-ci doit atteindre valeurs seuils. Dans
son article, Julie Van der Veen et son équipe quantifient, avec un DSC, la variabilité de délinéation
de 14 centres différents, dont 12 utilisant les mêmes directives. Les DSC obtenus sont compris entre
0.51 et 0.82. Par conséquent, nous avons fixé le seuil d’acceptabilité du modèle, pour un DSC
moyen supérieur ou égal à 0.82 [4].
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Outils et méthodes utilisés pour l’évaluation des algorithmes de segmentation automatique
AUTOMATIQUE
Ce paragraphe présente les méthodes utilisées dans chaque étude menée au sein du groupe
ORION-Pasteur. Nous adoptons les acronymes suivants dans la suite de ce chapitre :
Dans une 1ère étude, les différents algorithmes de segmentation automatique disponibles dans
RayStation v11B (MBS, MABS et DL) sont comparés sur 258 patients aux SMAN (référence) pour
des localisations pelviennes. Le but de l’étude est de guider les opérateurs dans le choix de l’outil
de segmentation. D’une part, la comparaison est réalisée à l’aide d’outils de comparaison de
contours (dH et dm) et d’outils de comparaison de volume (DSC, Jaccard, ISN et ISP). D’autre part, le
temps de génération des SAUTO est mesuré pour chaque algorithme.
Pour utiliser le MABS, nous avons créé une base de données de 15 patients traités pour des cancers
de la prostate, dont 5 avec une corpulence classique, 5 autres plus corpulents et les 5 derniers plus
fins pour avoir une diversité dans les tailles de contours externes.
Dans une 2nde étude les SCORR sont comparées aux SAUTO provenant du DL. L’étude utilise des
outils de comparaisons de contours (taille des boîtes d’encombrement) et de volume (DSC et
rapport volumique entre les SCORR et SAUTO). Par ailleurs le gain de temps est évalué sur 1 patient
pour lequel un radiothérapeute s’est chronométré d’abord pendant la délinéation manuelle, puis
pendant la correction des SAUTO
Nous considérons un modèle utilisable cliniquement si DSC moyen ≥ 0.90 et VCORR/VAUTO ≥ 0.95
et ≤ 1.05.
37
37
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Lorsqu’un modèle ne respecte pas ces critères, des études qualitatives sont menées pour
comprendre les différences de contourage.
L’évaluation est menée sur une base de données de 2638 SAUTO générés par le DL de RayStation
et SCORR.
Par ailleurs, une étude uniquement qualitative est menée sur les structures n’ayant pas de base de
données assez conséquente pour mener l’étude quantitative.
La 3ème étude concerne un modèle de DL entraîné avec une base de données locale, permettant de
générer automatiquement les volumes cibles des traitements de prostate (prostate, vésicules
séminales et ganglions pelviens). La comparaison entre les SMAN et SAUTO est réalisée sur 100
patients à l’aide du DSC et du rapport des volumique VMAN/VAUTO.
DIFFERENTES
Enfin, l’apport de la correction manuelle des structures de RS est donné en pourcentage. Il est la
différence entre les Dsc ou les rapports volumiques moyens (RS vs LB - RS corrigé vs LB)
38
Résultats
3. RESULTATS
Tout d’abord, nous avons chronométré le temps de génération de chaque méthode pour générer le
rectum, la vessie et les têtes fémorales. Le DL prend 30 secondes, le MBS 2 à 3 minutes et le
MABS 4 minutes.
Figure 2-3-1 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS, DL et MBS
pour la vessie
La comparaison entre le DL, le MBS et le MABS par rapport aux structures de référence est
illustrée par la Figure 2-3-1 et la Figure 2-3-2
DL : Tous les indices sont supérieurs à 0.95. De plus, les ISP et ISN moyens du DL sont très proches,
indiquant une très bonne similarité entre les SAUTO et le SMAN. Néanmoins, 2 SAUTO ont des indices
Jaccard et ISN en dessous de 0.5.
MBS : Les valeurs médianes de tous les indices sont comprises entre 0.85 et 0.73 et 53 structures
ont des indices de Jaccard en dessous de 0.5 dont 2 en dessous de 0.1. De plus, la valeur médiane
de l’ISN est inférieure à celle de l’ISP, indiquant que le MBS a tendance à générer des vessies avec
39
39
Chapitre 2 : Segmentation automatique
des volumes plus petits que les vessies de référence. Cela se confirme avec la médiane des dH qui
est supérieure à 2 cm.
MABS (ou Atlas) : Seulement 13 SAUTO (sur 258) ont des indices Jaccard au-dessus de 0.8 alors
que 75 ont des indices inférieurs à 0.5. En outre, les médianes des distance dM et dH sont
conséquentes. Néanmoins, les ISP et ISN médians sont les mêmes, indiquant que le MABS génère
des SAUTO avec un bon volume mais décalé par rapport aux SMAN.
Figure 2-3-2 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement
et celles segmentées par MABS, DL et MBS pour la vessie
40
Résultats
Figure 2-3-3 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS, DL et MBS
pour le rectum
Dans la Figure 2-3-3 aucun DSC médian n’atteint le critère d’acceptabilité. De son côté, la Figure
2-2-4 montre que les distances entre SMAN et SAUTO sont particulièrement élevées.
DL : Le DSC est proche du critère d’acceptabilité ; cependant, les dH sont particulièrement élevées
(médiane à 3 cm) et les médianes d’ISN sont supérieures aux médianes d’ISP. Nous pouvons
conclure que les les SAUTO sont plus volumineuses que les SMAN
MBS : 49% des SAUTO ont des DSC en dessous de 0.5 et 2 d’entre elles sont en dessous de 0.1.
Comme pour le DL, les dH ont une médiane supérieure à 3 cm et les ISN sont très supérieures aux
ISP indiquant que les SAUTO sont plus volumineuses que les SMAN.
MABS : 79 structures ont des DSC en dessous de 0.5 mais aucun en dessous de 0.1. L’ISN est
inférieure à l’ISP, ainsi les SAUTO ne sont pas assez volumineuses, mais surtout qu’elles sont
« décalées » par rapport au SMAN.
Figure 2-3-4 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement
et celles segmentées par MABS, DL et MBS pour le rectum
L’observation des SAUTO du DL a mis en évidence le fait que le DL ignore les règles de contourage
du rectum qui doivent être 2 cm au-dessus et en dessous du CTV. Nous avons réalisé un script qui
génère automatiquement le rectum et rectifie l’erreur de segmentation en supprimant les coupes
en dehors des limites de 2 cm au-dessus et en dessous du CTV. Avec cette correction, les
similarités entre SAUTO et SMAN sont nettement améliorées et l’équilibre entre ISP et ISN est rétabli
(Figure 2-3-5).
41
41
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Figure 2-3-5 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par DL (Rectum) et
ceux corrigés manuellement (Rectum +2 – 2).
Figure 2-3-6 - Comparaison entre les volumes de référence du radiothérapeute et les volumes segmentés par MABS, DL et MBS
pour les têtes fémorales
42
Résultats
Tous les algorithmes ont des DSC médians au-dessus du critère d’acceptabilité. Cette étude est
illustrée par la Figure 2-3-6 et la Figure 2-3-7.
DL et MBS : Présentent des ISN sont supérieurs aux ISP indiquant que les SAUTO sont plus
volumineuses que les SMAN. Ces conclusions sont corroborées par dH qui ont des médianes
supérieures à 2 cm pour le DL et 1.20 cm pour le MBS.
MABS : Tous les DSC sont supérieurs à 0.75 et les ISN et ISP sont quasi égaux. Ainsi, MABS génère
des volumes très similaires aux SMAN. De plus, les distances moyennes ont une médiane à 0.11 cm
et les distances d’Hausdorff ont une médiane à 0.80 cm.
Figure 2-3-7 - Distances comparatives (moyenne et d’Hausdorff) entre les vessies contourées manuellement et celles segmentées
par MABS, DL et MBS pour les têtes fémorales.
43
43
Chapitre 2 : Segmentation automatique
44
Résultats
Le MABS est une solution fiable pour les structures fixes comme les têtes fémorales mais n’est
pas adaptée pour des structures mobiles comme la vessie ou le rectum. En outre, c’est la solution
la moins rapide. Une étude présentée par Delpon et al obtient des résultats similaires sur 10
patients, 5 logiciels embarquant des algorithmes d’Atlas dont RayStation [80] et nos indices DSC
sont compris dans les intervalles d’indices moyens donnés dans cet article.
De son côté, le MBS présente des résultats acceptables pour les têtes fémorales et la vessie, mais
cet algorithme n’atteint pas les performances du DL, ni en termes de contourage, ni en termes de
temps de génération des SAUTO.
Quant au DL, c’est la solution la plus rapide (2.5 fois plus rapide que le MBS et 8 fois plus que le
MABS). De plus, il donne les meilleurs résultats pour les organes mobiles et des résultats
satisfaisants sur les têtes fémorales. C’est également la méthode avec les écarts types les plus petits.
Néanmoins, cette méthode n’est pas améliorable au fil du temps car la base de données ne peut
pas être mise à jour régulièrement pour corriger le modèle.
45
45
Chapitre 2 : Segmentation automatique
L’étude 1 sur la segmentation automatique a mis en avant l’efficacité du DL. Ainsi, cette solution
de contourage automatique est utilisée en routine clinique, avec une revue systématique des
contours générés et une correction manuelle si nécessaire. Nous évaluons ce degré de correction.
La comparaison est synthétisée pour chaque organe dans le Tableau 2-3-1. D’abord, 77% des
structures évaluées sont corrigées manuellement. Les DSC de la comparaison entre SAUTO et SCORR
sont tous supérieurs ou égaux à 0.95 excepté pour les nerfs et les chiasmas optiques.
5 modèles DL de SAUTO (rectum, têtes fémorales, canal médullaire, nerfs et chiasmas optiques) ont
des volumes significativement plus gros que ceux des radiothérapeutes nécessitant des corrections
manuelles systématiques (automatisées ou non). De ce fait, ces structures sont évaluées
qualitativement dans le paragraphe suivant.
La Figure 2-3-12 et la Figure 2-3-13 représentent les décalages de coordonnées centrales et les
différences de tailles entre SAUTO et SCORR sur les 3 axes. Sur les 23 modèles de SAUTO, seulement
5 (rectum, canal médullaire, têtes fémorales, estomac et cerveau) ont des différences de tailles
supérieures à 0.5 cm sur au moins un des axes.
3 organes ont des différences de tailles inférieures à 0.5 cm mais des différences de coordonnées
centrales supérieures à 0.1 cm, signifiant un décalage des SAUTO par rapport au SCORR suivant un
axe : l’œsophage et la moelle épinière ont un décalage sur l’axe transversal et les nerfs optiques
sont décalés suivant les axes coronal et sagittal.
46
Résultats
Tableau 2-3-1 - Comparaison entre les structures segmentées automatiquement avec et sans corrections pour différentes
localisations et pourcentages de structures automatisées ayant subi une correction manuelle
Pelvis
Rectum 0.90 1.08 100 100%
Vessie 0.99 0.99 100 100%
Têtes fémorales 0.90 1.17 100 100%
Thorax
Œsophage 0.96 1.01 121 75%
Cœur 0.97 0.98 89 92%
Poumons 0.99 1.01 190 86%
Canal médullaire 0.93 1.07 179 86%
Moelle épinière 0.96 1.00 138 81%
Estomac 0.95 1.02 101 90%
Abdomen
Reins 0.98 1.01 164 82%
Foie 0.99 1.00 118 78%
Rate 0.98 1.00 86 84%
Tête
Cerveau 0.99 1.00 77 88%
Tronc cérébral 0.95 1.01 81 77%
Yeux 0.98 1.00 166 55%
Cristallins 0.91 1.00 154 60%
Nerfs Optiques 0.85 1.22 180 72%
Chiasma optique 0.80 1.07 48 60%
Cou
Mandibule 0.97 1.02 51 61%
Cavité buccale 0.94 0.97 54 74%
Parotides 0.97 0.99 164 54%
Thyroïde 0.98 1.00 39 61%
Glandes sous-maxillaires 0.96 1.02 138 57%
47
47
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Figure 2-3-12 - Différences moyennes de tailles et de coordonnées centrales des boîtes d’encombrements entre les volumes
segmentés par RS et les volumes corrigés par le radiothérapeute. Pour les axes tête/pied, droite/gauche et antérieur/postérieur.
48
Résultats
Figure 2-3-13 - Différences moyennes de tailles et de coordonnées centrales des boîtes d’encombrements entre les volumes
segmentés par RS et les volumes corrigés par le radiothérapeute. Pour les axes tête/pied, droite/gauche et antérieur/postérieur.
49
49
Chapitre 2 : Segmentation automatique
LE CANAL MEDULLAIRE :
Pour les 8 structures qui ont les plus
grandes différences de contourage sur
le canal médullaire. Un exemple est
illustré Figure 2-3-14. Le canal
médullaire est la cavité qui abrite la
moelle épinière et une partie de la
queue de cheval. Or, il existe une
différence en structure anatomique et
structure dosimétrique. En routine
clinique, le canal médullaire est utilisé
pour délinéer la moelle épinière car il
est plus facile à distinguer. Ainsi,
même si le canal médullaire segmenté
automatiquement par RS est correct
anatomiquement parlant, celui-ci est
Figure 2-3-14 - Patient présentant la plus grande différence de
contourage du canal médullaire entre le volume du radiothérapeute
corrigé manuellement pour qu’il soit de
(jaune) et la segmentation automatique de RayStation (bleu) :
la même longueur que la moelle
DSC = 0.75 et rapport volumique = 1.65
épinière.
50
Résultats
Figure 2-3-15- Exemple de patient pour l’étude qualitative par comparaison des contours segmentés automatiquement par DL
(bleu) et corrigé manuellement par le radiothérapeute (jaune) et (DSC = 0.58, rapport volumique = 0.78)
Les Figure 2-3-15 et Figure 2-3-16 illustre les différences de contours sur chiasma et les nerfs
optiques observées sur 7 patients. Pour ces structures, la segmentation automatique reste proche
des structures de référence. Les DSC varient beaucoup du fait de la petite taille des structures
(volumes inférieurs à 1 cm3). De plus, le chiasma est difficilement visible sur un scanner
(préférablement délinéé sur une IRM) ce qui peut avoir impacté la qualité des contours de
références.
Figure 2-3-16 - Exemple de patient pour l’étude qualitative par comparaison des contours de nerfs optiques corrigé
manuellement par le radiothérapeute (jaune) et segmentés automatiquement par le DL de RayStation (bleu) (DSC =0.74)
51
51
Chapitre 2 : Segmentation automatique
LE SEIN :
Pour le sein, le référentiel de contourage des radiothérapeutes ayant changé récemment, nous
n’avons pas réalisé d’étude quantitative sur les modèles. Cependant, nous avons mené une étude
qualitative sur 30 patientes afin de valider le modèle de RS. La segmentation automatique des
seins de RS est, pour toutes les patientes, trop petite car celle-ci ne prend pas les 5 mm de la peau.
Un script Python corrige automatiquement ce problème en étendant le volume du sein en antérieur
et en latéral, puis en recoupant ce volume du contour externe du patient. Néanmoins, les contours
automatiques doivent être corrigés manuellement pour étendre le volume vers l’axe médian (en
regard du sternum).
Figure 2-3-17 – Patiente de l’étude comparative des contours des seins segmentés automatiquement (RayStation en bleu) et
corrigés automatiquement par le script (Correction automatique en jaune).
ETUDE DE TEMPS
Les SMAN sont réalisées en 33 minutes, les SAUTO en 1 minute et 17 secondes et la correction du
radiothérapeute prend 9 minutes et 39 secondes. Les résultats de cette correction sont disponibles
dans le Tableau 2-3-2. Pour ce patient, 7 structures sont corrigées sur les 15 générées. Dans ce
cadre, les modèles sont jugés acceptables pour toutes les structures et permettent de gagner du
temps (réduction de 27 %) malgré des corrections manuelles nécessaires.
52
Résultats
Tableau 2-3-2 – Comparaison pour un patient, des volumes segmentés automatiquement sans correction et ceux corrigés par un
radiothérapeute.
Pour 15 des 23 structures évaluées, les corrections apportées sont minimes (poumons, vessie,
cœur, foie, rate, moelle épinière, œsophage, estomac, cerveau, tronc cérébral, yeux, mandibule,
parotide, thyroïde, glandes sous-maxillaires). Pour les 8 autres structures, l’évaluation qualitative
détermine s’il est pertinent de garder le DL pour ces structures ou non.
Les premières, telles-que le rectum et le canal médullaire, sont jugées pertinentes car leurs
corrections ne demandent qu’un temps restreint et peuvent être automatisée.
Le modèle de têtes fémorales est également jugé pertinent car il est simple à corriger, se faisant
sur un seul axe (tête-pied)
53
53
Chapitre 2 : Segmentation automatique
En revanche, le chiasma et les nerfs optiques doivent être corrigés la majeure partie du temps (60%
et 72% des structures de notre étude) et leurs corrections sont effectuées à la fois sur l’axe coronal
et sagittal, ce qui peut être long à corriger. Les nerfs optiques sont d’ailleurs les seules structures
retouchées sur 100% des coupes sur l’axe tête-pied dans notre étude sur le temps. Ainsi, la
segmentation automatique des chiasmas optiques et des nerfs optiques n’apporte pas un réel gain
de temps aux radiothérapeutes.
Nous avons comparé nos résultats à ceux de 3 articles réalisés sur le DL de RayStation dont 1 traite
des modèles de pelvis et les 3 des modèles de thorax [81]–[83]. Au vu de leurs résultats, les
modèles de RayStation sont tous utilisables cliniquement suivant nos critères, sauf le modèle
d’œsophage. En revanche, leurs DSC sont inférieurs aux nôtres car ils comparent les SAUTO et les
SMAN tandis que nous comparons SAUTO et les SCORR.
Tableau 2-3-3 - Moyennes des indices DSC et du rapport volumique entre les structures segmentées automatiquement avec et sans
corrections pour les volumes cibles de la région anatomique pelvienne
Les SAUTO sont significativement différentes des SMAN. Dans le Tableau 2-3-3, les volumes cibles
ont tous des DSC et des rapports volumique (VAUTO/VMAN) inférieurs à 0.90 indiquant que les SAUTO
sont plus petits que les SMAN. Pour comprendre ces écarts nous avons mené des études qualitatives
(illustrées par les Figure 2-3-19, Figure 2-3-18 et Figure 2-3-20) sur la prostate, les vésicules
séminales et les ganglions lymphatiques. Dans les meilleurs cas et les cas standards, les DSC des
meilleurs et pires cas sont, respectivement, de 0.88 et 0.82 pour la prostate et de 0.88 et 0.72 pour
les vésicules séminales. Cependant, qualitativement, les différences entre la segmentation
automatique et les vésicules séminales sont acceptables car il y a peu de corrections manuelles à
apporter. En revanche, le pire cas de prostate n’est pas acceptable, mais il est causé par la faible
54
Résultats
qualité de l’image, contrairement au pire cas des vésicules séminales qui n’est pas induit par un
facteur extérieur (qualité de l’image ou morphologie particulière).
Quant aux ganglions lymphatiques pelviens, les modèles ne sont pas cliniquement acceptables. Il
y a eu un changement de pratique clinique entre la création du modèle et le test de celui-ci. Ce
changement implique de prendre en compte davantage de volumes ganglionnaires iliaques,
obturateurs et pré-sacrée [58].
Figure 2-3-19 – Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés par le DL de
RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de prostate
Figure 2-3-18 - Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés par le DL de
RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de ganglions lymphatiques pelviens
Figure 2-3-20 - Meilleur (gauche), standard (milieu) et pire (droite) cas de la comparaison des volumes segmentés par le DL de
RayStation (vert) et les volumes délinéés manuellement (rose) pour le modèle de vésicules séminales
55
55
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Les résultats de l’étude 4 sont présentés dans le Tableau 2-3-4. D’abord, 19 organes présentent de
bonnes similarités entre RS et LB et 36% d’entre eux ont des similarités excellentes.
Ensuite, les similarités de 4 organes (poumons, reins, foie et rate) sont meilleures pour SAUTO-LB
vs SCORR-RS que pour SAUTO-RS vs SAUTO-LB ce qui implique que LB est plus proche de nos pratiques
cliniques. De la même manière, le rectum, les têtes fémorales et le canal médullaire de LB sont
nettement plus petits que ceux de RS et se rapprochent des attendus cliniques.
Des différences significatives entre RS et LB sont observables sur les cristallins, le chiasma et les
nerfs optiques. Ces 2 dernières structures obtiennent également les indices les plus bas de l’étude
2. Les cristallins et les nerfs optiques de LB sont plus petits que ceux de RS. À l’inverse, les
chiasmas optiques de LB sont significativement plus grands que ceux de RS. Notons également
que les SCORR de ces 3 organes sont encore moins similaires aux SAUTO-LB, signifiant que les
modèles de RS sont plus proches de nos habitudes cliniques.
Pour les modèles d’œsophage et le modèle de cavité buccale, les SAUTO-LB sont plus petites que les
SAUTO-RS et que les SCORR. De plus, les similarités entre SAUTO-LB et SAUTO-RS sont plus grandes que
les similarités entre SAUTO-LB et SCORR, signifiant que le DL de RS convient mieux à nos pratiques.
56
Résultats
Tableau 2-3-4 – Comparaison entre les structures segmentées automatiquement par RayStation (RS) et par Limbus (LB), et
différences apportées par la correction manuelle des volumes de RS.
57
57
Chapitre 2 : Segmentation automatique
L’ŒSOPHAGE :
L’œsophage a une forme cylindrique dont l’axe
central est quasiment parallèle à l’axe tête pied.
Nous observons que les diamètres SAUTO-LB sont
souvent différents des SAUTO-RS et ont tendance à
être plus petit. Ainsi, l’œsophage de LB est
« englobé » dans celui de RS.
Figure 2-3-21 - Patient ayant une différence de contourage
de l’œsophage entre le volume de RS corrigé par le
radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de
Limbus (violet).
LA CAVITE BUCCALE :
La cavité buccale est l’intérieur de la
mâchoire, sans prendre en compte les dents.
Les différences entre LB et RS sont
principalement situées en tête/pieds, où les
pratiques du centre impliquent de délinéer le
muscle sous la langue (muscle mylohyoïdien),
ce que ne fait pas LB. Néanmoins, pour les
autres aspects, SAUTO-LB coïncident bien avec
les SCORR. Pour notre utilisation clinique, ces
structures doivent être systématiquement
Figure 2-3-22 –Exemple de différence de contourage de la cavité corrigées sur quelques coupes de l’image.
buccale entre le volume de RS corrigé par le radiothérapeute
(jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet),
58
Résultats
Figure 2-3-23 - Exemple de différence de contourage du chiasma et des nerfs optiques entre le volume de RS corrigé par le
radiothérapeute (jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet) ; Chiasma optique -> DSC= 0.34 et rapport volumique
= 0.21 ; Nerfs optiques -> DSC= 0.75 et rapport volumique = 0.67
Pour les 10 patients observés, tous ont des chiasmas de LB plus grands que ceux de RS. À l’inverse,
nous observons que les nerfs optiques de LB sont souvent plus petits que ceux de RS. Or, le
chiasma optique est le croisement des nerfs optiques et doit être la continuité de ces derniers. Ils
ont d’ailleurs les mêmes limites de dose. De ce fait, le chiasma et les nerfs optiques doivent être
évalués en même temps (Figure 2-3-23). Ainsi, l’union des chiasmas et des nerfs optiques de LB
est proche de ceux de RS corrigés et les différences observées sont négligeables.
LES CRISTALLINS :
Pour les cristallins, illustrés par la Figure 2-3-24. Le DSC
varie beaucoup en raison de la petite taille des cristallins
(volumes inférieurs à 1 cm3). Après la revue qualitative, les
SAUTO-LB sont jugés pertinents pour une utilisation en routine
clinique.
Figure 2-3-24 -Exemple de différence de contourage d’un cristallin entre le
volume de RS corrigé (jaune) et la segmentation automatique de Limbus (violet)
59
59
Chapitre 2 : Segmentation automatique
SYNTHESE
L’étude comparative entre les Deep Learning de RayStation (RS) et celui de Limbus (LB) est
synthétisée dans le Tableau 2-3-5
Tableau 2-3-5 - Récapitulatif de l’étude comparative entre les DL de RayStation (RS) et le DL de Limbus (LB)
Pelvis
Rectum ✓ ✓ Bonne LB
Vessie ✓ ✓ Bonne Idem
Têtes fémorales ✓ ✓ Bonne LB
Thorax
Œsophage ✓ ✓ Mauvaise RS
Cœur ✓ ✓ Bonne Idem
Poumons ✓ ✓ Excellente LB
Canal médullaire ✓ ✓ Mauvaise LB
Moelle épinière ✓ ✓ Bonne Idem
Estomac ✓ ✓ Bonne Idem
Abdomen
Foie ✓ ✓ Excellente LB
Reins ✓ ✓ Excellente LB
Rate ✓ ✓ Bonne LB
Tête
Cerveau ✓ ✓ Excellente Idem
Tronc cérébral ✓ ✓ Bonne Idem
Yeux ✓ ✓ Bonne Idem
Cristallins ✓ ✓ Mauvaise RS
Nerfs Optiques ✓ ✓ Mauvaise RS
Chiasma optique ✓ Mauvaise RS
Cou
Mandibule ✓ ✓ Bonne Idem
Cavité buccale ✓ ✓ Mauvaise RS
Parotides ✓ ✓ Bonne Idem
Thyroïde ✓ ✓ Bonne Idem
60
Résultats
Plusieurs articles traitant de la segmentation automatique de Limbus publiés [84]–[86] nous ont
permis de comparer nos résultats et de confirmer nos conclusions :
- Comme dans notre étude, les modèles de rectum, vessie, têtes fémorales, cœur, poumons,
tronc cérébral, yeux, mandibule, parotides, glandes sous-maxillaires, moelle épinière,
cavité buccale, thyroïde et œsophage sont jugés pertinents pour une utilisation en routine
clinique.
- Le chiasma et les nerfs optiques étudiés par Wong et al. sont également en dessous de 0.80.
Les auteurs confirment nos interprétations sur la jonction entre les nerfs et le chiasma
optiques [85].
Finalement la comparaison menée sur 2 DL présente plus de similitudes que celles entre les
volumes des radiothérapeutes et ceux segmentés automatiquement.
Une étude complémentaire de Wong et al. conclut que l’utilisation du DL n’impacte pas la
variabilité inter-observateur en comparant les similarités obtenues entre le DL et les volumes des
radiothérapeutes de plusieurs centres (LB vs radiothérapeutes), ainsi que les similarités entre les
volumes des radiothérapeutes (radiothérapeute vs radiothérapeute) [85].
Enfin, les études menées sur Limbus, concluent toutes sur le gain de temps apporté par l’utilisation
de ce DL. L’équipe de Radici et al. rapporte que, pour les organes de la tête et du cou (15
structures), le DL et sa correction manuelle permettent de gagner 80 minutes sur le temps de
délinéation manuelle (123 minutes).
61
61
Chapitre 2 : Segmentation automatique
Cette étude comparative mérite d’être poursuivie sur différentes localisations. En particulier sur
les modèles de tête et cou, dont les structures varient peu dans le temps (yeux, mandibule,
parotides, etc.) et dont les formes se ressemblent d’un patient à l’autre.
62
Synthèse et discussion sur la segmentation automatique
ETUDE 4 : COMPARAISON DE 2 DL
Dans cette dernière étude, nous avons évalué les similarités entre 2 algorithmes de Deep Learning
(RS et LB). Quelle que soit la base de données ou l’algorithme, les 2 logiciels sont jugés pertinents
pour une utilisation clinique, la comparaison entre les structures présentant de bonnes similarités
pour tous les organes, après revue qualitative.
Néanmoins, les structures générées par RS et LB ne sont jamais strictement identiques, confirmant
l’importance de l’algorithme et de la BdD dans la segmentation par DL. Pour savoir quel modèle
s’approche le plus de la « vérité », il faudrait d’abord un consensus national ou international de
contourage et la construction d’une base de données de référence permettant l’entraînement des
différents algorithmes de DL. À notre connaissance, une telle BdD n’existe pas encore en France.
Une BdD est construite aux Etats-Unis, où plus de 200 radiothérapeutes contribuent à sa
construction avec des contourages manuels qu’ils mettent en commun via ProKnow (Elekta AB,
Stockholm, Sweden), une plateforme d’Elekta permettant de centraliser et stocker les données dans
un cloud et d’évaluer statistiquement de grandes quantités de données [87].
Pour terminer, nous souhaitions discuter sur l’utilisation de l’indice de Dice DSC dans de nombreux
articles concernant le DL de RayStation et Limbus car il existe plusieurs inconvénients à son
utilisation. D’une part, il varie différemment en fonction du volume de la structure initiale : Plus
la structure est petite, plus l’indice varie rapidement (exemple des cristallins). D’autre part, il ne
donne pas de renseignements sur la distribution spatiale des différences de contourage. Ainsi, bien
que cet indice soit largement utilisé, il convient de faire preuve de prudence lors de son
interprétation et d’utiliser d’autres métriques (dM, dH, boites d’encombrement) pour évaluer à la
fois le recouvrement des structures et la distribution spatiales des erreurs de segmentation.
Les algorithmes de contourage automatique tiennent donc certaines de leurs promesses (gain de
temps, uniformisation des pratiques) mais demandent une rigueur dans leur mise en place et dans
leur utilisation.
Dans le prochain chapitre, nous traitons d’un second aspect du gain de temps à l’aide d’intelligence
automatique, la planification de traitement automatique, la planification de traitement
automatique.
63
63
Chapitre 3 : Planification automatique
CHAPITRE 3 : PLANIFICATION
AUTOMATIQUE
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Introduction
1. INTRODUCTION
Les techniques de traitement modulées telles-que le VMAT sont largement utilisées en raison de
l’irradiation ciblée des volumes cibles et de la bonne protection des tissus sains (recommandation
par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour traiter les tumeurs de la prostate, ORL, etc…). Les
plans de traitement sont obtenus après un processus d’optimisation inverse conduisant à une
résolution de problèmes multicritères, induits par des compromis entre la couverture des volumes
cibles et la protection des organes à risques. Les plans sont générés manuellement par des
planificateurs (dosimétristes ou physiciens médicaux) au cours d’un processus chronophage qui
dépend de l’expérience du planificateur [88].
Aujourd'hui, des solutions commerciales existent pour simplifier, unifier et accélérer ce processus
d’optimisation en générant automatiquement des plans de traitement. En 2018, Hussein et al. ont
examiné 171 articles liés à la génération automatique de plans de traitement, dont 45 publiés en
2017 [89]. Les méthodes sont catégorisées en trois groupes : les algorithmes basés sur les
protocoles (PB), l'optimisation multicritères (MCO) et les algorithmes basés sur les connaissances
(KB).
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65
Chapitre 3 : Planification automatique
- MCO a priori (MCOPRIOR) ou lexicographique qui génère un seul OP, comme par exemple,
l’algorithme Auto-VMAT du TPS Monaco (Elekta AB, Stockholm, Suède) pour lequel une
liste de souhaits prédéfinie donne l'ordre de priorité des objectifs. L'algorithme optimise
un par un ces objectifs sans dégrader les autres [90]–[93].
- MCO a posteriori (MCOPOSTERIOR) qui génère plusieurs OP, comme par exemple le MCO
du TPS RayStation (RaySearch Medical Laboratories AB, Stockholm, Suède) et celui du
TPS Eclipse (Varian Medical Systems, Palo Alto, USA). [43], [54], [90]–[97]. . Ces
algorithmes n'ont pas d'ordre de priorité car l’algorithme permet au planificateur de
naviguer dans l’espace des solutions à l’aide de curseurs afin de choisir le meilleur
compromis [96], [97].
Par exemple, l’algorithme RapidPlan d'Eclipse (Varian Medical Systems, Palo Alto, USA) est une
solution KBSTAT : l'algorithme trouve la meilleure similitude anatomique entre le nouveau patient
et l'un des patients de la base de données, puis estime le meilleur DVH réalisable pour le nouveau
patient et crée les objectifs optimaux pour lui [55]–[58]. L’algorithme Machine Learning du TPS
RS utilise quant à lui la technique d’apprentissage afin de prédire la distribution de dose.
Dans ce chapitre, les algorithmes de génération automatique de plans de RayStation, sont d’abord
présentés : l’optimisation multicritères (MCO), les 2 algorithmes utilisant des Machines Learning
(versions 9B et 11B de RayStation), et le « Dose Mimicking » permettant de rendre délivrables les
plans obtenus. Dans un second temps, les outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de
traitements obtenus sont détaillés (indices dosimétriques, indice de complexité et méthodes de
validation des plans). Dans un troisième paragraphe, nous présentons nos résultats sur l’intérêt des
méthodes automatiques, les évaluations pré-cliniques de l’IA ainsi que notre retour d’expérience
sur l’utilisation clinique du DL et du MCO, avant de conclure sur la génération automatique de
plans de traitement.
66
Algorithmes de planification de traitement automatique
Comme déjà évoqué, le MCO génère un espace de solutions (espace de Pareto) contenant des
distributions de fluence sans tenir compte des paramètres de la machine. Le planificateur renseigne
des objectifs et contraintes de dose idéaux sans attribuer de poids et n’a pas besoin d’être réaliste
dans ses requêtes comme il l’aurait fait pour une optimisation classique.
- Plans d'ancrage optimisés pour un unique objectif idéal au détriment des autres.
- Plans auxiliaires conçus pour réduire les erreurs d'approximation.
- Plan d'équilibre (Plan « balance ») optimisé pour trouver un compromis entre tous les
objectifs.
L’espace de Pareto possède donc autant de dimensions que de nombre d’objectifs. Cet espace est
borné par le front de Pareto qui représente les plans pour lesquels il est impossible d'améliorer un
objectif sans en détériorer un autre.
Figure 3-2-1 – Schéma de l’espace de Pareto en 2 dimensions pour la protection d’un rectum et la couverture d’un volume cible.
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Chapitre 3 : Planification automatique
Dans le cas du MCO de RayStation, un MCOPRIOR, le planificateur peut choisir son meilleur
compromis par l’intermédiaire d’une interface avec des curseurs permettant de faire varier
l’importance donnée à chaque objectif (Figure 3-2-1).
Finalement, le plan MCO choisi est rendu délivrable par la machine grâce à l’algorithme de Dose
Mimicking.
Le « Dose Mimicking » (DM) est l’algorithme qui rend délivrable par la machine, une distribution
de dose (ou de fluence) théorique. Il est utilisé dans le module de MCO, de Machine Learning,
mais aussi, pour transférer un plan de traitement d’une machine de traitement à une autre [98],
[99].
68
Algorithmes de planification de traitement automatique
Toutefois, avec la prise en compte des paramètres machine, il existe souvent un écart important
entre la distribution de dose idéale et délivrable. Une ou plusieurs optimisations classiques à la fin
du processus sont nécessaires pour avoir un plan acceptable cliniquement.
Figure 3-2-4 - Distribution de dose à priori générée Figure 3-2-3- Distribution de dose délivrable générée
par Machine Learning à partir du Mimicking et de la distribution de dose à
priori
Les algorithmes de planification automatique basés sur l’intelligence artificielle dans RayStation
sont entraînés pour attribuer à chaque voxel d’un scanner une valeur de dose, créant ainsi une
distribution de dose théorique a priori, rendue délivrable par l’algorithme Dose Mimicking (DM)
décrit précédemment.
D’une part, les arbres de décisions peuvent être perçus comme une série de choix menant à une
décision finale. Leur entraînement consiste à créer toutes les chemins (branches) menant aux
différentes décisions (feuilles). D’autre part, les forêts aléatoires sont des ensembles d’arbres de
69
69
Chapitre 3 : Planification automatique
décisions entraînés sur des sous-échantillons d’une même base de données. Pour prédire un
résultat, chaque arbre de la forêt donne sa décision finale et la forêt retourne le résultat le plus
représenté.
L’algorithme Atlas Regression Forest (ARF), au cœur de ce module de Machine Learning (v9B
de RayStation), permet de lier la dose par voxel aux paramètres image du patient à l’aide de
plusieurs ensembles de forêts aléatoires (Atlas). L’estimation donnée par l’Atlas est optimisée par
un algorithme Conditional Random Field (CRF) qui permet d’introduire une probabilité de dose a
priori en fonction de l’appartenance du voxel à une région
d’intérêt [102]. Enfin, une dernière forêt aléatoire
sélectionne les ARF les plus pertinentes.
Dans les nouvelles versions de RayStation, les équipes ont développé des méthodes plus rapides
de prédiction de distribution de dose. Celles-ci reposent sur un algorithme de Deep Learning
(Apprentissage Profond DL) U-NET, similaire à celui de la segmentation automatique (cf
paragraphe Chapitre 2-1.3.5), pour attribuer une valeur de dose à chaque voxel de la géométrie du
patient. Pour rappel, 3D U-net est un réseau de neurones entièrement convolutif. Cet algorithme
permet de classifier chaque voxel d’une image grâce à l’étage de contraction qui extrait les
informations importantes de l’image et un second étage d’expansion qui resitue l’information
importante dans l’espace (carte de chaleur). L’étage de contraction permet d’attribuer les valeurs
de dose dans les voxels de l’image et l’étage d’expansion resitue dans l’espace les voxels créant
une distribution de dose a priori.
70
Algorithmes de planification de traitement automatique
Pendant la phase d’entraînement (réalisée par les équipes de RaySearch), les algorithmes d’IA font
les relations entre les géométries des patients, les répartitions de dose et les compromis de dose
sur les plans de traitements de la base de données. Les modèles résultants peuvent être modifiés
dans une interface de RayStation appelée RayLearner permettant de les ajuster à nos attendus
cliniques, de changer la prescription ou de modifier la zone de traitement
La base de données permet à l’équipe de RayStation d’entraîner et de valider les modèles en interne
avant de les renvoyer aux clients (Figure 3-2-6).
Figure 3-2-6 - Processus pour l'obtention d'un modèle d'IA avec RaySearch
71
71
Chapitre 3 : Planification automatique
Figure 3-2-7- Schéma des opérations effectuables sur les structures d'optimisation
LA CREATION DE STRATEGIES
Les stratégies sont différentes versions d’un même modèle, créées grâce au post traitement de la
distribution de dose a priori et au paramétrage du Dose Mimicking. Cela permet de se concentrer
sur un point particulier de la planification comme, par exemple, la protection renforcée d’un organe
à risque, l’augmentation de la couverture d’un volume cible ou l’adaptation du modèle en fonction
du nombre de faisceau utilisé, de la machine, etc.
72
Algorithmes de planification de traitement automatique
Figure 3-2-8 – Distributions de dose prédite (en haut à gauche), post traitée (en haut à droite) et délivrables avec différentes
stratégies (en bas).
Tous les algorithmes de génération automatique de plans de traitement sont étudiés et comparés
entre eux dans le paragraphe Chapitre3-4.
73
73
Chapitre 3 : Planification automatique
- Qualitativement : la qualité des plans générés est évaluée à l’aide des histogrammes dose-
volume (DVH) qui montrent l’homogénéité de répartition de la dose et la protection des OARs.
La visualisation 2D et 3D des isodoses permet également de repérer les sous-dosages et
surdosages.
- Quantitativement : Le respect des objectifs cliniques (Dose, volume) fixés par les
radiothérapeutes est évalué.
𝐷2%−𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒 − 𝐷98%−𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒
𝐻𝐼𝐼𝐶𝑅𝑈 = (3-1)
𝐷𝑝𝑟𝑒𝑠𝑐𝑟𝑖𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛
Dans un plan parfait, tout le volume cible est irradié à la dose de prescription. Ainsi, les doses
minimales et maximale D2%-cible et D98%-cible sont égales à la dose de prescription et l’indice
d’homogénéité de l’ICRU est égal à 0.
L’INDICE DE CONFORMITE :
Quantifie la couverture du volume cible. Lomax et al recommandent d’utiliser le nombre de
conformité (CN) introduit par van't Riet et al. [104], [105]. C’est le rapport entre le volume de la
structure cible et le volume de l'isodose de référence (95% de la prescription). Dans notre étude,
pour des cas de prostate, le volume cible est le PTV sans son intersection avec le rectum ; un bon
indice de conformité se situe entre 0,8 et 1.
74
Outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de traitement
𝑉𝑃𝑇𝑉,95% 𝑉𝑃𝑇𝑉,95%
𝐶𝑁 = × (3-2)
𝑉𝑃𝑇𝑉 𝑉95%
Où, VPTV est le volume du PTV et V95% le volume de l’isodose de référence et VPTV, 95%
𝑉𝑃𝑇𝑉,95%
𝐻𝐶 = 𝑉95%
(3-3)
La couverture du volume cible TC fait référence aux objectifs cliniques du PTV : p et q sont les
nombres d'objectifs cliniques que les volumes cibles doivent respecter pour, respectivement, les
doses minimales et maximales. Pour chaque objectif clinique Vcible_i représente le pourcentage réel
du volume cible recevant la dose d'objectif clinique, et Vcible_Goal_i le pourcentage du volume cible
nécessaire pour valider l'objectif clinique.
𝑉𝐶𝑖𝑏𝑙𝑒_𝑝𝑟 𝑉𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒_𝑞𝑟
∑𝑃𝑝=1 ( ∑𝑄
1 𝑅 𝑉𝐶𝑖𝑏𝑙𝑒_𝐺𝑜𝑎𝑙_𝑝𝑟 ) + 𝑞=1 (1 − 𝑉𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒_𝐺𝑜𝑎𝑙_𝑞𝑟 )
𝑇𝐶 = ∑ (3-4)
𝑅 100
𝑟=1 ∑𝑃𝑝
𝑉𝑃𝑇𝑉_𝐺𝑜𝑎𝑙_𝑝𝑟 + 𝑄
La préservation des tissus normaux NTS s’appuie sur les objectifs cliniques des organes à risques
(OAR). Le nombre d'OAR est représenté par n et le nombre d'objectifs cliniques que le nième OAR
doit respecter est représenté par m. Pour chaque objectif clinique, VOAR_ji est le pourcentage réel
du volume de l'OAR qui a reçu la dose de l'objectif clinique et VPTV_Goal_ji représente le volume de
l'OAR nécessaire pour valider les objectifs cliniques.
1 𝑛 1 𝑚 𝑉𝑂𝐴𝑅_𝑗𝑖
𝑁𝑇𝑆 = ∑ { ∑ [1 − ]} (3-5)
𝑛 𝑖 𝑚 𝑗 𝑉𝑂𝐴𝑅_𝐺𝑜𝑎𝑙_𝑗𝑖
75
75
Chapitre 3 : Planification automatique
Enfin l’indice de qualité de plan (PQI) est la combinaison des 3 indices. Idéalement PQI = 0
L’INDICE DE JACCARD :
Permet, quant à lui, de calculer la similarité entre deux plans par rapport aux volumes de leurs
isodoses :
|𝑉𝑃𝐿𝐴𝑁1 ⋂𝑉𝑃𝐿𝐴𝑁2 |
𝐽𝑎𝑐𝑐𝑎𝑟𝑑 = (3-7)
|𝑉𝑃𝐿𝐴𝑁1 ⋃ 𝑉𝑃𝐿𝐴𝑁2 |
Où VPLAN1 et VPLAN2 sont les volumes d’une isodose donnée pour le plan1 et le plan 2.
L’ACCEPTABILITE :
Un plan de traitement est jugé acceptable si tous les objectifs cliniques sont validés. Les objectifs
cliniques des traitements prostate et encéphale in toto sont donnés en Annexe 9.
L'analyse statistique entre 2 groupes de plans de traitement (exemple : plans réalisés manuellement
et plans réalisés automatiquement) est réalisée à l'aide du calcul des p-values sur les indices
dosimétriques ou de complexités. L’analyse statistique compare les distributions de probabilité
que les 2 groupes ont d’obtenir l’un des indices. Le but est d’observer si ces distributions de
probabilité sont significativement différentes. L’hypothèse que ces 2 distributions soient les
76
Outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de traitement
mêmes ou que leurs différences soient non significatives (différences dues à des variations
d’échantillonnage) est appelée l’hypothèse nulle. Elle est rejetée quand p-value < 0.05, ce qui
implique qu’un changement significatif a eu lieu.
Tout d'abord, la distribution de probabilité est testée avec le test de Shapiro. Si p > 0,05, la
distribution est considérée comme normale. Dans ce cas, si les variances des deux groupes sont
égales, un test t de Student apparié est utilisé. En revanche, si les variances diffèrent, le test de
Welch est effectué. En cas de distribution non normale, un test de Wilcoxon apparié est calculé.
Les calculs sont réalisés à l'aide de la bibliothèque Python SciPy.
Le test γ évalue, pour chaque point pref de la distribution de dose de référence Dref, la concordance
avec un point (peval) de la distribution de dose évaluée Deval. Ces points sont fonction de leurs
positions dans l’espace et de leurs niveaux de dose. Ainsi, le calcul de γ se base sur deux aspects :
Le test γ nécessite également des critères d’acceptation, préalablement donnés par l’opérateur : la
distance (∆dA) et la différence de dose (∆DA).
Le calcul du test du γ cherche, pour chaque point de la distribution de référence pref, son point
concordant dans la distribution évaluée Deval, puis évalue la distance et les différences de doses et
les compare aux critères d’acceptation. Si γ (pref) est inférieur à 1, alors pref passe le test ; sinon il
échoue. Ce test est décrit mathématiquement dans les équations (3-8) et (3-9). Le taux de réussite
du test γ ou Gamma passing rate (GPR), est le pourcentage de points qui passent le test γ.
77
77
Chapitre 3 : Planification automatique
Pour valider les méthodes de génération automatique de plans, 20 plans de traitement générés
automatiquement ont été recalculés sur le CT de l’ArcCHECK et comparés avec les mesures faites
sur ArcCHECK à l’aide du logiciel de SunCHECK (CF Chapitre1-5.1.3). Le critère d’acceptation
du GPR est que 95% des points de référence valident le test γ avec un maximum de 2% de
différence de dose et 2 mm de distance. Ces critères sont fixés en fonction de l’incertitude liée aux
détecteurs ou à la mesure (2 à 3%) et de la grille de calcul de dose (2.5 mm).
DELIVRABILITE DES PLANS PAR DOUBLE CALCUL DE DOSE MONTE CARLO (PRIMO)
Les plans générés automatiquement peuvent être plus complexes que les plans générés
manuellement. C’est pourquoi nous avons choisi de valider les modèles d’IA, non seulement par
la mesure, mais aussi par le double calcul d’UM permettant de mieux prendre en compte les
mouvements de lames du MLC.
Ces plans ont été également évalués avec le double calcul de dose (uniquement pour des plans
délivrés par Novalis), à l’aide du logiciel PRIMO (Chapitre1 -5.2).
78
Outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de traitement
Les plans de traitement générés automatiquement (MCO et IA) sont évalués par rapport aux plans
de traitement de référence en fonction des différents protocoles de traitements, décrits dans le
paragraphe suivant.
Les PlanMAN et les plans générés automatiquement possèdent les mêmes balistiques. Le Tableau
3-3-1 ci-dessus résume les protocoles de traitement de chaque localisation.
- Les plans pour WB sont générés avec 4 arcs délivrant des photons 6MV pour Novalis ou
Halcyon.
- Les plans pour le pelvis sont délivrés par des faisceaux de 10MV pour Novalis ou 6MV pour
Halcyon. Lorsque les ganglions ne sont pas traités, le plan est réalisé avec 2 arcs, sinon il est
réalisé avec 4 arcs sur Halcyon et 2 arcs sur Novalis.
Nombre de
Nom des plans Prescription Volume cible
séances
Prostate 78 Gy Prostate 39
ProVS 46 + 32 Gy Prostate + vésicules séminales 23 + 16
PelvPro 46 + 32 Gy Prostate + vésicules séminales + ganglions pelviens 23 + 16
PelvPro avec prothèse 46 + 32 Gy Prostate + vésicules séminales + ganglions 23 + 16
Loge 46 + 20 Gy Loge + ganglions 23 + 10
Encéphale in toto (WB) 30 Gy Cerveau 10
Pour simplifier la compréhension des études, nous avons attribué des noms aux plans de traitement
en fonction de la manière dont ils sont générés.
PlanMAN : Réalisé manuellement par optimisation classique (nombre d’itérations variable) par
divers dosimétristes. Ces plans sont validés cliniquement et délivrés aux patients. Ils sont
considérés comme les plans de référence.
79
79
Chapitre 3 : Planification automatique
MCO :
PlanMCO : Généré automatiquement avec le MCO. Ces plans sont tous générés avec le même jeu
d’objectifs idéaux quel que soit le patient. Puis les plans Pareto « balance » sont rendus délivrables
par l’algorithme de Mimicking (Chapitre 3-2.1) avec 3 optimisations de 100 itérations.
Figure 3-3-1 - Utilisation du MCO en routine clinique pour les Encéphales in toto
IA :
PlanML : Générés par l’algorithme de ML. Ils sont générés avec un post traitement de la distribution
de dose a priori et un paramétrage de l’algorithme de Dose Mimicking (DM). Les PlanML sont
tous générés avec une stratégie standard et 3 optimisations de 60 itérations ainsi qu’une
optimisation de 40 itérations.
PlanDL : Générés par l’algorithme de DL. Les distributions de dose a priori sont rendues délivrables
par l’algorithme DM paramétré manuellement. Ces plans nécessitent 3 optimisations de 60
itérations et 1 optimisation de 40 itérations et peuvent provenir de différentes stratégies.
80
Outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de traitement
PlanDL++ : PlanDL retravaillé manuellement avec des optimisations classiques (nombre d’itérations
et d’optimisations variables) avec des jeux d’objectifs différents en fonction des patients.
Figure 3-3-2 - Utilisation du DL en routine clinique pour les Prostate, Loge, Pelvpro, PelvLoge et ProVS
ETUDE 1 : COMPARAISON DES PLANS AUTOMATIQUES PAR RAPPORT AUX PLANS DE REFERENCE
Cette 1ère étude compare les PlanMAN aux plans de traitement générés automatiquement : PlanMCO,
PlanDL et PlanML. Pour mettre en évidence l’intérêt de chacune des méthodes, nous les avons
évaluées pour 2 localisations :
- Les PlanMCO sont évalués pour des traitements d’encéphale in-toto WB car cette localisation
comporte de nombreux organes à risques à proximité de la zone traitée.
- Les plans IA (PlanML, PlanDL) sont évalués sur des traitements Prostate car c’est une des
localisations les plus traitées par le groupe ORION permettant de créer facilement une base de
données.
L’évaluation pour chaque type d’algorithme a été menée avec des nombres de patients et des sites
cliniques différents :
- Evaluation du MCO : Comparaison des PlanMCO aux PlanMAN pour 5 patients traités pour des
WB.
81
81
Chapitre 3 : Planification automatique
Cette étude comparative utilise le taux d’acceptabilité des plans de traitement, le temps de
génération de ces plans de traitement (timing) et les outils d’évaluation de la distribution de dose
décrits dans le Chapitre 3-3.1.
Les plans sont évalués selon leur taux d’acceptabilité, le temps de génération et les outils
d’évaluation de la distribution de dose décrits dans le Chapitre 3-3.1.
- La reproductibilité est évaluée sur 2 patients Prostate pour lesquels 5 PlanDL sont générés
dans les mêmes conditions. Ces plans sont comparés à l’aide de l’indice Jaccard permettant de
quantifier leur similarité.
- Le post traitement des distributions de dose a priori est évalué sur 10 patients Prostate. Pour
chaque patient 1 PlanDL-PRE et 1 PlanDL-POST sont générés. Les paramètres du post traitement
sont donnés en Annexe 10 et la comparaison est effectuée à l’aide des DVH de vessies, têtes
fémorales, rectums et PTV.
- Le paramétrage de l’algorithme de Dose Mimicking (DM) est évalué pour des traitements
Prostate en comparant les DVH des 10 PlanDL-POST avec les PlanDL rendus délivrables grâce à
cet algorithme de Dose Mimicking (PlanDL). L’indice de Jaccard a permis de calculer les
similarités entre les distributions de dose a priori et les distributions de dose délivrables de 200
PlanDL (100 PlanDL-HALCYON et 100 PlanDL-NOVALIS). Les paramètres d’ajustement du DM sont
disponibles en Annexe 11.
82
Outils et méthodes utilisés pour évaluer les plans de traitement
- L’utilisation de stratégies : L’évaluation des stratégies est réalisée avec le taux d’acceptabilité
des plans de traitements sur une base de données de 100 PlanDL-HALCYON et 100 PlanDL-NOVALIS.
- L’entraînement de l’IA : Dans un dernier temps, un modèle de DL est entraîné avec une base
de données de PlanMCO++ décrite dans l’étude précédente (Chapitre 3-4.2). L’idée est
d’atteindre la qualité de ces plans avec le DL afin de gagner du temps. Dans cette étude, 44
PlanDL, 44 PlanMCO++ et 44 PlanMCO sont comparés avec les indices dosimétriques.
ETUDE 4 : RETOUR D’EXPERIENCE SUR L’IA EN ROUTINE CLINIQUE POUR LES PLANS DE TRAITEMENTS
DU PELVIS.
Depuis janvier 2023, le DL est utilisé en routine dans le service de radiothérapie du groupe Orion
pour traiter les patients atteints d’un cancer de la prostate. Le 31 juillet 2023, nous dénombrions
127 patients traités. Lorsqu’un PlanDL est utilisé les dosimétristes ont le choix de le garder tel quel
ou de l’améliorer avec des optimisations manuelles (PlanDL++).
Les 79 premiers patients traités sont évalués cliniquement, pour s’assurer de la continuité de la
qualité des traitements. Le Tableau 3-3-2 répertorie combien de fois les modèles sont utilisés.
Parmi ces traitements, 5 patients ont des prothèses de hanches créant des artefacts sur les scanners
de planification : les modèles PelvPro46 et Prostate32Gy (Annexe 9). Nous les distinguons des 48
autres traités avec les mêmes modèles.
83
83
Chapitre 3 : Planification automatique
Tableau 3-3-2 - Modèle utilisé en routine clinique et le nombre d’utilisation pour 79 patients
Prostate78 Prostate 2
Prostate32 Prostate 63
Prostate12 Prostate 1
Etude réalisée
Cette étude 4 est une comparaison entre les PlanDL++ (référence car utilisés en routine) et les PlanDL
réalisée avec :
- Comparaison des distributions de dose et les complexités des plans sur 79 patients. De plus,
les plans PelvPro sont également comparés à 100 PlanMAN de référence. Cette deuxième
comparaison sert à confirmer la continuité de la qualité des traitements délivrés aux patients.
- Mesure du taux de réussite au test γ de 20 patients pour évaluer la délivrabilité des plans.
- Mesure du temps de génération de 6 PlanDL++ et 3 PlanMAN pour l’étude du gain de temps.
84
Résultats
4. RESULTATS
DE REFERENCE
Le Tableau 3-4-1 synthétise les résultats de nos comparaisons entre les PlanMAN et les plans générés
automatiquement PlanMCO, PlanML et PlanDL.
Tableau 3-4-1- Comparaison entre les PlanMAN PlanMCO PlanML et PlanDL. Les paramètres améliorés sont notés en vert et les
paramètres dégradés sont notés en rouge. Les différences entre les écarts types des mesures sont notées entre crochets
Acceptabilité
Timing
85
Chapitre 3 : Planification automatique
sont moins étendus que ceux des PlanMAN. À l’inverse, les écarts types des plans de référence sont
plus petits concernant les indices d’épargne des organes à risques et de qualité de plan.
Cela signifie que les PlanMCO ont des couvertures de volume cible relativement similaires, mais
que l’épargne des organes à risque varie plus d’un patient à l’autre, parce que le MCO va créer les
plus forts gradients de dose possibles pour épargner les organes à risques en fonction de la
géométrie du patient.
86
Résultats
L’étude 1 démontre l’intérêt de l’utilisation du MCO en routine clinique, mais les plans présentent
systématiquement des surdosages dans le volume cible. La décision a été prise de retravailler en
optimisation classique les PlanMCO systématiquement et automatiquement à l’aide d’un script
Python, pour augmenter la qualité de couverture des plans de traitements (PlanMCO-AUTO). Enfin,
pour l’utilisation en routine clinique, les dosimétristes ont la possibilité de retravailler
manuellement les PlanMCO-AUTO en optimisation classique (PlanMCO++).
Le Tableau 3-4-2 donne les indices de distribution de dose obtenus, le taux d’acceptabilité et le
temps de génération d’un plan de traitement en fonction des 3 étapes.
Tableau 3-4-2 - Comparaison des indices qualité de plan entre les PlanMCO PlanMCO-AUTO et PlanMCO++
87
87
Chapitre 3 : Planification automatique
Visuellement, les isodoses des PlanMCO++ débordent plus du volume cible que celles des PlanMCO-
AUTO pour permettre une couverture plus homogène et d’une plus grande partie du PTV (Figure 3-
4-1)
Figure 3-4-1 - Différence de couverture entre un plan MCO automatisé (PlanMCO-AUTO) et un plan MCO automatisé et amélioré
manuellement (PlanMCO++)
Tableau 3-4-4 Indice Jaccard moyens et intervalles de valeurs entre isodoses (en pourcentage de la prescription) des plans générés
automatiquement sur 2 patients
10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
0.990 0.976 0.980 0.990 0.994 0.996 0.997 0.997 0.998 0.883
(1-0.979) (1-0.946) (1-0.962) (1-0.982) (1-0.990) (1-0.993) (1-0.994) (1-0.995) (1-0.996) (1-0.808)
88
Résultats
Un des objectifs de l’automatisation des plans de traitement est la diminution de la variabilité inter-
opérateur. C’est pourquoi nous avons évalué la reproductibilité des plans de traitements générés
par IA. Les distributions de dose a priori sont systématiquement les
mêmes pour tous les PlanDL ainsi que les objectifs cliniques et les DVH
sont les mêmes pour tous les plans générés sur un même patient.
Les indices de similarité entre les isodoses sont donnés dans le Tableau
3-4. Les isodoses sont très similaires entre elles, sauf pour l’isodose 100
% du fait de sa distribution inhomogène dans le PTV (seulement 50 % du PTV doit recevoir 100
% de la dose de prescription, Figure 3-4-2). Les différences entre les isodoses viennent du
processus d’optimisation : plusieurs distributions de doses peuvent correspondre aux mêmes
Figure 3-4-2 - Distribution attendus cliniques.
spatiale de l'isodose 100% de
la prescription (rouge) dans le
PTV (jaune)
La Figure 3-4-3 illustre les DVH obtenus pour des PlanDL-POST et PlanDL-PRE. Les doses reçues par
les têtes fémorales et le PTV ne présentent pas de différences significatives. En revanche, pour 1
PlanDL-POST, la vessie est plus irradiée mais les 2 DVH respectent nos objectifs cliniques. Des écarts
de dose plus significatifs sont observés sur le rectum, où les PlanDL-POST irradient moins le rectum
entre 0 et 50Gy. En outre, la dose maximale reçue par 1% du volume du rectum d’un PlanDL-PRE
ne respecte pas nos objectifs cliniques (Annexe -9-9.1).
Finalement, avec le post traitement, les PlanDL protègent mieux le rectum et conservent l’épargne
des autres OAR sans changer la couverture du volume cible.
89
89
Chapitre 3 : Planification automatique
Figure 3-4-3 - Histogramme dose volume des régions d'intérêt (têtes fémorale, vessie, rectum et PTV) générés plans les Plan DL
avec post traitement (ligne avec point) et sans post traitement (ligne avec croix)
La Figure 3-4-4Error! Reference source not found. représente les DVH des structures d’intérêt
des PlanDL-POST et PlanDL. Aucune différence significative n’est visible sur le DVH du PTV. Pour
les OARs, d’un côté, l’algorithme de Dose Mimicking dégrade l’épargne des têtes fémorales (la
moyenne des doses reçues et l’écart type des DVH sont plus importants pour les PlanDL). D’un
autre côté, ces plans proposent en moyenne une irradiation moins importante du rectum et de la
vessie et les 2 types de plans ont des écarts types équivalents.
90
Résultats
Figure 3-4-4 – Histogramme dose-volume des régions d'intérêts (têtes fémorale, vessie, rectum et PTV) et PlanDL-POST (lignes avec
points) et les distributions de dose délivrables : PlanDL-MIMICKED (lignes foncées avec triangles).
Le Tableau 3-4-3 synthétise nos résultats sur les différences d’isodoses entre les PlanDL-POST et les
PlanDL délivrés sur 2 types de machines de traitement (Halcyon et Novalis).
Tableau 3-4-3 -Comparaison entre les isodoses (en pourcentage de la prescription) à l’aide de l’indice Jaccard
PlanDL-POST VS PlanDL-NOVALIS 0.891 [0.015] 0.894 [0.019] 0.931 [0.016] 0.940 [0.015]
PlanDL-POST VS PlanDL-HALCYON 0.913 [0.011] 0.925 [0.016] 0.944 [0.011] 0.952 [0.010]
91
91
Chapitre 3 : Planification automatique
Les distributions d’isodoses ont de fortes similarités qui augmentent avec le niveau de dose. De
plus, les PlanDL-HALCYON présentent les meilleures similarités, sûrement parce que plus d’arcs sont
utilisés pour générer le plan de traitement (4 pour Halcyon vs 2 pour Novalis), offrant davantage
de degré de liberté à l’optimiseur.
Ces résultats sont concordants avec les paramètres d’ajustement choisis dans l’algorithme DM (Cf
Annexe 11) qui comporte des critères de dose pour tous les organes exceptés les têtes fémorales.
Ainsi, nous confirmons que le paramétrage est réellement essentiel pour conserver ou améliorer la
qualité de la distribution de dose a priori
Le Tableau 3-4-4 présente les taux de plans acceptables en fonction des objectifs cliniques et de
la stratégie choisie selon la machine.
Tableau 3-4-4 - Taux de plans acceptables en regard des objectifs cliniques en fonction de la stratégie choisie et de la machine
Parmi les plans de traitement générés automatiquement, 78 % des PlanDL-NOVALIS et 83 % des plans
PlanDL-HALCYON sont cliniquement acceptables d’emblée (Tableau 3-4-4).
L’utilisation des stratégies permet la validation clinique de plus de plans de traitement, avec une
augmentation de l’acceptabilité de 8 % pour les PlansDL-HALCYON et 1 3% pour les PlansDL-NOVALIS.
Cette hausse est plus importante pour les PlanDL-NOVALIS grâce à la stratégie de protection du
rectum, qui est moins pertinente dans le cas des PlanDL-HALCYON. Enfin, notons que le temps de
génération d’un plan n’est pas impacté par la stratégie qu’il utilise.
92
Résultats
MCO
Nous avons étudié l’impact d’un entraînement du DL avec des plans MCO plutôt qu’avec des
plans manuels. Le Tableau 3-4-5 présente les résultats obtenus.
Tableau 3-4-5 - Comparaison entre les PlanMCO, PlanMCO++ et les PlanDL. Les meilleurs résultats sont notés en vert et les pires en
rouge
Acceptabilité
Timing
Les PlanDL ont une épargne des OARs identique à celle des PlanMCO++ et leur indice moyen de
couverture des volumes cibles est sensiblement équivalents. Cependant, l’indice moyen de
conformation des PlanDL est significativement inférieur, traduisant un important débordement des
fortes doses hors du volume cible (illustré par la Figure 3-4-5), engendrant une amélioration de
l’homogénéité de la couverture mais une dégradation de l’indice de qualité de plan.
93
93
Chapitre 3 : Planification automatique
Figure 3-4-5 - Différence de couverture entre un plan généré par Deep Learning (Plan DL) et un autre généré par MCO
automatisé et amélioré manuellement PlanMCO++
Par ailleurs, le DL génère des plans acceptables 95 % du temps, 2 fois plus rapidement que les
PlanMCO et au moins 4 fois plus rapidement que les PlanMCO++. Les 5 % des PlanDL ne respectant
pas nos objectifs cliniques présentent des surdosages dans le PTV, à l’instar des PlanMCO.
Pour conclure, nous ne réussissons pas à atteindre les performances du MCO amélioré par
optimisations classiques avec le DL. Bien que celui-ci soit entraîné à partir des PlanMCO++ et qu’il
soit amélioré avec le post traitement de la distribution de dose a priori et le paramétrage de
l’algorithme DM. Nous pensons qu’avec une amélioration par optimisations classiques, les écarts
entre les plans de traitements se réduiraient. Cependant, le temps d’intervention des opérateurs
serait à peu près les mêmes et il n’y aurait pas de gain de temps actif en utilisant le DL.
Les PlanDL sont reproductibles : pour un même patient, ces plans de traitements ne génèrent pas
des plans de traitement parfaitement identiques mais les différences engendrées n’impliquent ni
différence de couverture des volumes cible ni différence de toxicité aux OAR.
Les stratégies permettent d’augmenter nettement le taux d’acceptabilité des plans de traitement
générés automatiquement par DL.
94
Résultats
La base de données utilisée pour l’entraînement du DL est primordiale, mais elle n’est pas
suffisante pour obtenir des plans de traitement équivalents aux plans de référence. Pour obtenir
des plans de traitement comparables aux PlanMCO++, un premier effort est à fournir au niveau du
post traitement de la distribution de dose a priori et du paramétrage du DM. Un second effort doit
être fourni par optimisation classique pour corriger la conformité et la couverture du modèle.
Les différences observées entre les PlanDL-NOVALIS et les PlanDL-HALCYON nous ont conduits à
développer des stratégies pour chaque type de machine (stratégie Halcyon et stratégie Novalis).
En revanche, pour faciliter l’intégration de cette méthode en routine clinique, le nombre de
stratégies est réduit à 2 (par type de machine) : standard et protection du rectum. Ces stratégies
sont utilisées en routine clinique.
MANUELLEMENT
Les plans générés automatiquement par le DL sans retouche ont été comparés aux plans DL
améliorés par les dosimétristes en routine. Le Tableau 3-4-6 donne les taux d’acceptabilité des
plans de traitement en fonction des sites cliniques.
Tableau 3-4-6- Taux d'acceptabilité des plans générés automatiquement par DL améliorés (PlanDL++) ou non (PlanDL)
manuellement
PlanDL 79% (11/14) 86% (6/7 plans) 89% (44/49) 0% (0/5 plans)
PlanDL++ 100% (14/14) 86% (6/7 plans) 98% (1/49) 100% (5/5 plans)
Pour les morphologies classiques, au moins 79 % des PlanDL atteignent nos objectifs cliniques en
stratégie standard. En revanche, pour les patients ayant des prothèses de hanches, les PlanDL ne
sont pas acceptables d’emblée. Enfin, pour tous les patients sauf 2 (1 Loge et 1 Pelvis) les PlanDL++
sont acceptables.
95
95
Chapitre 3 : Planification automatique
Le Tableau 3-4-7Error! Reference source not found. contient quant à lui les résultats moyens
des indices de qualité de plan des PlanDL et PlanDL++
Tableau 3-4-7 - Comparaisons PlanDL++ et PlanDL en fonction du site traité. Les différences sont quantifiées avec des p-values
HI CN HC TC NTS PQI
PelvLoge
PlanDL++ 0.042 0.835 0.836 0.999 0.244 0.774
PlanDL 0.040 0.843 0.844 0.999 0.238 0.778
p-value 0.586 0.518 0.530 0.844 0.380 0.615
Prostate et ProVS
PlanDL++ 0.049 0.852 0.862 0.996 0.439 0.578
96
Résultats
En définitive, l’automatisation suivie d’une amélioration manuelle permet de mieux protéger les
OAR tout en améliorant les couvertures des volumes cibles.
Finalement, l’utilisation du DL pour les patients ayant des prothèses de hanche, ne permet pas
d’obtenir des plans acceptables sans amélioration. Cela est confirmé par l’indice de qualité de plan
supérieur à 1 en moyenne et l’indice de couverture des volumes cibles bien inférieur à celui obtenu
pour des patients sans prothèse (Pelvis). Cependant, les PlanDL++ sont tous acceptables et
obtiennent des indices équivalents à ceux des patients ne possédant pas de prothèse.
La délivrabilité des plans a été étudiée. Le Tableau 3-4-8 contient les indices de complexité
moyens obtenus pour les PlanDL et PlanDL++ pour les différentes localisations. Les indices de
complexité notés en vert sont pour les plans de traitement les moins complexes et les p-values
notées en rouge soulignent les différences significatives.
Lorsque les ganglions pelviens ne sont pas traités (Prostate et ProVS) les PlanDL sont moins
complexes que les PlanDL++. Cependant, les indices de complexité sont très proches.
Dans le cas où les ganglions sont traités (PelvPro avec ou sans prothèse et Loge) les PlanDL++ sont
moins complexes que les PlanDL. Les plans PelvPro ont des différences significatives à l’inverse
des autres plans, indiquant que les plans PelvPro sont les plus retravaillés. Il apparait que les
PlanDL sont plus complexes que les PlanMAN. Pour cela, Léa Dubaele a réalisé son stage de Master
2 au sein du groupe ORION-Toulouse en 2023. Le but était de valider le logiciel PRIMO de double
calcul de dose utilisant Monte-Carlo afin de l’utiliser dans l’étude de délivrabilité des plans de
traitement. L’étude est présentée à la SFPM de Nantes en 2023
([Link] Dans cette évaluation, les PlanMAN et PlanDL sont simulés
97
97
Chapitre 3 : Planification automatique
par un algorithme de Monte Carlo. À l’issue des simulations, les PlanDL obtiennent toujours des
taux de réussite au test gamma acceptables mais légèrement inférieurs aux PlanMAN.
Tableau 3-4-8 - Comparaisons des PlanDL et PlanDL++ avec les indices de complexité, en fonction du site traité.
Enfin, les 20 premiers PlanDL++ utilisés cliniquement et calculés par le TPS sont comparés aux
plans mesurés avec l’ArcCHECK à l’aide du taux de réussite au test gamma (GPR) calculé en
2%/2mm global (cf paragraphe Chapitre3-3.4). L'évaluation de la délivrabilité des plans de
traitement est illustrée en Figure 3-4-6. Un taux de réussite minimal de 95,9% (PlanMAN) contre
96,9% (PlanDL) pour les traitements délivrés avec Novalis et de 97,8% (PlanMAN) contre 99,1%
(PlanDL) pour les traitements délivrés avec Halcyon. De plus, l'écart type diminue avec l'utilisation
de l'automatisation (σ = 1,02 contre σ = 0,81 pour Novalis et σ = 0,50 contre σ = 0,023 pour
Halcyon). Cela indique que les plans de traitement générés par PlanDL ont des GPR plus élevés et
donc une meilleure fiabilité aux contrôles qualité que les plans de traitement manuels.
98
Résultats
Figure 3-4-6 - Le diagramme en boîte, la valeur moyenne (ligne en pointillés) et la valeur réelle (points) du taux de réussite du
gamma global (GPR) 2%-2mm entre le plan de traitement calculé et le plan de traitement mesuré
Les temps de génération chronométré pour cette étude sont donnés dans le Tableau 3-4-9.
Tableau 3-4-9 - Temps chronométré pour générer des Plan MAN et Plan DL++
Le temps passif d’un PlanDL++ correspond au temps de génération du PlanDL (23 à 39 minutes pour
générer 2 plans en séquentiels) et le temps actif à l’optimisation manuelle supplémentaire. Avec
celle-ci, les PlanDL++ permettent de réduire le temps total de génération de plan de 30% au
minimum et de 53% au maximum. Mais surtout, ils réduisent le temps actif d’un facteur 2.0 à 2.6
avec des plans de qualité supérieure.
99
99
Chapitre 3 : Planification automatique
Bien que le PlanDL génère des plans de traitements acceptables dans la majeure partie des cas, les
PlanDL++ présentent des couvertures des volumes cibles équivalentes et améliorent l’épargne des
organes à risque. De plus, ces plans utilisés en routine clinique présentent des taux de réussite au
test du gamma supérieurs à 95 % et équivalents au PlanMAN tout en offrant un réel gain de temps
100
Synthèse et discussion sur la planification automatique
Le Tableau 3-5-1 résume nos 4 études sur l’utilisation des plans de traitement générés
automatiquement. Bien que les PlanDL et PlanMCO-AUTO soient entièrement automatiques et
génèrent des plans de traitements acceptables d’emblée dans la majeure partie des cas, ce sont les
plans de traitements améliorés manuellement qui sont utilisés en routine clinique. Car ils apportent
les meilleures distributions de dose (couverture et épargne des OAR) une uniformisation des
pratiques et un gain de temps actif.
Tableau 3-5-1 - Synthèse des études comparatives entre les différentes méthodes de génération de plan de traitement
Utilisable en routine
Oui Non Non Oui Non Oui
clinique
Gain sur l’épargne OAR N/A Oui Oui Oui Non Oui
Uniformisation des
Non Oui Oui Oui Oui Oui
pratiques
Notre évaluation du MCO est effectuée avec une automatisation systématique à partir du plan
Pareto « balance ». Bien que nous ayons constaté des améliorations dosimétriques, il est possible
que celles-ci soient encore plus significatives en utilisant la navigation dans l'espace de Pareto et
101
101
Chapitre 3 : Planification automatique
en choisissant un plan encore plus optimal. En effet, des études utilisant le MCO de RayStation
font état de gains dosimétriques et ne mentionnent pas de problème sur la couverture des volumes
cibles, comme nous en avons pu en constater [48]. D’autres études sur des algorithmes de MCO
différents affichent les mêmes conclusions : Park et al travaillent avec le MCO d’Eclipse et
observent une amélioration de la dose aux OARS sans compromettre la couverture du volume
cible [116]. Enfin, 3 autres équipes utilisent autoVMAT de Monaco et rapportent que plus de 90
% des plans sont acceptables cliniquement d’emblée [117], [91], [93].
Notons, cependant que l’étude 1 comparant les PlanMCO par rapport au PlanMAN est réalisée sur 5
patients et mériterait d’être plus approfondie. Nous n’avons pas pu réaliser d’autres comparaisons
car les plans sont initialement délivrés par des machines qui ne sont plus en fonctionnement dans
notre service (Clinac 2100).
Enfin, nous pourrions adapter l’automatisation de d’encéphale in toto générées par MCO pour
l’épargne de l’hippocampe, organe crucial dans le fonctionnement de la mémoire. L’équipe de
[Link] [Link] et [Link] ont étudié cette procédure de traitement sur 10 patients et
ont prouvé l’intérêt du MCO à la fois pour la couverture et pour l’épargne de l’hippocampe [118].
Le gain de temps actif attribuable au DL est indiscutable, mais chaque utilisateur à ses propres
habitudes or l’IA n’en tient pas compte. Ainsi, les utilisateurs tendent à modifier des distributions
de dose pour qu’elles ressemblent plus à ce qu’ils auraient fait même si elles sont acceptables
cliniquement. Nous pensons qu’avec plus d’expérience et de confiance en l’IA le gain de temps
actif sera meilleur.
102
Synthèse et discussion sur la planification automatique
Néanmoins, le gain de temps apporté par l’IA est contrebalancé par la nécessité d’un travail
préliminaire conséquent, d’abord pour la création de bases de données (optionnel) mais surtout
pour l’ajustement des modèles reçus par le constructeur. L’étude sur l’optimisation du DL met
en avant l’aspect indispensable de ces ajustements et montre également qu’ils altèrent la réponse
réelle de l'IA, car seule, elle ne répond pas pleinement à nos attentes dosimétriques malgré un
entraînement avec des plans de traitements générés chez nous. Cette conclusion est confirmée
lorsque l’IA est entraînée avec des plans de traitement très poussés provenant du MCO et amélioré
par optimisation classique. Le gain de temps des IA est également dépendant des stratégies
générées automatiquement. La plupart du temps, la stratégie standard est la plus adaptée pour
générer un plan de traitement, mais le reste du temps, une stratégie de protection d’organe est plus
à même de remplir les objectifs cliniques. Cependant, il n’existe pas d’outils permettant de prédire
quelle stratégie utiliser. Ainsi, en clinique, les utilisateurs génèrent d’abord la stratégie standard et
en fonction des résultats, génèrent un second plan de traitement avec la bonne stratégie ce qui
double le temps passif de génération de plan. Pour résoudre ce problème, une première solution
serait de générer toutes les distributions de dose a priori post traitées (environ 30 secondes pour
générer une distribution de dose) et que l’utilisateur choisisse celle qu’il souhaite garder. Une
seconde solution serait d’entraîner une deuxième IA capable de prédire les DVH en fonction de la
stratégie utilisée (à la manière de RapidPlan).
Les IAs sont comparables aux algorithmes basés sur les protocoles ou basés sur les connaissances.
L’algorithme d’AutoPlanning est utilisé par l’équipe de Wortel et al pour générer des plans de
prostate [40]. Ces plans ne sont pas jugés acceptables sans correction manuelle. L’équipe de Nawa
et al obtient les mêmes conclusions : l’algorithme diminue la variation inter-operateur et offre des
plans de traitements comparables ou meilleurs que les traitements réalisés manuellement [38].
Des utilisateurs d’algorithmes basés sur des connaissances comme Hussein et al avec RapidPlan
rapportent qu’avec une base de données de 40 patients, les plans générés automatiquement sont
comparables aux plans manuels en une seule optimisation et 90% sont acceptables d’emblée [56].
RapidPlan permet également un gain de temps d’un facteur 4 à 8 [119]. Par exemple, cet
algorithme permet de générer un plan de prostate acceptable en 10 minutes (légèrement plus rapide
que l’IA) même s’il nécessite une optimisation supplémentaire pour être équivalente aux plans de
références [57].
103
103
Chapitre 3 : Planification automatique
En ce qui concerne les comparaisons de plans, plusieurs remarques peuvent être ajoutées ;
- Les indices utilisés pour comparer la qualité des plans, nous ne les avons pas pondérés en
fonction de leur importance, ce qui pourrait changer le résultat de certaines comparaisons. Par
exemple, l’homogénéité est moins importante que la conformité.
- La validation des objectifs cliniques ne suffit pas à confirmer qu’un plan de traitement est
acceptable cliniquement. Seule l’expertise humaine peut le faire, car la distribution spatiale
des isodoses (hors des organes) n’est pas quantifiable mais joue également un rôle dans la
décision finale. Pour des morphologies atypiques, il est tolérable qu’un objectif clinique ne soit
pas validé. L’idéal serait de faire une dernière étude comparative en impliquant un retour
humain notant les plans de traitement, sur une échelle de 1 à 5 par exemple.
Dans les 2 derniers chapitres, nous avons mis en évidence l’intérêt des méthodes de segmentation
et de planification automatique. Dans le prochain et dernier chapitre, nous nous focalisons sur la
mise en œuvre clinique de ces algorithmes d’automatisation qui peut s’avérer fastidieuse et pour
lesquels il existe peu de retour d’expérience et de recommandations pratiques.
104
Synthèse et discussion sur la planification automatique
UN ENVIRONNEMENT CLINIQUE
105
105
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
1. INTRODUCTION
Actuellement, ces solutions d’automatisation sont largement utilisées dans le service. Cependant,
pour assurer leur bon fonctionnement et leur pérennité, il est nécessaire de définir des règles de
mise en service et d'utilisation, ainsi que de gérer rigoureusement le suivi de ces solutions
automatisées afin de ne pas dégrader la qualité des soins apportés aux patients.
106
Mise en œuvre clinique des solutions d’automatisation
L'intégration de solutions automatiques dans un service requiert une approche méthodique. Nous
proposons une démarche à suivre issue de notre retour d’expérience.
107
107
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
Certains membres de l’équipe de référence sont désignés « développeurs » de la solution. Ils sont
chargés d’ajuster la solution aux besoins du service. Les développeurs doivent également rédiger
des procédures d’utilisation de la solution, expliquant ce qu’elle fait et dans quel cadre l’utiliser.
Une des fonctionnalités de RayStation est la possibilité de réaliser des scripts en langage Python
permettant l’automatisation de tâches répétitives à l’aide d’un interpréteur Python intégré dans le
TPS. De plus, RayStation possède une bibliothèque de fonctions liées au TPS simplifiant
l’élaboration des scripts. Ce système offre de nombreuses possibilités, notamment celle
d’automatiser tout ou partie de la création de structures ou de générer des plans de traitements avec
ou sans optimisation. Le paragraphe 3.1 du chapitre 4 traite de cet aspect.
L’assurance qualité garantit aux utilisateurs qu’un produit correspond à leurs attentes. Pour valider
le bon fonctionnement des solutions d’automatisation et des scripts développés en internes, nous
avons mis en place des stratégies comparables à la démarche d’Assurance Qualité dictée par des
normes «ISO » ou Organisation internationale de normalisation.
La norme ISO 9000 explique le terme de Qualité par : « l’aptitude d'un ensemble de
caractéristiques intrinsèques d'un objet (produit, service, etc.) à satisfaire des exigences ». Et la
norme ISO 9126 classe en six catégories les indicateurs de qualité d’un logiciel :
108
Mise en œuvre clinique des solutions d’automatisation
L’intégration au flux de travail est la dernière étape avant l’utilisation clinique d’une méthode
automatique.
GESTION DU CHANGEMENT :
L'automatisation peut entraîner des changements dans les tâches et les responsabilités de
l’utilisateur. Leurs rôles doivent être bien définis.
FORMATION DU SERVICE :
La première étape est de former les futurs utilisateurs aux solutions d’automatisation qui leur sont
proposées et les procédures d’utilisation doivent leur être fournies.
MAINTENANCE :
Si la solution présente un problème, un membre de l’équipe de référence doit être capable de le
résoudre (ou de contacter un expert) et de proposer des solutions alternatives.
ÉVOLUTION ET AMELIORATION :
En fonction des retours d'expérience, des ajustements et des améliorations peuvent être apportés
pour optimiser l’utilisation de la méthode. Dans ce cas, les procédures doivent être mises à jour et
tenir compte de toutes les modifications apportées.
109
109
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
La réalisation de scripts Python fait partie intégrante de cette thèse. Dans cette partie, nous
décrivons les différents outils d’automatisation développés en Python, permettant d’automatiser
les tâches de la planification de traitement et simplifiant l’utilisation des intelligences artificielles.
Ces scripts sont développés en tenant compte de la norme ISO 9126 (utilisation optimale des
ressources). Chaque script doit être fourni avec sa procédure rédigée par le développeur afin de
simplifier les processus de validation et d’utilisations cliniques. Il y détaille l’utilisation et précise
le cadre dans lequel le script peut être utilisé.
PLANS CLASSIQUES
Générer un plan de traitement manuellement nécessite la réalisation de plusieurs tâches
répétitives :
110
Automatisation par script Python
Mis à part le jeu d’objectifs de dose, tous les points cités ci-dessus sont inscrits dans les protocoles
de traitements proposés dans le TPS. Néanmoins, dans un souci d’uniformisation des pratiques,
les jeux d’objectifs de dose sont également générés automatiquement. (Cf Annexe - 12)
Ce type de script répond à la définition des méthodes de Hussein « Protocol Based » décrite dans
l’introduction du Chapitre 3
Un des physiciens du groupe ORION (Vincent Connord) a développé un script Python générant
automatiquement les 5 scénarios : 5 copies du CT sont utilisées et déformées pour simuler des
gonflements et dégonflements du sein traité. Un plan est ensuite réalisé automatiquement sur le
CT initial et prend en compte les scénarios. Enfin, la distribution de dose finale est recalculée sur
chacun des scénarios.
Un tel script permet d’utiliser en routine la planification robuste et d’anticiper les modifications
anatomiques d’une patiente au cours de son traitement pour lui éviter une réévaluation qui
implique de refaire un scanner et un second plan de traitement.
111
111
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
Le 1er script permet de sélectionner les patients et ainsi de créer des bases de données pour
éventuellement entraîner de nouveaux modèles d’IA.
- L’un lit la base de données RaySearch et enregistre les informations importantes dans une base
de données SQLite enregistrée localement sur nos serveurs.
- L’autre est une interface graphique permettant de naviguer dans la base de données pour les
trier, les visualiser suivant plusieurs formats (DVH, évolution temporelle, boite moustache) et
les exporter au format Excel ou DICOM (CF Annexe - 12).
Le 2ème script Python a été développé pour réaliser les évaluations des plans de la base de données
des patients étudiés afin de :
- Calculer les indices de similarité, de qualité de plan, etc. (Cf Chapitre 2 et 3).
112
Automatisation par script Python
Le service possède au total 15 scripts répertoriés et mis à jour régulièrement qui simplifient et
unifient le flux de travail : Outre les scripts qui permettent la création de structures et de plans,
d’autres permettent de lancer plusieurs optimisations successives, génèrent les rapports de
traitements, effectuent l’export des plans de traitement vers le Record and Verify.
La validation des scripts est effectuée avant leur mise à disposition en routine clinique ou après un
ajustement du script ou une mise à jour de RayStation.
Portabilité : ces scripts ne sont disponibles que sur le TPS RayStation et, la plupart du temps, que
pour une version donnée de celui-ci. À chaque changement de version, ils doivent donc tous être
systématiquement revus.
Pour évaluer leur efficacité, fiabilité, capacité fonctionnelle et facilité d’usage, les scripts sont
relus par un membre de l’équipe de référence, formé à utiliser Python mais n’ayant pas pris part
au développement. Pour faciliter cette étape, le développeur s’assure d’avoir correctement
commenté son programme et rédigé une procédure. Ensuite, les scripts sont testés dans des
conditions de référence, sur un patient test prévu à cet effet. Le test doit englober tous les cas de
figure précisés dans la procédure et les actions du script sont comparées aux actions réalisées
manuellement pour s’assurer que tout est similaire (puisque tous les scripts doivent reproduire des
actions manuellement réalisables).
Maintenabilité : La revue des scripts lors des changements de version est préférablement assurée
par le développeur, mais les relecteurs doivent être capables de prendre le relais. De plus,
lorsqu’une mise à jour du script a lieu, une sauvegarde de l’ancien script est réalisée et les
modifications sont tracées dans des fichiers prévus à cet effet. Enfin, la capacité fonctionnelle doit
être réévaluée.
113
113
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
D’AUTOMATISATION
Nous présentons, dans la suite de ce chapitre, les limites d’utilisation accompagnées d’exemples
de solutions (quand nous en avons) mises en place.
ERREURS SYSTEMATIQUES
Bien que les scripts permettent d’éviter une partie des erreurs aléatoires humaines (oublis, fautes
de frappe, etc.), ils peuvent également comporter des erreurs de programmation et engendrer ainsi
des erreurs systématiques. Pour limiter cela, il faut :
∟ Faciliter son utilisation en intégrant une interface graphique où les renseignements sont
explicitement demandés : avoir une charte graphique et les mêmes noms de variables entre
tous les scripts.
∟ Demander le moins de texte possible à l’aide de listes déroulantes (spins box)
∟ Des choix par défaut peuvent être proposés mais soulignés par des couleurs (exemple de
l’application des marges autour des organes dans l’Annexe 12, Figure A-12-1).
114
Automatisation par script Python
∟ Suivre le script en temps réel. Les étapes sont écrites dans une fenêtre « suivi du script » lisible
par l’utilisateur, pour lui permettre de continuer manuellement sans tout refaire si un problème
survient et interrompt le script.
∟ Indiquer clairement le contexte de traitement (quel patient, quel CT, etc.).
∟ Définir un/des patient(s) tests dès la première validation avec tous les cas de figure. Une fois
que les corrections sont apportées au script, les nouvelles vérifications s’assurent que les
résultats du script sont les mêmes que pour la première.
PERTE DE SAVOIR-FAIRE
Lorsque l'ensemble du processus de dosimétrie est automatisé à l'aide de scripts, les utilisateurs
peuvent perdre de leur savoir-faire et oublier des étapes de la création de plan de traitement.
CONFIANCE EXCESSIVE
Il incombe à chacun de vérifier après chaque utilisation les tâches effectuées par le script.
Cependant, leur utilisation peut induire un sentiment de confiance amenant les utilisateurs à ne pas
vérifier systématiquement les tâches effectuées par ce dernier.
∟ Inclusion de points d’arrêt à chaque étape pour forcer la vérification avant de passer à l’étape
suivante.
DEPENDANCE AU DEVELOPPEUR
Chaque script doit avoir le plus de développeurs et de relecteurs possible pour maintenir la
continuité dans l'utilisation du script en cas d’indisponibilité (temporaire ou définitive)
115
115
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
COMMUNICATION ACCRUE
Lorsque les scripts sont utilisés en routine clinique, les utilisateurs peuvent percevoir de nouveaux
problèmes non anticipés. Dans cette configuration, il est primordial de faire remonter l’information
rapidement à l’équipe de développement mais également à tous les utilisateurs pour éviter ou
corriger le problème.
116
Mise en œuvre, limites et enjeux éthiques de L’IA
Dans le paragraphe précédent, nous avons discuté de la mise en place et des précautions à apporter
à l’utilisation des scripts Python. Dans ce paragraphe, nous allons discuter de l’utilisation des
algorithmes basés sur l’intelligence artificielle.
MISE EN ŒUVRE
La mise en œuvre des solutions automatiques basées sur l’IA, telle que précédemment expliquée
dans les chapitres 2 et 3 est schématisée dans la Figure 4-4-1.
117
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
PHASE DE DEVELOPPEMENT :
La phase de développement de la solution d’IA de RaySearch repose sur la création de bases de
données et l’ajustement des modèles reçus du constructeur (Cf Chapitre 2- Etude 3 et Chapitre 3-
Etude 3). En effet, RS possède son propre algorithme d’entraînement de modèles et son propre
algorithme clinique. L’utilisation prévue par RaySearch est essentiellement l’ajustement des
modèles sur site, puisque la création de modèles est gérée uniquement par le constructeur, même
si des dérogations à cette règle sont envisageables pour des modèles non existants.
PHASE DE VALIDATION
En ce qui concerne la phase de validation des modèles, nous avons suivi les recommandations de
Vandewinckele et al [120]. À partir d’une base de données de patients choisis pour cette validation,
nous avons d’une part effectué une validation quantitative (utilisation d’indices de comparaison
de contours ou de distributions de dose) en comparant nos pratiques de référence et les algorithmes
d’IA, et d’autre part, une validation qualitative (revue visuelle de contours ou d’isodoses) (Cf
Chapitre 2- Etude 1 et 2 et Chapitre 3-Etude 1).
118
Mise en œuvre, limites et enjeux éthiques de L’IA
CONFIANCE EXCESSIVE :
Comme pour les scripts, les IA peuvent amener les utilisateurs à avoir trop confiance envers les
résultats obtenus par IA et négliger certaines étapes de vérification qualitative. Une vérification
manuelle approfondie est toujours nécessaire pour garantir leur exactitude des résultats.
119
119
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
Lors de nos communications sur ces travaux de thèse, certaines préoccupations revenaient
fréquemment : les acteurs de la radiothérapie craignent le manque d’explicabilité des algorithmes,
la perte de savoir-faire sans ces outils et, in fine, d’être remplacés par eux. Ces inquiétudes sont
les mêmes dans d’autres secteurs utilisant les IA au niveau national et européen. En septembre
2017, Edouard Phillipe, Premier ministre de français à l’époque, confiait à Cédric Villani,
mathématicien et député de l’Essonne, la mission de : « Donner un sens à l’intelligence artificielle,
pour une stratégie nationale et européenne » [121] .
Dans la suite, nous allons développer les 4 principes éthiques du groupe de l’Union européenne
qui répondent aux inquiétudes des acteurs de la radiothérapie, permettent aux équipes d’avoir
confiance en l’IA et de travailler en respectant les droits fondamentaux de chacun.
120
Mise en œuvre, limites et enjeux éthiques de L’IA
EXPLICABILITE
« L’explicabilité est essentielle pour renforcer et conserver la confiance des utilisateurs envers les
systèmes d’IA. Cela signifie que les processus doivent être transparents, que les capacités et la
finalité des systèmes d’IA doivent être communiquées ouvertement, et que les décisions – dans la
mesure du possible – doivent pouvoir être expliquées aux personnes directement et indirectement
concernées» [122] p16
Les outils d’IA présentés dans cette thèse et décrits plus tôt n’ont pas des raisonnements
explicables en tant que tels, par contre il est possible d’en saisir le concept. De plus, les données
d’entrées et leurs résultats sont compréhensibles par tous les acteurs de la radiothérapie. Dans un
premier temps, pour pouvoir expliquer une prédiction, l’IA est testée dans différentes situations et
des analyses statistiques sont faites. Quand l’équipe est également à l’origine de la base de
données, le modèle est encore plus simple à expliquer, car on peut faire le lien entre ce qui est
donné et la prédiction.
Le groupe d’experts explique que « En l’absence de justification, les systèmes d’IA ne devraient
pas subordonner, contraindre, tromper, manipuler, conditionner ni régenter des êtres humains.
Au contraire, les systèmes d’IA devraient être conçus afin d’augmenter, de compléter et de
favoriser les compétences cognitives, sociales et culturelles. » [122] p15. Cette idée est partagée
par Cédric Villani et son équipe qui décrivent l’humain et l’IA comme un « duo » [121].
121
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Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
Le respect de l’autonomie humaine repose, d’une part, sur le respect des droits de l’Homme et
d’autre part, sur la possibilité de l’utilisateur d’intervenir dans les processus de décision / prévision.
Pour travailler en « duo », il est impératif que l’utilisateur comprenne le système d’IA pour pouvoir
valider ou contester ses résultats. Il est également nécessaire que l’humain garde sa « gouvernance
», c’est-à-dire qu’il supervise ou qu’il soit aux commandes du processus.
Les outils de RaySearch, respectent l’autonomie de l’homme en proposant des résultats sans les
imposer car chaque segmentation et chaque plan proposés peuvent être soit refusés, soit améliorés
par l’utilisateur.
Les techniques présentées dans cette thèse (IA ou non) n’ont pas pour vocation à remplacer
l’homme, de plus, les imperfections de ces méthodes permettent aux équipes de maintenir leurs
compétences. En revanche, ils doivent être formés à ces nouvelles techniques, pour pouvoir
travailler sereinement avec et comprendre leurs limites.
Pour s’assurer que les résultats de l’IA ne portent pas atteinte à l’humain, il faut tout d’abord
prévenir le système contre des utilisations malveillantes (mot de passe complexes, fermer les
sessions d’ordinateurs, etc.). En outre, pour assurer que l’IA ne nuise à personne, il faut assurer la
robustesse du système, c’est-à-dire, le tester dans plusieurs conditions (fiabilité), évaluer sa
capacité à donner un résultat juste (précision) et contrôler que deux prédictions sont identiques, si
elles sont réalisées dans des conditions similaires (reproductibilité).
122
Mise en œuvre, limites et enjeux éthiques de L’IA
Un autre aspect des IA qui peut porter atteinte à l’homme, concerne les informations personnelles
à l’origine du modèle ou prédites par le modèle. En effet, puisque l’IA est influencée par les
données d’entrée : la collecte de données doit être la plus juste possible, pour ne pas intégrer de
faute et d’erreur au système. De plus, il faut que ces données soient anonymes, ou que les
développeurs aient obtenu l’accord des personnes concernées. De plus, l’IA peut déduire pour une
personne : des comportements, des préférences et même des opinions politiques ou religieuses.
Dans ces cas précis, l’IA peut aller à l’encontre de la liberté d’opinion. Enfin, il faut restreindre
l’accès aux données relatives aux personnes. Seul, des personnes qualifiées et justifiant l’utilisation
des données, devraient pouvoir les utiliser.
En revanche, il faut rester vigilant sur l’utilisation que les équipes ont avec les méthodes d’IA et
surtout, celles qui ne nécessitent que très peu de modifications. L’équipe pourrait développer une
confiance excessive en la machine. En outre, il est impossible de comprendre le raisonnement de
l’algorithme, donc impossible de prévoir l’occurrence de ses erreurs. La meilleure prévention est
la vérification de chacun.
EQUITE
« La mise au point, le déploiement et l’utilisation de systèmes d’IA doivent être équitables. Le volet
matériel suppose l’engagement de veiller à une répartition égale et juste des bénéfices et des coûts,
et de veiller à ce que les individus et les groupes ne fassent pas l’objet de biais injustes, de
discrimination et de stigmatisation. En outre, l’utilisation de systèmes d’IA ne devrait jamais avoir
pour conséquence de tromper les utilisateurs (finaux) ou de limiter leur liberté de choix. [122] p15
123
123
Chapitre 4 - Mise en œuvre des solutions automatiques dans un environnement clinique
L’équité est le fait de donner les mêmes bénéfices et coûts à tout le monde : premièrement, l’équité
se construit avec la collecte de données, qui doit représenter toutes les populations de manière
égale. Deuxièmement, l’équité se joue sur l’accessibilité du système d’IA à tous les utilisateurs,
sans discrimination. Troisièmement, respecter l’équité, c’est respecter l’environnement et toute
vie, les systèmes d’IA ne doivent pas prendre des décisions à l’encontre des normes de
développement durable ou proposer des résultats nécessitant plus de ressources que ce pourquoi
l’IA est entraînée. Par ailleurs, la consommation énergétique nécessaire à leur entraînement doit
être raisonnable.
Les algorithmes d’IA que nous utilisons respectent les principes d’équité pour les utilisateurs :
toute personne qui y a accès est en capacité de l’utiliser. De plus, les résultats proposés par l’IA ne
demandent pas plus de ressources que les solutions initiales (mêmes nombres d’arc par machine,
stockage des plans et des structures équivalentes, temps de calcul moindre, etc.). En revanche,
notre base de données par modèle étant assez restreinte, nous ne pouvons pas affirmer que toutes
les populations y soient représentées et qu’elles le soient de manière égale. Ce que nous pouvons
affirmer, c’est que le choix des patients dans la base de données ne concerne ni l’âge, ni l’ethnie,
ni les opinions, ni les capacités mentales. En contrepartie, les modèles pour les cancers de la
prostate sont construits en fonction du sexe de la personne, pour des différences morphologiques
évidentes.
124
Synthèse
5. SYNTHESE
Néanmoins, peu importe la méthode d’automatisation, elles présentent toutes des limites dans leur
utilisation et nécessitent du un temps non négligeable à consacrer à la mise en œuvre du service
(développement, validation, maintien du service).
Soulignons qu’il existe peu de recommandations et pas (encore) de réglementation pour régir les
la mise en place et l’utilisation d’algorithme d’automatisation dans un service de radiothérapie
externe. Cela est vrai surtout pour les scripts Python, premièrement parce que leur utilisation est
relativement récente, deuxièmement parce que ce sont les physiciens médicaux qui les développent
et non des experts informatiques et dernièrement parce qu’ils sont capables d’intervenir sur une
multitude d’aspects de la radiothérapie. En conséquence, ces méthodes doivent être développées
en toute conscience des risques qu’elles pourraient induire et être utilisées avec une vigilance
accrue.
125
125
Conclusion et perspectives
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
126
Conclusion et perspectives
Depuis janvier 2023, le groupe ORION-Toulouse est le premier service de radiothérapie en France
à intégrer les algorithmes d'IA de segmentation et de planification de traitement dans sa routine
clinique.
LA SEGMENTATION AUTOMATIQUE
Lun des algorithmes étudié est un algorithme de Deep learning DL (réseau de neurones
entièrement convolutif) utilisé pour la segmentation automatique. Il a été évalué en comparant les
structures générées par DL avec celles validées par les radiothérapeutes. Cette évaluation s'est
appuyée sur l'utilisation d'indices de similarité de contours et de volumes, comme détaillé dans le
Chapitre 2-2 de ce travail.
Aujourd'hui, cet algorithme est intégré dans la routine clinique, où les structures segmentées
automatiquement font l'objet d’une revue systématique et de corrections si nécessaire. Cette
approche réduit considérablement le temps alloué à l’étape de contourage d’un facteur 3.
En parallèle, le DL d’un autre constructeur Limbus, qui a été entraîné sur une base de données
différente de RS, s'est également révélé être acceptable pour notre utilisation clinique. Les 2
solutions de DL présentent de bonnes similarités pour la plupart des organes étudiés. Cependant,
il est essentiel de noter que chaque IA possède ses propres particularités, ce qui les rend plus ou
moins conformes aux procédures cliniques habituelles en fonction de l'organe segmenté.
127
127
Conclusion et perspectives
LA PLANIFICATION AUTOMATIQUE
Dans un premier temps, nous avons comparé ces algorithmes aux plans de traitement de référence
générés manuellement et avons constaté que l'approche MCO ne fournissait pas des plans
acceptables d'emblée, mais présentait des avantages dosimétriques significatifs en ce qui concerne
la protection des organes à risque (OAR). En revanche, les plans générés par les algorithmes d'IA
offraient généralement des plans de traitement acceptables dès le départ et nos plans générés par
DL étaient équivalents aux plans de référence.
Dans un deuxième temps, nous avons amélioré automatiquement les plans générés par l'approche
MCO, puis les avons améliorés avec des optimisations manuelles classiques. Cette méthode a
permis d'obtenir un taux de 100% d'acceptation clinique tout en préservant les avantages
dosimétriques offerts par l'approche MCO.
Dans un troisième temps, nous avons optimisé l'approche DL pour une utilisation en routine
clinique. Nous avons vérifié sa reproductibilité et évalué l'impact des ajustements apportés aux
modèles de DL sur les distributions de dose. De plus, nous avons constitué une base de données
de plans générés par l'approche MCO avec corrections afin de tenter d’égaler les performances du
MCO tout en gagnant en temps de calcul.
L'approche DL a démontré qu'elle pouvait générer des plans de traitement acceptables, bien que
perfectibles. Aujourd'hui, cette méthode est intégrée dans notre pratique clinique quotidienne, où
les dosimétristes ont la possibilité de l'améliorer manuellement, si nécessaire. Grâce à cette
approche, nous parvenons à obtenir des plans de traitement plus conformes, plus homogènes et
protégeant mieux les OAR par rapport aux plans de référence réalisés manuellement avec un gain
de temps d’un facteur 2.
Nous proposons également des recommandations pratiques pour la mise en œuvre de toutes ces
solutions automatiques ainsi que pour l’utilisation de scripts Python en routine clinique. Ces
128
Conclusion et perspectives
PERSPECTIVES
− Segmentation automatique :
Toutes les structures ne possèdent pas encore leur propre modèle. Il manque encore chez
RaySearch beaucoup d’organes sans modèle de contourage (plexus brachial, certains ganglions,
etc.). Il est à noter qu’à ce jour, Limbus possède beaucoup plus de modèles que RayStation.
− Planification automatique :
Seulement 2 localisations cliniques ont été évaluées et validées dans cette thèse, mais il existe
beaucoup de traitements automatisables :
• D’abord, nous pourrions ajuster nos modèles déjà construits à d’autres prescriptions. Le
modèle d’encéphales in toto pourrait être ajusté pour traiter des boots intégrés, et les modèles
de pelvis pour traiter des cols utérins.
• L’IA aurait un intérêt plus grand si elle était utilisée pour automatiser des traitements qui
demandent plus de temps comme les traitements ORL.
• Enfin, dans une prochaine version de RayStation il sera possible de combiner la création de
scénario de gonflement du sein avec la génération automatique de traitement. Dans cet optique,
et sachant que les traitements des seins sont une grosse partie de notre activité, nous pourrions
développer un nouveau modèle pour cette localisation.
•
129
129
Conclusion et perspectives
ETUDE MULTICENTRIQUE
Lorsque les modèles d’IA sont validés par RaySearch, ils sont déployés dans les centres. Chacun
d’entre eux a la possibilité de les utiliser et surtout de les adapter à ses propres pratiques. Il serait
intéressant de réaliser des études multicentriques, d’une part pour généraliser l’utilisation de l’IA
en planification de traitement, et d’autre part, pour étudier les performances et limites des modèles
et connaître la pertinence de l’utilisation d’un modèle provenant d’un autre centre.
Dans l’idéal, pour une réelle uniformisation des pratiques, il faudrait une homogénéisation des
attendus dosimétriques. Pour cela, il faudrait travailler au niveau national, européen ou
international avec des bases de données communes considérées comme références et construites à
partir de consensus sur les attendus dosimétriques (pas seulement sur les objectifs de dose mais
sur la géométrie des isodoses également). De plus, un consensus et des bases de données de
référence simplifieraient les études comparatives entre les différents algorithmes commercialisés,
que ce soit pour la segmentation ou la planification automatique.
LA RADIOTHERAPIE ADAPTATIVE
La radiothérapie adaptative est une approche avancée de la radiothérapie qui vise à personnaliser
et à ajuster continuellement le plan de traitement d'un patient en fonction des changements
observés pendant le traitement. Dans ce contexte clinique, il est impératif de réaliser rapidement
des plans de traitements acceptables d’emblée. Ainsi, si nous parvenons à améliorer nos modèles
suffisamment pour qu’ils n’aient pas besoin d’être corrigés manuellement, cela ouvrirait la voie à
leur utilisation en radiothérapie adaptative.
130
Conclusion et perspectives
Ainsi, les méthodes d’automatisation évaluées dans cette thèse fournissent des bases solides,
automatisant de nombreuses étapes, tandis que les opérateurs humains apportent leur expertise
clinique, leur jugement et leur capacité à résoudre des cas complexes. C'est cette collaboration
entre la technologie et l'expertise humaine qui permet d'atteindre les meilleurs résultats et de
garantir des soins de haute qualité pour les patients.
131
131
Références
RÉFÉRENCES
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Conclusion et perspectives
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Conclusion et perspectives
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141
141
Références
142
Conclusion et perspectives
ANNEXES
143
143
Annexes
1. INTERACTIONS PARTICULES-MATIERE
144
Algorithmes de calcul de dose
ALGORITHMES MONTE-CARLO
La méthode statistique « Monte-Carlo » simule le transport des particules depuis leur création et
jusqu’au dépôt de toute ou d’une très grande partie de leur énergie. Ce calcul repose sur la
génération de nombres aléatoires répondant aux probabilités des différents paramètres
d’interactions. Le processus est divisé en sept étapes, listées dans [125] p79 et expliquées dans
[126], [127]:
1. Initialisation des conditions des particules incidentes : l’énergie, position et direction initiale.
2. Lieu de l’interaction : distance entre la position initiale et la première interaction en prenant en
compte les matériaux dans lesquels la particule se déplace.
3. Type d’interaction : section efficace des différents types d’interactions énumérées dans le
chapitre précédent.
4. Simulation de l’interaction : perte d’énergie, déflection angulaire, nouvelles particules créées,
nouvelle position.
5. Transport des nouvelles particules jusqu’à leur sortie de la géométrie d’intérêt ou bien que leur
énergie soit en dessous d’une valeur seuil : l’énergie de coupure.
6. Stockage des particules secondaires : dose déposée, fluence, spectre, espace de phase.
Le processus est répété autant de fois que nécessaire afin d’obtenir de faibles incertitudes
statistiques. Par exemple, une précision acceptable (1 à 3 %) nécessite la simulation de plusieurs
dizaines de millions de photons incidents, engendrant un temps de calcul pouvant atteindre
plusieurs jours.
Le calcul de dose avec Monte-Carlo est très précis particulièrement pour les calculs en milieux
hétérogènes. De ce fait, il nécessite une modélisation précise du milieu dans lequel la particule
évolue (tête de l’accélérateur, le patient, etc.). Il existe de nombreux codes Monte-Carlo :
GEANT4, PENELOPE, MNCP, etc. intégrés dans les TPS mais simplifiés de manière à gagner du
temps de calcul.
145
145
Annexes
SUPERPOSITION DE KERNELS
Les algorithmes de calcul de dose par superposition/convolution de kernels opèrent par le biais de
2 composantes :
• L’énergie totale libérée par unité de masse (TERMA) qui est l’énergie cédée au milieu lors
de l’interaction avec le photon primaire.
• Le kernel de dose représentant la distribution d’énergie déposée par les particules
secondaires autour du site de l’interaction de la particule primaire.
Dans un premier temps, la fluence énergétique primaire est calculée : Ѱ(𝑟 ′ ) sert à pondérer
l’influence des interactions dans Le TERMA (Total Energy Released to Mass) 𝑇(𝑟 ′ ), où 𝑟 ′
symbolise la position de l’interaction.
µ
𝑇(𝑟 ′ ) = Ѱ(𝑟 ′ ) (A-1)
𝜌
𝑁𝐸 (𝑥, 𝑦). 𝐸
Ѱ(𝑥, 𝑦) = ∑ (A-2)
𝛥𝐴
𝐸
µ
Avec 𝜌 l’atténuation, Ѱ(𝑥, 𝑦)la fluence, 𝑁𝐸 le nombre de photons incidents ayant une énergie E et
𝛥𝐴 une surface
Dans un second temps l’énergie est déposée autour du point d’interaction dans un milieu infini.
Elle est appelée dose élémentaire ou Kernel. Cette dernière se calcule par opération de
déconvolution de mesure dans l’eau [129] ou, est pré-calculée par Monte-Carlo pour des photons
mono énergétiques et combinés pour tenir compte du spectre en énergie.
146
Algorithmes de calcul de dose
Les kernels sont représentés sous forme de point, de pinceau ou de plan [19], [20].
Finalement, la dose est l’intégrale sur le volume du TERMA multiplié par le Kernel ou convoluée
dans l’espace de Fourrier (calculs plus rapides) :
µ
𝐷(𝑟⃗) = ∫ Ѱ(𝑟⃗ ′) 𝐾(𝑟⃗ − 𝑟⃗ ′)𝑑𝑉 (A-4)
𝑉 𝜌
Pour résoudre cette intégrale, les doses élémentaires sont « superposées » ou sommées :
𝑁
µ µ
𝐷(𝑟⃗) = ∫ Ѱ(𝑟⃗ ′) 𝐾(𝑟⃗ − 𝑟⃗ ′) = ∑ Ѱ(𝑟⃗𝑛′ ) 𝐾(𝑟⃗ − 𝑟⃗𝑛′ ) (A-5)
𝑉 𝜌 𝜌
𝑛
147
147
Annexes
Figure A-3-1 - Novalis Tx (Varian Medical Systems, Palo ExaTrac® (CA-Brainlab AG, Munchen, Germany)
Alto, CA-Brainlab AG, Munchen, Germany)
pour le repositionnement des patients.
148
Le plateau technique du groupe ORION-Pasteur
Figure A-3-3 – VERO (CA-Brainlab AG, Munchen, Germany) réel afin de suivre la tumeur au cours du
traitement.
149
149
Annexes
Un réseau de neurones convolutif est composé d’un étage de convolution pour extraire les
informations importantes de l’image et d’un étage de classification pour attribuer une classe à
l’image étudiée : ces étages sont détaillés ci-dessous :
ETAGE DE CONVOLUTION
L’étage de convolution est propre aux réseaux de neurones convolutifs. Il met en évidence les
zones d’intérêt d’une image. Dans ce but, l’image subit plusieurs transformations : la convolution,
la correction, le pooling, et la concaténation.
CONVOLUTION ET CORRECTION
Par exemple, la valeur du voxel en vert sur la Figure A-4-1 est située sur la deuxième ligne et la
deuxième colonne (coordonnées 2,2) de la carte d’activation. Il est la somme de chaque voxel du
filtre (par exemple 𝑎11 ) multipliée par la valeur du voxel de l’image correspondant (𝑥11 ). Ainsi, la
valeur du voxel de la carte d’activation est donnée par la formule (A-6) :
150
Réseau de neurones convolutif
Une correction des valeurs est appliquée après chaque opération de convolution. Le plus souvent,
cette opération est une Rectified Linear Unit (ReLU) qui attribue 0 à toutes les valeurs négatives
de la convolution. Dans le cas des réseaux de neurones convolutifs, les filtres ne sont pas choisis
par l’utilisateur, mais par le réseau lui-même grâce à son apprentissage.
POOLING ET CONCATENATION
ETAGE DE CLASSIFICATION
151
151
Annexes
LE NEURONE FORMEL
Un biais peut être ajouté en entrée du neurone dans le but de décaler la valeur du seuil de la fonction
d’activation. Par exemple, si le biais est égal à -3 et le seuil vaut 0, alors la somme pondérée des
entrées devra être supérieure ou égale à 4 pour activer le neurone.
Plusieurs types de neurones formels existent, leurs différences résident dans les opérations entre
valeurs d’entrées :
Un réseau de neurones est une suite de neurones formels, reliés entre eux sous forme d’étage ou
de couche. Ceux-ci sont décrits dans le paragraphe suivant.
152
Réseau de neurones convolutif
RESEAU DE NEURONES
Finalement, l’étage de classification dispose en sortie d’autant de neurones que de classes pour
lesquels le réseau est entraîné. Si le réseau est entraîné pour classifier des chats, des chiens et des
lapins, il aura trois neurones sur sa couche de sortie chacun étant associé à l’une de ces classes.
Enfin, les résultats des derniers neurones correspondent à la probabilité que l’image appartienne à
sa classe associée (Figure A-4-4).
Un réseau de neurones dit « supervisé » apprend à partir d’une base de données où chacune porte
une étiquette (ou label) de sa valeur attendue. Un réseau de neurones est dit « entraîné » quand ses
poids synaptiques sont ajustés afin que celui-ci retourne un résultat proche de l’étiquette de la
donnée d’entrée.
Pour son apprentissage, le réseau de neurones est, dans un premier temps, initialisé avec des
valeurs aléatoires ou nulles de poids synaptiques. Ensuite, le réseau modifie ces poids pour chaque
nouvelle image qu’il reçoit : c’est la propagation. Une fois que le réseau propose une réponse,
celle-ci est comparée la réponse attendue (L’étiquette de l’image). S’il y a une différence entre la
réponse et la réponse attendue, alors, une correction est réalisée, le réseau ajuste ses poids
synaptiques en commençant par ceux de la couche sortie et en allant vers ceux de la couche
d’entrée : c’est la rétropropagation.
153
153
Annexes
Tableau A-5-1 - Liste des organes segmentés automatiquement dans RayStation v11B avec le DL et en fonction du site
anatomique
154
Modèles de segmentation d’organes
Tableau A-5-2 - Liste des organes segmentés automatiquement dans RayStation v9B avec le MBS et en fonction du site
anatomique
155
155
Annexes
Les forêts aléatoires sont des techniques utilisant l’échantillonnage Bootstrap et l’agrégation. Le
Bootstrap réduit la variance des prédictions en entraînant les arbres sur des sous-échantillons
(définis aléatoirement) d’une même base de données. L’agrégation utilise les estimations des
arbres pour un vote ; la prédiction donnée majoritairement est la valeur retenue par la forêt
aléatoire.
156
Distribution de dose a priori avec des Atlas de forêts aléatoires
Notations Significations
L’Atlas Tj est l’ensemble des forêts entraînées sur le même plan Pj, où l’on connait la distribution
de dose dj,* sur tous les voxels (la distribution de dose pour un voxel x étant notée dj,x), induite par
tous les paramètres image de chaque voxels F*,j,* (Le paramètre image h d’un voxel 𝑥étant noté
Fh,j,x ).
Un arbre de l’Atlas Tj noté Tt,j est entraîné pour un sous-ensemble aléatoire de voxels v. Les
variables séparatrices de l’espace sont les paramètres Fn,j,v ou n est un nombre de paramètres
aléatoires par voxel.
L’arbre a donc des échantillons de paramètres images particuliers notés fj = F*,j,x qui permettent de
le traverser depuis la racine jusqu’aux feuilles. Ces échantillons sont utilisés pour estimer la
probabilité d’un arbre de l’Atlas Tt,j de distribution de dose dj,x, dans un voxel x pour le plan Pj ,
connaissant les échantillons de paramètres particuliers fj.
157
157
Annexes
Cette opération est répétée sur tous les arbres de l’Atlas. Ainsi la probabilité de distribution de
dose dj,x, pour tout l’Atlas T, connaissant les paramètres particuliers fj est la somme des probabilités
(pour tous les arbres T*,j) de distribution de dose dj,x, dans un voxel x pour le plan Pj, connaissant
L’Atlas est ensuite testé avec une nouvelle image Ia , pour laquelle, les paramètres fa = F*,a,x
traversent tous les arbres de l’Atlas Tj. La probabilité de distribution de dose relative à l’Atlas Tj
et aux paramètres image fa ∶ 𝑃∗,𝑗 (𝑑𝑎,𝑥 |𝑓𝑎 , 𝑇𝑗 ) est alors calculée. La prédiction dose sur le voxel x
𝑑̃𝑎,𝑥 de l’image Ia et la prédiction de dose totale 𝑑̃𝑎 sont estimées comme des Maximum a
posteriori (MAP) :
DE LA ROI
L’estimation donnée par l’Atlas est optimisée par Conditional Random Field (CRF). Les
développeurs ont choisi dans [102] d’introduire une probabilité de distribution de dose a priori,
dépendante de l’appartenance du voxel x à une région d’intérêt : ROI. Son appartenance est donnée
par le vecteur binaire R(x). Ainsi la dose totale estimée de l’image Ia est le produit sur les voxels,
des probabilités de distribution de dose 𝑃∗,𝑗 (𝑑𝑎,𝑥 ) connaissant les paramètres image fa multiplié
par la probabilité distribution de dose 𝑃(𝑑𝑎,𝑥 ) sachant dans quel ROI le voxel se trouve.
158
Distribution de dose a priori avec des Atlas de forêts aléatoires
Notons que les prédictions ne considèrent les paramètres que d’un voxel x, mais, la dose dans un
voxel dépend du contexte (positions et apparences des structures voisines). Il faut alors pouvoir
calculer 𝑃(𝑑𝑎,𝑥 |𝐹∗,𝑎,∗ ) : la probabilité de distribution de dose dans un voxel x sur une image Ia
connaissant tous les paramètres de chaque voxels de Ia. Pour réaliser un tel calcul l’algorithme
somme les 𝑃∗,𝑎 (𝑑𝑎,𝑥 |𝑓𝑎 ) sur plusieurs atlas. La probabilité de distribution de dose de l’image Ia
tenant compte du contexte devient alors :
Où 𝑃(𝑇𝑗 |𝐹∗,𝑎,∗ ) représente la vraisemblance (fonction des paramètres d'un modèle statistique
calculée à partir de données observées) de l’Atlas Tj par rapport aux paramètres image de Ia (joue
le rôle d’un poids). En effet, plus l’Atlas Tj est pertinent pour cette image, plus 𝑃∗,𝑗 (𝑑𝑎,𝑥 |𝐹∗,𝑎,𝑥 , 𝑇𝑗 )
sera pris en compte dans la somme.
𝑀
SELECTION D’ATLAS
La sélection d’Atlas sert à sélectionner les ARF les plus pertinentes, en mesurant les différences
entre la distribution de dose apprise par un arbre et la distribution de dose réelle. Cette mesure se
fait grâce à la distance de Bhattacharyya. La distance est calculée avec la valeur de la feuille
correspondante à la dose prédite pour un arbre Tt,j. Pour calculer la distance de Bhattacharyya
finale sur un Atlas Tj : une nouvelle forêt aléatoire est créée (pRF) prenant en entrée les distances
de Bhattacharrya de chaque arbre. Ce calcul permet d’ignorer les feuilles avec des valeurs
aberrantes. Finalement, la précision d’un Atlas se calcule comme la somme des pRF sur ces
feuilles.
159
159
Annexes
8. INDICES DE COMPLEXITE
Les acronymes servant à la compréhension des indices de complexités sont listés dans le Tableau
3-8-1 ci-dessous,
Tableau 3-8-1 : Listes des acronymes utilisés pour le calcul des indices de complexité
160
Indices de complexité
𝑠=𝑆𝑏
∑𝑛=𝑁 𝑏
𝑛=1 𝐿𝑇𝑛,𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡,𝑏+ 𝐿𝑇𝑛,𝑙𝑒𝑓𝑡,𝑏
𝐿𝑇𝑚𝑒𝑎𝑛,𝑏 = (A-14)
2𝑁
L’indice de parcours de lame LTb est la différence du
parcours moyen des lames (en mm) d’un faisceau
« b » par rapport à 1000 mm (équation (A-15)) et le
parcours de lame du plan LTplan est le parcours des
lames d’un faisceau pondéré par le rapport des UM
dans l’équation (A-16).
1000 − 𝐿𝑇𝑚𝑒𝑎𝑛,𝑏
𝐿𝑇𝑏 = (A-15)
1000
𝐵 𝑀𝑈𝑏
𝐿𝑇𝑝𝑙𝑎𝑛 = ∑ 𝐿𝑇𝑏 × 𝑊𝑏 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑊𝑏 = (A-16)
𝑏=1 𝑀𝑈
Un parcours de lame proche de 0 signifie que le plan est peu complexe, à l’inverse, un parcours de
lame égal à 1 ou plus signifie que le plan est très complexe.
161
161
Annexes
∑𝑛=𝑁 𝑠=𝑆
𝑛=1 ∑𝑠=1 ||𝑝𝑛,𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡,𝑏,𝑠 − 𝑝𝑛,𝑙𝑒𝑓𝑡,𝑏,𝑠 || (A-17)
ALG =
𝑁×𝑆
Figure A-8-2 - Leaf Gap pour une paire de lames
positionnées en n=5, d'un segment « s », pour un
faisceau « b »
EDGE METRIC (EM)
𝑆
𝐶1 𝑥𝑠 + 𝐶2 𝑦𝑠 𝑀𝑈𝑏,𝑠
𝐸𝑀𝑏 = ∑ 𝑊𝑏,𝑠 × 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑊𝑏,𝑠 = (A-18)
𝐴𝐴𝑏,𝑠 𝑀𝑈𝑏
𝑠=1
162
Indices de complexité
L’irrégularité de plan quantifie la différence entre les formes d’ouverture du MLC de chaque point
de contrôle et chaque faisceau par rapport à un cercle [109]. Il tient compte de :
• L’aire du segment AAbs équation (A-19) : La somme des aires entre chaque paire de lames d’un
segment « s » du faisceau « b ».
𝑁
𝐴𝐴𝑏,𝑠 = ∑ 𝑡𝑛 × ||𝑝𝑛,𝑙𝑒𝑓𝑡,𝑠,𝑏 − 𝑥𝑛,𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡 , 𝑠, 𝑏|| (A-19)
𝑛
• L’irrégularité du faisceau : BIb équation (A-21) : Somme des irrégularités de champ de chaque
segment « s » pondérés par le ratio des UM.
𝑆 (A-21)
𝐵𝐼𝑏 = ∑ 𝑊𝑏,𝑠 × 𝐴𝐼𝑏,𝑠
𝑠=1
𝐵 (A-22)
𝑃𝐼 = ∑ 𝑊𝑏 × 𝐵𝐼𝑏
𝑏=1
163
163
Annexes
∑𝑁−1
𝑛=1 𝑝𝑛 𝑙𝑒𝑓𝑡,𝑠,𝑏 − 𝑝𝑛 𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡,𝑠,𝑏
𝐴𝐴𝑉𝑠 = (A-24)
𝑁×(max (𝑝𝑛 𝑙𝑒𝑓𝑡,𝑏 ) − max (𝑝𝑛 𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡,𝑏 ))
∑𝑁−1
𝑛=1 𝑝𝑚𝑎𝑥 − (𝑝𝑛,𝑠,𝑏 − 𝑝𝑛+1,𝑠,𝑏 ) ∑𝑁−1
𝑛=1 𝑝𝑚𝑎𝑥 − (𝑝𝑛,𝑠,𝑏 − 𝑝𝑛+1,𝑠,𝑏 )
𝐿𝑆𝑉𝑠 = [ ] × [ ] (A-25)
(𝑁 − 1)×𝑝𝑚𝑎𝑥 (𝑁 − 1)×𝑝 𝑚𝑎𝑥
𝑙𝑒𝑓𝑡 𝑏 𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡 𝑏
164
Bases de données et attendus dosimétriques de l’entraînement des IA
TRAITEMENT DU PELVIS
Le traitement d’un pelvis ne requiert qu’un scanner de planification pour le contourage des régions
d’intérêt mais une IRM peut être associée pour mieux distinguer les volumes cibles.
Le CTV est la prostate ou loge prostatique (en cas de prostatectomie), éventuellement les vésicules
séminales et les aires ganglionnaires. Les contours sont réalisés suivant des règles du GETUG
Groupe d’étude des tumeurs urogénitales (GETUG) [134]. Le PTV autour de la prostate et des
vésicules séminales ajoute des marges isotopiques de 1 cm sauf en postérieur où elles sont de 0.5
cm. Autour des ganglions lymphatiques pelviens, les marges sont isotopiques de 1 ou 0.7 cm.
Enfin, les OAR sont : le rectum (limité à 2 cm au-dessus et en dessous de la prostate et,
éventuellement des vésicules séminales), la vessie, les têtes fémorales et la cavité abdominale si
les ganglions sont irradiés. Ils sont délinéés suivant les guidelines du RTOG [135].
165
165
Annexes
Le fractionnement standard est de 2 Gy par séance. Pour le groupe ORION : la prescription est
généralement de 78 Gy délivrée en 39 séances. Une découverture du PTV jusqu’à l’isodose 90%
est autorisée en regard du rectum.
Actuellement, les prostates sont traitées en VMAT avec 2 ou 3 arcs de photons 10 MV sur Novalis
ou 4 arcs de photons 6 MV sur Halcyons. Les objectifs cliniques à respecter sont donnés dans le
Tableau A-9-1.
Tableau A-9-1 - Objectifs cliniques pour l’irradiation d’une prostate ou loge prostatique
166
Bases de données et attendus dosimétriques de l’entraînement des IA
Bases de données :
La première base de données (proVS), créée en mars 2020, contient 100 patients traités pour des
cancers de la prostate avec atteintes aux vésicules séminales. La prescription était de 46 Gy pour
tous les patients, délivrée par 2 arcs VMAT, sur Clinac (photons de 6 MV) ou Novalis (photons
de 10 MV). Ces plans sont générés par optimisation manuelle classique à l’aide du TPS Eclipse.
Figure A-9-2 - Exemple d'un plan de traitement classique dans la base de données proVS
La seconde base de données (PelvPro), créée en mars 2021, est également constituée de 100
patients. Ils sont traités pour des cancers de la prostate avec atteintes des vésicules séminales et
des aires ganglionnaires. La prescription était de 46 Gy pour tous les plans de traitement et
délivrées par 2 ou 3 arcs VMAT sur Novalis (photons 10 MV) ou par 4 arcs VMAT sur Halcyon
(photons 6 MV). Ces plans sont générés par optimisation manuelle classique sur le TPS
RayStation.
Figure A-9-3 - Exemple d'un plan de traitement classique de la base de données pelvPro
Les modèles de ML sont adaptables dans le but de respecter les attentes cliniques ou correspondre
à différentes prescriptions ou localisations de traitement. Nous avons modifié nos modèles pour
167
167
Annexes
qu’ils correspondent à un panel de traitements des prostates. Ces modifications sont disponibles
dans le Tableau A-9-2.
Tableau A-9-2 - Ajustement des modèles d’IA initiaux pour correspondre aux protocoles de traitement ; prescription et volumes
cibles traités
Les traitements des pelvis sont séquentiels, plusieurs modèles peuvent être utilisés pour un même
plan de traitement de manière à ce que la somme des prescriptions de chaque plan soit égale à la
prescription totale fixée par le radiothérapeute. Par exemple, le plan Prostate78 fonctionne seul, le
plan Prostate32 peut être associé au plan ProVS46 pour atteindre 78 Gy ou les plans PelvPro46,
Progg24 et Prostate8 sont utilisés ensemble pour le traitement à 78 Gy.
Les modèles de Prostate, ProVS et PelvPro ont plusieurs stratégies : une stratégie standard, qui est
le meilleur compromis entre tous les objectifs cliniques pour une majorité de patients et une
seconde stratégie qui protègent davantage le rectum.
Pour le traitement des encéphales in toto, les régions d’intérêt sont contourées, respectant le
protocole de l’American Association of Physicists in Medicine (AAPM) TG263 [136]. Elles sont
délinéées sur le scanner de planification pouvant être associé à une IRM. Le CTV est l’encéphale
dans son ensemble et le PTV est le CTV avec des marges isotopiques de 3 mm. Les organes à
168
Bases de données et attendus dosimétriques de l’entraînement des IA
risques de cette localisation sont les yeux, les cristallins, la mandibule, les parotides, la moelle
épinière et les cavités buccale et nasale. Les objectifs cliniques à respecter sont donnés dans le
Tableau A-9-3 ci-dessous.
Base de données :
169
169
Annexes
Traitement de prostate :
170
Paramétrage de l’algorithme de dose mimicking
Traitement de prostate :
171
171
Annexes
Figure A-12-1 Exemple de script pour la génération des PTV et des structures d'optimisation
La Figure A-12-1 est un exemple de script pour la création de structures dédiées aux localisations
pelviennes. Ce script repère automatiquement les volumes cibles délinéés par le radiothérapeute.
L’utilisateur renseigne le nombre de plans séquentiels utilisés pour ce traitement. En fonction de
cela et des volumes cibles, le script propose par défaut, les plans séquentiels sur lesquels la
structure est traitée et les marges à appliquer pour la création des PTV. L’utilisateur peut changer
ces paramètres par défaut s’il le souhaite et créer les structures en cliquant sur « valider ». Le script
génère alors les PTV en fonction des temps de traitements, mais également les structures
d’optimisation telles que des couronnes autour des PTV servant à augmenter le gradient de dose
ou l’intersection entre le rectum et le PTV. Ce script crée également la structure Rectum +2 -2
s’assurant que la règle de contourage par rapport au CTV est bien respectée. Enfin, le script place
des points d’intérêts aux isocentres des traitements pour faciliter l’automatisation de la génération
de plan de traitement. En parallèle, toutes les actions du script sont notées dans la fenêtre suivie
du script. Ces actions sont également annulables dans RayStation si un problème survient.
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Exemple de scripts pour l’automatisation de la radiothérapie externe
Figure A-12-2 - Exemple de script pour l’initialisation automatique d’un plan de traitement
La Figure A-12-2 est un exemple de script initialisant les plans de traitement pour plusieurs
protocoles. Dans un premier temps, l’utilisateur renseigne l’image de traitement, la machine
utilisée, l’énergie (proposés par défaut quand la machine est choisie), le nom du plan de
traitements, ses initiales et le nombre de plans en séquentiel. En fonction de ce dernier, s’il y en a
deux, le script propose de traiter en co-optimisation et demande de nouveaux renseignements sur
chaque plan séquentiel : le PTV, la prescription et le nombre de Grays par fraction. Lorsque
l’utilisateur valide, tous les points cités ci-dessus sont réalisés et notés dans la fenêtre de suivi
noire.
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Annexes
∟ Plans : Nom, prescription, nombre de fractions, méthode (DMPO, co-optimisation, MCO, IA),
technique (VMAT, IMRT…), modalité (photons, électrons), volumes d’isodoses (50%, 90%,
95% et 100%), indice de gradient de dose, nom du radiothérapeute et date d’approbation
∟ Faisceaux : Nom, rotation du bras (pour VMAT), énergie, orientation du MLC, position, points
de contrôles, position de l’isocentre, UMs délivrés, score de complexité, parcours de lame,
indice d’ouverture, indice d’irrégularité, indice de modulation, union des ouvertures, Edge
métrique, ouverture moyenne (cf Chapitre 3-8.5).
∟ Dose : Indice de conformité, indice d’homogénéité, DVH (précision de 1%)
Ce script doit être lancé régulièrement par un utilisateur pour mettre la base de données à jour.
Analyse de base de données : Interface graphique permettant l’analyse sur des données
sélectionnées et enregistrées avec le script précédent.
∟ Sélection des données : L’utilisateur peut filtrer sur tous les champs de la base de données,
avec les requêtes : « contient », « ne contient pas », « est égal », « est inférieur », « est
supérieur ».
Figure A-12-3 Interface graphique pour la sélection des données de la base de données
∟ Analyse des valeurs numériques que l’utilisateur a sélectionnées (grâce aux filtres). Cette
analyse est faite selon 3 méthodes :
o Sous forme des boîtes de Tukey afin d’analyser statistiquement la base de données et
de comparer des méthodes (Figure A-12-4).
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Exemple de scripts pour l’automatisation de la radiothérapie externe
o Sous forme de comparaison de DVH où il est possible de comparer les DVH de la base
de données au DVH du plan de traitement sur lequel l’utilisateur travaille (Figure A-
12-5).
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Annexes
Figure A-12-6 - Interface graphique pour l’évolution temporelle d’un paramètre dans le temps.
∟ Export des structures et/ou des plans sélectionnés au format DICOM : les données sont
exportées et anonymes dans le but de créer simplement et rapidement des bases de données
pour des évaluations statistiques ou pour les envoyer à RaySearch afin d’entraîner une IA et
de créer un nouveau modèle d’intelligence artificielle de segmentation ou de planification de
traitement (Figure A-12-7)
- Export des données sélectionnées au format xlsx : Cela permet à l’utilisateur de travailler avec
les données sélectionnées sur Excel.
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Exemple de scripts pour l’automatisation de la radiothérapie externe
PRODUCTION SCIENTIFIQUE
Revues internationales :
P. Meyer, M.-C. Biston, C. Khamphan, T. Marghani, J. Mazurier, V. Bodez, L. Fezzani, P.A. Rigaud, G.
Sidorski, L. Simon, C. Robert. (2021). Automation in radiotherapy treatment planning: Examples of use in
clinical practice and future trends for a complete automated workflow. Cancer/Radiothérapie, 25(6-7),
617-622.
Conférences internationales :
Conférences nationales :
177
177
Annexes
par Monte-Carlo de plans de traitement générés automatiquement pas une Intelligence Artificielle délivés
en VMAT sur TrueBeam– SFPM 2023
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Exemple de scripts pour l’automatisation de la radiothérapie externe
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Titre : Évaluation d’algorithmes de délinéation et de planification de traitement basés sur l’Intelligence Artificielle pour la radiothérapie externe
Mots clés : radiothérapie, Intelligence Artificielle, planification de traitement, délinéation
Résumé : La radiothérapie externe vise à traiter les cellules cancéreuses en utilisant des rayonnements ionisants. L'enjeu est d'irradier de manière
précise les volumes cibles tout en préservant les organes sains avoisinants. Ces traitements reposent, entre autres, sur la délinéation des régions
d'intérêt et la planification des traitements, réalisés à laide de systèmes de planification de traitement (TPS). Ces processus sont répétitifs, exigeant à
la fois de la précision et du temps. Ils sont réalisés manuellement, leur qualité et leur durée d'exécution dépendant, en partie de l'opérateur. Dans ce
contexte, des solutions d'automatisation voient le jour, promettant un gain de temps et une uniformisation des pratiques tout en préservant ou
améliorant la qualité de ces traitements. L'objectif de cette thèse est dévaluer et de mettre cliniquement en œuvre 2 algorithmes, basés sur
l'intelligence artificielle (IA), l'un pour la segmentation automatique et l'autre pour la planification de traitement automatique. Ces algorithmes sont
disponibles dans le TPS RayStation (RS ; RaySearch Medical Laboratories AB, Stockholm, Sweden). Dans un premier chapitre, nous présentons
lenvironnement clinique dans lequel les techniques d'automatisation sont mises en œuvre. Le deuxième chapitre concerne l'algorithme de
segmentation automatique. Celui-ci est évalué quantitativement et qualitativement par rapport à des structures de référence validées par des
radiothérapeutes. D'abord, l'IA est comparée à 2 autres algorithmes présents dans RS: l'un basé sur des atlas multiples et l'autre sur des modèles
statistiques. Ensuite une validation de l'IA est réalisée pour 24 organes différents appartenant au thorax, à l'abdomen, à la tête et au cou. Enfin, cette
IA est comparée à une seconde IA disponible dans autre logiciel de segmentation automatique appelé Limbus (Limbus AI Inc., Regina, SK, Canada). Le
troisième chapitre est consacré aux techniques d'automatisation de plans de traitements à laide d'IA. D'abord, nous décrivons la construction de 3
bases de données (BdD) fournies à RaySearch. Elles permettent de créer des modèles d'IA, adaptés à nos pratiques cliniques pour les traitements de
pelvis et encéphale in toto. Cette IA est évaluée par comparaison aux plans réalisés manuellement et par un algorithme d'optimisation multicritère
(MCO), démontrant l'intérêt de l'IA en routine clinique. Les modèles sont ajustés à laide dune cohorte de 100 patients, permettant également, de
valider l'acceptabilité et la délivrabilité des plans générés automatiquement pour les localisations pelviennes. Néanmoins, ces plans sont perfectibles
et peuvent être améliorés manuellement par les opérateurs. Nous présentons, dans la suite ce chapitre, un retour d'expérience sur l'utilisation
clinique de l'IA pour les 79 premiers plans de traitement générés automatiquement et améliorés manuellement. La fin de ce chapitre se focalise sur
l'intérêt d'entrainer l'IA avec une base de données construite à partir de plans générés par MCO. L'évaluation de l'IA, par comparaison aux plans
réalisés manuellement et aux plans MCO, révèle que les plans générés par IA n'égalent pas les qualités des plans issus du MCO mais améliorent ceux
des plans manuels. Dans un dernier chapitre, nous proposons un mode d'emploi de la mise en œuvre clinique des méthodes automatiques. Allant de
la définition des attendus à l'éthique d'utilisation des IA, en passant par l'utilisation de scripts python développés sur site et du développement, des
méthode de validation et des limites rencontrées de chaque type d'automatisation. En définitive, les algorithmes évalués dans cette thèse et
notamment les IA, permettent de gagner du temps, d'uniformiser les pratiques et aident à améliorer la qualité de la planification de traitement.
Cependant, leurs mises en place nécessitent un travail préliminaire conséquent et leurs utilisations doivent être combinées à l'expertise humaine
pour assurer la qualité des traitements.
Title: Evaluation of artificial intelligence-based treatment planning and delineation algorithms for external radiotherapy
Key words: radiotherapy, artificial intelligence, treatment planning, delineation
Abstract: External radiotherapy aims to treat cancer cells using ionizing radiation. The challenge is to irradiate target volumes while sparing healthy
organs. These treatments rely on delineating regions of interest and treatment planning, carried out through Treatment Planning Systems (TPS).
These processes are manually realized, demand precision and time. Their quality and execution time depend on the operator. In this context,
automation solutions emerge, promising time efficiency, practices uniformization, and maintaining or enhancing treatment quality. This thesis aims
to evaluate and clinically implement 2 artificial intelligence (AI) algorithms, one for automatic segmentation and the other for treatment planning.
These algorithms are available in RayStation TPS (RaySearch Medical Laboratories AB, Stockholm, Sweden). The first chapter introduces the clinical
environment for implementing automation techniques. The second chapter concerns the automatic segmentation algorithm. It is quantitatively and
qualitatively evaluated against reference structures validated by physician. Initially, the AI is compared to 2 other algorithms within RS: one based on
multi-atlases, and another on statistical models. Subsequently, AI validation is performed for 24 different organs within the thorax, abdomen, head,
and neck. Lastly, this AI is compared to a second AI available in another automatic segmentation software called Limbus (Limbus AI Inc., Regina, SK,
Canada). The third chapter focuses on treatment planning automation using AI. First, we describe the construction of three databases (DBs)
provided to RaySearch, enabling the creation of AI models tailored to our clinical practices for pelvic and whole-brain treatments. This AI is compared
to manually generated plans and a multi-criteria optimization (MCO) algorithm, demonstrating AI's clinical utility. Models are adjusted using a cohort
of 100 patients, validating acceptability and deliverability of automatically generated plans for pelvic locations. However, these plans are improvable
and can be enhanced manually by operators. We present, later in this chapter, a user experience with clinical use of AI for the first 79 automatically
generated and manually improved treatment plans. The chapter's end focuses on the value of training AI with a database generated by MCO plans.
AI evaluation, compared to manually generated and MCO plans, reveals that AI-generated plans do not match MCO plan quality but enhance
manual plans. In the final chapter, we propose a guide for implementing automatic methods clinically. This ranges from defining expectations to
ethical AI use, utilizing on-site developed Python scripts, development, validation methods, and limitations encountered for each automation type.
In summary, the algorithms assessed in this thesis, notably the AIs, save time, standardize practices, and aid treatment planning quality
enhancement. However, their implementation demands substantial preliminary effort, and their utilization should be combined with human
expertise to ensure treatment quality