FONCTIONS DE R DANS C
1 Dénition
Dénition 1.1. Fontion partie réelle et fontion partie imaginaire
Soit I un intervalle de R et f une fonction d'une variable réelle dénie sur I et à valeurs complexes
f : I → C.
A tout réel t ∈ I on peut associer les parties réelle u(t) et imaginaire v(t) du complexe f (t).
On crée ainsi deux fonctions à valeurs réelles u : I → R et v : I → R (notées : u = Re f et v = Im f ) telles que
∀t ∈ I, f (t) = u(t) + i v(t)
Piège. On ne s'intéresse pas dans ce chapitre aux fonctions f : C → C (variable complexe).
2 Dérivation
Dénition 2.1. f : I → C est dite dérivable (resp. C 1 ) sur I si, et seulement si, u = Re f et v = Im f sont dérivables
(resp. C ) sur I . On dénit alors la fonction dérivée f 0 : I → C :
1
∀t ∈ I, f 0 (t) = u0 (t) + i v 0 (t),
autrement dit
∀t ∈ I, f 0 (t) = (Re f )0 (t) + i (Im f )0 (t)
Exemples. Toute fonction constante x 7→ α = a + ib ∈ C est C 1 sur R de dérivée la fonction nulle.
La fonction ϕ : R → C, t 7→ ei t = cos(t) + i sin(t) est C 1 sur R car cos et sin sont C 1 sur R avec,
∀t ∈ R, ϕ0 (t) = − sin(t) + i cos(t) = i (cos(t) + i sin(t)) = i ei t ,
résultat qui sera généralisé plus loin (Théorème 2.2).
Théorème 2.1. Si f : I → C et g : I → C sont dérivables (resp. C 1 ) sur I , alors la combinaison linéaire λ f + µ g
(avec λ et µ constantes complexes) et le produit f × g sont dérivables (resp. C 1 ) sur I avec
(λ f + µ g)0 = λ f 0 + µ g 0 et (f g)0 = f 0 g + f g 0
1
Si f : I → C est dérivable (resp. C 1 ) sur I et ne s'annule pas sur I , alors la fonction est dérivable (resp. C 1 ) sur I
f
avec 0
1 f0
=− .
f f2
Corollaire 2.1. Si f : I → C et g : I → C sont dérivables (resp. C 1 ) sur I et g ne s'annule pas sur I , alors la fonction
f
est dérivable (resp. C 1 ) sur I avec
g 0
f f 0 g − f g0
=
g g2
Théorème 2.2. Si A : I → C est une fonction dérivable (resp. C 1 ) sur I , alors x 7→ exp(A(x)) = eA(x) est dérivable
(resp. C 1 ) sur I avec
d eA(x)
= A0 (x) eA(x)
dx
Théorème 2.3. Soit f : I → C dérivable sur l'intervalle I . Alors
f est constante sur I si, et seulement si, f 0 est nulle sur I
Piège. Pour f : I → C dérivable, parler du signe de f 0 ou de la monotonie de f n'a aucun sens en général !
3 Calcul intégral et primitives
Dénition 3.1. f : I → C est dite continue sur I si, et seulement si, u = Re f et v = Im f sont continues sur I .
Propriété. Si f : I → C et g : I → C sont continues sur I , alors toute combinaison linéaire λ f + µ g (avec (λ, µ) ∈ C2 )
ainsi que le produit f × g sont continues de I dans C.
Dénition 3.2. Si f : I → C, t 7→ u(t) + i v(t) est continue sur l'intervalle I , on pose, par dénition :
Z b Z b Z b
∀(a, b) ∈ I 2 , f (t) dt = u(t) dt + i v(t) dt
a a a
! !
Z b Z b Z b Z b
Remarque. Autrement dit, Re f (t) dt = Re f (t) dt et Im f (t) dt = Im f (t) dt
a a a a
Théorème 3.1. Soit f et g deux fonctions continues sur I à valeurs complexes et (λ, µ) ∈ C2 , (a, b, c) ∈ I 3 :
Z b Z b Z b
• λf (t) + µg(t) dt = λ f (t) dt + µ g(t) dt (linéarité)
a a a
Z b Z c Z b
• f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt (Chasles)
a a c
Dénition 3.3. On appelle primitive de f : I → C toute fonction F : I → C dérivable sur I telle que F 0 = f .
Remarque. Si f : I → C est continue, toute primitive de f sur I est nécessairement de classe C 1 sur I . Si F0 est une
primitive de f sur I , alors les primitives de f sur I sont les fonctions de la forme F0 + C avec C constante complexe
quelconque.
Théorème 3.2. Si f : I → C est continue sur l'intervalle I alors f admet des primitives sur I qui sont les fonctions
de la forme Z x
x 7→ f (t) dt + C
a
où a ∈ I et C une constante complexe.
Pour tout (x0 , y0 ) ∈ I × C, la fonction f admet une, et une seule, primitive sur I qui vaut y0 en x0 , donnée par
Z x
x 7→ f (t) dt + y0 .
x0
Z x
En particulier, pour tout x0 ∈ I , l'unique primitive sur I de f qui s'annule en x0 est x 7→ f (t) dt.
x0
Corollaire 3.2.1. Si F : I → C est une primitive de f : I → C alors
Z b
f (t) dt = F (b) − F (a) = [F (t)]t=a
t=b
a
Corollaire 3.2.2. Si f : I → C est de classe C 1 sur I alors
Z b
f 0 (t) dt = f (b) − f (a)
a
1 αx
Exemple important. Pour tout α ∈ C, x 7→ α x ∈ C 1 (R, C) donc, par théorème, pour tout α ∈ C∗ , f : x 7→ e
α
Z x
1 αx
est de classe C 1 sur R de dérivée f 0 : x 7→ eα x donc eα t dt = e + C (primitives sur l'intervalle R)
α
Théorème 3.3 (intégration par parties). Soit f et g deux fonctions de classe C 1 sur I à valeurs complexes. Alors
Z b Z b
f (t)g(t) dt =
0
[f (t)g(t)]t=b
t=a − f (t)g 0 (t)) dt
a a
4 Exercices résolus
Z π
Exercice résolu 1. Calculer I = ex cos(x) dx
0
Solution. x 7→ ex cos(x) est continue sur R donc l'intégrale existe.
Z π Z π Z π
On écrit I = ex Re ei x dx = Re ex ei x dx = Re e(1+i)x dx donc, par dénition,
0 0 0
Z π
I = Re e (1+i)x
dx
0
π
π
e(1+i)x e(1+i)π − e0 eπ eiπ − e0 (−eπ − 1)(1 − i)
Z
et on calcule e (1+i)x
dx = = = = , d'où, en prenant la partie
0 1+i 0 1+i 1+i 2
réelle : π
eπ + 1
Z
ex cos(x) dx = − .
0 2
Autre méthode : on intègre I par parties (on intègre l'exponentielle et on dérive la fonction circulaire)
(
u0 (x) = ex
u(x) = ex u ∈ C 1 (R, R)
v 0 (x) = − sin(x)
v(x) = cos(x) v ∈ C 1 (R, R)
Z π Z π Z π
ex cos(x) dx = [ex cos(x)]π0 + ex sin(x) dx = (−eπ − 1) + ex sin(x) dx
0 0 0
et on recommence avec la seconde intégrale (justication analogue) :
Z π Z π Z π
ex sin(x) dx = [ex sin(x)]π0 − ex cos(x) dx = 0 − ex cos(x) dx
0 0 0
−(eπ + 1)
et on obtient ainsi la relation I = −(eπ + 1) − I d'où I = .
2
1
Exercice résolu 2. Soit α ∈ C \ R : trouver les primitives sur R de f : x 7→ .
x−α
Solution. Soit α = a + i b avec a, b réels, b 6= 0 ; pour tout réel x,
1 1 x−a b
f (x) = = = +i
x−α (x − a) − i b 2
(x − a) + b 2 (x − a)2 + b2
donc les dénominateurs ne s'annulent pas (rappel : b 6= 0) donc f est bien continue sur R.
On calcule séparément les primitives des fonctions partie réelle et partie imaginaire :
x−a
Z
1 1
dx = ln (x − a)2 + b2 + C = ln (x − a)2 + b2 + C
2
(x − a) + b 2 2 2
et
x−a
Z
b
dx = arctan + C0
(x − a)2 + b2 b
1
Comme (x − a)2 + b2 = |x − α|2 (module au carré), les primitives sur R de x 7→ sont donc les fonctions de la
x−α
x − Re α
forme F : x 7→ ln |x − α| + i arctan + K.
Im α
Enn, on peut transformer la partie imaginaire pour faire apparaître un argument de x − α avec
1 π
arctan(u) + arctan = sgn(u)
u 2
qui donne, sur un intervalle I ne contenant pas a, de sorte que Re(x − α) = x − a soit de signe constant :
x−a b −b Im(x − α)
arctan = − arctan +K1 = arctan +K1 = arctan +K1 = arg(x−α)+K2 [2π]
b x−a x−a Re(x − α)
(calcul d'un argument d'un complexe non imaginaire pur selon le signe de sa partie réelle à l'aide de la fonction arctan)
d'où F (x) = ln |x − α| + i arg(x − α) + K3 ; on voit donc que
eF (x) = eK+iK2 |x − α| ei arg(x−α) = C × (x − α).
5 Les démonstrations
Théorème 2.1. Si f : I → C et g : I → C sont dérivables (resp C 1 ) sur I , alors la combinaison linéaire λ f + µ g (avec
λ et µ constantes complexes) et le produit f × g sont dérivables (resp C 1 ) sur I avec
(λ f + µ g)0 = λ f 0 + µ g 0 et (f g)0 = f 0 g + f g 0
1
Si f : I → C est dérivable (resp C 1 ) sur I et ne s'annule pas sur I , alors la fonction est dérivable (resp C 1 ) sur I
0 f
1 f0
avec = − 2.
f f
preuve. Pour la combinaison linéaire, on décompose la preuve en deux étapes pour alléger la rédaction :
(λ f )0 = λ f 0 (1) et (f + g)0 = f 0 + g0 (2)
Pour (1) : par dénition de la fonction λ f , pour tout t ∈ I , (λ f )(t) = λ f (t) donc
(λ f )(t) = (Re λ Re f (t) − Im λ Im f (t)) + i(Re λ Im f (t) + Im λ Re f (t))) = u(t) + i v(t)
avec
u(t) = Re λ Re f (t) − Im λ Im f (t) et v(t) = Re λ Im f (t) + Im λ Re f (t).
Par hypothèse sur f ,
et t 7→ Im f (t)
t 7→ Re f (t)
sont dérivables sur I donc, par combinaison linéaire sur les fonctions dérivables à valeurs réelles, u est dérivable sur
I avec, pour tout t ∈ I ,
u0 (t) = Re λ (Re f )0 (t) − Im λ (Im f )0 (t)
Par le même raisonnement, v est dérivable sur I avec, pour tout t ∈ I ,
v 0 (t) = Re λ (Im f )0 (t) + Im λ (Re f )0 (t)
Donc, par dénition, λ f est dérivable sur I et pour tout t ∈ I ,
(λ f )0 (t) = (Re λ (Re f )0 (t) − Im λ (Im f )0 (t)) + i(Re λ (Im f )0 (t) + Im λ (Re f )0 (t)) = λ ((Re f )0 (t) + i(Im f )0 (t)) = λ f 0 (t).
Pour (2) : par dénition de la fonction f + g, pour tout t ∈ I , (f + g)(t) = f (t) + g(t) donc
(f + g)(t) = (Re f (t) + Re g(t)) + i(Im f (t) + Im g(t))) = u(t) + i v(t)
avec
u(t) = Re f (t) + Re g(t) et v(t) = Im f (t) + Im g(t).
Par hypothèse sur f et g,
et t 7→ Re g(t)
t 7→ Re f (t)
dérivables sur I donc, par somme sur les fonctions dérivables à valeurs réelles, u est dérivable sur I avec, pour tout
t ∈ I,
u0 (t) = (Re f )0 (t) + (Re g)0 (t)
Par le même raisonnement, v est dérivable sur I avec, pour tout t ∈ I ,
v 0 (t) = (Im f )0 (t) + (Im g)0 (t)
Donc, par dénition, f + g est dérivable sur I et pour tout t ∈ I ,
(f + g)0 (t) = ((Re f )0 (t) + (Re g)0 (t)) + i((Im f )0 (t) + (Im g)0 (t))) = f 0 (t) + g 0 (t)
En appliquant (1) à λf , (1) à µg puis et (2) à (λf ) + (µg) on obtient le résultat demandé (la preuve s'adapte au cas
C 1 ).
Pour le produit : même principe avec, pour tout t ∈ I
f (t) = a(t) + ib(t) et g(t) = c(t) + i d(t)
(f g)(t) = (a(t) c(t) − b(t) d(t)) + i(a(t) d(t) + b(t) c(t)) = u(t) + i v(t)
avec
et v(t) = a(t) d(t) + b(t) c(t)
u(t) = a(t) c(t) − b(t) d(t)
avec, par hypothèse sur f et g, les fonctions a, b, c et d qui sont dérivables sur I donc, par somme et produits sur les
fonctions dérivables à valeurs réelles, u est dérivable sur I avec, pour tout t ∈ I ,
u0 (t) = a0 (t) c(t) + a(t) c0 (t) − b0 (t) d(t) − b(t) d0 (t)
Par le même raisonnement, v est dérivable sur I avec, pour tout t ∈ I ,
v 0 (t) = a0 (t) d(t) + a(t) d0 (t) + b0 (t) c(t) + b(t) c0 (t)
Donc, par dénition, f g est dérivable sur I (la preuve s'adapte au cas C 1 ) et pour tout t ∈ I ,
(f g)0 (t) = (a0 (t) c(t) + a(t) c0 (t) − b0 (t) d(t) − b(t) d0 (t)) + i(a0 (t) d(t) + a(t) d0 (t) + b0 (t) c(t) + b(t) c0 (t))
et on constate que cette expression est égale à celle obtenue par développement de
f 0 (t)g(t) + f (t)g 0 (t) = (a0 (t) + ib0 (t))(c(t) + id(t)) + (a(t) + ib(t))(c0 (t) + id0 (t)) = ...
Pour l'inverse, avec f : I → C dérivable sur I et qui ne s'annule pas sur I : pour tout t ∈ I , f (t) = a(t) + ib(t) donne
1 a(t) −b(t)
= 2 +i 2 = u(t) + iv(t)
f (t) a (t) + b2 (t) a (t) + b2 (t)
Les fonctions a et b sont dérivables sur I donc a2 +b2 est dérivable sur I et ne s'annule pas (car a2 (t)+b2 (t) = |f (t)|2 > 0
(f (t) est un complexe non nul par hypothèse donc son module au carré est > 0) donc, par quotient sur les fonctions à
a(t) −b(t)
valeurs réelles, les fonctions u : t 7→ 2 2
et v : t 7→ 2 2
sont dérivables sur I .
a (t) + b (t) a (t) + b (t)
1
Donc, par dénition, est dérivable sur I (la preuve s'adapte au cas C 1 ).
f
Pour le calcul de la dérivée, on peut écrire
a0 (t) a(t)(a0 (t) + b0 (t)) −b0 (t) b(t)(a0 (t) + b0 (t))
u0 (t) = − 2 et v0 (t) = + 2
a2 (t) + b2 (t) (a2 (t) + b2 (t))2 a2 (t) + b2 (t) (a2 (t) + b2 (t))2
et vérier (calcul un peu long) que
a0 (t) + ib0 (t) (a0 (t) + ib0 (t))(a(t) − ib(t))2
− = − = ... = u0 (t) + iv 0 (t)
(a(t) + ib(t))2 (a2 (t) + b2 (t))2
1 1
mais il y a une astuce ! En eet, on sait que est dérivable sur I donc, en écrivant f × = 1 et en dérivant avec la
f f
formule du produit, on obtient très rapidement :
0 0 0
1 1 1 1 1 f0
f0 × +f × =0 puis f = −f 0 × et enn = − 2.
f f f f f f
f
Corollaire 2.1. Si f : I → C et g : I → C sont dérivables sur I et g ne s'annule pas sur I , alors la fonction est
g
dérivable sur I avec 0
f f 0 g − f g0
=
g g2
f 1
preuve. On écrit que = f × et grâce aux hypothèses on peut appliquer les théorèmes de dérivation de l'inverse et
g g
du produit : 0 0 0 0
f 1 −g f g − fg
= f0 × +f × 2 = .
g g g g2
Théorème 2.2. Si A : I → C est une fonction dérivable sur I , alors x 7→ exp(A(x)) = eA(x) est dérivable sur I avec
d eA(x)
= A0 (x) eA(x)
dx
une preuve incorrecte : exp est dérivable sur C et exp0 = exp et A : I → C est dérivable sur I donc, par composition,
d eA(x)
x 7→ exp(A(x)) = eA(x) est aussi dérivable sur I avec = A0 (x) exp0 (A(x)) = A0 (x) exp(A(x)).
dx
C'est faux, car, d'une part, on n'a pas démontré de règle de dérivation composée avec des fonctions à valeurs dans C
et d'autre part, exp est ici la fonction exponentielle complexe dénie par exp(z) = eRe z e Im(z) , c'est donc une i
fonction d'une variable complexe pour laquelle la notion de dérivée n'a pas été dénie dans ce chapitre.
une preuve correcte : on écrit A(x) = u(x) + iv(x) avec u = Re A et v = Im A puis
eA(x) = eu(x) eiv(x) = eu(x) cos v(x) + i eu(x) sin v(x) = U (x) + iV (x)
avec les fonctions U et V dérivables sur I par composition et produit (fonctions à valeurs réelles) et
∀x ∈ I, U 0 (x) = eu(x) (u0 (x) cos v(x) − v 0 (x) sin v(x)) et V 0 (x) = eu(x) (u0 (x) sin v(x) + v 0 (x) cos v(x)).
Donc, par dénition, f : x 7→ exp(A(x)) est dérivable sur I de dérivée
f 0 (x) = U 0 (x) + iV 0 (x) = eu(x) [(u0 (x) cos v(x) − v 0 (x) sin v(x)) + i(u0 (x) sin v(x) + v 0 (x) cos v(x))]
= eu(x) (u0 (x) + iv 0 (x))(cos v(x) + i sin v(x))
= (u0 (x) + iv 0 (x))eu(x) eiv(x) = A0 (x) exp(A(x))
Théorème 2.3. Soit f : I → C dérivable sur l'intervalle I . Alors
f est constante sur I si, et seulement si, f 0 est nulle sur I
preuve. f (x) = u(x) + iv(x) avec u = Re f et v = Im f dérivables sur I par hypothèse.
Si f est constante sur I , alors f 0 est nulle sur I .
Réciproquement, supposons que f 0 est nulle sur I : alors, pour tout x ∈ I , u0 (x) + iv0 (x) = 0 donc, par unicité de la
partie réelle et imaginaire d'un complexe :
∀x ∈ I, u0 (x) = 0 et v 0 (x) = 0.
Donc u0 et v0 sont nulles sur l'intervalle I . Par théorème sur les fonctions à valeurs réelles, on en déduit que u et v
sont constantes sur l'intervalle I , donc f aussi.
Théorème 3.1. Soit f et g deux fonctions continues sur I à valeurs complexes et (λ, µ) ∈ C2 , (a, b, c) ∈ I 3 :
Z b Z b Z b Z b Z c Z b
λf (t) + µg(t) dt = λ f (t) dt + µ g(t) dt et f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt (Chasles)
a a a a a c
preuve. Immédiat en revenant aux dénitions avec les parties réelle et imaginaire des fonctions à valeurs complexes et
en utilisant les propriétés correspondantes des fonctions à valeurs réelles .
Théorème 3.2. SiZ fx : I → C est continue sur l'intervalle I alors f admet des primitives sur I qui sont les fonctions de
la forme x 7→ C + f (t) dt où a ∈ I et C une constante complexe.
a
preuve. D'après le théorème 2.4, deux primitives sur l'intervalle I de f sont égales à une constante complexe additive
près.
Z x
Il sut donc de vérier par exemple que F : x 7→ f (t) dt est une primitive sur I de f .
a
On écrit f (x) = u(x) + iv(x) avec u = Re f et v = Im f continues sur I par hypothèse et, par dénition :
Z x Z x
∀x ∈ I, F (x) = u(t) dt + i v(t) dt = U (x) + iV (x).
a a
D'après le théorème fondamental pour les fonctions u et v qui sont à valeurs réelles, les fonctions
Z x Z x
U : x 7→ u(t) dt et V : x 7→ v(t) dt
a a
sont dérivables sur I de dérivées
U 0 (x) = u(x) et V 0 (x) = v(x)
donc F est dérivable sur I de dérivée
F 0 (x) = U 0 (x) + iV 0 (x) = u(x) + iv(x) = f (x).
Remarque. Les rédactions des preuves des corollaires 3.2.1., 3.2.2. et du théorème 3.3 (intégration par parties) sont
exactement les mêmes que pour les fonctions à valeurs réelles.