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Droit des contrats en assurance BTS 1ère année

Le document présente le cadre juridique de la réglementation des opérations d'assurance en France, en détaillant les différentes catégories d'entreprises d'assurance, notamment les sociétés anonymes, les sociétés d'assurance mutuelle et les sociétés mutuelles d'assurance. Il aborde également les institutions de prévoyance et les intermédiaires d'assurance, en précisant leur fonctionnement et les exigences légales qui les régissent. Enfin, le texte souligne l'importance de la supervision et des règles de contrôle prudentiel dans le secteur de l'assurance.

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Droit des contrats en assurance BTS 1ère année

Le document présente le cadre juridique de la réglementation des opérations d'assurance en France, en détaillant les différentes catégories d'entreprises d'assurance, notamment les sociétés anonymes, les sociétés d'assurance mutuelle et les sociétés mutuelles d'assurance. Il aborde également les institutions de prévoyance et les intermédiaires d'assurance, en précisant leur fonctionnement et les exigences légales qui les régissent. Enfin, le texte souligne l'importance de la supervision et des règles de contrôle prudentiel dans le secteur de l'assurance.

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BTS Assurance – 1re année

DROIT DES CONTRATS


Développeur de talents

ORGANISATION ET CADRE
RÉGLEMENTAIRRE DES ACTIVITÉS
D'ASSURANCE ET BANCAIRE
COURS 5

IFPASS

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SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : LE CADRE JURIDIQUE DE LA RÉGLEMENTATION


DES OPÉRATIONS D'ASSURANCE EN FRANCE 2
1. Code de l’assurance : la SA, la SAM et la SMA 2
1A. Les sociétés anonymes d’assurance (SA) 2
1B. Les sociétés d’assurance mutuelle (SAM) 3
1C. Les sociétés mutuelles d’assurance (SMA) 3

2. Code de la Sécurité Sociale : Instituts de Prévoyance 4


2A. Les institutions professionnelles 4
2B. Les institutions interprofessionnelles 4
2C. Les institutions d’entreprise 4
3. Code de la Mutualité : mutuelles dites « 45 » 5
4. Les intermédiaires d’assurance 5
4A. Les courtiers d’assurance 5
4B. Les agents généraux d’assurance 6
4C. Les mandataires d’assurance 6

CHAPITRE 2 : L’APPLICATION DES RÈGLES DE LA SUPERVISION 8


1. Les acteurs européens de la supervision 8
1A. La directive Solvabilité II 8
1B. L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) 9
2. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) 9
2A. L’agrément de l’ACPR 10
2B. Le contrôle prudentiel 10
2C. La protection de la clientèle 10
3. L’Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires en Assurance,
Banque et Finance (ORIAS) 10
4. Exemple d’application de la supervision : La directive de distribution
de l’assurance (DDA)  11

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 1


CHAPITRE 1
LE CADRE JURIDIQUE DE LA RÉGLEMENTATION
DES OPÉRATIONS D'ASSURANCE EN FRANCE

1. Code de l’assurance : la SA, la SAM et la SMA


Il existe trois grandes catégories d’entreprises d’assurances françaises dont le régime est exposé par le
Code des assurances :
• Les sociétés anonymes d’assurance (SA).
• Les sociétés d’assurance mutuelle (SAM).
• Les sociétés mutuelles d’assurance (SMA).

1A. Les sociétés anonymes d’assurance (SA)


Ces sociétés constituent des formes issues du monde des affaires dont le régime de base est prévu par
les articles L. 210‑1 et suivants du Code de commerce relatifs aux sociétés commerciales.
De manière générale la société anonyme dispose de plusieurs caractères :
→ Elle est constituée entre deux associés ou plus, et a minima de sept associés si les titres sont négo-
ciés sur un marché réglementé (bourse), avant l’ordonnance no 2015-1127 du 10 septembre 2015 toute
SA devait être constituée par au moins sept associés.
→ Son capital social est divisé en actions et qui est constituée entre des associés qui ne supportent les
pertes qu’à concurrence de leurs apports, elle est donc à responsabilité limitée.
→ Elles sont des sociétés commerciales à but lucratif, les actes qu’elles produisent sont des actes de
commerce dont les litiges sont portés devant le tribunal de commerce.
Le Code des assurances, et notamment aux articles R. 322‑1 et suivants du Code des assurances,
imposent des règles particulières qui concernent les SA d’assurance.
Ainsi, les sociétés ont l’obligation d’avoir un capital social au moins égal à :
→ 800 000 € pour les branches : responsabilité automobile, responsabilité aérienne, responsabilité mari-
time, lacustre, fluviale, responsabilité civile générale, crédit, caution, vie‑décès, nuptialité‑natalité,
assurance liée à un fonds d’investissement, capitalisation, gestion de fonds collectifs, acquisition d’im-
meubles au moyen de constitution de rentes viagères, épargne, réassurance (art. R. 322‑5, alinéa 1 du
Code des assurances) ;
→ 480 000 € pour les autres branches (art. R. 322‑5 alinéa 2 du Code des assurances).
Entrent dans ce calcul de ces seuils uniquement les apports en numéraire (c’est-à-dire les apports en
sommes d’argent) que chaque actionnaire doit verser, avant sa constitution définitive, à hauteur de la
moitié au moins du montant des actions souscrites en numéraire (article R. 322‑5 alinéa 3 du Code des
assurances).

Exemples de SA d’assurance : AXA, ALLIANZ, GENERALI ou encore AVIVA.

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 2


1B. Les sociétés d’assurance mutuelle (SAM)
Il est important de ne pas confondre les sociétés d’assurance mutuelles, qui sont des entreprises
d’assurance régies par le Code des assurances, avec les mutuelles dont le régime sera exposé
ci-dessous (III).
Selon l’article L. 322‑26‑1 du Code des assurances, les sociétés d’assurance mutuelles sont des
personnes morales de droit privé ayant un objet non commercial et sont constituées pour assurer les
risques apportés par leurs sociétaires qui détiennent un droit de vote en assemblée générale pour
définir la politique générale de la société.
Moyennant le paiement d’une cotisation fixe ou variable, elles garantissent à leurs sociétaires le
règlement intégral des engagements qu’elles contractent. Toutefois, les sociétés d’assurance mutuelles
pratiquant les opérations d’assurance sur la vie ou de capitalisation ne peuvent recevoir de cotisations
variables.
Elles fonctionnent sans capital social, mais doivent avoir un fonds d’établissement égal à :
→ 400 000 € pour les branches : responsabilité automobile, responsabilité aérienne, responsabilité mari-
time, lacustre, fluviale, responsabilité civile générale, crédit, caution, vie, décès, nuptialité, natalité,
assurance‑vie liée à un fonds d’investissement, capitalisation, gestion de fonds collectifs, réassurance
(article R.322‑44 du Code des assurances) ;
→ 240 000 € pour les autres branches (article R. 322‑44 du Code assurances).
Ces entreprises sont autorisées par la législation à rémunérer des intermédiaires pour commercialiser
leurs produits d’assurances.
Les sociétés d’assurances mutuelles (SAM) étaient jusqu’en 2016 regroupées au sein de la FFSA
(Fédération Française des Sociétés d’Assurances), devenue la FFA suite à une fusion avec la GEMA.

Exemples de SAM d’assurance : MAIF, MAAF, MMA, GMF, MACIF, GROUPAMA ou encore la MAF.

1C. Les sociétés mutuelles d’assurance (SMA)


Elles constituent une forme particulière de société d’assurance mutuelle dont le régime spécifique est
défini aux articles R. 322‑93 à R. 322‑106‑1 du Code des assurances.
Les sociétés mutuelles d’assurance sont de petites structures qui n’ont pas d’objet commercial et sont
définies comme des « associations » qui garantissent à leurs membres, moyennant le versement d’une
cotisation variable, le règlement intégral de leurs engagements en cas de réalisation des risques dont
elles ont pris la charge.
Elles n’attribuent aucune rémunération à leurs gérants ou administrateurs.
Elles répartissent intégralement leurs excédents de recettes entre leurs membres dans les conditions
fixées par les statuts.
Il convient de noter que les sociétés mutuelles d’assurance à caractère régional doivent limiter leur
circonscription territoriale à la région de leur siège social ainsi qu’aux départements d’autres régions
s’ils sont limitrophes du département du siège social, ces sociétés ne peuvent assurer que des risques
situés dans ces secteurs.
Elles ne peuvent avoir recours à des intermédiaires pour distribuer leurs contrats d’assurance et sont
également connues sous le nom de Mutuelles Sans Intermédiaires (MSI).
Les Sociétés mutuelles d’assurances (SMA) étaient, jusqu’en 2016, fédérées au sein du GEMA
(Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance) devenue la FFA suite à sa fusion avec la FFSA.

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2. Code de la Sécurité Sociale : Instituts de Prévoyance
L’article L. 931‑1 du Code de la Sécurité Sociale, pose une définition des Institutions de prévoyance.
Elles sont des personnes morales de droit privé à but non lucratif, et gèrent les contrats collectifs
d’assurance de personnes couvrant les risques de santé, décès, invalidité, incapacités, maternité,
chômage.
Elles sont administrées paritairement par des membres adhérents et des membres participants.
→ Les membres adhérents : sont les personnes ayant souscrit à un règlement de l’institution ou ayant
souscrit un contrat auprès de celle‑ci.
→ Les membres participants : sont les salariés affiliés à l’institution, les anciens salariés de membres
adhérents ainsi que leurs ayants droit qui sont affiliés à l’institution, ces personnes ayant aussi cette
qualité à compter du jour où l’institution liquide leur droit à prestation.
Les institutions de prévoyance sont constituées sur la base d’une convention ou d’un accord collectif,
d’un projet d’accord proposé par le chef d’entreprise et ratifié à la majorité des intéressés, par
référendum ou par accord entre les membres adhérents et les membres participants réunis en
assemblée générale (article L. 931‑1 du Code de la Sécurité Sociale).
Les institutions de prévoyance peuvent se regrouper sous forme d’unions qui ne peut être constituée
que si elle compte au moins 50 000 participants et quatre institutions (article A.931‑1‑5 du Code de la
Sécurité sociale) : elle permet une mutualisation des risques et donc une plus grande solidarité.
Les unions peuvent faire également office de réassurance.
Il existe trois types d’institutions de prévoyance :

2A. Les institutions professionnelles


Ces institutions ont un champ d’intervention constitué par une branche professionnelle ou une
profession.
Dans ce type d’institution l’article R.931‑1‑3 du Code de la sécurité sociale exige le recours à un accord
collectif.
Ces institutions doivent compter au moins 5 000 participants (article A.931‑1‑4 du Code de la Sécurité
sociale).

2B. Les institutions interprofessionnelles


Les institutions interprofessionnelles sont créées par délibération des représentants des entreprises
adhérentes et des représentants des salariés réunis en assemblée générale.
Leur champ d’intervention est ouvert à plusieurs branches professionnelles, professions ou entreprises.
L’article A.931-1-4 du Code de la Sécurité sociale prévoit une composition d’au moins 5 000 participants
et au moins cinq entreprises adhérentes.

2C. Les institutions d’entreprise


Les institutions d’entreprise peuvent être constituées par la conclusion d’une convention ou d’un accord
collectif d’entreprise, ou par référendum.
Selon l’article A.931-4 du Code de la Sécurité sociale, elles doivent comporter au moins 2 000 membres.
Lorsque le nombre des membres exigé n’est pas atteint, un transfert des opérations vers une autre
institution doit intervenir.

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Exemples d’Instituts de prévoyance : AG2R, La Mondiale, Malakoff Médéric, Humanis ou encore
Apicil.

3. Code de la Mutualité : mutuelles dites « 45 »


Les mutuelles d’assurance, ou également appelées « mutuelles 45 » est une catégorie d’entreprise
d’assurance française dont le régime juridique est contenu dans le Code de la Mutualité.
Ces structures sont spécialisées dans les risques liés à la personne humaine.
Contrairement aux autres organismes assureurs, les mutuelles ne comprennent que des membres
participants personnes physiques qui bénéficient des prestations de la mutuelle et leur ouvrent droit en
contrepartie de cotisations.
Son fonctionnement repose sur un système démocratique direct ou indirect, la loi rappelle dans l’article
L.114-6 du Code de la Mutualité le principe selon lequel « chaque membre d’une mutuelle ou, le cas
échéant, chaque délégué élu ou désigné dispose d’une voix à l’assemblée générale ».
L’adhésion de la personne physique résulte :
→ soit individuellement, par la signature d’un bulletin d’adhésion ;
→ soit par groupement, par la passation d’un contrat collectif signée entre l’entreprise ; accueillant la
personne physique et la Mutuelle.
Le fonctionnement de la Mutuelle a pour principe la transparence à l’égard de ses adhérents.
Pour les opérations individuelles, l’obligation d’information des membres participants a été renforcée
par le Code de la Mutualité, ainsi le bulletin d’adhésion, les statuts, le règlement et les fiches
d’information doivent être remis aux membres avant la signature du bulletin d’adhésion et toute
modification doit être également portée à sa connaissance.
Les membres doivent être informés à chaque modification du contrat décidée par l’assemblée générale
(article L. 221‑5 du Code de la Mutualité).
Pour les opérations collectives, une notice d’information doit être rédigée par la mutuelle et distribuée
par l’employeur ou la personne morale (article L. 221‑6 du Code de la Mutualité).

4. Les intermédiaires d’assurance


L’intermédiation en assurance est l’activité qui consiste à présenter, proposer ou aider à conclure des
contrats d’assurances ou à réaliser d’autres travaux préparatoires à leur conclusion (Article L.511-1 du
Code des assurances).
Les professionnels de la distribution de produit d’assurance comptent également des intermédiaires,
classés en trois grandes catégories :
• les courtiers d’assurances ;
• les agents généraux d’assurances ;
• les mandataires d’assurances.

4A. Les courtiers d’assurance


Les courtiers sont des commerçants indépendants qui ne sont pas affilié à une compagnie unique.

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Cette profession ne consent, par principe, aucune exclusivité et recherche la meilleure offre possible sur
le marché pour son client qui souhaite souscrire un produit d’assurance.
Le courtier est supposé se caractériser par un critère d’indépendance vis-à-vis de l’assureur, son
statut peut être celui d’un professionnel personne physique ou celui d’une société inscrite au Registre du
Commerce et des sociétés (article R.511-2 du Code des assurances).
D’un point de vue purement juridique, le courtier ne dispose pas d’un mandat pour l’exercice
de sa mission en ce qu’il ne conclut pas des contrats au nom et pour le compte de son client, il
recherche l’offre qu’il pense être la plus intéressante et le client et permet le rapprochement entre le
consommateur de produits d’assurance et l’assureur.
L’article L.520-1 du Code des assurances dispose que le courtier doit se prévaloir d’un conseil fondé sur
une analyse objective du marché, il est tenu d’analyser un nombre suffisant de contrats d’assurance
offerts sur le marché, de façon à pouvoir recommander, en fonction de critères professionnels, le contrat
qui serait adapté aux besoins du souscripteur éventuel.
Par ailleurs, s’il n’est pas en mesure de fonder son analyse sur un nombre suffisant de contrats
d’assurance offerts sur le marché, l’intermédiaire informe le souscripteur éventuel qu’il peut lui être
communiqué, à sa demande, le nom des entreprises d’assurance avec lesquelles il travaille.

Pour illustrer ce caractère d’indépendance du courtier :


• Il est essentiel de rappeler que l’identité de l’émetteur d’une attestation d’assurance est soit la
mutuelle, soit la société d’assurance, ou un mandataire dûment agréé.
• Ainsi, une attestation d’assurance délivrée par un courtier, qui ne dispose pas de mandat pour la
simple délivrance d’une attestation d’assurance au nom et pour le compte de la société d’assu-
rance ou pour la mutuelle qui accordent leur garantie, ne saurait leur être opposable.

4B. Les agents généraux d’assurance


Les agents généraux d’assurance sont des personnes physiques ou morales, titulaires d’un mandat ou
chargées à titre provisoire pour une durée de deux ans maximums, non renouvelables, des fonctions
d’agent général d’assurance.
Contrairement au courtier, l’agent général sont des professionnels indépendants mandataires d’une
entreprise d’assurance précise.
L’agent passe avec l’entreprise d’assurance, un contrat d’agence par lequel il consent à cette entreprise
une exclusivité de production.
S’il est soumis à une obligation contractuelle de travailler exclusivement avec une ou plusieurs
entreprises d’assurance, l’intermédiaire l’indique au souscripteur éventuel et l’informe que peut lui être
communiqué, à sa demande, le nom de ces entreprises d’assurance ;

4C. Les mandataires d’assurance


Les mandataires d’assurance sont des personnes physiques non salariées ou des personnes morales
autres que les agents généraux d’assurance, mandatées à cet effet par une entreprise d’assurance.
Ces personnes exercent l’intermédiation selon des exigences qui mêlent certaines exigences imposées
aux courtiers et aux agents généraux d’assurance :
→ En cas d’exclusivité : Le mandataire a pour l’obligation d’informer le souscripteur qu’il peut lui com-
muniquer le nom de ces entreprises d’assurance avec lesquelles il travaille exclusivement (obligations
également posée pour les agents généraux).

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 6


→ En l’absence d’exclusivité : à l’égard du souscripteur qu’il approche en vertu de son mandat, et s’il
n’est pas en mesure de fonder son analyse sur un nombre suffisant de contrats d’assurance offerts
sur le marché, il a l’obligation de l’informer qu’il peut lui être communiqué, à sa demande, le nom des
entreprises d’assurance avec lesquelles il travaille (obligation également posée pour les courtiers).

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CHAPITRE 2
L’APPLICATION DES RÈGLES DE LA SUPERVISION

1. Les acteurs européens de la supervision

1A. La directive Solvabilité II


Toute entreprise d’assurance doit justifier de l’existence d’une marge de solvabilité suffisante, relative à
l’ensemble de ses activités.
La marge de solvabilité repose sur les valeurs d’actifs stables de l’entreprise d’assurance, ainsi les
règles prudentielles impactant le secteur de l’assurance ont été profondément révisées par l’Ordonnance
n°2015‑378 du 2 avril 2015, transposant la directive européenne dite « Solvabilité II ».
Ces textes ont eu pour conséquence une réécriture du Code des assurances qui reposent sur des règles
qui se répartissent en 3 piliers :
1) Par des exigences quantitatives : qui correspondent à des règles de valorisation des actifs et des
passifs, ainsi que les exigences de capital et leur mode de calcul.
2) Par des exigences qualitatives : qui fixent les règles de gouvernance et de gestion des risques (selon
les fonctions actuarielles, les fonction gestion des risques, les fonctions audit interne et les fonction
conformité), ainsi que les règles relatives à l’évaluation propre des risques liés à la solvabilité.

3) Par une information à destination du public et du superviseur : ces règles harmonisent au niveau
européen les informations publiées par les organismes d’assurance ainsi que celles remises aux
superviseurs.
Ces informations, à la fois quantitatives et qualitatives, sont à remettre à l’autorité de contrôle nationale
(l’ACPR en France) de manière annuelle ou trimestrielles, elles contiennent notamment le bilan de
l’entreprise d’assurance, ses fonds propres, les provisions techniques, l’activité (primes, sinistres, frais),
un état détaillé des actifs.

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 8


1B. L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles
(EIOPA)
L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles ou en anglais European Insurance
and Occupational Pensions Authority (EIOPA) est un organisme de droit européen indépendant rendant des
comptes au Parlement européen, au Conseil de l’Union européenne et à la Commission européenne.
L’EIOPA fait partie du Système européen de surveillance financière ses missions consistent à :
→ Améliorer le fonctionnement du marché intérieur : en garantissant une surveillance et une règlemen-
tation appropriées, efficaces et harmonisées au niveau européen.
Elle contribue, par l’adoption de normes techniques contraignantes et d’orientations, à la création d’un
recueil réglementaire unique dans le secteur des assurances et des pensions professionnelles.
→ Promouvoir la convergence des pratiques de surveillance, afin de garantir une application harmoni-
sée des règles prudentielles à travers l’Union européenne.
→ Évaluer les risques et vulnérabilités dans le secteur européen des assurances et des pensions pro-
fessionnelles : en apportant son concours à l’établissement de rapports réguliers d’évaluation des
risques et de simulations de crises européennes.
Parmi les autres tâches de l’EIOPA figurent les enquêtes sur les l’application des règles européennes
par les autorités nationales, notamment celles issues des règlements européens et des directives telle
que Solvabilité II.
Elle contrôle également la prise de décision dans les situations d’urgence, ainsi que la médiation en cas
de désaccord entre les autorités compétentes dans le cadre de situations transfrontalières.
L’EIOPA joue également le rôle d’organe consultatif indépendant auprès du Parlement européen, du
Conseil et de la Commission.
Les autorités de surveillance à l’échelle nationales, telle que l’ACPR en France, restent responsables de
la supervision des organismes d’assurance.

2. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR)


L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a été créée par Ordonnance le 9 mars 2010,
pour superviser les secteurs bancaires et d’assurance.
Cette institution, directement rattachée à la Banque de France est chargée de la supervision du secteur
des assurances, dans le cadre d’une harmonisation de la réglementation européenne promue par
l’autorité européenne des assurances et fonds de pensions et à laquelle l’ACPR participe activement.
Elle dispose de plusieurs missions qui lui ont été attribuées :
• Elle veille à préserver la stabilité du système financier afin d’éviter une crise financière.
• Protéger les assurés et les bénéficiaires.
• Lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

L’ACPR agit sur un domaine prudentiel : elle exerce une surveillance purement individuelle
établissement par établissement et une surveillance générale visant à la stabilité financière du marché.
l’ACPR dispose de compétences en matière de résolution : elle exercice une supervision des risques de
comportement dans les secteurs de la banque et de l’assurance, tant en ce qui concerne les pratiques
commerciales que la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Ces deux fonctions contribuent à renforcer la stabilité du secteur financier dans toutes ses dimensions.

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 9


Pour l’accomplissement de ses missions, l’ACPR dispose du pouvoir de prendre des mesures de police
administrative et d’un pouvoir de sanction par des procédures disciplinaires devant la commission des
sanctions.

2A. L’agrément de l’ACPR


L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution délivre les agréments et les autorisations aux agents
financiers et des organismes d’assurance qui souhaitent exercer une activité d’assurance
Les organismes concernés relèvent des dispositions du Code des assurances, du Code de la mutualité et
du Code de la sécurité sociale (SA, SAM, SMA, Institutions de prévoyance, mutuelles).
Pour son contrôle et pour délivrer un agrément publié au Journal Officiel de la République française,
l’ACPR exige aux organismes d’assurance qui souhaitent être habilités à exercer une activité d’assurance
ou de réassurance :
→ de prendre l’attache du Service des organismes d’assurance de la Direction des autorisations afin de
présenter leur projet et d’examiner le calendrier prévisionnel de réalisation ;
→ De constituer un dossier comportant un volet juridique relatif à la constitution de l’organisme et à ses
dirigeants et un volet technique et financier.
Si l’organisme ne satisfait plus aux conditions d’octroi de l’agrément, ou en guise de sanctions
disciplinaires, l’ACPR peut prononcer le retrait d’agrément administratif.

2B. Le contrôle prudentiel


Dans le cadre de son contrôle de l’organisme d’assurance l’ACPR peut :
→ Soit exercer un contrôle sur pièces : il porte sur des états comptables et prudentiels transmis, tri-
mestriellement ou annuellement, et demander les rapports de contrôle interne, de solvabilité et de
réassurance.
→ Le contrôle sur place des organismes d’assurance : portant sur des investigations approfondies des
pièces conservées par l’entreprise d’assurance sur place.

2C. La protection de la clientèle


D’une part, l’ACPR veille à la bonne information du client et à la loyauté des explications qui lui sont
données, y compris sur les frais et les risques.
Elle exerce un contrôle de la formation du personnel commercial, tant sur les produits que sur les règles
de protection de la clientèle.
D’autre part, elle veiller à ce que les intérêts du client soient bien pris en compte en toutes
circonstances, notamment sur les pratiques de marché (publicités, produits et services, modes de
commercialisation), et sur la politique des réclamations client de l’entreprise d’assurance.

3. L’Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires


en Assurance, Banque et Finance (ORIAS)
L’ORIAS est une personne morale constituée sous le statut d’une association de loi 1901, créée en
2007 sous la tutelle de la Direction du Trésor, afin d’homologuer les intermédiaires en assurance
conformément à une directive de l’Union Européenne adoptée en 2002.

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L’ORIAS a pour mission de délivrer une autorisation d’exercer pour ces intermédiaires d’assurance,
(courtiers, agent généraux ou mandataires), ainsi que tenir et mettre à jour un Registre des
intermédiaires en assurance, banque et finance.
Cette association à but non lucratif bénéficie d’une délégation de service public dans le cadre de sa
gestion du Registre unique.
L’inscription à l’Orias est obligatoire pour les intermédiaires en assurance, qu’ils soient des personnes
morales ou des personnes physiques, dans le cas où ils exerceraient leurs activités en France ; cette
obligation se superpose à l’obligation d’inscription au Registre du commerce et des sociétés pour les
intermédiaires personnes morales et au répertoire INSEE pour les personnes physiques.
Ces intermédiaires doivent s’acquitter de frais d’enregistrement et remplir les conditions prévues par le
Code des assurances selon la catégorie d’intermédiation à laquelle ils appartiennent.
Pour pouvoir s’inscrire à l’ORIAS et être immatriculée, la personne doit justifier :
→ Sa capacité professionnelle à devenir intermédiaire d’assurance (formations et diplômes) ;
→ Son honorabilité (notamment ne pas avoir été condamné à délits à caractère économique, tels que
l’escroquerie, le trafic de stupéfiants, la fraude fiscale ou encore le travail dissimulé) ;
→ La souscription d’une assurance de responsabilité civile professionnelle pour son activité d’intermé-
diaire d’assurance ;
→ D’un seuil minimum de garanties financières.
L’ORIAS effectue un contrôle lors de l’inscription et lors des renouvellements annuels de l’inscription au
Registre, néanmoins l’inspection de l’activité des intermédiaires relève de la compétence de l’ACPR
qui est seule compétente pour ordonner des sanctions disciplinaires à l’égard des intermédiaires
d’assurance.

4. Exemple d’application de la supervision : La directive de


distribution de l’assurance (DDA)
La directive distribution en assurance est une norme européenne entrée en vigueur le 23 février 2016 qui
offre un nouveau cadre pour la distribution du produit d’assurance.
Certaines de ces exigences ne s’applique plus seulement aux intermédiaires, mais également à la vente
directe réalisée par les assureurs, ce qui constitue un élément d’unification du cadre réglementaire.
La directive, qui pose le principe général selon lequel tout distributeur d’assurance doit agir de manière
honnête, loyale et non trompeuse, en accord avec le meilleur intérêt des clients, prévoit de nouvelles
modalités, elle repose sur plusieurs éléments essentiels :
→ Une information précontractuelle renforcée : l’assureur ou l’intermédiaire distribuant un contrat d’as-
surance doit communiquer au client les «informations objectives» sur le contrat d’assurance, afin de
lui permettre de prendre une décision en connaissance de cause. Cette information prend la forme
d’un document d’information standardisé à l’échèle européenne, appelé fiche IPID (Product Informa-
tion Document).
→ La confirmation d’un principe de vente « saine » : tout contrat proposé doit être conforme aux exi-
gences et aux besoins formulés par le client et être accompagné d’informations objectives et for-
mulées de façon compréhensible qui se rapprochent du devoir de conseil existant dans le Code des
assurances ; en pratique ce principe se matérialise par l’obligation de proposer des contrats qui cor-
respondent spécifiquement à la demande du souscripteur, l’assureur fait état des différents produits
proposés dès le questionnaire de souscription, et s’oblige à adresser strictement les documents
contractuels qui correspondent aux demandes qu’on lui a formulées.

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 11


→ La gestion des conflits d’intérêts : l’assureur ou l’intermédiaire ne doivent pas nuire au respect de
l’obligation d’agir au mieux pour les intérêts de l’assuré, et ne pas avoir d’effet négatif sur la qualité
du service rendu.
→ La mise en place d’une formation continue : Les salariés des distributeurs doivent suivre une forma-
tion continue, ce qui a constitué une nouveauté sur le marché français lors de l’adoption de la directive.
L’ensemble des ces exigences sont contrôlées par l’ACPR dans le cadre de ses audits à l’égard des
distributeurs des produits d’assurance.

CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – ORGANISATION ET CADRE RÉGLEMENTAIRE… – 12

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