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DROIT DES CONTRATS
LES RÉGIMES MATRIMONIAUX
ET LE DROIT DES SUCCESSIONS
COURS 4
IFPASS
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SOMMAIRE
CHAPITRE 1 : LES RÉGIMES MATRIMONIAUX 2
1. Les statuts patrimoniaux : les couples non-mariés 2
1A. Le concubinage 2
1B. Le Pacte civil de solidarité (PACS) 3
1B1. Entre les partenaires 3
1B2. À l’égard des tiers 3
2. L’objet des régimes matrimoniaux 4
2A. Les règles communes à l’ensemble des régimes matrimoniaux : le régime primaire
impératif 4
2A1. Les masses de biens 4
2A2. La dissolution de la communauté 5
2B. La communauté réduite aux acquêts : le régime légal 5
2C. La communauté universelle 7
2D. La séparation de biens 7
2E. La participation aux acquêts 7
CHAPITRE 2 : DROIT DES SUCCESSIONS 8
1. Définition et calcul de l’Actif successoral 8
1A. Définition de l’actif successoral 8
Le calcul de l’actif successoral 8
1B. Calcul de la succession 8
Liste des éléments du passif et de l’actif 8
Les étapes du calcul de la succession 9
En cas de donation (avant décès) 10
2. Définition de l’héritier et Ordres des héritiers 11
2A. Qui sont les héritiers 11
2B. L’ordre des héritiers 12
3. Barème des droits de succession 13
3A. Abattement 13
3B. Tranches et Taux 14
CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – LES RÉGIMES MATRIMONIAUX… – 1
CHAPITRE 1
LES RÉGIMES MATRIMONIAUX
Les époux peuvent, avant leur mariage, opter pour le régime matrimonial de leur choix aux termes du
principe de la liberté des conventions de mariage. Ce contrat de mariage est rédigé par un acte notarié.
À défaut, il sera réputé nul.
Dans l’hypothèse où les époux ne souhaiteraient pas faire de contrat de mariage, le régime légal
s’appliquera.
L’ensemble des régimes matrimoniaux sont décrits au sein du Code civil.
1. Les statuts patrimoniaux : les couples non-mariés
En l’absence de mariage, deux individus peuvent vivre en concubinage ou opter pour le PACS.
Ces deux régimes (concubinage et pacs) génèrent des statuts patrimoniaux.
1A. Le concubinage
On appelle concubinage l’union de fait entre deux personnes qui se caractérise par une vie commune
présentant une stabilité et une continuité.
Les caractères de stabilité et de continuité supposent une relation qui s’inscrit dans la durée et relève
d’une certaine notoriété (cela signifie que la relation doit être connue).
Le concubinage vaut pour des personnes de même sexe ou de sexe différents dès lors qu’ils « vivent en
couple ».
Lors du concubinage, aucun devoir n’est imposé aux individus aux termes du Code civil ou de la loi.
Toutefois, la jurisprudence de la Cour de cassation a reconnu que les concubins doivent contribuer aux
charges du concubinage.
S’agissant de la famille : les concubins ne peuvent adopter. Il leurs est, toutefois, possible d’avoir
recours à l’assistance médicale à la procréation.
La rupture du concubinage : la rupture est libre de sorte que le concubin quitté ne peut, en principe,
agir en justice afin de solliciter l’allocation de dommages-intérêts en vue de réparer son préjudice. La
Cour de cassation admet, toutefois, des situations dans lesquelles, il a été considéré que les ruptures
étaient fautives et qu’elles pouvaient justifier le recours à une action en justice afin d’obtenir réparation
et indemnisation d’un dommage subi par le concubin quitté.
Dans cette hypothèse, le concubin qui s’estimera victime devra rapporter la preuve de la faute de son
ex-concubin.
— À titre d’exemple
La concubine délaissée pendant sa grossesse alors qu’elle s’apprête à accoucher
Ou
La rupture intervenue brutalement après de nombreuses années de relations et de vie commune.
Décès d’un concubin : ne donne pas droit sur la succession. Sauf testament.
CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – LES RÉGIMES MATRIMONIAUX… – 2
Transfert de bail locatif : Dans l’hypothèse où un couple vit en concubinage et que le bail locatif de leur
logement est uniquement au nom d’un des concubins, le droit civil prévoit la possibilité d’un transfert
du bail au profit de l’autre concubin dès lors qu’il est ramené la preuve d’une vie commune au sein de
ce logement depuis au moins 1 an, et ce, notamment dans les hypothèses de décès d’un concubin, de
disparition, d’abandon de domicile du concubin locataire…
Imposition : imposition séparée. Chacun déclare ses propres revenus.
1B. Le Pacte civil de solidarité (PACS)
Le recours au pacs à vocation à organiser la vie commune de deux individus. Contrairement au
concubinage le Pacs) des effets tant entre les partenaires qu’à l’égard des tiers.
Le Pacs est régi par le Code civil.
1B1. Entre les partenaires
Le PACS oblige les partenaires à une communauté de vie mais ne soumet pas à un devoir de fidélité.
Les partenaires sont également tenus à une aide matérielle réciproque cela signifie qu’ils doivent
contribuer aux charges à hauteur de leurs facultés respectives.
Enfin, le PACS impose une obligation d’assistance réciproque qui correspond à un devoir de d’aide et de
soutien psychologique.
1B2. À l’égard des tiers
Les partenaires du pacs sont solidaires des dettes contractées par l’un deux pour les besoins de la vie
courante (515-4 al2 du Code civil).
— À titre d’exemple
Dépenses de nourriture et d’habillement, loyer, factures de téléphone, d’eau et d’électricité du
logement familial (arriérés compris), frais médicaux, loisirs familiaux…
À titre dérogatoire, cette solidarité ne vaut pas pour les dettes manifestement excessives, étant précisé
que le caractère manifestement excessif s’apprécie au cas par cas au regard du train de vie du
ménage.
— À titre d’exemple
Acquisition d’une voiture de luxe par un partenaire appartenant à un ménage aux revenus modestes.
La présomption de pouvoir en matière mobilière : les partenaires de PACS ont le pouvoir en matière
mobilière. Ce régime repose sur des présomptions de pouvoirs. Cela signifie que le partenaire qui
détient un bien est présumé avoir le pouvoir de faire tout acte sur ce bien.
La séparation des patrimoines : sauf disposition contraire au sein de la convention de pacs, chacun
des partenaires dispose librement de ses biens personnels et assume seul ses dettes personnelles née
avant ou pendant le Pacs.
S’agissant de la famille : les partenaires de Pacs ont droit de recourir à l’assistance médicale à la
procréation.
La proposition de loi visant à réformer l’adoption a été adoptée par l’Assemblée nationale en
première lecture le 7 décembre 2020. Elle permettrait l’adoption par les couples pacsés ou concu-
bins ainsi que l’adoption de l’enfant du partenaire pacsé ou du concubin.
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Transfert / maintien du bail locatif : à l’instar du concubinage, le bailleur devra maintenir le bail en cas
de décès ou d’abandon de domicile par le pacsé preneur.
Imposition : les partenaires de pacs déclarent conjointement leur revenus et le quotient familial des
contribuables pacsés est aligné sur le régime celui des couples mariés.
2. L’objet des régimes matrimoniaux
2A. Les règles communes à l’ensemble des régimes matrimoniaux : le
régime primaire impératif
Le régime primaire impératif s’applique quel que soit le régime pour lequel les époux ont opté et figurent
aux articles 214 et suivants du Code civil. Aux termes de ces dispositions, certains principes s’appliquent
aux époux :
• La contribution aux charges du mariage à proportions der leurs facultés respectives : cela signifie
que les époux ont l’obligation de participer aux charges telles que l’éducation des enfants, la santé de
la famille, les loisirs de la famille etc…
• La communauté de vie : cela signifie que les époux doivent disposer d’une résidence commune et une
communauté de lit. Ce qui implique l’entretien de relations sexuelles.
• La solidarité entre époux : cela signifie qu’en cas de non-paiement à un tiers, si celui-ci exerce un
recours, l’ensemble du patrimoine des époux peut être poursuivit.
Il découle de ce principe que les époux sont solidaires au paiement des dettes ménagères contractées
par l’un ou l’autre d’entre eux. Toutefois, les dépenses manifestement excessives ou inutiles au regard
de la situation financière des époux sont exclues.
Ainsi, si un couple a besoin d’une voiture et que l’un des époux achète une voiture de luxe hors budget.
L’autre époux ne sera pas solidaire au paiement de cette dette.
• Le devoir d’assistances entre époux : cela signifie que les époux doivent s’épauler et se seconder.
2A1. Les masses de biens
L’ensemble des régime matrimoniaux se basent sur une représentation des biens suivants trois masses :
• Les biens propres de chacun des époux (bien que possèdent chacun des époux individuellement
(cf. supra)
• Les biens communs entre les époux.
Le régime primaire prévoit l’existence de crises conjugales pouvant résulter d’une situation de
mésententes ou d’une situation dans laquelle l’époux serait hors d’état de manifester sa volonté.
Ces mesures peuvent se manifester par l’extension des pouvoirs d’un époux (dans une hypothèse où
l’époux ne pourrait réaliser un acte sur un bien seul : vendre le domicile conjugal par exemple) ou limiter
les pouvoir d’un des époux (interdire quelque chose qu’il pourrait faire seul d’ordinaire).
Ces extensions de pouvoirs sont prévues aux articles 217 du Code civil (un époux passe seul un acte
pour lequel il faudrait normalement l’accord des deux) et 219 du Code civil (qui permet la création d’un
système de représentation judiciaire : c’est-à-dire que l’on des époux va être autorisé à représenter
l’autre pour passer un acte).
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— Exemple d'utilisation de l'article 217 du Code civil
en cas de conflit conjugal, un des époux refuse de façon non justifiée par l’intérêt de la famille
de vendre un bien commun. Dans cette hypothèse, le conjoint pourra saisir le juge aux affaires
familiales du Tribunal judiciaire.
— Exemple d'utilisation de l'article 219 du Code civil
l’altération des facultés mentales d’un époux l’empêchant d’exprimer seul sa volonté.
2A2. La dissolution de la communauté
Le mariage est dissout dans les situations reproduites à l’article 1441 du Code civil, savoir :
• Le décès de l’un des époux : le décès entraine la fin du mariage et l’ouverture d’une succession
(cf. infra);
• Le divorce : chacun des régimes matrimoniaux prévoient qu’en cas de divorce, il doit être procédé à la
liquidation du régime matrimonial.
Cette liquidation à vocation à évaluer et à lister l’ensemble des biens de chacun des époux et de la
masses communes ainsi que l’ensemble des dettes. Pour que la répartition des biens soit effectuée
entre les époux.
• La séparation de corps : contrairement au divorce, elle permet aux époux de rester mariés, mais de
ne plus vivre ensemble. Elle peut être établie par acte sous signature privée contresigné par chaque
avocat ou au tribunal du domicile des époux.
• La séparation de biens : Si, par le désordre des affaires d›un époux, sa mauvaise administration
ou son inconduite, il apparaît que le maintien de la communauté met en péril les intérêts de l›autre
conjoint, celui-ci peut poursuivre la séparation de biens en justice.
• Le changement de régime matrimonial : Les époux peuvent modifier ou changer de régime matrimo-
nial en respectant certaines conditions (par exemple, en agissant dans l’intérêt de la famille).
L’assistance d’un avocat est obligatoire pour faire homologuer par le juge la nouvelle convention
matrimoniale. L’avocat présente alors une requête au tribunal au nom des 2 époux, à laquelle est jointe
une copie de l’acte notarié.
2B. La communauté réduite aux acquêts : le régime légal
Ce régime matrimonial est le régime dont relèvent d’office les époux qui ne souhaitent pas procéder à un
contrat de mariage, seront mariés.
Aux termes de ce régime, les biens possédés avant le mariage demeurent la propriété personnelle de
chacun des époux et ce, qu’il s’agisse de bien mobilier ou immobilier.
Toutefois, les biens acquis pendant le mariage relèvent de la masse commune. Il s’agit de biens
communs. La masse commune contient donc :
• les biens acquis par les époux pendant le mariage (ensemble ou séparément) ;
• les biens provenant de leur industrie personnelle (leur travail) ou des économiques faites sur les fruits
et revenus de leurs biens propres (À titre d’exemple : un bien propre en location, les loyers versés au
propriétaire tombent dans la masse commune) (article 1401 du Code civil) ;
• l’ensemble des biens dont on ne peut prouver qu’ils sont propres.
Néanmoins, il existe une distinction entre les biens propres des époux et leurs bien communs.
Les biens propres correspondent aux biens suivants :
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• biens de l’époux avant son mariage ;
• biens rattachés à l’activité professionnelle de l’époux ;
• article 1405 du Code civil, les biens acquis pendant le mariage avec de l’argent personnel (argent reçu
d’une succession, de la cession d’un bien propre) dans le cadre d’un déclaration dites d’emploi (ou de
remploi) d’un bien propre (article 1406 du Code civil). On appelle déclaration d’emploi (ou de remploi)
la déclaration par laquelle un notaire inscrit dans l’acte d’acquisition d’un bien que celui-ci est payé
avec de l’argent appartenant personnellement à un époux.
À cet égard :
L'Article 1434-6 du Code civil prévoit que :
« L’emploi ou le remploi est censé fait à l’égard d’un époux toutes les fois que, lors d’une acquisition, il a déclaré
qu’elle était faite de deniers propres ou provenus de l’aliénation d’un propre, et pour lui tenir lieu d’emploi ou de
remploi. À défaut de cette déclaration dans l›acte, l›emploi ou le remploi n›a lieu que par l›accord des époux, et il
ne produit ses effets que dans leurs rapports réciproques ».
— À titre d’exemple
Avant son mariage Pierre a acheté un appartement étudiant.
Une fois marié, ce bien reste un bien propre appartenant à Pierre.
Si Pierre revend ce bien et qu’il achète un autre bien avec l’argent provenant ce cette vente, il pourra
faire une déclaration d’emploi afin que soit précisé le caractère propre du nouveau bien acquis.
• Par ailleurs, l’article 1404 du Code civil liste les biens propres par nature (acquis pendant le mariage),
savoir :
— les vêtements et linges à l’usage personnel de l’un des époux ;
— les actions en réparation de dommage corporel ou moral ;
— les créances et pensions incessibles.
• Bien reçus, notamment, lors du mariage par succession (legs ou héritages).
Chacun des époux est libre de disposer (c’est-à-dire de réaliser des actes de dispositions1) de ses biens
propres sans que le conjoint ne puisse interférer dans ses choix.
A contrario, les biens communs sont les biens acquis pendant le mariage ainsi que les revenus des
époux. La gestion des biens communs est partagée entre les deux époux. Ainsi, chacun des deux époux
dispose de droits sur les biens communs lui permettant de procéder à des actes d’administration2 et de
disposition.
Il existe, toutefois, des exceptions pour lesquelles le consentement des deux époux est nécessaire et
notamment lorsqu’il s’agit d’un acte portant sur la résidence principale des époux, sur un fonds de
commerce appartenant aux deux époux… Dans ces hypothèses, les deux époux devront consentir à
l’acte de disposition.
À la liquidation du mariage, la masse constituée des biens communs est divisée en deux par moitié
(50-50).
1 On appelle acte de disposition les opérations qui ont pour effet d’aliéner un bien c’est-à-dire de faire « sortir » le bien du
patrimoine d’une personne. Ainsi, sont des actes de disposition : la vente, le léguer…
2 n appelle acte d’administration : les actes de gestion courante qui n’aliène pas le bien (ex : son entretien, la
O
fructification de sa valeur…).
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2C. La communauté universelle
La communauté universelle est un régime matrimonial auquel il est possible d’opter par contrat de
mariage.
L’article 1526 du Code civil dispose que la communauté (c’est-à-dire la masse commune) comprend les
biens meubles et immeubles présent et à venir des époux, à l’exception des biens listés à l’article 1404
du Code civil, qui sont propres par nature. (Cf. supra).
S’agissant des dettes : l’article 1526 du Code civil dispose que la communauté universelle supporte
toutes les dettes des époux présentes et futures.
Les règles de gestions des biens sont les mêmes que celles applicables sous le régime légal de sorte
que seuls les biens propres par nature demeure soumis à la gestion exclusive de l’époux propriétaire.
2D. La séparation de biens
La séparation de biens est un régime matrimonial auquel il est possible d’opter par contrat de mariage.
Le régime de la séparation des biens prévoit que chaque époux est propriétaire en propre des biens qu’il
acquiert pendant le mariage de sorte qu’il n’existe aucune masse commune de biens créée.
La séparation des biens est stricte.
Chaque époux conserve les droits relatifs à la gestion de leurs biens.
S’agissant des dettes : chaque époux est responsable des dettes nées pendant ou avant le mariage à
l’exception des dettes souscrites pour l’entretien du ménage (article 220 du Code civil) qui lorsqu’elles
sont contractée par l’un des époux engage l’autre solidairement. (Disposition figurant dans le régime
primaire impératif (cf. supra).
S’agissant de la gestion des biens : chacun des époux administre et dispose de ses biens
personnellement, en raison de l’absence de masse commune.
Toutefois, aucun époux ne peut disposer seul du logement de famille. (Article 215 du Code civil).
2E. La participation aux acquêts
La participation aux acquêts est un régime matrimonial auquel il est possible d’opter par contrat de
mariage.
Ce régime a le même fonctionnement que le régime de la séparation de biens.
Ainsi, chacun des époux conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens
personnelles sans distinguer entre ceux qui lui appartenaient au jour du mariage ou lui sont advenus
depuis par succession ou libéralités et ceux acquis à titre onéreux pendant le mariage.
Aucune masse commune de bien n’est créée.
Néanmoins, au jour de dissolution du mariage, chacun des époux au droit de participer pour moitié en
valeur aux acquêts nets constatés dans le patrimoine de l’autre, et mesurés par la double estimation du
patrimoine originaire (avant mariage) et du patrimoine final (à la fin du mariage) de sorte que si un époux
s’est enrichit par rapport à un autre, il lui devra une somme d’argent en « contrepartie » : c’est ce que
l’on appelle : une créance en de participation sur l’excédent.
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CHAPITRE 2
DROIT DES SUCCESSIONS
Une succession s’ouvre au moment du décès d’un individu. Ce point de départ (le décès) est précisé
par l’acte de décès. La conséquence de l’ouverture d’une succession est la naissance d’une situation
juridique dite « d’indivision » entre les héritiers du défunt.
Une situation juridique d’indivision est une situation dans laquelle plusieurs personnes (ici, en
l’occurrence les héritiers du défunt) exercent ensemble, les droits relatifs à un ensemble de biens (ici, en
l’occurrence, l’actif successoral).
1. Définition et calcul de l’Actif successoral
1A. Définition de l’actif successoral
On appelle actif successoral l’ensemble du patrimoine d’une personne au jour de son décès. Cet actif
successoral se distingue entre :
• L’actif brut (Actif + passif) c’est-à-dire l’ensemble des dettes et des biens d’une personne décédée.
• L’actif net (Actif – Passif) c’est-à-dire l’ensemble des biens constituant l’actif après déduction des
dettes du défunt.
Le calcul de l’actif successoral
L’actif de la succession comporte, notamment : la valeur mobilières (côtés et non côtés), les parts
sociales détenus dans le capital d’une société, les comptes-bancaires, les baux ou fonds de commerces,
les bijoux, les meubles et objets d’arts, les immeubles…
Le passif de la succession est, quant à lui, constitué des dettes du défunt.
1B. Calcul de la succession
Lorsque l’on calcule la succession, il convient donc, dans un premier temps, de lister l’ensemble des
biens du défunts (actif et passif).
Liste des éléments du passif et de l’actif
Il convient de prendre en compte la valeur estimée des biens. Sauf exception, les biens sont estimés à
leur valeur vénale au jour du décès
Cette estimation doit être réalisée que ces biens soient :
• Des biens mobiliers corporels (ex : une voiture, des bijoux, un bateau, avions, les meubles garnissant
une habitation…).
• Des biens mobiliers incorporels (droits sur une chose, fonds de commerce, brevet, clientèle, parts de
société, assurances vie…).
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Pour rappel
L’article 528 du Code civil définit les meubles comme « les biens qui peuvent se transporter d’un lieu à un
autre »
On distingue les biens meubles corporels (biens qui ont un « corps », qui sont visible, que l’on peut
saisir) des biens incorporels (biens abstraits, que l’on ne voit pas, que l’on ne peut saisir, qui est
impalpable.
• Des biens immobiliers
Les étapes du calcul de la succession
• Calcul du passif et de l’actif : on additionne la valeur de l’ensemble des biens constituant le passif et
l’actif.
• Détermination de l’actif net : il convient de déduire les dettes (le passif) de l’actif que l’on vient de
calculer.
Attention
Pour qu’une dette soit déductible elle doit exister au jour du décès et la preuve de cette existence doit
être justifiable.
Afin de permettre facilement la preuve de l’existence d’une dette. Les écrits sont préférables (facture,
contrats signés…).
— À titre d’exemple
Alphonse, le père de Monsieur SANGENE est décédé en juin dernier.
L’inventaire de ses biens était défini de la façon suivante :
• compte bancaire : 420 000 € ;
• un 4x4 dont la valeur au jour du décès est estimée à 30 000 € ;
• un appartement, dont la valeur au jour du décès est estimée à 200 000 € ;
• des cotisations d’assurance estimées à 10 000 € ;
• une reconnaissance de dette de 20 000 €.
a) Liste des biens figurant dans l’actif / le passif
Actif Passif
– Compte bancaire : 420 000 € – Cotisations d'assurance estimées à 10 000 €
– 4x4 dont la valeur au jour du décès est – Reconnaissance de dette de 20 000 €
estimée à 30 000 €
– Appartement, dont la valeur au jour du
décès est estimée à 200 000 €
b) Calcul du passif et de l'actif
Passif : reconnaissance de dette + Cotisation d’assurance : 20 000 € + 10 000 € = 30 000 €
CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – LES RÉGIMES MATRIMONIAUX… – 9
Le montant du passif est de 30 000 €.
Actif : valeur de l’appartement au jour du décès + valeur du 4x4 au jour du décès + compte bancaire =
200 000 € + 30 000 € + 420 000 € = 650 000 €
Le montant de l'actif est de 650 000 €.
c) Déduction des dettes/calcul de l'actif net.
Actif net = actif – passif
Actif net = 650 000 € - 30 000 € = 620 000 €
L’actif net est de 620 000 €. La succession portera sur le partage de cette somme.
En cas de donation (avant décès)
Dans l’hypothèse où des donations seraient intervenues (c’est-à-dire : une action par laquelle le défunt
aurait donné un ses biens à un de ces descendants avant son décès) il conviendra de les rajouter fictive-
ment à l’actif de la succession. On parlera de « masse successorale ».
Masse successorale = (actif brut – passif) + montant des donations réalisées lors du vivant
du défunt.
Masse successorale = actif Net + montant des donations réalisées lors du vivant du défunt
— À titre d’exemple
Dans l’exemple précédent si Alphonse avait versé 15 000 € à son fils la masse successorale aurait
été :
Masse successorale = (actif brut – passif) + montant des donations réalisées lors du vivant du défunt.
Masse successorale = (620 000 €) + 15 000 € = 635 000 €.
→ Calcul de la part relevant à chaque héritier (réserve héréditaire) : il est nécessaire de déterminer
la part de la succession qui doit revenir à chacun des héritiers du défunt en fonction de l’ordre des
héritiers (cf. infra).
Pour calculer la part relevant à chaque héritier, il existe des règles impératives propre au droit des
successions, savoir :
• Le principe de la dévolution légale (ordre des héritiers tels que fixés dans la loi (cf. infra).
• Les volontés testamentaires du défunt.
• Les donations éventuellement réalisées antérieurement au décès.
CNED – BTS Assurance – DROIT DES CONTRATS – LES RÉGIMES MATRIMONIAUX… – 10
2. Définition de l’héritier et Ordres des héritiers
2A. Qui sont les héritiers
On désigne par l’appellation « héritiers » toutes les personnes qui disposent d’un droit dans la
succession d’un défunt. Il convient de rappeler qu’il n’est possible d’être héritier qu’à condition d’avoir
opté et accepté la succession.
Il convient de distinguer plusieurs catégories d’héritiers, savoir, notamment :
• Héritier universel : héritier ayant vocation à recevoir l’ensemble du patrimoine.
• Héritier testamentaire : héritier sur le fondement du testament du défunt.
• Héritier réservataire : il s’agit des descendants (enfants).
On appelle la réserve héréditaire la part minimale de la succession réservée aux descendants directs
(enfants) s’ils l’acceptent (en optant).
Sont considérés comme des héritiers réservataires, les enfants du défunts (y compris hors mariage et
issus d’une relation adultérine) vivants ou représentés.
Un héritier réservataire est représenté lorsque le principe de représentation s’applique.
Le principe de représentation est le principe selon lequel si un descendant héritiers réservataires
est décédé lors de l’ouverture de la succession du défunt, l’enfant de ce descendant héritier
réservataire pourra prétendre à la part de réserve héréditaire qui revenait à son parent (le
descendant du défunt).
On appelle conjoint survivant la personne mariée au défunt lors de l’ouverture de la succession. Dans
l’hypothèse où le défunt n’aurait pas de descendant, ou d’ascendant, c’est le conjoint survivant qui est
héritier réservataire.
Une fois la réserve déterminée, le reliquat constitue ce que l’on appelle « la quotité disponible » dont le
défunt peut disposer librement.
Il convient de différentier certaines situations en fonction du nombre d’enfants du défunt :
Nombre Réserve héréditaire Quotité disponible
d’enfants (qui peut être légué aux tiers)
0 0 1
1 1/2 1/2
2 2/3 1/3
3 et plus 3/4 1/4
Attention
L’organisation de la transmission par le défunt, de son vivant, ne peut être faite que sur la quotité
disponible.
Calcul de la part réservataire : elle est calculée sur la masse successorale (Actif – passif) + montant des
donations).
→ Hypothèses dans laquelle le défunt était marié et avait des enfants (nés de ce mariage ou non)
Les héritiers réservataires sont les enfants. Toutefois, le conjoint survivant à des droits sur la
succession. Il aura, notamment, le droit d’opter pour l’une des situations suivantes :
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• Obtenir la totalité des biens en usufruit (dans cette hypothèse la réserve héréditaire porte sur la
nue-propriété des biens),
• Obtenir ¼ des biens en pleine propriété et ¾ en usufruit (dans cette hypothèse la réserve héréditaire
porte sur les ¾ en nue-propriété).
→ Hypothèse dans laquelle le défunt était marié et sans enfants.
L’article 757-1 du Code civil prévoit qu’à défaut d’enfant, les ascendants directs (père et mère) du défunt
et son conjoint, sont héritiers.
• Le défunt avait deux parents en vie et un conjoint : dans cette hypothèse chaque parent reçoit ¼ de la
succession et le conjoint survivant ½.
• Le défunt avait un parent en vie et un conjoint : dans cette hypothèse le parent survivant reçoit ¼ et le
conjoint survivant ¾.
Les parents du défunt étaient décédés et il avait un conjoint : le conjoint reçoit la totalité.
Il convient par ailleurs de préciser que dans l’hypothèse où le défunt avait bénéficié d’une donation de
la part d’un ou de ses parents. La loi permet de prévoir « un droit de retour » aux termes duquel il est
possible, pour le ou les parents, de récupérer le bien donnés à leur enfant lorsque celui-ci est décédé
sans avoir d’enfant. Ce principe s’applique qu’il s’agisse d’un bien immobilier ou mobilier.
Attention
Des dispositions testamentaires peuvent, toutefois, déroger à ces principes.
Seuls les héritiers réservataires ne peuvent pas être déshérités. Ainsi il sera impossible de priver les
héritiers réservataires (enfants ou lorsque le défunt n’avait pas d’enfant : le conjoint survivant) de sa
part sur la réserve héréditaire.
Toutefois, le défunt peut disposer de la quotité disponible comme il lui plait.
— À titre d’exemple
Alphonse était marié à Roberte (toujours en vie).
Il a eu 2 enfants, Monsieur SANGENE et sa sœur Joselyne.
• La Réserve est de : 2/3
• La quotité disponible est de 1/3
Dans l’hypothèse où Alphonse aurait souhaité léguer des biens à un tiers. Ces biens n’aurait pas pu
porter sur plus de 1/3 de la masse successorale (car c’est la quotité disponible).
Roberte est conjointe survivante : elle pourra opter soit pour la totalité des biens en usufruit, soit
pour le ¼ des biens en pleine propriété et ¾ en usufruit soit la totalité des biens en pleine propriété.
2B. L’ordre des héritiers
La loi détermine un ordre de priorité selon la qualité des héritiers en présence, c’est ce que l’on appelle
la dévolution successorale et définie 5 catégories :
Ordre Descriptions
1 Descendants. Il existe différents degrés : Les enfants (1er degré), les petits enfants (2e degré),
les arrière-petits-enfants (3e degré)
2 Ascendant privilégiés (père et mère : degré 1) et collatéraux privilégiés (frères, sœurs
(2e degré) et leurs descendants : neveux et nièces (3e degré)…
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Ordre Descriptions
3 Ascendants ordinaires (grands-parents (2e degré), arrières grands-parents (3e degré)
4 Collatéraux ordinaires (oncles et tantes (3e degrés), cousins germains (4e degrés), grands
oncles/grandes tantes (5e degrés)
5 État
Les degrés de parentés permettent de définir l’héritier le plus proche du défunt et donc celui qui sera
appelé à la succession. On considère qu’un degré correspond à une génération.
Un degré exclut les suivants. Si un héritier du 1er degré est appelé à la succession, et hors disposition
testamentaire, l’héritier du 2nd degré ne sera pas appelé.
Ces degrés de parentés forment des lignes successorales. On distingue : la ligne directe (ligne de
degrés d’individu qui descendent l’une de l’autre) et la ligne collatérale (ligne de degrés d’individu qui ont
un ancêtre commun).
Enfin, il convient de préciser qu’un héritier peut être exclu de la succession et notamment lorsque cet
héritier a commis une faute grave à l’égard du défunt. C’est le principe de l’indignité.
— À titre d’exemple
• Meurtre ou tentative de meurtre du défunt.
• Violences (physiques / psychologiques) ayant entraîné la mort du défunt sans intention de la
donner.
• Tortures, barbaries, viols sur le défunt…
3. Barème des droits de succession
3A. Abattement
La part de la succession qui revient à l’associé est susceptible de générer le versement de droit de
succession. On appelle droit de successions l’impôt prélevé sur la succession dont le montant est fixé
par la loi. Cet impôt varie en fonction du degré de parenté.
Il est possible pour un héritier de bénéficier d’abattements sur la part de l’héritage qui lui est due et
notamment en raison du lien de parenté avec le défunt. Ces abattements permettent de diminuer la
valeur de l’impôt dû.
Les éventuelles donations perçues du vivant du défunt sont prises en compte par l’administration fiscale
excepté, notamment, dans l’hypothèse où elles ont été effectuées il y a plus de 15 ans.
Le tableau ci-après reprend les montant des abattements fiscaux en matière de succession.
Les droits de mutation à titre gratuit – Abattement fiscal - Décès
L’époux ou l’épouse du défunt Vous êtes exonéré de droits de succession
Le ou la partenaire de Pacs du défunt Vous êtes exonéré de droits de succession
Un ascendant ou un enfant du défunt 100 000 €
Le petit-enfant du défunt 1 594 € à défaut d’autre abattement
L’arrière petit-enfant du défunt 1 594 € à défaut d’autre abattement
Le frère ou la sœur du défunt 15 932 € sauf cas d’exonération entre frères et sœurs
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Les droits de mutation à titre gratuit – Abattement fiscal - Décès
Le neveu ou la nièce du défunt 7 967 €
Une personne handicapée 159 325 € (cet abattement se cumule avec les autres)
Une autre personne 1 594 € à défaut d’autre abattement
3B. Tranches et Taux
Une fois l’application d’un abattement, les droits, éventuellement, restant dus sont calculés selon un
barème progressif d’impôt, réparti en tranche. Le tableau suivant illustre ces tarifs.
Lignes et degrés Fraction de part nette taxable Tarif applicable
N’excédant pas 8 072 € 5%
Droit de succession en ligne Comprise entre 8 072 € et 12 109 € 10 %
directe
Comprise entre 12 109 € et 15 932 € 15 %
(de parents à enfants)
Comprise entre 15 932 € et 552 324 € 20 %
Comprise entre 552 325 € et 902 838 € 30 %
Comprise entre 902 839 € et 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %
Droits de succession entre N’excédant pas 24 430 € 35 %
époux et partenaires
Supérieur à 24 430 € 45 %
Droit de succession entre parents jusqu’au 4e degré 55 %
Droit de succession au tiers et aux parents au-delà du 4e degré 60 %
— À titre d’exemple
Monsieur SANGENE hérite de la somme de 400 000 € suite au décès de son père Alphonse. Il devra
payer :
• S’agissant de la détermination de la base taxable
En effet, le lien de parentés est celui de la ligne directe et du 1er degré de sorte que l’abattement est
de 100 000 €.
La base taxable est donc de 300 000 €
• S’agissant de l’application du barème progressif
< 8 072 € : 5 % = (5x 8 072) / 100 = 404,60 €
8 072 € à 12 109 € : 10 % = [12 109-8 072) x 10 / 100] = 403,70 €
12 109 à 15 932 € : 15 % = [15 932-12 109) x 15/100] = 573, 45 €
15 932 € à 300 000 € : 20 % = [300 000-15 932] x 20)] = 56 818,60 €
Soit un total à acquitter de 57 795,75 €
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