PLAN
INTRODUCTION
I. PRESENTATION DE L’AUTEUR
1. BIOGRAPHIE
2. BIBLIOGRAPHIE
II. RESUME DE L’INTRIGUE
III. ETUDE DES PERSONNAGES
1. PERSONNAGES PRINCIPAUX
2. PERSONNAGES SECONDAIRES
IV. LES THEMES
V. STYLE DE L’OEUVRE
VI. CADRE SPATIALE ET TEMPOREL
VII. CONCLUSION
EXPOSANTS
SOULEYMANE SIDIBE
MADICKE SAMBE
DAOUDA KEBE
NGONE DIOP
YACINE DIOP
PROFESSEUR: MONSIEUR DIENE
MATIERE: français
INTRODUCTION
L’exil d’Alboury Ndiaye constitue un épisode marquant de l’histoire politique du
royaume du Djolof et, plus largement, de la résistance sénégalaise face à
l’expansion coloniale française au XIXe siècle. Dans son ouvrage, Cheikh Alioune
Ndiaye retrace avec rigueur et sensibilité le parcours d’un chef valeureux contraint à
l’exil suite à l’irrésistible avancée des troupes coloniales. À travers une analyse
minutieuse des événements et des sources, l’auteur met en lumière les enjeux
géopolitiques, les dilemmes stratégiques et les choix douloureux auxquels fut
confronté Alboury Ndiaye. Ce travail s’inscrit dans une volonté de réhabiliter la
mémoire d’un leader souvent marginalisé dans les récits dominants, et de restituer la
complexité d’une époque de bouleversements profonds.
I. PRESENTATION DE L’AUTEUR
1. BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Cheikh Aliou Ndao, né en 1933 à Karthiak en Casamance (Sénégal), est un écrivain,
poète, dramaturge et professeur sénégalais. Après des études en France et au
Royaume-Uni, il a enseigné l’anglais au Sénégal et aux États-Unis. Il a aussi été
conseiller culturel à la présidence du Sénégal.
Son œuvre littéraire est variée : poésie, théâtre, romans, en français comme en wolof. Il
est notamment l’auteur de « L’Exil d’Alboury », une pièce historique sur la résistance
du roi Alboury Ndiaye à la colonisation, qui a reçu un grand succès en Afrique et en
Europe. Il a aussi écrit « Buur Tilleen », « Excellence, vos épouses ! » et « Un bouquet
d’épines pour elle ».
Depuis les années 1990, il écrit exclusivement en wolof, convaincu de l’importance des
langues nationales dans la valorisation des cultures africaines. Il s’inspire des idées de
Cheikh Anta Diop.
En 2012, il a reçu le Grand Prix du président de la République pour les lettres, et en
2023, un hommage lui a été rendu pour ses 90 ans.
Cheikh Aliou Ndao est aujourd’hui considéré comme un pilier de la littérature
sénégalaise.
2. BIBLIOGRAPHIE
Cheikh Aliou Ndao est un écrivain sénégalais majeur, dont les œuvres mettent en
valeur l’histoire, la culture et l’identité africaine. Il est l’auteur de plusieurs romans et
pièces de théâtre qui abordent des thèmes comme la résistance coloniale, la tradition,
la spiritualité et le dialogue entre modernité et coutumes.
Parmi ses œuvres les plus connues, « L’Exil d’Alboury » (1975) raconte la vie du dernier
roi du Djolof, Alboury Ndiaye, contraint à l’exil par la colonisation française. Ce roman
historique valorise la mémoire et la dignité des résistants africains.
Dans « Mbanza » (1981), l’auteur décrit les conflits entre traditions rurales et
modernité, montrant les bouleversements de la société africaine contemporaine.
« La Maison aux cauris » (1985) est un récit symbolique où il explore la spiritualité et la
sagesse africaine à travers des personnages en quête d’identité.
Avec « Feem ak Mbindeef », pièce écrite en wolof, il valorise la langue nationale et
traite des luttes sociales, affirmant ainsi une identité culturelle décolonisée.
Dans « Contes et récits du Sénégal », il préserve la tradition orale, transmettant aux
jeunes générations la mémoire populaire du pays.
Enfin, « Les Piroguiers » dépeint la vie difficile des pêcheurs, illustrant l’engagement
social de l’auteur.
Dans l’ensemble, les thèmes centraux de son œuvre sont la résistance, la mémoire
historique, la tradition, l’identité africaine et la spiritualité. Cheikh Aliou Ndao écrit
pour défendre la culture africaine, transmettre son héritage et encourager la
reconnaissance des langues locales comme le wolof.
En résumé, son œuvre est à la fois littéraire, historique et militante. Elle continue
d’inspirer les lecteurs africains à revendiquer fièrement leur identité et leur culture.
II. RESUME DE L’INTRIGUE
Séquence 1 : Le contexte historique et politique
L’œuvre s’ouvre sur une présentation du royaume du Djolof à la fin du XIXe siècle, dans
un contexte de bouleversements profonds provoqués par la pénétration coloniale
française en Afrique de l’Ouest. Alboury Ndiaye, héritier d’une longue tradition de
royauté, succède à Lat Dior dans la lutte contre les envahisseurs. Il est déterminé à
préserver l’indépendance de son royaume face à la puissance coloniale grandissante.
Séquence 2 : La tentative de résistance au Djolof
Alboury Ndiaye entreprend des réformes pour renforcer l’armée et établir des alliances
avec d’autres royaumes et chefs africains. Il tente de moderniser sa stratégie militaire
et de fédérer les forces traditionnelles contre l’avancée française. Malgré sa
détermination, il fait face à des divisions internes, à des alliances fragiles, et à une
pression militaire croissante de la part des Français.
Séquence 3 : Les divisions et la stratégie coloniale
Les Français exploitent habilement les rivalités entre chefs africains, en proposant des
traités et en encourageant la collaboration. Ces manœuvres divisent la résistance et
affaiblissent l’unité du Djolof. Certains chefs préfèrent négocier avec les colonisateurs,
isolant Alboury qui reste cependant ferme dans sa lutte pour la souveraineté.
Séquence 4 : L’exil d’Alboury
Face à l’échec de la résistance et à la montée de la puissance française, Alboury
Ndiaye est contraint à l’exil. Éloigné de son peuple, il perd son royaume, mais conserve
sa dignité et son courage. Cet exil symbolise la fin du Djolof indépendant et
l’instauration de la domination coloniale.
Séquence 5 : La mémoire et l’héritage d’un roi
Malgré son exil, Alboury reste une figure emblématique de résistance et de fierté pour
son peuple. Le roman se termine par un hommage à son courage et à sa dignité, faisant
de lui un symbole durable de la lutte contre la colonisation.
III. ETUDE DES PERSONNAGES
[Link] principaux
Alboury Ndiaye
Alboury est le héros central du roman. Roi du Djolof, il incarne la résistance à la
colonisation française. Il est présenté comme un homme courageux, digne, fidèle à
ses principes et à sa religion. Refusant la domination étrangère, il choisit l’exil plutôt
que la soumission. Son personnage symbolise l’honneur, la loyauté envers son
peuple, le respect des traditions africaines et la grandeur morale face à la trahison et
à l’oppression. Il est un modèle de souveraineté et d’intégrité.
[Link] secondaires
Les compagnons d’exil
Durant son exil, Alboury est accompagné de plusieurs fidèles, qui restent à ses
côtés malgré les épreuves :
• Ses griots et serviteurs : Ils sont à la fois témoins et porteurs de la mémoire de son
combat. Leur rôle est de raconter, de transmettre et de soutenir leur roi dans les
moments les plus difficiles.
• Ses soldats loyaux : Ils montrent leur dévouement jusqu’à la fin, partageant les
souffrances de l’exil, parfois jusqu’à la mort.
Ces personnages renforcent l’image de la fidélité autour du roi, mais illustrent aussi
la douleur collective de l’exil.
Les chefs et rois africains rencontrés
Au cours de ses déplacements, Alboury Ndiaye sollicite l’aide d’autres souverains
africains, mais ceux-ci adoptent différentes attitudes :
• Les alliés hésitants : Certains chefs (comme dans le Fouta ou au Kaarta)
expriment de la sympathie pour Alboury, mais refusent de lui offrir un soutien
militaire par crainte de la France ou par manque de courage politique.
• Les chefs hostiles : D’autres, jaloux de son prestige ou alliés aux Français, le
rejettent ou le trahissent, contribuant à son isolement.
Ce groupe de personnages secondaires montre le manque d’unité entre les
royaumes africains à cette époque, un facteur qui a facilité la colonisation.
Les autorités coloniales françaises
Bien que leur présence ne soit pas très développée directement dans le roman, elles
apparaissent comme une force extérieure dominante :
• Les administrateurs coloniaux : Ils sont décrits comme stratèges, calculateurs,
usant plus souvent de diplomatie, de manipulation et de divisions internes que de
violence directe.
• Ils symbolisent la menace silencieuse et constante qui pèse sur Alboury, jusqu’à
provoquer sa fuite.
Les figures religieuses
• Les marabouts et les lettrés musulmans rencontrés lors de son passage dans des
royaumes islamisés, notamment à Sokoto, jouent un rôle spirituel. Certains
soutiennent moralement Alboury, d’autres restent passifs.
Ils incarnent la dimension spirituelle du voyage d’Alboury, mais aussi la complexité
des rapports entre religion, pouvoir politique et colonisation.
Type de personnage Exemples Rôle dans le récit
Personnage principal Alboury Ndiaye Héros résistant, symbole de dignité, chef en
exil
Compagnons fidèles Serviteurs, soldats, griots Soutien, loyauté, souffrance
collective
Rois et chefs africains Alliés hésitants, chefs hostiles Illustrent les divisions politiques
africaines
Colonisateurs français Gouverneurs, officiers Force dominante, manipulation,
stratégie coloniale
Personnages religieux Marabouts, savants musulmans Soutien moral, rôle spirituel,
ambivalence face à la colonisation
IV. LES THEMES
La résistance face à la colonisation
La pièce met en scène la lutte d’Alboury Ndiaye et de son royaume contre
l’envahisseur français, symbolisant la défense de la souveraineté et de la
liberté.
L’exil et la perte du pouvoir
L’éloignement forcé d’Alboury représente la dépossession politique et
culturelle subie par les peuples africains, tout en soulignant la dignité du
personnage face à cette injustice.
L’honneur et la fidélité
Alboury incarne l’honneur d’un chef qui refuse la soumission et reste fidèle à
ses valeurs, à son peuple et à son identité.
Les divisions internes et la trahison
La pièce montre les rivalités entre chefs africains et la collaboration de certains
avec les colonisateurs, qui fragilisent la résistance collective.
La mémoire et la conscience historique
Elle insiste sur l’importance de se souvenir des héros et des combats du passé
pour renforcer l’identité culturelle et politique.
Le choc entre tradition et changement
La pièce illustre le conflit entre les valeurs ancestrales du royaume et les
bouleversements imposés par la colonisation.
V. STYLE DE L’OEUVRE
Le style de l’œuvre L’Exil d’Alboury de Cheikh Alioune Ndao se distingue par sa
sobriété, sa clarté et sa portée historique. L’auteur adopte une langue simple, fluide
et accessible, permettant à un large public, y compris les jeunes lecteurs, de
comprendre le récit sans difficulté. Ce style épuré ne sacrifie cependant pas la
profondeur, car Ndao parvient à transmettre des émotions fortes à travers des
descriptions précises, des dialogues réalistes et une narration sobre mais intense.
Le ton de l’ouvrage est grave, empreint de respect et d’admiration pour le
personnage principal, Alboury Ndiaye, figure de résistance et de dignité face à la
domination coloniale. L’auteur mêle efficacement le récit historique et l’art littéraire :
bien que l’œuvre s’appuie sur des faits réels, elle est structurée comme un roman,
avec des scènes vivantes, des rebondissements et une évolution dramatique. Le
texte est également enrichi par des éléments de la culture africaine : noms
traditionnels, allusions religieuses, valeurs morales et sociales propres aux sociétés
ouest-africaines. Cette intégration donne à la langue française une saveur locale,
tout en conservant son élégance. Enfin, la structure linéaire du récit – de la montée
de la menace coloniale jusqu’à la mort en exil – renforce l’impact dramatique de
l’histoire, en retraçant avec sobriété et émotion le parcours d’un roi africain resté
fidèle à ses principes jusqu’à la fin.
VI. CADRE SPATIALE ET TEMPOREL
Cadre spatial (le lieu de l’action) :
L’action de l’œuvre se déroule dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest,
principalement au Sénégal, mais aussi dans d’autres territoires traversés par
Alboury Ndiaye durant son exil. Le roman commence dans le royaume du Djolof,
situé au centre du Sénégal actuel, où Alboury exerce son autorité. C’est là que se
pose le premier décor : les villages, les terres du pouvoir royal, les campements, les
lieux de conseil.
Après son départ, Alboury traverse successivement plusieurs régions :
• Le Fouta-Toro : au nord du Sénégal, région peule islamisée, où il cherche du
soutien auprès des chefs religieux et politiques.
• Le Kaarta et le Macina : zones historiques de résistance situées dans l’actuel Mali,
où Alboury tente de nouer des alliances.
• Ségou : une autre ville stratégique dans le bassin du Niger, ancien centre du
royaume bambara.
• Sokoto : dans l’actuel nord du Nigeria, dernier refuge d’Alboury, au sein du califat
islamique de Sokoto, où il finit sa vie.
Ces différents lieux représentent à la fois des étapes géographiques et des
symboles politiques et culturels dans la quête de liberté du héros. Ce cadre
géographique étendu met en lumière l’ampleur du combat d’Alboury Ndiaye et la
diversité des royaumes africains de l’époque.
Cadre temporel (le moment de l’action) :
L’action du roman se situe dans la seconde moitié du XIXe siècle, plus précisément
entre les années 1870 et 1901, période marquée par l’expansion coloniale française
en Afrique de l’Ouest.
• Le début de l’histoire correspond à l’époque où Alboury Ndiaye est roi du Djolof,
dans les années 1870-1880, alors que les Français renforcent leur présence au
Sénégal après la mort de Lat Dior (1886).
• Le tournant majeur se produit en 1890, année où Alboury est contraint de fuir son
royaume face à l’avancée coloniale.
• L’exil se prolonge pendant environ une décennie, durant laquelle il traverse divers
royaumes africains.
• L’histoire s’achève avec la mort d’Alboury Ndiaye en 1901 à Sokoto, marquant la
fin d’un long combat sans retour.
Ce cadre temporel correspond donc à une période charnière de l’histoire du Sénégal
et de l’Afrique de l’Ouest : celle de la conquête coloniale, des résistances africaines
et du déclin des royaumes traditionnels. Il donne au roman une portée historique
essentielle et permet de mieux comprendre les enjeux politiques de l’époque.
VII. CONCLUSION
L’Exil d’Alboury raconte l’histoire d’Alboury Ndiaye, dernier roi du Djolof, qui refuse
de se soumettre à la colonisation française au Sénégal à la fin du XIXe siècle.
Contraint de fuir son royaume, il entame un long exil à travers plusieurs royaumes
d’Afrique de l’Ouest, cherchant des alliés pour continuer la résistance. Malgré son
courage et sa dignité, il fait face à l’isolement, aux trahisons et à la perte progressive
de son pouvoir. Mort en exil en 1901, Alboury symbolise la lutte et la fierté d’un
peuple face à l’oppression coloniale. À travers ce récit, Cheikh Alioune Ndao rend
hommage à un héros oublié de l’histoire africaine tout en dénonçant les divisions
internes qui ont facilité la conquête coloniale.