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Théâtre africain : L'exil d'Albouri

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Année: 2024/2025

INTRODUCTION
On ne saurait aborder une quelconque pièce de théâtre négro africain sans faire un
clin d'oeil il à la naissance du théâtre africain d'expression écrite en tout cas.
Ce théâtre est né à l'école normale William Ponty de Sébikotane. Selon Bakary
Traoré, des élèves de cette école jouaient des improvisations qui ont émerveillé le
directeur de l'école. Celui décide que le théâtre soit intégré dans les activités
scolaires, ainsi sont nées de vraies pièces africaines. Depuis lors des chefs
d'œuvres ont vu le jour. On peut citer : La tragédie du roi Christophe du
martiniquais Aimé Césaire, Le Lion et la Perle de Wolé Soyinka, Chaka de Thomas
Mofolo,etc. Les pièces historiques sont au devant de la scène parce qu'elles sont
plus aptes à réhabiliter les héros noirs et à rétablir la vérité historique. Dans
ce champ prend place l'incontournable pièce tragique du sénégalais Cheik Aliou
Ndao, L'exil d'Albouri qui met l'accent sur la fameuse décision d'Albouri de
s'exiler chez Ahmadou cheikhou de Ségou afin de faire alliance avec lui pour
combattre l'ennemi commun ; les français. Après quelques rappels historiques, nous
exposerons la vie et l'œuvre de l'auteur, ensuite nous étudierons la structure de
l'œuvre, le résumé, les personnages, les thèmes et la dramaturgie de Cheik Aliou
Ndao
I. RAPPEL HISTORIQUE
Fils de Birame Penda, cet homme est issu d'une vieille famille régnante du Djoloff.
Sa généalogie que nous trace son petit-fils Mansour Bouna Ndiaye, le rattache au
fameux Ndiadiane Ndiaye, le fondateur du royaume Djoloff. Contemporain de Soundiata
Keïta, Ndiadiane Ndiaye a régné sur le Djoloff de 1200 à 1249. C'est le fameux
Diolofin-Mansa que devait combattre le preux Tiramakhan Taraoré pour le compte de
Mansa du Manding,[Link] Ndiaye, descendant direct de ce Djolofin-
Mansa, était un vrai prince, un nationaliste convaincu et désintéressé qui, dans sa
résistance acharnée et tenace contre l'intervention française, ne distinguait pas
la cause du Sénégal de celle du Soudan,pays profondément islamique en lutte pour la
liberté de l'Afrique. Pour des raisons de sécurité, Alboury avait été envoyé très
jeune à la cour du Damel Biram Ngoné Latyr où il a été élevé en même temps que le
futur Damel, Lat Dior Diop, descendant du pieux et vénéré Sakhéwar Fatma. Et
pendant de nombreuses années, Alboury a été le compagnon assidu, le lieutenant
fidèle de Lat Dior dont il partagea les victoires, les défaites, les exils
volontaires ou forcés. Ahmadou Cheikhou, en 1875, à la tête d'une importante
troupe, envahit le Cayor. Et Lat Dior informé forme avec le prince Alboury Ndiaye
une expédition et poursuivent les fuyards jusque dans son pays natal, le Djoloff,
où il se fit reconnaître comme le successeur légitime des Bourba Djoloff. Alboury
devait régner quinze ans, de 1875 à 1890. Un an après son avènement, il envoya à
M'Boumba, au Fouta-Toro non loin de Boghé, une armée commandée par son frère
Alboury Penda,qui en revint victorieux. En 1886,les français rompirent le traité de
paix, tuèrent Lat Dior et prétextant qu' Alboury avait violé l’édit traité en
refusant d'envoyer son fils à l'école française. Dans son exil
Alboury laissa derrière lui une capitale Yang yang incendiée, des récoltes brûlées
et des puits bouchés ou empoisonnés ne laissant rien à l'envahisseur blanc Dodds.
Celui-ci se vengea en nommant comme Bourba-Djoloff le propre frère d'Alboury,
SambaLaobé Penda, cet autre ambitieux qui, aux côtés du jeune Damel Samba Laobé
Fall, avait préparé la fameuse bataille de Guilé. Comme il a été confirmé plus
tard, Alboury désirait voir créer un grand empire musulman de l'Ouest africain,
placé sous la Grande Alliance : Ahmadou Cheikhou de Ségou, Samory Touré du
Oussoulou. Tiéba Traoré de Sikasso et Alboury Ndiave du Dioloff. C'est certainement
cette idée qui le conduit dans l'exil à toujours marcher vers l'Est à la recherche
de l'indépendance et de la liberté
II. VIE ET BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
1. LA VIE DE L’AUTEUR
De son vrai nom Sidi Ahmed Alioune Cheik Ndao, célèbre avec Cheik Aliou Ndao est né
en1933 à Karthiak près de Bignona. Fils d'un vétérinaire, il suit son père à
travers tout le Sénégal. Il affirme être formé dans la meilleure école, celle des
vieillards avec leur sagesse populaire. Il connaît très bien les traditions de son
peuple, et surtout l'histoire de son peuple. Il a fait une partie de ses études
secondaires à Dakar et en France, puis il a fréquenté l'Université de Grenoble en
France et de Swansea en Grande-Bretagne. Ancien professeur d'anglais à l'Ecole
Normale William Ponty. Il a également enseigné aux Etats-Unis en 1972 à De Pauw
University de Greencastle (Indiana). Il fut aussi un conseillé culturel auprès du
Président de la République du Sénégal
2. LES PUBLICATIONS
Son premier recueil de poésies, Kairée publié en 1964 a obtenu le prix des Poètes
Sénégalais de langue française. Il publie aussi le recueil Mogarienne en [Link]
pièce de théâtre, l'Exil d'Albouri (1967) a été mise en scène en 1968 au théâtre
Daniel Sorano de Dakar, et a été jouée sur de nombreuses scènes africaines et
européennes, notamment à l'Odéon (Paris), ainsi qu'en Belgique. Présentée au
Festival culturel panafricain d'Alger en 1969, elle obtint le premier prix.
Traduite en anglais aux Etats-Unis, cette pièce symbolise les débuts du théâtre
historique sénégalais. On recense aussi L'lle de Bahila en1975, La Case de I 'or,
Le Fils de I'Almamy, La Décision, Du sang pour un trône ou GouyeNjuli un Dimanche.
En 1983, il donne Excellence vos épouses. Sa nouvelle Le Marabout de la sécheresse
publié en 1979 est souvent étudiée dans les programmes scolaires. Partisan de la
transcription des langues africaines, Cheik Ndao est I'un des rares écrivains
Sénégalais a avoir publié un roman en Wolof Buur Tillen, le roi de la Médina qui
est actuellement épuisé. La version française est une adaptation de l'original. 30
ans plus tard, il publie dans sa langue maternelle, le wolof, son dernier roman
Mbaam Dictateur, réédité en français par Présence Africaine en 1997
III. LA STUCTURE DE L’OEUVRE
- Le premier tableau s'ouvre sur une opposition anodine entre Beuk nek et le
griot Samba. Celui-ci doit convoquer le peuple à la réunion sous l'arbre à palabre
pour le couronnement du Prince Laobé Penda.
- Le deuxième tableau débute par l'assemblée du roi pour délibérer sur la
décision du gouverneur qui a rompu l'accord avec les royaumes et lève ses spahis
contre eux Devant une discussion passionnée, le roi lève la séance. Ce tableau se
termine par une discussion opposant la sæur du Roi, Linguère Madjiguène à la reine
Sêb Fal quiréclame son rôle d'épouse, de femme.
- Le troisième tableau est le moment d'une deuxième assemblée après la
décision de Bourba de s'exiler vers Ségou, et former une alliance avec lui. Laobé
Penda est d'avis qu'il faut rester et mourir pour le trône. Les autres Diarafs se
rangent de son côté, sauf le Diaraf des Esclaves. Le Prince a déjà convaincu une
partie de l'armée.
- Le quatrième tableau présente la conspiration de Laobé Penda. Il ordonne à
ses soldats de tuer le Diaraf des Esclaves qui les espionnait.
- Le cinquième tableau se déroule chez la Reine Mère avec Linguère et Reine
Sêb. La Reine Mère raconte sa vie dans la cour de son mari, et les sacrifices
auxquels elle consenti.
- Chez le roi dans le sixième tableau, la reine Sêb entre dans une conversation
intime avec son mari. Le roi décide qu'elle ira chez ses frères au Cayor, et non de
prendre part à l'exil. Samba arrive avec la nouvelle de la traîtrise de Laobé Penda
qui pactise avec le Gouverneur, et lui informe qu'il vient d'assassiner le Diaraf
des Esclaves
- Dans le septième tableau, on assiste à la dernière réunion du roi avec le
peuple qui accepte de le suivre plutôt que de rester esclave.
- Dans le huitième tableau, on découvre le roi et sa suite dans le chemin de
l'exil attendant son arrière-garde conduit par son Beuk nek. Samba profite de cet
escale pour lui annoncer que la reine est du voyage. Elle se découvre au roi, et
demande pardon à Reine Mère et fait la paix avec Linguère. L'arrivée de Beuk nek
clôt ce tableau.
- Le tableau neuf coïncide avec la levée du camp. Moment saisi par Bourba
pour parler des difficultés qui attendent le convoi, la faim, les animaux
dangereux, le climat hostile. L'épilogue résume la fin tragique d'Albouri qui va
mourir dans la bataille, et la dispersion du peuple de Ndiandiane Ndiaye entre
Kano, Médine et Ségou.
IV. RESUME DE L’INTRIGUE
La pièce s'ouvre sur une atmosphère de fête de nomination du Prince Laobé Penda,
dont le courage et la vaillance sont connus dans tout le Djolof. La place de Yang
yang est le lieu de cette intronisation. C'est à ce moment qu'un guerrier vient
annoncer l'invasion imminente du royaume du Djolof par le Gouverneur qui vient de
rompre les traités qu'il avait signés. Afin de faire face à la menace, le roi
Albouri convoque une réunion pour permettre à l'assemblée de se prononcer, mais il
sera obligé de suspendre la séance à cause des esprits qui s'échauffent. En tête à
tête avec son frère, Bourba lui annonce sa décision de s'allier avec les autres
rois contre
l'armée du gouverneur. Rien que la décision d'aider le roi de Ségou,Ahmadou fait
enrer Laobé Penda dans une colère ; il s'oppose à la décision de son frè[Link] effet
Laobé Penda ne peut cacher son indignation devant ce qu'il considère comme unefuite
indigne d'un descendant de Ndiandiane. La Reine Mère Mam Yay et la
LinguèreMadjiguène ne partagent pas son avis de fuir, mais elles finiront par
comprendre et accepterl'exil. Devant le différend qui oppose Bourba à son frère,
Ardo, le Diaraf de Thingue et leDiaraf de Varhôh se range du côté de Laobé Penda
qui pense que l'honneur des Ndiaye serasauf dans la résistance. Et le Diaraf des
esclaves, fidèle au Roi, surpris en train de lesespionner,sera tué.Laobé Penda va
même jusqu'à convaincre une partie de l'armée à le suivre,et il fait le partagedes
munitions entre les [Link] moment où Albouri devisait avec sa femme la Reine
Sêb Fal,le griot Samba vient luiannoncer que le Prince Laobé Penda a signé un pacte
avec le gouverneur. Le Roi, malgré toutprécipite son départ approuvé par le peuple
qui préfêre l'exil à l'esclavage. Et le Roi, inquietau début du voyage se rendra
même compte que sa femme est du voyage pour lui apporter sonsoutien moral et
accepte même la réconciliation avec Linguère et Reine Mère. En dépit dubonheur qui
l'anime, le Roi tient un discours empreint de sincérité sur le caractère
aventureuxdu voyage. Et comme il l'appréhendait, son fils Bouna sera enlevé et
envoyé à l'école desotages à Ndar. Le roi Albouri lui, moura au combat, et les
autres seront dispersés entre Kano,Médine en Arabie et le royaume Bambara
V. LES PERSONNAGES
Le Roi Albouri Ndiaye : Il naquit en 1842 à Thial. Le dramaturge a pour projet une
oeuvre de mythe. Albouri ou « Bourba » est le Roi du Djolof, et vit à Yang yang sa
capitale. Il est présenté comme un combattant courageux, mais aussi comme un roi
plein de sagesse. Il posé, calme comme tout bon roi. Aussi dans les moments de
crise, il propose de « réfléchir en paix» avant de prendre une décision. Après un
long séjour à la Cour du Cayor, Albouri retourne dans son royaume en 1875 et
s'empara du pouvoir, où il prit le titre « Bourba ». Après l'annexion du Cayor, les
français le trouvent gênant et le chassent en 1890. En fait, dans cette intrigue il
question de son exil pour conserver l'honneur de sa lignée en lui évitant la
soumission. Il va se joindre aux troupes d'Ahmadou. Il mourut loin de son pays,
vers le Niger
Le Prince Laobé Penda : Tout comme son frère, il est courageux, et d'ailleurs il
considère le combat comme un devoir, ce qui lui a valu la récompenses du roi son
frère. Contrairement à son frère, Laobé Penda est spontané, impulsif et fougueux.
Avare en parole, il est un homme d'action. Le roi le connaît trop bien pour dire de
lui qu'il «est très irréfléchi quelquefois》(p.55). Et le Diaraf de Thingue dit de
lui la même chose : « Trop de précipitations, Laobé Penda»(p.58). Aussi a-t-il tenu
coûte que coûte à combattre pour la protection du trône. Mais contre toute attente,
il va pactiser avec le gouverneur, en se soumettant.
La Linguère Madjiguène : Elle est la soeur du roi Albouri. C'est une femme forte de
caractère et une guerrière
La Reine Sêb Fall : Elle est princesse de naissance. Albouri l'a choisie lui-même
comme épouse de la Cour royale du Cayor. Elle est très jeune, aussi est-elle
capricieuse. Mais en fait elle ne fait que réclamer son droit de femme, de rester
femme. Pour cette raison, elle refuse d'être comme sa belle-sœur Linguère
Madjiguene.
La Reine Mère Mam Yay: C'est la mère d'Albouri. Elle est très compréhensive,
surtout vis-à-vis de son fils le roi. Elle fut auprès de Biram son défunt époux une
épouse docile, exemplaire.
Beuk Nek : Il est le bras droit fidèle de Bourba. Il fait partie de la race des
grands guerriers. D'ailleurs c'est lui qui va prendre la tête de l'arrière garde du
roi et infligé une petite défaite l'armée de Laobé Penda et les Sofas du
gouverneur. Samba : Il est le griot attitré du roi Albouri. Il incarne le
syncrétisme religieux, et ne s'entache pas. Loin d'être hypocrite comme le lui
crache Beuk nek, il passe pour quelqu'un qui n'a pas peur de dire la vérité. Il n'a
pas besoin d'être présenté puisqu'il le fait : « Pourtant, qui ose se vanter
d'avoir le quart de mon savoir? » lance-t-il Beuk nek.
Le Diaraf de Thingue : Il gouverne la province de Thingue. C'est un autre
combattant de l'armée du roi. Il est consulté par le roi sur les épineux problèmes
d'Etat. Mais il se rangera du côté de Laobé Penda. Il sera tué par le bataillon de
Beuk nek. Le Diaraf de Varhôh : Il gouverne Varhôh, là où se trouve la cavalerie de
l'armée du [Link] le Diaraf de Thingue,il soutiendra le Prince Laobé Penda.
Ardo : C'est un chef guerrier peulh. Très lucide pour comprendre le Bourba, mais il
va se ranger du côté du Prince.
Le Diaraf des Esclaves : C'est le seul à soutenir le roi Albouri, et jusqu'à le
payer de sa vie en le servant comme espion.
VI. LES THEMES
1. LA TRAHISON
Ce thème est très présent dans le texte. D'abord, en déclarant qu'ils obéissaient
au doigt et à I'oeil le Bourba, Les Diarafs de Thingue et de Varhôh et Ardo n'ont
pas hésité à l'abandonner, surtout parce que Laobé Penda avait mobilisé l'armée
pour assiéger l'assemblée. Et ils se réunissaient chez le Prince à l'insu du
Bourba, ce que d'ailleurs le Diaraf des Esclaves a découvert. Ensuite, non content
d'être opposé à son frère, prétextant la défense de l'honneur, Laobé Penda ne s'est
pas gêné à trahir le peuple en acceptant le protectorat du gouverneur. D'un autre
côté, le gouverneur fut le premier traître car, ayant signé un traité, il le rompt
sans aviser les cosignataires, mais surtout il les attaque à l'improviste.
2. L’HONNEUR
L'honneur, ou le « jom » au Sénégal a toujours été la raison de vie des rois. Dans
la Cour du Djolof, l'honneur fut le ciment, la force du peuple. Ardo dira ainsi : «
je n'agirai que pour le bonheur de notre terre: mon honneur est au bout de ma lance
» (p.58). Et même Laobé Penda est mû par l'honneur pour être le grand combattant
qu'il est. En plus il propose à son frère de (p.58). Et même Laobé Penda est mû par
l'honneur pour être le grand combattant qu'il est. En plus il propose à son frère
de
défendre le Djolof jusqu'à la mort. L'avis de Reine Mère était le même (voir page
37). D'un autre côté, l'exil proposé par Albouri relève de l'honneur. Sa vision est
guidée par le salut, et sa clairvoyance l'a poussé à penser au moyen d'épargner le
peuple tout en maintenant ladignité du Djolof intacte. Il dit lui-même, pour
convaincre sa mère de la nécessité de l'exil:«à Ségou, des hommes refusent de
courber l'échine / Lutter ou mourir, pas servir » (p.37).C'est par honneur que la
reine Sêb passe outre la décision de son mari Albouri pour faire partie du voyage.
Une manière pour elle de garder son honneur et mériter son nom :«Serais-je digne de
toi en restant à Yang yang à un pareil moment ? » dit-elle (p. 84). Elle défend son
honneur en affirmant qu'elle est la femme du roi non son esclave (p.63).
3. L’EXIL
L'exil au sens d'Albouri, n'est une fuite, ni un exode, mais plutôt une façon de
reculer pour attaquer, et surtout une manière de chercher des alliers pour faire
face à la puissance de feu de l'armée du gouverneur. Finalement pour le peuple,
l'exil était le seul moyen de rester sauf et digne. Aussi la dernière assemblée
tenue par le roi est rythmée par le slogan du peuple :《L'exil plutôt que
l'esclavage » (septième tableau pp.80-81). Le vrai motif de l'exil apparaît ainsi à
la page 89 quand le roi Albouri s'adresse au peuple qui l'a suivi, c'est que, dit-
il « les bottes ennemies ne marcheront pas sur nos cadavres».
4. LE ROLE DE LA FEMME
.Le rôle de la femme A travers surtout les conversations, on note une volonté du
dramaturge de montrer les différents rôles que les femmes occupent dans la vie de
Cour, dans la vie tout court du [Link] femme du foyer est surtout là en
filigrane, avec les revendications incessantes de la reine Seb Sa conversation avec
Linguère laisse apparaître l'amour de cette femme envers son mari, amour qu'elle
n'attend qu'à exprimer : « Ô vois mes seins qui bourgeonnent! Toutes les nuits se
retourner seule dans son lit, les yeux ouverts. » (p.40), et ajoute-t-elle à
l'endroit de sabelle-soeur : « Je suis femme avant d'être Reine. ». Elle veut ainsi
au moins avoir un ou une enfant et vivre la maternité : « Un enfant ! Albouri, un
enfant : » (p.74). Pour dire que la femme quelle que soit la situation, elle joue
un rôle à côté de son mari. Aussi les femmes sont de vraies guerrières quelquefois
à l'image de Linguère. Et la Reine Sêb ne dit pas le contraire, même si quelque
part elle n'est pas d'accord avec Linguère Madjiguène : « Mon devoir me dicte de te
suivre » dit-elle au Roi. (p.71).
5. LE COURAGE
Le courage est présent chez tous les sujets du Djolof. Et on ne s'étonnera
nullement si la Reine Mère répond à son fils Albouri : « L'exil vers où ? Non fils,
non ! Meurs dans ta capitale, au milieu de tes sujets. » (p.37). Ne rappelle-t-elle
pas une preuve de courage de sonfils à la page 36 : « Je me souviens du jour où,
alors que tu étais hors de la ville, nous fümes assiégés par Bara le conquérant
Toucouleur et le roi du Baol. Ce jour-là, j'ai remercié le Seigneur d'avoir eu un
fils comme toi. Dès ton retour tu tuas le Toucouleur pendant que l'autre
s'enfuyait.»
CONCLUSION
Le courage est présent chez tous les sujets du Djolof. Et on ne s'étonnera
nullement si la Reine Mère répond à son fils Albouri : « L'exil vers où ? Non fils,
non ! Meurs

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