Le cheval Écouterⓘ (Equus ferus caballus ou Equus caballus) est un
grand mammifère herbivore et ongulé à sabot unique ; c'est l'une des espèces de la
famille des Équidés (Equidae), lesquelles ont évolué, au cours des derniers 45 à 55
millions d'années, à partir d'un petit mammifère possédant plusieurs doigts. À l'état
naturel, les chevaux vivent en troupeaux comptant un unique étalon reproducteur. Ils
entretiennent des rapports sociaux et comptent sur leur vitesse pour échapper à
leurs prédateurs. Dotés d'un bon sens de l'équilibre, d'un fort instinct de fuite et de
grandes aptitudes de visualisation spatiale, ils possèdent un trait inhabituel dans le
règne animal, étant capables d'entrer en sommeil léger tout en restant debout. Les
femelles, nommées juments, mettent bas après onze mois de gestation un petit
appelé poulain, capable de se lever et de courir peu de temps après sa naissance.
Le cheval est domestiqué par les humains. Son utilisation se répand à toute
l'Eurasie dès la plus haute Antiquité. Bien que la quasi-totalité des chevaux soient
désormais domestiques, il existe des populations de chevaux domestiques retournés
à l'état sauvage, dont le cheval de Przewalski. Un vaste vocabulaire spécialisé s'est
développé pour décrire les concepts liés au cheval. Ce lexique va de son
anatomie et sa morphologie au fil des étapes de sa vie, en passant par sa couleur,
ses races, sa locomotion et son comportement. La plupart des chevaux domestiques
sont dressés pour l'équitation ou la traction entre deux et quatre ans. Ils atteignent
leur plein développement vers cinq ans en moyenne. Leur espérance de vie à la
naissance est de vingt-cinq à trente ans.
Depuis des siècles, les chevaux sont au service des êtres humains qui sélectionnent
différentes races pour la traction, l'agriculture, la guerre ou la selle. Les chevaux
permettent l'essor du commerce et l'expansion de civilisations sur de grandes
étendues. Pendant la colonisation européenne des Amériques, l'espèce est
réintroduite sur ce continent. Considéré comme « la plus noble conquête de
l'Homme », présent dans les mythes, les religions, les encyclopédies et toutes les
formes d'art, le cheval est, de tous les animaux, celui qui a le plus marqué l'histoire
et les progrès de l'humanité. Des métiers sont liés à son entretien, son commerce et
à des activités sportives, hippiques et équestres. Dans la plupart des pays
développés, le cheval est désormais monté pour le loisir ou le sport. Il peut être un
partenaire de thérapie, et tend à se rapprocher de l'animal de compagnie. Il produit
des biens de consommation grâce à sa viande, son lait, son cuir et ses déjections.
Dans d'autres pays, le cheval reste indispensable à l'agriculture et au transport.
L'entretien de chevaux domestiques demande un matériel particulier et l'attention de
spécialistes.
Hippologie
Article détaillé : Hippologie.
Cheval domestique vu de profil, présentant une robe
bai-brun classique et une liste blanche en tête.
L'hippologie (du grec ἱππος / hippos, « cheval » et λόγος / lógos, « discours »)
étudie le cheval dans sa globalité1, ce qui comprend le fonctionnement biologique
[ ]
et anatomique, ainsi que le comportement et l'entretien. Le cheval est
un mammifère herbivore, membre de la famille des équidés, qui compte aussi
l'âne et le zèbre. Il y a controverse quant au statut du cheval domestique, longtemps
considéré comme une espèce (Equus caballus) à part entière. Les études plus
récentes le voient comme une sous-espèce (Equus ferus caballus) d’Equus ferus.
Taille comparée entre un poney Shetland et un cheval
de selle.
Les chevaux peuvent être regroupés et classés en fonction de leur race, leur
utilisation, leur taille ou leur couleur de robe. La taille d'un cheval varie énormément
d'une race à l'autre. Le plus petit cheval miniature reconnu mesure 44,5 cm pour
26 kgNote 1 et le plus grand, un cheval de trait, 2,19 m pour 1 500 kgNote 2,2. Le poids et la
[ ] [ ] [ ]
longévité varient de même, les poneys ayant une longévité généralement supérieure
aux chevaux. Celle du cheval domestique s'est allongée grâce aux soins prodigués
par l'être humain. Il peut vivre de 25 à plus d'une trentaine d'années, bien qu'il
commence à décliner physiquement vers l'âge de quinze ans3. Le plus vieux cheval [ ]
connu, Old Billy, est mort à 62 ans4. [ ]
Le cheval domestique possède 32 paires de chromosomes5, contre 33 paires pour [ ]
le cheval de Przewalski. La séquence complète de son génome a été établie en
2007, quatre ans après celle de l'être humain6. [ ]
Terminologie
« Cheval » (/ʃəval/, pluriel « chevaux » /ʃəvo/) est un terme générique qui désigne
en premier lieu l'espèce ou sous-espèce domestique7, ce qui inclut les [ ]
populations redevenues sauvages comme les mustangs, et le cheval de Przewalski,
qui vivait à l'état sauvage jusqu'au XXe siècle, mais qui provient en fait d'une
domestication antérieure8. Le Tarpan et le Przewalski sont désignés comme des
[ ]
« chevaux »9. Une vaste terminologie est utilisée pour désigner les différents types
[ ]
de chevaux. « Jument » est le nom de l'animal adulte femelle10, la poulinière est une
[ ]
femelle adulte destinée à la reproduction11. Une jument est désignée par l'adjectif
[ ]
primipare quand elle est gestante pour la première fois. L'étalon est un adulte mâle
reproducteur et reconnu, l'entier un adulte mâle non castré, le hongre un
mâle castré. Le poulain et la pouliche sont les jeunes animaux respectivement mâle
et femelle de moins de trois ans12. L'anglicisme yearling désigne un jeune cheval
[ ]
d'un an13,14. Le poney est un cheval de petite taille, trapu et vigoureux 15,16.
[ ] [ ] [ ] [ ]
Histoire évolutive
Article détaillé : Histoire évolutive des Équidés.
Schéma évolutif des équidés.
Le cheval est un exemple-phare de la théorie de l'évolution. Les
nombreux fossiles retrouvés, dont les plus anciens datent de 60
millions d'années17 montrent qu'il descend d'un petit mammifère forestier possédant
[ ]
plusieurs doigts, qui s'est ensuite adapté aux plaines et aux steppes en devenant
plus grand, et en développant son seul doigt médian comme point d'appui sur les
sols durs18. L'aboutissement est l'Equus du Pléistocène, toisant environ 1,40 m et se
[ ]
déplaçant sur quatre sabots19. Une étude génétique réalisée sur un fragment d'os de
[ ]
cheval vieux d'environ 735 000 ans a permis de dater l'apparition de l'ancêtre
commun à tous les Équidés modernes à quatre millions d'années 20. [ ]
Origines du cheval domestique
Articles détaillés : domestication du cheval, cheval des forêts, cheval
oriental et tarpan.
Un Tarpan des steppes, animal précurseur du cheval
domestique.
L'unique théorie admise (notamment par l'archéologie) a longtemps voulu que les
différentes races de chevaux domestiques soient le résultat d'un élevage
sélectif opéré par l'être humain à partir d'une souche sauvage unique, probablement
le Tarpan. La théorie « des quatre lignées fondatrices » postule au contraire que
toutes les races de chevaux modernes descendent de quatre à sept sous-espèces,
dont le cheval des forêts, le cheval de trait, le cheval oriental et le Tarpan21. [ ]
Différentes études réalisées à partir d'analyses génétiques ont remis ces idées en
question. Celle de Vilà postule que le cheval domestique descend de plusieurs sous-
espèces adaptées à différents biotopes avant la domestication22, des souches
[ ]
sauvages capturées et domestiquées en différents lieux d'Eurasie23. En 2012, le [ ]
fossé qui perdurait entre l'archéologie et la génétique est en partie comblé. Les
premiers chevaux domestiques proviendraient bien de la partie occidentale de
la steppe eurasienne (Ukraine, Kazakhstan et Russie) mais les très nombreux
repeuplements des troupeaux de chevaux domestiques en juments sauvages ont pu
faire croire en l'existence de différents foyers de domestication, tout en multipliant les
lignées dans le pool génique du cheval domestique. Le cheval domestique
proviendrait donc bien des steppes d'Eurasie à l'origine 24. Une étude en 2019 met en
[ ]
évidence, en plus des deux lignées de chevaux ayant perduré jusqu’à nos jours
— les chevaux domestiques modernes et les chevaux de Przewalski —, deux
lignées de chevaux aujourd’hui éteintes (une dans la péninsule Ibérique il y a
4 000 ans et une en Sibérie)25. [ ]
En 2021, une étude conduite par les paléogénéticiens du Centre national de la
recherche scientifique a résolu l'origine des chevaux domestiques. Auparavant, il y
avait beaucoup de troupeaux génétiquement distincts, mais entre 2 000 et 2 200 ans
avant notre ère, avec la domestication, la situation a totalement changé. Un profil
génétique originaire de la steppe pontique (nord du Caucase) a rapidement
supplanté les autres. Il se caractérise par une colonne vertébrale plus forte et un
comportement plus docile. Cette domestication est liée au développement
des langues indo-iraniennes (mais décorrélé de la progression des langues indo-
européennes vers l'ouest)26.
[ ]
Anatomie et morphologie
Crâne et vertèbres cervicales de cheval, exposés à
l'École nationale vétérinaire d'Alfort. Portrait d'un
cheval.
Articles détaillés : anatomie du cheval et morphologie du cheval.
Le cheval est un animal quadrupède. Une terminologie spécifique s'applique aux
différentes parties de son corps, dont des termes habituellement réservés à l'être
humain, comme « bouche », « jambe », « nez » et « pied », contrairement à tout
autre animal domestique. Sa hauteur se mesure au garrot, sorte de renflement situé
à la jonction de l'encolure et du dos27. Par convention, le cheval a trois parties
[ ]
externes principales : l'avant-main, qui comprend la tête, l'encolure et les membres
antérieurs ; l'arrière-main composée de la croupe, des hanches, des membres
postérieurs et de la queue ; et le corps, la partie centrale28. Il porte une crinière et
[ ]
une queue dont les poils sont appelés crins29. L'étude de sa morphologie permet de
[ ]
décrire et d'apprécier la beauté, les défectuosités et les tares d'un animal du point de
vue humain30.[ ]
L'anatomie du cheval comprend l'étude du squelette, des muscles, des tendons,
du système digestif, respiratoire, reproducteur, cardiaque et nerveux. Il possède 469
muscles qui représentent environ la moitié de son poids29. Toutes ses particularités
[ ]
anatomiques (incapacité à vomir, possibilité de bloquer ses jambes pour dormir
debout en phase de sommeil léger, etc.) résultent de sa niche écologique, celle des
grands herbivores dont la fuite rapide est la seule défense 31. Le pied du cheval est
[ ]
particulièrement important et doit faire l'objet de soins attentifs, justifiant l'expression
populaire « pas de pied, pas de cheval »32. [ ]
Schéma des
parties externes du cheval.
Types et races
Articles détaillés : races chez le cheval, cheval de selle, cheval de trait et cob.
Le cheval arabe est l'une des races de chevaux de
selle les plus typées et les plus connues. Le cheval de
trait est de haute taille et de forte constitution, souvent avec des fanons abondants. Ici,
un Gypsy cob, une race parfois classée comme cob, d'autres fois comme trait.
Les races issues de l'espèce chevaline sont nombreuses et variées. Cette grande
diversité a pour origine leur adaptation à l'environnement (aptitude à jeûner,
résistance aux hautes températures ou encore sûreté de pied en terrain
montagneux), et surtout l'élevage sélectif puis les croisements opérés par l'humain
sur le cheval domestique. Certains traits tels la rapidité, la capacité de portage ou
encore celle à tracter de lourdes charges, ont été privilégiés 33. Les races sont[ ]
généralement divisées en trois grandes catégories : les chevaux de trait destinés à
la traction, les chevaux de selle destinés à être montés (y compris chevaux de sport
pour le haut niveau) et les poneys. Les cobs, chevaux à deux fins pouvant être
montés aussi bien qu'attelés, sont parfois classés à part 34. Pour le cheval comme
[ ]
pour bon nombre d'animaux domestiques, des listes d'ancêtres ont été établies et de
nombreuses races possèdent un registre généalogique qui peut être fermé (seuls les
animaux descendants d'animaux déjà enregistrés peuvent faire partie de la race) ou
ouvert (le registre accepte des croisements avec d'autres races). L'inscription d'un
cheval à un tel registre est soumise à des règles de signalement et de conformité au
standard de race33. Ces informations sont reprises par de vastes bases de données
[ ]
spécialiséesNote 3.[ ]
Les races les plus connues incluent le Pur-sang35, l'Arabe36, le Frison, le Pure race
[ ] [ ]
espagnole et son voisin le Lusitanien, le Quarter Horse, le Percheron, le Fjord37, [ ]
le Haflinger et le poney Shetland38. La liste des races de chevaux est toutefois riche
[ ]
de plusieurs centaines de races.
Poneys
Article détaillé : Poney.
Les poneys, comme ce Shetland, se différencient
souvent des chevaux par des caractères morphologiques spécifiques.
Le poney est un cheval de petite taille, souvent avec une conformation et un
tempérament particuliers. Par rapport aux chevaux, ils présentent une crinière plus
épaisse, une queue et un pelage plus fournis, ainsi que des jambes
proportionnellement plus courtes, un corps plus large et une ossature plus lourde 39, [ ]
bien que certains poneys puissent ressembler à des chevaux en modèle réduit.
La Fédération équestre internationale (FEI) ne prend en compte que la taille pour
définir un poney. Selon ses normes, tout cheval de moins d'1,50 m au garrot (ou
1,51 m ferré) est classé « poney », afin de faciliter les compétitions officielles 40. [ ]
Il y a toutefois des exceptions à cette classification, comme le Camargue41 et [ ]
l'Islandais42, dont les éleveurs et utilisateurs refusent le classement comme poney.
[ ]
Le cheval miniature, malgré sa taille de 70 cm en moyenne, possède les
caractéristiques extérieures d'un cheval.
Marronnage
Article détaillé : cheval sauvage.
Troupeau de mustangs au galop.
De nombreux chevaux sont capables de retourner à l'état sauvage et de former
des troupeaux. C'est le cas des mustangs aux États-Unis et
des brumbies en Australie, qui sont considérés comme invasifs et provoquent des
dégâts importants sur la flore et les sols43. Seul le cheval de Przewalski est resté
[ ]
totalement sauvage44.[ ]
Hybrides
Articles détaillés : génétique équine, mulet, Bardot (équidé) et zébrule.
Un mulet, hybride né d'un âne et d'une jument.
Le cheval peut s'hybrider avec d'autres équidés, mais l'animal hybride est
généralement stérile. Le produit d'un entier et d'une ânesse est un « bardot », celui
d'un âne et d'une jument est un « mulet » ou une « mule »45, celui d'une jument et
[ ]
d'un zèbre est nommé « zébrule ».
Robes et signalisations
Articles détaillés : Robe du cheval et Marques du cheval.
Chevaux islandais aux robes variées, dont un isabelle,
un noir, un alezan et un palomino au fond.
La couleur des poils et des crins du cheval constituent sa robe. Très variées, elles
sont un moyen d'identification de chaque animal, aussi font-elles l'objet d'une
classification règlementée et d'un vocabulaire précis. Le nom des robes est basé sur
la couleur des poils et des crins46. Les plus courantes sont le bai, l'alezan et le gris.
[ ]
Les épis sont des zones de directions irrégulières des poils, dont le nombre et les
localisations sont relevés dans le signalement des chevaux, afin de permettre leur
identification. Les chevaux possèdent parfois des marques blanches sur les
membres ou sur la tête, dont la taille et la forme peuvent varier. Ce sont des facteurs
d'identification, des termes précis existent pour les décrire 47. La balzane est une
[ ]
marque blanche au bas des jambes, suivant sa taille et sa forme, elle porte un nom
différent48.
[ ]
Éthologie et comportement
Article détaillé : Comportement du cheval.
Les chevaux interagissent entre eux par des
frottements et des grattages réciproques.
Le comportement du cheval fait l'objet de nombreuses études. Animal grégaire, le
cheval vit en troupeaux d'une petite dizaine d'individus49. Il passe la majeure partie
[ ]
de son temps à se nourrir50. Il se rassure par des contacts physiques avec ses
[ ]
congénères, incluant des frottements et des grattages réciproques 51. Le cheval
[ ]
consacre environ 15 à 16 heures à s'alimenter, 5 à 7 h à se reposer, 1 à 2 h à se
déplacer, 1 à 2 h à surveiller son environnement, et moins d'une heure aux autres
activités52.
[ ]
Organisation du groupe
Un troupeau typique se compose d'un étalon (rarement deux), de trois à quatre
juments — dont la plus âgée est souvent dominante — et de leurs poulains53. Ces [ ]
derniers sont ensuite chassés par l'étalon vers l’âge de deux ou trois ans, ou partent
d'eux-mêmes pour créer leur propre harem et assurer leur descendance 54. Lorsqu'ils [ ]
quittent leur troupeau natal, les jeunes chevaux se regroupent par 2 à 15, voire
plus55. En liberté, l'étalon se constitue un harem et se reproduit uniquement avec les
[ ]
juments de celui-ci. Si un autre étalon veut s'approprier un autre harem ou agrandir
le sien, il s'ensuit une bataille entre mâles pour la domination du troupeau, se limitant
généralement à des phases d'intimidations et d’investigation olfactive. Ces
intimidations dégénèrent parfois en combats pouvant être violents. Ils ne sont
qu'exceptionnellement mortels56,57. L'étalon vainqueur récupère le harem du perdant.
[ ] [ ]
Une hiérarchie de type dominant/dominé est établie, généralement en fonction de
l'âge des individus, de leur tempérament, etc. La hiérarchie est souvent pyramidale :
A dominant B, qui domine C, qui domine D… Des hiérarchies triangulaires existent
aussi : A domine B, B domine C, mais C domine A 58. Cette hiérarchie se stabilise au [ ]
bout de quelques mois de vie commune, et n'est en général pas ou peu remise en
cause. Au sein du groupe, l'ordre et la hiérarchie se maintiennent par des
manœuvres d'intimidation, notamment via un langage corporel très développé.
Indépendamment des relations hiérarchiques, le cheval adulte a très souvent des
relations privilégiées avec un ou deux autres congénères avec qui il entretient des
relations étroites, notamment avec des séances de toilettage mutuel.
Le cheval déteste la solitude. Son groupe lui permet d'assurer constamment une
surveillance face aux prédateurs59. Les chevaux domestiques entretiennent eux
[ ]
aussi, de solides amitiés avec certains compagnons de pré ou d'écurie.
Communication
Durée : 2 secondes.0:02Hennissement du cheval.
Articles détaillés : Communication du cheval et Hennissement.
Le cheval communique généralement par le canal visuel, grâce au langage corporel.
L'étude de sa gestuelle, des mouvements d'oreilles et des attitudes de sa tête
permet de déterminer son humeur. Il couche ses oreilles en arrière s'il est en colère,
et les pointe vers l'avant s'il est attentif 60. Il emploie le hennissement lorsqu'il ne peut
[ ]
pas voir d'autres chevaux61, le plus souvent afin de les appeler62. Les chevaux
[ ] [ ]
recourent au hennissement dès leur plus jeune âge, c'est un moyen pour eux
d'exprimer des émotions fortes63. [ ]
Les contacts entre chevaux peuvent être agressifs (morsure, coup de pied,
bousculades) ou bien démontrer une affinité entre congénères, un exemple étant
le toilettage mutuel. Le cheval analyse des odeurs en effectuant un flehmen,
comportement particulier de flairage permettant l'activation de l'organe voméro-nasal
qui a la particularité de détecter les phéromones. La possibilité d'une communication
par télépathie est parfois évoquée64. Cette communication intuitive permettrait au
[ ]
cheval de ressentir l'état d'esprit de ses congénères et des humains 65. Cette [ ]
hypothèse n'est pas reconnue par la communauté scientifique66. [ ]
Sommeil
Le cheval ne dort pas toujours debout. Il se couche
parfois « en vache » comme cette ponette grise, et s'allonge entièrement sur le sol pour les
phases de sommeil paradoxal, comme le fait ce poulain.
Comme la plupart des grands herbivores, le cheval dort peu, de trois à cinq heures
par jour, en raison de sa vulnérabilité aux prédateurs67. La croyance bien connue
[ ]
selon laquelle il dort debout provient de sa capacité à bloquer ses jambes pour
somnoler dans cette position. Il ne s'agit toutefois que de sommeil léger. Pour ses
phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal, le cheval doit s'allonger
entièrement. Dans cette position, il peut rêver68. [ ]
Reproduction et développement
Un poulain nouveau-né. Ses longues jambes lui
permettent de courir peu après la naissance afin d'échapper aux prédateurs.
Articles détaillés : Reproduction du cheval, Poulain et Vieillesse du cheval.
En liberté, le mâle manifeste son activité sexuelle dès l'âge d'un an à dix-huit mois 69, [ ]
et la jument est apte à pouliner dès deux ans70. En captivité, entiers et juments sont
[ ]
rarement autorisés à se reproduire avant l'âge de trois ans. La fécondation s'effectue
de plus en plus souvent par insémination artificielle en sperme congelé. Une
éjaculation d'un étalon est en moyenne de 70 ml. Cette technique permet aux
éleveurs de disposer plus facilement d'un large choix de géniteurs mâles pour leurs
poulinières. Pour des raisons économiques, certains éleveurs recherchent une
naissance précoce au début de l'année, et parviennent à déclencher des chaleurs
chez la jument en jouant par exemple sur l'intensité de l'éclairage 71. [ ]
La durée de gestation est en moyenne de onze mois, soit 330 jours72. La jument [ ]
donne naissance à un poulain à la fois, sauf exception, généralement au printemps.
Il peut marcher moins d'une heure après la naissance, et doit téter le colostrum de
sa mère avant deux jours73.[ ]
Un cheval de quatre ans est généralement considéré comme adulte, bien que son
squelette continue de se développer jusqu'à huit ans. Sa croissance dépend
étroitement de sa taille, sa race, son sexe, et la qualité des soins qui lui sont
prodigués. En fonction de la maturité, de la race, et du travail attendu, les chevaux
sont d'ordinaire débourrés et montés entre deux et quatre ans. Bien que les Pur-
sangs, réputés pour leur précocité, puissent être montés dès deux ans dans certains
pays, les chevaux de sport équestre ne le sont pas avant trois ou quatre ans car
leurs os et leurs muscles ne sont pas totalement développés. En compétition
d'endurance, les chevaux ne sont pas autorisés à concourir avant cinq ans révolus.
L'âge où vient la vieillesse n'est qu'une notion subjective, mais elle se situe le plus
souvent entre 16 et 20 ans74. Il n'existe ni race précoce ni race tardive, tous les
[ ]
chevaux ont la même croissance. Les os de la colonne vertébrale sont les derniers à
se solidifier (vers 7-8 ans) c'est pourquoi débourrer trop tôt est dangereux pour le
cheval.
Allures et mouvements
Article détaillé : Allures du cheval.
Naturels
Les chevaux qui jouent peuvent se cabrer lors de
simulacres de combat.
Les différentes façons dont le cheval se meut sont nommées allures. Tous les
chevaux en possèdent naturellement trois. Le pas, la plus lente, est en quatre temps
et correspond à une vitesse de 8 ou 9 kilomètres par heure. Le trot, allure
intermédiaire et sautée à deux temps, permet habituellement d'atteindre une vitesse
de 15 à 18 km/h75. Le galop, la plus rapide, est une allure en trois temps, basculée et
[ ]
sautée, permettant d'atteindre une vitesse moyenne de 20 à 25 km/h,
jusqu'à 60 km/h chez le Pur-sang76. Certains chevaux sont capables d'aller l'amble,
[ ]
allure où les deux membres d'un même côté se déplacent simultanément 77. [ ]
Le cheval saute naturellement les obstacles qui se présentent à lui, et effectue
parfois des sauts sur place78. Il connaît le cabrer et la ruade, mouvements qui
[ ]
témoignent généralement d'une volonté d'attaque ou de défense de sa part 79. [ ]
Artificiels
Articles détaillés : Airs relevés et Rassembler.
Le dressage permet d'apprendre de nouveaux mouvements au cheval.
L'apprentissage du rassembler est souvent nécessaire afin de les obtenir. Le pas
espagnol est un pas lent caractérisé par une forte extension des membres
antérieurs, le passage, un trot majestueux, et le piaffer, un passage sur place80. [ ]
Le dressage classique inclut aussi des airs relevés travaillés à partir du cabrer et de
la ruade, comme la levade, la croupade, la pesade et la cabriole79. [ ]
Les allures peuvent présenter des irrégularités, telles l'aubin (mélange de trot et de
galop) et le traquenard (trot désuni)81. [ ]
Sens
Articles détaillés : Sens du cheval et œil du cheval.
Œil du cheval.
Le cheval possède cinq sens, mais l'existence d'un sixième sens lui permettant de
prévoir le climat ou un danger est souvent évoquée82. Les plus développés sont [ ]
l'odorat, l'ouïe et le toucher. Sa vision est bichromatique83, son angle de vue de 340 [ ]
degrés, mais son acuité visuelle est moyenne à médiocre84 bien qu'il voie très clair [ ]
durant la nuit85. Son ouïe, très fine86, lui permet de prévoir les tremblements de terre,
[ ] [ ]
de percevoir les ultrasons et de détecter les prédateurs87. [ ]
Il possède un sens développé de l'odorat lui permettant entre autres de trouver de
l'eau et de détecter une femelle en chaleur à 800 m88, et un organe de [ ]
Jacobson pour analyser les odeurs pendant le flehmen89. [ ]
Le cheval est en principe peu attiré par le goût sucré, mais la fréquentation de l'être
humain l'y a habitué90. Il possède un sens du toucher très développé sur la tête et le
[ ]
dos, et peut faire frémir une partie de son corps afin de chasser les mouches qui s'y
posent91. Son pied est sensible aux variations de pression. Ses lèvres sont
[ ]
entourées de poils sensibles appelés vibrisses, comparables aux moustaches du
chat92.
[ ]
Alimentation et digestion
Article détaillé : Alimentation des équidés.
Les chevaux ont besoin d’une importante quantité
d'eau propre à disposition chaque jour.
Les chevaux sont des herbivores non-ruminants. Ils disposent d’un seul estomac,
capable de digérer les fibres végétales qui proviennent de l’herbe et du foin, grâce à
une fermentation par micro-organismes. Ce processus se déroule dans la partie du
système digestif appelée cæcum, et aboutit à la décomposition de la cellulose,
principal composant des fibres végétales93. Les chevaux préfèrent manger de petites
[ ]
quantités de nourriture de façon régulière tout au long de la journée 94. Cela n'est pas
[ ]
toujours compatible avec la vie dans les écuries, ni avec les plannings des humains,
qui favorisent le nourrissage deux fois par jour.
Le système digestif du cheval est délicat. Il est incapable de régurgiter sa nourriture,
sauf depuis l’œsophage. Aussi, en cas d’excès de nourriture ou
d’empoisonnement, vomir n’est pas possible pour lui95,96. En outre, son côlon est
[ ] [ ]
particulièrement long et complexe, l'équilibre de la flore intestinale dans
le cæcum peut être facilement bouleversé par des changements rapides
d’alimentation. Ces facteurs le rendent sujet à des coliques, qui s’avèrent être la
première cause de mortalité chevaline97. Ils requièrent une nourriture propre et de
[ ]
grande qualité, fournie à intervalles réguliers, et peuvent tomber malades lorsqu’ils
subissent un brusque changement de régime alimentaire 98. Les chevaux sont [ ]
également sensibles aux moisissures et aux toxines. Pour cette raison, ils ne doivent
jamais être nourris par des matières fermentables contaminées, comme la tonte de
gazon99. [ ]
Tempérament
Article détaillé : Cheval à sang chaud, Cheval à sang froid et Demi-sang.
Les chevaux dits « à sang chaud », comme ce Pur-
sang, sont fins, vifs et nerveux.
Les chevaux étant des mammifères, ils ont toujours le sang
chaud biologiquement parlant100. Des termes tels que « cheval à sang
[ ]
chaud », « cheval à sang froid » et « proche du sang » sont utilisés pour décrire
le tempérament de l'animal101. [ ]
Le races dites « à sang chaud » sont surtout d'origine orientale et incluent l'Akhal-
Teké, le Barbe, l'Arabe, le Turkoman et les Pur-sang développés à partir de ces
derniers. Ils sont élevés pour leur agilité et leur vitesse ; vifs, ils apprennent
rapidement102. Physiquement raffinés, leur peau est mince, leur silhouette longiligne,
[ ]
et leurs jambes longues103. Ces races ont été importées en Europe depuis le Moyen-
[ ]
Orient et l'Afrique du Nord lorsque les éleveurs souhaitèrent insuffler des qualités de
vitesse et de vivacité aux montures de la cavalerie légère102. [ ]
La plupart des chevaux de trait, puissants et musclés, sont « à sang froid ». Ils sont
élevés à l'origine pour leur force, leur calme et leur patience, des qualités
nécessaires pour tirer une charrue ou un lourd charriot rempli de passagers. Ils sont
parfois surnommés les « doux géants »104. Les races les plus connues incluent le trait
[ ]
belge et le Clydesdale. Certains, comme le Percheron, sont un peu plus légers et
vifs. D'autres, comme le lent et puissant Shire, sont créés pour labourer les champs
aux sols lourds à base d'argile104. Les chevaux à sang froid regroupent aussi
[ ]
quelques races de poneys comme le Fjord21. [ ]
Le demi-sang moderne est grand, mais agile et
athlétique.
Les demi-sang (ou Warmblood) comme le Selle français, le Hunter irlandais,
le Trakehner ou le Hanovrien, sont à l'origine des montures produites pour l'armée et
issues du croisement de cheptels locaux à sang froid avec des chevaux à sang
chaud, comme l'Arabe ou le Pur-sang, afin d'obtenir un cheval ayant davantage de
raffinement que le cheval de trait, mais aussi une plus grande taille et un
tempérament plus calme que les chevaux de sang105. Certains poneys demi-sang ont
[ ]
été développés par croisement des cheptels locaux avec des chevaux de sang, par
exemple le Connemara106. Désormais, les termes « demi-sang » et « warmblood »
[ ]
tendent à désigner un type spécifique de races qui dominent les sports
équestres olympiques du dressage et du saut d'obstacles depuis les années 1970.
Avant cette date, le terme français (demi-sang) désignait tout croisement entre une
race dite à sang froid et une race dite à sang chaud. Parfois, ce terme est utilisé
pour faire référence à des races de chevaux légers autres que les Pur-sangs107. [ ]
Intelligence et apprentissage
Article détaillé : Intelligence du cheval.
Au début du XX siècle, Hans le Malin le cheval
e
« intelligent », a défrayé la chronique. Il interprétait en réalité les mouvements subtils de son
public.
Par le passé, les chevaux ont souvent été considérés comme des animaux stupides
et incapables d'abstraction, soumis à leur seul instinct grégaire. Depuis le début
du XXe siècle, des études (et des faits comme l'affaire Hans le Malin) ont mis en
évidence leurs facultés cognitives dans la résolution d'un certain nombre de tâches
quotidiennes, incluant la recherche de nourriture et la gestion de l'organisation
sociale. Les chevaux sont également doués de bonnes habilités de visualisation
spatiale108. Ils sont capables de reconnaître les humains qui les côtoient (et de se
[ ]
reconnaître entre eux) à partir du simple son d'une voix ou des traits d'un visage 109. [ ]
Ils font preuve d'intelligence dans la résolution de problèmes, sont doués de facultés
d'apprentissage et retiennent les connaissances qu'ils ont acquises. Leurs résultats
sont excellents en apprentissage simple, les chevaux sont aussi capables de
résoudre des problèmes cognitifs avancés qui impliquent la catégorisation et
l'apprentissage de concepts. Ils répondent bien à l'habituation, à la désensibilisation,
au conditionnement pavlovien et au conditionnement opérant. Leur renforcement
peut être positif comme négatif. Une étude suggère même que les chevaux sont
capables de compter jusqu'à quatre110. [ ]
Les chevaux domestiques tendent à savoir résoudre des problèmes plus complexes
que les chevaux sauvages, parce qu'ils vivent dans un environnement artificiel qui
inhibe leur comportement instinctif tout en apprenant des tâches non-naturelles108. [ ]
Les chevaux sont, de manière générale, très sensibles aux habitudes. Ils répondent
et s'adaptent bien mieux lorsque les mêmes routines et techniques sont utilisées de
manière cohérente. Certains formateurs estiment que l'« intelligence » des chevaux
est un reflet de celle de leur formateur, qui utilise efficacement les techniques de
conditionnement et de renforcement positif pour former chaque animal à la manière
qui correspond le mieux à ses inclinations naturelles. D'autres personnes qui
travaillent régulièrement avec des chevaux notent que la personnalité peut aussi
jouer un rôle pour déterminer comment un animal donné répond à des expériences
diverses111.[ ]
Santé
Radiographie d'une fourbure, avec le basculement de
la troisième phalange du pied.
Article détaillé : Maladies des équidés.
À l'état sauvage ou domestique, le cheval peut-être affecté par des parasites et
des maladies telles que le tétanos, la grippe équine112, la rage113, la gourme,
[ ] [ ]
différentes affections respiratoires (emphysème...) et l'anémie infectieuse des
équidés114. L'une des maladies les plus « classiques » chez le cheval est la fourbure,
[ ]
qui peut avoir différentes causes et se traduit par de vives douleurs au niveau
des pieds115. La myoglobinurie, ou « maladie du lundi », et le « coup de sang »
[ ]
affectent les chevaux mis au travail dans de mauvaises conditions 116. Les coliques, [ ]
des troubles du système digestif, sont particulièrement dangereuses et difficiles à
soigner et à prévenir, rendant nécessaire un contrôle strict de l'alimentation du
cheval domestique117. Les maladies cardiaques, circulatoire, nerveuses, et les
[ ]
« vices d'écurie » n'affectent que les chevaux domestiques dans certaines
conditions118. Les déformations permanentes du corps du cheval sont appelées
[ ]
des tares119. Toute affection de la locomotion est nommée boiterie, les causes
[ ]
possibles en sont nombreuses120. [ ]
Le cheval craint également certains insectes, comme le taon121. [ ]
Le cheval est sensible à divers parasites, dont ceux du tube digestif, qu'il acquiert en
mangeant (strongles, Parascaris equorum...)114. D'autres parasites causent la gale et
[ ]
des mycoses. Les tiques peuvent lui transmettre la piroplasmose et divers parasites
dont des Borrelia, responsables de la maladie de Lyme115. [ ]
Le cheval et l'humain
Spectacle de cirque avec des chevaux, en Italie.
Extrait du Larousse du cheval, 1983
En l'espace d'une génération, la civilisation du cheval vient de disparaître. Une
civilisation quasi-universelle, dont l'origine se perd dans les millénaires, vient de
mourir sans bruit, discrètement. […] Il s'agit là d'une rupture décisive et irréversible
dans l'histoire des sociétés122.
[ ]
L'alliance de l'être humain et du cheval, animal qui a sans doute le plus marqué
l'histoire et les progrès de l'humanité123, dure plusieurs millénaires124 durant lesquels
[ ] [ ]
le cheval devient l'auxiliaire favori de l'humain 125 pour le transport, la guerre et
[ ]
le travail. La première rencontre remonte peut-être à un million d'années, voire
davantage, mais ces rapports restent basés sur la chasse jusqu'à la domestication126. [ ]
Le lien entre l'espèce humaine et le cheval est basé sur l'utilisation de la force
musculaire de l'animal, au service des besoins humains127. [ ]
Cette « exceptionnelle » association contribue significativement à l'évolution de la
société, et se transforme radicalement au cours du XXe siècle dans la plupart
des pays développés126. La place symbolique du cheval est restée, à travers un
[ ]
grand nombre d'expressions populaires et l'utilisation de l'unité cheval-vapeur127.
[ ]
En 2008, d'après les données de la FAO, 58,7 millions de chevaux sont répertoriés
dans le monde sur les cinq continents, ce qui correspond à un ratio de 8,7
chevaux pour 1 000 personnes. L'Amérique du Sud est le continent qui en compte le
plus, l'Océanie celui qui en compte le moins128.
[ ]