Parmi ces institutions nous pouvons énumérer quelques-unes :
A. Le Conseil de Sécurité
Il est un organe qui a reçu la mission principale de maintien de la paix et la
sécurité internationales136(*), 15 ans après l’adoption de la résolution
1261 (1999) la première consacrée spécifiquement au sort des enfants en
période de conflit armé, une de soixante de délégation se sont inquiétées,
aujourd’hui, devant le conseil de sécurité, du fait que les conflits armés
continuent d’affecter les enfants de façon disproportionnée137(*), en RDC,
le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M.
Hervé Ladsous a assuré que le département des opérations de maintien
de la paix était engagé d’agir138(*).
Depuis l’An 2000, le Conseil de Sécurité s’est engagé activement dans
différents aspects de la protection des enfants touchés par les conflits
armés. Il a régulièrement condamné la pratique consistant à prendre
délibérément pour cible des enfants lors des conflits armés et souligné
qu’il incombe à tous les États de mettre fin à l’impunité et de poursuivre
ceux qui sont responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de
guerre.
Il a exhorté les États à respecter intégralement les normes juridiques
internationales applicables aux droits et à la protection des enfants dans
les conflits armés, en particulier les Conventions de Genève de 1949, leurs
Protocoles Additionnels I et II, la Convention relative aux droits de l’enfant
et le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits
armés139(*).
Le Conseil de Sécurité a créé un groupe de travail pour surveiller le
respect du droit international et relever les violations les plus graves des
droits des enfants, en particulier les actes des personnes qui tuent ou
mutilent les enfants, commettent des viols et d’autres formes de violence
sexuelle contre les enfants, enlèvent des enfants ou les déplacent par la
force, empêchent les enfants d’avoir accès à l’aide humanitaire, attaquent
les écoles ou les hôpitaux, sont impliquées dans la traite des enfants, le
travail forcé et toutes formes d’esclavagisme dans les pays touchés par un
conflit armé ou l’ayant été récemment. Voir la liste annexée au rapport du
Représentant spécial du secrétaire général140(*).
B. Le Comité des droits de l’enfant
Pour garantir sa mise en œuvre et son application effective, la Convention
instaure un comité des droits de l’enfant (article 43 et suivants), composé
de dix-huit experts de haute moralité et possédant une compétence
reconnue dans le domaine visé par la convention.141(*)
Il faut préciser qu'il incombe principalement aux États parties aux
conventions internationales humanitaires et à celles relatives aux droits de
l’homme de faire respecter ces normes. En ce qui concerne le respect des
droits de l’enfant.
Ce comité a pour mission :
- Définir les dangers qui menacent le bien-être des enfants dans le
monde ;
- Chercher des solutions pratiques de ces problèmes spécifiques ;
- Mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires à la solution
de ces problèmes ;
- Sensibiliser et intéresser davantage le public à la protection et à la
promotion des droits de l’enfant ;
- Commander les étudesspéciales pour les droits de l’enfant142(*).
Le rôle du Comité des droits de l’enfant est de donner des indications aux
États parties en formulant des recommandations dans les observations
finales sur les différents pays et diverses Observations générales. La façon
dont chaque État partie applique ces recommandations varie et dépend
souvent non seulement des priorités et de la volonté politique, mais aussi
des actions des organisations non gouvernementales (ONG) et d’autres
organisations de la société civile.
Le système des droits de l’homme tente de voir comment améliorer le
suivi des observations finales ; le Haut-Commissariat des Nations Unies
aux droits de l’homme joue un rôle important dans ces discussions.
C. Le Représentant spécial du Secrétaire général
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les
conflits armés est un autre acteur important pour la défense et le respect
des normes internationales de protection des enfants dans les conflits
armés.
Les rapports annuels du Représentant spécial citent une liste
impressionnante d’activités et notamment des visites sur place, des
présentations lors de conférences, la campagne pour la ratification
universelle du Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans
les conflits armés et un mémoire d'amicus curiae présenté à la Cour
pénale internationale dans l’affaire Lubanga.
Toutes ces activités visent à empêcher l’enrôlement et l’utilisation
d’enfants dans les conflits armés et à promouvoir et soutenir la
démobilisation, la réadaptation et la réinsertion des enfants associés aux
forces armées ou aux groupes armés.
La Convention relative aux droits de l’enfant et le Protocole facultatif
concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés ne comprennent
aucune disposition sur les possibilités de recours en cas de violation des
droits de l’enfant. Néanmoins, d’après l’article 44 de la Charte africaine
des droits et du bien-être de l’enfant, le Comité africain d’experts sur les
droits et le bien-être de l’enfant « est habilité à recevoir des
communications concernant toute question traitée par la présente Charte,
de tout individu, groupe ou organisation non gouvernementale reconnue
par l’Organisation de l’Unité Africaine, par un État membre, ou par
l’Organisation des Nations Unies143(*) ». Il peut donc porter plainte en cas
de violation de l’article 22 de la Charte africaine des droits et du bien-être
de l’enfant concernant l’interdiction d’enrôler et d'utiliser des enfants dans
les conflits armés144(*).
B. les organes de secours oeuvrant en RDC
V Le CICR et le Croissant Rouge145(*) : Le comité international de la croix
et du croissant rouge encouragent le respect des droits et de la dignité des
enfants et leur fournissant une assistance en vue d’atténuer les effets des
conflits armés sur eux.
En temps de conflit armé, le CICR agit auprès des belligérants ou
adversaires en qualité d’intermédiaire neutre et s’emploie à ce que les
victimes civiles et militaires du conflit reçoivent protection146(*).
Il s'occupe de la protection de la vie et la dignité des victimes de conflits
armés et d’autres situations de violence et de leur porter assistance.
V Human Rights Watch147(*) : cette institution travaille surtout en la
dénonciation des actes commis pendant les guerres.
V UNICEF : Cette institution a été créée, en 1946, par l’Assemblée
Générale des Nations Unies ayant pour rôle de donner une assistance
d’urgence aux enfants dans les pays ravagés par la guerre.
L’Unicef s’intéresse davantage à la mise en œuvre des dispositions
contenues dans la Convention Relative aux Droits de l’Enfant (CRDE), les
employant comme principes de base de ses programmes, lesquels
s’efforcent de combiner des stratégies pour améliorer l’accès aux services
de base de qualité avec des initiatives juridiques, politiques et d’éducation
publique qui encouragent et protègent les droits de l’enfant.
L’Unicef agit donc pour aider les enfants à bénéficier d’un bon départ dans
la vie, à survivre et à s’épanouir surtout en ce qui concerne l’éducation et
l’instruction, dans ce cas, il en est très important pour les enfants qui sont
touchés par la guerre, le cas de la partie orientale de la RDC qui ne
cessed’être attaquée.
V La MONUSCO
Au 1er juillet 2010, la MONUSCO a remplacé la Mission de l’organisation
des Nations Unies en République démocratique du Congo ( MONUC), en
application de la résolution 1925 (2010) du Conseil de Sécurité datée du
28 mai 2010. Ce changement reflète la nouvelle phase dans laquelle le
pays est entré.148(*)
Le Conseil de Sécurité se préoccupe de cette question depuis 1999 et la
protection des enfants en période de conflit armé est une question qui fait
partie du mandat des opérations de maintien de la paix depuis 2001. Au
cours des dix dernières années, ces opérations ont aidé à libérer des
milliers d’enfants soldats.
La mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC a pour
mandat d’aider le gouvernement, en tant que principal détenteur
d’obligations, à protéger les civils149(*).La MONUSCO, par ses structures
spécialisées s’attache à prévenir toutes violences faites aux enfants par
les nombreux groupes armés et, même, s’implique dans la recherche de
solution, notamment en négociant la libération des enfants enrôlés de
force dans ces groupes150(*).
D. Les organes de répression
Il n’y a pas de droit sans sanction. Lorsque les règles sont consignées dans
un code, c’est pour être respectées. Ici, il faut distinguer entre les
sanctions contre l’Etat et des sanctions contre les personnes
physiques151(*).
C’est après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les alliés ont institué les
tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo, qu’ont été
tentés les premiers efforts visant
A mettre fin à l’impunité.
Ces tribunaux, dont la seule tâche était de traduire en justice les
principaux criminels de guerre, étaient donc étroitement liés à
l’application du droit international humanitaire, le droit des conflits
armés.152(*)
Le non-respect du droit international humanitaire par des forces armées
étatiques ou des groupes armés non étatiques en RDC est l’une des
raisons premières des souffrances causées aux enfants congolais par les
conflits armés. Le principal défi à relever pour protéger les victimes dans
ces situations consiste donc à persuader les parties concernées de
respecter les règles qui les lient, voire à les contraindre de le faire
respecter.
Par conséquent, il a été institué les juridictions d’ordre international pour
connaitre ces litiges qui opposent les Etats dans le cadre de conflit
international d’une part, et d’autre part, comme les groupes armés n’ont
pas de statut du cadre international, néanmoins s’ils étaient le
mouvement de libération national(MLN).
Il a été créé à cet effet une cour pénale internationale pour établir la
responsabilité internationale individuelle, dont nous avons vu jeter le jalon
par le TPI de Nuremberg et celui de Tokyo.
1. La Cour Internationale de Justice (CIJ)
Elle est un organe des Nations Unies, mais, elle n’a compétence que sur
les personnes morales dotées de la personnalité juridique internationale,
en l’occurrence les Etats et les Organisations Internationales.
Donc cette juridiction ne concerne pas la responsabilité individuelle.
Certes, l’Etat pourrait bel et bien être responsable, mais pas les individus.
2. La cour pénale internationale (CPI)
Le XXème siècle a été témoin d’un nombre effrayant de crimes, et des
pires qu’ait connus l’humanité : crimes de guerre, etc. […]. Ces crimes, qui
« heurtent profondément la conscience humaine » ont été commis à
travers le monde lors de guerres internationales, et de conflits [non
internationaux]153(*). Leurs auteurs, pour la plupart, sont restés
impunis.154(*) La CPI connaît non seulement des crimes de guerre mais
aussi de génocide et des divers crimes contre l’humanité,
indépendamment de l’existence d’un conflit armé.