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Code forestier congolais de 2002

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1

LOI N° 011/2002 DU 29 AOUT 2002 PORTANT


CODE FORESTIER

EXPOSE DES MOTIFS

1. FONDEMENT DE LA REFORME DU REGIME FORESTIER

Plusieurs facteurs majeurs commandent la révision totale du régime forestier


congolais. Ces facteurs sont de deux ordres : interne et externe.

1.1. SUR LE PLAN INTERNE

Le texte de base du régime forestier congolais et ses mesures d’exécution


datent du 11 avril 1949. La mise en oeuvre de ce régime s’est avérée difficile au
fur et à mesure de l’évolution politique, économique, sociale et culturelle du
pays.
Ainsi, on constate que, 42 ans après son accession à l’indépendance, la
République Démocratique du Congo ne s’est pas encore dotée d’un régime
forestier approprié, à savoir un cadre légal qui permet, à la fois, à la forêt de
remplir en équilibre ses fonctions écologiques et sociales, à l’administration
forestière de contribuer substantiellement au développement national et aux
populations riveraines de participer activement à la gestion des forêts pour
pouvoir en tirer un bénéfice légitime.

1.2. SUR LE PLAN EXTERNE

La communauté internationale en général et les Etats en particulier ont


considérablement pris conscience de l’importance et de la nécessité de la
protection de la nature et de l’environnement. Il suffit, pour s’en convaincre de
compter le nombre toujours croissant des conventions et accords internationaux
conclus en matière de l’environnement.

La République Démocratique du Congo est consciente du rôle de premier


plan joué par son écosystème forestier dans l’équilibre de la biosphère au
niveau tant international et continental que national et même local, et est
disposée à assumer les responsabilités qui en résultent. C’est pour cette raison
qu’elle a ratifié beaucoup de ces conventions et accords et s’est engagée, en
conséquence, à harmoniser ses lois par rapport aux dispositions pertinentes de
ces instruments internationaux.

La présente loi s’inscrit donc dans la logique des principes modernes de


gestion des ressources forestières et des conventions internationales en matière
de l’environnement.
2

2. PRINCIPALES INNOVATIONS

La présente loi introduit des innovations suivantes :

2.1. SUR LE PLAN INSTITUTIONNEL

a. L’Etat a l’obligation d’élaborer une politique forestière nationale


matérialisée par un plan forestier national à réviser périodiquement en
fonction de la dynamique de l’industrialisation forestière.

b. Les forêts sont classées et déclassées par arrêtés du Ministre suivant la


procédure fixée par décret du Président de la République.

c. Trois catégories des forêts sont désormais prévues par la présente loi, à la
différence de l’ancienne loi, à savoir : forêts classées, forêts protégées et
forêts de production permanente. Celles-ci sont soustraites des forêts
protégées à la suite d’une enquête publique en vue de leur concession.

d. La création d’un cadastre forestier tant au niveau de l’administration


centrale qu’à celui de l’administration provinciale. Si la mission du
cadastre forestier provincial consiste à conserver tous les actes et contrats
relatifs à la gestion forestière, le cadastre forestier national doit, tout en
ayant la même mission, constituer une banque de données permettant
au ministère chargé des forêts d’élaborer la politique forestière sur base
des informations fiables.

e. La création d’un conseil consultatif national et des conseils consultatifs


provinciaux des forêts. Le premier s’occupe essentiellement de la
planification et de la coordination du secteur forestier au niveau national,
tandis que les seconds surveillent la gestion forestière des provinces et des
autres entités décentralisées, d’une part, et d’autre part, ils se chargent
de donner des avis dans les projets de classement ou de déclassement
des forêts.

Notons que dans cette procédure de classement et de déclassement, la


population locale n’est pas absente.

2.2. SUR LE PLAN DE LA GESTION FORESTIERE

a. Toute forêt à concéder fait l’objet d’une enquête préalable de manière à


pouvoir la rendre quitte et libre de tout droit. Ici également, la consultation
des populations riveraines de la forêt est obligatoire pour garantir la paix
sociale et la jouissance paisible des forêts concédées.
3

b. Pour assurer le développement durable des ressources naturelles, la


présente loi introduit dans la gestion forestière deux concepts, celui
d’inventaire forestier et celui d’aménagement forestier.

c. Dans la présente loi, la concession forestière se démarque nettement de


la concession foncière et constitue un droit réel immobilier « sui generis »
parce que portant uniquement sur le bois. Il est sous-tendu par un contrat
de concession forestière accompagné des cahiers des charges dans
lesquels sont spécifiés les droits et obligations des parties contractantes.

La concession forestière peut s’acquérir par deux voies : l’une principale,


l’adjudication, et l’autre, exceptionnelle, le gré à gré. Toutefois, les
communautés locales, c’est-à-dire en fait les populations locales, peuvent
acquérir, à titre gratuit, une concession forestière sur leurs terres
ancestrales.

d. Par rapport au décret du 11 avril à la loi de 1949, cette loi insère dans le
régime forestier des dispositions spécifiques relatives à la fiscalité forestière.
Celle-ci se distingue de la fiscalité ordinaire et vise à asseoir une politique
de taxation forestière qui soit à même de garantir à la fois une gestion
durable de la ressource forestière, une incitation à la meilleure gestion
forestière et une conciliation d’objectifs de développement de l’industrie
forestière et de l’accroissement des recettes forestières.

La présente loi, se voulant générale, se borne à définir les principes et les


matières générales, lesquels feront l’objet des textes réglementaires
permettant ainsi au gouvernement une adaptation dynamique aux
conditions socio-économiques du pays.

Tels sont le fondement et l’économie de la présente loi.

L’Assemblée Constituante et Législative - Parlement de Transition a


adopté ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
TITRE PREMIER :
DES DISPOSITIONS GENERALES
er
Article 1 :
Au sens de la présente Loi, il faut entendre par :
4

1. Forêts :

a. Les terrains recouverts d’une formation végétale à base d’arbres ou


d’arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage
et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des
eaux.

b. Les terrains qui, supportant précédemment un couvert végétal arboré ou


arbustif, ont été coupés à blanc ou incendiés et font l’objet d’opérations
de régénération naturelle ou de reboisement.

Par extension, sont assimilées aux forêts, les terres réservées pour être
recouvertes d’essences ligneuses soit pour la production du bois, soit pour
la régénération forestière, soit pour la protection du sol.

2. Produits forestiers ligneux :

a. Les matières ligneuses provenant de l’exploitation des forêts, comme les


arbres abattus, les grumes, les houppiers, les branches, les bois de
chauffage, les rondins, les perches, les bois de mine ;

b. Les produits de transformation de l’industrie primaire comme le charbon


de bois, les copeaux, les bois à pâtes, les sciages, les placages.

3. Produits forestiers non ligneux :

Tous les autres produits forestiers, tels que les rotins, les écorces, les racines, les
rameaux, les feuilles, les fruits, les semences, les résines, les gommes, les latex,
les plantes médicinales ;

4. Aménagement forestier :

Ensemble des opérations visant à définir les mesures d’ordre technique,


économique, juridique et administratif de gestion des forêts en vue de les
pérenniser et d’en tirer le maximum de profit ;

5. Conservation :

Mesures de gestion permettant une utilisation durable des ressources et des


écosystèmes forestiers, y compris leur protection, entretien, restauration et
amélioration ;
5

6. Déboisement :

Opération consistant à défricher une terre forestière ou à couper ou à


extirper ses végétaux ligneux en vue de changer l'affectation du sol;

7. Exploitation forestière :

Activités consistant notamment dans l’abattage, le façonnage et le transport


du bois ou de tout autre produit ligneux, ainsi que le prélèvement dans un but
économique des autres produits forestiers ;

8. Inventaire forestier :

Evaluation et description de la quantité, de la qualité et des caractéristiques


des arbres et des milieux forestiers ;

9. Ministre :

Ministre ayant les forêts dans ses attributions.

10. Plan d’aménagement forestier :

Document contenant la description, la programmation et le contrôle de


l’aménagement d’une forêt dans le temps et dans l’espace ;

11. Reboisement :

Opération consistant à planter, sur un terrain forestier, des essences forestières


;
12. Reconnaissance forestière :

Opération qui consiste à examiner une forêt par voie aérienne et/ou à terre,
afin d’en acquérir une connaissance générale préliminaire à d’autres études
plus approfondies telles que l’inventaire et l’aménagement ;

13. Reconstitution de forêt :

Opération consistant à rétablir le couvert forestier soit par le reboisement


et/ou la régénération naturelle ;

14. Saisie :

Acte par lequel les agents forestiers assermentés retirent provisoirement à une
personne physique ou morale l'usage ou la jouissance des produits forestiers
6

issus d'un acte infractionnel et/ou des moyens d'exploitation ou de transport


de tels produits.

15. Sylviculture :

Science et l’art de cultiver des peuplements forestiers ;

16. Unité forestière :

Espace forestier découpé en considération des caractéristiques écologiques


propres à chaque zone et des objectifs de la politique forestière nationale,
en vue de le soumettre à un même type de gestion.

17. Communauté locale :

Une population traditionnellement organisée sur la base de la coutume et


unie par des liens de solidarité clanique ou parentale qui fondent sa cohésion
interne. Elle est caractérisée, en outre, par son attachement à un terroir
déterminé.

18. Emondage :

Opération culturale qui consiste à supprimer les pousses ou les bourgeons


latéraux d’un jeune plant.

19. Feu hâtif ou précoce :

Feu allumé très tôt en début de saison sèche aux fins d’aménagement des
aires de formations herbeuses.

20. Essartage :

Le défrichement d’une portion de terrain boisé ou broussailleux et son


incinération en vue de sa mise en culture périodique.

21. Ebranchage :

L’action de couper une ou des branches d’un arbre que ce dernier soit
encore sur pied ou abattu, aussitôt avant ou après son abattage.
7

22. Bioprospection :

Activité consistant à inventorier ou évaluer les éléments constitutifs de la


diversité biologique importants pour sa conservation et son utilisation durable
tout en tenant compte des normes d’inventaire prévues.

Article 2 :

La présente loi définit le régime applicable à la conservation, à


l’exploitation et à la mise en valeur des ressources forestières sur l’ensemble du
territoire national.

Le régime forestier vise à promouvoir une gestion rationnelle et durable des


ressources forestières de nature à accroître leur contribution au développement
économique, social et culturel des générations présentes, tout en préservant les
écosystèmes forestiers et la biodiversité forestière au profit des générations
futures.

Article 3 :
Le Code forestier est l’ensemble des dispositions régissant le statut,
l’aménagement, la conservation, l’exploitation, la surveillance et la police des
forêts et des terres forestières.

Le Code forestier définit également les règles juridiques applicables à la


sylviculture, à la recherche forestière, à la transformation et au commerce des
produits forestiers.

Le Code forestier contribue également à la valorisation de la biodiversité, à


la protection de l’habitat naturel de la faune sauvage et au tourisme.

Article 4 :
Il est institué une politique forestière nationale dont l’élaboration incombe
au ministère ayant les forêts dans ses attributions.

La politique forestière nationale définit des orientations générales qui sont


traduites dans un plan forestier national.

Le plan forestier national fixe les objectifs à atteindre et définit les actions à
mettre en oeuvre. Il comporte notamment :

a. la description des ressources forestières ;

b. l’estimation des besoins en produits forestiers ;


8

c. le programme des actions à mener en vue d’assurer la conservation des


forêts et le développement du secteur forestier ;

d. la prévision des investissements nécessaires ;

e. les niveaux d’intervention et le rôle des différents acteurs concernés et

f. toutes autres indications utiles pour l’exécution de la politique forestière


nationale.

Article 5 :

Dans le cadre de l’élaboration de la politique forestière nationale, le


Ministre implique l’ensemble des acteurs tant publics que privés concernés, à
tous les échelons territoriaux.

La politique forestière nationale est adoptée en conseil des Ministres sur


proposition du Ministre et approuvée par décret du Président de la République.

Article 6 :
Afin d’adapter la politique forestière nationale aux particularités de chaque
province, un plan forestier provincial est élaboré par chaque Gouverneur de
province concernée après avis du conseil consultatif provincial. Le Gouverneur
implique les acteurs tant publics que privés du secteur forestier.

Après approbation du plan par le Ministre, le Gouverneur prend un arrêté le


rendant exécutoire sur toute l’étendue de la province.

TITRE II :
DU STATUT DES FORETS
Chapitre Premier : DU CADRE JURIDIQUE DES FORETS

Article 7 :
Les forêts constituent la propriété de l’Etat.

Leur exploitation et leur utilisation par les personnes physiques ou morales de


droit privé ou de droit public sont régies par les dispositions de la présente loi et
ses mesures d'exécution.
9

Article 8 :
Les forêts naturelles ou plantées comprises dans les terres régulièrement
concédées en vertu de la législation foncière appartiennent à leurs
concessionnaires.

Les droits attachés à ces forêts sont exercés dans le respect des dispositions
de la présente loi et ses mesures d’exécution.

Article 9 :
Les arbres situés dans un village ou son environnement immédiat ou dans un
champ collectif ou individuel sont la propriété collective du village ou celle de
la personne à laquelle revient le champ.

Ils peuvent faire l’objet d’une cession en faveur des tiers.

Chapitre II :
DE LA CLASSIFICATION DES FORETS

Article 10 :
Le domaine forestier comprend les forêts classées, les forêts protégées et les
forêts de production permanente.

Les forêts classées sont celles soumises, en application d’un acte de


classement, à un régime juridique restrictif concernant les droits d’usage et
d’exploitation ; elles sont affectées à une vocation particulière, notamment
écologique.

Les forêts protégées sont celles qui n’ont pas fait l’objet d’un acte de
classement et sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux droits
d’usage et aux droits d’exploitation.

Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des forêts
protégées par une enquête publique en vue de les concéder ; elles sont
soumises aux règles d’exploitation prévues par la présente loi et ses mesures
d’exécution.

Article 11 :
Toutes forêts classées, protégées ou de production permanente peuvent
être grevées d’une servitude foncière.
10

ère
Section 1 : Des Forêts classées

Article 12 :
Les forêts classées font partie du domaine public de l’Etat. Sont forêts
classées :

a. les réserves naturelles intégrales ;

b. les forêts situées dans les parcs nationaux ;

c. les jardins botaniques et zoologiques ;

d. les réserves de faune et les domaines de chasse ;

e. les réserves de biosphère ;

f. les forêts récréatives,

g. les arboreta ;

h. les forêts urbaines ;

i. les secteurs sauvegardés

Article 13 :
Sont en outre classées, les forêts nécessaires pour :

a. la protection des pentes contre l’érosion ;

b. la protection des sources et des cours d’eau ;

c. la conservation de la diversité biologique ;

d. la conservation des sols ;

e. la salubrité publique et l’amélioration du cadre de vie ;

f. la protection de l’environnement humain ; et

g. en général, toute autre fin jugée utile par l’administration chargée des
forêts.
11

Font également l’objet de classement, les périmètres de reboisement


appartenant à l’Etat ou à des entités décentralisées.

Les forêts classées avant la date d’entrée en vigueur de la présente loi


conservent leur statut.

Article 14 :
Les forêts classées doivent représenter au moins 15 % de la superficie totale
du territoire national.

Article 15 :
Dans chaque province, les forêts sont classées suivant la procédure fixée
par décret du Président de la République.

Le classement s’effectue par arrêté du Ministre après avis conforme du


conseil consultatif provincial des forêts

Concernées, fondé sur la consultation préalable de la population riveraine.


Toutefois, la création des réserves naturelles intégrales, des parcs nationaux et
des secteurs sauvegardés relèvent de la compétence du Président de la
République.

Article 16 :
L’arrêté de classement détermine la localisation et les limites de la forêt
concernée, sa catégorie, sa dénomination, le mode de gestion de ses
ressources, les restrictions qui lui sont applicables, les droits d’usage susceptibles
de s’y exercer et l’institution chargée de sa gestion.

L’emprise des forêts classées peut être fixée de telle sorte que certaines de
leurs parties soient laissées à la disposition des populations riveraines en vue de
la satisfaction de leurs besoins domestiques, notamment en produits forestiers et
en terres de culture temporaire.

Article 17 :
Chaque forêt classée fait l’objet d’un plan d’aménagement dans les
conditions fixées par un arrêté du Ministre.

Article 18 :
La mise en valeur des forêts classées est faite conformément aux
prescriptions de l’acte de classement et aux dispositions du plan
d’aménagement.
12

Article 19 :
Il ne peut être procédé au déclassement partiel ou total d’une forêt classée
qu’après avis conforme des conseils consultatifs national et provinciaux des
forêts.

Le déclassement est soumis à la réalisation préalable d’une étude d’impact


sur l’environnement.

La décision de déclassement est prise dans les mêmes conditions de


procédure et de forme que le classement.

Section 2 : Des forêts protégées

Article 20 :
Les forêts protégées font partie du domaine privé de l’Etat et constituent le
domaine forestier protégé.

Les produits forestiers de toute nature se trouvant sur le domaine forestier


protégé, à l’exception de ceux provenant des arbres plantés par des personnes
physiques ou morales de droit privé ou par des entités décentralisées,
appartiennent à l’Etat.

Article 21 :
Les forêts protégées peuvent faire l’objet de concession moyennant un
contrat dont la durée ne peut excéder vingt-cinq ans. Ce terme est
renouvelable dans les conditions stipulées au contrat.

L’octroi d’une concession forestière confère un droit réel sur les essences
forestières concédées, à l’exclusion d’un quelconque droit sur le fonds de terre.

Toutefois, le concessionnaire peut obtenir sur sa concession forestière une


concession foncière superficiaire pour ériger les constructions nécessaires aux
activités liées à l’exploitation.

Article 22 :
Une communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de concession
forestière une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts
régulièrement possédées en vertu de la coutume.

Les modalités d’attribution des concessions aux communautés locales sont


déterminées par un décret du Président de la République. L’attribution est à titre
gratuit.
13

Section 3 : Des forêts de production permanente

Article 23 :
Les forêts de production permanente sont composées des concessions
forestières et des forêts qui, ayant fait l’objet d’une enquête publique, sont
destinées à la mise sur le marché.

Elles sont quittes et libres de tout droit.

Elles sont instituées par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et
l’agriculture dans leurs attributions.

Chapitre III :
DES INSTITUTIONS DE GESTION ET D’ADMINISTRATION DES FORETS

Article 24 :
La responsabilité de la gestion, de l’administration, de la conservation et de
la surveillance et la police des forêts incombent au ministère ayant les forêts
dans ses attributions.

Le ministère travaille constamment en collaboration et en concertation


avec les autres ministères dont les attributions peuvent avoir une incidence sur le
secteur forestier.

Il implique également les autres acteurs, notamment le secteur privé


économique et les organisations non gouvernementales.

Article 25 :
Le Ministre peut, par arrêté, déléguer en tout ou en partie, la gestion de
forêts classées à des personnes morales de droit public ou à des associations
reconnues d’utilité publique dans le but de les protéger et de les mettre en
valeur et d’y conduire les travaux de recherche ou d'autres activités d’intérêt
public.

Article 26 :
Le Ministre peut déléguer, en tout ou en partie, les pouvoirs que lui confère
la présente loi, aux Gouverneurs de province, à l’exception du pouvoir de
réglementation.

Article 27 :
Le Ministre pourvoit son administration de moyens et instruments adéquats
pour lui permettre d'assurer efficacement la mise en application de la présente
14

loi et de ses mesures d’exécution. En particulier, il dote les services chargés des
opérations de martelage et de saisie, d’un marteau forestier dont l’empreinte
est déposée au Ministère de la Justice et Garde des Sceaux.

Article 28 :
Il est créé au niveau tant national que provincial un cadastre forestier
assurant la conservation :

a. des arrêtés de classement et de déclassement des forêts ;

b. des contrats de concession forestière ;

c. des actes d’attribution des forêts aux communautés locales ;

d. des arrêtés d’attribution de la gestion des forêts classées ;

e. des arrêtés de délégation de pouvoir d’administration des forêts ;

f. des documents cartographiques ;

g. de tous actes constitutifs de droits réels, grevant les actes cités aux literas
b, c et d ci-dessus.

Un arrêté du Ministre détermine les modalités d’organisation et de


fonctionnement du cadastre forestier.

En cas de nécessité, un cadastre forestier peut être tenu dans une localité
déterminée.

Article 29 :
Il est créé un conseil consultatif national des forêts et des conseils
consultatifs provinciaux des forêts dont l’organisation, le fonctionnement et la
composition sont fixés respectivement par décret du Président de la République
et par arrêté du Ministre.

Article 30 :
Le conseil consultatif national des forêts est compétent pour donner des
avis sur :

1°. les projets de planification et la coordination de la politique forestière ;


2°. les projets concernant les règles de gestion forestière ;
3°. toute procédure de classement et de déclassement des forêts ;
4°. tout projet de texte législatif ou réglementaire relatif aux forêts ;
5°. toute question qu’il juge nécessaire se rapportant au domaine forestier.
15

Article 31 :
Le conseil consultatif provincial des forêts donne des avis sur tout projet de
classement ou de déclassement des forêts dans la province et, en général, sur
toute question qui lui est soumise par le Gouverneur de province.

Il peut saisir le Gouverneur de toute question qu’il juge importante dans le


domaine forestier.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les membres du conseil peuvent accéder


librement à toutes les concessions forestières.

Article 32 :
Le Ministre publie chaque année, et ce, avant le 31 janvier, la liste des
associations et organisations non-gouvernementales agréées exerçant leurs
activités statutaires dans le secteur de l’environnement en général et de la forêt
en particulier.
Chapitre IV :
DE LA RECHERCHE FORESTIERE

Article 33 :
En vue de promouvoir la gestion rationnelle et durable des forêts, le Ministre
prend, en collaboration avec les ministères et les organismes concernés, les
mesures nécessaires et met en oeuvre des programmes visant à favoriser le
développement de la recherche forestière.

Article 34 :
La recherche forestière porte notamment sur la gestion, l’inventaire,
l’aménagement, la conservation, l’exploitation, la transformation, la génétique
forestière, la sylviculture, la technologie du bois et la commercialisation des
produits forestiers.

Article 35 :
La planification, la réalisation et le suivi des travaux de recherche forestière
sont assurés en concertation entre les services et organismes relevant des
différents ministères et autres institutions concernées, chacun agissant dans les
limites de ses compétences.

A cet effet, les services, organismes et institutions concernés sont dotés de


moyens et de ressources adéquates leur permettant de s’acquitter de leur
mission.
16

TITRE III :
DES DROITS D’USAGE FORESTIERS
Chapitre Premier :
DU PRINCIPE GENERAL
Article 36 :
Les droits d’usage forestiers des populations vivant à l’intérieur ou à
proximité du domaine forestier sont ceux résultant de coutumes et traditions
locales pour autant que ceux-ci ne soient pas contraires aux lois et à l’ordre
public. Ils permettent le prélèvement des ressources forestières par ces
populations, en vue de satisfaire leurs besoins domestiques, individuels ou
communautaires.
L’exercice des droits d’usage est toujours subordonné à l’état et à la
possibilité des forêts.

Article 37 :
La commercialisation des produits forestiers prélevés au titre des droits
d’usage n’est pas autorisée, excepté certains fruits et produits dont la liste est
fixée par le Gouverneur de province.

Chapitre II :
DES DROITS D'USAGE DANS LES FORETS CLASSEES

Article 38 :
Dans les forêts classées, à l’exception des réserves naturelles intégrales, des
parcs nationaux et des jardins botaniques, les droits d’usage sont exercés
exclusivement par les populations riveraines et leur jouissance est subordonnée
au respect des dispositions de la présente loi et de ses mesures d’exécution.

Article 39 :
Dans les forêts classées, les droits d’usage sont limités :

a. au ramassage du bois mort et de la paille ;


b. à la cueillette des fruits, des plantes alimentaires ou médicinales ;
c. à la récolte des gommes, des résines ou du miel ;
d. au ramassage des chenilles, escargots ou grenouilles ;
e. au prélèvement du bois destiné à la construction des habitations et pour
usage artisanal.

En outre, le plan d’aménagement de chaque forêt classée détermine les


droits d’usage autorisés pour la forêt concernée.
17

Article 40 :
Les périmètres reboisés appartenant à l’Etat ou aux entités décentralisées
sont affranchis de tout droit d’usage forestier.

Chapitre III :
DES DROITS D'USAGE DANS LES FORETS PROTEGEES

Article 41 :
Tout Congolais peut exercer des droits d’usage sur l’ensemble du domaine
forestier protégé, à condition de se conformer aux dispositions de la présente loi
et de ses mesures d’exécution.

Article 42 :
Dans les forêts protégées, les cultures peuvent être pratiquées.
Toutefois, elles peuvent être prohibées par le Gouverneur de province,
après avis des services locaux chargés de l’agriculture et des forêts, lorsque
l’état de la forêt ou son intérêt futur rend cette mesure nécessaire. L’arrêté du
Gouverneur mentionne la durée de l’interdiction.
Les Ministres ayant les forêts et l’agriculture dans leurs attributions
réglementent, conjointement, là où ils le jugent utile, le zonage et les modalités
de mise en culture des terres forestières.

Article 43 :
Le prélèvement des produits forestiers à des fins domestiques est libre en
forêt protégée. Il ne donne lieu au paiement d’aucune taxe ou redevance
forestière.
Toutefois, le Ministre peut réglementer la récolte de tout produit forestier
dont il juge utile de contrôler l’exploitation.

Article 44 :
Les populations riveraines d’une concession forestière continuent à exercer
leurs droits d’usage traditionnels sur la concession dans la mesure de ce qui est
compatible avec l’exploitation forestière à l’exclusion de l’agriculture.
Le concessionnaire ne peut prétendre, à une quelconque indemnisation ou
compensation du fait de cet exercice.
18

TITRE IV :
DE LA PROTECTION DES FORETS
Chapitre Premier :
DES MESURES GENERALES DE PROTECTION ET DES ESSENCES PROTEGEES

Article 45 :
Le domaine forestier est protégé contre toute forme de dégradation ou de
destruction du fait notamment de l’exploitation illicite, de la surexploitation, du
surpâturage, des incendies et brûlis ainsi que des défrichements et des
déboisements abusifs.
Sont particulièrement interdits, tous actes de déboisement des zones
exposées au risque d’érosion et d’inondation.

Article 46 :
L’introduction sur le territoire national de tout matériel végétal forestier,
vivant ou mort, est soumise à l'autorisation préalable du Ministre ou de son
délégué, sur présentation d’un certificat d’origine et d’un certificat
phytosanitaire délivrés par l’organisme compétent du pays de provenance.

Article 47 :
Dans les forêts classées, sont interdits, l’émondage et l’ébranchage des
arbres ainsi que la culture par essartage.

Article 48 :
Est interdit, tout déboisement sur une distance de 50 mètres de part et
d’autre des cours d’eau et dans un rayon de 100 mètres autour de leurs sources.

Article 49 :
La liste des essences forestières protégées est fixée par arrêté du Ministre et
fait l’objet dans la même forme, de mises à jour périodiques.

Article 50 :
Sont interdits sur toute l’étendue du domaine forestier, l’abattage,
l’arrachage et la mutilation des essences forestières protégées.

Sont également interdits, le déplacement, le brisement ou l’enlèvement des


bornes servant à limiter les forêts.

Article 51 :
Dans le but de protéger la diversité biologique forestière, l’administration
chargée des forêts peut, même dans les zones forestières concédées, mettre en
réserve certaines essences ou édicter toutes restrictions qu’elle juge utiles.
19

Chapitre II :
DU CONTROLE DU DEBOISEMENT

Article 52 :
Tout déboisement doit être compensé par un reboisement équivalent, en
qualité et en superficie, au couvert forestier initial réalisé par l’auteur du
déboisement ou à ses frais.

Article 53 :
Toute personne qui, pour les besoins d’une activité minière, industrielle,
urbaine, touristique, agricole ou autre, est contrainte de déboiser une portion de
forêt, est tenue au préalable d’obtenir à cet effet un permis de déboisement.

Pour les activités agricoles, ledit permis n’est exigé que lorsque le
déboisement porte sur une superficie égale ou supérieure à 2 hectares.

Article 54 :
Le permis de déboisement est délivré par le Gouverneur de province,
lorsque la superficie à déboiser est égale ou inférieure à 10 hectares. Au-delà de
cette superficie, il est délivré par le Ministre. Dans les deux cas, un avis préalable
de l’administration forestière locale fondée sur une étude d’impact est requis.

La délivrance dudit permis donne lieu à l’acquittement préalable d’une


taxe de déboisement, dont l'assiette, le taux et les modalités sont fixés par un
arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans leurs attributions.

Les recettes générées par cette taxe sont affectées à la reconstitution du


capital forestier.
Chapitre III :
DU CONTROLE DES FEUX DE FORETS ET DE BROUSSE

Article 55 :
Le Gouverneur de province fixe, par arrêté pris sur proposition de
l'administration provinciale des forêts, les dates et les conditions d'allumage des
feux hâtifs.

Article 56 :
Afin de prévenir et de combattre les feux de forêts et de brousse,
l’administration forestière ou les entités décentralisées doivent prendre
notamment, les mesures suivantes :
20

1. constituer, former et équiper des brigades chargées de la lutte contre les feux,
ainsi que de la sensibilisation, de la formation et de l’encadrement des
populations locales ;

2. créer des postes d’observation dans certaines régions particulièrement celles


menacées d’incendies.

Article 57 :
Il est interdit de provoquer ou d’abandonner un feu susceptible de se
propager dans la forêt ou dans la brousse.
Dans le domaine forestier, il est interdit d’abandonner un feu non éteint.

Article 58 :
Il est défendu de porter ou d’allumer un feu en dehors des habitations et
des bâtiments d’exploitation situés à l’intérieur des forêts.

Toutefois, l’allumage d’un feu pour la fabrication de charbon est autorisé à


condition que son auteur prenne toutes les dispositions utiles, pour éviter que ce
feu n’échappe à son contrôle et ne se propage dans le domaine forestier.

Article 59 :
Tout feu provoqué est à maîtriser par son auteur qui répond des dommages
résultant de son fait conformément à l’article 258 du code civil des obligations.

Article 60 :
Il est interdit d’allumer un feu dans un rayon de 500 mètres autour des forêts
situées dans la savane ou en bordure de celle-ci.

Il est également interdit d’allumer en zone de savane un feu le long des


routes et chemins qui traversent les forêts classées.

Article 61 :
L’interdiction est absolue dans les réserves naturelles intégrales et les parcs
nationaux où aucun feu ne peut être allumé, sauf pour les besoins
d’aménagement.

Article 62 :
En saison favorable, après information des populations locales concernées,
les agents forestiers procèdent d’office à l’incinération des herbages dans les
environs des forêts classées afin de les préserver des conséquences des feux
incontrôlés.

A cet effet, ils aménagent un coupe-feu d’une largeur suffisante pour


empêcher la transmission du feu aux périmètres à protéger.
21

Article 63 :
Afin de prévenir et de combattre les incendies de forêt, l’autorité
administrative locale ou, à défaut, le responsable local chargé des forêts peut
requérir, même verbalement, les habitants des villages riverains de la forêt
concernée.

Toute personne constatant la présence d’un feu incontrôlé dans le


domaine forestier est tenue d’en aviser l’autorité la plus proche.

Toute personne se trouvant à proximité d’un incendie de forêt a le devoir


d’apporter son concours à son extinction.

Article 64 :
L’autorité administrative locale répond civilement des conséquences
dommageables, pour les personnes et les biens, des feux allumés sous son
contrôle. Toutefois, la responsabilité de l’autorité locale est dégagée si elle
établit, pour ce qui concerne les feux hâtifs ou précoces, qu’une information
préalable suffisante a été faite par affichage ou proclamation et, s’agissant des
opérations de lutte contre les incendies, que les dommages résultent d’un cas
de force majeure.

TITRE V : DE L’INVENTAIRE, DE L’AMENAGEMENT ET DE LA


RECONSTITUTION DES FORETS
Chapitre Premier :
DE L’INVENTAIRE DES FORETS

Article 65 :
La mise en exploitation de toute forêt domaniale est subordonnée à
l'existence préalable d'un inventaire forestier.

Article 66 :
L’administration chargée des forêts établit et met périodiquement à jour
l’inventaire forestier national. Elle peut confier la réalisation de cet inventaire à
des bureaux d’études privés ayant les compétences et l’expérience requises et
jouissant de crédibilité. Les normes techniques, les données à relever, les travaux
à réaliser et les méthodes à suivre pour l’établissement des inventaires sont fixés
par arrêté du Ministre.

Article 67 :
Lorsqu’une forêt sollicitée n’a pas encore fait l’objet d’inventaire, les
travaux de reconnaissance et d’inventaire sont à la charge du requérant, sous
le contrôle de l’administration.
22

Article 68 :
La reconnaissance forestière est soumise à une autorisation délivrée par le
Gouverneur de province sur avis de l’administration forestière locale.
L’autorisation donne lieu au paiement d’une taxe dont le montant est
déterminé par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans
leurs attributions. Le bénéficiaire de l’autorisation de reconnaissance doit
aussitôt en entreprendre les travaux. La réalisation de l’inventaire est également
soumise à une autorisation délivrée par le Gouverneur de province.
L’autorisation donne lieu au paiement d’une taxe dont le montant est
déterminé par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans
leurs attributions. Les travaux d’inventaire doivent être réalisés, sous peine de
déchéance, dans un délai maximum d’un an à compter de la date de l’octroi
de l’autorisation. Le délai accordé pour la réalisation de l’inventaire peut être
prorogé d’une année au maximum et une seule fois sur demande motivée du
requérant.

Article 69 :
Lorsqu'une demande de reconnaissance ou d’inventaire émane d’un
concessionnaire ou d’un exploitant forestier déjà installé, elle ne peut être
instruite que si le requérant s’est acquitté de tous les droits et taxes afférents à la
concession ou à l'exploitation et s’il a respecté les clauses de son cahier des
charges.

Article 70 :
Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance ou d’inventaire forestiers
ne peut disposer d’aucun produit forestier dans la zone concernée.
L’autorisation de reconnaissance ou d’inventaire forestiers ne préjuge nullement
l’obtention ultérieure, par son bénéficiaire, d’une concession forestière ou d’un
droit d’exploitation dans la zone concernée.

Chapitre II : DE L’AMENAGEMENT DES FORETS

Article 71 :
Toute activité de gestion et d’exploitation forestières est soumise à
l’élaboration préalable d’un plan d’aménagement forestier.

Article 72 :
Le domaine forestier est divisé en unités forestières d’aménagement aux
fins d’exécution des tâches de planification, de gestion, de conservation, de
reconstitution et d’exploitation des ressources forestières.

L’aménagement forestier peut être orienté vers :


23

- la production durable de tous les produits forestiers et de produits pour la


biotechnologie ;

- les services environnementaux ;

- le tourisme et la chasse ;

- les autres objectifs compatibles avec le maintien du couvert forestier et la


protection de la faune sauvage.

Article 73 :
Le découpage du domaine forestier en unités forestières d’aménagement
est effectué par voie d'arrêté du Ministre, sur proposition de l’administration
chargée des forêts, après concertation avec toutes les administrations
concernées. Ce découpage est réalisé en considération des caractéristiques
forestières propres à chaque zone et des objectifs de la politique forestière
nationale.

Article 74 :
Pour chaque unité forestière, le plan d’aménagement évalue l’état des
ressources forestières, fixe les mesures et détermine les travaux requis pour leur
conservation ainsi que leur aménagement et les modalités de leur exploitation.
Le plan d’aménagement d’une unité forestière est préparé soit par
l’administration chargée des forêts soit, sous son contrôle, par des organismes ou
bureaux d’études qualifiés.

L’administration s’assure de la consultation des populations riveraines, des


autorités locales compétentes et des particuliers concernés. Le plan
d’aménagement de l’unité forestière est approuvé par arrêté du Ministre pour
une durée déterminée en fonction du type de forêt et de la nature de
l’aménagement.

Le plan d’aménagement est mis à jour périodiquement et approuvé suivant


la même procédure que le plan antérieur.

Article 75 :
Le contrôle, le suivi et l’évaluation de l’exécution du plan d’aménagement
de l’unité sont assurés par l’administration chargée des forêts.

Le plan d’aménagement de l’unité est révisé, lorsque les circonstances le


justifient, suivant la même procédure et dans la même forme que pour son
approbation.
24

Article 76 :
Le plan d’aménagement d’une concession est élaboré sous la
responsabilité du concessionnaire par une personne physique ou morale
qualifiée.

Le plan d’aménagement de la concession est approuvé par arrêté du


Gouverneur de province, après avis de l’administration forestière locale
compétente.

L’exploitant d'une forêt est responsable de la mise en oeuvre de son plan


d’aménagement dont il est tenu de respecter les prescriptions.

Le contrôle, le suivi et l’évaluation de l’exécution du plan d’aménagement


de la concession sont assurés par l’administration chargée des forêts.

Chapitre III :
DE LA RECONSTITUTION
DES FORETS

Article 77 :
L’administration chargée des forêts assure la reconstitution des forêts à
travers l’élaboration et l’application des programmes de régénération naturelle
et de reboisement qu’elle met à jour périodiquement.

Article 78 :
La reconstitution des ressources forestières incombe à l’Etat, aux entités
décentralisées, aux concessionnaires, aux exploitants forestiers et aux
communautés locales.

Elle s'effectue sous la supervision et le contrôle technique de l'administration


chargée des forêts, dans les conditions fixées par le Ministre.

Article 79 :
L'Etat encourage l’implication de tous les citoyens, des communautés
locales et des entités décentralisées dans les opérations de reboisement.

A cet effet, des terrains forestiers domaniaux, des plants et graines


d’essences forestières ainsi que l’encadrement nécessaire sont mis à la
disposition des personnes physiques ou morales dans les conditions fixées par
arrêté du Ministre.
25

Article 80 :
Les personnes et communautés qui réalisent des reboisements bénéficient,
en tout ou en partie, des produits forestiers qui en sont issus, dans les conditions
fixées par arrêté du Ministre.

L’exploitation desdits produits doit être effectuée dans le respect des


dispositions de la présente loi et de ses mesures d’exécution, notamment quant
à la protection de l’environnement.

Article 81 :
Pour assurer le financement des opérations de reboisement et
d’aménagement, de contrôle et de suivi de leur réalisation, il est créé un fonds
forestier national émargeant au budget pour ordre et alimenté notamment par
les recettes des taxes de reboisement et autres redevances forestières.

Le Fonds est placé sous la responsabilité du Ministre.

Un décret du Président de la République détermine le statut, l’organisation


et les modalités de fonctionnement du Fonds.

TITRE VI :
DE LA CONCESSION FORESTIERE
Chapitre Premier :
DES PRINCIPES GENERAUX
Article 82 :
Toute personne désirant obtenir une concession forestière doit remplir les
conditions suivantes :

1) être domiciliée, pour une personne physique, en République Démocratique


du Congo, ou être constituée, pour une personne morale, conformément à
la loi et avoir son siège social en République Démocratique du Congo ;

2) déposer un cautionnement auprès d’une institution financière établie en


République Démocratique du Congo, en vue de garantir le paiement de
toutes indemnités si les travaux sont de nature à causer un dommage ou s’il
est à craindre que ses ressources ne soient pas suffisantes pour faire face à sa
responsabilité.

Le cautionnement reste acquis à l’Etat, à concurrence des sommes dues, si


le concessionnaire est débiteur à un titre quelconque.

Le cautionnement peut être remplacé par une garantie donnée par une
banque ou par une institution financière agréée.
26

Le montant du cautionnement est fonction de la valeur ou de la superficie


de la concession forestière.

Article 83 :
L’attribution des concessions forestières se fait par voie d’adjudication.

A titre exceptionnel, elle peut l’être de gré à gré conformément à l’article


86 de la présente loi.

Article 84 :
Le contrat de concession forestière est précédé d’une enquête publique,
exécutée dans les formes et suivant la procédure prévue par arrêté du Ministre.

L’enquête a pour but de constater la nature et l’étendue des droits que


pourraient détenir des tiers sur la forêt à concéder, en vue de leur indemnisation
éventuelle.

Le montant de l’indemnité est fixé à l’amiable ou, à défaut, par voie


judiciaire.

Le paiement de l’indemnité rend la forêt quitte et libre de tout droit.

Article 85 :
La forêt à mettre en adjudication publique est proposée par l’administration
chargée des forêts qui en effectue l’estimation et fixe la mise à prix.

Les cahiers des charges de chaque adjudication sont établis par


l’administration chargée des forêts et soumis à l’approbation du Ministre. Ils
spécifient les conditions de l’adjudication ainsi que les règles auxquelles est
soumise l’exploitation.

La mise en adjudication publique d’une forêt est soumise à la décision du


Ministre suivant une procédure particulière fixée par décret du Président de la
République.

Article 86 :
Sans préjudice des dispositions de l’article 83 de la présente loi, l’attribution
d’une forêt de gré à gré doit être motivée et autorisée par le Ministre.

Le prix d’acquisition de la forêt ne peut être en deçà du prix plancher


appliqué dans la procédure d’adjudication publique pour les forêts de même
type.
27

Chapitre II :
DU CONTRAT DE CONCESSION FORESTIERE
Article 87 :
Toute personne physique ou morale qui conclut un contrat de concession
forestière avec l’Etat doit présenter des garanties techniques et financières
jugées suffisantes pour notamment :

- l’exploitation des produits forestiers ;


- la conservation ;
- le tourisme et la chasse ;
- les objectifs de bioprospection ;
- l’utilisation de la biodiversité.

Article 88 :
Le contrat de concession forestière comprend deux parties : le contrat
proprement dit qui détermine les droits et les obligations des parties, et un cahier
des charges qui fixe les obligations spécifiques incombant au concessionnaire.

Article 89 :
Le cahier des charges comporte des clauses générales et des clauses
particulières.

Les clauses générales concernent les conditions techniques relatives à


l’exploitation des produits concernés.

Les clauses particulières concernent notamment :

a. les charges financières ;

b. les obligations en matière d’installation industrielle incombant au titulaire de la


concession forestière ;

c. une clause particulière relative à la réalisation d’infrastructures socio-


économiques au profit des communautés locales, spécialement :

- la construction, l’aménagement des routes ;


- la réfection, l’équipement des installations hospitalières et scolaires ;
- les facilités en matière de transport des personnes et des biens.

Le cahier des charges est établi suivant un modèle défini par voie d’arrêté
du Ministre.
28

Article 90 :
Le contrat de concession forestière confère au concessionnaire le droit
d’exploiter la superficie de forêt concédée, dans le respect des dispositions de
la présente loi et de ses mesures d’exécution.

Avant toute exploitation, le concessionnaire est tenu d’obtenir l’autorisation


prévue à l’article 97 point 3 de la présente loi.

Article 91 :
Les normes relatives aux installations devant être implantées dans les
concessions forestières sont fixées par arrêté du Ministre.

Article 92 :
Le contrat de concession forestière est signé, pour le compte de l’Etat, par
le Ministre.

Le contrat est approuvé par décret du Président de la République lorsque


la ou les forêts à concéder dépassent une superficie totale de 300.000 hectares.
Il est approuvé par une loi lorsque la superficie totale à concéder est
supérieure à 400.000 hectares.

Sous réserve des droits acquis, il ne peut être concédé à une même
personne, en un seul ou plusieurs tenants, des forêts d’une superficie totale
supérieure à 500.000 hectares.

Article 93 :
Sans préjudice du paiement d’autres taxes relatives à l’exploitation
forestière, l’exploitant est tenu, pour toute concession forestière au payement
d’une redevance calculée en fonction de la superficie.

Article 94 :
Le concessionnaire forestier a le droit exclusif de prélever, dans la zone
concédée, tous les bois exploitables pour leur transformation locale ou leur
exportation.

L’exportation de certaines essences peut être soumise à des restrictions


particulières définies par arrêté du Ministre.

Article 95 :
Le concessionnaire ne peut louer, céder, échanger ou donner la
concession forestière sans l’autorisation préalable, selon les cas, du Ministre ou
du Président de la République.
29

En cas de cession totale de la concession, le nouveau concessionnaire est


subrogé dans les droits et obligations du concessionnaire originaire.

Dans les autres cas, les concessionnaires originaire et nouveau sont tenus
solidairement de leurs obligations envers l’Etat.

TITRE VII :
DE L’EXPLOITATION FORESTIERE
Chapitre Premier :
DES MODES D’EXPLOITATION

Article 96 :
L’exploitation forestière s’entend, non seulement de la coupe ou de la
récolte des produits forestiers, mais aussi de l’utilisation de la forêt à des fins
touristiques ou récréatives.

Article 97 :
Les forêts de production permanente peuvent être exploitées soit :

1. en régie par l’administration forestière ou les entités administratives


décentralisées ;

2. par un organisme public créé à cette fin ;

3. par des exploitants forestiers privés en vertu d’une autorisation appropriée.

Article 98 :
Les autorisations d’exploitation sont strictement personnelles et ne peuvent
être ni cédées ni louées. Elles ne peuvent être accordées qu’à titre onéreux.

Elles sont réglementées par arrêté du Ministre qui en fixe les types, les
modalités d’octroi, les droits y attachés et la durée de validité et détermine les
autorités habilitées à les délivrer.
Chapitre II :
DES DROITS ET OBLIGATIONS DE L’EXPLOITANT FORESTIER
Article 99 :
L'exploitation des forêts domaniales, y compris celles faisant l’objet d’une
concession forestière, est assujettie à l’élaboration préalable d’un plan
d’aménagement.
30

Article 100 :
L’exploitation de toute portion de forêt domaniale doit être effectuée
conformément aux prescriptions du plan d’aménagement s’y rapportant.

Elle est subordonnée à un inventaire préalable des ressources forestières


réalisé dans les conditions prévues par les articles 65 à 70 de la présente loi.

L’exploitant est tenu de se soumettre aux dispositions des législations


relatives à la protection de la nature, à la chasse et à la pêche.

Article 101 :
Pour la production de bois, notamment le bois de feu et le charbon de bois,
l’exploitant assure, conformément à l’article 107 ci-dessous, une exploitation
durable de la forêt, sous peine de l’annulation de son autorisation par l’autorité
compétente.

Article 102 :
Sous réserve de l'exercice des droits d’usage forestiers reconnus aux
populations locales, l’exploitation de tout produit forestier est soumise à l’une
des autorisations prescrites par l’article 98 de la présente loi et donne lieu au
paiement d’une taxe dont l’assiette et le taux sont fixés par arrêté conjoint des
Ministres ayant les forêts et les finances dans leurs attributions.

Toute coupe de bois en dehors d’une concession forestière donne lieu au


paiement d’une taxe d’abattage.

Article 103 :
Tout concessionnaire ou exploitant forestier a le droit d’accéder à une voie
d’évacuation publique, par des routes, pistes, chemins de triage ou voies
ferrées, cours d’eau sans aucune entrave de la part de l’occupant ou du
concessionnaire du fonds traversé.

Toutefois, lors de l’établissement du tracé du réseau d’évacuation, si


l’occupant ou le concessionnaire du fonds traversé s'estime lésé, il saisit
l’administration locale chargée des forêts en vue de trouver une solution à
l’amiable.

Article 104 :
A défaut d’une solution à l’amiable, le différend est soumis à une
commission composée comme suit :

1. un représentant de l’autorité administrative locale ;


2. un représentant de l’administration locale chargée des forêts ;
31

3. un représentant des organisations ou des associations des exploitants


forestiers;
4. un représentant désigné par chacune des parties en conflit.

L’organisation et le fonctionnement de ladite commission sont fixés par


arrêté du Ministre.

En tout état de cause, la partie non satisfaite de la décision de la


commission peut porter le litige devant les juridictions de droit commun.

Article 105 :
Les concessionnaires et exploitants forestiers sont tenus de donner toutes
facilités d’accès à leur concession ou exploitation aux agents de l’administration
chargée des forêts et aux membres du conseil consultatif provincial des forêts,
lorsqu'ils sont en mission de service.

Article 106 :
Sans préjudice de l’exercice de tous les droits reconnus par la loi aux
communautés locales, le concessionnaire ou l'exploitant forestier a l’exclusivité
d’utilisation du réseau d’évacuation qu’il a établi.

Aucune entrave ne peut être portée par quiconque à l’utilisation de ces


voies ni à celles du réseau d’évacuation public.

Les concessionnaires et les exploitants forestiers laissent continuer le libre


usage des sentiers et pistes traversant leur concession ou exploitation.

Article 107 :
Toute exploitation des produits forestiers doit être effectuée dans le respect
des clauses du cahier des charges annexé au contrat ou des dispositions
mentionnées dans le permis.

Article 108 :
Les produits forestiers bruts sont soumis aux règles de normalisation et de
classification définies par arrêté interministériel pris par les Ministres ayant
l’Industrie et les forêts dans leurs attributions.

Pour fins d'identification ou de mise sur le marché des bois ou arbres


destinés à être exploités, déjà exploités ou en circulation, tout exploitant
concerné doit utiliser un marteau à empreinte indélébile et personnelle dont le
modèle est déposé, accepté et enregistré à l'administration forestière.

La forme, la nature du marteau et les modalités de son utilisation sont fixées


par arrêté du Ministre.
32

Article 109 :
L’Etat encourage la promotion de l’industrie de transformation locale en
vue de garantir la valeur ajoutée du bois et d’autres produits forestiers.

Seuls les détenteurs des unités de transformation opérationnelles et les


exploitants nationaux dûment autorisés peuvent, pour une période de 10 ans au
maximum à compter de la date du démarrage de l’exploitation, exporter des
bois sous forme de grumes, moyennant un quota ne dépassant pas 30% de leur
production totale annuelle.

Dans les conditions fixées par arrêté du Ministre, les quotas d’exportation
sont définis et accordés en tenant compte de l’importance du volume de bois
transformé dans le pays.

Les produis forestiers sont commercialisés, importés ou exportés


conformément à la législation en vigueur.

Article 110 :
L’administration chargée des forêts peut, sous réserve de réparation des
dommages subis par le concessionnaire ou l'exploitant forestier, soustraire d'une
zone concédée ou exploitée les arbres ou les superficies nécessaires à
l’exécution de travaux d’intérêt général ou d’utilité publique.

Dans ce cas, le concessionnaire ou l'exploitant forestier a droit à une


indemnisation comme en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique.

Chapitre III :
DE L’EXPLOITATION DES FORETS DES COMMUNAUTES LOCALES

Article 111 :
L’exploitation des forêts des communautés locales se fait sous la supervision
et le contrôle technique de l’administration locale chargée des forêts.

Article 112 :
Outre les droits d’usage, les communautés locales ont le droit d’exploiter
leur forêt.

Cette exploitation peut être faite soit par elles-mêmes, soit par
l’intermédiaire d’exploitants privés artisanaux, en vertu d’un accord écrit.

Les exploitants privés artisanaux ne peuvent opérer dans les forêts des
communautés locales que moyennant la détention d’un agrément délivré par
le Gouverneur de province, sur proposition de l’administration forestière locale.
33

Article 113 :
Pour les besoins d’exploitation de leurs forêts, les communautés locales
peuvent demander le concours de l’administration forestière et obtenir une
assistance de sa part.

Les produits de l’exploitation reviennent à la communauté locale après


déduction des frais dus à l’administration forestière pour ses prestations.

L’exploitation des forêts des communautés locales peut être confiée à des
tiers en vertu d’un contrat d’exploitation. Ce contrat doit être subordonné à
l’approbation de l’administration forestière locale.

Chapitre IV :
DE LA DECHEANCE DES DROITS DE L’EXPLOITANT FORESTIER

Article 114 :
Les exploitants forestiers sont tenus de respecter les délais d’exploitation
prescrits par les dispositions de la présente loi et ses mesures d’exécution.

Article 115 :
Le concessionnaire est tenu de s’installer et d’exploiter la forêt dans les dix-
huit mois qui suivent la signature du contrat de concession.

Si à l’expiration de ce délai l’installation et l’exploitation ne sont pas


réalisées, l’administration chargée des forêts met le concessionnaire en
demeure d’entreprendre l’exploitation de sa concession dans un délai de douze
mois. Passé ce délai, il est déchu d’office de ses droits. La déchéance est
constatée, selon le cas, par arrêté du Ministre ou du Gouverneur de province,
notifié à l’intéressé et publié au Journal Officiel.

Article 116 :
Sauf cas de force majeure prouvée, l’arrêt de l’exploitation par le
concessionnaire pendant deux années consécutives entraîne la reprise par
l’Etat de la forêt concédée.

Article 117 :
La déchéance des droits du concessionnaire entraîne la saisie à titre
conservatoire des installations et du matériel immobilisé.

Sur la valeur de ces biens, l’Etat prélève, par privilège, ce qui lui est dû à
quelque titre que ce soit, y compris les frais de conservation engagés jusqu’à la
réalisation des biens.
34

Article 118 :
En cas de cessation de paiement ou d’insolvabilité du concessionnaire, il
est fait application du droit commun.

L’état de cessation de paiement constitue de plein droit une cause de


déchéance et entraîne la résiliation du contrat de concession forestière.

Article 119 :
Les concessions de conservation et de bioprospection ne sont pas
concernées par les dispositions des articles 115 à 118 de la présente loi.

TITRE VIII :
DE LA FISCALITE FORESTIERE
Article 120 :
Aucun exploitant forestier, aucun exportateur ni transformateur des produits
forestiers ne peut, quel que soit le régime fiscal auquel il est soumis, être exonéré
du paiement des droits, taxes et redevances prévues par la présente loi ou ses
mesures d’exécution.

Article 121 :
Les taux des taxes et des redevances prévues par la présente loi sont fixés
par arrêté conjoint des Ministres ayant respectivement les forêts et les finances
dans leurs attributions suivant les modalités ci-après :

1°. redevance de superficie concédée : le taux – plancher fixé par


l’administration est augmenté de l’offre supplémentaire proposée par le
concessionnaire au moment de l’adjudication ;

2°. taxe d’abattage : le taux varie selon les classes des essences forestières et les
zones de prélèvement ;

3°. taxes à l’exportation : les taux de taxes à l’exportation des produits bruts sont
supérieurs à ceux des taxes à l’exportation des produits transformés ;

4°. taxe de déboisement : le taux correspond au coût du reboisement à


l’hectare ;

5°. taxe de reboisement : le taux correspond à 10% du coût de reboisement à


l’hectare.
35

Article 122 :
Les produits des taxes et des redevances forestières sont versés au compte
du Trésor Public et répartis comme suit :

1°. redevance de superficie concédée : 40 % aux Entités administratives


décentralisées de provenance des bois ou des produits forestiers et 60 % au
Trésor Public ;

2°. taxe d’abattage : 50% au Fonds forestier national, et 50 % au Trésor Public ;

3°. taxes à l’exportation : 100% au Trésor Public ;

4°. taxes de déboisement : 50% au Trésor Public et 50% au Fonds forestier


national ;

5°. taxes de reboisement : 100% au Fonds Forestier National.

Les fonds résultant de la répartition dont il est question au point 1° du


présent article, en faveur des entités administratives décentralisées, sont affectés
exclusivement à la réalisation des infrastructures de base d’intérêt
communautaire.

Ils reviennent de droit, à raison de 25%, à la province et de 15% à l’entité


décentralisée concernée.

Ils sont versés dans un compte respectif de l’administration de la province


et de la ville ou du territoire dans le ressort duquel s’opère l’exploitation.

Article 123 :
Les taxes et redevances forestières ainsi que les intérêts de retard sont
recouvrés conformément aux dispositions de la législation fiscale.

Article 124 :
Le recouvrement des taxes et redevances est garanti par les privilèges et
hypothèques prévus par les législations fiscale et foncière.

Article 125 :
Les réclamations sur les taxes et redevances forestières sont recevables
jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle du versement de la taxe, de la
redevance ou de la notification de mise en recouvrement, s’il a été procédé à
cette notification.

Elles sont soumises à la procédure relative aux impôts directs.


36

TITRE IX :
DES DISPOSITIONS PENALES

Chapitre Premier :
DE LA PROCEDURE
Article 126 :
L'action publique en matière d'infraction forestière se prescrit :

1. après un an révolu, si l’infraction n’est punie que d’une amende ou si le


maximum de la peine applicable ne dépasse pas une année ;
2. après trois ans révolus, si le maximum de la peine applicable ne dépasse pas
cinq années.

Article 127 :
Sans préjudice des prérogatives des officiers du ministère public, les
infractions forestières sont recherchées et constatées par les inspecteurs
forestiers, les fonctionnaires assermentés et les autres officiers de police judiciaire
dans leur ressort territorial.

En matière d’infractions forestières, les agents non assermentés de


l'administration chargée des forêts ne peuvent établir que des rapports.

Article 128 :
Avant d’exercer les fonctions d’officier de police judiciaire, les inspecteurs
forestiers, les fonctionnaires et agents de l'administration prêtent serment devant
le Procureur de la République du ressort dans les termes suivants : « Je jure
fidélité à la Nation congolaise, obéissance à la Constitution et aux lois de la
République, de remplir fidèlement les fonctions qui me sont confiées et d’en
rendre loyalement compte à l’officier du ministère public »

Article 129 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent procéder à la saisie et à la mise sous séquestre des
instruments, véhicules et objets ayant servi à commettre une infraction forestière
ou qui en sont le produit.
Ils ne peuvent procéder à des visites et perquisitions dans les maisons
d'habitation, dans les bâtiments, dans les cours adjacents et dans les enclos que
sur autorisation d'un officier du ministère public.
En cas de refus, l'agent concerné en fait mention dans son procès-verbal.
37

Article 130 :
Les frais de séquestre et de vente sont taxés et prélevés sur le produit de la
vente. Le surplus est déposé auprès de l’administration locale chargée des
forêts.

Article 131 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent appréhender et conduire devant l'officier du ministère
public du ressort, toute personne surprise en flagrant délit d'infraction forestière.

Article 132 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent requérir la force publique pour la répression des
infractions forestières et pour la saisie des produits forestiers illégalement détenus,
transportés, vendus ou achetés.

Article 133 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire consignent dans des procès-verbaux la nature, le lieu et les
circonstances des infractions constatées, les éléments de preuve relevés et des
dépositions des personnes ayant fourni des renseignements.

Ces procès-verbaux font foi jusqu'à la preuve du contraire et sont transmis


dans les meilleurs délais à l’officier du ministère public, en même temps qu’un
rapport est adressé par l’officier de police judiciaire à l’administration chargée
des forêts.

Article 142 :
Dans l'exercice de leurs fonctions de contrôle et de répression, les
inspecteurs, fonctionnaires et agents forestiers sont astreints au port de l'uniforme
et des insignes de leur grade, dans les conditions fixées par arrêté du Ministre.
Cet arrêté détermine les cas exceptionnels dans lesquels ils peuvent exercer
leurs fonctions en tenue civile.
Dans tous les cas, ils doivent se munir de leur carte de service.

Chapitre II :
DES SANCTIONS

Article 143 :
Sans préjudice des dommages-intérêts et de la saisie ou de la restitution des
produits de l'infraction, des instruments ayant servi à la commettre et de la
remise en état des lieux, est puni d'une servitude pénale de trois mois à deux ans
38

et d'une amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d'une de


ces peines seulement, quiconque :

1. se livre à l'exploitation forestière en violation des dispositions de la présente loi


ou de ses mesures d'exécution ;

2. transporte ou vend du bois obtenu en violation des dispositions de la présente


loi ou de ses mesures d'exécution.

Article 144 :
Est puni d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une amende de
100.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement :

1. le titulaire d'une autorisation de reconnaissance forestière ou d'inventaire qui


exploite des produits forestiers sans y avoir été autorisé ;

2. celui qui procède à une reconnaissance forestière ou à un déboisement de


forêts sans l'autorisation y afférente.

Article 145 :
Est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à deux ans et d'une
amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement, quiconque falsifie l'une des autorisations prévues par la présente loi
et ses mesures d'exécution.

Sont considérées illicites, les coupes pratiquées sous une autorisation falsifiée
et la détention des produits forestiers en vertu d’une telle autorisation.

Les agents assermentés qui en font le constat ordonnent l’arrêt des travaux
de coupe et saisissent les produits ainsi que les outils, machines et véhicules
ayant servi aux travaux.

Article 146 :
Est puni d'une peine de servitude pénale de deux mois à deux ans et d'une
amende de 25.000 à 125.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement, quiconque contrefait ou falsifie les marques régulièrement déposées,
fait usage de marteau contrefait ou falsifié, ou, s'étant indûment procuré le
marteau véritable, en fait frauduleusement usage, en enlève ou tente d'en
enlever les marques.

En cas de récidive, il est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à
trois ans et d'une amende de 500.000 à 1.000.000 francs congolais constants.
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Lorsque ces marteaux servent de marque de l'administration chargée des


forêts, la peine de servitude pénale est d'un an à cinq ans et l'amende, de
100.000 à 2.500.000 francs congolais constants.

Article 147 :
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à trois ans et d'une amende de
10.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement,
le concessionnaire forestier qui :

1. refuse l'accès de sa concession à des agents de l'administration chargée des


forêts ou aux membres du conseil consultatif provincial des forêts en mission
de service ;

2. loue, échange ou cède sa concession sans autorisation de l’autorité


compétente;

3. exporte des essences en violation des restrictions instituées par les mesures
d'exécution de la présente loi ;

4. exploite les produits forestiers, sans autorisation requise.

Article 148 :
Est puni d'une servitude pénale de six mois à cinq ans et d'une amende de
20.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
celui qui :

1. dégrade un écosystème forestier ou déboise une zone exposée au risque


d'érosion ou d'inondation ;

2. dans une forêt classée, procède à l'émondage ou l'ébranchage des arbres


ou pratique la culture par essartage ;

3. déboise la forêt sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des cours
d'eau ou dans un rayon de 100 mètres autour de leur source ;

4. sans y être autorisé, coupe, arrache, enlève, mutile ou endommage des


arbres ou plants d'essences forestières protégées;

5. enlève, déplace ou dégrade des bornes, marques ou clôture servant à


délimiter des forêts ou des concessions forestières.
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Article 149 :
Les infractions aux articles 57 à 63 sont punies d'une servitude pénale de
deux mois à deux ans et d'une amende de 60.000 à 1.000.000 francs congolais
constants ou d'une de ces peines seulement.

Article 150 :
Est puni d'une servitude pénale de deux mois à un an et d'une amende
10.000 à 50.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
quiconque, dans une forêt classée, exerce un droit d'usage forestier en violation
des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.

Article 151 :
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à un an et d'une amende de
5.000 à 25.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement,
quiconque, dans une forêt protégée, exerce un droit d'usage forestier en
violation des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.

Article 152 :
Les concessionnaires et les exploitants forestiers sont, non seulement
civilement responsables des condamnations pour les infractions commises en
violation de la présente loi ou de ses mesures d’exécution par leurs préposés
dans les limites de leurs concessions ou exploitations, mais aussi solidairement
responsables du paiement des amendes et frais résultant des mêmes
condamnations, à moins de prouver qu’ils étaient dans l’impossibilité
d’empêcher la commission de l’infraction.

Article 153 :
Est puni d'une servitude pénale d’un à cinq ans et d'une amende de 20.000
à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement,
quiconque fait obstacle à l'accomplissement des devoirs des inspecteurs
forestiers, fonctionnaires et agents de l'administration chargée des forêts.

Article 154 :
Sans préjudice de l’alinéa 2 de l'article 146 de la présente loi, le récidiviste
est puni du maximum de la peine d'amende encourue pour toute infraction à la
présente loi ou à ses mesures d'exécution.

Aux termes de la présente loi, il y a récidive lorsque, dans les douze mois qui
précèdent le jour où l'infraction a été commise, il a été prononcé contre le
prévenu une peine définitive pour une infraction forestière.
41

TITRE X :
DES DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Article 155 :
Les détenteurs de titres dénommés garantie d'approvisionnement ou lettre
d'intention disposent d'un délai d'un an, à dater de l'entrée en vigueur de la
présente loi, pour les convertir en concessions forestières pour autant qu’ils
remplissent les conditions d’exploitation prévues par la présente loi.

Article 156 :
La présente loi abroge le décret du 11 avril 1949 portant régime forestier
ainsi que toutes les autres dispositions antérieures contraires.

Elle entre en vigueur à la date de sa promulgation.

Fait à Kinshasa, le 29 août 2002.


Joseph KABILA

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