Code forestier congolais de 2002
Code forestier congolais de 2002
2. PRINCIPALES INNOVATIONS
c. Trois catégories des forêts sont désormais prévues par la présente loi, à la
différence de l’ancienne loi, à savoir : forêts classées, forêts protégées et
forêts de production permanente. Celles-ci sont soustraites des forêts
protégées à la suite d’une enquête publique en vue de leur concession.
d. Par rapport au décret du 11 avril à la loi de 1949, cette loi insère dans le
régime forestier des dispositions spécifiques relatives à la fiscalité forestière.
Celle-ci se distingue de la fiscalité ordinaire et vise à asseoir une politique
de taxation forestière qui soit à même de garantir à la fois une gestion
durable de la ressource forestière, une incitation à la meilleure gestion
forestière et une conciliation d’objectifs de développement de l’industrie
forestière et de l’accroissement des recettes forestières.
1. Forêts :
Par extension, sont assimilées aux forêts, les terres réservées pour être
recouvertes d’essences ligneuses soit pour la production du bois, soit pour
la régénération forestière, soit pour la protection du sol.
Tous les autres produits forestiers, tels que les rotins, les écorces, les racines, les
rameaux, les feuilles, les fruits, les semences, les résines, les gommes, les latex,
les plantes médicinales ;
4. Aménagement forestier :
5. Conservation :
6. Déboisement :
7. Exploitation forestière :
8. Inventaire forestier :
9. Ministre :
11. Reboisement :
Opération qui consiste à examiner une forêt par voie aérienne et/ou à terre,
afin d’en acquérir une connaissance générale préliminaire à d’autres études
plus approfondies telles que l’inventaire et l’aménagement ;
14. Saisie :
Acte par lequel les agents forestiers assermentés retirent provisoirement à une
personne physique ou morale l'usage ou la jouissance des produits forestiers
6
15. Sylviculture :
18. Emondage :
Feu allumé très tôt en début de saison sèche aux fins d’aménagement des
aires de formations herbeuses.
20. Essartage :
21. Ebranchage :
L’action de couper une ou des branches d’un arbre que ce dernier soit
encore sur pied ou abattu, aussitôt avant ou après son abattage.
7
22. Bioprospection :
Article 2 :
Article 3 :
Le Code forestier est l’ensemble des dispositions régissant le statut,
l’aménagement, la conservation, l’exploitation, la surveillance et la police des
forêts et des terres forestières.
Article 4 :
Il est institué une politique forestière nationale dont l’élaboration incombe
au ministère ayant les forêts dans ses attributions.
Le plan forestier national fixe les objectifs à atteindre et définit les actions à
mettre en oeuvre. Il comporte notamment :
Article 5 :
Article 6 :
Afin d’adapter la politique forestière nationale aux particularités de chaque
province, un plan forestier provincial est élaboré par chaque Gouverneur de
province concernée après avis du conseil consultatif provincial. Le Gouverneur
implique les acteurs tant publics que privés du secteur forestier.
TITRE II :
DU STATUT DES FORETS
Chapitre Premier : DU CADRE JURIDIQUE DES FORETS
Article 7 :
Les forêts constituent la propriété de l’Etat.
Article 8 :
Les forêts naturelles ou plantées comprises dans les terres régulièrement
concédées en vertu de la législation foncière appartiennent à leurs
concessionnaires.
Les droits attachés à ces forêts sont exercés dans le respect des dispositions
de la présente loi et ses mesures d’exécution.
Article 9 :
Les arbres situés dans un village ou son environnement immédiat ou dans un
champ collectif ou individuel sont la propriété collective du village ou celle de
la personne à laquelle revient le champ.
Chapitre II :
DE LA CLASSIFICATION DES FORETS
Article 10 :
Le domaine forestier comprend les forêts classées, les forêts protégées et les
forêts de production permanente.
Les forêts protégées sont celles qui n’ont pas fait l’objet d’un acte de
classement et sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux droits
d’usage et aux droits d’exploitation.
Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des forêts
protégées par une enquête publique en vue de les concéder ; elles sont
soumises aux règles d’exploitation prévues par la présente loi et ses mesures
d’exécution.
Article 11 :
Toutes forêts classées, protégées ou de production permanente peuvent
être grevées d’une servitude foncière.
10
ère
Section 1 : Des Forêts classées
Article 12 :
Les forêts classées font partie du domaine public de l’Etat. Sont forêts
classées :
g. les arboreta ;
Article 13 :
Sont en outre classées, les forêts nécessaires pour :
g. en général, toute autre fin jugée utile par l’administration chargée des
forêts.
11
Article 14 :
Les forêts classées doivent représenter au moins 15 % de la superficie totale
du territoire national.
Article 15 :
Dans chaque province, les forêts sont classées suivant la procédure fixée
par décret du Président de la République.
Article 16 :
L’arrêté de classement détermine la localisation et les limites de la forêt
concernée, sa catégorie, sa dénomination, le mode de gestion de ses
ressources, les restrictions qui lui sont applicables, les droits d’usage susceptibles
de s’y exercer et l’institution chargée de sa gestion.
L’emprise des forêts classées peut être fixée de telle sorte que certaines de
leurs parties soient laissées à la disposition des populations riveraines en vue de
la satisfaction de leurs besoins domestiques, notamment en produits forestiers et
en terres de culture temporaire.
Article 17 :
Chaque forêt classée fait l’objet d’un plan d’aménagement dans les
conditions fixées par un arrêté du Ministre.
Article 18 :
La mise en valeur des forêts classées est faite conformément aux
prescriptions de l’acte de classement et aux dispositions du plan
d’aménagement.
12
Article 19 :
Il ne peut être procédé au déclassement partiel ou total d’une forêt classée
qu’après avis conforme des conseils consultatifs national et provinciaux des
forêts.
Article 20 :
Les forêts protégées font partie du domaine privé de l’Etat et constituent le
domaine forestier protégé.
Article 21 :
Les forêts protégées peuvent faire l’objet de concession moyennant un
contrat dont la durée ne peut excéder vingt-cinq ans. Ce terme est
renouvelable dans les conditions stipulées au contrat.
L’octroi d’une concession forestière confère un droit réel sur les essences
forestières concédées, à l’exclusion d’un quelconque droit sur le fonds de terre.
Article 22 :
Une communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de concession
forestière une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts
régulièrement possédées en vertu de la coutume.
Article 23 :
Les forêts de production permanente sont composées des concessions
forestières et des forêts qui, ayant fait l’objet d’une enquête publique, sont
destinées à la mise sur le marché.
Elles sont instituées par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et
l’agriculture dans leurs attributions.
Chapitre III :
DES INSTITUTIONS DE GESTION ET D’ADMINISTRATION DES FORETS
Article 24 :
La responsabilité de la gestion, de l’administration, de la conservation et de
la surveillance et la police des forêts incombent au ministère ayant les forêts
dans ses attributions.
Article 25 :
Le Ministre peut, par arrêté, déléguer en tout ou en partie, la gestion de
forêts classées à des personnes morales de droit public ou à des associations
reconnues d’utilité publique dans le but de les protéger et de les mettre en
valeur et d’y conduire les travaux de recherche ou d'autres activités d’intérêt
public.
Article 26 :
Le Ministre peut déléguer, en tout ou en partie, les pouvoirs que lui confère
la présente loi, aux Gouverneurs de province, à l’exception du pouvoir de
réglementation.
Article 27 :
Le Ministre pourvoit son administration de moyens et instruments adéquats
pour lui permettre d'assurer efficacement la mise en application de la présente
14
loi et de ses mesures d’exécution. En particulier, il dote les services chargés des
opérations de martelage et de saisie, d’un marteau forestier dont l’empreinte
est déposée au Ministère de la Justice et Garde des Sceaux.
Article 28 :
Il est créé au niveau tant national que provincial un cadastre forestier
assurant la conservation :
g. de tous actes constitutifs de droits réels, grevant les actes cités aux literas
b, c et d ci-dessus.
En cas de nécessité, un cadastre forestier peut être tenu dans une localité
déterminée.
Article 29 :
Il est créé un conseil consultatif national des forêts et des conseils
consultatifs provinciaux des forêts dont l’organisation, le fonctionnement et la
composition sont fixés respectivement par décret du Président de la République
et par arrêté du Ministre.
Article 30 :
Le conseil consultatif national des forêts est compétent pour donner des
avis sur :
Article 31 :
Le conseil consultatif provincial des forêts donne des avis sur tout projet de
classement ou de déclassement des forêts dans la province et, en général, sur
toute question qui lui est soumise par le Gouverneur de province.
Article 32 :
Le Ministre publie chaque année, et ce, avant le 31 janvier, la liste des
associations et organisations non-gouvernementales agréées exerçant leurs
activités statutaires dans le secteur de l’environnement en général et de la forêt
en particulier.
Chapitre IV :
DE LA RECHERCHE FORESTIERE
Article 33 :
En vue de promouvoir la gestion rationnelle et durable des forêts, le Ministre
prend, en collaboration avec les ministères et les organismes concernés, les
mesures nécessaires et met en oeuvre des programmes visant à favoriser le
développement de la recherche forestière.
Article 34 :
La recherche forestière porte notamment sur la gestion, l’inventaire,
l’aménagement, la conservation, l’exploitation, la transformation, la génétique
forestière, la sylviculture, la technologie du bois et la commercialisation des
produits forestiers.
Article 35 :
La planification, la réalisation et le suivi des travaux de recherche forestière
sont assurés en concertation entre les services et organismes relevant des
différents ministères et autres institutions concernées, chacun agissant dans les
limites de ses compétences.
TITRE III :
DES DROITS D’USAGE FORESTIERS
Chapitre Premier :
DU PRINCIPE GENERAL
Article 36 :
Les droits d’usage forestiers des populations vivant à l’intérieur ou à
proximité du domaine forestier sont ceux résultant de coutumes et traditions
locales pour autant que ceux-ci ne soient pas contraires aux lois et à l’ordre
public. Ils permettent le prélèvement des ressources forestières par ces
populations, en vue de satisfaire leurs besoins domestiques, individuels ou
communautaires.
L’exercice des droits d’usage est toujours subordonné à l’état et à la
possibilité des forêts.
Article 37 :
La commercialisation des produits forestiers prélevés au titre des droits
d’usage n’est pas autorisée, excepté certains fruits et produits dont la liste est
fixée par le Gouverneur de province.
Chapitre II :
DES DROITS D'USAGE DANS LES FORETS CLASSEES
Article 38 :
Dans les forêts classées, à l’exception des réserves naturelles intégrales, des
parcs nationaux et des jardins botaniques, les droits d’usage sont exercés
exclusivement par les populations riveraines et leur jouissance est subordonnée
au respect des dispositions de la présente loi et de ses mesures d’exécution.
Article 39 :
Dans les forêts classées, les droits d’usage sont limités :
Article 40 :
Les périmètres reboisés appartenant à l’Etat ou aux entités décentralisées
sont affranchis de tout droit d’usage forestier.
Chapitre III :
DES DROITS D'USAGE DANS LES FORETS PROTEGEES
Article 41 :
Tout Congolais peut exercer des droits d’usage sur l’ensemble du domaine
forestier protégé, à condition de se conformer aux dispositions de la présente loi
et de ses mesures d’exécution.
Article 42 :
Dans les forêts protégées, les cultures peuvent être pratiquées.
Toutefois, elles peuvent être prohibées par le Gouverneur de province,
après avis des services locaux chargés de l’agriculture et des forêts, lorsque
l’état de la forêt ou son intérêt futur rend cette mesure nécessaire. L’arrêté du
Gouverneur mentionne la durée de l’interdiction.
Les Ministres ayant les forêts et l’agriculture dans leurs attributions
réglementent, conjointement, là où ils le jugent utile, le zonage et les modalités
de mise en culture des terres forestières.
Article 43 :
Le prélèvement des produits forestiers à des fins domestiques est libre en
forêt protégée. Il ne donne lieu au paiement d’aucune taxe ou redevance
forestière.
Toutefois, le Ministre peut réglementer la récolte de tout produit forestier
dont il juge utile de contrôler l’exploitation.
Article 44 :
Les populations riveraines d’une concession forestière continuent à exercer
leurs droits d’usage traditionnels sur la concession dans la mesure de ce qui est
compatible avec l’exploitation forestière à l’exclusion de l’agriculture.
Le concessionnaire ne peut prétendre, à une quelconque indemnisation ou
compensation du fait de cet exercice.
18
TITRE IV :
DE LA PROTECTION DES FORETS
Chapitre Premier :
DES MESURES GENERALES DE PROTECTION ET DES ESSENCES PROTEGEES
Article 45 :
Le domaine forestier est protégé contre toute forme de dégradation ou de
destruction du fait notamment de l’exploitation illicite, de la surexploitation, du
surpâturage, des incendies et brûlis ainsi que des défrichements et des
déboisements abusifs.
Sont particulièrement interdits, tous actes de déboisement des zones
exposées au risque d’érosion et d’inondation.
Article 46 :
L’introduction sur le territoire national de tout matériel végétal forestier,
vivant ou mort, est soumise à l'autorisation préalable du Ministre ou de son
délégué, sur présentation d’un certificat d’origine et d’un certificat
phytosanitaire délivrés par l’organisme compétent du pays de provenance.
Article 47 :
Dans les forêts classées, sont interdits, l’émondage et l’ébranchage des
arbres ainsi que la culture par essartage.
Article 48 :
Est interdit, tout déboisement sur une distance de 50 mètres de part et
d’autre des cours d’eau et dans un rayon de 100 mètres autour de leurs sources.
Article 49 :
La liste des essences forestières protégées est fixée par arrêté du Ministre et
fait l’objet dans la même forme, de mises à jour périodiques.
Article 50 :
Sont interdits sur toute l’étendue du domaine forestier, l’abattage,
l’arrachage et la mutilation des essences forestières protégées.
Article 51 :
Dans le but de protéger la diversité biologique forestière, l’administration
chargée des forêts peut, même dans les zones forestières concédées, mettre en
réserve certaines essences ou édicter toutes restrictions qu’elle juge utiles.
19
Chapitre II :
DU CONTROLE DU DEBOISEMENT
Article 52 :
Tout déboisement doit être compensé par un reboisement équivalent, en
qualité et en superficie, au couvert forestier initial réalisé par l’auteur du
déboisement ou à ses frais.
Article 53 :
Toute personne qui, pour les besoins d’une activité minière, industrielle,
urbaine, touristique, agricole ou autre, est contrainte de déboiser une portion de
forêt, est tenue au préalable d’obtenir à cet effet un permis de déboisement.
Pour les activités agricoles, ledit permis n’est exigé que lorsque le
déboisement porte sur une superficie égale ou supérieure à 2 hectares.
Article 54 :
Le permis de déboisement est délivré par le Gouverneur de province,
lorsque la superficie à déboiser est égale ou inférieure à 10 hectares. Au-delà de
cette superficie, il est délivré par le Ministre. Dans les deux cas, un avis préalable
de l’administration forestière locale fondée sur une étude d’impact est requis.
Article 55 :
Le Gouverneur de province fixe, par arrêté pris sur proposition de
l'administration provinciale des forêts, les dates et les conditions d'allumage des
feux hâtifs.
Article 56 :
Afin de prévenir et de combattre les feux de forêts et de brousse,
l’administration forestière ou les entités décentralisées doivent prendre
notamment, les mesures suivantes :
20
1. constituer, former et équiper des brigades chargées de la lutte contre les feux,
ainsi que de la sensibilisation, de la formation et de l’encadrement des
populations locales ;
Article 57 :
Il est interdit de provoquer ou d’abandonner un feu susceptible de se
propager dans la forêt ou dans la brousse.
Dans le domaine forestier, il est interdit d’abandonner un feu non éteint.
Article 58 :
Il est défendu de porter ou d’allumer un feu en dehors des habitations et
des bâtiments d’exploitation situés à l’intérieur des forêts.
Article 59 :
Tout feu provoqué est à maîtriser par son auteur qui répond des dommages
résultant de son fait conformément à l’article 258 du code civil des obligations.
Article 60 :
Il est interdit d’allumer un feu dans un rayon de 500 mètres autour des forêts
situées dans la savane ou en bordure de celle-ci.
Article 61 :
L’interdiction est absolue dans les réserves naturelles intégrales et les parcs
nationaux où aucun feu ne peut être allumé, sauf pour les besoins
d’aménagement.
Article 62 :
En saison favorable, après information des populations locales concernées,
les agents forestiers procèdent d’office à l’incinération des herbages dans les
environs des forêts classées afin de les préserver des conséquences des feux
incontrôlés.
Article 63 :
Afin de prévenir et de combattre les incendies de forêt, l’autorité
administrative locale ou, à défaut, le responsable local chargé des forêts peut
requérir, même verbalement, les habitants des villages riverains de la forêt
concernée.
Article 64 :
L’autorité administrative locale répond civilement des conséquences
dommageables, pour les personnes et les biens, des feux allumés sous son
contrôle. Toutefois, la responsabilité de l’autorité locale est dégagée si elle
établit, pour ce qui concerne les feux hâtifs ou précoces, qu’une information
préalable suffisante a été faite par affichage ou proclamation et, s’agissant des
opérations de lutte contre les incendies, que les dommages résultent d’un cas
de force majeure.
Article 65 :
La mise en exploitation de toute forêt domaniale est subordonnée à
l'existence préalable d'un inventaire forestier.
Article 66 :
L’administration chargée des forêts établit et met périodiquement à jour
l’inventaire forestier national. Elle peut confier la réalisation de cet inventaire à
des bureaux d’études privés ayant les compétences et l’expérience requises et
jouissant de crédibilité. Les normes techniques, les données à relever, les travaux
à réaliser et les méthodes à suivre pour l’établissement des inventaires sont fixés
par arrêté du Ministre.
Article 67 :
Lorsqu’une forêt sollicitée n’a pas encore fait l’objet d’inventaire, les
travaux de reconnaissance et d’inventaire sont à la charge du requérant, sous
le contrôle de l’administration.
22
Article 68 :
La reconnaissance forestière est soumise à une autorisation délivrée par le
Gouverneur de province sur avis de l’administration forestière locale.
L’autorisation donne lieu au paiement d’une taxe dont le montant est
déterminé par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans
leurs attributions. Le bénéficiaire de l’autorisation de reconnaissance doit
aussitôt en entreprendre les travaux. La réalisation de l’inventaire est également
soumise à une autorisation délivrée par le Gouverneur de province.
L’autorisation donne lieu au paiement d’une taxe dont le montant est
déterminé par arrêté conjoint des Ministres ayant les forêts et les finances dans
leurs attributions. Les travaux d’inventaire doivent être réalisés, sous peine de
déchéance, dans un délai maximum d’un an à compter de la date de l’octroi
de l’autorisation. Le délai accordé pour la réalisation de l’inventaire peut être
prorogé d’une année au maximum et une seule fois sur demande motivée du
requérant.
Article 69 :
Lorsqu'une demande de reconnaissance ou d’inventaire émane d’un
concessionnaire ou d’un exploitant forestier déjà installé, elle ne peut être
instruite que si le requérant s’est acquitté de tous les droits et taxes afférents à la
concession ou à l'exploitation et s’il a respecté les clauses de son cahier des
charges.
Article 70 :
Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance ou d’inventaire forestiers
ne peut disposer d’aucun produit forestier dans la zone concernée.
L’autorisation de reconnaissance ou d’inventaire forestiers ne préjuge nullement
l’obtention ultérieure, par son bénéficiaire, d’une concession forestière ou d’un
droit d’exploitation dans la zone concernée.
Article 71 :
Toute activité de gestion et d’exploitation forestières est soumise à
l’élaboration préalable d’un plan d’aménagement forestier.
Article 72 :
Le domaine forestier est divisé en unités forestières d’aménagement aux
fins d’exécution des tâches de planification, de gestion, de conservation, de
reconstitution et d’exploitation des ressources forestières.
- le tourisme et la chasse ;
Article 73 :
Le découpage du domaine forestier en unités forestières d’aménagement
est effectué par voie d'arrêté du Ministre, sur proposition de l’administration
chargée des forêts, après concertation avec toutes les administrations
concernées. Ce découpage est réalisé en considération des caractéristiques
forestières propres à chaque zone et des objectifs de la politique forestière
nationale.
Article 74 :
Pour chaque unité forestière, le plan d’aménagement évalue l’état des
ressources forestières, fixe les mesures et détermine les travaux requis pour leur
conservation ainsi que leur aménagement et les modalités de leur exploitation.
Le plan d’aménagement d’une unité forestière est préparé soit par
l’administration chargée des forêts soit, sous son contrôle, par des organismes ou
bureaux d’études qualifiés.
Article 75 :
Le contrôle, le suivi et l’évaluation de l’exécution du plan d’aménagement
de l’unité sont assurés par l’administration chargée des forêts.
Article 76 :
Le plan d’aménagement d’une concession est élaboré sous la
responsabilité du concessionnaire par une personne physique ou morale
qualifiée.
Chapitre III :
DE LA RECONSTITUTION
DES FORETS
Article 77 :
L’administration chargée des forêts assure la reconstitution des forêts à
travers l’élaboration et l’application des programmes de régénération naturelle
et de reboisement qu’elle met à jour périodiquement.
Article 78 :
La reconstitution des ressources forestières incombe à l’Etat, aux entités
décentralisées, aux concessionnaires, aux exploitants forestiers et aux
communautés locales.
Article 79 :
L'Etat encourage l’implication de tous les citoyens, des communautés
locales et des entités décentralisées dans les opérations de reboisement.
Article 80 :
Les personnes et communautés qui réalisent des reboisements bénéficient,
en tout ou en partie, des produits forestiers qui en sont issus, dans les conditions
fixées par arrêté du Ministre.
Article 81 :
Pour assurer le financement des opérations de reboisement et
d’aménagement, de contrôle et de suivi de leur réalisation, il est créé un fonds
forestier national émargeant au budget pour ordre et alimenté notamment par
les recettes des taxes de reboisement et autres redevances forestières.
TITRE VI :
DE LA CONCESSION FORESTIERE
Chapitre Premier :
DES PRINCIPES GENERAUX
Article 82 :
Toute personne désirant obtenir une concession forestière doit remplir les
conditions suivantes :
Le cautionnement peut être remplacé par une garantie donnée par une
banque ou par une institution financière agréée.
26
Article 83 :
L’attribution des concessions forestières se fait par voie d’adjudication.
Article 84 :
Le contrat de concession forestière est précédé d’une enquête publique,
exécutée dans les formes et suivant la procédure prévue par arrêté du Ministre.
Article 85 :
La forêt à mettre en adjudication publique est proposée par l’administration
chargée des forêts qui en effectue l’estimation et fixe la mise à prix.
Article 86 :
Sans préjudice des dispositions de l’article 83 de la présente loi, l’attribution
d’une forêt de gré à gré doit être motivée et autorisée par le Ministre.
Chapitre II :
DU CONTRAT DE CONCESSION FORESTIERE
Article 87 :
Toute personne physique ou morale qui conclut un contrat de concession
forestière avec l’Etat doit présenter des garanties techniques et financières
jugées suffisantes pour notamment :
Article 88 :
Le contrat de concession forestière comprend deux parties : le contrat
proprement dit qui détermine les droits et les obligations des parties, et un cahier
des charges qui fixe les obligations spécifiques incombant au concessionnaire.
Article 89 :
Le cahier des charges comporte des clauses générales et des clauses
particulières.
Le cahier des charges est établi suivant un modèle défini par voie d’arrêté
du Ministre.
28
Article 90 :
Le contrat de concession forestière confère au concessionnaire le droit
d’exploiter la superficie de forêt concédée, dans le respect des dispositions de
la présente loi et de ses mesures d’exécution.
Article 91 :
Les normes relatives aux installations devant être implantées dans les
concessions forestières sont fixées par arrêté du Ministre.
Article 92 :
Le contrat de concession forestière est signé, pour le compte de l’Etat, par
le Ministre.
Sous réserve des droits acquis, il ne peut être concédé à une même
personne, en un seul ou plusieurs tenants, des forêts d’une superficie totale
supérieure à 500.000 hectares.
Article 93 :
Sans préjudice du paiement d’autres taxes relatives à l’exploitation
forestière, l’exploitant est tenu, pour toute concession forestière au payement
d’une redevance calculée en fonction de la superficie.
Article 94 :
Le concessionnaire forestier a le droit exclusif de prélever, dans la zone
concédée, tous les bois exploitables pour leur transformation locale ou leur
exportation.
Article 95 :
Le concessionnaire ne peut louer, céder, échanger ou donner la
concession forestière sans l’autorisation préalable, selon les cas, du Ministre ou
du Président de la République.
29
Dans les autres cas, les concessionnaires originaire et nouveau sont tenus
solidairement de leurs obligations envers l’Etat.
TITRE VII :
DE L’EXPLOITATION FORESTIERE
Chapitre Premier :
DES MODES D’EXPLOITATION
Article 96 :
L’exploitation forestière s’entend, non seulement de la coupe ou de la
récolte des produits forestiers, mais aussi de l’utilisation de la forêt à des fins
touristiques ou récréatives.
Article 97 :
Les forêts de production permanente peuvent être exploitées soit :
Article 98 :
Les autorisations d’exploitation sont strictement personnelles et ne peuvent
être ni cédées ni louées. Elles ne peuvent être accordées qu’à titre onéreux.
Elles sont réglementées par arrêté du Ministre qui en fixe les types, les
modalités d’octroi, les droits y attachés et la durée de validité et détermine les
autorités habilitées à les délivrer.
Chapitre II :
DES DROITS ET OBLIGATIONS DE L’EXPLOITANT FORESTIER
Article 99 :
L'exploitation des forêts domaniales, y compris celles faisant l’objet d’une
concession forestière, est assujettie à l’élaboration préalable d’un plan
d’aménagement.
30
Article 100 :
L’exploitation de toute portion de forêt domaniale doit être effectuée
conformément aux prescriptions du plan d’aménagement s’y rapportant.
Article 101 :
Pour la production de bois, notamment le bois de feu et le charbon de bois,
l’exploitant assure, conformément à l’article 107 ci-dessous, une exploitation
durable de la forêt, sous peine de l’annulation de son autorisation par l’autorité
compétente.
Article 102 :
Sous réserve de l'exercice des droits d’usage forestiers reconnus aux
populations locales, l’exploitation de tout produit forestier est soumise à l’une
des autorisations prescrites par l’article 98 de la présente loi et donne lieu au
paiement d’une taxe dont l’assiette et le taux sont fixés par arrêté conjoint des
Ministres ayant les forêts et les finances dans leurs attributions.
Article 103 :
Tout concessionnaire ou exploitant forestier a le droit d’accéder à une voie
d’évacuation publique, par des routes, pistes, chemins de triage ou voies
ferrées, cours d’eau sans aucune entrave de la part de l’occupant ou du
concessionnaire du fonds traversé.
Article 104 :
A défaut d’une solution à l’amiable, le différend est soumis à une
commission composée comme suit :
Article 105 :
Les concessionnaires et exploitants forestiers sont tenus de donner toutes
facilités d’accès à leur concession ou exploitation aux agents de l’administration
chargée des forêts et aux membres du conseil consultatif provincial des forêts,
lorsqu'ils sont en mission de service.
Article 106 :
Sans préjudice de l’exercice de tous les droits reconnus par la loi aux
communautés locales, le concessionnaire ou l'exploitant forestier a l’exclusivité
d’utilisation du réseau d’évacuation qu’il a établi.
Article 107 :
Toute exploitation des produits forestiers doit être effectuée dans le respect
des clauses du cahier des charges annexé au contrat ou des dispositions
mentionnées dans le permis.
Article 108 :
Les produits forestiers bruts sont soumis aux règles de normalisation et de
classification définies par arrêté interministériel pris par les Ministres ayant
l’Industrie et les forêts dans leurs attributions.
Article 109 :
L’Etat encourage la promotion de l’industrie de transformation locale en
vue de garantir la valeur ajoutée du bois et d’autres produits forestiers.
Dans les conditions fixées par arrêté du Ministre, les quotas d’exportation
sont définis et accordés en tenant compte de l’importance du volume de bois
transformé dans le pays.
Article 110 :
L’administration chargée des forêts peut, sous réserve de réparation des
dommages subis par le concessionnaire ou l'exploitant forestier, soustraire d'une
zone concédée ou exploitée les arbres ou les superficies nécessaires à
l’exécution de travaux d’intérêt général ou d’utilité publique.
Chapitre III :
DE L’EXPLOITATION DES FORETS DES COMMUNAUTES LOCALES
Article 111 :
L’exploitation des forêts des communautés locales se fait sous la supervision
et le contrôle technique de l’administration locale chargée des forêts.
Article 112 :
Outre les droits d’usage, les communautés locales ont le droit d’exploiter
leur forêt.
Cette exploitation peut être faite soit par elles-mêmes, soit par
l’intermédiaire d’exploitants privés artisanaux, en vertu d’un accord écrit.
Les exploitants privés artisanaux ne peuvent opérer dans les forêts des
communautés locales que moyennant la détention d’un agrément délivré par
le Gouverneur de province, sur proposition de l’administration forestière locale.
33
Article 113 :
Pour les besoins d’exploitation de leurs forêts, les communautés locales
peuvent demander le concours de l’administration forestière et obtenir une
assistance de sa part.
L’exploitation des forêts des communautés locales peut être confiée à des
tiers en vertu d’un contrat d’exploitation. Ce contrat doit être subordonné à
l’approbation de l’administration forestière locale.
Chapitre IV :
DE LA DECHEANCE DES DROITS DE L’EXPLOITANT FORESTIER
Article 114 :
Les exploitants forestiers sont tenus de respecter les délais d’exploitation
prescrits par les dispositions de la présente loi et ses mesures d’exécution.
Article 115 :
Le concessionnaire est tenu de s’installer et d’exploiter la forêt dans les dix-
huit mois qui suivent la signature du contrat de concession.
Article 116 :
Sauf cas de force majeure prouvée, l’arrêt de l’exploitation par le
concessionnaire pendant deux années consécutives entraîne la reprise par
l’Etat de la forêt concédée.
Article 117 :
La déchéance des droits du concessionnaire entraîne la saisie à titre
conservatoire des installations et du matériel immobilisé.
Sur la valeur de ces biens, l’Etat prélève, par privilège, ce qui lui est dû à
quelque titre que ce soit, y compris les frais de conservation engagés jusqu’à la
réalisation des biens.
34
Article 118 :
En cas de cessation de paiement ou d’insolvabilité du concessionnaire, il
est fait application du droit commun.
Article 119 :
Les concessions de conservation et de bioprospection ne sont pas
concernées par les dispositions des articles 115 à 118 de la présente loi.
TITRE VIII :
DE LA FISCALITE FORESTIERE
Article 120 :
Aucun exploitant forestier, aucun exportateur ni transformateur des produits
forestiers ne peut, quel que soit le régime fiscal auquel il est soumis, être exonéré
du paiement des droits, taxes et redevances prévues par la présente loi ou ses
mesures d’exécution.
Article 121 :
Les taux des taxes et des redevances prévues par la présente loi sont fixés
par arrêté conjoint des Ministres ayant respectivement les forêts et les finances
dans leurs attributions suivant les modalités ci-après :
2°. taxe d’abattage : le taux varie selon les classes des essences forestières et les
zones de prélèvement ;
3°. taxes à l’exportation : les taux de taxes à l’exportation des produits bruts sont
supérieurs à ceux des taxes à l’exportation des produits transformés ;
Article 122 :
Les produits des taxes et des redevances forestières sont versés au compte
du Trésor Public et répartis comme suit :
Article 123 :
Les taxes et redevances forestières ainsi que les intérêts de retard sont
recouvrés conformément aux dispositions de la législation fiscale.
Article 124 :
Le recouvrement des taxes et redevances est garanti par les privilèges et
hypothèques prévus par les législations fiscale et foncière.
Article 125 :
Les réclamations sur les taxes et redevances forestières sont recevables
jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle du versement de la taxe, de la
redevance ou de la notification de mise en recouvrement, s’il a été procédé à
cette notification.
TITRE IX :
DES DISPOSITIONS PENALES
Chapitre Premier :
DE LA PROCEDURE
Article 126 :
L'action publique en matière d'infraction forestière se prescrit :
Article 127 :
Sans préjudice des prérogatives des officiers du ministère public, les
infractions forestières sont recherchées et constatées par les inspecteurs
forestiers, les fonctionnaires assermentés et les autres officiers de police judiciaire
dans leur ressort territorial.
Article 128 :
Avant d’exercer les fonctions d’officier de police judiciaire, les inspecteurs
forestiers, les fonctionnaires et agents de l'administration prêtent serment devant
le Procureur de la République du ressort dans les termes suivants : « Je jure
fidélité à la Nation congolaise, obéissance à la Constitution et aux lois de la
République, de remplir fidèlement les fonctions qui me sont confiées et d’en
rendre loyalement compte à l’officier du ministère public »
Article 129 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent procéder à la saisie et à la mise sous séquestre des
instruments, véhicules et objets ayant servi à commettre une infraction forestière
ou qui en sont le produit.
Ils ne peuvent procéder à des visites et perquisitions dans les maisons
d'habitation, dans les bâtiments, dans les cours adjacents et dans les enclos que
sur autorisation d'un officier du ministère public.
En cas de refus, l'agent concerné en fait mention dans son procès-verbal.
37
Article 130 :
Les frais de séquestre et de vente sont taxés et prélevés sur le produit de la
vente. Le surplus est déposé auprès de l’administration locale chargée des
forêts.
Article 131 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent appréhender et conduire devant l'officier du ministère
public du ressort, toute personne surprise en flagrant délit d'infraction forestière.
Article 132 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire peuvent requérir la force publique pour la répression des
infractions forestières et pour la saisie des produits forestiers illégalement détenus,
transportés, vendus ou achetés.
Article 133 :
Les inspecteurs forestiers, fonctionnaires, agents assermentés et officiers de
police judiciaire consignent dans des procès-verbaux la nature, le lieu et les
circonstances des infractions constatées, les éléments de preuve relevés et des
dépositions des personnes ayant fourni des renseignements.
Article 142 :
Dans l'exercice de leurs fonctions de contrôle et de répression, les
inspecteurs, fonctionnaires et agents forestiers sont astreints au port de l'uniforme
et des insignes de leur grade, dans les conditions fixées par arrêté du Ministre.
Cet arrêté détermine les cas exceptionnels dans lesquels ils peuvent exercer
leurs fonctions en tenue civile.
Dans tous les cas, ils doivent se munir de leur carte de service.
Chapitre II :
DES SANCTIONS
Article 143 :
Sans préjudice des dommages-intérêts et de la saisie ou de la restitution des
produits de l'infraction, des instruments ayant servi à la commettre et de la
remise en état des lieux, est puni d'une servitude pénale de trois mois à deux ans
38
Article 144 :
Est puni d'une servitude pénale de six mois à trois ans et d'une amende de
100.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement :
Article 145 :
Est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à deux ans et d'une
amende de 20.000 à 100.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement, quiconque falsifie l'une des autorisations prévues par la présente loi
et ses mesures d'exécution.
Sont considérées illicites, les coupes pratiquées sous une autorisation falsifiée
et la détention des produits forestiers en vertu d’une telle autorisation.
Les agents assermentés qui en font le constat ordonnent l’arrêt des travaux
de coupe et saisissent les produits ainsi que les outils, machines et véhicules
ayant servi aux travaux.
Article 146 :
Est puni d'une peine de servitude pénale de deux mois à deux ans et d'une
amende de 25.000 à 125.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines
seulement, quiconque contrefait ou falsifie les marques régulièrement déposées,
fait usage de marteau contrefait ou falsifié, ou, s'étant indûment procuré le
marteau véritable, en fait frauduleusement usage, en enlève ou tente d'en
enlever les marques.
En cas de récidive, il est puni d'une peine de servitude pénale de six mois à
trois ans et d'une amende de 500.000 à 1.000.000 francs congolais constants.
39
Article 147 :
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à trois ans et d'une amende de
10.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement,
le concessionnaire forestier qui :
3. exporte des essences en violation des restrictions instituées par les mesures
d'exécution de la présente loi ;
Article 148 :
Est puni d'une servitude pénale de six mois à cinq ans et d'une amende de
20.000 à 500.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
celui qui :
3. déboise la forêt sur une distance de 50 mètres de part et d'autre des cours
d'eau ou dans un rayon de 100 mètres autour de leur source ;
Article 149 :
Les infractions aux articles 57 à 63 sont punies d'une servitude pénale de
deux mois à deux ans et d'une amende de 60.000 à 1.000.000 francs congolais
constants ou d'une de ces peines seulement.
Article 150 :
Est puni d'une servitude pénale de deux mois à un an et d'une amende
10.000 à 50.000 francs congolais constants ou d'une de ces peines seulement
quiconque, dans une forêt classée, exerce un droit d'usage forestier en violation
des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.
Article 151 :
Est puni d'une servitude pénale d’un mois à un an et d'une amende de
5.000 à 25.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement,
quiconque, dans une forêt protégée, exerce un droit d'usage forestier en
violation des dispositions de la présente loi ou de ses mesures d'exécution.
Article 152 :
Les concessionnaires et les exploitants forestiers sont, non seulement
civilement responsables des condamnations pour les infractions commises en
violation de la présente loi ou de ses mesures d’exécution par leurs préposés
dans les limites de leurs concessions ou exploitations, mais aussi solidairement
responsables du paiement des amendes et frais résultant des mêmes
condamnations, à moins de prouver qu’ils étaient dans l’impossibilité
d’empêcher la commission de l’infraction.
Article 153 :
Est puni d'une servitude pénale d’un à cinq ans et d'une amende de 20.000
à 500.000 francs congolais constants ou de l'une de ces peines seulement,
quiconque fait obstacle à l'accomplissement des devoirs des inspecteurs
forestiers, fonctionnaires et agents de l'administration chargée des forêts.
Article 154 :
Sans préjudice de l’alinéa 2 de l'article 146 de la présente loi, le récidiviste
est puni du maximum de la peine d'amende encourue pour toute infraction à la
présente loi ou à ses mesures d'exécution.
Aux termes de la présente loi, il y a récidive lorsque, dans les douze mois qui
précèdent le jour où l'infraction a été commise, il a été prononcé contre le
prévenu une peine définitive pour une infraction forestière.
41
TITRE X :
DES DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Article 155 :
Les détenteurs de titres dénommés garantie d'approvisionnement ou lettre
d'intention disposent d'un délai d'un an, à dater de l'entrée en vigueur de la
présente loi, pour les convertir en concessions forestières pour autant qu’ils
remplissent les conditions d’exploitation prévues par la présente loi.
Article 156 :
La présente loi abroge le décret du 11 avril 1949 portant régime forestier
ainsi que toutes les autres dispositions antérieures contraires.