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Étude des applications linéaires et matrices

Le document présente un devoir de mathématiques sur les applications linéaires et les matrices complexes. Il aborde la vérification de la linéarité d'une fonction, le calcul de son noyau et de son image, ainsi que des propriétés d'injectivité et de surjectivité. La seconde partie traite des hyperplans stables par le produit matriciel et démontre que, sous certaines conditions, la dimension n doit être égale à 2.

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Exercice
Soit f l’application de R3 dans R2 définie par :

∀ x, y, z ∈ R3 ,
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
f x, y, z = 2x + y − z, x + y .

1. Vérifier que f est linéaire.


2. Déterminer le noyau et l’image de f .
3. f est-elle injective ? surjective ? Justifier vos réponses.

Problème
Dans tout ce problème, C désigne le corps des nombres complexes et n un entier naturel supérieur ou égal à 2. Si p ∈ N∗
on note Mn,p (C) l’espace des matrices à n lignes et p colonnes, et à coefficients dans C. Pour A ∈ Mn,p (C), t A désigne la
matrice transposée de A et rg (A) son rang.
Si p = n, Mn,p (C) est noté simplement Mn (C) ; GLn (C) désigne le groupe des matrices inversibles de Mn (C) et In la
matrice identité de Mn (C). Si A ∈ Mn,p (C), on note tr (A) la trace de A et A−1 l’inverse de A si A est dans GLn (C).
Si α1 , α2 , · · · , αn sont des nombres complexes, on note diag (α1 , α2 , · · · , αn ) la matrice diagonale de Mn (C) qui admet pour
coefficients diagonaux les réels α1 , α2 , · · · , αn pris dans cet ordre.
Dans ce problème (Mn (C))∗ désigne le dual de l’espace vectoriel Mn (C). On rappelle qu’il s’agit du C-espace vectoriel
des formes linéaires sur Mn (C) ; il est de dimension finie et on a :

dim (Mn (C))∗ = dim Mn (C) = n 2 .

Partie I - Un isomorphisme canonique de Mn (C) sur son dual (Mn (C))∗


Pour tout couple i , j éléments de {1, 2, · · · , n}, on note Ei , j la matrice de Mn (C) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui
¡ ¢

de la i -ème ligne et j -ème colonne valant 1 ; on rappelle que Ei , j 1Éi , j Én est la base canonique de Mn (C) et que :
¡ ¢

∀ i , j , k, ℓ ∈ {1, 2, · · · , n}4 , Ei , j Ek,ℓ = δ j ,k Ei ,ℓ


¡ ¢

δ j ,k étant le symbole de Kronecker valant 1 si j = k et 0 sinon.


1. Vérifier que, pour tout A ∈ Mn (C), l’application TA : Mn (C) −→ C, M 7−→ tr (AM) est une forme linéaire sur Mn (C).
2. On note Φ : Mn (C) −→ (Mn (C))∗ l’application définie par :

∀A ∈ Mn (C) , Φ (A) = TA .

(a) Vérifier que Φ est une application linéaire.


(b) Monter que Φ est injective.
(c) Montrer que, pour toute forme linéaire ψ sur Mn (C), il existe une unique matrice A ∈ Mn (C) telle que ψ = TA .
3. Soit H un hyperplan de Mn (C). Justifier qu’il existe A ∈ Mn (C), non nulle, telle que H = Ker (TA ).
4. Soient A, B ∈ Mn (C), avec A ̸= O. Montrer que si Ker (TA ) ⊂ Ker (TB ) alors il existe λ ∈ C tel que B = λA.
5. Montrer que si M, N ∈ Mn (C), alors tr (MN) = tr (NM).
6. Soient A et B deux matrices semblables et soit P ∈ GLn (C) telle que A = PBP −1 ; on pose H A = Ker (TA ) et H B =
Ker (TB ). Montrer que H A = PH B P −1 = PMP −1 , M ∈ H B .
© ª

MPSI (2024-25) 1 Yassine Kharou


Lycée Bab Essahra - Guelmim
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Partie II - Étude des hyperplans de Mn (C) stable par le produit matriciel


Dans cette partie, on suppose qu’il existe un hyperplan H de Mn (C) stable par le produit matriciel et on cherche à montrer
que n = 2 ; on note ψ une forme linéaire non nulle sur Mn (C) telle que H = Ker ψ .
¡ ¢

1. On cherche à montrer que In ∈ H ; raisonnons par l’absurde, on suppose que In ∉ H .


(a) Vérifier que : ψ (In ) ̸= 0.
ψ (M)
(b) Soit M ∈ Mn (C) une matrice telle que M2 ∈ H ; on pose λ = .
ψ (In )
i. Montrer que : (M − λIn )2 ∈ H .
ii. En déduire que λ2 In − 2λM ∈ H .
¡ ¢

iii. Montrer que λ = 0 et conclure que M ∈ H .


(c) Montrer que pour tout couple i , j d’éléments de {1, 2, · · · , n}2 avec i ̸= j , Ei , j ∈ H .
¡ ¢

(d) En déduire que pour tout i ∈ {1, 2, · · · , n}, Ei ,i ∈ H .


(e) Conclure.
On a donc In ∈ H ; on note A ∈ Mn (C) une matrice non nulle telle que H = Ker (TA ).
2. Soit M ∈ H . Montrer que : Ker (TA ) ⊂ Ker (TAM ) et en déduire qu’il existe λM ∈ C tel que :

A (M − λM In ) = O.

3. En déduire que H ⊂ F + [Link] , où F = {N ∈ Mn (C) ; AN = O}.


4. Vérifier que F est un sous espace vectoriel de Mn (C) et qu’il est isomorphe à l’espace vectoriel L Mn,1 (C) , Ker ϕA
¡ ¡ ¢¢

des applications linéaires de Mn,1 (C) dans Ker ϕA , où ϕA désigne l’endomorphisme de Mn,1 (C) défini par :
¡ ¢

∀X ∈ Mn,1 (C) , ϕA (X) = AX.

5. Montrer que dimC F = n n − rg (A) et en déduire que n. rg (A) É 2.


¡ ¢

6. Conclure que n = 2.

MPSI (2024-25) 2 Yassine Kharou


Lycée Bab Essahra - Guelmim

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