CHAPITRE 1
INTRODUCTION
1.1 Qu'est-ce qu'un gisement (le gisement)?
C'est une opinion encore assez répandue dans le public peu au fait des réalités pétrolières
que les hydrocarbures se trouvent stockés sous terre dans de vastes cavités naturelles. Ainsi
parle-t-on couramment de "poches de gaz" et imagine-t-on les "nappes de pétrole" à la manière
des lacs ou des mers souterraines que décrit Jules Verne dans le "Voyage au centre de la terre".
La réalité est toute autre et un "réservoir" imprégné d'hydrocarbures ressemble déjà plus à
un énorme pain de sucre imbibé de café par exemple, et piégé dans le sous-sol.
En fait un gisement est constitué d'une (ou plusieurs) roche(s) réservoir(s) contenant des
hydrocarbures à l'état monophasique (huile ou gaz) ou diphasique (huile et gaz), de l'eau, et
pouvant être en communication avec une formation aquifère parfois très étendue, le tout
surmonté d'une roche couverture étanche faisant piège (figure 1).
FIG. 1 Coupe verticale d'un gisement
Introduction
Exemple de gisement:
Les gisements reconnus actuellement sont au nombre de 30000.
Leur taille, leurs caractéristiques et leur profondeur sont extrêmement variables.
Citons Ghawar en Arabie Saoudite (numéro 1 mondial)
-la surface fermée est supérieur à 8000 km2
-les réserves estimées est 10 milliards de tonnes.
Certains gisement exploités sont inferieur à 1 km2 et ont des réserves inferieur à 100000
tonnes.
Hassi messaoud dont la surface est supérieur à 1250 km2
1.2 En quoi consistent les études de gisement
Leur but essentiel est de développer un gisement (nombre de puits, emplacement) et de faire
des prévisions de production. Ceci nécessite un minimum de connaissances, sur le (ou les)
réservoir(s), obtenues essentiellement à partir de plusieurs forages dit de reconnaissance, avec
des données fondamentales obtenues par les carottages, les diagraphies et les essais de puits,
comme nous le verrons.
D'autres informations peuvent être obtenues à partir d'études géologiques et géophysiques
fines.
Un certain nombre de mécanismes naturels concourent à la production, tels que, par
exemple, l'expansion des fluides eux-mêmes ou l'invasion du gisement par l'eau de la formation
aquifère. La récupération des hydrocarbures en place est en outre souvent améliorée par une
intervention dans la roche telle que, par exemple, une injection d'eau ou de gaz.
On verra que, suivant le mode d'exploitation choisi (nombre et disposition des puits, rythme
de production, fluide et débit d'injection ainsi que moment du début de celle-ci), la récupération
obtenue lors de l'abandon économique est plus ou moins importante. Il est donc nécessaire, afin
de faire un choix, de pouvoir prévoir l'évolution du gisement dans différentes hypothèses. Ceci
nécessite, outre la connaissance de la forme structurale, la connaissance :
• des volumes de fluides en place, de leur répartition et des possibilités d'écoulement dans
la roche ;
• du comportement de ces fluides lors de la décompression du gisement ;
• des lois qui régissent les écoulements dans la roche soit d'un fluide seul, soit de plusieurs
fluides simultanément ;
Introduction
• des différents facteurs provoquant le déplacement des fluides vers le puits et leur
importance dans différentes hypothèses de soutirage.
Le développement choisi sera fonction des conditions technologiques et économiques, et
parfois politiques.
Introduction
Introduction
Introduction
1.3 Différents types de gisements
Pièges structuraux
Le plus courant est le piège anticlinal, structure où les roches ont été plissées en forme
de voûte par les mouvements terrestres. Pour le géologue, la présence d’un anticlinal est
un indice en faveur de la présence de gisements. En effet, environ 80% des gisements de
pétrole sont de ce type.
Lors de la création d’une faille, un bloc terrestre peut également glisser vers le haut ou
vers le bas au niveau de la cassure. Une couche imperméable peut alors venir obstruer
une couche perméable et arrêter le pétrole dans sa migration.
Introduction
Introduction
Pièges stratigraphiques
• Les dômes de sel (appelés diapirs) sont des masses de sel formées en profondeur
• qui remontent sous l’effet de la température et de la pression. En s’élevant,
• elles traversent des couches perméables et subdivisent les réserves de pétrole.
• En surplombant les roches-réservoirs, les dômes de sel imperméables constituent
des roches-couverture
Introduction
Introduction
Le réservoir proprement dit est surmonté d'une couche imperméable (argile, sel massif,
anhydrite, …) appelée roche couverture dont la continuité empêche les hydrocarbures de migrer
vers la surface.
Les gisements se distinguent aussi par leur contenu : huile, huile et gaz, ou gaz, avec ou sans
aquifère.
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FIG. 2a Pièges structuraux
FIG. 2b Pièges stratigraphiques
Introduction
CHAPITRE 2
ÉTUDE DES ROCHES RÉSERVOIRS
ET DE LEUR CONTENU
Introduction
Introduction
Introduction
Au cours du forage d'un puits, il est très important de connaître les caractéristiques des couches
traversées susceptibles d'être productrices. Dans cette intention, on procède généralement à un
carottage mécanique qui permet d'extraire des échantillons de roches qu'on analyse en laboratoire.
Les mesures effectuées ont pour but de déterminer la porosité, la perméabilité et les saturations en
fluides de la roche ainsi que les limites des zones intéressantes. Les diagraphies différées donnant
des informations en continu représentent l'autre outil fondamental à cet égard.
Les roches réservoirs sont essentiellement des grès (ou sables) et des carbonates: calcaires et
dolomies.
Lors de la migration des hydrocarbures le déplacement de l'eau susjacente n'a jamais été
complète. En effet, la perméabilité à un fluide devient nulle quand la saturation en ce fluide devient
trop faible : ce seuil est appelé la saturation irréductible (pour le fluide considéré). En conséquence,
il y aura toujours de l'eau dans un gisement., appelée eau interstitielle. Ceci est la conséquence des
phénomènes capillaires liés à l'exiguïté des pores : l'eau est un fluide "mouillant" qui s'étale sur les
surfaces solides et va rester piégée dans les pores les plus petits.