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Techniques d'Expression Écrite en Français

Le module d'expression écrite de l'Université Catholique de Bukavu vise à former les étudiants à maîtriser les techniques d'écriture en français, en respectant les règles morphosyntaxiques et en rédigeant des textes argumentatifs et administratifs. Les étudiants apprendront à construire des phrases, à utiliser la ponctuation correctement, et à organiser des paragraphes logiques. Ce module est essentiel pour préparer les futurs enseignants à transmettre ces compétences à leurs élèves dans un contexte où l'exercice de la langue française est limité.

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Techniques d'Expression Écrite en Français

Le module d'expression écrite de l'Université Catholique de Bukavu vise à former les étudiants à maîtriser les techniques d'écriture en français, en respectant les règles morphosyntaxiques et en rédigeant des textes argumentatifs et administratifs. Les étudiants apprendront à construire des phrases, à utiliser la ponctuation correctement, et à organiser des paragraphes logiques. Ce module est essentiel pour préparer les futurs enseignants à transmettre ces compétences à leurs élèves dans un contexte où l'exercice de la langue française est limité.

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UNIVERSITE CATHOLIQUE DE BUKAVU

Module d’expression écrite


Par CIRIMWAMI BARHATULIRWA Emmanuel
Professeur Associé
ISP/Bukavu

2023-2024

1
TECHNIQUES D’EXPRESSION ECRITE

1. Objectifs de l’apprentissage

Au terme de cet enseignement/apprentissage, les étiudiants seront capables de:


- Exprimer leurs idées par écrit en tenant compte des règles morphosyntaxiques du
français, c’est-à-dire en respectant les aspects liés à la morphologie du français
ainsi que celles liées à construction syntaxiques des phrases françaises ;
- Construire des paragraphes logiques respectant tous les paramètres de la rédaction
d’un paragraphe argumentatif ;
- Faire usage des signes de ponctuation en tenant compte de leurs fonctions
syntaxiques et sémantiques ;
- Rédiger un texte argumentatif en utilisant correctement les différents connecteurs
logiques ;
- Et enfin produire quelques textes administratifs tels que le curriculum vitae, la
lettre administrative, le compte rendu, le procès-verbal, le rapport de stage, etc.

2. Introduction du module
Pour devenir de bons enseignants des langues (anglais ou français) au secondaire,
les étudiants du niveau 4 ont l’obligation de maitriser les techniques d’expression
écrite pour qu’à leur tour, ils aillent former les élèves aux mêmes techniques
rédactionnelles. C’est pourquoi, ils doivent connaître les règles
morphosyntaxiques de la construction de la phrase française. Ils doivent connaître
la logique de la construction du paragraphe, le bon usage de la ponctuation, la
relation entre les différents paragraphes au sein d’un texte argumentatif ainsi que la
connaissance des règles de rédaction de quelques documents qui s’invitent dans
notre vie de tous les jours.
Le défi est que dans un contexte comme celui du Rwanda, les étudiants, et plus
tard les élèves, n’ont plus d’espace pour l’exercice de la langue française. C’est
pourquoi, les étudiants doivent d’abord fournir, chacun des efforts individuels pour
gagner le retard causé dans l’apprentissage du français, et plus tard, en classe
2
d’enseignement/apprentissage, multiplier de petits exercices d’approfondissement
pour accroitre la maîtrise de l’orthographe chez les apprenants.
Vu sous cet angle, ce module présentera des éléments basiques allant de la
construction de la phrase française au texte argumentatif en passant par la
rédaction du paragraphe et de l’usage logique de la ponctuation.

3. Contenu du module
I. LA PHRASE FRANÇAISE
I.1. Définition
I.2. Les types de phrases selon leur étendue
I.3. Les types de phrases selon leurs contenus

II. L’USAGE DE LA PONCTUATION


II.1. La fonction syntaxique de la ponctuation
II.2. La fonction logique de la ponctuation

III. LA LOGIQUE DE LA CONSTRUCTION DU PARAGRAPHE


III.1. Le contenu du paragraphe
III.2. Les types de paragraphes

IV. LES CONNECTEURS LOGIQUES ET LEURS LIENS DANS LES


PHRASES
IV.1. Les conjonctions de coordination
IV.2. Les conjonctions de subordination

V. QUELQUES TEXTES FONCTIONNELS


V.1. Le curriculum vitae
V.2. La lettre administrative
V.3. Le compte rendu
V.4. Le procès-verbal
V.5. Le rapport de stage
V.6. Le communiqué

Conclusion

3
I. LA SYNTAXE DE LA PHRASE

I.1. Définition
Par syntaxe de la phrase, il faut entendre la manière de combiner les mots de la langue en
vue de produire des énoncés en toutes circonstances.
Lorsque l’on parle de type de phrases, on envisage deux critères à savoir :
- L’étendue de la phrase et le conteunu

12. Les types de phrases de point de vue de leurs étendues


Du point de vue de son etendue, une phrase peut se limiter:
a) à un seul mot
Une phrase peut avoir un seul terme. C’est un énoncé monorhème qui peut être :
- une interjection
Ex. Silence !
- un adjectif ou un adverbe
Ex. - Tout doux
- Comment ?
a) A un groupe nominal
Ex. Arrivée massive.
b) A une phrase qui peut être :
 simple
Une phrase simple s’organise autour d’un verbe, de son sujet et de son ou ses éventuel(s)
complément(s).

Ex. Les feuilles de vigne dessinaient leurs ombres sur le sable

4
S V C.O.D C.C.L

 composée

Une phrase composée est une phrase formée de deux ou plusieurs propositions
indépendantes. Celles-ci peuvent être cordonnées ou juxtaposées.

La coordination met l’accent sur la relation logique qui unitles faits ou les idées relié(e)s
au moyen des conjonctions de coordination : ou, et, or, ni, car, donc, alors, cependant,
nonobstant, etc.
Ex. Il s’arrêta, car il pressentait un danger.
La juxtaposition met l’accent sur les faits ou les idées séparé(e)s par un signe de
ponctuation

Ex. Il tomba, il se releva, il trébucha, il se redressa, il repartit, il atteignit


en fin son but.
 complexe
Elle est constituée d’une proposition principale et des plusieurs propositions
subordonnées.

Exemple :-Marie a voulunous que partions ensemble.

Prop princ Prop sub

NB : Selon le mot introducteur (subordonnant : comme, si, où, quand, dont, qui, que et
tous les composés de que), la proposition subordonnée peut être:
- relative :
Le chef de promotion que nous avons élu n’est pas à la hauteur de sa tâche.
L’homme dont je parle est le chef de notre quartier.
Le pays où le virus d’Ebola décime le plus d’habitants est non fréquentable.
Nous cherchons l’étudiant qui parle le mieux la langue de Voltaire.
Attention :
Avec la tournure c’est…que la particule où disparaît.
Ex. -C’est l’avenue que j’habite (et non où j’habite).

5
- C’est dans cette ville que nous allons (et non où nous allons).
- complétive :
Elle est soit :
 COD :
- Je pense que tu es distrait. (1)
- Je vois que tu as de bonnes idées. (2)
- Il doute que tu lui dises la vérité.(3)
- Il a peur que tu ne sois indiscrète.
 ATTRIBUT
-Sa pensée est que tu es distrait.
-Son doute est que tu lui dises la vérité.
-Sa crainte est que tu ne sois indiscrète.
 SUJET REEL
- Il est préférable que les étudiantes de l’ISP s’habillent décemment.
- Il est souhaitable que nous respections les règlements.

N.B :
1. La règle veut qu’on utilise l’indicatif dans les subordonnées complétives COD après
un verbe d’opinion ou de perception dans la proposition principale (1& 2), et le
subjonctif après un verbe de sentiment(3).
Par ailleurs les verbes de perception et d’opinion commandent l’utilisation du subjonctif
dans les cas où la phrase se trouve à la forme négative ou interrogative.
-Penses-tu qu’il soit distrait ?
- Non, je ne pense pas qu’il soit distrait.

- circonstancielle :
 But : Nous étudions pour que nous réussissions.
 Cause : Puisqu’il a plu, il est arrivé en retard.

6
 Comparaison : A mesure que les enfants croissent en âge, leur intelligence
s’épanouit.
 Concession (opposition) : Bien qu’il soit intelligent, il a échoué.
 Condition : Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie.
 Conséquence : Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique.
 Temps : Dès que les enfants ont entendu les pas de leurs parents, ils se sont enfuis.

Remarque : Les phrases intercalées ou insérées font aussi partie des phrases complexes.
Cependant deux sortes d’insertion sont à retenir : l’incise et l’incidente.
 Période
Selon Catherine Fromilhague et Anne Sancier-Château (2002 : 173), la période ne peut
être définie comme une phrase longue et complexe. Elle se présente comme un système
organique d’éléments hiérarchisés, c’est-à-dire que plusieurs constantes de nature
différente aident à la reconnaître.
-La structure syntaxique est complexe : plusieurs propositions subordonnées emboîtées
l’une dans l’autre et/ou découlant l’une de l’autre interviennent dans sa composition.
-La cadence, l’effet rythmique est nettement marqué.
La protase (partie ascendante de la phrase) se distingue nettement de l’apodose (partie
descendante) d’autant plus que fréquemment la période est bâtie sur une anticipation des
subordonnées (dans la protase) par rapport à la principale (dans l’apodose). Entre les deux
niveaux syntaxique se situe le sommet de la phrase:l’acmé
C’est le cas de cette période du texte suivant

La puissance qui s’acquiert par la violence


n’est qu’une usurpation, et ne dure qu’autant
que la force de celui qui commande l’emporte
sur celle de ceux qui obéissent ;
en sorte que

Protase acmé
si ces derniers deviennent à leur
7
tour les plus forts et qu’ils
secouent le joug, ils le font avec
autant de droit et de justice que
Protase

Exerçons-nous
Retrouvez dans ce texte de Diderot les phrases simples, composées, complexes ainsi que
les périodes.
AUTORITÉ POLITIQUE. Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de
commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la
même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a
établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle
a ses bornes, et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en
état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que de la nature.
Qu’on examine bien, et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources :
ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux
qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont
déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation, et ne dure
qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui
obéissent ; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts et qu’ils
secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur
avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité, la défait alors : c’est la loi du plus
fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature c’est
lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a
soumis ; mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler ; et celui
qui se l’était arrogée, devenant alors prince, cesse d’être tyran.

8
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des
conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la
république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites : car l’homme ne doit
ni ne peut se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un
maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu,
dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu,
qui ne perd jamais de ses droits, et ne les communique point. Il permet pour le bien
commun et pour le maintien de la société, que les hommes établissent entre eux un
ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux : mais il veut que ce soit par
raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature
ne s’arroge pas les droits du Créateur. Toute autre soumission est le véritable crime
d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une
cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le cœur et l’esprit ne se soucie
guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur
conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion.
Ainsi ce ne sont point ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur
établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point
de scrupule à servir le roi le genou en terre ; le cérémonial ne signifie que ce qu’on
a voulu qu’il signifiât ; mais livrer son cœur, son esprit et sa conduite sans aucune
réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et le
dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au
premier chef : autrement ce pouvoir de Dieu, dont on parle tant, ne serait qu’un
vain bruit dont la politique humaine userait à sa fantaisie, et dont l’esprit
d’irréligion pourrait se jouer à son tour ; de sorte que toutes les idées de puissance
et de subordination venant à se confondre, le prince se jouerait de Dieu, et le sujet
du prince.

En fonction de son étendue, on peut aussi avoir :


 La phrase incise:

9
C’est cette phrase qui s’intercale entre deux propositions, mais son omission entraîne
immédiatement la perte de sens.

Ex. C’est enfant raté, disait Jean, c’est un bandit reprenait Paul.

 La phrase incidente :

Elle est aussi intercalée, mais son omission n’entraîne pas la perte de sens.

Ex. Ce que j’ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait.

1.3. Du point de vue de son contenu propositionnel


Du point de vue de son contenu propositionnel, on peut avoir :
a) La phrase déclarative (ou énonciative)
Elle formule une déclaration qui peut être affirmative :
Jean est content ; négative :Jean n’est pas content ; dubitative :je doute que Jean soit
content ou emphatique :c’est Jean qui va être content.
Du point de vue de son interpretation, elle exprime trois de faits:
- Un constat : La classe est propre.
- Une information : Les élections présidentielles auront lieu en France dans deux
semaines.
- Un jugement :
b) La phrase impérative :
Elle énonce un ordre (commandement, conseil, souhait). Elle utilise les modes impératifs
ou subjonctifs.
Ex. Congolais, hâtez-vous de mettre fin à la guerre.
c) La phrase exclamative :
Elle est caractérisée par l’emploi de pronom exclamatif et par une intonation
descendante. Elle traduit la joie ou la tristesse, la fierté ainsi que l’intensité du sentiment.
Exemple :Quel match ! RDC contre Ghana.

10
d) La phrase interrogative :
Elle exprime une demande d’information adressée à un interlocuteur; elle constitue
une question qui appelle généralement une réponse. Comme type obligatoire,
l’interrogation est fondamentalement associée à l’acte d’interroger qui,
vraisemblablement établit de droit et devoirs pour le partenaire de la communication.
Celui qui pose une question manifeste son droit de la poser et met en demeure ou devant
un fait son interlocuteur à fin d’y répondre.
N’est-ce pas là le pacte juridico linguistique.
Cette définition rapproche l’acte d’interroger de l’acte d’ordonner très contraignant. Mais,
il existe de circonstances ou l’interrogation constitue une simple recherche d’information
sans contrainte sur l’interrogation et dont les questions que le locuteur se pose lui-même.
L’interrogation peut posséder en outre une valeur argumentative. L’interrogation totale
manifeste généralement une ignorance du locuteur, réel ou feinte. Dans cette
interrogation « est- ce que la guerre de Troie aura lieu », une réponse positive ou négative
est également possible.

La phrase interrogative peut être :


Directe : En cas d’inversion du sujet.
Etes-vous malade?
Indirecte : Pas d’inversion du sujet.
Vous êtes malade ?
Totale :En de possibilité de répondre par oui ou non.
C’est le cas de deux exemples repris ci-haut.
Partielle : impossibilité de répondre par oui ou non. On doit plutôt donner l’élément sur
lequel porte l’interrogation.
Comment vous appelez-vous ?
Où habite-t-elle?

11
CHAPITRE 2 : DE L’USAGE DE LA PONCTUATION

Définition

Grevisse M et Gosse A. (2008 :121) définissent la Ponctuation comme l’ensemble


des signes conventionnel servant à indiquer, dans l’écrit, des faits de la langue orale
comme les pauses et l’intonation, ou à marquer certaines coupures et certains liens
logique. C’est un élément essentiel de la communication écrite.

Les signes de ponctuations sont : le point, le point virgule, le point d’interrogation,


le point d’exclamation, la virgule, les deux points, les points de suspension, les
parenthèses, les crochets, les guillemets, le tiret et la barre oblique ([Link] 2008 :122).

1. Principaux signes de ponctuation


2.1. Point

Selon les mêmes auteurs le point à pour fonction normale d’indiquer la fin de la phrase
(2008 :123).

Ex : Un jour, je vous le promets, la République Démocratique du Congo retrouvera la


paix.

12
NB : Si la phrase se termine par un point d’interrogation, ou par un point d’exclamation,
ou par des points de suspension, ces signes tiennent lieu d’un point ordinaire. Le point
virgule et les deux points peuvent aussi coïncider avec la fin d’un phrase grammaticale,
mais en marquant un lien logique avec la phrase suivante.
Autres utilisations du point
 On indique par un point qu’un mot est abrégé. Lorsqu’une phrase se termine par
un mot abrégé accompagné d’un point, celui-ci se confond avec le point qui
indique la fin de la phrase.
Ex : Les communistes se sont rangés dans le même camp que l’U.R.S.S.
Mais le point d’abréviation peut être suivi de certains autres signes de ponctuation :
Ex : Ils sont accusés d’être des agents de la C.I.A. !

 Il est recommandé de séparer par un point les nombres indiquant le jour, le mois,
l’année, quand on emploie dans l’indication des dates, les chiffres arabes :
Ex : Le 30.9.2014
 On appelle points de conduite, ou points conducteurs, ou points carrés les points
espacés servant à prolonger une ligne pour la mettre en rapport, soit avec des
chiffres en colonne (dans les comptes), soit avec des indications de pages (dans une
table des matières) etc.
 Une ligne de points peut aussi marquer une suppression importante à l’intérieur
d’un texte.
 Le point fait partie des lettres i et j quand elles sont en minuscule.

2.2. Point d’interrogation et d’exclamation


2.2.1°. Emploi

Le point d’interrogation s’emploie à la fin d’une phrase interrogative directe.


Ex : Seras-tu au stade cet après-midi ?
B. Précisions :

13
1°) L’interrogation indirecte, n’étant pas une phrase interrogative, n’appelle pas de point
d’interrogation. La phrase à la ponctuation correspondant à sa nature (énonciative,
injonctive, exclamative, ou éventuellement interrogative) :
Ex : Je me demande s’il reviendra
Demande-lui s’il reviendra
Que de fois je me suis demandé s’il reviendra !
Lui as-tu demandé s’il reviendrait ?
2°) - Si la phrase interrogative est une sous-phrase insérée à l’intérieur d’une autre phrase,
le point d’interrogation se trouve à l’intérieur de celle-ci :
Ex : Un soin, t’en souvient- Il ? nous vogions en silence (La martine)
- Si la phrase interrogative est suivie d’une incise, on met le point d’interrogation
immédiatement après la phrase interrogative.
Ex : Sors-tu ce soir ? demanda-t-elle.
NB : Dans les deux exemples ci-dessus, le point d’interrogation est suivi d’une minuscule,
parce qu’il équivaut à une virgule.
3°) Lorsqu’il y a plusieurs interrogations coordonnées avec conjonction, on place
d’ordinaire le point d’interrogation à la fin de la dernière ; cela se produit parfois aussi
avec des interrogations coordonnées sans conjonction.
Ex : - Le Directeur a-t- Il donné sa démission ou sa révocation lui a-t-elle été notifiée et
en a-t- Il accepté le motif ?
- En quoi ressemble-t-elle moderne, en quoi en diffère-t-elle ?
Mais on peut aussi considérer chacune des phrases interrogatives comme tout à fait
autonome (surtout s’il n’y a pas de conjonction de coordination) et terminer chacune par
un point d’interrogation) :
Ex : Qu’est-ce qu’une physionomie comique ?
D’où vient une expression ridicule du visage ?
Et qu’est-ce qui distingue ici le comique du laid ? (Bergson, Rire, I, 3).

2.2.2°. Omission du point d’interrogation

14
Régulièrement, quand la phrase interrogative contient une sous-phrase constituée
par une citation ou un discours direct introduit par deux points, surtout si la sous-phrase
demande elle-même un point d’exclamation ou un point d’interrogation.

Ex : Ne m’arrivait- Il pas, dans mes discours mondains, de m’écrier avec conviction :

« La propriété, messieurs, c’est le meurtre ! » (Camus, Chute, pp 148-149).

Si la sous-phrase n’exige pas un point d’exclamation ou un point d’interrogation, on peut


aussi, surtout si elle n’est pas trop de longue, mettre le point d’interrogation après les
guillemets qui terminent la citation ou le discours direct.

Ex : Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise : « Oui, mon frère et mon mari sont
revenus saufs de la guerre ; en revanche, j’y ai perdu mes deux fils » (GIDE, Attendu
que… p.89).

Fréquemment, après des sous-phrases incidentes comme n’est-ce pas, voyez-vous, (que)
voulez-vous, que dis-je, comment dirai-je, etc. surtout si ces incidentes sont prononcées
sans la modulation caractéristique de l’interrogation (parfois elles sont prononcées comme
des exclamatives).

Ex : - Ce dont on ne se lasse jamais, n’est-ce pas, c’est la culture intensive de la petite


fleur
Bleue !
- Voyez-vous, je ne peux supporter cet échec !
- Je suis peiné d’avoir déçu cet homme que dis-je ! ce député.
- J’ai l’impression-comment vous dire – que cet homme ne reviendra pas !
- Je me sépare, est- Il besoin de vous le dire, de ses frères !
Dans une interrogation fictive équivalent à une phrase exclamative ou à une phrase
injonctive, en particulier si l’on termine la phrase par un point d’exclamation.
Ex : - Qu’importe à Dieu le prestige, la dignité, la science, si tout cela n’est qu’un suaire
de soie sur un cadavre pourri. (Bernanos, Journal d’un curé de camp).

15
- Or, quoi de pire au monde que de perdre son père.

D. Parfois, après une interrogation délibérative, à laquelle l’auteur répond lui-même :

Ex : Me laisser prendre et fouetter jamais de la vie !

2.3. Emplois particuliers du point d’interrogation

a. Il peut tenir lieu d’une phrase où seraient exprimés de doute, la perplexité.

- Le point d’interrogation est mis entre parenthèses à la suite du mot sur lequel porte le
doute.

Ex1 : Ma femme et moi prenions d’ordinaire un repas ou restaurant Delicia ( ?) près de la


salle IDEAL.

Ex2 : N’y a-t- Il pas un grand nombre de chrétiens ( ?) qui servent les « deux maîtres »,
non pas à la fois, mais successivement ?

- Dans un dialogue, le point d’interrogation tient lieu d’une réplique ; l’interlocuteur


garde le silence, mais jeu de physionomie exprime un étonnement interrogateur :
Ex : En tout cas, c’est un esprit bien place ?
- Bien placé dans le monde des esprits
- Parfois ce point d’interrogation est placé à la fin de la phrase sur laquelle porte le
doute.

Ex : Mesdemoiselles, on m’assure que vous êtes au courant de tout ce qui se dit ou se


passe ici ?

b. Le point d’interrogation tend à s’introduire dans des phrases énonciatives contenant des
mots exprimant un doute, comme peut-être, je crois, je suppose,…
ex : Peut-être qu’il a sommeil ?
J’espère que tu ne doutes pas de l’affection que j’ai pour mes enfants ?
Mais je croyais que vous aviez de très mauvais rapports ?

16
c. On trouve parfois des points d’interrogation à la fin de phrases injonctives, notamment
quand le verbe à l’impératif est dire ou un verbe de même sens, c'est-à-dire lorsque
l’interlocuteur serait amené à répondre par oui ou par non comme à une interrogation
[Link] : Dis-le que ça me va mal ? Dis-le donc que je suis laid ?

Avouez cependant que vous vous sentez aujourd’hui, moins content de vous-même que
vous l’étiez il y a cinq jours ?
d. Le fait que l’exclamation utilise souvent les mêmes moyens que l’interrogation amène
parfois des points d’interrogation à la fin de phrases que l’on rangerait plutôt dans les
[Link] : Maître Moreau n’en revenait pas :

e. On met parfois un point d’interrogation quand on reproduit par écrit une phrase
averbale interpellative, par exemple après allô du début d’une communication
téléphonique.

2.4. Le point d’exclamation


a) Le point d’exclamation se met à la fin d’une phrase exclamative ; il est aussi
employé à la fin d’une phrase optative ; il ainsi qu’à la fin d’une phrase injonctive ou
même d’une phrase énonciative prononcées avec une force particulière.
Ex : - Je l’entendais dire tout bas en sanglotant : « Oh ! la canaille ! La canaille !
- Que ma route soit libre enfin ! que je puisse enfin être
- Je vais à la pêche avec toi ! cria-t- Il.
NB :- La phrase exclamative peut ne comporter qu’un seul mot (comme interjection ou
phrase-mot). Ex : Bravo !

- Les interrogations oratoires équivalant à des exclamatives sont souvent suivies


d’un point d’exclamation :Ex : A quoi bon danser !

b) Précisions

1°) L’exclamation indirecte, n’étant pas une phrase exclamative, n’appelle pas de point
d’exclamation. La phrase a la ponctuation correspondant à sa nature (énonciative,
injonctive, ou éventuellement exclamative).
17
Ex : Tu sais combien je l’aime.
Dis-moi combien tu l’aimes.
Sais-tu combien je l’aime ?
Que de fois je t’ai dit combien je l’aimais !
2°) Si la phrase exclamative est une sous-phrase insérée dans une autre phrase, le point
d’exclamation se trouve à l’intérieur de celle-ci :
Ex : Eh bien ! que faites-vous donc ?
Oh ! je ne fais aucun reproche à qui que ce soit.
3°) Les mots mis en apostrophe ne sont pas d’ordinaire suivis d’un point d’exclamation,
quoique cela se trouve parfois, les mots mis en apostrophe étant alors considérés comme
une sous-phrase ou même comme une phrase interpellatives :

Ex : Mais ce que j’ai, mon Dieu, je vous le donne


Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ?

2.3. Virgule
2.3.1°. Valeur générale
La virgule marque une phrase de peu de durée à l’intérieur de la [Link] distinguons
trois cas : termes coordonnées, termes subordonnés et termes libres.
2.3.2°. Virgule dans la coordination
a) La virgule s’emploie obligatoirement entre les termes coordonnés sans conjonction
(mots, syntagmes, propositions) :
Ex : Il reprit sa pirogue, s’éloigna, revint, aborda recommença, énervé, épuisé, sans
pouvoir trancher.
- Des hommes dont c’était le devoir, l’honneur, le raison d’être, de servir et d’obéir.
b) La virgule se met généralement entre les éléments coordonnés par une autre
conjonction que et, ou, ni :
ex : - Je me suis arrêté souhaiter franchement cette vie, car j’ai soupçonné qu’elle
deviendrait une habitude.
- Il est riche, mais avare

18
- Les gens, selon leur stading, désirent une voiture plus moderne ou une
seconde, voire une sixième voiture.
c) La conjonction est « et, ou, ni. »

1°) La virgule sépare d’habitude les éléments coordonnés quand ils sont au nombre de
trois au moins et que la conjonction et, ou ni est utilisée devant plusieurs éléments.
Ex : - La terre était belle, et riche, et féconde.

Il arrivait que l’un de ces chiffonniers aperçut une commode, ou une potiche, ou un
secrétaire de bois de rose.
- En fin ni toi, ni ton oncle, ni ton père n’aurez à vous sentir gênés.

2°) Quand et ou ne se trouvent que devant le dernier terme, on ne met pas de virgule
habituellement devant la conjonction, quel que soit le nombre des termes :
Ex : Une manière commode de faire la connaissance d’une ville est de chercher
comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt
(CAMUS, La Peste).
3°) Quand il y a seulement deux termes et que et, ou bien ou, sont répétés devant chacun,
généralement on ne les sépare pas par une virgule :

Ex : Nomme-toi donc encore ou ta sœur ou ton Dieu.


4°). Quand il y a seulement deux termes et que la conjonction ni est répétée devant
chacun, ils ne sont pas séparés par une virgule.
Ex : Ni Racine ni Corneille n’ont encore été surpassés.

2.3.3°. La virgule dans la subordination


a) On Sépare par une virgule tout élément ayant une valeur purement explicative. C’est le
cas notamment :
- De l’apposition et de l’épithète détachée :
Ex : Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, se reconstruit

19
Tombés dans le monde des écoliers, inquiets, désorientés, les nouveaux élèves
s’accrochent à leurs parents.
- De la relative non déterminative :
Ex : Marie, qui attendait son amie de Kigali, ne tarda pas à nous quitter.
- De certaines propositions adverbiales
Ex : Je le veux bien, puisque vous le voulez
b) Pour des raisons de clarté, la virgule indique qu’un terme ne doit pas être rattaché à
celui qui le précède immédiatement :
Ex : C’est le symbole unique de l’interrogation, dont la langue française avait
besoin.
c) Lorsque le complément adverbial est placé en tête de la phrase ou de la proposition, il
est souvent suivi d’une virgule, surtout s’il a la forme d’une proposition :
Ex : Dans les champs, c’était une terrible fusillade. S’il pensait me mortifier pour
cette pratique, il y a pleinement réussi.
NB : Le complément adverbial précédé d’un pronom relatif, d’une conjonction de
subordination ou d’une conjonction de coordination est généralement séparé de ces mots
par une virgule :
Ex : Et si, pour la première fois, elle partait avec son fiancé, tous deux n’étaient pas
seuls.
- En principe, on ne met pas de virgule après le complément d’objet indirect ou après
le complément du nom lorsqu’ils précèdent le mot auquel ils se rapportent :
Ex : A un tel homme comment se fier ?
D’un pareil adversaire les attaques sont redoutables.
d) La proposition absolue est généralement encadrée du virgules :
Ex : - Puis le commissaire faisait quelques pas, les mains dans les poches, entrait
dans
le bureau des inspecteurs.
- La pêche finie, on aborda parmi les hautes roches grises.
2.3.4°. La virgule et les termes libres

20
Les termes libres sont généralement encadrés de virgules (sauf s’il y a une autre
ponctuation). C’est le cas des mots mis en apostrophe, des éléments incidents et des
incises, ainsi que des termes redondants.

Ex : - Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille.


- Cela n’est pas général, bien entendu, mais cela se produit fréquemment.
- Allons, soupira le cochon, je vois bien qu’il n’y a pas moyen d’échapper au
saloir.
- Vos paupières, vous avez du mal à les tenir ouvertes.
2.3.5°. Le cas des syntagmes étroitement associés
a). On ne met pas de virgule, en principe (car il n’y a pas de pause), entre le sujet et le
prédicat, entre le verbe et les compléments essentiels, entre la copule et l’attribut,
entre le nom ou le pronom et leurs compléments.
Ex : Cette lettre montre que mon grand-père n’était pas insensible à ton problème.
b) Toutefois, on peut mettre une virgule entre le sujet et le prédicat :
1°) Après le dernier terme d’un sujet formé de plusieurs termes coordonnées sans
conjonction :
Ex : La pluie, la neige, la gêlée, le soleil, devinrent ses ennemis ou ses complices.
 Si le dernier sujet remplace en quelque sorte les autres, ce qui est le cas lorsqu’ils
forment une gradation ou lorsqu’ils sont résumés par un mot comme tout ou rien,
ce dernier sujet n’est pas séparé du verbe par la virgule.
Ex : Un souffle, une ombre, un rien le fait trembler.
2°) Lorsque le sujet a une certaine longueur, la pause nécessaire dans l’oral est
parfois rendue par une virgule dans l’écrit :
Ex : Les soins à donner aux deux nourrissons qui lui sont confiés par l’assistance,
l’empêchent de garder le lit.
3°) Après le pronom personnel sujet disjoint (ou tonique) de la 3ème personne, il y a
une légère pause, qui set parfois marquée par une virgule.
Ex : Lui, était si pâle et tramblant

21
4°) La légère pause qui marque la non-répétition du verbe dans des phrases
successives est parfois rendue par une virgule.
Ex : J’avais vingt-trois ans ; toi, dix.

2.4. Point-virgule, deux points et points de suspension


2. 4.1°. Point-virgule
Le point-virgule marque une pause de moyenne durée.
a) Tantôt dans une phrase, il joue le rôle d’une virgule pour séparer des éléments
coordonnés d’une certaine étendue, surtout lorsqu’un de ces éléments au moins est déjà
subdivisé par une ou des virgules :
Ex : L’acte de décès contiendra les prénoms, nom, âge, profession et domicile de la
personne décédée ; les prénoms et nom de l’autre époux, si la personne
décédée était mariée ou veuve.
b) Tantôt il unit des phrases grammaticalement complètes, mais logiquement associées :
Ex : Il n’y a rien de comique en dehors de ce qui est proprement humain. Un
paysage pourra être beau, gracieux, sublime, insignifiant ou lait : il ne sera
jamais risible.

2.4.2°. Deux points

a) Les deux points annoncent la citation d’un texte, la reproduction des paroles ou des
pensées de quelqu’un :
Ex : Hubert suppliait sa sœur : « Mais fais-le taire ! fais-le taire ! On va l’entendre… »
b) Les deux points annoncent l’analyse, l’explication, la cause, la conséquence, la
synthèse de ce qui précède :
Ex : - Je finis cependant par découvrir trois documents : deux imprimés et un manuscrit.
- La signification de ce verset est large et profonde : la restriction ne doit pas
être dictée par la loi, mais par l’amour.
- C’était un mari dépensier, coureur, jaloux : bref, un être insupportable.
22
2.4.3°. Points de suspension
Les points de suspension vont par trois. Quand ils terminent la phrase, le point
final de celle-ci disparaît.
a)Ils indiquent qu’une phrase (ou une de ses parties) est laissée inachevée,
volontairement ou à la suite d’une cause extérieure :
Ex :- Nous parlions de toi justement… quand on parle du loup… !
J’ai au contraire tout à fait évolué ces temps-ci et, au fond, je…
b) Les points de suspension marquent aussi des pousses non grammaticales, par exemple
quand on veut reproduire l’hésitation d’un locuteur ou quand on veut détacher un
terme et le mettre en valeur :
Ex : Je tiens quand même à vous dire que je regrette d’avoir soutenu… avec
acharnement, avec entêtement… avec colère… oui, bref, bref… j’ai été
stupide.
c) Les points de suspension s’emploient à la place d’un mot omis ou réduit à l’initiale
parce qu’on ne veut pas le donner en entier, par décence (pour les mots jugés triviaux)
ou par discrétion, vraie ou feinte (pour les noms propres) :
Ex : - Il faut apprendre à ce… là (bouge) à ne pas faire d’accroc à l’honneur
d’un gentilhomme.
- Il dit qu’il serait « injuste » de les envoyer seulement « d’un coup de pied au
C… (=cul) dans les poubelles de l’histoire.
NB : A l’intérieur d’une citation, il est préférable d’indiquer les coupures en mettant les
points de suspension entre parenthèses ou entre crochets pour éviter la confusion avec les
points de suspension dus à l’auteur lui-même.
2.5. Parenthèses et crochets
2.5.1°. Parenthèses
a) Les parenthèses vont par deux. La première est dite ouvrante, et la seconde fermante.
Ce qui est mis entre les deux parenthèses s’appelle aussi parenthèse.

b) Rôles des parenthèses

23
1°) Les parenthèses s’emploient surtout pour intercaler dans un texte une indication
accessoire.
Ex : Jean, qui est un peu artiste (il peint à la main), un peu rêveur (il pêche à
la ligne), affiche dans toutes ses occupations la nonchalante et, envers
tous les hommes, les mépris.
NB : Si à l’endroit où se place la parenthèse, la phrase demande un signe de ponctuation,
ce signe se met après que l’on a fermé la parenthèse.

2°) Dans des tableaux schématiques, dans des dictionnaires, mais parfois aussi dans
un texte suivi, les parenthèses indiquent la coexistence de deux formes, laissent le
choix entre deux formes :
Ex : Et le mari se félicite d’avoir une (ou de) femme(s) qui lui rapporte (nt) de
l’argent.

2.5.2°. Crochets

Les crochets, qui vont aussi par deux, servent au même usage que les parenthèses,
mais seulement dans des situations particulières.
a) Lorsqu’il y a déjà des parenthèses :
Ex : Chateaubriand s’est fait l’apologie du christianisme (cf. Génie du christianisme
(1802) ou … l’apologiste du Christianisme cf. Génie du christianisme (1802).
b) Pour marquer que l’on intervient dans le texte d’autrui, soit pour quelque
suppression ou explication, soit, dans une édition critique, pour distinguer les mots
rétablis par conjecture :
Ex : Il a adopté nos péchés, et nous a admis à son alliance ; car les vertus lui sont
propres et les péchés étrangers.
En outre, dans les ouvrages de linguistique, la prononciation est souvent donnée entre
crochets.

2.6. Autres signes


2.6.1°. Guillemets

24
Les guillemets vont, normalement, par doubles paires. La première paire, ce sont des
guillemets ouvrants ; signes, ce sont les guillemets fermants.
a)Les guillemets s’emploient principalement au début et à la fin d’une citation, d’un
discours direct (représentant des paroles, des pensées) :
Ex : Un agent s’approchait : « Allez mon commandant, rentrez », dit- Il
gentiment au cavalier.
Parfois aussi pour encadrer un discours indirect libre :
Ex : Elle me répondait, d’un air de contentement, que « ça lui sans doute porté
un coup… » (MAURIAC, Nœud de vipère, XVII).
Dans les dialogues, on peut placer les guillemets ouvrants au début de la première et les
guillemets fermants à la fin de la dernière ; soit se passer de guillemets et n’utiliser que
des tirets.
NB : 1. Si le passage guillemeté, considéré isolément, demande après lui un signe de
ponctuation (point d’interrogation, point d’exclamation, points de suspension), celui-ci se
place avant les derniers guillemets ; si le passage guillemets ne demande après de signe
propre, la ponctuation éventuelle se place après les guillemets.
Ex : Mais quand le bois ne contenait pas de nœuds, il opiniait : « On les aura ! »
-« Mission accomplie ? » a-t- Il demandé.
2. Lorsque le passage guillemets compte plusieurs alinéas, on répète souvent les
guillemets ouvrant au commencement de chaque alinéa. On les répète parfois aussi au
début de chaque ligne ou de chaque vers.
Ex : « J’ai toujours attaché pour ma part la plus grande importante à la
ponctuation … ».
Ex : En particulier, l’usage du tiret ouvrant un paragraphe de dialogue et celui
di guillemet interrompant la phrase de dialogue pour laisser introduire une
remarque de l’auteur, me sont apparus comme les plus propres à éviter
les confusions. …
« Votre argument, que des guillemets ne peuvent se refermer s’ils n’ont d’abord
été ouverts, est certes de nature à faire impression. … J’estime être au

25
contraire un de ceux qui, par la constance et la précision avec lesquelles ils la
(=la ponctuation) manient, mériteraient d’être félicités ».
Autres rôles des guillemets
1°) Les guillemets s’emploient pour encadrer le litre d’un article.
Ex : « Le tableau : description et peinture » dans Poétique 65, février 1986,
Seuil, Paris.
2°) Dans les ouvrages de linguistique, les guillemets sont employés pour les
significations.
3°) Les guillemets s’emploient assez souvent sous chacun des mots d’une ligne
qui précède, pour marquer que ces mots sont répétés ; ces guillemets peuvent
être appelés guillemets itératifs :
Ex : On ne veut rien pour vous
» » » » contre ».
2.6.2°. Tiret
Le tiret doit être distingué du trait d’union, qui est plus court.
a)Le tiret marque le changement d’interlocuteur dans les dialogues.
Ex : J’ai ajouté :
- Il y a des tas d’installation bizarres, dans cette maison
- Oui, dit-elle.
- J’ai remarqué beaucoup d’autres détails incompréhensibles.
- Incompréhensibles n’est pas le mot, a-t-elle répondu après un instant de réflexion.
c) Comme les parenthèses, deux tirets servent à isoler de la phrase certains
éléments ; mais à la différence des parenthèses, les tirets peuvent mettre en
valeur ce qu’ils isolent.
Ex : Il me fallut plusieurs jours de travail – et de travail soigné, utile – pour me
faire une raison.
- Tous les états qui font la guerre – l’Amérique, par exemple – remettent à des
généraux le commandement de leurs troupes de campagne.

26
c)Le tiret peut suivre n’importe quel signe de ponctuation quand le scripteur veut, pour les
raisons de clarté ou d’expressivité, rendre la pause plus nette :
ex : Je suis le ténébreux, - le veuf, - l’inconsolé (NERVAL).

Exercices
1. Ponctuer le texte suivant :
LES PLAISIRS DE LA PECHE A LA LIGNE
Je me demande s’il y a un plaisir plus paisible que celui de la pêche voici que
l’aube point je quitte la maison non sans veiller à ce que ma canne à pêche mes lignes ma
musette soient bien prêtes je ne sais pas si je prendrai mon poste au coude de la rivière
ou un peu en aval je vois que je serai bien ici au pied d’un saule tout me persuade que la
place est favorable berge moussue ombre tiède eau tranquille roulant des promesses
mirifiques tout présage que les prises seront bonnes je vois que les près au bord de la
rivière sont séparés par des haies épaisses mais je n’ignore pas comment on les franchit
sur des degrés de bois qu’on appelle ici des échaliers le calme est parfait je me doute que
sur ce fond de sable je trouverai du goujonne une certaine intuition m’avertit qu’un
brochet chasse tout le jour sous ce bouquet de chênes et je devin que des barbillons se
promènent sous les souches des peuples.
Georges DUHAMEL, Inventaire de l’abîme.
3. Justifier la présence de chacun des signes de ponctuation contenus dans cet extrait :

DES ECOLIERS DISTRAITS


A l’école, le grand souci de M. Chamarote était que chacun pût définir le carré, le
triangle, conjuguer le verbe « coudre », dire par cœur les sous-préfectures de l’Allier,
expliquer le décalitre ou la pile électrique.

27
Mais, pour nous, la chose intéressante était, au mois de mai, que les hannetons naissaient
familièrement dans les plusieurs ; un de nos secrets plaisirs était que le ver à soie filait
son cocon dans les ténèbres des pupitres.

Henri Bosco, L’Ane culotte.

CHAP3. LA CONSTRUCTION DU PARAGRAPHE

3.1.1. CONSTRUIRE DE BONS PARAGRAPHES


a) Le paragraphe et ses constituants
D’un point de vue étymologique, le mot paragraphe est « un mot grec formé sur le
verbe graphein qui désigne écrire à coté ». Cela signifie que construire un paragraphe,
c’est écrire des phrases l’une à coté de l’autre ; alors qu’écrire un texte, c’est mettre des
paragraphes l’un après l’autre en suivant une certaine logique.
Nous pouvons ainsi représenter la construction du texte de la façon suivante :
Figure 1: construction du texte

Ph ras Ph ras es Ph ras


es

Paragraphe Paragraphe Paragraphe 28


TEXTE

Pour mieux comprendre le fonctionnement du paragraphe, nous pouvons partir de la


définition que lui donne Le Petit Robert : « Paragraphe : division d’untexte offrant une
certaine unité de pensée et de composition ». De cette définition, nous retiendrons deux
unités :
1) La première est celle de pensée qui peut s'expliquer au niveau thématique par le
rôle joué par le paragraphe pour donner une cohérence au texte en ne comportant «
qu’une idée importante,l’idée directrice, et l’objectif du paragraphe est de la
développer au mieux enutilisant des idées-arguments et des exemples. » 1. Le
paragraphe se compose ainsi d’une idée directrice (pour laquelle le paragraphe est
construit) ; des idées arguments dont le rôle est celui de faire comprendre et de
justifier la première et enfin des exemples qui ne sont pas toujours présents mais
dont la présence sert à illustrer les deuxièmes.
2) La deuxième unité est celle de composition qui renvoie au niveau logique et formel
du texte dont le paragraphe joue un rôle de cohésion à l’aide des autres marques de
surface comme les connecteurs et les alinéas par exemple. Ces deux marques, et
surtout la dernière (l’alinéa), permettent au lecteur de bien repérer ces unités
typographiques dont la longueur est variable.
En outre et sur le plan fonctionnel, le rôle des paragraphes est celui d’aider, d’une
part, le scripteur à bien présenter ses idées pour construire un texte en se servant
d’un système de signes - la langue – qui repose lui-même sur un raisonnement
logique. D’autre part, il permet au lecteur de bien saisir ces idées, car « sans

1
F. CREPIN, M. LORIDON et E. POUZALGUES-DAMON, Français méthodes et techniques, [Link], Paris,
1992, p. 143.
29
paragraphe, le texte risque de se présenter comme une simplejuxtaposition de
phrases isolées les unes des autres, et ainsi de désorienter le rédacteur qui en perd
la maîtrise et de lasser le lecteur qui ne sait où fixer son attention2. »
Il est d'usage courant de dire une idée par paragraphe. L'idée est développée d'une façon
progressive, selon une certaine longueur (habituellement entre 5 et 25 lignes) jusqu'au
dénouement, c'est-à-dire la conclusion.

b) Types de paragraphes
Selon les textes, un auteur est amené à rédiger des paragraphes : descriptifs, narratifs,
informatifs, ou argumentatifs

 narratif: ce genre de paragraphe raconte un évènement. On construit le paragraphe


narratif de plusieurs façons :
- On peut jalonner la narration de termes de liaison qui marquent la succession des
actions ;
- On peut également narrer en utilisant qu’un terme-starter à partir duquel l’action
principale se déclenche. Il s’agit alors de mot comme « soudain », ou « tout à coup » ;
- On peut narrer sans utiliser de termes de liaison. En ce cas, les actions se
succèdent et la narration a un double aspect de rapidité et de densité ;
- On peut enfin narrer en évoquant des actions habituelles. On marque alors
d’emblée le caractère répétitif des actions au moyen de termes adéquats. Ex :
« Toutes les semaines », « chaque jour » ; « le lundi », etc.

La narration se fait toujours à temps dominant, qui est généralement : le passé simple
(période passée), le présent (période actuelle) et le futur (période à venir). Les autres
temps s’alignent sur ce temps dominant.

Exemple d’un texte narratif :

2
Jean-Marc DEFAYS, Marielle MARECHAL et Frédéric SAENEN, [Link].
30
La rivière s’’étaient couverte peu à peu d’un brouillard blanc très épais qui
rampait sur l’eau. En me tenant debout, je ne voyais plus le fleuve, ni mes pieds, et
mon bateau. Je me sentais perdu. Soudain, un bruit cogna contre la coque. J’eus
un soubresaut, et une sueur froide me glaça des pieds à la tête. Par un effort
violent, j’essayai de me ressaisir. Je pris ma bouteille de rhum et je bus à grands
traits. Alors, une idée me vint, et je me mis à crier en me tournant successivement
vers les quatre points de l’horizon. Je crus sentir qu’une ombre glissa près de moi.
Je poussai un cri ; une voix répondit. C’était pêcheur. Je lui racontai ma
mésaventure. Il mit son bateau bord à bord avec le mien, et tous les deux nous
tirâmes sur la chaîne de l’ancre. Elle céda enfin…J’étais libéré.

MAUPASSANT, Contes choisis, Ed. Albin Michel

Il arrive qu’une séquence descriptive s’insère dans un paragraphe narratif. Ce dernier suit
la construction suivante : narration – séquence descriptive – narration. C’est le cas de
l’extrait suivant :

Depuis un an, Jean attendait le recrutement de son assistant. On lui promettait


toujours que cela se ferait « prochainement », mais ce « prochainement » était
depuis deux ou trois passés, et l’assistant n’avait pas toujours été recruté.
Heureusement, il avait une secrétaire. Que pouvez-vous faire ici-bas sans une
secrétaire, dites-moi. AÏssata Fall-ainsi l’appelait-on-était là depuis le début de
la mission de Jean Cordel [séquence narrative]. A vingt-trois ans, avec son teint
permanent et naturel de bronze frais, elle faisait davantage penser à un
mannequin de grand couturier parisien qu’à une déctylo dans un bureau
administratif [séquence descriptive]. Vous avez dit dactylo ? vous n’y êtes pas
du tout : AÏssata était une vraie secrétaire, […]. Elle démontrait, par son travail,
qu’une femme n’avait pas nécessairement besoin […] Cordel [séquence
narrative]

31
Pour sa cohérence, le texte narratif comporte plusieurs parties. Il a une introduction
qui présente brièvement le décor et les circonstances dans lesquels va se dérouler le récit
et le fait initial qui déclenche l’histoire. Le texte se termine par une conclusion qui
rappelle en quelques motos les faits narrés, présente le dénouement, et tire parfois des
faits une petite déduction.

 descriptif : ce genre de paragraphe permet de décrire des personnages, des


animaux, etc. Sa fonction est d’évoquer de façon suggestive quelqu’un ou quelque
chose de façon à ce que le lecteur se le représente bien. Si la description porte sur
un être vivant : personnage ou animal, on dit qu’elle est un « portrait ». Si la
description porte sur élément inanimé, il peut s’agir de choses très diverses : objet,
paysage, site, etc.

Le paragraphe descriptif se rédige rarement au fil de la plume. Le plus souvent, il se


construit. On part de l’impression générale, puis on détaille, et l’on termine en revenant à
l’impression globale. Le style est à la fois précis (choix des mots) et imagé (comparaison
et image). Il doit être clair, car cette clarté s’obtient par deux éléments : une syntaxe
correcte, une disposition nette. Exemple :

La jeune fille était petite, jeune, bien faite. Sa peau parfaitement unie approchait
de la teinte du cuivre. Ses yeux étaient obliques, mais admirablement fendus. Ses
lèvres un peu fortes mais bien dessinées laissaient voir des dents plus blanches que
des amandes sans leur peau. Ses cheveux étaient noirs à reflets bleus, comme l’aile
d’un corbeau, longs et luisants. C’étaient une beauté étrange et sauvage, qui
étonnait, mais qu’on ne pouvait pas oublier.P. MÉRIMÉE, Carmen

Pour rendre le texte descriptif cohérent, on doit absolument commencer par une
introduction qui désigne l’élément qui va être décrit : objet, paysage, personnage, etc.
Puis l’introduction indique le thème qui va être développé à propos de cet élément (Ex :
beauté, laideur, étrangeté, etc. Le texte se poursuit par plusieurs paragraphes, dont chacun
32
donne des détails sur un aspect de l’élément décrit : couleurs, formes, propriétés, etc. Le
texte se termine par une conclusion qui résume brièvement ce qui a été dit et en tirer une
déduction. Les différents paragraphes du texte suivent une logique. Parfois, ils sont reliés
entre eux par des termes d’articulation.

 Le paragraphe informatif : le paragraphe informatif commence par


l’énonciation d’un fait. On essaie de formuler celui-ci plus sobrement possible :

Formulation sobre Formulation trop longue


Youri Gagarine est le premier Un homme alla un jour pour la première
homme qui soit allé dans fois dans l’espace ; il s’appelait Youri
l’espace Gagarine

Quand le fait est énoncé, on apporte de l’information à son sujet. Mais cette
information n’est pas livrée pêle-mêle. On l’organise en catégories logiques de façon à
bien montrer au lecteur les circonstances dans lesquelles se produit le fait. Généralement
on commence par décrire le fait pour que le lecteur puisse bien se le représenter. Puis on
évoque ses causes, ses conséquences, etc
La Régie Renault se sépare de Billancourt. Dès 1932, il n’y aura plus

Description du fait d’usine dans l’île Seguin, là où Louis Renault s’était installé en 1898. Ne
subsisteront que le siège social et les bureaux.// La raison c’est cette
décision est essentiellement liée à la vétusté de l’usine, qui date du
début du siècle. Par ailleurs, les bâtiments sont difficilement
Causes accessibles et peu modernisables. La fermeture de l’usine de
Billancourt aura des incidences sociales.// En effet, Renault va devoir
assurer le reconversion des 4 000 employés qui y travaillent, et les
Conséquences
syndicats sont bien décidés à ne pas se laisser faire.

Les principales catégories logiques qui peuvent être employées pour apporter de
l’information sur un fait :
 Description du fait

33
 Causes
 Conséquences
 Rémédiation au fait
 Avenir du fait
NB : Toutes ces catégories ne sont pas forcément employées dans un paragraphe. On
choisit les catégories qui conviennent selon le fait qu’on développe et l’information dont
on dispose.

 Le paragraphe argumentatif

Le paragraphe argumentatif a pour fonction de démontrer la justesse d’une idée.


Une idée est opinion personnelle qu’on porte sur quelque chose ou sur quelqu’un. En ce
sens, l’idée est toujours discutable, contrairement au fait qui est incontestable.

FAIT IDÉE
Le Président Kabila règne depuis Le changement de constitution permet
2001 profite à la majorité au pouvoir
Produits de l’ISP de Bukavu sont
L’ISP est un établissement incontestables
d’enseignement supérieur
pédagogique
Comment construire un paragraphe argumentatif ?
- L’idée dont on veut démontrer la justesse s’énonce toujours en tête (paragraphe
a priori)
- Le développement du paragraphe succède à l’énonciation de l’idée.
- Le paragraphe se termine par une ou deux phrase(s) conclusive(s) qui ramènent à
l’idée. Souvent, la première de ces phrases est introduite par « ainsi ».
Quel est le système de développement d’une idée ?
 On peut démontrer la justesse d’une idée par deux moyens : l’exemple et le
raisonnement
a) L’exemple est un fait connu de tous, ou pouvant être connu de tous. Ainsi, pour
développer l’idée suivante :

34
« La valeur n’attend pas le nombre des années », on pourrait utiliser ces exemples.

La valeur n’attend pas le nombre des années.

De nombreux exemples le montrent. Kabila a commencé à diriger la R.D.C. à 29 ans.


Innocent a remporté le concours de Vodacom super star à 13 [Link] écrivait ses
premiers menuets à cinq ans. Ainsi, on peut atteindre très jeunes la virtuosité. En art, en
sport comme en science, la valeur n’est pas liée au nombre des années.

On remarque, dans le paragraphe, que l’évocation des exemples est précédé de cette
phrase : « De nombreux exemples le montrent ». Il s’agit d’une phrase-balise qui
annonce au lecteur que la démonstration se fera par l’exemple.

3.1.2. Le raisonnement.
Ce système consiste à démontrer la justesse d’une idée en raisonnant. Deux procédées
sont possibles :
1) La déduction : Après l’énonciation de l’idée, on pose un fait. On le
rapproche d’un autre fait, et l’on déduit que ce rapprochement prouve la
justesse de l’idée. On emploie alors le plus souvent des mots tels : « En
effet », « mais », « donc », …qui marquent les étapes du raisonnement.

Exemple :
Il ne peut pas y avoir d’intelligence qui soit artificielle. En effet, le propre de
l’ordinateur est qu’il ne sait pas créer, mais simplement répéter ce qu’on lui a dit
auparavant et qu’il a conservé dans un coin de sa prodigieuse mémoire. Mais cette
mémoire est purement mécaniste. Or, l’intelligence est créatrice. Elle invente, elle
innove, elle décide. Les deux termes « intelligence » et « artificielle » sont donc
incompatibles.
Olivier LEGENDRE, i, « Projet » n° 201

2) L’argumentation : Après l’énonciation de l’idée, on aligne deux ou trois


arguments qui prouvent la justesse de l’idée.

35
On développe chacun d’eux en quelques lignes, et l’on utilise les termes
suivants pour les relier l’un à l’autre : d’abord, par ailleurs, enfin.
On termine par des phrases-conclusives, ainsi dans le paragraphe ci-
dessous :

Conduire n’est plus un plaisir. D’abord, les routes et autoroutes


idée sont si encombrées qu’on y fait du surplace. On agglutine dans
argument1 une file dz voitures, ce qui enlève toute initiative, et par
conséquent tout plaisir de conduire. Ensuite, les conducteurs sont
argument 2
fréquemment agressifs. Conduire devient ainsi une occasion de se
faire insulter, si ce n’est molester, ce qui n’a rien d’agréable.

argument 3 Enfin, la conduite devient dangereuse. Le conducteur est souvent


stressé par le risque d’accident ce qui gâche son plaisir. Ainsi la
conduite a-t-elle perdu de son charme. Le progrès qui l’a créée a
Phrases
façonné peu à peu les éléments qui détruisent le plaisir de
conclusives conduire.

Le texte argumentatif, comme texte raisonné, doit dans son ensemble comportait aussi
trois parties :
 L’introduction (un paragraphe monolithique), des paragraphes de développement et
la conclusion (un paragraphe monolithique). L’introduction doit remplir trois
fonctions importantes : intéresser (souligner l’importance du sujet) du sujet en le
valorisant (valorisation temporelle, géographique, quantitative, qualitative et
événementielle), énoncer le sujet (le thème dont on va traiter) et annoncer la tonalité
du texte (indiquer si ce dernier va être favorable ou défavorable)
 Le développement est constitué de plusieurs paragraphes. Chacun d’eux développé
un fait ou une idée se rapportant au thème dont on traite et au point de vue qu’on a sur lui.
 La conclusion est la dernière partie du texte.
Elle a essentiellement deux fonctions :
a) Rappeler rapidement ce qui a été dit. C’est la fonction récapitulative
b) Elargir la réflexion qui vient d’être faite. C’est la fonction d’ouverture.

36
CHAP. 4. LES CONNECTEURS LOGIQUES ET LEURS LIENS
DANS LES PHRASES

Tout texte se compose d'un certains nombres d'idées variées et d'informations variantes.
Pour les intégrer dans le texte, nous avons toujours recours à des mots qui permettent au
lecteur d’en percevoir les relations. Le rôle de ces mots est celui de donner une certaine
homogénéité aux éléments qu’ils relient. Ils constituent, donc, un puissant moyen
d’intégration d’informations disparates.
A la suite de Ducrot, un texte explicitement cohérent dépend de deux types de
facteurs cruciaux qui sont les marqueurs de relations et les organisateurs textuels que
nous appelons aussi connecteurs textuels.
Premièrement, les marqueurs de relation sont compris comme des éléments qui ont pour
fonction d’établir des relations sémantiques entre deux propositions ou deux phrases.
Le rédacteur doit organiser les idées que véhicule son texte dans des unités bien
structurées.
Ce sont donc ces marqueurs de catégories différentes qui s’en chargent. Ils peuvent être
des adverbes ou locutions adverbiales (ainsi, plutôt, néanmoins, en sommes),
prépositions ou locutions prépositionnelles (depuis, pour, à cause de, en dépit de, etc.),
conjonctions ou locutions conjonctives (car, mais, or, dès que, parce que, etc.).
Deuxièmement, pour ce qui est de l’organisateur ou du connecteur textuel, nous pouvons
le définir comme « un mot ou un groupe de mot ou une phrase qui révèle l’articulation
d’un texte en marquant les transitions entre ses différentes parties et en soulignant
l’ordre et la progression des idées ou les arguments »3
Nathalie Carric et Frédéric Calas qui définissent le connecteur comme « un terme
générique […] quidésigne les unités assurant la cohésion d’un texte, notamment en
marquant lesarticulations (chrono) logiques »4

3
Université de Montréal, « Pour guider son lecteur d’une main sûre : les marqueurs de relation et les
organisateurs textuels », in [Link]
4
Nathalie CARRIC et Frédéric CALAS, Introduction à la pragmatique, Ed. Hachette, Paris,
2007, p.186.
37
En outre, Riegel (1994) déclare :
« Dans l’enchaînement linéaire du texte, les connecteurs sont des éléments de liaison
entre des propositions ou des ensembles de propositions ; ils contribuent à la
structuration du texte en marquant des relations sémantico-logiques entre les
propositions ou les séquences qui le composent »5Les organisateurs textuels peuvent
avoir différentes appellations selon les spécialistes : connecteurs textuels ;
articulateurslogiques (Anne-Elizabeth Dalcq et al. 1999) ; connecteurs logiques (Calas et
Charbonneau, 2004).
Ils peuvent également appartenir à des classes grammaticales différentes :
adverbes, et locutions adverbiales, conjonctions et prépositions qui servent à marquer les
étapes du raisonnement.
Typologie des connecteurs logiques
Le raisonnement suit une progression

Relation Connecteurs logiques Fonction


logique

Classification Premièrement, Deuxièmement, d’abord, Indiquer l’ordre des


puis, ensuite, enfinEn premier lieu, en arguments dans le texte.
second lieu, d’une part, d’autre part, en
conclusion, en fin de compte, etc.
Addition Et, de même que, ensuite, voire, Introduire une
d’ailleurs, encore, de plus, non information ou une idée
seulement…mais encore, en outre, etc. nouvelle qui
peutrenforcer la
précédente
Cause Car, parce que, puisque, étant donnée Permettre d’exposer
que, comme, vue que, grâce à, en raison l’origine, la raison d’un
de, sous prétexte que, en effet, compte fait.
tenu, de ce fait, par suite de, dans la
mesure où, etc.
Illustration et Par exemple, ainsi, en effet, c’est le cas Introduire une explication
5
Marie-Christine HAZAEL-MASSIEX, « De la connexité aux connecteurs, en français et au
créole »[Link]/archivesGSB/[Link]

38
explication de, à ce propos, notamment, comme suit, et illustrer une idée par un
tel que, à savoir, autrement dit, c’est-à- exemple.
dire, etc.
But Pour, en vue de, afin de, pour que, de Marquer le but à atteindre
peur, de crainte que, à cet effet, dans ce oul’effet à accomplir
but, dans cet optique, dans cette
perspective, etc.
Condition Si, au cas où, en admettant que, pourvu Indiquer un fait ou une
que, à condition que, à la mesure de, etc. situation indispensable
pourl’existence d’un autre
fait
Comparaison A la différence de, moins que, plus que, Marquer une corrélation
aussi que, comme, autant, parallèlement, entre deux phénomènes et
pareillement, etc. marquer des
équivalences, des
rapports d’infériorité,
d’égalité ou de
supériorité.
Lieu Dans, ici, où, en, à côté de, au fond de, Permet de localiser un fait
autour de, etc ouson origine dans
l’espace
Temps Aujourd’hui, quand, lorsque, comme, dès Permet de situer les faits
que, dès lors que, toujours, actuellement, et signaler la simultanéité,
à l’heure actuelle, depuis que, après, etc. l’antériorité ou la
postériorité entre eux.
Le raisonnement marque une rupture

Relation logique Connecteurs logiques Fonction

Opposition A l’inverse, au contraire, mais, bien Réfuter l’argument opposé


que, tandis que, alors que, ou introduire une idée
cependant,toutefois, néanmoins, en contraire à la précédente
revanche, certes, malgré, à un autre
point de vue, contrairement à ce qui
précède
Conséquence A cet effet, ainsi, alors, donc, par Indiquer l’aboutissement
conséquent, c’est pourquoi, au point d’une idée ou d’une suite
que, tellement…que, aussi (+ d’idées.
inversion), d’où, par voie de

39
conséquence, etc.
Conclusion Donc, ainsi, bref, pour conclure, en Résumé ou introduire une
résumé, finalement, en un mot, en conclusion.
définitive, en conclusion, en
sommes, en guise de conclusion,
pour conclure
Restriction Mis à part, en dehors de, excepté, Limiter la portée des
uniquement, simplement, bien que, proposou des arguments
malgré, toutefois, etc. avancés (introduire une idée
qui atténue l’idée
précédente)
Alternative Soit…soit, tantôt ... tantôt, non Permet de proposer les
seulement…mais encore, d’un différents choix dans une
côté… de l’autre, Ou, ou bien, argumentation
l'un ... l'autre, etc.

Bien évidemment, ce tableau ne présente pas tous les connecteurs logiques ni les relations
qu’ils expriment. Il est également important de signaler qu’il est difficile d’associer de
façon systématique et mécanique un articulateur à une relation logique unique car, un
articulateur peut avoir différents sens et exprimer donc, différentes relations logiques.
C’est le cas par exemple de l’adverbe " comme" dans les phrases suivantes :
1) Comme il pleut, Amine ne sortira pas.
2) Vous agissez comme je le faisais à vôtre âge.
Dans les deux exemples supra, le mot « comme » est porteur de deux sens différents.
Dans la première phrase, il exprime une relation de cause à effet, et nous pouvons le
remplacer par « parce que ». Dans la deuxième phrase, il marque une comparaison entre
deux comportements.

Quelques connecteurs difficiles


Dans cette partie nous parlerons d’un problème existant chez un grand nombre
d’étudiants. Ce problème se manifeste dans certaines confusions dans l’utilisation de
certains articulateurs logiques. Cette confusion est le résultat d’une part, de la multiplicité

40
des articulateurs exprimant la même relation logique (ex : car, puisque, parce que, ce sont
des connecteurs qui expriment la cause), et d’autre part, du fait qu’un même connecteur
peut exprimer plusieurs relations (ex : comme peut exprimer la comparaison et la cause).
Nous avons choisi à titre d’exemple de distinguer entre : « enfin/ finalement » ; « par
ailleurs/ d’ailleurs » ; « en effet/ en fait » ; « certainement/ certes » et « au moins/ du
moins
Nous avons choisi à titre d’exemple de distinguer entre : « enfin/ finalement » ; « par
ailleurs/ d’ailleurs » ; « en effet/ en fait » ; « certainement/ certes » et « au moins/ du
moins.
a) « enfin/finalement »
· « Enfin » est un adverbe neutre qui permet d’exprimer une énumération, ou une
classification. Il signifie « pour finir ». Il est utilisé notamment dans les introductions des
mémoires où l’étudiant énumère les différents chapitres en résumant ce qu’il a abordé
dans chaque chapitre.
Ex : « Le premier chapitre traitera de[…]Dans le second chapitre, sera question d’un
autre aspect de[…]Enfin, nous étudierons… ».
· « Finalement » est un adverbe qui n’est pas neutre. Il signifie « en fin de compte, tout
bien considéré ». Il peut exprimer un fait auquel nous ne s’attendions pas au départ. C'est
la raison pour laquelle c’est « enfin » que nous utilisons dans un texte scientifique et non
pas « finalement ».
Ex : Au début, je pensais que j’ai raté l’examen, mais finalement, je l’ai réussi !
b) « Par ailleurs/d’ailleurs »
· « Par ailleurs » est neutre et permet, simplement, d’ajouter une idée nouvelle. Elle peut
être remplacée par « d’autre part, en outre ». Elle peut également exprimer une
comparaison.
Ex : « Par ailleurs, cette violence a conduit de nombreux écrivains à s'engager, femmes
et hommes de l’ancienne comme de la nouvelle génération, au pays ou en exil. »
« D’ailleurs » n’est pas neutre, il vient renforcer l’idée ou l’argument donné juste avant.

41
Ex : Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs c’est assez normal puisqu’il vient d’une
famille d’écrivains.
c) « En effet/en fait »
· « En effet », est souvent utilisé à l’écrit où il permet d’expliquer plus précisément et
développer directement ce qui a été déjà dit. C’est une sorte de réponse à la question «
pourquoi ».
Ex : « En effet, nous avons remarqué qu'au-delà des ……..X décrit les événements en
R.D.C. comme s'il était convaincu que rien ne sert de dénoncer, de hurler, de pleurer ».
· « En fait » est également utilisé à l’écrit où il signifie « en réalité ».
Ex : « En fait, il est plus fréquent de suivre la TV et de lire un journal en même temps »
d) « Certainement/certes »
· « Certainement » est inséré dans la phrase et qui signifie « sûrement ».
Ex : Il va certainement réussir son examen, car il a beaucoup travaillé.
· « Certes »signifie « il est vrai que ». Il est suivi d’un terme exprimant l’opposition dont
la construction la plus fréquente est (Certes…mais)
Ex : Certes, les travaux ont été longs, mais le résultat en valait la peine.
e) « Au moins/du moins »
«Au moins » signifie « au minimum » tandis que « du moins » sert à atténuer ce qui
précède. Ex :«Une perception interculturelle opératoire doit obligatoirement
élucider, et non éluder, la problématique de la connivence culturelle, tout au moins
partiellement au plan pédagogique »
« Cette absence est aussi significative que leur présence dans le roman. C’est ce qui est
signifié du moins par Genette dans Seuils en disant que "l'absence peut être, ici comme
ailleurs, aussi significative que la présence" »

QUESTION ET EXERCICES

42
A. Dans les phrases suivantes, apprenez à reconnaître les mots de liaison, leur valeur
(cause, conséquence, etc.) Trouvez-leur un ou plusieurs équivalents et réécrivez
chaque phrase. Changez-en la construction si nécessaire
Ex. D’abord, j’ai appris l’italien parce que cette langue ressemble beaucoup au français
D’abord= temps, parce que= cause
En premier lieu, j’ai appris l’italien étant donné que cette langue ressemble beaucoup au
français.
i) En dépit de sa fatigue, elle a accepté un travail difficile
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
ii) Il y a toujours un temps de réflexion avant de prendre des décisions
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….
ii) Ce pays est très pauvre et il est en outre victime des décisions
importantes
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
iv) Ils n’ont pas assisté à la réunion de leur syndicat vu qu’ils n’étaient pas d’accord
avec son représentant
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
iv) En revanche, la loi garantissait ses enfants légitimes contre ceux qu’il pouvait avoir
avec ou ses concubines.

B. Dans le texte suivant, repérez l’idée directrice (I.D.), les idées-arguments (I.A.)
et les exemples (EX)
« Il y a plusieurs façons d’entendre le mot « génération ». Il peut désigner les gens
ayant eu une même expérience historique commune particulièrement frappante.
Ainsi parle-t-on de la génération de la guerre de 1914 ou de la Résistance ou de
43
celle de mai 1968. On peut aussi identifier la génération à une classe d’âge : tous
les gens ayant eu vingt dans les années 50 ou 70. On peut enfin penser à
l’expérience familiale : la génération des enfants, par opposition à celle des parents
et des grands-parents (…) » F.
Gaussin.
C. Dans le texte suivant, repérez l’idée directrice et dites de quel type de
paragraphe, il s’agit.
De nombreux accidents cardio-vasculaires sont provoqués par une pratique trop
intensive d’activités mal encadrées. Et on ne parle pas de la Kyrielle de blessures
aux membres et aux articulations que les médecins sportifs doivent traiter
annuellement. Cependant, la pratique d’une activité sportive régulière est
bénéfique. On constate que les jeunes, les adultes et les personnes âgées qui
pratiquent régulièrement une activité physique adéquate en tirent d’immenses
profits sur le plan de leur santé et de leur équilibre mental

D. Lisez le paragraphe suivant :


a) Relevez la phrase qui donne l’impression générale
b) Relevez la phrase qui ramène à cette impression globale, une fois les détails
donnés
c) Relevez les éléments cités dans les détails (ex : sourcils, peau, etc.)
d) En utilisant le tableau placé après le texte, relevez les mots ou expressions du
texte qui s’apparentent « cinq ans d’âge », puis ceux qui s’apparentent à
« coquetterie » et enfin ceux qui procèdent de « Mélancolie »

FLEUR DU DESERT
La petite fille que nous avions remarquée se tenait assise contre le mur. Elle
pouvait compter cinq ans d’âge, et resplendissait de coquetterie mélancolique.
Ses chevilles de faon jouaient dans des bracelets d’argent. A ses bras, tintaient
des lianes de métal. Elle avait de grands sourcils démesurés peints en noir sur

44
front. Sa bouche était fière et charnue. Des yeux sans âge, langoureux entre les
cils épaissis par le fard, nous regardaient sans nous voir. Ils lui donnaient une
expression lointaine et un peu triste. Un haillon rougeâtre, tordu sur les cheveux,
laissaient voir deux petites tresses poussiéreuses, arrondies sur l’oreille. Le talus
éboulé imitait exactement le ton de sa peau : La petite petite fille semblait née
l’instant d’avant, fraîchement pétrie d’argile blonde, modelée d’une poignée de
désert.
COLETTE, Prisons et Paradis, Ed. Hachette
Cinq ans coquetterie mélancolique
d’âge

………… ……………… …………


………… ……........... …………

E. Dites le type de ce texte et dégagez les parties qui le composent en les nommant
Il ya très longtemps, vivait, dans un magnifique palais, Ranya, la fille du
calife.
Un jour, à son retour d’une promenade, son père et même son palais avaient
disparu.
C’est Vipéra, la sorcière, qui les a volés, je l’ai vue, lui murmura son peit
fennec.
Aussitôt, Ranya enfila de vieux vêtements sales et troués vers la maison de la
sorcière. Elle frappa à sa porte et lui demanda le gîte et le couvert.
Vipére accepta à la condition que la jeune fille lui nettoie la maison sans
toutefois entrner dans son « bureau secret ». Un jour, pendant que la sorcière
cueillait des champignons en fôret, Ranya trouva la clé de cette pièce. Elle y
pénétra et découvrit une boule de cristal contenant la palais et son père en
miniature. Elle la prit, la cacha sous son tablier et s’enfuit vers son jardin.
Essoufflée, elle y arriva bientôt, y déposa l’objet et le brisa.

45
Ranya retrouva son père et son palais tandis que la sorcière, folle de rage,
disparaissait de la région.
…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
……………………
…………………………………………………………………………………
……
F. Voici une introduction, identifiez les processus de valorisation
Tous les quatre ans, depuis de longues années, les Jeux Olympiques occupent la scène de
l’actualité. Mobilisant des milliers d’hommes : athlètes techniques, organisateurs de tous
ordres, et passionnant des millions de téléspectateurs, les Jeux constituent un fait mondial.
Cependant, les événements qui les ont perturbés ou endeuillés depuis 1976 ont laissé dans
les mémoires un si vif souvenir qu’on est conduit à s’interroger sur la nature actuelle des
Jeux olympiques. Il est à craindre qu’ils n’aient bien changé depuis leur restauration en
1894.

CHAP. 5. QUELQUES TEXTES FONCTIONNELS AU QUOTIDIEN

Lettre et curriculum vitae

3.1.1. Lettre

La lettre peut être considérée comme un genre de narration. On sait par ailleurs que
la plupart des lettres ne se contentent que de raconter les faits qui se sont passés. Il faut
cependant faire remarquer que la lettre diffère par plus d’un point de la narration
proprement dite. Elle est une communication, toujours écrite, adressée par un individu à
un autre qui est absent, ou même présent. Un des traits qui différencient encore la lettre de

46
la narration, c’est que le style épistolaire est généralement caractérisé par sa familiarité
(cas des correspondances privées), la précision et la simplicité (pour des correspondances
administratives et commerciales).

La lettre officielle obéit à des règles précises qu’il est important de respecter :
-La situation de communication : L’émetteur s’adresse à un destinataire, en un moment
et un lieu précis. Tous ces éléments, ainsi que le sujet de la lettre, doivent être indiqués
dans le texte.
- L’objet de la lettre : une lettre officielle a le plus souvent pour but d’informer, de
solliciter, de réclamer ou de protester.
La lettre laisse des traces matérielles, ce qui est indispensable dans les relations
d’affaires et administratives.
-Le plan de la lettre :
 Pour informer, on suit le plan chronologique : motif de la lettre, description de la
situation, évocation du futur.
 Pour réclamer, on résume la situation, on expose ensuite le problème, on indique
enfin au destinateur ce que l’on attend de lui.

Présentation matérielle de la lettre


a) Format

Il existe pour la correspondance un type courant de papier appelé le format commercial,


de dimension A4 (21× 29,7 cm).

Vous rencontrerez naturellement d’autres formats basés sur des considérations très
particulières.

b) Papier

Il faut choisir de préférence un papier blanc, non ligné ; de bonne qualité, qui
témoigne d’élégance et non de luxe.

47
c) En- tête

L’en-tête est une indication d’identité de l’Expéditeur. Un bon en-tête doit comporter
les informations suivantes : nom du Rédacteur ou de la firme, son adresse, son numéro de
téléphone, son adresse e-mail, etc.
d) La date : la date s’inscrit habituellement, à droite, dans le premier tiers du recto
de la feuille. Le lieu d’expédition, le quantième (précédé de l’article), le mois, le
millésime, sont les quatre parties nécessaires de la date.

Exemple : Bukavu, le 01 janvier 2012.

Attention ! On n’abrège pas le mois ni le millésime. On n’indique pas le mois par un


chiffre, fût- Il romain : Bukavu, le 01 janv. 20…

Bukavu, le 27-I- 20…


N’oubliez pas : il y a deux signes de ponctuation : une virgule après le lieu d’expédition et
un point après le millésime.

e) L’adresse : Nom et adresse du destinataire s’écriront- Ils à droite, au-dessous de

la date : vedette à la française ; ou s’aligneront- Il à gauche, vedette à l’américaine ? Nous


ne disputerons pas sur ce sujet. Insistons plutôt sur l’orthographe correcte du nom du
destinataire. Personne n’aime de lire son nom tronqué ou malformé.

Ex :- Delvaulx ? Delvaux ? Delveau ? Delveaux ?


- Ciza ? Chiza ? Chizha ? Tshiza ?
Le nom s’écrira en capitales, ceci pour le distinguer du prénom.

Quant au prénom, il y a aucune raison de l’escamoter. Il précède le patronyme :

Monsieur Albert MUSHAMUKA


Ingénieur
rue Nationale 11
XXX

48
NB: rue, place, avenue, chaussée….s’écrivent avec la minuscule ; seule l’appellation des
voies publiques prend la majuscule. Exemple : avenue Patrice Eméry Lumumba
Les abréviations M., Mme, MM., Mmes, Mlles ne s’emploient pas dans l’adresse. On le
trouve, suivies du nom ou titre, dans le corps de la lettre en style indirect :
Nous avons répété à votre représentant, M. A. MERCIER, que…………………
Voulez-vous dire à M. le Président les vœux que……………………………………..

f) La référence : Que ce soit sous la forme d’initiales ou de numéros, la


référencepermet une distribution rapide du courrier surtout dans des grandes
entreprises.

Exemple : Votre référence :…………….


Notre référence : JR/MV/V.
Notre référence est une reproduction d’initiales de celui qui dicte la lettre et de celui qui la
tape à la machine :
JR a dicté la lettre à MV qui la tape et la lettre concerne le service V (Vente)
Autre exemple : N/réf. Ou V/réf. AP/ DM / D2 / 245
Rédacteur : AP
Dactylographe : DM
Dossier : D2
N° 245
Dans une réponse, il faut toujours recopier les références du correspondant (N/réf.) sous la
rubrique v/réf.

Les références peuvent également apparaître en toutes lettres en début du texte :


Me référant à ma lettre no……………du……………………
Me référant à votre lettre no………………du………………….
La place des références dépend d’une disposition à une autre. Parfois elles se placent en
dessous de la date et un peu à gauche (à environ 2 cm de l’en-tête) ; parfois aussi elles
sont mentionnées au- dessus de la mention « objet », dans la marge.

49
g) La rubrique

Elle indique en quelques mots brefs et précis l’affaire dont doit traiter la lettre. On
l’introduit par : « Concerne », « objet », « Affaire » ; l’on souligne parfois simplement le
texte de la mention. Exemple : Concerne : Notre facture no 645 du 22/12/20...

L’objet de la lettre peut être mentionné sous les références, dans la marge. Cette façon de
procéder facilite grandement le classement des documents sans être obligé de les relire
complètement.

h) L’appellation

L’appellation doit correspondre à la suscription et être reprise intégralement dans la


formule de politesse. Elle doit tenir compte de la fonction du destinataire. Ainsi on
aura par exemple : Monsieur,

Monsieur le Directeur,
Madame la Coordinatrice,
Messieurs (appellation habituellement employée lorsqu’on s’adresse
à des entreprises), etc.
On écrit jamais * « Ma chère Madame » ou « Chère madame Martin »

i) L’Entrée en matière

Il existe d’innombrables variantes dont les plus courantes sont les suivantes :

- Les relations administratives ordinaires

Puis-je faire appel à votre obligeance pour………………………………………………...


Me serait- Il permis de vous demander de………………………………………………….
Puis-je vous prier de bien vouloir…………………………………………………………..
Je prends la respectueuse liberté de vous demander…………………………………..
Conformément à votre lettre du………, concernant……….J’ai le plaisir de vous informer
que………………

50
Pour refuser :
Je suis désolé de devoir vous communiquer que………………………………………………..
C’est avec un réel regret que je suis obligé de………………………………………………….
Je ne puis malheureusement pas vous fournir les………………………………………………

Pour répondre à une lettre :


J’ai bien reçu votre honorée no…………………..du………….concernant…………………...
Je m’empresse de vous remercier de……………………………………………………………..
J’ai reçu avec plaisir votre honorée ……………………………………………………………..
C’est avec plaisir que nous vous accusons réception de………………………………………
Je vous suis reconnaissant de ce que……………………………………………………………..
Etc.
- Les relations d’affaires

Réponse à une lettre


Votre lettre du 10 courant relative à votre commande no 56 nous est bien parvenue
Vous trouverez sous ce pli la documentation demandée de votre lettre du 10 courant
Première prise de contact
Veuillez m’expédier votre dernier catalogue accompagné d’une liste de prix récente
Aux conditions générales de vitre catalogue, je vous transmets la commande suivante :
Rappel d’une lettre restée sans réponse
Par ma lettre du 10 courant je vous demandais de me faire parvenir votre prix courant
Dans ma lettre du 10 courant, dont copie ci-jointe, je vous priais……………………..
Je me permets de vous rappeler ma lettre du 10 courant, dont copie- jointe…………
Exercices :
Parmi les formules d’introduction qui vous sont proposées (A, B ;C,…), laquelle
choisiriez-vous pour :

51
1) l’envoi d’un certificat médical-2 Un accusé de réception 3- une demande de catalogue-
4 Une réclamation à une société de vente par correspondance 5- Un remerciement pour un
service rendu- 6 Des excuses- 7 L’envoi d’un document.

A. J’ai le regret d’attirer votre attention sur…


B. J’ai le plaisir de vous communiquer….
C. En réponse à votre envoi du… ; je vous accuse réception de …
D. Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir m’adresser…
E. Je vous prie de bien vouloir m’excuser de ne pouvoir me rendre…
F. Je vous adresse mes vifs remerciements pour…….

j) Formules finales :
Elles doivent tenir compte de rang de la personne à laquelle on s’adresse. Rappelons que
l’en-tête doit être repris au cours de la formule. Dans la majorité de cas, la formule
suivante peut être employé : veuillez (ou daignez) agréer, M………, l’expression de mes
sentiments distingués.

On peut néanmoins la modifier au mieux des circonstances :

-Lettre de demande : Dans l’attente d’une réponse favorable, je vous prie d’agréer…
- Lettre de remerciements : Recevez, Madame, l’assurance de ma vive reconnaissance.
-Lettre de réclamation : Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée
-Lettre de condoléances : Recevez, Cher(ère) ami(e), l’expression de ma plus vive
sympathie
Les usages et codes sociaux
- En général, « expression » s’emploie d’un inférieur à un supérieur ;
« assurance », qui ne s’emploie pas d’inférieur à un supérieur, est le plus en
usage dans les lettres professionnelles
- Les verbes « agréer » et « accepter » marquent le respect et s’emploient
d’inférieur à supérieur

52
- N’écrivez pas « veuillez croire en » ; qui s’emploie dans le langage religieux ;
mais « veuillez croire à »
- Une femme adresse ses « salutations » à un homme et non ses « sentiments »
ou son « respect »
- Un homme peut adresser à une femme ses « respectueux hommages »
- « Acceptez mes salutations distinguées » est une formule très impersonnelle
vraiment réservée à des rapports professionnels et commerciaux
- Une carte de visite se rédige à la troisième personne et ne se signe jamais

Exercices :
Retrouvez la situation qui correspond à chacune des formules finales suivantes.
 Formules finales
A. Veuillez agréer, Monsieur le président, l’hommage de mon profond respect.
B. En vous remerciant par l’avance de votre compréhension, je vous prie de croire,
Madame le principal, à mes salutations distinguées.
C. En espérant une suite favorable à ma demande, je vous prie de recevoir, Monsieur
le Directeur, mes meilleurs salutations.
D. Dans l’espoir de recevoir une réponse rapide à cette demande d’information, je
vous prie de croire, Mademoiselle, à mes sentiments respectueux.
E. En vous remerciant d’avance de ce service, je vous prie de recevoir, Monsieur,
l’assurance de mes salutations respectueuse
 Situation
1 Mme Martin écrit au collège pour excuser l’absence de sa fille.
2 M. BAHATI écrit au directeur de l’école pour demander que son fils puisse sortir
plus tôt pour un rendez-vous chez dentiste.
3 Le délégué de classe écrit à la responsable du syndicat des enseignants congolais.
4 Anne écrit au Président de la République.
5 Thomas demande une information à un surveillant du lycée.

53
k) La signature : La signature renseigne sur l’identité de la personne qui écrit la
lettre. Oublier donc de signer une lettre, c’est plus que de la distraction. C’est une
négligence grave, d’où peuvent découler des conséquences juridiques
désastreuses.

La signature présente trois parties : la qualité ou le titre de l’expéditeur, la signature, le


nom du destinataire.

Exemple :
Le Directeur, P.O. le Directeur,
Le Secrétaire,
Sé Sé
Regis MUSUKWA Prospère MUSHAGALUSA
On peut signer par procuration, par délégation, par procuration conjointe ou sans
procuration pour un tiers (Ex. : Pour M. Paul WASSO)
NB : Ne signer jamais une lettre sans l’avoir relue ; n’isolez ni le complément final ni
votre signature, ni les deux au verso de la lettre ou sur une autre feuille. Si le signataire a
un titre, ce titre précédera sa signature. N’oublions pas la virgule :
Un directeur,
Si vous signez d’une manière illisible-ce qui n’est ni preuve d’autorité ni une preuve de
compétence-ajoutez votre nom en capitales.
Si deux personnes signent, celle qui a la fonction la plus importante signe habituellement
à la droite de l’autre.

l) Les annexes
Cette mention est utile pour le service de réception du courrier qui peut ainsi vérifier
lors du dépouillement si aucun document n’a été oublié.
Exemple : Annexe : 3 Annexe : 3 attestations

54
Ou
Pièces jointes : 3 Pièces jointes : 3 attestations
m) Post-scriptum
Une lettre bien conçue n’a pas besoin de post-scriptum ; ce dernier témoigne
généralement d’une négligence, d’un oubli, d’un manque d’ordre dans les pensées. Mais
ce post-scriptum peut devenir une véritable publicité en se fondant sur le fait qu’il ne se
passe jamais inaperçu. Dès lors, on comprend que sa place est plutôt indiquée dans une
offre de prix dans la correspondance des affaires. Vous êtes par exemple marchand de
tabac ; vous avez l’habitude de faire cadeau d’une pipe aux acheteurs qui vous commande
au moins cinq kilos. Dans la lettre, vous exposez votre offre et vous mentionnez le prix de
la marchandise ; quelques 8 interlignes plus bas que la dernière ligne du texte, précédé des
lettres P.S. ou N.B. vous ajoutez simplement :
P.S. ---- N’oubliez pas que toute commande de cinq kilos vous donne droit à l’une
de nos pipes, a choisir dans notre catalogue.
Le P.S. se traite comme un paragraphe et se tape à interligne simple quel que soit
l’interligne adopté dans le corps de la lettre ; il doit être au moins parafé.

n) Curriculum vitae (CV)


Le CV est résumé, « petite course de la vie » qui permet qui Destinataire d’apprécier
rapidement la situation d’une personne et de prendre connaissance des étapes de sa
carrière. Plusieurs rubriques numérotées doivent apparaître dans le CV :
1. Identification :
Nom et post –nom
Date et lieu de naissance
Etat civil
Nationalité
Adresse
2. Formation (Etudes faites)
L’école, l’établissement, institut ou université

55
Les périodes et la nature de diplôme et certificat

2. Expérience professionnelle
Marquer chronologiquement les périodes, les fonctions ou les postes
Occupés
2. Langues parlées (précisez lu, écrit, parlé)
3. Autres informations
Stage, expériences particulières
4. Références
Indiquer la personne, le lieu, les documents où l’on peut trouver
l’information spécifique de ce qui a été dit.

Exemple d’un CV :
Alex Mbambara
B.P. 1765
BUKAVU
Date et lieu de naissance : 1971 à Mwenga

ETUDES
1997-2000 : Licence en pédagogie appliquée : Option, Sciences commerciales et
administratives
1991-1997 : Grade en pédagogie appliquée : Option, Sciences commerciales et
administratives
1983-1991 : Diplôme d’Etât à l’Institut Kasali à Kadutu
1979- 1983 : Certificat d’études primaires à l’E.P. Bingwa à Bagira

EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
2008-2011 : gestionnaire au Centre de Formation Heri Kwetu
2006-2008 : Comptable au sein du bureau d’étude de la province du Sud-kivu

56
2002-2006 : Chargé de Ressources humaines à la Division du tourisme à bukavu
2000-2002 : Comptable analylitique (affectation de la Grande Voirie) au Parc de
Kahuzi Biega

DIVERS
Brevet de secourisme
Permis de conduire

N.B. : Le C.V. se présente sur une feuille de papier blanc sans ligne et sans quadrillage.
Contrairement à la lettre de motivation qui est manuscrite et de préférence écrite au stylo
noir, le C.V. est dactylographié et il n’est pas signé.

2.2.3. Quelques modèles de lettres


 Lettre de réclamation
Monsieur,
Nous avons bien reçu, le 5 février, votre commande référencée 252.
Toutefois, lors du déballage du matériel, nous avons le désagrément de constater
qu’une partie de celle-ci n’était pas conforme à notre ordre initial. Nous avons en effet
commandé la série robots n°4. Or vous nous avez livré la série n°5.
Afin de réparer cette erreur, nous vous prions de nous adresser, dans les meilleurs
délais, les articles demandés. Quant à la marchandise non conforme, nous la tenons à
votre disposition.
Par ailleurs, nous vous saurions gré de bien vouloir nous faire connaître la date
de livraison des articles manquants.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos respectueuses salutations.

 Réponse du fournisseur à la réclamation


Plan de la lettre
1. Accuser réception de la réclamation et présenter des excuses
57
2. proposer une solution pour donner satisfaction au client
3. Présenter les modalités administratives
4. présenter à nouveau des excuses et exprimer l’espoir que ce contretemps n’altérera pas
les futures relations
5. Terminer par une formule de politesse

 Lettre de recours rédigé par une étudiante finaliste édition 2010-2011


Objet : Recours
Monsieur le Président du jury,
L’honneur m’échoit de venir auprès de votre haute autorité pour vous adresser la
présente dont l’objet est repris ci-haut.
En effet, après affichage des résultats, je me suis trouvé non délibéré pour n’avoir
pas payé l’inscription à la deuxième session. Le reçu en annexe certifie que j’ai payé la
seconde session.
Veuillez agréer, monsieur le Président du jury, l’expression de ma très haute
considération.
Votre Etudiant,
TD. Prenez connaissance de cette lettre de recours de cette étudiante finaliste, puis donnez
par écrit votre impression première. La lettre vous semble-t-elle :
Bien faite ? (Par quelles qualités ?)
Mal faite (Pourquoi ?)

Assez bien faite ? (justifiez, en ce cas, votre approbation, puis votre réserve.)

 Lettre de demande d’emploi (Réponse à l’annonce)


Renseignements indispensables
1) Etat-civil

58
2) Etudes et aptitudes générales
3) Etudes professionnelles
4) Aptitudes particulières
5) Emplois occupés
6) Prétentions
7) Références

Il faut que le chef d’entreprise à qui on offre ses services puisse contrôler vos
affirmations. Celles-ci doivent donc être conformes à la vérité.
Les candidats, surtout les débutants, oublient généralement dans leur lettre de demande
d’emploi l’un ou l’autre renseignement important, comme par exemple l’âge, les études
faites, des références et même parfois…leur adresse. Or, la demande d’emploi doit être
considérée comme une lettre d’introduction. Le chef d’entreprise qui lit doit être
agréablement frappé par la présentation et son contenu ; c’est à cette condition qu’il
daignera envoyer une convocation.
Modèles
Monsieur le Directeur,
J’ai lu votre annonce insérée dans « Le Souverain » du 10 courant et j’ai
l’honneur de solliciter l’emploi de secrétaire, vacant en vos bureaux.
J’ai 33 ans. Je suis né à………….le…..19….. Je suis marié, sans enfant et j’habite
10, avenue Du Lac à Bukavu. Voila pour mon état-civil.
En ce qui concerne ma formation et mes aptitudes, je dois vous dire que je suis en
possession d’un diplôme d’humanités commerciales (78%), d’un diplôme de gradué en
Informatique de gestion qui me fut délivré par l’I.S.P./BKV.
Comme aptitudes spéciales, je connais parfaitement les langues anglaise et
française et je suis spécialisé dans la maintenance des ordinateurs.
Dès l’âge de 24 ans, je suis entré au service de la maison X à Bukavu. Cette firme
ayant liquidé en 20….par suite du décès d’un associé, je fus licencié ; j’étais à ce moment
principal programmeur.

59
Mes prétentions dépendront naturellement du travail que je produirai. J’ajoute
que je suis disposé à me soumettre à un examen. Je suis libre le …janvier prochain.

J’ose espérer, Monsieur le Directeur, que les détails que contient cette lettre vous
convaincront de mon mérite d’occuper le poste offert et dans l’attente de retenir votre
bienveillante attention pour une période d’essai, je vous prie de croire à mes sentiments
dévoués.

(s.) Jacques Mugisho.

 Réponse à une demande d’inscription

Madame,
J’ai le plaisir de vous informer que votre fils Christian MBALABALA a été inscrit
pour la rentrée de 20…, au Centre de Formation de Katana.
Conformément au dossier qui nous a été transmis par le collège de votre fils, cette
inscription prendra effet si les conditions physiques énumérées ci-dessous sont toujours
valables :
- poids maximum : 38 kg ;
- Taille maximum : 1,40 m ;
- acuité visuelle sans verres correcteurs : 13/10.
Vous voudrez bien vous mettre en rapport avec Mlle Yvonne MAHESHE,
documentaliste de l’établissement scolaire de votre fils, pour la constitution du dossier
d’entrée dans notre établissement.
Nous vous rappelons que la rentrée scolaire est fixée au …18 septembre 20…
Votre fils Christian MBALABALA devra donc avoir rejoint le centre de Katana, au plus
tard le ….septembre à 16 heur
Le Directeur du Centre.

N.B. : Tous les modèles de lettres que nous proposons sont à titre d’illustration. Ils
contiennent des indications nécessaires pouvant inspirer tout correspondancier à rédiger

60
ses propres lettres en fonction de besoin ou de l’activité de l’entreprise. Et pour le
demandeur d’emploi, ils lui suggèrent une structure riche à exploiter et peut constituer
une source d’inspiration pour les débutants mais aussi pour des personnes expérimentées.

TRAVAUX PRATIQUES

1 Esther Cibalama est née le 06 octobre 1982 à Kaziba. Elle est actuellement
salariée à la cimenterie du Kivu de Katana. Elle y occupe la fonction de secrétaire
du Chef du personnel. Cibalama est mariée. Elle a deux enfants : Martine, 5 ans-
George 2 ans. Elle est dans l’entreprise depuis huit ans et s’y plaît beaucoup mais
son lieu de travail est fort éloigné de son domicile. Esther est, en effet, domiciliée à
Bukavu, 35, avenue Patrice Eméry Lumumba. La jeune femme perd donc deux
heures par jour dans les transports en commun. C’est la raison pour laquelle elle
décide de répondre à l’annonce suivante parue dans un journal local :

Importante société- Ginki recherche :

Secrétaire de direction confirmée.


30 ans minimum- grade en informatique exigé
Adressez C.V. et prétentions manuscrites.
Esther Cibalama est séduite par cette annonce car l’emploi proposé semble correspondre
à sa fonction Chez Cimenterie du Kivu.
D’autre part, elle possède les diplômes requis : Elle a obtenu le diplôme d’Etat avec la
mention Bien, à l’institut Tumaini (juillet 2001), puis le grade en informatique à l’I.S.P. /
BKV. Elle se dispose donc à répondre à l’annonce.
0. Choisissez un des modèles suivants, complétez-le et rédiger la lettre en respectant
les règles de mise en page
A. Déclaration d’accident à une compagnie d’assurance

61
Je soussigné (nom, prénom, adresse, lieu et date de naissance, profession) vous informe
avoir été victime d’un accident de la circulation (indiquer la date, l’heure, le lieu et les
circonstances de l’accident, le montant approximatifs des dégâts occasionnés).
C’est dans ces conditions que j’ai l’honneur de solliciter de vos services afin de
bénéficier de l’indemnité consécutive aux dommages que j’ai subis sur ma personne.
Vous trouverez ci-joint la photocopie du certificat médical.
Dans l’attente de votre courrier, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à mes
sentiments respectueux.
B. Demande de délai de paiement de l’impôt
Je me trouve dans l’impossibilité de payer les impôts dont vous me demandez le paiement
par l’avis d’imposition dont vous trouverez copie ci-joint.
Ma situation financière actuelle ne me permet pas d’acquitter l’intégralité du montant de
l’impôt. (Précisez ici votre situation.)
C’est pourquoi, je vous serais reconnaissant de l’obligeance dont vous feriez preuve en
m’accordant des délais de paiement.
Je vous suggère le versement d’un premier acompte de x francs à la date du…et le
règlement du solde en plusieurs échéances (précisez la périodicité) de x francs.
Je vous prie d’agréer, monsieur le Percepteur, l’expression de mes salutations
distinguées.
C. Déclaration de perte ou de vol d’un chéquier
Le…à…..heures…..minutes, je vous ai appelé afin de vous faire prendre connaissance de
la perte ou du vol de mon chéquier. Vous trouverez ci-joint la copie de la déclaration à la
police.
Je vous confirme qu’il y a lieu de faire opposition aux chèques que j’ai émis depuis le
moment où j’ai déclaré le vol (ou la perte) à l’agence de…
Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
2.2. Le rapport
2.3.1. Définition

62
C’est une des manières dont on rend compte à une autorité responsable d’une
question importante en lui proposant des solutions. C’est un document qui sert, à partir de
l’étude d’un problème ou de l’analyse d’une situation, à proposer une action.

Le rapport est un texte de nature professionnelle qui concerne une question précise :
il présente des faits et des réflexions pour qu’une décision éclairée puisse éventuellement
être prise par l’autorité hiérarchique sur la question étudiée.

Les circonstances dans lesquelles un rapport peut être requis sont diverses. Elles
concernent surtout la vie professionnelle. Dans presque tous les secteurs d’activités, on
peut être amené à analyser une situation afin de favoriser une prise de décision.

II. Les qualités d’un rapport

Les principales qualités d’un bon rapport sont l’objectivité et la concision. Un rapport
est adressé à des décideurs, il a pour objet de les informer de certains faits ou de certaines
situations requérant leur attention et de donner les éléments requis pour porter un
jugement ou prendre une décision dans ce contexte.

Comme le rapport est un texte essentiellement informatif, l’information qu’il contient doit
être exposée clairement et complètement, sans digression ni considérations inutiles. Un
bon rapport est efficace s’il rend possible la solution d’un problème.

III. Différence entre rapport, compte rendu et procès-verbal

Le rapport se différencie du compte rendu et du procès-verbal qui décrivent ce


qui s’est passé. Le rapport s’appuie sur des faits, événements ou actions décrits pour
dégager certaines informations qui permettront au rédacteur de donner un avis motivé et
de conseiller une action.
- Ces trois écrits apportent une information commune et fournissent le cas échéant une
preuve, mais un troisième objectif les différencie : témoigner pour le compte rendu,
attester pour le procès-verbal, étudier et proposer une piste de solution de la question

63
étudiée pour le rapport. Cette divergence engendre des formes différentes. Ainsi, le
compte rendu et le procès-verbal se contentent de rapporter de façon neutre les faits
concernés, tandis que le rapport, après avoir exposé ces derniers, les analysera et y
apporte des pistes de solutions. Un bon rapport est efficace s’il rend possible la solution
d’un problème précis.

IV. Sortes de rapports

Il en existe plusieurs sortes : rapports probatoires, rapports d’investigation, rapports de


stage, rapports de mission, rapports d’activités, rapports de recherche, rapports financiers,
rapports d’évaluation, rapports de supervision, rapports techniques, rapports d’enquête,
rapports médicaux, rapports d’analyse, etc.

Tous ces types de rapports respectent la matrice de deux genres de textes :

- L’introduction présente les raisons pour lesquelles le rapport a été commandé et les
faits concernés. L’introduction est une mise en contexte du sujet à développer dans le
corps du rapport. En allant toujours du général au particulier, l’introduction doit répondre
aux questions suivantes : pourquoi ce travail est- Il présenté ? où se situe-t- Il ? comment
est-t- Il relié à d’autres travaux dans ce domaine ? quels sont les buts et objectifs du
rapport ?
Voici quelques expressions à utiliser dans l’introduction :
- c’est dans le cadre de…,
- à l’occasion de…,
- dans le but de…,
- au cours de la période…,
- le sujet de notre stage touche à…,
- nous aborderons ici…,
- ceci nous permettra de préciser dans quel cadre nous avons réalisé…

Exemples :

64
1. Dans le cas de mettre en pratique les notions que nous avons apprises durant notre
formation, nous avons effectué le stage d’enseignement à l’Ecole d’Application de
l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu du 13 octobre 2014 au 28 février 2015.
2. Au cours de la période allant du 13 octobre 2014 au 28 février 2015, nous avions été
affecté à l’Institut de Bagira afin d’y passer notre stage visant à allier la théorie à la
pratique.
3. Le sujet de rapport concerne le voyage d’étude entrepris à Lwiro dans le cadre du
cours d’Entomologie.
4. A l’ occasion de notre séjour à l’Université de Namur, notre attention a été attirée
par les évènements qui seront relatés dans les lignes qui suivent.

Exerçons-nous :
Vous venez de terminer votre stage dans telle école (citez-en le nom). Rédigez-en
l’introduction.
- Le développement
Il relate point par point toutes les activités auxquelles le stagiaire s’est livré au cours
de son entraînement, toutes les tâches effectuées, en regroupant celles qui sont
semblables, en respectant bien sûr l’ordre chronologiques. Le rapport de mission
développe tous les évènements pertinents vécus par l’envoyé. Le rédacteur n’oubliera
de dégager les points positifs et les points négatifs.
Tout rapport doit être divisé en autant de parties que nécessaire. Chaque partie doit
être clairement numérotée et avoir un titre, de manière qu’on puisse dresser une table des
matières complète et détaillée. Elle est appelée le sommaire si elle vient en tête du
rapport. En effet, les lecteurs doivent pouvoir se référer aisément à n’importe quel
élément du rapport et retrouver facilement toute information pertinente. La longueur
d’un rapport professionnel varie selon la nature du problème étudié.
Si la compréhension d’un rapport nécessite qu’on fournisse certains documents, ils
seront placés en annexe et numérotés. D’une manière générale, les annexes comprennent
toute information utile pour éclairer la lanterne du lecteur. Elles corroborent les

65
affirmations contenues dans le développement. Toute annexe doit être référencée depuis
le corps du rapport, si ce n’est pas le cas, c’est qu’on ne l’utilise pas et qu’elle ne sert
donc à rien. Généralement, les annexes sont référencées au moyen de lettres majuscules:
Annexe A, Annexe B, etc.

Appliquons ce qui vient d’être dit:


1. Cherchez quatre ou cinq points qu’on peut mettre dans un rapport de stage et essayez
d’en trouver des titres appropriés.
2. Rédigez un paragraphe portant sur l’un ou l’autre point contenu dans la première
question.
- La conclusion : Après avoir présenté clairement tous les faits dans le corps du rapport,
le rédacteur proposera, de préférence au conditionnel, des recommandations et les
raisons qui les justifient. La conclusion doit être une version condensée des principaux
résultats donnés dans les chapitres et sections précédents. Aucun nouveau
développement ou argument scientifique ne doit être présenté dans la conclusion ; tout
doit avoir été dit dans les sections. Il est également important de relier la conclusion aux
objectifs énoncés dans l’introduction de manière à donner une unité à la totalité du
rapport. La conclusion se présente en général en deux parties : le bilan et l’ouverture.

Exerçons-nous.
Vous venez de terminer votre stage. Rédigez une conclusion appropriée.
Comme dit dans l’introduction, il existe plusieurs sortes de rapports, mais nous avons
opté pour la présentation de celui de stage:
V. Comment écrire un rapport de stage ?
Quelques règles simples :
- Bien se préparer,
- Dresser un plan simple : présentation de l’entreprise, description de la mission et bilan.
- Procéder à une rédaction et une présentation soignée.

66
V. 1. Pendant le stage
- Prendre régulièrement des notes aide beaucoup lors de la phase de rédaction, dans « un
journal de bord ». Y noter chaque jour ce que l’on a fait, où l’on a été, qui l’on a
rencontré, ce que l’on a fait avec celui-là, ce que l’on a utilisé,… mais aussi les
impressions et toutes les informations utiles sur l’entreprise et son fonctionnement tout au
long du stage,

- Demander l’organigramme (schéma qui représente l’organisation du personnel)


pour comprendre qui fait quoi et qui dirige qui. S’informer à ce sujet.
- Solliciter tout document utile pour expliquer et illustrer ce que fait l’entreprise.
- Appuyer ses affirmations par des photos et des illustrations
V. 2. Après le stage
- Relire ses notes et tous les documents rassemblés et en dégager l’essentiel,
- Mettre de l’ordre dans ses notes,
- Se poser des questions comme : qu’ai-je fait pendant mon stage ? qu’ai-je fait après ?
qu’est-ce qui m’a surpris agréablement ou désagréablement ? le stage s’est- Il déroulé
comme je l’attendais ? Quels outils je maîtrise après mon stage ? ce stage m’a-t- Il
apporté une orientation utile ?
- Elaborer le plan du rapport.
V. 3. Rédaction du rapport de stage
Comment présenter le rapport de stage ?
Faire une présentation simple, claire et aérée pour une lecture facile. Le rédacteur formera
des phrases courtes et compréhensibles. Il vérifiera l’orthographe et la conjugaison. Une
bibliographie sera prévue où seront mentionnés tous les ouvrages consultés ; des annexes
comporteront tous les documents nécessaires, avec titres et numéros.
Exercez-vous :
Imaginez-vous à la fin de votre stage du premier cycle à l’enseignement supérieur.
Elaborez le plan du stage que vous avez effectué pour allier la théorie à la pratique.

67
A présent, il convient de proposer une démarche pour la plupart des rapports à
rédiger dans la vie professionnelle.

VI. Matrice d’un rapport de stage


VI.1. La page de garde doit contenir les éléments ci-dessous :
-Le nom du pays et le ministère de tutelle,
-Le titre du rapport effectué, y compris le lieu et la date du stage,
-La désignation de l’équipe ou de la personne qui a été chargée de la mission,
VI. La page des remerciements à tous ceux qui ont facilité la réalisation dudit stage
VII.2. Le sommaire du rapport qui englobera :
-Les titres et les sous-titres de tout ce que contient le rapport,
VII.3. L’introduction
-Annonce du stage ‘ durée, lieu et secteur économique,
- Bref descriptif de l’entreprise,
-Problématique et objectifs du rapport
-Méthodologie adoptée dans le travail,
[Link] développement
-Le cadre du stage
-Les tâches exécutées
-Les outils utilisés,
-Les difficultés rencontrées,
-La façon dont on les a surmontées,
-Les apports du stage.
VIII.5. La conclusion qui contient:
-La synthèse des points principaux,
-Les recommandations (propositions) formulées au mode conditionnel,
-Le lieu et la date de la rédaction,
-Le nom et la signature du rédacteur

68
NB. Le sommaire est souvent en tête du document. Certains rapports le placent à la fin.
Dans ce cas, on parle de la table des matières.
IX. La bibliographie et les annexes
-Citer toutes les sources écrites et orales consultées pour l’élaboration du rapport,
-Mettre en annexe tout document susceptible de corroborer les affirmations du
rédacteur.
XIX. Exercices d’application
1) Vous avez effectué votre stage à l’Ecole d’Application de l’I.S.P. / Bukavu.
Rédigez votre rapport de toutes les activités réalisées durant votre stage.
2) Rédigez le rapport des activités qu’un comptable a accomplies durant l’exercice
fiscal 20… dans les Établissements… (Olive, par exemple).
3) Rapport sur la gestion des centres culturels français,
4) Rapport sur les enseignements dans la section des Sciences Administratives et
Informatiques de l’ISP/ BUKAVU,
5) Rapport sur la gestion de la province de…,
6) Rapport sur la gestion de la chose publique dans un pays quelconque.
X. Exemple d’un rapport
Rapport des Nations Unies sur l’exploitation de minerais à Kamituga et à Ituri
I. Introduction
Comme le Conseil de sécurité en a décidé au paragraphe 4 de sa résolution 2021
(2011), le Groupe d’expert sur la République Démocratique du Congo présente, avant le
19 octobre 2012, son rapport final par l’intermédiaire du Comité du Conseil créé par la
résolution 1533 (2004) concernant la République Démocratique du Congo (voir les notes
en annexe1 du présent rapport). Chargé de surveiller le respect de l’embargo sur les
armes, le Groupe est chargé au premier chef d’enquêter sur l’achat de matériel militaire,
notamment d’armes opérant en République Démocratique du Congo, ainsi que sur les
réseaux financiers qui y sont associés, et sur leur participation à l’exploitation et au
négoce des ressources naturelles, et de collecter des données à ce sujet. Pour ce faire, il a
suivi une méthode d’investigation rigoureuse afin que ses affirmations et ses conclusions

69
soient aussi exactes que possible. Son mandat est exposé à l’annexe 1 du présent rapport,
et la méthode retenue, à l’annexe 2. L’annexe 77 dresse la liste des entités que le Groupe
a officiellement rencontrées (…)
Ressources naturelles
A. Commerce de l’étain, du tantale et de l’or
Tendances du commerce et de la production
Dans son rapport d’étape de juin 2012, le Groupe a signalé une reprise graduelle
des exportations officielles de l’étain, du tantale et du tungstène à partir des provinces des
Kivu et du Maniema. En août, cependant, les exportations officielles avaient pratiquement
disparu pour trois raisons. D’abord, le Ministre congolais des mines avait suspendu
l’activité des sociétés d’exportation au Nord et au Sud-Kivu (voir S/2012/348,
paragraphes 141 et 142). Deuxièmement, dans le souci d’endiguer la contrebande à
destination du Rwanda, le Ministre des mines avait interdit le transport aérien de l’étain,
du tantale et du tungstène du Maniema aux villes frontalières de Goma et de Bukavu et
imposé leur acheminement à travers la province du Katanga. La mesure avait entraîné une
cessation d’activités pour les exportateurs de Goma qui s’approvisionnaient dans le
Maniema. Enfin, les importateurs chinois qui achetaient les minerais dont l’origine n’était
pas certifiée réclamaient de plus en plus la certification prévue par l’Initiative de la chaîne
d’offre de la cassitérite de l’Institut International de recherche sur l’étain (ITRI). A la
suite de la validation des sites miniers, l’étiquetage des minerais devrait être effectué dans
certaines zones de Maniema et au site de Nyabibwe, au Sud-Kivu, avant la fin de 2012.
Toutefois, il n’existe pas encore de marché légal pour la production de minerais non
étiquetés dans les deux Kivu et le Maniema. De ce fait, la contrebande transfrontalière est
en recrudescence.
Les contrebandiers préfèrent les minerais de tantale et de l’or, qui sont plus légères que le
minerai de la cassitérite et donc plus faciles à dissimuler. En outre, les marges
bénéficiaires sont plus élevées et permettent de financer les pots-de-vin censés faciliter le
passage aux frontières et le transport des véhicules et des embarcations privées.
Évolution socioéconomique

70
Au paragraphe 5 de la résolution 2021 (2011), le Conseil de sécurité a prié le
Groupe d’experts de procéder, dans son évaluation de l’efficacité des lignes directrices sur
le devoir de diligence, à une analyse complète du développement du Congo. La
méthodologie utilisée par le Groupe est décrite à l’annexe 74 du présent rapport.
Principales conclusions
Dans les zones minières où il n’existe pas de système d’étiquetage ou de
traçabilité, on observe les phénomènes suivants:
a) La production des minerais de cassitérite, de tantale et de l’or se produit dans la plupart
des zones. La plus grande partie des minerais est soit en contrebande, soit entreposée. Il
apparaît, de ce fait, un écart important entre les chiffres officiels des exportations et ceux
de la production. La contrebande est particulièrement importante dans les zones minières
qui sont facilement accessibles ou proches de la frontière ;
b) Les prix des minerais ont considérablement chuté en raison de la faiblesse de la
demande de minerais non étiquetés. D’autres facteurs, tels que les fluctuations des cours
mondiaux, ont également contribué à ce recul ;
c) Lorsqu’il existe, près d’une mine de cassitérite, de tantale ou de l’or, d’autres minerais
–principalement l’or ou les diamants -, les mineurs s’adaptent et exploitent ces minerais.
Par ailleurs, l’exploitation du minerai de cassitérite cède le pas à celle des minerais de
tantale et de l’or;
d) Dans les zones où il n’existe pas d’autres minerais que l’étain, le tantale et le
tungstène, la quasi-cessation des échanges et l’effondrement des prix sur les sites miniers
ont entraîné une réduction du revenu familial et donc des dépenses des ménages ;
e) Les communautés minières isolées qui, précédemment, comptaient sur le trafic aérien
arrivant pour s’approvisionner en produits de première nécessité se ressentent en pénurie
de ces produits et de la hausse des prix qui s’ensuit;
f) Les répressions décrites ci-dessous ont été observées après l’interdiction de
l’exploitation minières décrétée en 2010. Moins prononcées à la fin de 2011, lorsque les
négociants de Huanying et TT/CMM ont trouvé de nouveaux marchés pour les minerais

71
non étiquetés en Chine, elles ont cependant refait surface après la suspension de ces
négociations en mai 2012;
g) Les conditions de sécurité se sont améliorées sur les sites d’extraction de l’étain, de la
tantalite et du tungstène et ces minerais sont devenus une source non moins importante de
financement des groupes armés. Cette double évolution aura des répercussions favorables
sur le développement socioéconomique durable des zones minières.

II. Constatations détaillées relatives aux indicateurs de l’exploitation minière


Les zones minières et les villes de négoce situées dans le territoire d’Ituri ont
subi un déclin économique particulièrement frappant. A Mubi, les prix ont chuté, passant
de 5,5 dollars le kilogramme en 2010 à 3,5 ou à 4 dollars après mai 2012. Sur les sites
miniers eux-mêmes, l’offre des négociants peut se limiter à 1 dollar le kilogramme. La
baisse des prix compromet les conditions de travail, dans la mesure où l’on ne dispose pas
des fonds nécessaires à l’achat de l’équipement de base que constituent, par exemple, des
bottes, des torches électriques et de l’essence. C’est ainsi que la principale mine de Bisié
s’est pratiquement vidée, ne conservant que quelques centaines de mineurs.
La situation est presque identique dans des zones minières, telles que Kamituga
et Shabunda, où les mineurs doivent faire face à la chute des prix du minerai de la
cassitérite. A Ituri, cependant, les exploitants artisanaux ont au Groupe qu’ils
poursuivaient la production parce qu’ils n’avaient pas d’autres solutions pour entretenir
leur famille. Depuis la suspension de Huaying et de TT/CMM, Kamituga ne voit guère
arriver des acheteurs, ce qui oblige les mineurs locaux et les petits négociants à stocker la
production, dans l’attente des jours meilleurs.

III. Recommandations
Le Groupe recommande au Comité de réviser les critères d’application des
sanctions, de manière à ce que ces dernières visent également les propriétaires d’entités
sanctionnées et de sociétés écrans, en sus des personnes et entités qui soutiennent les
réseaux criminels au sein des forces armées congolaises par le biais de la

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commercialisation des ressources naturelles. Le Groupe recommande au Comité
d’inviter ;
a) Les Gouvernements rwandais et ougandais à mettre un terme à toutes les violations de
l’embargo sur les armes et à lui soumettre régulièrement des rapports sur les mesures
prises pour stopper toute activité du M23 et de ses alliés sur le territoire ;
b) Les États membres à examiner et à revoir leur assistance militaire au Rwanda et à
l’Ouganda ;
c)Le Mécanisme conjoint de vérification de la Conférence internationale sur la région
des Grands Lacs à mettre en place les détecteurs de mouvements et des appareils de
prise de vues de vision nocturne sur les chemins empruntés par les forces armées
rwandaises et le M23 entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (annexe
76) ;
d) Les donateurs internationaux à doter le Mécanisme conjoint de vérification et la
Cellule de fusion du renseignement de véhicules aériens sans pilote pour surveiller les
passages aux frontières, de manière à lui faire régulièrement rapport;
e) Tous les groupes armés, dont les FDLR et le M23, à libérer immédiatement tous les
enfants soldats et à éviter tout recrutement ultérieur des mineurs;
f) La République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda à mener à bien le
marquage de toutes les armes que détiennent ces États, conformément au Protocole de
Nairobi pour la prévention, le contrôle et la réduction des armes légères dans la région
des Grands Lacs et la Corne de l’Afrique;
g) Les donateurs à financer les stratégies innovantes de désarmement des civils de
manière à éviter que les armes ne soient détournées au profit des groupes armés;
h) Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à suspendre l’activité
des zones militaires non indispensables et à réactiver les ressources de manière à
accélérer l’intégration représentative et inclusive des groupes, en s’inspirant des
enseignements tirés de l’expérience ; (…)
NB! Les annexes et la bibliographie n’ont pas été reprises par souci d’économie d’espace.

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Le procès-verbal
Objectifs :- Définir le procès-verbal,
- Préciser les différentes sortes de p.-v,
-Proposer la matrice de ce document,
-Exercer les étudiants à rédiger des procès-verbaux.
Définition

Le p.-v. est un document qui enregistre le passé. Concis et précis, le p.-v ne


comporte ni jugement ni point de vue de son rédacteur ; il enregistre un fait, un
événement dont la trace doit être conservé dans l’intérêt d’une communauté. Il existe
plusieurs types de procès-verbaux : de réunion, de constatation, de saisie, d’arrestation,
etc.
Le p-v de réunion permet de garder une trace de ce qui s’est dit. Il pourra servir
de référence en cas de litige ultérieur. Il doit comporter un certain nombre d’éléments
comme : noms, date, lieu de réunion, nom de la collectivité qui s’est réuni, noms et
qualité des participants, ordre du jour, … pour être valide, le p-v doit être approuvé par les
participants.
Le p.-vde constatation fait la description d’un fait ou d’un évènement qui
pourrait être ultérieurement contesté. C ‘est sur la base de p.-v de constatation que des
actions en justice peuvent être intentées.

N.B. Certains procès-verbaux sont des documents préconçus; les agents concernés
n’auront qu’à compléter les espaces vides.

Caractéristiques d’un p-v

Destinataire : le subordonné s’adresse au supérieur hiérarchique, pour information


aux participants ; à propos des débats, des faits. Comme son objectif est d’attester, ce
document doit être caractérisé par la neutralité et l’exactitude. Son plan est
sténographique ou analytique, son contenu descriptif. L’introduction et la conclusion sont

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très brèves ; son style est impersonnel marqué par le temps présent. Il exige la
signature de tous les participants

Le p-v atteste que des faits se sont bien déroulés tels que consigné (le rapport expose et
analyse des faits, puis propose des solutions au problème engendré par ces faits.
Le PV sert à consigner une discussion. Le document ainsi créé a force de loi. Le PV doit
être complet, clair et synthétique et comporter des informations véridiques. Il ne doit
donner lieu à aucun malentendu ou problème de compréhension.
Conseils rédactionnels : rédiger des phrases courtes, claires et compréhensibles ;
éliminer le superflu pour aller à l’essentiel ; préférer le verbe au substantif, adapter un
style dynamique et vivant (voix active et le présent), passé pour le fait révolu, futur pour
seul ce qui arrivera à l’avenir.

Matrice pour un P.-V. d’assemblée générale

Procès- verbal d’assemblée générale de l’Association x tenue en date du ………………


Comment rédiger un procès verbal d’une assemblée générale
Il convient de mentionner le jour, l’heure de cette réunion ainsi que la date et l’auteur de
la convocation des adhérents.
 Une feuille de présence mentionnant le nom, le prénom et la qualité (membres
actifs, représentants des institutions,…), les personnes présentes doit être mise à
disposition des participants. Elle devra être signée par chacun. Cette feuille de présence
servira à vérifier le quorum, à compter le nombre des votants et à attribuer éventuellement
les pouvoirs.
L’ordre du jour doit être mentionné sur les convocations.

Consignes à respecter pour bien rédiger un procès-verbal


-Veiller à : bien préparer le travail, identifier le type de P.-V, être très concentré
tout au long de la séance, connaître les précédents procès-verbaux et les questions en
suspens, être familiarisé avec le jargon de l’entreprise, bien prendre les notes, aimer l’oral.

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Exemple d’un procès-verbal d’assemblée d’une association
Le (date) à (heure), les membres du Conseil d’Administration de l’association
(nom) se sont réunis au siège social (adresse complète sur convocation écrite faite par le
Président (titre du rédacteur) en date du (date de la convocation).
Présents :
-Monsieur … : Président
-Monsieur… : Secrétaire
-Madame… : Trésorière
-Monsieur… : Membre
-Monsieur… : Membre
Invité
-Monsieur… : Directeur

Excusés
-Monsieur… : Membre
-Madame… : Membre … pouvoir à Monsieur…
Le quorum étant atteint (la majorité des membres du CA plus 1), les décisions prises sont
valides conformément aux statuts.
Ordre du jour
-Bilan d’activités année 20…
-Bilan financier année 20…
-Budget prévisionnel année 20…
-Questions diverses
-Lecture est faite du procès-verbal de la réunion précédente et les membres
présents l’approuvent.
Bilan d’activités 20…
-Exposé des actions mises en œuvre
-Etc.
Bilan financier

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-Présentation par le trésorier
-Approbation des comptes par les membres, comptes qui seront présentés lors de la
prochaine Assemblée Générale de l’association.

Budget Prévisionnel 20…


-Présentation par le trésorier
-Relèvement du montant de la cotisation
Questions diverses
L’ordre du jour étant épuisé, le Président lève la séance à (heure). Approuvé par le
Conseil d’Administration et signé le… (date de la prochaine réunion du CA).
Le Secrétaire Le Président
(Nom+prénom + signature) (Nom+prénom + signature)

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BIBLIOGRAPHIE

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moyens d’expression, Ed. De Boeck université, Belgique.
BAYLON C. et MIGNOT X. (2003),La Communication, les outils et les formes de la
communication : Une présentation méthodique et illustrée, Ed. Nathan.
CARRAS C. et al. (2007), le français sur objectifs spécifiques et la classe de langue,
Paris, Clé International.
COLETTE K.-R et al. (2003).Comment rédiger un rapport, un mémoire, un projet de
recherche, une activité de recherche en cours ? Ed. CLIUE, Italie.
CORINNE MESANA-A (2001), 10 modules pour la production écrite en classe de FLE,
Paris, les Editions Didier.
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techniques, Ed. Nathan, Paris.
CANVAT K. (1999), Enseigner la littérature par les genres, De Boeck et Larcier s.a
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structurer son texte, Ed. De Boeck, Belgique.
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grammaire au style, Ed. Armand Colin, Paris.
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SHIRLEY C.-T (2000), La cohérence textuelle : pour une nouvelle pédagogie de l’écrit,
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