Réflexions sur l'Orthodoxie et la Foi
Réflexions sur l'Orthodoxie et la Foi
N° 4 | ! | janvier 1979
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454 OU
680
1
Mise au point
Le pré spirituel
Lettre ouverte de Mgr. Innocent de
Pékin
Le Jésus de la Tradition (suite)
À propos de la rebaptisation
La confession
Vôtre en Christ,
hiéromoine Cassien
MISE AU POINT
Dans le dernier "Messager" de l'ERHF fut publiée la conférence d'Antony de
Genève, prononcée à Lyon lors du Congrès diocésain de mars 1978.
Malgré notre répugnance pour la polémique nous ne pouvons garder le silence
face à autant d'incohérence, de confusion et de manque de suite dans les idées.
Nous voudrions bien savoir qui sont ces "quatorze Églises locales autocéphales
représentant l'Église Une du Christ". Nous ne connaissons qu'une, tout au plus deux
Églises locales avec lesquelles les "Russes Hors Frontières" sont en communion.
Quoique cette question soit d'ailleurs assez embrouillée, étant donné que chacun des
RHF pense différemment, et qu'il faut prendre en compte ces divergences de principes
et de pratique.
"D'une part, il y a les représentants officiels de l'Église et, d'autre part, l'Église
dans sa plénitude divine" continue Antony. C'est une drôle d'ecclesiologie celle qui
sépare l'Église et les pasteurs. On y perd son latin. Il y a toujours des loups-pasteurs
dans l'Église. Mais si toute l'Église locale est aussi corrompue que "l'Église Rouge" en
question, alors on ne peut plus parler d'Église, malgré quelques prêtres qui essaient de
nager à contre-courant. Les exceptions ne font pas la règle. Les RHF sont d'après les
dires d'Antony seulement en désaccord avec les dirigeants du Patriarcat de Moscou;
avec les simples fidèles, ils sont ...en communion ? (Si on lit entre les lignes) Alors
bravo ! Demain j'irai confesser les fidèles papistes qui le désirent puisque les curés sont
en train de reléguer leur confessionnal au grenier, où ils ont déjà rangé tant d'autres
choses : soutane, jeûnes, chapelet, etc.
Antony nous traite ainsi, nous, les "Matthéistes" (sans nous nommer
explicitement) : "...comme les membres des sectes, se refermant sur eux-mêmes, se
mettant en dehors de l'Église, en pensant être les seuls détenteurs de la Vérité". Il est
facile de calomnier si on se dispense d'apporter des preuves. C'est d'ailleurs une
tactique courante des RHF.
Aussi un certain Ambroise Fontrier qui prétend que la réponse de Mgr Épiphane
de Chypre a ridiculisé et scandalisé le synode russe. Ici, on peut citer Juvenal : "Quis
tulerit Gracchos de seditione querentes", c'est-à-dire : "Qui veut prêter l'oreille à celui
qui fait lui-même exactement ce qu'il réprouve dans les autres ?" D'ailleurs Mgr
Épiphane est connu pour son extrême prudence. Sa façon d'agir démontre clairement
que l'affirmation d'A. Fontrier est "un couteau sans manche dont il manque la lame".
Pour en finir avec la conférence : N'est pas nouveau ce qu'il y a de bon, et ce
qu'il y a de nouveau n'est pas bien.
Entre parenthèses : Nous appelons parfois, par convenance, le clergé
schismatique : évêque, archimandrite, * etc. Qu'on n'exige toutefois pas de nous cette
concession envers les personnes citées qui nous calomnient. D'ailleurs, si ces gens-là
avaient la force publique à leur disposition comme les néo-calendaristes de Grèce, nous
aurions sérieusement à prendre garde à nous. Après tout il n'y a pas de saint chrême ni
de sacerdoce chez les schismatiques; tout au plus le baptême - une "bourse vide"-
comme dirait Jean Moschos.
hm. Cassien
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LE PRÉ SPIRITUEL
de Jean Moschos (extraits)
Un moine nommé Cyriaque habitait dans la laure de Calamon, au bord du saint Jourdain;
et ce moine était grand selon Dieu. Un frère étranger, du pays de Dora, et qui s'appelait
Théophane, s'en alla le trouver et le questionner à propos de pensées d'impureté. Le moine se
mit à le réconforter en lui parlant de tempérance et de pureté. Le frère, en ayant fait grand profit,
dit au moine : "Seigneur abbé, je vis dans mon pays en communion avec des Nestoriens : c'est
la raison pour laquelle je ne puis rester; mais j'aurais voulu demeurer avec toi." Quand le moine
entendit le nom de Nestorius, s'affligeant de la perte du frère, il le réprimanda et l'exhorta à
briser avec cette funeste hérésie et à se rallier à la sainte Église catholique et apostolique. Il lui
dit : "Il n'y a de salut qu'à condition d'avoir la foi orthodoxe et de croire que la Vierge Marie est
vraiment Mère de Dieu." Le frère répondit au moine : "En réalité, seigneur abbé, toutes les
hérésies disent ceci: si tu n'es pas en communion avec nous, alors tu n'es pas sur la voie du
salut. Alors je ne sais pas, malheureux que je suis, ce que je dois faire. Demande donc au
Seigneur qu'il me montre d'une manière sensible quelle est la vraie foi." Le moine accueillit avec
joie le mot du frère et il lui dit : "Tiens-toi dans ma cellule, et j'ai l'espoir que Dieu dans sa bonté
te découvrira la vérité." Et ayant laissé le frère dans sa grotte, il s'en alla près de la mer Morte en
priant pour le frère. Le lendemain, vers la neuvième heure, le frère vit quelqu'un d'aspect terrible
qui se présentait à lui et qui lui disait : "Viens et vois la vérité." Et le prenant avec lui, il l'emmena
en un lieu ténébreux, d'odeur infecte et rempli de feu, et il lui montra dans ce feu Nestorius et
Théodore, Eutychès et Apollinaire, Évagre et Didyme, Dioscore et Sévère, Arius et Origène, et
plusieurs autres. Et l'apparition lui dit: "Ce lieu a été préparé pour les hérétiques, pour ceux qui
blasphèment la sainte Mère de Dieu et pour ceux qui suivent leurs doctrines. Si donc ce lieu te
plaît, persiste dans ta croyance; et si tu ne veux pas faire l'expérience de ce supplice, viens à la
sainte Église catholique que t'enseigne le moine. Car je te le dis, si un homme pratique toutes
les vertus, mais n'a pas une foi orthodoxe, il est dans la voie qui mène ici." Et sur cette parole, le
frère revint à lui. Quand le moine rentra, il lui raconta tout ce qui était arrivé et ce qu'il avait vu. Et
il entra dans la communion de la sainte Église catholique et apostolique. Il resta avec le moine à
Calamon; et ayant passé avec lui un certain nombre d'années, il s'endormit en paix. (chap. 26)
Le baptême de sable
L'abbé Palladius nous raconta ceci. J'ai entendu rapporter par l'un des pères nommé
André, le fait suivant : Quand j'étais jeune, j'étais très indiscipliné. La guerre et le désordre étant
survenus, je pris la fuite avec neuf autres en Palestine; l'un d'eux était laborieux, un autre était
juif. Quand nous arrivâmes au désert, le juif se trouva sans forces jusqu'à en mourir, et nous
étions dans un grand découragement, ne sachant que faire de lui. Pourtant nous ne
l'abandonnâmes pas, mais chacun de nous suivant ses forces le portait. Nous voulions le mener
à la ville ou à l'entrepôt pour qu'il ne mourût pas dans le désert. mais comme le jeune homme,
en raison du manque de nourriture et d'une fièvre intense, ainsi que de la soif causée par la
chaleur, était absolument à bout et sur le point d'expirer (il était près de la fin et ne pouvait
même plus tolérer qu'on le portât), nous résolûmes en pleurant de le laisser dans le désert et de
nous en aller, craignant nous-mêmes de mourir de soif. Quand nous l'eûmes déposé sur le sable
en pleurant et qu'il nous vit nous préparer à partir, il se mit à nous adjurer, disant : "Par le Dieu
qui doit juger les vivants et les morts, ne me laissez pas mourir juif, mais chrétien. Ayez donc
pitié de moi et baptisez-moi, afin que je quitte cette vie étant chrétien et que j'aille vers le
Seigneur." Nous lui dîmes : "Vraiment, mon frère, il ne nous est pas permis d'agir ainsi; car nous
sommes laïcs, et c'est la charge des évêques et des prêtres; d'ailleurs il n'y a pas d'eau ici."
Mais lui continuait de nous adresser les mêmes adjurations accompagnées de larmes et de dire:
"Chrétiens, ne me privez pas d'un tel bienfait." Tandis que nous étions dans le plus grand
embarras, l'homme laborieux remplit ses mains de sable et le répandit trois fois sur sa tête en
disant: "Théodore est baptisé au nom du Père, du Fils, et du saint Esprit." Et nous répondîmes
"Amen" après chaque Nom de la sainte et consubstantielle et adorable Trinité et (le Seigneur en
est témoin, mes frères) le Christ, Fils du Dieu vivant, le guérit et lui rendit tant de force qu'il n'y
avait plus en lui trace de maladie, mais, sain et vigoureux, avec une ardeur entière, il courut
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devant nous tout le reste du chemin dans le désert. Étant arrivés à Ascalon, nous en référâmes
au bienheureux et saint Denys, évêque du lieu, et nous lui dîmes ce qui était arrivé au frère en
chemin. Le saint évêque Denys, entendant cela, fut stupéfait de cet extraordinaire miracle, et
convoquant tout le clergé, il lui exposa le fait et lui demanda s'il fallait considérer ou non comme
baptême l'effusion de sable. Les uns disaient qu'il fallait l'admettre à cause de l'étrangeté du
miracle; les autres disaient que non. Et, en effet, Grégoire le Théologien énumère tous les
baptêmes: il parle du baptême mosaïque, baptême dans l'eau et précédemment dans la nuée et
dans la mer; du baptême de Jean, qui n'était plus le baptême judaïque, car il ne se faisait pas
dans l'eau seulement, mais aussi dans la pénitence. Jésus aussi baptise, mais dans l'Esprit, et
cette fois c'est la perfection. Je connais encore un quatrième baptême, celui du martyre et du
sang. J'en connais aussi un cinquième, celui des larmes. Selon lequel de ces baptêmes a-t-il
donc été baptisé, afin que nous le sanctionnions ? D'autant que le Seigneur a dit à Nicodème :
"Si quelqu'un ne naît pas d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux" (Jn 3,5).
Mais d'autres leur objectaient: Quoi donc? Parce qu'il n'est pas écrit des apôtres qu'ils ont été
baptisés, est-ce qu'ils n'entrent pas dans le royaume des cieux?" et les premiers leur
répondaient : "Oui, certes, ils ont été vraiment baptisés, comme Clément, l'auteur des
Stromates, en fit mention au 5e livre des Hypotyposes. Car, expliquant le mot de l'apôtre : "Je
rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous" (1Cor 1,14) il déclare: "Le Christ
est dit n'avoir baptisé que Pierre, et Pierre a baptisé André, et André Jacques et Jean, et ceux-ci
les autres." Ces choses et bien d'autres ayant été dites, il parut bon au bienheureux évêque
Denys d'envoyer le frère au saint Jourdain, pour qu'il fût baptisé. Et il ordonna diacre l'homme
laborieux. (chap. 176)
Quiconque ne se laisse pas attirer par le plaisir et ne craint pas la souffrance connaît la liberté,
ayant exterminé en lui toutes les passions ainsi que l'amour de soi qui engendrait tous les
maux, en même temps que l'inconscience à leur sujet. Il s'intègre ainsi tout entier au bien
éternel et inaltérable, et devient, lui aussi, immobile et immuable, reflétant sur son visage à
découvert la clarté lumineuse de la gloire de Dieu et jouissant lui-même de cette gloire
inaccessible de Dieu.
saint Maxime le Confesseur
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intentionnellement le fait que notre calendrier orthodoxe repose sur le calendrier lunaire comme
sur une fondation ? Nous, orthodoxes, nous ne fêtons pas la Pâque sur la base des indications
fournies par le calendrier grégorien ou julien, mais sur celles que nous donne le calendrier
biblique, selon lequel était célébrée la fête de Pâque par l'Israël de l'Ancien Testament,
conformément à la loi divine transmise par Moïse.
L'Église du nouveau Testament, l'Église orthodoxe, ayant en mémoire les paroles du
Sauveur : "Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota
ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé." (Mt 5,18), conserve en toute sainteté
l'ancienne pratique consistant à fêter Pâque d'après le calendrier lunaire.
Comment vivait notre Sauveur Jésus Christ sur terre ? Il vivait selon le calendrier lunaire
de l'ancienne Bible. Avec tout Israël de l'Ancien Testament, il venait à Jérusalem à l'époque de la
pleine lune du mois de Nisan, premier mois de l'année juive, afin de fêter la Pâque. Il a été jugé,
crucifié, et il est ressuscité des morts à cette même époque.
L'année de la mort sur la Croix de notre Sauveur, la Pâque juive tombait le vendredi et le
samedi. Il a été crucifié le vendredi 14 Nisan, (alors que la Pâque commençait la veille au soir, le
jeudi, ainsi que cela se fait dans l'Église de nos jours) Il a passé le samedi saint dans le repos de
la grotte tombale, et, tôt le matin, le premier jour de la semaine, le dimanche 16 Nisan, Il est
ressuscité. Ainsi les événements de la mort et de la Résurrection du Sauveur sont-ils
indissolublement liés à la Pâque juive et doivent-ils lui succéder. C'est dès le premier siècle du
christianisme que s'est implantée la coutume de la sainte Pâque de la Croix après la Pâque
juive. Le mot "Pâque" vient du mot "paskhej": souffrir. Et lorsque s'achevait la Pâque de la croix,
commençait la célébration de la Pâque radieuse, ainsi que le pratique de nos jours la sainte
Église.
Afin d'établir cet ordre pour tous les siècles et de conserver à jamais ce lien, les saints
apôtres ont décidé de célébrer la sainte Pâque consécutivement à la Pâque juive, après
l'équinoxe de printemps. Comme l'équinoxe a lieu en septembre et en mars, et que, aux temps
reculés, la nouvelle année commençait soit au mois de septembre, soit au mois de mars, la
Pâque, fêtée après l'équinoxe , ne pouvait jamais tomber en fin d'année, mais toujours au début;
la sainte Église ne s'est jamais écartée de cette règle; même lorsqu'il y eut des discussions,
celles-ci portèrent uniquement sur la question de savoir si l'on pouvait fêter la Pâque de la Croix
en même temps que les juifs. Le résultat de ces discussions fut la décision prise par le Concile
d'Antioche, 1er canon, concernant le temps de la célébration de la Pâque : cette décision
confirma l'immuabilité des règles apostoliques. Ensuite, au quatrième siècle fut réalisée la
pascalie orthodoxe. Elle fut constituée par l'Église la plus savante de l'antiquité, l'Église
d'Alexandrie, devant laquelle les réformateurs catholiques du XVIe siècle font figure d'insolents
ignorants ayant dégradé le travail impeccable qu'elle avait réalisé.
La réalisation de la pascalie avait pour but d'établir la célébration de la Pâque partout en
même temps et ce, dans la stricte observance de la règle apostolique: ne pas fêter notre Pâque
avant la Pâque juive, ni en même temps qu'elle.
Les savants ayant constitué la pascalie se rendaient parfaitement compte de
l'inexactitude du calendrier julien qu'ils avaient accordé au calendrier lunaire, juif, mais ils
savaient également que le calendrier lunaire était inexact, lui aussi, et que l'erreur du calendrier
julien corrigeait si bien l'erreur du calendrier lunaire, que, d'après le témoignage de l'astronome
Prédtétchensky, l'erreur de notre pascalie, des tables du mouvement lunaire ne dépasse pas 3
heures en 1900 ans.
Ainsi s'explique ce fait étonnant que notre pascalie établie au IVe siècle et n'ayant jamais
été corrigée depuis lors indique sans erreur jusqu'à nos jours les phases de la lune et le temps
de la célébration de la Pâque juive, aussi toute tentative de "corriger" ou de changer notre
pascalie doit-elle être considérée comme une tentative d'extraire du trésor de l'Église l'une de
ses richesse dont elle peut être fière à juste titre, même devant les savants de notre temps.
(à suivre)
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LE JÉSUS DE LA TRADITION
par P. Bratsiotis (suite)
b/ Même si nous admettions un instant que, parmi les chrétiens d'origine païenne
certains auraient pu étre convertis, en passant, selon une évolution "naturelle", des obscurs
mythes païens à la foi monothéiste en Le Fils Unique de Dieu né de l'Esprit saint et de la Vierge
Marie, comment cette étrange "légende" aurait-elle pu trouver un écho sans aucune objection
au sein des premières Églises chrétiennes, dans lesquelles les chrétiens d'origine juive étaient
majoritaires et surtout alors qu'en ce temps, les parents de Jésus et les témoins véritables de sa
vie, les apôtres, étaient encore de ce monde ?
A. Harnack, le recteur de la théologie protestante contemporaine, considérant ces
faiblesses de raisonnement et raillant le désaccord de ces critiques rejette cette hypothèse et
défend, avec d'autres, que cette "légende" chrétienne de l'enfantement surnaturel du Messie
par la Vierge se serait formée dans le cercle des chrétiens d'origine juive, à partir d'une
interprétation erronée d'un passage d'Esaïe : "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous
donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera
le nom d'Emmanuel". (Es 7,14). Outre le fait que cette hypothèse est loin d'être confirmée par la
recherche sur les juifs de cette période, comment une foi constituée sur l'interprétation fausse
de ce passage prophétique à propos de la naissance surnaturelle de Jésus aurait-elle pu avoir
du succès à une époque où les parents de Jésus et les apôtres étaient encore en vie? On peut
aussi montrer l'improbabilité de cette idée par le désaccord même de ces chercheurs, qui
formulent de nouvelles théories pour contourner ce dangereux écueil. Enfin, la théorie moyenne
de Gunkel manque de preuves, qui conjecture que l'idée du Fils Unique proviendrait de
mythologies idolâtres et aurait pénétré l'Église chrétienne par l'intermédiaire du judaïsme. Mais
comme Bardenheber l'observe justement : ces théories ont leurs racines dans les
présuppositions de la théologie moderne, qui ne doute pas de l'authenticité de la narration
évangélique par l'inspiration, mais abhorre tout ce qui est du surnaturel.
Après la naissance de Jésus sa circoncision et sa Présentation au temple eut lieu
conformément à la loi mosaïque, en tant que nouveau-né mâle de quarante jours, ce que
l'évangéliste saint Luc relate avec grâce (2,22). Un peu plus tard se produisirent des événements
étroitement liés entre eux : l'Adoration des mages, le massacre des enfants de Bethléem sur
l'ordre d'Hérode et la fuite en Égypte, que seul saint Matthieu raconte (2,1-23), mais l'on ne peut
pas considérer que ceci soit une raison suffisante pour les contester comme faits historiques.
Ces évènements peu nombreux qui ont trait à la naissance et à l'enfance de Jésus, que
racontent saint Matthieu et saint Luc, aussi étranges et surnaturels qu'ils puissent paraître, ne
doivent pas être écartés. Car nous devons prendre en compte le dépouillement extrême de ces
récits qui joue comme facteur positif en faveur de leur authenticité comme de ceux des autres
évangiles, si on les compare avec le style prolixe, peu concis, des évangiles apocryphes
(protoévangile de Jacques, évangile de Thomas, évangile arabe de l'enfance du Christ, etc) qui
traitent des âges de la vie du Christ : l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte, jusqu'à son
ministère comme Messie. Saint Luc raconte un seul épisode remarquable de l'enfance de
Jésus : sa montée au temple à l'âge de douze ans lors de la fête de Pâque (2,49). Jésus
descendit ensuite de Jérusalem avec ses parents ..."Il descendit avec eux pour aller à Nazareth,
et il leur était soumis. (...) Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et
devant les hommes". (Luc 2,51-52). Avec quelle économie de termes l'enfance du Messie est-
elle indiquée par les évangiles!
Les témoignages évangéliques faisant état de l'éducation et de la vie cachée deJésus
sont rares. D'après leur témoignage, il habitait à Nazareth, d'où l'appellation de
"Nazaréen" (Matthieu 2,23, Luc 4,16, Jean 1,45-47). Il n'a pas suivi de scolarité : "Comment
connaît-il les Écritures, lui qui n'a point étudié?" (Jean 7 :15). Il exerçait le métier de charpentier,
qu'il apprit de Joseph ("N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie?" Marc 6 :3; "N'est-ce pas le
fils du charpentier?" Matthieu 13 :55). Jésus en tant qu'homme reçut de ses pieux parents une
éducation religieuse, comme tout israélite, qui s'acheva ensuite par l'étude approfondie des
écritures. Il se révèle plus tard un maître parfait en ce domaine, surtout au sujet des prophètes et
des psaumes. Sur ces passages des Écritures, "sa sagesse divine dispensait des
éclaircissements fort nombreux".
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Les assertions actuelles de certains auteurs, selon lesquelles Jésus fut instruit en Égypte et aux
Indes, et surtout qu'il reçut un enseignement idolâtrique ne méritent pas l'attention et doivent
être considérées comme fantaisistes.
Bien qu'il ne soit pas exclu que Jésus ait su le grec comme beaucoup de galiléens, il est
cependant certain que sa langue maternelle était l'araméen, - langue majoritaire à l'époque en
Palestine -, qu'il utilisa pour sa prédication. Nous sommes aussi démunis de tout renseignement
concernant la physionomie de Jésus dans les évangiles. Nous en sommes donc réduits à nous
référer à deux traditions complémentaires et opposées : l'une très ancienne, qui remonte au IVe
siècle, le montre selon la prophètie d'Esaïe : "sans beauté, ni éclat" (Esaïe 53,2). L'autre
tradition, plus récente, (à partir du IVe siècle) le présente comme le plus beau de tous les
hommes, selon le psaume 44 : "Tu es le plus beau des fils de l'homme, La grâce est répandue
sur tes lèvres : C'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours." (Ps 44,2).
(à suivre)
À PROPOS DE LA REBAPTISATION
Étant donné les réactions provoquées par notre article précédent il nous
semble bon d'apporter quelques éclaircissements complémentaires.
Un hérétique qui a reçu le baptême dans l'hérésie, mais selon le rite
orthodoxe peut être reçu dans l'orthodoxie soit par le baptême, soit par la
chrismation uniquement. Cela dépend de chaque Église locale. Par contre, un
hérétique qui a reçu le baptême selon un rituel défectueux, par exemple, par
simple aspersion (comme c'est le cas chez les latins) au lieu de la triple
immersion, ne peut être reçu que par la rebaptisation. Par conséquent, si les
"Russes Hors Frontières" et les néocalendaristes grecs reçoivent en leur sein
papistes, protestants, etc. par confirmation uniquement, alors il ne s'agit plus
d'économie, mais de transgression. Il y a une certaine latitude dans la pratique
de la rebaptisation, mais il y a aussi des limites. Le 19e canon de saint Timothée
ne contredit aucunement ce que nous venons de dire. Il faut voir ce canon en
liaison avec les autres canons qui traitent de ce même sujet. En agissant
différemment, on pourra faire tout ce qu'on voudra des canons. C'est ainsi que
les sectes manipulent les Écritures.
D'autre part, si l'Église par économie, modifie le rituel du baptême, par
exemple dans le cas d'un malade ou dans celui du baptême de sable (cf. dans
ce n°, Jean Moschos), le baptême est quand même valide et efficace. Il peut
aussi arriver que le prêtre commette une erreur involontaire lors de la cérémonie
du baptême. Cette erreur n'efface en aucune façon l'efficacité du sacrement. "Le
sabbat est fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat", dit le Christ (Mc
2,27). De même, le rituel est fait pour l'homme, et non l'inverse.
Ces quelques mots n'épuisent certes pas le sujet. Mais nous nous
bornerons à ces quelques réponses afin de ne pas lasser nos lecteurs, qui ont
des besoins spirituels et des intérêts divers.
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LA CONFESSION
(D'après l'ouvrage du Métropolite Antoine KHRAPOVITSKY
publié à Varsovie en 1928
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l'a volé. Il recherche alors la solitude ou la compagnie de gens qui n'ont rien contre les
choses qui pèsent sur sa conscience. Mais en tout cas, il recherche l'oubli et il peut le
trouver pour un court répit, dans l'alcoolisme seulement pour être ensuite plus écrasé
par les reproches redoublés de sa conscience et demandant l'oubli à nouveau et
encore, au fond il trouve le désespoir et souvent le suicide, la destruction éternelle de
son âme, après quoi, même les prières de I'Église sont impuissantes. Bienheureux le
pécheur horrifié à temps par sa chute qui l'admet devant le prêtre et demande pardon à
ceux envers lesquels il est coupable. Mais plus profonde aura été la chute, plus endurcie
sera l'âme et plus il lui sera difficile de s'humilier et de se repentir. Si maintenant vous
êtes empli de sentiments de repentance, alors vous devriez réaliser qu'à chaque fois
que vous répétez ou aggravez votre péché, le sentiment de repentir devient plus faible
et s'enfuit de vous comme une ombre matinale. Il n'est pas fortuit que le pécheur dans
I'Église même s'écrie douloureusement : «Je n'ai ni les pleurs, ni la repentance, ni la
componction, mais Toi, ô Dieu Sauveur, accorde-les moi !» Recherche les joie
spirituelles, les joies du pur amour et de la conduite de rectitude. Force-toi à faire au
moins quelque action pour accomplir ce commandement; prescris-toi un labeur pour la
gloire de Dieu et le salut de ton âme, alors le péché perdra continuellement son
attraction pour toi et enfin ( et peut-être immédiatement ) te paraîtra odieux car ainsi que
l'écrit l'Apôtre :" Marche selon l'Esprit, et tu n'accompliras pas les oeuvres de la chair.»
S'il doit faire que ses enfants spirituels ne désirent des miracles et des visions et ne Lui
en demandent, le prêtre devrait leur rappeler que mentalement, ils doivent se mettre
devant Dieu pendant la prière, de plus, et ceci est particulièrement important, on devrait
se souvenir que mentalement nous levons les yeux vers Dieu pendant la prière, mais
que le Seigneur lui aussi baisse son regard vers nous, sondant nos coeurs, lisant nos
pensées et prenant soin de nos demandes et de nos paroles de louange. Cette pensée
repousse toujours l'inattention et la distraction pendant qu'une
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lesquels je T'ai irrité, mon Dieu et Créateur et par lesquels j'ai causé des injustices à
mon prochain. Triste à cette pensée, mais déterminé au repentir, je me tiens coupable
devant Toi, mon Dieu. Aide-moi seulement mon Seigneur et Dieu, je T'en prie
humblement par mes larmes. Pardonne-moi mes péchés passés par ta Miséricorde et
absous moi de tout ce que j'ai confessé en ta Présence car Tu es bon et ami de
l'homme. Amen !
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LA CONFESSION
d'après les dix Commandements (EXODE 20,1-17)
PREMIER COMMANDEMENT
Moi, l'Éternel, je suis ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison des
esclaves. Tu n'auras pas d'autres dieux en face de moi.
DEUXIEME COMMANDEMENT
Tu ne te feras pas de statue ni aucune forme de ce qui est en haut dans le ciel, ou de ce
qui est en bas sur la terre, ou de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne
te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point.
Dieu a-t-Il pour vous la première place ? Peut-être que Dieu ne prend pas chez vous la
première place qui est laissée à quelque chose chose d'autre comme par exemple
l'accumulation d'argent, l'acquisition de propriété, l'amusement, la distraction, la
nourriture ou la boisson, les vêtements, l'apparence extérieure, le désir de ne vous
consacrer qu'à vous-même, celui de jouer le premier rôle en tout, de recevoir des
louanges, de passer votre temps à vous distraire, à lire des livres frivoles etc... ?
Etes-vous distrait de la pensée de Dieu par une passion pour la télévision, le cinéma, le
théâtre, les jeux de cartes ?
Peut-être, à cause des soucis occasionnés par votre famille, oubliez-vous Dieu et évitez-
vous de Lui être agréable en faisant ce qu'attend de vous l'Église ?
S'il en est ainsi, cela signifie que vous servez une idole et que celle-ci et non Dieu a la
première place pour vous.
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Peut-être que l'art, le sport ou l'étude tiennent chez vous la première place ? Peut-être
que quelque passion (amour de l'argent, gloutonnerie, amour charnel) a pris possession
de votre coeur? Vous êtes-vous fait une idole de vous-même par orgueil ou égotisme?
Examinez-vous.
TROISIEME COMMANDEMENT
Tu ne prendras point le Nom de L'Éternel , ton Dieu, en vain, car l'Éternel ne laisseras
pas impuni celui qui prendra son nom en vain.
QUATRIEME COMMANDEMENT
Avez-vous violé la sainteté des dimanches et jours de fêtes fixés par l'Église en
travaillant pour un gain ou un profit quelconque ?
Au lieu d'assister aux offices divins les jours de fêtes, passez-vous votre temps à vous
distraire, au bal, au théâtre, au cinéma ou en d'autres lieux où nulle mention n'est faite
de Dieu ?
Avez-vous organisé de telles distractions ou rassemblements qui ont ainsi empêché les
gens d'aller à I'Église ?
Assistez-vous d'une manière consciente aux offices divins ? Arrivez-vous à l'Église en
retard, au milieu ou à la fin de l'office ? Quittez-vous l'Église avant la fin de l'office ?
Assistez-vous à l'office le dimanche et les jours de fête ?
Aidez-vous les pauvres et les nécessiteux ?
Respectez-vous les carêmes prescrit?
Vous est-il arrivé d'être ivre ou d'utiliser des drogues ?
CINQUIEME COMMANDEMENT
Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés dans le pays que
l'Éternel, ton Dieu, te donne.
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préparation pour l'éternité, le salut de votre âme, le péché, ou bien quand ils vous ont
demandé d'obéir à l'Église et à ses règles ?
Avez-vous insulté quelqu'un qui était plus âgé que vous ?
SIXIEME COMMANDEMENT
Tu ne tueras point.
Nous n'avez pas tué quelqu'un physiquement au sens littéral mais peut-être avez-vous
été indirectement la cause de la mort de quelqu'un: vous eussiez pu aider quelqu'un
pauvre ou malade mais vous ne l'avez point fait, vous n'avez pas nourri ceux qui avaient
faim, donné à boire à ceux qui avaient soif, reçu un étranger, vêtu ceux qui étaient nus,
visité les malades et ceux qui étaient en prison (Mt 25,34-46) ?
Avez-vous commis un meurtre spirituel, c'est-à-dire, avez-vous mené quelqu'un hors du
droit chemin; avez-vous été séduit par l'hérésie ou le schisme; avez-vous poussé
quelqu'un à pécher ?
Avez-vous tué quelqu'un spirituellement par un déploiement de malice ou de haine ?
Pardonnez-vous à ceux qui vous ont offensé ?
Gardez-vous longtemps malice et ressentiment dans votre coeur ?
Vous blâmez-vous en tout ou en certaines choses seulement ?
Avez-vous eu recours à des opérations illégales (avortements) ce qui est aussi un
meurtre, un péché conjoint de l'époux et de l'épouse ?
SEPTIEME COMMANDEMENT
Avez-vous vécu une relation charnelle avec quelqu'un du sexe opposé sans avoir reçu le
sacrement du mariage de l'Église ?
Vous conduisez-vous librement et d'une manière licencieuse avec les membres du sexe
opposé ?
Vous êtes-vous souillé en vous laissant aller à des pensées ou des désirs impurs et
lubriques ? ou en lisant des livres pornographiques ou en regardant des images
pornographiques ? ( chansons lestes, plaisanteries et films obscènes etc... )
Avez-vous commis des actes impurs seul ou avec d'autres personnes ?
Avez-vous commis l'adultère ?
Avez-vous eu des pratiques charnelles contre-nature ?
HUITIEME COMMANDEMENT
Tu ne voleras point.
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NEUVIEME COMMANDEMENT
DIXIEME COMMANDEMENT
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