Pâques à l'Hermitage : Célébrations et Événements
Pâques à l'Hermitage : Célébrations et Événements
| avril 1980
Pâque à l’hermitage
PÂQUE À L’HERMITAGE Prophétie de la nouvelle martyre
Comme annoncé, nous
sommes resté à l'ermitage pour Agathe
les fêtes de Pâques.
Le Samedi Saint furent
L'Eglise des catacombes en URSS
baptisés Michael Pountney, de
nationalité anglaise, et son
De l’Antichrist
épouse hongroise, Catherine, Je suis noir mais je suis belle
ainsi que leurs cinq enfants :
Miriam, Grégoire, Noémi, L'âme après la mort
Judith, Séraphim. Ils viennent
de [Link] fidèles et des Au sujet de l’autosuggestion
amis sont venus d'un peu
partout : Genève, Grasse, Saint Pierre l’Aleoute
Paris, Perpignan. Pour la
première fois, depuis onze ans Lettre prophétique aux chrétiens
que nous sommes ici, la Divine
Liturgie fut célébrée à
l'ermitage. D'ailleurs le
dimanche suivant (dimanche de
saint Thomas ou Antipâque)
nous avons pu à nouveau
célébrer la Divine Liturgie.
C'était donc un événement
important et exceptionnel pour
notre humble ermitage qui est
plutôt habitué au silence et à la
solitude, et parfois, hélas, à
l'abandon quand nous partons
en voyage.
Je pars pour l'Ascension et
Pentecôte à New York. Je serai
absent, plaise à Dieu, du 30/4
(13/5) au 21/5 (3/6).
Hm. Cassien
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Qu'elles sont excellentes, mes très chers frères, et au-dessus de toute expression, les
grâces dont nous comble aujourd'hui un Dieu plein de bonté ! Ainsi réjouissons-nous tous, et
dans les transports de notre joie, rendons hommage à notre divin Maître, puisque ce jour nous
ramène une fête solennelle qui rassemble tout le peuple. Comme dans la nature les saisons se
succèdent les unes aux autres, de même, dans l'Église les fêtes qui se remplacent nous
occupent successivement des différents mystères. Après avoir célébré la Croix de Notre
Seigneur Jésus Christ, sa Passion, sa Résurrection, son Ascension glorieuse, nous sommes
enfin arrivés aujourd'hui au comble de tous les biens, à la principale de toutes les fêtes, au fruit
des promesses du Fils de Dieu : "Si je m'en vais" dit-Il, "je vous enverrai le Consolateur, et je ne
vous laisserai pas orphelins." (Jn 16,7) Voyez-vous l'attention de ce divin Maître et sa Bonté
infinie ! Avant ces jours, il s'est élevé au ciel, Il est remonté sur son trône royal, et a repris sa
place à la droite de son Père; aujourd'hui, Il a fait descendre pour nous l'Esprit saint, et nous
envoie avec Lui du ciel des biens sans nombre.
Car, je vous le demande, parmi toutes les grâces qui opèrent notre salut, en est-il une
seule qui ne nous soit dispensée par ce divin Esprit ? Par Lui, nous sommes formés de nouveau
pour ainsi dire; nous déposons le fardeau pesant et odieux de nos péchés. C'est par l'Esprit
saint que nous voyons des assemblées de prêtres, que nous avons des ordres de docteurs. De
cette source découlent les révélations, les remèdes salutaires de nos âmes; enfin de là viennent
aussi tous les avantages qui décorent l'Église du Seigneur. Aussi saint Paul s'écrie-t-il : "C'est
un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun ses dons suivant qu'il
Lui plaît", (1 Cor 12,11). Il dit : "Suivant qu'il Lui plaît", et non "suivant qu'on le Lui ordonne". Il
dit encore "distribuant" et non "distribué", c'est-à-dire agissant de son autorité propre et non par
une autorité étrangère à laquelle Il obéisse. En un mot saint Paul attribue à l'Esprit saint la même
puissance qui, d'après son témoignage, convient au Père; et comme il dit de Celui-ci : "C'est
Dieu qui opère toute chose dans tous les hommes" (1 Cor 12,6), il dit de l'Esprit saint :"C'est un
seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant ses dons à chacun suivant ce qu'il
Lui plaît; "Ne voyez-vous pas dans l'Esprit saint une puissance parfaite, égale à celle du Père ?
Ceux dont la nature est une, ont sans doute une même autorité; ceux qui ont une dignité égale
doivent avoir la même puissance. C'est par l'Esprit saint que nous avons trouvé la délivrance de
nos péchés; c'est par Lui que nous avons été lavés de toutes nos taches; c'est par l'efficacité de
sa Présence et en participant à la grâce que nous sommes devenus anges, d'hommes que nous
étions. Ce n'est pas que notre nature ait été changée; mais ce qui est beaucoup plus admirable,
quoique conservant la nature humaine, nous montrons en nous une vie angélique. Tel est le
pouvoir de l'Esprit saint; et comme le feu ordinaire fait un vase solide d'une molle argile, de
même le feu de l'Esprit divin, lorsqu'il trouve une âme bien bien préparée, quoique plus molle
que l'argile, il la rend plus ferme que l'airain; et celui qui, peu auparavant, était souillé de la lie du
péché, il le rend tout à coup plus brillant que le soleil. C'est ce que nous apprend le bienheureux
Paul, lorsqu'il s'écrie : "Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les
adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les ambitieux , ni les avares, ni les voleurs, ni
les hommes adonnés au vin, ni les ravisseurs du bien d'autrui ne seront héritiers du royaume de
Dieu". (1 Cor 6, 9-10). Après avoir parcouru presque toutes les espèces de vices et montré que
tous ceux qui sont sujets à ces désordres ne sont pas faits pour le royaume céleste, il ajoute
aussitôt : "C'est là ce que furent autrefois quelques-uns d'entre vous; mais vous avez été lavés,
vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés..." Comment et de quelle manière ? Dites-nous
le, grand apôtre; c'est là ce que nous cherchons : "Au Nom", dit-il, "de notre Seigneur Jésus
Christ, et par l'Esprit de notre Dieu". Voyez-vous, mes très chers frères, la puissance de l'Esprit
saint ? Voyez-vous comme le divin Esprit a fait disparaître tous les vices, et a élevé tout à coup à
des honneurs suprêmes ceux que le péché avait dégradés ?
Qui pourrait donc assez déplorer les blasphèmes de ces hommes qui entreprennent
d'attaquer la divinité de l'Esprit saint, et qui, comme des furieux, ne pouvant être détournés
d'une erreur coupable par la grandeur de ses bienfaits, osent agir contre leur propre salut,
dépouillent un Dieu, autant qu'il est en leur pouvoir, de la majesté divine, et le font descendre à
la condition de simple créature ? je leur dirais volontiers : "Pourquoi, je vous prie, déclarez-vous
une telle guerre à la divinité de l'Esprit saint, ou plutôt à votre propre salut ? Pourquoi ne
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daignez-vous point vous rappeler ces paroles du Sauveur à ses disciples : "Allez, enseignez
toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, du Fils, et du saint Esprit." (Mt 28, 19). Ne
voyez-vous pas une ressemblance parfaite ? Ne voyez-vous pas une Trinité indivisible ? Une des
trois personnes offre-t-elle quelque différence, quelque changement, ou quelque diminution ?
Osez-vous ajouter vos commandements aux commandements du divin Maître ? Ne savez-vous
pas que parmi les hommes, celui qui porterait l'audace jusqu'à entreprendre d'ajouter ou de
retrancher quelques mots aux dépêches du prince, qui cependant a la même origine et la même
nature que nous, subirait le dernier supplice, sans que rien pût le sauver de la punition ? Si
donc on a tant à craindre de la part d'un homme, quel pardon peuvent espérer des hommes qui
entreprennent d'altérer les paroles du Sauveur commun et qui refusent d'écouter le digne
organe du Fils de Dieu dont il annonce les oracles, saint Paul, qui leur crie d'une voix éclatante :
"L'oeil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, l'esprit de l'homme n'a pas conçu ce que Dieu
prépare pour ceux qui L'aiment." (1 Cor 2, 9). Mais si l'oeil n'a pas vu, si l'oreille n'a pas
entendu, si l'esprit de l'homme ne peut concevoir ce que Dieu prépare pour ceux qui L'aiment,
d'où pouvons-nous, bienheureux Paul, en avoir connaissance ? Attendez un moment, et vous
allez entendre cet apôtre qui s'explique en termes clairs : "Mais Dieu, dit-il, nous l'a révélé par
son Esprit." Et il ne s'arrête point là; mais afin de montrer la grande puissance de cet Esprit
divin, et qu'il est de même nature que le Père et le Fils, il continue : "Parce que l'Esprit pénètre
tout, et même les profondeurs de Dieu". Ensuite, voulant nous instruire plus exactement encore
par des exemples humains, il ajoute : "Car qui des hommes connaît ce qui est en l'homme,
sinon l'esprit de l'homme, qui est en lui ? Ainsi, nul ne connaît ce qui est en Dieu sinon l'Esprit
de Dieu; ce qui est la plus forte preuve, la preuve la plus propre à établir la divinité de l'Esprit
saint. Dans l'exemple qu'apporte saint Paul, il semble dire : Il n'est pas possible qu'un homme
ignore jamais ce qui est dans sa pensée. Eh bien ! dit-il, l'Esprit saint connaît aussi parfaitement
les choses de Dieu. N'est -il donc pas clair que dans ce passage, le bienheureux apôtre confond
ceux qui, prévenus eux-mêmes contre leur propre salut, déclarent la guerre à la divinité de
l'Esprit saint, et le dépouillent, autant qu'il est en eux, de la dignité de Seigneur et de Maître, le
rabaissent à la simple condition des êtres créés et mortels ? Mais si, par un vain esprit de
dispute, ces hommes combattent ouvertement les paroles de la divine Écriture, nous, du moins,
qui regardons les dogmes sacrés qu'elle renferme comme des oracles venus d'en-haut,
renvoyons à Dieu la gloire qui lui est due, et montrons en nous, avec la droiture de la foi,
l'exactitude de la vérité.
Je n'en dirai pas davantage contre ceux qui ont la hardiesse d'attaquer, dans leurs
enseignements, les oracles de l'Esprit divin. Il est nécessaire de vous expliquer pourquoi le
Seigneur n'a pas accordé à ses disciples, aussitôt après son Ascension, tous les biens qu'il leur
avait promis; pourquoi il ne leur a envoyé la grâce de l'Esprit saint qu'après la leur avoir fait
attendre quelques jours, et les avoir abandonnés à eux-mêmes. Ce n'est pas au hasard et sans
cause qu'il a tenu cette conduite. Il savait, sans doute, que les hommes n'estiment comme ils le
doivent, les biens, qu'en les comparant aux maux; qu'ils n'apprécient comme elle le mérite, la
position la plus douce et la plus heureuse que quand ils ont éprouvé une situation contraire. Par
exemple, car c'est une vérité qu'il faut démontrer clairement, un homme qui jouit de la santé la
plus florissante, ne peut en bien connaître tout le prix, à moins qu'une maladie survenue ne lui
ait fait éprouver un état contraire. Pour apprécier à sa valeur le bienfait de la lumière du jour, il
faut sortir de l'obscurité de la nuit. L'expérience du contraire est donc toujours le meilleur maître
pour nous apprendre et nous faire sentir toute l'importance des avantages dont nous jouissons.
Voilà pourquoi lorsque les disciples eurent joui d'une infinité de biens par la présence de leur
divin Maître, et trouvé en sa compagnie le bonheur et la gloire (car tous les habitants de la
Palestine regardaient comme des astres bienfaisants des hommes qui ressuscitaient les morts,
chassaient les démons, guérissaient la lèpre et toutes les maladies, qui enfin opéraient une
infinité de prodiges, ils étaient donc connus et même célèbres); voilà, dis-je, pourquoi Dieu a
permis qu'ils fussent séparés quelque temps de la puissance de Celui qui les soutenait, afin
qu'étant laissés à eux seuls, ils sentissent mieux tout l'avantage de la présence d'un Maître plein
de bonté, et que le sentiment des biens passés leur fit recevoir, avec plus de reconnaissance, le
don de l'Esprit consolateur. Ils étaient tristes, affligés, découragés, abattus par la séparation de
leur Maître; l'Esprit saint les a consolés, Il a ranimé leur courage, dissipé le nuage de tristesse
qui les enveloppait, Il les a éclairés de sa lumière, et les a tirés de leur embarras Ils avaient
entendu cette parole du Sauveur : "Allez, enseignez les nations", mais chacun d'eux flottait,
incertain, et ne savait de quel côté il devait tourner ses pas, dans quelle partie de la terre il
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devait aller prêcher la parole : l'Esprit saint venant à eux en formes de langues, leur distribue les
régions de la terre qu'ils doivent instruire, et par la langue de feu, sous la figure de laquelle Il
repose sur chaque disciple, Il écrit dans l'âme de chacun, comme dans un livre l'autorité qu'Il lui
confie, Il lui marque la partie du monde qu'il doit éclairer de ses instructions.
Voilà pourquoi l'Esprit saint est venu les visiter en forme de langues; c'était aussi pour
nous rappeler le souvenir d'une ancienne histoire. Comme dans les premiers âges du monde,
les hommes, entraînés par l'orgueil, avaient voulu construire une tour qui s'élevât jusqu'au ciel,
mais que Dieu, par la division de langues, avait dissipé leur criminel complot, l'Esprit saint
descend aujourd'hui sous la forme de langues de feu afin de réunir le monde divisé, et par une
opération nouvelle et extraordinaire - au lieu qu'autrefois les langues avaient divisé la terre et
rompu une ligue coupable - les langues, aujourd'hui, réunissent la terre, et ramènent l'union où
régnait la discorde. Voilà donc pourquoi l'Esprit saint se montre sous la forme de langues; il
emprunte des langues de feu, à cause de l'abondance des épines que le péché avait fait croître
en nous. Quelque gras et fertile que soit un champ par lui-même, s'il n'est point labouré, il se
couvre et se hérisse partout de buissons et d'épines : ainsi notre âme, quoique sortie bonne des
Mains du Créateur, quoique propre par elle-même à produire des fruits de vertu, ne recevant pas
la culture de la piété, ni la semence de la connaissance de Dieu, a produit comme une épaisse
forêt d'épines et de plantes inutiles que l'impiété a fait croître en elle. Et semblables à la terre,
dont la face est souvent cachée sous la multitude des épines et des mauvaises herbes, la pureté
et la dignité de la plus noble portion de nous-mêmes étaient comme étouffées et ne paraissaient
pas, jusqu'à ce que le divin Cultivateur de la nature humaine l'eût rendue propre à recevoir les
semences célestes.
Tels sont les biens, et de plus grands encore, que ce jour nous a procurés. Célébrons-le
donc, ce jour, d'une manière qui réponde aux grâces qu'il nous apporte, célébrons-le en
décorant nos âmes de toutes les vertus, plutôt qu'en ornant de fleurs l'entrée de nos maisons,
et en revêtant nos murs de tapis superbes, afin que nous puissions recevoir la grâce de l'Esprit
saint, et recueillir les fruits qui en proviennent. Et quels sont ces fruits ? Écoutons le bienheureux
Paul : "Les fruits de l'Esprit, dit-il, sont la charité, la joie, la paix." (Gal 5,22) Voyez quelle est
l'exactitude du langage et la suite naturelle des idées ! Il met la charité à la tête; et après cela il
parle des biens qui doivent suivre; c'est après avoir planté la racine qu'il montre les fruits qui
doivent naître; c'est après avoir posé le fondement qu'il bâtit dessus l'édifice; c'est après être
remonté à la source qu'il descend aux ruisseaux qui en découlent. Car la joie ne peut entrer
dans nos âmes avant que nous ne regardions la prospérité d'autrui comme la nôtre, avant que le
bien qui arrive à notre prochain ne nous soit aussi agréable que s'il ne nous arrivait à nous-
mêmes. Or, nous ne parviendrons jamais à ce point de perfection, à moins qu'une charité
supérieure ne domine chez nous avec empire, la charité qui est la racine, la source, la mère de
tous les biens spirituels. Comme une racine, elle produit mille branches de vertu, comme une
source, elle fait jaillir de des eaux abondantes, comme une mère, elle reçoit dans son sein et
embrasse tous ceux qui ont recours à elle. Pénétré de cette vérité, saint Paul dit, dans une de
ses épîtres, que la charité est le fruit de l'Esprit. Il lui accorde dans une autre la glorieuse
prérogative d'être l'accomplissement de la loi. "La charité", dit-il, "est l'accomplissement de la
loi". (Rom 13,10). Lorsque le Sauveur du monde établit la règle certaine et la marque sûre à
laquelle on reconnaîtra ses disciples, Il ne propose point d'autre règle, d'autre marque que la
charité : "Tous les hommes", dit-Il, "connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de la
charité les uns pour les autres" (Jn 13,35). Ainsi, recourons tous à la charité, embrassons-la avec
ardeur, et décorons-nous de cette vertu pour célébrer la fête présente. Où est la charité, tous les
défauts disparaissent; où est la charité, tous les appétits déraisonnables se répriment. "La
charité", dit saint Paul, "n'agit point à contre-temps, elle ne s'enfle point, elle n'est point
ambitieuse" (1 Cor 13,4). La charité ne fait point de mal à son prochain. Où la charité domine, il
n'y a point de Caïn qui tue son frère. Retranchez l'envie, et vous avez retranché la source de
tous les maux; coupez la racine, et vous avez supprimé le fruit. C'est moins dans l'intérêt de
ceux qui sont en butte à l'envie que je parle, que pour l'avantage de ceux qui éprouvent cette
passion, puisque ces derniers se causent les plus grands préjudices et se portent les coups les
plus mortels, tandis que les persécutions de l'envie peuvent valoir aux autres, s'ils le veulent,
des prix et des couronnes. Voyez comme le juste Abel est chanté et célébré tous les jours, et
comme la mort violente qu'il a essuyée a été pour lui une source de gloire : étendu sans vie et
sans mouvement, il ne parle qu'avec plus de force; son sang, après sa mort, élève la voix et
accuse hautement le malheureux fratricide; celui-ci n'a survécu que pour recevoir la punition de
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son attentat, pour parcourir la terre toujours gémissant et tremblant. Et comme le crime de l'un
l'a condamné à une vie plus triste que la mort même, ainsi la vertu de l'autre l'a rendu plus
glorieux et plus brillant même après le trépas.
Nous donc, frères, afin que nous puissions acquérir plus de confiance et dans ce monde
et dans l'autre, afin que nous puissions recueillir plus de joie à cette fête, dépouillons-nous de
tous les vices qui souillent et défigurent notre âme; et surtout de l'envie; parce que, sans doute,
eussions-nous fait une infinité de bonnes oeuvres, nous en perdrions tout le mérite si nous
étions dominés par cette passion basse et cruelle. Puissions-nous tous éviter ce fléau de toutes
les vertus, et principalement ceux qui ont reçu aujourd'hui la grâce de la régénération, qui ont
dépouillé les anciens vêtements du péché, et qui peuvent briller avec le même éclat que les
rayons du soleil. Vous donc (les nouveaux baptisés) qui en ce jour avez été mis au nombre des
enfants, conservez avec soin la blancheur éclatante des habits dont vous êtes maintenant
revêtus, fermez de toute part l'entrée au démon, afin que recevant une grâce plus abondante du
divin Esprit, vous puissiez produire des fruits au centuple, vous soyez jugés dignes de paraître
avec confiance devant le Roi des cieux, lorsqu'il viendra juger le monde et distribuer les biens
ineffables à ceux qui auront terminé leur vie dans la vertu, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui
soient la gloire et l'empire, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
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Les crimes des V.C.O. consistent dans le fait d'avoir déposé dans les église orthodoxes
des tracts demandant au clergé de renoncer à sa collaboration avec le pouvoir soviétique. Elles
en déposaient aussi dans les boites aux lettres des particuliers. Ces tracts n'étaient souvent
constitués que de quelques vers rudimentaires : "Sous le mausolée gît Satan, sa peau empeste
depuis longtemps." Certains de ces billets étaient composés de photos et de caricatures
découpées. Ainsi, sur une caricature représentant le capitalisme sous les traits d'un hideux
requin, était collée la tête de Brejnev, de telle sorte qu'il semblait tomber dans la gueule du
requin...Et d'autres choses semblables.
Les V.C.O. refusaient de se faire inscrire sur les registres de la population et ne se
livraient à aucun travail officiellement reconnu.
Circulant à travers le pays, elles se contentaient d'un minimum de nourriture que leur
donnaient des sympathisants. Elles sont intimement convaincues que Satan règne en URSS et
elles évitent tout contact avec les organes du pouvoir. Lors des interrogatoires, elles refusent de
signer le moindre document, elles se conduisent avec la plus grande dignité, disant tout ce
qu'elles font, et ne mentant jamais. Les tribunaux les condamnent à de longues peines de
détention souvent suivies d'exil. Ayant purgé ces condamnations, elles reviennent bientôt au
camp, sous le coup de nouvelles condamnations pour les mêmes activités.
Au camp, elles refusent tout contact avec l'administration, ne participent en aucune
manière aux mesures d'organisation prévues par la direction. Ainsi par exemple, chaque femme,
en arrivant au camp, est tenue de signer un reçu pour la literie. Elles ne signent pas et dorment à
même le sol, car, sans signature, rien n'est distribué. Cela se prolonge jusqu'à ce qu'une
commission vienne visiter le camp, après quoi on leur distribue de la literie car d'autres
condamnés signent à leur place.
Elles refusent catégoriquement de travailler, ce qui leur vaut régulièrement d'être punies :
prison du camp (PTK), ou isolateur disciplinaire (CHIZO). Au PTK, la nourriture est réduite au
minimum, au CHIZO, on distribue des aliments cuits un jour sur deux seulement, et le deuxième
jour, uniquement de l'eau chaude et quatre cents grammes de pain.
Chacune de ces femmes observe le jeûne de manière très stricte le mercredi et le
vendredi, certaines y ajoutant le lundi.
Chaque jour, à 6 heures, au réveil, après s'être lavées, elles se mettent en prière jusqu'à
8 heures et ce n'est qu'après avoir récité toutes les prières qu'elles mangent. Il en est de même
le soir.
Quand on leur notifie une punition (CHIZO : quinze jours, PTK : jusqu'à six mois), elles
prennent congé des autres prisonnières, les embrassent toutes, et en s'inclinant devant elles,
elles leur demandent pardon. Ensuite, c'est dans la joie qu'elles vont au cachot. La punition
terminée, certaines sortent en chancelant de faiblesse, mais elles se refusent de nouveau de
travailler et sont de nouveau soumises à de dures punitions. Il en est ainsi jusqu'au moment où,
épuisées par les souffrances, elles sont déclarées invalides et inaptes au travail.
Dans les camps, toutes les V.C.O. se conduisent avec une grande dignité. Elles se
distinguent par leur caractère plein de bonté et de douceur et sont aimées et respectées des
autres détenues. On ne s'offense pas lorsqu'elles refusent de se joindre à des actions collectives
contre l'administration (grèves de la faim), parce que les détenues voient qu'elles jeûnent
volontairement de façon continue.
En arrivant au camp, elles allongent jusqu'aux talons les robes d'uniforme, élargissent les
manches, ferment le col et vont ainsi vêtues de l'habit monastique, toutes, sans exception. En
toute occasion, elles se fabriquent des sortes de biscottes, sèchent de la kilka (petit poisson),
versent dans des bouteilles l'espèce de graisse végétale qui surnage sur le gruau, en prévision
des jours de jeûne.
La majorité d'entre elles sont originaires de la région de Vladimir. Elles entretiennent des
contacts tout à fait secrets avec leurs corréligionnaires de l'extérieur.
Elles affirment avoir acquis leurs convictions après avoir constaté de leurs yeux que des
agents du KGB surveillent les croyants en prière dans les églises. Leur niveau d'instruction est,
en général, de deux ou trois années d'école. Toutes sont atteintes de maladies chroniques
contractées dans les camps. Leur conduite fait que le régime du camp constitue pour elles une
mort lente et, l'ayant compris, elles acceptent tout dans la joie. Ce sont des martyres du Christ
désintéressées et presque ignorées du monde.
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DE L’ANTICHRIST
Il nous faut savoir que l'Antichrist doit venir. Et tout homme est l'Antichrist qui ne
confesse pas que le Fils de Dieu est venu dans la chair, qu'Il est Dieu parfait, devenu homme
parfait en restant Dieu parfait. Mais on appelle plus spécialement Antichrist celui qui viendra à la
fin des siècles. C'est pourquoi il nous faut d'abord que l'Évangile ait été prêché dans toutes les
nations, comme le dit le Seigneur, et alors il viendra pour éprouver les Juifs qui s'opposent à
Dieu. Car le Seigneur leur a dit : "Je suis venu au nom de mon père et vous ne m'avez pas
accepté; qu'un autre vienne en son propre nom, et lui sera accepté". (Jn 5,43). Et l'apôtre :
"C'est parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur
a envoyé un esprit d'erreur qui les fera croire au mensonge, pour qu'ils soient jugés, tous ceux
qui n'ont pas cru à la vérité, mais se sont complus dans l'injustice." (2 Th 2,11). Ainsi les Juifs
n'ont pas reçu comme étant Fils de Dieu, le Seigneur Jésus Christ et Dieu, mais ils recevront
l'imposteur, celui qui se dira Dieu. Car il s'arrogera le nom de Dieu, comme l'a appris l'ange à
Daniel, en disant : "Il ne se souciera pas du Dieu de ses pères." (Dn 11,37) Et l'apôtre : "Que
personne ne vous séduise en aucune façon, avant que d'abord l'apostasie n'arrive et ne se
découvre l'homme d'iniquité, le fils de perdition. L'adversaire qui s'élève sur toute parole de
Dieu, se désignant lui-même comme Dieu." (2 Th 2, 3-4). Dans le temple de Dieu, non le nôtre
mais l'ancien, celui des Juifs, car ce n'est pas chez nous qu'il viendra mais chez les Juifs, non
pour le Christ mais contre le Christ; c'est pour cela qu'on l'appelle Antichrist.
Il faut donc d'abord que l'Évangile soit prêché dans toutes les nations, "alors se révélera
l'inique, dont l'avènement est l'opération de Satan, avec toute puissance, signes et faux
miracles, toute la séduction de l'iniquité pour ceux qui périssent; le Seigneur l'ôtera de la parole
de sa bouche et le détruira par l'éclat de son avènement." (2 Th 2, 8). Ce n'est pas le diable lui-
même qui devient homme, comme pour l'hominisation du Seigneur, loin de moi la pensée, mais
c'est l'homme engendré dans la luxure qui recevra toute l'énergie de Satan, car Dieu sachant à
l'avance que dans la liberté il choisirait l'aliénation, a permis que le diable habite en lui.
Il est né, disons-nous, de la luxure, et a été nourri dans le secret, mais soudainement il se
dresse, s'oppose et se fait roi. En prélude à son règne, à sa tyrannie plutôt, il affecte la sainteté,
mais lorsque son pouvoir s'est affermi, il persécute I'Église de Dieu et manifeste toute son
infamie. Il viendra "avec des signes et des faux miracles", simulés mais non authentiques; il
trompera les intelligences dont le fondement est pourri et sans fermeté, et il les éloignera du
Dieu vivant jusqu'à scandaliser les élus mêmes si possible.
Hénoch et Elie le Thesbite seront envoyés et ils ramèneront le coeur des pères vers les
enfants, c'est-à-dire la synagogue vers notre Seigneur Jésus Christ et vers la doctrine des
apôtres; mais ils seront massacrés. Alors viendra du ciel le Seigneur de la même façon que les
apôtres l'avaient vu monter au ciel. Dieu parfait et homme parfait, avec gloire et puissance, Il
enlèvera du souffle de sa Bouche l'homme d'iniquité, le fils de perdition. Que personne ne
s'attende à voir venir de la terre le Seigneur, mais du ciel; c'est Lui-même qui l'a déclaré.
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hm. Cassien
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Le sujet de la vie après la mort est devenu soudain d'intérêt largement populaire dans le
monde occidental. Un certain nombre de livres, notamment, prétendant décrire des expériences
"après la mort", ont été publiés ces deux dernières années, et des hommes de réputation
scientifique ainsi que des médecins en ont tantôt été eux-mêmes les auteurs, tantôt ont donné
leur approbation à ces écrits. Une de ces scientifiques, Elisabeth Kubler-Ross, médecin de
réputation mondiale, et experte des problèmes de mort et d'agonie, trouve que ces recherches
dans les expériences d'après la mort "éclaireront beaucoup et confirmeront ce qui nous a été
enseigné depuis 2000 ans, c'est-à-dire qu'il y a bien une vie après la mort."
Tout cela, bien sûr, rompt radicalement avec la mentalité jusqu'alors prévalante dans les
cercles médicaux et scientifiques, qui ont généralement considéré la mort comme un sujet tabou
et ont relégué toute idée de survie après la mort au domaine de l'imagination ou de la
superstition, ou, au mieux, à celui des croyances personnelles, dans lequel il n'existe pas de
témoignage objectif.
La cause extérieure de ce changement soudain dans les opinions est simple : de
nouvelles techniques de réanimation des "cliniquement morts" (en particulier par stimulation du
coeur quand il a cessé de battre) sont devenues d'usage courant ces dernières années. Ainsi, un
grand nombre de personnes qui ont été techniquement parlant "mortes" (sans pouls ni
battement du coeur) ont été rendues à la vie, et beaucoup d'entre elles (alors que le tabou sur ce
sujet et que la peur de passer pour fou ont disparus), en parlent maintenant ouvertement.
Mais c'est la cause intérieure de ce changement, ainsi que son "idéologie", qui sont pour
nous les plus intéressantes : pourquoi ce phénomène est-il devenu si immensément populaire,
et dans le cadre de quelle vision religieuse ou philosophique est-il généralement compris? Il est
déjà devenu un signe des temps, un symptôme de l'intérêt religieux de nos jours; quelle est
donc sa signification? Nous reviendrons sur ces questions après avoir examiné de plus près le
phénomène lui-même.
Mais premièrement, nous devons nous interroger sur quel fondement nous avons à juger
de ces phénomènes. Ceux qui les décrivent n'en ont pas eux-mêmes une compréhension claire;
souvent ils cherchent leur interprétation dans des textes d'occultisme ou de spiritisme.
Quelques religieux (ainsi que des scientifiques), sentant le danger qui menace leurs croyances
établies, nient tout simplement les expériences décrites, en les reléguant, le plus souvent, au
royaume des hallucinations. Cela a été fait par quelques protestants, qui sont engagés par
l'opinion selon laquelle ou bien l'âme est dans un état d'inconscience après la mort, ou bien elle
va immédiatement rejoindre le Christ; de la même manière, les doctrinaires de l'athéisme
rejettent toute entière l'idée de la survie de l'âme quelle que soit l'évidence qu'on leur présente.
Mais de telles expériences ne peuvent être expliquées par leur négation pure et simple; elles
doivent être correctement comprises, en elles-mêmes, dans le contexte de toutes nos
connaissances au sujet du destin de l'âme après la mort.
Malheureusement, un certain nombre de chrétiens orthodoxes, sous l'influence des idées
modernes matérialistes, (passées par le protestantisme et le catholicisme romain) sont arrivés
également au point d'avoir des idées vagues et indéfinies sur la vie après la mort. L'auteur d'un
des récents livres sur les expériences après la mort (David R. Wheeler : Journey to the Other
Side. Ace Books. N.Y. 1977) a tenu à demander l'avis de différentes "sectes" sur l'état de l'âme
après la mort. Ainsi, il a appelé un prêtre de l'Archidiocèse Grec Orthodoxe qui lui a donné une
opinion très générale concernant l'existence du ciel et de l'enfer, mais il a dit que l'Orthodoxie
n'a pas une idée précise de l'au-delà. Ainsi, l'auteur n'a pu que conclure que la "vision grecque
orthodoxe de l'au-delà n'est pas claire."
Au contraire, bien sûr, la Chrétienté Orthodoxe a une doctrine et une vision bien précise
de la vie après la mort, à commencer par le moment de la mort elle-même. Cette doctrine est
contenue dans l'Écriture sainte (interprétée dans le contexte de toute la doctrine chrétienne),
dans les écrits des saints pères, et (surtout pour ce qui est spécifique aux expériences de l'âme
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(à suivre)
Tiré de "The Orthodox Word" ,
traduit de l'anglais par C. Pountney
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AU SUJET DE L'AUTOSUGGESTION
Un moine très savant alla auprès d'un staretz pour que ce dernier lui enseigne la prière
du coeur. Le staretz lui remit un chapelet et lui indiqua une petite chambre et lui prescrivit la
formule : "Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi."
- "À quoi dois-je penser, père, demanda le moine, en récitant le chapelet ?"
-"Tu ne dois surtout penser à rien ! Tout ton être doit être centré sur les paroles de cette
prière !"
Quelques heures plus tard, le moine sortit de la cellule, courut auprès du staretz et lui
dit :
- "Père, ça y est, la grâce de Dieu m'a visité, Dieu m'a accordé les larmes !"
- "Quelles larmes? " demanda le staretz, inquiet.
- "Les larmes de la componction, mon père."
- "Et comment cela t'est-il arrivé, s'il te plaît ?"
- "Eh bien, lorsque je récitais le chapelet, ma pensée se tourna soudain vers le calvaire,
je me mis à penser à Jésus, à son Amour, à sa couronne d'épines, aux blessures de ses Mains
et de ses Pieds, à son Côté vivifiant percé, au Sang très vénérable et très pur qu'il a versé pour
nos péchés, et en pensant à toutes ces bonnes choses, j'ai soudain commencé à pleurer."
- "Malheureux ! lui répliqua le staretz, tu as été égaré par tes propres pensées, et le
diable t'a fait chuter du côté droit, ce contre quoi l'Écriture sainte nous met en garde. Qui t'a dit
de penser à quoi que ce soit ? Je t'avais prescrit de ne penser qu'aux paroles de la prière.
Pourquoi as-tu divagué et fus-tu victime de ton imagination ?"
- "Mais, père, je me suis dit qu'il ne fallait pas penser aux choses de ce monde, aux
soucis matériels et à nos différentes préoccupations de tous les jours, mais que les choses qui
constituent le but de notre spiritualité, il était tout à fait convenable d'y penser. La preuve en est
que j'ai obtenu des résultats.
- «Pauvre orgueilleux ! À quoi t'ont servi tant de livres que tu as étudiés et que tu as
écrits toi-même, si les choses essentielles t'échappent ? Tu n'as jamais lu dans l'Écriture sainte:
"L'obéissance vaut mieux que le sacrifice ?" Le prophète Samuel, lorsqu'il était enfant, ne faisait
qu'accomplir humblement et fidèlement ses devoirs quotidiens, et la nuit, il allait tout
simplement dormir à la place qui lui était assignée dans le Temple. Et pendant qu'il dormait, le
Seigneur lui a parlé. Le Seigneur lui a parlé lorsqu'ayant accompli fidèlement toutes ses tâches,
il ne pensait pas du tout à une visite du Créateur. Ceci est tellement vrai que le prophète n'a pas
songé que c'était le Créateur, mais que c'était son maître le grand-prêtre Élie, qui l'appelait au
milieu de la nuit. Tu vois donc bien que comme l'apôtre nous l'enseigne :
"Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait
miséricorde." (Ro 9,16). Ce n'est pas notre propre piété qui obligera Dieu à nous répondre. Ce
ne sont point nos efforts qui exigeront de Dieu l'exaucement de nos prières. Dieu ne nous
demande d'accomplir que deux choses: nous PURIFIER et nous TAIRE. Le Seigneur Jésus n'a
pas dit: Bienheureux les hommes géniaux, ou les érudits, ou les penseurs profonds, ou les
ascètes qui marchez sur les eaux, mais les coeurs purs, car eux seuls verront Dieu. Regarde ce
que dit le prophète Samuel : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute"; et toi, mon fils, tu n'étais
pas à l'écoute, mais tu pensais.
C'est ainsi que le diable a su te tromper et t'égarer. Tu fus victime des émotions que tu
t'es créé, tu as fabriqué un état, et tu t'y es enfoncé, mais il ne s'agit que de la fabrication de ta
propre idole. Tes larmes, mon frère, ne sont que de l'autosuggestion. Les vraies larmes te
viendront par le Seigneur, quand Il le voudra.
Ni tes jeûnes, ni tes fatigues, ni ton ascèse ne vont L'obliger. C'est Lui qui prendra
l'initiative, si tu restes éveillé, à l'écoute. N'oublie pas que sans le saint Esprit, comme dit
l'apôtre, nous ne pouvons pas appeler Jésus "Seigneur". Nous ne pouvons pas nous repentir,
nous ne pouvons pas pleurer, nous ne pouvons pas pratiquer les vertus. Pour cela, nous
chantons dans l'octoèque: "Vaincs le durcissement de notre coeur, accorde-moi les larmes du
repentir". Et le graduel : "Si le Seigneur ne bâtit la maison des vertus, c'est en vain que nous
nous efforcerons nous-mêmes".
Rappelle-toi, mon fils, de saint Syméon le Nouveau Théologien. Son père spirituel était
saint Syméon le Pieux. Le jeune Syméon suivait très rigoureusement l'ascèse prescrite par son
père spirituel. Mais il avait aussi compris que ces choses doivent être pratiquées dans la grâce,
et n'ont pas de valeur quantitative en elles-mêmes. Pendant longtemps, il fit scrupuleusement
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ses prières et ses génuflexions qui étaient très longues et rien de particulier ou d'extraordinaire
ne se produisit. Un soir, après une journée très fatigante, saint Syméon le Pieux dit à son
novice : "Dis un petit trisagion et couche-toi."
Dans des cas analogues, les novices réagissent en général très mal. la règle devient un
but en soi pour eux. Intervient une notion de mérite, liée à un effort quantitatif. Ils veulent être
plus royalistes que le roi, et si leur père spirituel allège leur règle, ils acceptent de très mauvaise
grâce, ne sachant pas que "l'obéissance vaut mieux que le sacrifice" et que sacrifier sa propre
volonté a même valeur que le martyr des premiers chrétiens.
Mais le jeune Syméon accomplit sa minuscule dévotion avec le même enthousiasme, la
même joie et avec très bonne conscience, sachant que l'on ne bâtit pas sur la quantité, mais sur
la grâce que nous donne l'obéissance. Et c'est à ce moment-là qu'il fut ravi à la vision des
choses célestes, alors qu'il ne s'y attendait pas du tout, et il devint le Nouveau Théologien, le
troisième des trois Théologiens de l'Église orthodoxe: saint Jean l'Évangéliste, saint Grégoire le
Théologien, saint Syméon le Nouveau Théologien. "Car cela ne dépend ni de celui qui veut, ni
de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde."
Ainsi donc mon fils, soit tu retournes dans ta cellule, et dans l'humilité, tu tiens ta pensée
immobile, ou alors va-t-en, car si tu n'es pas obéissant, je ne veux pas être responsable de toi
devant Dieu.»
Si messieurs les athées, après de tels témoignages, s'obstinent à vouloir présenter notre
Foi comme une affaire d'autosuggestion, nous, chrétiens orthodoxes, nous "savons en QUI nous
croyons", et comment nous croyons. L'Église a condamné l'hérésie de Pélage, qui faisait de la
recherche de Dieu une affaire de volonté (comme d'ailleurs l'enseignement d'Augustin sur la
prédestination qui, à l'opposé, exclut toute participation de l'homme à son salut).
L'équilibre de l'enseignement orthodoxe, et ceci parce qu'il s'agit d'un enseignement de
RÉVÉLATION, consiste en ce qu'il a toujours en vue simultanément les deux aspects d'une seule
et même chose. Cette attitude de l'Orthodoxie s'appelle l'ANTINOMIE. Si sur votre table est
mise une nappe double face, vous ne verrez que la face, par exemple verte de votre nappe.
L'Orthodoxie consisterait en ce que nous voyions la face verte, sans oublier la face jaune qui se
cache au-dessous. Par conséquent, antinomie ne veut nullement dire contradiction. En effet
l'Orthodoxie reconnaît indiscutablement la valeur de toutes ces choses: prière, ascèse, vertu,
pureté, effort, volonté, concentration, jeûne,. Mais elle enseigne que toutes ces choses ont
précisément une valeur dans leur contexte naturel : LA GRACE. C'est pour cela que l'on ne peut
nullement la confondre avec une variante de yoga.
L'Église connaît avant les athées les possibilités de "contrefaire" les réalités spirituelles,
et tous les points dangereux: autosuggestion, émotion, exaltation, égarement, habitude, désir de
survivance, piétisme, etc.
Elle refuse tout simplement de justifier les athées, qui, par paresse et par commodité,
sous prétexte de l'existence de tels dangers, rejettent l'essentiel.
Avant que l'homme n'aille sur la lune, la science a du tracer beaucoup de trajectoires
fausses qui ont abouti à des échecs, mais les fausses trajectoires n'ont jamais signifié que la
TRAJECTOIRE VRAIE n'existait pas, que l'orientation vraie faisait défaut. Cependant, l'homme a
du trouver la juste trajectoire avant de marcher sur la lune. Il n'a marché sur la lune qu'à cause
de l'exactitude de ce tracé.
L'homme est sur cette terre enténébrée; même si, de temps en temps, la grâce l'illumine
dans la nuit profonde et l'oriente; mais il a la possibilité, la capacité de tracer cette trajectoire.
S'il refuse de le faire à cause de sa paresse ou de son indifférence en prétextant n'importe quoi,
et bien ... il ne marchera pas dans le pays de la Lumière.
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(Ap 14,1-2)
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Le grand maître de la nation, Eugène Bougaris, alors qu'il se trouvait à la Saint Montagne
comme directeur de l'école Anthonias, écrivit une épître très importante aux chrétiens
orthodoxes de Serbie qui, à l'époque avaient de nombreux problèmes à cause des émissaires
du pape essayant de les attirer au papisme.
Cette épître, d'après l'historien Constantin Sathas, a été publiée à Constantinople en
1756
(Philologie Néo-grecque Athènes 1863 p.570).
Georges Ainian parle de cette épître dans le premier tome de son livre intitulé
"Compilation des écrits non publiés de l'inoubliable Eugène Bougaris" sorti à Athènes en 1838.
L'historien Papadopoulos Vrettos la publia également à Athènes en 1853 sous le titre "Réponse
d'un orthodoxe à un frère orthodoxe au sujet de la tyrannie papiste" (tome 1 p. 105-132)
Un autre grand maître de la nation, Athanase de Paros, s'exprimait ainsi au sujet d'Eugène
Bougaris et de ses écrits : "le très vénérable Eugène est digne de mille éloges et remerciements,
tout simplement à cause de son zèle pour notre sainte foi, et ce zèle est démontré par l'épître
adressée aux Serbes et qui est un véritable enseignement. dans cette épître. Eugène Bougaris,
l'un des plus grands théologiens orthodoxes de notre temps, énumère une par une toutes les
nouveautés des latins, et il exhorte nos frères orthodoxes serbes de demeurer les gardiens
vigilants de l'Église orthodoxe et de la garder des apôtres rusés de la fausse Église papale."
Cette épître a vraiment un caractère prophétique car, bien qu'écrite il y a deux siècles, elle n'a
rien perdu de son à propos. Au contraire son importance s'est accrue car aujourd'hui, " ces
uniates rusés de Rome" ainsi que les nomme Bougaris, s'activent non seulement à tromper en
Serbie , mais à agir de même partout où vivent des chrétiens orthodoxes, jusqu'en Grèce même.
Les paroles d'Eugène Bougaris se sont vraiment montrées prophétiques. la violence papale est
arrivée à son sommet pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet les Oustachis croates et
leur chef Ante Pavelitch ont accompli le plus grand massacre collectif d'orthodoxes, jamais
commis auparavant. Ils ont massacré 800 000 Serbes orthodoxes, parce que ces derniers n'ont
pas renié la foi orthodoxe, et n'ont pas reconnu le pape.
Après cela, le criminel Pavelitch s'est caché pendant deux ans au Vatican déguisé en
moine, avant de s'enfuir aux Amériques.
Ce sujet criminel a été abordé explicitement au cours du procès de Nuremberg. Edmond
Paris, historien français en traita dans ses livres : "Le Vatican contre l'Europe", "Génocide en
Serbie pendant la seconde Guerre Mondiale" et le "Vatican contre la France".
Nous publions donc cette lettre si instructive et si importante de ce maître de la nation et
théologien illustre, d'après l'édition d'A. Papadopoulos Vretto. Nous avons laissé de côté
certains paragraphes concernant les Serbes du XVIIIe siècle, rectifié la syntaxe et ajouté des
notes explicatives lorsque cela a été nécessaire afin de rendre cet écrit clair et accessible à tous.
Les Éditions grecs
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plus grands des dégâts. Ces renards des ténèbres, c'est-à-dire de l'Occident (devenu hérétique)
ce sont montrés en tout temps, dangereux contre la vigne de lumière, c'est-à-dire l'Orient
(demeuré orthodoxe). Je veux parler ici des Uniates, les soi-disant apôtres de Rome - pour
éviter de la nommer vulgairement - qui se présentent avec une attitude faussement digne, une
démarche humble et hypocrite, avec un zèle soi-disant inspiré par Dieu, le regard tranquille et le
langage doux et prometteur. Ce sont eux qui, depuis le début, jalousent les Vignes de l'Église
orthodoxe orientale. Ils cherchent, non seulement à détruire les fruits, mais aussi à nuire aux
plantes, à les déraciner. Ce sont eux, les anti-chrétiens, les faux apôtres qui parcourent le
monde, non pour prêcher aux fidèles le Nom du Christ, mais pour attirer les chrétiens vers le
royaume de Satan, car maintenant le trône de Satan se trouve en ce monde.
Frères, tenez-vous loin de ces faux apôtres qui essaient de vous éloigner de
l'enseignement du Christ, fondation immuable où vous êtes bien enracinés. Fermez vos oreilles
à leurs enseignements faux et déviés par lesquels ils essaient de vous attirer. Vous possédez
l'enseignement de Moïse et des prophètes, des apôtres et des pères, suivez celui-ci.
Vous avez l'évangile, les saints canons, les dogmes des conciles, les conseils des pères,
suivez tout ceci afin de ne pas tomber dans l'erreur, fidèles à l'enseignement de saint Paul qui
enseigne : "Même si un ange du ciel vous apportait un évangile contraire à celui que nous avons
enseigné, qu'il soit anathème!"
Et ces "anges" de Rome, les Dominicains, les Jésuites ou autres, ce sont eux les
prophètes de l'obscurité. Ils sont excommuniés parce qu'ils nous enseignent un autre évangile,
contraire à l'évangile du Christ que nous vous avons enseigné.
1) Il est connu clairement par le saint évangile du Christ que le saint Esprit procède du
Père, mais les anges des ténèbres disent "filioque" (c.-à-d. "et du Fils") Le premier saint Concile
oecuménique dit le Symbole de la foi que "le saint Esprit procède du Père", mais la synagogue
blasphème "filioque". Le saint Concile excommunie quiconque ose ajouter même une virgule au
Symbole, mais malgré cela, eux, sans honte veulent ajouter que le saint Esprit procède
également du Fils. Les saints pères d'une seule bouche et d'un seul esprit déclarent que la seule
cause en est le Père, mais ces nouveaux "pères" corrigent les anciens en déclarant : "Le Fils
aussi". Les pères disent "le seul principe, cause et source de la Divinité est le Père", les Papistes
ajoutent "non seulement le Père, le Fils aussi".
à suivre
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