Co-construction des savoirs environnementaux
Co-construction des savoirs environnementaux
Intervenant A :
De la pauvreté.
Intervenant B :
Intervenant A :
Croissance du monde. Le
La gouvernance traditionnelle,
De la gouvernance moderne, la
Coutumière, ou effectivement,
L’environnement partie
D’exploitation de
D’exploitation. Lorsqu’on
L’environnement, il va cesser
Maintenant à se nourrir à
Cohabitation, je me promets Et
Intervenant B :
Intervenant C :
Soit abimé.
Intervenant A :
Associées.
Intervenant C :
À l’exploitation de l’alcool.
Intervenant A :
Pacte.
Intervenant C :
Je te rappelle un truc.
Croyances-là.
Intervenant A :
Culturelles, il y a aussi,
Intervenant C :
C’est.
Intervenant B :
Intervenant C :
Interdits au fait.
Intervenant A :
Feignent la baisse. Il y a
Là où c’est interdit.
Intervenant C :
Des péchés.
Intervenant A :
Intervenant C :
Ça.
Intervenant B :
Explication.
Intervenant C :
Oui.
Intervenant A :
Partie-là à l’intérieur.
Effectivement, de mettre au
Mentalités traditionnelles et
Connaissances, certaines
Aussi s’orienter à la
Des ministères de
Conditions permettant de
Sauvegarder l’environnement et
Pratiques d’exploitation... Et
Connaissances traditionnelles.
Combattre.
Intervenant C :
Intervenant A :
C’est-à-dire, quand il y a eu
Quand même quelqu’un qui prend
Stratégie de la conservation de
La localité délimitée
Intervenant B :
Intervenant A :
Réalités.
Intervenant C :
Contexte de la ruralité, au
Compliqué.
Intervenant A :
La connaissance traditionnelle
Et l’élévation de la
Modernement de l’appréciation
Participatif. C’est-à-dire
Qu’on réunit les connaissances
Gouvernance traditionnelle
S’associe à la gouvernance
Moderne.
Intervenant C :
Intervenant B :
Intervenant C :
Choix.
Intervenant A :
Ensemble.
Intervenant B :
L’agroécologie, Et.
Intervenant A :
Éco-conception, de la
L’exploiter dans
L’environnement.
Intervenant C :
Sur Internet.
Intervenant B :
Bizarre.
Intervenant A :
Bibliothèque.
Intervenant C :
Là où tu vois...
Intervenant A :
Intervenant C :
Partie II
Les connaissances écologiques traditionnelles (CET) incarnent la sagesse, les pratiques et les
croyances des communautés autochtones et locales, perfectionnées au fil des générations en
harmonie avec leur environnement. Ce guide complet explore les diverses manifestations du TEK
dans le monde et son rôle de collaboration aux côtés de la science moderne. Depuis gestion durable
des ressources à l’adaptation climatique, TEK offre des informations inestimables pour relever les
défis environnementaux urgents tout en promouvant la résilience culturelle et l’équité sociale.
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Gestion durable des ressources: Il propose des pratiques éprouvées pour l'agriculture
durable, la pêche et la chasse, en maintenant l'équilibre écologique.
Justice sociale et équité: Valoriser les TEK promeut la justice sociale en reconnaissant les
droits des autochtones, la diversité culturelle et les contributions à développement durable.
a. Perspective holistique: TEK considère la nature comme un système interconnecté avec des
composants interdépendants. Il prend en compte non seulement les aspects physiques de
l'environnement, mais également ses dimensions spirituelles, culturelles et sociales.
b. Transmission orale: Le TEK est généralement transmis oralement d'une génération à l'autre,
souvent à travers des récits, des rituels, des chants et d'autres pratiques culturelles. Il assure sa
préservation et sa continuité dans le temps.
c. Connaissance basée sur le lieu: Le TEK est profondément enraciné dans des paysages et des
écosystèmes spécifiques. Il reflète la relation intime entre les communautés autochtones et locales
et leurs environnements, façonnée par des générations d’observation et d’interaction.
d. Adaptation et résilience: TEK incarne des stratégies d'adaptation développées au fil du temps
pour faire face aux changements et aux incertitudes environnementales. Cela inclut souvent divers
mécanismes d’adaptation, tels que des pratiques flexibles de gestion des ressources et des
calendriers écologiques locaux.
e. Local et spécifique au contexte: Les CET sont hautement localisés et spécifiques au contexte,
reflétant les conditions environnementales uniques, les valeurs culturelles et les contextes socio-
économiques de communautés particulières. Cela peut varier même au sein de différentes
communautés habitant la même région.
F. Éthique et valeurs intégrées: TEK intègre des principes éthiques et des valeurs culturelles qui
guident les interactions humaines avec la nature. Ces valeurs mettent souvent l'accent sur le respect,
la réciprocité et l'intendance envers l'environnement et les autres êtres vivants.
h. Perspective à long terme: Le CET englobe souvent des connaissances accumulées au fil des siècles,
voire des millénaires, fournissant un aperçu de la dynamique à long terme des écosystèmes et des
interactions homme-environnement.
Ces caractéristiques soulignent la richesse, la complexité et la résilience des connaissances
écologiques traditionnelles en tant que ressource vitale pour le développement durable, la
conservation de la biodiversité et la préservation culturelle.
Partie III
Introduction
C’est depuis 1987 que suite à un sommet des chefs d’État des pays membres du Sahel, a été lancé
le Programme sahélien d’éducation (PSE). Son but était de préparer les générations montantes des
populations du Sahel à mieux assumer les relations de l’homme avec son environnement, dans le
sens d’une meilleure protection, conservation et amélioration de celui-ci. Cet objectif devait leur
permettre d’atteindre, à travers la formation, un « savoir, un savoir-faire et un savoir-être » qui
leur permettent de tirer le meilleur parti de leur environnement (PSE, 1987, page 4).
De nos jours sont nombreuses les initiatives de mobilisation de ressources et d’acteurs pour la
lutte contre la dégradation de l’environnement, la désertification, les effets des changements
climatiques. Ainsi, à titre illustratif, beaucoup de gouvernements de l’Afrique subsaharienne,
accompagnés et soutenus par les décisions et recommandations des conférences internationales
(Stockholm en 1972, Rio en 1992, Copenhague en 2009, Durban en 2011), disposent d’institutions
de haut niveau, en charge de cette préoccupation : le ministère de l’Environnement et du
Développement durable du Burkina Faso vient de tenir, les 27 et 28 octobre 2011, un colloque
international au titre évocateur et significatif : « Pour un développement créatif et durable :
déchets et énergies, énergies renouvelables et collectivités locales ».
Comme l’évoque le dernier élément du titre de ce colloque, certaines de ces initiatives se soucient
de la participation des populations.
Bien qu’un nombre important d’études et de recherches aient déjà été réalisées sur ce sujet, la
prise en compte de ces savoirs endogènes est encore insuffisante.
Le projet de la « grande muraille verte » postule, à juste titre, l’existence d’un « important
potentiel de développement » à travers un « important savoir traditionnel, endogène qui a permis
aux populations endogènes de lutter et de développer à travers des décennies une forme de
résilience face aux perturbations environnementales » (document du projet d’ouvrage GMV, 2011 :
1). La présente contribution se propose d’en apporter une illustration à travers des expériences de
pratiques et des comportements qui témoignent de cette reconnaissance, par les populations
rurales, de la fragilité de leur écosystème, de la nécessité d’en préserver la conservation et d’en
promouvoir la valorisation.
Les expériences sont celles des populations du Burkina Faso, repérées et consignées lors de
plusieurs recherches des années 1980, 1990 et 2000. Toutefois, les expériences similaires
pratiquées par les populations d’autres pays sont évoquées chaque fois que de besoin.
Cette contribution présente d’abord deux éléments consubstantiels au rapport des populations
africaines à l’environnement : une certaine conception de ses composantes et les perceptions et
représentations qu’elles s’en font, tous constituant les fondements de leurs comportements vis-à-
vis de l’environnement. Sont ensuite abordées les pratiques de sa gestion rationnelle et les formes
de lutte contre la désertification et contre les effets des changements climatiques.
Sont enfin esquissées les formes de collaboration et d’harmonisation souhaitables entre pratiques
traditionnelles et stratégies actuelles de lutte contre la désertification et contre les effets des
changements climatiques.
L’on constate ainsi que les définitions proposées sur l’environnement ont ce trait commun qu’elles
appréhendent presqu’uniquement le monde visible dans ses différentes composantes physiques,
chimiques, biologiques. Même lorsqu’elles font une place aux facteurs humains et sociaux, ces
derniers se réfèrent surtout aux actes concrets que les hommes posent avec ou sur leur
environnement. Ceci est illustré dans les deux définitions suivantes :
Or, sous l’angle sociologique ou anthropologique (au sens large de ce dernier terme), aucun auteur
sérieux ne définit une société, un groupe humain ayant à la fois son histoire et son organisation
spatiale donnée, en l’amputant de son monde invisible, c’est-à-dire le monde des ancêtres des
hommes et celui des esprits et divinités qu’ils ont adorés et vénèrent toujours : la place de cette
partie de l’humanité me semble importante pour l’appréhension complète de l’environnement,
pour au moins deux raisons :
Ainsi ont été conservés, contre souvent le désir de tel groupe social ou de telle autorité
administrative, des bois sacrés, des arbres sacrés, des espèces sacrées, etc., ou ont été bloquées
des actions publiques, par exemple de lotissements ou d’ouverture de voies (à Ouagadougou :
mosquée de la place de la gare conservée, dans la région de Yako : le panthéon de Pilimpiku et la
déviation de routes de la région, ou encore ailleurs : les sites sacrés et les renoncements à telle ou
telle réalisation : forage, construction, etc.). À l’inverse, des révélations de consultations des forces
invisibles ont pu conduire à des destructions d’éléments de la nature, ou à des expulsions de
l’espace d’habitation et de circulation des hommes (exemple des sorciers et sorcières), etc.
Parce que ce monde des forces invisibles induit donc le comportement des hommes et des groupes
sociaux vis-à-vis de certains éléments de l’environnement, de façon permanente ou ponctuelle, il
me semble utile de les inclure dans l’appréhension du fait environnemental.
La reconnaissance de la place des forces du monde invisible permettra, au contraire, une bien
meilleure stratégie d’approche du problème de l’environnement, chaque fois que cela sera
nécessaire. Elle préviendra les réticences de tous genres et facilitera davantage la réalisation
d’actions jugées utiles à la sauvegarde et à l’amélioration de la partie physique de
l’environnement.
Au demeurant, cette dimension de la partie invisible de l’environnement n’est pas absente des
perceptions et des représentations que s’en font les individus et les groupes sociaux. Ces
perceptions et ces représentations informent à leur tour des rapports des hommes et des groupes
sociaux avec leur environnement.
Il est bien connu que les facteurs de modification de l’environnement se classent en deux grands
groupes : les uns, abiotiques, liés au milieu physique et les autres biotiques, liés à celui des êtres
vivants, dont l’homme.
Les facteurs liés à l’homme et à ses actions, individuelles ou collectives, dénommés anthropiques,
sont ceux qui nous intéressent ici.
Avant d’en examiner les formes, certainement variées, il nous semble important d’en rechercher
d’abord les fondements.
Les facteurs anthropiques ci-dessous évoqués sont en fait les différentes formes de rapports, que
les hommes initient avec leur environnement, en tant que cadre de leur vie, formes d’expression
des différents besoins des hommes, dont ceux-ci recherchent la satisfaction auprès de leur cadre
de vie.
On peut regrouper ces différents besoins autour des principaux axes ci-après :
l’habitat ;
l’organisation sociale ;
la vie spirituelle.
Par rapport à chacun de ces axes, les sociétés humaines ont établi des rapports différents avec
l’environnement qui ont été à la base de la classification des types de sociétés par rapport à tel ou
tel repère.
Les sociétés à habitat dispersé : sans qu’il y ait un seuil de distance établi à cet effet, ce
genre d’habitat laisse assez d’espace entre les unités d’habitation, ce qui permet par
exemple à chaque unité de déployer ses activités de production autour de son habitation,
donc d’être pratiquement le seul gérant de l’environnement autour de cette habitation et
donc de répondre seul de l’état de son évolution.
Des sociétés se situent entre ces deux grands types et reçoivent les appellations de sociétés
à habitat semi-dispersé, semi-concentrique, etc.
Dans le cas du Burkina Faso, les exemples peuvent être cités pour les localités de Tanghin-Dassouri,
Houndé, Tougan, Djibo, Garango : habitées majoritairement (du moins traditionnellement), par,
respectivement les Moose, les Bwaba, les Samos, les Fulbé et les Bisa, les habitats étaient classés
comme dispersés pour les Moose, les Fulbe et les Bisa, mais concentrés pour les Bwaba et les Sana.
Cependant, ces types ont, de nos jours, subi beaucoup d’altérations dans l’un comme dans l’autre
cas, en raison de l’évolution de divers facteurs conditionnant la vie ou l’activité de production des
groupes sociaux concernés : par exemple, les Moose dans les plaines aménagées où l’autorité a
décidé que les zones d’habitat seraient regroupées d’un côté, les zones de culture de l’autre. Il en
est de même chez des Fulbe et des Bwaba qui se retrouveraient dans les mêmes zones ou dans les
villes : là aussi, la mise à disposition du cadre de vie ne relève plus des anciens canons de décision.
Les sociétés humaines sont classées en types selon l’activité dominante ou selon le moyen de
travail le plus utilisé, ou encore selon le type d’organisation sociale qui préside aux conditions de la
production des biens matériels de l’existence biologique.
Les groupes sociaux majoritaires de nos cinq zones expérimentales appartiennent aux types :
Comme on le constate, chaque société humaine donnée relève de plusieurs types de classification
selon le critère utilisé, ce qui en fait varier leurs regroupements.
Pour notre présent propos, rapprochons les différentes typologies pour chacune des sociétés prises
en exemple, de manière à voir le type de rapport à l’environnement qui y prédomine.
Selon cette synthèse, les types d’habitat et d’organisation sociale semblent se correspondre, donc
induire les mêmes types de rapports à l’espace.
Cependant, l’observation quotidienne des hommes laisse penser que c’est dans le cadre de leurs
activités de production des biens matériels qu’ils ont les rapports les plus fréquents avec leur
environnement. Dans le cas du Burkina Faso, les zones de dégradation écologique plus prononcée
se retrouvent dans l’aire d’habitat traditionnel des Fulbé, puis des Moose, bien qu’ils diffèrent par
leur type de production. Au contraire, l’aire d’habitat traditionnel des Bwaba et des Samos est
moins dégradée bien qu’ils partagent le même type d’activités de subsistance. Cela nous conduit à
penser que ces mises en rapport doivent être encore mieux précisées soit en introduisant d’autres
types de classement dans l’habitat (par exemple, taux d’occupation humaine dans l’espace dans
une aire donnée) ou dans la production (par exemple, type d’outil de travail), soit en recherchant
l’incidence relative des facteurs abiotiques (nature des sols, évolution des cycles pluviométriques),
etc.
Dans tous les cas, pour les facteurs anthropologiques, leurs expressions, c’est-à-dire les formes
qu’ils prennent, sont fonction des prestations et des représentations que les hommes se font de
leur environnement.
Les perceptions et les représentations : fondement des rapports avec l’environnement
Les perceptions et représentations du cadre de vie des hommes s’énoncent, dans nos sociétés,
d’abord en vision du monde et ensuite en symboles.
le monde visible, avec ses éléments abiotiques et biotiques, y compris l’homme lui-même ;
le monde invisible, constitué des mânes des ancêtres, des esprits et des divinités : les uns
bienveillants envers l’homme, les autres malveillants, mais tous susceptibles de modifier
leurs attitudes envers lui selon ses comportements à leur égard. Ainsi, un sacrifice peut
réparer une offense et éviter les sévices qui auraient pu survenir. Dans le domaine de
l’environnement, les peuples de la province de la Kossi, par exemple, connaissent
l’interdiction des relations sexuelles en brousse. Dans le cas où elles surviennent
néanmoins, la réparation se fait par un attouchement des organes coupables au feu ou par
un sacrifice à base d’une somme ou d’animaux domestiques. De même, un autre sacrifice
peut gratifier l’officient de bienveillances diverses qui rendent plus facile la réalisation d’un
vœu, ou décuplent l’effet bénéfique d’une action : ainsi procède-t-on pour assurer la
fécondité d’une femme, obtenir les bonnes récoltes d’une saison agricole, la bonne marche
d’un commerce, etc.
Ce qui importe, ici, est la croyance que les éléments du monde invisible ont des pouvoirs très
étendus sur les humains et sur l’efficacité de leurs activités et avec lesquels ceux-ci doivent se
concilier grâce aux sacrifices : les éléments de ce monde invisible ont des espaces d’évolution ou
des habitacles précis (bosquets et bois sacrés, clairières hantées, arbres sacrés, etc.), sur lesquels
l’homme doit s’abstenir de certaines formes d’action : ainsi sont nés les interdits et les tabous,
ayant pour contenu les prescriptions de faire ou de ne pas faire, c’est-à-dire réglementant les
comportements et les attitudes des hommes envers des éléments de l’environnement.
C’est en tant que facteur modulant ces comportements des hommes que ce monde invisible mérite
sa mention dans l’appréhension de l’environnement et dans les stratégies d’actions sur
l’environnement.
Les perceptions s’expriment sur deux plans : la dénomination et les symboles qu’elle véhicule.
La dénomination
C’est ici le premier niveau par lequel l’homme des sociétés traditionnelles relève le défi de l’un des
préjugés que lui attribuent le plus souvent les intellectuels du savoir cartésien, à savoir qu’il est
très souvent taxé d’ignorant.
ou bien en rapport avec d’autres éléments de l’environnement, pour traduire une qualité
différente, ou opposée, un rapport d’interaction, d’interférence : nous en verrons des
exemples dans le domaine des sols notamment plus pauvres, plus riches ;
Toutefois, c’est certainement en raison de cette référence que certaines formes traditionnelles de
gestion de l’environnement diffèrent le plus de celles qu’aurait adoptées un esprit cartésien. Ainsi
par exemple, Robert Delavignette a pu apprécier en des termes aussi cocasses le fait d’utiliser la
bête, non comme animal de trait dans l’agriculture, mais plutôt comme objet de sacrifice : il disait :
« Pour l’agriculteur africain, l’animal utile n’est pas la bête qui tire, mais celle qu’on abat pour
savoir si le champ a été bien choisi » !
C’est en fonction de ces références que sont organisées la gestion de l’environnement ainsi que,
lorsque la situation l’exige, les formes de lutte contre sa dégradation.
Les présentations qui suivent en donneront des illustrations et poseront une double question
quelque peu préjudicielle : ces pratiques traditionnelles sont-elles prises en compte par les
stratégies officielles étatiques et autres de lutte contre la dégradation de l’environnement ? Si oui,
comment ? Si non, pourquoi et que faire ?
Dans le cas du Burkina Faso, deux exemples devenus classiques illustrent à la fois la connaissance
des éléments constitutifs de l’environnement, la fragilité de celui-ci et la nécessité d’en faire une
gestion rationnelle.
Le premier est constitué par les résultats de l’étude faite au village fulani de Sambo Na’i (14°8 N et
0°3 E), situé près de Dori, dans la province du Seno.
La perception des sols, des points d’eau, de la végétation dont les dénominations renvoient
au taux de recouvrement végétal et aux espèces dominantes :
o Ceekol : marigot ;
Les deux exemples, donnés ici à titre illustratif, sont loin d’être des cas exceptionnels : les autres
régions du Burkina Faso en fournissent également.
Dans le cas des Moose, l’ex. AVV (Autorité des aménagements des vallées des Volta) avait édité un
calendrier grégorien, avec les mois en moore : toutes les dénominations des mois se référaient
explicitement au temps et à ses relations avec le cycle des activités agricoles, les caractéristiques et
les niveaux de la température, etc.
Dans le domaine de l’artisanat d’art, sont nombreuses les études et les recherches (C. Kéré : 2010,
H. Hien : 2010, D. Ido : 2010, M. Ido : 2010) qui ont montré que, dans les régions qui pratiquent
cette activité, des règles traditionnelles précises codifient celle-ci, en vue d’assurer la préservation
et la régénération des ligneux. Cette réglementation intervient pour les moments de prélèvement
des espèces d’arbres, les modes recommandés de prélèvement, la pratique des espèces interdites
et totémiques. Ainsi :
l’autorisation de faire les prélèvements est donnée pour la saison sèche, la saison hivernale
est interdite de tout prélèvement. L’autorisation de coupe part du mois de novembre et est
précédée de rituels autorisant la consommation du nouveau mil par les autorités
villageoises. La coupe du bois en hivernage entraînant la destruction des récoltes par les
vents, le contrevenant est convoqué et encourt une amende par la cour de justice
« Kondugu » en guise de réparation (Kéré, 2010) ;
de même, des intervalles assez longs (pouvant atteindre 40 ans dans certaines zones) sont
observés dans le cas du prélèvement de certains arbres intervenant dans la fabrication de
masques, de manière à permettre la régénérescence des espèces concernées ;
le mode de coupe prend en compte l’espacement des arbres (par exemple, un sur deux ou
trois), la taille et la capacité de régénération de l’arbre (les petits arbres sont épargnés et la
coupe laisse à l’arbre la possibilité de faire des repousses. Kéré (2010) nous rapporte la
manière dont l’artisan de l’ethnie samo s’assure que les autorités coutumières agréent la
coupe d’un arbre pour les masques : l’artisan implante sa hache dans l’arbre et rentre au
village. Le lendemain si la hache est toujours implantée dans l’arbre, cela signifie que ce
dernier accepte de se sacrifier. C’est seulement à ce moment-là qu’il est coupé. Dans le cas
contraire, le sculpteur ramasse sa hache et les autorités choisissent à nouveau un autre
arbre en respectant toujours la même procédure ;
enfin, des espèces sont pratiquement interdites de coupe : elles sont, dans la majorité des
cas, soit des espèces totémiques, mythiques dont un groupe social s’interdit toute coupe,
soit des espèces utilitaires intervenant dans le domaine alimentaire (consommation de
feuilles, fruits, graines, amandes) et/ou médical (écorces, feuilles, racines), dont
l’interdiction en permet la préservation et la perpétuation, soit encore des espèces situées
sur les sites sacrés, porteuses de l’esprit de protection de la collectivité et pouvant être des
lieux de refuge pour l’homme en cas de danger : pour la zone de Bobo-Dioulasso, l’annexe
2 nous en livre un tableau indicatif. Les arbres des lieux de cultes, de sacrifices, habitacles
des génies, relèvent naturellement de cette catégorie.
Au-delà des frontières du Burkina Faso, nous avons déjà noté la bibliographie générale de
Dominique Juhé-Beaulaton sur les références relatives aux trois pays du Bénin, du Burkina Faso et
du Togo. De même, bien d’autres auteurs ont réalisé des études et des recherches similaires pour
d’autres pays concernés par le projet de la muraille verte (Sénégal, Mali, Ghana, etc.).
Dans l’ensemble et comme cela a été dit, l’on constate que cette gestion de l’environnement, qui
part de l’identification des éléments, de leurs caractéristiques et de leurs symboliques, se réfère
aux grands axes d’organisation des sociétés, en vue de répondre à leurs besoins d’habitat, de
production de biens de subsistance ; tout en accordant à la dimension symbolique toute sa place
dans le rapport de l’homme à l’environnement.
Dans le contexte actuel de dégradation écologique accélérée nécessitant les actions énergiques de
réhabilitation de notre environnement, le paragraphe précédent, comme celui-ci, n’a aucun esprit
thuriféraire, tendant à ne voir que des aspects positifs dans les rapports homme/environnement
dans nos sociétés traditionnelles. Cependant, les mêmes présentations entendent également
s’élever contre les négations systématiques de l’existence de quelque rapport positif entre
l’homme de nos sociétés traditionnelles et son environnement.
C’est dans cette perspective de recherche que nous partageons ici les analyses critiques sur les
positions et stratégies de lutte contre la désertification et contre les effets des changements
climatiques qui négligent sinon excluent de prendre en compte le patrimoine de savoirs, de savoir-
faire et de savoir-être des populations africaines en rapport avec leur environnement : Guillaume
Lecuyer (sd), Philippe Méral, Denis Requier-Desjardins (2006) et Jacques Weber (1995) en font des
présentations suffisamment illustratives. Ici, référons-nous à la précaution prise par notre collègue
Bognounou dans une présentation de 1991 fort à propos : il a listé d’abord les critères d’efficacité
aujourd’hui reconnus en la matière et a ensuite invité le lecteur à apprécier les pratiques
traditionnelles en conséquence.
Les neuf critères, identifiés par le Regular Information System on Environment and Development
(RISED) et rapportés par Bognounou (1991 : 7), sont les suivants :
la préservation, dans les champs de culture, d’espèces à usages multiples : néré, Acacia
albida, karité ;
L’on peut alors s’étonner du grave état actuel de dégradation de notre environnement.
Les trois paragraphes qui suivent vont, le premier, confirmer l’image de forte dégradation à travers
l’historique des sécheresses, le deuxième, évaluer l’efficacité des formes traditionnelles de lutte
contre cette dégradation, le troisième, envisager les formes de collaboration nécessaire entre le
patrimoine endogène et les stratégies officielles.
La forte dégradation de l’environnement dans la zone sahélienne, dont fait partie le Burkina Faso,
peut être illustrée par la succession des sécheresses et des campagnes agricoles déficitaires dont
certaines études et recherches établissent le bilan. Dans le cas du Burkina Faso, deux sources
permettent d’établir la chronologie des grandes crises écologiques que représentent les
sécheresses :
La deuxième source, beaucoup plus récente, couvre tout le Burkina Faso et l’ensemble du
Sahel. Elle a été réalisée en 1986 par D. Steve Sepp : Réflexions sur l’arbre et les formations
ligneuses au Sahel burkinabè. Ministère de l’Environnement et du Tourisme. Division de
l’Environnement. Burkina Faso/GTZ.
11 ont été médiocres : 1909, 1910, 1911, 1921, 1928, 1947, 1956, 1961, 1968, 1969 (et ?) ;
13 ont été très mauvaises : 1914, 1926, 1929, 1930, 1934, 1940, 1941, 1942, 1970, 1971,
1972, 1973 (et ?).
Parmi ces 13 dernières, certaines ont été suivies de famines, particulièrement graves : 1914 et
1930.
Auparavant, les périodes de 1831-1834 et 1879-1901 auraient également été marquées par des
pénuries très graves, ce qui fit dire au géographe que « l’équilibre que le travail des champs, la paix
et les fluctuations des pluies instaurent entre les ressources et les besoins des populations a
toujours été précaire et souvent rompu » (page 7).
Selon les données livrées par l’auteur, les pénuries alimentaires n’ont pas toujours été causées par
le déficit pluviométrique, mais plus souvent par d’autres facteurs, tels les tornades violentes
(1913), les invasions acridiennes (1920 avec 80 % des récoltes perdues, 1930, 1933, 1941, 1942) ou
des chenilles (1930, 1966). Signalons également la non-prise en compte explicite du contexte
politique colonial de l’époque qui conduit l’auteur à évoquer une « économie agraire en sursis »,
dans cette sphère des « tropiques abandonnés », en proclamant « qu’il ne paraît plus temps de
songer à un développement possible du Yatenga, mais seulement de tenter de ralentir le processus
de dégradation des conditions de vie des paysans… » (page 65).
La deuxième source, l’étude de Steve, mentionne, entre le début du siècle et la période de 1986,
les périodes de sécheresse suivantes :
1911-1913 ;
1977-1985.
Comme on l’aura constaté, les crises écologiques, dont la sécheresse est l’une des manifestations
les plus préjudiciables à la vie des êtres vivants, dont l’homme, ne datent pas d’aujourd’hui, dans
l’écosystème régional sahélien. Quels rôles respectifs entre les facteurs anthropiques et ceux
abiotiques ?
Selon les spécialistes des études relatives à l’écosystème, les deux grands types intervenant dans
les modifications des écosystèmes sont les facteurs abiotiques et les facteurs biotiques, parmi
lesquels figurent ceux anthropiques, résultant des actions de l’homme. Par ailleurs, il conviendrait
de pouvoir définir les plus déterminants entre les facteurs abiotiques et anthropiques d’une part,
et d’autre part d’identifier les éléments qui composent les facteurs anthropiques et enfin de
rechercher parmi eux ceux qui sont les plus caractéristiques.
Dans le rapport facteurs abiotiques et facteurs anthropiques, Duvigneaud déclarait dès 1965 que
« La désertification est souvent le fait de l’homme et non celui du climat ; et on peut parler de faux
déserts lorsque l’aridité est le résultat d’une destruction des moyens d’irrigation, d’un
déboisement généralisé, ou de l’action des feux et des troupeaux ».
En réalité, rien n’est tranché puisque le problème est précisément de savoir, dans une situation
donnée, quelle est la part de l’homme et quelle est celle du climat. La question mérite d’autant
plus d’être posée qu’hier comme aujourd’hui, nous constatons qu’à des saisons déficitaires
succèdent des saisons excédentaires avec abondance de récoltes, alors que, dans le laps de temps,
il est difficile d’identifier des changements importants dans le comportement des hommes.
Toutefois, nous sommes d’accord avec notre collègue Bognounou et d’autres chercheurs pour dire
que, dans nos écosystèmes, l’homme demeure l’animal le plus doué de raison, capable donc de
forger son devenir en domptant les contrariétés de la nature, il lui appartient toujours de trouver
et d’imaginer les mesures correctives face à la dégradation de son environnement.
Aussi convient-il d’examiner celles de ses actions qui détruisent cet environnement. Selon les
synthèses les plus récentes sur le sujet (E. G. Bonkoungou, 1985, cité par Bognounou, 1989), les
quatre grandes causes de dégradations écologiques au Burkina Faso sont :
le surpâturage ;
À ces facteurs, le Plan national de lutte contre la désertification, élaboré en 1986, a ajouté le
phénomène migratoire, en raison des densités particulièrement élevées dans certaines régions,
des départs forcés massifs qui en résultent, suivis de leurs effets dans les régions d’accueil.
Cependant, lorsqu’on sait que ce qui, dans les zones d’accueil, agresse le plus l’écologie, est
constitué par les activités agricoles et pastorales, l’on peut inclure ce nouvel élément dans les
défrichements agricoles et dans le surpâturage.
– Pour les défrichements agricoles : selon l’étude de Bonkoungou (1985), bien que l’ensemble des
terres mises en culture ne représentent qu’environ un tiers des 9 millions d’hectares arables du
pays, les possibilités d’extension des terres cultivées sont en réalité très limitées dans certaines
régions, en raison de la médiocre qualité des sols, de la faible disponibilité des ressources en eau,
d’un taux déjà trop élevé d’occupation du sol, ce qui amène à défricher même des zones
marginales très fragiles. Aussi, selon cet auteur, qui arrête le seuil maximum d’occupation des sols
à 40/km2 en raison des conditions actuelles générales de la production (qualité des sols et niveau
technologique), la surface agricole utile se rétrécit de plus en plus. Dans le même sens, la carte
mondiale de la désertification (Unep/FAO/Unesco/WHO) de 1977 classe ainsi une bonne partie du
Burkina Faso dans les zones à risque de désertification élevé.
Sur ce même plan, la dégradation accélérée des galeries forestières, véritable réserve de « château
d’eau » du pays, par une occupation anarchique des migrants ou des éleveurs, pourrait constituer
un danger aux conséquences incalculables.
– Pour la crise énergétique du bois de chauffe : elle est de plus en plus accentuée en raison surtout
du rythme d’urbanisation accélérée (environ 10 à 20 % depuis 1985), de l’augmentation globale de
la population (2,67 % depuis 1985), des faibles possibilités de recours aux énergies nouvelles et
renouvelables (gaz), face à une productivité jugée faible du matériel ligneux (0,92 m 3/ha/an et 0,31
à 1,66 m3/ha/an respectivement par la savane arbustive et la savane arborée, lesquelles
constituent l’essentiel de notre couvert végétal national).
Au niveau du budget des ménages, le coût des dépenses énergétiques absorbe presque la moitié
des dépenses familiales, ce qui a fait dire à un observateur qu’il faut souvent « dépenser autant,
sinon plus, pour faire bouillir la marmite que pour la remplir » ! (J. Kellermann, cité par
Bognounou, 1989 : 35).
– Pour le surpâturage : dans le pays, la superficie des terres à vocation pastorale est estimée à 13
millions d’hectares. Cependant, les conditions de l’élevage extensif, auxquelles s’ajoutent les
sécheresses fréquentes, suscitent un rythme de dégradation assez inquiétant de ces terres
pastorales.
– Enfin les feux de brousse : bien que les premières mesures de leur réglementation, sinon de leur
interdiction, datent de 1935, et malgré la vive réactivation de ces mesures par la proclamation des
trois luttes de 1985, les feux continuent de décimer régulièrement le couvert herbacé et ligneux de
nos campagnes, à des époques de l’année où ils les consument sans restriction.
Au total, entre les facteurs abiotiques et anthropiques, la place déterminante sera toujours un
sujet à controverse. Toutefois, convenons que c’est à l’homme, l’animal doué de raison et de
capacités d’agir, comme l’ont exprimé d’autres auteurs cités plus haut, de trouver et d’imaginer les
mesures correctives face à la dégradation de son environnement.
Nombreuses sont les études et les analyses qui constatent et regrettent que, sur le terrain des
acteurs intervenant dans la lutte contre la dégradation de l’environnement, subsistent une
distance, une non-collaboration entre le patrimoine endogène des populations et les stratégies
officielles menées notamment par les services étatiques. Pourtant on constate que des similitudes
existent entre les préoccupations et même les éléments de stratégies, sur plusieurs plans, comme
le note Kéré dans son étude sur la région de Bobo-Dioulasso (2010) :
au niveau des espèces interdites : des similitudes sont manifestes entre les espèces
identifiées par les prescriptions traditionnelles et les listes des agents forestiers étatiques
et auraient pu faire l’objet d’une articulation à travers un protocole commun de protection
réciproque : l’annexe 3 en donne un tableau illustratif.
les moments de prélèvement chez les artisans et les périodes de délivrance de permis de
coupe chez les forestiers se retrouvent être la même période : la saison sèche. La saison
hivernale est interdite de prélèvement des deux côtés.
les bosquets sacrés, pratiquement régis de la même manière que les forêts classées,
peuvent bénéficier également de la protection des forestiers.
la prise en compte des spécificités des zones par le code forestier reposant sur une
généralité, vu qu’elles ne vivent pas toutes les mêmes réalités. L’esprit de décentralisation
de plus en plus poussé au Burkina Faso constitue une aubaine pour les administrations
provinciales et les collectivités locales pour accompagner cette combinaison.
Certes, les attitudes de méfiance, voire de rejet de collaboration sont partagées entre les deux
catégories d’agents, entre les deux ordres de protection de l’environnement : du côté des
populations, la référence à l’immuabilité de la coutume est souvent évoquée, comme l’atteste ce
propos d’un artisan de 45 ans apporté par Kéré : « Tu vois, chez nous c’est une question de
coutume, on fait des sacrifices. Je ne pense donc pas qu’on puisse articuler les deux » ; pour les
agents de l’administration publique, l’ignorance, réelle ou feinte du patrimoine endogène existe
certes, comme en témoigne ce propos d’un responsable provincial de l’environnement de la même
région : « Du point de vue officiel, nous ignorons l’existence de connaissances traditionnelles des
artisans en matière de gestion de ligneux » (ibid.). Toutefois, ces attitudes relèvent davantage de
positionnements idéologiques d’un système à la fois de pensées et de gouvernance sociale, dont
plusieurs auteurs ont fait l’analyse critique : Saidou Sanou et Albert Sanon (2003 : 23), Doti Bruno
Sanou (2005 : 47) à partir des constatations faites sur la région de Bobo-Dioulasso, Yamba Bidima
(1996) pour la zone lobi.
Hors du Burkina Faso, les analyses de Bernard Bonnet (1999) centrées sur les capacités locales, de
Weber (1995) qui oppose la notion de « développement viable » à celle de « développement
durable », de Lecuyer (sd) qui critique les qualificatifs de « modernes » et de « traditionnelles »
rejoignent les mêmes préoccupations.
Au total, la perspective du « Projet majeur africain de la grande muraille verte » devrait pouvoir
réussir à susciter, encourager et soutenir hardiment une synergie d’action collaborative entre les
acteurs des traditions africaines de protection de l’environnement et les agents officiels en charge
de cette préoccupation.
Dans le principe, il convient de dépasser les fausses oppositions entre « tradition » et
« modernité », car, comme le confirme Georges Balandier (1974 : 210) : « la tradition intervient
dans le façonnage du présent, elle contribue à la réalisation de nouvelles combinatoires sociales et
culturelles. Ce qui conduit à constater que toute modernité fait apparaître des figurations
associant ‘‘traits” moderne et traditionnel. La relation entre ceux-ci n’est pas dichotomique mais
dialectique ».
Au plan des résultats attendus, la mise en commun des idées, des stratégies et des moyens à
déployer (matériels, humains, financiers, logistiques, etc.) ne peut que rendre plus crédibles et
acceptables les actions dans ce domaine, encourager la participation active des populations et faire
partager à tous les retombées bénéfiques.
Au demeurant, la plupart des pays situés dans cette future « ceinture verte » réalisent déjà une
expérience avancée de la décentralisation, comportant des transferts de compétences et de
ressources, appuyés par des cadres stratégiques de développement décidés au niveau central :
c’est le cas au Burkina Faso, avec la « Stratégie de croissance accélérée et de développement
durable (Scadd) ». Cette nouvelle approche de la protection de l’environnement, soutenue par une
présence vigilante du pouvoir central pour prévenir et corriger à temps les dérives éventuelles de
certains pouvoirs locaux, viendra renforcer encore plus les avantages de cette décentralisation.
Pour paraphraser Jean-Marie Breton dans sa recherche sur les aires protégées, ce sera
l’opportunité pour prévenir « l’illusion d’un développement univoque » et réaliser une « gestion
participative et décentralisée » du patrimoine écologique.
Conclusion
Les cinquante ans de « capitalisation » évoqués par les documents du Projet de la Grande Muraille
Verte doivent pouvoir établir un état des réserves de patrimoine de gestion endogène des
écosystèmes par les sociétés africaines : la présente communication en est une contribution.
Les composantes de ce patrimoine ici évoquées n’en épuisent certainement pas le riche répertoire
de l’ensemble des pays et des sociétés qui composent la zone de la Grande Muraille Verte.
Toutefois, elles y participent et, au-delà des évocations rapides d’éléments d’autres contextes
sociétaux et nationaux, leurs similitudes et proximités avec les contextes ici non mentionnés
devraient permettre les ajustements nécessaires.
Une partie importante de la zone concernée par le projet se trouve effectivement dans un état de
dégradation écologique suffisamment avancé et les effets des changements climatiques
intervenant depuis les dernières décennies en aggravent et précarisent davantage les conditions de
production et de vie des populations.
Aussi, dans les stratégies de réalisation effective du projet de la grande muraille verte, la prise en
compte de ce patrimoine par celles-ci donnera-t-elle au projet des bases plus sociologiques à son
ancrage dans les sociétés africaines, facilitera son acceptation par celles-ci, les motivera davantage
pour une participation consciente, effective et efficace et contribuera à un développement plus
viable, plus durable et mieux partagé.
Annexes
Annexe 1
Dénomination des types de sols, description des terrains et espèces de végétation dominante
(Extraits d’une étude du Patecore).
Annexe 2
Liste des espèces interdites par les groupes ethniques des artisans.
Note **
Source : Kéré, 2010
Annexe 3
Récapitulatif des espèces interdites communes aux prescriptions coutumières et aux services
forestiers.
L’auteur du tableau note que cette liste n’est pas exhaustive, dans la mesure où certaines espèces
(Tinfourou, Gwéwé et Gnini en langue bobo) n’ont pas pu avoir de correspondance en nom
scientifique.
Source : Kéré, 2010
Bibliographie
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- 2006 : « Inventaire, état de la régénération et domestication des espèces ligneuses utilisées dans
l’artisanat d’art dans l’Ouest du Burkina Faso », Rapport de stage de terrain, Département de
Sociologie, Année de Licence, Université de Ouagadougou, 2005-2006, 63 p., multigr
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1995, 21 pages, multigr
Notes de fin
*Espèces couramment utilisées dans l’artisanat [Ouétian Bognounou, Yamba Bidima (1996), Saidou
Sanou, Albert Sanon (2004), Ouétian Bognounou et Jean Baptiste Ouédraogo (2004) en
complément de nos notes de terrain]. Précisons que cette liste n’est pas exhaustive.
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*Espèces couramment utilisées dans l’artisanat [Ouétian Bognounou, Yamba Bidima (1996), Saidou
Sanou, Albert Sanon (2004), Ouétian Bognounou et Jean Baptiste Ouédraogo (2004) en
complément de nos notes de terrain]. Précisons que cette liste n’est pas exhaustive.
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