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Audit et Systèmes de Contrôle en Entreprise

Le document présente une analyse approfondie des systèmes de contrôle internes et externes, en mettant l'accent sur l'audit comme un outil essentiel pour garantir la performance et la conformité des opérations d'une entreprise. Il décrit l'évolution historique de l'audit, ses différentes qualifications selon les objectifs, domaines et intervenants, ainsi que les compétences requises pour les auditeurs. Enfin, il souligne l'importance d'un code de déontologie et des normes professionnelles pour assurer l'intégrité et l'objectivité des missions d'audit.

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Audit et Systèmes de Contrôle en Entreprise

Le document présente une analyse approfondie des systèmes de contrôle internes et externes, en mettant l'accent sur l'audit comme un outil essentiel pour garantir la performance et la conformité des opérations d'une entreprise. Il décrit l'évolution historique de l'audit, ses différentes qualifications selon les objectifs, domaines et intervenants, ainsi que les compétences requises pour les auditeurs. Enfin, il souligne l'importance d'un code de déontologie et des normes professionnelles pour assurer l'intégrité et l'objectivité des missions d'audit.

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

ELABORE PAR: Dr. MOKRANI

Première Partie

Introduction

Face aux évolutions socio-économiques et technologiques, aboutissant à


un environnement instable, caractérisé par une concurrence acharnée, une rude
compétition et une obsolescence (parfois rapide) des compétences. Ce qui a
poussé les organisations et organes de contrôle à s’adapter et adopter des
approches plus cohérentes et efficientes, sous formes de différents systèmes de
contrôle afin de garantir la pérennité de leurs affaires et d’assurer un degré
d’atteinte des objectifs organisationnels et autres.

Ces systèmes de contrôle peuvent êtres internes ou externes.

1
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

CARTOGRAPHIE DES SYSTEMES DE CONTRÖLE

Systèmes de contrôle Interne Systèmes de contrôle Externe

Comité d’Audit Contrôles Institutionnels


Cours des Comptes
Dispositif du C.I. Inspection Gle Finances
L’ENTREPRISE Contrôle Parlementaire
Contrôle de Gestion
Contrôles Indépendants
Contrôle budgétaire
Contrôle Légal: C.A.C.
Audit Interne Contrôle Contractuel:
Audit Interne Financier Expertise et/ou Consulting
Audit Opérationnel

[Link] 5

I- Systèmes de contrôle internes à l’entreprise

1) L’audit :

L’audit a pour mission de fournir une opinion sur le degré de maîtrise des
opérations de l’entreprise, lui apporte ses conseils pour les améliorer et
contribuer à créer de la valeur ajoutée et atteindre ainsi ses objectifs.
Le choix d’un tel dispositif vise à garantir la qualité de l’organisation à
travers la performance, soit le degré d’accomplissement des buts, des objectifs
ou des programmes que s’est données cette organisation.

Section 1 : Audit et auditeur :

1- Evolution historique de l’audit

Le mot audit provient du verbe latin « audire », c'est-à-dire « écouter ».


A partir du moyen âge, la coutume se forme de s’assurer de la conformité
des transactions en les faisant enregistrer par deux responsables différents et l’on
assiste à la mise en place progressive de procédures comptables et de contrôle
plus élaborées.
Depuis plus d’un siècle, l’avènement de l’ère industrielle, l’évolution
rapide de l’économie de marché, le développement de l’actionnariat des sociétés
anonymes et des prescriptions légales concernant l’information financière
fournie par les sociétés, ont nécessité ou justifié le recours à des réviseurs,
vérificateurs et certificateurs indépendants ou auditeurs pour l’appréciation,
d’abord de la fiabilité des documents comptables et des informations fournies en
2
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

vue de leur approbation, ensuite pour l’appréciation du système de maîtrise


interne de l’entreprise, et enfin, pour juger des performances.
Les activités d’audit se sont d’abord structurées au Royaume Unis, puis
assez rapidement en Amérique du Nord. Cette situation de « précurseur » s’est
maintenue avec le développement industriel de ces deux parties du monde.
Les cabinets d’audit étaient fortement structurés, appliquaient avec compétence
et indépendance une méthodologie et des techniques d’audit, et ont su
rapidement se faire apprécier des entreprises et lancer la mode du mot « audit ».

2- Définitions de l’audit
L’Association Américaine de Comptabilité (AAA) (A Statement of Basic
Auditing Concepts 1973) donne une définition de l’audit, qui est la suivante :

« L’audit est le processus qui consiste à réunir et à évaluer de manière


objective et systématique les preuves relatives aux assertions visant les faits et
événements économiques, de manière à garantir la correspondance entre ces
assertions et les critères admis, et à communiquer le résultat de ces
investigations aux utilisateurs intéressés. »

En d’autres termes, l’audit est un examen, mené par un professionnel


indépendant, en vue de donner, sur l’objet examiné, une opinion sur la
concordance de cet objet avec le référentiel applicable.

Les cabinets d’audit commencèrent à diversifier leurs catalogues de


produits à partir des années 1970.
Aujourd’hui bien que le mot d’audit soit utilisé pour désigner des
missions forts différentes, il est néanmoins possible de qualifier les audits selon :
- Leurs objectifs,
- Leurs domaines,
- L’entité étudiée,
- Les intervenants.

3-1- Qualification de l’audit en fonction de l’objectif de la mission


L’audit peut avoir quatre objectifs :
- Certifier que les comptes annuels ou consolidés donnent une image
fidèle ;
- Etudier tout ou partie des comptes annuels ou consolidés ;
- Porter un jugement
- Améliorer les performances de l’entité auditée.

3-1-1- Audit financier conduisant à la certification et l’audit légal

3
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

L’audit financier conduisant à la certification fait partie de l’audit légal


confié aux commissaires aux comptes.
« Une mission d’audit des états financiers a pour objectif de permettre à
l’auditeur d’exprimer une opinion selon laquelle les états financiers ont
été établis, dans tous leurs aspects significatifs, conformément à un
référentiel comptable identifié. Pour exprimer cette opinion, l’auditeur
emploiera la formule ‘donne une image fidèle’ ou ‘présente sincèrement’,
dans tous leurs ‘aspects significatifs’, qui sont des expressions
équivalentes. ».
En d’autres termes, l’audit légal a pour but de vérifier la bonne
transcription en langage comptable des opérations de l’entreprise auditée.
L'expression audit financier peut néanmoins être employée pour désigner
de nombreuses autres missions d'analyse des processus comptables et des
états financiers d'une entité.

3-1-2- Audit opérationnel


L’audit opérationnel contrôle l’orthodoxie et la pertinence des procédures,
leur fonctionnement et les points nécessitant une amélioration. Les
missions sont prioritairement orientées vers les activités, les opérations et
les unités qui présentent les risques les plus importants, plusieurs
catégories d’audit lui sont assignées :

3-1-2-1- Audit de conformité ou de régularité


L’audit de conformité a pour objectif l’évaluation de la bonne
application des politiques, instructions et règles en vigueur, et la
conformité des directives données et des actions avec les dispositions
légales et réglementaires. Il est souvent le plus souvent associé à
l’audit opérationnel.

3-1-2-2- Audit de performance


L’audit de performance englobe à la fois les notions d’efficacité et
d’efficience, mais le vocable « audit d’efficacité » est maintenant
entré dans la pratique et le langage. L’audit de performance a pour
objet de d’assurer que les objectifs fixés sont atteints dans les
meilleurs conditions, il est essentiellement tourné vers l’amélioration,
donc vers l’action.
3-1-2-3- Audit management
Son champ d’application est encore en plein développement, et est
pour les acteurs objet de recherche, de tentatives, d’innovations dans
un secteur où la terminologie n’est pas encore fixée. Permet de
vérifier l'adéquation du management (politique) du domaine
considéré avec la stratégie de l'entreprise, et de sa mise en œuvre.
Pour réaliser ce type d'audit, l'auditeur doit avoir une expérience du
management, c'est à dire savoir raisonner et agir en manager.
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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

3-1-2-3- Audit stratégique


L’audit stratégique est considéré comme le stade ultime du
développement de la fonction d’audit. Il a pour objet d’évaluer la
pertinence des orientations de gestion, de l’efficacité de la direction,
de la gestion des équipes placées à la tête des services audités et de
l’adéquation des orientations et politiques pratiquées pour vérifier la
cohérence (stratégie) globale.

3-2- Qualification de l’audit en fonction du domaine d’investigation de la


mission
L’évolution des besoins des entreprises a induit et a conduit des auditeurs
d’origine comptable et des personnes venues d’horizon différentes (avocats,
ingénieurs, informaticiens,…) à se spécialiser, afin de proposer un service
complet dans des domaines et activités particulières.
Exemple :
- Audit des sites web ;
- Audit environnemental ;
- Audit social ,…etc.

3-3- Qualification de l’audit en fonction de l’intervenant


3-3-1- Auditeur interne
L’auditeur interne a un statut de salarié, il a pour mission l’examen et
l’évaluation des activités de l’organisation qui l’emploi. Son objectif est
d’aider les membres de l’organisation à exercer efficacement leurs
responsabilités en fournissant des analyses, des appréciations, des
recommandations, des conseils et des informations sur les activités
examinées.

3-3-2- Auditeur légal / Contrôleur légal/ Commissaire aux comptes


Seul un commissaire aux comptes peut exercer la mission de certification
de l’image fidèle des comptes, prévue par la loi sur les sociétés
commerciales par l’ordonnance no 69-107 du 31/12/1969, portant loi des
finances 1970.
Le commissaire aux comptes n’a pas droit de tenir la comptabilité du
client, ni de donner des conseils en fiscalité, ni de s’immiscer dans la
gestion du client, mais peut être commissaire aux comptes chez
l’entreprise X, auditeur contractuel ou expert comptable de l’entreprise B.

3-3-3- Auditeur contractuel


L’auditeur contractuel mène des missions dans le cadre d’un contrat qui le
lie à l’entité auditée. Quatre raisons peuvent être à l’origine d’une mission
contractuelle :

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

- L’auditeur contractuel jouit d’une compétence particulièrement


adaptée à une mission bien précise.
- L’entité a besoin d’une signature qui jouit d’un prestige particulier,
et ainsi donner une meilleure image aux partenaires.
- Mission particulière de contrôle exigée par un tiers (exemple : audit
bancaire à l’occasion de l’octroi d’un prêt).

4- Utilité de l’audit

L'audit n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour servir à plusieurs
parties utilisatrices des états financiers audités.

Autrement dit, l'audit recherche les sécurités nécessaires concernant la


qualité, l'exhaustivité et la fiabilité des informations pour que le contenu des ces
états financiers serve de bonne base aux différents utilisateurs, comme le
synthétise le schéma suivant:

L’Entreprise Les Utilisateurs


Produit :
Direction de l’Entreprise (CA)
Le Bilan Investisseurs (Actionnaires) Actuels/Potentiels
Le Compte de Résultat Banques & Etablissements Financiers
Le TFT Administration Fiscale
Le TVCP Bourse des VMP
L’Annexe Syndicat(s)
Tiers (Fournisseurs, Clients …)
Partenaires,
Autres Parties Prenantes

L’Audit
Le C.A.C.
L’Expert Comptable

Avec la propagation de modes de direction et de coordination, qui par cela


la hiérarchie d’une entreprise n’intervient que par des procédures et délégation à
des cadres intermédiaires et non par supervision directe des actions, c'est-à-dire,
que la hiérarchie s’est libéré de la charge du fonctionnement courant. Cela peut
être une source de risque.
En effet, si ces procédures sont inadéquates dans leur conception, un retard pris
dans son adaptation au changement ou même un décalage entre la pratique réelle

6
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

et la pratique prévue, cela peut causer des déviations dont la hiérarchie ne


prendra conscience qu’avec retard et des dommages.
Ainsi, la nécessité de l’audit se fera sentir afin de :
- Vérifier que l’entreprise produit bien les effets attendus ;
- Vérifier que les systèmes d’information des données réelles et de données
adéquats pour les besoins de leurs utilisateurs ;
- Identifier les faiblesses significatives des contrôles
- Conseiller le management sur les mesures à implémenter et limier les
risques au niveau du fonctionnement de l’entreprise
- Fournir au management l'assurance que les objectifs de contrôle relevant
sont atteints

5- Compétences de l’auditeur

L’auditeur opère dans un environnement de retenue, d’hostilité plus ou moins


grande de la part de dirigeants et responsables, qui n’acceptent ‘le contrôle’ que
dans la mesure où ce dernier apporte amélioration et une plus grande satisfaction
du travail au moindre coût.
Ainsi, l’auditeur devra être capable de juger :
- La façon dont sont mises en œuvre les activités de réalisation du
processus/système1.
- La façon dont les activités d’animation du processus sont mises en œuvre2
.

Pour répondre à ces exigences, l’auditeur devra acquérir des compétences de


plusieurs ordres :
➢ Qualités personnelles
L’expérience montre que les éléments de personnalité d’un auditeur font
partie de la qualité de ses compétences. Elles correspondent souvent à des
dispositions liées au caractère personnel de l’auditeur.

➢ Connaissance et aptitudes générales des auditeurs3


Concernent principalement les techniques d’audit, la connaissance des
textes de référence et la capacité de l’auditeur à réaliser efficacement son
travail.

➢ Connaissance et aptitudes générales des responsables d’équipe d’audit


Concernent l’aptitude à manager une équipe d’audit et donc à assurer la
réalisation d’une mission d’audit d’une importance certaine.

2
D’où la nécessité d’une expérience en management.
3
Constituent les caractéristiques inhérentes à la fonction.
7
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

6- Code de déontologie de l’audit


C’est l’ensemble des principes applicable à la profession et à la pratique de
l’audit interne ou externe.

6-1- Le Code de Déontologie


Le Code de Déontologie a pour but de :
- Promouvoir une culture de l’éthique au sein de la profession concernée.
- Guider la réflexion de chaque auditeur et fournir la trame du Code de
Déontologie à mettre en place
- Fournir aux professionnels les principes leur permettant de guider leur
pratique dans le contexte particulier qui est le leur
- Expliciter et illustrer les notions d’indépendance et d’objectivité
- Témoigner du niveau élevé d’intégrité de l’audit interne/externe
- Contribuer à la qualité des résultats de l’audit en rappelant l’exigence de
confidentialité et de compétence.

6-2- Normes d’exercice professionnelles


Les règles de conduite décrivant le comportement attendu des auditeurs sont :

➢ Intégrité
Les auditeurs doivent accomplir une mission avec honnêteté, diligence et
responsabilité. Ils ne doivent pas prendre part à des activités illégales ou
s’engager dans des actes déshonorants pour la profession d’audit.
L’intégrité est à la base de la confiance et de la crédibilité accordées à leur
jugement.
➢ Objectivité
Les auditeurs ne doivent pas prendre part à des activités ou établir des
relations qui pourraient compromettre le caractère impartial de leur
jugement.
➢ Confidentialité
Les auditeurs doivent utiliser avec prudence et protéger les informations
recueillies dans le cadre de leur mission et ne doivent pas utiliser ces
informations pour en retirer un bénéfice personnel, qui porterait préjudice
aux objectifs d’éthiques
➢ Compétence
Les auditeurs ne doivent s’engager que dans des travaux pour lesquels ils
ont les connaissances, le savoir faire et l’expérience nécessaires en
respectant les normes pour la pratique professionnelle de l’audit

7- Relations entre les domaines de l’audit et le statut de l’auditeur


Pour déterminer les relations établies entre les domaines principaux de l’audit et
le statut du professionnel mandaté, on peut s’appuyer sur deux critères :
8
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

- L’objectif poursuivi par l’auditeur ;


- Position de l’auditeur par rapport à l’entité auditée.

Tableau 1 : Relation entre les domaines d’audit et le statut de l’auditeur

Audit externe Audit interne Audit de performance

En raison de L’auditeur interne Peut être mené, suivant les cas, par
l’objectif occupe une fonction un service de l’entreprise, soit par
poursuivis, rattachée à la direction un professionnel indépendant.
l’auditeur externe générale, de façon à Dans les deux cas, l’auditeur doit
doit être assurer son être entièrement indépendant de la
entièrement indépendance vis-à-vis direction générale de l’entreprise
indépendant de d’autres structures de auditée.
l’entreprise auditée. l’entreprise.

L'audit est une discipline bien ancienne qui a connu une évolution
importante. Limité au départ à l'appréciation des informations comptables et
financières, il couvre actuellement un champ de plus en plus vaste qui touche
différents domaines de la gestion de l'entreprise, et différents secteurs de
l'économie qu'ils soient marchands ou non marchands. Il est en passe de devenir
un outil fondamental d’aide à la gestion et au pilotage des organisations.

De manière générale, il peut être défini comme la vérification de


l'information comptable et financière et/ou de gestion par une personne
indépendante et compétente suivant une démarche spécifique et par référence à
des normes préétablies.

Actuellement, nous assistons à une grande diversité dans la pratique de l'audit:


• Au niveau des formes, une distinction peut être faite entre audit comptable
et financier, audit de management, audit de la qualité, audit social, audit
global etc.
• Au niveau des intervenants, nous pouvons distinguer entre auditeurs
internes et auditeurs externes.
• Enfin, au niveau du domaine d’investigation et du champ d'application,
nous pouvons remarquer l'extension de la pratique d'audit du secteur privé
au secteur public.

Ainsi, nous pouvons dire que l’audit a montré ses vertus dans différents
domaines de l’entreprise y compris le volet social.

Le jugement exercé par le professionnel au cours de l’audit a une


incidence directe sur le traitement d’un dossier. La détention, la mise en œuvre
9
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

d’un bon sens large qui permet la compréhension, l’assimilation des problèmes
et de leur trouver une solution. C’est ce qui est le plus apprécié par le client.

Les auditeurs sont assujettis au code de déontologie, qui est une


déclaration de l'ensemble des valeurs et des principes qui doivent les guider dans
leur travail de tous les jours. Il a pour but de promouvoir une culture de l’éthique
au sein de la profession d’audit
Le Code de Déontologie est aussi associé au « Cadre de Référence des
Pratiques Professionnelles»
Les normes d’exercice professionnelles sont un ensemble de règles
obligatoires que les membres de la profession ou de l’organisme qui a établi ce
corps de règles, sont tenus d’appliquer. Il s’agit de « bonnes pratiques » qui
régissent les principes et les conditions d’exécution des missions qui guident
l’adaptation de l’auditeur aux termes et conditions de chaque mission et aux
difficultés éventuelles d’exécution.
L’application des normes d’exercice professionnel est indissociable du
respect des principes fondamentaux de comportement et des dispositions du
code de déontologie professionnelle

A voir un U tiliser D onner I nformer T ravailler


objectif rigoureusement envie de en groupe
précis la méthodologie progresser

Deuxième partie :

Le contrôle interne
1- Bref historique:
La notion de contrôle interne est aussi vieille que la notion de
comptabilité, mais on peut déclarer au départ que le Contrôle Interne n'a
vu le jour qu'après la révolution industrielle, bien qu'il y'a eu quelques

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

procédures de Contrôle Interne même pendant les plus vielles


civilisations humaines.
✓ A l'époque des Sumériens: le contrôle par recoupement
(comparaison de l'information prévenant de deux sources
d'enregistrement indépendantes l'une de l'autre). Par exemple, on vérifiait
que le nombre de sacs de grains entrés en magasin correspondait aux
sacs livrés par les fermiers.
✓ A l'époque des Romains: de plus le contrôle par recoupement on
reconnaît une autre procédure importante, celle de la division des
responsabilités, c'est-à-dire l'autorisation des dépenses et des impôts
étaient de la responsabilité du SENAT par contre les fonds étaient de la
responsabilité des questeurs et sous leurs contrôle.
✓ Pendant le moyen âge: Lucas PACIOLLI avait introduit dans son
bookleet le principe de la partie double en 1495, ensuite il a insiste sur la
nécessité d'entreprendre un inventaire physique comme moyen de
Contrôle Interne.
2- Nécessité de contrôle interne:
Comme mentionné auparavant, le terme contrôle était synonyme au
terme audit, donc le besoin qui s'est fait sentir pour l'un est valable pour
l'autre, mais on peut ajouter pour le contrôle interne les deux éléments
suivants:
✓ Taille d'entreprise: dès le XX° siècle, la notion de délégation de
pouvoir a pris de l'ampleur du fait même de l'évolution de la taille de
l'entreprise. Cette délégation de pouvoir de plus en plus accrue a poussé
le(s) dirigeant(s) à chercher un moyen pour s'informer, se satisfaire du
bon déroulement de ses (leurs) instructions et à prendre des mesures de
contrôle sous forme de rapport d'activité par exemple et ce ci ne peut s'y
faire que par la mise en place et en œuvre d'un système de contrôle
interne.
✓ Changement de la méthode d'audit: de la méthode exhaustive à
la méthode statistique qui se base sur l'échantillonnage. Cette méthode
repose sur plusieurs critères de choix des tests, parmi ces critères
reconnus par la profession en général, c'est l'appréciation du système de
contrôle interne mis en place et en œuvre par l'entreprise pour permettre
à l'auditeur d'orienter ses investigations, de limiter ses tests et de
déterminer même la nature des procédures d'audit à achever.
3- Définition:
3-1- Evolution des définitions:

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Dés le début de l'évolution du contrôle interne, son objectif principal


était de sauvegarder les fonds en premier lieu, puis cet objectif s'est
étendu à d'autres éléments de l'actif.
En second lieu, le contrôle interne avait un autre objectif qui est
d'assurer la fiabilité de l'information comptable et c'est ainsi que le
contrôle interne a été défini comme:
« Le contrôle interne est formé de l'ensemble des procédures
mises en place pour sauvegarder le patrimoine de l'entreprise et assurer
la fiabilité de l'information comptable ».
Puis le contrôle interne s'est évolué, ses objectifs et ses définitions
ont évolué aussi. On peut retenir ici les quatre définitions relativement
récentes qui sont celles des organisations professionnelles.
3-2- Définition:
✓ AICPA: American institute of certified public accountants de 1949:
le contrôle interne comprend le plan d'organisation et l'ensemble
coordonnée des méthodes, des mesures et des procédures adoptées à
l'intérieur d'une entreprise pour sauvegarder ses actifs, contrôler la
précision et la fiabilité des informations comptables, promouvoir
l'efficience opérationnelle et le respect des politiques définies par la
direction.
✓ OECCA: organisation des experts comptables et comptables
agréés de 1977: le CI est l'ensemble des sécurités contribuant à la
maîtrise de l'entreprise. Il a pour but d'un côté d'assurer la protection et
la sauvegarde du patrimoine et la qualité des informations, de l'autre
l'application des instructions de la direction et de favoriser m'amélioration
des performances. Il se manifeste par l'organisation, les méthodes et
procédures de chacune des activités de l'entreprise pour maintenir la
pérennité de celle-ci.
✓ CNCC: compagnie national des commissaires aux comptes de
1984: le CI est constitué par l'ensemble des mesures de contrôle
comptable et autre que la direction définie applique et surveille sous sa
responsabilité afin d'assurer.
- La protection du patrimoine.
- La régularité et la sincérité des enregistrements comptables et des
comptes annuels qui en résulte.
- La conduite ordonné et efficace des opérations de l'entreprise.
- La conformité des décisions avec la politique de la direction.
✓ IIA: The institute of internal auditors 1999:

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

« Le contrôle interne est un dispositif de la société, défini et mis en


oeuvre sous sa responsabilité.
Il comprend un ensemble de moyens, de comportements, de
procédures et d'actions adaptés aux caractéristiques propres de
chaque société qui contribue à la maîtrise de ses activités, à
l'efficacité de ses opérations et à l'utilisation efficiente de ses
ressources. Le contrôle interne doit permettre de prendre en compte
de manière appropriée les risques significatifs, qu'ils soient
opérationnels, financiers ou de conformité. »
Cette définition est en effet formulé par l'IIA est traduite et adoptée
par l'IFACI institut français des auditeurs et consultants internes.
✓ Committee of Sponsoring Organization of the Treadway
Commission (COSO)
« Eléments de l'organisation (incluant ressources, systèmes,
procédés, culture et taches) qui, mi-ensembles, aident à atteindre les
objectifs.

4- Les acteurs du contrôle interne

Tous les membres du personnel ont une responsabilité, plus ou moins


grande, en matière de Contrôle Interne. Il est l'affaire de tous, des organes
de gouvernance à l'ensemble des collaborateurs de la société.

Cependant, seule les personnes appartenant à l'entreprise font partie du


système de Contrôle Interne car elles contribuent chacune à sa façon à
l'efficacité du système. Les tiers peuvent également jouer un rôle dans la
réalisation des objectifs de l'organisation, mais le simple fait de contribuer
directement ou indirectement à la réalisation des objectifs n'implique pas
qu'ils font partie du système de Contrôle Interne.

4-1- Le Conseil d'Administration ou de Surveillance

Le niveau d'implication des Conseils d'Administration ou de Surveillance


en matière de Contrôle Interne varie d'une société à l'autre.

Il appartient à la Direction Générale ou au Directoire de rendre compte au


Conseil (ou à son comité d'audit lorsqu'il existe) des caractéristiques
essentielles du dispositif de Contrôle Interne. En tant que de besoin, le
Conseil peut faire usage de ses pouvoirs généraux pour faire procéder par
la suite aux contrôles et vérifications qu'il juge opportuns ou prendre toute
autre initiative qu'il estimerait appropriée en la matière.

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Lorsqu'il existe, le Comité d'audit devrait effectuer une surveillance


attentive et régulière du dispositif de Contrôle Interne.

Pour exercer ses responsabilités en toute connaissance de cause, le


Comité d'audit peut entendre le responsable de l'audit interne, donner son
avis sur l'organisation de son service et être informé de son travail. Il doit
être en conséquence destinataire des rapports d'audit interne ou d'une
synthèse périodique de ces rapports.

4-2 La Direction Générale / le Directoire

Dans toute société, le Président -Directeur Général assume la


responsabilité ultime. Il est ainsi le premier responsable du système
Contrôle Interne. Il doit s'assurer de l'existence d'un environnement positif
dans lequel s'effectuent les activités de l'entreprise et les contrôles s'y
attachant. Il doit également donner l'exemple au sein de l'entité.

Il en est de même pour les responsables des différentes fonctions et unités


de la société.

La Direction Générale ou le Directoire sont chargés de définir, d'impulser


et de surveiller le dispositif le mieux adapté à la situation et à l'activité de la
société. Dans ce cadre, ils se tiennent régulièrement informés de ses
dysfonctionnements, de ses insuffisances et de ses difficultés d'application,
voire de ses excès, et veillent à l'engagement des actions correctives
nécessaires.

4-3 Auditeurs internes

Lorsqu'il existe, le service d'audit interne a la responsabilité d'évaluer le


fonctionnement du dispositif de Contrôle Interne et de faire toutes
préconisations pour l'améliorer, dans le champ couvert par ses missions.

Il sensibilise et forme habituellement l'encadrement au Contrôle Interne


mais n'est pas directement impliqué dans la mise en place et la mise en
œuvre quotidienne du dispositif.

Les normes émises par l'Institute of Internal Auditors précisent qu'un audit
interne doit comprendre l'examen et l'évaluation du caractère suffisant et de
l'efficacité du système de Contrôle Interne de l'organisation ainsi qu'une
évaluation des tâches qui leur sont attribuées.

Le responsable de l'audit interne rend compte à la Direction Générale et,


selon des modalités déterminées par chaque société, aux organes sociaux,
des principaux résultats de la surveillance exercée.
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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

4- 4 Le personnel de la société

Dans une certaine mesure, le Contrôle Interne relève de la


responsabilité de tous les membres du personnel et doit être mentionné, de
façon explicite ou implicite, dans la description de poste de chaque
employé. Cette responsabilité est double:

D'une part, pratiquement tous les employés jouent un rôle dans la


réalisation des contrôles. Ils peuvent avoir à produire des informations
utilisées dans le système de Contrôle Interne ou entreprendre des actions
nécessaires pour assurer le contrôle. Le soin apporté à ces actions a une
incidence directe sur l'efficacité du système de Contrôle Interne.

D'autre part, tous les membres du personnel doivent être tenus de


communiquer à leurs supérieurs hiérarchiques tous problèmes constatés au
niveau des opérations, toute violation du code de conduite ou des normes
internes de l'organisation, ainsi que toute action illégale. Ces agissement
pouvant venir de leur supérieur hiérarchique directe, des circuits de
communication autre que les circuits habituels doivent exister pour
permettre la remonté d'information sur de tels comportements.1

Il est également primordial que chaque collaborateur concerné ait la


connaissance et l'information nécessaire pour établir, faire fonctionner et
surveiller le dispositif de Contrôle Interne, au regard des objectifs qui lui ont
été assignés. C'est le cas des responsables opérationnels en prise directe
avec le dispositif de Contrôle Interne, des superviseurs et des cadres
financiers qui doivent jouer un rôle important de pilotage et de contrôle.

4-5 Les tiers

Parmi les tiers, ce sont généralement les auditeurs externes qui


contribuent le plus à la réalisation des objectifs de l'organisation en matière
d'information financière et de conformité aux diverses lois et
réglementations. Ils apportent au management et au Conseil
d'administration un point de vue objectif et indépendant.

Les législateurs et les autorités de tutelle ont une influence sur les
systèmes de Contrôle Interne de nombreuses entreprises, en les obligeant
à mettre en place des contrôles, ou en les contrôlant directement pour
certaine d'entre elles. Les lois et réglementations ne portent souvent que
sur le Contrôle Interne appliqué aux informations financières.

5) Limites du contrôle interne

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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Le dispositif de contrôle interne aussi bien conçu et aussi bien appliqué


soit-il, ne peut fournir une garantie absolue quant à la réalisation des
objectifs de la société.

La probabilité d’atteindre ces objectifs ne relève pas de la seule volonté de


la société. Il existe en effet des limites inhérentes à tout système de
contrôle interne. Ces limites résultent de nombreux facteurs, notamment
des incertitudes du monde extérieur, de l’exercice de la faculté de jugement
ou de dysfonctionnements pouvant survenir en raison d’une défaillance
humaine ou d’une simple erreur.

En outre, lors de la mise en place des contrôles, il est nécessaire de tenir


compte du rapport coût / bénéfice et de ne pas développer des systèmes
de contrôle interne inutilement coûteux quitte à accepter un certain niveau
de risque.

6) Les objectifs du Contrôle Interne

«Le Contrôle Interne est un dispositif de la société, défini et mis en oeuvre


sous sa responsabilité. Il comprend un ensemble de moyens, de
comportements, de procédures et d'actions adaptés aux caractéristiques
propres de chaque société.

Le dispositif vise plus particulièrement à assurer:

a) La conformité aux lois et règlements;

b) L'application des instructions et des orientations fixées par la Direction


Générale ou le Directoire;

c) Le bon fonctionnement des processus internes de la société, notamment


ceux concourant à la sauvegarde de ses actifs;

d) La fiabilité des informations financières.

7) Les composantes du contrôle interne selon le COSO

Le contrôle interne comporte cinq composantes qui sont :

1) L’environnement de contrôle,
2) L’évaluation et la maîtrise des risques,
3) Les activités de contrôle,
16
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

4) L’information et la communication,
5) Le pilotage.

1) Environnement de contrôle :
L'environnement de contrôle est un élément très important de la culture
d'une entreprise, dans la mesure où il détermine le niveau de sensibilisation du
personnel au besoin de contrôles. Il constitue le fondement de tous les autres
éléments du contrôle interne en imposant discipline et organisation. Les
17
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

facteurs ayant un impact sur l'environnement de contrôle comprennent,


notamment, l'intégrité, l'éthique et la compétence du personnel, la philosophie
et le style de management des dirigeants, la politique de délégation des
responsabilités, d'organisation et de formation du personnel et enfin, l'intérêt
manifesté par le Conseil d'Administration (ou autre organe d'administration) et
sa capacité à définir les objectifs.

2) Évaluation des risques :


Toute entreprise est confrontée à un ensemble de risques externes et
internes qui doivent être
évalués. Avant de procéder à cette évaluation, il est nécessaire de définir des
objectifs compatibles et cohérents. L'évaluation et la maîtrise des risques
consistent en l'identification et l'analyse des facteurs susceptibles d'affecter la
réalisation de ces objectifs : il s'agit d'un processus qui permet de déterminer
comment ces risques devraient être gérés. Compte tenu de l'évolution
permanente de l'environnement micro et macroéconomique, du contexte
réglementaire et des conditions d'exploitation, il est nécessaire de disposer de
méthodes permettant d'identifier et de maîtriser les risques spécifiques liés au
changement.

3) Activités de contrôle :
Les activités de contrôle peuvent se définir comme étant l'application des
normes et procédures qui contribuent à garantir la mise en oeuvre des
orientations émanant du management. Ces opérations permettent de s'assurer
que les mesures nécessaires sont prises en vue de maîtriser les risques
susceptibles d'affecter la réalisation des objectifs de l'entreprise. Les activités
de contrôle sont menées à tous les niveaux hiérarchiques et fonctionnels de la
structure et comprennent des actions aussi variées qu'approuver et autoriser,
vérifier et rapprocher, apprécier les performances
opérationnelles, la protection des actifs ou la séparation des fonctions.

4) L'information et la communication :
L'information pertinente doit être identifiée, recueillie et diffusée sous une
forme et dans des délais qui permettent à chacun d'assumer ses
responsabilités. Les systèmes d'information produisent, entre autres, des
données opérationnelles, financières ou encore liées au respect des obligations
légales et réglementaires, qui permettent de gérer et de contrôler l'activité. Ces
systèmes traitent, non seulement, des données produites par l'entreprise, mais
également celles émanant de l'extérieur (événements, marche de l'activité,
contexte général..) et qui sont nécessaires à la prise de décisions en matière de
conduite des affaires et de communication externe.

18
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Il existe également un besoin plus large de communication efficace,


communication à la fois
ascendante, descendante et horizontale.
Le management doit transmettre un message clair à l'ensemble du personnel
sur l'importance des responsabilités en matière de contrôle. Les employés
doivent comprendre le rôle qu'ils sont appelés à jouer dans le système de
contrôle interne ainsi que la relation existante entre leurs propres activités et
celles des autres membres du personnel. Ils doivent être en mesure de faire
remonter les informations importantes. Par ailleurs, une communication
efficace avec les tiers, tels que clients, fournisseurs, autorités de tutelle ou
actionnaires, est également nécessaire.

5) Pilotage :
Les systèmes de contrôle interne doivent, eux mêmes, être contrôlés afin
qu'en soient évaluées, dans le temps, les performances qualitatives. Pour cela,
il convient de mettre en place un système de suivi permanent ou de procéder à
des évaluations périodiques, ou encore de combiner les deux méthodes.
Le suivi permanent s'inscrit dans le cadre des activités courantes et comprend
des contrôles réguliers effectués par le management et le personnel
d'encadrement, ainsi que d'autres techniques appliquées par le personnel à
l'occasion de ses travaux. L'étendue et la fréquence des évaluations
périodiques dépendront essentiellement de l'évaluation des risques et de
l'efficacité du processus de surveillance permanente. Les faiblesses de contrôle
interne doivent être portées à l'attention de la hiérarchie. Les lacunes les plus
graves devant être signalées aux dirigeants et au Conseil d'Administration (ou
autre organe d’administration).

Audit interne et Contrôle interne « convergence et divergence » :

19
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Libellé Contrôle interne Audit interne


- Sans interprétation - Pertinence
Contrôle le respect des - Sans remise en cause - Caractère suffisant
règles - Le contrôle (ou l’inspection) -
formel - Le conseil
- L’action de contrôle - La coopération avec
Privilégié - les autres audités
- Sous sa propre initiative ou à -
la demande de sa hiérarchie - Sur mandat de la
- Pour des contrôles réguliers haute direction
Intervient
et spécifiques - Dans le cadre d’une
- mission générale
- De l’action des hommes -
- Donc ; déterminer les - Des procédures en
responsabilités et fait vue de détecter les
Evaluation éventuellement sanctionner éventuels
les responsables dysfonctionnements
- Donc ; critique les
procédures et pas les
hommes (le chef est
- Correction ponctuelle de toujours
l’information responsable)
Conséquences de l’action
- Agit sur la forme - Remédiation
fondamentale
- Agit sur le fond.

8) Les référentiels de contrôle interne

1- Autorité de contrôle américaine La Securities and Exchange


Commission (SEC)

2-COSO (Committee On Sponsoring Organizations of the Treadway Commission) 1et2 3-


3- COCO (Criteria on Control Committee) Canada
20
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

4-Turnbull guidance.
5-La loi sarbanes-oxley acts (sox) aux Etats-Unis
Autres :
✓ La loi de sécurité financière «LSF» en France et AMF «Autorité des
Marchés Financiers »
✓ La loi de la monnaie et du crédit en Algérie

Référentiels de contrôle interne

COSO COCO TURNBULL LOI LSF &


GUIDANCE SOX AMF
1995 1999 2002 2003 & 2006

COSO 1 COSO 2
1980 2004

(SEC) 1934 Autorité de contrôle


américaine La Securities and Exchange Commission

Troisième partie
L’Audit Interne
21
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Notions fondamentales de l’audit interne.

1. Historique de la fonction d’audit interne :

1.1. Naissance au niveau international :

La fonction de l’audit interne est apparue pour la première fois aux États-
Unis et cela après la fameuse crise économique qui les a secoué en 1929, une
forte récession économique a touché plusieurs entreprises c’est pourquoi
l’établissement de l’ordre du jour était indispensable pour rétablir l’économie.
Jusque la uniquement les cabinets d’audit externe exerçaient leurs métiers
de certification des comptes, bilans et états financiers, les entreprises qui
subissaient cette récession cherchaient à minimiser leurs dépenses et donc à
réduire les charges liées à la revue périodique de leurs comptes.
Les entreprises les plus importantes faisaient appel aux cabinets d’audit
externe pour avoir la certification des états financiers. Avec la crise ces
entreprises ont eu la réflexion de confier les tâches assumées uniquement par les
bureaux d’audit externe au personnel de l’entreprise, donc le terme « interne »
revient du fait que les auditeurs sont des membres de l’entreprise. La fonction
d’audit interne est considérée donc comme une fonction récente.
Au fil des années cette fonction s’est répandue dans tous les domaines et
elle est passée du domaine purement comptable à l’ensemble
des fonctions et opérations de l’entreprise.
Ainsi le développement et la propagation de cette fonction à travers le
monde est liée à l’existence de deux instituts : l’IIA en premier lieu et
l’IFACI par la suite :

❖ IIA: « Institut des Auditeurs Internes » the Institute of Internal


Auditors

Association professionnelle fondée en 1941 aux USA , son rôle principal


consiste à définir le cadre de référence de la pratique d’audit interne et d’assurer
une diffusion des idées et des techniques les plus répandues en
matière d’audit interne , actuellement l’IIA regroupe plus de 170.000 auditeurs
répartis en 160 pays.

« Dans le cadre de ses missions, l'IIA :

➢ définit le cadre de référence de la pratique professionnelle de


l'audit interne,
➢ effectue de nombreuses recherches financées par « The IIA
Research Foundation »,
22
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

➢ certifie les auditeurs à travers plusieurs examens dont le CIA


(Certified Internal Auditor),
➢ publie la revue « Internal Auditor »,
➢ procède à de nombreuses publications. »
IFACI : « Institut Français des Auditeurs et Consultants Internes »
Organisme français qui rassemble toutes les entreprises et organisations qui
pratiquent l’audit interne. Il a été fondé en 1965, il est affilié à l’IIA « Institut de
l’Audit Interne », il regroupe actuellement environ 4000 auditeurs internes.
L’IFACI a pour vocation la promotion et le développement de la pratique
de l’audit interne au sein des entreprises et de tous les organismes publics et
privés, en tant qu’institut de formation, il contribue au renforcement de la
compétence des acteurs, le diplôme délivré par l’IFACI est le DPAI (Diplôme
Professionnel des Auditeurs Internes).

1.2. L’audit interne en Algérie :

« Cette fonction est relativement récente en Algérie, elle été pour bien
longtemps mal connue et mal interprétée, souvent l’audit interne a été confondu
à des métiers similaires tel l’audit externe ou le contrôle et on l’a assimilé aussi
à un domaine administratif et comptable.
La mise en place d’une structure d’audit interne en Algérie a vu le jour
dans un premier temps dans les entreprises publiques, et cela suite à la
promulgation en 1988 de la loi n°88-01 du 12 janvier 1988 portant loi
d’orientation sur les entreprises publiques économiques pour instituer cette
fonction dans les entreprises, cette loi constitue le cadre règlementaire et
législatif régissant cette fonction en Algérie.
L’article 40 de la loi 88-09 stipule clairement que les entreprises publiques
économiques sont tenues d’organiser et de renforcer une structure d’audit
d’entreprise, et d’améliorer d’une manière constante, leurs procédés de
fonctionnement et de gestion.

❖ A.A.C.I.A : « Association des Auditeurs Consultants Internes


Algériens »

« Depuis sa création en juillet 1993, l’A.A.C.I.A multiplie les actions en


direction des entreprises Algériennes pour, conformément aux objectifs qui lui
ont été assignés statutairement, promouvoir et développer la fonction : « Audit
interne » en Algérie.
L’article 3 des statuts stipule que : l’association est une personne morale de
droit algérien, à but non lucratif, et ayant pleine capacité pour réaliser les
objectifs qui lui incombent en vertu des présents statuts. Elle a pour objet :

23
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

De promouvoir et de développer la pratique professionnelle de l’audit


interne ;
De créer et d’entretenir des liens entre les auditeurs pouvant favoriser la
coopération et les échanges ;
De proposer des axes de formation et de perfectionnement à l’audit
interne ;
De rassembler et diffuser une documentation sur l’audit interne ;
De rechercher et développer des principes et des règles méthodologiques
en respect de la déontologie de la profession ;
De créer et d’entretenir des relations étroites avec les associations
nationales et étrangères poursuivant des objectifs similaires. »

Définition et caractéristiques de l’audit interne :

1.3. Définition :

L’audit interne est une fonction qui a connue plusieurs définitions, mais
celle qui parait la plus appropriée est la définition officielle présentée par l’IIA,
qui a été approuvée en juin 1999 par les instances dirigeantes de ce dernier.

❖ Définition internationale de l’audit interne : (IIA)

« L’audit interne est une activité indépendante et objective qui donne à une
organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui
apporte ses conseils pour les améliorer, et contribue à créer de la valeur
ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par une
approche systématique et méthodique, ses processus de mangement des risques,
de contrôle, de gouvernement d’entreprise, et en faisant des propositions pour
renforcer leur efficacité ».

1.4. Caractéristiques :

À partir de la définition officielle de l’audit interne citée ci-dessus, trois


caractéristiques sont associées à la fonction de l’audit :

L’universalité ;
L’indépendance ;
La périodicité.

1.4.1. L’universalité :

24
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

L’audit interne est une fonction universelle, elle concerne toutes les
entreprises quelque soit leur statut juridique et le secteur d’activité dans lequel
elles activent, toutes les fonctions, les structures, et les opérations.

1.4.2. L’indépendance :

L’audit interne est une fonction indépendante, qui est une condition
essentielle pour l’exercice du métier, l’auditeur doit être indépendant des
activités qu’il contrôle et de toute influence qu’il peut subir. Cette indépendance
va lui permettre d’apporter un jugement fondé et sans influence.

1.4.3. La périodicité :

L’audit interne est une fonction périodique, ce qui veut dire qu’elle
s’effectue d’une manière ponctuelle et discontinue dans le temps et cela par
rapport aux auditeurs internes externes, qui interviennent en fonction de la
nature et de l’importance du risque à auditer.
2. Rôle de l’audit interne :

➢ Evaluer les processus afin d’émettre des observations sur les risques,
s’assurer du respect des principes édictés par la direction générale, par le
comité d’audit, par le conseil d’administration;
➢ Evaluer l’ensemble des opérations, c’est pourquoi il doit être présent
partout dans l’entreprise.
➢ Assister le mangement de l’entreprise dans la résolution des différents
problèmes relatifs au fonctionnement de l’entreprise.

Ainsi, « Considéré comme acteur de la mise en œuvre de la réglementation,


l’audit interne présente un rôle qui consiste principalement :

➢ A présenter aux organes de direction et d’administration les objectifs et


les enjeux du contrôle interne, non seulement du point de vue des
obligations réglementaires mais surtout au regard de la maîtrise de
l’activité de l’établissement, de sa pérennité et à veiller à la correcte
compréhension par l’ensemble des intervenants ;
➢ S’assurer, à travers des contrôles périodiques, de l’existence et de la
correcte application des procédures de contrôle interne et de maîtrise des
risques, d’identifier les éventuels dysfonctionnements et suggérer des axes
d’amélioration ;

25
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

➢ Il rend compte de sa mission à l’organe de direction et au comité


d’audit. »

3. Le positionnement de la fonction (métiers voisins) :

Il ne faut pas confondre l’audit interne avec d’autres métiers considérés


comme voisins à cette fonction, qui sont repris dans la figure ci-après :
Figure n°2 : les métiers voisins d’audit interne.

contrôle
de
gestion

Audit
interne
Audit
Inspection
externe

3.1. L’audit interne et l’audit externe :

3.1.1. définition de l’audit externe :

« L’audit externe est une profession indépendante de l’entreprise dont la


mission est de certifier l’exactitude des comptes, résultats et états financiers ; et
plus précisément (…) certifier la régularité, la sincérité et
l’image fidèle des comptes et états financiers. »
3.1.2. comparaison entre les deux audits:

Eléments de Audit interne Audit externe


comparaison
• De la Direction Générale, • Du Conseil d’Administration
• Mandat
pour les responsables de pour les tiers qui requièrent des
qui ?
l’entreprise comptes certifiés
• Statut • Appartient à l’entreprise • Prestataire de service

26
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

indépendant
• Liées aux préoccupations de • Liées à la certification des
• Missions
la direction générale comptes
• Apprécier la maîtrise des • Certifier la régularité, la
• Objectifs activités de l’Entreprise sincérité et l’image
• Recommander des actions fidèle des états financiers.
pour les améliorer
• Constatations des risques de
dysfonctionnement. • Constats de carence à partir de
• Conclusi
• Identification des causes. l’examen des circuits clés et des
ons
• Définition des actions à montants.
mener.
• Obligatio
• Obligation des résultats • Obligation de moyens
ns

3.2. L’audit interne et le contrôle de gestion :

3.2.1. Définition de contrôle de gestion :

« Le contrôle de gestion est un processus d’aide à la décision, on peut le


définir comme étant un système global d’information interne permettant la
centralisation , la synthèse et l’interprétation de l’ensemble des données
figurant les performances de chacune des activités ou fonctions de
l’entreprise. »

3.2.2. Comparaison entre les deux fonctions

Tableau n°3 : comparaison entre l’audit interne et le contrôle de gestion


Eléments de
Audit Interne Contrôle de gestion
comparaison
• Comment fonctionne ce qui
• Ou voulons nous aller ?
• question existe ? comment
comment ?
l’améliorer ?
• Planifie et suit les opérations et
• Etendue • L’application des directives, leurs résultats. pour ce faire,
des la fiabilité des informations conçoit et met en place le
travaux et l’adéquation des système d’information. analyse
contrôle méthodes le budget du service d’audit
interne
27
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

• Se situe dans le passé pour


• Pour maitriser l’avenir (plan),
• Période trouver ce qu’on aurait pu
analyser pourquoi le présent est
considérée faire de mieux et l’appliquer
différent. (écart)
à l’avenir

3.3. L’audit interne et l’inspection :

3.3.1. Définition de l’inspection :

« Le rôle de l’inspection est de s’assurer de l’application des instructions,


des directives de la Direction, elle ne les apprécie pas et ne les
remet pas en cause. Par ailleurs, l’inspection s’intéresse généralement aux
personnes et peut intervenir spontanément. »
Les deux fonctions « auditeur interne » et « inspecteur » sont souvent
confondues, cela revient peut être au fait que tous les deux sont des membres de
l’entreprise. On trouve d’ailleurs des inspecteurs qui font de l’audit interne et
des auditeurs qui font de l’inspection. En fait l’inspecteur vérifie l’application
des procédures, s’il trouve une fraude ou un trou d’argent il cherche le
responsable de l’erreur ou de la malversation, il sanctionne et puis il essaye de
remettre les choses en l’état, en effectuant les redressements nécessaires.
L’auditeur interne quant à lui ne s’intéresse plus à la personne mais à l’efficacité
du système de contrôle interne ; il cherche en cas de problème les dispositifs qui
ne fonctionnent pas correctement causant le dysfonctionnement, et puis il fait les
recommandations nécessaires pour améliorer le système de contrôle interne.
3.3.2. Comparaison entre l’audit interne et l’inspection :

Tableau n°4 : comparaison entre l’audit interne et l’inspection.


Eléments de
Audit Interne Inspection
comparaison
• Relève des
dysfonctionnements • Contrôle le respect des
• Objectif pour les corriger et règles, leur pertinence,
découvrir les marges leur caractère.
de progrès.
• Remonte aux causes
• Evaluer les risques en pour élaborer des
• Méthodes
cherchant les causes. recommandations dont
le but est d’éviter la

28
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

réapparition du
problème.
• Responsabilité • Reste indépendant • Assurance raisonnable
• Dispositions
• Références • Standards
préétablies
• Nature de la
• Contrôle • Consulting
fonction

Section 2

Le cadre de référence de l’audit interne.

Toute fonction est régie par un cadre réglementaire et des lois afin de
l’organiser, c’est ainsi l’audit interne qui est considérée comme fonction
normée. Cette section va aborder le cadre de référence de l’audit interne se
matérialisant par un code de déontologie et des normes professionnelles
internationales.

« Le corpus doctrinal de l’audit interne est constitué de trois documents :

❖ La définition internationale de l’audit interne ;


❖ Le code de déontologie ;
❖ Les Normes internationales de la pratique de l’audit interne. »

1. Le code de déontologie :

1.1. La déontologie :

«Ensemble des principes et des devoirs qui régissent une profession ou un


métier, la conduite de ceux qui l’exercent et les relations que ceux-ci
entretiennent avec leurs clients et leur environnement. Lorsqu’on évoque la
déontologie de l’audit, on pense généralement à l’indépendance d’esprit, à la
recherche de l’objectivité et au devoir de discrétion»

1.2. Définition du code de déontologie :

« C’est un ensemble de règles, de principes édictant des comportements


qu’un auditeur interne est tenu de respecter, ce code a été publié pour la

29
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

première fois en 1968 par le Conseil d’Administration de l’IIA. Révisé en 1988,


en 2000 et la dernière publication date de Janvier 2009.

Le code de déontologie comprend :

❖ Des principes fondamentaux ;


❖ Des règles de conduite.

1.2.1. principes fondamentaux :

« Selon ce code de déontologie « code of ethics » de l’IIA traduit par


l’IFACI, il est attendu des auditeurs internes qu’ils respectent et appliquent les
quatre principes fondamentaux suivants : Intégrité, Objectivité,
Confidentialité, Compétence.

➢ Intégrité : L’intégrité des auditeurs internes est à la base de la confiance et


de la crédibilité accordées à leur jugement
➢ Objectivité : Les auditeurs internes montrent le plus haut degré d’objectivité
professionnelle en collectant, évaluant et communiquant les informations
relatives à l’activité examiné. Ils évaluent de manière équitable tous les
éléments pertinents et ne se laissent pas influencer dans leur jugement par
leurs propres intérêts ou par autrui.
➢ Confidentialité : Les auditeurs internes respectent la valeur et la propriété
des informations qu’ils reçoivent ; ils ne divulguent ces informations qu’avec
les autorisations requises, à moins qu’une obligation légale ou
professionnelle ne les oblige à le faire.
➢ Compétence : Les auditeurs internes utilisent et appliquent les
connaissances, les savoir‐faire et expériences requis pour la réalisation de
leurs travaux. »

1.2.2. Les règles de conduite :

Elles sont au nombre de 12, « Elles déclinent l’application des quatre


principes fondamentaux de façon claire et pratique, et peuvent se résumer
ainsi :

❖ Accomplir honnêtement les missions ;

30
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

❖ Respecter la loi ;
❖ Ne pas prendre part à des activités illégales ;
❖ Respecter l’éthique ;
❖ Etre impartial ;
❖ Ne rien accepter qui puisse compromettre le jugement ;
❖ Révéler les faits significatifs ;
❖ Protéger les informations ;
❖ Ne pas en tirer un bénéfice personnel ;
❖ Ne faire que ce qu’on peut faire ;
❖ Améliorer ses compétences ;
❖ Respecter les normes. »

2. Les normes internationales pour la pratique professionnelle de l’audit


interne:

Les auditeurs internes sont tenus de respecter et de se conformer aux


normes internationales pour la pratique professionnelle de l’audit interne de
l’(IIA), pour pouvoir s’acquitter de leurs responsabilités.

➢ Historique :

La première publication de ces normes a été faite en 1978 par les organes
de l’IIA et cette publication a fait l’objet de plusieurs mises à jour :
2003 ,2008 ,2011.

➢ Objet des normes :

❖ Définir les principes fondamentaux de la pratique de l’audit interne ;


❖ Fournir un cadre de référence pour la réalisation et la promotion d’un
large champ d’intervention d’audit interne apportant une valeur
ajoutée ;
❖ Etablir les critères d’appréciation du fonctionnement de l’audit
interne ;
❖ Favoriser l’amélioration des processus organisationnels et des
opérations.

Les normes se composent :

Des normes de qualification ;


Des normes de fonctionnement ;
31
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Des normes de mise en œuvre.

2.1. Les normes de qualification :

Ces normes ont pour objet de définir les caractéristiques des auditeurs ainsi
que celles des organisations d’audit, elles sont au nombre de 18, classées en 4
groupes comme le montre le tableau suivant :

Tableau n°5 : les normes de qualification:


Normes Intitulés
1000 Mission, pouvoirs et responsabilités
• Reconnaissance de la Définition de l’Audit Interne, du Code de
1010
Déontologie ainsi que des Normes dans la charte d'audit interne
1100 Indépendance et objectivité
1110 • Indépendance dans l'organisation
1111 • Relation directe avec le Conseil
1120 • Objectivité individuelle
1130 • Atteinte à l'indépendance ou à l'objectivité
1200 Compétence et conscience professionnelle
1210 • Compétence
1220 • Conscience professionnelle
1230 • Formation professionnelle continue
1300 Programme d'assurance et d'amélioration qualité
1310 • Exigences du programme d'assurance et d'amélioration qualité
1311 • Évaluations internes
1312 • Évaluations externes
• Rapports relatifs au programme d'assurance et d'amélioration
1320
qualité
• Utilisation de la mention « conforme aux Normes internationales
1321
pour la pratique professionnelle de l’audit interne »
1322 • Indication de non conformité
[Link]

2.2. Les normes de fonctionnement :

32
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Elles décrivent la nature des activités d’audit interne et définissent les


critères de qualité permettant d’évaluer les services fournis, elles sont au nombre
de 31, et classées en 7 groupes :

Tableau n°6: les normes de fonctionnement :


Normes Intitulés
2000 Gestion de l'audit interne
2010 • Planification
2020 • Communication et approbation
2030 • Gestion des ressources
2040 • Règles et procédures
2050 • Coordination
2060 • Rapports à la Direction Générale et au Conseil
• Responsabilité de l’organisation en cas de recours à un prestataire
2070
externe pour ses activités d’audit interne
2100 Nature du travail
2110 • Gouvernement d'entreprise
2120 • Management des risques
2130 • Contrôle
2200 Planification de la mission
2201 • Considérations relatives à la planification
2210 • Objectifs de la mission
2220 • Champ de la mission
2230 • Ressources affectées à la mission
2240 • Programme de travail de la mission
2300 Accomplissement de la mission
2310 • Identification des informations
2320 • Analyse et évaluation
2330 • Documentation des informations
2340 • Supervision de la mission
2400 Communication des résultats
2410 • Contenu de la communication
2420 • Qualité de la communication
2421 • Erreurs et omissions
• Utilisation de la mention « conduit conformément aux Normes
2430 internationales pour la pratique professionnelle de l’audit interne
»
33
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

2431 • Indication de non conformité


2440 • Diffusion des résultats
2450 • Les opinions globales
2500 Surveillance des actions de progrès
2600 Acceptation des risques par la Direction Générale

2.3. Les normes de mise en œuvre :

Les normes de mise en œuvre précisent les normes de qualification et les


normes de fonctionnement applicables dans les activités d’assurance ou de
conseil.

❖ Activités d'assurance :

Dans le cadre de missions d'assurance, l'auditeur interne procède à une


évaluation objective en vue de formuler en toute indépendance une opinion ou
des conclusions sur une entité, une opération, une fonction, un processus, un
système ou tout autre sujet. L’auditeur interne détermine la nature et l'étendue
des missions d’assurance.

❖ Activités de conseil :

Les missions de conseil sont généralement entreprises à la demande d'un


client. Leur nature et leur périmètre font l'objet d'un accord avec ce dernier.
Elles comportent généralement deux intervenants :

La personne ou le groupe qui fournit les conseils, en l'occurrence


l'auditeur interne,
La personne ou le groupe donneur d'ordre auquel ils sont destinés : le
client.

Lors de la réalisation de missions de conseil, l'auditeur interne doit faire preuve


d'objectivité et n'assumer aucune fonction de management.

Section 3
Méthodologie et outils de l’auditeur interne

34
Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

Pour l’accomplissement de ses missions l’auditeur interne fait appel à


plusieurs étapes en se référant à une méthodologie de conduite de mission
d’audit interne adoptée au niveau international, en essayant de l’adapter à
l’environnement dans lequel il active, ainsi l’auditeur interne dispose d’une
boite à outils nécessaires durant la mission d’audit.

1. Méthodologie de conduite d’une mission d’audit interne

« La méthodologie de l’auditeur présente la progression cohérente des


actions de l’audit interne au long de la mission , en vue d’atteindre
efficacement les résultats qu’attend l’entreprise des missions d’audit , cette
méthodologie permet donc de décrire à l’auditeur la méthode qu’il doit
employer pour lancer sa mission , effectuer ses travaux, en tirer les
conclusions , les présenter , et obtenir que les actions en progrès se mettent en
place. »
Trois phases fondamentales caractérisent la mission d’audit interne à savoir :
❖ Phase de préparation ou d’études ;
❖ Phase de réalisation ou de vérification ;
❖ Phase de conclusion.
Les trois phases sont précédées par l’émission d’un ordre de mission :
1.1 Préparation de la mission
• Le choix de l'équipe d'Audit
• La lettre de mission
• L'étude préliminaire
1.2 Réalisation de la mission
• La réunion d'ouverture
• Les tests d'audit sur le terrain
• La formalisation des constats et présentation auprès des audités
• La réunion de clôture de phase de vérification
1.3 Conclusion de la mission
• Le projet de rapport d'audit
• La réunion de restitution
• La réunion de validation
Le rapport définitif
1.1. Phase de préparation :
1.1 Préparation de la mission
1.1.1 Le choix de l’équipe d’Audit :
Comme souligné par les normes, la réalisation des missions d’audit
requiert compétence et conscience professionnelle.
Une équipe est constituée en moyenne, sous la responsabilité d’un superviseur
lui consacrant une partie de son temps hebdomadaire, d’un chef de mission
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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

et de deux ou trois auditeurs. Il est par ailleurs opportun d’adjoindre à


chaque mission des débutants de façon à les initier très tôt aux difficultés et
réalité du terrain pour leur fonction.
Le responsable de l'audit interne ou la personne à qui cette responsabilité a été
déléguée, doit s'assurer pour chaque mission que :
- l’équipe d’auditeurs désignée possède collectivement les connaissances, le
savoir faire et les compétences nécessaires pour mener correctement la
mission.
- le dimensionnement de l’équipe affectée à la mission, en nombre de
personnes, est adapté à l’ampleur ou la complexité du sujet.
1.1.2 La lettre de mission :
La lettre de mission constitue la matérialisation du mandat donné par la
Direction Générale à l’audit interne, qui informe les principaux responsables
concernés de l’intervention imminente des auditeurs.
Lorsque la nature de la mission le permet (ce qui n’est pas toujours le cas,
pour une fraude par exemple) il est d’usage que l’auditeur informe l’audité
de sa venue.
Cette lettre de mission annonce l’audit, sa date de début, sa durée prévue ainsi
que le nom du chef de mission et des auditeurs qui vont intervenir. Elle fait
référence au plan d’audit approuvé par le Président.
Une copie de la lettre de mission est conservée dans la section «Préparation
de la mission » du dossier d’audit interne
1.1.3 L’étude préliminaire :
Préalablement à la réalisation de la mission (la « phase de vérification»,
sur le terrain), les auditeurs internes étudient toutes les informations utiles
«collectables » concernant la société, la structure et/ou les activités à auditer.
Ces travaux vont permettre de constituer un référentiel du domaine à
auditer, de mener une analyse de risques et de préciser l’(es) objectif(s) de
l’audit.

A l’issue de cette étape, il peut être décidé de réorienter la mission initialement


prévue, de redimensionner l’équipe et le temps à y consacrer, à surseoir
(replanifier) voire à abandonner cette mission (objectif atteint par la seule étude
préliminaire, sujet ayant perdu tout intérêt...).
Prise de connaissance
L’étude préliminaire consiste entre autres:
- Collecter la documentation sur les disciplines à auditer et sur les techniques
d’audit existantes,
- Consulter les bases documentaires de l’entreprise, procédures, etc..
- Collecter et consulter les rapports d’audit antérieurs et autres analyses du sujet
audité,
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Audit et Système de Contrôle Equipe pédagogique

- Obtenir des informations chiffrées ou caractéristiques du/des domaine(s)


audité(s),
Les documents collectés sont conservés dans la section «Préparation de
la mission » du dossier d’audit interne.
Entretien avec le Management de l’entité auditée
Les conclusions de cette réunion doivent être consignées par écrit dans le «
compte rendu d’entretien préliminaire avec le management ». Ce document est
conservé dans la section « Préparation de la mission » du dossier de mission.
· Tableau des risques
La phase d’analyse des risques s’effectue au siège ou sur le terrain,
essentiellement par des entretiens permettant de comprendre l’organisation et le
fonctionnement de l’entité auditée.

Le tableau des risques :


Modèle d’un tableau de risques :
tâches objectifs Risques évaluation Dispositifs de constat
contrôle interne
• Important
Existe :
• Moyen
Oui/Non
• faible

Ce tableau permet de préciser les objectifs de la mission et doit être conservé


dans la section « Préparation de la mission » du dossier de mission.

◼ Note d’orientation
◼ avant que ne démarre la phase de vérification de l’audit, un document
synthétique présente dans une « Note d’Orientation », les objectifs
poursuivis et les zones de risques que les auditeurs vont examiner. Il
délimite ainsi précisément le champ de l’intervention.
◼ Préparation du programme de travail (cf. procédure ‘Création et
contenu du programme de travail’)
Le programme de travail s’établit sur la base de la note
d’orientation. Il est destiné à définir, répartir, planifier et suivre les
travaux des auditeurs. Le programme doit être revu et validé avant le
démarrage des travaux sur le terrain par la hiérarchie de la mission et
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conservé dans la section « préparation de la mission » du


dossier de mission.

1.2 Réalisation de la mission


1.2.1 La réunion d’ouverture :
La réunion d’ouverture se tient chez l’audité, sur le lieu de mission.
Les conclusions de cette réunion, qui peuvent éventuellement amener à
mettre à jour la note d’orientation doivent être consignées dans le « Compte-
rendu de réunion d’ouverture » conservé dans la section « Réalisation de la
mission » du dossier de mission
1.2.2 Les tests d’audit sur le terrain :
Les conclusions des tests sont rédigées dans une « Feuille de couverture de
test ».
Les synthèses des entretiens sont rédigées dans un « Compte-rendu
d’entretien ».
1.2.3 La formalisation des constats et présentation auprès des audités :
Après chaque étape de travail, des conclusions partielles sont rédigées par
l’auditeur sous forme de FRAP. Ce sont les constats des déficiences
identifiées (voir Procédure Validation des constats d’audit).
Les F.R.A.P. sont conservées dans la section « Réalisation de la mission»
du dossier de mission
1.2.4 La réunion de clôture de phase de vérification :
Une réunion en aparté doit être tenue entre le responsable de la mission et
les auditeurs afin de s’assurer que les objectifs ont été atteints et que
l’ensemble des points du programme de travail a été réalisé.
Avant de quitter le site, une réunion est organisée avec l’encadrement de
l’entité auditée afin de clôturer la phase de vérification par une restitution
orale (néanmoins un document préparé à cet effet peut également être
distribué) :
Participants :
- les mêmes que ceux de la réunion d’ouverture
Les conclusions de cette réunion, doivent être consignées dans le «Compte-
rendu de réunion de clôture » conservé dans la section «Réalisation de la
mission » du dossier de mission. Une copie doit être adressée au responsable
de l’entité auditée pour validation implicite.
1.3 Conclusion de la mission
1.3.1 Le projet de rapport d’audit :

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Il est recommandé que l’essentiel voire la totalité du projet de rapport soit


rédigé en cours de mission et avant la tenue de la réunion de clôture (de
phase de vérification).
Au plus tard dès la fin de la phase de vérification, l’auditeur rédige un
«Projet de Rapport » formalisant ses constats et recommandations.
Le rapport constitue un relevé des lacunes, des faiblesses et des
dysfonctionnements identifiés au cours de la mission. Il est pour les
responsables l’occasion d’affiner, voire de remettre en cause les méthodes de
gestion de leurs domaines d’activités; il n’établit pas un bilan d’une gestion
car cette appréciation relève du ressort de la hiérarchie.
1.3.2 La réunion de restitution :
Dès le retour de mission, il est requis des Auditeurs de discuter avec leur
hiérarchie des événements, faits et observations remarquables (positives,
négatives ou connexes) afin de définir rapidement la suite à donner à chaque
situation (voir Procédure Retour d’Expérience).
1.3.3 La réunion de validation :
Une réunion de validation est tenue entre audités et auditeurs, selon les
circonstances en présence (facultative) du commanditaire, au cours de
laquelle tous les aspects du projet de rapport sont discutés.
L’objectif de la validation est d’intégrer la réponse de l’audité dans le
rapport et d’obtenir son accord tacite pour les observations et les axes de
recommandation proposés. L’accord formel viendra de la réponse de
l’audité au « projet » de rapport permettant de s’assurer qu’il n’y a pas eu
d’interprétation involontaire des faits ou d’ambiguïté dans la formulation de
leur restitution, pour permettre à l’audité d’exercer son droit de réponse et
pour recueillir le plan d’action qu’il s’engage à mettre en œuvre.
La validation n’est pas une négociation ni une recherche de compromis.

Lorsque les contraintes géographiques ne permettent pas de tenir une réunion


de validation, le principe reste cependant intangible, et on peut avoir recours
soit à:
Moyens d’audio conférence et de web conférence, beaucoup plus
performants et faciles à mettre en œuvre que ceux de la visioconférence.
1.3.4 Le rapport définitif :
Le projet de rapport, après la réunion de validation et les mises à jour constitue
le « Rapport Définitif ». Il se compose d’une synthèse destinée à être lue par les
dirigeants, des fiches FRAP examinées lors de la réunion de validation et d’une
liste des recommandations classées par destinataires précisant la position des
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audités et constituant de fait leur première réponse à l’audit (voir Procédure


d’élaboration, validation, diffusion et archivage du rapport d’Audit Interne).
Le rapport d’audit matérialise le travail des auditeurs.
Il est recommandé à ses destinataires de ne pas étendre sa diffusion car :
· Il contient des informations confidentielles,
· Son style peut surprendre un lecteur non averti
Un rapport d’audit n’est pas neutre :
- il analyse une situation, mais, comme un devis de réparation, il met l’accent
sur les dysfonctionnements, pour faire développer des actions de progrès.
« Au moins une page sur ce qui ne va pas, au plus une ligne sur ce qui va ».
- il contient des recommandations. Une recommandation n’est pas une critique,
elle n’implique pas de faute : c’est une amélioration proposée au responsable
habilité à mener l’action. Il est en charge de développer et mettre en place une
solution au problème soulevé : celle proposée, une équivalente ou une
meilleure.

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