C.M. Overdulve . I.
Jacob
INITIATION
AU KINYARWANDA
Ndashaaka
kwîiga
ikinyarwaanda
Manuel d'apprentissage de la langue rwandaise
4e édition révisée et augmentée
L'Harmattan L 'Harmattan Inc.
5-7, rue de l'École Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9
COURS LIMINAIRE
Salutations
1. À une personne qu'on rencontre pour la première fois, ou qu'on voit
rarement (salutations générales):
uri aaho? bonjour!
- Uri aaho naâwe? - Bonjour à toi aussi!
ni aamahôro? comment ça va?
-
Ni aamahôro! - Ça va bien!
2. À une personne qu'on voit tous les jours ou fréquemment:
- jusque vers Il h. (salutations du matin):
waramutsehô? as-tu passé une bonne nuit?
- Waaramutse - As-tu passé une bonne nuit
(cg waramutsehô naâwe?) (toi aussi?)
:t après Il h., ou en début d'après-midi:
wiiriwehô? as-tu passé une bonne journée?
- Wiîriwe - As-tu passé une bonne journée
(cg wiiriwehô naâwe?) (toi aussi?)
En prenant congé de quelqu'un
1. Qu'on ne pense pas revoir avant plusieurs jours:
urabehô. au revoir
- Urabehô naâwe - Au revoir à toi aussi
ugeendê amahôro. va en paix.
- Ugeendê amahôro naâwe - Va en paix toi aussi
2. Qu'on espère revoir le même jour:
uriirirwehô. bon après-midi, à ce soir.
- Uriirirwe - Bon après-midi
(cg uriirirwehô naâwe) (à toi aussi)
3. :t après 16 h., en prévoyant qu'on se reverra le lendemain:
uraramukehô. bonne nuit
- Uraramuke - Bonne nuit
(cg uraramukehô naâwe) (à toi aussi)
N.B.: le pluriel ou la forme polie serait:
muri aaho?, muri aaho naâmwe?;
mwaaramutsehô?, mwaaramutse, mwaaramutsehô naâmwe?;
mwiiriwehô?, mwiîriwe, mwiiriwehô naâmwe?;
1
murabehô, murabehô naâmwe;
mugeendê amahôro, mugeendê amahôro naâmwe;
muriirirwehô, muriirirwe, muriirirwehô naâmwe;
muraramukehô, muraramuke, muraramukehô naâmwe.
QUELQUES PETITES PHRASES
nsomera aya magaambo lis-moi ces mots
subiramô répète
urakôze merci
ndashaaka kwîiga ikinyarwaanda je veux apprendre le kinyarwanda
iki nî iikî? qu'est-ce que c'est?, qu'est ceci?
ENCORE QUELQUES PHRASES
siimbyûumva je ne comprends pas cela
mvuuye i Buraayi vubâ je viens à peine d'arriver d'Europe
uti ikî? que dis-tu?
urakôra ikî? que fais-tu?
ndagerageza j'essaie
nsomera aya
magaambo:
umuuntu, umugabo,
umugorê, umwâana...
subiramô
urakôze
urabehô
2
Cours Préparatoire
Leçon A
~~Vohaâni
jv
Peetero
~Mariyâ
Yohaâni Peetero Mariyâ
Yohaâni nî uumuuntu Peetero nî uumuuntu M ariyâ nî uumuuntu
ni uumuuntu ni uumuuntu ni uumuuntu
Yohaâninîuumugabo Peetero nî uumwâana Mariyâ nî uumugorê
ni uumugabo ni uumwâana ni uumugorê
Yohaâni sî uumwâana Peetero sî uumugorê Mariyâ sî uumugabo
si uumwâana si uumugorê si uumugabo
Yohaâni sî uumugorê Peetero sî uumugabo Mariyâ sî uumwâana
si uumugorê si uumugabo si uumwâana
Yohaâninîuumugabo? Peetero nî uumwâana? Mariyâ nî uumugorê?
yee, ni uumugabo yee, ni uumwâana yee, ni uumugorê
Leçon B
~
~A
Yohaâni Dawidî
~fr,
Peetero Dorîsi
~rw
Mariyâ Tereêza
...
Yohaâni nî uumuuntu, Mariyâ nî uumuuntu ni aabaantu
Yohaâni na Mâriyâ nî aabaantu. - Ni aabaantu? yee, ni aabaantu
Yohaâni na Dâwidî nî aabagabo niaabagabo
Mariyâ na Têreêza nî aabagorê ni aabagorê
Peetero na Dôrisi nî aabâana niaabâana
Yohaâni na Dâwidî nî aabagabo? yee, ni aabagabo
Mariyâ na Têreêza nî aabagorê? yee, ni aabagorê
Peetero na Dôrisi nî aabagorê? oya, si aabagorê
Peetero na Dôrisi nî aabagabo? oya, siaabagabo
Peetero na Dôrisi nî aabâana? yee, ni aabâana
3
Longueur et tonalité des voyelles
a) Une voyelle est brève ou longue: la brève est notée par une seule voyelle,
tandis que la longue est notée par un redoublement de la voyelle:
umugabo waaramutse
ndagerageza umuuntu
b) Une voyelle est basse ou haute; c'est la tonalité:
- le ton bas d'une voyelle (brève ou longue) n'est pas noté:
uraramuke abaantu
- le ton haut d'une voyelle brève est noté par un accent (circonflexe):
umugorê urakôze
- le ton haut antérieur d'une voyelle longue est noté par un accent sur la pre-
mière voyelle (ou more):
umwâana kwîiga
- le ton haut postérieur d'une voyelle longue est noté par un accent sur la
deuxième voyelle (ou more):
Yohaâni wiîriwe
- le double ton haut est rare: umuuntu utââje
La tonalité fait partie intégrante d'un mot. D'ailleurs, un certain nombre
de mots ne se distinguent entre eux que par la tonalité. Chaque ton haut con-
naît une préparation qui consiste en un rehaussement de la voix sur la
voyelle précédente. La tonalité des mots et l'intonation générale de la phrase
se combinent pour détenniner la hauteur de chaque voyelle (cf. leçon 42).
La langue rwandaise recourt parfois à un procédé dit d'allongement
expressif, qui consiste à allonger une voyelle au-delà des nonnes habituelles,
pour insister sur l'éloignement, la durée, l'intensité, etc. (cf. page 19, N.B.).
ÉLISION
Tous les mots rwandais se terminent par une voyelle; si la voyelle finale
d'un mot entre en contact avec la voyelle initiale du mot suivant, elle ne se
prononce pas. L'élision de la voyelle finale n'entraîne cependant pas la perte du ton
qui l'affecte: celui-ci se déplace sur la voyelle initiale du mot suivant. Exercice:
écrire: gukôra umurimo prononcer: gukôr umurimo
gukûbita umwâana gukûbit umwâana
ugeendê amahôro ugeend âmahôro
utemê igitî utem îgitî
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Cours Principal
Leçon 1. Couple 1,2.
Accord des verbes avec les substantifs
En langues bantoues, les substantifs imposent leurs classes aux mots des
autres catégories (verbes, adjectifs et pronoms), qui s'accordent avec eux.
En kinyarwanda, les classes 1 et 2 désignent toujours des êtres humains ou
doués d'intelligence. Par contre tous les êtres humains n'y sont pas inclus.
. Phrase type classe 1 (sing. de la el. 2)
umukoôbwa
la fille
waawe mutô
de toi petite
ari hé?
est où?
où est ta petite fille?
ANALYSE:
u-mu-koôbwa u- augment
-mu- préfixe nominal el. 1
-koôbwa thème
a-rl a- préfixe verbal el. 1
-rl radical (dont le ton haut est annulé, cf. leçon 9)
DÉFINITIONS
Il est nécessaire de se distancier de la terminologie des grammaires des langues
européennes. Ainsi par ex., au lieu de dire qu'un verbe est à la 3e personne, on
dira plutôt qu'il a un préfixe de telle ou telle classe. Également il vaudrait mieux
ne plus parler de singulier ou de pluriel pour les substantifs, mais de telle classe
qui indique le singulier ou le pluriel.
Nous sommes donc obligés d'employer une terminologie propre au kinyarwan-
da. Nous donnons des définitions au fur et à mesure que les termes se présentent.
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MORPHÈME: la plus petite partie significative d'un mot, ou unité linguistique
non analysable (a-ra-hîing-a se compose de 4 morphèmes).
AUGMENT: élément vocalique ou morphème qui précède le classificateur; il
se rencontre dans les substantifs et dans les formes équivalentes.
Certains substantifs n'ont pas d'augment. Les augments du
kinyarwanda sont au nombre de trois: a-, i-, U-.
CLASSE: chacune des 19 catégories dans lesquelles se rangent la plupart
des mots; une classe est caractérisée par un classificateur propre.
CLASSIFICATEUR: préfixe ou infixe propre à une classe.
COUPLE: groupe de deux classes qui vont régulièrement ensemble pour
exprimer l'opposition singulier/pluriel (umuuntu - abaantu).
THÈME: morphème ou élément fondamental du substantif (umuuntu), de
l'adjectif ou du pronom.
RADICAL: morphème ou élément fondamental du verbe (arahîinga) ; il est
suivi de la terminaison.
PRÉFIXE: ("ce qui est placé avant"), classificateur qui se trouve générale-
ment au début du mot.
PRÉFIXE NOMINAL: préfixe qui se rapporte au nom (umuuntu) ; le nom est une caté-
gorie comprenant le substantif et l'adjectif.
PRÉFIXE VERBAL: préfixe qui se rapporte généralement au verbe (ari).
PRÉFIXE PRONOMINAL: préfixe qui se rapporte au pronom (cf. leçons 24, 49).
SUBSTANTIF: mot qui sert à désigner une substance (cf. tableau 1, page 356).
VOCABULAIRE
(entre parenthèses nous donnons l'analyse des morphèmes)
substantifs:
(u-mu-âana) umwâana enfant
(u-mu-gabo) umugabo homme, mari, époux
(u-mu-gorê) umugorê femme, épouse
(u-mu-huûngu) umuhuûngu garçon, fils
(u-mu-koôbwa) umukoôbwa fille, jeune fille
(u-mu-ntu) umuuntu personne, être humain
verbes:
(a-ra-hîing-a) arahîinga (gu-hîinga) il/elle cultive
(a-ra-shaak-a) arashaaka (gu-shaaka) il/elle veut, cherche, désire