Degré topologique en dimension finie
Degré topologique en dimension finie
Mémoire de TER
Mai 2025
Table des matières
1 Introduction 1
1.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3 Construction du degré 9
3.1 Degré topologique en les valeurs régulières . . . . . . . . . . . . . 9
3.2 Passage des valeures régulières à singulières . . . . . . . . . . . . 11
2
3.3 Passage des fonctions C (Ω) à celles de C(Ω) . . . . . . . . . . . 14
3.4 Validité du degré construit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4 Applications 19
4.1 Point fixe de Brouwer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.2 Théorème de la boule chevelue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1 Introduction
Dans le cadre de ce TER, nous allons nous pencher sur les équations de la
forme f (x) = y où y ∈ Rn et f désigne une application définie sur une partie Ω
de Rn et à valeurs dans Rn . Une première question se posant sur ce problème
est l’existence de solutions et, s’il y en a, combien. Plus précisément, posons Ω
un ouvert borné de Rn , f : Ω → Rn une application continue et y un point
de Rn qui ne soit pas dans l’image par f de la frontière de Ω (C’est à dire :
y∈/ f (∂Ω) ). L’enjeu est alors de trouver une condition suffisante à l’existence
d’une solution dans Ω à l’équation f (x) = y. Pour se faire, nous allons définir
une application prenant pour variables f , Ω et y, que nous appellerons degré
topologique et qui nous fournira une telle condition.
d(id, Ω, y) = 1. (d1)
En suite, pour des raisons pratiques, dans le cas où l’on aurait une application
f compliquée, on voudrait pouvoir se ramener à une seconde fonction g rendant
les calculs plus simples. Si h : [0, 1] × Ω → Rn est continue, si y : [0, 1] → Rn est
1
continue et si quel que soit t ∈ [0, 1], y(t) ∈
/ h(t, ∂Ω) alors
C’est à dire que : s’il est possible de déformer de manière continue la fonction f
de sorte à ne jamais avoir de solutions sur la frontière, alors le nombre de solu-
tions à l’équation dans Ω sera indépendant de la déformation.
Enfin, nous admettrons que d(A, Br (0), 0) est uniquement déterminer par A
une application linéaire avec det(A) ̸= 0. Et que d(A, Ω, 0) = sgn(det(A)), le
signe de det(A).
Dans la suite nous allons montrer qu’il existe une unique application d
posée sur l’ensemble des triplets (f, Ω, y) où Ω est un ouvert borné de Rn ,
f ∈ C(Ω, Rn ), y ∈ Rn \ f (∂Ω) qui vérifie (d1), (d2) et (d3).
1.1 Notations
Commençons par voir quelques notations que nous serons amenés à utiliser
dans ce qui va suivre.
En posant ρ une distance sur un espace métrique X, les boules ouvertes et
fermées de centre x0 ∈ X et de rayon r > 0 seront notées comme suit :
2
Définition 1.1: Valeurs régulières
f −1 (y) ∩ Sf (Ω) = ∅.
Puis posons :
f (x), pour x ∈ A
f˜(x) = P −i
−1 P
−i
.
i⩾1 2 φi (x) i⩾1 2 φi (x)f (ai ) pour x ∈
/A
3
Soit ϵ > 0.
Par continuité de f en a, il existe δ > 0 tel que :
∀x ∈ A, |x − a| ≤ δ =⇒ |f (x) − f (a)| ⩽ ϵ.
Posons :
I := {i ∈ N∗ | |ai − a| ⩽ δ} .
Comme xn → a, il existe N ∈ N tel que, pour tout n ⩾ N , on a |xn − a| ≤ δ 2 .
Alors, pour n ⩾ N et i ∈
/ I, on a :
|xn − ai | δ − δ2
2− ⩽2− < 0.
ρ(xn , A) δ2
Cela montre que f˜(xn ) → f (a), donc f˜ est continue sur Rn , ce qui achève
cette démonstration et prouve bien que f˜ est un prolongement continu de f sur
Rn .
Propriété 2.2:
||f − g||∞,A ⩽ ε.
1
b-) Soient f ∈ C (Ω), ε > 0 et δ > 0 tels que Ωδ = {x ∈ Ω : ρ(x, ∂Ω) ⩾ δ}
soit non vide. Il existe alors g ∈ C ∞ (Rn ) satisfaisant :
4
où la famille (φα )α>0 est définie comme suit :
1
c · exp(− 1−|x|2) si |x| < 1
φ1 (x) =
0 sinon
Dans cette expression, c désigne une constante strictement positive telle que
(x)dx = 1. Pour α ̸= 1 on pose φα (x) = α−n φ1 ( αx ).
R
φ
Rn 1
Quel que soit α > 0, φα ∈ C ∞ (Rn ). De plus,
Z Z
x
φα (x)dx = α−n φ1 ( )dx
Rn Rn α
Ainsi, si y est une valeur régulière alors nous avons Jf (x) ̸= 0 dès que
f (x) = y, et ce dernier théorème implique que ses solutions sont isolées,
c’est à dire que si x0 ∈ f −1 (y) alors il existe un voisinage U de x0 tel que
f −1 (y) ∩ U = {x0 }.
Par conséquent f −1 (y) doit être finie. Autrement dit il y aurait un point d’ac-
cumulation de l’ensemble des solutions dans Ω, par la compacité de Ω. Puisque
f est continue ça impliquerait que f (x0 ) = y et donc x0 ∈ Ω car y ∈ / f (∂Ω).
5
C’est pourquoi, x0 est une solution isolée, car on a une contradiction.
Parce que la propriété suivante garantie en particulier que Bα (y0 ) contient des
valeurs régulières de f , il va être suffisant de considérer ces valeurs.
Propriété 2.3:
6
Puisque det(A) = 0 (x ∈ Sf ), nous savons que A(Q̃k ) est continue dans un
espace dePdimension n − 1 de Rn . Donc , il existe b1 ∈ Rn avec |b1 | = 1 et
n
(x, b1 ) = i=1 xi bi = 0 pour tout x ∈ A(Q̃k ).
n
P Etendons b1 dans une base orthogonale {b1 , ..., bn } ⊂ R , nous avons g(y) =
(g(y), bi )bi avec :
et
|(g(y), bi )| ⩽ |A||y| + |R̃(y)| ⩽ |A|δ + ϵδ pour i = 2, ..., n
qP
n 2 k k k
où |A| = |(ai,j )| = i,j=1 ai,j . Donc g(Q̃ ) = f (x + Q̃ ) − f (x) = f (x + Q −
x) − f (x) = f (Qk ) − f (x), puis f (Qk ) = f (x) + g(Q̃k ) est contenue dans un
cube Jk qui satisfait :
Parce que f ′ est bornée dans un grand cube Q, nous avons |f ′ (x)| ⩽ c pour
un certain c, en particulier |A| ⩽ c.
C’est-à-dire que f (Sf (Q)) est la mesure nulle puisque ϵ > 0 est arbitraire.
Nous remarquerons que la propriété 2.2 est un cas particulier du lemme de
Sard.
∞
2.3 Passage des applications C aux applications linéaires
∞
Dans cette partie, nous aurons seulement besoin de considérer f ∈ C (Ω)
et y ∈
/ f (∂Ω ∪ Sf ).
7
obtenons par d2 :
n
X
d(f, Ω, y) = d(f, Ui , y)
i=1
Pour tout t ∈ [0, 1] tel que |x − xi | ⩽ δ avec δ > 0 suffisamment petit. Donc
par d3 on a d(f, Bδ (xi ), y) = d(A−Axi , Bδ (xi ), 0). Puisque f (x) = y n’a aucune
solution dans Ui \ Bδ (xi ), nous avons alors par d2 d(f, Ui , y) = d(f, Bδ (xi ), y)
et alors :
d(f, Ui , y) = d(A − Axi , Bδ (xi ), 0) (9)
Comme xi est l’unique solution de Ax − Axi = 0, la propriété d2 implique
alors :
d(A − Axi , Bδ (xi ), 0) = d(A − Axi , Br (0), 0) (10)
pour Bδ (xi ) ⊂ Br (xi ) et A(x − txi ) ̸= 0 dans [0, 1] × ∂Br (0). Donc par d3 on a :
En fin, r > 0 peut être maintenant arbitraire par d2. Donc, nous arrivons a
une solution très simple.
8
Théorème 2.2:
Soit
3 Construction du degré
Dans le paragraphe précédent, nous sommes partis du cas général et avons
progressé jusqu’à une situation simple. Dans ce second paragraphe, nous ferons
la démarche inverse en définissant le degré topologique dans un cas simple et en
généralisant ensuite cette définition.
Nous vérifierons plus tard que d ainsi définie vérifie (d1), (d2) et (d3). Néan-
moins, les preuves de ces propriétés reposent sur les mêmes arguments que la
généralisation à des fonctions seulement continues ou à des valeurs singulières.
C’est pourquoi elles seront données en fin de section.
9
Propriété 3.1:
f (x) − y f (x) − y
⩾ ⩾ 1.
ε ε0
D’où :
−n f (x) − y
φε (f (x) − y) = ε φ1 = 0.
ε
Ce qui conclut.
φε (f (x) − y) = 0.
D’où : Z m Z
X
φε (f (x) − y)Jf (x)dx = φε (f (x) − y)Jf (x)dx.
Ω i=1 Ui
10
De plus, Jf (x) = Jf −y (x) et f (Ui ) − y = Br (0).
Ainsi pour 0 < ε ⩽ ε0 = min(r, α) on a :
Z Z Z
φε (f (x) − y)|Jf (x)|dx = φε (f (x) − y)|Jf −y (x)|dx = φε (x)dx = 1.
Ui Ui Br (0)
Propriété 3.2:
2
Soit Ω un ouvert de Rn et f ∈ C (Ω).
Notons alors dij (x) les cofacteurs de f définis comme étant le détermi-
nant de la jacobienne de f en x sur laquelle on aurait retiré la j-ième
ligne et la i-ième colonne, multiplié par (−1)i+j .
Alors, quel que soit j ∈ {1, . . . , n}
n
X ∂dij (x)
= 0.
i=1
∂xi
Démonstration. Dans la suite, j ∈ {1, . . . , n} sera fixé, fxk sera la k-ième colonne
de la matrice jacobienne de f en x sur laquelle on enlèvera la j-ième ligne. Ces
notations nous permettent donc d’écrire dij comme suit :
11
Puis, en changeant l’ordre des colonnes :
n
X
i+j
(−1) ∂i dij (x) = (−1)k−1 σk,i det(∂i fxk , fx1 , . . . , fxi−1 , fxi+1 , . . . , fxk−1 , fxk+1 , . . . , fxn ) .
k=1
| {z }
k̸=i =ck,i
2
Avec σk,i = sgn(i − k). Puisque f ∈ C (Ω), on a ck,i = ci,k . De ce fait :
n
X n
X Xn
(−1)j ∂i dij (x) = (−1)k−1+i σk,i ck,i = (−1)k−1+i σi,k ci,k .
i=1 i,k=1
| {z } k,i=1
i̸=k
=−σi,k ci,k i̸=k
Il vient alors :
n
X n
X n
X
(−1)j ∂i dij (x) = − (−1)k−1+i σi,k ci,k = (−1)k−1+i σi,k ci,k .
i=1 k,i=1 k,i=1
i̸=k i̸=k
C’est à dire,
n
X
∂i dij (x) = 0.
i=1
Propriété 3.3
Avec f et y0 comme définis plus haut. Soit α = ρ(y0 , f (∂Ω)) ainsi que y1
et y2 deux valeurs régulière de f dans une boule ouverte centrée en y0
de rayon α. On a alors :
d(f, Ω, y1 ) = d(f, Ω, y2 ).
Il s’agit donc de montrer que ces intégrales sont égales. Pour cela, posons l’ap-
plication w définie par :
Z 1
w(x) = (y1 − y2 ) φε x − y1 + t(y1 − y2 ) dt.
0
Pn
En exploitant la définition div w(x) = i=1 ∂i wi (x), on remarque alors que :
12
D’autre part, par construction des applications φε , leur support est défini
comme étant supp φε = Bε (0). Ceci entraîne donc supp w ⊂ Br (y0 ) où r =
α − (δ − ε). Puisque de plus αP= ρ(y0 , f (∂Ω)) > r, on a f (∂Ω) ∩ supp w = ∅.
n
Définissons à présent vi (x) = j=1 wj (f (x))dij (x) pour x ∈ Ω et 0 sinon (où
dij est tel qu’introduit dans la Proposition 3.2). Il découle alors supp v ⊂ Ω car
supp w ⊂ Bα (y0 ). Nous avons d’autre part,
n
X n n
X X
∂i vi (x) = ∂i wj (f (x))dij (x) = ∂i wj (f (x)) dij (x)+ wj (f (x))∂i dij (x) .
j=1 j=1 j=1
n
X
div v(x) = ∂i vi
i=1
Xn n
X n n
X X
= ∂k wj (f (x)) dij (x)∂i fk (x) + wj (f (x)) ∂i dij (x)
j,k=1 i=1 j=1 i=1
| {z }
=0
n
X
= ∂k wj (f (x))δkj Jf (x)
j,k=1
n
X
= Jf (x) ∂j wj (f (x))
j=1
| {z }
=div w(f (x))
Revenons
R à notre projet initial, c’est à dire montrer les égalités des intégrales
Ω
φε (f (x) − yi )Jf (x)dx avec i valant 1 ou 2. On a,
Z
d(f, Ω, y2 ) − d(f, Ω, y1 ) = (φε (f (x) − y2 ) − φε (f (x) − y1 ))Jf (x)dx.
Ω
C’est à dire, Z
d(f, Ω, y2 ) − d(f, Ω, y1 ) = div v(x)dx.
Ω
13
Nous avons déjà vu que supp v ⊂ Ω, ainsi en intégrant sur un cube Q = [−a, a]n
contenant Ω, on obtient :
Z Z
div v(x)dx = div v(x)dx.
Ω Q
Or,
Z n Z
X a Z a Z a
div v(x)dx = ... ∂i vi dxi dx1 . . . dxn = 0.
Q i=1 −a −a −a
Définition 3.2:
2
Soit Ω un ouvert borné de Rn , f ∈ C (Ω) et y ∈ / f (∂Ω).
Il existe y1 une valeur régulière de f telle que |y − y1 | < ρ(y, f (∂Ω)). On
pose alors
d(f, Ω, y) = d(f, Ω, y1 ).
2
3.3 Passage des fonctions C (Ω) à celles de C(Ω)
Suivant la même idée que précédemment, nous allons montrer que pour
2
deux applications f1 et f2 appartenant à C (Ω), si f1 et f2 sont suffisamment
proches d’une même application continue, leurs degrés tels qu’introduits dans la
Définition 3.2 sont égaux. Dans ce but considérons le résultat suivant démontré
dans l’UE Calcul Différentiel :
14
Propriété 3.5:
2 2
Considérons f ∈ C (Ω) et y ∈ / f (∂Ω). Alors, pour g ∈ C (Ω), il existe
δ > 0 dépendant de f , g et y tel que :
Premier cas : Commençons par supposer que l’équation f (x) = y n’a pas de
solutions dans Ω, c’est à dire f −1 (y) = ∅. Ainsi, p = ρ(y, f (Ω)) > 0. De plus
puisque g est continue et Ω est compact, il existe M > 0 tel que ||g||∞ < M .
Ainsi pour t un réel de module suffisamment petit, l’application f + tg suffi-
samment proche de f . De sorte que pour x ∈ Ω, f (x) + tg(x) ̸= y. Il vient
alors :
d(f + tg, Ω, y) = 0 = d(f, Ω, y).
Second cas : Supposons que y soit une valeur régulière de f . C’est-à-dire,
pour f −1 (y) = {x1 , . . . , xm } :
h(0, xi ) = f (xi ) − y = 0.
Ainsi :
sgnJft (zi (t)) = sgnJf (zi (t)) = sgnJf (xi )
En exploitant la Définition 3.1 on obtient :
m
X m
X
d(ft , Ω, y) = Jft (zi (t)) = Jf (xi ) = d(f, Ω, y).
i=1 i=1
15
Ce qu’il fallait démontrer.
Troisième cas : Supposons à présent que y est une valeur singulière. Posons
α = ρ(y, f (∂Ω)),et considérons une valeur régulière y0 ∈ Bα/3 (y). Il existe,
d’après le second cas, δ0 > 0 tel que pour |t| < δ0 on ait :
α
|y0 − ft (x)| > .
3
Il vient |y0 −y| < ρ(y0 , ft (∂Ω)), et, par la Définition 3.2, d(ft , Ω, y) = d(ft , Ω, y0 ) =
d(f, Ω, y). Ce qui conclut la démonstration.
Revenons à présent à ce que nous voulons montrer, c’est à dire que le degré
2
est constant sur toutes les applications C (Ω) suffisamment proches d’une même
application continue. Fixons f ∈ C(Ω), y ∈ / f (∂Ω) et α = ρ(y, f (∂Ω)). On
2
considère alors g1 et g2 deux applications C (Ω) telles que pour i ∈ {1, 2} :
Soient h(t, x) = g1 (x) + t(g2 (x) − g1 (x)) et, pour t ∈ [0, 1], φ(t) = d(h(t, .), Ω, y).
On commence par faire l’observation suivante ; pour t0 ∈ [0, 1],
16
Cette dernière égalité justifie alors la définition suivante.
Définition 3.3:
Soit f ∈ C(Ω), y ∈
/ f (∂Ω) on pose alors :
On considère à présent que y est une valeur singulière tout en gardant les mêmes
conditions sur f . Soit α = mini∈{0,1,2} {ρ(y, f (∂Ωi ))} avec Ω0 = Ω. D’après la
Définition 3.2, il existe y1 une valeur régulière de f telle que |y − y1 | < α. Cette
deuxième inégalité découle de l’inclusion de Ω1 et Ω2 dans Ω. Appliquons alors
la Définition 3.2 et l’égalité que nous avons établie ci-dessus.
d(f, Ω, y) = d(f, Ω, y1 ) = d(f, Ω1 , y1 ) + d(f, Ω2 , y1 ) .
| {z } | {z }
=d(f,Ω1 ,y) =d(f,Ω2 ,y)
17
Enfin si on se place dans les conditions de la Définition 3.3, pour les mêmes
raisons que précédemment, il existe g comme introduit dans la Définition 3.3
tel que ||g − f ||∞ < α. L’égalité précédente et la même définition nous donnent
alors :
d(f, Ω, y) = d(g, Ω, y) = d(g, Ω1 , y) + d(g, Ω1 , y) .
| {z } | {z }
d(f,Ω1 ,y) d(f,Ω2 ,y)
Il suffit en fait de vérifier que d(h(0, .), Ω, y(0)) = d(h(1, .), Ω, y(1)). En effet,
supposons que les degrés en les points 0 et 1 soient toujours égaux dans les
conditions de (d3). Pour t ∈]0, 1[ , on pourra considérer la restriction de h
à [0, t] × Ω. Les applications ht : [0, 1] × Ω telle que ht (θ, x) = h(θt, x) et
yt (θ) = y(θt) répondent aux conditions de (d3) et donc par hypothèse :
C’est à dire :
d(h(0, .), Ω, y(0)) = d(h(t, .), Ω, y(t)).
Montrons à présent que notre hypothèse est juste.
1
Premier cas : Supposons que f = h(0, .) et g = h(1, .) soient de classe C (Ω), et
y(0) ∈
/ f (∂Ω ∪ Sf ), y(1) ∈
/ g(∂Ω ∪ Sg ). Au vu des conditions sur h :
X X
d(f, Ω.y(0)) = sgnJf (x) = sgnJg (x) = d(g, Ω.y(1)).
x∈f −1 (y(0)) x∈g −1 (y(1))
1
Second cas : On suppose f ∈ C (Ω) et y(0) une valeur singulière de f . Nous
garderons les mêmes hypothèses sur g et y(1). Soit y0 une valeur régulière comme
introduit dans la Définition 3.2. Considérons alors :
(
2ty(0) + (1 − 2t)y0 , pour t ∈ [0, 12 ]
Y (t) = .
y(2t − 1) pour t ∈ [ 21 , 1]
et (
h(0, x), pour t ∈ [0, 21 ], x ∈ Ω
H(t, x) = .
h(2t − 1, x) pour t ∈ [ 12 , 1], x ∈ Ω
Les applications H et Y répondent aux conditions de (d3). De plus, on s’est
ramené au cas 1, donc :
18
Puis en utilisant la Définition 3.2, et les expressions de H et Y :
Le degré topologique d tel que nous l’avons construit dans cette partie répond
donc bel et bien aux critères (d1),(d2) et (d3).
4 Applications
4.1 Point fixe de Brouwer
Un autre aspect essentiel de l’étude des fonctions est la recherche de point
fixes. C’est à dire de points x tels que f (x) = x. Dans le cadre de ce TER, cela
revient à étudier d(f − id, Ω, 0). Nous verrons qu’en exploitant les propriétés
du degré topologique, il est possible de démontrer un théorème de point fixe
important.
19
Avant d’aller plus loin, passons par quelques rappels. Les résultats suivants ayant
été vus dans l’UE Analyse Fonctionnelle, ils ne seront pas détaillés ici.
Il est facile de voir que Conv(A) est en fait l’intersection de toutes les parties
convexes de E contenant A. La propriété suivante donne une autre écriture de
cet ensemble.
Propriété 4.1:
d(id − f, D, 0) = d(id, D, 0) = 1.
20
f (x), pour x ∈ D
f˜(x) = P −i
−1 P
−i
.
i⩾1 2 φi (x) i⩾1 2 φi (x)f (di ) pour x ∈
/D
k
!−1 k
X X
−i
2 φi (x) 2−i φi (x)f (di ) ∈ Conv(f (D)).
i=1 i=1
Corollaire 4.1
Soit D ⊂ Rn , homéomorphe à une partie non vide, compact et convexe.
Si f : D → D est continue, alors elle admet un point fixe.
21
4.2 Théorème de la boule chevelue
Dans cette seconde application, nous allons voir une conséquence plus indi-
rect du degré topologique.
22
Démonstration. Puisque f est continue, d’après le Théorème 4.2, il existe v ∈ ∂Ω
et λ ̸= 0 tels que f (x) = λx. Tout d’abord, on remarque que puisque 0 ∈ Ω,
l’élément nul ne peut pas appartenir à ∂Ω. En particulier, ||v|| =
̸ 0 et donc :
v
χ(v) = f (v) − ⟨f (v)|v⟩
||v||2
v
= λv − ⟨λv|v⟩
||v||2
2 v
= λ v − ||v||
||v||2
=0
Nous remarquerons cependant que ces énoncés sont équivalents. En effet nous
avons vu dans la démonstration précédente que s’il existait λ ̸= 0 et v ∈ ∂Ω tel
que f (v) = λv alors χ(v) = 0. Voyons à présent que la réciproque est également
vrai. Soit v0 ∈ ∂Ω tel que χ(v0 ) = 0. C’est à dire :
v
f (v) − ⟨f (v)|v⟩ =0
||v||2
⟨f (v)|v⟩
f (v) = v
||v||2
| {z }
=λ
23