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Caractéristiques des régimes totalitaires

Le document analyse les régimes totalitaires qui ont émergé en Europe dans les années 1930, notamment le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne et le stalinisme en URSS, en mettant en lumière leurs caractéristiques communes et leurs spécificités. Il décrit comment ces régimes ont utilisé la violence, le contrôle des masses et la propagande pour maintenir leur pouvoir tout en critiquant les démocraties libérales. Enfin, il souligne l'impact de ces régimes sur l'ordre géopolitique européen et la réponse timide des démocraties face à leurs agressions.

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Caractéristiques des régimes totalitaires

Le document analyse les régimes totalitaires qui ont émergé en Europe dans les années 1930, notamment le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne et le stalinisme en URSS, en mettant en lumière leurs caractéristiques communes et leurs spécificités. Il décrit comment ces régimes ont utilisé la violence, le contrôle des masses et la propagande pour maintenir leur pouvoir tout en critiquant les démocraties libérales. Enfin, il souligne l'impact de ces régimes sur l'ordre géopolitique européen et la réponse timide des démocraties face à leurs agressions.

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VIDEO - Les régimes totalitaires

Introduction

Forgé dans les années 1920 comme une critique du fascisme, le terme de « totalitaire »
est rapidement revendiqué positivement par Benito Mussolini puis par les théoriciens du
nazisme. Il en vient alors à caractériser trois régimes qui prospèrent en Europe dans les
années 1930 et s’opposent aux démocraties libérales parlementaires : le fascisme de
Mussolini en Italie, le nazisme incarné par Adolf Hitler en Allemagne et le stalinisme porté
par Joseph Staline en URSS. Tous trois partagent des caractéristiques qui ont amené les
historiens de l’après guerre à rapprocher ces modèles politiques et sociaux dont l’action a
bouleversé l’équilibre européen. Ainsi, la politologue Hannah Arendt est la première à
définir l’idéal-type d’un système totalitaire. Pourtant ces régimes se distinguent par des
spécificités marquées que nous tâcherons d’aborder dans cette vidéo.

Quelles sont les caractéristiques des régimes totalitaires ? Quelles sont les conséquences
de leur essor sur l’ordre géopolitique européen?

I- Aux origines des régimes totalitaires

A) En URSS
Le régime totalitaire mis en place par Staline né sur les cendres de Lénine, son
prédécesseur à la tête de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Celui-ci a mené
la révolution bolchévique en octobre 1917 en voulant fonder une société sans classe,
selon les préceptes du marxisme. Rapidement il a pris des mesures autoritaires : création
d’un police politique, développement de camps de travail puis de goulags (en 1934) dans
lesquels sont envoyés les opposants politiques, usage de la violence comme moyen de
répression. À la mort de Lénine en 1924 Staline, l’homme d’acier, s’impose comme son
héritier et écarte ses principaux rivaux.

B) En Italie
En Italie, Le fascisme naît des désillusions engendrées par la Première Guerre mondiale.
Les années d'après-guerre sont marquées par les violences politiques et sociales liées à la
crise économique. Pour maintenir l’ordre, des forces paramilitaires s’organisent
(squadristes) et elles sont récupérées par Mussolini qui fonde le Parti national fasciste. En
1922, souhaitant s'emparer du pouvoir par la voie constitutionnelle, Mussolini menace le
roi d'un soulèvement armé en organisant la marche sur Rome (28 octobre 1922). Par ce
coup de force, le leader fasciste réussit à s'emparer du pouvoir en étant appelé à former
un gouvernement. Il fonde dans les années qui suivent le régime fasciste.

C) En Allemagne

Alors que l’Allemagne est enlisée dans une crise économique et politique, le maréchal
von Hindenburg appelle Adolf Hitler, leader du parti national socialiste (NSDAP) à la
chancellerie. Nous sommes le 30 janvier 1933. Celui qui devient le Reichsführer à la mort
de Hindenburg peut mener la politique pangermaniste, antisémite et antilibérale de son
parti.

II - Les totalitarismes en fonctionnement

A) La place du chef et du parti unique

Dans ces trois régimes, l’idéologie portée par le parti unique occupe une place centrale
et permet de comprendre les politiques menées. Le communisme porté par Staline
impose la collectivisation et l’industrialisation à marche forcée. Dans l’Italie fasciste, l’état
corporatiste réorganise le travail au service des intérêts du régime. Dans le IIIème Reich,
c’est l’idéologie nazi qui prime et met en avant la supériorité de la race aryenne qui
légitime l’antisémitisme, la conquête d’un espace vital (le Lebensraum) et la politique
d’eugénisme. Tous partagent un culte de la personnalité du chef marqué, le désir de
créer un homme nouveau et d’une société nouvelle dans laquelle le travail joue un rôle
central. Dans les trois pays, le leader du parti unique est présenté comme un guide
entièrement dévoué au peuple qui lui doit une obéissance aveugle. Ces éléments sont
particulièrement visibles dans l’intense propagande menée par l’état afin d’encadrer les
masses.

B) L’encadrement des masses

Le contrôle des populations par les régimes totalitaires utilise plusieurs leviers. Par l’école,
et le sport, les enfants et les adolescents sont embrigadés. Ils sont intégrés à des
associations de jeunesses : Les jeunesses hitlériennes dans l’Allemagne nazie, les Babillas
en Italie, le Komsomol dans l’URSS de Staline. En Allemagne, les femmes sont
cantonnées à un rôle de mère et d’épouse. Sur le plan du travail, les syndicats sont
contrôlés par l’appareil d’état ou ils sont tout bonnement interdits. Les libertés
individuelles et collectives sont suspendues et la conduite de chacun est contrôlée par la
police politique.

Cependant, la toute puissance du parti-État est nuancée par les historiens : chaque
régime fait face à des limites internes, des dysfonctionnement et des formes passives ou
actives de résistance qui permettent de justifier l’absence de domination totale sur les
sociétés.

C) L’exercice de la violence

La surveillance et la répression permettent le contrôle des populations et l’état utilise la


violence pour arriver à ses fins. Dans l’URSS des années 1930, une politique de répression
massive est mise en oeuvre contre ceux qui résistent à la politique du régime. Deux
millions de koulaks (riches paysans opposés à la collectivisation des terres) sont déportés
en Sibérie, les Ukrainiens subissent une famine organisée causant 4 à 6 millions de morts,
et la Grande Terreur (1936-1938) qui s’attaque aux élites du parti cause 750 000 morts. En
URSS comme en Allemagne, les pogroms se multiplient. La violence antisémite se
déchaine en Novembre 1938 durant la Nuit de Cristal (« Pogrom de Novembre »). Un
système concentrationnaire est parallèlement mis en place avec des camps de travail. De
nombreux juifs quittent le pays.

III - La remise en cause de l’ordre européen

A) La critique du modèle démocratique

En Allemagne, en URSS et en Italie, l’opposition aux démocraties libérales est vivace. Les
Soviétiques y voient un système capitaliste et impérialiste, les fascistes et les nazis
s’opposent à l’individualisme qu’elles induisent au dépend de l’État. Ils mènent alors une
guerre idéologique et exportent leurs idées dans les pays européens. C’est le cas en
Espagne entre 1936 et 1939. Les nationalistes dirigés par Franco s’emparent du pouvoir,
soutenus par Rome et Berlin. Parallèlement, les régimes totalitaires rejettent l’ordre
diplomatique imposé à l’issu de la Première Guerre mondiale. Les politiques bellicistes et
expansionnistes prennent forme.

B) Des régimes conquérants


La Wermacht occupe la Rhénanie dès 1936 alors que la région devait rester une zone
démilitarisée. l’Autriche est envahie en mars 1938 suite au coup d’état du parti nazi
autrichien. C’est l’Anschluss. S’en suit l’annexion des Sudètes puis l’occupation de la
Bohême-Moravie. Dans l’Italie de Mussolini, les conquêtes se font sur le continent africain
avec l’annexion de l’Ethiopie. Cette action condamnée par la Société des Nations (SDN)
qui veille à la paix depuis la fin du premier confit mondial, pousse Mussolini à se
rapprocher de l’Allemagne. Les deux puissances concluent une alliance militaire en 1936.
C’est l’ Axe Rome-Berlin. L’année suivante, elle se rapproche du Japon et rejoint le pacte
antisoviétique.

C) L’impuissance de la SDN et des démocraties européennes

Face aux coups de force des fascistes et des nazis, la SDN est impuissante. L’Allemagne
et l’Italie quittent successivement (1933 et 1937) l’organisation. C’est la fin d’un idéal de
sécurité collective. Les démocraties pacifistes que sont la France et le Royaume-Uni ne
réagissent que timidement aux agressions italiennes et allemandes. Des politiques de non
-intervention et d’apaisement (Neville Chamberlain, premier ministre britannique) sont
menées. Face à la menace nazie, l’URSS se rapproche des démocraties occidentales et le
pays est admis à la SDN en 1934. Mais en aout 1939 les régimes de Hitler et Staline, bien
qu’opposés idéologiquement, signent un pacte de non-agression. C’est le pacte
germano-soviétique.

Conclusion

Si on opte pour une perspective englobante, les régimes totalitaires qui prospèrent dans
l’Europe des années 30 se caractérisent la place qu’ils accordent au chef, la domination
d’un parti unique, l’encadrement des masses, le recours systématique à la violence d’état.
Ils se distinguent cependant par l’appui sur des idéologies différentes ainsi que d’autres
aspects comme la place des femmes dans la société. La notion même de régime
totalitaire a été débattue par les historiens : Elle a été instrumentalisée durant la Guerre
froide pour disqualifier le régime communiste, puis critiquée depuis les années 1960 pour
son caractère trop normatif, en passant sous silence les formes de résistances au projets
totalitaires ou la place centrale de la Shoah dans le cadre du régime nazi. Cette nuance
apportée à la notion permet de questionner les modalités de domination de chaque
régime et d’en souligner les limites.
Légende

Vocabulaire (à retrouver dans les quiz de travail)


Repères chronologiques (à retrouver dans les quiz de travail)
Repères géographiques
Acteurs historiques (à retrouver dans les quiz de travail)
Références historiographiques

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