Méthodologie pour réussir en droit
Méthodologie pour réussir en droit
DROIT CONSTITUTIONNEL 1
Cours de Mme le Professeur Cécile GUÉRIN-BARGUES
Travaux dirigés
OBJET DE LA SEANCE : Dans cette fiche, vous trouverez toutes les indications sur le déroulement
de l’année, la notation, des conseils sur la façon d’organiser votre travail, des références
bibliographiques, la méthodologie à adopter pour les exercices que vous aurez à réaliser dans
le cadre des travaux dirigés et des examens. Vous devrez donc, tout au long de l’année, vous
référer à cette fiche pour vous guider.
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SEANCE N° 1 METHODOLOGIE
Il ne faut en effet surtout pas sous-estimer, lorsque l’on entre en faculté de droit, la masse de
connaissances qu’il convient d’acquérir pour réussir son année. Mais puisque le jeu en vaut la
chandelle, autant en prendre son parti et se décider enfin à travailler efficacement et
régulièrement ! C’est au prix de cet effort quotidien que vos révisions seront dignes de ce nom
et ne se réduiront pas la découverte, tardive et souvent angoissée, d’une matière dont vous
ignorez tout.
Pour utile qu’il soit, l’assistance aux cours magistraux ne saurait remplacer manuels et fiches
de T.D. D'ailleurs, le rythme du cours et des séances de TD n'est pas nécessairement le même.
Le décalage est inévitable. « Ne pas avoir vu la question en cours » n’est jamais une excuse en
TD, puisque vous êtes censés les préparer par vous-même.
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B. Préparer activement ses TD
1 – Nature et objectif des travaux dirigés - Les travaux dirigés sont une forme d'exercice
propre à l'Université, qui n'a rien à voir avec les cours du secondaire. Ce sont les étudiants, par
leur participation orale (spontanée ou sollicitée par le chargé de T.D.) qui "font" la séance. Les
travaux dirigés répondent à un double objectif : préparer l'étudiant à l'examen, mais aussi et
surtout le former à la science juridique, par l’analyse d’un certain nombre de documents qui,
étant en lien avec le cours, permettent d'approfondir et de développer ce dernier. Les séances
de TD visent ainsi à l’acquisition d'une méthode de travail et d'exposition des questions
juridiques, lesquelles obéissent à des règles que l'étudiant est invité à observer le plus
rapidement possible, s'il veut mettre toutes les chances de succès de son côté et réussir ainsi son
année.
2 - Préparation des travaux dirigés - Les travaux dirigés ne peuvent être profitables que si
l'étudiant a une bonne connaissance préalable du thème qui va être abordé. Chaque séance
demande donc un important effort personnel de préparation, en trois étapes.
A - Fiche de travaux dirigés : 1ère lecture - La préparation des travaux dirigés doit commencer
par une première lecture rapide de la fiche de la séance. Vous prenez connaissance des
documents qui y figurent et vous essayez de dégager les principales questions abordées, sans
vous laisser décourager par la difficulté de compréhension de certains textes.
B -Réunir les connaissances nécessaires sur le thème de la fiche - Cette deuxième étape vous
permet justement de voir plus clair sur le sujet. Les connaissances peuvent être acquises soit à
l'aide d'un manuel et du cours d'amphithéâtre, ce qui est le minimum, soit de façon plus
approfondie, par la comparaison des développements relatifs au thème dans deux ou trois
manuels à choisir dans les indications bibliographiques figurant dans la fiche. Chaque thème
peut donner lieu ainsi à la constitution d'un dossier thématique avec textes, opinions doctrinales,
résumés d'auteurs etc., qui sont autant d'entraînement au maniement des sources juridiques. Ces
dossiers pourront constituer un «fond» documentaire auquel vous pourrez vous référer non
seulement pour d'autres séances de T.D. et pour la révision de vos examens, mais aussi pour
vos études dans les années suivantes.
C - Fiche de travaux dirigés : 2nde lecture - Une fois acquises les connaissances relatives au
thème, vous êtes en mesure de comprendre les textes, de dégager les éventuelles oppositions
d'opinion entre les auteurs, de les exposer clairement et de manière synthétique. Pour ce faire,
il convient de préparer, pour chaque document, une fiche récapitulative qui mentionnera,
sous forme de paragraphes distincts :
1) Le nom de l’auteur, le titre du document, les références, la date
2) Le thème général du document (de quoi le document parle-t-il ?)
3) La thèse de l’auteur (que l’auteur soutient-il à propos du thème ?)
4) Le plan du propos (comment l’auteur organise-t-il les arguments à l’appui de sa thèse ?)
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5) Le problème posé (pourquoi l’auteur se met-il en peine d’argumenter ainsi ? Pourquoi
son propos ne va-t-il pas de soi ?) ;
6) Éventuellement, une ou plusieurs citations décisives ;
7) Le cas échéant, des références à d’autres documents, à l’appui ou en contradiction avec
la thèse de l’auteur.
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C. S’entraîner au partiel – La méthodologie
La méthodologie est l’ensemble des règles formelles que vous devez respecter dans la
structuration de vos devoirs. En droit, la méthodologie compte pour au moins la moitié de la
note ce qui signifie que même si vous comprenez parfaitement un sujet, le non-respect des
exigences méthodologiques dans la rédaction de votre réponse vous empêchera d’obtenir la
moyenne. Je vous invite donc à prêter une attention toute particulière aux différents
développements qui vont suivre. Avant de préciser les exigences spécifiques à la dissertation et
au commentaire, voici quelques remarques générales applicables aux deux exercices :
• Structurer vos propos : parce vos devoirs devront-être des démonstrations et non des
récitations de cours, il faudra absolument que vous structuriez vos propos pour rendre votre
argumentation compréhensible et efficace. Cette structuration passe par :
I- La dissertation
La dissertation est un exercice d’argumentation, une démonstration dont le but est de vérifier
que vous êtes capable de manier intelligemment les différentes connaissances acquises. Une
dissertation doit donc nécessairement démontrer quelque chose, défendre un point de vue
ou une idée à l’aide d’arguments. Cette exigence doit se retrouver à tous les niveaux de votre
devoir : introduction (A) ; plan (B) ; contenu des parties (C) et éventuellement conclusion (D).
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A) L’introduction
L’objectif de l’introduction est d’introduire subtilement votre sujet, d’en montrer les enjeux et
de le problématiser avant d’expliquer comment vous allez répondre aux problèmes/tensions
identifiés. Par « introduire subtilement votre sujet » il faut comprendre : vous approprier ce
dernier c’est-à-dire que vous devez réussir à justifier l’intérêt de réfléchir au sujet sans
jamais montrer que l’on vous force à le traiter. Vous devez faire comme si c’était vous qui
aviez eu l’idée de parler de ce sujet. Cette fonction essentielle de l’introduction justifie sa
longueur (jusqu’à 1/3 du devoir) et les différentes étapes qui la composent => 5 étapes :
– Définition : l’amorce est la phrase par laquelle vous allez commencer votre devoir. Elle
doit donc être particulièrement soignée. Son objectif est d’introduire subtilement votre
sujet par le biais d’une citation ou d’une réflexion générale sur celui-ci
- Illustration : votre sujet est le suivant « le premier ministre, véritable chef ou simple
ministre ? ». Votre phrase d’amorce pourra porter :
• Sur la façon dont le premier ministre est habituellement présenté en France dans
l’espace public : « Face à l’omnipotence médiatique du Président de la République, le
Premier ministre passe souvent pour un personnage de second rang voire pour le
simple exécutant de la volonté présidentielle à l’instar des autres ministres ».
• Sur une citation mettant en avant la « tension » qui existe dans le système
institutionnel français autour de la place du Premier ministre : « Moi, président de la
République, je ne traiterai pas mon premier ministre de collaborateur » (François
Hollande à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012).
- Définition des termes du sujet : la définition des termes du sujet est l’étape par laquelle
vous allez circonscrire le champ de votre sujet en définissant les différents termes qui le
composent. Suivant l’exigence d’appropriation du sujet que doit suivre votre introduction, il
faudra :
- Absolument éviter :
• Vous ne devez JAMAIS dire le sujet est « … » ou les termes du sujet sont « … »
avant de les définir : s’approprier son sujet c’est justement donner le sentiment que
le sujet vient de soi. Si vous dites les termes du sujet sont « … » cela signifie que le
sujet vous est imposé et que vous vous contentez de suivre les exigences sans être
véritablement capable de les comprendre et de les présenter par vous-même.
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cette définition des termes n’est absolument pas articulée mais consiste en une simple
juxtaposition/récitation de définitions.
• Faire une définition des termes visant à mettre en lumière les enjeux du sujet = Ex
(à nouveau avec le sujet sur le Premier ministre et en reprenant notre phrase
d’amorce) : « Face à l’omnipotence médiatique du Président de la République, le
Premier ministre passe souvent pour un personnage de second rang voire le simple
exécutant de la volonté présidentielle à l’instar des autres ministres. La puissance
écrasante du Président de la République semble en effet couper court à toute puissance
du Premier ministre au point de faire de celui un simple ministre parmi les autres. Il
dispose pourtant d’un véritable statut constitutionnel et d’attributions, notamment dans
le cadre de la procédure législative, qui semble en faire un véritable chef de
gouvernement capable de diriger l’action des autres ministres. »
- Intérêts/enjeux du sujet : une fois la définition des termes du sujet réalisée, il faut souligner
les enjeux du sujet c’est-à-dire les difficultés juridiques ou conceptuelles qu’il soulève, son
actualité… A nouveau, cette étape ne doit jamais prendre la forme « les intérêts du sujet
sont… » mais découler du début de votre introduction. A cet égard votre amorce et votre
définition des termes du sujet peuvent-être vus comme des moyens visant à amener les
différents enjeux du sujet.
Ø Sujet déjà problématisé : un sujet déjà problématisé est un sujet tourné sous forme
de question et qui exprime déjà, dans sa formulation, une tension/difficulté à
laquelle il est impossible de répondre par une pure récitation de cours => ex :
une constitution formelle détermine-t-elle le système de gouvernement d’un État ? ;
Le chef de l’État est-il réduit à la fonction exécutive dans la constitution de 1791 ? ;
« Le Premier Ministre, véritable chef ou simple ministre ? ». Un sujet déjà
problématisé vous invite nécessairement à prendre une position et à la défendre avec
une argumentation. Dans ce cas, il ne faut pas reformuler le sujet.1 Votre mission
se bornera à le présenter et en expliquer les enjeux (introduction) puis d’y répondre
(plan).
Ø Sujet formulé sous forme de question mais sans tension : ce sont les
sujets dont la formulation, si elle n’était pas changée, inviterait à une
pure récitation de cours, à une pure exposition de connaissances sans
aucune démonstration => ex Quelle est la place du chef de l’État sous la
constitution de 1791 ? ; De quelles manières peut se réviser une
constitution formelle ? ; Quelle est la place du Premier ministre au sein
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La seule chose que vous pouvez faire c’est précisez la problématique en la divisant en sous-questions. Mais si
vous reformulez un sujet déjà problématisé, cela revient à changer la problématique et donc à changer de sujet.
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de l’exécutif ? Dans toutes ces situations, il y a bien une question mais
pas de difficulté, c’est donc à vous de reformuler le sujet pour le tourner
sous forme de problématique.
- Annonce de plan : c’est la dernière partie de votre introduction dans laquelle vous allez
annoncer les deux ou trois grandes parties qui vont structurer votre réponse à la
problématique. Cette annonce doit bien mettre en valeur l’articulation de votre plan et
préciser les numéros de partie entre parenthèse => Ex (nous reprenons à nouveau notre sujet
sur le Premier Ministre) : « Si le Premier ministre apparait comme un véritable chef en
cohabitation (I), il ne devient pas pour autant un simple ministre en période de fait majoritaire
(II) ».
En somme, l’objectif d’une introduction est d’apporter tous les éléments essentiels au traitement
du sujet. Ce faisant, elle ne doit JAMAIS comporter des éléments de réponses à votre
problématique. Les éléments de réponse au sujet sont réservés au plan qui constitue votre
réponse à la question posée où à la question que vous avez identifiée si le sujet était ouvert.
NB : sur la forme, veillez à revenir à la ligne après votre amorce et après votre problématique
pour aérer votre introduction et rendre plus visible encore la séparation entre les différentes
étapes.
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(Intérêt ou tension du sujet) Pareille conception ne manque pas d’étonner si on la rapporte
aux origines du concept de séparation des pouvoirs. Ni Locke, ni Montesquieu, ni même les
pères fondateurs américains pourtant considérés comme les inventeurs du régime de séparation
stricte des pouvoirs, n’ont jamais considérés sérieusement l’isolement des pouvoirs comme une
option politique. Si cela était en partie justifié par des raisons empiriques - le modèle de
Montesquieu est la constitution anglaise qui ignore l’isolement des pouvoirs -, on retrouve chez
les différents auteurs de nombreux motifs théoriques à ce rejet.
(Problématique) Cette confrontation entre un usage politique et contemporain du principe de
séparation des pouvoirs et ses origines historiques met ainsi en lumière la tension qui règne
autour de sa définition, tension que l’on peut résumer à la question suivante : la séparation des
pouvoirs signifie-t-elle l’isolement des pouvoirs ? Si tel n’est pas le cas, comment la définir ?
(Annonce de plan) En reprenant à notre compte les différents arguments théoriques invoqués
par les inventeurs du concept de séparation des pouvoirs, nous montrerons que ce dernier ne
peut en aucune façon signifier l’isolement des pouvoirs (I) mais qu’il doit au contraire être
compris comme l’articulation des pouvoirs (II).
B) Le plan
Le plan est la structure de la réponse que vous apportez à votre problématique. Son but est donc
d’apporter une réponse convaincante et donc argumentée à la problématique identifiée. Cet
objectif a des conséquences directes sur la formulation de vos titres (2) qui doivent par ailleurs
respecter des exigences formelles spécifiques au droit (1).
- Nombre de partie : en principe, le plan typique en droit est en 2 parties 2 sous-parties. A titre
exceptionnel, vous pouvez vous autoriser à faire 3 parties ou 3 sous-parties si le sujet s’y
prête.
- Chapeau introductif : au début de chacune de vos parties, vous devez faire une petite annonce
du plan de votre partie c’est-à-dire présenter vos sous-parties de la même façon que vous
aviez annoncé votre plan dans l’introduction
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2) Les exigences de formulation des titres, la qualification
EX => nous allons voir la différence entre un titre qualifié et non qualifié :
• « Le statut du Premier Ministre » = titre non qualifié puisque n’affirme rien. Vous ne
pouvez donc logiquement pas démontrer un tel titre car il n’affirme strictement rien mais
invite simplement à la récitation des éléments du cours relatif au Premier ministre. Il ne
correspond donc pas aux exigences de la dissertation.
- Les connaissances que vous mobilisez dans vos sous-parties doivent toujours servir à
prouver l’affirmation contenue dans le titre de votre sous-partie : puisqu’une dissertation
est une démonstration, vous ne devez reproduire que les éléments utiles à votre
argumentation. Par exemple pour prouver que le Premier Ministre est un chef, vous n’avez
pas besoin de dire que la France est une démocratie ou que le droit constitutionnel a pour
origine la pensée libérale du 17ème siècle.
- Veillez à toujours rattacher les connaissances que vous mobilisez au sujet : cela peut
paraitre artificiel, mais il faut toujours montrer au correcteur par des petites phrases comme
« ainsi on voit que ; cela montre bien que ; ces différents éléments vont dans le sens… », que
vous êtes bien dans la démonstration et non dans la récitation aveugle. Par exemple lorsque
vous listez des dispositions constitutionnelles ou des faits, assurez-vous de toujours bien les
relier avec l’argument que vous défendez.
- Structurez le plus possible les arguments que vous mobilisez à l’appui de votre
affirmation : ne dépasser pas 3 arguments par partie et essayez de les présenter de façon
claire et précise. Pour ce faire, la démarche est simple : vous devez commencer par annoncer
ce que vous voulez démontrer puis dérouler votre argumentation à l’aide d’adverbes de
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liaison => par ex le contenu de votre sous-partie pourra prendre la forme suivante : « La
détermination de la composition du gouvernement par le Premier Ministre se constate de
plusieurs façons : d'abord (argument 1) ; ensuite/de plus (argument 2) ; enfin (argument 3).
Revenez à la ligne dès que vous changez d’argument pour plus de lisibilité.
D) La conclusion (facultative)
II- Le commentaire
La méthodologie du commentaire reprend plusieurs des exigences de la dissertation,
notamment la nécessité de démontrer et non de réciter, mais s’en distingue par la spécificité de
son objet : un texte. Ainsi, l’introduction (A), le plan (B) et le contenu de vos parties (C) ne
remplissent pas exactement les mêmes objectifs que dans une dissertation.
A) L’introduction
L’objectif d’une introduction de commentaire est de présenter le texte et ses enjeux afin de
trouver un axe de lecture sur lequel se construira votre plan. Cela suppose d’identifier ce
qu’essaie de démontrer l’auteur du texte, la position qu’il adopte vis-à-vis d’un problème
théorique ou pratique donné. Comme pour la dissertation, l’introduction se compose de 5
étapes :
- Amorce : comme pour la dissertation il s’agit d’une phrase par laquelle vous introduisez le
sujet c’est-à-dire en l’espèce le texte.
- Présentation du document : plusieurs éléments dont l’ordre dépendra bien souvent de votre
phrase d’amorce :
• Résumé rapide de l’objet du document : dire que le texte porte sur X question ou s’insère
dans X débat sans détailler la position adoptée par l’auteur
• Présentation très succincte de son auteur : reproduisez le nom de l’auteur, ses dates mais
n’entrez pas dans les détails de sa vie sauf si cela est particulièrement important pour
comprendre les enjeux du document.
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- Problématique ou axe de lecture : votre problématique doit-être la formulation précise dans
la forme que vous souhaitez (pas nécessairement sous forme de question donc) du problème
auquel le texte que vous avez à commenter répond. Puisqu’un texte défend une thèse/idée,
votre rôle n’est pas de déterminer librement une problématique mais d’identifier la
question/problème auquel répond le texte. Si vous ne respectez pas cette exigence, votre
devoir deviendra automatiquement une dissertation puisque s’écartera du texte et de son sujet
pour traiter un sujet que vous aurez vous-même déterminé.
- Annonce de plan : comme pour la dissertation vous devez annoncer votre plan avec les
numéros de partie entre parenthèse.
« (Amorce) Rien n’a plus divisé la doctrine publiciste de la fin du 19ème siècle que la
construction d’une définition de l’État.
(Présentation du document) Si le débat n’est toujours pas définitivement tranché aujourd’hui,
on peut sans conteste considérer que c’est la définition de Raymond Carré de Malberg,
développée notamment dans son célèbre ouvrage Contribution à une théorie générale de l’État,
qui s’est imposée dans la doctrine publiciste française. C’est notamment des pages « x à x »
qu’il développe précisément ce que constitue pour lui les critères juridiques de la notion d’État.
(Intérêt du document) Toutefois, loin de se limiter à une simple proposition de définition, le
texte de Carré de Malberg se veut être, dans un contexte de débats interposés entre auteurs, un
recensement et une réfutation des définitions classiques de l’État. Précisément, c’est à la
définition classique de l’État par ses éléments constitutifs que l’auteur consacre une grande
partie de ses analyses avant de proposer sa propre définition.
(Problématique) En somme, Raymond Carré de Malberg entend renouveler la définition de
l’État en insistant sur son caractère éminent juridique.
(Plan) Pour ce faire, l’auteur commence par une critique de la définition classique de l’État par
ses éléments constitutifs (I) pour ensuite proposer une définition « purement » juridique de
l’État qu’il considère comme seule appropriée à la compréhension de ce dernier (II). »
B) Le plan
Votre plan doit répondre aux mêmes exigences que pour la dissertation avec une différence
majeure quant à la formulation de vos titres. Pour ne pas tomber dans la dissertation et rester
dans le commentaire, vos titres doivent toujours être des reprises ou des critiques des
arguments/positions défendues par le texte à commenter. Ainsi, là où dans une dissertation vos
titres doivent-être des affirmations pour assurer l’aspect démonstration, dans un commentaire
ils doivent être des reprises des affirmations de l’auteur ou des critiques de ses positions.
EX :
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• « La définition de l’État par ses éléments constitutifs » = titre mal formulé. Avec ce titre,
vous évoquez la théorie de la définition de l’État par ses éléments constitutifs mais vous
n’indiquez rien sur ce que dit l’auteur vis-à-vis de cette théorie.
Cela tombe sous le sens mais il est toujours bon de le préciser : dans un commentaire il faut
que chacune de vos parties se fondent sur le texte. De cette exigence en découle plusieurs
autres :
- Vous devez absolument citer ou renvoyer en texte pour appuyer vos arguments : il ne
s’agit pas de citer en permanence le texte, ce qui pourrait revenir à le paraphraser (c’est-à-
dire le répéter sans aucun apport), mais mobiliser les passages essentiels à la construction de
votre argumentation. Par ex si vous affirmez que l’auteur rejette la définition de l’État par
ses éléments constitutifs, il faudra reproduire le passage en question ou au moins indiquer les
lignes sur lesquelles vous vous fondez.
Attention cependant à ne pas tomber dans la paraphrase ! Commenter un texte ce n’est ni répéter
ce que l’auteur dit, ni le formuler d’une autre façon. Commenter c’est mettre en lumière les
différentes idées défendues par l’auteur, les expliciter et potentiellement les critiquer à l’aide
de vos connaissances.
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III- Petit mode d’emploi pour la gestion de votre temps en examen
Contrairement à ce que l’on peut penser, 3h, c’est court. Aussi, pour que vous ne soyez pas
dépassés par l’inéluctable écoulement des minutes, voici quelques indications temporelles qui
vous permettront de maitriser votre chrono et de vérifier si vous êtes dans les temps.
Pour la dissertation :
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B) Rédaction : 2H
On se tue à vous le seriner sur tous les tons depuis des années, alors relisez-vous! Il ne s’agit
pas de parcourir distraitement la copie pour meubler les dernières minutes d’épreuve, mais bien
de traquer de manière systématique les fautes les plus communes : erreurs de conjugaisons
(surtout sur les verbes du 2è groupe, fréquents en droit), homophonies (a et à, terminaisons de
verbes en –er ou en –é, etc.), fautes d’accord entre le sujet et le verbe ou entre le substantif et
l’adjectif. Une copie bourrée de fautes en dit long sur votre négligence, pour ne pas dire votre
mépris du correcteur. Ce n’est que justice si sanction s’ensuit. Elle sera lourde.
Pour le Commentaire
B) Rédaction : 2 heures
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II/ Modalités de contrôle des connaissances
La note de Travaux dirigés représente 50% de votre note finale de semestre dans la matière
concernée. Elle se compose elle-même :
- D’un galop d’essai (50%) : entrainement à l’examen avec les mêmes modalités
que ce dernier : 3 heures en amphithéâtre avec choix entre exercice théorique
(dissertation) et pratique (commentaire)
Sur la base de ces trois notes sera calculée la moyenne arithmétique de TD qui pourra être revue
à la hausse ou à la baisse en fonction :
- Les fautes d’orthographe seront chassées sans répit ! Dans tous vos devoirs, en
fonction de leur nombre, les chargés de TD vous retireront entre 4 et 6 points.
La semaine suivante, l’étudiant qui ramera une copie dont les fautes auront été
soigneusement corrigées récupérera la totalité des points ôtés, moins un. Vous
êtes beaucoup trop nombreux à considérer comme accessoire une orthographe
correcte ce qui, plus tard, vous pénalise sur le marché du travail.
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III/ Indications bibliographiques générales
La lecture régulière d’un ou plusieurs manuels est indispensable à la réussite de l’examen. Elle
permet non seulement d’approfondir les connaissances, mais aussi de se familiariser avec le
raisonnement juridique, de diversifier son vocabulaire, d’améliorer son style et son
orthographe.
→ Il faut donc que vous investissiez dans l’achat d’un manuel récent, afin de pouvoir l’annoter,
le souligner, etc. Je vous indique ci-dessous des ouvrages qui m’ont, peut-être plus que d’autres,
servi à élaborer le cours magistral. Mais l’énumération est loin d’être exhaustive et il n’est pas
indispensable de choisir votre manuel dans cette liste. L’important est en réalité de choisir un
ouvrage qui vous convient personnellement et de le fréquenter assidûment. Chacun d’entre
vous doit donc faire l’effort de se rendre en bibliothèque ou dans une librairie, afin de choisir
les manuels qui lui semblent les plus accessibles et intéressants.
Afin de vous aider, et pour que vous ne soyez pas submergés par la richesse de cette liste, j’ai
indiqué en gras les outils qui, selon moi, constituent les meilleurs supports pour travailler le
cours et les travaux dirigés.
Mais avant de vous plonger dans ces derniers, je vous recommande vivement, pour une
excellente introduction au droit constitutionnel : Denis BARANGER, Le droit constitutionnel,
8ème édition, PUF, coll. « Que sais-je ? », n°3634, Paris, 2024.
Au choix, l’essentiel étant d’acquérir le livre qui vous convient et de le lire chaque semaine.
Vous pouvez tout aussi bien opter pour un autre manuel que ceux figurant dans la liste ci-
dessous. Veillez si possible à acquérir, neuf ou d’occasion, l’édition la plus récente.
BRUNET (P.), HAMON (F.), TROPER (M.), Droit constitutionnel, LGDJ, 45ème édition,
2024.
DAUGERON (B.), Droit constitutionnel, PUF, 2024.
BOUDON (J.), Manuel de Droit constitutionnel, 2 tomes, PUF, t. 1, Théorie générale – Histoire
– Régime étrangers, 4ème édition, 2023 ; t. 2, la Vème République, 5ème édition, 2024.
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B/ Autres manuels à consulter
LAUVAUX (Ph.), LE DIVELLEC, Les grandes démocraties contemporaines, 4ème éd., 2015.
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4. Ouvrages d'histoire constitutionnelle
AVRIL (P.), La Vème République, histoire politique et constitutionnelle, P.U.F., 2ème éd 1994.
CHEVALLIER (J. –J.), Histoire des institutions et des régimes politiques de la France de 1789
à 1958, Dalloz, 2009.
CHEVALLIER (J.-J.), CARCASSONNE (G.) et DUHAMEL (O.), Histoire de la Ve
république, 16ème éd., Dalloz, 2017.
CHAPSAL (J.), La vie politique en France 1940-1958, P.U.F., 1996.
ELLUL (J.), Histoire des institutions, le XIXème siècle, collection "Quadrige", P.U.F., 1999.
MORABITO (M.), Histoire constitutionnelle de la France, (1789-1958), Montchrestien, coll.
"Précis Domat droit public", 17ème édition, 2022.
TROPER (M.), La séparation des pouvoirs et l'histoire constitutionnelle française, Paris,
L.G.D.J., 1980.
VELLEY (S.), Histoire constitutionnelle de 1789 à nos jours, Ellipses, 3ème éd., 2009.
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6. Dictionnaires et lexiques
AVRIL (P.), GICQUEL (J.), Lexique. Droit constitutionnel, P.U.F.
CARCASSONNE (G.), Petit dictionnaire de droit constitutionnel, Points Seuil.
DUHAMEL (O.), MENY (Y.), (dir.), Dictionnaire constitutionnel, P.U.F.
SIRINELLI (J.-F.) (dir.), Dictionnaire historique de la vie politique française au XXème siècle,
PUF, 2003.
VILLIERS (M. de) et LE DIVELLEC (A.) Dictionnaire de droit constitutionnel, Armand
Colin, 13ème éd., 2022.
7. Principales revues
8. Recueil de documents
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RIALS (S.), Textes politiques français, P.U.F., coll. "Que sais-je ? »,
VERPEAUX (M.), Textes révolutionnaires français, P.U.F., coll. "Que sais-je ? »,
D’une manière générale, vous trouverez beaucoup de documents sur Internet. Inutile de préciser
que la copie d’un devoir trouvé sur un site spécialisé dans cette industrie, sur wikipedia ou
encore l’utilisation du prêt à penser délivré par une prépa privée sera lourdement
sanctionnée.
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IV/ Les Constitutions de la France
Constitution de 1791 - 3 et 4 septembre 1791
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V/ Thèmes des séances du 1er semestre
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V/ CONCEPTS ET NOTIONS DU 1ER SEMESTRE
Ces concepts et notions seront évoqués en cours magistral et/ou en TD au fil du semestre. Il
est vivement recommandé aux étudiants d’en chercher régulièrement les définitions précises
dans un lexique ou dictionnaire de droit public (cf. bibliographie supra). Liste non exhaustive.
Ancien régime
Article
Assemblée constituante
Assemblée nationale
Autorité judiciaire
Autorité juridictionnelle
Balance des pouvoirs
Bicamérisme ou bicaméralisme
Bloc de constitutionnalité
Bureau (de l’assemblée nationale ou du sénat)
Charte
Checks and balances (freins et contrepoids)
Confédération
Cohabitation
Confédération
Congrès (en France)
Conseil constitutionnel
Constitution
Descriptive
Normative
Matérielle
Formelle
Souple
Rigide
Constitutionnalisme
Contrôle de constitutionnalité
Convention de la constitution
Cour constitutionnelle
Coutume
Décentralisation
Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789
Déconcentration
Démocratie
Directe
Représentative
Dissolution
Election
Electorat
Eligibilité
État
Etat de droit
Etat fédéral
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Etat unitaire
Etat régional
Exception d’inconstitutionnalité
Loi constitutionnelle
Loi organique
Loi référendaire
Mandat
Impératif
Représentatif
Nation
Parlement
Pouvoir constituant
Originaire
Dérivé
Pouvoir exécutif
Pouvoir législatif
Pouvoir judicaire
Pouvoir juridictionnel
Préambule (de la constitution)
Projet de loi
Proposition de loi
Question prioritaire de constitutionnalité
Référendum
Représentation proportionnelle
Scrutin majoritaire
Séparation des pouvoirs
Souveraineté
Suffrage universel
Supraconstitutionnalité
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Repères chronologiques sur l’histoire et la pensée constitutionnelles
ÉCRITS DE PENSEURS
FRANCE EUROPE RESTE DU MONDE
ET THEORICIENS
Grotius, Du droit de la Louis XIII (1610-1643) Angleterre : Petition of Rights Pèlerins du Mayflower
guerre et de la paix (1629) (1620)
(1625)
Angleterre : Grande Fundamental Orders
Remontrance (1641) du Connecticut (1639)
Angleterre : Exécution du Roi
Charles Ier (1649)
Angleterre : Agreement of the
Hobbes, Léviathan La Fronde (1648-1653) People (1647-1649)
(1651) Angleterre : Instrument of
Government (1653)
Angleterre : Humble Petition
Début du règne personnel de and Advice (1657)
Pufendorf, Droit de la Louis XIV (1661) Angleterre : Restauration Fundamental
nature et des gens (1672) monarchique (1660) Constitution de la
Caroline (1669)
Charte de la
Suède : Constitution du Pennsylvanie (1701)
Voltaire, Lettres Frihetstiden (« Ere de la
philosophiques (1734) liberté ») (1719 et 1720)
Montesquieu, De l’esprit
des lois (1748)
Rousseau, Du contrat
social (1762) Louis XV : Discours « de la
flagellation » (1766)
De Lolme, Constitution Déclaration
de l’Angleterre (1771) d’indépendance des
colonies d’Amérique
(1776)
Constitution des
Sieyès, Qu’est-ce que le Ouverture des État généraux (5 États-Unis
Tiers Etat ? (janv. 1789) mai 1789) d’Amérique (1787)
Déclaration du Tiers Etat (17 juin
1789)
Déclaration des droits de
Burke, Réflexions sur la l’homme et du citoyen (26 août
Révolution de France 1789)
(1790)
Thomas Paine, Les droits
de l’homme (1791)
1re Constitution écrite (3-14 Royaume de Pologne :
Necker, Du pouvoir septembre 1791) Constitution du 3 mai 1791
exécutif dans les grands
États (1792) Proclamation de la République
(21 septembre 1792)
26
Kant, Projet de paix Constitution de l’An III (1795)
perpétuelle (1796) (Directoire)
Hegel, La Constitution
de l’Allemagne (1800) Bonaparte Consul à vie (1802)
Code civil des Français Napoléon Ier Empereur (1804) Dissolution de Saint-Empire
(1804) romain germanique (1806)
Constitution du Royaume de
Suède (1809)
Charte constitutionnelle (4 juin Constitution du Royaume des
1814) (Restauration) Pays-Bas (1814)
Constitution du Royaume de
Norvège (1814)
Benjamin Constant, Acte additionnel, Empire Acte de la Confédération
Principes de Politique français (22 avril 1915) (les germanique (8 juin 1815)
(1815) « Cent Jours »)
Chateaubriand, De la
Monarchie selon la Constitution du Royaume de
Charte (1816) Bavière (1818)
Constitution du Royaume de
Wurtemberg (1819)
Constitution du Royaume du
Portugal (1826)
27
Woodrow Wilson, Japon : Constitution
Congressional impériale (1889)
Government (1884)
A.V. Dicey, The Law of
the Constitution (1885)
A. Esmein, Eléments de
droit constitutionnel
(1895)
Constitution pour la
Hans Kelsen, Théorie Royaume-Uni : Premier Fédération d’Australie
générale de l’État (1911) Parliament Act (1911) (1900)
Russie : Révolution
bolchévique (1917)
Constitution de la République
de Finlande (1919)
Constitution de la République
de Weimar (1919)
Constitution de la République
fédérale d’Autriche, de la
Tchécoslovaquie (1920)
Maurice Hauriou, Précis Constitution de la République
de droit constitutionnel de Pologne (1921)
(1923)
Carl Schmitt, Théorie de
la Constitution (1928) Allemagne : Hitler Chancelier
Hans Kelsen, Théorie (1933)
pure du droit (1934,
revue 1960) Constitution de la République
d’Irlande (1937)
Loi constitutionnelle du 10 juillet
1940 (Pleins pouvoirs à Pétain)
28