Outils essentiels en gestion des ressources humaines
Outils essentiels en gestion des ressources humaines
DU NOD
Maquette intérieure : Catherine Combier et Alain Paccoud
Couverture : Didier Thirion/ Graphir design
Photos couverture : Didier Thirion/ Graphir design
Mise en pages: Nord Compo
ISBN 978-2-10-071894-8
Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l' article
L. 122-5, 2° et 3 ° a), d'une part, que les «copies ou reproduction s strictement
réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective »
et, d 'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et
d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite
san s le consentement de l'auteur o u d e ses a yants droi t ou ayants cause est
illicite » (art. L. 122-4) .
Cette représentatio n o u rep roduction, par quelque procédé que ce soit, consti tue-
ra it donc une contrefaçon sa nctionnée pa r les articles L. 335-2 et suivants du
Code de la propriété intellectuelle.
Table des matières
Remerciements 1
Introduction 3
ï:)
' Selon quelle organisation du travail,
0
c
::J
avec quelles descriptions de poste,
0
(Q) Les Atelières peuvent-elles relever ce défi? 32
111
~ Table des matières
IV
~ Chapitre 3 Les outils du recrutement 67
/ Comment recruter? 68
Les étapes du recrutement 68
L'encadrement légal du recrutement 69
Mesurer l'efficacité du recrutement 71
Attirer les candidats 72
Soigner l'image employeur 72
Une description d'emploi et un profil de poste réalistes
de l'emploi 74
La campagne de recrutement 77
Sélectionner les candidats : quels outils? 78
Qu'est-ce qu'un bon outil de sélection? 79
Les outils de sélection en vogue 82
Les tests de sélection 87
Les outils de socialisation et d' intégration 94
L'importance de bien intégrer les nouveaux embauchés 94
Les tactiques de socialisation 94
Les programmes d'accueil 96
Étude de cas : attirer et retenir les talents :
le programme Air Liquide Leading Excellence (Allex) 99
\J
0
c Les objectifs du programme Allex 99
::J
0
Un recrutement basé sur le potentiel 100
0"""
,-t
V
~ Table des matières
VI
Des avantages sociaux variés
et liés aux résultats organisationnels 159
Une rémunération incitative en développement 160
Les retombées des outils de rémunération 161
Et demain ? 162
8-------- Chapitre 7
c.
Les outils de pilotage
/ et d'audit social 191
VII
~ Table des matières
Conclusion 221
Bibliographie 227
Index 229
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0
c
::J
0
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0
N
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O'I
1:::
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c.
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VIII
Remerciements
1
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N
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O'I
1:::
>-
c.
0
u
1ntrod uction
3
~ Introduction
Finalités de l'ouvrage
~ Comment, en tant que directeur des ressources humaines, mettre
en place une politique qui soit efficace? Comment démontrer que
les actions menées sont «efficaces »? Cet ouvrage tente d'apporter
quelques voies de réponse.
• Il fait état des principaux outils qui existent en GRH, et à ce titre
constitue un excellent guide pour se familiariser avec les pratiques
des ressources humaines.
4
• Il donne aux professionnels une synthèse des principaux outils de
GRH qu'ils sont amenés à utiliser dans leur fonction d'encadrement,
ainsi que des clés pour les utiliser.
• Il propose, au-delà des outils, des grilles de diagnostic et d'analyse
qui sont fort utiles à tous les spécialistes RH pour préciser leurs ac-
tions et réfléchir à leur qualité.
• Il a été bâti dans un effort de synthèse et de progression pédago-
gique, et peut donc être utilisé par des formateurs et des ensei-
gnants comme support de cours et de stages.
• Il offre aux étudiants un panel de connaissances techniques qu'il est
indispensable de posséder dès que l'on souhaite évoluer vers une
spécialisation RH.
L'ouvrage propose donc une vision pratique et concrète de la gestion des
ressources humaines. Sa finalité peut se résumer par la phrase suivante :
« Que faire pour structurer une politique de gestion des ressources
humaines et pour rendre compte de son efficacité ? »
Organisation de l'ouvrage
~ / /
Format general
-ci L'ouvrage est découpé en chapitres qui traitent chacun d'une fonc-
0
c
::J
0 tion de la gestion des ressources humaines, à savoir:
"""
,-t
0 • la description des emplois et des compétences;
N
......;
@
~
• la gestion prévisionnelle et la planification des ressources humaines;
.µ
ï:)
~
O'I
1:::
c
::J
• le recrutement ;
>- .....,
c. V>
Q) • l'évaluation des salariés;
0
u Q)
' Q)
·~ • la rémunération;
0
.....,
::J
ro • la formation et le développement professionnel;
c
0
c • le pilotage et l'audit social.
Q)
·o_ Pour chaque fonction, une palette d'outils est introduite, avec le
0
u
0
.....,
0
contexte de leur apparition, les modalités de leur utilisation, et un
~
c. regard critique sur leurs avantages et leurs inconvénients. La présen-
ro
_J
ï:)
tation des outils est également éclairée par des points de repère juri-
0
c diques fondamentaux, que tout professionnel se doit de connaître
::J
0
(Q) pour comprendre les logiques sous-jacentes aux outils des RH.
5
~ Introduction
6
attention particulière est portée aux outils de sélection des candidats,
qui ne laissent personne indifférent, tant il s'agit d'une activité visible
pour les entreprises. Le chapitre propose une analyse critique de ces
outils, et invite le lecteur à ne travailler qu'avec les plus valides d'entre
eux. Il conclut par la présentation de la procédure de recrutement
des jeunes diplômés chez Air Liquide Canada, qui illustre les conseils
donnés dans le chapitre et présente des méthodes innovantes pour
attirer et développer les jeunes talents.
L'évaluation des salariés est abordée dans le chapitre quatre. La plu-
part des entreprises possèdent un guide d'entretien ou un processus
d'entretien. Pour autant, ces outils ne garantissent pas l'efficacité du
processus, qui se heurte bien souvent aux subjectivités et sensibili-
tés des salariés, ainsi qu'au manque de temps et de formation de
la hiérarchie pour ce type d'exercice. Le chapitre accorde une part
importante aux modalités et aux conditions d'une utilisation efficace
des outils d'évaluation. Le lecteur y trouvera des recommandations
pour optimiser le processus d'évaluation, ainsi qu'une présentation de
méthodes alternatives d'évaluation comme le 360 degrés.
Les outils de rémunération présentés dans le chapitre cinq font
état des principes de construction d'une grille de salaire. À l'aide
d'exemples, le chapitre attire l'attention sur les réflexions à mener
-ci lorsque l'on bâtit cette grille. Il présente quelques indicateurs qui per-
0
c
0
::J mettent d'analyser la hiérarchie des salaires et ses conséquences sur la
"""
,-t mobilité. Le chapitre fait aussi état des modalités complémentaires de
0
N
@ .....; rémunération à l'image de l'épargne salariale. Le cas de l'entreprise
.µ ~
~
O'I
ï:)
c Kaliop permet d'offrir un exemple de tout ce qu'une entreprise peut
1::: ::J
>- .....,
c. V>
Q)
mettre en place comme outils de rémunération pour attirer, motiver
0
u Q)
' Q)
et retenir ses salariés.
·~
0
.....,
::J Le chapitre six sur la formation et le développement professionnel
ro
c
0
c
présente des outils touchant à la construction du plan de formation
Q)
·o_ et à l'évaluation des retombées de la formation. Mettre en place des
0
u
0
....., outils qui éclairent sur les bénéfices de la formation serait fort utile
0
~
c..
ro
aux professionnels des RH . Le lecteur trouvera une réflexion sur la
_J
ï:)
manière dont on évalue traditionnellement la format ion, ainsi que
0
c des out ils plus originaux, centrés sur l'impact social de la formation
::J
0
(Q) par exemple. Le chapit re s' achève sur la présentation du prog ramme
7
~ Introduction
~ Bonne lecture !
Nous espérons que cet ouvrage contribuera modestement à aider les
professionnels actuels et futurs de la fonction RH, ainsi que les mana-
gers, à se doter et à utiliser des outils RH efficaces et adaptés à leur
contexte d'entreprise. Bonne lecture à tous.
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0
c
::J
0
"""
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0
N
@
.µ
~
O'I
1:::
>-
c.
0
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8
Chapitre 1
Les outils
de la gestion
des emplois et
des corn pétences
Executive summary 1
'
-0
0
c
:::J
0
~
9
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
Définition et terminologie
La gestion de l'emploi a conduit à développer un des outils fonda-
m entaux de la GRH: la description d'emploi, égalem ent appelée
10
description de poste ou description de fonction, qui correspond à
un document faisant la synthèse des tâches devant être effectuées
dans un emploi, poste ou une fonction donnée.
Les termes d 'emploi, de poste et de fonction renvoient tous
à la liste de tâches que l'on effectue dans son travail. Le terme
« emploi » émane de la notion d'emplois types développée dans
les conventions collectives. Il évoque un ensemble de tâches, de
devoirs et de responsabilités. Le terme «poste» est issu du vo-
cabulaire militaire et renvoie à un travail régulier et à son lieu
d'exercice. La « fonction » est rattachée à une situation de travail
qui demande de l'autonomie. Si l'usage du terme « poste » s'est
imposé avec Taylor et l'idée de « travail posté », l'usage du mot
« fonction » est apparu beaucoup plus tardivement dans le jar-
gon des entreprises. Ceci dit, les entreprises utilisent de manière
interchangeable ces termes, selon la culture de l'entreprise et la
terminologie utilisée dans la convention collective dont dépend
l'organisation.
La description d'emploi
L'outil de description d'emploi prend la forme d'un document
écrit de 2-3 pages environ, qui explique la raison d'être d'un
-ci emploi et présente une synthèse des tâches qui doivent y être
0
c exécutées.
::J
0
"""
,-t
0
N
.....;
• Contenu et rubriques d'une description d'emploi
@
.µ ~
~
O'I
ï:)
c Même si le contenu des tâches à décrire diffère d'un poste à l'autre,
1::: ::J
>- .....,
0
c. V>
Q)
les règles de formalisation d'une description d'emploi sont relati-
u Q)
' Q)
·~
vement homogènes. Toute description d 'emploi se présente sous
0
.....,
::J la forme d 'un texte identifiant la nature du travail à accomplir
ro
c dans un emploi particulier, les m éthodes, les conditions de tra-
0
c
Q)
·o_ vail, les devoirs et les responsabilités de la personne qui occupe cet
0
u
0
....., emploi. Ces renseignements sont classés par thèmes ou rubriques,
0
~
c.. comme le précise la fiche pratique suivante.
ro
_J
ï:)
0
c
::J
0
(Q)
11
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
0 1.
•
Le contenu d'une description d'emploi
Souvent mentionné
• Marge d'autonomie (précision des attributions).
• Profil, exigences, qualités requises.
• Évolutions possibles vers d'autres emplois.
Éventuellement
• Nombre de personnes dans cet emploi.
"O
0
c: • Pourcentage de temps consacré à chacune des activités.
:i
0 • Volume approximatif des activités.
'<:t
r-i
0 • Autres fonctions dépendant de la fonction décrite (relations hiérar-
N
@ chiques ascendantes).
.µ
.c
O'I • Mode de contrôle par autrui (hiérarchie).
ï:::
>-
a. • Assistance par autrui (autre que la hiérarchie).
0
u
• Style de rédaction
La plupart des descriptions d'emploi suivent des normes de ré-
daction similaires, qui donnent une couleur bien reconnaissable
à cet outil.
La raison d'être du poste résume en quelques phrases pourquoi
le poste existe et quelle est l'étendue des responsabilités qui y sont
rattachées.
12
Les tâches et responsabilités sont énoncées sous forme de listes.
Elles sont décrites à l'aide de verbes d'action concis et précis, qui
visent à expliciter les gestes ou les actions requis dans l'emploi:
répondre, appliquer, coordonner, superviser, mettre à jour, etc.;
Dès que possible, on mentionne des faits chiffrés, tels des élé-
ments quantitatifs sur le temps alloué à chaque tâche (en pour-
centage du temps de travail total) ou des informations sur des ni-
veaux de budget géré.
La rubrique « exigences », ou « qualités requises », fait état
de niveaux de connaissances ou d'études requis pour réaliser les
tâches, conformément à la logique de qualification : la maîtrise
préalable de ces exigences est indispensable à la tenue de l'emploi.
De telles informations facilitent la compréhension du poste et
des responsabilités qu'il nécessite. En général, la description reste
souple pour être adaptable aux évolutions de l'emploi. C'est pour-
quoi la mention « ou toute autre tâche de même nature » peut être
ajoutée en conclusion pour faciliter l'actualisation et offrir plus
d'autonomie et de liberté à son titulaire. Mais attention, l'emploi
est décrit indépendamment des qualités ou du nom du ou de ses
titulaires : il porte sur les tâches et non sur les individus.
La fiche pratique suivante permet présente l'exemple de la des-
-ci cription d'emploi
0
c:
:i
0
'<:!-
.--i
0
0
N
.....;
@
.µ
::Qj '}.
.c
O'I
-0
c:
• Exemple de la description d'un emploi
ï::: :i
>- .....,
a.
0
V>
Q)
d'ingénieur mécanique
u Q)
' Q)
·~
0
.....,
:i
Cette description a été rédigée par Les Entreprises TAC qui sont spéciali-
ro
c:
0
sées dans l'industrie forestière et localisées à Mississauga (Ontario), et à
c:
Q) St-Michel-des-Saints (Québec).
'ë._
0
u Source: adapté du site http: //[Link]/ pdf/ Description_
0
ë
.c de_poste_lngenieur_Mecanique.pdf, consulté le 26 mars 2014 .
CL
ro
_J
Titre de l'emploi: directeur de l'ingénierie
-0
0
c: Lieu de travail : Saint-Michel-des-Saints, usine
:i
0
Supérieur immédiat : Poste de directeur d es Opérations
~
13
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
Finalité de l'emploi
Le titulaire assure la gestion des projets d'ingénierie de l'entreprise. li fait
partie intégrante des équipes chargées de la planification, de l'organisa-
tion et du développement des projets d'ingénierie. En étroite collabora-
tion avec les gestionnaires de production, il s'assure que des solutions
efficaces sont présentées, développées et implantées de façon à atteindre
les objectifs des projets approuvés et les besoins des usines. Il effectue le
suivi des échéanciers de projets et du respect des coûts approuvés, le tout
pour les différentes installations de l'entreprise.
Principales responsabilités
• Prépare les documents, plans et devis afin de procéder à la rédaction
des contrats nécessaires à la réalisation des projets.
• Effectue la conception et les plans des modifications à l'aide des diffé-
rents logiciels.
• Planifie et supervise les projets, de la conception et du contrôle des
performances jusqu'à la mise en production.
• Uniformise tous les aspects des projets aux niveaux des opérations et
des pièces utilisées et ce, selon les normes prescrites par les manufactu-
riers et/ou fournisseurs d'équipements.
• Coordonne les demandes de budget pour les différents projets de ca-
pitalisation et en assure son contrôle.
• S'assure du maintien et de la mise à niveau requis dans le plan d'amé-
lioration continue des diverses installations.
\J
0 • S'assure de l'harmonisation des nouveaux projets avec l'ensemble des
c
::J
0 activités déjà en place aux diverses installations.
"""
,-t
0
• Travaille en collaboration avec le département de maintenance et de
N
@ production, pour la résolution des problèmes des installations.
.µ
~
O'I
• Prépare divers rapports pour la direction .
1:::
>-
c.
• Participe aux divers comités (direction, qualité, ISO, etc.).
0
u • Accomplit toutes ses tâches en conformité avec les politiques corpora-
tives ainsi que les lois et règlements en vigueur.
• Accomplit au besoin, toute autre tâche demandée par la direction.
Exigences
• Master en génie mécanique et/ ou de la production ou l'équivalent.
• Maîtrise de la langue anglaise parlée et écrite.
• Connaissance des logiciels de la suite Microsoft Office (Word, Excel,
Outlook).
• Connaissance d' un logiciel de dessins informatisés et de gestion de projet.
14
Environnement de travail
Le lieu de travail est situé à St-Michel-des-Saints. Le candidat peut être
appelé à se déplacer sur une base mensuelle aux bureaux de !'Ontario. Le
travail est effectué majoritairement en environnement d'usine de produc-
tion où la sécurité est une priorité.
--
>- .....,
c. V>
Q)
0 UJ
u Q)
' Q) Fabrication -
Q
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Stockage :..:
·~ base c hocolat u
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ro 1
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u
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Tri matiè re
première
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Malaxage
1
M2
-
M3
Séchage -
Stockage l
Emballage
Stockage
_J
ï:) Expédition
0
c
::J
0
(Q) Figure 1.1 - Production en mode linéaire
15
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
_ F2
M2
Réception des - -•• ilot 2 - - T2
1
matières premières
- - • ilot3 __- F3 M3_.
- T3
Stockage
•
ilotl
1
- Fl Tl -
Ml
Séchage - ---• Emballage
Stockage ,+.
Stockage
Expédition
"""
,-t
0
N
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O'I
1:::
>-
c.
0
u
Source : [Link]
16
Description d'emploi
et enrichissement du travail
Les tâches listées dans une description d'emploi sont révélatrices
des caractéristiques de l'emploi, c'est-à-dire de la variété des
tâches, de l'autonomie concédée au titulaire de l'emploi et du
sens qu'il est capable de trouver dans son travail à travers l' exé-
cution des tâches. Ces caractéristiques sont des moteurs majeurs
de la motivation au travail parce que c'est en partie à travers l'exé-
cution des tâches que l'individu peut prendre du plaisir et se sentir
valorisé dans son travail.
Les organisations du travail visant à étendre la variété des
tâches (la polyvalence) et à augmenter le contrôle que chacun
exerce sur son travail se traduisent par des descriptions de poste
plus souples, plus ouvertes, laissant de l'autonomie à l'individu
pour décider comment exécuter certaines tâches. Le travail par
équipes semi-autonomes comme dans le cas des îlots de produc-
tion présentés ci-avant, les groupes d'amélioration et les groupes
de projet ponctuels sont des exemples de ce type d'organisations,
qui enrichissent le travail en fournissant aux membres de l'équipe
une autonomie décisionnelle.
\J
~O'I
Principes et fondements
1:::
>-
0
c. La gestion des emplois, parce qu'elle se veut collective et se centre
u
sur des tâches indépendantes de l'individu, ne prend pas assez en
compte les motivations de la personne qui occupe l'emploi. Elle
ne tient pas assez compte des performances et des marges de pro-
gression individuelle. Par ailleurs, les salariés ne sont pas toujours
affectés à un emploi et avec l'enrichissement des tâches, certains
travaillent en équipes ou sur des missions qui les conduisent à
jongler d'un emploi à l'autre, voire d'un service à l'autre.
Comm ent satisfaire les besoins de motivation, de reconnais-
sance des réalisations individuelles, de nouveaux défis, ou en-
17
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
18
être) qui permettent à un individu d'atteindre un niveau de per-
formance supérieur. La conception de la compétence en lien direct
avec la performance de l'individu est plébiscitée dans l'approche
anglo-saxonne, qui met en avant deux types de compétences.
• Les compétences indispensables correspondent aux caracté-
ristiques fondamentales que tout salarié doit posséder pour at-
teindre le niveau minimal de performance requis.
• Les compétences distinctives représentent les caractéristiques
qui permettent de distinguer les salariés les plus performants de
ceux qui le sont moins.
Comment acquérir des compétences distinctives ? Comment ex-
pliquer que certains salariés aient des performances plus élevées que
d'autres? Tout l'intérêt de cette approche est là. Ce que souligne l'ap-
proche anglo-saxonne et qui est symbolisé par la métaphore de l'ice-
berg dans la figure 1.4, est que les savoirs, savoir-faire et savoir-être ne
correspondent qu'à l'aspect visible et descriptible de la compétence.
Acquérir des compétences distinctives suppose que l'on détienne des
qualités qui sont plus difficiles à développer, puisqu'elles émanent de
la personnalité, des valeurs et des sources de motivation de chaque
individu, qu'il s'agisse de concepts de soi (estime de soi, confiance en
soi), de traits de caractère (personnalité) ou de motivations (moteurs
individuels). La métaphore de l'iceberg montre que ces qualités sont
-ci
0
c
::J
nécessaires à l'émergence des compétences.
0
"""
,-t
0
N
.....;
@
.µ ~
ï:)
~
O'I c Aptitudes/savoir-faire
1::: ::J
>- .....,
c. V>
0
u
Q)
Q)
Con naissances/savoir 20 % VISIBLE
' Q)
·~ Comportements/savoir être
0
.....,
::J
ro
c
0
c
Q)
·o_ Concepts du soi
0
u
0
.....,
0
Traits de ca ractère
~
c..
ro
_J
Motivatio ns
ï:)
0
c
::J Figure 1.4 - La métaphore de l'iceberg
0
(Q)
19
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
20
- utiliser la notion de compétence pour formater les comporte-
ments des salariés: certains énoncés de compétences font état
de comportements, de type: «aider ses collègues», ou «adhérer
aux objectifs de l'entreprise », qui vont au-delà de qualités requises
pour bien faire un travail, et tendent à normer les comporte-
ments pour mettre l'individu au service des autres et de l'organi-
sation, et pas nécessairement pour l'aider à améliorer sa manière
de travailler.
Loin d'être anodines, ces dérives, souvent dues à un manque
de compréhension de la notion de compétence, peuvent avoir des
conséquences néfastes pour l'entreprise, comme le souligne la dé-
cision de justice présentée dans l'avis d'expert suivant .
• Avis d'expert
«La justice a fini par estimer que les entreprises allaient trop loin. Le tri-
bunal de Nanterre a ainsi déclaré illicite l'outil de la société d'édition
professionnelle Wolters Kluwer France, qui notait trois comportements
au travail.
• Le focus client : « prend toujours en compte les tendances et les évo-
-ci lutions du marché ainsi que les projections futures ».
0
c:
:i • L'innovation : « a une pensée originale »
0
'<:!-
.--i
• La responsabilité : « gère activement la chaîne d'interdépendance
0
N en acceptant les responsabilités de son rôle au sein de cette chaîne ».
.....;
@
.µ
::Qj Il est pour le moins étonnant, ont estimé les juges, que ces critères
.c -0
O'I c: de comportement, dont on voit bien la difficulté à les quantifier, entrent
ï::: :i
>- .....,
a. V>
Q) pour 50 % dans la notation finale. »
0
u Q)
' Q)
ë
0
On voit dans cet avis d 'expert qu'un énoncé de type « a une
.c
CL
ro
pensée originale», en s'apparentant trop aux traits de personnali-
_J
-0
té, est perçu comme trop subjectif et trop éloigné de la description
0
c: de méthodes ou manières de travailler pour être acceptable aux
:i
0
~ yeux du législateur.
21
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
22
Exemple d'un référentiel de compétences
managéria les
....------
Compé-
Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3
tence
23
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
e ").
4. Prioriser la programmation
des rendez-vous
pour rencontrer tous les clients
du portefeuille. >>
24
>> Ne sait
Sait faire Sait faire
Maîtrise
mais doit de manière
pas faire bien
progresser satisfaisante
5. Situer régulièrement
son activité par rapport
aux objectifs fixés en début
de période et analyser
les écarts de performance afin
de mettre en place des actions
correctrices.
Prospecter
1. Réaliser le nombre
d'entretiens prospects suivant
les objectifs définis.
2. Créer, développer
et exploiter un réseau
de prescripteurs.
3. Réaliser systématiquement
toutes les interrogations de
base de type BDF, lnfogreffe ...
afin de s'assurer de la qualité
des clients prospectés.
4. Réaliser chaque mois
une reconnaissance terrain des
clients prospectés dans le cadre
de leur présélection.
5. Suivre et relancer
les prospects en prenant
des rendez-vous.
\J
0
c
::J
0
25
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
26
plus marginales, les effets sur les autres pratiques de GRH se-
ront modérés. Dans ce cas, le processus d'analyse peut être plus
simple. On peut procéder par questionnaire intranet en de-
mandant aux titulaires des emplois, aux représentants les plus
performants d'un domaine de compétences, à leurs supérieurs,
d'indiquer les modifications qui devraient être apportées aux
outils existants compte tenu de leur contexte actuel de travail.
Des groupes de travail représentatifs de l'emploi ou du domaine
de compétence peuvent aussi être formés pour effectuer ce tra-
vail d'actualisation.
ï:)
0
c
::J
0
(Q)
27
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
0 '}.
• Élaborer une grille d'analyse avec des critères bien spécifiques. Tâches,
fréquence de réalisation, relations hiérarchiques, exigences, type de
qualités pour réussir. .. sont les principaux thèmes que l'on peut inclure
dans une grille d'analyse.
• Varier les outils d'évaluation: aucun d'entre eux n'est parfait; de pré-
férence, utiliser deux ou trois outils d'analyse pour collecter des infor-
mations complémentaires.
28
Tableau 1.1 - Principales méthodes d'analyse
c
0
::J
adressé à l'ensemble des personnes visées par la compétence.
0
(Q)
29
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
30
associer une échelle salariale. Mais les compétences peuvent aussi
être prises en compte dans la rémunération, afin d'ajouter à la
rémunération de base une reconnaissance monétaire des contri-
butions individuelles.
Enfin, les écarts constatés entre les performances d'un indi-
vidu et ce qui est mentionné d'une part dans la description des
emplois (tâches non encore maîtrisées), d'autre part dans le réfé-
rentiel de compétences (compétences à développer) conduisent
à préciser les besoins de formation. Ces points seront approfon-
dis dans le chapitre 6.
"
~ Etude de cas: comment produire
/ en toute petite série ?
L'organisation du travail
chez Les Atelières
La société Les Atelières ([Link] est née à
Villeurbanne en 2012 à la suite d'un plan social de l'entreprise
Lejaby. Suite aux nombreux reportages sur les ex-ouvrières de Le-
-ci jaby, Muriel Pernin et Nicole Mendez nourrissent l'idée d'ouvrir
0
c
::J
0 leur propre atelier de lingerie-corsetterie de luxe : les Atelières.
"""
,-t
0 En juin 2012, une souscription nationale est lancée sur Facebook
N
@ ......;
~
et sur internet à partir de 10 € le don. Trois mois plus tard, Les
.µ
ï:)
~
O'I
1:::
c
::J
Atelières récoltent 85 000 €. Elles bénéficient alors d'une média-
>- .....,
0
c. V>
Q) tisation de masse et grâce à la participation d'investisseurs indi-
u Q)
'Q)
·~
viduels désireux de soutenir le projet et à l'obtention de fonds de
0
.....,
::J
ro
revitalisation de l'État, l'entreprise réunit 500 000 €. Le 14 jan-
c
0
c
vier 2013, l'atelier ouvre ses portes et la production commence.
Q)
·o_
0
Un an plus tard, Les Atelières comptent parmi leurs clients des
u
0
.....,
0
marques prestigieuses de lingerie, mais aussi de jeunes créa-
~
a.
ro
teurs débutant sur le marché. L'entreprise est organisée en SCIC
_J
ï:)
- Société Coopérative d'intérêts Collectifs - et Muriel Pernin en
0
c
::J
est la présidente.
0
(Q)
31
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
\J
0
c
::J
Selon quelle organisation du travail,
0
avec quelles descriptions de poste,
"""
,-t
0
N
@
Les Atelières peuvent-elles relever ce défi ?
.µ
~
O'I
1:::
Très rapidement, l'entreprise s'est rendu compte que les prin-
>-
0
c. cipes traditionnels d'organisation du travail et de description
u
des postes n e convenaient pas pour sortir les pièces à temps et
en étant rentable. Les Atelières ont signé un partenariat avec
l'école d'ingénieurs l'INSA de Lyon, et un laboratoire spécialisé
en génie industriel. Pendant un an, un ingénieur doctorant s'est
chargé d'analyser les tâches ou opérations à effectuer et de faire
des recherches pour identifier la manière d'optimiser et de ren-
tabiliser la production de lingerie en petites séries. À la suite de
ce travail d'analyse des tâches, un nouveau processus de pro-
duction pouvant répondre aux besoins de l'entreprise a été mis
32
en place. Il repose sur le concept d'îlots de production de 5 per-
sonnes maximum.
Pour fonctionner en îlot, les salariés doivent maîtriser la plu-
part des opérations requises pour fabriquer un produit complet
de lingerie. À titre d'exemple, un soutien-gorge demande entre
30 et 50 opérations. Les couturiers des Atelières savent à présent
maîtriser jusqu'à 30 opérations ou tâches de fabrication. À l'op-
posé du taylorisme et de la parcellisation des tâches, les îlots de
production s'appuient sur le principe de polyvalence et de mul-
tiplicité des tâches, permettant à chaque couturier de fabriquer
un produit du début à la fin.
Il existe toutefois des spécialisations, et les 27 personnes
(25 femmes et 2 hommes) travaillant en production, peuvent
choisir de s'orienter vers une maîtrise plus approfondie des mé-
tiers d'ouvrier mécanicien, contrôleur qualité, coupeur, prototy-
piste, ou modéliste.
Afin de s'éloigner des principes de production tayloriens centrés
sur la description de tâches précises et simples, l'entreprise a adopté
un mode de gestion centré sur les compétences. Une liste (ou réfé-
rentiel) de compétences a été rédigée afin de préciser les connais-
sances et savoir-faire sur lesquels la polyvalence repose, et de ce
-ci
0
c
fait identifier les difficultés que chacun pourrait éprouver dans l'ap-
::J
0 prentissage des 30 à 50 opérations de production.
"""
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0
N
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.....;
~
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Formation et management participatif,
~
O'I
1:::
>-
c
::J
.....,
facteurs clés de succès des nouveaux
c. V>
modes de production
Q)
0
u Q)
'Q)
·~
0
.....,
::J
ro
Compte tenu des spécificités de la production et du besoin élevé
c
0
c de polyvalence chez les salariés, les personnes les plus aptes à oc-
Q)
·o_
0
cuper les nouveaux postes sur les îlots de production doivent pré-
u
0
.....,
0
senter des capacités élevées d'adaptation, de résistance au stress et
~
a..
ro
d'apprentissage. C'est sur ces critères que le personnel de produc-
_J
ï:)
tion a été recruté. L'industrie textile étant sinistrée, le m étier de
0
c couturier ou de corsetier n'était plus recensé lors de la recherche
::J
0
(Q) de salariés. La sélection des candidats n'a donc pas porté sur le
33
~ 1. Les outils de la gestion des emplois et des compétences
métier actuel exercé par les personnes, mais sur leur potentiel.
Elle fut réalisée à l'aide d'entretiens et de tests de couture. Sur
100 personnes reçues en entretien, seules 25 ont été recrutées, no-
tamment pour leurs capacités et leur mental face aux difficultés.
Le niveau et le domaine d'étude initial des personnes recrutées
varient fortement, incluant par exemple un BTS ou un Mastère
en histoire de l'art.
Dans ce contexte, la formation devient un élément central
du succès de l'entreprise. Les salariés recrutés ont ainsi béné-
ficié d'une formation poussée de trois mois sur la qualité des
produits de luxe. Une fois la production par îlots mise en place,
accompagnée de la liste des opérations et des compétences re-
quises pour les effectuer, Les Atelières ont mis en place un plan
de formation continue qui se traduit par la présence d'une for-
matrice à temps plein dans l'entreprise, et d'une monitrice. Le
but est de former l'intégralité des salariés à la polyvalence pour
qu'ils obtiennent un Certificat de Qualification Professionnelle
en lingerie-corsetterie.
Le besoin d'adaptation constant en production rend aussi
nécessaire la mise en place d'un management participatif, qui
permet à tous de s'exprimer et de faire progresser l'entreprise.
\J
0
Ainsi, des ateliers participatifs sont organisés environ deux fois
c
0
::J par mois afin de réfléchir à la manière dont il serait possible
"""
,-t
0
d'améliorer l'organisation de la production et l'aménagement de
N
@ l'atelier. Ces ateliers sont également l'occasion d'échanger avec
.µ
~
O'I
la présidente Muriel Pernin, qui est présente afin de répondre
1:::
>-
c. à toutes les questions qui lui sont posées.
0
u
L'autre outil de management participatif consiste en un suivi
individualisé des salariés. Tous les trois mois, un entretien indi-
viduel est organisé pour faire un point sur la situation de chaque
membre du personnel, identifier son évolution et répondre à ses
questions. Par exemple, le nouveau mode de production a per-
turbé certains couturiers qui, plus anciens dans le métier, avaient
connu les méthodes de production tayloriennes d'autrefois. Il a
fallu les soutenir pour accepter les changements et éviter les com-
paraisons avec les façons de faire précédentes.
34
Les nouveaux modes de production
fonctionnent-ils ?
Les bénéfices de la nouvelle organisation de la production ne
pourront être vraiment appréciés qu'à moyen et long terme. Mais
quelques semaines seulement après la mise en place des îlots
de production, la productivité des Atelières a augmenté, la qua-
lité des produits est présente, et le temps de fabrication des pro-
duits est mieux maîtrisé. Ainsi, l'entreprise est capable de fournir
le nombre de pièces à la journée nécessaire pour être rentable :
soit environ 150 pièces pour 8 couturiers.
L'essentiel 1
·~
0
.....,
::J
ro
c
0
c
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0
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35
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::J
0
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O'I
1:::
>-
c.
0
u
Chapitre 2
Les outils
de gestion
prévisionnelle
et de planification
Executive summary 1
u
0 Q)
Q)
dans l'entreprise.
' Q)
·~
0
.....,
:::J
...... Ce chapitre inscrit ces outils dans une démarche
ro
c de planification.
0
c
Q)
' ë._ ...... La démarche de planification et de gestion
0
u
0 prévisionnelle s'inscrit dans la loi sur la GPEC
ë
.c
CL du 18 janvier 2005, qui oriente le choix des outils
ro
_J
'
de planification.
-0
0
c
:::J
0
~
37
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
38
de GRH grâce à la Loi Borloo de 2005 (cf. fiche pratique 2.1), qui
instaure l'obligation de planifier les évolutions des emplois et des
compétences à un horizon de trois ans. La loi de 2013 portant
sur la création du contrat de génération (cf. fiche pratique 2.2)
conduit à renfoncer les pratiques de planification des entreprises,
en instaurant l'obligation d'anticiper les emplois des jeunes et des
seniors afin de mieux amortir les 600 000 départs et l'entrée de
plus de 700 000 jeunes par an sur le marché du travail d'ici 2020.
·~ (PSE), puisque toutes deux ont pour finalité d'anticiper les licenciements
0
.....,
:i
ro économiques et de ce fait, de les limiter ou de les éviter. Cependant, il ne
c:
0
c: faut pas confondre la GPEC et le PSE : la GPEC vise à prévenir en amont
Q)
'ë._
0
les décalages d'effectifs et de compétences, tandis que le PSE résout une
u
0 situation conjoncturelle que l'entreprise n'a pas anticipée. Le PSE ne de-
ë
.c
CL vrait donc être discuté que lorsque le processus de GPEC conduit à la
ro
_J
conclusion que des emplois seront supprimés.
-0
0
c:
:i
0
~
39
~ 2 . Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
e •
'}.
Le processus de GPEC
"O
0 Si la GPEC est en France une obligation juridique, elle existe dans
c:
:i
0 d'autres pays où des entreprises choisissent volontairement d'ef-
'<:t
r-i
0 fectuer une démarche similaire, espérant tirer profit de la mise en
N
@ place d'outils d 'anticipation et de développement. Toute démarche
.µ
.c
O'I
ï:::
de GPEC s'organise autour de trois grandes étapes qui sont reprises
>-
a.
0
dans la figure 2.1.
u
40
• L'identification du réservoir de ressources humaines
Derrière des emplois et des compétences se trouvent des salariés.
L'évolution des métiers conduit à prévoir l'évolution des effec-
tifs - c'est-à-dire du nombre de collaborateurs exerçant chacun des
métiers. Les écarts entre le niveau actuel et le niveau prévu d'effec-
tif et de compétences permettent de déduire les besoins en recru-
tement ou en suppression de postes, après avoir tenu compte des
départs de l'entreprise (pour fin de CDD, démission, retraite, etc.).
Besoins en RH Réservoir de RH
ï:)
0
Pour réaliser ces trois étapes, les outils que nous avons présen-
c
0
::J
tés dans le chapitre 1 sont incontournables, depuis la description
(Q)
41
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
Le plan d'effectif
La mise en œuvre de la première étape de la GPEC (l'anticipation
des besoins en RH) s'appuie sur des outils d'analyse stratégique
bien plus que sur des outils RH. Le rôle du DRH est de partici-
per à l'analyse des évolutions de l'entreprise en réfléchissant aux
besoins en compétences stratégiques pour l'avenir. Dans l'idéal,
ce travail de réflexion devrait être effectué sans tenir compte du
réservoir actuel de compétences et de talents.
C'est au cours de la deuxième étape (l'identification du réser-
voir de RH), que le DRH sera amené à utiliser une palette d'outils:
ces outils facilitent la collecte des informations RH et la planifi-
cation des ressources humaines. Le plan d'effectif (ou workforce
planning) est l'outil central.
42
e '}.
u
0 Q)
Q)
'Q)
également utiles pour collecter des données et les trier (Peoplesoft,
·~ Saas, SAP, etc.). Idéalement, le fait de disposer d'un SIRH (système
0
.....,
:i
ro
c:
d'information en ressources humaines) facilite cette démarche.
0
c:
Q)
'ë._
0
u
0
Bâtir un plan d'effectif: exemple
ë
.c
a.. L'exemple suivant détaille la construction du plan d'effectif d'une
ro
_J
entreprise de 707 salariés spécialisée dans la production de petits
-0
0
c:
:i
équipements automobiles. Les tableaux 2.1 et 2.2 montrent com-
0
~ ment, à partir des informations RH listées précédemment, il est
43
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
44
d'ouvriers, estimé à 250. Ce constat permet de comprendre les
effectifs mentionnés dans la première colonne du tableau 2.1. (be-
soins en effectif).
Par ailleurs, le nombre d'ingénieurs de production sera le
même, mais les compétences qu'on va leur demander seront dif-
férentes. Il est à noter que le transfert vers de nouveaux produits
suppose de posséder des diplômes que n'ont pas les ingénieurs
de production actuels. Le même phénomène se produit pour les
technico-vendeurs et les techniciens, mais dans une moindre
mesure. Ce constat permet de comprendre la troisième colonne
du tableau 2.2 (effectif compétent). C'est en comparant l'effectif
compétent aux besoins en effectif que l'on identifie les effectifs
qu'il faudra reclasser et ceux qu'il faudra recruter.
Effectif
Emplois Besoins Effectif Effectif Effectif
&: métiers en effectif dans 3 ans compétent à reclasser à recruter
dans 3 ans
ï:)
des licenciements et à un PSE un peu h âtif quand on voit le
0
c
::J
nombre de collaborateurs à reclasser. D'ici trois ans, n 'est-il pas
0
(Q) possible d'offrir un congé de formation à certains ingénieurs et
45
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
• Avis d'expert
«Renault veut réduire ses effectifs français d'environ 7 500 postes d'ici
à fin 2016. [ ... ] Ce sévère tour de vis supplémentaire permettrait de
réduire ses frais fixes de 400 millions d'euros. Renault explique vou-
loir désormais abaisser son point mort de 12 % en dessous du niveau
de ses ventes 2011 (soit 2,72 millions de véhicules). L'entreprise sou-
haite procéder par le jeu des départs naturels non remplacés. Il s'agira
de prolonger l'accord de GPEC signé en février 2011, qui prévoyait des
mobilités, reconversions externes et aménagements de fin de carrière, et
"O
0 de rendre accessible à tous les salariés les mesures de dispense d'activité
c:
:i
0 des carrières spécifiques (DCAS) qui permettent de quitter l'entreprise
'<:t
r-i avec 75 % du salaire dès 58 ans. »
0
N
@ Source : extrait de Fainsilber, B. « Renault veut réduire ses effectifs
.µ
.c
O'I
français d'environ 7 500 postes d'ici à fin 2016 »,
ï:::
>-
a. Les Échos, rubrique Industrie & Services, n 21 355, 16/01 / 201 3, p. 20.
0
u
46
GRH. La difficulté est de collecter des informations de qualité,
d'identifier les bonnes hypothèses d'évolution (par exemple,
est-on certain que les taux de turnover retenus seront proches
de la réalité ?), et surtout de prendre des décisions éclairées pour
combler les écarts constatés.
Lorsque l'on identifie trop d'effectif ou une inadéquation entre
les compétences des salariés et les compétences requises dans l'ave-
nir, il est probable que l'on soit amené à se séparer d'une partie de
son effectif actuel. Afin d'éviter des abus lors de la mise en place
de licenciements, un ensemble de dispositifs a été proposé par le
législateur. La plupart de ces dispositifs sont obligatoires : leur ob-
jectif est de garantir un reclassement et un traitement « digne »
aux individus visés par les licenciements et accessible à toute per-
sonne qui veut réfléchir sur sa carrière. Dans les pages qui suivent,
nous détaillerons ces dispositifs dans la section « outils d'aide à la
reconversion professionnelle ».
À l'inverse, lorsque les écarts traduisent un besoin en effectif
ou en compétences, la solution passe davantage par la formation
et le recrutement. L'identification de besoins à combler crée des
opportunités de carrière et de développement qui peuvent mo-
tiver les salariés et sont source de rétention. Les outils que l'on
-o
0
privilégie dans ce cas seront détaillés dans la section << outils d'aide
8 à la croissance professionnelle » .
"""
,-t
0
N
@
47
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
\J
0
c
Le congé pour bilan de compétences
::J
0
C'est la loi du 31 décembre 1991 sur la formation professionnelle
0"""
,-t
48
• La phase de conclusion est réalisée sous la forme d'entretiens
personnalisés; elle fait connaître le résultat des investigations
et recense les facteurs susceptibles de favoriser ou non la réali-
sation du projet.
Le bilan de compétences est financé dans le cadre des ver-
sements obligatoires au Fongecif, et peut être réalisé anony-
mement si le salarié le demande. Ce bilan relève donc d'une
démarche personnelle et volontaire. Il est accessible à tout sala-
rié, sans condition de niveau scolaire, d'âge ou de statut. Seule
une expérience professionnelle de cinq ans est exigée pour en
faire la demande (article L.931 -21 du Code du travail). Dans le
centre de bilan de compétences, chacun est accompagné dans
sa démarche par un conseiller professionnel qui aide à analyser
les compétences personnelles et professionnelles, les aptitudes,
les potentiels et motivations. Le conseiller présente aussi les mé-
tiers et formations et valide la faisabilité du projet professionnel.
·~
0
Le salarié qui souhaite effectuer cette démarche peut deman-
.....,
::J
ro der un congé de validation des acquis de l'expérience afin de
c
0
c participer aux épreuves de sélection et éventuellement bénéficier
Q)
·o_
0 d'un accompagnement pour la préparer. Il est nécessaire pour y
u
0
.....,
0 avoir droit de posséder une expérience professionnelle d'au moins
~
a..
ro
_J
3 ans en rapport avec le diplôme, le titre ou le certificat recherché.
ï:) Deux types de démarches sont possibles:
0
c
::J
0
(Q)
49
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
• Le congé de reclassement
\J
0
c
0
::J Offert lorsque l'on envisage le licenciement économique d'un
"""
,-t
0
salarié, il est couplé avec les prestations des cellules de reclasse-
N
@ ment et parfois, de la VAE. Il est financé par l'entreprise et dure
.µ
~
O'I
entre 4 et 9 mois. La cellule de reclassement assure le suivi du
1:::
>-
c. salarié dans ses démarches de recherche d'emploi.
0
u
• Le congé de mobilité
Il permet de s'inscrire volontairement dans une démarche de mo-
bilité, en alternant les périodes d'accompagnement, de formation
et de travail, qui peuvent être faites au sein ou en dehors de l'en-
treprise où est proposé le congé. Le congé de mobilité est offert
dans les entreprises qui anticipent des mutations économiques :
il vaut rupture du contrat de travail lorsqu'il est accepté par le
salarié (articles L. 1233-77 à 83).
50
• Le congé pour la création d'entreprise
La durée de ce congé, pendant lequel le contrat de travail est sus-
pendu, est fixée à un an pour tout salarié ayant une ancienneté
de trente-six mois. L'employé peut différer le départ de six mois
(articles L. 322-32-12 à 16).
c
0 organisation.
::J
0
(Q)
51
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
e
O'I
ï:::
>-
a.
0 'l.
u • Exemple de la carte des métiers du port
Atlantique La Rochelle
52
\1t sOCIÉTAlE Er f
P..~'t: tvv11?,
o~<;, of\.'.
~C.,~ FONTIONS DOMAINE l\t~A _
~ SUPPORTS MARITIME "7~ .
Achats ... "' Capitainerie ·V~
Communication ... "' Drapage '('...,.
Comptabilité ... "' Ecluse ,.
/ Agence comptable "' Hydrographie
Contrôle de gestion ...
Informatique ...
Qualité / Sécurité / Environnement ...
Ressources humaines ...
Source: [Link]
-ci
0
c
:::1
0
• Avis d'expert
0"""
,-t
N
.....;
@
.µ ~ « La directrice management des compétences et parcours profession-
s= -0
O'I c nels d'Orange France déploie, dans le cadre de l'accord GPEC, une sorte
ï:: ::J
>- .....,
c. V'>
0 Q) de GPS des quelques 400 métiers du groupe dans 85 bassins d'emploi.
u Q)
'Q)
·~
Baptisé « mon itinéraire », ce logiciel vise à encourager les non-cadres
0
.....,
::J
à réfléchir à leur parcours professionnel en prévision des départs à la
ro
c
0
retraite massifs d'ici 2020. Cet outil identifie le salarié en ligne, et lui
c
Q) dessine les parcours possibles et futurs dans la région visée » .
.ë._
0
u
0
Source : extrait de Ramspacher, M.-S. « La personnalité : Françoise
.....,
0
s= Bayle (Orange)», Les Échos, rubrique Business, n° 21521 ,
a..
ro
_J
13/ 09/ 2013, p. 38
-0
0
c
::J
0
<il)
53
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
54
Les revues du personnel peuvent utiliser les résultats des éva-
luations passées comme critère d'aide à la prise de décision. Mais
la performance passée, obtenue dans le poste actuel, ne prédit que
partiellement la capacité à être performant sur un poste d'une
autre ampleur et avec d'autres défis. Il importe donc d'inclure
d'autres critères de choix.
0 •
'}.
• Le plan de promotion
-ci
0
c:
:i Le plan de promotion consiste, à partir de la liste des postes va-
0
'<:!-
.--i
cants, leur nombre et leur localisation, à identifier les postes à
0
N
.....;
pourvoir dans le court terme.
@
.µ
::Qj
.c
O'I
-0
c:
Sur quels critères déterminer un plan de promotion ? Dans la
ï::: :i
>-
a.
.....,
V>
Q)
mesure où les postes sont vacants à court terme, les personnes
0
u Q)
' Q) choisies doivent être prêtes à en assumer les tâches et les respon-
·~
0
.....,
:i
sabilités: elles doivent donc posséder les compétences requises
ro
c:
0
dans le poste pour y réussir, ou tout au moins ne nécessiter qu'un
c:
Q)
'ë._
plan de développement rapide pour les maîtriser. Dans ce cas, les
0
u
0 référentiels de compétences ou la liste des qualités requises pour
ë
.c
a.. chaque poste sont d 'excellents outils pour identifier les critères de
ro
_J
sélection.
-0
0
c:
:i
0
~
55
~ 2. Les outils de gestion prévisionnelle et de planification
56