Évaluation des effets des additions minérales
Évaluation des effets des additions minérales
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1. Introduction
2. Matériaux
3. Méthodes
1ère étape
Introduction
∆E d'une quantité
Besoin en eau A d'adjuvant
du mortier, E
2ème étape
Quantité d'addition, F
Les quatre additions minérales sont introduites dans les trois mortiers de
référence en substitution volumique du ciment à des taux progressivement croissants
(10%, 20%, 30%, 50%), leur quantité, F, est exprimée en kg/m3. Les trois séries de
mortiers ainsi obtenues ont été désignées respectivement par C1 H+F, C3 H+F et C3
B+F.
La différence du besoin en eau des mortiers avec addition par rapport au
mortier de référence de la même série, désignée par ∆E, (figure 1) quantifie
directement l’effet granulaire de l’addition et caractérise l’efficacité d’insertion de
ses particules dans le squelette granulaire du mortier. En effet, si ∆E est négatif,
l’effet granulaire est favorable et les particules de l’addition viennent remplir mieux
que celles du ciment les porosités du squelette granulaire du mortier. Sinon, lorsque
6 Revue française de génie civil. Volume 8 – n°2-3/2004
4. Résultats
4.1 Effet des additions minérales sur le besoin en eau des mortiers non adjuvantés
450
E (kg/m3)
C1 H+F (a) 450
E (kg/m3)
C3 H+F (b)
400 400
350 350
300 300
250 250
F (kg/m3) F (kg/m3)
200 200
0 50 100 150 200 250 0 50 100 150 200 250
450
E (kg/m3)
C3 B+F (c) CA
CP
400
QZ
FS
350
300
250
F (kg/m3)
200
0 50 100 150
Pour la série de mortiers à faible dosage en liant (C3 B+F), le domaine où l’effet
des additions est bénéfique vis à vis du besoin en eau s’étend à la fumée de silice de
surface spécifique de 15 m²/g. Elle permet de réduire le besoin en eau pour une
teneur volumique inférieure à 30% correspondant à une quantité de 60 kg/m3. En
effet, dans ce cas, le squelette granulaire est dominé par les gros grains de sable, ce
qui laisse une porosité intergranulaire plus importante dans laquelle les particules de
fumée de silice trouvent leur place malgré leur besoin en eau propre élevé. Il en
résulte que certaines des additions ultrafines peuvent avoir un effet granulaire
favorable significatif dans les formulations pauvres en liant.
80 80
40 40
0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
-40 SS BET (m²/g) -40 SS BET (m²/g)
160
∆E
C3 B+F (c) 10%
20%
120 (kg/m3)
30%
50%
80
40
0
0 5 10 15 20 25
-40 SS BET (m²/g)
en même temps la finesse la plus élevée alors que les particules du quartz sont de
forme angulaire et celles de la fumée de silice et de la calcite sont de forme arrondie.
Il est donc difficile de se prononcer quant à l’importance de la morphologie des
particules sur la variation du besoin en eau des mortiers.
160 3
∆E (kg/m )
C1 H+F+A
120
CA
80 CP
QZ
FS
40
3
∆E (kg/m )
C3 H+F+A
0
-40 0 40 80 120 160
-40
ce cas atteint 30 kg/m3. Ceci indique que l’effet granulaire des additions est plus
favorable dans la série à faible dosage en liant (C3 B+F). Cet effet favorable
concerne la quasi-totalité des formulations avec la fumée de silice, la calcite et le
quartz, seules les formulations avec la calcite précipitée sont pratiquement
confondues avec la droite de tendance, indiquant dans ce cas que la modification du
besoin en eau dans des formulations à dosages en liant différents est proportionnelle
au dosage en addition introduite, sans aucun effet granulaire favorable.
Il est à noter que l’effet granulaire bénéfique des additions dans les formulations
à faible dosage en liant est beaucoup plus important que celui observé lorsque le
type de ciment change.
160 3
∆E (kg/m )
C3 H+F+A
120
CA
CP
80 QZ
FS
40
3
∆E (kg/m )
C3 B+F+A
0
-40 0 40 80 120 160
-40
16
A (kg/m3)
C1 H+F+A (a) 16
A (kg/m3)
C3 H+F+A (b)
12 12
8 8
4 4
0 0
0 50 100 150 200 250 0 50 100 150 200 250
F (kg/m3) F (kg/m3)
16
A (kg/m3)
C3 B+F+A (c) CA
CP
QZ
12
FS
0
0 50 100 150
F (kg/m3)
Toutefois, la correspondance point par point entre le besoin en eau des mortiers
non adjuvantés et le besoin en adjuvant des mortiers adjuvantés présente certains
écarts qui seront analysés dans les paragraphes suivants. Ces écarts ne
compromettent en aucun cas la distinction très nette de comportement vis à vis de
l’adjuvantation entre les additions fines et celles ultrafines, confirmée par la
littérature en ce qui concerne la comparaison des fillers calcaires à la fumée de silice
[8, 9]. Nos résultats permettent de constater que cette distinction est aussi valable en
ce qui concerne la comparaison du filler quartzeux QZ à la calcite précipitée CP et
de conclure, ainsi, que la composition minéralogique des additions ne joue pas un
rôle prépondérant sur l’adjuvantation. Il en résulte que l’introduction des additions
de surface spécifique BET égale à 3,5 m²/g environ permet une diminution du besoin
en adjuvant des formulations de mortiers au même titre qu’une diminution de leur
14 Revue française de génie civil. Volume 8 – n°2-3/2004
3
∆A (kg/m )
10 C1 H+F+A
CA
CP
QZ
6
FS
2 3
∆A (kg/m )
C3 H+F+A
-2 2 6 10
-2
De la même manière que dans le cas du besoin en eau des mortiers non
adjuvantés, nous avons comparé sur la figure 7 les valeurs ∆A des deux séries de
mortiers pour des teneurs en addition données. Nous rappelons que la modification
du besoin en adjuvant d’un mortier avec addition par rapport au mortier de référence
de la même série permet de quantifier l’effet des additions sur l’adjuvantation. De
plus, elle permet de s’affranchir de la différence de valeurs du besoin en adjuvant
des mortiers de référence de ces deux séries (le besoin en adjuvant du mortier C3
H+A est environ quatre fois supérieur à celui du mortier C3 H+A, tableau 4 et figure
6).
Méthode d’évaluation de l’effet des additions 15
Nous remarquons que les valeurs expérimentales sont situées dans une zone très
limitée autour de la bissectrice (figure 7), indiquant que le type de ciment a une
faible influence sur la modification du besoin en adjuvant engendrée par l’addition.
Toutefois, une analyse plus fine montre bien que de faibles différences existent en
fonction de la finesse de l’addition. Les points concernant les additions ultrafines
(FS et CP) sont très proches de la bissectrice avec un écart maximal de ±1 kg
d’adjuvant par m3 de mortier et confirment pleinement la conclusion précédente. En
revanche, les points concernant les additions fines (QZ et CA) sont tous situés en
dessous de la bissectrice dans un domaine correspondant à une réduction du dosage
en adjuvant des mortiers avec le CEM I et une faible augmentation de celui-ci avec
le ciment CEM III, pour une quantité d’addition donnée. Ceci indique que l’adjuvant
est plus efficace dans les mortiers contenant les additions fines en présence du
ciment CEM I. A notre avis, cette sensibilité de l’adjuvant au couple ciment-addition
doit être reliée, en premier lieu, au fait que le besoin en adjuvant propre du ciment
CEM III est significativement plus faible que celui du CEM I, c’est à dire, à la
différence de dosage en adjuvant des mortiers de référence de ces deux séries.
(point P1 sur la figure 8). Dans ce cas, le mortier à faible dosage en liant présente une
modification du dosage en adjuvant aussi importante que celui à fort dosage en liant
malgré le fait que la quantité absolue de fumée de silice introduite dans le premier
est environ 60% de celle introduite dans le second (figures 6b et c)
3
∆A (kg/m )
C3 H+F+A
10
CA
CP
QZ
PF1S
6
P2, 3
3
2 ∆A (kg/m )
P4, 5 C3 B+F+A
-2 2 6 10
-2
l’introduction des additions par rapport au mortier de référence. Il faut constater que
les mortiers à forte teneur en calcite précipitée (CP) restent très proche de la droite
de tendance montrant que les constatations précédentes ne sont pas valables dans
tous les mortiers à forte teneur en addition.
En résumant, la comparaison du comportement des mortiers à fort et faible
dosage en liant permet de conclure que la modification du besoin en adjuvant induite
par une teneur en addition faible suit de près (à ±1 kg/m3) une tendance de
proportionnalité avec le dosage en addition alors que la modification induite par une
forte teneur en addition peut pour certaines additions diverger considérablement de
cette tendance. Nous rappelons qu’une forte teneur en addition dans les mortiers non
adjuvantés avait fait surgir des interactions addition-ciment s’écartant de la tendance
principale lorsque le type de ciment était différent (figure 4). Toutefois, les écarts
constatés étaient plus faibles que ceux étudiés ci-dessus dans le cas des mortiers
adjuvantés.
D’une manière générale, nos résultats sur les mortiers adjuvantés permettent
d’affirmer que le dosage et la finesse d’une addition incorporée dans un mortier en
substitution du ciment sont des paramètres de premier ordre pour évaluer la
modification induite sur le besoin en adjuvant d’un mortier à consistance et quantité
d’eau constantes indépendamment du type de ciment présent et de son dosage. La
nature de l’addition intervient éventuellement lorsque le dosage en ciment est faible
et le taux de substitution par l’addition est supérieur ou égal à 30%.
Il en résulte que si nous souhaitons appréhender avec une précision satisfaisante
l’effet combiné addition-adjuvant sur les paramètres de formulation des mortiers,
nous devons respecter un dosage minimal en ciment et une teneur maximale en
addition.
160
∆E C1 H+F / C1 H+F+A
(Kg/m3)
120
80
(a)
40
P1
0
-2 2 6 10
3
-40 ∆A (Kg/m )
160
∆E C3 H+F / C3 H+F+A
(Kg/m 3 )
120
80
(b)
40
0
-2 2 6 10
-40 ∆ A (Kg/m 3 )
160
∆E C3 B+F / C3 B+F+A
(Kg/m3)
120
80
CA
(c)
CP
40 QZ
FS
0
-2 2 6 10
3
-40 ∆A (Kg/m )
Dans le cas des séries des mortiers C1 H+F et C1 H+F+A (figure 9a),
caractérisées par un dosage élevé en liant à base de ciment CEM I, la modification
du besoin en eau est fortement corrélée à celle du besoin en adjuvant. A l’exception
d’une formulation de mortier à forte teneur en quartz (point P1 sur la figure 9a), tous
les points expérimentaux se situent dans une zone délimitée à 20 kg d’eau environ
par m3 de mortier pour une quantité d’adjuvant donnée de part et d’autre de la droite
de tendance ou réciproquement à 1,5 kg d’adjuvant environ par m3 de mortier pour
une quantité d’eau donnée. Si la teneur en addition des mortiers reste inférieure à
30% la zone de fluctuation des valeurs se limite à ±5 kg d’eau ou ±0,3 kg d’adjuvant
par m3 de mortier autour de la droite de tendance.
Un comportement similaire est observé pour les modifications du besoin en eau
et du besoin en adjuvant des séries des mortiers C3 H+F et C3 H+F+A (figure 9b)
caractérisées par un dosage élevé en liant à base de ciment CEM III. Si nous
considérons la dispersion des points expérimentaux autour de la droite de tendance
précédente, nous constatons que tous sont situés dans la zone délimitée à 20 kg par
m3 de mortier pour une quantité d’adjuvant donnée de part et d’autre de la droite ou
réciproquement à 1,5 kg d’adjuvant environ pour une quantité d’eau donnée.
Cette similitude de comportement des quatre séries de mortiers permet de
conclure que quel que soit l’effet granulaire d’une addition sur le squelette solide
d’un mortier (favorable pour les additions fines et défavorable pour les additions
ultrafines), la modification du besoin en eau qui en résulte (négative et positive
réciproquement par rapport au mortier de référence) est proportionnelle à la
modification du besoin en adjuvant nécessaire pour s’affranchir de cet effet
granulaire et maintenir une quantité d’eau constante sans modifier les propriétés
rhéologiques du mortier.
Dans le cas des séries de mortiers C3 B+F et C3 B+F+A (figure 9c) caractérisées
par un faible dosage en liant à base du ciment CEM III, la modification du besoin en
eau par rapport à celle du besoin en adjuvant paraît beaucoup plus fluctuante que
dans les cas précédents. En effet, les mortiers à forte teneur de fumée de silice
supérieure ou égale à 30% et dans une moindre mesure ceux à forte teneur de quartz
s’écartent sensiblement de la droite de tendance. En revanche, tous les autres points
suivent la tendance.
Afin de mieux illustrer l’ensemble des similitudes et des divergences entre les
différentes séries de mortiers vis à vis de l’effet combiné addition – adjuvant sur le
besoin en eau, nous avons reporté sur la figure 10 les 48 points expérimentaux de
notre étude. Il en résulte clairement que les conclusions précédentes quant à la
proportionnalité des modifications du besoin en eau et du besoin en adjuvant
induites par les additions sont valables dans plus de 93% des cas. Notons que les
points écartés de cette proportionnalité concernent les additions siliceuses (fumée de
silice et quartz) à forte teneur.
20 Revue française de génie civil. Volume 8 – n°2-3/2004
160
C1 H+F / C3 H+F / C3 B+F
∆E
(Kg/m3)
120 C1 H+C A
C1 H+C P
C1 H+QZ
C1 H+F S
80 C3 H+C A
C3 H+C P
C3 H+QZ
C3 H+F S
40 C3 B +C A
C3 B +C P
C3 B +QZ
C3 B +F S
0
-2 2 6 10 14
3
-40 ∆A (Kg/m )
5. Conclusion
6. Bibliographie
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