Chapitre VI
Contrôle continu (Chapitre 6
de la boite à merveilles)
Texte :
Devant mes parents je me vantai de mes multiples exploits.
Je réussis à les convaincre que sans moi aucun résultat sérieux n’aurait
été obtenu. Mon père me félicita. Il dit à ma mère que je devenais
vraiment un homme. Je me mis au lit.
Pendant mon sommeil, il m’arriva de me mettre sur mon séant, de
hurler des ordres, de distribuer des injures. Ma mère me recouchait avec
des gestes tendres, des phrases affectueuses.
Le matin, je me préparai pour partir à l’école, ma mère m’en empêcha.
Elle m’expliqua qu’elle avait besoin de moi pour l’accompagner à la
Kissaria, le marché des tissus. Il était temps de songer à mes habits de
fête. J’applaudis avec enthousiasme.
– Est-ce que j’aurai une chemise neuve?
– Tu auras une chemise neuve.
– Est-ce que je porterai un gilet avec des soutaches?
– Tu porteras un gilet avec des soutaches.
– Est-ce que je mettrai ma djellaba blanche que tu as rangée dans le coffre
?
– Tu porteras ta djellaba blanche, des babouches neuves que te fabrique
Moulay Larbi, le mari de Lalla Aicha et une belle sacoche brodée.
Je me dressai de toute ma taille, je bombai le torse; j’esquissai même
quelques pas d’une danse barbare. Je ne me livrais à de telles
excentricités que dans des circonstances exceptionnelles. J’allais même
pousser un ou deux hululements quand ma mère me rappela à plus de
dignité.
Fatma Bziouya riait à gorge déployée. Son rire ne me choquait pas. Ce
matin, je me sentais capable de bonté, d’indulgence, j’étais d’une
générosité sans bornes. Je pardonnais à Zineb, dans mon for intérieur,
toutes les misères qu’elle m’avait fait subir; je pardonnais à son chat qui
était revenu après s’être débarrassé de son collier, ma belle chaîne d’or, je
pardonnais aux mardis d’être des jours trop longs, à la baguette de
cognassier de mordre si souvent la chair fragile de mes oreilles, je
pardonnais aux jours de lessive d’être particulièrement froids et tristes, je
pardonnais tout au monde ou du moins à ce que je connaissais du monde.
Vocabulaire :
Torse : Buste. Poitrine, tronc
Excentricité : Position d’un centre qui s’écarte d’un centre, d’un axe de
référence donné
Hululement : Cri des oiseaux de nuit.
Questions :
1) Indiquez si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses.
Ce roman est un récit rétrospectif.
Le narrateur y partage ses secrets d’enfance avec le lecteur.
Son auteur a écrit d’abord des pièces de théâtre.
A travers son œuvre, il cherche à jeter de la lumière sur son passé.
2) Reliez ce texte aux événements de l’œuvre en précisant les
informations suivantes :
a- De quelle occasion avait-il parlé ?
b- Quelle fonction était-il chargé de faire ?
c- Cela avait crée chez lui quel sentiment, pourquoi ?
3- dans le premier paragraphe, le narrateur tentait de se mettre en
valeur.
a- comment ?
b- précisez son intention.
4- a- cherchez dans le texte deux indices du portrait en action qui
indiquent la joie de Sidi Mohammed.
b- quelle était la raison de cette gaieté ?
5) Délimitez les passages correspondant aux titres suivants :
La fierté de Sidi Mohammed et sa surévaluation : ……………………
L’achat des vêtements et la joie immense : …………………………..
Un matin du pardon : …………………………..
6) Relevez quatre termes se rapportant au champ lexical de la
bonne humeur.
7) « est-ce que je mettrai ma djellaba blanche que tu as rangé dans
le coffre? »
a- Transposez cette phrase au discours indirect.
b- Comment appelle-t-on la subordonnée soulignée ?
8) « j’allai même pousser un ou deux hululements »
– Nommez et expliquez la figure de style employée dans cet énoncé.
9) Peut-on qualifier, d’après ce texte, Sidi Mohammed d’enfant
indifférent aux autres événements ou plutôt d’enfant sensible
marqué par les faits qu’il a vécus ?